Pour finir …..


avant de dormir hummm….

Les paroles:

Écoutez la chanson bien douce
Qui ne pleure que pour vous plaire
Elle est discrète, elle est légère:
Un frisson d’eau sur de la mousse!

La voix vous fut connue (et chère?)
Mais à présent elle est voilée
Comme une veuve désolée
Pourtant comme elle est encore fière

Et dans les longs plis de son voile
Qui palpite aux brises d’automne
Cache et montre au cœur qui s’étonne
La vérité comme une étoile

Elle dit, la voix reconnue

Que la bonté c’est notre vie
Que de la haine et de l’envie
Rien ne reste, la mort venue

Elle parle aussi de la gloire
D’être simple sans plus attendre
Et de noces d’or et du tendre
Bonheur d’une paix sans victoire

Accueillez la voix qui persiste
Dans son naïf épithalame
Allez, rien n’est meilleur à l’âme
Que de faire une âme moins triste!

Elle est en peine et de passage
L’âme qui souffre sans colère
Et comme sa morale est claire!…

Écoutez la chanson bien sage

Écoutez la chanson bien douce
Qui ne pleure que pour vous plaire
Elle est discrète, elle est légère:
Un frisson d’eau sur de la mousse!

A.Rimbaud écrits….


poême

poeme arthur rimbaud

dormeur(Mon préféré)

  » Les assis ‘
Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues
Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs,
Le sinciput plaqué de hargnosités vagues
Comme les floraisons lépreuses des vieux murs ;
Ils ont greffé dans des amours épileptiques
Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs
De leurs chaises ; leurs pieds aux barreaux rachitiques
S’entrelacent pour les matins et pour les soirs !
Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges,
Sentant les soleils vifs percaliser leur peau,
Ou, les yeux à la vitre où se fanent les neiges,
Tremblant du tremblement douloureux du crapaud.
Et les Sièges leur ont des bontés : culottée
De brun, la paille cède aux angles de leurs reins ;
L’âme des vieux soleils s’allume, emmaillotée
Dans ces tresses d’épis où fermentaient les grains.
Et les Assis, genoux aux dents, verts pianistes,
Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour,
S’écoutent clapoter des barcarolles tristes,
Et leurs caboches vont dans des roulis d’amour.
– Oh ! ne les faites pas lever ! C’est le naufrage…
Ils surgissent, grondant comme des chats giflés,
Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage !
Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés.
Et vous les écoutez, cognant leurs têtes chauves,
Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors,
Et leurs boutons d’habit sont des prunelles fauves
Qui vous accrochent l’oeil du fond des corridors !
Puis ils ont une main invisible qui tue :
Au retour, leur regard filtre ce venin noir
Qui charge l’oeil souffrant de la chienne battue,
Et vous suez, pris dans un atroce entonnoir.
Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales,
Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever
Et, de l’aurore au soir, des grappes d’amygdales
Sous leurs mentons chétifs s’agitent à crever.
Quand l’austère sommeil a baissé leurs visières,
Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés,
De vrais petits amours de chaises en lisière
Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés ;
Des fleurs d’encre crachant des pollens en virgule
Les bercent, le long des calices accroupis
Tels qu’au fil des glaïeuls le vol des libellules
– Et leur membre s’agace à des barbes d’épis.

Et pour finir:   » Les poètes de 7 ans  »

Les paroles :

Les Poètes De Sept Ans 
Et la Mère, fermant le livre du devoir,
S’en allait satisfaite et très fière, sans voir,
Dans les yeux bleus et sous le front plein d’éminences,
L’âme de son enfant livrée aux répugnances.
Tout le jour il suait d’obéissance ; très
Intelligent ; pourtant des tics noirs, quelques traits
Semblaient prouver en lui d’âcres hypocrisies.
Dans l’ombre des couloirs aux tentures moisies,
En passant il tirait la langue, les deux poings
À l’aine, et dans ses yeux fermés voyait des points.
Une porte s’ouvrait sur le soir : à la lampe,
On le voyait, là-haut, qui râlait sur la rampe,

Sous un golfe de jour pendant du toit. L’été
Surtout, vaincu, stupide, il était entêté
À se renfermer dans la fraîcheur des latrines :
Il pensait là, tranquille et livrant ses narines.

Quand, lavé des odeurs du jour, le jardinet
Derrière la maison, en hiver, s’illunait ,
Gisant au pied d’un mur, enterré dans la marne
Et pour des visions écrasant son œil darne,
Il écoutait grouiller les galeux espaliers.
Pitié ! Ces enfants seuls étaient ses familiers
Qui, chétifs, fronts nus, œil déteignant sur la joue,
Cachant de maigres doigts jaunes et noirs de boue
Sous des habits puant la foire et tout vieillots,
Conversaient avec la douceur des idiots !
Et si, l’ayant surpris à des pitiés immondes,
Sa mère s’effrayait ; les tendresses, profondes,
De l’enfant se jetaient sur cet étonnement.
C’était bon. Elle avait le bleu regard, — qui ment !

À sept ans, il faisait des romans, sur la vie
Du grand désert, où luit la Liberté ravie,
Forêts, soleils, rives, savanes ! — Il s’aidait
De journaux illustrés où, rouge, il regardait
Des Espagnoles rire et des Italiennes.
Quand venait, l’œil brun, folle, en robes d’indiennes,
— Huit ans, — la fille des ouvriers d’à côté,
La petite brutale, et qu’elle avait sauté,
Dans un coin, sur son dos, en secouant ses tresses,
Et qu’il était sous elle, il lui mordait les fesses,
Car elle ne portait jamais de pantalons ;
— Et, par elle meurtri des poings et des talons,
Remportait les saveurs de sa peau dans sa chambre.

Il craignait les blafards dimanches de décembre,
Où, pommadé, sur un guéridon d’acajou,
Il lisait une Bible à la tranche vert chou ;
Des rêves l’oppressaient chaque nuit dans l’alcôve.
Il n’aimait pas Dieu ; mais les hommes, qu’au soir fauve,
Noirs, en blouse, il voyait rentrer dans le faubourg
Où les crieurs, en trois roulements de tambour,
Font autour des édits rire et gronder les foules.
— Il rêvait la prairie amoureuse, où des houles
Lumineuses, parfums sains, pubescences d’or,
Font leur remuement calme et prennent leur essor !

Et comme il savourait surtout les sombres choses,
Quand, dans la chambre nue aux persiennes closes,
Haute et bleue, âcrement prise d’humidité,
Il lisait son roman sans cesse médité,
Plein de lourds ciels ocreux et de forêts noyées,
De fleurs de chair aux bois sidérals déployées,
Vertige, écroulements, déroutes et pitié !
— Tandis que se faisait la rumeur du quartier,
En bas, — seul, et couché sur des pièces de toile
Écrue, et pressentant violemment la voile !

 

 

Eh ! Basta……


Paroles de  » Et… Basta » :
Quand j’emprunte des paradoxes, je les rends avec intérêts
J’enrichis mes prêteurs qui deviennent alors plus intelligents
Le taux usuraire de l’astuce n’est jamais assez élevé
Je ne sais pas d’où je viens mais je sais que je suis là, à reverdir, dans cette campagne toscane
Les rossignols teints au Gargyl chantaient des aubades pharmaceutiques
J’ai les cheveux trop longs… comme des voiles de thonier, mes beaux cheveux qu’on m’a toujours taillés, mes beaux cheveux longs dans ma tête
Dans la rue, on se retourne…
Moi, je leur tire la langue !

Ô belles pattes des fourrures
Chapeau du vent de ces madames
Inquiétude de la parure
Toiles de soie, vers vous je rame

Je sais des paradis tranquilles où les anges n’ont pas de vin à boire mais des orages de raison.
Des violettes de reverdie
Je sais des paradis tragiques où les fauteuils d’orchestre n’ont pas de mémoire
Où les roses ne fleurissent que par osmose, et encore…
Où les passions sont d’un autre ordre et les mirages d’une autre qualité et de la nuit pourtant venus
Je sais des paradis-bordels où l’on me fait signe
Où l’on se signe
Où l’on me désigne pour la bonté des mains tendues et des bouches capitales
Comme au petit matin… Tchac !

Je sais des paradis naturels où le mauve tient lieu de drogue
Où l’on peut passer du mauve à la frontière
Je sais des paradis câlins avec la barbe de deux jours et des saints
Sans foi ni loi
Sans feu ni eau
Avec simplement une ceinture d’émigrant

J’émigrerai quelque jour vers vos pays cachés
Et ne reviendrai plus
Regardez-moi
Passants de rien, poules de luxe, fleurs incroyables
Regardez-moi
Je suis un migratoire, un migratoire
Je suis un vieux corbeau qui court après une charogne comme un chien de course après le leurre
Je suis un vieux corbeau de la plaine où je vais m’englânant des trucs dégueulasses, de vieilles graines d’homme qu’on a trop employées
Je suis un vieux corbeau qui court après une corbeaute
Je croasse comme on peut croasser quand on est un vieil oiseau de cinquante-sept piges

Je tiens que le désespoir des ordures est une incompétence biologique à pouvoir en sortir un jour ou l’autre, coûte que coûte
Quand la merde déborde, c’est encore de la merde

À ce moment-là, je connaissais une chanteuse… Vous la connaîtriez aussi, c’est facile
Une chanteuse qui a le derrière sur la figure, ça vaut la carte d’identité, non ?
Et puis, Madame Lechose, taulière blonde, un peu grasse, un peu…
Taulière à L’Escalier de Moïse, où il y avait de tout, du Fernand, du Ferré qui chantait au piano, avec son chien et ses grimaces, et son petit cachet
– Dis donc, Léo, ça ne te gêne pas de gagner de l’argent avec tes idées ?
– Non. Ça ne me gênait pas non plus de n’en pas gagner avec mes idées, toujours les mêmes, il y a quelques années
Vois-tu, la différence qu’il y a entre moi et Monsieur Ford ou Monsieur Fiat, c’est que Ford ou Fiat envoient des ouvriers dans des usines et qu’ils font de l’argent avec eux
Moi, j’envoie mes idées dans la rue et je fais de l’argent avec elles. Ça te gêne ? Moi, non ! Et voilà !

Madame Lechose, un peu blonde, un peu…
Je la regardais, des fois, en chantant, juste en face de moi, qui n’en perdait pas une, qui n’en perdait pas une de ses fiches, et le whisky tant, et le gin-fizz tant et tant, et le citron pressé tant… Et mon citron pressé ?
La Mère Lechose, un peu blonde, un peu grasse, toujours à l’heure, comme les vrais artistes, ceux qui travaillent, et comme ceux qui font travailler les artistes. Je faisais la salle. Jamais les clients. Arkel, mon chien, venait me chercher après le Flamenco de Paris
C’est tout ce que j’ai eu de vraiment espagnol à ce moment-là. Ce devait être un chien exilé

Je rentrais chaque nuit avec le chien dans le désert Paris, dans cette brume des garages où reste un peu, le soir, après que les voitures soient passées, de cette odeur des temps modernes qui vous remonte du fond de votre carter, portant le deuil des foins brûlés. Je rentrais chaque nuit dans le désert Paris
Les putains ne m’accrochaient jamais. Elles savaient que j’étais un homme public, elles, les filles publiques…
– Alors, comme ça, on se prostitue, Ferré !
Je rentrais chaque nuit dans cette maison douce où gouttait l’eau du robinet, dans cette cuisine un peu salle de bains, avec sa cuvette…

Je vivais à ce moment-là avec une femme. Assez longtemps. Avec aussi des problèmes de mouise, d’attentes au bout d’un téléphone qui ne sonnait jamais
Le téléphone, quand il sonne trop souvent, on s’arrange pour faire répondre qu’on est là ou qu’on n’y est pas
Les importuns ne croient jamais ainsi qu’ils vous importunent et vous êtes tranquille. On ne peut pas être plus sociabilisé, pas vrai ?
Et puis, les commissions, le dentiste, les droits d’auteur minces, minces… Quand on travaille comme on veut, on touche comme on peut
J’allais chercher les sous moi-même, toujours moins de cent mille balles
Pas de chèque, et vite un restaurant dans un bon quartier. Et puis et puis, les souvenirs s’entassent. Le mariage vous mine petit à petit
On est fidèle parce que c’est l’usage et les années s’entassent aussi.
Les souvenirs, d’ailleurs, c’est du présent discutable. On est hier, toujours
Moi, je vivais demain et ça fabriquait les malentendus
Un artiste vit toujours demain, sinon il est fait pour l’usine
À l’usine, le présent, c’est un cadeau quotidien, incessant, fatigant, dégueulasse
On peut te congédier, alors tu prends des dispositions particulières pour ne gueuler qu’en connaissance de cause et dans le silence revenu des retours à la maison
À la table de travail, devant la page blanche, l’artiste n’est pas là. Il vit là-bas, loin de tout, du téléphone, de sa compagne, de ses problèmes
La solitude est une affaire d’ordinateur. Moi, je me perfore loin des imbéciles et du propos courant.
On me hait. Je m’en fous. Je suis un autre mec. Voilà.

Ni dieu, ni maître, ni femme, ni rien, ni moi, ni eux et Basta !

Il y a l’amour… peut-être. C’est une solution, une solution à un problème qui reste un problème Alors… Rien
Une solution… Un problème… Par quoi commencer ?
On donne et on te prend. Celui qui prend a l’impression qu’il donne
Arrange-toi avec ça, si tu peux. Il y a, derrière les yeux des gens, une cité privée où n’entre personne. Une cité avec tout le confort d’imagination possible. Les gens que tu vois chez toi, sont d’abord chez eux. Ils ne te voient pas
Ils se singularisent dans l’immédiate et toujours constante défense de soi. Ils ont peur. Ils sont terribles, les gens
Ceux que tu appelles tes amis, ce sont d’abord des gens remplis du moi qui les tient en laisse
L’homme est un « self made dog »
Mais il parle au centre du monde, et le monde, c’est lui
Il transpire, il a une queue mais ne sourit pas avec, comme le chien. C’est tout et c’est trop
L’amitié, c’est comme le ciment armé : on ne sait pas comment ça vieillit. J’aime les vieilles pierres. Elles ne transpirent pas

Ni dieu, ni maître, ni femme, ni amis, ni rien, ni moi, ni eux et Basta !

« L’Écluse »… fin 49… Drôles de mariniers, sur ces quais néon’cifs !
J’étais le pianiste et le chanteur. Cette  » écluse  » où ma galère échoua, un soir, entre barbarie et une inconnue de Londres, et deux romances à goémons, avec une guitare et un gitan, égarés là… Allez donc savoir.
Et ce taulier, qui me lucarnait derrière son zoom, un zoom qu’il vous plantait là, sur le front, jamais en face, jamais dans votre zoom à vous, toujours un peu au-dessus, comme s’il regardait l’ineffable
C’est pas mal, un particulier qui sue du goulot, qui transpire de l’en-dedans. Rien ne sort jamais. Un lavatory, quoi ! Qui garde tout, qui transmet, qui assume sa condition de réceptacle
L’âme de certains individus m’empêchera toujours de croire tout à fait en Dieu
J’ai oublié son nom. Il y a une chance pour les mauvais souvenirs
– Eh ! Ferré ! Bonjour, tu te rappelles ? C’est moi, l’ordure…
– Qui ça ? Ordure ? Tiens, il y en a encore dans le siècle ?

Je vous demande excuse, Monsieur. Je ne connais, quant à moi, que des anges…

Ni dieu, ni maître, ni anges, ni rien et Basta!

Il faudra que je change de support. Écrire sur des champs de luzerne, sur des biffetons « Banque de France », des faux, sur le ventre de certaines girls in magazines. En tournant la page, on pourra voir, juste en dessous
Les girls, ça se regarde ou ça s’invente. En dessous de trente ans, c’est plus lisse, et c’est, des fois, encore un peu môme. Après, ça se froisse et on les jette
Il faudra que je change de support. Le papier, y en a marre !
De ce papier-xylo qui fait grincer, gémir les arbres que je porte en moi
Quand on scie un arbre, j’ai mal à la jambe et à la littérature. Quelle horreur, la parlote ! Écrire partout, à l’envers de toi, sur ton cœur, sur ma loi, dans mon froc, lorsque tu me regardes précisément et que je te dis que je suis dingue de toi, pour te faire couler ton printemps court.
Cours, cours, petite, n’oublie pas
Sur mon cahier quadrillé, c’est la misère. J’essaie de mettre au carreau mes ailes, mon job. Rien à glander today au club des métaphores
Il faut que ma plume feutrée, ma petite japonaise glissante et noire soit serve d’une certaine rigueur de gueulante
Le drapeau noir, c’est encore un drapeau !
Il faudrait que je leur lance un Manifeste de la Méthode
Quelque chose de concret, du style genre polyester qui aurait l’air de ne pas moisir dans les gothiques et qui psalmodierait tranquillement des lamentations tocs devant le Mur des Fédérés.
Sur ma fenêtre, je pourrais mettre un vieux chiffon rouge, histoire de bien signifier mes origines. Des tambours aussi, et des crécelles à couvrir de leurs criasseries les millions de chevaux Paris, Milan, New York and so and so on
Au large, hommes tergaliens, boys d’alpaga, filles jeanisées au maxi, avec vos clous dessinant les orages du Guevara
Le Che crevé, crucifié, pourri déjà, même sur vos images
Dépoitraillez-vous, Hommes, s’il en reste, et venez vous chauffer au bain-marie de ma métaphore, celle qui appelle chat une amphore et gouttière un vieux thème serbo-croate
Au large ! Monocloez-vous l’œil de rechange et changez de basse-cour
Fuyez vers les tramontanes d’Éros, puisez dans les accordéons des rythmiques plus sûres, vers les caniveaux
Plongez-y en lune à becs frisants… Vous y verrez peut-être une gorgée de solitude…
Quand je me regardais, en ces temps, au ras du trotte-madame, la Neuille, des fois, une image reflétée me donnait la solution du style
Ma méthode est simple : Mettez-vous à coucou, place de la Bastille et prenez-vous pour un serpentaire
Vous verrez alors qu’il n’y a plus de métaphore possible quand on se dénature, quand on se désanalyse, quand on s’antidate et qu’on s’insectise, quand, mouche devenue, pour prendre le quart dans un hôtel fameux où la passe est sanguine ou à Bidon’s City, vous pourrez sentir s’exhaler la queen, et la vrombir, et la gémir, et la voir même prendre son pied à certaines désinences. Alors, vous aurez accompli la mutation que j’attends de vous, mouches vertes des prairies du double… Je vous ai créées

Je dirigeais alors des fantômes bon marché, des que j’achetais dans des économats spécialisés en bizarreries, en relativisme du tout venant
J’avais une carte qu’on me tamponnait à chaque coup. L’employé me disait :
– Alors, ça biche, Ferré ? Vous en prenez pour votre pognon ?

Un réverbère propre à décrypter les étymologies les plus perverses
Un chandelier en robe du soir
Un réveille-la-Mort des fois qu’on oublierait de s’actualiser
Un canevas dernier modèle pour tricoter de l’affection technicolor
Des ciseaux pour tailler dans le vif du sujet même si le sujet ne colle pas à la syntaxe
Des hôtels barbelés au travers desquels je pisserais quand même
Des mômes à comètes et à cendriers portables, histoire d’être confortable au risque de payer de leur vie
Des vies punies de vide et de tambours voilés frappant tout doux ta résurrection journalière

Quand je dors, je suis mort sans bière uniquement avec du Coca sur la table de chevet
Je lis des sons particuliers quand Ludwig sanglote doucement les bras tendus vers la Neuvième

Les épices m’ont toujours brûlé le charme
J’ai du slave qui se balade quelque part entre peau et jactance
La mer, chez moi, dans la rue, cela m’était facile
Je l’appelais, elle arrivait : le flot bouillonnant, au ras de chaussée

L’eau, cette glace non posée
Cet immeuble, cette mouvance
Cette procédure mouillée
Me fait comme un rat sa cadence
Me dit de rester dans le clan
À mâchonner les reverdures
Sous les neiges de ce printemps
À faire au froid bonne mesure
Et que ferais-je, nom de Dieu ?
Sinon des pull-overs de peine
Sinon de l’abstrait à mes yeux
Comme lorsque je rentre en scène
Sous les casseroles de toc
Sous les perroquets sous les caches
Avec du mauve plein le froc
Et la vie louche sous les taches…

La mémoire et la mer…

Ton corps est comme un vase clos
J’y pressens parfois une jarre
Comme engloutie au fond des eaux
Et qui attend des nageurs rares
Tes bijoux, ton blé, ton vouloir
Le plan de tes folles prairies
Mes chevaux qui viennent te voir
Au fond des mers quand tu les pries
Mon organe qui fait ta voix
Mon pardessus sur ta bronchite
Mon alphabet pour que tu croies
Que je suis là quand tu me quittes

La mémoire et la mer…

Cette mer cavaleuse, propre, cynique… Ce toit tranquille, comme disait l’autre… Ce drame mouvant comme un outrage de la nature, quand j’y plonge, de mémoire, je m’y perds, et moi, et mon courage, et ma passion, et ma musique

Le vent, y aidant, n’a qu’à bien se tenir. Il se prosterne, ce vent filou des bises, des frilures…
Soixante-huit, soixante-huit, soixante-huit !
Noblesse du calendrier

Je ne vais tout de même pas te raconter comment et pourquoi j’écris des chansons, non ? C’est comme ça !
Ma main sur le clavier de mon piano est reliée à un fil et ça marche. Je suis « dicté »
J’ai un magnétophone dans le désespoir qui me ronge et qui tourne et qui tourne et qui n’arrête pas

Alors je copie cette voix qui m’arrive de là-bas, je ne sais, qui m’arrive, en tout cas, et je la reconnais chaque fois. Ça fait comme un déclic et ça se déclenche
Je suis le porte-parole d’un monde perdu, présent pour moi, d’un monde auquel vous n’avez pas entrée parce que si tu y entres, dans ce monde, tu perds pied et deviens inédit. Ton foie, tes poumons, ton sexe, tout ça est à toi
Ta tête, non. Si tu es fou, alors viens dans mes bras. Je t’aime !

Soixante-huit, Soixante-huit, Soixante-huit, Soixante-huit !

Il y a des chiffres qui me font mal à mon dicteur. Soixante-huit… Il s’en fout mon dicteur, il le connaît ce chiffre. Il l’a fait, comme on fait une partie de cartes. Les cartes, aujourd’hui, sont mêlées. Il n’y a plus rien qu’une certaine forme de dictature sentimentale qui vous arrange et vous endort pendant que les autres veillent
Vous êtes vraiment des cons et des malheureux. Ou bien alors, crève, paysan, crève et passe de l’autre côté de la rue, avec tes dieux, avec tes maîtres, avec tes pantoufles et tes clopes

Soixante-huit, soixante-huit, soixante-huit, soixante-huit, Madame la Misère
« Misère » c’était le nom de ma chienne qui n’avait que trois pattes…
Ton style, c’est ton cul, et oui… quand il a du style ! Ça ne dure pas longtemps. Un cul, ça ne se met pas au musée des Offices. Un cul, ça se renfrogne et ça se cache un jour ou l’autre. Plutôt un jour que l’autre. Quelle connerie !

Ni dieu, ni maître, ni toi, ni eux, ni cul, ni rien

Soixante-huit, soixante-treize, non-stop !

Je suis d’un autre monde et tu le savais bien
Ô toi qui tant et tant me regardais et m’écoutais
Tu m’apportes le fait d’un instant de malheur
Je drisse tout à coup avec ma peine en l’air
Vas-y, petit, les oiseaux s’en vont de côté cet hiver

Soixante-huit, soixante-treize, non-stop !

La vie d’artiste… C’est dur de ne pas être, hein ?
Il y avait vraiment de quoi
Ça a commencé pour rien, en trombe, Rue des Écoles et à la Maube
Understand ?
Les drapeaux noirs et les aminches et l’été soixante-hui et puis les anarchistes
Où ça ?
Les purées de Nanterre et la purée des anges
Tu l’envoies, ta purée ?
Je signe dès ce jour avec mon double crème
Je vivais dans l’ardeur de notre connerie
La très haute, la très grande
Et je suis seul ce soir devant le ciel brouillé
Non-stop avec des bulles dans ma tête
C’est difficile à raconter ce genre de bulles, même pas au neuro…
Vous n’avez rien compris ni toi, ni lui, ni eux, ni rien
Understand ?
Quand je pense que je pensais à vous comme à une épure de chantoung
Cette soie, je la pressens toujours comme un destin pavé
Vous étiez de cette intelligence sûre
Et qui se connaît bien
Et qui drague la nuit les grands auteurs
Pour être sûre d’être orthodoxe
Les mains… Ah ! les mains…
Ça me fait peur, ces mains tendues et renfrognées et biaiseuses
Vous aviez les mains gercées de rancœur
De cette rancœur qu’on promène tranquillement, sans rien devoir à personne
Avec ces fautes de parler et de syntaxe qui me sont devenues insupportables
Et puis cette culture qui débordait de vos calepins
Oublie donc, camarade. Oublie les soirs épais comme l’encre de Chine
Oublie les yeux drivés par le regard là-bas
Drive-toi pénardement dans les horribles banlieues où tout est bien
Où l’avenir est aux pointés pointeurs
Arrache-toi doucement à la musique d’acier de ce Paris qui vous manque dès que vous le déjugez
Vous n’êtes que des Parisiens, des Parisiens !

Soixante-huit, soixante-treize, non-stop !

Le grand drame des solitaires, c’est qu’ils s’arrangent toujours pour ne pas être seuls.
Je l’ai dit
Je l’ai écrit
Je le redis
Je le réécris
Maintenant je fais gaffe. Je paie des gens pour les besognes élémentaires et ne mange plus avec eux
J’ai gardé ma première facture de restaurant où j’ai mangé tout seul cet été
Je l’ai mise sous verre et la montre à mon fils qui a trois ans et trois mois. Je la lui montre tous les jours. C’est la gravure de mon soixante-huit à moi. On a les soixante-huit qu’on peut !
Quand les gens se mettent à avoir une comptabilité derrière les yeux, ils deviennent des comptables !

Qu’est-ce que je fais ici, à cette heure, attendant je ne sais quelle sonnerie de téléphone, me rendant une voix, quelque part, quelque chose de fraternel, d’insoumis, de propre, de comme ça pour le plaisir, de rien, de larmes j’en ai trop en veux-tu ? De quoi, enfin ? Penses-tu !
Le silence, lui, ne téléphone jamais, et c’est bien comme ça, c’est bien
La vie ne tient qu’à un petit vaisseau dans le cerveau, qui peut déconner à n’importe quel moment, quand tu fais l’amour, quand tu divagues, quand tu t’emmerdes, quand tu te demandes pourquoi tu t’emmerdes.
Il faudra que je prenne un jour quelque distance et dire à qui voudra mon style de pensée et de vie et de mort et je m’en monterai doucement du fond de l’an dix mille…

Je suis le vieux carter d’une Hispano Suiza
Une première femme : six ans de collage administratif
Une deuxième femme : dix-huit ans de collage administratif
Elles ne me voient plus que publiquement, elles savent, elles me connaissent
Moi je ne les vois plus publiquement
Si je les rencontre, alors… alors…
Les rides, ça s’apprend petit à petit. Je sais
La vieillesse, c’est une façon de coup de poing dans la gueule
Au-dessus de trente ans, allez… allez vous faire foutre !
Moi, j’ai cent mille ans. C’est pas pareil. Je suis un mort en instance et je vous regarde
On se demande ce qu’on fout à se multiplier par deux
Deux cœurs, deux foies, quatre reins… Je suis seul et je pisse quand même
Le couple ? Voilà l’ennemi !
Je t’aimais bien, tu sais…

Les souvenirs s’empaquettent négativement
La mémoire négative, c’est une façon de se rappeler à l’envers, c’est plus commode
Les ombres passent, un peu grisées
On pense à des gravures pleines de roussures, sans grand talent qui dépasse de l’encre rapportée
Les souvenirs n’ont pas de talent, ils végètent dans un coin du cerveau, un amas cellulaire qui s’ennuie et qui perd sa charge, comme une batterie
La matrice nourricière ? Il y a urgence ! Le piment, le vrai, c’est celui qu’on rajoute
Une femme inventée ne déçoit jamais. Seulement, il faut tout le temps en changer
L’invention permanente, tout, les dentelles, le savoir, tout en dedans du dedans…
L’érotisme, c’est vraiment dans la tête
Et puis, pas tellement que ça…
Une jupe, un cul de hasard et le reste…
Les collants… C’est de la pure imprécation
J’ai besoin de les arracher, ces cuirasses fileuses
La femme en collant peut partir à la guerre, comme au Moyen-Âge…

Quelle horreur, quelle défense d’entrer dans le jardin avec des fleurs…
Mener un train d’enfer à une pépée maxi, le long du fleuve, une pépée tout encerclée d’idées reçues
Et pas moyen de lui griffer la chatte ! C’est vraiment dégueulasse, la moralité publique !
L’enfer ? Une façon de voir et de se laisser voyant

Ni dieu, ni maître, ni éros, ni collant

Des bas oui, des bas avec un peu de cette blancheur qui tend à une géométrie particulière
Un peu de cette blancheur des fois tirée vers le malheur et puis l’angoisse du déjà vu, du déjà pris
Je sais de toute éternité que tu n’es pas à moi
Rien n’est à moi que l’illusion et encore ! Je l’invente tellement, cette illusion
Quand je la rencontre, l’illusion, elle m’est déjà ancienne et chiffonnée
Salut ! ma petite camarade, salut !

Mes illusions, je les arrange, quand je n’ai pas envie de leur parler et de leur dire qu’elles ne sont là que parce que c’est l’usage
Elles deviennent mes souvenirs controuvés
Le moulin de Pescia
Le papier
L’odeur
Ce type empaqueteur
Cette machine à pointer, en bas
Ce soleil de mars et cette brume en préface à la belle journée se préparant, se fardant de nuages discrets et prometteurs de belles coulées de ciel dans ce bleu d’aventure et changeant comme change ta vie à chaque instant, à chaque millième de seconde, toi vieillissant au fil de moi maintenant que je pense à toi, t’écrivant, te dictant, t’improvisant aussi comme une musique de messe noire, ce péage avec ce mec au mois, qui s’en fout
Caron d’un macadam déroutant, compteur du trouble et de l’ennui
Ces accidents abstraits que je m’invente au hasard des cent cinquante à l’heure
Ce retour dans le bleu et cette façon de ne pas être dans le siècle tout en y roulant
Cette descente vers les chiens et leurs paroles rassemblées
Cette pintade mise en route et mes fureurs de cuisinier sentant mouiller la casserole et s’attacher à un désespoir ailé, à des oiseaux traqués dans des caisses avides
Et tout ce néant de la merde qui monte à mes babines
Ce code pénal particulier qu’on devrait pouvoir lire en petites notes en bas de page du livre des recettes
Cette soirée après les autres
Cette machine qui tant et tant dactylographe
Ces cris perdus quelque part et que je n’entends pas et qui retrouvent un cœur saignant
Ce pain de seigle qui s’éternise sous la dent dure du couteau-scie
Les choses manufacturées qui souffrent à travers celui qui les a machinées
Et ces choses qui souffrent dans l’idée de celui qui les regarde
Ce piano, ma maison ancienne, anciennement la mienne, et cette humide honte, les touches qui s’étaient décollées et des larmes qui me venaient d’un chagrin de Czerny, de Debussy aussi
Cette horrible aventure qui a désossé mon piano en attendant qu’on nous le coupe en deux pour en avoir son dû… La moitié
Mais la moitié de la musique ? La moitié de ma tête ? La moitié du sentiment banni ?
Le code civil distribué en bandes dessinées aux imbéciles inadaptés
Ce parfum de la nuit comme une pièce de piano de Debussy jouée par Gieseking
Cette passion de passionner tout ce qui se passe autour de moi
Les loups promis
Les gufi
Les araignées dessinées avec leur toile sur ce gadget tire-lire avec son cadavre peint en vert et qui salue
Cette envie de passer vite, très vite et puis quand même m’attarder sur le bestiaire de ma mie
La source et le cloaque
Ça dépend du contexte
Les chiens, c’est comme les gens : avec un os, ça grogne !

Ni dieu, ni maître, ni mie, ni bestiaire, ni gens, ni os.

La solitude est une configuration particulière du mec : une large tache d’ombre pour un soleil littéraire
La solitude c’est encore de l’imagination
C’est le bruit d’une machine à écrire
J’aimerais autant écrire sur des oiseaux chantant dans les matins d’hiver
J’ai rendez-vous avec les fantômes de la merde
Les jours de fête, je les maudis, cette façon de sucre d’orge donné à sucer aux pauvres gens, et qui sont d’accord avec ça et on retournera lundi pointer
Je vois des oranges dans ce ciel d’hiver à peine levé
Le soleil, quand ça se lève, ça ne fait même pas de bruit en descendant de son lit. Ça ne va pas à son bureau, ni traîner Faubourg Saint-Honoré et quand ça y traîne, dans le Faubourg, tout le monde s’en rengorge. Tu parles ! Ni rien de ces choses banales que les hommes font qu’ils soient de la haute ou qu’ils croupissent dans le syndicat. Le soleil, quand ça se lève, ça fait drôlement chier les gens qui se couchent tôt le matin
Quant à ceux qui se lèvent, ils portent leur soleil avec eux, dans leur transistor.
Le chien dort sous ma machine à écrire. Son soleil, c’est moi
Son soleil ne se couche jamais… Alors il ne dort que d’un œil
C’est pour ça que les loups crient à la lune. Ils se trompent de jour
Les plantes ? Les putes ? Les voitures ?
Cette voiture aussi qui débordait… C’était terrible… Qu’est-ce qu’on riait !
Et je rêve aujourd’hui d’une voiture monoplace
Et ce bois de chauffage qui s’est gelé des tas d’hivers en attendant mon incendie
Je vous apporterai des animaux sauvés, l’innocence leur dégoulinant des babines ou de leurs yeux
Je mangerai avec eux, de tout, de rien
Je boirai avec eux le coup de l’amitié et puis partirai seul vers un pays barré aux importuns
Presque tous
Je suis un oiseau de la nuit qui mange des souris
Je suis un bateau éventré par un hibou-Boeing
Je suis un pétrolier, pétroleur de guirlandes et de marée plutôt noire comme mes habits, et un peu rouge aussi, comme mon cœur
J’aime la multitude, la multitude, les chiens, les hiboux, les horreurs ! La multitude, les chiens, les hiboux, les horreurs !

Soixante-huit, soixante-treize, non-stop !

Dans la cité, il y a la fête. Allez-y. Je t’invite à y boire
À mon malheur, à mes cheveux, à mes parents, à mes avions-hiboux
Comme en sept cent quarante-sept
En sept cent quarante-sept, je vous le dis, tous ces rampants iront brouter du fil coutil
Des ténèbres et du sang mijoté dans des endroits particuliers
Dans des endroits comme à la gauche du sacripant dont vous avez décidé que je sois le souteneur patenté, indécis, frivole et centenaire
Les comptes à rendre ne sont jamais à prendre
Je vous rends des comptes que je n’ai jamais eus
Que vous m’avez comptés, dûment, précisément
Les équations sur le grand huit de der, ça me fait bien rigoler
Cette chanson qui tant et tant me désespère
Et que je ne vous chanterai jamais
Je n’ai plus de voix pour vous, plus, plus, plus !

Soixante-huit, soixante-treize, non-stop !

Comme un voilier dans les descentes vers le Sud
En autoroute et des voiliers roulants
Foutez-m’en vingt litres, camarade!
Je descends à la proche banlieue
Celle qui se défait vers le quinzième, you see ?
Cette banlieue de mes défaites et de votre vertu, camarades
Allez-y, le sang n’est plus de une, le sang des réverbères gauchisants
Dans les aciers de cet Orly où je m’envole
Vers où ?
Devine !
Je sais des vagabonds pleins de sous de sonnaille et qui sonnent dans les soirs tristes de Paris
Quand je m’envole et quand tu assassines ce petit enfant
Cet enfant du malheur auquel je fais des signes
Et puis qui me regarde, me mirant dans l’eau verte de ses beaux yeux
Ah, la passion des clairs obscurs sur les minuits
Quand nous allions vers les mirages et les bifs de carême !
Je suis perhaps, perhaps, peut-être Magari…
Et toi, et lui, et vous, et elle
Elles… Elles ont toutes une cicatrice qui nous fait des blessures
Elles ont toutes un entre-deux sur lequel je dégueule
Partons, partons !
Soixante-huit, cette marée rouge et moirée
Le dix comme un chiffre soumis
Le dix du mois de mai de cet an de soixante et huit
Non-stop au carrefour. T’es dingue et je poursuis une comète
Non-stop. Oh, la tendresse de ces soirs inventés, de ces soirs sans heure, sans compagne, dans le siècle un peu puant d’étoiles
Non-stop sur une bulle comme une idée poignante
J’ai l’invention qu’il faut pour me tirer de vos outrages
L’outrage le plus absolu est cette poignée de main avec dans l’idée une potence
Et le sourire, le sourire, camarade
Le sourire, c’est de la peur comptée d’avance
Le sourire, c’est une prescience d’outre-tombe
C’est un peu la tendresse des insoumis
Ce sourire, dis donc !
Qu’est-ce que le sourire en dedans de la tête, comme une ride intelligente ?
Quand les rides, ça se met à être intelligent, c’est ce qui fait le monde clos

Ni dieu, ni maître, ni code, ni quoi !
Pas vrai, mec ?

 

 

 

Sans intérêt sauf pour moi et ????


Il y a pffff: 103 ans ….

Le 24 août 1916 à Monte-Carlo (principauté de Monaco)

     Naissait Léo Ferré, chanteur  » rebelle et anarchiste  »,  au foyer d’un cadre du casino ! Comme ses cadets Georges Brassens et Jacques Brel, il a mis de la musique sur la poésie (Apollinaire, Prévert, Aragon…) et fait aimer celle-ci au grand public.
    Ses chansons, qui parlent d’amour davantage que de révolution, continuent de vivre sans que souvent l’on garde le souvenir de leur auteur : Avec le temps, C’est extra, L’Affiche rouge…

   Mr Ferré est mort  le 14 juillet 1993 à Castellina in Chianti ( Italie ) âgé de 77ans donc…

Mourir un 14 Juillet pour quelqu’un qui se dit anarchiste !!!! =  » clin d’oeuil  » du destin  ? 

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Castellina in Chianti :

Castellina in Chianti est situé en Toscane à mi-chemin entre Florence et Sienne. C’est ici que Léo Ferré,  s’installa au début des années 70.

Les origines de Castellina in Chianti remontent à l’époque étrusque. Il est encore possible, de nos jours, de voir les vestiges de ce peuple, qui s’était établi dans la campagne de Castellina in Chianti depuis le Ve siècle av. J.-C.

tombe etrusque( tombe étrusque )

urne funéraire etrusque an ( urne funéraire étrusque )
   

Envoûté par la beauté des collines toscanes et le charme de ses villages de pierre, Léo Ferré Léo toscane eut un coup de coeur pour une vaste demeure Maison Toscane entourée par 15 hectares de vignes et d’oliviers

 

  Dans cet environnement privilégié Léo devient une sorte de patriarche adulé, adouci par l’âge, qui cultive son jardin, adore cuisiner et fait tourner son imprimerie.

   Dès 1975 il multiplie les tournées, avec ardeur et passion, jusqu’ à la fin de l’été 1992 où, à 76 ans, il doit annuler ses engagements.

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Sa veuve, Maria Christina Diaz produit notamment la cuvée San Donatino Poggio Al Mori, un excellent Chianti, reconnaissable à son étiquette ornée d’une chouette dessinée par Pablo Picasso.Chianti

Le Logo  » coq noir  » :

logo coq noir

La légende du Coq Noir (Gallo Nero) serait liée au bourg de Castellina in Chianti : la République de Sienne et celle de Florence décidèrent d’organiser une course de cavaliers dont le départ serait donné par le chant d’un coq, dans le but de mettre fin aux luttes incessantes pour s’emparer de ce territoire.

Les Siennois gavèrent un coq blanc pour qu’il chante plus fort, tandis que le choix des Florentins se porta sur un coq noir, qu’ils laissèrent à jeun. Affamé et épuisé, le coq noir chanta bien avant l’aube et très fort, au son de ce chant le cavalier florentin se mit en route jusqu’à Castellina in Chianti.

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Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
On oublie le visage et l’on oublie la voix
Le coeur, quand ça bat plus, c’est pas la peine d’aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c’est très bien
Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
L’autre qu’on adorait, qu’on cherchait sous la pluie
L’autre qu’on devinait au détour d’un regard
Entre les mots, entre les lignes et sous le fard
D’un serment maquillé qui s’en va faire sa nuit
Avec le temps tout s’évanouit
Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
Même les plus chouettes souvenirs ça t’as une de ces gueules
A la Galerie je farfouille dans les rayons de la mort
Le samedi soir quand la tendresse s’en va tout seule
Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
L’autre à qui l’on croyait pour un rhume, pour un rien
L’autre à qui l’on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l’on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant quoi l’on se traînait comme traînent les chiens
Avec le temps, va, tout va bien
Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
On oublie les passions et l’on oublie les voix
Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid
Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
Et l’on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l’on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l’on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l’on se sent floué par les années perdues
Alors vraiment
Avec le temps on n’aime plus.

 

Je l’aime…..


 

 

 

  Tout nous pousse à vivre en groupe depuis la toute petite enfance. On nous fait croire que sans les autres, nous ne sommes rien.
Je suis loin d’être  sûr du bien-fondé de cette vision de l’humain. Je crois même que se soumettre à ce diktat nous empêche de grandir en sagesse, d’accéder à la Conscience.
Jamais seul, nous sommes sous dépendance. En prison.
Nous avons des ressources intérieures impressionnantes
   La clé du bonheur est au contraire d’apprendre, avant tout, à vivre seul. Libre. Libre de porter son propre destin. D’en faire ce que bon nous semble, de le partager avec qui nous le désirons et, pourquoi pas, de ne pas le partager.
Je suis le seul à me connaître réellement, sans fard. Le seul à croire suffisamment en moi et à pouvoir faire quelque chose pour moi. Personne ne sait pour moi.
   Une fois que l’on a touché à sa solitude, l’on peut vivre en couple ou seul, peu importe. Si je suis sur  de pouvoir vivre sans l’autre, la force est en moi. Je ne crains pas la séparation d’avec l’autre. Je ne lutte pas. Je n’ai peur de rien. J’aime.
   Savoir que je peux vivre seul me permettra aussi de savoir prendre sur moi, de m’assumer, de tenir bon au lieu d’accabler l’autre, de le peiner ou d’exercer mon emprise sur lui.
   Apprendre la solitude est l’épreuve majeure de l’existence humaine.
Une épreuve est une chance de découvertes, d’explorations, de questionnements. Le niveau de difficulté de l’épreuve est fonction du changement profond en cours.
  L’épreuve développe le courage, la patience, la force, l’endurance, la bienveillance, l’humilité. L’épreuve dépouille. L’homme intérieur s’accroit d’autant plus que la difficulté de l’épreuve est grande.
   Affronter sa solitude revient à aborder sa peur de la mort mais aussi de sa propre puissance. Dans le silence, on peut se préparer à son destin de mortel. Cela nous permet de mieux apprécier la Vie, l’Amour, l’amitié .
  Connaissant la solitude, on vit avec courage, lucidité et attention. Je suis unique, irremplaçable et d’un grand prix. Je deviens acteur de mon histoire.
Elle est la voie de la liberté
   Personne ne peut dire ce qui est bon pour moi. Savoir vivre seul est un barrage contre la manipulation mentale, la récupération sectaire, le phénomène de mode.
  Cela nous renvoie à notre jugement personnel, notre intuition, notre esprit critique. Je suis responsable. Responsable de tout ce qui m’arrive.? 

En tous cas , je le crois, je VEUX y croire………

….??? pas EN moi


y a la natur’ qu’est tout en sueur
dans les hectar’s y a du bonheur

c’est l’printemps

y a des lilas qu’ont mêm’ plus l’temps
de s’fair’ tout mauv’s ou bien tout blancs

c’est l’printemps

y a du blé qui s’fait du mouron
les oiseaux eux ils dis’nt pas non

c’est l’printemps

y a nos chagrins qu’ont des couleurs
y a mêm’ du printemps chez l’malheur

y a la mer qui s’prend pour Monet
ou pour Gauguin ou pour Manet

c’est l’printemps

y a des nuag’s qui n’ont plus d’quoi
on dirait d’la barbe à papa

c’est l’printemps

y a l’vent du nord qu’a pris l’accent
avec Mistral il pass’ son temps

c’est l’printemps

y a la pluie qu’est passée chez Dior
pour s’payer l’modèl’ Soleil d’Or
y a la route qui s’fait nationale
et des fourmis qui s’font la malle

c’est l’printemps

y a d’la luzerne au fond des lits
et puis l’faucheur qui lui sourit

c’est l’printemps

y a des souris qui s’font les dents
sur les matous par conséquent

c’est l’printemps

y a des voix d’or dans un seul cri
c’est la Sixtin’ qui sort la nuit…

y a la natur’ qui s’tape un bol
à la santé du rossignol

c’est l’printemps

y a l’beaujolais qui la ramène
et Mimi qui s’prend pour Carmen

c’est l’printemps

y a l’îl’ Saint-Louis qui rentre en Seine
et puis Paris qui s’y promène

c’est l’printemps

y a l’été qui s’point’ dans la rue
et des ballots qui n’ont pas vu

Qu’c’était l’printemps…

 

Ils ont voté ……mais….pas moi..


La liste du Front national menée par Florian Philippot (35 à 40%) est en tête au premier tour des élections régionales 2015 en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne (ma région d’origine  = la 1ère fois ! ), ce dimanche 6 décembre. Elle devance les listes Les Républicains-UDI-MoDem menée par Philippe Richert (23 à 26 %) et du Parti socialiste mené par Jean-Pierre Masseret (16 à 17 %). Ces trois listes s’affronteront donc au second tour dans le cadre d’une triangulaire, le 13 décembre prochain. 

l’amitié…….


Le poème :

Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte
Ce sont amis que vent me porte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta

Avec le temps qu’arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n’aille à terre
Avec pauvreté qui m’atterre
Qui de partout me fait la guerre
Au temps d’hiver
Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En quelle manière

Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte
Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m’était à venir
M’est advenu

Pauvre sens et pauvre mémoire
M’a Dieu donné, le roi de gloire
Et pauvre rente
Et droit au cul quand bise vente
Le vent me vient, le vent m’évente
L’amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta

  Rutebeuf (1230-1285)
Adaptation en Français moderne