» Les assis  »


 

Le poême ( A.Rimbaud ) :

Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues
Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs,
Le sinciput plaqué de hargnosités vagues
Comme les floraisons lépreuses des vieux murs ;

Ils ont greffé dans des amours épileptiques
Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs
De leurs chaises ; leurs pieds aux barreaux rachitiques
S’entrelacent pour les matins et pour les soirs !

Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges,
Sentant les soleils vifs percaliser leur peau,
Ou, les yeux à la vitre où se fanent les neiges,
Tremblant du tremblement douloureux du crapaud.

Et les Sièges leur ont des bontés : culottée
De brun, la paille cède aux angles de leurs reins ;
L’âme des vieux soleils s’allume, emmaillotée
Dans ces tresses d’épis où fermentaient les grains.

Et les Assis, genoux aux dents, verts pianistes,
Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour,
S’écoutent clapoter des barcarolles tristes,
Et leurs caboches vont dans des roulis d’amour.

– Oh ! ne les faites pas lever ! C’est le naufrage…
Ils surgissent, grondant comme des chats giflés,
Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage !
Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés.

Et vous les écoutez, cognant leurs têtes chauves,
Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors,
Et leurs boutons d’habit sont des prunelles fauves
Qui vous accrochent l’oeil du fond des corridors !

Puis ils ont une main invisible qui tue :
Au retour, leur regard filtre ce venin noir
Qui charge l’oeil souffrant de la chienne battue,
Et vous suez, pris dans un atroce entonnoir.

Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales,
Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever
Et, de l’aurore au soir, des grappes d’amygdales
Sous leurs mentons chétifs s’agitent à crever.

Quand l’austère sommeil a baissé leurs visières,
Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés,
De vrais petits amours de chaises en lisière
Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés ;

Des fleurs d’encre crachant des pollens en virgule
Les bercent, le long des calices accroupis
Tels qu’au fil des glaïeuls le vol des libellules
– Et leur membre s’agace à des barbes d’épis.

A.R

Sans intérêt sauf pour moi et ????


Il y a pffff: 103 ans ….

Le 24 août 1916 à Monte-Carlo (principauté de Monaco)

     Naissait Léo Ferré, chanteur  » rebelle et anarchiste  »,  au foyer d’un cadre du casino ! Comme ses cadets Georges Brassens et Jacques Brel, il a mis de la musique sur la poésie (Apollinaire, Prévert, Aragon…) et fait aimer celle-ci au grand public.
    Ses chansons, qui parlent d’amour davantage que de révolution, continuent de vivre sans que souvent l’on garde le souvenir de leur auteur : Avec le temps, C’est extra, L’Affiche rouge…

   Mr Ferré est mort  le 14 juillet 1993 à Castellina in Chianti ( Italie ) âgé de 77ans donc…

Mourir un 14 Juillet pour quelqu’un qui se dit anarchiste !!!! =  » clin d’oeuil  » du destin  ? 

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Castellina in Chianti :

Castellina in Chianti est situé en Toscane à mi-chemin entre Florence et Sienne. C’est ici que Léo Ferré,  s’installa au début des années 70.

Les origines de Castellina in Chianti remontent à l’époque étrusque. Il est encore possible, de nos jours, de voir les vestiges de ce peuple, qui s’était établi dans la campagne de Castellina in Chianti depuis le Ve siècle av. J.-C.

tombe etrusque( tombe étrusque )

urne funéraire etrusque an ( urne funéraire étrusque )
   

Envoûté par la beauté des collines toscanes et le charme de ses villages de pierre, Léo Ferré Léo toscane eut un coup de coeur pour une vaste demeure Maison Toscane entourée par 15 hectares de vignes et d’oliviers

 

  Dans cet environnement privilégié Léo devient une sorte de patriarche adulé, adouci par l’âge, qui cultive son jardin, adore cuisiner et fait tourner son imprimerie.

   Dès 1975 il multiplie les tournées, avec ardeur et passion, jusqu’ à la fin de l’été 1992 où, à 76 ans, il doit annuler ses engagements.

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Sa veuve, Maria Christina Diaz produit notamment la cuvée San Donatino Poggio Al Mori, un excellent Chianti, reconnaissable à son étiquette ornée d’une chouette dessinée par Pablo Picasso.Chianti

Le Logo  » coq noir  » :

logo coq noir

La légende du Coq Noir (Gallo Nero) serait liée au bourg de Castellina in Chianti : la République de Sienne et celle de Florence décidèrent d’organiser une course de cavaliers dont le départ serait donné par le chant d’un coq, dans le but de mettre fin aux luttes incessantes pour s’emparer de ce territoire.

Les Siennois gavèrent un coq blanc pour qu’il chante plus fort, tandis que le choix des Florentins se porta sur un coq noir, qu’ils laissèrent à jeun. Affamé et épuisé, le coq noir chanta bien avant l’aube et très fort, au son de ce chant le cavalier florentin se mit en route jusqu’à Castellina in Chianti.

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Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
On oublie le visage et l’on oublie la voix
Le coeur, quand ça bat plus, c’est pas la peine d’aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c’est très bien
Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
L’autre qu’on adorait, qu’on cherchait sous la pluie
L’autre qu’on devinait au détour d’un regard
Entre les mots, entre les lignes et sous le fard
D’un serment maquillé qui s’en va faire sa nuit
Avec le temps tout s’évanouit
Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
Même les plus chouettes souvenirs ça t’as une de ces gueules
A la Galerie je farfouille dans les rayons de la mort
Le samedi soir quand la tendresse s’en va tout seule
Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
L’autre à qui l’on croyait pour un rhume, pour un rien
L’autre à qui l’on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l’on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant quoi l’on se traînait comme traînent les chiens
Avec le temps, va, tout va bien
Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
On oublie les passions et l’on oublie les voix
Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid
Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
Et l’on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l’on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l’on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l’on se sent floué par les années perdues
Alors vraiment
Avec le temps on n’aime plus.

 

Je l’aime…..


 

 

 

  Tout nous pousse à vivre en groupe depuis la toute petite enfance. On nous fait croire que sans les autres, nous ne sommes rien.
Je suis loin d’être  sûr du bien-fondé de cette vision de l’humain. Je crois même que se soumettre à ce diktat nous empêche de grandir en sagesse, d’accéder à la Conscience.
Jamais seul, nous sommes sous dépendance. En prison.
Nous avons des ressources intérieures impressionnantes
   La clé du bonheur est au contraire d’apprendre, avant tout, à vivre seul. Libre. Libre de porter son propre destin. D’en faire ce que bon nous semble, de le partager avec qui nous le désirons et, pourquoi pas, de ne pas le partager.
Je suis le seul à me connaître réellement, sans fard. Le seul à croire suffisamment en moi et à pouvoir faire quelque chose pour moi. Personne ne sait pour moi.
   Une fois que l’on a touché à sa solitude, l’on peut vivre en couple ou seul, peu importe. Si je suis sur  de pouvoir vivre sans l’autre, la force est en moi. Je ne crains pas la séparation d’avec l’autre. Je ne lutte pas. Je n’ai peur de rien. J’aime.
   Savoir que je peux vivre seul me permettra aussi de savoir prendre sur moi, de m’assumer, de tenir bon au lieu d’accabler l’autre, de le peiner ou d’exercer mon emprise sur lui.
   Apprendre la solitude est l’épreuve majeure de l’existence humaine.
Une épreuve est une chance de découvertes, d’explorations, de questionnements. Le niveau de difficulté de l’épreuve est fonction du changement profond en cours.
  L’épreuve développe le courage, la patience, la force, l’endurance, la bienveillance, l’humilité. L’épreuve dépouille. L’homme intérieur s’accroit d’autant plus que la difficulté de l’épreuve est grande.
   Affronter sa solitude revient à aborder sa peur de la mort mais aussi de sa propre puissance. Dans le silence, on peut se préparer à son destin de mortel. Cela nous permet de mieux apprécier la Vie, l’Amour, l’amitié .
  Connaissant la solitude, on vit avec courage, lucidité et attention. Je suis unique, irremplaçable et d’un grand prix. Je deviens acteur de mon histoire.
Elle est la voie de la liberté
   Personne ne peut dire ce qui est bon pour moi. Savoir vivre seul est un barrage contre la manipulation mentale, la récupération sectaire, le phénomène de mode.
  Cela nous renvoie à notre jugement personnel, notre intuition, notre esprit critique. Je suis responsable. Responsable de tout ce qui m’arrive.? 

En tous cas , je le crois, je VEUX y croire………

….??? pas EN moi


y a la natur’ qu’est tout en sueur
dans les hectar’s y a du bonheur

c’est l’printemps

y a des lilas qu’ont mêm’ plus l’temps
de s’fair’ tout mauv’s ou bien tout blancs

c’est l’printemps

y a du blé qui s’fait du mouron
les oiseaux eux ils dis’nt pas non

c’est l’printemps

y a nos chagrins qu’ont des couleurs
y a mêm’ du printemps chez l’malheur

y a la mer qui s’prend pour Monet
ou pour Gauguin ou pour Manet

c’est l’printemps

y a des nuag’s qui n’ont plus d’quoi
on dirait d’la barbe à papa

c’est l’printemps

y a l’vent du nord qu’a pris l’accent
avec Mistral il pass’ son temps

c’est l’printemps

y a la pluie qu’est passée chez Dior
pour s’payer l’modèl’ Soleil d’Or
y a la route qui s’fait nationale
et des fourmis qui s’font la malle

c’est l’printemps

y a d’la luzerne au fond des lits
et puis l’faucheur qui lui sourit

c’est l’printemps

y a des souris qui s’font les dents
sur les matous par conséquent

c’est l’printemps

y a des voix d’or dans un seul cri
c’est la Sixtin’ qui sort la nuit…

y a la natur’ qui s’tape un bol
à la santé du rossignol

c’est l’printemps

y a l’beaujolais qui la ramène
et Mimi qui s’prend pour Carmen

c’est l’printemps

y a l’îl’ Saint-Louis qui rentre en Seine
et puis Paris qui s’y promène

c’est l’printemps

y a l’été qui s’point’ dans la rue
et des ballots qui n’ont pas vu

Qu’c’était l’printemps…

 

Ils ont voté ……mais….pas moi..


La liste du Front national menée par Florian Philippot (35 à 40%) est en tête au premier tour des élections régionales 2015 en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne (ma région d’origine  = la 1ère fois ! ), ce dimanche 6 décembre. Elle devance les listes Les Républicains-UDI-MoDem menée par Philippe Richert (23 à 26 %) et du Parti socialiste mené par Jean-Pierre Masseret (16 à 17 %). Ces trois listes s’affronteront donc au second tour dans le cadre d’une triangulaire, le 13 décembre prochain. 

l’amitié…….


Le poème :

Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte
Ce sont amis que vent me porte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta

Avec le temps qu’arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n’aille à terre
Avec pauvreté qui m’atterre
Qui de partout me fait la guerre
Au temps d’hiver
Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En quelle manière

Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte
Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m’était à venir
M’est advenu

Pauvre sens et pauvre mémoire
M’a Dieu donné, le roi de gloire
Et pauvre rente
Et droit au cul quand bise vente
Le vent me vient, le vent m’évente
L’amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta

  Rutebeuf (1230-1285)
Adaptation en Français moderne

Pour mon plaisir …..


….Et pour  » montrer  » que Mr Ferré était un poète ,surtout un poète…..

Le poème :

La marée, je l´ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur, de mon enfance et de mon cygne
Un bateau, ça dépend comment
On l´arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années lumières et j´en laisse
Je suis le fantôme jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baiser
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts de sable de la terre

Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l´écume
Cette bave des chevaux ras
Au raz des rocs qui se consument
Ö l´ange des plaisirs perdus
Ö rumeurs d´une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu´un chagrin de ma solitude

Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ö parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j´allais, géométrisant,
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d´aube fine
Je voyais un vitrail de plus,
Et toi fille verte, mon spleen

Les coquillages figurant
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tant
Qu´on dirait l´Espagne livide
Dieux de granits, ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s´immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu´on pressent
Quand on pressent l´entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue,
Sur cette mer jamais étale
D´où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles

Cette rumeur qui vient de là
Sous l´arc copain où je m´aveugle
Ces mains qui me font du fla-fla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l´anathème
Comme l´ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S´en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue, aux musiques mortes
C´est fini, la mer, c´est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d´infini…
Quand la mer bergère m´appelle

A méditer…..


Rare , mais je ne mets que le texte de cette chanson de L.Ferré ( paroles de J.R Caussimon ) : Contrairement à ce que le titre ferait penser , je ne la trouve pas triste ….Mais ce n’est que mon avis …………

Ne chantez pas la Mort, c´est un sujet morbide
Le mot seul jette un froid, aussitôt qu´il est dit
Les gens du show-business vous prédiront le bide
C´est un sujet tabou pour poète maudit
La Mort
La Mort Je la chante et, dès lors, miracle des voyelles
Il semble que la Mort est la sœur de l´amour
La Mort qui nous attend et l´amour qu´on appelle
Et si lui ne vient pas, elle viendra toujours
La Mort
La Mort La mienne n´aura pas, comme dans le Larousse
Un squelette, un linceul; dans la main, une faux
Mais fille de vingt ans à chevelure rousse
En voile de mariée, elle aura ce qu´il faut
La Mort
La Mort De grands yeux d´océan, une voix d´ingénue
Un sourire d´enfant sur des lèvres carmin
Douce, elle apaisera sur sa poitrine nue
Mes paupières brûlées, ma gueule en parchemin
La Mort
La Mort

Requiem de Mozart et non Danse Macabre
Pauvre valse musette au musée de Saint-Saëns
La Mort c´est la beauté, c´est l´éclair vif du sabre
C´est le doux penthotal, de l´esprit et des sens
La Mort
La Mort

Et n´allez pas confondre et l´effet et la cause
La Mort est délivrance, elle sait que le Temps
Quotidiennement nous vole quelque chose
La poignée de cheveux et l´ivoire des dents
La Mort
La Mort

Elle est euthanasie, la suprême infirmière
Elle survient à temps, pour arrêter ce jeu
Près du soldat blessé dans la boue des rizières
Chez le vieillard glacé dans la chambre sans feu
La Mort
La Mort

Le Temps c´est le tic-tac monstrueux de la montre
La Mort, c´est l´infini dans son éternité
Mais qu´advient-il de ceux qui vont à sa rencontre?
Comme on gagne sa vie, nous faut-il mériter
La Mort
La Mort
La Mort?