çà s’est passé un 5 décembre …


Le 5 décembre 1360, à Compiègne, le roi Jean II crée une nouvelle monnaie, le  » franc  », de même valeur que la monnaie existante, la livre tournois.
  La fille du roi mariée contre rançon :
    Jean II le Bon jean lebon (c’est-à-dire le Brave) a été fait prisonnier à la bataille de Poitiers. Il a subi une longue captivité en Angleterre et son geôlier, le roi anglais Édouard III, lui a réclamé une énorme rançon, environ trois millions de livres tournois, soit 12,5 tonnes d’or.! 
   Le royaume est ruiné et pour obtenir une partie de la rançon, Jean accepte une mésalliance avec le riche duc de Milan, Galéas Visconti. À ce marchand de médiocre extraction, il  » vend  » sa fille Isabelle contre 600 000 livres.
   Édouard III accepte de libérer son prisonnier après un premier versement de 400 000 livres. Mais le roi de France doit s’engager à verser le reste et pour cela n’hésite pas à endetter son pays. C’est ainsi que, sur le chemin du retour, à Compiègne, il prend trois ordonnances. Il crée en premier lieu de nouvelles taxes et généralise l’impôt sur le sel, la gabelle. Le sel est un complément alimentaire vital et, qui plus est, en l’absence de réfrigérateur, il est, au Moyen Âge, indispensable à la conservation des viandes (les salaisons). La gabelle va devenir de ce fait incontournable et très impopulaire.
  Le franc, rival du florin :
     Pour faciliter le règlement de sa rançon, le roi crée en second lieu le  » franc  ». La nouvelle pièce commémore sa libération comme l’indique son appellation (franc et affranchissement sont synonymes de libre et libération).  » Nous avons été délivré à plein de prison et sommes franc et délivré à toujours  », rappelle le roi dans son ordonnance.  » Nous avons ordonné et ordonnons que le Denier d’Or fin que nous faisons faire à présent et entendons à faire continuer sera appelé Franc d’Or  ».
Le premier franc1er franc

   Le franc de 1360 est en or fin de 3,88 grammes. Il vient en complément de l’écu d’or qu’a introduit Saint Louis au siècle précédent, et de la livre tournois en argent. Il vaut une livre ou vingt sous tournois.
Le premier franc représente le roi à cheval avec la légende  » Johannes Dei GratiaFrancorum Rex  ». Une version ultérieure du franc, en 1365, représentera le roi à pied .
   Jean II le Bon et son fils, le futur Charles V suivent en matière monétaire les recommandations de leur conseiller Nicolas Oresme. Dans son Traité des Monnaies (1370), ce clerc, philosophe et traducteur d’Aristote, prône une monnaie stable, garante de la puissance du souverain, capable de rivaliser sur les marchés avec le prestigieux florin de Florence, qui domine l’Europe depuis déjà un siècle.
    Au Moyen Âge, les pièces de monnaie tirent leur valeur de leur poids en métal précieux (or ou argent). Les pièces de différents pays peuvent circuler côte à côte sur les marchés, leur attrait dépendant de la confiance que le public accorde à l’émetteur. Si celui-ci est suspect de tricher sur la quantité de métal précieux ou de laisser faire les faux-monnayeurs, sa monnaie tendra à être rejetée par le public et dévalorisée à son détriment.
Une rançon pour rien :
    Tandis que les Français s’échinent à payer au roi anglais la rançon pour la libération de leur souverain, celui-ci revient en Angleterre comme prisonnier volontaire pour laver l’honneur d’un otage français qui s’était enfui sous prétexte d’un pèlerinage, son propre fils, Louis d’Anjou, pressé de rejoindre sa jeune épouse.
     » Vous avez blêmi l’honneur de votre lignage  », lance le roi à son trop malin rejeton. C’est en prison que meurt Jean II le Bon, le 8 avril 1364… De mauvaises langues susurrent que c’est moins l’honneur que le souvenir d’une belle Anglaise qui l’a ramené dans sa confortable prison.
  Vicissitudes du franc
    La France, du Moyen Âge à la fin du XIXe siècle, est attachée au bimétallisme : pièces principales en or et subdivisions en argent.
Le franc poursuit une carrière  » à éclipses  ». La pièce de Jean II le Bon et de Charles V est frappée jusqu’en 1385. Une pièce du même nom mais en argent reparaît brièvement en 1576 sous le règne du roi Henri III. À partir de Louis XIII, le franc n’est plus qu’une unité de compte. Il disparaît au profit de la livre, elle-même divisée en 20 sous ou 240 deniers. Mais dans le langage courant, on continue de parler de franc plutôt que de livre.
   Au XVIIIe siècle, on tente à deux reprises d’introduire des billets en plus des pièces, les billets étant gagés sur des richesses réelles ou à venir.
   Ce sont les ressources de la colonie de Louisiane dans le premier cas (expérience de John Law, sous la Régence, en 1716-1720) et les biens enlevés au clergé et aux émigrés dans le second cas (création des assignats assignatpar l’Assemblée Nationale, au début de la Révolution, en décembre 1789).
    Dans les deux  cas, les pouvoirs publics ne résistent pas à la tentation d’imprimer plus de billets qu’ils n’ont de richesses en gage.
   Ces billets sans contrepartie sont très vite rejetés par le public et l’on en revient à chaque fois aux pièces d’or ou d’argent.
    Les pièces en franc sont remises à l’honneur par la Convention, sous la Révolution.
Une loi du 7 avril 1795, confirmée le 15 août 1795, fait du franc l’unité monétaire de la France, en remplacement de la livre. La nouvelle unité monétaire, très simple d’emploi avec ses décimes, ses centimes et ses millimes, est immédiatement adoptée.
   Le Premier Consul Napoléon Bonaparte lui donne une base stable par la loi du 7 Germinal an XI (27 mars 1803) qui définit la nouvelle pièce de 1 Franc par  »5 grammes d’argent au titre de neuf dixièmes de fin » . Une pièce en or de 20 francs est également créée sous le nom de Napoléon.
   Bonaparte institue une Banque de France pour soutenir la nouvelle monnaie et développer la monnaie scripturale.
   Le  » franc germinal »  traversera  avec succès le XIXe siècle, ses changements de régime et même la défaite de 1870. Respectueux de la monnaie nationale, les insurgés de la Commune épargnent le stock d’or de la Monnaie. Sa stabilité vaut même au franc germinal d’être adopté comme référence commune par de nombreux pays au sein de l’Union latine.
   Dévalué après la Grande Guerre de 1914-1918, le franc germinal est remplacé par un franc au rabais, le  »franc Poincaré », en 1928.
   Le franc a perduré comme monnaie de référence de la France jusqu’au 31 décembre 2001, dernier jour avant l’euro. Il subsiste dans les anciennes colonies françaises d’Afrique et du Pacifique ainsi qu’en Suisse .

Toutankhamon : comment Howard Carter a réveillé la momie


Toutankhamon : comment Howard Carter a réveillé la momie sarcophage

Grande émotion, ce 24 octobre 1925, dans la vallée des rois ! Harry Burton, le photographe d’Howard Carter, immortalise la scène. Dans la chambre funéraire de Toutankhamon, l’archéologue britannique est penché sur le cercueil du pharaon. Carter sait qu’il pose pour la postérité. Le sarcophage ( 110 kilos d’or massif ! ) recèle le Saint-Graal de tout égyptologue : une momie intacte.
Tout avait  commencé trois ans plus tôt
   Le 4 novembre 1922, Hussein, un porteur d’eau qui accompagne la mission archéologique, découvre trois pierres plates en fichant ses jarres pointues dans le sol poudreux. Une piste ! Rapidement, douze marches sont dégagées jusqu’à une porte marquée de sceaux royaux… Carter avertit alors  par télégramme Lord Carnarvon, son mécène resté en Angleterre :  » Avons fait une découverte extraordinaire dans la Vallée : une tombe somptueuse ..… ; l’avons refermée jusqu’à votre arrivée. Félicitations. H. C.  »        Sur la photo ci-dessus, prise en octobre 1925, le Britannique est moins exalté que le jour de la découverte. C’est qu’il lui aura fallu près de trois ans pour accéder au sarcophage en or. Celui-ci était protégé par quatre chapelles en bois se recouvrant l’une l’autre et qui occupaient presque tout l’espace de la chambre funéraire. Puis encore un sarcophage en  » quartzite  » ? rouge et deux cercueils en bois doré.

   Mais ce jour d’octobre 1925, ça y est. Enfin ! Carter est à la dernière étape de cet interminable jeu de poupées russes. Il suspend son geste. La moindre maladresse abîmerait définitivement ce joyau archéologique vieux de 3 300 ans. D’autant qu’à ce moment-là, l’or est encore loin de resplendir ! Le cercueil est englué dans une épaisse couche résineuse. Le Britannique garde son sang-froid. Cette poisse, c’est bon signe ! Il s’agit d’un produit issu des onguents versés à profusion par les prêtres embaumeurs sur la dépouille de Toutankhamon afin qu’elle ne se désintègre pas. Carter en a la conviction : La momie qui se cache là-dessous sera exceptionnelle.
  

Retour au 26 novembre 1922

       Après avoir lu le télégramme, Lord Carnarvon a accouru dans la Vallée des Rois. Carter le mène en cachette au tombeau, dans lequel ils progressent lentement… Jusqu’à découvrir une porte. Que faire ? Ils n’ont pas l’autorisation officielle nécessaire à toute ouverture de tombe. Tant pis, ils ne tiennent plus : cette porte, ils vont la percer ! Puis l’archéologue glisse une bougie par l’orifice :  » Voyez-vous quelque chose ?  » trépigne Carnarvon.  » Oui, des merveilles !  »  réplique Carter. C’est l’antichambre. Elle est emplie d’un amas de 700 objets : Un bestiaire fantastique, une incroyable succession de statues, des meubles grandioses, des chars, et « partout le scintillement de l’or ». Dans la chambre funéraire attenante se trouvent les chapelles et les fameux cercueils… intacts ! Carter est sonné :  » C’est le jour entre les jours, le plus merveilleux qu’il m’ait été donné de vivre (…)  » , écrit-il. En catimini, les Anglais camouflent les traces de leur effractionTrois jours plus tard, la tombe KV62 est officiellement ouverte.

Harry Burton prend sa photo
     Carter pose sa brosse. Aux grands maux les grands remèdes ! Le cercueil d’or est  » scellé  » dans l’enveloppe de bois par les onguents ? Soit ! Carter va les ramollir à la flamme à travers une plaque de zinc. Puis il laissera agir des dissolvants.

     Le 28 octobre 1925, ses efforts sont récompensés. Sous le lourd couvercle d’or, deux trésors dont les images feront le tour du monde :  » une impressionnante momie, nette et soignée  » et  surprise !!  un masque  » étincelant de magnificence  »masque or. Après ce cliché, il faudra encore sept ans pour inventorier les 5 398 objets que la tombe renferme. La découverte du siècle.?!

 

Le projet  » Fugo  » ?


À la fin de la seconde guerre mondiale, l’archipel japonais Japon  est visé par les bombardements américains. Pour  » répondre  » à cette menace, les Japonais mirent au point un projet d’attaque des États-Unis, au moyen de ballons porteurs de bombes.
   Pour assurer le déplacement des ballons, les Japonais utilisent des courants d’air très rapides, appelés courants-jets ou jets-streams.
  Très larges et peu épais, ces courants dominent de 10 à 15 kilomètres la surface de la Terre. Passant au-dessus du Japon, et se déplaçant d’Ouest en Est, l’un d’eux pouvait transporter les ballons à une vitesse comprise entre 200 et 400 km/h.

  Les ballons

fugo

croquis du ballon

prévus par le projet Fugo sont gonflés à l’hydrogène et comportent une nacelle et, en guise de lest, des sacs de sable. Dans la nacelle sont placées des bombes incendiaires et une bombe anti-personnel.
   La conception de l’enveloppe du ballon, elle est assez artisanale. Elle se compose de papier de riz ou de mûrier, confectionné, dans le cadre du travail forcé, par de jeunes Japonaises.
  Ces ballons sont testés en septembre 1944. Comme les essais semblent prometteurs, environ 9000 ballons sont envoyés vers le territoire américain entre novembre 1944 et avril 1945.
   Mais les résultats sont bien décevants. Pour les militaires japonais, ils ne furent pas du tout à la hauteur des espérances. Le projet Fugo peut être considéré comme un échec cuisant.
   Pourquoi ? Peut-être à cause d’un défaut de fabrication. Très peu de ballons arrivent à bon port. Sur les 9000 lancés, environ 500 atterrirent sur le sol américain. Et bien peu explosèrent.
  Certains ballons provoquent des incendies de forêt. Dans la plupart des cas, ils se produisent dans des régions isolées, dont le climat froid et humide, en cette saison de l’année, ne favorisait pas leur propagation.
    Quant au nombre de victimes, il se limita à six personnes. Et encore ! Les décès ne sont pas dus aux effets d’un bombardement mais à une cause accidentelle. C’est en effet au cours d’une promenade qu’une famille américaine trouva un des ballons du projet Fugo. En le manipulant, une des bombes éclata et tua les enfants et leur mère.

c’était il y a 112 ans….


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fralurcy085903@gmail.com

 Le 13 novembre 1907, à Coquainvilliers, près de Lisieux, Paul Cornu réussit à s’élever pour la première fois à bord d’un hélicoptère. Ce jour-là, il atteint l’altitude de… 1 mètre 50 en envol vertical libre !

Paul Cornu à bord de son hélicoptère, à Coquainvilliers

Une invention qui vient de loin

   Le mot hélicoptère a été forgé en 1861 par le vicomte Ponton d’Amécourt à partir du grec helix (spirale) et pteron (aile). Mais quatre siècles plus tôt, Léonard de Vinci en avait déjà pressenti le concept à en juger par certains de ses croquis.

  Louis Breguet, un jeune industriel de 27 ans, conçoit la première aile tournante. Il s’inspire non de Léonard de Vinci mais de Jules Verne, qui évoque cette technique dans le roman de science-fiction Robur le Conquérant.

   Le 29 septembre 1907, il fait un premier essai dans la cour de son usine, à Douai, avec son ami le professeur Charles Richet.

   Avec à son bord un certain Maurice Volumard, l’appareil, baptisé Gyroplane N°1, doté de quatre voilures tournantes de 8,10 mètres de diamètre et d’un moteur de 50 CV, atteint non sans mal l’altitude vertigineuse de 1,5 mètre mais quatre techniciens ont soin de le maintenir en équilibre, ce qui altère la portée de l’exploit.

    Trois semaines plus tard arrive le tour de Paul Cornu, un simple mécanicien à la tête d’une petite entreprise normande.

    Son engin a une envergure de plus de 6 mètres. Il comporte à chaque extrémité un rotor ou hélice avec de grandes pales horizontales recouvertes de soie et de 6 mètres de diamètre. Ces rotors sont entraînés par un moteur de 24 CV.

    Après plusieurs essais, l’engin s’élève à 1,50 mètre au-dessus du sol en vol vertical libre avec son pilote, sans personne au sol pour le maintenir en équilibre…  Le frère de Paul Cornu, qui mettait le moteur en marche, a dû se cramponner au châssis et monter avec l’engin !

L’exploit marque la véritable naissance de l’hélicoptère.

 L’année suivante, Louis Breguet récidive avec le Gyroplane N°2, qui a l’avantage de pouvoir se diriger grâce à une voilure fixe planante et deux rotors inclinés sur l’avant. Il s’élève à plus de quatre mètres et parcourt une distance d’une centaine de mètres. Mais l’engin est peu après détruit dans son hangar par une tempête.

    Les hélicoptères vont attendre un peu avant de prendre réellement leur essor. C’est seulement à la fin des années 1920 qu’un ingénieur espagnol, Juan de la Cierva, apporte une amélioration décisive en introduisant les pales articulées et le vol contrôlé.

Les hélicoptères prouveront leur utilité dans le transport de troupes et les interventions difficiles à partir de 1942, grâce à l’industriel américain d’origine russe Igor Sikorski.

    Ils seront massivement utilisés pendant la guerre du Vietnam, dans les années 1970, et seront les véritables héros du film  » Apocalypse now  »de Francis Ford Coppola (1979).

    Au nombre d’environ 70.000, ils rendent aujourd’hui des services dans les liaisons entre aéroports et centre-ville, dans les opérations de sauvetage et dans le soutien logistique des militaires en opération.

Louis Breguet, pionnier de l’aéronautique :

Louis Breguet aux commandes de l'un de ses premiers appareilsL’ingénieur Louis Breguet, co-inventeur de l’hélicoptère, est considéré comme le  » père de l’aviation scientifique  ».

Dans l’usine familiale, il s’intéresse très tôt aux machines volantes avec le professeur Charles Richet, ami de son père. Après son expérience décevante de l’hélicoptère, il se tourne vers la construction d’aéroplanes.

    Le succès lui vient en septembre 1914, au début de la Grande Guerre : Louis Breguet, pilote affecté au camp retranché de Paris, effectue un vol au cours duquel son observateur, le lieutenant Watteau, constate un changement de direction de l’armée allemande.

 Renonçant à foncer sur Paris, celle-ci présente son flanc à la capitale. Le général Gallieni, gouverneur militaire de Paris, profite de cette faiblesse de l’ennemi pour acheminer en toute hâte des troupes vers l’est. Il lance la contre-offensive de la Marne qui va sauver la France de l’invasion.

   Louis Breguet reçoit la croix de guerre et retrouve ses usines avec mission d’accélérer la production d’avions. Début 1917 sort le Breguet XIV, avion de reconnaissance et de bombardement entièrement métallique, qui atteint la vitesse de 180 km/h. Construit à plus de huit mille exemplaires, il équipe les flottes aériennes de plusieurs alliés, dont les États-Unis, et après la guerre, s’illustre dans l’histoire de l’Aéropostale , piloté notamment par Mermoz et Saint-Exupéry.

L’industriel va multiplier les innovations jusqu’à sa mort en 1955 ( Alors que JE naissais ). Ses usines sont aujourd’hui partie intégrante du groupe Avions Marcel Dassault.

C’était le 30 octobre …..1980


Ce jour là , Coluche Coluche présidentannonçait sa candidature à l’élection présidentielle ……affiche Coluche……….…

Il porte sa sempiternelle salopette rayée, un foulard de titi parisien et sa paire de lunettes rondes. Rien qui ressemble, de près ou de loin, à un costume de futur présidentiable. Et pourtant, en ce 30 octobre 1980 sur la scène du théâtre du Gymnase, Coluche est (presque) sérieux. Devant un parterre de journalistes, il annonce officiellement son intention de se présenter à l’élection présidentielle sous la bannière  » bleu, blanc, merde  » . Comme slogan, il a choisi :  » Jusqu’à présent la France est coupée en deux, avec moi, elle sera pliée en quatre !  »  Et il dit vrai. Si une bonne partie du pays s’amuse de sa démarche irrévérencieuse, qui vient bousculer la campagne opposant Valéry Giscard d’Estaing à François Mitterrand, beaucoup rient jaune………….

Au  début , ce qui n’est ( semble ) qu’un gag  devient vite un problème …Des milliers de Français se reconnaissent dans les idées de l’humoriste et……il reçoit le soutien de nombreux intellectuels de gauche …Les sondages le  »créditent  » de 16% d’intention de vote ……….Il reçoit alors des menaces de mort ! Et la pression autour de lui se fait de plus en plus forte …..En avril 1981 , il annonce son retrait de la  » course  » à l’Elysée ….

 

 

Il y a environ …..


109 ans…..

Le 30 octobre 1910  :

  Mr Henri Dunant  décédait  ( 8 mai 1828 – 30 oct. 1910 )   à l’ âge de 82 ans   …..

     Tout commence au soir du 24 juin 1859  : Un homme arrive à proximité du champs de bataille de Solférino  après l’affrontement entre les troupes françaises de Napoléon III et les troupes piémontaises …..Environ 30 000 victimes , blessés ou morts , se trouvent encore sur le champ de bataille , sans que quelqu’un ne les secourt, leurs  » prête assistance  » …..Ce que voit cet homme l’ébranle profondément et  il organise alors spontanément avec des volontaires de la population civile locale ( principalement des femmes ) , la prise en charge des soldats blessés et malades . 

   Dans la ville voisine de Castiglione delle Stiviere  , il met en place un hôpital dans l’ église ; de nombreux blessés y sont conduits …..Mais , il constate très vite que tout manque : personnel , compétence ,matériel médical et nourriture ….Il ne veut pas faire de différence entre les soldats ( se fiche de leur nationalité ) …..Les femmes du village le soutiennent via une phrase devenue populaire :   » Tutti fratelli  » ( tous frères ) . En plus , il réussit à obtenir des Français que les médecins autrichiens faits prisonniers puissent aider à la prise en charge des blessés …

   Cet homme, c’est Henri Dunant de Genève ….Suite à cette  » expérience , il écrit  » Un souvenir de Solférino  » publié en 1862 , où il décrit la bataille , les souffrances et le chaos des jours suivants . 

  Un an plus tard , il participe à Genève  à la fondation du comité international  de secours aux militaires blessés , qui prendra en 1876 le nom de Comité international de la Croix rouge (  » drapeau   » de la croix rouge  ) ……..qui se rapproche ( logiquement ? ) du drapeau suisse

 

Très vieille vidéo : Ambulance sur champ de bataille :

L’opération Northwoods ?


   En 1962, alors en pleine guerre froide, l’état-major américain propose à l’administration Kennedy un projet pour le moins particulier. En effet, basée sur une série d’attentats  » sous faux drapeau  » contre la population américaine, l’opération Northwoods a pour but de justifier une intervention sur le sol cubain, avec l’appui d’autres nations occidentales.

Une série d’attentats  » sous faux drapeau  »

   Environ un  an après l’échec de l’invasion de la baie des Cochons (avril 1961) pour déloger Fidel Castro , le gouvernement américain n’a toujours pas renoncé à mettre Cuba hors d’état de nuire.
   Pour y parvenir , l’état-major propose la mise en place d’un plan plutôt étrange, au gouvernement Kennedy.

     Cette manœuvre nommée  »Opération Northwoods  » consiste, en effet, à commettre sur le sol américain une série d’attentats sous faux drapeau qui seraient, de facto, attribués au régime cubain. !!!!

   Des détournements d’avion et des attentats à la bombe ( commis dans des villes comme Miami ou Washington  ) font, ainsi, partie du programme censé rallier l’opinion publique américaine (et la communauté internationale) à l’idée d’une guerre  » frontale ‘ contre le voisin communiste.

Kennedy refuse le plan

    Très risquée et coûteuse en vies humaines, cette manœuvre d’intoxication de l’opinion déplaît fortement à l’administration Kennedy  qui, par conséquent, la refuse immédiatement.

   Pendant les six mois qui suivent ce verdict, des tensions parasitent les relations entre l’état-major interarmes et l’administration en place, jusqu’à ce que le général Lemnitzer (spécialiste des actions secrètes) finisse par être démis de ses fonctions, au profit du frère du président : Robert Kennedy.

   Soucieux d’éviter les fuites, R . Kennedy donne l’ordre de détruire toute trace du projet, mais le secrétaire de la Défense Robert McNamara  en garde un exemplaire, à l’insu du reste de l’administration américaine.

    Conservé au sein de la salle des archives de la Sécurité nationale de l’Université George Washington, ce document officiel a finalement été déclassifié, en 1997, révélant du même coup au grand public un des pans méconnus de l’histoire américaine.

   En plus  de la stupeur, l’existence de cette opération suscitera bon nombre d’interrogations chez certains observateurs politiques, lorsque deux avions percuteront les tours jumelles de Manhattan, le 11 septembre 2001…

Association  » Les charitables  »


Il y a environ 831 ans !

21 septembre 1188 : établissement de laConfrérie des Charitables de Saint-Éloi
lors d’une épidémie de peste

   Plus terrible que celles dont Béthune eut à souffrir les ravages pendant les années 1146, 1158, 1165, 1173 et 1187, la peste de 1188 avait couvert cette ville d’un crêpe funèbre et porté le découragement dans tous les cœurs encore sous l’impression des incendies qui avaient désolé Béthune en 1137, 1151 et 1176 ; les morts restaient sans sépulture et les malades sans secours.

   C’est alors que deux maréchaux-ferrants, dont on a conservé les noms, Germon et Gautier, l’un de Beuvry, l’autre du faubourg Saint-Pry, sur l’ordre de saint Éloi qui leur apparut en songe ( dit on ? ) , formèrent l’admirable association des Charitables qui existe encore de nos jours et qui, par la suite, fut réunie à celle de Saint-Nicolas, par le concordat du 18 mai 1574. Les membres de cette société s’obligeaient à soigner les malades, à porter les morts au lieu de leur sépulture et à les y enterrer.

Confrérie des Charitables de Saint-Éloi

Confrérie des Charitables de Saint-Éloi

Vingt-et-un membres composent cette société : un prévôt, quatre mayeurs et seize confrères, tous choisis parmi les bourgeois de la ville : le prévôt est nommé pour deux ans, les mayeurs et les confrères sont renouvelés par moitié, d’année en année. Les membres de la confrérie de Saint-Éloi enterrent les morts sans distinction d’aucune espèce et toujours sans rétribution. De tout temps, cette société fut entourée de la considération publique.

Le grand costume des Charitables se compose de :

    Habit, gilet et pantalon de drap noir, petit manteau en camelot, rabat bleu céleste, cravate blanche, chapeau français, gants blancs. Le costume ordinaire consiste dans le chapeau, manteau, rabat comme ci-dessus, habit et redingote, la veste étant défendue. Le costume ordinaire est de rigueur ; le grand costume ou Noir n’est accordé que sur la demande des parents et moyennant une somme destinée à donner du pain aux pauvres pendant l’hiver.

  Le mercredi avant le premier dimanche de juillet, par les soins de la confrérie, il était autrefois délivré moyennant six liards, des plombs, derniers vestiges des anciens méreaux, valeur d’un pain béni qui se donne en échange, frappé ainsi que les plombs des initiales de saint Éloi. Le produit  »des noirs  » et de la vente des plombs pouvait s’élever à onze cents francs chaque année et permettait de soulager bien des misères ; aussi cette société, par les services qu’elle rend, fait-elle l’orgueil de la ville de Béthune ; et l’empereur Napoléon III reconnut son utilité bienfaisante en accordant la croix de la Légion d’honneur à Brasier, son doyen de l’époque qui, en outre, exerçait les fonctions gratuites de membre des commissions de surveillance de l’hospice et du bureau de bienfaisance.

  La confrérie des Charitables de Saint-Éloi, dans le principe, société religieuse, est aujourd’hui civile. Le Petit Journal du 2 novembre 1872, lui consacra une de ses pages rédigée par son meilleur collaborateur ; et une couronne, tressée à Paris, offerte à la Confrérie par un journal qui comptait alors un million de lecteurs, fut un nouveau titre de reconnaissance à ses dévoués concitoyens :

 » Ce qui, à mes yeux, caractérise surtout les Charitables de Béthune ( surtout quand on songe à l’ancienneté de leur confrérie ) c’est qu’ils rendent à tous, les derniers devoirs avec le même esprit de charité. Ils enterrent, sans distinction, riches et pauvres, juifs ou pendus. Dans les épidémies, ils se prodiguent, alors que chacun fuit la contagion.

    » Pour bien comprendre comment le titre modeste de charitable peut être considéré presque comme un titre de noblesse, il faut se rapporter aux siècles passés. Il faut se rappeler ce qu‘étaient ces terribles pestes du Moyen Age ; fléau hideux devant l’apparition duquel faiblissait l’énergie des âmes les mieux trempées. A tel point, que dans les villes atteintes, les pestiférés, abandonnés à leur sort, couvraient le sol des rues, le parvis des églises, de cadavres en décomposition et d’agonisants poussant leur dernier râle. Il fallait alors plus que de la charité, il fallait le plus complet mépris de la vie pour ensevelir ces corps dont le moindre contact, disait-on, équivalait à une condamnation à mort. Cependant, c’est justement aux pestiférés que se dévouèrent les premiers Charitables de Béthune.     La légende de la fondation est curieuse. Dans le patois demi-roman, demi-flamand où elle est écrite en original, elle offre toute la naïveté et tout l’imprévu d’un véritable fabliau. »

    » L’année 1188, année d’une désastreuse épidémie, saint Eloi apparut en même temps à deux maréchaux : l’un, Gautier, de Béthune ; l’autre, Germon, de Beuvry, village des environs, et leur commanda d’établir une charité en faveur des morts. On voit que la légende ne marchande pas au bon saint Eloi le don d’ubiquité. Gautier, qui ne savait rien de l’aventure de Germon, eut l’idée de lui raconter sa vision, tandis que Germon, ne se doutant pas davantage de la vision de son confrère béthunois, se disposait à venir lui faire part de ce qu’il avait vu. Si bien que les deux amis, s’étant mis en route à la même heure, se rencontrèrent à moitié chemin… ( Ne dirait-on pas l’entrée en matière d’un roman du temps jadis ? )

 » Une fois là, dit la légende : Quan li un di sa vision a l’aultre, si commenchierent à plourer de pitié de goie, et acolerent si fort li un l’aultre qu’il peurent… La conclusion fut qu’ils allèrent tous deux demander conseil à un troisième, le prieur de Saint-Pry à Béthune, lequel, comme bien on pense, ne put que les engager à obéir aux ordres de saint Éloi et à instituer l’ordre des Karitaules, les Charitables.

 » La confrérie, tous les ans, célèbre l’anniversaire de la fondation par une procession sur la route de Beuvry ; cérémonie qui porte le nom tout au moins pittoresque de procession des navets. La procession terminée et la messe dite, les Compagnons de route s’offraient et mangeaient fraternellement des navets. Mais les vieux usages s’en vont, et depuis quelques années, à la consommation de ces navets, emblèmes d’une antique simplicité, ont succédé des  » agapes  » d’un  »genre plus relevé  » et qui permettent aux confrères de fêter leur patron par des manifestations plus… chaleureuses.

  Ni la gaieté, ni même la chanson, ne sont bannies de ces festins qui n’ont rien de funéraire.:

 Un couplet en guise d’échantillon :

Gagnant sa demeure dernière,
Parfois sur nos bras l’indigent
N’a pour accompagner sa bière
Pas un ami, pas un parent
Là, de notre cohorte
Le devoir est tracé.
Nous seuls faisons escorte
Au pauvre trépassé.
 

 

   La poésie n’est pas absolument faite pour être accompagnée par le cliquetis des verres à champagne ; mais après tout, l’on peut dire que c’est une  » chanson du métier  ». 

Etc….( d’autres vidéos visibles sur le Net …)

 

çà s’est passé il y a……


Environ 38 ans ….

   Le 18 septembre 1981 : La peine de mort était abolie en France …A 369 voix pour ( 113 contre ) , les députés votaient la loi de l’abolition de la peine de mort  présentée et défendue par le garde de Sceaux , Robert Badinter …La   » mesure  » figurait dans la liste des propositions du candidat F.Mitterrand mitterrand 81qui fut élu président de la république en mai de la même année …..

P.S : La dernière fois où la guillotine avait  » sévi  » en France  remontait à 1977 , avec l’affaire Hamida Djandoubi dernier condamné    …

  ( Hamida Djandoubi, né le 22 septembre 1949 à Tunis et mort le 10 septembre 1977 à Marseille, est un Tunisien condamné à mort en France pour crime. Il est la dernière personne en Europe à avoir été exécutée au moyen d’une guillotine et le dernier condamné à mort exécuté en France, dans la prison des Baumettes, pour la torture et le meurtre d’une femme de 22 ans. )……

Peine de mort , pour ou contre

Alors que l’adhésion à la peine de mort avait fortement décliné en France au cours des années 90 et au début des années 2000, le mouvement s’est inversé depuis maintenant quelques années et les opinions pro-peine de mort ne cessent de progresser depuis 2010.    Bien que les niveaux d’adhésion varient selon les enquêtes et les méthodes utilisées (les Français se déclarent plus souvent favorables à la peine de mort dans les enquêtes réalisées en ligne que dans les sondages face-à-face), l’ensemble des enquêtes publiées laissent aujourd’hui entrevoir une opinion divisée en deux blocs dont le poids s’équilibre de plus en plus…..! ? 

Graphique En 2015 …..

Peine de mort graphique

Il y a 79 ans….


……Découverte de la grotte de Lascaux :

     Dès la fin septembre 1940, les journaux ne tarissaient pas de commentaires sur les merveilleuses découvertes faites par de jeunes garçons dans les grottes de Montignac et suscitant l’intérêt de plusieurs préhistoriens français de renommée internationale, parmi lesquels l’abbé Breuil et le chanoine Bouyssonie
   Le 1er octobre 1940, le journal La Croix publiait un article adressé à ce sujet par le chanoine Jean Bouyssonie, dont la compétence en la matière faisait autorité, au même titre que celle de son frère et du préhistorien Henri Breuil.

     Bouyssonie explique que Léon Laval, instituteur en retraite à Montignac, excitait quelques jeunes gens de l’endroit à chercher, dans les plateaux calcaires de la région, les grottes naturelles qui mériteraient une exploration.

  Le 12 septembre 1940, quatre des plus hardis trouvèrent une ouverture sur le plateau de Lascaux et, après l’avoir agrandie, se glissèrent sur un cône d’éboulis.      Ils se trouvèrent dans une salle assez haute d’environ 30 mètres dle long sur 10 de large, et, à la lueur d’une lampe électrique, virent, à leur grande surprise, sur la paroi blanche, de grande animaux peints, soit en rouge, soit en noir. Ils continuèrent dans divers couloirs et trouvèrent d’autres figurations du même genre. Enthousiasmés, Ils allèrent porter la nouvelle à Léon Laval, qui d’abord resta sceptique.

   Peintures rupestres de la grotte de Lascaux à Montignac (Dordogne). Timbre émis le 16 avril 1968. Création de Claude Durrens Timbre-Lascaux avril 68

 

    Heureusement se trouvait à Montignac un peintre de talent, Maurice Thaon, ami de l’abbé Breuil et qui avait visité avec ce maître les grottes de Font-de-Gaume et de La Mouthe. Il alla voir la grotte et fut convaincu tout de suite de l’importance qu’elle présentait. Rapidement il prend quelques croquis et se rend en hâte à Brive, où l’abbé Breuil faisait un séjour à l’école Bossuet. L’effet de ces croquis fut, on peut le dire, magique.

   Dès le lendemain, 21 septembre, accompagné des préhistoriens l’abbé Jean Bouvssonie et le docteur Cheynier, de Terrasson, Henri Breuil se rendait à Montignac, où il avait convoqué Denis Peyrony, correspondant des Beaux-Arts et futur directeur de la circonscription préhistorique en 1942.

   Ce fut une première étude rapide, mais décisive.

    Dans ces couloirs tortueux, qui ici et là s’élargissent en salles ou s’enfoncent en puits, plus de 100 figures peintes et admirablement conservées et visibles, rapporte Jean Bouyssonie, représentent des bœufs, des chevaux et des cerfs, plusieurs bisons, un rhinocéros, un carnivore (ours ou glouton), deux félins (des lions probablement), un bras humain, dont la main est cernée de rouge, un oiseau sur un piquet, un homme très sommairement indiqué et qui paraît avoir été tué par le rhinocéros.

   Cette évocation d’un drame de jadis, poursuit Boussonie, est peinte au fond d’un puits, l’homme entre le rhinocéros, l’oiseau sur un piquet et un bison qui tourne la tête. Sur le corps de plusieurs bêtes, des flèches semblent évoquer une chasse laborieuse. Des signes en forme de peigne, de hutte de paille, etc., sont placés ici et là. Quelque chose de nouveau, ce sont des blasons, rectangles plus hauts que larges, divisés par des bandes, les unes verticales, les autres horizontales, avec des couleurs diverses dans chacune des petits rectangles ainsi formés.

    Tantôt, le contour seul de l’animal est peint, tantôt toute la surface ; dans ce second cas, le corps a un aspect pommelé, peut-être parce qu’on avait placé plusieurs taches épaisses de couleur que l’on étendait ensuite comme une estompe.

   Les peintures sont parfois reprises et restaurées. Dans d’autres cas, une nouvelle fresque recouvre plus on moins complètement l’ancienne. La gravure vient, ici et là, compléter la peinture, mais d’innombrables dessins gravés couvrent de grandes surfaces, malheureusement assez friables. Il faut, écrit Jean Bouyssonie, avoir visité ce sanctuaire en compagnie de l’abbé Breuil, qui garde, en une mémoire visuelle impeccable, toutes les autres représentations des grottes ornées de France et d’Espagne. Cela lui permet de rattacher aux divers styles préhistoriques la technique de ces oeuvres.

    Au moment de la découverte, l’abbé Breuil attribue les oeuvres au Périgordien (20 000 à 30 000 ans avant notre ère ) , mais une datation estimée par la suite à partir d’études réalisées sur les objets découverts dans la grotte attribuera ces peintures au Magdalénien ancien  (10 000 à 15 000ans avant notre ère). Il y a encore quelques faiblesses, note Bouyssonie : ainsi les bœufs, les cerfs ont la tête vue de profil, les cornes et les bois vus de face. Mais c’est déjà du grand art et on peut avoir la même joie que si l’on venait de découvrir une centaine de tableaux d’un primitif génial, dont on n’aurait encore connu que quelques oeuvres.

Grand aurochs de la salle des Taureaux au sein de la grotte de Lascaux :

Aurochs-Lascaux

 

    Le 28 septembre 1940, le préfet de la Dordogne tint conseil avec l’abbé Breuil, Denis Peyrony, le comte de Chalup et des notabilités de l’endroit, sur les mesures à prendre pour assurer la préservation de ce trésor à la fois scientifique et artistique, et concilier tous les droits en jeu en cette affaire. D’ailleurs, ici et là, signale le chanoine Bouyssonie, s’ouvrent des galeries peu accessibles, mais très prometteuses, et il importe de ne rien négliger pour la parfaite mise en valeur de cette merveilleuse découverte.

   Lors de la séance du 11 octobre 1940 de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, l’abbé Breuil Timbre-Breuil Octobre 1977 faisait lui-même part en ces termes de la découverte de la grotte :

     Vers la mi-septembre 1940, explique-t-il, plusieurs jeunes gens de Montignac, MM. Ravidat, Marsal, Queroy, Cuencas et Estregil, poussés à l’exploration des cavités souterraines des environs par M. Laval, instituteur en retraite, débouchaient un trou pénétrant verticalement, sur le plateau situé à l’est du bourg ; on le tenait obstrué pour éviter que du bétail y tombât, et seulement un terrier communiquait au fond avec une cavité dans laquelle les jeunes explorateurs se glissèrent.

    Après être descendus sur la pente d’un éboulis, ils découvrirent que les retombées de la voûte de la première salle étaient ornées de magnifiques fresques se prolongeant dans le diverticule qui y faisait suite. M. Estregil en prit quelques croquis qu’il soumit à M. Laval, et qui tout d’abord laissèrent celui-ci sceptique. Sur ces entrefaites, M. Maurice Thaon, jeune homme très sportif et bon dessinateur, que je connais depuis son enfance et auquel, peu de jours avant, j’avais fait visiter les grottes ornées de Font-de-Gaume et de La Mouthe, aux Eyzies, fut conduit à la grotte par les jeunes inventeurs. Il y prit des croquis précis et quelques décalques qu’il m’apporta à Brive et qui, avec ses descriptions, me convainquirent de l’importance exceptionnelle de la découverte.

    Je me rendis aussitôt à Montignac, où M. Laval, M. Parvau, régisseur de la propriétaire, la comtesse Emm. de La Rochefoucauld, et divers notables, me firent le meilleur accueil, et j’y convoquai M. D. Peyrony, délégué du Ministère des Beaux- Arts. Un examen de trois jours me permet d’adresser à l’Académie un premier rapport.

  La grotte, dans son état actuel, se compose, à l’entrée, d’une salle ovale (20 m x 10 m) que prolonge un diverticule ; c’est là que, dans la deuxième moitié de la salle et son prolongement, s’accumulent, principalement sur la retombée des voûtes, plus de 80 sujets peints. Un bien plus petit nombre subsiste dans une galerie de droite, peu étendue, donnant accès à une haute salle en forte pente. Celle-ci aboutit, à gauche, à une galerie en haute nef qui se rétrécit ensuite en une fente-couloir souvent très resserrée.

Henri Breuil. Timbre émis le 17 octobre 1977 dans la série Personnages célèbres. Dessin de René Quillivic

Henri Breuil. Timbre émis le 17 octobre 1977 dans la série
Personnages célèbres. Dessin de René Quillivic Timbre-Breuil Octobre 1977

     Au delà de la salle élevée, s’ouvre un puits d’environ 10 m, donnant, à l’opposé, accès par escalade à des galeries rampantes à peine entrevues jusqu’ici. Des gravures, généralement superposées aux peintures de la haute nef, se poursuivent presque seules dans la galerie tortueuse ; leur nombre et leur finesse ne m’en ont pas permis encore un déchiffrement suffisant.

    Les peintures sont de dimensions oscillant de 0 m30 à près de 5 mètres. Elles appartiennent à des techniques différentes, se superposant ou se restaurant fréquemment.

1er : Une seule petite main cernée de rouge, avec son bras, rappelle les mains au patron de l’Aurignacien. —

2 :Des tracés linéaires fins, rouges, de chevaux et de cerfs sont rares.

3: De plus grands contours rouges, linéaires, larges et baveux, avec remplissage de taches espacées, figurent un cheval et un bison assez grands ; il y a aussi de grands taureaux et cerfs, recouverts et résorbés par d’autres images.

 4 : Des figures petites et moyennes, à tracé linéaire, rouge ou noir ou bistre, ou mélange de ces teintes, sont plus ou moins remplies de bistre ou de rouge assez transparent, formé d’un pommelage très estompé. Souvent des touches noires postérieures s’y mêlent, et signalent des points anatomiques ou restaurent le contour. De très nombreux petits chevaux, souvent fort poilus et de nombreux cerfs, à perspective tordue des ramures, en font partie, ainsi qu’un ours (?).

 5 :  Des figures moyennes, en rouge d’aspect uni, en réalité pommelé diffus, représentent des chevaux et des bœufs à petites cornes et aux formes légères.

  6 : Des traits noirs unis ou pommelés les restaurent fréquemment ou figurent seuls des animaux analogues.

   7 : Deux bœufs cernés de larges bandes noires baveuses. — 8° Des têtes de cerfs sont tracées en traits noirs fins. 

  9 : D’énormes taureaux à grandes cornes, dont le plus grand atteint environ 5 mètres, sont tracés en larges bandes noires ; la couleur envahit les membres, les cornes et une partie de la tête, mais seules de grosses ponctuations espacées occupent l’intérieur, limitées à la tête le plus souvent. Ni renne, ni mammouth.

    Outre les figures d’animaux, poursuit Henri Breuil, d’assez nombreux signes s’observent : rectangles barrés en long et en travers, pectiniformes à 5 branches, sortes de damiers à gros carreaux remplis de couleurs plates diversement agencées semblables à des blasons, lances ou sagaies à une barbelure, flèches à empenne unilatérale.

   Le fond du puits possède un groupe plus exceptionnel : à gauche un rhinocéros noir s’éloigne au petit pas : au centre, en rouge, un homme semi-schématique gît à côté d’une sagaie et d’un propulseur : à droite un bison bistre à contours noirs, le contemple et semble perdre ses entrailles comme un cheval de corrida éventré. Il s’agit probablement de la figuration d’un drame préhistorique. Près de l’homme, un oiseau est perché sur un piquet.

  Bien que les gravures réservent encore maintes surprises , on remarque , avec des cerfs et chevaux nombreux, des bœufs et des bisons, deux lions et, semble-t-il, des paillotes analogues à celles d’Altamira. Nombreuses sont les figures portant des flèches magiques.

( Comme prévu : Commentaires bloqués ) !…Mais possible d’en envoyer un par mail à marin-francis08@outlook.com

P.S : Je réfléchis encore tout de même : Je remets les coms ou non……..( Si je savais comment bloquer le  » like  » , le problème serait résolu …..