D’actualité ? Et lui ????


Les paroles:

 

A mon enterrement j’aurai des cheveux blancs
Des dingues et des Pop aux sabots de guitare
Des cheveux pleins de fleurs des champs dedans leurs yeux
Hennissant des chansons de nuit quand y en a marre
J’aurai des mômes de passe, ceux que j’ai pas finis
Des filles de douze ans qui gonflent sous l’outrage
Des Chinoises des Russes des Nordiques remplies
Des rues décapitées par des girls de passage

A mon enterrement

Et je ferai l’amour avec le croque-mort
Avec sa tête d’ange et ses dix-huit automnes
Douze pour la vertu et six mourant au port
Quand son navire mouillera comme un aumône
A mon enterrement j’aurai un coeur de fer
Et me suivrai tout seul sur le dernier bitume
Lâchant mon ombre enfin pour me mettre en enfer
Dans le dernier taxi tapinant dans la brume

 

 

 

A mon enterrement

Comme un pendu tout sec perforé de corbeaux
A mon enterrement je gueulerai quand même
J’aurai l’ordinateur facile avec les mots
Des cartes perforées me perforant le thème
Je mettrai en chanson la tristesse du vent
Quand il vient s’affaler sur la gueule des pierres
La nausée de la mer quand revient le jusant
Et qu’il faut de nouveau descendre et puis se taire

A mon enterrement

A mon enterrement je ne veux que des morts
Des rossignols sans voix des chagrins littéraires
Des peintres sans couleurs des acteurs sans décor
Des silences sans bruits des soleils sans lumière
Je veux du noir partout à me crever les yeux
Et n’avoir jamais plus qu’une idée de voyance
Sous l’oeil indifférent du regard le plus creux
Dans la dernière métaphore de l’offense .

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Elle chante  » Petite  » de Léo Ferré à capella !


Son nom : Camélia Jordana…..

 

Pour comparer….:

Encore ! Une autre par H.F Thiéfaine :

 

Encore !!!

J’adore celle ci :

Les paroles :

Je suis d´un autre pays que le vôtre, d´une autre quartier, d´une autre solitude.
Je m´invente aujourd´hui des chemins de traverse. Je ne suis plus de chez vous. J´attends des mutants.
Biologiquement, je m´arrange avec l´idée que je me fais de la biologie : je pisse, j´éjacule, je pleure.
Il est de toute première instance que nous façonnions nos idées comme s´il s´agissait d´objets manufacturés.
Je suis prêt à vous procurer les moules. Mais…
La solitude…
La solitude…

Les moules sont d´une texture nouvelle, je vous avertis. Ils ont été coulés demain matin.
Si vous n´avez pas, dès ce jour, le sentiment relatif de votre durée, il est inutile de vous transmettre, il est inutile de regarder devant vous car devant c´est derrière, la nuit c´est le jour. Et…
La solitude…
La solitude…
La solitude…

Il est de toute première instance que les laveries automatiques, au coin des rues, soient aussi imperturbables que les feux d´arrêt ou de voie libre.
Les flics du détersif vous indiqueront la case où il vous sera loisible de laver ce que vous croyez être votre conscience et qui n´est qu´une dépendance de l´ordinateur neurophile qui vous sert de cerveau. Et pourtant…
La solitude…
La solitude!

Le désespoir est une forme supérieure de la critique. Pour le moment, nous l´appellerons « bonheur », les mots que vous employez n´étant plus « les mots » mais une sorte de conduit à travers lequel les analphabètes se font bonne conscience. Mais…
La solitude…
La solitude…
La solitude, la solitude, la solitude…
La solitude!

Le Code Civil, nous en parlerons plus tard.

Pour le moment, je voudrais codifier l´incodifiable.

Je voudrais mesurer vos danaïdes démocraties.

Je voudrais m´insérer dans le vide absolu et devenir le non-dit,

le non-avenu, le non-vierge par manque de lucidité.
La lucidité se tient dans mon froc!
Dans mon froc!

Anniversaires….Juin ….( 1)


 

 Léo ferré nous quittait, il y a vingt ans… Et tout le monde s’en fout dans les médias obcènes… Ferré, poète de génie, musicien considérable, Ferré qui emmerdait tout le monde, ce monde là des bien pensants qu’il s’est appliqué à dénoncer toute sa vie, sur lequel il a toujours craché… Ferré  auquel les beaux esprits de la gauche dyslexique trouvait toujours quelque chose à redire, à critiquer… En ces temps, il ne  sortait plus de sa Toscane refuge que pour venir à Marseille chez son ami Richard Martin .

 Léo n’en finissait pas , assis sur le bord de la scène, déclamant des poèmes inverses, clamant sa tristesse, sa colère, racontant, aussi son enfance… »Dans le silence de la nuit, il y a comme un balancement maudit qui te met le coeur à l’heure…. » « MuB es sein, es muB sein, cela doit il être?, cela est… »  » Et ce sourire dis donc, qu’est ce que sourire à l’intérieur de la tête , comme une ride intelligente… »

  Mr Ferré, qui avait écrit peu avant sa mort, comme poussé par une prescience de l’ineluctable:  » Hier soir, j’ai reçu un coup de téléphone:

-Allo, Ferré, c’est la Mort, j’aime bien ce que vous faites…

Alors, j’ai répondu: « Moi aussi!! » « 

Putain Léo, comme tu me manques, comme je t’écoute encore les soirs de solitude amère un peu: « Il n’y a plus rien, plus plus rien, et ce rien, on vous le laisse, foutez vous en jusque là si vous pouvez, nous, on peut pas »….

C’est beau !


Le texte : (Caussimon )

Ne chantez pas la Mort !

Paroles de Jean-Roger Caussimon, musique de Léo Ferré

Ne chantez pas la Mort, c’est un sujet morbide Le mot seul jette un froid, aussitôt qu’il est dit Les gens du « show-business » vous prédiront le « bide » C’est un sujet tabou… Pour poète maudit La Mort… La Mort… Je la chante et, dès lors, miracle des voyelles Il semble que la Mort est la soeur de l’amour La Mort qui nous attend, l’amour que l’on appelle Et si lui ne vient pas, elle viendra toujours La Mort… La Mort…

La mienne n’aura pas, comme dans le Larousse Un squelette, un linceul, dans la main une faux Mais, fille de vingt ans à chevelure rousse En voile de mariée, elle aura ce qu’il faut La Mort… La Mort… De grands yeux d’océan, la voix d’une ingénue Un sourire d’enfant sur des lèvres carmin Douce, elle apaisera sur sa poitrine nue Mes paupières brûlées, ma gueule en parchemin La Mort… La Mort…

« Requiem » de Mozart et non Danse Macabre Pauvre valse musette au musée de Saint-Saëns ! La Mort c’est la beauté, c’est l’éclair vif du sabre C’est le doux penthotal de l’esprit et des sens La Mort… La Mort… Et n’allez pas confondre et l’effet et la cause La Mort est délivrance, elle sait que le Temps Quotidiennement nous vole quelque chose La poignée de cheveux et l’ivoire des dents La Mort… La Mort…

Elle est Euthanasie, la suprême infirmière Elle survient, à temps, pour arrêter ce jeu Près du soldat blessé dans la boue des rizières Chez le vieillard glacé dans la chambre sans feu La Mort… La Mort… Le Temps, c’est le tic-tac monstrueux de la montre La Mort, c’est l’infini dans son éternité Mais qu’advient-il de ceux qui vont à sa rencontre ? Comme on gagne sa vie, nous faut-il mériter La Mort… La Mort…

La Mort ?.

Parceque j’aime….


Parce que j’aime l’automne ,Verlaine et Mr Ferré !

 

Le poème de P.Verlaine :

Chanson d’automne

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.