C’était il y a environ 398 ans …


Le 2 février 1625…….

Naissance de la future New York

Le 2 février 1625, les Hollandais établissent un fortin sur l’île de Manhattan, à l’embouchure du fleuve Hudson. Autour du fortin s’installent trente familles de protestants flamands, français et surtout wallons, envoyées par la Compagnie hollandaise des Indes occidentales (la V O C). La petite colonie est baptisée La Nouvelle Amsterdam.

Le gouverneur, Peter Minuit,

Peter Minuit,?

légalise l’occupation en remettant aux Indiens Algonkins des parages quelques perles de pacotille d‘une valeur de 60 florins (l’équivalent de quelques poignées de dollars). Les débuts sont difficiles. Guerres avec les Algonkins, épidémies de choléra.

New York et l'Empire State BuildingEn 1664, quatre navires anglais bloquent le port et le gouverneur Peter Stuyvesant

Peter Stuyvesant ?

se résout à céder la colonie au roi d’Angleterre.

La Nouvelle Amsterdam devient New York, en hommage au duc d’York, futur roi d’Angleterre sous le nom de Jacques II .

Jacques II ?

La ville connaît un rapide développement grâce au commerce des fourrures avec la région des Grands Lacs. Quand éclate la guerre d’Indépendance, c’est déjà la principale ville d’Amérique du Nord avec 30 000 habitants.

La métropole compte 500 000 habitants en 1850 et trois millions à la fin du XIXe siècle. L’invention de l’ascenseur électrique

ascenseur électrique ?

???suscite la construction des premiers gratte-ciel,

premiers gratte-ciel ?

posés sans façon sur le granit de Manhattan.

Les immigrants affluent d’Europe. Au total, 16 millions transitent par Ellis Island,

Ellis Island ?

aujourd’hui transformée en musée.

En 1909, un guide qualifie New York de…  » Big Apple  », surnom qui sera popularisé par les musiciens de jazz.( pourquoi  » Big-Apple  » ?= => on souligne que les Européens arrivant pour la première fois aux Etats Unis, mettaient les pieds en premier à New York. Certains avaient pour devise de vouloir  » croquer la vie à pleines dents  », traduit en anglais par  » crunch the apple ‘‘. La ville de New York serait alors devenue  » Big Apple  ») ….

Aujourd’hui, New York est la plus grande métropole de la planète, grande sinon par le chiffre de sa population (7 millions d’habitants), du moins par son effervescence intellectuelle et par sa diversité, qui en fait un  » melting-pot  » (creuset) de l’humanité entière.

La place de la Concorde :


D’OÙ VIENT LE NOM DE LA PLACE DE LA CONCORDE ?

La place de la Concorde ?

Elle est célèbre pour son , obélisque égyptien les magnifiques palais qui la bordent et bien sûr son impressionnante perspective sur les Champs- Elysées : La Concorde est définitivement l’une desplus belles places de Paris  ! Mais d’où vient son nom, synonyme de paix et de bonne entente ?

UNE ORIGINE ROYALE

C’est sous le règne de Louis XV

Loui XV ?

que tout commence . Alors que le roi vient de frôler la mort à cause d’une grave maladie, on souhaite célébrer son rétablissement en faisant construire une grande statue équestre à son effigie. Construite par Bourchardon

Bouchardon ?

et Pigalle

Pigalle ?

, elle est inaugurée le 20 juin 1763 sur  »l’esplanade du Pont-Tournant », ancien port aux marbres de Paris, qui se trouve au bout duj ardin des Tuileries. Quelques années plus tard, cette place sera donc tout simplement baptisée place Louis XV.

Place Louis XV (place de la Concorde)
Projet d’Ange-Jacques Gabriel pour la place Louis XV (1758)

LE CALME APRÈS LA TEMPÊTE :

Mais à la Révolution , la statue du roi est remplacée par une statue de la liberté et une guillotine : la Place Louis XV devient alors la place de la Révolution. C’est ici que tomberont les têtes de Louis XVI, Marie-Antoinette, Lavoisier, Danton, Robespierre … et plus de 1110 autres ! C’est pourquoi le 25 octobre 1795, quand la frénésie de la Grande Terreur  se calme, le gouvernement du Directoire décide de renommer l’endroit place de la Concorde, en signe d’apaisement et de réconciliation après ce traumatisant épisode sanglant de la Terreur…

Statue de la Liberté et guillotine place de la Révolution
Statue de la Liberté et guillotine place de la Révolution (1793)

UN MONUMENT HISTORIQUE

Mais l’histoire ne s’arrête pas là puisque pendant la Restauration, Charles X

Charles X ?

change ce nom en place Louis XVI en hommage à son frère décapité. Il faudra attendre la Révolution de juillet 1830 pour qu’elle redevienne place de la Concorde. L’obélisque y est enfin ajouté, ainsi que deux superbes fontaines en fonte de fer faisant face à l’Hôtel de la Marine  et illustrant la navigation française. La place de la Concorde est aujourd’hui la plus grande place de Paris, mais, c’est aussi et surtout l’un des plus grands témoins de son histoire !

Place de la Concorde dans les années 1890

c’était il y a ….


……103 ans….

Le 10 Janvier 1920

Naissance de la Société des Nations (SDN)

La SDN ( Société des Nations) naît officiellement à Genève le 10 janvier 1920, date d’entrée en vigueur du traité de Versailles , avec 32 États fondateurs auxquels s’ajoutent 13 États  » neutres ‘ ?.

Espoir trahi :

L’idée d’une organisation supranationale garante de la « paix perpétuelle » a été émise au XVIIIe siècle aussi bien par l’abbé de Saint-Pierre que par le philosophe Emmanuel Kant. Elle a été reprise en 1918 par le président américain Woodrow Wilson dans ses «Quatorze Points» ( à voir ! )et inscrite dans le traité de Versailles .

La SDN ou Société des nations en est le résultat. Mais le Sénat américain n’ayant pas ratifié le traité de Versailles  pour des raisons intérieures et par crainte de s’impliquer à nouveau dans une guerre européenne, les États-Unis n’entrent pas à la SDN, ce qui affaiblit gravement celle-ci. Par ailleurs, l’Allemagne démocratique de Weimar attendra 1926 pour entrer à la SDN. La Turquie, autre vaincue de la guerre, attendra 1932 et l’URSS 1934.

La SDN comprend :
-une assemblée de tous les États,
– un conseil de cinq membres permanents (France, Royaume-Uni, États-Unis, Chine, Japon) et d’un certain nombre de membres non permanents élus pour trois ans,
– un secrétariat dirigé par un secrétaire général et chargé du travail administratif.
Divers organismes lui sont rattachés dont la Cour permanente de justice internationale et le Bureau international du travail (BIT)
.

La SDN et le BIT vont accomplir un travail méritant en matière sociale et auprès des réfugiés de Russie et de Turquie. L’organisation va aussi aider les nouveaux États danubiens à se mettre sur pied. Elle va encourager le rapprochement franco-allemand  sous l’égide des ministres Briand et Streseman.

Mais dans les années 1930, l’organisation va se montrer incapable de mettre le holà aux violations successives des traités de paix et aux entreprises de conquête (Japon, Italie, Allemagne). Après le retrait du Brésil en 1926, ce sera celui du Japon pour cause d’agression et de l’Allemagne pour cause de dictature en 1933.  Enfin de l’Italie en 1936 puis de la Hongrie et de l’Espagne en 1939. L’URSS est exclue la même année. Impuissante, la SDN ne peut empêcher la marche à la guerre et disparaît de facto. Elle sera remplacée en 1945 par l’ONU.

À la différence de la SDN, l’ONU dispose d’une force militaire, les  »Casques bleus ».

 » L’ONU n’a pas créé le paradis, mais elle a évité l’enfer  » , a pu dire d’elle son deuxième secrétaire général, le Suédois Dag Hammarskjöld

9 décembre 1955 ( annéede ma naissance )


Adoption du drapeau européen

Le 9 décembre 1955, le Comité des ministres du Conseil de l’Europe adopte un drapeau destiné à représenter les instances européennes et la fédération en devenir. Ce drapeau est ainsi devenu, au moins jusqu’en 2009, l’un des trois symboles de l’Union européenne, avec une devise et un hymne. 

Quant au Conseil de l’Europe, qui n’a aucun lien formel avec l’Union européenne, il se dote en 1999 d’un logo distinctif avec un  »c ou un e  »tourbillonnant sur fond d’emblème européen… 

L’Europe sous la protection de la Vierge !?????

L’emblème adopté en 1955 est ainsi décrit :  » Sur le fond bleu du ciel, les étoiles forment un cercle en signe d’union. Elles sont au nombre invariable de douze, symbole de la perfection et de la plénitude, qui évoque aussi bien les apôtres que les fils de Jacob, les travaux d’Hercule, les mois de l’année  ». Ce que ne dit pas le communiqué, c’est que cette couronne de 12 étoiles se réfère en première instance à la Vierge et à l’Apocalypse de saint Jean ! 

Des symboles rassembleurs :

Le Conseil de l’Europe, qui siège à Strasbourg, au Palais de l’Europe, est une assemblée née en 1949 en vue de promouvoir sur le continent les droits de l’homme. En son sein sont représentés la plupart des pays européens (46 membres en 2022) mais il n’a qu’une autorité morale et aucun pouvoir politique.

Dès sa création, le Conseil a souhaité donner à l’Europe des symboles au quels les peuples puissent s’identifier.

Parmi quelques dizaines de propositions, le concept d’une ou plusieurs étoiles dorées sur fond bleu ne tarde pas à s’imposer. Après cinq ans de recherches et de tentatives avortées, le 25 octobre 1955, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe choisit à l’unanimité un emblème d’azur portant une couronne de douze étoiles d’or.

Son choix du drapeau européen, qui renvoie inconsciemment à une tradition spirituelle très forte, va obtenir très vite les faveurs des citoyens comme des institutions.

Médaille miraculeuse de la rue du Bac (Paris)L’emblème définitif a été conçu par l’Autrichien Arsène Heitz, modeste fonctionnaire, artiste à ses heures et fervent catholique.

Selon ses dires, il s’est inspiré de la médaille miraculeuse de la rue du Bac (Paris). Celle-ci représente la Vierge avec la corona stellarum duodecim ou couronne de 12 étoiles qu’évoque l’Apocalypse de Saint Jean  (L’Apocalypse de Saint Jean est le dernier livre du Nouveau Testament, fondement de la doctrine chrétienne )  » Un signe grandiose est apparu dans le ciel, une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de 12 étoiles  » (Apocalypse 12,1). L’artiste lui a ajouté un fond bleu qui rappelle la couleur traditionnelle du manteau de la Vierge.

Pour les dirigeants chrétiens-démocrates à l’origine de la construction européenne (Conrad Adenauer, Robert Schuman, Alcide De Gasperi…), cette inspiration mariale est bienvenue. Sans l’avouer officiellement, ne place-t-elle pas d’une certaine manière l’Europe sous la protection de la mère du Christ ?

Par un singulier hasard, le texte portant adoption du drapeau européen est signé le 8 décembre 1955, fête de l’Immaculée Conception. L’emblème est inauguré solennellement le 13 décembre de la même année à Paris. En 1983, le Parlement européen adopte à son tour le drapeau créé par le Conseil de l’Europe et préconise qu’il devienne également l’emblème de la Communauté Européenne.

En 1971, le Conseil de l’Europe complète son travail en proposant le Prélude à l’Ode à la Joie, de la 9ème Symphonie de Beethoven comme hymne européen. Le chef d’orchestre Herbert von Karajan en prépare l’arrangement musical. En 1986, l’hymne est adopté à son tour par la Communauté Européenne. Il devient l’autre emblème commun à l’ensemble des Européens et préside depuis lors à toutes les manifestations européennes, sous les couleurs bleu et or du drapeau marial.

En 2005 enfin, le projet de traité constitutionnel européen, destiné à mettre à jour et clarifier tous les textes antérieurs, a proposé, outre le drapeau et l’hymne, une devise qui ne manque pas d’allure :   » Unie dans la diversité  ».

Divergences autour des symboles :

Le traité constitutionnel européen de 2005 a été approuvé par les parlementaires des différents États mais rejeté massivement par les peuples français et néerlandais après un débat démocratique intense, en raison de différentes dispositions qui portaient atteinte à la démocratie et à la souveraineté des peuples.

À la suite de cette déconvenue, les instances dirigeantes des États membres ont réécrit le traité constitutionnel en reprenant toutes les dispositions rejetées par les citoyens et l’ont fait approuver par les Parlements nationaux et eux seuls en 2009. Ce traité de Lisbonne remet à plat les traités antérieurs. Mais pour éluder la comparaison avec le texte constitutionnel antérieur, ils ont évacué les références à un drapeau, une devise et un hymne européens. Les symboles européens n’ont donc plus d’existence officielle ! Le drapeau reste toutefois l’emblème de la Commission et des autres organes de l’Union. Par ailleurs, 16 pays ainsi que la France ont rappelé leur attachement aux symboles européens dans l’acte final du traité de Lisbonne . On peut donc continuer d’admirer la couronne mariale aux frontons de nos mairies. 

Le  »philo sémitisme » de 1919 à 1939


Aimer et aider les juifs dans l’entre-deux guerres ( par Laurence Elmalih)

En France, les années 1920 et 1930 sont généralement associées à une montée de l’antisémitisme. Laurence Elmalih a décidé d’étudier au contraire le philo sémitisme, ce courant d’amitié à l’égard des juifs, durant l’entre-deux guerres. Bien que numériquement faibles, ces mouvements philo sémites étaient extrêmement divers et actifs.

Des prêtres et pasteurs aux intellectuels et politiques, en passant par les journalistes, Laurence Elmalih nous fait accéder à toutes ces personnes dont l’engagement philo sémite a souvent été oublié par la suite.

Dans votre thèse, vous décrivez le mouvement philo-sémite comme un mouvement très divers. Qui étaient les philo-sémites de cette époque ?

Les philo-sémites n’étaient pas très nombreux, mais le mouvement était très hétérogène. Il regroupait beaucoup de religieux, comme des prêtres, des pasteurs et des congrégations, ainsi que des intellectuels, tel le philosophe Henri Bergson, et des politiques. Il y avait aussi des journalistes, comme Georges Bidault, rédacteur en chef de L’Aube et qu’on connaît aujourd’hui pour son engagement au sein du Conseil National de la Résistance. Même si les musulmans étaient très peu nombreux en France à cette époque, on retrouve la trace d’un imam qui a signé une pétition contre les persécutions des Juifs. C’est d’abord un mouvement qui part des populations qui ne sont pas juives.

Ces personnes n’arrivaient pas tous au philo sémitisme pour les mêmes raisons. Certains arrivaient à la suite de débats théologiques, d’autres se ralliaient pour soutenir le sionisme, puis, à partir des années 1930, pour lutter contre l’antisémitisme. Le mouvement évolue ainsi pendant la période. Par exemple, la congrégation  »Notre-Dame de Sion »

(Notre-Dame de Sion, couramment abrégé en NDS, est une congrégation religieuse catholique   fondée en 1843 par les Français Théodore et Alphonse Ratisbonne) . Plusieurs communautés ainsi que de nombreux établissements scolaires portent actuellement le nom de  » Notre-Dame de Sion  » dans le monde. Soeur Emmanuelle ,Paul Démann  et Pierre Lenhardyt  y ont prononcé leurs vœux.

L’histoire de Notre-Dame de Sion se confond avec celle des relations entre judaïsme et christianisme. D’abord fondée dans le but de convertir les juifs au christianisme  et s’y activant sans relâche, la congrégation change radicalement d’orientation à partir du concile Vatican II  (1962-1965) et la déclaration Nostra AEtate. Dans le monde catholique, elle devient alors l’un des principaux acteurs du dialogue avec le judaïsme, dans le respect de cette religion et en excluant toute volonté de conversion . )

…. Avait d’abord pour but de convertir les Juifs, avant d’élargir son engagement pour montrer les filiations spirituelles existant entre les Juifs et les catholiques.

Vous étudiez les philo sémites dans l’entre-deux-guerres, mais vous notez bien que c’est un mouvement beaucoup plus ancien…

En effet, on trouve déjà des traces d’amitiés judéo-chrétiennes durant la Renaissance. En France, le mouvement prend plus d’ampleur au moment de l’ affaire Dreyfus . En effet, certains dreyfusards deviennent par la suite philo sémites. À cela viennent s’ajouter les débuts du sionisme, avec le théoricien Théodore Hertz, qui sera soutenu par exemple par Charles Gide, l’oncle de l’écrivain André Gide. Toutes ces influences viennent nourrir le mouvement philo sémite de l’entre-deux-guerres.

Dans les années 1930, avec l’arrivée au pouvoir de Hitler en Allemagne, le mouvement philo sémite se transforme et de nouvelles initiatives se développent pour prendre la défense des Juifs. On a par exemple des comités d’assistance aux réfugiés qui sont créés. Ainsi, même s’il avait commencé bien avant, le mouvement philo sémite se développe réellement en réponse aux événements antisémites de la période.

Avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le mouvement philo sémite semble complètement défait. Quel héritage a-t-il laissé derrière lui aux générations suivantes ?

Même si le mouvement a dû passer dans la clandestinité pendant la Seconde Guerre mondiale, il renaît très vite à la fin des années 1940, notamment avec la création de l’Amitié judéo-chrétienne de France par Jules Isaac en 1948. On considère souvent la génération d’après-guerre comme une  »génération spontanée », mais il est important de voir qu’il y a eu des fondateurs du mouvement philo sémite avant eux.

Durant l’entre-deux-guerres, certains Juifs ont essayé de trouver une troisième voie entre une assimilation complète et un repli sur soi. Ils prônent alors les valeurs universelles du judaïsme, comme les idéaux d’humanisme ou de sagesse. Ces idéaux ont perduré par la suite et continuent d’exister aujourd’hui dans les mouvements de fraternité inter-confessionnels.

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Laurence Elmalih a soutenu sa thèse “Le philo sémitisme en France pendant l’entre-deux-guerres (1919-1939)” en 1999 à l’Université Paul Valéry à Montpellier, sous la direction de Carol Iancu.

Elle travaille aujourd’hui pour la région Occitanie.

c’était il y a 66 ans ….


Le 6 novembre 1956

L’expédition de Suez tourne au fiasco

Le 6 novembre 1956, à minuit, prend fin l’expédition de Suez. Les parachutistes français et britanniques doivent cesser le feu quelques heures à peine après avoir sauté sur le canal et défait les troupes égyptiennes.

Imposé par les Soviétiques et les Américains, ce cessez-le-feu sonne pour la France et la Grande-Bretagne la fin de l’ère coloniale et la fin de leur influence au Moyen-Orient. Il annonce aussi l’émergence du tiers monde et des pays arabes ainsi que l’intervention des États-Unis dans la politique moyen-orientale.

Cynisme et arrogance :

Pris de court par la nationalisation   par le président égyptien Nasser, les Français et les Britanniques, qui perçevaient les droits de péage sur le canal, avaient d’abord protesté tout en hésitant sur la conduite à tenir.

Là-dessus s’étaient greffés des facteurs extérieurs…

Le socialiste  Guy Mollet

, chef du gouvernement français, eut l’idée de punir Nasser de son soutien aux indépendantistes algériens. De son côté, le jeune État d’Israël, fidèle allié de la France, manifesta le souhait d’une guerre préventive contre l’Égypte, soupçonnée de vouloir laver l’affront subit par les Arabes  en 1948.

Une conférence internationale s’ouvrit à Londres le 16 août en vue de trouver un compromis. Pendant ce temps, dans la discrétion, les militaires français et britanniques acheminèrent des troupes vers Chypre. À Londres, le Premier ministre conservateur Anthony Eden eut plus de difficulté à rallier sa majorité à la perspective d’une guerre.

Le 22 octobre 1956, le Premier ministre israélien David Ben Gourion (70 ans) se rend discrètement en France avec son chef d’état-major Moshe Dayan et Shimon Pérés. La délégation rencontre à Sèvres, près de Paris, Guy Mollet ainsi qu’un représentant britannique.

Il est convenu deux jours plus tard que les Israéliens, décidés à  » rompre l’encerclement  », attaqueront les Égyptiens et qu’ensuite, Français et Britanniques adresseront un ultimatum aux adversaires et occuperont la zone du canal sous prétexte de les séparer !

Le 29 octobre, les troupes du général Moshe Dayan se lancent dans le Sinaï et mettent en déroute l’armée égyptienne.

Comme prévu, le 30 octobre, Londres et Paris envoient un ultimatum conjoint au Caire et à Tel Aviv, enjoignant aux combattants de cesser le feu et de se retirer à 10 miles du canal.

Israël s’incline mais l’Égypte, comme on peut s’y attendre, rejette l’ultimatum.

Le lendemain 31 octobre, Français et Anglais détruisent au sol les avions égyptiens. Et, les 5 et 6 novembre, les parachutistes sautent sur Port-Saïd, à l’endroit où le canal débouche sur la mer Méditerranée. Personne ne se soucie d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies adoptée trois jours plus tôt, le 1er novembre…

Pendant que l’attention du monde se porte sur le canal de Suez, les chars soviétiques entrent à Budapest et répriment le soulèvement des Hongrois contre leur régime communiste.

Menaces soviétiques

À peine les paras français et britanniques touchent-ils terre dans la zone du canal que les Soviétiques menacent d’intervenir avec des fusées intercontinentales à tête nucléaire si l’attaque n’est pas stoppée !

Washington fait alors pression sur ses alliés pour arrêter les frais.

C’était il y a environ 100 ans :


Le 29 octobre 1922

Mussolini accède au pouvoir

Le 29 octobre 1922, le roi d’Italie Victor-Emmanuel III

nomme Benito Mussolini  président du Conseil (l’équivalent de Premier ministre).

Un  régime totalitaire d’un  »genre nouveau  »va s’ensuivre de façon progressive ..

La Marche sur Rome de Mussolini et ses partisans le 29 octobre 1922

Un parti non-démocratique

Ancien leader du parti socialiste converti au nationalisme, Benito Mussolini a fondé le 23 mars 1919 des troupes paramilitaires, les Faisceaux italiens de combat (Fasci italiani di combattimento). Ces miliciens armés reconnaissables à leur uniforme, les « Chemises noires », multiplient dès l’année suivante les campagnes d’intimidation. Ils attaquent les Bourses du travail, lieu de rassemblement des syndicats ouvriers et brisent les grèves. Ils bastonnent leurs victimes, les purgent à l’huile de ricin ou parfois les assassinent ! Les fascistes apparaissent ainsi comme des garants de l’ordre (!) face aux menaces révolutionnaires. Ils bénéficient à ce titre de l’indulgence des forces de l’ordre et de la justice et sont regardés avec bienveillance par le patronat italien.

Le Duce Mussolini passe ses troupes en revue en 1938Aux élections législatives de mai 1921, Mussolini est élu avec 34 partisans sur les listes des  » blocs nationaux  ». Il choisit de siéger à l’extrême-droite de l’hémicycle pour marquer son hostilité à l’internationalisme socialiste.

Le 9 novembre 1921, enfin, soucieux de se démarquer des bandes fascistes qui sèment le désordre, il choisit la voie de la légalité en fondant le  » Parti National Fasciste , premier parti d’Europe occidentale ouvertement non-démocratique.

Avec des effectifs supérieurs à plus de 700 000 en 1922, le parti fasciste n’arrive pourtant pas à convaincre le corps électoral. Mais il démontre une nouvelle fois sa force en août 1922 en brisant une grève générale lancée par le parti socialiste et dirigée contre lui.

Là-dessus, Mussolini menace de marcher sur Rome à l’image du poète Gabriele d’Annunzio

et de sa   » Marche sur Fiume  » Les Chemises noires de province, au nombre d’environ 40 000, commencent dans le désordre à converger vers la capitale.

Face à cette menace de coup d’État aux airs de  »grand-guignol  », la droite démocratique supplie le roi Victor-Emmanuel III de décréter l’état de siège. Mais le souverain ne s’y résout pas par crainte d’une guerre civile. Comme le président du Conseil, Luigi Facta

, il pense que Mussolini peut, après tout, aider à sauver un régime en pleine décomposition et qu’il sera toujours temps de s’en débarrasser après.

Le 29 octobre 1922, Victor-Emmanuel propose donc à Mussolini qui, de Milan, observe prudemment les événements, de prendre la tête du gouvernement dans les règles.

Les Chemises noires poursuivent malgré tout leur marche sans rencontrer de résistance, pour le symbole. Pour donner l’illusion d’une prise de pouvoir personnelle, Mussolini entre dans la capitale italienne le 30 octobre, entouré des hiérarques et des militants fascistes, au terme d’une très symbolique « »Marche sur Rome ‘. Le Duce lui-même a pris le train Milan-Rome et rejoint la tête de ses troupes à l’entrée de la capitale.

La  »pantalonnade  » fasciste tourne au triomphe. À la tête d’un gouvernement qui ne compte que quatre ministres fascistes, Mussolini se montre dans les premiers temps respectueux des règles constitutionnelles. Sa détermination et son verbe lui valent la sympathie des élites, y compris d’illustres intellectuels comme Benedetto Croce

.

Mais, dans les provinces, les Chemises noires poursuivent la mise au pas des organisations syndicales. La fête du Travail du 1er mai est supprimée. La grève est interdite. Et en novembre 1922, la Chambre des députés et le Sénat votent les pleins pouvoirs à Mussolini pour un an.

Celui-ci va affirmer son autorité de façon progressive (à la différence de Hitler, dix ans plus tard). Contrairement aux apparences et aux dires de la propagande ( » Il Duce ha sempre ragione  »), il va devoir en permanence se plier à des compromis avec le roi, l’armée, son propre parti et la Constitution. Conformément à celle-ci, il n’est que Premier ministre, ce qui va permettre au roi Victor-Emmanuel III, chef de l’État et chef des armées, de le destituer en juillet 1943 par un  » coup de majesté  ».

L’accident ferroviaire….


…. de Saint-Michel de Maurienne (1917)

vignette

.…..plus grande catastrophe ferroviaire en France avec 433 victimes.

La tragédie :

En ce mois de décembre 1917, la Grande Guerre bat son plein, mais les choses évoluent : la Roumanie vient de signer l’armistice, la Lituanie est devenue indépendante et la Russie bolchévique est sur le point de sortir définitivement du conflit. La bataille de Caporetto, en Italie (aujourd’hui Kobarid en Slovénie) s’est quant à elle terminée le 9 novembre avec une victoire écrasante pour les Français et leurs alliés britanniques.

(Le Petit Journal, 14 décembre 1917)

Le calme étant revenu, des permissions sont accordées aux soldats, et notamment à ceux qui avaient déjà combattu auparavant sur le front de l’Est, en France. Plusieurs trains sont donc prévus, à destination de Lyon et de Chagny, en Saône-et-Loire. Pour eux, c’est un moment de joie intense : une permission de quinze jours pour passer Noël en famille, revoir femme et enfants, parents, frères et sœurs, on ne peut rêver mieux, et l’on imagine bien l’ambiance qui règne dans le train bondé.

Le 11 décembre 1917, un convoi de dix-sept voitures (toutes en bois) de 350 mètres de long, avec à son bord plus de mille permissionnaires français entassés, quitte Bassano del Grappa, petite ville située entre Trévise et Vicence. Il passe à Turin puis franchit la frontière au tunnel du Fréjus (celui du Mont-Blanc n’existe pas encore). D’abord séparé en deux parties, le train est reconstitué en une seule à Modane, qu’il quitte à 22 h 47 en direction de Chambéry.

Les causes de l’accident qui va se produire restent floues. On explique que malgré les demandes du mécanicien Louis Girard, aucune motrice de queue n’aurait été attachée et qu’il aurait reçu l’ordre de quitter la gare malgré le danger qu’il aurait évoqué : en effet si toutes les voitures étaient équipées d’un système de freinage automatique, celui-ci n’était activé que sur les trois premières au profit du seul freinage manuel sur les autres wagons…

Fichier:Accident-Saint-Michel-de-Maurienne-Décembre-1907.jpg (Opérations de déblaiement après l’accident)

Après son départ, le train entame une longue descente vers la vallée, mais le dénivelé (de 22‰ à 30‰ ) est important et le train prend de la vitesse, atteignant de 135 à 150 km/h selon les estimations et devenant incontrôlable. Girard a beau actionner le sifflet de la locomotive pour alerter les serre-freins, rien n’y fait : la première voiture déraille dans un tournant au lieu-dit La Saussaz à une centaine de mètres du pont ferroviaire qui enjambe la rivière l’Arc, entraînant avec elle tous les wagons.

Ceux-ci s’écrasent contre un mur de soutènement et contre le pilier nord d’un pont routier, s’encastrant les uns dans les autres. La locomotive se détache et continue son trajet, déraillant peu après en arrivant dans la gare : Girard aura la vie sauve car il saute en marche. 433 militaires ont moins de chance.

Ceux qui ne sont pas tués sur le coup perdent la vie dans d’atroces conditions, le corps disloqué et brûlé dans l’incendie qui se déclare…

C’est un événement que personne ne connaît, et pourtant, ce déraillement de train survenu en pleine guerre 14-18 fut pendant longtemps la plus grande catastrophe ferroviaire du monde ! Elle reste aujourd’hui la cinquième de l’histoire et la plus grande jamais arrivée en France, avec 435 victimes (433 militaires et 2 civils). Dans le contexte de la Grande Guerre, cet événement fut volontairement passé sous silence et conservé secret.

Très peu de journaux en parlèrent dans les jours qui suivirent, et l’actualité de la guerre en éclipsa bien vite toute mise en avant. Tout au long du XXe siècle, le drame fut néanmoins évoqué, nimbé de mystère au vu de l’absence d’archives. En 1972, le magazine Historia y consacrait un plein article qui, bien qu’incomplet, constituait une première étape vers le souvenir. Il fut suivi en 1996 par un article de Rail Passion, mais un vrai travail de recherches archivistiques ne put être effectué qu’en 2007, à la demande d’André Pallatier, habitant de Saint-Michel-de-Maurienne où se déroula l’accident. Après plusieurs années de travail, il publia un livre enfin dûment documenté (“Le tragique destin d’un train de permissionnaires”, éditions l’Harmattan, 2013).

Malheureuses victimes de ce déraillement qui, s’il avait eu lieu en période de paix, aurait sans doute considérablement marqué les mémoires.

 »L’arbre généalogique  » ? réalisé compte plus de 33 000 personnes et concerne des familles de toute la France dont la famille Vilamb dont le grand-père, retenu au dernier moment, aurait dû prendre ce train…

* Les chiffres officiels annoncent 435 victimes dont 433 militaires. ( On a retrouvé 434 de ces derniers, l’un d’entre eux, René Emile GOUSSIN, ayant manifestement été ajouté par erreur à ce décompte )

C’était il y a 65 ans…..


….le 4 octobre 1957

Lancement du premier satellite artificiel

Le 4 octobre 1957, l’URSS met en orbite le premier satellite artificiel de l’histoire, Spoutnik 1 (d’un mot russe qui signifie  »compagnon de voyage »).

Spoutnik 1 ?

L’engin, d’un diamètre de 60 cm et d’un poids de 83,6 kilos, est mis en orbite par une fusée à une altitude de 900 km. Il accomplit une révolution de la Terre en 96 minutes. Son  »bip-bip » va devenir vite familier à tous les hommes.??

Le 3 novembre suivant, les Soviétiques récidivent avec Spoutnik 2

Spoutnik 2 ( avec Laïka )

. Cette fois, l’engin amène dans l’espace une chienne nommée Laïka (elle meurt au cours du voyage, mais le fait ne sera révélé que 40 ans plus tard !).

Le défi soviétique :

L’origine de cette performance se trouve dans la rafle de savants allemands qui travaillaient sur les fusées V2

V2 ?

de Hitler et sont entrés bon gré mal gré au service des vainqueurs.

Les plans des missiles allemands sont retraités par Sergueï Korolev

Sergueï Korolev ?

, un ingénieur russe de génie, rescapé du Goulag grâce à une intervention de l’aéronauticien Andreï Tupolev

Andreï Tupolev ?

, en 1940. Il conçoit le lanceur qui va mettre en orbite Spoutnik ainsi que les fusées Vostok des programmes habités.

Le lancement du premier satellite artificiel survient en pleine guerre froide et après la sauvage répression par les Soviétiques d’un soulèvement en Hongrie. Plusieurs journalistes américains y voient une défaite de leur camp et font un rapprochement avec l’attaque surprise des Japonais contre Pearl Harbor en 1941.

Le petit satellite prouve que l’Amérique n’est plus une forteresse géographique et les citoyens des États-Unis prennent conscience qu’ils ne sont plus à l’abri d’une attaque par des missiles nucléaires.

Trois semaines après le vol de Gagarine

I.Gagarine ?

, le 5 mai 1961, Alan Shepard

Alan Shepard ?

est le premier Américain à s’élever dans l’espace. Il se contente d’un vol suborbital (il ne tourne pas autour de la Terre comme le Soviétique). Le 20 février 1962, son compatriote John Glenn est quant à lui mis en orbite pendant cinq heures à bord de Friendship-7.

Les Soviétiques reprennnent l’initiative en envoyant la première femme dans l’espace le 16 juin 1963. Il s’agit de Valentina Terechkova

Valentina Terechkova

. Le 18 mars 1965, Alexei Leonov effectue la première sortie extra-véhiculaire dans l’espace à bord de la capsule Voshkhod-2.

Les Américains gagnent enfin la course avec  »le petit pas » de Neil Armstrong

Neil Armstrong ?

sur la lune, le 21 juillet 1969.

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Quand on regarde le ciel nocturne et réfléchit à la question suivante : en ce moment, des milliers de satellites artificiels sont en orbite autour de notre planète. Mais la plupart des satellites ne reviennent jamais à l’endroit d’où ils ont été lancés. Comment est-ce possible et où finissent-ils ? Retombent-ils simplement sur Terre et peuvent-ils atterrir accidentellement sur la maison ou la voiture de quelqu’un ?
Un coup d’œil au cycle de vie d’un satellite : de son lancement à son écrasement.( vidéo ci-dessus)

Pourquoi les Hollandais ont-ils échangé ….


………Manhattan contre une île indonésienne ?

Les îles Banda font partie de l’archipel des Moluques,

archipel des Moluques

qui se trouve à l’est de l’Indonésie. Cet archipel a été découvert et colonisé par le Portugal au début du XVIe siècle. Un siècle plus tard, les Anglais s’emparent de quelques îles de cet archipel de Banda.

Parmi elles, l’île de Run

l’île de Run ?

est la plus convoitée. C’est en effet le seul lieu de culture au monde de la noix de muscade

Noix de muscade

. Or celle-ci est alors considérée comme une épice très précieuse, qui se négocie à prix d’or.

En effet, on lui attribuait nombre de vertus. Elle aurait apaisé la douleur, soulagé les maux d’estomac et même guéri de la peste. Dès lors, on comprend que la possession de cette île ait été considérée par les Hollandais comme un enjeu majeur.

Un singulier échange

La possession de l’île de Run fut férocement disputée entre Hollandais et Anglais. Ces derniers y prennent pied en 1616, avant de se retirer 4 ans plus tard. Puis ils s’y établissent à nouveau, avant d’en être chassés, en 1665, par les Hollandais.

Mais la flotte britannique résiste toujours. En 1667, la situation est clarifiée par le traité de Bréda, qui met fin à la seconde guerre anglo-hollandaise. Ce traité prévoit un curieux troc.

En effet, l’île de Run devient une possession hollandaise. En échange, les Anglais reçoivent le droit de conserver l’île de Manhattan

île de Manhattan ?

. Les Anglais occupaient illégalement cette île, que les Hollandais, qui l’avaient appelée La Nouvelle-Amsterdam, possédaient depuis 1626.

Les Anglais s’empressent de rebaptiser cette île du nom du frère du Roi Charles II, le duc d’York, le futur Jacques II. Elle prend dès lors le nom de New York.??

En prenant possession de l’île de Run, les Anglais ont peut-être regretté d’avoir mis le feu aux plantations de noix de muscade

. Ils l’avaient fait dans l’intention de nuire aux Anglais, qui occupèrent l’île par intermittence au XVIIe siècle.

Aujourd’hui, les autorités de cet archipel indonésien ont décidé de commémorer l’anniversaire de ce singulier échange, dans le but d’attirer les touristes dans ces îles.