Bien-être………


les fleurs de rêve obscur sécrètent de noirs parfums
dans la féerie marbrée des crépuscules forains
théâtre d’harmonie panorama lunaire
aux délicieuses lenteurs de cortège funéraire
où les âmes nuageuses nimbées de sortilèges
s’évaporent dans l’ivresse glacée d’un ciel de neige
banquises phosphorescentes & bleue mélancolie
qui projette ses violons sur d’étranges rhapsodies
aux étranges accords sous d’étranges latitudes
qui te révèlent les fastes de la solitude

les femmes-oiseaux perdues dans leurs sombres dimanches
ont sorti leurs précieux colliers de souris blanches
& dansent la sarabande frivole des courtisanes
à la mémoire d’amants noyés dans leurs arcanes
odeurs de mandarine & rafales de cannelle
mélodies cristallines & vapeurs d’arc-en-ciel
là-bas sous un tilleul à l’ombre d’une fontaine
notre dame de la nuit distribue l’oxygène
& le septième cercle de la béatitude
te révèle les fastes de la solitude

la princesse aux camées fait blinder sa pâleur
pour franchir les spirales du miroir intérieur
pétales rapaces d’une hydre aux yeux de tarentule
dans le tumultueux chaos des particules
mandalas schizoïdes & soupirs féminins
sur les claviers bulbeux des orages clandestins
sépultures de valium pour voyageurs-vampires
errant dans les sargasses d’un océan martyr
& le doute qui ravage même tes incertitudes
te révèle les fastes de la solitude

joseph d’arimathie & uther pendragon
chevauchent de vieilles juments au bord de l’extinction
& cherchent l’asile de nuit au milieu des pylônes
rouges-iguane & oranges brûlées des soirs d’automne
leurs druides au bec-benzène en livrées de valets
te préparent un cocktail dans leurs tubes à essai
plus rapide qu’ une aston dans les mains de shelby
tu reprends l’avantage au treizième martini
& l’ineffable attrait pour les bars d’altitude
te révèle les fastes de la solitude

le chevalier la mort & le diable s’enfuient
des pinceaux de dürer pour absorber la nuit
tandis que mélusine aux longs cheveux défaits
t’organise une party dans la brume des marais
& dessine sur ton membre une cartographie
des ténèbres où t’attendent quelques maillons maudits
puis traverse le désert jusqu’à la thébaïde
où la fée méridienne de tes éphémérides
extirpant ton sourire poisseux de l’habitude
te révèle les fastes de la solitude

H.F Thiéfaine….Chef-d’oeuvre



Le texte !

 

 

 

 

Avec nos bidons en fer blanc
On descendait chercher le lait
A la ferme au soleil couchant
Dans l’odeur des soirs de juillet
On avait l’âge des confitures,
Des billes et des îles au trésor
Et on allait cueillir les mûres
En bas, dans la ruelle des mortsOn nous disait que Barbe Rousse
Avait ici sa garnison
Et que dans ce coin de cambrousse
Il avait vaincu des dragons
On avait l’âge de nos fêlures
Et on était conquistadors
On déterrait casques et fémurs
En bas, dans la ruelle des morts
Dans la ruelle des morts

On arrosait toutes nos victoires
A grands coups de verres de kéfir
Ivres de joie et sans l’savoir
On reprenait Mers el-Kebir
Puis c’étaient nos chars en Dinky
Contre les tigres et doryphores
Qui libéraient la French County
En bas, dans la ruelle des morts

Que ne demeurent les printemps
A l’heure des sorties de l’école
Quand les filles nous jouent leurs seize ans

Pour une « bouive » ??? de Royale Menthol
Je n’sais plus si c’était Françoise, Martine, Claudine ou Marie-Laure
Qui nous f’saient goûter leurs framboises
En bas, dans la ruelle des morts
dans la ruelle des morts
dans la ruelle des morts

Que ne demeurent les automnes
Quand sonne l’heure de nos folies
J’ai comme un bourdon qui résonne
Au clocher de ma nostalgie
Les enfants cueillent des immortelles,
Des chrysanthèmes, des boutons d’or
Les deuils se ramassent à la pelle
En bas, dans la ruelle des morts
Dans la ruelle des morts
Dans la ruelle des morts