L’adagio d’Albinoni….


Tout le mode ou presque connait l’adagio d’Albinoni ….Mais. Il semblerait que cet adagio célèbre ne soit pas d’Albinoni !?

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!!!!! Cet air célébrissime en sol mineur n’aurait pas été composé du tout par Albinoni mais par Remo Giazotto

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, un musicologue du XXe siècle spécialiste du compositeur italien! Les dates ne collent pas du tout, Albinoni étant mort en 1751 alors que l’adagio éponyme fut écrit en 1945… c’est d’ailleurs la raison pour laquelle cette œuvre n’est pas tombée dans le domaine public, contrairement à l’ensemble du répertoire du compositeur vénitien. Comment s’explique cette imposture?

Tomaso Albinoni naît le 8 juin 1671 dans une république de Venise au faîte de sa gloire. Son père, un riche fabricant de papier, a en tête pour son fils aîné un destin tout tracé: il lui succédera à la tête de l’entreprise familiale quand le moment sera venu. Pour l’heure, le jeune Tomaso baigne dans l’insouciance et se passionne très tôt pour la musique. Un violon flambant neuf entre les mains, il fait très vite des merveilles! À peine âgé d’une vingtaine d’années, il se révèle déjà en violoniste accompli et se met à composer. Mais se lancer corps et âme dans une carrière de musicien à l’issue incertaine n’est pas chose si facile quand on est censé hériter d’une entreprise familiale bien encombrante! Pas question de se fâcher avec son père et Tomaso met de côté ses portées musicales pour se consacrer aux arcanes de la fabrication de papier.


Mais, rien à faire, on n’échappe pas à son destin aussi facilement! N’ayant tellement pas envie d’ abandonner définitivement ces doux plaisirs qu’au soir, sous la nuit brune, il ressort son violon à la moindre occasion…

Le Pont du Rialto à l'époque d'Albinoni

( Le Pont du Rialto à l’époque d’Albinoni, par Michele Marieschi (env. 1730))

En 1709, drame familial: son père meurt. Albinoni est alors confronté à l’heure du choix: la fabrication de papier ou la musique. C’est à cette dernière qu’il décide de consacrer le restant de ses jours et il cède à ses frères cadets la tâche de gérer l’entreprise familiale. Il a 38 ans. Et  » le bougre  » ne fait pas les choses à moitié! Saisi d’une véritable fièvre créatrice, il compose pas moins de 80 opéras qui seront joués (et applaudis!) dans toute l’Italie d’abord, puis dans toute l’Europe! Mais on a beau fouiller dans sa discographie, on ne trouve pas la moindre trace d’un certain  » adagio d’Albinoni  »

Devenu très populaire dans le Saint Empire romain germanique, pas moins de 70 partitions originales seront stockées dans la bibliothèque de Dresde où elles reposent pendant près de deux siècles. Seul  » petit  » problème, la ville se fait bombarder par les Alliés en février 1945. En plus des dizaines de milliers de victimes (entre 25.000 et 300.000 morts selon les sources), les 3900 tonnes de bombes larguées sur la ville réduisent en cendres la fameuse bibliothèque de la ville… et les exemplaires uniques des partitions d’Albinoni par la même occasion!

Mais un musicologue passionné veille au grain. Remo Giazotto, considéré par ses confrères comme le plus grand spécialiste d’Albinoni, se rue vers les cendres de la bibliothèque de Dresde aussitôt que la guerre est finie. Au milieu des gravats, il parvient à retrouver la salle des archives. Peine perdue, hélas! Plus rien n’est récupérable au milieu de la boue, des cendres et des pierres calcinées. Giazotto revient chez lui les mains vides.

Mais pas question d’admettre cet échec! Revenu chez lui, il racontera à qui veut l’entendre qu’à force de fouiller les ruines de la bibliothèque de Dresde, il a retrouvé un trésor inestimable: un fragment d’une partition pour violon écrite par Albinoni en personne! Sur la base de ces quelques notes qu’il aurait retrouvé, il s’empresse de composer un magnifique adagio, l’adagio en sol mineur pour cordes et orgue.

Albinoni compose pas moins de 80 opéras qui seront joués (et applaudis!) dans toute l’Europe. Mais on a beau fouiller dans sa discographie, on ne trouve pas la moindre trace d’un adagio qui porte son nom…

Ville de Dresde après bombardement

(Ville de Dresde après le bombardement allié de février 1945 )

Remo Giazotto, le vrai compositeur de l'adagio d'Albinoni

(Remo Giazotto, le vrai compositeur de l’adagio d’Albinoni ) ?

Preuve de son amour suprême pour le compositeur (ou simple campagne marketing pour faire parler de lui? ), il renomme son œuvre en Adagio d’Albinoni. L’air est si envoûtant, la mélodie si parfaite, que le morceau fait le tour du monde, révélant au monde entier un obscur compositeur vénitien dont plus personne ne se rappelait, un certain Tomaso Albinoni. Mission réussie pour Remo Giazotto qui meurt en 1998 dans l’anonymat le plus complet, en ayant toujours refusé de montrer à quiconque le fameux fragment de partition qu’il aurait retrouvé… et pour cause!

Euh… au fait, c’est quoi, un adagio?lol

Sonate, concerto, symphonie,… Difficile pour le profane que je suis de se retrouver dans les termes alambiqués de la musique classique! Un adagio (provenant de l’italien ad agio, c’est à dire à l’aise) qualifie une œuvre musicale au tempo lent, compris entre 56 et 76 pulsations par minute.

L’adagio d’Albinoni sur YouTube:

Les paroles :

Non so dove trovarti                        Je ne sais pas où te trouver
Non so come cercarti                       Je ne sais pas comment te chercher
Ma sento una voce che                     Mais j’entends une voix qui
Nel vento parla di te                        Dans le vent parle de toi
Quest’anima senza cuore                 Cette âme sans coeur
Aspetta te                                        Qui t’attend
Adagio                                              Adagio
 
Le notti senza pelle                           Les nuits sans ta peau
I sogni senza stelle                            Les rêves sans étoiles
Immagini del tuo viso                       Les images de ton visage
Che passano all’improvviso              Qui passent à l’improviste
Mi fanno sperare ancora                   Me font encore espérer
Che ti troverò                                    Que je te trouverai
Adagio    Adagio
 
Chiudo gli occhi e vedo te                 Je ferme les yeux et je te vois
Trovo il cammino che                       Je trouve le chemin qui
Mi porta via                                     M’amène loin
Dall’agonia                                     De l’agonie
Sento battere in me                         Je sens battre en moi
Questa musica che                          Cette musique que
Ho inventato per te                         J’ai inventé pour toi
 
Se sai come trovarmi                      Si tu sais comment me trouver
Se sai dove cercarmi                       Si tu sais où me trouver
Abbracciami con la mente              Enlace-moi avec ton esprit
Il sole mi sembra spento                Le soleil me semble éteint
Accendi il tuo nome in cielo           Illumine ton nom dans le ciel
Dimmi che ci sei                            Dis-moi que tu es
Quello che vorrei                           Ce que je voudrais
Vivere in te                                   Vivre en toi
 
Il sole mi sembra spento               Le soleil me semble éteint
Abbracciami con la mente            Enlace-moi avec ton esprit
Smarrita senza di te                     Je perds la tête sans toi
Dimmi chi sei e ci crederò            Dis-moi qui tu es et que j’y croirai
Musica sei                                    Tu es la musique
Adagio                                         Adagio

 » Les bretelles du président  »


Il n’est pas question , bien sur de l’accessoire servant à tenir le pantalon …

Résultat d’images pour images homme avec bretelles....mais de tout autre chose :

Quand on est président de la république , il est primordial d’être bien informé . C’est d’ailleurs à çà que servent les services de renseignement qui  » abreuvent  » directement le chef de l’Etat des dernières informations dites sensibles ….Mais , pour certains , cela n’est encore pas assez . François Mitterrand

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par exemple , aurait déployé un réseau d’écoutes clandestines surnommées  » les bretelles du président  » , par lequel il faisait écouter des opposants, mais aussi des journalistes et des personnalités  » médiatiques  » dont , parait il ,Edwy Plenel Résultat d’images pour Edwy Plenelet Jean -Edern Hallier Résultat d’images pour jean-edern hallier….révélée en 1993 par le  » Canard enchainé  », l’affaire aboutit finalement à la condamnation de sept collaborateurs de l’ancien président , et sa responsabilité fut reconnue  » à demi – mot  » par la cour .

Pour une fois qu’un président prend le temps d’écouter ses concitoyens ! lol ……

P.S: Pourquoi cette expression ? Je n’ai pas trouvé …

C’était il y a environ…


….507 ans…

Le 25 septembre 1513, le conquistador espagnol Vasco Núñez de Balboa

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(38 ans) serait arrivé après plusieurs jours de marche à travers la cordillère d’Amérique centrale en vue d’un océan encore inconnu des Européens.

Il le baptise  » Grande mer du Sud  » ( » mar del Sur  » en espagnol ) et, pénétrant dans ses eaux, en prend possession au nom du roi d’Espagne.

Six ans après les rapports de voyage d’ Amerigo Vespucci , (traduits sur une carte du géographe Waldseemüller  ) , il démontre ainsi , que les terres découvertes par Christophe Colomb constituent bien un Nouveau Monde , séparé de l’Asie par un grand océan . L’océan Pacifique , colonisé depuis des siècles par les ancêtres des Polynésiens, devient une réalité pour les européens. Son nom actuel lui sera donné huit ans plus tard par Magellan

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quand le grand navigateur portugais aura découvert la voie maritime permettant d’y accéder.

Qui était Balboa :

Après une jeunesse désordonnée, Balboa a quitté en 1500 son Estrémadure

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L’Etrémadure …

natale pour participer à la colonisation de l’île d’Hispaniola (Saint-Domingue).  En 1509, pour échapper à ses créanciers, il se joint clandestinement à une expédition destinée à porter secours à une petite colonie espagnole, sur la côte sud-américaine, près du golfe de Darién ( ou golfe de Panamá ) .

Toléré à contrecœur par le chef de l’expédition (l’adelantado) Fernández de Enciso

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F. de Enciso ?

, Balboa se rend populaire auprès de ses compagnons par son charisme et sa connaissance du pays. Avec le concours d’Indiens locaux, il transfère la colonie vers des terres fertiles et paisibles, proches de l’isthme de Panamá. 

Jugé trop rigide, Enciso est désavoué par ses hommes et ces derniers portent à leur tête Balboa qui s’octroie bientôt le titre de gouverneur de la nouvelle colonie, Santa Maria de Darién. Il poursuit de difficiles explorations dans l’actuelle Colombie en quête d’un mythique pays de l’or. Il apprend alors de la bouche des Indiens qu’il existerait une  »grande mer du Sud » de l’autre côté de la chaîne de montagnes (la cordillère qui traverse du sud au nord l’isthme centre-américain). 

Balboa se sait mal vu à Madrid du fait de sa promotion illégale par voie de mutinerie. Pour se donner une nouvelle légitimité, il décide de partir sans tarder à la découverte de cette mer. Il monte pour cela une expédition d’environ 200 Espagnols, bientôt renforcée par quelques centaines d’Indiens. La traversée de l’isthme de Panamá et le franchissement de la cordillère s’effectuent en un peu plus de trois semaines, ( entrecoupés de quelques combats avec les Indiens de rencontre ). 

Enfin, la petite troupe, du haut d’un col, découvre à ses pieds l’étendue maritime tant rêvée. C’est la preuve qu’il est possible de franchir l’obstacle américain et d’atteindre enfin les riches terres à épices d’Asie !

Ingratitude :

De retour à Santa Maria, Balboa n’est guère récompensé. La couronne espagnole, qui n’a pas oublié l’atteinte portée à son autorité, envoie dans la colonie une expédition de 1500 hommes, la plus importante qui ait jamais jusque-là traversé l’Atlantique. Balboa s’incline et remet la charge de gouverneur au commandant de l’expédition, Pedro Arias Dávila.

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Il se console de sa rétrogradation en caressant le projet de reprendre l’exploration de la  » grande mer du Sud  ». Le nouveau gouverneur, jaloux de ses succès, l’en empêche mais consent tout de même à lui céder l’une de ses filles en mariage. La réconciliation ne va pas durer plus de deux ans. L’explorateur est arrêté sur ordre du gouverneur par un certain Francisco Pizarre

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 . Après un long procès, il est décapité avec quatre de ses compagnons à Acla (Panamá actuel) le 15 janvier 1519.!

Le Reblochon…..


…….

Serait né d’une fraude fiscale ? !

Tout le monde , ou presque connait  » Le reblochon  », ce célèbre fromage produit en Savoie et qui bénéficie d’une AOC depuis plus de 50 ans ! Autant dire un élément fondamental de la gastronomie française, ne serait-ce qu’en raison de son importance dans la tartiflette.lol

Et bien , je viens de lire qu’aussi étonnant que cela puisse paraitre, il tirerait son nom d’une véritable fraude pour échapper à l’impôt. Et cela ne date pas d’hier puisque la manœuvre avait lieu au 13e siècle.

Quelle manœuvre exactement ?

Il faut savoir qu’à l’époque , “re-blocher’ signifiait  » pincer de nouveau  » ou  » traire une deuxième fois  ».

En quoi consistait la fraude ? A l’époque et plus encore à la Renaissance, les fermages étaient dus en nature. C’ est à dire que que le fermier avait le droit de cultiver la terre de son propriétaire et en retour il le payait non pas en argent mais ave une partie des produits cultivés.

Dans le cas du reblochon le fermier devait donner un certain nombre de fromages; (un nombre calculés en fonction du volume de lait trait.)

Donc le propriétaire ou son contrôleur vérifiait la traite pour en déduire le nombre de fromages dus par le fermier.

Alors , pour avoir à donner moins de fromages aux propriétaires , les fermiers faisaient une première traite pour eux et une deuxième traite une fois la nuit tombée cette fois pour leur propre compte.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est traite.jpg

Donc la première traite était volontairement incomplète. Il l’achevait le soir venu.

Et les propriétaires y perdaient presque doublement car le lait de la seconde traite, était en plus petite quantité bien sur mais ne pouvait qu’ être riche en crème, avec davantage de matières grasses supérieur. Bref tout simplement meilleur !

Un dernier mot sur le fermage : Au Moyen Age il se substitua progressivement au servage que se définit comme la condition d’une personne qui est tenu de vivre et de travailler sur une terre appartenant à une autre personne et de fournir à cette autre personne, contre rémunération ou gratuitement, certains services déterminés, sans pouvoir changer sa condition. Si on le compare, le fermage était donc à l’époque une évolution positive.

pffffffffffffffffff dur le nouveau système!

Pourquoi les américains ….


…ont-ils transmis sciemment la syphilis ?!

syphillis

Une expérimentation pour le moins subversive, l’inoculation de la syphilis a été effectuée de manière volontaire chez divers cobayes humains guatémaltèques, de 1946 à 1948. Bien qu’étant dangereux, ce programme pensé par l’administration Truman s’est déroulé avec l’accord et la collaboration du président du Guatemala d’alors, Juan José Arévalo.Résultat d’images pour Juan José Arévalo

Une scabreuse expérience :

 C’est un fait historique méconnu mais, malheureusement, bien réel.

   En effet, alors que des chercheurs américains souhaitaient développer des traitements contre la syphilis, la possibilité de mener des expériences médicales sur des humains est progressivement apparue comme étant indispensable, peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    C’est à ce titre qu’une commission d’experts, en relation avec l’administration TrumanTruman , décida d’inoculer volontairement ( et secrètement ) des maladies sexuellement transmissibles à 5500 personnes ! (principalement des soldats, des prostituées et des malades mentaux) choisies pour leur vulnérabilité (sur une période allant de l’année 1946 à l’année 1948).

   Ces dernières étaient exclusivement guatémaltèques, à la faveur d’un accord passé avec président du Guatemala, Juan José Arévalo.!

    L’objectif était alors très simple : il s’agissait de savoir si la pénicilline permettait de guérir ( mais aussi de prévenir ) les maladies sexuellement transmissibles.

De douloureuses séquelles :

  Malheureusement pour les malades, la molécule en question se révéla inefficace pour contrer les effets des maladies qui les affectaient. De ce fait, 83 de ces cobayes humains décédèrent, sans même savoir ce qui leur était arrivé.

   Toutefois, plus de 60 ans après les faits, la sombre affaire a refait surface, sous l’impulsion du président guatémaltèque Alvàro Colom Résultat d’images pour Álvaro Colom(en 2011).

   Soucieux de mener une enquête sur cet événement, le chef d’État dirigea, ainsi, une commission spéciale pour éclaircir les zones d’ombre de ces expérimentations et honorer les victimes encore vivantes.

  De son côté, Barack Obama Obama(alors président des États-Unis d’Amérique) prit pour résolution d’analyser les plus de 125 000 documents d’archives, avant de délivrer des conclusions définitives sur cette affaire.
  Des excuses officielles furent également prononcées, en compagnie de promesses certifiant que de telles expériences ne surviendraient plus.

  Une  » bien bonne résolution  », puisque mener des tests médicaux sans le moindre consentement des sujets infectés peut, en effet, être assimilé à un crime contre l’Humanité.!!

le chien zombie de Robert Cornish ?!!!


.zombie

    Au cours des âges, des scientifiques ont essayé de forcer les lois de la nature. C’est le cas d’un médecin américain, Robert Cornish, qui, dans les années 1930, tenta de faire revenir à la vie des chiens morts.

Cornish et sa planche à bascule :

   Savant prometteur, Robert Cornish décide, en 1932, de s’intéresser à la réanimation des cadavres. De telles techniques n’existent pas encore. C’est pourquoi le médecin américain suit sa propre inspiration et invente une sorte de  » planche à bascule  ».planche à bascule???( image ? )

  En y plaçant une personne décédée depuis peu, il espérait que le mouvement brusque imprimé à la planche permettrait de rétablir la circulation sanguine. De nouveau irrigué, l’organisme reviendrait alors à la vie.

   Pour augmenter les chances de succès, le savant maintient la pièce à une température élevée et réchauffe les corps par des couvertures chauffantes et des bains tièdes.

   Cornish essaya son procédé sur des personnes noyées ou électrocutées. Mais la planche eut beau s’incliner, les défunts ne ressuscitèrent pas.

Des chiens  »ressuscités »

  Nullement découragé, Robert Cornish se tourne vers les animaux. Puisque les humains  » refusent  » de revenir à la vie, il essaiera de ranimer des chiens. Il les tuera lui-même, de manière à tenter l’expérience dans un délai très court.

   Après les avoir euthanasiés, le médecin place les animaux sur sa planche à bascule. Mais il perfectionne sa méthode. Aussitôt après le décès, il leur injecte une solution d’adrénaline, pour déclencher une activité cardiaque.

   D’autres injections sont également prévues. Puis les chiens, qu’on balance toujours, sont placés sous oxygène. Le plus étonnant est que Robert Cornish obtient des résultats.!!!

  Certains chiens ne réagissent pas, d’autres montrent quelques signes de vie, mais décèdent à nouveau. L’un des animaux, cependant, revient pleinement à la vie. Un autre semble également ranimé, mais il est amorphe et se comporte d’une manière étrange, d’où son nom de chien zombie. Ce malheureux animal faisait d’ailleurs fuir ses congénères.

   Enhardi par son succès, Robert Cornish voulut tester sa méthode sur des condamnés à mort exécutés.! Pour des raisons qu’on devine, cette demande ne fut pas agréée par les gouverneurs auxquels s’adressa le savant.

François Calvat…


Je découvre ….je  » partage  » :

  L’artiste isérois François Calvat, âgé de 94 ans, a travaillé toute sa vie autour de la mémoire paysanne en transformant des objets de récupération glanés près de chez lui en œuvres d’art. Depuis des décennies, il explore toutes les variations d’une couleur : le noir, qu’il obtient à l’aide de son chalumeau. 

   C’est à 13 ans que François a la révélation en découvrant Les cerisiers en fleurs de Van Gogh Vincent van Gogh Amandelbloesem-Almond Blossom poster 50x70cm.( Pas sur que  l’image corresponde ) mais il va très vite délaisser la peinture pour des matériaux de récupération : tôle en zinc, plomb, caoutchouc, cuir mais aussi les éléments de la nature comme les brindilles, les fagots, les piquets de vigne, les écorces, etc. 

Un atelier-musée :

Il a fait don de nombreuses œuvres à la mairie de Saint-Martin-d’Uriage, mais la plupart dorment chez lui. Son atelier est le musée d’une vie. Exposé à Paris ou à Los Angeles, son travail a eu une certaine reconnaissance.

  » Je cherche à noircir les petites baguettes qui sont encore blanches ». A 94 ans, l’œil de François Calvat est toujours aussi aiguisé. Comme le peintre désormais centenaire Pierre Soulages, il explore l’infini du noir. Seule la technique diffère. Mais ses palettes de bois brûlé ressemblent à s’y méprendre à des tableaux.  »Je me suis rendu compte avec le bois brûlé qu’en coupant des petites baguettes et en les redisposant d’une certaine manière, la lumière s’accroche différemment ». 

Une vie d’artiste:

  C’est à treize ans qu’il a une révélation artistique, en découvrant le tableau de Van GoghImage du produit, Les cerisiers en fleurs. Mais après quelques années de peinture, il se détourne des toiles et des pinceaux pour se consacrer aux matériaux de récupération ainsi qu’au éléments de la nature. Il aime particulièrement le monde paysan. « Les paysans mettaient des bâches pour couvrir les plantes. Je les récupère et parfois des racines de plantes sont toujours accrochées » raconte-t-il. « C’est un peu la mémoire paysanne que je travaille ». Son credo : matière, mémoire et lumière. « Je rends hommage à la nature et aux hommes qui ont travaillé sur la nature ». 

François Calvat a fait don d’une partie de ses œuvres à la mairie de Saint-Martin-d’Uriage. Celui qui a exposé notamment à Paris ou à Los Angeles garde tout de même la plupart de ses trésors dans son atelier. 

 

Louis XV ……


…..comment serait il devenu Maître espion ? louis-XIV

Roi falot, Louis XV ?

     C’est oublier les intrigues du chevalier d’Éon et le  » Secret du roi  », ce réseau d’espionnage que les gouvernements successifs reprendront à leur profit ….

  À l’origine de tout, la Pologne….

   Dans les années 1740, l’Europe  » des Lumières  » est déchirée par la guerre de la Succession d’Autriche. Bourbons et Habsbourgs s’affrontent une fois de plus et chacun met en place un système d’alliances : l’Autriche compte sur la Russie, la France sur la Prusse. Le conflit s’achève par le traité d’Aix-la-Chapelle, en 1748, source de  déceptions en France, où l’on a le sentiment de s’être battu pour rien.

Alors qu’on pense de part et d’autre à en découdre de nouveau, la santé chancelante du roi de Pologne Auguste III laisse augurer d’une prochaine élection royale par la diète polonaise et ce pays devient l’enjeu de toutes les attentions… Les électeurs sont courtisés par toutes les chancelleries, désireuses de placer un des leurs ou à tout le moins un allié sur le trône de Pologne.

Le prince de Conti Description de cette image, également commentée ci-après , cousin du roi de France, se voit proposer par certains nobles polonais de se porter candidat. Cette idée arrange bien le roi Louis XV, qui cherche à éloigner les princes de sang susceptibles de se dresser contre son pouvoir et souhaite aussi placer un allié en Pologne.

 L’épisode ne serait qu’une péripétie de plus dans la  »tumultueuse histoire  » diplomatique du XVIIIe siècle si le roi n’avait chargé son cousin, au moment de partir pour la Pologne, en 1752, de mettre en place une correspondance secrète.         Ainsi naquît le  » Secret du roi  ». Son objectif est d’assurer la couronne de Pologne au Prince mais aussi de nouer des liens avec la Suède, la Prusse et la Turquie.

 

 » Secret du roi  » contre  » Cabinet Noir  »….

 Louis XV, d’un naturel secret, veut se réserver toutes les informations collectées par le prince de Conti, aux dépens de sa propre administration des affaires étrangères ! Le Prince recrute divers agents dans le corps diplomatique en les soumettant au secret absolu et en empêchant qu’ils se connaissent entre eux. Ces agents sont présents dans toutes les grandes capitales. Ainsi M. des Alleurs à Constantinople, M. des Issarts à Varsovie, le marquis d’Havrincourt à Stockholm, le chevalier de la Touche à Berlin. Les dépenses, pas moins de 10.000 livres par mois, sont payées par des bons du roi au porteur appelés  » ordonnance au comptant  » qui échappent à la comptabilité officielle mais sont consignées dans un livre rouge. Ainsi se met en place un réseau qui couvre une partie de l’Europe qui envoie au roi des informations via une correspondance codée.

Toutes ces précautions paraissent encore insuffisantes au roi qui craint que le  » cabinet Noir  » de son propre gouvernement n’intercepte les missives qu’il échange avec ses agents. (es employés des postes royales sont en effet autorisés à lire le courrier et à transmettre au gouvernement les extraits méritant l’attention ).         Ceux-ci sont collectés et éventuellement censurés par un service d’inquisition postale et de cryptographie, le  » Cabinet Noir  ». Louis XV crée alors un service de poste parallèle pour le  » Secret du roi  » ! Mais très rapidement, la maîtresse du roi, la marquise de Pompadour en prend ombrage ! ?. En 1763, elle dérobe la clé du cabinet où Louis entrepose sa correspondance. Elle découvre ainsi que le roi a missionné à Londres, auprès de son ambassadeur, le fameux chevalier d’Éon, et met le secrétaire d’État aux Affaires Étrangères Choiseul dans la confidence.!

 

   Drôle de nièce….

     La première mission notable du  »Secret du roi » concerne la Russie dont Louis XV souhaite se rapprocher en profitant de ce que la tsarine Elisabeth apprécie la France et son souverain. Le chancelier Bestucheff étant dévoué à la Prusse et l’Angleterre, il est exclu de lui envoyer un représentant officiel.

    Le prince de Conti propose donc d’envoyer Douglas Mackenzie sous la couverture d’un gentilhomme écossais en voyage d’agrément, accompagné d’un autre agent : le chevalier d’Éon travesti en femme et passant pour sa nièce ! Les deux hommes ont pour mission d’obtenir pour le prince de Conti, soit la main d’Elisabeth, soit le commandement de l’armée russe, soit encore la principauté de Courlande ! Conti convient avec Mackensie d’un code de correspondance sur le thème de l’achat de fourrure :
Mackensie :  » le renard noir »,
Si la mission réussit :  » Le renard est cher ,
Le vieux parti russe  » L’hermine est en vogue  »,
Si Bestucheff perd du crédit =  » Les martes zibelines sont en baisse  ».

Mais les Russes se méfient et Mackensie se fait arrêter à la frontière ! Mai sa  » nièce  » est autorisée à pénétrer sur le territoire ! Éon est donc présenté par Woronzeff (vice chancelier favorable au rapprochement France – Russie) à l’Impératrice qui fait de lui sa  » lectrice  ». Il peut donc lui remettre une lettre du roi qui était dissimulée dans la couverture d’un exemplaire de L’Esprit des Lois de Montesquieu !

En réponse, l’impératrice demande à Louis XV de lui envoyer un représentant officiel. Mackensie et Éon (cette fois en homme !) sont renvoyés en Russie officiellement et Louis continue une correspondance secrète avec la tsarine. Les efforts conjugués de Mackensie, Éon et Woronzeff font que Bestucheff perd du crédit et, en 1757, par un traité conclu à Versailles, la Saxe, La Suède et la Russie rejoignent l’alliance franco-autrichienne. Cette mission débouche donc sur un succès mais il n’en sera pas de même pour toutes les autres !……

Il y a environ….


Billet très , trop long , si pas de commentaire , je comprendrais .

 

….186 ans . Le marquis de La Fayette décédait ( âgé de 77 ans , je crois )  :
  La Fayette est surtout connu pour  sa participation  dans la lutte pour l’Indépendance américaine. Mais la vie militaire et publique en France du  » marquis républicain  »  fut aussi   » fertile en péripéties  » lors de la Révolution française : Pouvant être regardé comme la personnification la plus complète et la plus constante des idéaux républicains de 1789, il oscilla cependant un temps entre soutien à l’insurrection et protection de la famille royale.

    La carrière de La Fayette  fut une des plus prodigieuses de toutes les carrières humaines. Pendant de longues années et à travers les plus  » formidables bouleversements  », il connut les ivresses de la popularité, non seulement en France, mais en Amérique. Il fut tour à tour l’idole de la foule, le protecteur des rois, la terreur des puissants  et le trait d’union entre l’Ancien et le Nouveau Monde. Après avoir été adoré comme un dieu, il fut mis en accusation comme un traître et emprisonné, puis, de nouveau triomphant, devint l’arbitre des souverains.

Il fit la guerre, brava les balles ennemies et les piques des émeutiers ; il fut soldat, homme politique, ambassadeur, écrivain, agriculteur, et mourut tranquillement dans son lit, chargé de gloire et d’années, citoyen des deux mondes.

  Marie-Jean-Paul-Gilbert du Motier de La Fayette était né le 6 septembre 1757 au château de Chavaniac (Haute-Loire), dans une famille recommandable par plus d’un genre d’illustration.  Dans ses Mémoires , il résume son enfance  : » Il serait trop poétique, écrit-il, de me placer d’abord dans un autre hémisphère, et trop minutieux de m’appesantir sur les détails de ma naissance qui suivit de près la mort de mon père, le colonel des grenadiers, tué à la bataille de Minden avant l’âge de vingt-cinq ans. J’ai fait mon éducation en Auvergne auprès de parents tendres et vénérés, jusqu’au moment où je fus mis au collège de Plessis, à Paris. Je ne le quittai que pour passer à l’Académie militaire de Versailles.  »

Le général La Fayette en Amérique. Gravure du XIXe siècle colorisée ultérieurement

(Le général La Fayette en Amérique. Gravure du XIXe siècle ,vue sur le net  )

Un détail démontre le caractère de l’enfant :

Ses maîtres lui donnent un jour à traiter, comme sujet de devoir :  »les qualités du cheval parfait  » . Sacrifiant le succès au désir, déjà impérieux chez lui, de proclamer ses idées, le jeune élève dépeignit dans sa dissertation un cheval qui, n’omettait-il pas de mentionner,  » se cabrait sous la verge du cavalier  », utilisant  cette métaphore pour désigner ce qui à ses yeux était la condition du peuple.

Sortant de l’Académie, Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, est nommé officier aux  » mousquetaires noirs  ». Ce jeune noble très riche, marié en 1774 à la comtesse de Noailles , voyait s’ouvrir devant lui le plus brillant avenir. Il parut à la cour de Louis XVI ; mais, soit qu’il y gâtât, d’après  Mirabeau, par la gaucherie de ses manières, un langage obséquieux jusqu’à l’humilité ; soit qu’il y déplût, au contraire, comme il le dit lui-même, par l’indépendance de son langage et l’indocilité de ses idées, il n’y obtint aucun succès.

Ce fut à ce contact momentané avec l’aristocratie la plus raffinée de l’Europe qu’il dut ces habitudes  » d’exquise politesse et d’affabilité à toute épreuve  », qui ne l’abandonnèrent dans aucune des circonstances de sa vie. Il n’avait qu’à laisser couler l’existence douce et facile des seigneurs de l’époque. Mais La Fayette n’était pas de ceux qui se contentent d’un horizon borné aux antichambres royales. En 1776, commencent à parvenir en France les nouvelles des troubles américains. Son goût d’aventures, son instinct de liberté, sa haine de l’Angleterre attirent  sa sympathie vers ce pays opprimé qui voulait conquérir son indépendance.

 » À la première connaissance de cette guerre, dit-il, mon cœur fut enrôlé, et j’osai prendre comme devise à mes armes l’audacieux Curnon .  » À cette époque, le capitaine La Fayette était en garnison  à Metz. Le duc de Gloucester, frère du roi d’Angleterre, vint dans cette ville et un dîner lui fut offert par le comte de Broglie, commandant le régiment. Durant ce repas, auquel assistait La Fayette, le duc reçut d’Angleterre un courrier lui annonçant la déclaration d’indépendance de l’Amérique et, avant la fin du dîner, le jeune lieutenant s’était juré à lui-même d’embrasser cette noble cause.

À partir de cet instant, il n’eut pas d’autre pensée et, pour réaliser ses désirs, il partit aussitôt pour Paris. Il se présenta à Deane, recruteur américain, qui l’admit sans enthousiasme à cause de son jeune âge : il avait dix-neuf ans. Malheureusement, il n’y avait pas de navire disponible en France pour l’emmener, lui et ses camarades ; ils étaient tous détruits depuis la dernière guerre.  » J’achète un bâtiment, annonce tranquillement La Fayette.  »

Tous les obstacles ne sont pas encore aplanis :

Les ministres, sa famille prétendent s’opposer au départ du jeune Français, on l’accuse de créer des complications diplomatiques. La Fayette, avec persévérance et habileté, triomphe de toutes ces difficultés et, le 26 avril 1777, il mettait à la voile, à Bordeaux, sur son navire. Débarqué en Amérique, il est obligé de faire neuf cents milles à cheval pour atteindre la capitale de la Pennsylvanie, où se trouvait l’état-major des troupes révoltées. On le reçoit assez mal.  Au lieu de s’indigner ou de se décourager, il fait parvenir au commandant la lettre suivante :

 » D’après mes sacrifices, j’ai le droit d’exiger de servir à mes dépens comme volontaire, car c’est pour apprendre que je suis ici et non pour enseigner.  » Le ton à la fois digne et modeste de cette missive en imposa aux chefs américains et on le nomma major général.     Alors commença pour lui cette étonnante campagne, durant laquelle il combattit avec une poignée d’hommes à l’armée du Nord et fut blessé dès la première affaire, conquérant petit à petit l’amitié de Washington et l’estime des Américains. Mais ce ne fut pas l’épée à la main qu’il fut le plus utile à son pays d’adoption. En 1779 il retourne en France, dans l’intention de demander au roi du secours pour l’Amérique.

Ce retour fut triomphal et, à Versailles, c’était à qui, parmi les plus grands seigneurs, ferait fête au jeune héros, au  » marquis républicain  ». Ce succès lui valut  d’obtenir qu’un corps de six mille hommes serait envoyé en Amérique, sous le commandement de Rochambeau. La guerre put se poursuivre ainsi avec l’appui officiel de la France, et La Fayette la termina par la victoire de Yorktown, qui le mit à l’apogée de la gloire.

A son retour, Louis XVI, sous la pression de l’opinion publique, dut nommer le jeune héros maréchal de camp, en même temps que le Congrès américain lui prodiguait les plus glorieux témoignages de gratitude et donnait son nom à des villes. Ainsi se termina en apothéose cette première partie de la vie de La Fayette, qui allait se continuer sur un tout autre terrain durant les périodes tragiques de la Révolution française.

La Fayette, chef de la garde nationale, inaugure la cocarde tricolore et déclare : Cette Cocarde fera le tour du monde. Illustration de Jacques Onfroy de Bréville publiée dans Les mots historiques du pays de France, par E. Trogan (1896)

La Fayette, chef de la garde nationale, inaugure la cocarde tricolore et déclare :
Cette Cocarde fera le tour du monde. Illustration de Jacques Onfroy de Bréville 

En 1789, la noblesse d’Auvergne le nomma député aux États généraux. Il y parla pour la première fois le 8 juillet, à l’appui de la célèbre motion de Mirabeau pour l’éloignement des troupes ; et il offrit à l’assemblée un projet de déclaration des droits de l’homme, qui fut adopté. Nommé vice-président, il occupait le fauteuil pendant les nuits terribles des 13 et 14 juillet. Le 15, il se rendit à Paris à la tête d’une députation de soixante membres de l’assemblée, et y trouva le peuple encore  » ému et frémissant  » sur les ruines de la Bastille.

Malgré ses opinions et par une sorte de contradiction , La Fayette se montrait en même temps le défenseur du trône. Il écrivait à Louis XVI, après les journées de juillet, ces conseils impératifs :  » Le roi doit sentir qu’il n’y a rien à faire que par et pour la liberté et le peuple. Son cœur et sa raison lui en font une loi. Tout autre système éloignerait ses serviteurs et moi le premier.  »

Quand, quelques mois plus tard, le pouvoir populaire eut réussi à ébranler l’autorité royale, on chercha à l’Hôtel de Ville un chef pour le mettre à la tête de cette milice bourgeoise que Sieyès avait appelée garde nationale. Un des citoyens désigna alors un buste que l’Amérique affranchie avait envoyé récemment à la Ville de Paris. Ce buste était celui de La Fayette. Celui-ci dut encore à l’Amérique le rôle important qu’il allait être appelé à jouer dans son pays.

Il se hâta d’organiser cette armée patriotique qu’on venait de lui confier et lui donna pour insigne cette cocarde tricolore qui, annonça-t-il, devait faire le tour du monde. Pendant ce temps, la révolution suivait son cours et, le 5 octobre, le peuple, déchaîné, marchait sur Versailles dans le but d’en finir avec le pouvoir royal, mais La Fayette, à la tête de son armée, à laquelle il avait fait jurer fidélité au roi, accourut le lendemain, ramenant dans Paris la famille royale que son intervention tardive avait eu peine à soustraire à la fureur d’une multitude soulevée.

 Le général se présenta seul avec les deux commissaires de la commune à la grille cadenassée du château. On finit par lui ouvrir et, tandis qu’il traversait l’Œil-de-bœuf, un courtisan s’écria :  » Voilà Cromwell !  Monsieur, lui répondit La Fayette, Cromwell ne serait pas entré seul !  » Après une entrevue assez pénible avec le souverain, il rentra, épuisé de fatigue, à son hôtel de Noailles et passa sa nuit à préparer l’action de ses troupes pour la journée du lendemain. Pendant ce travail, il se livrait aux mains de son valet de chambre, afin que celui-ci réparât le désordre de sa coiffure. Toujours le marquis républicain.

  Le lendemain, les forcenés envahissaient les appartements royaux : tremblante et demi-nue, la reine se réfugiait chez le roi, les gardes du corps se faisaient tuer vaillamment, les scènes les plus sanglantes se préparaient. Mais La Fayette accourt et arrive à temps pour sauver les gardes du corps qu’on allait massacrer sur la place d’Armes. Un bandit le couche en joue, il abaisse son fusil de la main et le fait arrêter, puis il pénètre dans le château et réussit à en chasser la populace en furie.

La France soutenue par messieurs Bailly et La Fayette sort glorieuse du tombeau creusé par le despotisme ministériel. Caricature de 1789-1790

La France soutenue par messieurs Bailly et La Fayette sort glorieuse
du tombeau creusé par le despotisme ministériel. ( Caricature de 1789-1790 )

Quelques instants plus tard, cette même foule, qui venait découper des têtes, acclamait La Fayette et la reine, tandis que celui -ci baisait publiquement la main de Marie-Antoinette sur le balcon de la cour de marbre. Elle l’acclamait encore quand, toujours sur son balcon, il embrassait un garde du corps.

Il se signala par ses idées d’un libéralisme avancé, proclamant, au cours de la discussion du 20 février 1790, que l’insurrection est le plus saint des devoirs lorsque l’oppression et la servitude rendent une révolution nécessaire ; principe dangereux, qui poussant tous les mécontents à la révolte, et les faisant juges de leur propre cause, tend à bouleverser incessamment les États.

Lorsque le club des Jacobins se fut organisé, La Fayette,  avec Bailly, lui opposa celui des  »Feuillants  », destiné à offrir un point de réunion aux partisans plus modérés de la liberté. Le prestige de La Fayette, son art de manier et d’impressionner les masses étaient extraordinaires, comme on put le constater lorsque le 20 juin 1791 Louis XVI partit pour l’étranger.

   Cet épisode faillit coûter à La Fayette sa popularité : on songeait en effet déjà à l’en rendre responsable, mais il s’en tira encore par un trait d’esprit. Un homme lui disait en lui montrant le poing : « Vous avez ruiné la France en laissant partir le roi.  »   »Comment ! ruiné la France ? répondit-il. La liste civile coûtait vingt-cinq millions au pays ; le roi, en s’en allant, fait gagner un franc à chaque Français.  »     On rit et on laissa passer le général, qui alla donner des ordres de poursuite.

 Après l’arrestation de Louis XVI le 21 juin, La Fayette fut accusé par les deux partis opposés, les uns lui reprochant d‘avoir laissé partir le roi, les autres de l‘avoir fait arrêter. Il faut bien dire qu‘il protégea dans cette grave circonstance les jours de la famille royale ; mais il approuva la suspension de Louis XVI, et il ne reconnut les droits de ce prince qu’après qu‘il eut accepté la constitution, en septembre 1791. Le décret qui, à cette condition, rétablissait le roi sur le trône, ayant excité un soulèvement, La Fayette dispersa par la force les attroupements qui s’étaient formés au champ de Mars pour signer une pétition  »factieuse  ». Plusieurs républicains furent tués.

  Le 8 octobre 1791, après avoir fait accepter l’amnistie proposée par Louis XVI, il se démit de son commandement, et prit congé de la garde nationale par une lettre où il exposait les principes qui avaient dirigé sa conduite. Lorsque la première coalition se fut formée contre la France, il fut désigné pour commander une des trois armées destinées à repousser cette agression. Son premier soin, après l‘avoir rejoint, fut d’y rétablir la discipline. Il battit l‘ennemi à Philippeville, à Maubeuge et à Florennes ; malgré ces succès, il se vit bientôt en butte aux accusations des Jacobins.

Serment de La Fayette à la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790. Peinture de L. David (1791)

Serment de La Fayette à la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790. (Peinture de L. David (1791))

Dans une lettre écrite le 16 juin 1792 à l‘Assemblée législative, il osa dénoncer les démagogues, qui, disait-il, tuaient la liberté par les crimes de la licence. Quelques jours après, il vint lui-même à la barre de l’Assemblée appuyer sa dénonciation et demander compte de la violation de la demeure royale ayant eu lieu le 20 juin. Il risquait sa tête mais triompha de nouveau et eut les honneurs de la séance, le discours qu‘il prononça étant vivement applaudi par le côté droit. Le roi devait le lendemain passer en revue quatre mille gardes nationaux. La Fayette résolut de profiter de cette circonstance pour porter un coup décisif aux  » factieux  ». Mais peu d’hommes répondirent à l‘appel, et La Fayette repartit pour son armée avec la triste conviction que sa popularité s‘était évanouie.

Quelques jours après, son effigie fut brûlée au Palais-Royal ; et au mois d‘août suivant, sa mise en accusation fut discutée dans l’Assemblée législative. Malgré les menaces et les cris des forcenés entassés dans les tribunes, cette question fut résolue en sa faveur à une majorité de plus des deux tiers des voix ; mais tous ceux qui avaient voté pour lui furent, au sortir de la séance, hués, poursuivis et maltraités par le peuple. Indigné des scènes de désordre qui se succédaient dans la capitale, La Fayette projeta de marcher sur Paris, de chasser les républicains et de rétablir le roi et la constitution ; mais il s‘aperçut bientôt que son armée était peu disposée à seconder ses desseins, et il se décida à passer en pays étranger avec un petit nombre d’officiers dont la vie était compromise.

Le 20 août 1792, le général et ses compagnons au nombre de vingt-deux, tombèrent dans un poste autrichien qui refusa de les laisser passer. La Fayette ayant été reconnu: On les arrêta . Avec trois de ses compagnons, anciens membres de l‘Assemblée constituante, il fut envoyé à Wezel comme prisonnier d‘état. Transféré à Magdebourg, il y resta un an, enfermé dans un souterrain humide et obscur, puis passa dans les cachots de Glatz, de Neiss, et enfin d’Olmütz, où l‘Autriche le fit traiter avec une grande rigueur. On le dépouilla de ce que les Prussiens lui avaient laissé, et on confisqua jusqu‘aux livres qu‘il avait avec lui.

 Cependant un médecin hanovrien, nommé Bollman, et un jeune américain, nommé Huger, entreprirent de le délivrer, et profitant d‘une des promenades qu‘on lui faisait faire régulièrement à cause du délabrement de sa santé, parvinrent à l’enlever ; mais divers accidents firent échouer leur entreprise. La Fayette fut repris   à huit lieues d‘Olmütz ; et ses deux amis également arrêtés, moururent dans les prisons …

 Après avoir passé seize mois dans les cachots de Robespierre, Mme de Lafayette vint en 1795 avec ses deux filles partager la captivité de son époux, et cette réunion compensa l’extrême sévérité dont on usait envers lui, depuis sa tentative d‘évasion.   

   Des membres du parlement d‘Angleterre, et des agents du gouvernement des États-Unis élevèrent en vain la voix pour demander sa liberté . L‘Autriche fut inflexible : elle ne devait céder qu‘à l‘ascendant de la victoire.

La Fayette traité comme il le mérite, par les démocrates et les aristocrates. Caricature de 1792

La Fayette traité comme il le mérite, par les démocrates et les aristocrates. ( Caricature de 1792 )

Bonaparte, à qui ses succès en Italie donnaient une si grande influence, fut chargé par le Directoire de négocier la délivrance des prisonniers d’Olmütz. Ce ne fut pourtant qu‘après cinq mois de pourparlers réitérés qu’il obtint leur mise en liberté. Bonaparte, sur les instigations de Carnot, avait fait de la libération de La Fayette une des clauses du traité de Campo-Formio. Mais le futur empereur se méfiait de cet homme, dont la popularité risquait de contrebalancer la sienne, et il ajouta donc  une note stipulant que le général ne pourrait rentrer en France.

Sur ces entrefaites le 18 fructidor an V (4 septembre 1797) eut lieu, et La Fayette, libéré le 19 septembre suivant mais qui désapprouvait ce coup d‘État mené par trois des cinq directeurs soutenus par l’armée, contre les royalistes devenus majoritaires au Conseil des Cinq-Cents et au Conseil des Anciens, resta donc en pays étranger et s’établit à Utrecht. La prise de pouvoir par Bonaparte lors du coup d’État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) lui rouvrit les portes de la patrie.

De retour en France, La Fayette vécut éloigné du théâtre des affaires publiques, et ce fut seulement après la bataille de Marengo (14 juin 1800) qu‘il eut occasion de voir Bonaparte. Il fut accueilli très amicalement par le Premier Consul avec qui il passa trois jours à la campagne chez son frère Joseph. Cependant toutes les propositions qui lui furent faites ne purent le décider à accepter une place de sénateur. Après que le consulat à vie ait été proposé à la sanction du peuple, La Fayette déclara qu‘il ne pouvait voter pour une pareille magistrature jusqu’à ce que la liberté publique ne soit suffisamment garantie ; ajoutant qu‘alors il donnerait sa voix à Napoléon Bonaparte !

Le vainqueur de I‘Europe s’étonnait de trouver un homme qui ose lui résister avec tant d‘obstination.  » Tout le monde en France, disait-il, est corrigé des idées extrêmes de liberté ; il n‘y a qu‘un homme qui ne le soit pas, et cet homme c‘est La Fayette. Vous le voyez tranquille ! Eh bien, s’il y avait une occasion de servir ses chimères, il reparaîtrait plus ardent que jamais.  »

En 1814, La Fayette se présenta chez le roi et chez  » Monsieur  » :  mais,bien qu’il ait été bien accueilli par ces princes, il ne reparut plus à la cour. Pendant les Cent-Jours il refusa la  »pairie  », et protesta contre les articles des constitutions de l‘empire et de l‘acte additionnel qui pouvaient attenter à la souveraineté nationale. Élu par le département de Seine-et-Marne membre de la Chambre des représentants, il fit déclarer après la bataille de Walerloo (18 juin 1815) que l‘assemblée était en permanence, que toute tentative pour la dissoudre était un crime de haute trahison.

Lorsque Bonaparte, effrayé des dispositions de la Chambre, eut décidé d’ abdiquer, La Fayette, exclu par une intrigue du gouvernement provisoire, fut un des commissaires envoyés près des puissances alliées pour demander une  » suspension d‘armes  ». Ses démarches et celles de ses collègues n‘ayant en aucun résultat, il revint à Paris, où déjà les armées étrangères étaient entrées par suite d‘une capitulation. Quelques jours après les portes du corps législatif furent fermées et mises sous la garde d‘un poste de Prussiens.

Le marquis de La Fayette

Le marquis de La Fayette

La Fayette, après avoir protesté avec plusieurs députés contre cette violence, se retira dans sa terre de Lagrange où il vécut dans la retraite. En 1818, élu par le département de la Sarthe membre de la Chambre des députés, il s‘y signala par une opposition dans laquelle il sut allier l’inflexible énergie des principes révolutionnaires à des formes exemptes d’aigreur et de violence.

La prédiction de Bonaparte s‘accomplissait. En reparaissant sur la scène politique, Lafayette s‘y montrait l‘ardent apôtre des doctrines les plus absolues de souveraineté du peuple et d‘insurrection, et il les développait à la tribune avec une conviction qui se fortifiait des souvenirs de deux révolutions auxquelles il avait pris une part active. Ses souffrances d’Olmütz n’avaient en rien modifié ses principes. Le vieux député de 1820 parlait comme le jeune volontaire de 1777, et on aurait pu dire de lui ce qu‘on disait des émigrés, qu‘il n‘avait rien oublié, ni rien appris.

À l‘occasion de tous les complots qui éclatèrent sous la Restauration, le nom de La Fayette fut prononcé ; mais il fut impossible de prouver qu‘il y avait participé. Rendu à la vie privée, le compagnon d’armes de Washington sentit le désir de revoir sur le déclin de l’âge le peuple pour lequel il avait combattu dans sa jeunesse. Plus d‘une fois ses nombreux amis d‘Amérique l’avaient sollicité de venir les visiter. Il se rendit enfin à leur vœu, et s‘embarqua au Havre sur le Cadmus le 13 juillet 1824.

    Après trente-trois jours de traversée, il débarqua sur le rivage où il avait fait ses premières armes. Le congrès lui accorda des honneurs qu‘il n‘avait jamais accordés à Washington ! Il fut proclamé l’hôte de la nation, et fut successivement fêté par tous les états de l’Union. Entouré des populations qui se pressaient sur son passage, il visita le tombeau de Washington et les champs de bataille où il avait partagé les périls de ce grand homme. Ce voyage, qui dura plus d‘un an, ne fut pour lui qu‘une suite de fêtes où se retrempa son enthousiasme républicain.

La prospérité des États-Unis dont il venait d‘être témoin l’attacha de plus en plus aux maximes qu‘il avait professées toute sa vie, et lorsqu’en 1827 il fut envoyé de nouveau à la Chambre des députés par l’arrondissement de Meaux, on le vit défendre avec une ardeur nouvelle les principes démocratiques. Ennemi déclaré de la Restauration, il espérait,attendait le moment de sa chute. Son expérience lui faisait reconnaître dans tout ce qui se passait autour de lui les symptômes d’une révolution nouvelle, qu‘il prédisait à ses amis pour ranimer leur courage défaillant.

Quand le trône de Charles X s‘écroula en 1830, il vit sans étonnement ce mouvement populaire et se remit à l‘œuvre, comme en 1789. Après avoir repoussé toutes les propositions du frère de Louis XVI, en déclarant qu’il était trop tard, son influence contribua à rattacher à la dynastie de Louis-Philippe les hommes les plus exaltés du parti libéral. Le duc d’Orléans, adroit et fin, avait compris le parti qu’il pouvait tirer de ce vieillard symbolique. Fort habilement, il sut l’entreprendre, se présenta à lui comme un ancien garde national venant rendre visite à son général, exalta les États-Unis et arriva ainsi à le gagner à sa cause. Sur le balcon du palais royal, La Fayette embrassait publiquement et consacrait le roi-citoyen, semblant contracter une alliance solennelle avec le pouvoir né des barricades. Le mot fameux :  »c’est la meilleure des républiques  », ( qu’il prononça selon les uns, et qu‘on lui attribua faussement selon les autres ), répété dans toute la France, fut jeté comme un cri de ralliement à l’opinion.

Vous êtes la meilleure des Républiques : La Fayette à Louis-Philippe, le 26 juillet 1830. Chromolithographie de 1890

Vous êtes la meilleure des Républiques : La Fayette à Louis-Philippe,
le 26 juillet 1830. Chromolithographie de 1890

Mais en se faisant l‘auxiliaire de la royauté, La Fayette était loin d‘avoir renoncé aux théories de sa jeunesse. Comme au temps où il conseillait l’infortuné Louis XVI, il prétendait allier deux choses incompatibles : la monarchie et les institutions républicaines. Mais Louis-Philippe recula devant cette carrière de concessions que lui ouvrait le vétéran de la Révolution française, et dont il craignait que le terme ne fût une catastrophe. Bientôt La Fayette s‘aperçut que d’autres avis que les siens étaient écoutés.

    Investi dans les premiers jours de la révolution de Juillet, du commandement en chef des gardes nationales de France, il dut renoncer à ce titre par suite de l’amendement du 24 décembre introduit par un député dans la loi relative à la milice citoyenne. La Fayette dut donner sa démission. Sa scission avec le pouvoir devint de jour en jour plus profonde, et il vit se rallier autour de lui une opposition composée de républicains ardents, dont il tâchait de calmer les impatiences.

La marche de la royauté nouvelle I’affligeait, mais sans altérer sa confiance ; il attendait du temps bien plus que de la violence un retour aux principes qu‘il professait, et sur la fin de sa vie il croyait fermement à un dernier triomphe de la révolution ( dont il ne  serait  le chef ni même le témoin ).

 Ayant voulu, malgré son grand âge, suivre à pied le convoi du malheureux Dulong (député de l’Eure tué dans un duel avec le général Bugeaud, qu’il avait offensé à la Chambre des députés ) , la fatigue que lui causa cet effort et la pneumonie qu’il y contracta, altérèrent sa santé. Après une convalescence apparente, il éprouva une rechute qui bientôt ne laissa plus d‘espoir. Il mourut à Paris le 20 mai 1834, et fut inhumé au cimetière de Picpus  Résultat d’images pour cimetière de picpus tombe de La Fayette   …..