Euthanasie un droit ?


France : le Comité d'éthique opposé à l’assistance au suicide et à l’euthanasie
© AFP

Le Comité consultatif national d’éthique, saisi par François Hollande sur la question de la fin de vie, a rendu son avis lundi. Les membres du comité n’ont pas autorisé le suicide assisté ni l’euthanasie et préconisent un débat public.

 

Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu lundi 1er juillet un avis prudent concernant la question de la fin de vie. Saisi par François Hollande en décembre dernier, le CCNE recommande de ne pas légaliser l’assistance au suicide, ni l’euthanasie. La commission d’experts préfère que la réflexion se poursuive « sous la forme d’un débat public ».

« Le Comité national d’éthique a souhaité avoir un débat national, c’est également ma démarche« , a déclaré le chef de l’État lundi, en marge d’une visite au centre hospitalier de Lorient. « Au terme de ce débat, il y aura, sans doute à la fin de l’année, un projet de loi qui sortira, fort de ce qui aura été dit et précisé à l’occasion de cette réflexion », a-t-il poursuivi. Le projet de loi a pour but d’ « améliorer » la loi Leonetti « qui est déjà un premier pas dans la direction qui est celle de la dignité humaine », a-t-il ajouté.

Des divisions au sein du CCNE

Les membres du CCNE ont montré des divisions, notamment sur la différence qui existe entre « laisser mourir » et « faire mourir », tant la frontière est tenue et le sujet sensible. Huit experts sur les quarante membres que compte le comité se sont notamment interrogés sur les critères qui pourraient autoriser certaines demandes d’aide à mettre un terme à sa vie.

Le président du CCNE a en outre précisé que les positions des huit experts en désaccord avec la majorité faisaient partie intégrante de l’avis rendu.

Et des propositions unanimes

Le Comité a également émis une série de propositions, adoptées cette fois à l’unanimité, visant à améliorer la prise en charge des malades en fin de vie. Il préconise ainsi que les « directives anticipées » émises par un patient atteint d’une maladie grave, rédigées en présence d’un médecin traitant, deviennent « contraignantes pour les soignants sauf exception dûment justifiée par écrit ». Aujourd’hui, elles ne sont considérées que comme l’expression de souhaits, les décisions étant prises par les médecins.

Les membres du Comité recommandent également que soit respecté le droit d’une personne en fin de vie à être endormie, – « sédation profonde »-, jusqu’au décès quand les traitements, voire l’alimentation et l’hydratation ont été arrêtés, à sa demande.

Enfin le comité préconise le développement de soins palliatifs « à domicile », pour les rendre accessibles à tous, comme le stipule la loi « depuis quatorze ans ». La personne malade et ses proches doivent être « associés pleinement » à toutes les décisions concernant sa fin de vie. Ces décisions ne doivent plus être discutées seulement entre médecins. Les membres s’accordent pour dire qu’il faudrait renforcer la formation des soignants et leur capacité d’écoute et de dialogue.

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Liberté pour la femme


La vidéo est longue,je sais….

 

 

 

 

 

Le procès de Bobigny a eu lieu en Octobre et Novembre 1972, il a contribué à l’évolution vers la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse. Durant celui-ci cinq femmes ont été jugées : une jeune fille, Marie-Claire C qui avait avorté après un viol et quatre majeurs, dont sa mère, pour complicité à la pratique de l’avortement. Les cinq accusées étaient défendues par Gisèle Halimi, une grande militante féministe et politique d’origine tunisienne. Elle écrivit beaucoup d’ouvrages, pour la défense des droits de la femme, notamment la cause des femmes en 1973, ainsi qu’une grande œuvre en collaboration avec Simone de Beauvoir intitulée Djamila Boupacha  publié en 1962.

 

 

 

Marie Claire tombe enceinte à 16 ans après avoir été violée par un garçon de son lycée. Elle demande à sa mère de l’aider et son  gynécologue ne refuse pas de la faire avorter contrairement à la loi. Le prix étant trop élevé sa mère demande à deux collègues qui connaissaient une femme qui s’était déjà faite avorter. Celle-ci tente de  poser une sonde à Marie-Claire mais au bout de trois tentatives, la jeune fille fait une hémorragie et sa mère est obligée de payer les soins avec des chèques sans provision.

Alors que Marie-Claire n’avait pas porté plainte contre son violeur celui-ci a été arrêté pour vol de voiture, durant l’interrogatoire il dénonçe l’avortement de Marie-Claire afin que la police le libère. Les policiers se rendent au domicile de Marie-Claire et la menace de prison si elle et sa mère n’avouent pas l’avortement!, elles disent donc la vérité. Elles et leurs collègues sont inculpées. La mère prend contact avec Gisèle Halimi avocate qui a plaidé la cause d’une militante étrangère violée et torturée par des soldats français. Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir, présidente de l’association féministe Choisir, ainsi que les cinq inculpées décident de mener un procès politique de l’avortement : elles dénonceront la loi de 1920 qui réprime l’avortement, et parleront du fait que les Françaises vont en Grande-Bretagne ou en Suisse pour avorter ; et les plus pauvres doivent le faire clandestinement en France et dans des conditions sanitaires déplorables.

 

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La jeune fille passe devant le tribunal pour mineurs à huis-clos.  Le Mouvement de Libération Féminine et l’association Choisir ont organisé une manifestation qui a eu un grand écho, c’est ainsi que  les médias ont commencé à parler de l’histoire de Marie-Claire. Pendant le procès le procureur doute du viol car la jeune fille n’est pas allée à la police et on tente de lui faire dire que c’est sa mère qui l’a forcée à avorter mais elle dément et dit qu’elle ne sentait pas capable d’avoir un enfant et de s’en occuper.

La suite du procès est rendue publique et l’avocate compte sur l’opinion du public pour défendre sa cliente et pour dénoncer la loi contre l’avortement. L’audience a  lieu le 8 novembre 1972 et de nombreuse célébrités y assistent : des comédiens, des prix Nobel, des biologistes, des scientifiques, des hommes politiques, des personnes engagées.

Marie-Claire C est condamnée à une amende, elle fait appel mais le ministère public a laissé passer un délai de trois mois donc il y a eu prescription et sa mère n’a pas été condamnée. Les deux amies de la mère ne sont pas non plus condamnées car elles n’ont pas eu de rapport direct avec la jeune fille. Mais la  » faiseuse d’anges «  est condamnée à un an de prison pour cette pratique.(N.B: « faiseuse d’anges = femme qui pratique des avortements  clandestins

Ce procès a eu un énorme impact et a conduit à la loi  Veil de 1975.