çà s’est passé il y a …..


   Environ 74 ans :

      Le 6 août 1945, trois mois après la capitulation de l’Allemagne, l’explosion d’une bombe atomique au-dessus de la ville d’Hiroshima, au Japon, met un terme à la guerre du Pacifique, précipite la fin de la Seconde Guerre mondiale et inaugure  » l’Âge nucléaire  » .
    Depuis ce jour  plane sur le monde la crainte qu’un conflit nucléaire ne dégénère en une destruction totale de l’humanité.
    Le gouvernement américain a justifié cette 1ère arme atomique  en affirmant qu’il aurait évité l’invasion de l’archipel et épargné la vie de plusieurs centaines de milliers de combattants (américains)…

hiroshima-1945 ( Hiroshima après la bombe )…

Un projet ancien :
      Le 2 août 1939,  avant la Seconde Guerre mondiale, les physiciens hongrois Szilard, Teller et Wagner réfugiés aux États-Unis avertissent le président Franklin Roosevelt Roosevelt du risque que Hitler et les nazis ne mettent au point une bombe d’une puissance meurtrière exceptionnelle fondée sur le principe de la fission nucléaire.     Avec le soutien d’Albert Einstein, ils lui recommandent d’accélérer les recherches dans ce domaine afin de devancer à tout prix les Allemands.

À la suite de ces avertissement / conseils , en novembre 1942, le président inaugure en secret le programme de mise au point de la bombe atomique sous le nom de code Manhattan Engineer Project.
    Il en confie la direction au physicien Julius Robert Oppenheimer Oppenheimer Einstein. Les essais se déroulent dans le laboratoire de Los Alamos (Nouveau-Mexique).
    À la mi-1945, la bombe est pratiquement au point mais les conditions de la guerre ont entre temps changé. L’Allemagne nazie est  » à genoux  » et s’apprête à capituler sans conditions. Seul reste en guerre le Japon, qui est loin de disposer d’une puissance militaire, industrielle et scientifique comparable à celle de l’Allemagne.

Les généraux japonais tenant le pouvoir: Le Japon s’entête dans une résistance désespérée.
    Les Américains ont pu en  » mesurer la vigueur  »  lors de la conquête de l’île méridionale d’Okinawa: pas moins de 7 600 morts et 31 000 blessés dans les rangs américains entre avril et juin 1945 ! Dans la conquête de l’île d’Iwo Jima, 5 000 Américains sont tués. Les Japonais, quant à eux, n’ont que 212 survivants sur 22 000 combattants….!!!!!
     Les avions-suicides surnommés kamikaze (« vent divin ») et jetés contre les navires américains montrent également que les Japonais ne reculent devant rien pour retarder l’échéance.
    Les bombardements conventionnels qui se multiplient depuis le début de l’année 1945 bombardement Tokio 1945n’ont pas plus d’effet sur leur  détermination. Le plus important a lieu le 19 mars 1945 : ce jour-là, une armada de 234 bombardiers B-29 noie Tokyo sous un déluge de bombes incendiaires, causant 83 000 morts.
      L’état-major américain avance le risque de perdre 500 000 soldats pour conquérir Honshu, l’île principale de l’archipel (un débarquement est projeté le… 1er mars 1946). Le président Truman, dans ses Mémoires, évoque même le chiffre d’un million de victimes potentielles ….
     Plus sérieusement, certains pensent aujourd’hui qu’une soumission de l’archipel par des voies conventionnelles aurait coûté environ 40 000 morts à l’armée américaine. Une évaluation  » raisonnable  » compte tenu de ce que les Américains ont perdu en tout et pour tout 200 000 hommes dans la Seconde Guerre mondiale, aussi bien  en Europe que dans le Pacifique (cent fois moins que les Soviétiques).
    C’est ainsi qu’émerge l’idée d’utiliser la bombe atomique, non plus contre l’Allemagne mais contre l’empire du Soleil levant, en vue de briser sa résistance à moindres frais.
    Le président Franklin Roosevelt meurt le 12 avril 1945 et son successeur à la Maison Blanche, le vice-président Harry Truman, reprend à son compte le projet d’un bombardement atomique sur le Japon. Celui-ci paraît d’autant plus opportun qu’à la conférence de Yalta, le dictateur soviétique Staline a promis d’entrer en guerre contre le Japon dans les trois mois qui suivraient la fin des combats en Europe, soit avant le 8 août 1945.

Le 3 juin 1945, l’empereur Showa (Hiro Hito), ayant compris que son pays a perdu la guerre, demande par l’entremise de l’URSS l’ouverture de négociations de paix. Mais Staline, qui voudrait participer à l’invasion de l’archipel et au partage de ses dépouilles, fait traîner les choses.!!!
  De son côté, Truman, informé par ses services secrets de cette demande de négociations, feint de l’ignorer. Le président américain commence à s’inquiéter des visées hégémoniques de Staline et souhaite donc en finir avec le Japon avant que son encombrant allié n’ait l’occasion d’intervenir. 

  Il souhaite aussi ramener le dictateur soviétique à plus de mesure. Dans la perspective de l’après-guerre, il ne lui déplaît pas, ainsi qu’aux militaires et au lobby militaro-industriel, de faire la démonstration de l’écrasante supériorité militaire américaine. Ce sera le véritable motif de l’utilisation de la bombe atomique, la plus terrifiante des  » armes de destruction massive  ».
  Les généraux nippons, partisans d’une résistance à outrance, sont satisfaits du rejet de la demande de négociations.

Le bombardement :

Le 16 juillet 1945, l’équipe de scientifiques rassemblée autour de Robert Oppenheimer procède dans le désert du Nouveau Mexique, sur la base aérienne d’Alamogordo (près de Los Alamos), à un premier essai nucléaire. L’expérience est pleinement réussie et convainc le président Truman de passer à la phase opérationnelle.
   Un ultimatum adressé au Japon le 26 juillet par les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Chine, pendant la conférence de Potsdam, fait implicitement allusion à une arme terrifiante.
     Dans les cercles du pouvoir, chacun est partagé entre la crainte d’ouvrir la boîte de Pandore et la hâte d’en finir avec la guerre. Pour éviter de tuer des civils innocents, on évoque l’idée d’une frappe atomique sur le sommet du Fuji Yama, la montagne sacrée du Japon.
    L’idée est rapidement abandonnée car son efficacité psychologique est jugée incertaine et en cas d’échec, les Américains, qui ne disposent que de deux bombes  (atomique), seraient en peine de rattraper le coup.
   Il y a aussi le fait  que, faute d’expérience, les scientifiques du projet Manhattan ne mesurent pas précisément les effets réels de la bombe atomique sur les populations. Et la perspective d’une bombe atomique sur une ville ennemie choque assez peu les consciences après les bombardements massifs sur les villes d’Allemagne et du Japon, les révélations sur les camps d’extermination nazis et les horreurs de toutes sortes commises sur tous les continents.
   Finalement, au petit matin du 6 août 1945, un bombardier B-29 s’envole vers l’archipel nippon. Aux commandes, le colonel Paul Tibbets (30 ans). La veille, il a donné à son appareil le nom de sa mère, Enola Gay.
   Dans la soute, une bombe à l’uranium 235 de quatre tonnes et demi  » joliment surnommée » Little Boy par l’équipage. Sa puissance est l’équivalent de 12 500 tonnes de TNT (trinitrotoluène, plus puissant explosif conventionnel) avec des effets mécaniques, radioactifs et surtout thermiques).
  L’appareil est seulement accompagné de deux autres avions, l’un pour effectuer des mesures scientifiques pendant et après l’explosion, l’autre pour prendre des photos.

enolagay

L’objectif est déterminé pendant le vol. Parmi plusieurs cibles potentielles (Nigata, Kyoto, Kokura et Hiroshima), l’état-major choisit en raison de conditions météorologiques optimales la ville industrielle d’Hiroshima (300 000 habitants).
    Le B29 largue la bombe à 8h15 -( heure locale ) et aussitôt effectue un virage serré sur l’aile et s’éloigne au plus vite pour échapper au souffle de l’explosion.
    La bombe explose à 600 mètres du sol, à la verticale de l’hôpital Shima. Elle lance un éclair fulgurant, sous la forme d’une bulle de gaz de 4000°C d’un rayon de 500 mètres !       Puis elle dégage le panache en forme de champignon champignon atomiquecaractéristique des explosions atomiques.
    Plus de 70 000 personnes sont tuées et parfois volatilisées sur le coup sous l’effet conjugué de l’onde de choc, de la tempête de feu et des rayonnements gamma. La majorité meurent dans les incendies consécutifs à la vague de chaleur.
Plusieurs dizaines de milliers sont grièvement brûlées et beaucoup d’autres mourront des années plus tard des suites des radiations (on évoque un total de 140 000 morts des suites de la bombe).
    Le président Truman annonce aussitôt l’événement à la radio, non sans abuser son auditoire sur la nature prétendûment militaire de l’objectif (un mensonge comme le pouvoir américain en a l’habitude) : « »Le monde se souviendra que la première bombe atomique a été lancée sur Hiroshima, une base militaire. Pour cette découverte, nous avons gagné la course contre les Allemands. Nous l’avons utilisée pour abréger les atrocités de la guerre, et pour sauver les vies de milliers et de milliers de jeunes Américains. Nous continuerons à l’utiliser jusqu’à ce que nous ayons complètement détruit le potentiel militaire du Japon »

Les Soviétiques sortent de leur neutralité :
      L’attaque sans précédent sur Hiroshima ne suffit pas à vaincre la détermination des généraux japonais. !! Par contre, elle convainc Staline de rompre son pacte de neutralité avec les Japonais et d’attaquer ceux-ci avant qu’ils ne se rendent aux Américains !
    Dès le surlendemain, le 8 août, il déclare la guerre au Japon et lance ses troupes sur la Mandchourie. Pour les Japonais, c’est une défaite sans nom malgré l’héroïsme désespéré des fantassins qui attaquent les chars soviétiques à la baïonnette ! , au cri de « Banzaï ».
   En une journée, toute l’armée de Mandchourie, soit 1,2 million de soldats japonais, s’est rendue à l’agresseur.
   La débandade face aux Soviétiques achève de convaincre les généraux japonais de mettre fin à une résistance désespérée. Ils craignent plus que tout l’invasion de l’archipel par des troupes communistes qui installeraient un gouvernement à leur dévotion.
  Ils préfèrent  » à tout prendre  » les Américains et souhaitent seulement qu’Hiro Hito, symbole essentiel de la nation, soit maintenu sur le trône.
   À Washington, c’est la consternation. Truman a perdu son pari de faire fléchir les Japonais et, plus grave que tout, a provoqué l’intervention soviétique contre le Japon. Il décide donc de jouer sans attendre sa dernière carte. Le même jour, le 9 août, il donne l’ordre de larguer la deuxième et dernière bombe atomique dont il dispose. Celle-là est au plutonium et non à l’uranium 235, une différence au demeurant insignifiante du point de vue des futures victimes.
    Le bombardier B-29 de Charles Sweeney survole d’abord la ville de Kokura.Cette cible étant occultée par les nuages, il poursuit sa route vers Nagasaki (250 000 habitants) où une éclaircie du ciel lui permet d’effectuer  » le funeste largage  ». 40 000 personnes sont cette fois tuées sur le coup et des dizaines de milliers d’autres gravement brûlées (80 000 morts au total selon certaines estimations).

      ( Plusieurs milliers de victimes sont catholiques, la ville étant au cœur du christianisme japonais.) ?!

  La reddition :
    Le Japon, ravagé par les bombardements, le blocus américain et les menaces de famine, n’est depuis longtemps plus en état de résister à qui que ce soit.
    L’empereur Hirohito réunit le conseil de guerre en son palais et chacun de se prononcer sur l’opportunité d’une capitulation. Les généraux n’arrivant pas à s’accorder, c’est l’empereur qui, pour une fois enfin, use de son autorité morale pour imposer celle-ci.
    Le 12 août, à Washington, Truman peut fièrement annoncer avoir reçu un télégramme du gouvernement japonais par lequel celui-ci déclare accepter une capitulation sans condition. C’est la jubilation générale…
   Evidemment ,rien de tel au Japon. Le 15 août, à leur domicile, à leur travail ou dans la rue, les Japonais,japonais rédition sidérés, entendent pour la première fois à la radio et dans les hauts-parleurs la voix de leur empereur qui annonce sa décision de mettre fin à la guerre et la justifie par le fait que  » l’ennemi a commencé de recourir à une bombe de l’espèce la plus cruelle qui soit, à la puissance incalculable et susceptible de briser la vie d’innombrables innocents  ».
   L’empereur se garde habilement de faire allusion à l’attaque massive de l’Armée rouge et à l’effondrement de l’armée de Mandchourie. Il veut modérer l’humiliation de la défaite en l’attribuant seulement à la cruauté d’une arme nouvelle. Il veut aussi n’avoir de compte à rendre qu’aux Américains, dont il espère qu’ils respecteront la Constitution impériale du Japon.
    Les Américains ne  » font pas la fine bouche  ». Ils ont maintenant hâte d’en finir car l’Armée rouge progresse sur tous les fronts en Asie, en Corée, vers le 38e parallèle comme sur le sud de l’île de Sakhaline, jusque-là sous souveraineté japonaise. Il n’est donc plus question donc de chipoter sur la responsabilité de l’empereur dans les dérives criminelles des dernières décennies…

Le 2 septembre 1945, le général américain Douglas MacArthur reçoit la capitulation sans conditions du Japon.
     La Seconde Guerre mondiale est terminée… et le monde entre dans la crainte d’une apocalypse nucléaire

P.S :

  Pour les survivants d’Hiroshima et Nagasaki, le calvaire allait se poursuivre jusqu’à leur mort. Beaucoup allaient mourir des suites de leurs brûlures ou de leur irradiation. Les survivants, appelés hibakusha ( » personnes irradiées  »), à peine plus chanceux, allaient être  » ostracisés  »  toute leur vie par la société nippone: systématiquement empêchés de se marier, voire de simplement travailler en entreprise.
  Les forces d’occupation américaines, de mèche avec l’administration nippone, allaient maintenir pendant plusieurs décennies une chape de plomb sur les conséquences humaines des bombardements, immédiates et à plus long terme.
  Quant à l’opinion publique occidentale , elle ne prit guère la mesure des événements qui venaient de se produire ces 6 et 9 août 1945. Le quotidien français   »Le Monde  » titre le 8 août 1945, comme s’il s’agissait d’un exploit scientifique quelconque :  » Une révolution scientifique. Les Américains lancent leur première bombe atomique sur le Japon  ».
     Parmi les rares esprits lucides figure le jeune romancier et philosophe Albert Camus, qui écrit dans Combat, le même jour, un article non signé :  » Le monde est ce qu’il est, c’est-à-dire peu de chose. C’est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d’information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d’une foule de commentaires enthousiastes, que n’importe quelle ville d’importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d’un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l’avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Il est permis de penser qu’il y a quelque indécence à célébrer une découverte qui se met d’abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l’homme ait fait preuve depuis des siècles  ».

 

 

 

çà s’est passé il y a 34 ans:


    Lancé en 1955 ( année de ma naissance  ) , le premier Rainbow Warrior est utilisé par l’organisme de protection de l’environnement Greenpeace (à partir de 1978) pour lutter contre les essais nucléaires français en cours dans les années 1980 dans le Pacifique, sur les îles polynésiennes de Moruroa et Fangataufa. Il n’est en effet pas rare que l’organisme utilise des navires pour mener des campagnes à travers les mers du globe (il en compte, encore à l’heure actuelle, trois : Le Rainbow Warrior III, le MV Arctic Sunrise et le MV Esperanza). En 1985, le navire est en route vers Mururora dans le but d’entraver les essais nucléaires et est amarré dans le port d’Auckland (Nouvelle-Zélande). Il est alors coulé par des agents des services secrets français : c’est l’affaire du Rainbow Warrior.

 

Amsterdam 1981

 

     L’affaire du Rainbow Warrior fut commanditée par le ministre de la Défense Charles Hernu (qui démissionne après cette affaire) avec, selon Pierre Lacoste , patron de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (qui sera limogé à cause de ce drame), l’accord explicite du président de la République François Mitterrand : les services secrets français sabordent, le 10 juillet, le navire, à quai en Nouvelle-Zélande et prêt à se rendre sur l’atoll Mururoa, pour protester contre les essais nucléaires français. Le naufrage fit, alors que ce n’était pas dans l’intention du gouvernement, un mort : le photographe Fernando Pereira indePereira qui retourna dans le navire pour rechercher son matériel et y laissa sa vie. Cet acte de violation de la souveraineté de l’État néo-zélandais fut à l’origine de tensions entre les deux pays et eut des impacts en termes de relations politiques et économiques.

 

L’atoll de Mururoa

 

  L’affaire commence le 19 mars 1985, selon l’amiral Lacoste, lorsque Patrick Careil, directeur de cabinet du ministre Charles Hernu, est convoqué pour préparer une opération contre le Rainbow Warrior. Au départ, ce navire, aux mains de Greenpeace, devait emmener d’autres bateaux vers l’atoll de Mururoa pour protester contre les essais nucléaires français et les gêner le plus possible.        

   Cependant, en novembre 1984, des rapports parviennent sur les bureaux de la Défense : l’organisation écologiste se prépare, selon des agents infiltrés, à une campagne virulente et agressive. Les services secrets français soupçonnent, de plus, Greenpeace d’être financé par des organisations proches de l’appareil de propagande soviétique !!? et d’espionner leurs essais nucléaires plutôt que de les dénoncer. L’opération de sabotage est préparée par les officiers du Service Action (unité militaire secrète) de la DGSE qui est sous la tutelle d’un nouveau chef depuis les attentats de Beyrouth le 23 octobre 1983, le colonel Jean-Claude Lesquer.

 

  En raison de délais trop brefs, il propose trois hypothèses d’action pour cette opération que l’on baptise « Satanique » : une charge explosive légère pour endommager l’arbre d’hélice ou le gouvernail du navire, ce qui l’obligerait à de lourdes réparations, une dysenterie accidentelle empêchant l’équipage de quitter la terre ou une charge explosive lourde pour couler le navire.

  Ce fut, la dernière hypothèse, plus radicale, qui sera retenue par le pouvoir politique pour que cesse définitivement l’activisme du Rainbow Warrior. Le 28 mai, François Mitterrand approuve l’opération, le 7 juillet, Charles Hernu fera de même.

 

   Les préparatifs ont commencé depuis plusieurs semaines : l’agent de la DGSE, Christian Cabon, alias Frédérique Bonlieu (lieutenant de l’armée française), infiltre un groupe de militants d’Auckland en avril / mai 1985 pour apprendre la date de l’arrivée du Rainbow Warrior en Nouvelle-Zélande. Trois équipes du Service Action sont dépêchées sur le terrain. L’opération se déroule le 10 juillet 1985. On transfère le matériel d’un van de location, utilisé par des agents, les  »faux époux Turenge  » (le commandant Alain Mafart et le capitaine Dominique Prieur, qui avaient prétexté un voyage de noce comme couverture de leur mission), vers un canot pneumatique piloté par trois nageurs de combat. Le pilote (que l’on identifiait comme l’homme au bonnet rouge et surnommait Pierre le Marin), ne serait autre que Gérard Royal, le frère de Ségolène Royal. Il quittera par la suite le service avec le grade de lieutenant-colonel.

 

    Deux mines magnétiques reliées entre elles sont collées par deux nageurs de combat à la coque du Rainbow Warrior : elles doivent exploser à cinq minutes d’intervalle. La première est de faible puissance, elle a pour but de provoquer l’évacuation du navire de ses douze membres d’équipage et du capitaine, la seconde est placée près de la salle des machines pour couler le Rainbow Warrior. A 23 h 48, une première explosion retentit : l’équipage quitte le navire qui commence doucement à prendre l’eau, mais le photographe néerlandais Fernando Pereira fait demi-tour et va rechercher dans sa cabine son équipement photographique. A 23 h 51, alors que la seconde explosion retentit, il meurt, piégé à l’intérieur du navire.

 

 

   Les faux époux Turenge sont bien vite arrêtés par la police d’Auckland à cause du van loué pour récupérer les plongeurs dont la mission était de placer les explosifs. Un certain nombre de cambriolages ont en effet eu lieu sur le port durant les jours précédents et le port est sans cesse sous la surveillance de vigiles : l’un d’entre eux voit le véhicule attendant les plongeurs discrètement dans un coin, il note son numéro d’immatriculation, ce qui aidera fortement la police à les retrouver lors de l’enquête. Le 12 juillet, les  » époux » sont interpellés à l’aéroport d’Auckland alors qu’ils y rendaient la voiture qu’ils avaient louée. ( Ils se font passer pour des touristes suisses en voyage de noce, mais sont en réalité deux agents secrets de la DGSE.)

 

   Restant à la disposition de la police, ils sont logés dans un hôtel, mais commettent l’erreur malheureuse de téléphoner à un numéro secret, numéro de secours de la DGSE. Méfiant, le surintendant Alan Galbraith, chef de la Criminal Investigation Branch, envoie des télex à Londres et à Berne. Le 14 juillet, apprenant  que les passeports des  »époux  » sont des faux il fait arrêter, le lendemain, les deux agents.

    La presse néo-zélandaise commence à mettre en cause les services spéciaux français. Les protagonistes sont définitivement identifiés comme étant les poseurs de bombe grâce à leurs empreintes digitales retrouvées sous le canot pneumatique qui avait servi à poser la bombe. À cette époque, la technique pour relever des empreintes sur un objet ayant séjourné dans l’eau (comme ce fut le cas pour le dessous du canot) était très peu répandue. Cependant, une équipe d’experts internationaux, qui se trouvait sur place à cette époque, mit à disposition son savoir-faire, tout nouveau, et releva les empreintes qui, quelques mois auparavant, seraient restées inexploitables. Le 23 juillet, ils sont inculpés pour trois chefs d’accusation : Meurtre, incendie volontaire et association de malfaiteurs. David Lange, premier ministre néo-zélandais, accuse des éléments étrangers d’avoir pris part à l’attentat. Il vise de cette manière implicitement la France. Le 26 juillet, la justice néo-zélandaise lance un mandat d’arrêt international contre l’agent de la DGSE Christine Cabon.

 

Charles Hernu (à droite)

 

   Pierre Joxe, ministre de l’Intérieur en France, décide de lancer une enquête de police et organise la fuite des informations vers la presse, fuites qui permettent à l’enquête néo-zélandaise de progresser plus rapidement et de déclencher un important scandale médiatique. Le but de Pierre Joxe était, selon les différents participants à l’opération, de se débarrasser du ministre Charles Hernu, son rival politique au sein du gouvernement.

    Alors que Charles Hernu nie toujours toute implication de la DGSE, la publication de documents compromettants décide François Mitterrand à commander, le 6 août, un rapport à Bernard Tricot, conseiller d’État. Ce rapport lui est remis le 26 août et blanchit la DGSE, suscitant même les doutes de Laurent Fabius, alors premier ministre. Ce dernier fait une déclaration à la presse dans laquelle il nie totalement l’implication du gouvernement dans le sabordage. Le 17 septembre, les journalistes du Monde Edwy Plenel et Bertrand Le Gendre révèlent l’existence d’une troisième équipe alors que la Défense insiste sur l’impossibilité pour les faux époux Turenge et les plongeurs de l’Ouvéa d’avoir commis l’attentat. Le 20 septembre, Charles Hernu démissionne et Pierre Lacoste, patron de la DGSE, est limogé. Le 22 septembre, Laurent Fabius admet en direct à la télévision que les services secrets français ont mené l’attaque du Rainbow Warrior.

 

  Le 4 novembre 1985, Alain Mafart et Dominique Prieur, ( les faux époux ), comparaissent devant la cour d’Auckland pour leurs premières auditions : ils plaident coupable d’homicide involontaire sur la personne du photographe. Ils sont condamnés à dix ans de prison le 22 novembre et transférés en juillet 1986 sur l’atoll de Hao en Polynésie, affectés au 5e régiment étranger. Le procès a été filmé malgré l’opposition des Français, puis a été diffusé sur une chaîne nationale à partir du 26 septembre 2006. Les agents français ont été déboutés par les juridictions néo-zélandaises de leur opposition à la diffusion de la vidéo du procès.  

     Le 29 septembre 2006, Antoine Royal déclare à la presse que son frère Gérard Royal se serait vanté d’avoir lui-même posé la bombe, ce que l’intéressé a refusé de confirmer. Le premier ministre néo-zélandais a exclu toute nouvelle action concernant le Rainbow Warrior compte tenu des engagements internationaux pris entre la France et la Nouvelle-Zélande.

 

Dominique Prieur et Alain Mafart (les faux époux )

 

   Extrait du rapport soumis au Comité contre le terrorisme en Nouvelle-Zélande :  » Outre les infractions spécifiques créées par les instruments internationaux contre le terrorisme, la législation néo-zélandaise n’établit pas d’infraction générique dénommée “acte terroriste”. Toutefois, plusieurs actes terroristes sont considérés comme des infractions au titre de l’actuel Code pénal. C’est ainsi qu’en application de la loi sur la criminalité, ont été poursuivis deux agents responsables de l’attentat à l’explosif contre le Rainbow Warrior, la seule attaque terroriste perpétrée en Nouvelle-Zélande à ce jour. Le Gouvernement néo-zélandais est d’avis que l’  “activité terroriste” devrait être considérée comme un facteur aggravant dans la détermination de la peine au titre de la loi sur la réforme des peines et de la liberté conditionnelle dont le Parlement est actuellement saisi. L’“activité terroriste” figurera également parmi les facteurs justifiant une peine d’emprisonnement d’au moins 17 ans en cas de meurtre. Le Gouvernement est également d’avis que la deuxième loi sur le terrorisme devrait reconnaître la compétence extraterritoriale pour toute infraction commise par des citoyens néo-zélandais dans la perpétration d’un acte terroriste, tel qu’il est défini dans la loi sur la répression du terrorisme.

 

  Comme il a été déjà indiqué, les seules condamnations obtenues en Nouvelle-Zélande pour des activités terroristes avaient trait à l’attentat à l’explosif perpétré contre le Rainbow Warrior par des agents français dans le port d’Auckland le 10 juillet 1985. Deux des agents, le commandant Alain Mafart et le capitaine Dominique Prieur, ont été reconnus coupables d’homicide involontaire sur la personne d’un membre d’équipage mort lorsque le bateau a sombré et ont été condamnés à 10 ans d’emprisonnement. À la suite d’un arbitrage, les agents ont été expulsés vers l’atoll de Hao en Polynésie française, en application d’un accord conclu entre la France et la Nouvelle-Zélande. Ils ont été relâchés et sont retournés en France 18 mois plus tard. Une autre procédure d’arbitrage est arrivée à la conclusion qu’ils ont été libérés en violation de l’Accord. L’affaire a été réglée lorsque des excuses ont été présentées et un dédommagement versé à la Nouvelle-Zélande. »

 

   Dans un rapport confidentiel daté du 8 avril 1986 et resté secret jusqu’en juillet 2005, l’amiral Lacoste soutient que :  »  C’est le 19 mars 1985 que M. Patrick Careil, directeur de cabinet de M. Charles Hernu, lui a explicitement demandé de mettre en œuvre les moyens de la DGSE pour interdire au mouvement Greenpeace de réaliser ses projets d’intervention contre la campagne des essais nucléaires français à Mururoa, à l’été 1985.  » On précisera  que  » l’interdiction au mouvement  » sur zone, Mururoa, en pleine mer aurait pu être plus périlleuse : sommation tir de canon au but dans l’étrave avant immobilisation par l’assaut des commandos marine. Très certainement le souhait initial d’une  » interdiction au mouvement  » du navire le Rainbow Warrior, correspond à un sabotage à quai et non à un sabordage du navire. L’amiral Lacoste explique également que, selon lui, l’action contre Greenpeace a été donnée avec l’accord du président de la République, François Mitterrand :  » Reçu en audience par le président de la République, le 15 mai à 18 heures, j’avais mis cette question au premier point de l’ordre du jour (…). J’ai demandé au Président s’il m’autorisait à mettre en œuvre le projet de neutralisation que j’avais étudié à la demande de Charles Hernu. Il m’a donné son accord en manifestant l’importance qu’il attachait aux essais nucléaires. Je ne suis pas alors entré dans un plus grand détail du projet, l’autorisation était suffisamment explicite.  » C’est pour couvrir le président que Charles Hernu démissionne. En 1985, René Imbot remplace Pierre Lacoste à la tête de la DGSE.

 

   L’affaire du Rainbow Warrior va entraîner une grosse crise dans les relations entre la France et la Nouvelle-Zélande. Elle ne sera néanmoins pas traitée par la Cour internationale de justice, la France ayant abandonné en 1974 sa déclaration de juridiction obligatoire. Les deux parties font appel au secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Javier Pérez de Cuéllar, lui demandant de rendre un règlement obligatoire pour les deux parties, ce qui est mis sur pied en juillet 1986.

   La décision finale accorde une double réparation à la Nouvelle-Zélande : une satisfaction sous la forme   » d’excuses officielles  » ! de la France, puis une réparation de sept millions de dollars de dommages et intérêt. Le 9 juillet, trois accords sont signés sous forme d’échanges de lettres afin de régler le problème. Les deux agents français, conformément à ces accords, sont transférés, sur l’île d’Hao avec interdiction de revenir en métropole pendant les trois prochaines années. Le 14 décembre 1987, le chef de bataillon Mafart est rapatrié pour raisons médicales, le 6 mai 1988, ce sera le capitaine Maire qui sera autorisée à se rendre au chevet de son père mourant. La Nouvelle-Zélande porte l’affaire devant un tribunal arbitral : les relations entre les deux pays seront tendues de nombreuses années durant. En 1987, la France verse huit millions de dollars d’indemnités à Greenpeace. L’échec de cette affaire entraîne la mise en place de la cellule Alpha, chargée  » d’éliminer  »des personnes, fonctionnant de manière clandestine au sein du service Action de la DGSE. En raison des tensions entre les deux nations, la France s’abstient de s’opposer à l’entrée sur le territoire européen de viande d’agneau et de mouton en provenance de Nouvelle-Zélande, ce qui va à l’encontre de son habitude à défendre les intérêts des agriculteurs. Une autre ironie dans l’affaire est plus anecdotique : les radios de l’été 1985 diffusent « Chasin’ rainbows », chanson de Conway Twitty.     Aujourd’hui, Mafart, retraité de l’armée française depuis le 30 décembre 1994, est photographe animalier. Prieur, quant à elle, a été directrice des ressources humaines de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris sous son nom de jeune fille. Le 6 septembre 2015, le colonel Kister, qui dirigea les nageurs de combat qui ont posé les charges explosives sur le bateau, accorde une interview à Mediapart et à la Television New Zealand pour exprimer ses  »  profonds regrets et ses excuses  »( tu parles ! )…..

    Aujourd’hui, l’épave du Rainbow Warrior repose toujours au large d’Auckland.

 » avec ou sans sucre ?  »


Vrai ? 

J’ai lu que : Dire que le sucre est responsable de maladies ( surtout cardiovasculaires )

, serait le résultat d’une  » magouille  » , un mensonge scientifique qui dure depuis une cinquantaine d’année et aurait provoqué  » un désastre sanitaire mondial  »  …d’après une enquête du New York Times , l’industrie du sucre aurait payé trois scientifiques réputés de Harvard , dans les années 60 pour qu’ils minimisent son rôle et  » incriminent  » à la place les graisses dans les maladies cardiovasculaires . Ce qu’ils ont fait . 

  Leur étude ( payée environ 50 000 dollars par la   » Sugar Research Fondation  » ) aurait été publiée dans une prestigieuse revue médicale ( New England Journal of Medicine ) je crois .  Or , dans une lettre envoyée à un  » magnat  » de l’industrie par un des trois chercheurs ( tous décédés aujourd’hui ) , ce dernier explique qu’ils  » vont masquer du mieux possible  » les études publiées à l’époque , études qui liaient sucre et maladies cardiques . Ce qu’ils ont réussi à faire en imposant leur travail  » biaisé  » comme une référence pour les autres chercheurs . Aux U.S.A , les autorités ont d’ailleurs longtemps encouragé les citoyens à consommer des produits pauvres en graisse , mais riches en sucre ! Cette consommation serait responsable de la hausse très importante du nombre de personnes obèses …..En 2015 ,le même journal avait déjà révélé qu’une célèbre marque de soda avait investi des millions de dollars dans le financement de  » recherches  » minimisant le lien entre les boissons sucrées et l’obésité !

Petit complément :

çà s’est passé il y a ……..


environ 134 ans :

Le 5 janvier 1895 : 

Le 5 janvier 1895, le capitaine Alfred Dreyfus est solennellement dégradé dans la cour de l’École Militaire, à Paris. Il a été condamné au bagne à vie pour haute trahison.
L’« Affaire Dreyfus » commence un an plus tard avec la révélationde son innocence. Elle va secouer l’opinion publique en France et dans le reste du monde pendant plusieurs décennies.

 

 

  L’affaire Dreyfus débute comme une banale affaire d’espionnage par la découverte en septembre 1894 d’un bordereau contenant des secrets militaires et adressé à l’ambassade allemande.
  Le capitaine Alfred Dreyfus (35 ans) est très vite accusé d’en être l’auteur sur la foi d’une analyse graphologique truquée.

   Issu d’une riche famille israélite d’origine alsacienne, cet officier d’état-major est arrêté dès le 15 octobre 1894 sous l’inculpation de haute trahison. Il échappe à la guillotine en vertu d’une loi qui a aboli la peine de mort pour les crimes politiques. C’est ainsi qu’il part pour l’île du Diable, en Guyane.
  Personne en France ne doute alors de sa culpabilité… Personne sauf sa femme Lucie et son frère Mathieu qui vont remuer ciel et terre pour obtenir sa libération.

  Cependant , le doute s’installe  :

En mars 1896. Le lieutenant-colonel Georges Picquart, qui dirige le service de renseignements, découvre que l’auteur du bordereau est en vérité le commandant Charles Walsin-Esterhazy. Ayant fait part de ses doutes au chef de l’état-major, il est réduit au silence par un limogeage en Tunisie.
  En octobre 1896, le colonel Henry, des services secrets, désireux d’écarter les soupçons d’Esterhazy, produit un nouveau bordereau qui accable Dreyfus. On apprendra plus tard qu’il s’agit d’un faux document !
  Entre temps, la famille du capitaine Dreyfus fait appel au journaliste Bernard-Lazare pour chercher des motifs de réviser le procès.
  Enfin, le 14 novembre 1897, le sénateur de Strasbourg Auguste Scheurer-Kestner, lui aussi convaincu de l’innocence de Dreyfus, publie une lettre où il annonce des faits nouveaux. Le lendemain, Mathieu Dreyfus ( le frère ) dénonce Esterhazy comme le véritable auteur du bordereau.

Le 13 janvier 1898, coup de théâtre avec la publication d’un article incendiaire, intitulé J’accuse…et signé par  Émile Zola. Tout y est dit des mensonges et des compromissions des autorités. L’auteur doit s’exiler pour ne pas être emprisonné.
  Mais il n’est plus possible au gouvernement d’en rester là. Dreyfus revient du bagne. Il est à nouveau jugé, condamné à dix ans de prison et aussitôt grâcié par le Président de la République ! Le dénouement a lieu en  juillet 1906 avec sa réhabilitation par la Cour de Cassation.