A l’opposé du billet précédent :


Le 18 juillet 1918

   Naissait dans une  » chefferie xhosa  », Nelson Mandela . ( Une  » chefferie  » = Organisation politique de la société traditionnelle, à base familiale ou  » clanique  » , construite autour du chef  )

    Une fois adulte , il  suit une formation d’avocat et rejoint le Congrès National Africain (African National Congress, ANC), un parti multiracial qui se propose de lutter par les voies légales contre l’apartheid et la domination blanche dans son pays.
    En 1961, heurté par la violence de la répression, il fonde la branche armée du parti : Le Fer de lance de la Nation (MK, Umkhonto) avec l’objectif de mener des sabotages contre les cibles administratives et policières. Emprisonné en 1962 , il sera libéré 27 ans plus tard par le président Frederik de Klerk, sous la pression occidentale.
   Bénéficiant d’une aura planétaire, il est élu à la présidence de la République le 10 mai 1994, forme un gouvernement multiracial et réalise son rêve d’une Afrique du Sud  »arc-en-ciel  » . Bien que personne n’y croyait , il mènera son pays vers la démocratie et la paix. Frederik de Klerk et lui ont reçu le Prix Nobel de la Paix en 1993.   N.Mandela décèda le 5 décembre 2013 âgé  de 94 ans . 

C’était en juillet il y a…..76 ans


Le 8 juillet 1943 exactement :  Jean Moulin mourrait…………..

Jean Moulin : Qui était ce monsieur :

  Pendant la Seconde Guerre mondiale, Jean Moulin a été un des principaux chefs de la résistance face à l’occupation allemande. Nommé préfet d’Eure-et-Loir au début de la guerre, Il passera dans la clandestinité dès 1940 après sa première arrestation et rejoint la France Libre aux côtés de Charles de Gaulle.    Originaire du département de l’Hérault, Jean Moulin est le dernier d’une famille de trois enfants, dans laquelle les parents accordent beaucoup d’importance à l’éducation. 
  Son père, Antonin Moulin (1857-1938) est professeur d’histoire au collège de Béziers, conseiller municipal, puis conseiller général de l’Hérault.        
   Passionné par le dessin, Jean Moulin évolue dans ce contexte familial marqué par les valeurs républicaines et par la guerre de 1914-1918.     Après des études au lycée Henri IV de Béziers, Jean Moulin obtient son baccalauréat en 1917. Bien qu’il ne soit pas un élève brillant, il s’inscrit à la faculté de droit de Montpellier puis est nommé attaché au cabinet du préfet de l’Hérault grâce à l’influence de son père .   
     Passionné de peinture et d’art, Jean Moulin fait preuve d’une personnalité aux multiples facettes, grave et réfléchi dans ses missions de fonctionnaire et en même temps bohème au cours des fêtes nocturnes de Montparnasse.   Nommé préfet d’Eure-et-Loir à Chartres en janvier 1939, Jean Moulin se retrouvera face à la Wehrmacht le 17 juin 1940 lorsque des officiers de l’armée allemande le somment de cautionner des accusations contre les troupes sénégalaises. Le préfet refuse de signer persuadé qu’il s’agit d’une calomnie. De peur de céder le lendemain sous la torture, Jean Moulin tente de se suicider en se tranchant la gorge dans la prison dans laquelle il a été enfermé. 

Passage à la clandestinité et rencontre avec Charles de Gaulle :

   Le 16 novembre 1940, Jean Moulin quitte Chartres, pour Paris où il retrouve des amis qu’il charge de découvrir des individus décidés à faire quelque chose face à l’armée allemande. En attentant son passeport et de pouvoir rejoindre Londres, il rassemble des informations sur les besoins des groupes désirant s’investir dans une force militaire clandestine. À l’aide d’une fausse carte d’identité au nom de Joseph Mercier , Jean Moulin parvient à Londres le 20 octobre 1941 en passant par l’Espagne et le Portugal.

   Cinq jours plus tard, Moulin rencontre Charles de Gaulle et les deux hommes semblent partager la même volonté de poursuivre le combat en France. Messager des mouvements de résistance, Jean Moulin fait un état des lieux des besoins et des  » forces de l’ombre  » dans le pays. Muni d’un ordre de mission, il devient le représentant personnel du général de Gaulle et le délégué du Comité national français pour la zone Sud.

Unification des mouvements de résistance :

   Sous le nom de « Rex », Jean Moulin est parachuté le 1er janvier 1942, à Eygalières avec pour missions d’unifier les mouvements qui résistent à l’ennemi et à la France de Vichy. Par son autorité naturelle et à sa diplomatie, il va parvenir progressivement à s’imposer puis a mettre sur pied des services communs le BIP (bureau d’information et de presse) et une liaison radio permanente.
En septembre 1942, Jean Moulin négocie le regroupement des forces paramilitaires dans une Armée Secrète (A.S.) dont la direction est confiée au général Delestraint. À partir de cette date, les trois mouvements (Combat, Libération et Franc-Tireur) sont coordonnés dans les MUR (Mouvements Unis de la Résistance), sous la présidence de Jean Moulin.

Conseil National de la Résistance :

   De novembre 1942 à mai 1943, Jean Moulin fera son possible  pour la reconnaissance de la légitimité de la France Combattante par les Alliés en développant le Conseil National de la Résistance. Dans la nuit du 13 février 1943, il s’envole pour Londres à bord d’un Lysander en compagnie du général Delestraint. Le Général de Gaulle lui exprime son estime et sa reconnaissance en le décorant de l’Ordre de la Libération.

  Revenu en France, Moulin réunit le 27 mai 1943, à Paris, le Conseil National de la Résistance composé de 17 membres. Ces représentants forment le parlement de la France Libre et de la Résistance. En dix-huit mois, Jean Moulin a accompli la mission qui lui a été confié par de Gaulle, mais les événements se précipitent, le chef de l’Armée Secrète Delestraint alias Vidal, est arrêté le 9 juin, à Paris par la Gestapo.

Arrestation à Caluire-et-Cuire

  Jean Moulin « Max » désire réunir l’état-major de l’Armée Secrète au plus vite. Son objectif est de réorganiser, par intérim, sa direction décapitée par l’arrestation de son chef, le général Delestraint. Jean Moulin, alias « Jacques Martel », a convoqué, ce 21 juin 1943, de hauts responsables des principaux mouvements de la résistance: André Lassagne, Raymond Aubrac, Henri Aubry, Bruno Larat, Claude Serreulles, le colonel Schwarzfeld et le colonel Lacaze.

   De la place Carnot, Jean Moulin, accompagné de Raymond Aubrac, se rend à la station Croix-Paquet du funiculaire de la Croix-Rousse où ils attendent le colonel Schwarzfeld, très en retard. Puis ils arrivent place Castellane, chez le docteur Dugoujon, avec près de quarante minutes de retard. Quelques minutes après, la Gestapo, conduite par Klaus Barbie, surgit sur le perron. Emmené, en voiture, au quartier général de la Gestapo, avenue Berthelot, puis à la prison Montluc, Max sera identifié le 23 juin comme le chef de la Résistance. Barbie va alors tenter, par tous les moyens, de lui arracher ses secrets. ( Barbie après son arrestation )

   Transféré à Paris, le 26 juin, pour être interrogé par Boemelburg (chef de la Gestapo), il est confronté à Lassagne et Delestraint qui refusent de reconnaître Max en cet homme blessé, tuméfié, râlant, sans connaissance. Moulin est alors envoyé à Berlin, pour être soigné et interrogé. Il meurt dans ce train, près de Metz, le 8 juillet 1943, d’après l’acte de décès allemand. Le 19 décembre 1964, la France lui rend un hommage national, au Panthéon.

  Qui a trahi Jean Moulin ?
     Plusieurs noms circulent après la Seconde Guerre mondiale sur la personne qui aurait divulgué le lieu et la date de la réunion. Les tribunaux tenteront de déterminer si Klaus Barbie, chef de la Gestapo est arrivé dans la maison du docteur Dugoujon sur dénonciation ou en regroupant des informations obtenus lors des interrogatoires. A ce jour, le mystère demeure entier………………….

C’était il y a environ 114 ans ….


( Plus  » sérieux  » que le billet  précédent  ) :

   Le mardi 27 juin 1905, une mutinerie éclate à bord du Potemkine, le principal cuirassé de la flotte de guerre russe.
  Sur le moment, l’événement passe inaperçu dans une Russie bouleversée par une première Révolution et une guerre désastreuse contre le Japon.
   Mais il va acquérir beaucoup plus tard une notoriété mondiale et accéder au rang de mythe historique, par la vertu d’un film que lui a consacré le réalisateur Eisenstein vingt ans plus tard.
En 1965, Jean Ferrat lui a consacré aussi l’une de ses plus belles chansons :

Marine en crise :
   Depuis sa défaite de Tsushima, un mois plus tôt, face à la flotte japonaise, la marine du tsar Nicolas II est agitée par des mouvements divers et les officiers ont le plus grand mal à se faire respecter de leurs hommes. Sur terre, dans tout le pays, se multiplient grèves et rébellions depuis la révolte sanglante du   » Dimanche rouge  »  du 22 janvier 1905 à Saint-Pétersbourg.
   Sur le cuirassé Potemkine, qui porte le nom d’un favori de Catherine II, le commandant, le capitaine de vaisseau Golikov, a su jusque-là préserver la discipline par une relative humanité.
  Mis en service deux ans plus tôt, le navire mesure 113 mètres de long, déplace 12 600 tonnes et transporte environ 700 hommes. Ses marins sont pour la plupart des paysans sans éducation, recrutés de force quelques mois plus tôt pour combler les effectifs creusés par la guerre. Ils n’ont pas encore l’expérience du feu.
  Viande avariée ;!
   Tandis qu’il effectue des exercices sur la mer Noire, au large d’Odessa, le cuirassé est ravitaillé comme de coutume en provisions. Au petit matin, les marins s’approchent des carcasses qui pendent sur le pont en attendant leur mise en cale et découvrent une viande en putréfaction, puante et truffée d’asticots. Ils se rassemblent autour des carcasses. C’est l’indignation. Le médecin du bord, le docteur Smirnov, examine la viande. Avec mépris pour les brutes qui l’entourent, il prétend sentencieusement que la viande est « comestible » sous réserve d’être simplement lavée avec du vinaigre.
   Les marins murmurent et se retirent. Arrive l’heure du déjeuner. Dans le réfectoire, les cuisiniers amènent les marmites de bortsch, avec la viande bouillie. Cette fois, c’est l’explosion. Les marins refusent de manger et conspuent les cuisiniers. Alerté par le vacarme, le second du navire, un aristocrate polonais brutal et cassant, le capitaine de frégate Hippolyte Giliarovsky, alerte le commandant. Devant celui-ci, le docteur réitère son verdict sur l’état de la viande.
    Alors, le commandant a la mauvaise idée de faire battre les tambours et de rassembler l’équipage sur le pont. Il harangue les hommes et demande à ceux qui acceptent de manger la viande d’avancer de deux pas. Maladresse ! Par habitude et résignation, seuls quelques vétérans obéissent. Les autres se tiennent cois.
   Bafoué, le commandant se contente d’annoncer que les marins n’auront rien d’autre à manger. Là-dessus, il se retire et son second poursuit la harangue.
     Dans l’équipage figurent quelques militants révolutionnaires du parti social-démocrate, dont leur chef Afatasy Matiouchenko. Ils ont reçu de leur parti la consigne de préparer les marins à une insurrection générale de la flotte de la mer Noire.
Matiouchenko se dit que voilà l’occasion de devancer l’insurrection générale. Il excite ses camarades à la révolte. Le ton monte.
Dérapage :
    Selon une première version des faits, un matelot du nom de Vakoulinchouk se serait approché du second et aurait protesté contre les conditions de vie de l’équipage. Le capitaine Giliarovsky l’aurait rabroué. Celui-ci l’aurait menacé. Le capitaine aurait alors tiré son pistolet et blessé mortellement Vakoulinchouk.
     Selon une autre version, un petit groupe de matelots réfractaires se seraient rués dans l’armurerie à l’instigation de Matiouchenko.
   En remontant sur le pont, l’un d’eux, Vakoulinchouk, aurait menacé le capitaine Giliarovsky et celui-ci l’aurait blessé d’un coup de pistolet.
  Quoi qu’il en soit, suite à ce coup de pistolet, l’équipage se mutine, quelque peu dépassé par les événements mais entraîné par Matiouchenko.
Alors  que huit officiers rejoignent les mutins, le capitaine, le médecin et plusieurs autres officiers sont tués et jetés à la mer. Le commandant n’est pas épargné. Un officier, Alexeiev, prend le commandement du navire sous la haute surveillance de Matiouchenko.
   Les mutins du Potemkine hissent le drapeau rouge de la révolution. Ils dirigent le cuirassé et son navire ravitailleur vers le port d’Odessa.
Alliance entre marins et ouvriers :
   En entrant dans le port d’Odessa en cette fin d’après-midi, les marins du Potemkine ne savent pas encore que la loi martiale y a été décrétée le matin même par le général Kokhanov suite à des grèves ouvrières…
   La veille,(  le lundi 26 juin ) , une manifestation avait été sauvagement réprimée par la police et la cavalerie cosaque. Le face à face meurtrier entre manifestants et forces de l’ordre s’était poursuivi le lendemain, faisant plusieurs centaines de morts. Au moment où les grévistes et les révolutionnaires désespèrent de pouvoir résister, voilà qu’apparaît le Potemkine, arborant le drapeau rouge.
    L’arrivée du navire ravit les meneurs de la grève qui montent à bord et font alliance avec leurs homologues du navire. Le lendemain, le cadavre du marin Vakoulinchouk est porté en grande pompe à terre et exposé sur le port, sous un dais de toile grossière. Il reçoit l’hommage ému d’une foule immense d’ouvriers et de révolutionnaires.
    La foule, surexcitée, monte l’escalier monumental de 22 mètres de large et 240 marches qui relie le port à la ville moderne. Il a été construit un siècle plus tôt par un duc de Richelieu, lointain descendant du Cardinal, d’où son nom d’escalier Richelieu.
   Le général Kokhanov fait donner deux détachements de Cosaques à cheval. Du sommet de l’escalier comme de sa base, les cavaliers massacrent  » à qui mieux mieux   » la foule désarmée, faisant des centaines de victimes, hommes, femmes, enfants. A la fin de la journée, sur le quai rouge de sang, l’on ne voit plus que les cadavres… et le dais dérisoire qui recouvre le corps du martyr Vakoulinchouk.
     À bord du Potemkine, les marins ne s’attendaient pas pour la plupart à ce qu’une question de viande avariée dérape à ce point. Ils hésitent à agir. Les relations sont tendues avec les meneurs révolutionnaire. Alors, Matiouchenko, répondant à une proposition du général Kokhanov, rencontre celui-ci et obtient l’assurance que les funérailles de Vakoulinchouk pourront se dérouler dans le calme. Le général tient parole et, le lendemain, une foule immense accompagne le marin à sa dernière demeure, drapeaux rouges en tête. Le corps est porté par 12 marins du Potemkine.
    Mais à peine les funérailles sont-elles terminées que les soldats chargent la foule et tuent indistinctement hommes et femmes. Trois des douze marins figurent parmi les victimes. Sur le Potemkine, c’est la consternation. Cette fois, les marins décident de bombarder le quartier-général établi dans le théâtre de la ville. Matiouchenko commande le tir. Mais il n’arrive qu’à toucher des maisons peuplées d’innocents. Il faut interrompre le bombardement.
   Matiouchenko envoie un message au général commandant de la place d’Odessa. Le message reste sans réponse… Pour les mutins du Potemkine, il n’y a plus rien à faire à Odessa.
Fin de partie :
       Le navire largue les amarres, suivi de son navire ravitailleur, et se hâte de quitter la rade d’autant que s’approche une flotte. Elle vient du port de guerre voisin de Sébastopol avec le projet de mettre à la raison les mutins. Les officiers de la flotte sont légitimement inquiets par le risque de contagion révolutionnaire. Leurs navires s’approchent du Potemkine et celui-ci, sans tirer, passe entre eux, comme à la parade, les marins criant à l’attention de leurs camarades :  »  Vive la Révolution !  » Les marins de la flotte répondent par des  » Hourra !  »
      Prudents, les officiers choisissent de se replier. Mais le cuirassé Georges-le-Victorieux trouve le moyen de rejoindre le Potemkine, les meneurs révolutionnaires présents à son bord ayant réussi à retourner les marins et neutraliser les officiers.
   Matiouchenko, qui n’en revient pas, se voit à la tête de trois navires de guerre. Il revient vers Odessa avec l’idée d’entraîner la population dans la Révolution. Mais à bord du deuxième cuirassé, le vent tourne et les marins, hésitants, se laissent convaincre de revenir à Sébastopol. Matiouchenko ordonne de faire feu sur eux. Touché, le Georges-le-Victorieux s’échoue sur la grève plutôt que de rentrer dans le rang.
    Sur le Potemkine, c’est bientôt le sauve-qui-peut. Le cuirassé regagne le large sous les yeux ébahis du général de la place d’Odessa. Ses soldats en profitent pour réprimer sauvagement la population qui a eu le front de les défier.
   Après une longue errance dans la mer Noire et malgré les ordres  de Matiouchenko, le Potemkine se dirige vers le port roumain de Constantza où les mutins obtiennent l’asile politique. Matiouchenko, dans un dernier geste de défi, envoie des proclamations surréalistes aux gouvernements de la planète et saborde le mythique navire avant de prendre pied sur le sol roumain.
    Deux ans plus tard, le tsar Nicolas II promet une amnistie aux révolutionnaires de 1905. Les mutins, méfiants, préfèrent toutefois rester en Roumanie………..

     À l’exception de cinq d’entre eux qui font le choix de rentrer en Russie. Parmi eux, Matiouchenko. Il est reconnu à la frontière, arrêté et pendu. Ses quatre compagnons sont envoyés en Sibérie.
Un film immortel  :
   La mutinerie du Potemkine s’inscrit dans la longue série de troubles sociaux, politiques et militaires qui ont empoisonné le régime tsariste en l’année 1905. Sa célébrité est seulement venue du film qu’en a tiré le réalisateur soviétique Serge Eisenstein en 1925, Le cuirassé Potemkine. Certains considèrent ce film comme le plus grand du XXe siècle.
    À l’origine, le gouvernement soviétique avait passé commande au cinéaste d’un film sur la Révolution de 1905. S’étant rendu en premier lieu à Odessa pour des repérages, Eisenstein avait immédiatement perçu le contenu dramaturgique de la mutinerie et en avait fait le sujet exclusif de son film, sans trop s’embarrasser de la réalité historique.

çà s’est passé il y a environ 90 ans


    Méconnue et troublante, la guerre des  » Cristeros  » a opposé pendant plus de trois ans les paysans catholiques du Mexique à leur gouvernement.
   Elle s’est terminée le 22 juin 1929 par un arrangement (« Arreglos » en espagnol) entre le Saint-Siège et ce gouvernement socialiste et franc-maçon, dont l’intolérance avait entraîné les paysans à la révolte.
    Le représentant du pape demande aux paysans de déposer les armes sous peine d’excommunication ! . Abandonnés, les ex-rebelles vont subir pendant plusieurs années encore les exactions de l’armée.


  Tout avait commencé avec l’élection à la présidence de la République, en 1924, du général Plutarco Calles. Celui-ci consolide les acquis sociaux de la révolution de 1910, illustrée par les exploits de Zapata et Pancho Villa. Il réorganise l’instruction publique, étend la réforme agraire, nationalise l’industrie du pétrole au grand dam des États-Unis…
   Mais fidèle à une tradition anticléricale vieille de près d’un siècle, il a aussi la mauvaise idée de s’en prendre à l’Église catholique.
   Le 1er décembre 1924, il prive de droits civiques les catholiques (laïcs et prêtres) sous prétexte qu’ils obéissent à un souverain étranger, le pape ! Il expulse tous les ecclésiastiques étrangers et interdit aux prêtres toute critique du gouvernement en vertu de l’article 130 de la Constitution de 1917, jusque-là resté inappliqué. Il interdit les congrégations enseignantes et ferme pas moins de 20.000 églises !
    L’épiscopat se rebiffe et suspend le 31 juillet 1926 l’administration des sacrements dans tout le pays pour une durée de trois ans. Cette riposte ahurissante livre au désespoir les masses rurales, majoritairement indiennes ou métisses, attachées à une religiosité traditionnelle.

exécution d'un prêtre( exécution d’un prêtre ayant célébré la messe  ! )

Les paysans se soulèvent dans un parallèle frappant avec le soulèvement des Vendéens en 1793, au cri de  » Viva Cristo Rey ! , Viva la Virgen de Guadalupe !  » (Vive le Christ-Roi ! Vive la Vierge de Guadalupe).
  Ils sont par dérision surnommés « Cristeros ». Eux-mêmes qualifient leur soulèvement de « Cristiada » (Christiade) mais ils sont désavoués par l’épiscopat, à deux ou trois exceptions près.  Cependant ,avec 50.000 combattants, ils vont constituer la plus importante rébellion qu’ait connue le pays, lequel compte à cette époque moins de vingt millions d’habitants disséminés sur deux millions de km2.
    Trois ans plus tard, l’armée des Cristeros tient les trois quarts de l’ouest du Mexique et la moitié des 30 États de la fédération. Ses escarmouches occasionnent un total d’environ 90.000 tués selon l’historien Jean Meyer, dont les deux tiers dans les troupes gouvernementales, lesquelles sont en infériorité tactique face à la guérilla, malgré leur recours systématique à la terreur.
Arrangements bafoués :
     Le président Calles ose se réconcilier avec le gouvernement des États-Unis et fait des concessions sur le pétrole en échange de l’aide de l’US Air Force dans son combat contre les Cristeros.

   Désespérant malgré cela de vaincre la rébellion par les armes, il en vient à faire appel au Saint-Siège. En témoignage de bonne volonté, il autorise à nouveau le culte catholique le 3 mars 1929 et fait rouvrir la cathédrale de Mexico.
   Enfin, il conclut  »  los Arreglos  » avec le secrétaire d’Etat du pape Pie XI, le cardinal Gasparri, celui-là même qui signa les accords de Latran avec Mussolini.
   À sa demande, le président mexicain s’engage à ne plus tenter d’appliquer les articles antireligieux de la Constitution ! Il donne aussi sa parole que les rebelles seront amnistiés et qu’il ne leur sera fait aucun mal. Mais il ne s’agit que de sa parole. Aucun document n’est signé...
  Obéissants, les Cristeros se soumettent mais, dans les faits, l’amnistie ne sera pas le moins du monde respectée et des centaines d’insurgés seront assassinés dans d’atroces conditionscistéros 4 aussitôt après avoir rendu leurs armes sur ordre de leur évêque.
   L’armée ne s’en tient pas là. Elle met à sac les campagnes reculées de l’Ouest avec le désir d‘éradiquer une bonne fois pour toutes toute trace de christianisme. Le romancier Graham Greene en  » parle  » dans son roman  » La Puissance et la Gloire  » . Il s’ensuit une seconde guerre des Cristeros (la Secunda), qui réunit quelques milliers de combattants désespérés. Elle va durer de 1934 à 1938 sans qu’il soit possible d’en évaluer le nombre de victimes.
   Il faudra encore plusieurs années avant que la paix religieuse ne revienne au Mexique.
  L’émotion suscitée par « los Arreglos » entraîne la disgrâce du cardinal Gasparri, remplacé à la Secrétairerie d’État (le ministère des Affaires étrangères du Vatican) par le cardinal Eugenio Pacelli (futur Pie XII).

 

Il y a encore des  » gens biens  »


  A Philadelphie, aux Etats-Unis, un pizzaïolo a décidé d’aider son prochain, par un geste simple.

 

pizza s.d.f

    Un jour, un client lui demande s’il peut pré-payer une part de pizza, pour que celle-ci soit offerte à un sans-abri. Depuis cet épisode, Mason Wartman a décidé d’aider ceux qui n’ont plus rien à trouver un réconfort dans une bonne pizza bien chaude et généreusement garnie. Un geste incroyablement bon, poursuivie par ses clients, qui jouent complètement le jeu.

çà s’est passé il y a ……..


environ 134 ans :

Le 5 janvier 1895 : 

Le 5 janvier 1895, le capitaine Alfred Dreyfus est solennellement dégradé dans la cour de l’École Militaire, à Paris. Il a été condamné au bagne à vie pour haute trahison.
L’« Affaire Dreyfus » commence un an plus tard avec la révélationde son innocence. Elle va secouer l’opinion publique en France et dans le reste du monde pendant plusieurs décennies.

 

 

  L’affaire Dreyfus débute comme une banale affaire d’espionnage par la découverte en septembre 1894 d’un bordereau contenant des secrets militaires et adressé à l’ambassade allemande.
  Le capitaine Alfred Dreyfus (35 ans) est très vite accusé d’en être l’auteur sur la foi d’une analyse graphologique truquée.

   Issu d’une riche famille israélite d’origine alsacienne, cet officier d’état-major est arrêté dès le 15 octobre 1894 sous l’inculpation de haute trahison. Il échappe à la guillotine en vertu d’une loi qui a aboli la peine de mort pour les crimes politiques. C’est ainsi qu’il part pour l’île du Diable, en Guyane.
  Personne en France ne doute alors de sa culpabilité… Personne sauf sa femme Lucie et son frère Mathieu qui vont remuer ciel et terre pour obtenir sa libération.

  Cependant , le doute s’installe  :

En mars 1896. Le lieutenant-colonel Georges Picquart, qui dirige le service de renseignements, découvre que l’auteur du bordereau est en vérité le commandant Charles Walsin-Esterhazy. Ayant fait part de ses doutes au chef de l’état-major, il est réduit au silence par un limogeage en Tunisie.
  En octobre 1896, le colonel Henry, des services secrets, désireux d’écarter les soupçons d’Esterhazy, produit un nouveau bordereau qui accable Dreyfus. On apprendra plus tard qu’il s’agit d’un faux document !
  Entre temps, la famille du capitaine Dreyfus fait appel au journaliste Bernard-Lazare pour chercher des motifs de réviser le procès.
  Enfin, le 14 novembre 1897, le sénateur de Strasbourg Auguste Scheurer-Kestner, lui aussi convaincu de l’innocence de Dreyfus, publie une lettre où il annonce des faits nouveaux. Le lendemain, Mathieu Dreyfus ( le frère ) dénonce Esterhazy comme le véritable auteur du bordereau.

Le 13 janvier 1898, coup de théâtre avec la publication d’un article incendiaire, intitulé J’accuse…et signé par  Émile Zola. Tout y est dit des mensonges et des compromissions des autorités. L’auteur doit s’exiler pour ne pas être emprisonné.
  Mais il n’est plus possible au gouvernement d’en rester là. Dreyfus revient du bagne. Il est à nouveau jugé, condamné à dix ans de prison et aussitôt grâcié par le Président de la République ! Le dénouement a lieu en  juillet 1906 avec sa réhabilitation par la Cour de Cassation.

çà s’est passé un 11 octobre….


1) Il y a 55ans : Le 11/10/1963 ,Jean CocteauCocteau décédait ( il avait 74 ans )

Se définissant avant tout comme un poète , il était à la fois dramaturge, romancier , metteur en scène de film dessinateur et peintre ! 

Une partie de ses œuvres ( il y en a trop , déjà là : Sur que personne ne lira , commentera )

Ses poésies :

1909 : La Lampe d’Aladin
1910 : Le Prince frivole
1912 : La Danse de Sophocle
1919 : Ode à Picasso – Le Cap de Bonne-Espérance
1920 : Escale – Poésies (1917-1920)
1922 : Vocabulaire
1923 : La Rose de François – Plain-Chant
1925 : Cri écrit
1926 : L’Ange Heurtebise
1927 : Opéra
1934 : Mythologie 
1939 : Énigmes

1941 : Allégories
1945 : Léone
1946 : La Crucifixion
1948 : Poèmes
1952 : Le Chiffre sept – La Nappe du Catalan (en collaboration avec Georges Hugnet)
1953 : Dentelles d’éternité – Appoggiatures
1954 : Clair-obscur
1958 : Paraprosodies
1961 : Cérémonial espagnol du Phénix – La Partie d’échecs
1962 : Le Requiem
1968 : Faire-Part (posthume)

Romans et récits :
1919 : Le Potomak (édition définitive 1924)
1923 : Le Grand Écart – Thomas l’imposteur
1928 : Le Livre blanc

Théatre , ballets :

1912 : Le Dieu bleu, musique de Reynaldo Hahn, chorégraphie de Michel Fokine, décors et costumes de Léon Bakst
1917 : Parade, musique d’Erik Satie, chorégraphie de Léonide Massine, décors et costumes de Pablo Picasso
1921 : Les Mariés de la tour Eiffel, musique de Georges Auric, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre
1921 : Le Gendarme incompris critique bouffe de Jean Cocteau et Raymond Radiguet, musique Francis Poulenc, mise en scène Pierre Bertin, Théâtre Michel
1922 : Antigone
1924 : Les Biches, musique de Francis Poulenc, chorégraphie de Bronislava Nijinska, décors et costumes de Marie Laurencin
1924 : Roméo et Juliette
1926 : Orphée
1930 : La Voix humaine
1934 : La Machine infernale
Avril 1936 : L’École des veuves A.B.C.
1937 : Œdipe-roi. Les Chevaliers de la Table ronde

Poésie et critiques
1913 : Notes sur les ballets de Jean Cocteau in Arsène Alexandre, L’Art décoratif de Léon Bakst
1918 : Le Coq et l’Arlequin
1920 : Carte blanche
1922 : Le Secret professionnel
1926 : Le Rappel à l’ordre – Lettre à Jacques Maritain
1932 : Essai de critique indirecte
1935 : Portraits-Souvenir
1937 : Mon Premier voyage (Tour du monde en 80 jours)
1943 : Le Greco
1947 : Le Foyer des artistes – La Difficulté d’être
1949 : Lettres aux Américains – Reines de la France
1951 : Jean Marais – Entretiens autour du cinématographe (avec André Fraigneau)
1951 : Jean Marais par Jean Cocteau, Calmann-Lévy
1952 : Gide vivant

Journaux
1930 : Opium : Journal d’une désintoxication, Stock, réédition 1999.
1936 : Mon Premier Voyage. Tour du monde en 80 jours, Gallimard, N.R.F., réédition Tour du monde en 80 jours. Mon Premier Voyage, Gallimard, L’Imaginaire, 2009.
1946 : La Belle et la Bête. Journal d’un film, J.-B. Janin, réédition La Belle et la Bête. Journal d’un film, Éditions du Rocher, 2003.
1949 : Maalesh, journal d’une tournée de théâtre, Gallimard.
1983 : Le Passé défini. Journal, tome I. 1951-1952, Gallimard (posthume)
1985 : Le Passé défini. Journal, tome II. 1953, Gallimard (posthume)

Courts métrages
1925 : Jean Cocteau fait du cinéma
1950 : Coriolan
1951 : La Villa Santo-Sospir
1957 : 8 X 8: A Chess Sonata in 8 Movements
1960 : Voyage au pays de l’Insolite
1962 : Jean Cocteau s’adresse à l’an 2000
Longs métrages
1930 : Le Sang d’un poète
1946 : La Belle et la Bête
1948 : L’Aigle à deux têtes
1948 : Les Parents terribles
1950 : Orphée
1960 : Le Testament d’Orphée
Scénariste[modifier | modifier le code]
1943 : L’Éternel Retour réalisé par Jean Delannoy
1948 : Ruy Blas réalisé par Pierre Billon
1950 : Les Enfants terribles réalisé par Jean-Pierre Melville, scénario de Jean Cocteau d’après son roman
1954 : Pantomimes, court métrage de Paul Paviot (commentaire et voix)
1958 : Django Reinhardt, court métrage de Paul Paviot (texte d’introduction)
1961 : La Princesse de Clèves réalisé par Jean Delannoy
1965 : Thomas l’imposteur réalisé par Georges Franju, scénario de Jean Cocteau d’après son roman
Dialoguiste:
1942 : Le Baron fantôme réalisé par Serge de Poligny
1945 : Les Dames du bois de Boulogne réalisé par Robert Bresson
1949 : Les Noces de sable réalisé par André Zwobada (commentaire)
1961 : La Princesse de Clèves réalisé par Jean Delannoy
1965 : Thomas l’imposteur réalisé par Georges Franju

Acteur :
1942 : Le Baron fantôme réalisé par Serge de Poligny
1943 : La Malibran réalisé par Sacha Guitry

Poésies graphiques
1924 : Dessins
1925 : Le Mystère de Jean l’oiseleur (Illustrations et commentaires sur cette œuvre. [archive])
1926 : Maison de santé
1929 : 25 dessins d’un dormeur
1935 : Soixante dessins pour [Les Enfants terribles]
1941 : Dessins en marge du texte des Chevaliers de la Table ronde
1948 : Drôle de ménage
1957 : La Chapelle Saint-Pierre, Villefranche-sur-Mer
1958 : La Salle des mariages, hôtel de ville de Menton – La Chapelle Saint-Pierre (lithographies)
1959 : Gondol des morts
1960 : Chapelle Saint-Blaise-des-Simples, Milly-la-Forêt
Années 1960 : vitraux de l’église Saint-Maximin27 de Metz

Céramiques (1957-1963)
Dans l’atelier de Madeleine Jolly et Philippe Madeline à Villefranche-sur-Mer, il crée plus de 300 céramiques et des bijoux. Durant la même période il dessine des poèmes-objets.
Il travaille sur engobe (mélange de barbotine et d’oxydes métalliques disposés sur les fonds) et invente le »  crayon d’oxyde  » ?  pour donner à ses décors un aspect pastel.
Le catalogue raisonné d’Annie Guédras présente des photos couleurs et noir et blanc des céramiques créées par Jean Cocteau29.
Durant la même période, il dessine des bijoux, parures et sculptures.

Lieux décorés par Cocteau sur la Côte d’Azur:
Jean Cocteau a décoré la salle des mariages et le bureau du maire de l’Hôtel de ville de Menton.
Il a dessiné et peint « à fresque » les murs de la villa « Santo Sospir » à Saint-Jean-Cap-Ferrat dans laquelle il a aussi réalisé des mosaïques et une tapisserie32.
Il a peint des fresques dans la chapelle Saint-Pierre de Villefranche-sur-Mer.
Il a décoré l’orchestra du théâtre en plein air de Cap d’Ail33.
On peut voir des mosaïques et des fresques dans la chapelle Notre-Dame de Jérusalem à Fréjus réalisées par Édouard Dermit d’après les croquis de Cocteau.

Etc.…….

P.S: En 1955, Cocteau était membre de l’Académie française et de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.
Dans sa vie, Cocteau fut commandeur de la Légion d’honneur, membre de l’Académie Mallarmé, de l’Académie allemande, de l’American Academy, de la Mark Twain Academy, président d’honneur du Festival du film de Cannes, président d’honneur de l’Association France-Hongrie, Président de l’Académie du jazz et de l’Académie du Disque.

 

Les vieux


Merci à Julie : Cette vidéo magnifique parce que VRAIE et exposée par une JEUNE fille devrait être diffusée sur tous les blogs …Moi , je le fais en hommage à ma grand-mère qui a fini sa vie dans ces conditions ……….Alors….Si vous vous sentez concernés ( nous seront tous vieux ) faites la passer.

 

Jacques Brel
Les vieux

Paroles et Musique: J. Brel/G. Jouannest 1964

Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux,
Même riches ils sont pauvres, ils n’ont plus d’illusions et n’ont qu’un cœur pour deux,
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d’antan,
Que l’on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps,
Est-ce d’avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d’hier
Et d’avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s’ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d’argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends !

Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s’ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter,
Les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit,
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s’ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide
C’est pour suivre au soleil l’enterrement d’un plus vieux, l’enterrement d’une plus laide;
Et le temps d’un sanglot, oublier toute une heure la pendule d’argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend !

Les vieux ne meurent pas, ils s’endorment un jour et dorment trop longtemps,
Ils se tiennent par la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant;
Et l’autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n’importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer;
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s’excusant déjà de n’être pas plus loin,
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d’argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit : je t’attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend .

Billet publié sur F.B par…..Manon fille d’agriculteur..


agriculteur

 

J’ai été  » ému  » alors ….je partage …
   Mon père, 53ans, est agriculteur dans une petite ville de Bretagne. Certes, il y en a beaucoup dans ce cas, même si ce nombre ne cesse de baisser.
Certes, il y a d’autres métiers plus difficiles que celui là, plus physiques, qui touchent à la santé, à la protection. Mais j’ai peur pour l’avenir.
Et oui, à 16ans, j’ai peur pour l’avenir. Quelle idée! J’ai peur de ce que les petites fermes de campagne vont devenir.
Elles sont ancrées dans nos paysages, ont héritées de nos parents, de nos grands-parents, voire de nos grands-parents.
  Elle font partie de notre patrimoine! Que va devenir mon père, quand il n’y aura plus que des fermes de 1000 vaches, des usines de poudre à lait, ou encore des steaks totalement chimiques?
De plus, l’Etat, ainsi que l’Europe, leur donnent de moins en moins d’aides.
Que penser, quand nous entendons tous les jours, à la télévision ou à la radio, que le prix du lait ne cesse de baisser, passant sous la barre des 30centimes au litre?
   Connaissez-vous beaucoup de personnes, qui après une semaine de travail déjà difficiles, sacrifieraient leurs week-ends en amoureux, leurs vacances en famille, pour nourrir des individus qui n’ont aucune considération de leur travail, qui cherchent toujours à trouver le prix le plus faible pour manger, en ignorant leur provenance, quitte à endetter les agriculteurs français?
Seriez-vous prêt à vous installer dans une exploitation, lorsque tout votre entourage ne vous le conseille pas?
  Seriez-vous prêt à vous engager dans une nouvelle vie, avec ses avantages et ses inconvénients?
Seriez-vous prêt à suivre votre vocation, alors que l’avenir ne semble pas être à votre avantage?
Et oui, à 16 ans, j’ai peur pour l’avenir. Sauvez les agriculteurs français, mangez français!
Manon, fille d’un agriculteur Breton.

Premier mai……


Ce billet risque d’ ennuyer  les lecteurs qui passeront , mais…..

Ce n’est pas que l’occasion de chercher, offrir un brin de muguet !

A Fourmies ( Nord) où j’ai vécu longtemps , il y a des manifestations en souvenir de quelque chose qui s’est passé il y a longtemps (en 1891 ) :

 

  Vieille cité industrielle du Nord de la France, la ville de Fourmies atteint son apogée industrielle et démographique à la fin du XIXe siècle grâce au textile. Elle compte alors 15 000 habitants, en majorité des ouvriers. La distance la séparant de Paris n’est que de 200 km. À plusieurs reprises, des grèves éclatent, en particulier le premier mai. En effet, à la suite du massacre de Haymarket Square Square à Chicago, consécutif à une manifestation pour la journée de 8 heures, la Seconde Internationale décide de créer, en juillet 1889, une « journée internationale de revendication des travailleurs » le 1er mai (dite Fête du Travail depuis 1948).

L’appel à la grève à Fourmies

Dans le Nord de la France, les socialistes guesdistes, très implantés dans la région, tentent d’y organiser les ouvriers. L’un des fondateurs du Parti ouvrier français, créé en 1882, Paul Lafargue (gendre de Karl Marx), alors l’un des dirigeants nationaux des socialistes guesdistes, incite à la grève générale du 1er mai consacrée à la revendication de la journée de 8 heures et à la hausse des salaires.

Préparation de la riposte : le 30 avril 1891

  Pour montrer leur opposition aux revendication font coller sur les murs de la ville , une affiche affirmant leur détermination à ne pas faire de concessions . Sous leur impulsion , le maire de la ville demande l’envoi de 2 compagnies d’infanterie du 1er régiment de ligne au sous -préfet d’Avesnes .

  Récit de la journée :

 Disposition des acteurs du drame :

Dès le départ , tout doit se passer dans une ambiance festive et pacifique .A 10 h ,les ouvriers doivent porter leurs revendications à la mairie . Des festivités l’après-midi  et un bal en soirée  sont prévu  par Hippolyte Culine  , animateur local du parti ouvrier . Le « programme  » se conclut par ces mots :   » Le plus grand calme est recommandé  ; pas de tumulte , pas de récrimination personnelles . Le parti ouvrier veut le droit  et en demandant le respect de lui-même , il compte sur le respect moral de chacun pour faire aboutir par la raison , ses justes revendications  . »

Vers 9 heures ,après une échauffourée avec les gendarmes , quatre manifestants sont arrêtés.

  Des renforts sont demandés à la sous-préfecture qui envoie deux compagnie du régiment ( 145 ème de ligne caserné à Maubeuge ) …Les militaires d’Avesnes sont déjà sur place …

Avec les slogans  » c’est les huit heures qu’il nous faut  » suivi par  » c’est nos frères qu’il nous faut  »  ; en fin d’après midi 150 à 200 manifestants arrivent sur la place face aux soldats ( environ 300 )armés équipés du nouveau fusil Lebel , très performant …En face , les manifestants sont  » armés  » de cailloux , la foule pousse . Pour se libérer , le commandant ( Chapus ) fait tirer en l’air , mais rien ne change … Il crie alors  » baïonnette! En avant  » …Collés contre la foule , les soldats doivent faire un pas en arrière pour exécuter l’ordre …Les jeunes manifestants croient alors à un début de victoire …K.Gilloteaux , leur porte-drapeau s’avance .

  Il est environ 18h30 …Le commandant crie :  » feu , feu rapide ! Visez le porte-drapeau ! »

Bilan : 9 morts , 35 blessés au moins en  moins d’une minute ! Parmi les décédés , environ 5 femmes ( âgées de 16 à 45 ans ) et 5 hommes ( âgés de 11 à 35 ans )

Conséquence de la fusillade :

Couverture du journal  » le Voleur » :

 Couverture du  » Petit Parisien  »

 

Cet évènement  a un fort impact  car de nombreux journaux de l’époque le mettent en première page ,mettant l’accent sur son aspect tragique . Le  » Voleur illustré  » entr’autre  soulignent le rôle de l’abbé Margerin  qui s’interposa durant la fusillade criant  » assez de victimes comme çà  » 

Paul Lafargue décrit l’évènement :

   » Alors , les soldats , sans avoir été provoqués par la foule , sans avoir fait les sommations réglementaires , tirèrent . La boucherie aurait durée longtemps si le prêtre Margerin n’était pas sorti , n’était pas intervenu  » .

J.Jaurès ,ainsi que G.Clemenceau , dénoncent à la tribune  l’attitude des forces de l’ordre .Jaurès déclare  » c’est le Quatrième état qui s’est levé  »  et rend hommage aux victimes  » ces femmes et ces enfants dont le sang a pour si longtemps rougi le pavé . Rappelant l’importance de la justice 
Il déclare :  » Il y a sur le pavé de Fourmies , une tache innocente qu’il faudra laver à tout prix ….Prenez garde ! Les morts sont de grands convertisseurs , il faut s’occuper des morts . »

Clémenceau  réussit à convaincre la Chambre des députés de voter l’amnistie pour les manifestants  arrêtés ( 506 votes pour 4 votes contre ! )

Comme souvent , cette tragédie fut l’occasion pour certains de mettre les juifs en cause ( le sous- préfet était juif  : Issac )

Chacun essaie d’en tirer  » profit  » : Les Anarchistes => légitimer leur combat , les bonapartistes pour critiquer , » décrédibiliser  le parlementarisme etc…..

Et….si les forces de l’ordre furent mises en cause , ce sont les instigateurs de la grève (Culine et Lafargue ) qui furent condamnés pour provocation directe au meurtre !! 

Le  » positif  » ( à mon avis ) fut la montée de l’anarchisme pour quelque temps ..