» Babolat  »


 Babolat ?  Je ne savais pas ce que c’est  ……Alors j’ai cherché …

En fait c’est une marque ! Une marque de raquettes de tennis : connue ( sauf de moi , car moi et le sport ! pffff )……J’ai lu que cees raquettes sont connues pour équiper les plus grands joueurs de tennis , de Y. Noah à Rafael Nadal en passant par Jo-Wilfried Tsonga ……..

   Ce qu’on sait moins ( que JE ne savais PAS ) , c’est que ces raquettes ont plus de 140 ans d’existence  et une origine très éloignée des courts de tennis ………

Tout commence en 1875 , à Lyon , l’entreprise Babolat est à l’époque esperte dans la transformation des boyaux de mouton ! Le directeur , P.Babolat fabrique de la charcuterie , des fils chirurgicaux et des cordes d’intruments de musique…..

    En Angleterre , à l’époque , le tennis vient d’être inventé ….L’un des adeptes de ce sport  qui est fabricant de raquettes ( Georges G. Bussey ( je crois) ) entend parler de la solidité des boyaux  Babolat. Il vient en France pour rencontrer P.Babolat ….L’Anglais veut des cordes en boyaux pour ses raquettes , amusé par la demande , Babolat accepte .

   Les cordages Babolat restent une toute petite partie de l’activité de l’entreprise , ceci jusqu’aux années 1920 et aux exploits des  » Mousquetaires  » ( R. Lacoste ,J.Borotta,J.Brugnon et H.Cochet ) qui remportèrent la coupe Davis à six reprises avec des cordages Babolat …..( Une raquette nécessitait alors les boyaux de 6 moutons !) 

Le tennis devient de plus en plus populaire en France  et , vers 1954 , Babolat commence à vendre ses premiers cordages en nylon …Le succès et tel que l’entreprise abandonne ses activité de charcuterie et de cordes pour instruments de musique …..!

A partir de ce moment , Babolat se concentre essentiellement sur le sport : Machines à tisser pour cordages , cadres de raquettes , et même balles de tennis ,vêtements et baskets ! En 2018 , la marque aurait déjà vendu 1, 6 millions de raquettes dans le monde !

C’était il y a 77 ans :


16 juillet 1942

La rafle du Vél d’Hiv:

   À l’aube du 16 juillet 1942 débute à Paris la   » du Vél d’Hiv  » . Elle amène l’arrestation par surprise de plus de treize mille Juifs parisiens de 2 à 60 ans, tous Juifs apatrides (il s’agit notamment de Juifs anciennement Allemands, Autrichiens ou Polonais). La plupart sont déportés au camp d’extermination d’ Auschwitz -Birkenau . Quelques dizaines en reviendront…

   À l’origine de ce crime contre l’humanité, il y a le projet hitlérien d’arrêter un grand nombre de Juifs dans toute l’Europe occupée. En France, jalouse de ses droits, l’administration, tardivement informée, veut dans certaines limites garder la maîtrise de l’opération !

  C’est ainsi que sont mobilisés à Paris 7 000 policiers et gendarmes sous les ordres du délégué en zone nord de René Bousquet, jeune et efficace fonctionnaire du gouvernement de Vichy.Bousquet( R.Bousquet ) 

 

Déportés juifs au camp de Drancy en 1942

La rafle :

   13 152 personnes sont appréhendées par la police française les 16 et 17 juillet 1942, y compris 4 000 enfants !de moins de 16 ans qu’il n’avait pas été initialement prévu de déporter.

   C’est beaucoup… mais ….deux fois moins que le quota fixé par les Allemands et la préfecture de police ! Les actes de solidarité heureusement n’ont pas manqué : quelques policiers ont laissé fuir leurs victimes, des concierges, des voisins, des anonymes ont ouvert leurs portes et caché des Juifs…

  Embarqués dans des autobus, les personnes seules et les couples sans enfants sont convoyés vers le camp de Drancy, au nord de Paris.

  Les familles avec enfants sont quant à elles dirigées vers le Vélodrome d’Hiver, rue Nélaton, dans le XVe arrondissement de Paris (aujourd’hui disparu).

  Plus de 8 000 personnes dont une majorité d’enfants vont s’y entasser pendant plusieurs jours, parfois jusqu’au 22 juillet, dans des conditions sordides : pas de couchage, ni nourriture, ni eau potable, avec un éclairage violent jour et nuit, au milieu des cris et des appels de haut-parleurs. Seuls trois médecins et une dizaine d’infirmières de la Croix-Rouge sont autorisés à intervenir.

   Les familles du Vél d’Hiv sont transférées de la gare d’Austerlitz vers les camps d’internement de Pithiviers et Beaune-la-Rolande, dans le Loiret. Au mois d’août suivant, les mères sont enlevées à leurs enfants par les gendarmes et convoyées vers les camps d’extermination de Pologne. Les enfants seront à leur tour envoyés deux semaines plus tard à Auschwitz-Birkenau qui, depuis le début juillet, s’est transformé de camp de travail forcé en camp d’extermination à l’échelle industrielle.

    Aucun n’en reviendra ! Les internés de Drancy prennent également le chemin d’Auschwitz-Birkenau. Quelques dizaines tout au plus reviendront de l’enfer.

    La rafle accentue la collaboration  entre Vichy et l’occupant allemand dans le domaine de la  »question juive ». Mais elle entraîne aussi un début de fracture dans l’opinion française, jusque-là massivement indifférente ou attentiste. Peu à peu, certains citoyens basculent dans la Résistance, plus ou moins active ; d’autres, à l’inverse, se radicalisent et basculent dans l’antisémitisme et la collaboration.

   Il a fallu attendre le 16 juillet 1995 pour qu’à la faveur d’un   » très beau et très émouvant  » discours, un président,  ( Jacques Chirac ) , reconnaisse officiellement  » que ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français  ».

Il y a environ…


113 ans : ( là si pas de commentaire , je comprendrais ,la lettre de Zola est longue ) 

Le 12 juillet 1906 ; Alfred Dreyfus était acquitté ………..La cour de cassation réhabilitait le capitaine Dreyfus  , mettant ainsi  un terme à 12 ans de lutte judiciaire : En décembre 1894 , A.Dreyfus , jeune officier juif acccusé d’ avoir livré aux Allemands des documents secrets était condamné  pour haute trahison . En janvier 1898 Emile Zola clame l’innocence de Dreyfus dans sa lettre  » j’accuse  » ….L’affaire Dreyfus déchaina alors la haine antisémite et déchire la France …..

La lettre  » j’accuse  » de Zola :

J’Accuse... !
Lettre au Président de la République
Par Emile Zola Zola
Lettre à M. Félix Faure
Président de la République
Monsieur le Président,
Me permettez-vous, dans ma gratitude pour le bienveillant accueil que vous m’avez fait un jour, d’avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que votre étoile, si heureuse jusqu’ici, est menacée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches ?
Vous êtes sorti sain et sauf des basses calomnies, vous avez conquis les coeurs. Vous apparaissez rayonnant dans l’apothéose de cette fête patriotique que l’alliance russe a été pour la France, et vous vous préparez à présider au solennel triomphe de notre Exposition universelle, qui couronnera notre grand siècle de travail, de vérité et de liberté. Mais quelle tache de boue sur votre nom – j’allais dire sur votre règne – que cette abominable affaire Dreyfus ! Un conseil de guerre vient, par ordre, d’oser acquitter un Esterhazy, soufflet suprême à toute vérité, à toute justice. Et c’est fini, la France a sur la joue cette souillure, l’histoire écrira que c’est sous votre présidence qu’un tel crime social a pu être commis.
Puisqu’ils ont osé, j’oserai aussi, moi. La vérité, je la dirai, car j’ai promis de la dire, si la justice, régulièrement saisie, ne la faisait pas, pleine et entière. Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice. Mes nuits seraient hantées par le spectre de l’innocent qui expie là-bas, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu’il n’a pas commis.
Et c’est à vous, monsieur le Président, que je la crierai, cette vérité, de toute la force de ma révolte d’honnête homme. Pour votre honneur, je suis convaincu que vous l’ignorez. Et à qui donc dénoncerai-je la tourbe malfaisante des vrais coupables, si ce n’est à vous, le premier magistrat du pays ?

   La vérité d’abord sur le procès et sur la condamnation de Dreyfus.
Un homme néfaste a tout mené, a tout fait, c’est le colonel du Paty de Clam, alors simple commandant. Il est l’affaire Dreyfus tout entière, on ne la connaîtra que lorsqu’une enquête loyale aura établi nettement ses actes et ses responsabilités. Il apparaît comme l’esprit le plus fumeux, le plus compliqué, hanté d’intrigues romanesques, se complaisant aux moyens des romans-feuilletons, les papiers volés, les lettres anonymes, les rendez-vous dans les endroits déserts, les femmes mystérieuses qui colportent, de nuit, des preuves accablantes. C’est lui qui imagina de dicter le bordereau à Dreyfus ; c’est lui qui rêva de l’étudier dans une pièce entièrement revêtue de glaces ; c’est lui que le commandant Forzinetti nous représente armé d’une lanterne sourde, voulant se faire introduire près de l’accusé endormi, pour projeter sur son visage un brusque flot de lumière et surprendre ainsi son crime, dans l’émoi du réveil. Et je n’ai pas à tout dire, qu’on cherche, on trouvera. Je déclare simplement que le commandant du Paty de Clam, chargé d’instruire l’affaire Dreyfus, comme officier judiciaire, est, dans l’ordre des dates et des responsabilités, le premier coupable de l’effroyable erreur judiciaire qui a été commise.
Le bordereau était depuis quelque temps déjà entre les mains du colonel Sandherr, directeur du bureau des renseignements, mort depuis de paralysie générale. Des « fuites » avaient lieu, des papiers disparaissaient, comme il en disparaît aujourd’hui encore ; et l’auteur du bordereau était recherché, lorsqu’un a priori se fit peu à peu que cet auteur ne pouvait être qu’un officier de l’état-major, et un officier d’artillerie : double erreur manifeste, qui montre avec quel esprit superficiel on avait étudié ce bordereau, car un examen raisonné démontre qu’il ne pouvait s’agir que d’un officier de troupe. On cherchait donc dans la maison, on examinait les écritures, c’était comme une affaire de famille, un traître à surprendre dans les bureaux mêmes, pour l’en expulser. Et, sans que je veuille refaire ici une histoire connue en partie, le commandant du Paty de Clam entre en scène, dès qu’un premier soupçon tombe sur Dreyfus. A partir de ce moment, c’est lui qui a inventé Dreyfus, l’affaire devient son affaire, il se fait fort de confondre le traître, de l’amener à des aveux complets. Il y a bien le ministre de la guerre, le général Mercier, dont l’intelligence semble médiocre ; il y a bien le chef de l’état-major, le général de Boisdeffre, qui paraît avoir cédé à sa passion cléricale, et le sous-chef de l’état-major, le général Gonse, dont la conscience a pu s’accommoder de beaucoup de choses. Mais, au fond, il n’y a d’abord que le commandant du Paty de Clam, qui les mène tous, qui les hypnotise, car il s’occupe aussi de spiritisme, d’occultisme, il converse avec les esprits. On ne croira jamais les expériences auxquelles il a soumis le malheureux Dreyfus, les pièges dans lesquels il a voulu le faire tomber, les enquêtes folles, les imaginations monstrueuses, toute une démence torturante.
   Ah ! cette première affaire, elle est un cauchemar, pour qui la connaît dans ses détails vrais ! Le commandant du Paty de Clam arrête Dreyfus, le met au secret. Il court chez madame Dreyfus, la terrorise, lui dit que, si elle parle, son mari est perdu. Pendant ce temps, le malheureux s’arrachait la chair, hurlait son innocence. Et l’instruction a été faite ainsi, comme dans une chronique du quinzième siècle, au milieu du mystère, avec une complication d’expédients farouches, tout cela basé sur une seule charge enfantine, ce bordereau imbécile, qui n’était pas seulement une trahison vulgaire, qui était aussi la plus impudente des escroqueries, car les fameux secrets livrés se trouvaient presque tous sans valeur. Si j’insiste, c’est que l’oeuf est ici, d’où va sortir plus tard le vrai crime, l’épouvantable déni de justice dont la France est malade. Je voudrais faire toucher du doigt comment l’erreur judiciaire a pu être possible, comment elle est née des machinations du commandant du Paty de Clam, comment le général Mercier, les généraux de Boisdeffre et Gonse ont pu s’y laisser prendre, engager peu à peu leur responsabilité dans cette erreur, qu’ils ont cru devoir, plus tard, imposer comme la vérité sainte, une vérité qui ne se discute même pas. Au début, il n’y a donc, de leur part, que de l’incurie et de l’inintelligence. Tout au plus, les sent-on céder aux passions religieuses du milieu et aux préjugés de l’esprit de corps. Ils ont laissé faire la sottise.

    Mais voici Dreyfus devant le conseil de guerre. Le huis clos le plus absolu est exigé. Un traître aurait ouvert la frontière à l’ennemi, pour conduire l’empereur allemand jusqu’à Notre-Dame, qu’on ne prendrait pas des mesures de silence et de mystère plus étroites. La nation est frappée de stupeur, on chuchote des faits terribles, de ces trahisons monstrueuses qui indignent l’Histoire, et naturellement la nation s’incline. Il n’y a pas de châtiment assez sévère, elle applaudira à la dégradation publique, elle voudra que le coupable reste sur son rocher d’infamie, dévoré par le remords. Est-ce donc vrai, les choses indicibles, les choses dangereuses, capables de mettre l’Europe en flammes, qu’on a dû enterrer soigneusement derrière ce huis clos ? Non ! il n’y a eu, derrière, que les imaginations romanesques et démentes du commandant du Paty de Clam. Tout cela n’a été fait que pour cacher le plus saugrenu des romans-feuilletons. Et il suffit, pour s’en assurer, d’étudier attentivement l’acte d’accusation, lu devant le conseil de guerre.
   Ah ! le néant de cet acte d’accusation ! Qu’un homme ait pu être condamné sur cet acte, c’est un prodige d’iniquité. Je défie les honnêtes gens de le lire, sans que leur coeur bondisse d’indignation et crie leur révolte, en pensant à l’expiation démesurée, là-bas, à l’île du Diable. Dreyfus sait plusieurs langues, crime ; on n’a trouvé chez lui aucun papier compromettant, crime ; il va parfois dans son pays d’origine, crime ; il est laborieux, il a le souci de tout savoir, crime ; il ne se trouble pas, crime ; il se trouble, crime. Et les naïvetés de rédaction, les formelles assertions dans le vide ! On nous avait parlé de quatorze chefs d’accusation : nous n’en trouvons qu’une seule en fin de compte, celle du bordereau; et nous apprenons même que, les experts n’étaient pas d’accord, qu’un d’eux, M. Gobert, a été bousculé militairement, parce qu’il se permettait de ne pas conclure dans le sens désiré. On parlait aussi de vingt-trois officiers qui étaient venus accabler Dreyfus de leurs témoignages. Nous ignorons encore leurs interrogatoires, mais il est certain que tous ne l’avaient pas chargé ; et il est à remarquer, en outre, que tous appartenaient aux bureaux de la guerre. C’est un procès de famille, on est là entre soi, et il faut s’en souvenir : l’état-major a voulu le procès, l’a jugé, et il vient de le juger une seconde fois.
   Donc, il ne restait que le bordereau, sur lequel les experts ne s’étaient pas entendus. On raconte que, dans la chambre du conseil, les juges allaient naturellement acquitter. Et, dès lors, comme l’on comprend l’obstination désespérée avec laquelle, pour justifier la condamnation, on affirme aujourd’hui l’existence d’une pièce secrète, accablante, la pièce qu’on ne peut montrer, qui légitime tout, devant laquelle nous devons nous incliner, le bon dieu invisible et inconnaissable. Je la nie, cette pièce, je la nie de toute ma puissance ! Une pièce ridicule, oui, peut-être la pièce où il est question de petites femmes, et où il est parlé d’un certain D… qui devient trop exigeant, quelque mari sans doute trouvant qu’on ne lui payait pas sa femme assez cher. Mais une pièce intéressant la défense nationale, qu’on ne saurait produire sans que la guerre fût déclarée demain, non, non ! C’est un mensonge ; et cela est d’autant plus odieux et cynique qu’ils mentent impunément sans qu’on puisse les en convaincre. Ils ameutent la France, ils se cachent derrière sa légitime émotion, ils ferment les bouches en troublant les coeurs, en pervertissant les esprits. Je ne connais pas de plus grand crime civique.

Voilà donc, monsieur le Président, les faits qui expliquent comment une erreur judiciaire a pu être commise ; et les preuves morales, la situation de fortune de Dreyfus, l’absence de motifs, son continuel cri d’innocence, achèvent de le montrer comme une victime des extraordinaires imaginations du commandant du Paty de Clam, du milieu clérical où il se trouvait, de la chasse aux « sales juifs », qui déshonore notre époque.
Et nous arrivons à l’affaire Esterhazy. Trois ans se sont passés, beaucoup de consciences restent troublées profondément, s’inquiètent, cherchent, finissent par se convaincre de l’innocence de Dreyfus.
Je ne ferai pas l’historique des doutes, puis de la conviction de M. Scheuter-Kestner. Mais, pendant qu’il fouillait de son côté, il se passait des faits graves à l’état-major même. Le colonel Sandherr était mort, et le lieutenant-colonel Picquart lui avait succédé comme chef du bureau des renseignements. Et c’est à ce titre, dans l’exercice de ses fonctions, que ce dernier eut un jour entre les mains une lettre-télégramme, adressée au commandant Esterhazy, par un agent d’une puissance étrangère. Son devoir strict était d’ouvrir une enquête. La certitude est qu’il n’a jamais agi en dehors de la volonté de ses supérieurs. Il soumit donc ses soupçons à ses supérieurs hiérarchiques, le général Gonse, puis le général de Boisdeffre, puis le général Billot, qui avait succédé au général Mercier comme ministre de la guerre. Le fameux dossier Picquart, dont il a été tant parlé, n’a jamais été que le dossier Billot, j’entends le dossier fait par un subordonné pour son ministre, le dossier qui doit exister encore au ministère de la guerre. Les recherches durèrent de mai à septembre 1896, et ce qu’il faut affirmer bien haut, c’est que le général Gonse était convaincu de la culpabilité d’Esterhazy, c’est que le général de Boisdeffre et le général Billot ne mettaient pas en doute que le fameux bordereau fût de l’écriture d’Esterhazy. L’enquête du lieutenant-colonel Picquart avait abouti à cette constatation certaine. Mais l’émoi était grand, car la condamnation d’Esterhazy entraînait inévitablement la révision du procès Dreyfus ; et c’était ce que l’état-major ne voulait à aucun prix.
Il dut y avoir là une minute psychologique pleine d’angoisse. Remarquez que le général Billot n’était compromis dans rien, il arrivait tout frais, il pouvait faire la vérité. Il n’osa pas, dans la terreur sans doute de l’opinion publique, certainement aussi dans la crainte de livrer tout l’état-major, le général de Boisdeffre, le général Gonse, sans compter les sous-ordres. Puis, ce ne fut là qu’une minute de combat entre sa conscience et ce qu’il croyait être l’intérêt militaire. Quand cette minute fut passée, il était déjà trop tard. Il s’était engagé, il était compromis. Et, depuis lors, sa responsabilité n’a fait que grandir, il a pris à sa charge le crime des autres, il est aussi coupable que les autres, il est plus coupable gueux, car il a été le maître de faire justice, et il n’a rien fait. Comprenez-vous cela ! voici un an que le général Billot, que les généraux de Boisdeffre et Gonse savent que Dreyfus est innocent, et ils ont gardé pour eux cette effroyable chose ! Et ces gens-là dorment, et ils ont des femmes et des enfants qu’ils aiment !
Le colonel Picquart avait rempli son devoir d’honnête homme. Il insistait auprès de ses supérieurs, au nom de la justice. Il les suppliait même, il leur disait combien leurs délais étaient impolitiques, devant le terrible orage qui s’amoncelait, qui devait éclater, lorsque la vérité serait connue. Ce fut, plus tard, le langage que M. Scheurer-Kestner tint également au général Billot, l’adjurant par patriotisme de prendre en main l’affaire, de ne pas la laisser s’aggraver, au point de devenir un désastre public. Non ! le crime était commis, l’état-major ne pouvait plus avouer son crime. Et le lieutenant-colonel Picquart fut envoyé en mission, on l’éloigna de plus loin en plus loin, jusqu’en Tunisie, où l’on voulut même un jour honorer sa bravoure en le chargeant d’une mission qui l’aurait sûrement fait massacrer, dans les parages où le marquis de Morès a trouvé la mort. Il n’était pas en disgrâce, le général Gonse entretenait avec lui une correspondance amicale. Seulement, il est des secrets qu’il ne fait pas bon d’avoir surpris.
A Paris, la vérité marchait, irrésistible, et l’on sait de quelle façon l’orage attendu éclata. M. Mathieu Dreyfus dénonça le commandant Esterhazy comme le véritable auteur du bordereau, au moment où M. Scheurer-Kestner allait déposer, entre les mains du garde des sceaux, une demande en révision du procès. Et c’est ici que le commandant Esterhazy paraît. Des témoignages le montrent d’abord affolé, prêt au suicide ou à la fuite. Puis, tout d’un coup, il paye d’audace, il étonne Paris par la violence de son attitude. C’est que du secours lui était venu, il avait reçu une lettre anonyme l’avertissant des menées de ses ennemis, une dame mystérieuse s’était même dérangée de nuit pour lui remette une pièce volée à l’état-major, qui devait le sauver. Et je ne puis m’empêcher de retrouver là le lieutenant-colonel du Paty de Clam en reconnaissant les expédients de son imagination fertile. Son oeuvre, la culpabilité de Dreyfus était en péril, et il a voulu sûrement défendre son oeuvre. La révision du procès, mais c’était l’écroulement du roman-feuilleton si extravagant, si tragique, dont le dénouement abominable a lieu à l’île du Diable ! C’est ce qu’il ne pouvait permettre. Dès lors, le duel va avoir lieu entre le lieutenant-colonel Picquart et le lieutenant-colonel du Paty de Clam, l’un le visage découvert, l’autre masqué. On les retrouvera prochainement tous deux devant la justice civile. Au fond, c’est toujours l’état-major qui se défend, qui ne veut pas avouer son crime, dont l’abomination grandit d’heure en heure.

On s’est demandé avec stupeur quels étaient les protecteurs du commandant Esterhazy. C’est d’abord, dans l’ombre, le lieutenant-colonel du Paty de Clam qui a tout machiné, qui a tout conduit. Sa main se trahit aux moyens saugrenus. Puis, c’est le général de Boisdeffre, c’est le général Gonse, c’est le général Billot lui-même, qui sont bien obligés de faire acquitter le commandant, puisqu’ils ne peuvent laisser reconnaître l’innocence de Dreyfus, sans que les bureaux de la guerre croulent dans le mépris public. Et le beau résultat de cette situation prodigieuse est que l’honnête homme, là-dedans, le lieutenant-colonel Picquart, qui seul a fait son devoir, va être la victime, celui qu’on bafouera et qu’on punira. O justice, quelle affreuse désespérance serre le coeur ! On va jusqu’à dire que c’est lui le faussaire, qu’il a fabriqué la carte-télégramme pour perdre Esterhazy. Mais, grand Dieu ! pourquoi ? dans quel but ? Donnez un motif. Est-ce que celui-là aussi est payé par les juifs ? Le joli de l’histoire est qu’il était justement antisémite. Oui ! nous assistons à ce spectacle infâme, des hommes perdus de dettes et de crimes dont on proclame l’innocence, tandis qu’on frappe l’honneur même, un homme à la vie sans tache ! Quand une société en est là, elle tombe en décomposition.
Voilà donc, monsieur le Président, l’affaire Esterhazy : un coupable qu’il s’agissait d’innocenter. Depuis bientôt deux mois, nous pouvons suivre heure par heure la belle besogne. J’abrège, car ce n’est ici, en gros, que le résumé de l’histoire dont les brûlantes pages seront un jour écrites tout au long. Et nous avons donc vu le général de Pellieux, puis le commandant Ravary, conduire une enquête scélérate d’où les coquins sortent transfigurés et les honnêtes gens salis. Puis, on a convoqué le conseil de guerre.
Comment a-t-on pu espérer qu’un conseil de guerre déferait ce qu’un conseil de guerre avait fait ?
Je ne parle même pas du choix toujours possible des juges. L’idée supérieure de discipline, qui est dans le sang de ces soldats, ne suffit-elle à infirmer leur pouvoir même d’équité ? Qui dit discipline dit obéissance. Lorsque le ministre de la guerre, le grand chef a établi publiquement, aux acclamations de la représentation nationale, l’autorité absolue de la chose jugée, vous voulez qu’un conseil de guerre lui donne un formel démenti ? Hiérarchiquement, cela est impossible. Le général Billot a suggestionné les juges par sa déclaration, et ils ont jugé comme ils doivent aller au feu, sans raisonner. L’opinion préconçue qu’ils ont apportée sur leur siège, est évidemment celle-ci : « Dreyfus a été condamné pour crime de trahison par un conseil de guerre ; il est donc coupable, et nous, conseil de guerre, nous ne pouvons le déclarer innocent : or nous savons que reconnaître la culpabilité d’Esterhazy, ce serait proclamer l’innocence de Dreyfus.  » Rien ne pouvait les faire sortir de là.
Ils ont rendu une sentence inique, qui à jamais pèsera sur nos conseils de guerre, qui entachera désormais de suspicion tous leurs arrêts. Le premier conseil de guerre a pu être inintelligent, le second est forcément criminel. Son excuse, je le répète, est que le chef suprême avait parlé, déclarant la chose jugée inattaquable, sainte et supérieure aux hommes, de sorte que des inférieurs ne pouvaient dire le contraire. On nous parle de l’honneur de l’armée, on veut que nous l’aimions, que nous la respections. Ah ! certes, oui, l’armée qui se lèverait à la première menace, qui défendrait la terre française, elle est tout le peuple et nous n’avons pour elle que tendresse et respect. Mais il ne s’agit pas d’elle, dont nous voulons justement la dignité, dans notre besoin de justice. Il s’agit du sabre, le maître qu’on nous donnera demain peut-être. Et baiser dévotement la poignée du sabre, le dieu, non !
Je l’ai démontré d’autre part : l’affaire Dreyfus était l’affaire des bureaux de la guerre, un officier de l’état-major, dénoncé par ses camarades de l’état-major, condamné sous la pression des chefs de l’état-major. Encore une fois, il ne peut revenir innocent sans que tout l’état-major soit coupable. Aussi les bureaux, par tous les moyens imaginables, par des campagnes de presse, par des communications, par des influences, n’ont-ils couvert Esterhazy que pour perdre une seconde fois Dreyfus. Quel coup de balai le gouvernement républicain devrait donner dans cette jésuitière, ainsi que les appelle le général Billot lui-même ! Où est-il, le ministère vraiment fort et d’un patriotisme sage, qui osera tout y refondre et tout y renouveler ? Que de gens je connais qui, devant une guerre possible, tremblent d’angoisse, en sachant dans quelles mains est la défense nationale ! et quel nid de basses intrigues, de commérages et de dilapidations, est devenu cet asile sacré, où se décide le sort de la patrie ! On s’épouvante devant le jour terrible que vient d’y jeter l’affaire Dreyfus, ce sacrifice humain d’un malheureux, d’un « sale juif » ! Ah ! tout ce qui s’est agité là de démence et de sottise, des imaginations folles, des pratiques de basse police, des moeurs d’inquisition et de tyrannies, le bon plaisir de quelques galonnés mettant leurs bottes sur la nation, lui rentrant dans la gorge son cri de vérité et de justice, sous le prétexte menteur et sacrilège de la raison d’Etat !

Et c’est un crime encore que de s’être appuyé sur la presse immonde, que de s’être laissé défendre par toute la fripouille de Paris, de sorte que voilà la fripouille qui triomphe insolemment, dans la défaite du droit et de la simple probité. C’est un crime d’avoir accusé de troubler la France ceux qui la veulent généreuse, à la tête des nations libres et justes, lorsqu’on ourdit soi-même l’impudent complot d’imposer l’erreur, devant le monde entier. C’est un crime d’égarer l’opinion, d’utiliser pour une besogne de mort cette opinion qu’on a pervertie jusqu’à la faire délirer. C’est un crime d’empoisonner les petits et les humbles, d’exaspérer les passions de réaction et d’intolérance, en s’abritant derrière l’odieux antisémitisme, dont la grande France libérale des droits de l’homme mourra, si elle n’en est pas guérie. C’est un crime que d’exploiter le patriotisme pour des oeuvres de haine, et c’est un crime, enfin, que de faire du sabre le dieu moderne, lorsque toute la science humaine est au travail pour l’oeuvre prochaine de vérité et de justice.
Cette vérité, cette justice, que nous avons si passionnément voulues, quelle détresse à les voir ainsi souffletées, plus méconnues et plus obscurcies ! Je me doute de l’écroulement qui doit avoir lieu dans l’âme de M. Scheurer-Kestner, et je crois bien qu’il finira par éprouver un remords, celui de n’avoir pas agi révolutionnairement, le jour de l’interpellation au Sénat, en lâchant tout le paquet, pour tout jeter à bas. Il a été le grand honnête homme, l’homme de sa vie loyale, il a cru que la vérité se suffisait à elle-même, surtout lorsqu’elle lui apparaissait éclatante comme le plein jour. A quoi bon tout bouleverser, puisque bientôt le soleil allait luire ? Et c’est de cette sérénité confiante dont il est si cruellement puni. De même pour le lieutenant-colonel Picquart, qui, par un sentiment de haute dignité, n’a pas voulu publier les lettres du général Gonse. Ces scrupules l’honorent d’autant plus que, pendant qu’il restait respectueux de la discipline, ses supérieurs le faisaient couvrir de boue, instruisaient eux-mêmes son procès, de la façon la plus inattendue et la plus outrageante. Il y a deux victimes, deux braves gens, deux coeurs simples, qui ont laissé faire Dieu, tandis que le diable agissait. Et l’on a même vu, pour le lieutenant colonel Picquart, cette chose ignoble : un tribunal français, après avoir laissé le rapporteur charger publiquement un témoin, l’accuser de toutes les fautes, a fait le huis clos, lorsque ce témoin a été introduit pour s’expliquer et se défendre. Je dis que cela est un crime de plus et que ce crime soulèvera la conscience universelle. Décidément, les tribunaux militaires se font une singulière idée de la justice.
Telle est donc la simple vérité, monsieur le Président, et elle est effroyable, elle restera pour votre présidence une souillure. Je me doute bien que vous n’avez aucun pouvoir en cette affaire, que vous êtes le prisonnier de la Constitution et de votre entourage. Vous n’en avez pas moins un devoir d’homme, auquel vous songerez, et que vous remplirez. Ce n’est pas, d’ailleurs, que je désespère le moins du monde du triomphe. Je le répète avec une certitude plus véhémente : la vérité est en marche et rien ne l’arrêtera. C’est aujourd’hui seulement que l’affaire commence, puisque aujourd’hui seulement les positions sont nettes : d’une part, les coupables qui ne veulent pas que la lumière se fasse ; de l’autre, les justiciers qui donneront leur vie pour qu’elle soit faite. Quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. On verra bien si l’on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres.
Mais cette lettre est longue, monsieur le Président, et il est temps de conclure.
J’accuse le lieutenant-colonel du Paty de Clam d’avoir été l’ouvrier diabolique de l’erreur judiciaire, en inconscient, je veux le croire, et d’avoir ensuite défendu son oeuvre néfaste, depuis trois ans, par les machinations les plus saugrenues et les plus coupables.
J’accuse le général Mercier de s’être rendu complice, tout au moins par faiblesse d’esprit, d’une des plus grandes iniquités du siècle.
J’accuse le général Billot d’avoir eu entre les mains les preuves certaines de l’innocence de Dreyfus et de les avoir étouffées, de s’être rendu coupable de ce crime de lèse-humanité et de lèse-justice, dans un but politique, et pour sauver l’état-major compromis.
J’accuse le général de Boisdeffre et le général Gonse de s’être rendus complices du même crime, l’un sans doute par passion cléricale, l’autre peut-être par cet esprit de corps qui fait des bureaux de la guerre l’arche sainte, inattaquable.
J’accuse le général de Pellieux et le commandant Ravary d’avoir fait une enquête scélérate, j’entends par là une enquête de la plus monstrueuse partialité, dont nous avons, dans le rapport du second, un impérissable monument de naïve audace.
J’accuse les trois experts en écritures, les sieurs Belhomme, Varinard et Couard, d’avoir fait des rapports mensongers et frauduleux, à moins qu’un examen médical ne les déclare atteints d’une maladie de la vue et du jugement.
J’accuse les bureaux de la guerre d’avoir mené dans la presse, particulièrement dans L’Eclair et dans L’Echo de Paris, une campagne abominable, pour égarer l’opinion et couvrir leur faute.
J’accuse enfin le premier conseil de guerre d’avoir violé le droit, en condamnant un accusé sur une pièce restée secrète, et j’accuse le second conseil de guerre d’avoir couvert cette illégalité, par ordre, en commettant à son tour le crime juridique d’acquitter sciemment un coupable.
En portant ces accusations, je n’ignore pas que je me mets sous le coup des articles 30 et 31 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881, qui punit les délits de diffamation. Et c’est volontairement que je m’expose.
Quant aux gens que j’accuse, je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus, je n’ai contre eux ni rancune ni haine. Ils ne sont pour moi que des entités, des esprits de malfaisance sociale. Et l’acte que j’accomplis ici n’est qu’un moyen révolutionnaire pour hâter l’explosion de la vérité et de la justice.
Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme. Qu’on ose donc me traduire en cour d’assises et que l’enquête ait lieu au grand jour !
J’attends.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de mon profond respect.

C’était il y a …..


Environ 74 ans :

Réunis à San Francisco, en Californie, les représentants de 51 pays fondent le 26 juin 1945 l’Organisation des Nations Unies (ONU).

   Promise dès 1941 par Roosevelt et Churchill, l’ONU remplace la Société des Nations (SDN).

    Issue de la Première Guerre mondiale, celle-ci ( la SDN ) avait failli dans sa mission de paix en partie parce que les États-Unis avaient renoncé à y entrer.

   L’ONU naît alors que l’Allemagne vient de capituler et que se poursuit la guerre contre le Japon. Son siège est fixé à New York, preuve que les États-Unis sont cette fois décidés à assumer leurs responsabilités mondiales.

Les trois piliers de son organisation sont :
– 1) l’Assemblée générale (192 membres aujourd’hui, avec le même droit de vote, qu’il s’agisse de l’immense Chine ou du micro-État de Nauru !),
– 2) le Secrétariat général, en charge de l’administration (10.000 fonctionnaires et un budget de 4 milliards de dollars),
– 3) le Conseil de sécurité.

   Le Conseil de sécurité réunit dix membres tournants et des membres permanents. Aux quatre membres permanents de 1945 (États-Unis, URSS/Russie, Royaume-Uni, France) s’ajoute aujourd’hui la Chine.

   Le Conseil peut sanctionner des États fautifs et même autoriser une action militaire comme ce fut le cas en 1991 suite à l’invasion du Koweit par l’Irak, mais sa capacité d’action est limitée par le droit de veto des cinq membres permanents.

À la différence de la SDN, l’ONU dispose d’une force militaire, les «Casques bleus».

 » L’ONU n’a pas créé le paradis, mais elle a évité l’enfer  » , a pu dire d’elle son deuxième secrétaire général, le Suédois Dag Hammarskjöld…

çà se serait passé il y a…..194 ans ?


    Née d’une famille honnête de la Charité-sur-Loire, et âgée de vingt-sept ans, Henriette Cornier, femme Berton, sans mener une conduite régulière, ne s’était jamais signalée par aucun des actes que les lois punissent. Depuis deux ans ses mœurs étaient devenues plus rangées, mais son humeur avait perdu de sa gaieté : des tentations de suicide l’avaient même saisie à plusieurs reprises. Abandonnée depuis longtemps par son mari, elle avait servi en qualité de domestique dans diverses maisons.
     Le 4 novembre 1825, en l’absence de ses maîtres, elle se rend dans la boutique d’un fruitier nommé Belon, dont la femme tenait entre ses bras une petite fille âgée de dix-neuf mois. Henriette caresse l’enfant, prie la mère, qui résiste d’abord, de le lui confier, ajoutant qu’elle s’en amusera. Couvrant toujours l’enfant de ses baisers, elle l’emporte dans sa cuisine, de là dans sa chambre, où, le posant sur son lit, elle lui tranche la tête, et dépose ensuite le cadavre sur le carreau . Quand la malheureuse mère vient redemander sa fille :  » Elle est morte  » , lui répond froidement Henriette, et après que la femme Belon s’est convaincue de son malheur :  » Sauvez-vous, dit encore Henriette, vous serviriez de témoin.  »  Puis, ramassant la tête de l’enfant, elle la jette par la fenêtre ; le père lui-même la voit tomber, et la recueille.

    Interrogée sur les motifs qui avaient pu la porter à commettre ce crime, Henriette n’en allégua jamais d’autre que sa volonté, une idée vague, sa destinée !        Elle comparut le 27 février devant la cour d’assises ; mais un supplément d’instruction sur son état mental ayant été reconnu nécessaire, la cause fut renvoyée à une autre session. On transféra l’accusée dans l’hospice de la Salpêtrière, où sont traitées les femmes aliénées ; c’est là que les docteurs Esquirol, Adelon et de Pressac ont eu la facilité d’examiner son état moral, et de compléter l’instruction sous ce rapport.
    Le 24 juin 1876, Henriette Cornier fut amenée de nouveau sur le banc des accusés. Interrogée par la Cour, H.Cornierelle ne nia pas un seul instant son crime : un oui, brièvement articulé, fut sa réponse sur tous les faits connus ; mais Henriette CornierH.Cornier image 1 s’attacha toujours à éloigner les circonstances qui auraient pu constituer la préméditation  : on put remarquer en cela beaucoup d’ordre dans ses réponses. Six médecins, interrogés par le tribunal sur l’état d’Henriette, ne purent affirmer qu’elle fût atteinte de folie ou de monomanie ; mais ils soutinrent l’existence de cette dernière maladie, et en citèrent des exemples.

    Défendue par un avocat habile, Henriette Cornier fut déclarée coupable d’homicide volontaire, commis sans préméditation, et condamnée à la peine des travaux forcés à perpétuité et à la flétrissure. Elle entendit sa condamnation, comme elle avait commis son crime, sans manifester la moindre émotion.!

J’ai lu à propos de LU …..


    La première Exposition universelle ouvrait ses portes à Paris le 14 avril 1900 …Avec environ 50 millions de visiteurs , c’était l’exposition où  » il fallait être  » ….La marque de biscuit Lu est au rendez-vous et sort du lot grâce à une technique originale de vente  : Utiliser l’art de son temps …..

En 1900 , au pied de la tour Eiffel , la tour Lu flambant neuve se voit de loin dans l’Exposition universelle …

    Le patron de Lefèvre – Utile , a imaginé une tour immense , un peu comme un phare de style  » art nouveau  » avec beaucoup de couleurs et de courbes . A l’intérieur , deux escaliers mènent à un salon de thé au plafond orné de biscuits Lu  ! ( un bâtiment à la mode de l’époque ) ….Louis Lefèvre Utile est passionné d’art et en a fait son argument de vente . Les gâteux ne doivent pas seulement être bons , ils doivent aussi être attrayants par la beauté de leur emballage . Lefèvre – Utile invente ,  pourrait on dire , le  » marketing artistique  » . Sur ses boîtes de biscuits et affiches publicitaires , il fait reproduire des peintures d’artistes …C’est ainsi qu’il repère le travail d’un jeune talent encore peu connu : Alfonse Mucha ….Les boîtes Lu seront vite décorée dans le style  » art nouveau  » , avec des femmes aux courbes généreuses , aux longs cheveux et épaules dénudées .

  L’art de l’époque entre ainsi dans les maisons sous la forme de boîtes de biscuits et, dans les rues , les boutiques , tout le monde reconnait la marque Lu …La recette fonctionne si bien que le fils de Louis , Michel Lefèvre -Utile , l’utilise quand il prend les commandes de la maison .

   En 1937 , toujours à Paris s’ouvre une nouvelle Exposition universelle …L’ Art nouveau a fait place à l’Art déco ….On construit un autre pavillon Lu  qui , évidemment , n’échappe pas à l’art de l’époque ….C’est un pavillon gigantesque , construit entre le pont de l’Alma et le pont Alexandre III .Il ressemble à une grosse boîte de biscuits …Pour y accèder , les visiteurs passent par une grande entrée surmontée d’un immense  » petit – beurre  » ..A l’intérieur , le symbole Lu est partout : Sur de grandes photos , sur les rideaux et les murs , afin de donner envie de  » succomber  » à la tentation des biscuits .

La marque continuera des années après à faire appel à l’art de son temps  : Dans les années 50 , quand les U.S.A et le  » design  » sont à la mode , tous les emballages seront redessinés . Le logo Lu  apparait avec les lettre L et U blanches sur fond rouge ….Les ventes progressent encore …Cent millions de paquets furent vendus en 1960 ! 

   

 

A mes lecteurs ( trices ) éventuels de juger …


     Ashley Stevens, une jeune américaine de 21 ans était loin de se douter que la publication de cette photo sur les réseaux sociaux allait susciter ce déversement de haine… Elle trouvait la photo drôle, alors elle a voulu la partager ! En effet, on peut la voir au mariage de sa meilleure amie, attraper le bouquet de la mariée. À côté, se trouve son petit ami Christopher qui à la vue de cette scène prend un air horrifié hilarant ! À côté de ce dernier, le père d’Ashley lance un regard furibond à Christopher qui comme le veut la tradition du bouquet, pourrait bien épouser prochainement sa fille ! Le regard du papa protecteur qui met en garde son gendre quoi… Une jolie photo de famille mais qui va vite se retrouver sous le flot des critiques…

mariage

  En effet, certains s’en sont pris au physique de Christopher…de la méchanceté purement gratuite donc :  » Il est dégoûtant  » ,   » Ce gros aura de la chance d’épouser cette sa…pe  » ou même  »  Si je lui ressemblais et que je sortais avec elle, je ferais d’elle ma femme bien vite  »  Certains sont même allés jusqu’à affirmer que le jeune homme avait un problème mental…

baiser

   Scandalisée par ces propos, la jeune fille  a répondu :  » J’ai gagné le jackpot avec Christopher. Il n’a peut-être pas les abdos que les filles sont soi-disant toutes censées vouloir chez un mec, mais vraiment, pourquoi est-ce cela compterait quand vous essayez de trouver la personne avec laquelle vous voulez passer le reste de votre vie? Il est attentionné et patient, il me montre qu’il m’aime dans un tas de petits gestes, c’est mon meilleur ami. Je l’aime pour ce qu’il est, il m’aime pour ce que je suis.  »

Encore !! (autiste=> trophée  » élève le plus pénible  » )


  Pendant une fête de fin d’année dans un collège public de la ville de Gary dans l’Indiana, un enseignant a décerné un trophée du «garçon le plus pénible» à un élève autiste de 11 ans. Les autres enfants ont reçu des trophées positifs, comme celui de l’élève «le plus drôle» ou qui a «fait le plus de progrès».

   Le père de l’élève, qui était présent lors de la fête, n’avait pas été prévenu et a été extrêmement choqué. Il raconte à la presse locale qu’il a voulu partir mais qu’il a été rattrapé par l’enseignant en question.

     Ce dernier a dit au père qu’il avait oublié le trophée de son fils et semblait considérer la récompense comme une bonne blague !! Le proviseur du collège avait aussi assisté à la cérémonie. L’enseignant, qui n’a pas été identifié, est pourtant spécialisé dans l’éducation des enfants qui ont des besoins d’apprentissage spécifiques. Pendant l’année, les parents avaient reçu plusieurs appels lorsque le personnel avait du mal à gérer le comportement de l’enfant.

 Sanctions
   Les parents, qui se sont dit soulagés que leur fils n’ait pas pu comprendre le sens de ce trophée, se sont plaints et le district scolaire s’est excusé. La direction a déclaré que l’enseignant ferait l’objet de sanctions, même si celles-ci n’ont pas été précisées.

    «Nous reconnsaissons l’impact potentiel qu’une telle expérience peut avoir sur le bien-être mental d’un enfant, sur sa confiance en soi et sur son niveau de confort dans un environnement d’apprentissage», aurait  déclaré le manager du district scolaire.
  La famille de l’élève avait déjà prévu de déménager dans une autre ville, mais ils espèrent qu’à la suite de cet incident, aucun autre élève ne sera traité de cette façon.

autiste

Suicide ? Euthanasie ?


Avec l’accord de ses médecins!

    Comme le précise Le Monde, Noa a cessé de s’alimenter et de s’hydrater avec l’accord des médecins et de sa famille. Le terme exact est donc « suicide » et non pas euthanasie car aucune injection n’a été réalisée pour mettre fin à la souffrance de la jeune femme.

  Elle s’appelait Noa Pothoven. Âgée de seulement 17 ans, elle luttait depuis plusieurs années contre la maladie mentale après avoir été agressée sexuellement à trois reprises. Finalement, elle a décidé de mettre fin à son combat qui devenait insupportable et a décidé de se faire euthanasier aux Pays-Bas, légalement.

Victime de plusieurs viols : le combat de Noa Pothoven
   Alors qu’elle était enfant, Noa Pothoven a été violée à trois reprises.

   Elle aurait été agressée une première fois entre l’âge de 11 et 12 ans et violée par deux hommes à l’âge de 14 ans. Âgée de 17 ans, la jeune femme menait une vie insupportable entre anorexie, dépression, et stress post-traumatique. Ne supportant plus la douleur, elle décide de se faire euthanasier et a publié sa décision qu’elle a expliqué sur son compte Instagram. : « J’ai longtemps hésité avant de partager cela, mais j’ai quand même décidé de le faire. Peut-être que cela en surprend certains, compte tenu de mes articles sur l’hospitalisation, mais j’ai ce projet depuis longtemps et ce n’est pas une décision prise sur un coup de tête. Je vais aller droit au but: dans un délai maximum de 10 jours, je mourrai. Après des années de combat et de bagarre, je suis épuisée. Je cesse de manger et de boire depuis un moment maintenant, et après de nombreuses discussions et évaluations , il a été décidé de me laisser partir parce que ma souffrance est insupportable. »

Elle se fait euthanasier aux Pays-Bas
  En hollande, il faut savoir que l’euthanasie est accordée aux patients souffrant de troubles psychiatriques s’ils le souhaitent, et selon certaines circonstances. En effet, si le médecin conclut à des souffrances insupportables alors, cette option peut être envisagée. Et dans le cas de Noa Pothoven, rien ne laissait présumer d’une amélioration. D’ailleurs, elle se qualifie elle-même de survivante en expliquant : « je respire, mais je ne vis plus. »
   Ces dernières années, elle les a passées dans les hôpitaux et les centres spécialisés. D’ailleurs, elle portait une robe spécialement conçue pour elle et extrêmement solide pour lui interdire de mettre fin à ses jours. Malheureusement, son état était tellement critique, qu’elle est tombée dans le coma et a été nourrie artificiellement à cause d’une insuffisance pondérale grave et de nombreuses défaillances de ses organes. Dans son dernier message, elle avoue : « Je revis la peur, cette douleur chaque jour. Toujours effrayée, toujours sur mes gardes. Et à ce jour, mon corps est toujours sale. Ma maison intérieure a été cambriolée, mon corps ne s’en remettra jamais »

 

 

Faut il en rire ?


Parfois, mieux vaut en rire qu’en pleurer.

   Pourtant au départ, cette histoire n’a pas de quoi faire sourire. Ce dimanche, une femme de 95 n’a pas pu voter à Nérac dans le Lot-et-Garonne, tout simplement parce qu’elle était considérée comme… morte !vieille dame
  Selon le maire de la commune, qui a mis la mésaventure sur Facebook, la nonagénaire se présente en pleine forme dans son bureau de vote mais là, impossible de la trouver sur les listes. L’élu présent sur place décide alors d’aller vérifier dans l’ordinateur de la mairie pendant que l’habitante plaisante : « J’espère que je ne suis pas morte, dans votre ordinateur ! »

         Eh bien, si !  » Vous êtes malheureusement décédée le 14 décembre 2017 !  », affirme gêné le maire à son administrée. Par conséquent, elle est donc radiée des listes électorales depuis cette date et ne peut voter. Plus amusée qu’énervée par la situation, elle déclarera selon l’élu : « Eh bien ils construiront l’Europe sans moi. Je ne pensais pas devoir m’inscrire à nouveau sur les listes électorales à 95 ans ! »

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