La Saint-Jean….



 

La Saint-Jean, du culte du soleil aux feux de joie

Chaque année, dans la nuit du 23 au 24 juin, partout en France, en Europe et jusqu’au Canada, de grands feux de joie s’allument dans les villes et villages et la même ambiance joyeuse et populaire enflamme le cœur des habitants :c’est la fameuse fête de la Saint-Jean ! 

Une tradition aux manifestations multiples depuis le fond des âges, qui a su perdurer au fil des méandres de l’Histoire. 

 Jules Breton, La Fête de la Saint-Jean, 1875, musée des Beaux-Arts de Philadelphie

De lointaines origines :

Feu de la saint Jean ( image )

Feux du solstice à Mäntsälä en Finlande

Depuis la nuit des temps, les civilisations de l’hémisphère nord fêtent le solstice d’été aux alentours du 21 juin : jour le plus long de l’année. Pour les peuples, cette date est l’occasion de rendre un culte au soleil, que de nombreuses cultures représentent comme un dieu.

Jusqu’au Moyen Âge, il est coutume d’allumer dans la nuit de grands feux à la croisée des chemins, afin de chasser les sorcières qui errent dans la pénombre et de protéger les récoltes des orages et des tempêtes

Le culte de Saint Jean-Baptiste

Saint Jean-Baptiste baptisant Jésus, par Goya, 1780

Comme pour de nombreuses fêtes antiques, l’Église catholique intervient au début du Moyen Âge : voyant dans ces feux solsticiaux des rites païens répréhensibles, elle tente, avec le concours des empereurs romains d’Orient et d’Occident, d’y mettre un terme.

Pour transformer la fête en célébration religieuse, l’Église met l’accent sur le jour de la Saint-Jean-Baptiste, un saint fondateur de la religion chrétienne, que l’on vénère le 24 juin. Messes, jours de jeûnes, solennités et octaves sont proclamés, mais rien n’y fait, les traditions ont la vie dure, et aux quatre coins de l’ancien Empire, on continue à allumer de grands brasiers. 

L’Église décide alors de christianiser complètement ce rite, fermant les yeux sur les feux de joie et autorise la liesse populaire en l’honneur de Saint Jean-Baptiste. 

Une fête très populaire :

Le Bal à Bougival, par Pierre-Auguste Renoir

Bals du village, valse des amoureux, jeunes gens qui sautent par-dessus les feux, sont autant d’images d’Épinal que l’on garde de la Saint-Jean.

En effet, si les traditions diffèrent, on retrouve en France des éléments communs:

La fête commence souvent par une grand-messe célébrée par le curé de la paroisse pour la Saint-Jean-Baptiste. Dans de nombreuses régions, une veillée s’ensuit, où un immense feu de joie est allumé sur un bûcher soigneusement construit au préalable. 

La Saint-Jean est aussi une fête qui célèbre la jeunesse, aussi élit-on souvent un roi et une reine de la Jeunesse parmi les jeunes gens et les jeunes filles du village. La coutume veut, une fois que le brasier s’est affaissé, que les amoureux sautent ensemble par-dessus en guise de porte-bonheur. La soirée se finit dans la joie générale avec un bal, parfois costumé. 

Les impressionnantes Saint-Jean bretonnes :

Les feux de la Saint-Jean, ( peut-être à Plougastel ), par Charles Cottet, 1901

En Bretagne , la Saint-Jean prend parfois un aspect des plus impressionnants, car plus qu’ailleurs en France, le culte du soleil reste présent. À Brest, à Saint-Jean-du-Doigt, ou encore sur l’île d’Ouessant, les brasiers sont préparés avec le plus grand soin par les jeunes gens, et sont allumés par le curé du village.

C’est sans doute sur l ‘ île de Sein  que se déroule la forme la plus spectaculaire de la Saint-Jean. On y entoure le bûcher d’un cercle de neuf pierres, appelé le Klec’h an tan, “cercle du feu” en breton. Les jeunes gens soulèvent alors les jeunes filles et les balancent par-dessus le bûcher avant de courir à travers la campagne avec leurs torches enflammées. 

Traditions pyrénéennes et catalanes :

Le brandon de la Saint-Jean à Luchon en 2015

Dans les régions frontalières de l’Espagne, où la culture catalane est encore très présente, la Saint-Jean est une fête très importante. Elle se prépare environ une semaine à l’avance, lorsque les villageois montent avec des sarments et des fagots, au sommet du Pic du Canigou, montagne emblématique des Pyrénées.
Avec ce bois, on allume un feu à la veille de la Saint-Jean, et un montagnard par village enflamme une torche et la redescend jusque dans la vallée pour allumer
 le brasier communal. 

Dans le pays de Comminges , (qui recouvre l’Ariège et la Haute-Garonne ), on a une manière particulière de préparer le bûcher, que l’on appelle brandon  . Celui-ci est fait à partir d’un tronc de conifère fendu dans lequel on insère des morceaux de bois avant d’y mettre le feu.
Cette tradition est depuis 2015 inscrite au  Patrimoine culturel immatériel de l’humanité

C’était il y a environ 228 ans !


 

1791, les juifs de France deviennent citoyens français :

 

   Le 27 septembre 1791,  Adrien Duport (Le magistrat français Duport Duport (1759-1798) était un important monarchiste constitutionnel au début de la Révolution française de 1789 )   monte à la tribune de l’Assemblée Nationale.  Ça n’est pas du tout prévu mais ce qu’il a à dire lui tient à cœur et il improvise.

   Il veut obtenir la citoyenneté Française pour ses compatriotes juifs et il considère que l’Assemblée Nationale a assez traîné sur la question. Jusqu’à ce jour, la situation est pour eux bien différente selon les époques et les endroits de France.

       Au Moyen Âge : On interdit aux juifs d’exercer des fonctions civiles, on les oblige à porter la rouelle où le chapeau pointu.  On les oblige aussi à vivre dans des endroits dédiés en ville, ( dont on retrouve d’ailleurs trace dans nos  » rue des juifs  » ou  » rue aux juifs  »  ) dans certaines villes de France.

    Le mot  » ghetto »  désigne ce quartier à Venise, il sera élargi à d’autres villes et deviendra tristement célèbre.  L’ Église interdit également  aux juifs d’épouser des chrétiens, de posséder des terres dites chrétiennes, et donc d’être paysans. On leur interdit aussi le travail manuel dans certaines régions. Pour vivre ils sont obligés de se tourner vers les métiers intellectuels comme la médecine ou la banque.      

   Régulièrement chassés, persécutés, il  faudra qu’ils attendent le XVIIIe siècle pour voir leur condition s’améliorer. En 1781, en Autriche, Joseph II, empereur, leur accorde la liberté de culte en même temps que les protestants. En France, Louis XVI signe lui aussi un  » édit de Tolérance  » en 1787.

   Deux ans après le début de la Révolution Française, Adrien Duport décide que la question doit être réglée une fois pour toutes.  » Je crois que la liberté de culte ne permet aucune distinction dans les droits politiques des citoyens en raison de leur croyance  » et il ajoute  »  Les Turcs, les Musulmans, les hommes de toutes les sectes, sont admis à jouir en France des droits politiques. Je demande qu’en conséquence il soit décrété que les Juifs jouiront en France des droits de citoyen actif  » . Dans la foulée, La loi est votée.

   Depuis cette date, 1791,( si l’on excepte l’odieuse parenthèse du régime de Vichy ) , il y a des Français. Juifs ou non, comme il y a aussi des Français croyants ou non, blancs ou noirs mais tous libres et égaux en droits