ça s’est passé il y a environ 96 ans:


Le 4 mai 1926 :

…..Grève générale en Grande-Bretagne

( après avoir vu le film  » traitre sur commande  » ( magnifique , à mon avis) :

Affiche du film

Le 4 mai 1926, la Grande-Bretagne connaît une grève générale d’une ampleur jamais vue.

Les salariés cessent le travail par solidarité avec les mineurs, auxquels le gouvernement a imposé une baisse de salaire autoritaire pour restaurer la compétitivité du charbon national. C’est la conséquence d’une réévaluation  » malheureuse  » de la livre sterling , l’année précédente, par le Chancelier de l’Échiquier Winston Churchill

Churchill .

Face à la fermeté du gouvernement conservateur de Stanley Baldwin et de son Lord Chancelier, les mineurs et leurs syndicats, le Trades Union Congress (Le Trades Union Congress est l’organisation fédératrice des syndicats britanniques. Ses 71 membres représentent environ 7 millions d’adhérents) , doivent bientôt rendre les armes. Ils ne retrouveront semblable combativité qu’un demi-siècle plus tard.

Désordres et peur du  »rouge »

James Ramsay Macdonald, William Oliphant Hutchison - huile sur toile - 64 x 46 cm - 1930. En agrandissement : photographie de Stanley Baldwin (1867–1947) datée de 1920.La Grande-Bretagne connaît dans les années 1920 une situation sociale et économique difficile, suite à la Première Guerre mondiale. Dans les mois qui suivent la fin du conflit, une série de grèves accompagnent le retour à la paix et une difficile transition, marquée par une forte hausse du chômage et de l’inflation.

Les syndicats (Trade Unions) sont à leur zénith et souhaitent que les pouvoirs publics continuent à intervenir dans l’économie comme ils l’avaient fait durant la guerre. En face, les conservateurs s’y refusent car ils y voient le premier pas vers le communisme , leur hantise.

En 1924, ce  »spectre rouge » se fait encore plus menaçant lorsque les travaillistes du Labour arrivent au pouvoir, même si leur gouvernement, dirigé par Ramsay MacDonald

Ramsay MacDonald ?

, n’a rien de révolutionnaire. Victime d’une motion de défiance, il ne tarde pas à tomber, ce qui entraîne de nouvelles élections, le 29 octobre 1924, et le retour des conservateurs au pouvoir.

Démocratie et  »intox »

Quelques jours avant les élections d’octobre 1924, le Daily Mail, journal conservateur, publie une lettre du responsable soviétique Zinoviev qui présente le rapprochement diplomatique entre la Grande-Bretagne et l’URSS, voulu par MacDonald, comme une tactique pour favoriser la révolution en Grande-Bretagne.

Cette lettre, reflet de la peur ressentie par  »l’establishment  », va rendre plus difficile encore la campagne travailliste et faciliter la victoire des tories et de leur chef, Stanley Baldwin. On découvrira a posteriori qu’il s’agissait d’un faux, sans doute rédigé conjointement par les services secrets et le parti conservateur.

Du retour à l’étalon-or à la crise charbonnière

Winston Churchill, qui s’était éloigné du parti tory, son parti d’origine, y fait un retour remarqué en entrant comme Chancelier de l’Échiquier (ministre des finances) dans le gouvernement Baldwin. À ce poste, pour lequel il n’a aucune compétence particulière, il va prendre le 21 septembre 1925 la mesure que lui-même jugera comme  »la plus grosse bévue de sa vie » : le retour de la livre sterling à sa parité d’avant-guerre. C’est la victoire des financiers de la City sur les industriels.

Photographie de Winston Churchill provenant du Imperial War Museums. En agrandissement : Photographie d'une manifestation lors de la grève de 1926.Comme l’entrevoit aussitôt l’économiste John Maynard Keynes

John Maynard Keynes ?

 dans Les Conséquences économiques de Monsieur Churchill, elle va aboutir à renchérir le prix des exportations britanniques et mettre en péril l’industrie nationale. C’est exactement ce qui se passe… Le secteur charbonnier, autrefois fer de lance de la puissance britannique, est le premier atteint.

Pendant la Première Guerre mondiale, le gouvernement a pris le contrôle de cette industrie et le Labour (le parti travailliste) en a demandé en 1919 la nationalisation. Il a obtenu des progrès sociaux, comme la journée de 7 heures pour les mineurs, tout en repoussant à plus tard la question de la propriété des mines et surtout celui de la restructuration du secteur : beaucoup d’entreprises minières s’avèrent trop petites pour résister aux chocs successifs, comme la reprise des exportations allemandes en 1924.

Confrontés à des déficits de plus en plus massifs du fait de la réévaluation de la livre, les gestionnaires des mines demandent un retour à la journée de travail de 8 heures et une baisse importante des salaires. Plusieurs accords provisoires permettent au gouvernement de maintenir ceux-ci à leur niveau par des subventions, mais, en 1926, la situation n’est plus tenable.

La grève générale et son échec

Le 3 mai, les négociations entre les propriétaires et les mineurs sont interrompues. Le gouvernement se dispose à diminuer les salaires des mineurs. Le  »Trades Union Congress  », qui représente l’ensemble des syndicats de salariés, tous secteurs confondus, se juge assez fort pour lancer dès le lendemain un mot d’ordre de grève générale, par solidarité avec les mineurs.

The Subsidised Mineowner - Poor Beggar ! « Un propriétaire de mine à subventionner : pauvre mendiant ! » publié dans le Trade Union Unity Magazine (1925). En agrandissement : Appel au boycott des journaux dont la direction refuse par avance de réintégrer les travailleurs grévistes, mai 1926.Les classes moyennes et supérieures s’enrôlent en masse pour conduire les locomotives ! mais ne contribuent qu’à accroître plus encore le chaos. La grève s’étend bientôt à l’achat des journaux, accusés de donner une vision trop hostile de la grève. En réponse, Churchill fait publier par le gouvernement un journal compréhensif, le British Gazette.

Ce durcissement des positions annihile tout espoir d’une solution négociée. Finalement, ce sont les grévistes qui cèdent les premiers : des tensions apparaissent entre les mineurs et les autres catégories de salariés. Dans un message radiodiffusé, le premier dans une telle situation, Baldwin creuse le fossé en dénonçant la grève générale comme illégale tout en reconnaissant la légitimité du mouvement des mineurs.

Finalement, dès le 8 mai, le Trades Union Congress accepte de cesser la grève et, dans la pratique, d’abandonner les mineurs. Ces derniers poursuivent leur mouvement mais doivent reprendre le travail à l’automne, avec des salaires très diminués et des journées de travail allongées. Cet échec va affaiblir durablement les syndicats.


Un commentaire est toujours le bien venu , mais PAS LES  »LIKES » qui , même si en anglais  » like  » signifie  » aimer » , ne signifient absolument RIEN !

Jacques Brel « Ne nous quitte pas » – 1974 


ça s’est passé il y a environ 93 ans : Le 8 avril 1929 : Mr Brel naissait …

Décès de Mr J.Brel :Le 9/10/1978 ( âgé de 49 ans)

 » Le plus grand Belge de tous les temps  »

 » La qualité d’un homme se calcule à sa démesure ; tentez, essayez, échouez même, ce sera votre réussite.  »

Oui, Jacques Brel avait fait de l’interprétation intense sa manière de chanter. C’était sa signature. Et même plus de trente ans après sa mort, cette générosité se ressent toujours, ces chansons restant un élément majeur du patrimoine de la chanson française. Pourtant, Jacques Brel est le  » plus grand Belge de tous les temps  », selon un sondage de la RTBF réalisé en 2005. C’est en effet dans la banlieue bruxelloise qu’il voit le jour le 8 avril 1929. Après une enfance assez austère et avec une famille peu réceptive à ses vocations artistiques, Jacques Brel tue l’ennui du quotidien en composant ses premiers morceaux. Déjà, la violence des textes et l’intensité de l’interprétation sont remarquables mais pas du goût de sa famille, son premier public. Jacques Brel décide alors de quitter la Belgique, pour vivre de sa passion, la scène.

Le temps de l’  » Abbé Brel  »

Dès 1953, le jeune artiste tente alors sa chance à Paris, mais l’accueil réservé à ses chansons enflammées n’est guère plus encourageant. Il chante pour des organisations chrétiennes !!!, ce qui lui vaudra le surnom d’  » Abbé Brel  ». Il sort aussi un premier 33 tours, mais c’est en 1956, lorsqu’il rencontre deux musiciens que sa carrière prend un réel tournant musical. François Reuber (son orchestrateur attitré) et le pianiste Gérard Jouannest (son accompagnateur scénique et second parolier) l’accompagneront toute sa carrière. Ainsi, petit à petit, Jacques Brel trouve son public. Son deuxième 33 tours,  » Quand on a que l’amour », est celui de la révélation ! Il reçoit le Grand prix de l’Académie Charles Cros et l’année suivante, son concert à l’Olympia est un triomphe.

Le marathonien des tournées

Jacques Brel devient alors l’homme des tournées. Elles se succèdent à un rythme infernal et, le succès grandissant, Jacques Brel est engagé à la fin de l’année 1959 en tête d’affiche à Bobino. Le succès est au rendez-vous. Sur scène, Jacques Brel abandonne la guitare. Il a beaucoup travaillé son chant et sa voix : il chante en maîtrisant totalement son art, ainsi que sa forte personnalité. Il habite ses personnages, il gesticule, il exprime ses rages avec sincérité et gravité. Il enflamme les salles, qu’elles soient parisiennes, londoniennes ou new-yorkaises.!!!

Une fin au sommet de la gloire

Ce rythme de vie effréné (Jacques Brel sombre dans tous les excès : femmes, alcool , tabac, nuits blanches) ne cesse de s’accélérer. Le chanteur est au sommet de sa gloire et, pourtant, c’est le moment qu’il choisit pour arrêter sa carrière. En 1966, il décrète qu’il n’a plus rien à dire et qu’il se sent las des tournées sans fin. Et puis il a d’autres projets, comme l’adaptation française de  » L’Homme de la Mancha  », spectacle musical de Broadway basé sur l’œuvre de Cervantes. Une performance qui sera saluée par tous. Jacques Brel s’essaie également au cinéma, en jouant dans  » Les Risques du métier  », d’André Cayatte,  » Les Assassins de l’ordre  » de Marcel Carné en 1971 ou encore  » L’Aventure, c’est l’aventure  » de Claude Lelouch en 1972. Il réalisera même deux films,  » Franz  » (1971) et le  » Far West  » (1972).

Il était aussi pilote d’avion

Mais Jacques Brel n’aura jamais complètement abandonné la chanson. En 1977, alors qu’il habite aux îles Marquises et a choisi de se consacrer au pilotage d’avion, il accepte d’enregistrer un nouvel album. Ce sera un véritable événement ! Les pré-commandes du disque atteignent le million sans aucune publicité. Jacques Brel bénéficie toujours de l’affection de son public. Aussi, lorsqu’il décède le 9 octobre 1978 des suites d’un cancer, la chanson française perd l’un de ses piliers. Le répertoire de Jacques Brel devient alors un héritage que se partagent les plus grands, de Nina Simone à David Bowie.

Les plus belles chanson de Jacques Brel :

Les paroles:

Ami, remplis mon verre
Encore un et je vas
Encore un et je vais
Non, je ne pleure pas
Je chante et je suis gai
Mais j’ai mal d’être moi
Ami, remplis mon verre
Ami, remplis mon verre

Buvons à ta santé
Toi qui sais si bien dire
Que tout peut s’arranger
Qu’elle va revenir
Tant pis si tu es menteur
Tavernier sans tendresse
Je serai saoul dans une heure

Je serai sans tristesse
Buvons à la santé
Des amis et des rires
Que je vais retrouver
Qui vont me revenir
Tant pis si ces seigneurs
Me laissent à terre
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans colère

Ami, remplis mon verre
Encore un et je vas
Encore un et je vais
Non, je ne pleure pas
Je chante et je suis gai
Mais j’ai mal d’être moi
Ami, remplis mon verre
Ami, remplis mon verre

Buvons à ma santé
Que l’on boive avec moi
Que l’on vienne danser
Qu’on partage ma joie
Tant pis si les danseurs
Me laissent sous la lune
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans rancune
Buvons aux jeunes filles
Qu’il me reste à aimer
Buvons déjà aux filles
Que je vais faire pleurer
Et tant pis pour les fleurs
Qu’elles me refuseront
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans passion

Ami, remplis mon verre
Encore un et je vas
Encore un et je vais

Non, je ne pleure pas
Je chante et je suis gai
Mais j’ai mal d’être moi
Ami, remplis mon verre
Ami, remplis mon verre

Buvons à la putain
Qui m’a tordu le cœur
Buvons à plein chagrin
Buvons à pleines pleurs
Et tant pis pour les pleurs
Qui me pleuvent ce soir
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans mémoire
Buvons nuit après nuit

Puisque je serai trop laid
Pour la moindre Sylvie
Pour le moindre regret
Buvons puisqu’il est l’heure
Buvons rien que pour boire
Je serai bien dans une heure
Je serai sans espoir

Ami, remplis mon verre
Encore un et je vas

Encore un et je vais
Non, je ne pleure pas
Je chante et je suis gai
Tout s’arrange déjà
Ami, remplis mon verre
Ami, remplis mon verre
Ami, remplis mon verre

J’aime cette chanson, car même si je ne bois plus d’alcool, quand le moral n’est plus là ……J’y pense parfois……

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Les paroles :

D’abord, d’abord, y a l’aîné
Lui qui est comme un melon
Lui qui a un gros nez
Lui qui sait plus son nom
Monsieur tellement qu´y boit
Tellement qu´il a bu
Qui fait rien de ses dix doigts
Mais lui qui n´en peut plus
Lui qui est complètement cuit
Et qui s´prend pour le roi
Qui se saoule toutes les nuits
Avec du mauvais vin
Mais qu´on retrouve matin
Dans l´église qui roupille
Raide comme une saillie
Blanc comme un cierge de Pâques
Et puis qui balbutie
Et qui a l´œil qui divague
Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne pense pas, Monsieur
On ne pense pas, on prie

Et puis, y a l´autre
Des carottes dans les cheveux
Qu´a jamais vu un peigne
Qu´est méchant comme une teigne
Même qu´il donnerait sa chemise
A des pauvres gens heureux
Qui a marié la Denise
Une fille de la ville
Enfin d´une autre ville
Et que c´est pas fini
Qui fait ses p´tites affaires
Avec son p´tit chapeau
Avec son p´tit manteau
Avec sa p´tite auto
Qu´aimerait bien avoir l´air
Mais qui a pas l´air du tout
Faut pas jouer les riches
Quand on n´a pas le sou
Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n´vit pas, Monsieur
On n´vit pas, on triche

Et puis, il y a les autres
La mère qui ne dit rien
Ou bien n´importe quoi
Et du soir au matin
Sous sa belle gueule d´apôtre
Et dans son cadre en bois
Y a la moustache du père
Qui est mort d´une glissade
Et qui r´garde son troupeau
Bouffer la soupe froide
Et ça fait des grands slurp
Et ça fait des grands slurp
Et puis y a la toute vieille
Qu´en finit pas d´vibrer
Et qu´on attend qu´elle crève
Vu qu´c´est elle qu´a l´oseille
Et qu´on n´écoute même pas
C´que ses pauvres mains racontent
Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n´cause pas, Monsieur
On n´cause pas, on compte

Et puis et puis
Et puis il y a Frida
Qui est belle comme un soleil
Et qui m´aime pareil
Que moi j´aime Frida
Même qu´on se dit souvent
Qu´on aura une maison
Avec des tas de fenêtres
Avec presque pas de murs
Et qu´on vivra dedans
Et qu´il fera bon y être
Et que si c´est pas sûr
C´est quand même peut-être
Parce que les autres veulent pas
Parce que les autres veulent pas
Les autres ils disent comme ça
Qu´elle est trop belle pour moi
Que je suis tout juste bon
A égorger les chats
J´ai jamais tué de chats
Ou alors y a longtemps
Ou bien j´ai oublié
Ou ils sentaient pas bon
Enfin ils ne veulent pas
Parfois quand on se voit
Semblant que c´est pas exprès
Avec ses yeux mouillants
Elle dit qu´elle partira
Elle dit qu´elle me suivra
Alors pour un instant
Pour un instant seulement
Alors moi je la crois, Monsieur
Pour un instant
Pour un instant seulement
Parce que chez ces gens-là
Monsieur, on ne s´en va pas
On ne s´en va pas, Monsieur
On ne s´en va pas
Mais il est tard, Monsieur
Il faut que je rentre chez moi

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Les paroles :

Quand on a que l’amour
A s’offrir en partage
Au jour du grand voyage
Qu’est notre grand amour
Quand on a que l’amour
Mon amour toi et moi
Pour qu’éclatent de joie
Chaque heure et chaque jour
Quand on a que l’amour
Pour vivre nos promesses
Sans nulle autre richesse
Que d’y croire toujours
Quand on a que l’amour
Pour meubler de merveilles
Et couvrir de soleil
La laideur des faubourgs

Quand on a que l’amour
Pour unique raison
Pour unique chanson
Et unique secours
Quand on a que l’amour
Pour habiller matin
Pauvres et malandrins
De manteaux de velours
Quand on a que l’amour
A offrir en prière
Pour les maux de la terre
En simple troubadour
Quand on a que l’amour
A offrir à ceux là
Dont l’unique combat
Est de chercher le jour

Quand on a que l’amour
Pour tracer un chemin

Et forcer le destin
A chaque carrefour
Quand on a que l’amour
Pour parler aux canons
Et rien qu’une chanson
Pour convaincre un tambour
Alors sans avoir rien
Que la force d’aimer
Nous aurons dans nos mains
Amis le monde entier

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La fin….

Les Marquises est le treizième et dernier album de jacques Brel, sorti en 1977 chez Barclay . Sans titre à l’origine (sinon le simple nom de Brel), il est désormais identifié par celui de la chanson qui clôt le disque.

Les marquises : le paradis au bout du monde de Jacques Brel

Survol de l'île de Nuku Hiva en 2018. Un passage qu'effectuait régulièrement Brel.
Survol de l’île de Nuku Hiva en 2018. Un passage qu’effectuait régulièrement Brel.

Jacques Brel avait choisi cet archipel du Pacifique Sud comme ultime retraite. Un éden époustouflant, où le temps s’immobilise. Escale sur ces îles où le souvenir du chanteur, après sa mort, reste toujours vivant pour les habitants.

C’est un archipel perdu au milieu des mers du Sud. Et c’est bien ce que Jacques Brel était venu chercher. Un endroit beau à en mourir. Lui qui traînait  » une grippe qui ne se soigne pas  », disait-il à son copain Fiston Amaru, postier sur l’île, quand celui-ci l’a vu débarquer en 1975.  » Ici, personne ne savait qui il était. Et les rares qui connaissaient le chanteur s’en fichaient complètement. Il adorait ça ! L’inverse le rendait fou. Une fois, un instituteur venu de métropole avait organisé une petite fête pour son arrivée. Il avait invité Brel. Quand ce dernier a débarqué, l’autre avait mis un de ses disques sur l’électrophone. Ça l’a rendu dingue, Jacques ! Il s’est dirigé vers la platine, a saisi le disque et l’a brisé en mille morceaux. Sans dire un mot.  »

Jacques Brel ne voulait pas que sa maison devienne un mausolée avec des « zozos qui viennent s’y recueillir »

Sur l’île d’Hiva Oa, il faut grimper le chemin qui serpente à travers le village d’Atuona pour retrouver la trace de sa maison. Qui n’existe plus… Jean-Baptiste Teapuateani, qui la lui avait louée il y a quarante ans, raconte pourquoi il a décidé de la détruire et d’en construire une autre, au même endroit.  » Quelque temps avant de mourir, Jacques était venu voir ma femme et lui avait dit :  »Promets-moi que, quand je serai parti, tu foutras la maison par terre. Tu me le promets hein ! J’ai pas envie que ça devienne un mausolée avec des zozos qui viennent s’y recueillir.” Alors, on a respecté la promesse.  » En arpentant ce qui était son jardin, on comprend vite ce qui lui avait plu ici. Une végétation éblouissante en contrebas, une vue imprenable sur une mer qui s’enfuit vers l’horizon et, face à sa chambre, un piton déchiré toisant le ciel. Evoquez ici l’ » impatience  » et on vous regardera avec des yeux ronds ! Mais Brel n’était pas marquisien, et ne le deviendra jamais. Il n’en a pas eu le temps.

En contrebas de la maison, l’école Sainte-Anne du couvent d’Hiva Oa

école Sainte-Anne du couvent d’Hiva Oa ?

est toujours là.  » Il était anticlérical comme personne mais, dans le fond, ils s’aimaient bien avec les sœurs. Parfois, il emmenait les plus téméraires faire un tour en avion avec lui. Et ne se privait pas de les “secouer” un peu là-haut, histoire de les rapprocher de Dieu…  » se souvient son grand copain sur l’île, Serge Lecordier.  » Jacques aimait organiser en fin de journée ce qu’il appelait des “apéros-piscine” autour de la sienne, un grand bac en plastique en réalité.! Un jour, alors que la chorale des sœurs battait son plein un peu plus bas, et c’est vrai que ça faisait un sacré bruit, il s’est levé d’un bond, s’est planté au bout de son jardin et s’est mis à chanter à gorge déployée une chanson paillarde pas piquée des hannetons. Jusqu’au bout. A la fin, les sœurs s’étaient arrêtées de chanter et il n’y avait plus un bruit.  »

Victorine Matuaiti

Victorine Matuaiti ?( âgée)

était jeune infirmière quand elle fut affectée sur l’île d’Hiva Oa.  “Alors c’est toi qui vas t’occuper de mes fesses ma jolie !” C’est la première phrase qu’il m’a dite quand on s’est rencontrés. Je venais deux fois par semaine chez lui pour lui faire des piqûres. Jamais il ne m’a dit ce qu’il avait, et je ne lui ai jamais posé de questions. A tel point que, quelques jours avant sa mort, j’ai reçu une lettre de lui, de Paris. Il me racontait ce qu’il faisait là-bas, qu’il avait hâte de rentrer “chez lui” et il plaisantait sur le fait qu’ici au moins ils aimaient bien ses chansons. Car je le taquinais toujours en disant que je ne les aimais pas, moi, ses chansons. “Mais pourquoi tu ne les aimes pas ?” me demandait-il. “Oh j’y comprends rien. Tu ne peux pas faire des phrases plus simples ?” je lui disais ! Ça le faisait rire. Quand j’ai appris sa mort, trois jours après avoir reçu sa lettre, je n’ai pas compris.  »

Aussitôt après son décès, le corps de Jacques Brel fut rapatrié à Hiva Oa. A quelques centaines de mètres de là où il habitait, quelqu’un a maladroitement écrit sur la route :  »Gauguin, Brel  », avec une petite flèche en direction du cimetière. Surplombant l’île, sa petite tombe est idéalement placée : sous les frangipaniers qui, naturellement, ornent sa stèle à mesure que les fleurs se détachent au gré des vents. Tant mieux. Hiva Oa est si loin de tout. Ici, pas de défilés de pleureuses ni de fans transis. De toute façon,  » gémir n’est pas de mise, aux Marquises  ».

La tombe de Mr Brel

 » Jojo  » l’avion sauvé

Brel était arrivé aux Marquises en bateau, à l’occasion d’un tour du monde qu’il avait effectué avec sa dernière compagne, Maddly. Mais c’est en avion qu’il s’en échappait pour aller d’île en île (les Marquises en comptent 12 dont 6 habitées). Il avait acheté ce Twin Bonanza de 1956 après son arrivée, comprenant l’utilité qu’il aurait au sein de cet archipel si isolé. Après sa mort, revendu, il sert pendant dix ans avant de pourrir sur l’aéroport de Tahiti-Faaa. C’est grâce à l’intervention de son ami Serge Lecordier et à la bienveillance de quelques ingénieurs de chez Dassault Aviation qu’on parvient à sauver  » Jojo  », baptisé ainsi en souvenir du meilleur ami du chanteur, mort avant que celui-ci ne s’installe aux Marquises. C’est aujourd’hui le clou d’un musée Jacques-Brel un peu poussiéreux mais émouvant.

 » Jojo » dans un musé

stop :Il y aurais encore beaucoup à écrire , mais ça ME suffit ( d’autant plus que personne ne lira ce billet )

Maintenant : Télé….


Avec ce polar de commande, Eastwood, au sommet de sa gloire de cinéaste, filme en creux sa conception idéale du pouvoir : briller dans l’ombre, tacler les arrogants et les salauds :
Vieux monte-en-l’air, Luther Whitney (Clint Eastwood) fait un casse dans la résidence d’un milliardaire, Walter Sullivan. Sur place, il assiste au meurtre de la jeune épouse de Sullivan par les services de sécurité de son amant Alan Richmont (Gene Hackman), président des Etats-Unis en exercice. Qui tente bien vite de mettre son crime sur le dos du cambrioleur… « Les Pleins Pouvoirs » est un bon révélateur du prestige acquis par le cinéaste au début des années 1990 – les oscars d’ » Impitoyable  » (1992) et le succès de  » Sur la route de Madison  » (1995) expliquent ce surcroît de considération.


Pouvoir, soubassements, morale :

Détentrice des droits du livre éponyme de David Baldacci (un carton), la Warner lui propose l’adaptation écrite par William Goldman ( » les Hommes du président  »,  » Misery  »). Eastwood, qui ne touche généralement pas une ligne des scénarios qu’il tourne, exigera cette fois une nouvelle fin, écrite en catastrophe (ça se voit d’ailleurs un peu). Rien qui n’entrave toutefois la pertinence du regard posé par le film sur le cœur du sujet : le pouvoir, ses soubassements, sa morale, que se disputent deux parties clandestines. D’un côté, le président Richmont déploie sa perversité dans l’ombre des institutions (c’est un hybride entre Clinton et Nixon, en pire) ; de l’autre, Whitney, vieil outsider anarchiste, rétablit la vérité, rend les coups, façon justicière de l’ombre (plus il est discret, plus il frappe juste et fort).


On devine pourquoi Eastwood tenait à interpréter cette version héroïsée de lui-même (la Warner l’a surtout approché pour réaliser le film). Cousin narquois et délibérément middle class de Cary Grant dans  » la Main au collet  », Whitney s’affirme comme un double idéalisé de l’acteur-réalisateur de  » Million Dollar Baby  », dont il partage les mêmes préférences esthétiques : il trouve dans la modestie, la dérision et surtout l’art délicat de l’effacement une manière de noblesse ultime. Pas étonnant que les premières minutes du film, qui montrent le personnage s’introduisant tel un vieux matou dans l’opulente noirceur de cette demeure endormie, comptent parmi les plus belles séquences jamais tournées par Eastwood.

« Au tableau » sur C8, Éric Zemmour…


……s’est fait coller par des enfants :

Les commentaires sont toujours bien venus , mais absolument pas nécessaires ! ( J’ai pris l’habitude ,(me suis résigné à )de ne pas avoir de commentaire )

Les élèves de l’émission n’ont pas été convaincus par le candidat « Reconquête! », incapable de répondre en anglais et peu à l’aise sur l’écologie.

Éric Zemmour invité de l'émission
Éric Zemmour invité de l’émission « Au tableau », (diffusée le 24 mars sur C8)

POLITIQUE “Ah, je suis mauvais”. Dure séquence pour E.Zemmour  face à des élèves de 8 à 12 ans dans l’émission devenue culte  » Au tableau  »  qui fait passer les candidats à la présidentielle  depuis 2017 devant une classe. Elle sera diffusée en clair dimanche soir sur C8 mais est d’ores et déjà disponible à ce lien.

Plusieurs fois interrogé sur sa volonté d’interdire certains prénoms  “contraire à la devise de la France, et notamment la liberté”, selon l’un des élèves, Éric Zemmour a tenté d’être rassurant en assurant que cette proposition serait soumise au référendum.

Victime de ses préjugés habituels, le candidat “Reconquête!” questionné sur une France multiculturelle qui ferait “sa richesse”, lance à un élève “pourquoi tes parents sont venus en France…?” Réponse de l’élève: “Non, mes parents ne sont pas venus en France, ce sont mes arrière-grands-parents”, rectifie le jeune homme immédiatement.!!!! ( j’adore )

Zemmour « Au tableau » : « Pourquoi tes parents sont venus en France ? ».  » moi mes parents ne sont pas venus en France ». Il a trouvé en face de lui, un Français plus français que lui. 

“Bah c’est pareil”, conclut le candidat pris à son propre piège. “Je pensais qu’il voulait renvoyer tous les étrangers, en fait ce sont les clandestins, ça m’a un peu rassuré”, a conclu l’un des élèves après l’émission.

 » Vous avez été traumatisé petit  »? Le gamin face à Zemmour 😂 twitter.com/i/status/1507061241147232266 => la vidéo

C’est surtout sur les langues étrangères que le candidat d’extrême droite a laissé son auditoire pantois. Classique de l’émission, une élève pose une question en anglais, accent impeccable, “Are you the french Donald Trump  ?”, en attendant une réponse dans la même langue. “Joli, bravo pour ton anglais”, “Please, in english”. “Ah non, je suis incapable de répondre en anglais”, reconnaît le candidat. “On a un seul point commun, il veut que les États-Unis restent les États-Unis et moi que la France reste la France”, répond Zemmour, en français.

“Ah vous êtes meilleurs que moi!”

Ça continue : Dire “bonjour” dans une autre langue, épreuve ratée. “Je ne connais pas l’allemand”, confesse Éric Zemmour avant de lancer un timide “goudentak” pour le traditionnel “Guten Tag”. Il sèche en hébreu et en arabe et ne se fait pas reprendre sur son bancal “buenas dias” (Buenos dias). “Ah vous êtes meilleur que moi”, reconnaît-il avant l’épreuve d’écologie. 

Pourriez-vous nous expliquer au tableau le sixième continent?” (désigné pour compter les déchets qui s’accumulent dans le monde, NDLR) “Je ne sais pas ce que c’est”, sèche à nouveau le candidat à la présidentielle qui a le droit à une épreuve de rattrapage, expliquer le réchauffement climatique en un dessin.

“Il n’y a pas que le sujet de l’écologie…”

Le candidat esquisse un soleil et une grosse terre avec ce commentaire laconique: “La terre est trop chaude, les hommes vivent difficilement” qui n’ont pas semblé convaincre. ” Il n’y a pas que ce sujet-là, la France n’est responsable que de 1% du réchauffement climatique”, se défend-il. ”S’il est président, il ne pourra pas tout apprendre, il faudrait qu’il sache des choses sur l’écologie quand même, ça m’a un peu choqué”, commente une élève après la séquence.

“S’il est président il faudra qu’il prenne l’avion il ne va pas y aller à la nage”, remarque une autre, après la confession du candidat sur sa grande peur “des avions et des hélicoptères”. lol

Sans surprise, il a été meilleur sur l’Histoire avec une frise chronologique à remplir. Les Croisades, il trouve immédiatement, le décret de Villers-Cotterêts, après une légère hésitation, blanc en revanche sur le “17 janvier 1975”. Il demande un indice, “c’est une loi”. L’avortement finit par sortir avec difficultés… 

On retient également cette sortie d’un élève pendant la séquence sur l’immigration, “vous avez été traumatisé petit?”. Non, j’ai été aimé par ma mère comme jamais”. Éric Zemmour, en berne dans les sondages, aurait sans doute été invité à redoubler après sa prestation… Et à l’élection?

Ce soir : Télé…


….un film :  » les enfants des justes  »

Les Enfants des Justes : adaptation du roman de Christian Signol

Fabien Ontenientee réalisateur de » Camping, All inclusive  » ou encore  »Disco » se dévoile dans un tout autre registre en adaptant l’œuvre de Christian Signol

Christian Signol ?

. Celui qui a l’habitude de nous faire rire avec des comédies populaires, s’attaque donc à une histoire bien plus dramatique avec son téléfilm Les Enfants des Justes.

Depuis bien longtemps, le cinéaste avait pour idée de réaliser une fiction inédite au cœur de la Seconde Guerre mondiale. C’est en tombant sur le roman de l’écrivain qu’il a décidé d’adapter l’histoire de Blanche et Virgile, qui se déroule en 1942.

Le couple habite en zone libre très près de la ligne de démarcation. La guerre bat son plein, et très vite, ils vont aider un réseau local de résistants et servir de passeurs. Grâce à la barque de Virgile, ils vont faire passer clandestinement des personnes juives en danger. Eux, qui n’ont jamais pu avoir d’enfant, vont héberger et cacher le jeune Sarah, 10 ans.

Quelques mois plus tard, Virgile découvre Simon, un garçon juif caché dans une malle dans l’atelier de menuiserie de son père situé près de la rivière…

Les enfants des justes

Un casting quatre étoiles :

Dans cette fiction inédite, on retrouve Mathilde Seigner et Gérard Lanvin. Ils endossent les rôles de Blanche et Virgil et nous prouvent une nouvelle fois leur talent dans ce registre. Gérard Lanvin a tout de suite été motivé par ce rôle. On peut lire dans les colonnes du Figaro que l’acteur souhaitait à tout prix partager l’affiche avec Mathilde Seigner :

Quand j’ai su qu’il y avait un couple à former avec une actrice, j’ai voulu Mathilde (…) Car Mathilde fait partie de ma famille, elle ose dire les choses. Elle venait de perdre son ami Yves Rénier et n’était pas prête à retravailler. Je lui ai juste dit : “Viens Mathilde, nous avons un couple à faire vivre qui peut être important. Si on y met ce qu’il faut, on peut transmettre un message. Nous avons un devoir de mémoire ».

Les enfants des justes
Les enfants des justes

Ambre Pallas, la jeune fille qui incarnait Lili dans  » Sam  », se glisse dans la peau de la petite Sarah. A ses côtés, Philippe Torrenton  joue le rôle du Docteur Dujarric qui s’occupe de faire passer les personnes juives en zone libre. 

Des personnes ordinaires qui font des choses extraordinaires

Très discret et taiseux à propos de leurs sentiments, le couple va faire preuve d’une grande générosité envers ces enfants. Même s’il y a beaucoup de non-dits, Virgile qui est plutôt bourru, va témoigner son affection grâce à ses actions bienveillantes et son désir de transmettre.

Au-delà de la grande histoire, c’est la petite histoire, celle de l’intime, qui émeut. Avec Les Enfants des Justes, Fabien Onteniente tenait à mettre en lumière un couple ordinaire, qui a bravé les interdits et s’est mis en danger pour sauver des enfants juifs.

Tous ces mots….


Les paroles :

Tous ces mots terribles qui font des chansons,
Parlant de misère, d’ennui, de prison,
Ne sont que des leurres chassant nos démons
Bâillonnant la peur, pendant un moment

Chanter, c’est pas vivre mais c’est l’espérer
Chanter, c’est survivre quand on est vidé
Vidé de ses illusions, tout nu et tout con
Essoré, déboussolé, cassé, piétiné

Je ne suis ni meilleur ni plus mauvais que vous
Contre vents et marées, envers et contre tout
J’ai, chevillé dans le cœur, un rêve de bonheur,
Un jour nouveau qui se lève chasse mon chagrin

Un geste, un regard, un mot, un ami qui vient,
Deux arbres dressés dans le ciel, la lune et la nuit,
Deux amoureux dans un champ font comme leurs parents
Une fille qui revient d’un voyage très loin

Tous ces mots terribles qui font des chansons…

Une fille qui revient d’un voyage très loin ..

Maurice Fanon :  ( dommage : Je n’ai plus de son sur mon P.C )


 » La petite juive »

Dans ce monde borné de quel entre deux guerres
Où ceux qui font les lois les troussaient par derrière
Nous n’avions que cinq ans du pain sec au dessert
Pour cinq lettres de trop ou un pet de travers
On nous disait tu vois c’est la croix que Grand-Père
A gagné au Chemin des Dames et nos grands frères
Abandonnant le bleu pour un kaki douteux
Cocufiaient Madelon dans les bras de Marlène
Une fois l’an nous allions voir entre père et mère
La victoire en chantant nous ouvrir la barrière
Et nous nous en allions en suçant des bonbons
Jouer du revolver à deux sous le bouchon.

Et je me souviens, la petite juive
Elle me disait viens
Elle était jolie
On faisait des bêtises
Où on ne faisait rien
Elle s’appelait Lise
Et je m’en souviens

Dans ce monde truqué de quelle drôle de guerre
Tous ceux qui font le front le bradait à l’arrière
Nous n’avions que dix ans et dans nos gibecières
Une histoire de France qui tombait en poussière
On nous a fait courir, traverser des rivières
Sur des ponts d’Avignon qui dansaient à l’envers
Ça tirait par devant, ça poussait par derrière
Les plus pressés n’étaient pas les moins militaires
On nous a fait chanter pour un ordre nouveau
D’étranges Marseillaises de petite vertu
Qui usaient de la France comme d’un rince cul
Et s’envoyaient en l’air aux portes des ghettos

Et je me souviens, la petite juive
On lui a dit viens
Elle était jolie
Elle a fait sa valise
Un baiser de la main
Elle s’appelait Lise
Il n’en reste rien

Dans ce monde mort-né d’avant quelle autre guerre
Le Japon blessé lèche encore son cancer
Dans ce monde septique où ceux qui ont la foi
Ne savent plus si Dieu est devant ou derrière
Dans ce monde d’argent où la banque surnage
Comme un poisson ventru qui attend le naufrage
Nous n’avons que trente ans sainte horreur de la guerre
Et pourtant nous n’avons pas cessé de la faire
On nous a fait marner de Djébel en rizières
De Karib en Sylla, de cuvettes en civières
Comme si nous n’avions pas autre chose à faire
Qu’à montrer nos fesses aux quatre coins de la terre

Et je me souviens la petite Juive
Elle me disait viens
Elle était jolie
On faisait des bêtises
Où on ne faisait rien
Elle s’appelait Lise
Et je m’en souviens.

Qui était ce Monsieur ? (Tout le monde s’en moque aujourd’hui) mais…Pour moi et …pour les lecteurs qui voudrais connaitre ….


Carnet de notes rempli par Maurice Fanon au Lycée Buffon en juin 1955.

Maurice Fanon naît à Auneau en 1929. Son père est commerçant et sa mère directrice d’école. Son grand-père maternel, Octave Violette, dit  » Octave le Rouge  », lui transmet sa passion de la nature, des livres et de la Commune de Paris. Il est élève au lycée Marceau à Chartres, puis étudiant en philosophie et en anglais à l’université de Rennes. Il est ensuite professeur d’anglais, notamment à Vitry-sur-Seine puis au lycée Buffon. En 1952 il épouse en Écosse Margaret Charmers Buchan dont il divorce en 1956.

À la recherche d’interprètes pour les chansons qu’il écrit il rencontre, en 1956, Georges Brassens, G.Moustaki , Joël Holmès, Oswald d’Andréa et sa future femme, Pia Colombo

Pia Colombo

, qu’il épouse en 1960, à son retour de la guerre d’Algérie, où il est envoyé entre 1957 et 1959 et où il affirme sa position hostile à la pacification en dénonçant la torture. Il s’essaie au roman, rapidement dissuadé par J.P Sartre. Il commence à interpréter lui-même ses chansons dans les cabarets de la  » rive gauche  », à La Méthode, Chez Patachou,à l’école buissonnière, à La Colombe et au Port du Salut où il commence sa carrière de chanteur en 1962 avec un engagement de deux ans. En 1963, il travaille avec Jacques Debroncarck  à la Chanson Galande, le cabaret de jacqueline Dorian, où il perfectionne son métier, et signe un contrat de trois ans avec la firme de disques Odéon.

Il écrit au moment de son divorce en 1963 d’avec Pia Colombo, qui demeure son égérie jusqu’à la fin de sa vie, l’un de ses titres les plus connus, L’écharpe, titre fétiche qui lui vaut le prix de l’Académie Charles -Cros, chanté également par Pia Colombo et repris entre autres par Cora Vaucaire ,Félix Leclerc, Hervé Villard ou la chanteuse française RoBERT  sur son album Princesse de rien en 1997. Sans concession pour le milieu du show-business, il assure sans conviction les premières parties de Bobino. Il participe cependant à un Palmarès en janvier 1968 où il obtient une médaille de bronze avec La Guerre, chanson ouvertement antimilitariste. Il voue une admiration sans borne à Léo Ferré, son  »Monsieur Léo de Hurlevent  »de 1970.

Il divorce en 1971 de Brigitte Tranchant qu’il a épousée en 1964 et rencontre Françoise Wiltz qui sera sa dernière compagne. Il est invité au premier festival Sigma de Bordeaux consacré à la  » chanson engagée  » en 1975. Il fréquente le cabaret bordelais du peintre Raymond Nabos,  » La Cour des miracles  », où se côtoient Bernard Dimey ,Bernard Lavilliers,G.Ansaloni,Gilbert Elbaz … Il chante plusieurs fois en 1980-1981 au café-thêatre  »Au Ruisseau  » à Saint -Félicien (Ardèche) . Il connaît une période difficile dans les années 70 à la suite du blocage de ses droits par ses maisons de disques successivesCBS et Barclay , laquelle réédite cependant ses anciens titres dans les années 80. Une tournée au Japon et ses prestations au Connétable lui apportent de nouveaux succès. En 1978 il écrit, toujours pour Pia Colombo, le spectacle donné au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers , Requiem autour d’un temps présent et dont Gilbert Cascalès a écrit les musiques. Il chante jusqu’en 1980 dans les cabarets de la Rive gauche …. 

Maurice Fanon est l’exemple le plus typique de la catégorie des auteurs-compositers-interprètes , phénomène culturel né dans les anées 1950 sur la Rive gauche faute d’interprètes disponibles pour chanter leurs créations donnant la primeur aux textes :  » son piètre talent de chanteur (à ses débuts) est compensé par la présence, la passion, l’émotion et, bien sûr, les qualités littéraires et mélodiques de ses chansons.  »  »il incarne … l’amour des mots, des gens, un talent atypique qui n’atteindra jamais la lumière blanche des médias …  » Son anticonformisme libertaire sa tendance  » anar-coco  » revendiquée, son antimilitarisme  affirmé, le tiennent en effet à l’écart du star système.

Il est chanté par nombre d’interprètes comme Isabelle Aubret,Mélina Mercouri,Jean Guidoni ou Joe Dassin  , pour lesquels il écrit ou qui reprennent ses chansons. Juliette Gréco  lui consacre un album complet chez Barclay en 1972 : Juliette Gréco chante Maurice Fanon. Il est aussi l’auteur de deux romans, Le Petit Turc et La Transparente. Pour Françoise Wilcz il écrit en 1990 cent poèmes d’amour inédits publiés à titre posthume en 2014 sous le titre Amours debout, amours couchées

Il est hospitalisé à l’hôpital américain de Paris pour un cancer à l’estomac et meurt le 30 avril 1991. Crématisé auPère -Lachaise , ses cendres sont déposées dans le caveau familial du cimetière de Poiffonds àLucé (Eure et Loire ) .

  »Le jour de l’enterrement, on demande à Juliette Gréco :  » Pourquoi selon vous, madame, Maurice Fanon était moins célèbre en son pays qu’au pays du Soleil levant ?  » La chanteuse retourne abruptement la question :  » Qu’avez-vous fait, vous, les journalistes, pour qu’il n’en soit pas ainsi ?  »

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Là si je n’ai pas de commentaire, je comprends : Ce billet est trop long et risque de n’intéresser personne (M.Fanon , qui le connait ? )=>je les bloque !

marin-francis08@outlook.com

fralurcy085903@gmail.com

KLIK…..

Le son de la cloche….


Tiens, encore le glas qui sonne,

La cloche jusqu’à nous résonne.

Comme il sera triste ce soir,

Quelqu’un vivra le désespoir.

Un jour l’existence nous quitte,

Mais elle nous laisse la suite,

Lorsqu’un vieil homme disparait

C’est bien souvent qu’un enfant nait.

La famille s’est réunie,

Alors que renait la  »belle » vie

Autour du nouvel arrivant,

Tous étant là, le contemplant.

Quand la cloche de la chapelle

Pour un baptême nous appelle,

La gaieté revient à l’esprit

De nouveau la famille rit.

(en pensant à ma mère …)

Décès de Georges Brassens :( Il y a 40ans)


Georges Brassens décédé à l’âge de 60 ans ( 22 oct. 1921 – 29 oct. 1981)

Les raisons du décès de Georges Brassens

Une interview posthume de Georges Brassens, produite par VERTIGO, circule sur Internet. C’est une vidéo satirique qui dévoilerait les raisons de la mort du chanteur. Elle n’a pas du tout fait l’unanimité. 

La chaîne suisse RTS, en collaboration avec Vertigo productions, a lancé sur son compte YouTube une série de vidéos avec un concept assez singulier. C’est une chronique de l’au-delà intitulée “Entrevue de la mort qui tue”, dont le contenu sont des interviews  » posthumes  » de célébrités d’antan. 

Les internautes ont notamment pu découvrir parmi les  »invités » principalement des artistes français(es) tels que Gainsbourg, Dalida, Arletty ou encore Jean Gabin. Le 13 mars 2017, c’était au tour de Georges Brassens d’être mis à l’honneur. Ils sont notamment revenus sur les raisons de sa mort Portrait de Georges Brassens, auteur-compositeur-interprète français, en France, circa 1950.  | Photo : Getty Images

Portrait de Georges Brassens, auteur-compositeur-interprète français, en France, 1950.

UN HUMOUR QUI NE PASSE PAS

Dès les premières minutes de la vidéo, Pierre Philip Cadert s’adresse à Georges Brassens en le comparant à une poule. En effet, celui-ci, apparemment atteint de » pica », mangerait comme l’animal, “des choses non comestibles comme des cailloux et des graviers”. 

Sur sa lancée, l’animateur revient également sur la consommation d’opium du chanteur, de sa réputation de glandeur et sur sa maladie. Tout cela bien entendu avec dérision. 

Mais cette vidéo produite sur le ton de l’humour n’a pas fait l’unanimité. En effet, quand on voit la réaction des gens dans la section commentaires, cela nous rappelle que, finalement, peut-être qu’on peut rire de tout, mais qu’on ne peut pas tout dire sous prétexte de vouloir faire rire. Georges Brassens chante dans l'émission "" TV Paris "" | Photo : Getty Images

Georges Brassens chante dans l’émission  » TV Paris « 

“Grotesque”, “Lamentable”, “Absurde”, “Insupportable même”, “Insultant”, “Inutile”, tous des adjectifs avec lesquels les internautes ont qualifié cette vidéo. 

“La douleur pouvait durer un mois”

La terrible maladie qui a tué Georges Brassens n’est définitivement pas ‘le pica  », comme l’a laissé entendre Pierre Philip Cadert dans cette interview posthume. L’artiste souffrait de coliques néphrétiques récurrentes, une maladie beaucoup plus sérieuse et qui, malheureusement, avait totalement gâché son quotidien.

« Ses souffrances étaient terribles. La douleur pouvait durer un mois, jusqu’à ce que la pierre s’évacue »,

avait avoué sa femme, Johanna Heiman, en 1990 au magazine VSD.Un portrait du chanteur Georges Brassens, en novembre 1968. | Photo : Getty Images

Un portrait du chanteur Georges Brassens, en novembre 1968.

Mais en plus de cette maladie, il a également dû se battre contre un cancer de l’intestin généralisé. Avec un mental qui ne lâchait rien, mais un corps qui n’arrivait plus à suivre, Georges Brassens, non sans se battre, rendit son dernier souffle le 29 octobre 1981, à l’âge de 60 ans. 

À part la souffrance qu’il a dû endurer, son épouse se rappelle ce qu’il lui avait dit quelques jours avant sa mort, lorsque celle-ci lui avait demandé « s’il n’aurait pas aimé vivre comme tout un chacun et n’avoir pas souffert“. Georges Brassens lui aurait répondu :

« Non, je préfère avoir souffert et laisser quelque chose derrière moi. »

Portrait de Georges Brassens, vers 1970, en France. | Photo : Getty Images

Portrait de Georges Brassens, vers 1970,

UN MONSTRE SACRÉ DE LA CHANSON FRANÇAISE

Georges Brassens était plus qu’une voix et une guitare. C’était un grand Monsieur, qui, par ses œuvres, avait changé la vie de plein de gens et en avait inspiré tant d’autres. L’homme, qui disait démissionner si Dieu lui avait attribué la mission de refaire le monde, l’a finalement changé, sans le savoir, grâce à sa poésie intemporelle.

Georges Brassens, un homme de lettres, un homme de cœur, un homme du monde, qui, malgré sa souffrance, a laissé quelque chose derrière lui https://www.youtube.com/embed/02Qob6gRZXs

DES FANS VISITENT SA TOMBE

Chacun, à sa façon, avait essayé de rendre hommage à l’un des plus grands poètes français. 

Tandis que des stars de cinéma telles que Pierre Richard, Audrey Tautou ou encore Karin Viard avaient décidé de le faire à travers un album hommage à l’œuvre du maestro, quarante ans après sa mort, des gens ont choisi de parcourir des kilomètres pour venir se recueillir devant sa tombe.

5 septembre 1940 :


Le Juif Süss à la Mostra de Venise……..

Célèbre film de propagande nazi :  Le Juif Süss (Jud Süss en allemand) ouvre la Mostra de Venise le 5 septembre 1940, quelques mois après le début de la Seconde Guerre mondiale. Dans les mois qui suivent, il est vu par 20 millions de spectateurs en Allemagne et dans l’Europe occupée (dont un million en France).

Le film a été réalisé par Veit Harlan

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Veit Harlan

, sous l’égide du ministre de la Propagande du Reich Joseph Goebbels, avec d’importants moyens matériels.

Il se présente habilement comme un film historique et d’aventure, propre à séduire tous les publics. Son antisémitisme odieux se cache derrière une technique d’une indéniable qualité et un scénario élaboré avec le plus grand soin.

Le scénario s’inspire d’un roman de Lion Feuchtwanger , paru en 1925. Ce roman raconte l’histoire d’un financier du XVIIIe siècle, Joseph Süss Oppenheimer, qui servit le duc de Wurtemberg et finit par être pendu à Stuttgart.

Mais ce fond de vérité est outrageusement déformé. Ainsi le film attribue-t-il au financier juif le viol de la fille du conseiller alors que c’est ce dernier qui dans la réalité viola la fille de Süss.

L’objectif est de présenter Süss et ses coreligionnaires comme des êtres maléfiques, avides d’argent et de sexe, visant à s’introduire dans les villes allemandes pour s’en approprier les richesses et les femmes.

Depuis la fin de la guerre, le visionnage intégral du film est réservé aux chercheurs ; le public n’étant autorisé qu’à en voir des extraits. !

Voilà, ce sera tout pour ce soir, de toutes façons pour ne recevoir que des  » like  », écrire ne sert à rien, sauf à moi …..

Puis, beaucoup mieux : Je vais regarder un vieux film à la télé, me coucher relativement tôt car Manu passe demain avec Camille et Justine, mes adorables petites filles ……..