Histoire des noms de rues


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lol

En France, les noms de rues (appelés aussi odonyme ou » hodonyme  » ???) datent du Moyen Âge. Le nom des rues était alors attribué en fonction de la situation de la rue ou du lieu qu’elle desservait (rue des abattoirs, place du marché, route des pins etc…..).

Au XVII, la dénomination fonctionnelle change pour des noms de personnages politique, artistes ou notables (rue Molière, place Colbert).

A la révolution, ces noms célèbres Sont remplacés par des valeurs du moment (rue de la Liberté, place de l’Egalité, route de la Nation).

Sous l’empire, les grandes batailles donnent des idées et c’est à ce moment que l’on voit apparaître des  » odonymes  » rappelant les grandes victoires de l’empereur ou des personnages militaires (Place d’Austerlitz, rue Masséna).

De nos jours, les noms de rues n’ont plus de nom précis et un mélange de toutes les tendances historiques se retrouve dans les noms de rues d’une ville (place de la fontaine, Avenue de Wagram, Passage des alouettes, Avenue de la libération, etc…..

Les noms des rues, avenues ou places rappellent parfois des héros et des événements parfois oubliés :

Par exemple : L’avenue  » Marianne – Toute -Seule  » symbolise l’essor de Berck -sur-Mer ; au 19ème siècle, Marianne Brillard est une veuve qui habite à l’écart dans un petit village de pêcheurs de la Manche : Berck. Cette femme s’occupe d’enfants parisiens malades qui lui sont confiés par l’assistance publique, elle a l’habitude de les emmener sur la plage et de leur faire prendre un bain. Or, les médecins de Paris s’aperçoivent que ce  » traitement  » les remet  » d’aplomb ! Ils décident alors de créer un hôpital sur la plage. C’est comme çà que Berck voit son destin basculer : Le village isolé devient une station thérapeutique réputée pour son air riche en iode ( aujourd’hui encore )

A Reims (dans la Marne ) , on peut se poser la question ; pourquoi une rue Rockefeller

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Rockefeller ?

? Quel rapport entre ce richissime magnat du pétrole et la paisible ville champenoise ? En fait, il lui a fait un  » sacré  » cadeau …Alors que la cathédrale avait été très détériorée pendant la 1ère guerre (par les obus allemands) , Rockefeller a fait un don pour sa reconstruction (le chantier débuté en 1920 dura plus de dix ans). Les  » largesses  » de Rockefeller se seraient aussi répandues sur les châteaux de Fontainebleau et de Versailles ; d’où une avenue à son nom à Versailles ….

Idem pour François 1er:

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François 1er

Pourquoi a-t-il une plaque à Cognac et un boulevard au Havre ? Pas seulement parceque c’est un roide de France : Le roi est né à Cognac en 1494 et a créé le port du Havre en 1517 ……

Les dates aussi ont leur histoire, petite ou grande. Partout en France et dans le monde entier, des lieux commémorent le 8 mai 1945 (comme chacun sait = victoire des alliés sur l’Allemagne nazie) ; mais à Arromanches (Calvados) , on préfère dédier la place locale au 6 juin , pourquoi ? Parce que c’est le 6 juin que les troupes alliées ont déferlé sur les plages lors du débarquement !

A Félines , petit village d’Auvergne, les  » figures  » locales sont à l’honneur :

En 2018, le maire de Félines a eu l’idée de baptiser les rues en utilisant le nom des 70 personnalités locales ..L’occasion de mettre en valeur Antoine Faure, premier maire de Félines qu’on appelait le  » maire des pauvres  » car il subvenait aux besoins des plus  » modestes » . Ou une institutrice, Rosalie Maurin , qui a caché des juifs pendant la guerre mondiale ….Il y a aussi parmi les  » odonymes  » les noms d’un musicien, d’un curé, et ceux de dizaines d’hommes et femmes simples mais…Il a fallu 3 ans pour terminer ce travail historique …..

Mais les noms affichés des rues ne sont pas toujours ceux de personnages exemplaires, la famille Saige honorée par une rue de Bordeaux ; elle compte au 18 ème siècle un maire tout çà fait honorable ….mais plusieurs de ses parents se sont enrichis grâce au commerce des esclaves.

KLIK boffff

La fête des mères….


En premier , je souhaite une bonne fête à toutes les mamans ( qui liront ce petit billet ) , j’espère que ce fut pour elles un bon moment , bonne journée entourée de leurs enfants .

Malheureusement , pour moi , ce ne fut pas drôle : Ma mère

( une des seules photos de maman / pas d’elle plus jeune ! )

vient de mourir alors……

Si  » on  » cherche , on trouve plusieurs origines pour cette fête :

La Fête des mères est célébrée chaque année , le dernier dimanche de mai ( En France du moins ). À cette occasion, les enfants, petits et grands, en profitent pour multiplier les démonstrations d’affection à leur maman. ( devraient en profiter pour ….Ce n’est pas toujours le cas …. )

La maternité était déjà mise à l’honneur dans l’Antiquité , ce n’est que depuis peu qu’elle a été institutionnalisée et ajoutée au calendrier. 

En France, la Fête des mères a parfois mauvaise réputation : on a tendance à attribuer son invention au maréchal Pétain

Pétain ( image du net )

( je le croyais ! ). En réalité, si le régime de Vichy a bel et bien contribué à la popularisation de cette fête, il ne l’a pas créée de toutes pièces.

Ce serait une invention de 1897 reprise par Pétain

Pour remonter aux origines de la Fête des mères en France, il faut revenir en 1897. Bien avant Pétain, donc. L’Alliance nationale contre la dépopulation lance l’idée de créer ne fête en l’honneur de la maternité, notamment pour les mères de familles nombreuses. 

Quelques années plus tard, en 1906, une célébration officielle a lieu dans une cour d’école à Artas (Isère), pour remettre des “récompenses de haut mérite maternel”

La première fois cette récompense ou  » diplôme !  » fut remise à deux mères de neufs enfants ! . Puis, en 1918, une première “Journée des mères” est instaurée à Lyon, pour rendre hommage aux mères ayant perdu un fils dans les tranchées de la Grande Guerre et plus tard aux fils perdus durant la secondes guerre mondiale ! .

Enfin, après la création d’une médaille de la famille française

Médaille de la famille française ? ( image du net )

 en 1920, la Fête des mères est fixée par décret à partir de 1926 au quatrième dimanche de mai. 

La loi du 24 mai 1950 fixe la date de la fête des mères telle qu’elle est connue aujourd’hui .C’est à dire le dernier dimanche de mai , sauf s’il tombe le même jour que la Pentecôte , dans ce cas , elle est reportée au 1er dimanche de juin ….

Je n’en  » ingurgite  » jamais ….mais..


J’ai lu que :

L’origine du mot ketchup ne serait pas américaine mais chinoise

La langue française descend du latin… Toute la langue ? Non, car une part importante de notre vocabulaire est tirée des cultures croisées par les Français au cours de l’histoire. Des mots empruntés aux voisins européens, comme l’Italie, l’Allemagne ou l’Angleterre, mais également aux  » cousins  » d’Afrique, d’Arabie, de Chine et même du Mexique. Manière de rappeler que le français, langue internationale, s’est forgé dans la diversité.

DU KETCHUP

A LA TOMATE. C’est le  » kôé chiap  », une saumure de poisson pourri découverte par les navigateurs anglais en Malaisie voici quatre siècles ! Son principal ingrédient est pourtant d’origine mexicaine : c’est la tomate, mot tiré de » xitomatl  », un mot qui, chez les Aztèques, désignait également le nombril.?

Copier l’adresse pour voir une vidéo … pfff !

https://www.ina.fr/video/CPD19002287

H. Heinz à l’origine de la marque Heinz ( 1869 )

lancement du » catsup  » :

En 1876 , le  » tomato Ketchup Heinz » est lancé aux U.S.A sous le nom de  » Catsup  » issu d’une recette secrète comprenant seulement 5 ingrédients dont des tomates  »muries  » au soleil . Suite à son succès , le produit est ensuite commercialisé au Royaume Unis , à Londres par le grand magasin  » Fortnum et Mason  » .

Fabrication / usine :

Composition ( la recette n’est plus secrète lol ) :

Les ingrédients de base de la sauce ketchup moderne sont les tomates ,  le vinaigre , le sucre , le sel , lepiment de la Jamaïque ( = un poivre ! ) , les clous de girofle , et la cannelle   (pour le goût américain, mais pas toujours apprécié en Europe ). Les oignons ,le céleri (pour le goût méditerranéen) et d’autres épices sont souvent ajoutés.

Le ketchup est fabriqué à partir de la tomate en y ajoutant du sucre.

Le ketchup n’a pas toujours été fabriqué à partir de tomates. Au début , il servait de terme générique pour désigner la sauce, typiquement faite de champignons ou saumure de poisson avec des herbes et des épices . Sont venus s’ajouter plus tard quelques ingrédients principaux, qui ont perdu de leur popularité depuis : l’anchois ,l’huitre , la langoustine ,le haricot nain , le concombre , la  » canneberge  » , le citron , et le raisin ! Aux Philippines, le ketchup n’est pas fabriqué avec des tomates, mais de la banane.!!!!!

bouteille de ketchup aux champignons .

Le marché du ketchup se divise en 2 catégories de qualité différente :

1 ) les ketchups  » conventionnels  », réalisés à partir de concentré de tomate de type  » hot break  » : ils ne contiennent pas d’agents texturants autres que le concentré de tomate lui-même. La marque la plus connue de ce type de ketchup est  » Heinz » . Pour obtenir une texture onctueuse et lisse, les fabricants introduisent une étape d’homogénéisation à chaud, qui suit l’étape de pasteurisation .

2 ) les ketchups  » texturés  » : ils sont formulés à partir de concentré de tomate de type  » cold break  » (de goût tomate plus intense mais de viscosité plus faible) auquel on ajoute des texturants divers (amidon  modifié,  »guar  »,  » xanthane  », caroube).

La plupart des ketchups sont sucrés par ajout de saccharose, la plupart du temps de 15 à 20 g/100 g. Cependant , les plus récents développements ont vu apparaître des formules utilisant des sirops de glucose-fructose, du fructose cristallin et même des édulcorants intenses.

KLIK…..! Nul !

D’où vient la galette des rois ?


La tradition de la galette des Rois est liée à l’Épiphanie, célébrant la présentation de l’Enfant Jésus aux Rois mages.

rois mages

L’Eglise catholique donna une grande importance à la célébration de cet événement , qu’on fêtait en partageant avec son entourage une galette.

La fève utilisée comme  » bulletin de vote  » :

La fève ? : Elle remonte peut-être aux Romains, qui l’utilisaient comme  » bulletin de vote  » pour élire le roi du festin lors des fêtes de Saturne. Celui qui trouve la fève , remplacée vers 1870 par un  » sujet  » en porcelaine

, est élu roi… et devra offrir la prochaine galette ! ? ( je ne savais pas )

P.S :  La première attestation du partage d’une galette  remonte à 1311 dans une charte de Robert de Fouilloy

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, évêque d’Amiens. Normalement, celui qui trouvait la fève devait payer sa tournée à la tablée. Pour ne pas débourser un centime, il était courant que certains participants avalaient la fève afin de ne pas débourser d’argent. On dit que c’est pour éviter que le roi ne s’étouffe en avalant le haricot que  celui-ci est remplacé au 19ème siècle par de la porcelaine de Saxe.

Pourquoi une fève ? ( vu sur le net )

La fève est porteuse d’un sens plutôt positif. En effet, elle symbolise la fécondité, comme l’œuf avec son embryon. C’est aussi le symbole de la renaissance : c’est le premier légume qui pousse au printemps et en vieillissant il donne la vie. Fabriquée aujourd’hui en porcelaine ou en plastique, la fève est la plupart du temps produite en Asie (Vietnam et Chine) bien qu’il reste encore quelques filières en France. Pour certains, elle est un véritable objet de collection. On appelle cette pratique la fabophilie

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Les  » fêtes de Saturne  » ou Saturnales (en latin Saturnalia) étaient, durant l’antiquité romaine, des fêtes se déroulant une semaine avant le solstice d’hiver (soit à partir du 17 au 23 décembre) qui célèbrent le dieu Saturne et étaient accompagnées de grandes réjouissances populaires.

Au cours des Saturnales, les esclaves  jouissaient d’une liberté apparente et provisoire :

Pendant cette fête très populaire, l’ordre hiérarchique des hommes et la logique des choses étaient inversés de façon parodique et provisoire : l’autorité des maîtres sur les esclaves était suspendue !! Ces derniers avaient le droit de parler et d’agir sans contrainte, libres de critiquer les défauts de leur maître, de jouer contre eux, de se faire servir par eux !

Les tribunaux et les écoles étaient en vacances et les exécutions interdites, le travail stoppait . On fabriquait et on offrait de petits présents . Des figurines étaient suspendues au seuil des maisons et aux chapelles des carrefours. Un marché spécial (sigillaria) avait lieu ,de somptueux repas offerts.

La population allait en masse vers le mont Aventin  : On enlève à la statue du dieu les chaînes portées par lui, depuis que Jupiter a voulu contenir son appétit dévorant en le soumettant au rythme régulier des astres et des jours.

( On dit que les Saturnales ont été en partie l’inspiration de fêtes religieuses ou traditionnelles instituées postérieurement :
Le jour de Noël chrétien reprend la symbolique du solstice d’hiver, (soit le thème du Sol Invictus :  » Le soleil invaincu  ») ….
-La galette des rois qui sacrait le  » roi  » de la fête …
-Les processions et réjouissances du carnaval .)

Encore une photo…


 » arrangée  » : Le portrait ci dessous  de Abraham Lincoln , posant fièrement dans son bureau serait un montage ( certainement un des premiers de l’histoire de la photographie …)

les-retouches-photos-qui-ont-change-histoire-la-retouche-photo

   Lorsque l’illustre président des Etats – Unis , qui a proclamé l’abolition de l’esclavage  , fut assassiné en 1865 ( je crois ) , il ne laissa que peu de photographies qu’on pourrait qualifier de  » valorisantes  » vue sa stature ….Pas de problème pour autant : Un portraitiste de l’époque , Thomas Hicks repère un autre politicien américain , John Calhoun  Résultat d’images pour John Caldwell Calhounmort une quinzaine d’années plus tôt ….Le photographe  reprend le décor , la posture et y ajoute le visage de Lincoln  tiré d’une autre photo ….Le tirage passa à la postérité sans que quiconque de décèle la supercherie , jusqu’à ce que , près d’un siècle plus tard , un journaliste préparant un ouvrage sur Lincoln  recoupe les deux images …..

 

Les coutumes du jour de l’an ….


      Les coutumes du jour de l’an sont vieilles comme le monde. Etrennes, cadeaux, visites, échanges de souhaits qui ne sont peut-être pas toujours sincères : on peste un peu contre tout cela.

       Mais quoi ?… Ce sont les dernières traditions de politesse et de courtoisie que nos pères nous ont léguées. Ne les supprimons pas.
   Un humoriste, qui parodiait Alexandre Dumas fils, disait :  » Les étrennes, c’est l’argent des autres.  »  La définition est judicieuse. Voilà pourquoi, de tout temps, la plupart de ceux qui donnent des étrennes le font en rechignant. Mais les habitudes contre lesquelles chacun récrimine sont les plus tenaces. C’est un des travers de l’esprit humain de trouver la mode tyrannique et de se plier cependant à toutes ses fantaisies.

   On donnait déjà des étrennes chez les Romains. Le peuple était même tenu d’en apporter ce jour-là au palais de l’empereur. Ces cadeaux se faisaient en numéraire. C’était une manière d’impôt. Et l’on conte que Caligula — troisième empereur romain, qui régna de 37 à 41 —, qui n’avait point confiance dans ses percepteurs, se tenait, le Premier jour de l’an, dans le vestibule de son palais et recevait des mains de ses sujets les étrennes qu’il empilait dans des coffres placés à côté de lui.

Etrennes royales
   Nous retrouvons cette mode plus florissante que jamais aux temps somptueux du Moyen Age. A la cour des ducs de Bourgogne, à Bruges et à Gand, on échange force cadeaux précieux. A Paris, l’affluence des acheteurs se presse dans la célèbre galerie des merciers, au Palais, où tous les marchands d’objets de luxe et de jolies bagatelles ont leurs comptoirs. On trouvait là à foison joyaux d’or et d’argent, tissus du Levant, parures pour les femmes et les jeunes filles, tapisseries, épées, dagues et poignards, ceintures et boucles, sans compter tous les jeux : les échecs, les dés, et, pour les petites filles, des poupées habillées aussi richement que des princesses.Etrnnes royales

Les cadeaux du Jour de l’An :
    Les souverains eux-mêmes étaient généralement grands donneurs d’étrennes. A la cour de Louis XIV, c’était une vraie folie. L’année où les ambassadeurs siamois vinrent en France — c’était en 1686 — on vit, le 1er janvier, à la cour, un véritable débordement de cadeaux. Les envoyés orientaux avaient apporté au roi force merveilles de l’art de leur pays : cabinets de laque incrustés d’écaille et de métaux précieux, vases, aiguières, coupes, flacons d’or et d’argent, paravents de soie, tapis brodés, porcelaines, bronzes, canons ciselés et damasquinés. Il avait fallu plusieurs chariots pour transporter de Brest à Paris tous ces présents.

   Louis XIV distribua autour de lui ces innombrables cadeaux. Toute la cour, jusqu’aux plus modestes officiers et aux plus humbles filles d’honneur, eut part à ses largesses. C’était le temps de l’abondance, de la grandeur et de la prospérité. Mais vinrent les dernières années du règne : 1710, les armées vaincues, la France envahie, la misère par les campagnes, la famine à Paris, et le vide dans les caisses de l’Etat.

Offrande à la patrie :
    Si on ouvre  le  » journal  » de Dangeau, à la date du mercredi 1er janvier , on lit :  »  Le roi, dit l’historiographe, n’a point pris, cette année, trente ou quarante mille pistoles qu’on avait accoutumé de lui donner du trésor royal pour ses étrennes (…) Il n’a point donné d’étrennes à la famille royale, comme il avait accoutumé de le faire (…) Il a défendu aussi à la ville de donner des étrennes  ».

   Louis XIV, cette année-là, dut éprouver beaucoup de chagrin de ne pouvoir faire autour de lui les cadeaux traditionnels du nouvel an. Dangeau nous dit encore que les courtisans offrirent leur vaisselle d’argent au roi et que le roi décida de faire fondre sa vaisselle d’or. Il déclara  » qu’il ne voulait plus rien prendre sur le peuple  » , et que, s’il trouvait à engager les pierreries de la couronne, il le ferait. Ainsi, la vaisselle d’or et d’argent, les cadeaux de naguère s’en furent à la Monnaie pour être convertis en numéraire. Les courtisans rendaient leurs étrennes au roi. Et le monarque lui-même y envoyait non seulement sa vaisselle, mais jusqu’aux joujoux précieux qu’il avait reçus pour étrennes en son enfance, de petits canons d’or et toute une armée de jolis soldats en argent dont s’étaient amusés les princes, ses enfants et petits-enfants.

   Les  »  bons bourgeois  » de Paris imitèrent le roi et les princes et envoyèrent aussi leur vaisselle précieuse à la Monnaie, car, dit encore Dangeau,  » qui eût osé manger dans de la vaisselle d’argent, quand le roi n’y mangeait plus ?…  »  En ce temps-là, quand il fallait faire des sacrifices pour financer les finances du royaume, avant de les exiger de la population, les dirigeants donnaient l’exemple.

 Les cadeaux du Jour de l’An
     Il y eut alors une année où l’on s’offrit d’étranges étrennes. Ce fut en 1709, l’année du  »  grand hiver  » . Il faisait un froid terrible. La Seine étant gelée et les bateaux ne pouvant arriver à Paris, on avait manqué de combustible. Les gens du bon ton trouvèrent plaisant de s’envoyer en étrennes de petits fagots de bois.

   Au 1er janvier 1871, pendant le siège de Paris, on se fit aussi des cadeaux utiles. On envoyait alors à ses amis, au lieu de fondants, de chocolats et de marrons glacés, un petit pain blanc, des pigeons, des volailles, des oeufs (ils ne coûtaient pas moins de 2 fr. 50 pièce). Et ces étrennes pratiques étaient reçues avec beaucoup de plaisir et de reconnaissance.

  Le compliment du facteur
    L’usage des étrennes s’imposa, plus encore que précédemment, au XVIIIe siècle, époque prodigue entre toutes. Déjà, on ne se contentait pas d’échanger des cadeaux entre parents, amis et gens de même condition ; on donnait des étrennes à tous les officieux qui venaient la main tendue, au logis des bourgeois.

      Depuis que, sur l’initiative d’un ingénieux novateur qui s’appelait Piarron de Chamousset, la  » petite poste   »  de Paris avait été créée, messieurs les facteurs ne manquaient pas, chaque premier de l’an, d’entrer dans les maisons et de réclamer leur petit pourboire. Ils offraient, comme aujourd’hui, à la clientèle, un joli calendrier Calendrier-Poste qui portait, non seulement une image symbolique, mais aussi des vers :

Recevez ce petit présent,
C’est l’étrenne du sentiment.
Comptez toujours sur un facteur
Pour vous plein de zèle et d’ardeur,
Et n’oubliez pas le commis
De la p’tit’ poste de Paris.
    Comment n’eût-on pas donné un bon pourboire à des gens qui vous offraient de façon si gracieuse  » l’étrenne du sentiment  »

     Cependant, à l’aube de la Révolution, la mode des étrennes eut à subir un rude assaut. La Constituante, sur la proposition de Lebrun, qui s’était élevé contre les  » désordres qui se renouvellent au 1er janvier dans diverses administrations à l’occasion des étrennes  » , élabora un projet de loi contre les employés qui en demandaient.

  Ce projet décrétait :  »  II ne sera permis à aucun agent de l’administration, ni à aucun de ceux qui, en chef ou en sous-ordre, exercent quelque fonction publique, de rien recevoir à titre d’étrennes, gratifications, vin de ville, ou sous quelque autre dénomination que ce soit, des compagnies, administrations de province, villes, communautés, corporations ou particuliers, sous peine de concussion…  »

   En 1793, un autre édit, de la Convention, cette fois, supprimait les étrennes. Autant en emporta le vent. La Révolution, qui avait eu raison de toutes les pratiques de l’Ancien Régime, ne put vaincre celle-là.

Traditions immuables :
    Par la suite, l’usage des étrennes se généralisa, gagna toutes les classes de la société ; il résista à tous les cataclysmes, se perpétua à travers les circonstances les plus tragiques. Et, somme toute, les coutumes du jour de l’an demeurent aujourd’hui à peu près les mêmes qu’au temps jadis. Il est des traditions immuables qui traversent les âges sans presque se modifier.

    Au début du XIXe siècle, on chantait, au Caveau, sur le jour de l’an, un couplet qui disait :

On se pare, on se tourmente,
L’un chez l’autre on se présente,
L’un l’autre on se complimente,
Et presque toujours on ment
Ah ! l’beau jour que l’jour de l’an !
   Sans doute, on se fait moins de visites aujourd’hui qu’à cette époque-là. On a moins de temps à perdre. La vie est plus fiévreuse. Il paraît que les Parisiens, naguère, même quand ils se connaissaient à peine, ne pouvaient se rencontrer le premier de l’an, sans se congratuler et s’embrasser. Mercier le pamphlétaire, à la fin du XVIIIe siècle, se moque de cette furie d’embrassades. Aujourd’hui, on ne s’embrasse plus guère quand on se rencontre ; mais on se congratule toujours…  »  Bonne année, bonne santé !…  »

  Cela ne fait de mal à personne. Et pourquoi ces vœux que l’on répète un peu machinalement, sans y penser, ne seraient-ils pas quelquefois sincères ?…

Conte /compte


  Quels rapports entre les  » contes  » qu’on raconte au enfants pour leurs faire plaisir  comme :

et le  » compte  » qu’on fait pour faire plaisir à son banquier  banquier?

  Et bien , d’après ce que j’ai lu , si on remonte à leurs origines , on découvre que ces deux mots n’en sont qu’un ! Tous les deux ont pour origine le mot latin  » computus  » , ils partagèrent ( semble – t – il ) longtemps une signification commune: On faisait le  » conte  » d’une aventure  ( c’est à dire qu’on énumérait tous les  »tenants et aboutissants  » ) de la même façon qu’on faisait  » le compte de sa fortune  » .

La séparation entre ces deux  » faux jumeaux  » eut lieu au 17 ème siècle  quand on décida de l’orthographe des mots .Distinguant les deux usages du  » phonème  » ( Élément sonore pourvu d’une valeur distinctive dans une langue ),  » on  » ( qui ?? ) décida d’en inclure les deux orthographes dans le dictionnaire ….Ainsi , quoiqu’on dise , le compte est bon lol .

Les  » galeries Lafayette  »…..


       …..Une histoire de gendres :

   L’ histoire des Galeries Lafayette montre que mariage et affaires peuvent  » faire bon ménage  » :

Quand deux cousins alsaciens , Alphonse Kahn A.Kahnet Théophile Bader T.Bader, ouvrent en 1893 leur premier magasin au 1 rue de Lafayette , le Galerie ne sont encore qu’une mercerie d’environ 70 m2 …Mais l’emplacement parisien , proche de l’Opéra , des Grands Boulevards et de la gare Saint – Lazare , est idéal ….La mercerie grossit rapidement .

En 1896 , tout l’immeuble du 1, rue de Lafayette est racheté , puis tous les immeubles autour , jusqu’à former le dernier né des grands magasins de la fin du 19 ème siècle , après le ‘‘ Bon Marché  » le bon marché, le  » Printemps  » Magasins-Printempset  » La Samaritaine  » la Samaritaine.

Dans chacun de ces magasins , la méthode est la même : Un choix immense , des prix fixes , des articles qu’on peut toucher , tester …..Le magasin appelé Galeries Lafayette est surnommé  » Galeries farfouillette  »..Une salle de lecture , un salon de thé et un fumoir sont ajoutés à l’espace de vente… !pub galerie Lafayette

 Les Galeries deviennent une véritable  » institution parisienne  » . Après quelques années , A.Kahn revend ses part à T.Bader , qui devient alors seul  » capitaine du navire  » . Mais ce dernier vieillit et , en 1935 , à la suite d’une maladie grave, il fait appel aux époux de ses deux filles ( Raoul Meyer Meyer et Max Heilbronn Heilbronn )

En 1940 , l’histoire des Galeries s’assombrit pour les dirigeants de la société familiale . De religion juive, les Bader , Meyer et Heilbronn se voient contraints de démissionner et….sont  » dépossédés de leurs biens  » …Les deux gendres s’engagent dans la résistance . Leur beau-père T.Bader meurt en 1942 . Max Heilbornn est déporté , puis libéré à la fin de la guerre ,et R.Meyer participe à la libération de Paris . Les deux gendres se retrouvent et réussissent à récupérer les galeries Lafayette qu’ils dirigeront jusqu’en 1971….

Après la troisième génération de dirigeants, l’histoire des gendres continue .D’abord avec Etienne Moulin ( photo ??? ) E .Moulin ( gendre de M. Heilbornn ) , patron de l’établissement jusqu’en 1987 ; puis avec G.Meyer gendre de R.Meyer , à la tête de la société de 1987 à 1998 …. Après le décès de Raoul Meyer , les gendres d’Etienne Moulin reprennent à leur tour la  » maison  » : Philippe Houzé et Philippe Lemoine , maris des arrière – petites -filles du fondateur  T.Bader . C’est aujourd’hui le dernier grand magasin dirigé par les héritiers des créateurs ….

Galerie lafayette 2019

 

çà s’est passé il y a environ …..


80 ans : Le 23 /08/1939  …….

   A la surprise / stupéfaction du monde  , un pacte est signé à Moscou ( au  Kremlin )  : Le pacte germano -soviétique de  » non agression  » entre les représentants de Hitler et Staline !

 ( de G à D : Von Ribbentrop ,Staline,et Molotov )

Que Hitler  se prépare à attaquer la France et ses autres voisins, dont la Pologne…devient dès lors évident  pour tous …..

    Rapprochement des dictatures :
   Les premières initiatives belliqueuses de Hitler s’accompagnent comme il va de soi d’une brutale reprise de tension en Europe : Réoccupation de la Rhénanie (mars 1936), annexion de l’Autriche (Anschluss, mars 1938), occupation de la Tchécoslovaquie (octobre 1938).
   La France, menacée en premier , tente dès 1935 un rapprochement avec l’Italie de Mussolini puis avec l’URSS de Staline. Mais ces tentatives  font  » long feu  » et Mussolini, mis à l’écart  par les démocraties occidentales en raison de son invasion de l’Éthiopie, s’allie même à Hitler.
   Staline, dès lors isolé, soupçonne les Occidentaux de vouloir détourner vers l’Est les   »  appétits de conquête  »  de Hitler. Il croit voir dans le lâchage de la Tchécoslovaquie à la conférence de Munich, en septembre 1938, la confirmation de ses craintes.
    Tandis que l’Allemagne annexe les Sudètes  ( , région frontalière germanophone de la Tchécoslovaquie ), la Pologne en profite pour annexer de son côté la province tchécoslovaque de Teschen, de langue polonaise. Se faisant alors , la complice de Hitler. Français et Anglais sont consternés. 

      Staline, pour sa part, craint que la Pologne et l’Allemagne, les deux grands ennemis traditionnels de la Russie, n’en viennent à s’allier contre lui.
    Cinq mois après la conférence de Munich, début mars 1939, Hitler  » change de pied  ». Il commence à émettre des revendications sur la Pologne et réclame en particulier Dantzig,  » ville libre  »  selon les termes du traité de Versailles ( 1919 ).       Le  » couloir de Dantzig  » assure à la Pologne un accès à la mer mais présente pour les Allemands l’inconvénient de séparer la Prusse orientale du reste de leur pays.
   Le 15 mars 1939, la Wehrmacht entre à Prague et transforme ce qui reste de la Tchécoslovaquie en une colonie allemande. Le 23 mars 1939, » accessoirement  » , elle occupe le district de Memel, en Lituanie. Ce petit territoire germanophone est  à nouveau  rattaché à la Prusse orientale.
Staline aux abois….
    Pour parer à la menace allemande, Staline négocie d’abord un rapprochement avec les Français et les Britanniques. Un projet d’accord est bouclé le 22 juillet 1939 mais le dictateur refuse de le signer car les Occidentaux n’autorisent pas ses troupes à entrer en Pologne et en Roumanie en cas d’agression allemande. Le Premier ministre britannique Neville Chamberlain, anticommuniste viscéral, répugne en réalité , à traiter avec Staline.
    De dépit, Staline change son fusil d’épaule et, le  19 août, annonce à son  » Politburo  » (bureau politique) son intention de signer un pacte de  » non-agression  » avec son      » turbulent  » voisin (en théorie rien à voir avec une alliance qui implique un engagement militaire commun).
   Hitler au culot…..
    À Berlin, certains dignitaires, comme le feld-maréchal Hermann Goering, tentent de maintenir le dialogue avec Londres après l’occupation de Prague par la Wehrmacht, le 15 mars 1939.
   Mais Joachim von Ribbentrop, un nazi arrogant et hostile aux Anglais, devenu ministre des Affaires étrangères le 4 février 1938, sabote leurs efforts. Il convainc Hitler que les Occidentaux sont trop timidess pour oser répondre aux provocations allemande et l’entraîne dans un rapprochement avec Staline, en vue du  » dépeçage  » de l’Europe centrale.
   Le 2 août 1939, désireux de  » tuer dans l’oeuf   »le rapprochement entre les Occidentaux et les Soviétiques, il déclare à propos de ces derniers :  » Il n’y a aucun problème de la Baltique à la mer Noire que nous ne saurions résoudre entre nous  » . Lui-même se propose d’aller à Moscou négocier un partage de la Pologne et des pays baltes.
  Un pacte plein de sous-entendus :
    Le 21 août 1939, la Wilhelmstrasse, ( siège des Affaires étrangères à Berlin ), propose officiellement à l’URSS un pacte de non-agression sous le prétexte de mettre un terme aux provocations… de la Pologne !
   Staline accueille l’idée sans réticence. Il y voit des avantages territoriaux immédiats pour l’Union soviétique, mais aussi un répit avant une éventuelle confrontation avec l’Allemagne,  (répit indispensable pour reconstruire l’Armée rouge, démantelée par les purges ).  Détourner Hitler vers l’Occident capitaliste et  les laisser  » s’écharper  » ne lui déplait pas non plus .
    Le pacte est bouclé trois jours plus tard par von Ribbentrop et son homologue soviétique, Vyatcheslav Molotov  pacte sous entendu, qui avait remplacé le 3 mai précédent Maxim Litvinov, un juif, à la tête du Commissariat aux Affaires étrangères.
   Le pacte est conclu pour une durée de dix ans.
   Les termes  :  »  Les hautes parties contractantes s’engagent à s’abstenir de tout acte de violence, de toute agression, de toute attaque l’une contre l’autre, soit individuellement, soit conjointement avec d’autres puissances  » .
   Le pacte comporte aussi  une aide économique de l’URSS à l’Allemagne avec d’importantes livraisons de blé, pétrole et matières premières.  (Celles-ci se poursuivront jusqu’à la rupture du pacte deux ans plus tard ) .
   Une clause secrète prévoit le partage de la Pologne en zones d’influence allemande et soviétique, la limite passant par les fleuves Narew, Vistule et San.            Une autre clause secrète prévoit la livraison à l’Allemagne nazie de militants communistes allemands réfugiés en URSS (elle sera exécutée comme les autres).
    L’opinion allemande, mal informée, croit y voir l’assurance de la paix. Les dirigeants français et britanniques, plus réalistes, comprennent que la guerre est devenue inévitable. Le jour même ou le lendemain, les diplomates de l’ambassade britannique à Berlin brûlent leurs papiers et se préparent à quitter l’Allemagne de même que tous leurs concitoyens. Londres et Paris renouvellent leur promesse d’assistance à la Pologne.
     Les alliés de l’Allemagne, Mussolini, Franco et les Japonais, sont tout autant consternés de n’avoir pas été mis dans la confidence et d’être ainsi entraînés dans une aventure imprévisible.
 Dépeçage de l’Europe centrale :
    Hitler est dès lors débarrassé de la crainte d’être pris en tenaille comme en 1914, quand l’Allemagne avait dû se battre à la fois à l’Ouest et à l’Est.
    Il adresse un ultimatum à la Pologne et, quelques jours plus tard, le 1er septembre, l’envahit en prenant le risque d’un conflit avec la France et le Royaume-Uni.    Effectivement, cette fois, ces derniers pays ne peuvent faire autrement que de déclarer la guerre à l’Allemagne.
   De son côté, l’URSS entre en Pologne le 17 septembre 1939. Ayant eu raison de la courageuse résistance des troupes polonaises, Soviétiques et Allemands font leur jonction sur la ligne de démarcation du Bug , transformé en nouvelle frontière germano-soviétique par le traité du 28 septembre.
   Plus du tiers de l’ancienne Pologne est annexée à l’URSS, le reste à l’Allemagne. L’URSS profite de l’affaire pour attaquer aussi la Finlande, annexer les pays baltes et envahir la Roumanie !
    Winston Churchill, témoin et acteur de premier plan, écrit dans ses Mémoires à propos du pacte :  »  seul un régime de despotisme totalitaire, comme celui qui existait dans chacun des deux pays, était capable de supporter la réprobation qu’inspirait un acte aussi anormal  ».

çà s’est passé il y a …..


  environ 78 ans ( ce billet sera peut-être long , trop long ? ) Mais…..peut on ,doit on oublier ? 

 » La rafle du billet vert  »  :

En mai 1941, à Paris, des milliers de Juifs étrangers reçoivent une convocation, le «billet vert» : ils sont «invités à se présenter» le 14 mai dans divers lieux de rassemblement «pour examen de situation».

    Leur liste a été établie grâce au fichier du recensement effectué à partir de septembre 1940 par les autorités françaises, sur ordre de l’occupant allemand.

   Ils doivent être accompagnés d’un membre de leur famille ou d’un ami. Persuadés qu’il s’agit d’une simple formalité, beaucoup s’y rendent. Ils sont alors retenus, tandis que la personne qui les accompagne est priée d’aller chercher pour eux quelques vêtements et vivres .

   3 700 Juifs sont ainsi arrêtés dans la région parisienne : c’est la «rafle du billet vert». Cette première rafle précède de quatorze mois la rafle du Vél d’Hiv.

embarquement

 

   Conduits à la gare d’Austerlitz en autobus, les Juifs sont transférés le jour même en train vers le Loiret, à une centaine de kilomètres au sud de Paris.

1 700 d’entre eux sont internés à Pithiviers, 2 000 à Beaune-la-Rolande. Ils y resteront  pendant plus d’un an, dans l’ignorance totale du sort qui leur est réservé. Beaune

 

    Le 8 mai 1942, 289 d’entre eux sont transférés au stalag de Compiègne-Royallieu, d’où ils sont majoritairement déportés vers Auschwitz le 5 juin 1942.

   Les autres connaissent  bientôt le même sort. Trois convois partent directement vers Auschwitz : le 25 juin et le 17 juillet 1942 de Pithiviers, le 28 juin de Beaune-La-Rolande.

    Les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande sont la concrétisation de la politique antisémite et de collaboration engagée par le régime de Vichy dès son arrivée au pouvoir.

    Un décret du 4 octobre 1940, signé par le maréchal Pétain, a permis d’interner «les ressortissants étrangers de race juive» dans des camps spéciaux, sur simple décision préfectorale et sans motif. Le «statut des Juifs», paru la veille, avait donné une définition «française» ( différente de  celle des nazis ) de la «race juive» et édicté les premières interdictions professionnelles (fonction publique, presse, cinéma …).

  Au printemps suivant, cette politique antisémite s’intensifie sous les pressions allemandes, avec la création du Commissariat Général aux Questions Juives et l’internement d’un total d’environ 5 000 Juifs étrangers de la région parisienne.

  C’est ainsi que sont créés les camps jumeaux de Pithiviers et de Beaune-la-RolandePithiviers. Le choix de ces petites villes du Loiret est dû à leur proximité de Paris, à une bonne accessibilité par le chemin de fer, à la possibilité de trouver sur place du ravitaillement et à la présence d’installations sécurisées (barbelés, miradors) qui ont déjà hébergé des prisonniers de guerre français, transférés depuis en Allemagne.

Les camps sont administrés par la préfecture du Loiret, à Orléans ; un Service des Camps a été mis en place.

Les internés sont installés dans des baraques en bois mesurant 30m sur 6m, avec soubassement de béton. Dans chaque baraque, de chaques côtés d’un couloir, deux rangées de châlits (lits à deux ou trois étages), remplis de paille ; paillasses et couvertures sont en nombre insuffisant ; 2 poêles seulement pour se chauffer, et aucune place pour le rangement.chalits

 

   Les conditions de vie y sont  très mauvaises. En particulier les installations sanitaires et médicales ne sont pas  » opérationnelles  » à l’arrivée des internés. La situation va un peu s’améliorer, mais l’alimentation reste insuffisante , l’hygiène très précaire (la prévention des épidémies étant le seul souci de l’administration ), le logement insalubre (les baraques sont étouffantes en été, très froides en hiver, à la fois mal isolées et non aérées).

   Le personnel de surveillance, français, a une triple origine : des gendarmes venus de la banlieue parisienne, chargés d’assurer la sécurité extérieure, des douaniers repliés du sud-ouest, chargés de la sécurité intérieure, et, en renfort, des gardiens auxiliaires, recrutés localement.

   Le chef de camp est un capitaine de gendarmerie en retraite, plutôt âgé, attiré par le cumul emploi-retraite. Il est assisté d’un gestionnaire à plein temps et d’un médecin-chef, un médecin de ville qui assure quelques vacations, l’essentiel du travail étant pris en charge par des médecins juifs internés.

   Selon le comportement de la direction, le régime intérieur du camp oscille entre des périodes de laisser-aller indifférent et d’autres où la répression s’intensifie, avant finalement de se durcir considérablement suite aux reproches de la hiérarchie préfectorale, de la presse collaborationniste, et surtout des Allemands, qui obtiennent, en avril 1942, le remplacement du chef du camp de Pithiviers jugé trop laxiste.

  Les internés ne voient pratiquement jamais d’Allemands, si ce n’est à l’occasion de quelques visites d’inspection , et lors des «départs» en déportation, au moment de l’embarquement dans les wagons à bestiaux.

  Par contre, des pressions allemandes s’exercent sur la préfecture d’Orléans, vite suivies d’effets : la Feldkommandantur infléchit ainsi les pratiques d’internement des autorités françaises, au point, finalement, de les piloter. La seule réticence notable de la part des fonctionnaires du Loiret se manifeste lorsqu’ils demandent que les Allemands respectent la voie hiérarchique pour faire passer leurs exigences : en cela, ils sont d’ailleurs de zélés pratiquants de la collaboration d’État.

   Les réactions des internés devant le sort qui leur est fait sont diverses et varient au fil du temps. Ils cherchent des moyens d’échapper à une situation qui les inquiète de plus en plus, que ce soit un motif officiel de libération ou une filière clandestine pour s’évader. évasion L’évasion toutefois devient de plus en plus difficile au fil des mois, et fait en plus  l’objet d’un débat complexe entre les internés, entre les internés et leurs familles, entre les internés et les organisations de résistance. Ils s’efforcent cependant , de trouver des moyens pour améliorer leurs conditions de vie, grâce à un réseau d’amis ou par une  affectation qui offrirait des opportunités de sortie (travail ou corvées à l’extérieur du camp).

   Le temps passant, des groupes organisent une vie culturelle (conférences, cours, débats, théâtre, chorale, ateliers artistiques), aidée par la présence d’artistes, d’artisans et d’intellectuels internés. L’administration laisse faire : ces activités lui garantissent un certain calme, et elle peut user de leur privation comme d’un moyen de sanction.

  Des groupes d’internés réussissent à se structurer en un comité clandestin de résistance et à établir le contact avec des mouvements extérieurs au camp. C’est ainsi que s’organise une circulation clandestine de courrier. Deux journaux, clandestins eux aussi, sont rédigés par des internés ! Et recopiés à la main dans le camp.

   Les internés vivent leur enfermement en se retrouvant au sein de groupes variés : habitants d’une même baraque, équipes de corvées intérieures ou extérieures ( ces dernières étant les plus prisées car quand on sort, même sous surveillance et pour travailler, on peut nouer des contacts -, groupes d’activités culturelles, participants aux multiples débats plus ou moins informels, simples groupes d’affinités (les jeunes, les croyants, les lecteurs, les peintres etc.).

   Certains internés travaillent à l’extérieur ( dans des fermes, des usines, des chantiers forestiers, des carrières ) , qui à l’époque manquent tous de main d’œuvre. Travailler permet à la fois de sortir des barbelés, de tromper l’ennui, de trouver une meilleure alimentation et un maigre appoint financier ou de rechercher des opportunités d’évasion.

   Les internés peuvent rester en rapport avec leurs familles encore en liberté (mais confrontées à l’aggravation progressive de la persécution) par le courrier, par les visites, et même, dans un premier temps, par des permissions. Ils peuvent également recevoir des colis. Le lien maintenu est fragile : il est quelquefois brutalement interrompu par mesure disciplinaire.

Au cours de l’été 42 : nouvelles rafles
   Après la rafle du Vel d’Hiv, entre le 19 et le 22 juillet 1942, près de 8 000 personnes (parmi lesquelles plus de 4 000 enfants, souvent très jeunes ) , sont transférées dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, conçus pour en accueillir moitié moins. Pourtant prévenue de l’arrivée de milliers de personnes, l’administration des camps n’a rien prévu, ni pour l’hébergement ni pour l’alimentation, en particulier pour de très jeunes enfants. La pagaille rêgne : Tout manque ( nourriture, médicaments, couvertures, vêtements) .Les femmes et d’enfants sont installés sur de la paille posée à même le sol. À Pithiviers, dès le 20 juillet, les baraques sont saturées. Le 21, ce sont plus de 2 000 personnes supplémentaires qui arrivent : elles sont entassées dans un hangar réquisitionné.

La situation sanitaire étant catastrophique, des épidémies se déclarent. Faute des soins nécessaires, plusieurs enfants meurent.

  Dès la mi juillet, l’administration française a exprimé «le souhait de voir les convois à destination du Reich inclure également les enfants».

   Or, à cette période, les nazis ne réclament que les adolescents de plus de 15 ans. En attendant l’autorisation de Berlin pour déporter les enfants Aline, il est envisagé de les séparer de leurs parents, qui doivent être déportés dans les jours qui suivent. Finalement çà se produit fin juillet dans les camps d’internement du Loiret.

  Fin juillet, la décision est prise de déporter les adultes, pour compléter l’effectif des convois prévu lors des accords franco-allemands.

   Brutalement séparés de leurs enfants les plus jeunes, les mères et les grands adolescents sont alors massivement déportés par 4 convois partant directement des gares de Pithiviers et Beaune-la-Rolande vers Auschwitz, du 31 juillet au 7 août.

    Les enfants restent seuls, livrés à une détresse absolue, matérielle et psychique.

   L’accord écrit pour la déportation des enfants arrive de Berlin mi août.

   Entre le 15 et le 25 août, les enfants sont transférés à Drancy , d’où ils sont déportés à Auschwitz-Birkenau, majoritairement par les convois du 17 au 28 août 1942. Ceux qui ne partent pas dans ces convois partiront un peu plus tard,  le 21 septembre , depuis la gare de Pithiviers (la plus jeune a 2 ans).

Aucun des enfants déportés n’est revenu.

  Après septembre 1942, les internés juifs de Pithiviers sont transférés à Beaune-la-Rolande. Le camp de Pithiviers enferme désormais, de septembre 1942 à août 1944, des «internés administratifs», essentiellement des communistes internés par décision préfectorale.

   Le camp de Beaune-la-Rolande absorbe, pour des durées provisoires, les sureffectifs du camp de Drancy, ou encore «héberge» les «catégories» d’internés jugées, au moins pour un temps, «non-déportables». La vie du camp est alors rythmée par le départ de quelques convois pour Drancy, par un va-et-vient de groupes de centaines d’internés, constamment reclassés et déplacés. Les Allemands décident, et l’administration française applique systématiquement leurs décisions.

    En juillet 1943, après une inspection d’Aloïs Brünner dans le Loiret, les internés seront tous rassemblés à Drancy, et le camp de Beaune-la-Rolande sera fermé.