Ces rues de Paris ont été rebaptisées…


… et on comprend pourquoi !.

Les colons européens partis  »civiliser » l’Afrique et l’Asie n’ont plus la cote à Berlin. En 2017, les rues leur rendant hommage seront rebaptisées au nom de résistantes africaines qui se sont opposées aux occupants occidentaux. Renommer une rue pour être politiquement correct?

En France, on a l’habitude. Surtout à Paris :

2002 La rue Alexis-Carrel, Prix Nobel

A.Nobel

de médecine en 1912, est débaptisée à cause d’une vilaine tache sur son CV: il était partisan des théories eugénistes nazies. La voie prend le nom du résistant Jean-Pierre Bloch.

Août 1914 La guerre vient d’être déclarée. L’avenue Jean-Jaurès, du nom du leader pacifiste tout juste assassiné, remplace l’avenue de l’Allemagne.

1806 La rue du Poil-au-Con, où se retrouvent les prostituées depuis le XIVe siècle, devient rue du Pélican, plus  »policée  ».

1791 La révolution veut effacer la mainmise du clergé. Le quai des Théatins, un ordre religieux, est rebaptisé quai Voltaire.

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Comment attribue-t-on le nom des rues ?

Aucun texte n’oblige à baptiser les rues. Pour Jean-Claude Bouvier, (auteur du livre Les noms des rues disent la ville), c’est  » la Poste qui fait pression sur les villages pour aider les facteurs à s’y retrouver  ». Depuis 1982, ce sont les communes qui décident. N’importe quel habitant peut faire une proposition. Si le maire décide de l’inscrire à l’ordre du jour, elle sera soumise au vote des conseillers. Sauf exception, on ne donne pas le nom d’une personnalité vivante. Une délibération du Conseil de Paris de 1938 ne l’autorise que pour une personne décédée depuis au moins 5 ans. Ce qui n’a pas empêché Victor Hugo d’avoir pour adresse, les quatre dernières années de sa vie :  »Monsieur Victor Hugo en son avenue, Paris.  »

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Depuis quand les rues ont elles un nom ?( en France )?

Depuis le Moyen Âge, les rues portent des noms , liés à leur emplacement géographique (rue de la Rivière), à leur importance (Grande Rue), aux monastères (rue Saint-Jacques) ou aux corporations qu’elles abritent (rue de la Boucherie, de la Forge…).

Le tournant du 18ème siècle

Au XVIIIe siècle, elles sont systématiquement nommées et recensées : certaines d’entre elles garderont leur nom primitif, d’autres seront rebaptisées. C’est à Paris , en 1728, que leur nom apparaît sur des écriteaux aux carrefours, puis, en 1844, sur des plaques émaillées, en caractères blancs sur fond bleu.

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Le 4 février 1805 , était institué un  décret : Ce décret  précise que dans les rues perpendiculaires ou obliques au cours de la rivière, le numérotage sera exécuté en noir sur un fond d’ocre ; dans les rues parallèles, il le sera en rouge sur le même fond. En outre, ce numérotage sera exécuté à l’huile, et, pour la première fois, à la charge de la commune de Paris.

   Le texte du décret rendu le 15 pluviôse an XIII (4 février 1805), sur le rapport du Ministre de l’intérieur :

Art. 1er. Il sera procédé, dans le délai de trois mois, au numérotage des maisons de Paris, d’après les ordres et instructions du ministre de l’Intérieur.

   2 ) Ce numérotage sera établi par une même suite de numéros pour la même rue, lors même qu’elle dépendrait de plusieurs arrondissements communaux, et par un seul numéro qui sera placé sur la porte principale de l’habitation. Ce numéro pourra être répété sur les autres portes de la même maison, lorsqu’elles s’ouvriront sur la même rue que la porte principale ; dans le cas où elles s’ouvriraient sur une rue différente, elles prendront le numéro de la série appartenant à cette rue.

Numéro conforme à la réglementation de 1805 (chiffre noir sur fond ocre dans une rue perpendiculaire à la Seine) Numéro conforme à la réglementation de 1805 (chiffre noir
sur fond ocre dans une rue perpendiculaire à la Seine)

3 ) Les rues dites des faubourgs, quoique formant continuation à une rue du même nom, prendront une nouvelle suite de numéros.

   4) La série des numéros sera formée des nombres pairs pour le côté droit de la rue, et des nombres impairs pour le côté gauche.

  5) Le côté droit d’une rue sera déterminé, dans les rues perpendiculaires ou obliques au cours de la Seine, par la droite du passant se dirigeant vers la rivière, et dans celles parallèles, par la droite du passant marchant dans le sens du cours de la rivière.

  6 ) Dans les îles, le grand canal de la rivière coulant au nord déterminera seul la position des rues.

  7 ) Le premier numéro de la série, soit paire, soit impaire, commencera, dans les rues perpendiculaires ou obliques au cours de la Seine, à l’entrée de la rue prise au point le plus rapproché de la rivière, et, dans les rues parallèles, à l’entrée prise en remontant le cours de la rivière ; de manière que, dans les premières, les nombres croissent en s’éloignant de la rivière, et dans les secondes, en la descendant.

 8 ) Dans les rues perpendiculaires ou obliques au cours de la rivière, le numérotage sera exécuté en noir sur un fond d’ocre ; dans les rues parallèles, il le sera en rouge sur le même fond.

  9 )Le numérotage sera exécuté à l’huile, et, pour la première fois, à la charge de la commune de Paris.

 10 )A cet effet, il sera passé, par-devant le préfet du département de la Seine, une adjudication au rabais de l’entreprise du numérotage exécuté à l’huile, à tant par numéro, de grandeur, de forme et couleur déterminées par le cahier des charges.

  11)  L’entretien du numérotage est à la charge des propriétaires ; ils pourront, en conséquence, le faire exécuter à leurs frais, d’une manière plus durable, soit en tôle vernissée, soit en faïence ou terre à poêle émaillée, en se conformant cependant aux autres dispositions du présent décret, sur la couleur des numéros et la hauteur à laquelle ils doivent être placés.

  12) Le ministre de l’Intérieur est chargé de l’exécution du présent décret.

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   Vidéo Paris un peu plus tard :

( En France, les noms de rues sont appelés aussi odonyme ou  » holonyme   » ???)

 » La poste »


L’histoire de la distribution du courrier

Les chevaucheurs du roi

Les chevaucheurs du roi

C’est Louis XI qui créa la première poste en 1476. Mais c’est pour son seul usage. Ses messagers sont appelés  »les chevaucheurs du roi ». Louis XI, en guerre contre le duc de Bourgogne, veut être informé rapidement des avancées de son armée. Sur les routes, il fait placer des relais, tenus par des maîtres de poste et chargés de fournir des chevaux frais aux messagers. Il faudra attendre le début du XVIIe siècle pour qu’Henri IV ouvre le circuit de distribution à la correspondance des particuliers, le début de  »la poste aux lettres  ».

On embarque en turgotine

On embarque en  »turgotine »

En plus des lettres et des colis, les  » turgotines  »

turgotine ?

Le  »célèbre » Turgot

Turgot ?

, qui contribua à les établir.

(sorte de diligence) de la fin du XVIIIe, puis les  » malles poste  » peuvent transporter jusqu’à huit passagers. Sur les routes, ces dernières sont les véhicules les plus rapides (12 km/h), mais particulièrement inconfortables. Victor Hugo écrit ainsi en 1834 :  » Je suis encore tout étourdi de trois nuits à grands coups de fouet, à franc étrier, sans boire, ni manger, ni respirer à peine, avec quatre diablesses de roues qui mangent les lieues vraiment quatre à quatre.  »

Dans le cabinet noir

Dans le cabinet noir

Comment ouvrir un courrier sans se faire remarquer ? Rien de plus simple ! Sous l’Ancien Régime, la pratique est monnaie courante. Madame Du Hausset

Madame Du Hausset ?

, la femme de chambre de la marquise de Pompadour, explique en détail comment procédait le cabinet noir de Louis XV :  » Six ou sept commis de l’hôtel des Postes triaient des lettres qu’il leur était prescrit de décacheter et prenaient l’empreinte du cachet avec une boule de mercure, ensuite on mettait la lettre du coté du cachet sur un gobelet d’eau chaude qui faisait fondre la cire sans rien gâter. On l’ouvrait, on faisait l’extrait et ensuite on la recachetait au moyen de l’empreinte.  »

En 1830, la première tournée

En 1830, la première tournée

Le 1er avril 1830, 5 000 facteurs partent au petit matin pour la première tournée de l’Histoire. Ils représentent l’élite : tous savent lire et écrire et beaucoup sont d’anciens militaires habitués à la marche, choisis parmi  » les plus recommandables par leur bonne conduite et les plus intelligents  ». En 1877, ce  » marcheur de l’impossible  » parcourt tous les jours de l’année (et par tous les temps !) en moyenne 27 kilomètres.

Acheminer le courrier au Paris assiégé

Paris assiégé :Acheminer le courrier

Pendant le siège de Paris en 1870-1871, pour envoyer du courrier aux Parisiens, on inaugure un moyen de communication original : des cylindres en zinc hermétiques qui pouvaient contenir jusqu’à 600 lettres. Les boules, remplies de lettres à Moulins (Allier), étaient mises à l’eau dans la Seine, en amont de Paris, avec l’espoir que le courant les entraîne jusque dans les filets tendus en travers du fleuve. Hélas ! aucune d’entre elles n’arriva jamais à destination. La dernière a été repêchée en 1982 à Vatteville-la-Rue, commune normande de Seine-Maritime.

La naissance du timbre

La naissance du timbre

 »Ces messieurs les Anglais » ont tiré les premiers, le 1er mai 1840, avec leur timbre-poste à l’effigie de la reine d’Angleterre. L’objectif : simplifier la tarification pour pousser les gens à s’écrire. En France, la réforme est votée le 24 août 1848. Jusque-là, le destinataire payait le service. Et surtout le tarif était calculé en fonction du poids et de la distance parcourue. Désormais le prix est le même pour tous : 20 centimes pour une lettre de 75 g envoyée en n’importe quel point du territoire français.

Quand le code postal n'existait pas

Quand le code postal n’existait pas

Au milieu du XIXe siècle, à l’hôtel des Postes de Paris, toute missive à l’adresse incomplète est transmise à un employé, le  » canon  », qui connaît tout le gratin parisien. Si le déchiffrage exige trop de temps, la lettre est dirigée vers le bureau des rebuts. Elle est soumise à un examen attentif sous la direction du patron, le  » sphinx  ». Le code postal n’arrive qu’en 1972 !

Depuis quand le jaune est-il la couleur de la Poste ?

Depuis quand le jaune est-il la couleur de la Poste ?

Jusqu’en 1950, les boîtes aux lettres se déclinaient en bleu marine ; quant aux véhicules postaux Citroën (fourgonnette 2 CV

Citroën (fourgonnette 2 CV

et fourgon Type H), ils étaient verts ou gris jusqu’en 1962. Mais ces véhicules aux couleurs bien communes étaient souvent victimes d’accident par mauvais temps, quand la brume ou la pluie masquait la visibilité. La marque aux chevrons

a donc planché sur une couleur bien visible : c’est ainsi qu’elle créé tout spécialement le jaune AC 311, référencé comme tel dans les nuanciers de la Poste et vite surnommé  » jaune PTT  ». La Poste devient la  » marque jaune  » après avoir systématisé cette couleur en 1962. Alors, et bleu marine d’antan ? Sur le logo, l’oiseau postal qui prend son envol garde son ton azur. Cette dernière couleur domine d’ailleurs actuellement le visuel de la Banque postale.

Les commentaires ne sont pas utiles ni nécessaires, j’écris maintenant pour moi d’abord (mais je les laisse  » ouverts  » au cas où)

Le 8 avril, c’est la journée des…


.…..ROMS:

( tout le monde s’en fiche,mais pas moi)

Il suffit de prononcer le mot  » Roms  » et hop ! La plupart des gens les associent aussitôt aux tziganes ou aux gitans. D’autres vont même jusqu’à les traiter de manouches ou encore de  » voleurs de poules  ».

(quand nous, les enfants étions mal habillés ou fréquentions d’autres gars de quartiers  » mal famés  » , nous avions droit à quelques réflexions, réprimandes du genre :   » regardes toi, tu as l’air d’un romanichel, d’un bohémien  » )

Mais que sait-on vraiment de cette communauté et pourquoi leur inflige-t-on autant de discriminations ?

Les Roms, citoyens de l’U.E

Bien qu’ils soient entre 10 et 12 millions de citoyens de l’Union Européenne depuis 1971, il n’empêche que la majorité des Roms subit perpétuellement des persécutions ou des discriminations. A tel point qu’une Journée Internationale des Roms a dû être créé depuis plusieurs années afin de convaincre l’Union Européenne d’intégrer pleinement la communauté Rom dans ses débats.

Cela ne date pas d’hier puisque depuis très longtemps, les communautés roms ont toujours dénoncé les difficultés importantes dans l’accès à l’éducation, à l’emploi ou encore à la santé ou au logement.

Il est à noter également que la moitié des enfants ne sont pas scolarisés et que les adultes sont à plus de 50 % analphabètes. Quant à leur espérance de vie, elle est inférieure d’environ une quinzaine d’années à celle des populations des pays où ils vivent, sans doute à cause de leurs conditions et hygiène de vie.

Amnesty International en soutien aux Roms

drapeau rom photo

Par conséquent, on peut comprendre aisément pourquoi Amnesty International et bien d’autres associations de soutien se démènent chaque année pour arriver à sensibiliser les populations aux problèmes rencontrés par le peuple Rom. Mais il faut éviter de tirer des conclusions hâtives :

Reprenons les choses dans l’ordre afin de mieux comprendre ce qu’il se passe avec cette communauté.

L’histoire des Roms dans l’U.E:

drapeau europe photo

Les Roms sont devenus un peuple de l’U.E à part entière le 8avril 1971 (il y a environ 51 ans) en choisissant leur drapeau et leur hymne, symboles de leur minorité dans l’Union Européenne.

Constitués de 4 groupes nomades (Les Kalderash, les Curara, les Lovara et les Boyasa), ils font tous partie de la grande famille des tziganes, surnommés également Romanichel (peuple de Rom en  » Sinti  », un mélange d’allemand et de roumain). -mes parents les nommaient  » romanichel  »-

Mais avant d’en arriver là, les Roms commencèrent dès l’an 1000, leur exode en quittant l’Inde et l’Egypte (dont ils étaient originaires) pour se rendre en Perse. Une fois les Balkans atteints au XIVème siècle, ceux-ci se dispersèrent un peu partout en Europe. Ils se convertirent alors au Christianisme au contact de la population chrétienne entretenant de bons rapports avec celle-ci.

Les Roms, des nomades devenus chrétiens d’Europe

drapeau europe photo

Deux siècles plus tard, en Europe de l’Ouest, une grande vague migratoire de Roms eut lieu. A tel point que certains pays ont dû en envoyer des milliers dans les colonies africaines ou américaines, n’arrivant plus à les gérer ni à les contenir.

Cependant, dès 1930, ils vont être confrontés à la politique nazie de l’époque décidant de leur extermination quasi totale. En effet, on a dénombré entre 250 000 et 500 000 Roms tués ou déportés dans les camps de concentration sur les 700 000 qui vivaient en Europe à ce moment-là. Ce génocide a été surnommé  » Samudaripen », c’est à dire  » meurtre total  » en langue Romani.

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Le plus affligeant dans tout cela, ce sont les persécutions et les discriminations dont les Roms sont victimes encore aujourd’hui. Et bien que l’Union Européenne ait mis en place différentes stratégies d’intégration, on peut néanmoins redouter une  » tziganophobie  » de plus en plus présente.

D’autant plus que celle-ci ne peut être combattue qu’une fois la reconnaissance de leur histoire, de leur culture et de leur contribution au patrimoine européen acceptée et validée par les différentes instances européennes.

Il ne faut pas oublier qu’il a fallu attendre 1982 pour que l’Allemagne reconnaisse officiellement ses responsabilités dans ce massacre et 1997 pour la France pour qu’un Président de la République y fasse référence lors d’une cérémonie des victimes de la déportation.

Les Droits de l’Homme en Europe

drapeau europe photo

La Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne interdit pourtant toute discrimination fondée  » sur la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales  »…

Sachant d’après certaines données que de nombreux Roms vivent toujours dans des conditions d’extrême pauvreté et continuent d’être les victimes d’une exclusion sociale extrême… On peut effectivement se demander ce que prévoient les membres de l’Union Européenne à la veille des élections face aux préjugés, à l’intolérance et autres abus vis-à-vis de la communauté Rom.

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KLIK

Les murs dans l’histoire……


Prenant comme point de départ la construction du mur israélien de sécurité séparant l’Etat hébreu de la Cisjordanie, ce film remonte le fil de l’histoire pour comprendre les raisons qui motivent les hommes à édifier des murs entre eux. Il s’appuie sur de nombreuses images d’archives et des témoignages d’historiens. Construit en plusieurs parties, le documentaire fait le point sur les murs de défense (limes sous l’Empire romain, Grande Muraille de Chine…), sur les murs politiques (Berlin, Corée), sur les murs de ségrégation (Belfast…) et les murs économiques (Mexique/Etats-Unis).

Histoire des noms de rues


MERCI POUR L’ABSENCE DE COMMENTAIRE!

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lol

En France, les noms de rues (appelés aussi odonyme ou » hodonyme  » ???) datent du Moyen Âge. Le nom des rues était alors attribué en fonction de la situation de la rue ou du lieu qu’elle desservait (rue des abattoirs, place du marché, route des pins etc…..).

Au XVII, la dénomination fonctionnelle change pour des noms de personnages politique, artistes ou notables (rue Molière, place Colbert).

A la révolution, ces noms célèbres Sont remplacés par des valeurs du moment (rue de la Liberté, place de l’Egalité, route de la Nation).

Sous l’empire, les grandes batailles donnent des idées et c’est à ce moment que l’on voit apparaître des  » odonymes  » rappelant les grandes victoires de l’empereur ou des personnages militaires (Place d’Austerlitz, rue Masséna).

De nos jours, les noms de rues n’ont plus de nom précis et un mélange de toutes les tendances historiques se retrouve dans les noms de rues d’une ville (place de la fontaine, Avenue de Wagram, Passage des alouettes, Avenue de la libération, etc…..

Les noms des rues, avenues ou places rappellent parfois des héros et des événements parfois oubliés :

Par exemple : L’avenue  » Marianne – Toute -Seule  » symbolise l’essor de Berck -sur-Mer ; au 19ème siècle, Marianne Brillard est une veuve qui habite à l’écart dans un petit village de pêcheurs de la Manche : Berck. Cette femme s’occupe d’enfants parisiens malades qui lui sont confiés par l’assistance publique, elle a l’habitude de les emmener sur la plage et de leur faire prendre un bain. Or, les médecins de Paris s’aperçoivent que ce  » traitement  » les remet  » d’aplomb ! Ils décident alors de créer un hôpital sur la plage. C’est comme çà que Berck voit son destin basculer : Le village isolé devient une station thérapeutique réputée pour son air riche en iode ( aujourd’hui encore )

A Reims (dans la Marne ) , on peut se poser la question ; pourquoi une rue Rockefeller

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Rockefeller ?

? Quel rapport entre ce richissime magnat du pétrole et la paisible ville champenoise ? En fait, il lui a fait un  » sacré  » cadeau …Alors que la cathédrale avait été très détériorée pendant la 1ère guerre (par les obus allemands) , Rockefeller a fait un don pour sa reconstruction (le chantier débuté en 1920 dura plus de dix ans). Les  » largesses  » de Rockefeller se seraient aussi répandues sur les châteaux de Fontainebleau et de Versailles ; d’où une avenue à son nom à Versailles ….

Idem pour François 1er:

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François 1er

Pourquoi a-t-il une plaque à Cognac et un boulevard au Havre ? Pas seulement parceque c’est un roide de France : Le roi est né à Cognac en 1494 et a créé le port du Havre en 1517 ……

Les dates aussi ont leur histoire, petite ou grande. Partout en France et dans le monde entier, des lieux commémorent le 8 mai 1945 (comme chacun sait = victoire des alliés sur l’Allemagne nazie) ; mais à Arromanches (Calvados) , on préfère dédier la place locale au 6 juin , pourquoi ? Parce que c’est le 6 juin que les troupes alliées ont déferlé sur les plages lors du débarquement !

A Félines , petit village d’Auvergne, les  » figures  » locales sont à l’honneur :

En 2018, le maire de Félines a eu l’idée de baptiser les rues en utilisant le nom des 70 personnalités locales ..L’occasion de mettre en valeur Antoine Faure, premier maire de Félines qu’on appelait le  » maire des pauvres  » car il subvenait aux besoins des plus  » modestes » . Ou une institutrice, Rosalie Maurin , qui a caché des juifs pendant la guerre mondiale ….Il y a aussi parmi les  » odonymes  » les noms d’un musicien, d’un curé, et ceux de dizaines d’hommes et femmes simples mais…Il a fallu 3 ans pour terminer ce travail historique …..

Mais les noms affichés des rues ne sont pas toujours ceux de personnages exemplaires, la famille Saige honorée par une rue de Bordeaux ; elle compte au 18 ème siècle un maire tout çà fait honorable ….mais plusieurs de ses parents se sont enrichis grâce au commerce des esclaves.

KLIK boffff

La fête des mères….


En premier , je souhaite une bonne fête à toutes les mamans ( qui liront ce petit billet ) , j’espère que ce fut pour elles un bon moment , bonne journée entourée de leurs enfants .

Malheureusement , pour moi , ce ne fut pas drôle : Ma mère

( une des seules photos de maman / pas d’elle plus jeune ! )

vient de mourir alors……

Si  » on  » cherche , on trouve plusieurs origines pour cette fête :

La Fête des mères est célébrée chaque année , le dernier dimanche de mai ( En France du moins ). À cette occasion, les enfants, petits et grands, en profitent pour multiplier les démonstrations d’affection à leur maman. ( devraient en profiter pour ….Ce n’est pas toujours le cas …. )

La maternité était déjà mise à l’honneur dans l’Antiquité , ce n’est que depuis peu qu’elle a été institutionnalisée et ajoutée au calendrier. 

En France, la Fête des mères a parfois mauvaise réputation : on a tendance à attribuer son invention au maréchal Pétain

Pétain ( image du net )

( je le croyais ! ). En réalité, si le régime de Vichy a bel et bien contribué à la popularisation de cette fête, il ne l’a pas créée de toutes pièces.

Ce serait une invention de 1897 reprise par Pétain

Pour remonter aux origines de la Fête des mères en France, il faut revenir en 1897. Bien avant Pétain, donc. L’Alliance nationale contre la dépopulation lance l’idée de créer ne fête en l’honneur de la maternité, notamment pour les mères de familles nombreuses. 

Quelques années plus tard, en 1906, une célébration officielle a lieu dans une cour d’école à Artas (Isère), pour remettre des “récompenses de haut mérite maternel”

La première fois cette récompense ou  » diplôme !  » fut remise à deux mères de neufs enfants ! . Puis, en 1918, une première “Journée des mères” est instaurée à Lyon, pour rendre hommage aux mères ayant perdu un fils dans les tranchées de la Grande Guerre et plus tard aux fils perdus durant la secondes guerre mondiale ! .

Enfin, après la création d’une médaille de la famille française

Médaille de la famille française ? ( image du net )

 en 1920, la Fête des mères est fixée par décret à partir de 1926 au quatrième dimanche de mai. 

La loi du 24 mai 1950 fixe la date de la fête des mères telle qu’elle est connue aujourd’hui .C’est à dire le dernier dimanche de mai , sauf s’il tombe le même jour que la Pentecôte , dans ce cas , elle est reportée au 1er dimanche de juin ….

Je n’en  » ingurgite  » jamais ….mais..


J’ai lu que :

L’origine du mot ketchup ne serait pas américaine mais chinoise

La langue française descend du latin… Toute la langue ? Non, car une part importante de notre vocabulaire est tirée des cultures croisées par les Français au cours de l’histoire. Des mots empruntés aux voisins européens, comme l’Italie, l’Allemagne ou l’Angleterre, mais également aux  » cousins  » d’Afrique, d’Arabie, de Chine et même du Mexique. Manière de rappeler que le français, langue internationale, s’est forgé dans la diversité.

DU KETCHUP

A LA TOMATE. C’est le  » kôé chiap  », une saumure de poisson pourri découverte par les navigateurs anglais en Malaisie voici quatre siècles ! Son principal ingrédient est pourtant d’origine mexicaine : c’est la tomate, mot tiré de » xitomatl  », un mot qui, chez les Aztèques, désignait également le nombril.?

Copier l’adresse pour voir une vidéo … pfff !

https://www.ina.fr/video/CPD19002287

H. Heinz à l’origine de la marque Heinz ( 1869 )

lancement du » catsup  » :

En 1876 , le  » tomato Ketchup Heinz » est lancé aux U.S.A sous le nom de  » Catsup  » issu d’une recette secrète comprenant seulement 5 ingrédients dont des tomates  »muries  » au soleil . Suite à son succès , le produit est ensuite commercialisé au Royaume Unis , à Londres par le grand magasin  » Fortnum et Mason  » .

Fabrication / usine :

Composition ( la recette n’est plus secrète lol ) :

Les ingrédients de base de la sauce ketchup moderne sont les tomates ,  le vinaigre , le sucre , le sel , lepiment de la Jamaïque ( = un poivre ! ) , les clous de girofle , et la cannelle   (pour le goût américain, mais pas toujours apprécié en Europe ). Les oignons ,le céleri (pour le goût méditerranéen) et d’autres épices sont souvent ajoutés.

Le ketchup est fabriqué à partir de la tomate en y ajoutant du sucre.

Le ketchup n’a pas toujours été fabriqué à partir de tomates. Au début , il servait de terme générique pour désigner la sauce, typiquement faite de champignons ou saumure de poisson avec des herbes et des épices . Sont venus s’ajouter plus tard quelques ingrédients principaux, qui ont perdu de leur popularité depuis : l’anchois ,l’huitre , la langoustine ,le haricot nain , le concombre , la  » canneberge  » , le citron , et le raisin ! Aux Philippines, le ketchup n’est pas fabriqué avec des tomates, mais de la banane.!!!!!

bouteille de ketchup aux champignons .

Le marché du ketchup se divise en 2 catégories de qualité différente :

1 ) les ketchups  » conventionnels  », réalisés à partir de concentré de tomate de type  » hot break  » : ils ne contiennent pas d’agents texturants autres que le concentré de tomate lui-même. La marque la plus connue de ce type de ketchup est  » Heinz » . Pour obtenir une texture onctueuse et lisse, les fabricants introduisent une étape d’homogénéisation à chaud, qui suit l’étape de pasteurisation .

2 ) les ketchups  » texturés  » : ils sont formulés à partir de concentré de tomate de type  » cold break  » (de goût tomate plus intense mais de viscosité plus faible) auquel on ajoute des texturants divers (amidon  modifié,  »guar  »,  » xanthane  », caroube).

La plupart des ketchups sont sucrés par ajout de saccharose, la plupart du temps de 15 à 20 g/100 g. Cependant , les plus récents développements ont vu apparaître des formules utilisant des sirops de glucose-fructose, du fructose cristallin et même des édulcorants intenses.

KLIK…..! Nul !

D’où vient la galette des rois ?


La tradition de la galette des Rois est liée à l’Épiphanie, célébrant la présentation de l’Enfant Jésus aux Rois mages.

rois mages

L’Eglise catholique donna une grande importance à la célébration de cet événement , qu’on fêtait en partageant avec son entourage une galette.

La fève utilisée comme  » bulletin de vote  » :

La fève ? : Elle remonte peut-être aux Romains, qui l’utilisaient comme  » bulletin de vote  » pour élire le roi du festin lors des fêtes de Saturne. Celui qui trouve la fève , remplacée vers 1870 par un  » sujet  » en porcelaine

, est élu roi… et devra offrir la prochaine galette ! ? ( je ne savais pas )

P.S :  La première attestation du partage d’une galette  remonte à 1311 dans une charte de Robert de Fouilloy

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, évêque d’Amiens. Normalement, celui qui trouvait la fève devait payer sa tournée à la tablée. Pour ne pas débourser un centime, il était courant que certains participants avalaient la fève afin de ne pas débourser d’argent. On dit que c’est pour éviter que le roi ne s’étouffe en avalant le haricot que  celui-ci est remplacé au 19ème siècle par de la porcelaine de Saxe.

Pourquoi une fève ? ( vu sur le net )

La fève est porteuse d’un sens plutôt positif. En effet, elle symbolise la fécondité, comme l’œuf avec son embryon. C’est aussi le symbole de la renaissance : c’est le premier légume qui pousse au printemps et en vieillissant il donne la vie. Fabriquée aujourd’hui en porcelaine ou en plastique, la fève est la plupart du temps produite en Asie (Vietnam et Chine) bien qu’il reste encore quelques filières en France. Pour certains, elle est un véritable objet de collection. On appelle cette pratique la fabophilie

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Les  » fêtes de Saturne  » ou Saturnales (en latin Saturnalia) étaient, durant l’antiquité romaine, des fêtes se déroulant une semaine avant le solstice d’hiver (soit à partir du 17 au 23 décembre) qui célèbrent le dieu Saturne et étaient accompagnées de grandes réjouissances populaires.

Au cours des Saturnales, les esclaves  jouissaient d’une liberté apparente et provisoire :

Pendant cette fête très populaire, l’ordre hiérarchique des hommes et la logique des choses étaient inversés de façon parodique et provisoire : l’autorité des maîtres sur les esclaves était suspendue !! Ces derniers avaient le droit de parler et d’agir sans contrainte, libres de critiquer les défauts de leur maître, de jouer contre eux, de se faire servir par eux !

Les tribunaux et les écoles étaient en vacances et les exécutions interdites, le travail stoppait . On fabriquait et on offrait de petits présents . Des figurines étaient suspendues au seuil des maisons et aux chapelles des carrefours. Un marché spécial (sigillaria) avait lieu ,de somptueux repas offerts.

La population allait en masse vers le mont Aventin  : On enlève à la statue du dieu les chaînes portées par lui, depuis que Jupiter a voulu contenir son appétit dévorant en le soumettant au rythme régulier des astres et des jours.

( On dit que les Saturnales ont été en partie l’inspiration de fêtes religieuses ou traditionnelles instituées postérieurement :
Le jour de Noël chrétien reprend la symbolique du solstice d’hiver, (soit le thème du Sol Invictus :  » Le soleil invaincu  ») ….
-La galette des rois qui sacrait le  » roi  » de la fête …
-Les processions et réjouissances du carnaval .)

Encore une photo…


 » arrangée  » : Le portrait ci dessous  de Abraham Lincoln , posant fièrement dans son bureau serait un montage ( certainement un des premiers de l’histoire de la photographie …)

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   Lorsque l’illustre président des Etats – Unis , qui a proclamé l’abolition de l’esclavage  , fut assassiné en 1865 ( je crois ) , il ne laissa que peu de photographies qu’on pourrait qualifier de  » valorisantes  » vue sa stature ….Pas de problème pour autant : Un portraitiste de l’époque , Thomas Hicks repère un autre politicien américain , John Calhoun  Résultat d’images pour John Caldwell Calhounmort une quinzaine d’années plus tôt ….Le photographe  reprend le décor , la posture et y ajoute le visage de Lincoln  tiré d’une autre photo ….Le tirage passa à la postérité sans que quiconque de décèle la supercherie , jusqu’à ce que , près d’un siècle plus tard , un journaliste préparant un ouvrage sur Lincoln  recoupe les deux images …..

 

Les coutumes du jour de l’an ….


      Les coutumes du jour de l’an sont vieilles comme le monde. Etrennes, cadeaux, visites, échanges de souhaits qui ne sont peut-être pas toujours sincères : on peste un peu contre tout cela.

       Mais quoi ?… Ce sont les dernières traditions de politesse et de courtoisie que nos pères nous ont léguées. Ne les supprimons pas.
   Un humoriste, qui parodiait Alexandre Dumas fils, disait :  » Les étrennes, c’est l’argent des autres.  »  La définition est judicieuse. Voilà pourquoi, de tout temps, la plupart de ceux qui donnent des étrennes le font en rechignant. Mais les habitudes contre lesquelles chacun récrimine sont les plus tenaces. C’est un des travers de l’esprit humain de trouver la mode tyrannique et de se plier cependant à toutes ses fantaisies.

   On donnait déjà des étrennes chez les Romains. Le peuple était même tenu d’en apporter ce jour-là au palais de l’empereur. Ces cadeaux se faisaient en numéraire. C’était une manière d’impôt. Et l’on conte que Caligula — troisième empereur romain, qui régna de 37 à 41 —, qui n’avait point confiance dans ses percepteurs, se tenait, le Premier jour de l’an, dans le vestibule de son palais et recevait des mains de ses sujets les étrennes qu’il empilait dans des coffres placés à côté de lui.

Etrennes royales
   Nous retrouvons cette mode plus florissante que jamais aux temps somptueux du Moyen Age. A la cour des ducs de Bourgogne, à Bruges et à Gand, on échange force cadeaux précieux. A Paris, l’affluence des acheteurs se presse dans la célèbre galerie des merciers, au Palais, où tous les marchands d’objets de luxe et de jolies bagatelles ont leurs comptoirs. On trouvait là à foison joyaux d’or et d’argent, tissus du Levant, parures pour les femmes et les jeunes filles, tapisseries, épées, dagues et poignards, ceintures et boucles, sans compter tous les jeux : les échecs, les dés, et, pour les petites filles, des poupées habillées aussi richement que des princesses.Etrnnes royales

Les cadeaux du Jour de l’An :
    Les souverains eux-mêmes étaient généralement grands donneurs d’étrennes. A la cour de Louis XIV, c’était une vraie folie. L’année où les ambassadeurs siamois vinrent en France — c’était en 1686 — on vit, le 1er janvier, à la cour, un véritable débordement de cadeaux. Les envoyés orientaux avaient apporté au roi force merveilles de l’art de leur pays : cabinets de laque incrustés d’écaille et de métaux précieux, vases, aiguières, coupes, flacons d’or et d’argent, paravents de soie, tapis brodés, porcelaines, bronzes, canons ciselés et damasquinés. Il avait fallu plusieurs chariots pour transporter de Brest à Paris tous ces présents.

   Louis XIV distribua autour de lui ces innombrables cadeaux. Toute la cour, jusqu’aux plus modestes officiers et aux plus humbles filles d’honneur, eut part à ses largesses. C’était le temps de l’abondance, de la grandeur et de la prospérité. Mais vinrent les dernières années du règne : 1710, les armées vaincues, la France envahie, la misère par les campagnes, la famine à Paris, et le vide dans les caisses de l’Etat.

Offrande à la patrie :
    Si on ouvre  le  » journal  » de Dangeau, à la date du mercredi 1er janvier , on lit :  »  Le roi, dit l’historiographe, n’a point pris, cette année, trente ou quarante mille pistoles qu’on avait accoutumé de lui donner du trésor royal pour ses étrennes (…) Il n’a point donné d’étrennes à la famille royale, comme il avait accoutumé de le faire (…) Il a défendu aussi à la ville de donner des étrennes  ».

   Louis XIV, cette année-là, dut éprouver beaucoup de chagrin de ne pouvoir faire autour de lui les cadeaux traditionnels du nouvel an. Dangeau nous dit encore que les courtisans offrirent leur vaisselle d’argent au roi et que le roi décida de faire fondre sa vaisselle d’or. Il déclara  » qu’il ne voulait plus rien prendre sur le peuple  » , et que, s’il trouvait à engager les pierreries de la couronne, il le ferait. Ainsi, la vaisselle d’or et d’argent, les cadeaux de naguère s’en furent à la Monnaie pour être convertis en numéraire. Les courtisans rendaient leurs étrennes au roi. Et le monarque lui-même y envoyait non seulement sa vaisselle, mais jusqu’aux joujoux précieux qu’il avait reçus pour étrennes en son enfance, de petits canons d’or et toute une armée de jolis soldats en argent dont s’étaient amusés les princes, ses enfants et petits-enfants.

   Les  »  bons bourgeois  » de Paris imitèrent le roi et les princes et envoyèrent aussi leur vaisselle précieuse à la Monnaie, car, dit encore Dangeau,  » qui eût osé manger dans de la vaisselle d’argent, quand le roi n’y mangeait plus ?…  »  En ce temps-là, quand il fallait faire des sacrifices pour financer les finances du royaume, avant de les exiger de la population, les dirigeants donnaient l’exemple.

 Les cadeaux du Jour de l’An
     Il y eut alors une année où l’on s’offrit d’étranges étrennes. Ce fut en 1709, l’année du  »  grand hiver  » . Il faisait un froid terrible. La Seine étant gelée et les bateaux ne pouvant arriver à Paris, on avait manqué de combustible. Les gens du bon ton trouvèrent plaisant de s’envoyer en étrennes de petits fagots de bois.

   Au 1er janvier 1871, pendant le siège de Paris, on se fit aussi des cadeaux utiles. On envoyait alors à ses amis, au lieu de fondants, de chocolats et de marrons glacés, un petit pain blanc, des pigeons, des volailles, des oeufs (ils ne coûtaient pas moins de 2 fr. 50 pièce). Et ces étrennes pratiques étaient reçues avec beaucoup de plaisir et de reconnaissance.

  Le compliment du facteur
    L’usage des étrennes s’imposa, plus encore que précédemment, au XVIIIe siècle, époque prodigue entre toutes. Déjà, on ne se contentait pas d’échanger des cadeaux entre parents, amis et gens de même condition ; on donnait des étrennes à tous les officieux qui venaient la main tendue, au logis des bourgeois.

      Depuis que, sur l’initiative d’un ingénieux novateur qui s’appelait Piarron de Chamousset, la  » petite poste   »  de Paris avait été créée, messieurs les facteurs ne manquaient pas, chaque premier de l’an, d’entrer dans les maisons et de réclamer leur petit pourboire. Ils offraient, comme aujourd’hui, à la clientèle, un joli calendrier Calendrier-Poste qui portait, non seulement une image symbolique, mais aussi des vers :

Recevez ce petit présent,
C’est l’étrenne du sentiment.
Comptez toujours sur un facteur
Pour vous plein de zèle et d’ardeur,
Et n’oubliez pas le commis
De la p’tit’ poste de Paris.
    Comment n’eût-on pas donné un bon pourboire à des gens qui vous offraient de façon si gracieuse  » l’étrenne du sentiment  »

     Cependant, à l’aube de la Révolution, la mode des étrennes eut à subir un rude assaut. La Constituante, sur la proposition de Lebrun, qui s’était élevé contre les  » désordres qui se renouvellent au 1er janvier dans diverses administrations à l’occasion des étrennes  » , élabora un projet de loi contre les employés qui en demandaient.

  Ce projet décrétait :  »  II ne sera permis à aucun agent de l’administration, ni à aucun de ceux qui, en chef ou en sous-ordre, exercent quelque fonction publique, de rien recevoir à titre d’étrennes, gratifications, vin de ville, ou sous quelque autre dénomination que ce soit, des compagnies, administrations de province, villes, communautés, corporations ou particuliers, sous peine de concussion…  »

   En 1793, un autre édit, de la Convention, cette fois, supprimait les étrennes. Autant en emporta le vent. La Révolution, qui avait eu raison de toutes les pratiques de l’Ancien Régime, ne put vaincre celle-là.

Traditions immuables :
    Par la suite, l’usage des étrennes se généralisa, gagna toutes les classes de la société ; il résista à tous les cataclysmes, se perpétua à travers les circonstances les plus tragiques. Et, somme toute, les coutumes du jour de l’an demeurent aujourd’hui à peu près les mêmes qu’au temps jadis. Il est des traditions immuables qui traversent les âges sans presque se modifier.

    Au début du XIXe siècle, on chantait, au Caveau, sur le jour de l’an, un couplet qui disait :

On se pare, on se tourmente,
L’un chez l’autre on se présente,
L’un l’autre on se complimente,
Et presque toujours on ment
Ah ! l’beau jour que l’jour de l’an !
   Sans doute, on se fait moins de visites aujourd’hui qu’à cette époque-là. On a moins de temps à perdre. La vie est plus fiévreuse. Il paraît que les Parisiens, naguère, même quand ils se connaissaient à peine, ne pouvaient se rencontrer le premier de l’an, sans se congratuler et s’embrasser. Mercier le pamphlétaire, à la fin du XVIIIe siècle, se moque de cette furie d’embrassades. Aujourd’hui, on ne s’embrasse plus guère quand on se rencontre ; mais on se congratule toujours…  »  Bonne année, bonne santé !…  »

  Cela ne fait de mal à personne. Et pourquoi ces vœux que l’on répète un peu machinalement, sans y penser, ne seraient-ils pas quelquefois sincères ?…