Mettre à pied ?


D’où vient cette expression ? Qui , comme chacun sait signifie  » suspendre quelqu’un de son emploi pour un temps déterminé  »

A Rome le  »Censeur  » privait de l’usage de son cheval le chevalier qui, par sa conduite, avait dérogé à son rang : il était mis à pied.

Cet usage fut observé au Moyen Âge en y ajoutant des formalités très sévères : Non seulement le chevalier coupable était privé de son cheval et dépouillé de ses insignes, mais l’usage de la voiture ( carrosse ? )lui était même interdit ; il ne devait plus marcher qu’à pied.  »L’opération  » de la mise à pied était faite publiquement par les évêques dans les églises. On en chassait le chevalier avec des paroles de malédiction et l’on récitait sur lui l’Office des morts !!!!

Plus récemment,  »Mettre à pied  » s’appliqua aux agents, aux ouvriers faisant mal leur travail , service ; et surtout aux cochers( quand il y en avait encore ) manquant de politesse au public et aux règlements . Cette punition qui n’est que temporaire est parfois suivie du renvoi ,de la révocation.

Bientôt….


Le solitaire , ( encore plus solitaire ces derniers temps ) , que je suis atteindra ses…..66 balais . Employé dans le sens courant ,çà signifie avoir un an de plus ….Cela, tout le monde le sait , mais d’où vient cette expression ? Quel rapport entre un balai et l’année anniversaire ?

  Ce choix  » ménager  » pour évoquer son âge a toujours une origine reste bien floue, il y a beaucoup d’hypothèses : (humoristique, historique, philosophique, étymologique,…) et beaucoup de personnes se sont penchées sur la question!

1 ) l’explication  » terre-à-terre  »: dans l’ancien temps, la coutume était d’utiliser un balai par an. Donc lorsque l’on fêtait son anniversaire, cela correspondait à un balai supplémentaire.

2 ) Une expression imagée qui dit que plus on vieillit, plus on a acheté de balais au cours de sa vie.

3 )  Une explication humoristique: … c’est à force de dire: j’ai X ans et des poussières! L’expression « et des poussières » serait apparue vers 1938 dans le langage courant. Il serait donc possible, bien , qu’ utilisant une bonne dose d’esprit etbalais.jpg  d’humour, que l’expression « balais » pour signifier « ans » soit apparue en réaction à celle-ci,( elle est dans le dictionnaire depuis 1976 ). Il faut avouer que le parallèle entre les expressions « j’ai 29 ans et des poussières » et « j’ai 30 balais » est intéressant!( Perso , c’est celle qui me semble la plus plausible )

4 ) l’explication métaphorique: les voitures-balais, à l’origine, servait lors des courses cyclistes à récupérer les derniers coureurs en difficulté. Aujourd’hui ce terme s’utilise pour désigner les véhicules qui suivent les grandes manifestations pour nettoyer ou bien la dernière voiture d’un cortège de mariés. Il pourrait donc s’agir d’une  »Métaphore probable sur la voiture-balai, qui “ramasse” les années ? »

5 ) Enfin , l’explication étymologique: le mot balai (= »année d’âge ») serait tiré du mot gitan « babel » qui signifie « en arrière, en dernier, plus tard » .

Voilà , à chacun de choisir . ( enfin non, personne ne lis jamais donc presque personne ne choisira ) ,

« Avaler des couleuvres  »


Je ne sais pas si cette expression est employée dans toutes les régions , mais ici et  » là d’où je viens  » elle est couramment utilisée …. Dans le sens … » croire tout ce qu’on nous dit  » ou  »Subir un affront sans pouvoir s’y opposer  ». Je me suis demandé d’où venait cette expression :

1) Une ancienne signification du mot  » couleuvre  » désignerait un sous-entendu perfide ou odieux, auquel on ne peut répondre ou se justifier, sous peine de s’enfoncer davantage, et que l’on doit encaisser sans broncher. Ou pour ainsi dire  » gober  » n’importe quoi pour ne pas se fâcher.

2) Me parait plus … »plausible  » : A l’époque où les anguilles des rivières étaient des mets de choix , certains cuisiniers trompaient leurs hôtes , clients en remplaçant ces anguilles par les couleuvres qui pullulaient dans les campagnes et, une fois découpées en tronçons et préparées en sauce … leur ressemblaient . C’est comme çà que les  » gourmets  » se faisaient abuser en avalant des couleuvres

à la place des anguilles

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qu’ils croyaient déguster …

 » Aller où le roi ….


…… va seul et à pied  » ? Voilà encore une expression dont je ne connaissais pas le sens avant….d’aller chez mon médecin tout à l’heure ( docteur qui est une femme )……..

Bien sur , comme à chaque visite , elle m’a fait un bref examen , pris le tension artérielle etc….avant de me poser la question :  » Et pour aller là où le roi va seul à pied , pas de problème ?  » . Comme elle voyait que je ne comprenais pas la question , elle m’ expliqua rapidement la signification de l’expression ( avec un léger sourire ) : Tout simplement çà signifie  » aller aux toilettes  » ( évidemment , j’ai cherché et , j’ai trouvé plusieurs explications :   »Aller où le roi va seul  » ou  » Aller où le roi va à pied  » ) , finalement les deux se valent :

Pour  »aller à pied  », le sens est plutôt clair :

En effet, comme chacun sait, un des privilèges royaux consistait à avoir le droit d’entrer partout à cheval, même dans les églises.
Cependant, il semble très évident que le roi , tout monarque qu’il soit nanti de ses privilèges, n’allait pas  » à la selle en selle  » lol ni même en chaise à porteurs.

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même percée re lol

Voilà pour la question des pieds…..
Pour ce qui est de la solitude … c’est moins évident. En effet , tout le monde sait que la vie du roi était publique , très publique ….
Roi, ce n’était pas un métier intime : le lever, le coucher, la toilette, les repas, la nuit de noces…. TOUT (enfin presque) se faisait sous  » surveillance  » . Et même le  » pipi / caca  » se faisait souvent accompagné ! On peut même souligner qu’avoir l’honneur de partager ce  » petit moment de détente  » très personnel était un grand privilège , montrait qu’on était bien vu par le roi . !

On peut donc se demander pourquoi cette référence à une soi-disant solitude ? (Là , je n’ai pas pu résister au jeu de mot ….) : Parce qu’il existait bien un endroit où seul le roi peut aller : Sur le trône !!

pfff me suis bien amusé …..






 » Rire jaune  » …….


   » rire jaune  »  =  Rire de manière forcée, en dissimulant mal un mécontentement, un dépit, une gêne

   On connaît la signification de cette expression proverbiale, pour peu qu’on ait observé son visage, sous l’impression de quelque trouble de l’esprit qu’on aura voulu dissimuler agréablement.

   En effet, rire jaune se dit d’un homme qui s’efforce de rire, quand il a quelque motif d’être vexé, de s’indigner, de se mettre en colère, mais qui par prudence, par peur ou par bienséance, concentre sa bile, et feint une gaieté qu’il ne ressent pas.   La bile lui monte alors à la figure, et selon qu’il est plus ou moins affecté, lui donne cette teinte jaune qui fait un si plaisant contraste avec la dilatation musculaire occasionnée par le rire.

    Tels même, qui au fond de l’âme sont ulcérés, ne se refusent pas en pareil cas la plaisanterie, et il n’est pas rare qu’ils s’en fassent eux-mêmes l’objet. Mais il faut pour cela beaucoup d’esprit, un grand usage du monde, et une certaine dose d’effronterie. Celle-ci toutefois n’est pas indispensable. Cicéron était loin d’être un effronté, mais il était extrêmement spirituel, et avait cette expérience des hommes qui s’acquiert au maniement des grandes affaires et au spectacle des révolutions. Combien de fois, dans le cours de sa vie si pleine et si agitée, n’eut-il pas à dissimuler les souffrances de son orgueil et de son patriotisme ?

    Aussi, non-seulement lui est-il arrivé plus d’une fois de rire jaune, mais encore il nous a transmis l’expression par laquelle il rendait l’état de son esprit dans ces circonstances critiques. Cette expression, qui semble avoir été proverbiale à Rome, comme elle est chez nous, est  » ridere in stomacho  ».

   Racontant à Célius les motifs de son indignation, à l’aspect de la ruine de la constitution romaine, il parle des hommes qui sont à l’affût des faveurs, de César, et citant entre autres Curtius qui comptait sur le manteau de double pourpre, c’est-à-dire le manteau  » augural  », il dit :  » Mais le teinturier (entendant César) le fait attendre ;  » . Et il ajoute : Hoc adspersi, ut scires me in stomacho solere ridere.

   Nos anciens avaient a priori quelque connaissance de cette formule, quoiqu’ils ne paraissent pas l’avoir exprimée comme on l’exprime aujourd’hui. Mais chez eux, la couleur jaune était mal notée, et l’emblème du mensonge. Guillaume de Machault, dans le Remède de la Fortune :

Le noir se monstre en la coulour
Signifiance de dolour ;
Blanc, joie ; vers, nouvelleté ;
Et le jaune, c’est fausseté.

   Le rouge trahit les impressions que le jaune dissimule. C’est lui qui dépose contre les femmes, les enfants, et contre ceux particulièrement qui, au milieu de leurs erreurs et de leurs fautes, gardent un fond d’honnêteté et de pudeur. Mais tout le monde ne sait pas la cause de cet attribut compromettant. Les médecins du corps l’expliquent à leur façon : voici un grand et éloquent médecin des âmes qui l’explique à la sienne.

    Grégoire de Nazianze, prêchant un jour contre la coquetterie des femmes, leur reprochait avec véhémence de se teindre la figure, afin d’en rehausser l’éclat, et de s’attirer les compliments des hommes. De là, selon lui, à l’adultère la distance était courte.

 » Écoutez, dit-il, un apologue ; il se rapporte au désordre que je signale et qui fait votre honte. Si grande était jadis la confusion parmi les hommes, que les meilleurs n’y étaient aucunement distingués des plus mauvais. Un très grand nombre d’honnêtes gens passaient pour injustes et pour criminels, tandis que quantité de sots et de pervers étaient hautement estimés. La gloire était aux plus infimes, aux plus abjects, le mépris aux plus excellents……..

  » Mais Dieu s’apercevant enfin que la condition des méchants sur la terre était la meilleure, en fut indigné, et dit : Il n’est pas juste que le partage soit égal entre les bons et les mauvais, c’est pourquoi je leur mettrai un signe qui les fera distinguer les uns des autres, sans qu’il soit possible de s’y tromper. Ayant ainsi parlé, il ordonna que le sang paraîtrait à travers la peau sur le visage des bons, toutes les fois qu’ils seraient sur le point de commettre quelque acte honteux. Il voulut que le rouge, effet de ce sang injecté, se montrât plus éclatant chez les femmes, parce qu’elles ont le cœur plus sensible et la peau plus transparente. Mais il condensa le sang chez les méchants et le tint immobile à l’intérieur ; d’où il advint qu’ils n’ont honte de rien et ne rougissent jamais.  »

marin-francis08@outlook.com 

( Quand commentaires bloqués )

 » Qu’allait il faire dans cette galère  »…


Comme chacun sait , l’expression est employée pour désigner un homme qui s’est embarqué dans une mauvaise affaire
   Cette expression devrait son origine à une scène des Fourberies de Scapin, où le vieux Géronte, apprenant que son fils Léandre est retenu dans une galère turque, d’où il ne peut sortir qu’en donnant cinq cents écus qu’il le prie de lui envoyer, s’écrie jusqu’à six fois :  » Que diable allait-il faire dans cette galère  » ?

Scapin ( scapin )
Cette scène, que tout le monde connaît, est imitée d’une scène du Pédant joué, où le principal personnage, placé dans la même situation que Géronte, et obligé de compter cent pistoles pour le rachat de son fils, dit aussi à plusieurs reprises :  » Que diable aller faire dans la galère d’un Turc ? »  Mais l’imitation est bien supérieure à l’original, et si l’esprit de Cyrano de Bergerac a trouvé le refrain auquel reviennent toujours les deux avares, c’est le génie de Molière qui l’a rendu comique, et en a fait un proverbe qu’on n’oubliera probablement  jamais.

Et moi ! Dans quelle galère je me suis  » fourré  » en mettant ces billets tous plus nuls les uns que les autres !

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 » Tenir le haut du pavé  » ?


Comme chacun sait , c’est :

Avoir l’avantage de l’emporter sur une autre personne par ses talents, ses richesses ou sa position…..

Mais d’où vient cette expression ?
Autrefois les rues n’étaient pas comme elles le sont aujourd’hui : elles présentaient deux parties en pente aboutissant à un ruisseau placé au milieu. La partie du pavé qui était du côté des murailles s’appelait le haut du pavé et celle qui côtoyait le ruisseau le bas du pavé. Illustration : Rue-Pavee
   L’étiquette voulait alors que, lorsque deux personnes parcouraient la même rue, dans un sens identique ou dans un sens contraire, la plus élevée en titres prenne  le haut du pavé et l’autre le bas du pavé,   A. de Courtain (1679) l’explique  dans son traité de la civilité française  :
 » Que si nous sommes obligez d’aller dans les rues à costé de ces personnes qualifiées, il faut leur laisser le haut du pavé et observer de ne pas se tenir coste à coste (côte à côte), mais un peu sur le derrière, si ce n’est quand elles nous parlent et qu’il faut répondre et alors il faut avoir la teste (tête) nue.  »

   » Surquoy (sur quoi) il est bon d’engager ceux qui ont droit de souffrir qu’on leur cède toujours le haut du pavé, d’avoir un peu de considération pour ceux qui leur rendent cet honneur. Que si on rencontre dans les rues teste à teste une personne de qualité, il faut prendre le bas du pavé où est le ruisseau.  »
   Le droit de prendre le haut du pavé constituait un privilège et un privilège est un avantage. L’étiquette de la cour de France date du règne de François Ier. L’expression, créée pour répondre à l’honneur adjugé par l’étiquette, doit donc dater des environs de  l’année 1515.

Le sourire ….


pour finir : 

Un diner est organisé pour tout le personnel d’une entreprise . Les familles sont également conviées . Mr Legendre et sa femme discutent avec le directeur …Julie , leur petite fille , s’approche et prend les mains du patron . Très étonné , il lui demande :  » Mais que fais – tu ma petite Julie ? Pourquoi veux tu toucher mes mains ? 

 » Et bien c’est pour voir si mon papa dit la vérité : Le soir , quand papa rentre , il n’arrête pas de répéter à maman :  » si tu savais , à quel point le grand patron a un sacré poil dans la main !  » 

( Bonjour l’angoisse pour l’employé le lendemain  ! )

 » Donner le change  »


Comme chacun le sait , cette expression signifie à peu près :

 »  Détourner adroitement quelqu’un du but, des vues qu’il peut avoir; faire croire une chose pour une autre.  »

Par exemple :

   1) Sir Walter-Scott avait honte de son métier. Il a passé une partie de son existence à donner le change sur la nature de ses occupations. C’était le secret de la comédie ; mais tout le monde se fit le complice volontaire de cette innocente mystification.  (Charles-Edmond Chojecki, Voyage dans les Mers du Nord à bord de la corvette La Reine Hortense )
  2 ) Du coup, le Gouvernement en est réduit à imaginer un dispositif extraordinairement complexe pour donner le change.

Mais d’où vient cette expresion ? 

  Elle  n’est pas issue de  l’univers des banquiers, comme on pourrait le penser ( les  » lettres de changes  »  lettre de changepar exemple ) , mais elle est née  dans celui de la chasse à courre  : Dans le vocabulaire technique des chasseurs de cerf, le   »change  »  est la  » bête changée  » , c’est-à-dire l’animal que l’on poursuit par erreur à travers les bois en le prenant pour un autre.
Donner une fausse impression
   Le cerf traqué qui réussissait à faire poursuivre une autre bête  » donnait le change  » et lançait ainsi les chasseurs sur une fausse piste.( pas si bête que çà le cerf  ! ) 

   C’est au cours du  XVIIe siècle que cette expression serait  entrée dans le vocabulaire commun avec un sens figuré.

Le jeu n’en vaut pas la chandelle ?


  1) Signification  : 

    Bien des choses ne méritent pas la peine que l’on se donne pour les acquérir
Ce proverbe fait allusion à cet usage de mettre dans les jeux de société une partie du gain sous le chandelier pour payer l’éclairage qui consistait autrefois en chandelles.

    2 ) Origines :

  Cela se pratiquait encore au XIXe siècle dans certaines maisons bourgeoises où l’on n’était pas assez riche pour supporter la dépense du luminaire et des autres accessoires qu’entraîne toute réception.
     Lorsque ce qui se trouvait sous le chandelier était inférieur aux avances pécuniaires, on pouvait dire à une époque où l’on ne connaissait pas encore la bougie que le jeu n’en valait pas la chandelle.
   Au figuré, cette phrase a été employée avant au XVIIe siècle et l’est encore pour signifier que la chose dont on parle ne mérite pas les soins qu’on prend, ni les dépenses qu’elle occasionne.

     P.S : Il y a un autre dicton populaire exprimant encore plus fortement la même pensée :
  Par exemple on dit des gens qui passent leur vie à des entreprises sans intérêt et sans résultat possible qu’ils dépensent une chandelle d’un sou pour gagner deux centimes, petite somme qui ne compense pas toujours les frais.