Le syndicalisme….


…..français

Entre révolution et réforme

Le syndicalisme tel que nous le connaissons aujourd’hui a moins de deux siècles d’existence. Il est né en Angleterre avec la révolution industrielle et la formation d’une classe ouvrière. Il a obtenu  »droit de cité  » à la fin du XIXe siècle dans la plupart des pays occidentaux.

En France, l’empereur Napoléon III  

Napoléon III ?

a accordé en 1864 le droit de grève et d’association aux ouvriers mais c’est seulement vingt ans plus tard, sous la 3ème république  , qu’ont été légalisés les syndicats, par la loi Waldeck-Rousseau

Waldeck-Rousseau ?

du 21 mars 1884.

En butte à la méfiance de la classe politique, à la différence de leurs homologues britanniques et allemands, ces syndicats vont être livrés à l’extrême-gauche anarchiste et s’abandonner à l’illusion du grand soir révolutionnaire. 

La grève au Creusot, 1899 (Jules Adler, musée des beaux-arts de Pau)

Syndicats et Bourses du Travail donnent naissance à la première confédération

Les troubles de la Commune passés la gauche républicaine qui a pris le pouvoir se détourne ostensiblement de la classe ouvrière. Le  » fougueux » Léon Gambetta  

Gambetta ?

déclarera au Havre, le 18 avril 1872 :  » Croyez qu’il n’y a pas de remède social, car il n’y a pas une question sociale.  »

Des syndicats se développent malgré tout dans les grandes usines et on en compte bientôt un demi-millier. En 1879 naît la première fédération nationale professionnelle, celle des chapeliers (?), suivie deux ans plus tard par celle du Livre puis en 1883 par celle des mineurs. Sous la présidence de Jules Grévy

J.Grévy ?

, la majorité parlementaire se résout à légaliser leur existence.

Le syndicalisme accélère sa croissance sous l’impulsion de socialistes d’obédience (Relation de dépendance entre une autorité, un mouvement, une idéologie et les personnes qui y sont attachées ). marxiste  et de militants chrétiens inspirés par l’encyclique  » Rerum Novarum de Léon 13 » .

D’autre part , dans une optique libérale, le Conseil municipal de Paris inaugure le 3 février 1887 la première Bourse du Travail française. Il doit s’agir d’un lieu où chômeurs et employeurs peuvent se rencontrer et faire affaire selon la loi de l’offre et de la demande.

Dans les mois suivants, d’autres Bourses du Travail sont fondées à Nîmes, Marseille… On en compte bientôt près d’une centaine en France (et aussi en Belgique). En février 1892 est constituée une Fédération nationale des Bourses du Travail de France et des colonies. Elles bénéficient d’un financement public important et leur gestion est déléguée aux syndicats. Elles accueillent des sociétés d’entraide sociale, ce qui leur vaut d’être aussi appelées Maisons du Peuple. Très vite, les socialistes y voient un outil pour diffuser leurs idées parmi les ouvriers.

Fernand Pelloutier (Paris, 1er octobre 1867 ; Sèvres, 13 mars 1901)Le pouvoir politique, inquiet de la tournure des événements, replace la Bourse du Travail de Paris sous la tutelle du préfet. Les syndicats se soumettent pour ne pas perdre leurs subventions. Cette addiction à l’argent public est la  »maladie infantile » du syndicalisme français, dont il souffre plus que jamais un siècle après...

La Fédération nationale échappe quant à elle à la tutelle de l’État et défie même celui-ci en portant à sa tête en 1895 un jeune militant anarchiste, Fernand Pelloutier…….

F.Pelloutier ?

…..(24 ans), qui a rejeté le terrorisme  » façon Ravachol  » au profit de l’action militante.

La même année, la Fédération nationale des Bourses du Travail se rapproche de la Fédération des syndicats pour fonder à Limoges la Confédération Générale du Travail (CGT). Il s’agit de la première union nationale de syndicats, qui inclut notamment la Fédération du Livre et la Fédération des cheminots.

Au congrès de Montpellier, en 1902, les Bourses du Travail se transforment en unions départementales multi professionnelles et se fondent au sein de la CGT. Celle-ci se dote ainsi de structures fédérales solides et de réels moyens d’action.

Victor Griffuelhes (Nérac - Lot-et-Garonne, 14 mars 1874 ; Saclas - Seine-et-Oise, 30 juin 1922)Ses effectifs bondissent à plus de cent mille membres sous l’impulsion de son secrétaire général Victor Griffuelhes (un ancien militant anarchiste ). Il organise le 1er mai 1906 la première grève générale pour la journée de 8 heures .

Quelques mois plus tard, au 9 -ème congrès de la CGT, à Amiens, Victor Griffuelhes

Victor Griffuelhes

fait valoir ses vues dans une motion qui restera dans l’Histoire syndicale sous le nom de  » charte d’Amiens  »et préconise la grève générale comme moyen de faire triompher la révolution et  » l’expropriation capitaliste  ».

La Bourse du Travail de Paris en 1906

Un syndicalisme libre de toute attache politique

Entre le congrès d’Amiens et la Grande Guerre, la CGT voit ses effectifs doubler jusqu’à atteindre environ 400 000 adhérents sur près de huit millions de salariés (  »une paille  » à côté des quatre millions de syndiqués britanniques et autant d’allemands).

Léon Jouhaux, 1914 (Paris, 1ᵉʳ juillet 1879 ; 28 avril 1954)Mais Victor Griffuelhes, contesté, est démis en février 1909 et remplacé quelques mois plus tard au secrétariat général par un jeune inconnu de trente ans, Léon Jouhaux

Léon Jouhaux ?

. Il va demeurer à la tête de la Confédération jusqu’en 1947 (exception faite de l’Occupation) avant de recevoir le Prix Nobel de la Paix 1951 et fonder la CGT-FO (Force Ouvrière).

En attendant, en 1914, Léon Jouhaux rejoint  » l’Union sacrée », tout comme Jules Guesde, le dirigeant du parti socialiste (SFIO). Les conflits sociaux reprennent toutefois sans attendre la fin de la guerre. En novembre 1917 se rompt l’Union sacrée tandis qu’en Russie, Lénine et les bolchéviques s’emparent du pouvoir.

En 1919, une rivale se dresse devant la CGT. C’est la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), créée à l’initiative de la Fédération des syndicats féminins et du Syndicat parisien des employés du commerce et de l’industrie. Elle se veut réformiste et apolitique, fidèle à la doctrine sociale de l’Église.

La situation se gâte en 1920. La SFIO ne parvient pas à faire passer des réformes sociales. Quant à la CGT, elle multiplie les grèves tournantes à l’initiative de ses  » comités syndicalistes révolutionnaires  » (CSR) de tonalité anarchiste et lance une grève générale le 1er mai. Tout cela aboutit à un échec et n’empêche pas des licenciements massifs dans la métallurgie.

À la fin de l’année 1920, la SFIO se déchire au congrès de Tours. La majorité de ses militants rejoint le Parti communiste français (PCF) et fait allégeance à Lénine.

L’année suivante, le 25 juillet 1921, le 16 -ème congrès de la CGT s’ouvre au palais Rameau, à Lille, dans un climat de grande violence. Des coups de feu sont même tirés et l’on compte une trentaine de blessés. 

Le XVIe congrès de la CGT au palais Rameau (Lille), juillet 1921

Léon Jouhaux, réformiste bon teint, obtient la dissolution des comités anarchistes. Mais il ne peut éviter le départ d’une minorité, un tiers environ des 700 000 adhérents. Proche du PCF et des bolchéviques, elle va constituer la CGT Unitaire.

Les deux frères ennemis referont leur union le 2-5 mars 1936, au congrès de Toulouse, avec l’aval de Staline, en prélude à la victoire du Front populaire  . Bien que réunifiée, avec un total de cinq millions d’adhérents, la CGT va se montrer toutefois incapable de maîtriser le soulèvement spontané qui suit les élections et conduit à deux millions de grévistes.

C’est au secrétaire général du parti communiste Maurice Thorez  qu’il reviendra de  »siffler la fin de la récréation  » le 11 juin 1936 :  » Il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue  ».

René Belin, 1937 (14 avril 1898, Bourg-en-Bresse ; 2 janvier 1977, Lorrez-le-Bocage)Le pacte germano – soviétique de 1939 et l’invasion de la France en 1940 entraînent la CGT dans des dissensions autrement plus graves. Léon Jouhaux est déporté à Buchenwald cependant que René Belin, un autre dirigeant de la Confédération, devient ministre du Travail dans le gouvernement du maréchal Pétain !

Tout en collaborant indignement avec l’occupant, le régime ébranle les institutions de la IIIe République défunte, y compris les syndicats qui sont dissous le 9 novembre 1940 en tant qu’émanation de la lutte des classes.

Les jeunes technocrates de Vichy entament une rénovation sociale qui sera accélérée à la Libération.

Le programme du Conseil National de la Résistance:

Le CNR, qui réunit des représentants de la Résistance, des partis de la France libre et des syndicats (CGT et CFTC), publie le 15 mars 1944 un programme d’action qui va devenir la référence commune à tous les partis et syndicats français jusqu’à l’avènement de la monnaie unique, au début du XXIe siècle.

Ce petit texte préconise un rôle accru de l’État et des syndicats dans la vie économique :  »retour à la nation des grands moyens de production monopolisée (…), droit d’accès aux fonctions de direction et d’administration pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires (…), participation des travailleurs à la direction de l’économie, (…) reconstitution d’un syndicalisme indépendant doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale, (…) sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État  ».

 »La vache….


………qui rit »

LA NAISSANCE DE LA VACHE VACHE QUI RIT

Une aventure familiale

Tout commence à Orgelet dans le Jura où Jules Bel s’établit à l’âge de 23 ans (1865), comme maître-affineur. Il achetait des meules  » blanches  » de gruyères et autres fromages à pâte dure aux coopératives appelées  » fruitières  » pour les faire vieillir.

Ambitieux, dynamique, homme du cru qui inspire respect et confiance, Jules Bel a su passer à ses fils l’exigence d’un métier difficile. Il n’est âgé que de 55 ans quand en 1897 il confie son affaire à ses deux fils Henri et Léon, respectivement âgés de 29 et 19 ans. La maison devient alors  » Bel Frères  ».

En 1897, l’entreprise s’installe à Lons-le-Saunier profitant de la proximité de la ligne de chemin de fer et des salines de Montmorot. Henri quitte l’entreprise en 1908, la maison prend alors le nom de  » Léon Bel, Gruyère en gros  ».

Léon Bel et la Première Guerre

Mobilisé à 36 ans, Léon Bel est affecté aux escadrons du  » Train  », au  » Ravitaillement en Viande Fraîche  », dont la mission était de convoyer la viande vers les soldats du front avec des autobus de la Ville de Paris réquisitionnés pour l’occasion !

Les soldats commencèrent à dessiner sur les véhicules des  » insignes  », souvent humoristiques, permettant d’identifier les différentes unités. Le commandant d ‘un régiment ,écrivit à Benjamin Rabier, un illustrateur renommé, qui lui renverra l’image d’un bœuf souriant, qu’un poilu irrévérencieux eut l’idée de baptiser  » La Wachkyrie  »,( en référence aux Walkyries si chères aux Allemands )…

Le fromage fondu

Au même moment en 1917, Emile, Otto et Gottfried Graf, des Suisses, importent en France la technique de fabrication du fromage fondu, mise au point en Suisse en 1907 par Gerber. Le nouveau fromage est encore inconnu, mais il a de l’avenir : il est bon, économique et sa pâte goûteuse conditionnée dans des boîtes métalliques supporte les longs voyages et les climats chauds.

La première Vache qui rit

De retour à Lons en 1919, Léon Bel reprend les rênes de son entreprise. Son esprit clairvoyant va faire merveille : il pressent l’immense succès du fromage fondu dans ce monde d’après-guerre. Pour lancer sa propre marque, il fait appel au savoir-faire d’Emile Graf, et s’installe dans l’atelier dit  » de l’Aubépin  ».

Le 16 avril 1921, Léon Bel dépose la marque  »La vache qui rit  ». L’idée lui vient de s’inspirer de l’insigne du régiment pour représenter une vache en pied avec une expression hilare.

Léon voit grand. Il fonde en 1922 la  » Société Anonyme des Fromageries Bel  », société qu’il dirigera jusqu’en 1937, et qu’il transmettra à son gendre Robert Fiévet. Face au succès rapide de sa nouvelle marque, Léon Bel équipe dès 1924 l’atelier de machines modernes permettant d’augmenter la production tout en améliorant les conditions de travail des ouvriers. C’était également l’occasion de mettre au point la couleuse à portions triangulaires, enveloppées au départ dans un papier d’étain et disposée désormais dans des boîtes en carton. Dès la première année il se vend 12.000 boîtes par jour.

LE SUCCÈS

La naissance d’une image de marque

Léon Bel cherche à faire évoluer l’image de la Vache qui rit. En 1923, il saute le pas en utilisant le dessin de Benjamin Rabier qui lui donne l’aspect sympathique et humain qui lui manquait. Il charge l’imprimeur Vercasson de teinter cette tête de vache en rouge et sur les conseils de sa femme, Anne-Marie, de la parer de boucles d’oreilles en forme de boîte de Vache qui rit. Une manière de féminiser cette vache qui donne son lait pour faire de bons fromages.

Les nouvelles usines (1926-1933)

Les premières installations étant vite dépassées, il fait construire à Lons, une nouvelle usine ultramoderne inaugurée fin 1926. La plus grande originalité de cette usine est la création, en 1926, d’un  »bureau de la publicité  » qui gère en interne la  » réclame  » de la marque. Léon Bel a compris que la publicité commande les ventes.

La nouvelle usine a été conçue pour une production de 120.000 boîtes de Vache qui rit par jour, et très vite on cherche à s’ouvrir sur le monde. Dès 1929, les Fromageries bel commercialisent le fondu en Angleterre. A partir de 1933, elles installent des unités de production et des sociétés de commercialisation en Belgique, et progressivement dans les autres pays européens.

La distribution

Pour acheminer les fromages vers les points de vente au détail, Bel a recours à des grossistes, détaillants, coopératives, soit environ 3.000 grands clients. Il dispose de ses propres dépôts dans toutes les grandes villes de France, d’un réseau de représentants et d’une flotte de véhicules estampillés Vache qui rit. Ces détaillants sont particulièrement  »choyés » par l’entreprise : elle leur fournit du matériel publicitaire qui viendra décorer la boutique : Plaques émaillées, calendriers ou horloges indiquent que la  » maison  » vend bien la célèbre Vache qui rit.

La communication

Dès ces premières années, La vache qui rit communique sur un ton souriant et décalé qui ne la quittera jamais. Elle est devenue une starlette dont s’amuse Joséphine Baker. Elle communique dans la presse, participe aux premiers balbutiements de la publicité radiophonique : on entend sur les ondes la chanson  » C’est la Vache qui rit  », de Jean Rodor et chantée par le bien nommé Constantin le Rieur… En 1935 et 1936 la marque organise également de grands concours permettant de gagner de superbes lots. A partir de 1933, les boîtes de VQR contiennent des images à collectionner qui en font une marque à succès auprès des enfants

La Vache qui rit sera la première à soutenir les évènements sportifs, grâce à la populaire course cycliste, les Six jours de Paris en 1925, avant de participer à la Caravane du Tour de France dès 1933.

Les nombreuses foires expositions permettent de faire connaître la marque et ses produits dans des constructions aussi éphémères qu’inventives (Salon des Arts décoratifs en 1925, au Salon des Arts ménagers en 1930 et à la Foire de Paris en 1935).

LE RENOUVEAU

Après la guerre

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Léon Bel confie définitivement les rênes de la société à son gendre Robert Fiévet. Lequel restera PDG jusqu’en 1996. Fini les sévères pénuries des années de guerre. La teneur en matières grasses augmente à 40% en 1948, et s’accompagne du lancement sur le marché de nouveaux produits comme le Belébon ou le Bonbel (1947).

La Vache qui rit retrouve son insouciance et sa place auprès du jeune public grâce au slogan  » La Vache qui rit est l’amie des enfants  ». En 1949, c’est une Vache qui rit solidaire et soulagée qui inscrit son visage sur les boites dans le V de la victoire. La tête rouge va se détacher sur un paysage stylisé portée par de nouvelles appellations :  » Tendrébon  » et  » Fromage pour tartine  ».

La publicité

Une agence de publicité va porter le nouveau visage de la marque, l’agence Chavanne : avec le slogan  » La Vache qui rit est un fromage et un bon fromage  », elle fait partie de la vie quotidienne, elle s’affiche dans la rue, dans le métro, à l’arrière des autobus, dans la presse, dans les salles de cinéma, voir même dans une émission de radio pour enfants animée par Alain saint-Ogan  » La Vache qui rit au Paradis des animaux  ». Elle conçoit aussi la panoplie de l’écolier des années 50, avec des protège-cahiers et des buvards grâce au concours des plus grands illustrateurs de l’époque.

Meilleure que jamais…

En 1955, on enrichit la composition et porte à 50% la part des matières grasses, ce qui, à l’époque, représentait une performance technique et un pari. La Vache qui rit devient ainsi plus onctueuse et plus facile à tartiner. L’emballage est rajeuni : une bande bleue et blanche apparaît sur le pourtour de la boîte. Le contour de la tête de la vache est légèrement arrondi. On l’inscrit dans un écusson doré, couronné de quatre étoiles qui suggèrent la qualité du produit.

Encore une fois , la vache qui rit s’adapte à son époque. Elle qui a fait travailler les plus grands affichistes, se lance dans des campagnes publicitaires photographiques. Entre 1961 et 1969, la plupart des affiches montrent les  » bons fromages  » qui entrent dans la composition de la Vache qui rit.

C’est à partir de 1968 que les Fromageries Bel feront leur entrée à la télévision. La Vache qui rit anticipe et accompagne les mutations de la société (jamais trop tôt ni trop tard ) toujours présente au bon moment.

La vitalité commerciale de l’entreprise porte ses fruits : au terme de 11 années de communication vivante et diverse sur le thème des bons produits, la vache qui rit est leader incontestable de son secteur avec 56% de part de marché. Sa notoriété est excellente, l’image du produit, pleinement positive.

L’INTERNATIONAL

Robert Fiévet décide, dès les années 50, de faire le tour de ce monde en mouvement en multipliant les implantations à l’étranger. A chaque fois, l’ouverture sur un nouveau pays repose sur une adaptation souple aux habitudes locales et s’accompagne de publicité. Les exportations de Bel assurent en 1965 11% des exportations totales de fromages français […] et en 1964 Bel reçoit  » l’Oscar de l’exportation  ».

Une petite usine fut installée à Odense, au Danemark dès 1953. Déjà présents dans tout le Marché Commun, les produits Bel entretiennent la conquête de nouveaux marchés comme l’Espagne (1967).

C’est dans la petite bourgade de Leitchfield aux USA, au cœur du Kentucky qu’est implantée depuis 1970 la fromagerie de La Vache qui rit. En 2003, la fromagerie a été surprise par le succès. Cette année-là, le docteur Agatstson publie un ouvrage intitulé » South Beach Diet  », dans lequel il recommande d’utiliser une portion de la VQR light comme encas coupe-faim. Le régime fait fureur aux Etats-Unis, The Laughing Cow allégée se glisse dans le sac des filles, de Manhattan à Los Angeles. Elle devient l’atout minceur des Américaines.

En 1974 une nouvelle fromagerie ouvre ses portes à Tanger. La Vache qui rit découvre l’Afrique qu’elle parcourt jusqu’à Madagascar, traversant le désert du Sahara et la jungle centrafricaine. Tangérois, petits et grands, consomment la Vache qui rit depuis les années 70. Imposant par sa taille, 30.000 m², et son personnel, 1300 employés, c’est l’une des plus importantes unités de production du groupe dans le monde. Aujourd’hui, 35% de la production sont consommés dans le pays, 65% sont exportés vers l’Afrique subsaharienne, les pays du Golfe et le Maghreb. L’usine, qui produisait entre 5.000 et 6.000 tonnes à la fin des années 1970, en produit 40.000 aujourd’hui.

On la retrouve en Egypte qui ouvre deux filiales, en 1998 puis 2006, suivie par l’Algérie en 2001 et 2007.

Au Vietnam, où la Vache qui rit est produite depuis 2011, il est fréquent qu’un hôte accueille un invité en lui offrant une portion de Vache qui rit en signe de bienvenue !

Le cap originel indiqué par Léon Bel est maintenu : La Vache qui rit doit être présente partout, pour tous, dans le monde entier. Alors elle a appris à se glisser dans tous les pays, à se fondre dans toutes les habitudes, à se mettre au goût particulier des consommateurs d’ici et d’ailleurs. La Vache qui rit aux mille visages s’adapte. Sa formule est enrichie en vitamine D et en lipides dans les pays en voie de développement, alors que les Etats Unis et le Canada raffolent d’une Vache qui rit allégée et même aromatisée. Si son image est la même quel que soit le pays son nom en revanche, se prononce dans chaque langue. Partout elle est à la fois identique et pourtant différente.

LES DÉFIS DE LA COMMUNICATION

En 1960, Robert Fiévet dirige l’entreprise depuis vingt-trois ans. Il l’engage dans une nouvelle politique de communication. Dans les années 1970, les nouvelles campagnes publicitaires contribuent à créer une image dynamique et moderne de la Vache qui rit auprès des consommateurs les plus jeunes : ce sera la campagne Les Vachequiriphiles, qui portent haut ses couleurs façon  » pop art  ». Dans une autre campagne Jacques Parnel donne aussi une nouvelle jeunesse à l’icône : il la rend anthropomorphique, la déguise en tenue régionale, lui fait faire du vélo ou de l’autostop avec sac à dos et guitare à la main. Elle incarne son époque et les aspirations héritées de mai 68…

C’est l’époque où La vache subit un nouveau  »lifting’, ses cornes sont émoussées et ses boucles désormais présentées de face.

En 1985, on s’inspire avec humour de la publicité spectacle de l’époque dans le film d’animation  » Le casting  ». Calme et généreuse, la Vache qui rit apparaît en diva.  » Pour être un grand nom du fromage et plaire à tout le monde il faut avoir une sacrée personnalité  », conclut le spot qui fera le tour du monde.

Dans les années 90, on fait référence aux grands standards du cinéma. Un enfant rencontre son héros, pilote de chasse, et lui offre sa portion de Vache qui rit. Le film exploite les sensations, les émotions, les grandes références ( famille, amitié, évasion ) et renforce le positionnement de la Vache qui rit comme un fromage pour tous.

En 2001, la VQR lance à la télévision et sur internet une campagne accompagnée d’un concours intitulée :  » Pourquoi la VQR rit ?  » La vache part à la rencontre des gourmands et fait l’expérience de son immense popularité. Le fameux slogan réussit le tour de force d’imposer à tous une question que personne ne se posait avant et de placer La vache qui rit au cœur de toutes les conversations. Et tout ceci sans montrer une seule fois la fameuse tête rouge !

Avec  » la fabrique  », qui apparait sur les écrans en 2010, La Vache qui rit franchit un nouveau pas : cette publicité réussit la synthèse de toutes les périodes précédentes puisqu’on y voit habilement mêlés : les ingrédients utiles à la fabrication du fromage, des personnages pleins de vie et de santé, souriants et heureux d’être ensemble. On y voit bien entendu La vache qui rit, pour la première fois modélisée en 3D.

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Quelques images /affiches :

Léon Bel
L.Bel et sa femme
usine fabrication gruyère ?
Usine
Affiche ?
1ère boite ?
livraison ?
Affiches.
A l’étranger…
Aujourd’hui ?

Etc……

Klik

Les commentaires ne sont pas utiles, j’écris maintenant pour moi d’abord (mais je les laisse  » ouverts  » au cas où)

Discours de Victor Hugo …..


….sur la misère ….

Victor_hugo

Victor Hugo  » discours sur la misère  » à l’Assemblée Nationale le 9 juillet 1849 

 »Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère. Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas le fait, le devoir n’est pas rempli.

La misère, Messieurs, j’aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir où elle en est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu’où elle peut aller, jusqu’où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au moyen-âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?

Mon Dieu, je n’hésite pas à les citer, ces faits. Ils sont tristes, mais nécessaires à révéler ; et tenez, s’il faut dire toute ma pensée, je voudrais qu’il sortît de cette assemblée, et au besoin j’en ferai la proposition formelle, une grande et solennelle enquête sur la situation vraie des classes laborieuses et souffrantes en France. Je voudrais que tous les faits éclatassent au grand jour. Comment veut-on guérir le mal si l’on ne sonde pas les plaies ?

Voici donc ces faits :

Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l’émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n’ayant pour lits, n’ayant pour couvertures, j’ai presque dit pour vêtements, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures humaines s’enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l’hiver. Voilà un fait. En voici d’autres : Ces jours derniers, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n’épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l’on a constaté après sa mort qu’il n’avait pas mangé depuis six jours. Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon!

Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société toute entière ; que je m’en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l’homme, que ce sont des crimes envers Dieu !

Voilà pourquoi je suis pénétré, voilà pourquoi je voudrais pénétrer tous ceux qui m’écoutent de la haute importance de la proposition qui vous est soumise. Ce n’est qu’un premier pas, mais il est décisif. Je voudrais que cette assemblée, majorité et minorité, n’importe, je ne connais pas, moi de majorité et de minorité en de telles questions ; je voudrais que cette assemblée n’eût qu’une seule âme pour marcher à ce grand but, à ce but magnifique, à ce but sublime, l’abolition de la misère!

Et, messieurs, je ne m’adresse pas seulement à votre générosité, je m’adresse à ce qu’il y a de plus sérieux dans le sentiment politique d’une assemblée de législateurs ! Et à ce sujet, un dernier mot : je terminerai là.

Messieurs, comme je vous le disais tout à l’heure, vous venez avec le concours de la garde nationale, de l’armée et de toutes les forces vives du pays, vous venez de raffermir l’Etat ébranlé encore une fois. Vous n’avez reculé devant aucun péril, vous n’avez hésité devant aucun devoir. Vous avez sauvé la société régulière, le gouvernement légal, les institutions, la paix publique, la civilisation même. Vous avez fait une chose considérable… Eh bien ! Vous n’avez rien fait !

Vous n’avez rien fait, j’insiste sur ce point, tant que l’ordre matériel raffermi n’a point pour base l’ordre moral consolidé ! Vous n’avez rien fait tant que le peuple souffre ! Vous n’avez rien fait tant qu’il y a au-dessous de vous une partie du peuple qui désespère ! Vous n’avez rien fait, tant que ceux qui sont dans la force de l’âge et qui travaillent peuvent être sans pain ! tant que ceux qui sont vieux et ont travaillé peuvent être sans asile ! tant que l’usure dévore nos campagnes, tant qu’on meurt de faim dans nos villes tant qu’il n’y a pas des lois fraternelles, des lois évangéliques qui viennent de toutes parts en aide aux pauvres familles honnêtes, aux bons paysans, aux bons ouvriers, aux gens de cœur ! Vous n’avez rien fait, tant que l’esprit de révolution a pour auxiliaire la souffrance publique ! Vous n’avez rien fait, rien fait, tant que dans cette œuvre de destruction et de ténèbres, qui se continue souterrainement, l’homme méchant a pour collaborateur fatal l’homme malheureux! »

Victor Hugo

Nord: le « Buddha blues », la nouvelle drogue …


….qui sévit au lycée Camille-Claudel de Fourmies ( Fourmies où j’ai vécu )

La drogue en question provoque un effet d’euphorie chez ceux qui l’ingèrent, mais elle peut également causer des effets graves. Des cas de détresse respiratoire et même de paralysie ont été recensés.

C’est le proviseur du Lycée Camille-Claudel

Le lycée Camille-Claudel

de Fourmies qui a alerté sur la situation, comme l’a révélé mercredi le journal  » La voix du Nord du Nord  ». Le « Buddha blues » circule depuis quelque temps au sein de l’établissement. Une drogue aussi connue des élèves sous l’acronyme PTC (« pète ton crâne »).

Cette substance incolore et inodore est destinée à être injectée dans les cigarettes électroniques. Ce produit chimique de synthèse produirait les mêmes effets euphorisants que le THC, la molécule psychotrope du cannabis.

Détresse respiratoire, hallucinations…

Mais dans le cas du « Buddha blues », de nombreux effets secondaires graves ont été recensés parmi les élèves. Détresse respiratoire, violents maux de tête, hallucinations… Plusieurs adolescents ont dû être conduits à l’hôpital, et des cas de paralysie ont même été signalés.

Le proviseur du lycée a alerté les parents d’élèves dans une note envoyée en début de semaine. « Les services de gendarmerie sont informés de cette situation, » écrit-il, demandant également aux parents de rappeler à leurs enfants l’interdiction de ce produit nocif.

(Il précise également qu’une intervention de prévention à l’attention des élèves est prévue à la rentrée des vacances de printemps.)

La  »fée verte »…..


…… prohibée :

Le 17 mars 1915 ( il y a environ 107 ans ) , au début de la Première Guerre mondiale, le gouvernement français interdit la production et la consommation des liqueurs anisées extraites de l’absinthe, une plante aromatique à la saveur amère.

image = absinthe plante

L'absinthe, par Edgard Degas (musée d'Orsay, Paris, 1876)

La  »fée verte  »

Les liqueurs sont nées dans le Val-de-Travers, dans le canton suisse de Neuchâtel, où une habitante, la mère Henriod,

mère Henriod ?

a mis au point au XVIIIe siècle un élixir d’absinthe à des fins thérapeutiques.

L’élixir est diffusé dans le canton par le docteur Ordinaire. En 1797, le major Dubied

Dubied ?

en achète la formule et ouvre une première fabrique à Couvet (Suisse), avec son gendre, Henri-Louis Pernod. En 1805, ce dernier monte sa propre distillerie de l’autre côté de la frontière, à Pontarlier, dans le département français du Doubs, au cœur des montagnes du Jura, à l’enseigne  »Pernod et fils ».

En 1830, lors de la conquête de l’Algérie , on conseille aux soldats français de rajouter à leur eau de boisson quelques gouttes de liqueur d’absinthe afin de l’assainir et d’apaiser leurs dérangements digestifs. Les soldats y prennent goût et, de retour en France, continuent à consommer cette boisson aux vertus thérapeutiques.

Affiche pour l'absinthe, 1897, musée de PontarlierLa boisson inspire aussi les artistes et les poètes comme Degas, Toulouse-Lautrec, Baudelaire, Verlaine ou encore Oscar Wild . Ce serait O. Wild qui lui aurait donné son surnom de  »fée verte ».

Mais l’absinthe possède une substance toxique, la  »thuyone  », qui attaque le système nerveux des consommateurs abusifs.

La boisson devient alors, à la fin du XIXe siècle , synonyme de la dégradation de la condition ouvrière.! Emile Zola

Zola

la stigmatise dans un roman intitulé L’Assommoir (1877). Ses effets s’avèrent désastreux dans les tranchées de la Grande Guerre, d’où son interdiction par le gouvernement français (la Suisse l’avait interdite dès 1908).

Mais en 1920, sous la pression des distillateurs, les alcools anisés sont à nouveau autorisés en France. En 1932, un jeune Marseillais du nom de Paul Ricard

P.Ricard !

commercialise une variante de l’anis de Pontarlier sous le nom de  »pastis » (d’après un mot provençal qui signifie mélange ou confusion). Consommé avec modération et noyé dans beaucoup d’eau fraîche, le pastis a acquis  » ses quartiers de noblesse  » grâce à l’écrivain Marcel Pagnol .

NB : le 1er mars 2005, la Suisse a levé l’interdit de 1908 sur la fabrication et la commercialisation de l’absinthe en  » limitant ‘ toutefois le taux de thuyone à 35mg/litre. Dans le Val-de-Travers si bien nommé, la  »fée verte » n’a jamais cessé d’être fabriquée dans la clandestinité.

Paul Verlaine au café François Ier devant un verre d'absinthe,1892
Verlaine ?

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affiche ( un VRAI poison pour moi)

Paroles:

Ils buvaient de l’absinthe,
Comme on boirait de l’eau,

L’un s’appelait Verlaine,
L’autre, c’était Rimbaud,
Pour faire des poèmes,
On ne boit pas de l’eau,
Toi, tu n’es pas Verlaine,
Toi, tu n’es pas Rimbaud,
Mais quand tu dis « je t’aime »,
Oh mon dieu, que c’est beau,
Bien plus beau qu’un poème,
De Verlaine ou de Rimbaud
,

Pourtant que j’aime entendre,
Encore et puis encore,
La chanson des amours,

Quand il pleut sur la ville,
La chanson des amours,
Quand il pleut dans mon cœur,
Et qu’on a l’âme grise,
Et que les violons pleurent,
Pourtant, je veux l’entendre,
Encore et puis encore,
Tu sais qu’elle m’enivre,
La chanson de ceux-là,
Qui s’aiment et qui en meurent,
Et si j’ai l’âme grise,
Tu sécheras mes pleurs,

Ils buvaient de l’absinthe,
Comme l’on boit de l’eau,
Mais l’un, c’était Verlaine,
L’autre, c’était Rimbaud,
Pour faire des poèmes,

On ne boit pas de l’eau,
Aujourd’hui, les « je t’aime »,

S’écrivent en deux mots,
Finis, les longs poèmes,
La musique des mots,
Dont se grisait Verlaine,
Dont se saoulait Rimbaud,

Car je voudrais connaître,
Ces alcools dorés, qui leur grisaient le cœur,
Et qui saoulaient leur peine,
Oh, fais-les-moi connaître,
Ces alcools d’or, qui nous grisent le Coeur,
Et coulent dans nos veines,
Et verse-m ‘en à boire,
Encore et puis encore,
Voilà que je m’enivre,

Je suis ton bateau ivre,
Avec toi, je dérive,

Et j’aime et j’en meurs,
Les vapeurs de l’absinthe,
M’embrument,
Je vois des fleurs qui grimpent,
Au velours des rideaux,
Quelle est donc cette plainte,
Lourde comme un sanglot,
Ce sont eux qui reviennent,
Encore et puis encore,
Au vent glacé d’hiver,
Entends-les qui se traînent,
Les pendus de Verlaine,
Les noyés de Rimbaud,
Que la mort a figés,
Aux eaux noires de la Seine,

J’ai mal de les entendre,
Encore et puis encore,
Oh, que ce bateau ivre,
Nous mène à la dérive,
Qu’il sombre au fond des eaux,
Et qu’avec toi, je meurs,

On a bu de l’absinthe,
Comme on boirait de l’eau,
Et je t’aime, je t’aime,
Oh mon dieu, que c’est beau,
Bien plus beau qu’un poème,
De Verlaine ou de Rimbaud…

Affiches = méfaits de l’alcool.

ça s’est passé un 11 mars ….


…..Dernière exécution politique en France : ( il y a 59 ans )

À l’aube du 11 mars 1963, Jean Bastien-Thiry

Jean Bastien-Thiry

est passé par les armes au fort d’Ivry. Cette exécution politique est la dernière qu’ait connue la France à ce jour. Elle fait suite à l’attentat du Petit-Clamart qui a failli coûter la vie au général de Gaulle.

Le condamné est un Polytechnicien de 35 ans originaire de Lunéville, marié et père de trois fillettes. Scientifique brillant et de stature internationale, il œuvre à la Cité de l’Air, à Paris, avec le grade de lieutenant-colonel, quand  »sa conscience est bouleversée  » par le drame algérien .???

Sentiment d’abandon……

Le général Ch. de Gaulle 

de Gaulle

est revenu au pouvoir grâce au soulèvement  de l’armée et des Français d’Algérie, le 13 mai 1958. Ces derniers craignaient à juste titre que le gouvernement de la IV République  ne négocie un retrait des trois départements algériens. Ils ont placé leurs espoirs dans le Général qui leur promit sans ambages de maintenir l’intégrité du territoire.

Mais une fois au pouvoir, Charles de Gaulle prend conscience de l’impossibilité de maintenir le statu quo en Algérie. Il se refuse d’autre part à octroyer aux musulmans d’Algérie tous les droits des citoyens français comme l’aurait souhaité l’ancien gouverneur Jacques Soustelle

Jacques Soustelle

… ou des militaires comme Jean Bastien-Thiry. Reste l’alternative de l’indépendance. Il faut près de quatre longues années pour que le président de la République réussisse à convaincre ses partisans que l’indépendance de l’Algérie est inéluctable.

La déconfiture est totale. Après la signature des accords d’Evian , les  » Pieds – noirs  »refluent en désordre vers la métropole et les vainqueurs du FLN assassinent plusieurs dizaines de milliers de harkis ( Harki, désigne, au sens strict, un individu servant en Algérie française dans une formation paramilitaire ) et autres musulmans francophiles, abandonnés par l’armée française et le gouvernement du général de Gaulle.

En métropole comme en Algérie, des extrémistes français reprennent à leur compte les méthodes du FLN algérien et multiplient les attentats aveugles contre les innocents sous l’emblème de l’OAS ( Organisation de l’Armée secrète ) .

Comme beaucoup de militaires de sa génération, Jean Bastien-Thiry ne comprend pas les revirements du général de Gaulle. Il les interprète comme autant de trahisons à l’égard de la Nation, des Français d’Algérie et des musulmans fidèles à la France.

Refusant l’inéluctable, il se convainc que le Général est un obstacle à la restauration de la grandeur de son pays. C’est ainsi que sous l’égide d’un mouvement clandestin, le Conseil National de la Résistance (CNR) de Georges Bidault

Georges Bidault ?

, il organise un attentat contre le cortège du Président.

L’attentat :

Le 22 août 1962, le général de Gaulle, avec son épouse, se rend de l’Élysée à sa résidence de Colombey-les-Deux-Eglises. De l’Élysée même, un informateur jamais identifié prévient Bastien-Thiry du choix de l’itinéraire fixé au dernier moment par les services de sécurité parmi les trois possibles.

Jean Bastien-ThiryAu Petit-Clamart, dans la banlieue sud de Paris, la DS présidentielle est mitraillée par les six tireurs du commando de Bastien-Thiry. Les tireurs visent principalement les pneus afin d’arrêter la voiture. Mais les pneus résistent aux balles et  »le grand talent du chauffeur  » fait le reste.

L’un des tireurs, Georges Watin

Georges Watin ?

, dit  » la boîteuse  », lâche une rafale à la hauteur des têtes des passagers du véhicule. Les impacts de son fusil-mitrailleur ( 8 au total ) permettront au procureur général Gerthoffer de requérir pour tentative d’assassinat.

Le président et son épouse, assis à l’arrière du véhicule, sont sans doute sauvés par la réaction de leur gendre Alain de Boissieu qui, assis à l’avant, se retourne vers eux et ose ordonner :  » Père, couchez vous !  »

Buisines et Bougrenet de La Tocnaye, constatant que la DS poursuit sa route, tentent de la rejoindre en fourgon. Le fourgon heurte le pare-chocs de la DS. Bougrenet ouvre la portière latérale et tend d’une main le fusil-mitrailleur à l’extérieur. Incident de tir ! La rafale ne part pas.

Les tireurs sont bientôt arrêtés. Jean Bastien-Thiry est arrêté à son retour d’une mission scientifique en Grande-Bretagne. Un tribunal d’exception, la Cour militaire de Justice, juge les prévenus.

Le procureur requiert la mort contre Bastien-Thiry, Bougrenet de La Tocnaye et Buisines. Prévost demande la parole et prie le jury de prendre la place de Buisines, affirmant sa responsabilité supérieure. Le tribunal militaire tient compte de cette précision en condamnant à la peine capitale Prévost au lieu de Buisines .

Prévost avait été en 1954 dans le dernier avion qui avait parachuté des soldats au-dessus de la cuvette de Dien Bien Phu. Prévost et les autres hommes de ce vol s’étaient portés volontaires pour rejoindre leurs camarades bien qu’ils fussent convaincus qu’ils ne sortiraient jamais vivants de cet enfer !

Le recours en cassation n’est pas permis aux condamnés. Leur vie repose entre les mains du chef de l’État. L’opinion publique est convaincue qu’il usera de son droit de grâce pour un attentat qui n’a pas entraîné mort d’homme. Le général de Gaulle gracie effectivement les tireurs mais pas leur chef. Jean Bastien-Thiry est fusillé huit jours à peine après le jugement.

Prévost poursuivra une vie d’errance à travers le monde, inguérissable de n’avoir pas accompagné son chef dans la mort. Watin mourra de maladie quelques années plus tard en Amérique latine. Bertin, le plus jeune, fera une très belle carrière dans la banque. Des trois tireurs hongrois, ne survit plus que Lajos Marton, qui fut en 1956 un jeune officier aux côtés de Pal Maleter, le chef de l’insurrection anti-communiste. Buisines a été renversé par un véhicule en plein Paris.

Charles de Gaulle profita l’émotion causée par l’attentat du Petit-Clamart pour proposer l’élection du président de la République au suffrage universel, par l’ensemble du peuple français, et non plus par une assemblée de notables.

Le projet se heurta à une très forte opposition du Sénat et de la gauche qui craignaient la naissance d’un régime  » bonapartiste  » ? autoritaire. Il fut néanmoins approuvé par référendum le 28 octobre 1962 avec 62,25% de Oui. 

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Dans un éditorial  »alambiqué  », le directeur du quotidien Le Monde, Hubert Beuve-Méry, lance une pique contre le général de Gaulle :  » Le problème est moins aujourd’hui d’appliquer sans défaillance une justice à quelques égards toujours contestable que d’en finir avec des germes de guerre civile, séquelles d’une décolonisation trop coûteuse, parfois trop maladroite et trop hypocrite  » (Le Monde, 6 mars 1963).

La plupart des journalistes, à gauche et bien sûr à droite, s’indignent sans détour de cette exécution d’un autre âge :  » En fait, l’inhumanité du Souverain finit par accabler jusqu’à ses partisans  »(Jean Daniel, L’Express, 14 mars 1963).  » On peut difficilement ne pas considérer l’exécution de Bastien-Thiry comme une action néfaste  »(Philippe Tesson, Combat, 12 mars 1963).

Le premier patient au monde….


…….à avoir reçu une greffe de cœur d’un porc est décédé

David Bennett, le premier patient au monde à avoir reçu une greffe de cœur d’un porc génétiquement modifié, est décédé deux mois après son opération.

Les chirurgiens de l'Université du Maryland lors de la xénotransplantation.

Les chirurgiens de l’Université du Maryland lors de la xénotransplantation (Le but de la xénotransplantation est de permettre la transplantation d’organes ou de cellules d’origine animale chez l’humain. )

Le premier patient au monde à avoir reçu une greffe de cœur d’un porc

cœur de porc
cœur humain

génétiquement modifié est décédé deux mois après son opération, a annoncé mercredi 9 mars 2022 l’hôpital où il était pris en charge. David Bennett, 57 ans, est décédé après que son état a commencé à se détériorer il y a plusieurs jours. Lorsqu’il est devenu clair qu’il ne se remettrait pas, des soins palliatifs ? lui ont été prodigués. 

« Je sais que c’est assez hasardeux, mais c’était ma dernière option »

L’opération devait permettre de montrer pour la première fois qu’un cœur d’animal pouvait continuer à fonctionner à l’intérieur d’un humain sans rejet immédiat. « C’était soit la mort, soit cette greffe. Je veux vivre. Je sais que c’est assez hasardeux, mais c’était ma dernière option », avait déclaré ce résident du Maryland un jour avant son opération, selon l’école de médecine. « Le cœur a très bien fonctionné durant plusieurs semaines, sans aucun signe de rejet », a déclaré l’hôpital. Après l’opération, « le patient a pu passer du temps avec sa famille et participer à des activités de physiothérapie pour l’aider à reprendre des forces ».

« Nous avons obtenu des informations de grandes valeurs »

« Nous avons obtenu des informations de grandes valeurs, et appris qu’un cœur de porc génétiquement modifié peut correctement fonctionner à l’intérieur d’un corps humain », a déclaré le Pr Muhammad Mohiuddin, directeur du programme de Xénotransplantation cardiaque à l’Université du Maryland. « Nous restons optimistes et prévoyons de continuer notre travail lors de futurs essais cliniques. » 

Vieux berger…


…heureux…


Un journaliste vient à la rencontre d’un vieux berger sur le Plateau de Millevaches, en Corrèze. Il parle de sa vie passée en compagnie de ses moutons. Il a essayé à une époque de vivre à Paris mais cela ne lui a pas plu car l’air n’était pas pur. Il ne s’est jamais marié car « lorsqu’on est berger, on a pas le temps de faire l’amour ».

Cette après-midi j’ai vu une vieille dame dans le  » parc  » près de chez moi ….


 »La vieille  »

Elle est ici  » La vieille  »
Assise sur ce banc
Là, au fond du parc
Comme hier, comme toujours
Comme demain.
Des pigeons pour seuls amis
Lui font la conversation
Comme hier, comme toujours
Comme demain.
Elle est bien seule
  » La vieille  »,
Personne ne pense à elle
  » La vieille  ».
Elle pourrait bien
Mourir demain
Qui sera là pour lui tenir
La main?
Elle est si seule
  » La vieille  ».

Elle pense et repense
Au bon vieux temps
A l’insouciance, aux fleurs des champs
A son enfance,
Comme hier, comme toujours
Comme demain.
Le soleil s’est éteint
Les pigeons se sont fait la malle
Elle n’est plus là
  » La vieille  »
Elle n’a plus mal…

Auteur: Sandrine Davin

Sandrine Davin?

çà s’est passé il y a un an !


Billet à revois ( peut-être )

23 janvier 2020 : Wuhan en quarantaine, le virus Covid-19 fige la planète…..

En décembre 2019, les officiels chinois ont tenté d’étouffer les informations sur le mystérieux virus qui a frappé Wuhan, une métropole industrielle de 11 millions d’habitants située sur le Yangzi Jiang, à l’ouest de Shanghai. Vite dépassé par l’ampleur de l’épidémie, le gouvernement s’est résolu le 31 décembre 2019 à adresser un signalement à l’OMS (Organisation mondiale de la santé).

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(Wuhan est la capitale de la province du Hubei, en Chine située en Chine centrale. Avec 8,9 millions d’habitants intra-muros et une municipalité de plus de onze millions d’habitants, c’est la septième ville la plus peuplée du pays et la deuxième plus grande zone urbaine de l’intérieur, après Chongqing. Wuhan est située dans une plaine alluviale dépourvue de relief. La ville est une plaque tournante du transport, avec des dizaines de lignes de chemin de fer, de routes et d’autoroutes la reliant au reste du pays. Située sur le cours moyen du fleuve Yangzi, mais à une faible altitude au regard de son éloignement des côtes du Pacifique, elle dispose d’un grand port fluvial. La ville a le statut administratif de ville sous-provinciale qui lui donne une complète autonomie dans le domaine économique. Malgré sa taille, elle n’est entrée que récemment, à partir de la décennie 2010, dans le processus de métropolisation, sous l’effet de politiques locales et régionales.)

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Le 23 janvier 2020, il ordonne enfin la mise en quarantaine de toute la métropole de Wuhan et des villes de Huanggang et Ezhou, dans le Hubei. Trop tard. Déjà le virus a circulé par voie aérienne et atteint la Lombardie, qui cultive d’intenses relations avec les industriels de Wuhan. Comble de malchance, la métropole est aussi le principal site mondial de production des masques chirurgicaux

Résultat d’images pour masques chirurgicaux images

. L’arrêt de ses usines va plonger dans le désarroi les gouvernements qui, tel le gouvernement français, ont adopté une gestion des masques en flux tendu, par souci d’économie et de  » bonne gestion  » au sens néolibéral !

Rue de Wuhan pendant le confinement