Il y a 181 ans , la guerre …


…..de la pâtisserie !
      Le 4 septembre 1838, le saccage à Mexico d’une pâtisserie tenue par un Français entraîne une guerre entre la France de Louis-Philippe et le tout jeune Mexique.
Cette  » guerre de la pâtisserie  » se soldera par la destruction du port de Veracruz.!?  À cette occasion , le prince de Joinville, François d’Orléans, et le général Antonio López de Santa Anna seront  » en scène  »

La France, alliée fidèle de l’Espagne
    Au XVIIIe siècle, l’Espagne cherche à garder le monopole du commerce avec sa colonie mexicaine. Cependant , la France comme l’Angleterre se livrent à d’importantes activités de contrebande.  Un traité ouvre le commerce avec les colonies d’Amérique latine aux pays neutres en 1797, c’est-à-dire qui ne sont pas alliés à l’Angleterre, ennemie de l’Espagne.
   En 1821, le Mexique accède à l’indépendance, après 11 années de lutte. Dès 1822, les États-Unis reconnaissent le nouvel État, suivis en 1826 par l’Angleterre. La France, liée par le sang aux Bourbons d’Espagne, soutient au contraire la volonté de l’Espagne de récupérer ses anciennes colonies.
   À la fin des années 1830, le problème de la reconnaissance du Mexique, dont dépend l’autorisation de commercer avec lui, n’est toujours pas réglé. Pendant ce temps, Allemands et Anglais investissent dans les mines mexicaines d’or et d’argent.
  » La pâtisserie de la discorde  »
     Lors de ses 20 premières années d’existence, le Mexique connaît une instabilité politique chronique, le gouvernement changeant sans cesse de mains. Le 4 septembre 1838, une pâtisserie tenue par un Français à Mexico est saccagée par la foule, au cours d’affrontements suivant une élection contestée. Le pâtissier écrit au roi des Français Louis-Philippe 1er pour lui expliquer ses malheurs et demander réparation.
   Au cours de cette période où les revendications du peuple mexicain s’expriment souvent en marge du système politique, d’autres Français voient disparaître leurs biens et font part de leurs doléances à leur souverain. La France réagit en demandant 600 000 pesos de dédommagements pour les pertes de ses ressortissants, mais l’État mexicain refuse de lui verser toute compensation. ( Il est déjà très endetté auprès de la France) , qui craint qu’il ne règle jamais ses dettes.
   La France utilise alors l’argument de la défense de ses ressortissants, pâtissiers ou non, pour intervenir militairement et, par la même occasion, obliger le  » pauvre  » Mexique à s’ouvrir au commerce avec elle. C’est une illustration inattendue de la  » politique de la canonnière  » pratiquée par ailleurs contre les Chinois et autres Orientaux. (  » politique de la canonnière  » =  diplomatie offensive  à rapprocher de la Doctrine du Big Stick (doctrine du gros bâton en français), qui sous l’administration de Theodore Roosevelt, visait à protéger les intérêts américains à l’étranger par la menace de l’usage de la force ) .
L’interdiction du recours à la force dans le règlement des différends internationaux, par le droit international, abolit en quelque sorte la diplomatie de la canonnière

   L’escadre française est commandée par le contre-amiral Charles Baudin, vétéran de la marine du Premier Empire. À ses côtés se tient le prince de Joinville, François d’Orléans, fils du roi Louis-Philippe.
    Au cours de l’automne 1838, les Français mettent sur pied un blocus de l’important port de Veracruz et bombardent la la forteresse de San Juan d’Uloa, considérée comme imprenable. Ils utilisent pour la première fois l’obus explosif (177 obus tirés) et obtiennent la reddition du fort le 27 novembre 1838. C’est le  » seul exemple  »  d’une place régulièrement fortifiée réduite par une force purement navale  ».dira Wellington
   Le Mexique déclare la guerre mais ne fait pas le poids face aux troupes françaises.
   Antonio López de Santa Anna, une des grandes figures de l’indépendance mexicaine, ancien président du Mexique, s’illustre toutefois dans la défense de la ville, dans laquelle il perd une jambe. Cet épisode héroïque lui permet de regagner le prestige qu’il avait perdu en 1836 au Texas, devant Fort Alamo, et de revenir au premier plan de la scène politique de son pays.
  Contraint de reconnaître la victoire de la France, le Mexique accepte de payer les 600 000 pesos exigés. La marine française regagne ses côtes en mars 1839.
Un commerce très lucratif pour la France !
  Cette courte guerre contre la France coûte très cher au Mexique, qui doit reconstruire Veracruz, le plus importants de ses ports, et ne touche plus pendant plusieurs mois les revenus de douanes qu’il générait.
   L’ouverture du Mexique à ses importations est au contraire une bonne affaire pour la France, à une époque où l’Amérique latine devient un partenaire commercial très important pour l’Europe. La France exporte surtout du tissu vers le Mexique, ainsi que divers produits de luxe, le Mexique lui , exporte des métaux précieux, or et argent, et des matières premières agricoles ( tabac, café, cacao et cochenille ). La balance commerciale est très favorable à la France.
  Les griefs du Mexicain Bustamente concernant l’attitude de l’Angleterre à l’égard du Mexique au cours des années suivant l’indépendance pourraient aussi bien viser la France :  » Elle veut que nous soyons de simples colons, consommateurs de ses produits, et encore plus esclaves que nous le fûmes des Espagnols  ».
    Quelques années plus tard, entre 1861 et 1867, à l’initiative de Napoléon III, la France interviendra à nouveau au Mexique, là aussi sous le prétexte de dettes impayées. Elle tentera de transformer le pays en un empire avec sur le trône Maximilien de Habsbourg.

P.S : Tout çà pour une pâtisseriepatisserie saccagée par des gens qui avaient peut être faim ? 

C’était il y a environ 183 ans !


   Premier « piratage » d’un réseau de communication : l’affaire du réseau télégraphique détourné :

 

    En 1836 est découvert  un détournement du réseau de télégraphe aérien de l’État :    Considérés comme les tout premiers « hackers » du monde, les frères jumeaux Louis et François Blanc, hommes d’affaires bordelais, misent sur des valeurs de la Bourse de Bordeaux tout en   connaissant avant les autres les variations des cours de la Bourse de Paris grâce à la complicité de fonctionnaires du service télégraphique, réalisant ainsi de substantiels bénéfices durant deux ans !
   L’importance du télégraphe aérien, inventé en 1794 par Claude Chappe Chape, était trop connue pour qu’on n’en étende pas l’usage. Les frères de son inventeur lui succédèrent. L’Empire, la Restauration, le gouvernement de Juillet augmentèrent les lignes, les poussèrent jusqu’à nos frontières et firent un réseau qui nous mettait en communication avec les pays voisins. Le siège de l’administration était toujours situé rue de l’Université, dans un hôtel d’un accès facile et qui aurait pu faicliment  être  » enlevé d’un coup de main  ».
   C’était là une vive préoccupation pour le gouvernement. Sous les Bourbons et sous Louis-Philippe les émeutes n’étaient pas rares à Paris ; pratiquement tout y servait de prétexte : Les revues, les enterrements, les changements de ministère, les discussions des chambres ; le pays vivait et affirmait sa vie d’une façon parfois trop bruyante.

   Dès que l’on avait  » cassé  » quelques réverbères ou entonné la Marseillaise,  »le pouvoir  » , comme on disait déjà , pensait aux télégraphes, et l’hôtel Villeroy était occupé par la troupe, qui en cernait l’enceinte, remplissait les cours et bloquait la place afin de la rendre inaccessible aux émeutiers. Les employés, gardés comme des prisonniers d’État, ne pouvait en sortir, couchaient dans leurs bureaux, nourris on ne sait comment, et ne recouvraient là liberté que lorsque l’ordre était rétabli.télégraphe 1.jpg <=  (Expérience du télégraphe de Chappe dans le parc de Saint-Fargeau à Ménilmontant,le 12 juillet 1793 )…..

     Sous la seconde République, nos lignes de télégraphie électrique étaient loin d’être complètes, et les départements menacés étaient encore desservis par les télégraphes aériens. Craignant que les postes ne soient enlevés, l’administration centrale des télégraphes s’entendit avec le ministère de la Guerre, obtint des fusils, des munitions, et fit armer les stationnaires en leur donnant ordre de se défendre à outrance et de repousser par la force les hommes isolés ou réunis qui tenteraient de s’emparer de leurs stations !. Evidemment , la nouvelle de cet armement inusité se répandit très rapidement dans la contrée.
   Les insurgés facétieux ne s’amusèrent pas à attaquer des employés si bien pourvus : pendant la nuit, en l’absence des préposés, ils crochetèrent les portes des stations, ils pénétrèrent dans l’intérieur, en enlevèrent simplement les lunettes et écrivirent sur le registre aux signaux : « Reçu de l’administration télégraphique deux longues-vues, dont décharge ». De plus, ils emportèrent les fusils que chaque stationnaire avait gardés avec soin dans sa logette pour être prêt à s’en servir à la première occasion.
    On peut penser que l’établissement des télégraphes, de ce service dont l’État avait seul la jouissance, avait fortement donné à réfléchir aux hommes qui voient dans la spéculation un moyen de s’enrichir, pour qui le gain sans travail est l’idéal de la vie et qui cherchent partout des renseignements à l’aide desquels ils pourraient  jouer à coup sûr. Avant l’invention des chemins de fer, avant l’application de l’électricité à la télégraphe, le cours de la Bourse de Paris n’était connu à Bordeaux, à Rouen, à Lyon, à Marseille, qu’à l’arrivée de la malle-pote.           Les   » agioteurs »  (Personnes qui spéculent sur les valeurs financières) qui auraient appris le mouvement des fonds publics douze heures d’avance étaient donc en mesure de faire des bénéfices coupables, mais assurés.
      Or cela seul leur importait.

     À l’aide de moulins dont les ailes étaient disposées d’une certaine manière, à l’aide de pigeons dressés à cet effet, on essayait d’être renseigné d’une façon positive sur la hausse ou la baisse de Paris. Une ligne télégraphique secrète fonctionna même régulièrement entre Paris et Rouen. Le gouvernement déjouait ces manœuvres de son mieux, mais il n’y réussissait pas toujours. Le cas n’avait pas été prévu par la loi . Mais on s’en aperçut dans ces circonstances :  
    Au mois de mai 1836, Bourgoing, directeur des télégraphes à Tours, fut informé que les employés Guibout et Lucas, stationnaires du télégraphe n°4 situé sur la mairie, faisaient un usage clandestin de leurs signaux. Une enquête très prudente fut commencée, pendant laquelle Lucas, tombé malade et près de mourir, fit des aveux complets.
   On acquit la certitude que Guibout, aussitôt après l’arrivée de la malle-poste de Paris, introduisait un faux signal dans la première dépêche qu’il avait à transmettre sur la ligne de Bordeaux, et qu’aussitôt après il indiquait : erreur.           Mais le faux signal n’en parcourait pas moins sa route forcée, était répété de station en station, allait à fond de ligne, c’est-à-dire jusqu’à Bordeaux, où le directeur le rectifiait, corrigeait la dépêche fautive et empêchait qu’elle ne parvînt plus loin avec cette indication parasite et inutile. La fraude partait donc de Tours pour aboutir à Bordeaux. Avec le point de départ et le point d’arrivée, la police judiciaire avait entre les mains de quoi découvrir la vérité.

  Deux jumeaux, François Francois-Blancet Joseph Blanc, habitant Bordeaux, joueurs de bourse et spéculateurs de profession, avaient un agent à Paris ; celui-ci, lorsque la rente à 3% avait baissé dans une proportion déterminée, envoyait par la poste à Guibout, stationnaire télégraphique à Tours, une paire de gants ou une paire de bas gris ; lorsque, au contraire, la hausse s’était faite, il envoyait des gants blancs ou un foulard !
    Suivant  la nature ou la couleur de l’objet qu’il avait reçu, le préposé faisait un faux signal convenu qui, parvenu à Bordeaux, était communiqué par le stationnaire de la tour Saint-Michel au commis des frères Blanc. Ceux-ci, connaissant vingt-quatre heures à l’avance la cote de Paris, étaient maîtres du marché et faisaient d’importants bénéfices. !
     Stationnaires et » agioteurs  » furent arrêtés et emprisonnés vers la fin du mois d’août 1836. Le procès s’ouvrit à Tours, le 11 mars 1837, devant la cour d’assises. Les accusés firent des aveux explicites. Guibout recevait des frères Blanc 300 francs fixes par mois et 50 francs de gratification par faux signal ; c’était beaucoup pour un employé qui gagnait 1 fr. 50 par jour. L’attitude des frères Blanc fut  » curieuse d’impudence  » ; leur système consista uniquement à soutenir que tout moyen d’information est licite pour gagner de l’argent, que l’unique préoccupation des gens de bourse étant de savoir d’avance le cours des fonds publics, afin de jouer à coup sûr, ils avaient fait comme beaucoup de leurs confrères, et n’avaient par conséquent rien à se reprocher.
   Cette morale de cour des Miracles prévalut ; Gustave-Louis Chaix d’Est-Ange, ténor du barreau, plaidait ; il fut habile, dérouta le jury, le fit rire, l’émut, le troubla. Les questions posées concernant Guibout étaient : 1 ) A-t-il fait passer des signaux autres que ceux de l’administration ?

                                                                   2 ) A-t-il reçu des dons pour faire passer ces signaux ?

                                                                   3 ) En faisant cette transmission, a-t-il fait acte de son emploi ?
  Aux deux premières questions, le jury répondit : Oui ; à la troisième, il répondit : Non ; dès lors les accusés étaient non pas acquittés, mais  » absous  » , car le verdict venait de déclarer qu’ils ne tombaient pas sous le coup des articles 177 et 179 du Code pénal. Cependant on avait constaté au procès que du 22 août 1834 au 25 août 1836, les frères Blanc avaient reçu cent vingt et une fois le faux signal indicatif du mouvement des fonds.
    L’instruction qui précéda le procès avait ouvert les yeux du ministère, et dès lors il voulut posséder le droit d’un monopole qui n’existait que de fait. Le 6 janvier 1837, Adrien de Gasparin, ministre de l’Intérieur, exposant les motifs de la loi qui attribue l’usage du télégraphe au gouvernement seul, put dire avec raison : « Nous sommes forcés de demander plus à la législation que nos devanciers, parce que nous demandons moins à l’arbitraire. »
    Le 28 février suivant, Portalis, rapporteur de la commission de la Chambre des députés, conclut à l’adoption d’un article unique ainsi libellé : « Quiconque transmettra, sans autorisation, des signaux d’un lieu à un autre, soit à l’aide de machines télégraphiques, soit par tout autre moyen, sera puni d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 1000 à 10 000 francs. L’article 463 du code pénal est applicable aux dispositions de la présente loi. Le tribunal ordonnera la destruction des postes, des machines ou moyens de transmission. »
   La rédaction de ce texte indique l’intention du législateur de tenir compte des progrès techniques futurs. Le rapporteur  déclarait : « L’esprit humain est inépuisable en ressources nouvelles et il s’agit de prévoir ce qui n’existe pas encore, ce qui n’a été ni connu, ni imaginé, ce qui pourrait être inventé pour éluder la loi, si des expressions trop restrictives venaient enchaîner la conscience du juge. il faut atteindre toutes les combinaisons à l’aide desquelles on pourrait arriver à ce résultat. »

Le débat qui déboucha sur cette loi : Le ministre de l’Intérieur déclara que si des entreprises particulières pouvaient fonder des établissements semblables, les fauteurs de troubles et de désordres y trouveraient un moyen efficace pour l’exécution de leurs projets. Regrettant qu’aucune autre solution n’ait pu être trouvée, il ajouta : « Nous n’aimons pas les monopoles pour eux-mêmes, et nous serions heureux de pouvoir sans péril étendre à tout le monde les facilités que le télégraphe présente au gouvernement. »     Il conclut : « Vous penserez avec nous que de tels avantages doivent être réservés au gouvernement… Les privilèges dont il jouit ne sont pas des privilèges, car le gouvernement, c’est tout le monde, et l’on peut dire ici sans paradoxe que le seul moyen d’empêcher le monopole c’est de l’attribuer au gouvernement. »
    Un commentateur juridique écrira à ce propos : « Il est fâcheux cependant que de graves questions se traient ainsi sous l’influence des préjugés, et qu’il suffise, pour flétrir de bonnes choses, de leur appliquer une qualification odieuse. » Quant au rapporteur Portalis, il fut amené à préciser : « Dans aucun cas un pigeon ne peut être assimilé à un signal. »
    La loi fut votée le 14 mars 1837, le dépouillement du scrutin donnant le résultat suivant : 249 votants (sur les 556 députés) dont 212 pour l’adoption et 37 contre.

     Tout l’effort des ministres, de la commission, des orateurs, avait été de prouver que la télégraphie deviendrait un instrument de sédition des plus dangereux, si par malheur on ne lui interdisait pas sévèrement de servir aux correspondances du public.!

    Moins de treize ans après, une loi devait battre en brèche ces vieux arguments et fit entrer la télégraphie privée dans le droit commun et dans les usages de la nation.

Il y a environ 158 ans ……


     Le 16 août 1861, sous le règne de Napoléon III, Julie-Victoire Daubié Daubié Victoire, une institutrice de 36 ans, militante entêtée des droits de la femme, passe avec succès le baccalauréat à Lyon. Elle est la première Française dans ce cas.
   Le ministre de l’Instruction publique refuse de signer le diplôme au prétexte qu’il  » ridiculiserait le ministère de l’Instruction publique  » ! Son successeur Victor Duruy montrera beaucoup plus d’ouverture d’esprit en faisant voter en avril 1867 une loi qui impose l’ouverture d’une école primaire réservée aux filles dans chaque commune de plus de 500 habitants. C’était un premier pas vers la féminisation du baccalauréat

 » La Bachelière du quartier Latin  » 
    Cette chanson  ,terriblement sexiste  , aussi nommée  » l’Examen de Flora  » écrite par Paul Burani en 1874 reflète l’image de la  » pauvre aspirante  » au bac de la fin du XIXe siècle……( On peut se demander quelle serait la réaction des femmes d’aujourd’hui  en l’entendant ? ! )

Mamzell’ Flora passait pour un’ savante
Depuis Bullier jusqu’au carr’four Buci
Si bien qu’un jour ell’ devint étudiante
Mais on n’peut pas dire tout c’quelle apprit.

Refrain :
C’est la bachelière du quartier Latin
Rein’de la chaumière et pays voisin
Elle a passé son baba
Elle a passé son chot chot
Elle a passé son bachot
Y a pas de bobo […]

Connais-tu l’grec ? Qu’un professeur lui d’mande.
Elle répond, sans lui manquer d’respect :
C’est un coiffeur si j’en crois la légende
Puisque l’ont dit :  » s’ fair’ peigner par les Grecs  ».

Un autre lui demande c’que c’est qu’une Olympiade
Quelqu’un lui souffle  » un espac’ de quatre ans  »
Mais v’là Flora qui perd la trémontade
Et qui répond  » une espèc’ de cadran  » .

Aux professeurs ell’ fait perdre la tête
Et, comm’ Phryné d’vant les juges jadis,
Ell’ leur fait voir ses jamb’s dans une pirouette
Si bien qu’elle eut douz’ boul’s blanches sur dix.

V’la la moral’ faut pas que ça vous blesse,
C’est au beau sex’ qu’elle s’adressera :
Quand c’est des vieux qui jugent une jeunesse
C’est pas malin, le baccalauréat.

la bachelière (croquis de l’époque : chanteuse interprétant  » l’examen de Flora  » )

bachelières 1911 ( = bachelières en 1911 )

 

Chères bachelières…
   Si François Villon fait allusion à de   » jeunes bachelettes  » dans sa  » Double ballade  » (15 eme siècle), le mot désignait alors simplement une jeune fille qui présentait tous les avantages pour devenir épouse.  Voltaire aussi ironique , qui se moque des femmes savantes en général et d’Ève en particulier,  » la première bachelière, puisqu’elle tâta de l’arbre de la science avant son mari  »  (en 1775 !)
   Le 19 ème siècle n’est pas beaucoup  plus  »indulgent » puisque pour  » Le Dictionnaire de la langue verte  » de Delveau (1883) une bachelière est  » une femme du quartier latin qui est juste assez savante pour conduire un bachot (un petit bateau à fond plat ) en Seine et non pour passer en Sorbonne  ». Mais cette définition prouve tout de même que l’idée de filles passant le baccalauréat faisait son chemin !
   Le premier lycée pour filles a ouvert à Paris en 1870, (à l’extrême fin du Second Empire ) . Situé près des Invalides, il porte aujourd’hui le nom du ministre qui a promu la cause féminine. C’est le lycée Victor Duruy (désormais ouvert aux garçons comme aux filles).
   Il n’en reste pas moins  que, même au début de la IIIe République, passer le baccalauréat passait encore pour une idée farfelue. Pour les jeunes filles de bonnes familles, les seules qui pouvaient aspirer à une éducation poussée, on ne prévoyait le plus souvent que quelques leçons particulières. À quoi bon un diplôme lorsque l’objectif était de faire un bon mariage ? C’est Jules Ferry lui-même qui  donne la réponse :  » À quoi bon ? Je pourrais répondre : à élever vos enfants, j’aime mieux dire : à élever vos maris.  »  !!

    C’est ainsi qu’en 1892, on  pouvait compter dix bachelières,  » fières héritières  » de Julie-Victoire Daubié, la toute première bachelière française. Mais les aspirantes restent rares, tant la société est encore réticente à éduquer ses filles…
   Celles-ci ne l’entendent pas de cette oreille et accueillent avec enthousiasme le nouveau bac de 1902, plus accessible.
   Une École normale catholique ouvre à leur intention en 1906, suivie d’un autre établissement dit libre (confessionnel) en 1908, permettant au nombre d’élues de passer à une centaine.

En 1924, à la suite des bouleversements de la Grande guerre, le ministre de l’Instruction publique Léon Bérard a bien compris qu’il fallait répondre à la soif d’indépendance féminine en ouvrant les portes de l’enseignement secondaire. Elles ont désormais accès à des épreuves similaires à celles des garçons.
   Les enseignantes deviennent par conséquent plus nombreuses, même si pour beaucoup cette vocation est synonyme de célibat ? !… L’égalité est-elle pour autant aujourd’hui un fait  » avéré  »  ? Dans les faits, les filles continuent à se diriger vers des filières moins porteuses d’emploi (littéraires, tertiaires) et ne parviennent pas toujours à valoriser un diplôme pourtant chèrement conquis par leurs aînées.

bac juin44( BAC en juin 1944 )

Victoire !
Hasard ? : la première bachelière française avait pour second prénom Victoire, comme un clin d’œil à son destin.
    Née dans une famille de petite bourgeoisie vosgienne en 1924, Julie-Victoire Daubié s’intéresse très tôt aux études grâce à son frère, prêtre, qui lui enseigne latin et grec. Elle apprécie aussi les sciences puisqu’elle s’inscrit au Museum d’histoire naturelle de Paris pour mieux connaître mammifères et oiseaux.
   À 20 ans, elle est déjà institutrice, mais cela ne lui suffit pas : il lui faut décrocher le baccalauréat. Elle fait donc une demande d’inscription à la Sorbonne, demande qui se heurte à plusieurs reprises à un refus. Qu’importe ! Elle tente sa chance à Lyon, et c’est ainsi que le 13 août 1861, on la retrouve installée avec ses camarades à  » plancher  » pour obtenir le diplôme ès Lettres.
   Les   » six boules rouges  » qu’on lui accorde lui permettent d’entrer dans l’Histoire comme le  »  premier bachelier de sexe féminin qu’ait proclamé l’Université de France  » . Cela ne se fait pas sans difficultés, puisque le ministre de l’Instruction publique refuse de signer son diplôme, de peur d’être ridiculisé ! Il faut l’intervention de l’impératrice Eugénie pour que sa réussite soit enfin officialisée.
  Devenue journaliste économique, cette saint-simonienne qui est officiellement  » entrepreneur de broderie  »  poursuit ses études et devient en 1872 la première licenciée ès Lettres. Seule sa mort en 1874, de tuberculose, l’empêche d’aller jusqu’au doctorat.

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Quand une jeune fille rangée passe le bac
    Dans ses mémoires, Simone de Beauvoir S.Beauvoir raconte son baccalauréat qui, dans son cas, fut loin d’être une épreuve !
    » Je pris grand plaisir à passer mes examens. Dans les amphithéâtres de la Sorbonne, je coudoyai des garçons et des filles qui avaient fait leurs études dans des cours et des collèges inconnus, dans des lycées : je m’évadai du cours Désir, j’affrontai la vérité du monde. Assurée par mes professeurs d’avoir bien réussi l’écrit, j’abordai l’oral avec tant de confiance que je me croyais gracieuse dans ma trop longue robe en voile bleu. Devant les importants messieurs, réunis tout exprès pour jauger mes mérites, je retrouvai ma vanité d’enfant. L’examinateur de Lettres, en particulier, me flatta en me parlant sur le ton de la conversation  ; il m’interrogea sur Ronsard ; tout en étalant mon savoir, j’admirais la belle tête pensive qui s’inclinait vers moi : enfin, je voyais face à face un de ces hommes supérieurs dont je convoitais les suffrages ! Aux épreuves de latin-langues, cependant, l’examinateur m’accueillit ironiquement :  » Alors, mademoiselle ! Vous collectionnez les diplômes !  » Déconcertée, je me rendis brusquement compte que ma performance pouvait paraître dérisoire ; mais je passai outre. Je décrochais la mention  » Bien  » . (Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée, 1958)

Qu’est ce que c’est ?


Limonaire

limonaire 1

   C’est un » limonaire  » : Orgue de foire qu’on trouve aussi sur les manèges anciens . cet instrument tirerait son nom de la famille Limonaire , des  » facteurs d’orgues  » originaires de Dax …Joseph et Antoine Limonaire F.Limonaire, fils de menuisier fabriquèrent aussi des pianos mécaniques très à la mode au milieu du 19 ème siècle , qui portèrent aussi leur nom ……

Cali …


  

   Ma petite  » féline compagne  »  demandait depuis quelques jours à sortir de mon ( notre ) antre …..Je n’osais pas la laisser faire de peur qu’elle ne revienne pas …..Ce jeudi , en début d’après – midi ,  » nous  avons franchi le pas  » : J’ai mis sur son collier  une note avec son nom , mon N° de téléphone  et …..l’ai laissée sortir !  ( Un peu inquiet tout de même ) ….Environ une heure après , la  » miss  » réapparaissait à la fenêtre ( comme le faisait Fripon ) , demandant à rentrer !!!!!

Ouf !  Nous verrons si  l’expérience se renouvellera avec la même  » heureuse  » conclusion …..

 

Klik …………….

Pas chez moi …


çà fait 5 jours que je suis  »hors de mon antre  »  , déjà , j’ai hâte de rentrer ….Manu me téléphone ou m’envoie un S.M.S tous les jours ! Pour savoir si  » tout va bien  » comme il dit ….Un ou une de ses nombreux ami(e)s passe chaque jour pour la même chose ….( Je suis toujours surpris : Ils me connaissent tous , me tutoient (  pas gênant ) ) ,me proposent d’aller acheter ce dont je pourrait avoir besoin etc….Comme j’ai oublié mon chéquier à l’appartement, et que je n’ose pas ( tout de même ) leurs donner le code de ma C.B  , ils paient pour moi ! => je note et donnerais l’argent à Manu pour qu’ils les paient à son retour ….Ici : Pas de banque => pas de distributeur…….Un semblant d’épicerie et c’est pratiquement tout ! Alors , sans véhicule ?????

Enfin , idem ,Manu m’avait acheté une cartouche de cigarettes et laissé un peu d’argent   » au cas où  » Demain j’irais au village voir si je trouve quelques trucs qui me manquent ….

Sinon , les chiens sont adorables : Seyko ( le labrador ) dort  » avec moi  » et la petite chienne  » bâtarde s’est habituée à ma présence aussi ….Et la copine de Manu va à mon appartement , comme prévu , pour nourrir Cali ……

Bref , même si je préfèrerais  » garder  » ma petite Camille adorée ( au fait la petite Justine marche  maintenant, mais elle , elle ne me connait pas , même si Camille s’évertue à lui dire  » mais enfin Justine , c’est notre papy , il est gentil  » lol ) , on peut dire que  »çà baigne  »

Il y a environ 212 ans……


Le 7 juillet 1807, le tsar Alexandre Ier et l’empereur Napoléon 1er , les deux plus puissants souverains d’Europe continentale, signent un traité secret à Tilsit, une petite ville fortifiée de Prusse-orientale (on écrit aussi Tilsitt).tilsit

   Avec ce traité et celui, public, qui sera signé deux jours plus tard, c’en est fini de la quatrième coalition européenne contre la France qui a vu la défaite de la Prusse à Léna et celle de la Russie à Friedland. Les deux nouveaux alliés se promettent   » paix et amitié  ». Mieux que cela, ils s’engagent sur un partage du continent : à l’Empereur l’Occident, au tsar l’Orient et Constantinople. Mais ces engagements ne dureront guère.!

   Quelques jours plus tôt, le 25 juin, les deux souverains s’étaient rencontrés pour la première fois à proximité de là, sur un radeau au milieu du Niemen, à la frontière de l’empire russe.

   Le tsar, battu à Austerlitz , Eylau et Friedland, souhaite gagner du temps dans la guerre contre l’usurpateur français. Il feint en conséquence de se réconcilier avec lui et il ne lui déplairait pas d’en tirer profit en étendant la domination de la Russie à Constantinople, capitale d’un empire ottoman décati.

    De son côté, Napoléon croit possible d’en finir avec la résistance de l’Angleterre, maîtresse des mers depuis la bataille de Trafalgar, en associant la Russie au  » blocus continental  » destiné à ruiner son économie.

  Il s’agit d’interdire aux Européens de commercer avec les Anglais. Les Espagnols et les Portugais, très dépendants du commerce britannique, y rechignent mais Napoléon ne s’en inquiète pas et se dit qu’il saura les y contraindre le jour venu. Et pour rallier l’Europe du Nord au blocus, rien ne vaut le concours de la Russie…

  Le jeune tsar, qui a 28 ans, soit vingt ans de moins que Napoléon,  ne cache que difficilement une certaine admiration pour celui-ci bien que tout les oppose.        Alexandre est l’héritier très cultivé de la grande dynastie des Romanov et parle français sans accent alors que Napoléon est un homme aux origines communes et aux manières brutales qui conserve l’accent rude de son île natale. L’Empereur des Français nourrit pour le jeune souverain russe une condescendance qui va se muer au fil des rencontres en une affection quasi-paternelle.!!!!

Par le traité de Tilsit : Tilsitz 1807

    Alexandre Ier apporte son soutien à Napoléon dans sa guerre contre l’Angleterre ; il reconnaît l’empire français et les nouvelles frontières de l’Allemagne. Dès le 7 novembre suivant, il rompt ses relations avec l’Angleterre, ce qui provoque comme prévu un début de crise économique dans les îles britanniques.

– En contrepartie de son soutien, le tsar conserve les mains libres dans sa guerre contre la Suède et dans son projet de dépeçage de la Turquie ; il doit toutefois retirer ses troupes de Moldavie et Valachie, deux provinces enlevées aux Turcs un an plus tôt.

– Napoléon démembre la Prusse , crée avec ses dépouilles le royaume de Westphalie à l’ouest et le grand-duché de Varsovie à l’est. Il respecte le voeu du tsar de ne pas dépecer totalement la Prusse, son ancienne alliée. Mais il reste flou sur son projet de restauration du royaume de Pologne, dont ne veut à aucun prix Alexandre.

   L’affaire a tout l’air d’un partage de l’Europe. Napoléon lui-même aurait dit à Lobanov, le représentant du tsar, en pointant du doigt la Vistule sur une carte :  » Voici la limite entre les deux empires… D’un côté doit régner votre souverain, moi de l’autre  ».

  Napoléon Ier semble à l’apogée de son règne avec le traité de Tilsit, trois ans à peine après son sacre !. Mais les embrassades au milieu du Niemen ne laissent guère d’illusions aux observateurs.

Sous-entendus et illusions :

    Beaucoup d’Européens sont réticents pour ce qui est de fermer leurs ports aux navires de commerce anglais ; les habitants des ports et les commerçants commencent à maudire l’occupation française, à commencer par les Russes qui ne peuvent plus exporter vers Londres leur chanvre, leur blé et leur lin. Le tsar rumine son amertume. Il supporte mal la résurrection de la Pologne à ses portes et l’évacuation de la Moldavie et de la Valachie.

   Et Napoléon Ier, trop sûr de son fait, commet la grande erreur de son règne en détrônant les Bourbons d’Espagne avec la même désinvolture que les Bourbons de Naples   le 27 décembre 1805. Il remplace le roi d’Espagne Charles IV par son propre frère Joseph.

   Le peuple espagnol se soulève aussitôt contre l’occupant français et pour ne rien arranger, les colonies espagnoles d’Amérique, s’estimant déliées de leur fidélité au nouveau roi, ouvrent leurs ports et leur commerce aux Anglais.

L’Espagne menace d’ébranler le fragile édifice napoléonien et déjà l‘Autriche redresse la tête. Napoléon a plus que jamais besoin du soutien du tsar. Il l’invite à en débattre à Erfurt, lors d’un congrès européen tout à sa gloire.

  Erfurt :

erfurt

Ce fut  du 27 septembre au 14 octobre 1808 que se réunit un prestigieux congrès à Erfurt, en Thuringe, à l’initiative de Napoléon 1er et tout à sa gloire. Presque tous les souverains allemands y sont présents, ainsi que le tsar de Russie Alexandre 1er. Le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III et l’empereur d’Autriche François 1er brillent par leur absence. Les fêtes s’enchaînent. Talma ? et la Comédie-Française jouent devant un  »parterre de rois »

Derrière la fête, les complots:

L’ambiance est  gâchée par les nouvelles de l’insurrection espagnole. Tout l’édifice européen laborieusement mis en place par Napoléon semble ébranlé. Le  »Blocus continental » destiné à ruiner l’Angleterre risque de ne pas avoir lieu . Et déjà l’Autriche relève la tête

Napoléon 1er veut aller en personne en Espagne combattre l’insurrection mais il a besoin d’assurer ses arrières avec le concours du tsar dont il s’est fait un allié à Tilsit. Dès le 27 septembre, une entrevue secrète est ménagée entre les deux souverains. Elle débouche sur une convention secrète datée  du 12 octobre par laquelle l’empereur demande au tsar de s’engager à ses côtés contre l’Autriche si celle-ci reprend la guerre.

Mais ses efforts sont ruinés par Talleyrand. Après la rencontre de Tilsit, celui-ci a  » troqué  » son portefeuille de ministre des Relations Extérieures contre un titre ronflant mais vain de grand chambellan. Lucide, il est conscient de l’impasse dans laquelle s’engage Napoléon et préfèrerait, dans l’intérêt de la France et de l’équilibre européen, qu’il se rapproche de l’Autriche.

  À défaut de le convaincre, il pousse Alexandre à lui résister. Arrivé à Erfurt un jour avant l’Empereur des Français,il aurait  accueilli le tsar par ces mots : «Sire, que venez-vous faire ici ? C’est à vous de sauver l’Europe, et vous n’y parviendrez qu’en tenant tête à Napoléon. Le peuple français est civilisé, son souverain ne l’est pas ; le souverain de Russie est civilisé, son peuple ne l’est pas ; c’est donc au souverain de la Russie d’être l’allié du peuple français».

Après la fête, la guerre

Napoléon  semble ne se douter de rien. Après le congrès, il part pour l’Espagne. L’Autriche, comme il pouvait s’y attendre, reprend les armes sans que la Russie s’y oppose. Napoléon repasse à la hâte le Rhin et écrase une nouvelle fois les Autrichiens à Wagram le 6 juillet 1809. 

  Il sait alors à quoi s’en tenir concernant le tsar mais tente une nouvelle fois de l’amadouer en demandant un mois plus plus tard l’une de ses soeurs en mariage ! Le tsar se dérobe et Talleyrand en profite pour arranger le mariage de l’empereur avec une archiduchesse autrichienne, Marie-Louise.

Les relations entre Paris et Saint-Pétersbourg commencent à sérieusement se dégrader, d’autant que le tsar voit monter les protestations des commerçants contre le blocus continental qui les empêche de commercer avec les Anglais et dans le même temps s’irrite de la renaissance d’une Pologne indépendante.

Pour s’assurer de la fermeture des ports du continent au commerce anglais, Napoléon annexe peu à peu  tous les États vassaux à la France. C’est le cas de la Hollande, des villes de la Hanse puis le 10 décembre 1810 du duché d’Oldenbourg dont le souverain n’est autre que le beau-frère du tsar. La guerre entre la Russie et la France apparaît inéluctable mais Napoléon, au regret de devoir la mener, va encore patienter dix-huit mois avant de s’y résoudre………….

Si quelqu’un a lu ce billet !!! Chapeau et merci ! ( Moi , ce fut pour mon plaisir , mais…..)

çà s’est passé il y a environ 90 ans


    Méconnue et troublante, la guerre des  » Cristeros  » a opposé pendant plus de trois ans les paysans catholiques du Mexique à leur gouvernement.
   Elle s’est terminée le 22 juin 1929 par un arrangement (« Arreglos » en espagnol) entre le Saint-Siège et ce gouvernement socialiste et franc-maçon, dont l’intolérance avait entraîné les paysans à la révolte.
    Le représentant du pape demande aux paysans de déposer les armes sous peine d’excommunication ! . Abandonnés, les ex-rebelles vont subir pendant plusieurs années encore les exactions de l’armée.


  Tout avait commencé avec l’élection à la présidence de la République, en 1924, du général Plutarco Calles. Celui-ci consolide les acquis sociaux de la révolution de 1910, illustrée par les exploits de Zapata et Pancho Villa. Il réorganise l’instruction publique, étend la réforme agraire, nationalise l’industrie du pétrole au grand dam des États-Unis…
   Mais fidèle à une tradition anticléricale vieille de près d’un siècle, il a aussi la mauvaise idée de s’en prendre à l’Église catholique.
   Le 1er décembre 1924, il prive de droits civiques les catholiques (laïcs et prêtres) sous prétexte qu’ils obéissent à un souverain étranger, le pape ! Il expulse tous les ecclésiastiques étrangers et interdit aux prêtres toute critique du gouvernement en vertu de l’article 130 de la Constitution de 1917, jusque-là resté inappliqué. Il interdit les congrégations enseignantes et ferme pas moins de 20.000 églises !
    L’épiscopat se rebiffe et suspend le 31 juillet 1926 l’administration des sacrements dans tout le pays pour une durée de trois ans. Cette riposte ahurissante livre au désespoir les masses rurales, majoritairement indiennes ou métisses, attachées à une religiosité traditionnelle.

exécution d'un prêtre( exécution d’un prêtre ayant célébré la messe  ! )

Les paysans se soulèvent dans un parallèle frappant avec le soulèvement des Vendéens en 1793, au cri de  » Viva Cristo Rey ! , Viva la Virgen de Guadalupe !  » (Vive le Christ-Roi ! Vive la Vierge de Guadalupe).
  Ils sont par dérision surnommés « Cristeros ». Eux-mêmes qualifient leur soulèvement de « Cristiada » (Christiade) mais ils sont désavoués par l’épiscopat, à deux ou trois exceptions près.  Cependant ,avec 50.000 combattants, ils vont constituer la plus importante rébellion qu’ait connue le pays, lequel compte à cette époque moins de vingt millions d’habitants disséminés sur deux millions de km2.
    Trois ans plus tard, l’armée des Cristeros tient les trois quarts de l’ouest du Mexique et la moitié des 30 États de la fédération. Ses escarmouches occasionnent un total d’environ 90.000 tués selon l’historien Jean Meyer, dont les deux tiers dans les troupes gouvernementales, lesquelles sont en infériorité tactique face à la guérilla, malgré leur recours systématique à la terreur.
Arrangements bafoués :
     Le président Calles ose se réconcilier avec le gouvernement des États-Unis et fait des concessions sur le pétrole en échange de l’aide de l’US Air Force dans son combat contre les Cristeros.

   Désespérant malgré cela de vaincre la rébellion par les armes, il en vient à faire appel au Saint-Siège. En témoignage de bonne volonté, il autorise à nouveau le culte catholique le 3 mars 1929 et fait rouvrir la cathédrale de Mexico.
   Enfin, il conclut  »  los Arreglos  » avec le secrétaire d’Etat du pape Pie XI, le cardinal Gasparri, celui-là même qui signa les accords de Latran avec Mussolini.
   À sa demande, le président mexicain s’engage à ne plus tenter d’appliquer les articles antireligieux de la Constitution ! Il donne aussi sa parole que les rebelles seront amnistiés et qu’il ne leur sera fait aucun mal. Mais il ne s’agit que de sa parole. Aucun document n’est signé...
  Obéissants, les Cristeros se soumettent mais, dans les faits, l’amnistie ne sera pas le moins du monde respectée et des centaines d’insurgés seront assassinés dans d’atroces conditionscistéros 4 aussitôt après avoir rendu leurs armes sur ordre de leur évêque.
   L’armée ne s’en tient pas là. Elle met à sac les campagnes reculées de l’Ouest avec le désir d‘éradiquer une bonne fois pour toutes toute trace de christianisme. Le romancier Graham Greene en  » parle  » dans son roman  » La Puissance et la Gloire  » . Il s’ensuit une seconde guerre des Cristeros (la Secunda), qui réunit quelques milliers de combattants désespérés. Elle va durer de 1934 à 1938 sans qu’il soit possible d’en évaluer le nombre de victimes.
   Il faudra encore plusieurs années avant que la paix religieuse ne revienne au Mexique.
  L’émotion suscitée par « los Arreglos » entraîne la disgrâce du cardinal Gasparri, remplacé à la Secrétairerie d’État (le ministère des Affaires étrangères du Vatican) par le cardinal Eugenio Pacelli (futur Pie XII).

 

A quoi çà sert ?…….


Une guimbarde ?

Dans certains cas , çà ne sert plus  à rien , ou presque  comme :puisque  » guimbarde  » désigne , dans le langage populaire , une vieille, ( très vieille ) automobile …….

Mais , çà sert aussi à faire de la musique  :

    La guimbarde est composée de deux éléments :
  Une armature, d’une forme quelconque, qui comprend toujours deux barres parallèles assez rapprochées .
   Une languette fine, haute de quelques millimètres, fixée à l’armature par l’une de ses extrémités, libre de l’autre côté et qui passe entre les deux barres.
    Selon que cette languette est du même matériau ou non, selon qu’elle est découpée ou non dans son propre cadre, on parle  » savamment  » de guimbarde idioglotte et de guimbarde hétéroglotte.
   Les guimbardes occidentales sont généralement en métal et le timbre du son généré peut varier selon leur taille. Il existe aussi des guimbardes en bois et en bambou,guimbarde 1 en Asie et en Océanie.
   La languette peut être ébranlée autrement que par son extrémité recourbée : par une ficelle liée au cadre, un marteau, etc. Le nombre de languettes peut aller jusqu’à cinq.

Guimbarde

   Pour en jouer , le musicien tient la guimbarde entre ses lèvres et  » titille  » la lamelle avec ses doigts pour la faire vibrer , sa bouche sert de caisse de résonnance …….

On peut dire que c’est une minuscule  » cousine  » de la guitare …..Ses origines remonteraient à la Chine ancienne  ! 

  Surprenant : Un musicien autrichien ( J.G Albrectsberger ? ) aurait même composé plusieurs concertos pour guimbarde !