Fête des travailleurs….


….mais aussi …..les chômeurs ?

La tristesse d’un chômeur.

Il a porté des bleus toute son existence ,

il fut pendant longtemps l’acharné du travail.

Chômeur en fin de droit , il se trouve en instance ,

délaissé comme un train inerte sur un rail .

Ce  » gentil  » travailleur , cet ouvrier d’usine

voudrait bien une place, un tout petit boulot .

L’inertie est dans sa chair comme une épine ,

son esprit stressé ne connait aucun repos .

Il s’est donné avec force et courage ,

animé par la fierté à faire son labeur ,

avec exactitude accomplissant l’ouvrage .

Désœuvré maintenant ,il est plein de rancœur .

Quand il songe à son passé , quand tout était à faire ,

Le travail lui apportait une somme d’argent ,

qu’il allait dépenser dans les bals populaires

le dimanche venu , chacun , alors, était content .

Il pense au temps joyeux de sa belle jeunesse

lorsque les ouvriers n’étaient pas aux abois.

A cette belle époque où régnait l’allégresse

Quand de nombreux patrons offraient des emplois ….

C’est mon cas /état ce soir alors…..


….. » j’ai le cafard  » .

Comme tout le monde le sait , avoir le cafard signifie avoir les idées noires. Mais quel rapport entre cet  » état  » et l’insecte ?

Cette  » petite bête  » qui a une très mauvaise réputation est tout autant détestée dans les maisons qu’elle envahit que dans nos pensées. Mais quel rapport entre le plus mal-aimé des insectes

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et le fait d’être déprimé ?

J’ai lu que le mot  » cafard  » est dérivé de l’arabe  » kafir », il apparait pour la première fois dans le dictionnaire du XVIe siècle pour désigner un mécréant fourbe, sans foi ni moralité.

Pas de foi, pas de moral : Dans l’imaginaire collectif, les personnes affichant cette absence de valeurs ont la réputation d’œuvrer de manière sournoise. ( On les imagine cherchant à se fondre dans l’obscurité grâce à de sombres vêtements, en cachant ainsi leur malveillance ).

Il n’en fallait pas plus pour faire le lien entre ces blattes, amatrices des recoins les plus noirs des maisons, et ces faux dévots. Le verbe  » cafarder  » ne fera qu’amplifier l’aspect négatif du terme, renforçant également son lien avec une certaine hypocrisie.

Il faudra attendre 1857 pour voir le cafard devenir un symbole de tristesse.

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C’est le poète Charles Baudelaire qui l’aurait introduit dans son recueil des Fleurs du mal, en même temps que son célèbre spleen.

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,

Et que de l’horizon embrassant tout le cercle

II nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,

Où l’Espérance, comme une chauve-souris,

S’en va battant les murs de son aile timide

Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées

D’une vaste prison imite les barreaux,

Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées

Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux

Des cloches tout à coup sautent avec furie

Et lancent vers le ciel un affreux hurlement.

Ainsi que des esprits errants et sans patrie

Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,

Défilent lentement dans mon âme ;

l’Espoir ,Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,

Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

Dans le domaine des insectes , on dit aussi  » avoir le bourdon  » , un autre insecte ( dans ma région en tous cas )

Et j’ai lu aussi :

Au XVIe siècle, il désignait une personne non ou peu croyante qui faisait croire qu’elle l’était profondément. Un bigot, un faux dévot ou un fourbe, donc.

Il désigne aussi une personne qui dénonce les autres (qui  »cafarde »), sens qui vient probablement du précédent, par allusion à la personne qui a un comportement hypocrite ou fourbe.

Noir………..


tristesse » Broyer du noir  » ?

Pourquoi dit-on « Broyer du noir » ?

     Les origines de cette expression sont aussi obscures que la nuit noire !

   La majorité des linguistes date son apparition du milieu du XVIIIe siècle. Si l’utilisation du terme « noir » est assez fréquente pour symboliser la tristesse, le deuil ou la mélancolie, le verbe « broyer » est plus rare. Il proviendrait du vocabulaire des peintres qui, pour créer leurs couleurs, devaient écraser diverses matières, comme le charbon noir. Une autre explication renvoie au monde de la médecine.

   En 1771, « broyer du noir » signifiait aussi « digérer ». Les médecins pensaient en effet que l’estomac écrasait les aliments et que la bile noire, sécrétée lors de la digestion, était la cause de la mélancolie.!

 

La solitude………..


  Etre seul est devenu une maladie honteuse. Pourquoi tout le monde fuit-il la solitude ? Parce qu’elle oblige à penser. De nos jours, Descartes n’écrirait plus : « Je pense donc je suis. » Il dirait : « Je suis seul donc je pense. » Personne ne veut la solitude, car elle laisse trop de temps pour réfléchir. Or plus on réfléchit, plus on est intelligent, donc plus on est triste.

Frédéric Beigbeder (L’Amour dure trois ans)