» Se faire rouler dans la farine » ?


   Comme pratiquement chacun le sait , cette expression ( rarement utilisée aujourd’hui )  signifie   » Se faire duper, se faire avoir. »

Mais d’où vient elle ? 

J’ai lu que  : Au théatre , avant l’invention des projecteurs , la faible lumière des chandelles nécessitait que les visages des acteurs soient fortement fardés de blanc  lorsque les comédiens étaient sur scène . L’épaisseur de la poudre , ressemblant à de la farine , était telle qu’ils devenaient méconnaisables  et pouvaient ainsi interpréter des rôles  » aux antipodes  » de leur véritable personnalité  et , ainsi , duper les spectateurs ……

( illustrations : booff )

 

Pâtisseries…. » sainteté ?  » …..


Chacun ( ou presque ) connait ces deux pâtisseries : La 1ère : pet-de-nonne ce sont des  » pets de nonne  » .
La 2ème , religieuse-patisseriec’est une  » religieuse  » 
   La  » religieuse  » aurait été nommée ainsi par un pâtissier parisien parce que la couleur de son glaçage rappelle celle des robes des nonnes
  Les  » pets de nonne  » parait moins respectueux des » bonnes soeurs » :  » beignet de vent  » ou  » soupir de nonne » ont failli être choisi comme appellation pour ces pâtisseries ( ce qui aurait été mieux , convenons en lol ) Mais , on l’appelle aussi parfois  » pet de putain  !  » ou encore  » pet de vieille  » !!!!
Il faut savoir qu’il s’agirait en fait de la déformation  » malheureuse  » de  » paix de nonne » …………
  Une religieuse aurait créé ces petits délices pour les offrir au couvent voisin et ….ennemi en gage de paix ……….
   On raconte aussi qu’un bruit  » mystérieux  » se serait fait entendre lors d’un banquet , alors qu’un archevêque allait bénir des reliques …..Ce qui expliquerait qu’on retrouve au mieux   » le vent  » , au pire » le pet » dans le nom de la pâtisserie …………
Des pâtisseries  » en odeur de sainteté  » finalement lol

 » Un chouïa » ?


Parce que je suis un  » chouïa  » dans la  » mouise  » => J’ai voulu en savoir plus sur ce mot ….

 

Origine :
  Cette expression est citée en France à la fin du XIXe siècle, entre autres par Gaston Esnault. ?
Elle vient de l’arabe maghrébin où  »chouya » signifie  »un peu ».

L’orthographe varie un chouïa, puisqu’on trouve aussi  »chouia »,  »chouya » ou  »chouilla ».

   A la fin du XIXe siècle et au début du XXe,  »chouïa » tout seul, ou parfois dédoublé ( »chouïa-chouïa »), était une interjection qui signifiait  »doucement » (utilisée comme telle par Courteline, par exemple).

107 ans ?


 » Attendre cent sept ans  » : Je ne sais si cette expression est employée dans toutes les régions de France , ici et dans ma région d’origine elle est courante …..Elle signifie attendre très longtemps , très longtemps quelqu’un ( ou quelque chose  ) ….

Alors , j’ai cherché à savoir d’où venait cette expression  ( çà devient une manie ! )..

Il semblerait qu’elle fasse référence à la construction de la cathédrale Notre- Dame de Paris Nore Dame cathédrale

En effet , celle ci a nécessité plusieurs générations d’ouvriers car, entre la pose de la première pierre en 1163 et la fin des travaux en 1270 , 107 ans se sont écoulés !

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Ce n’est pas pour rien que le point zéro des routes de France se situe devant son portail. Mariages, actions de grâce, hommages, sacres ou encore funérailles…

Après avoir pâti de la Révolution et été longtemps délaissée, Notre-Dame a retrouvé une seconde vie par la grâce d’un roman, Notre-Dame de Paris (Victor Hugo, 1832) au succès planétaire. Elle a été jusqu’au 15 avril 2019 le monument le plus visité en Europe (13 millions de visiteurs chaque année)

 

L’histoire de Notre-Dame en 10 dates :

 1163 : début de la construction de Notre-Dame
 1239 : saint Louis dépose la couronne d’épines du Christ couronneduchrist(achetée une fortune par Louis IX, futur Saint Louis, à des banquiers vénitiens qui la possédaient en gage.)
 1302 : Philippe le Bel réunit les premiers états généraux
 1572 : un mariage en prélude au massacre de la Saint-Barthélemy
 1793 : la cathédrale devient Temple de l’Être Suprême
 1804 : Napoléon est sacré empereur
 1918 : le Te Deum de l’Armistice
 1945 : le Te Deum de la Libération
 1970 :  une messe et un Te Deum  furent célébrés pour le décès du  général De Gaulle ( qui fut inhumé à Colombey-les-Deux-Eglises. )
 2019 : un incendie ravage la cathédrale ( 856 ans après les prémices de sa construction) 

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Une bicoque.


bicoque

 

     Cette chancelante bicoque bâtie en moellons était revêtue d’une couche de plâtre jauni, […]. — (Honoré de Balzac, Un épisode sous la Terreur, 1831)
À une petite distance de la bicoque de Dieu le père, le Pape-Dieu rencontra une troupe folâtre de femmes et de jeunes filles, parées d’étoffes voyantes et bigarrées. — (Paul Lafargue, Pie IX au Paradis – 1890)
   Pendant de longs siècles, la maison resta bien fragile. A peine différente d’une cabane de bois dans les forêts, bicoque de limon très souvent, elle brûlait ou elle fondait pour un rien. — (Octave Guelliot, Villages et maison des Ardennes, dans la Revue de folklore français et de folklore colonial, Librairie Larose, 1937, vol. 8, p. 188)
    Rares et maigres, pauvres et silencieuses étaient les localités traversées et, dans celles-ci, nombreuses étaient les demeures manifestement abandonnées, les bicoques délabrées où tout en fait des ruines.
Ces quelques extraits » rimant » décrivent bien ce qu’est une bicoque , mais d’où vient ce mot ?
Etonnamment , il aurait pour origine une bataille !
Emprunté à l’italien soit par l’intermédiaire du toponyme La Bicocca, où une bataille fut livrée, en 1522, et où les Français furent défaits par les Impériaux ; soit au même mot en tant que nom commun, bicocca ( »petit fort ») en italien et en latin médiéval. Au delà, le mot est d’origine obscure.

illustration bataille bataille la-biocca
Petite ville ou place de peu d’importance et de peu de défense….

 » être un cordon bleu  » ……


D’où vient cette expression  ? 

  Le Cordon bleu était une distinction  » hautement  » honorifique instituée par Henri III Henri 3 dans le cadre de  » l’ordre du Saint- Esprit  » qu’il fonda en 1578 . Ordre prestigieux qui distinguait les plus hauts dignitaires du royaume . La Révolution supprima l’ordre et sa distinction ……On la remplaça plus tard par la légion d’honneur légion d'honneur…..

Les cuisiniers ont gardé l’habitude d’appeler les meilleurs d’entre eux le  » cordons – bleus  » ….L’expression demeura malgré le changement de régime …..

 

 » Tenir le haut du pavé  » ?


Comme chacun sait , c’est :

Avoir l’avantage de l’emporter sur une autre personne par ses talents, ses richesses ou sa position…..

Mais d’où vient cette expression ?
Autrefois les rues n’étaient pas comme elles le sont aujourd’hui : elles présentaient deux parties en pente aboutissant à un ruisseau placé au milieu. La partie du pavé qui était du côté des murailles s’appelait le haut du pavé et celle qui côtoyait le ruisseau le bas du pavé. Illustration : Rue-Pavee
   L’étiquette voulait alors que, lorsque deux personnes parcouraient la même rue, dans un sens identique ou dans un sens contraire, la plus élevée en titres prenne  le haut du pavé et l’autre le bas du pavé,   A. de Courtain (1679) l’explique  dans son traité de la civilité française  :
 » Que si nous sommes obligez d’aller dans les rues à costé de ces personnes qualifiées, il faut leur laisser le haut du pavé et observer de ne pas se tenir coste à coste (côte à côte), mais un peu sur le derrière, si ce n’est quand elles nous parlent et qu’il faut répondre et alors il faut avoir la teste (tête) nue.  »

   » Surquoy (sur quoi) il est bon d’engager ceux qui ont droit de souffrir qu’on leur cède toujours le haut du pavé, d’avoir un peu de considération pour ceux qui leur rendent cet honneur. Que si on rencontre dans les rues teste à teste une personne de qualité, il faut prendre le bas du pavé où est le ruisseau.  »
   Le droit de prendre le haut du pavé constituait un privilège et un privilège est un avantage. L’étiquette de la cour de France date du règne de François Ier. L’expression, créée pour répondre à l’honneur adjugé par l’étiquette, doit donc dater des environs de  l’année 1515.

Instituteurs , » Hussards noirs  » ………….


Parceque j’aurais aimé être instit. ……………

<= classe autrefois ! 
Quand l’instituteur était le héros du villageclasse 19ème siècle

    En 1900, l’instituteur était le héros du village. Dès 2018, le métier ne fait plus rêver. Après avoir relevé le niveau des concours de l’enseignement à bac +5 il y a quelques années, le ministère de l’Éducation nationale songe à recruter à partir d’un bac +3. Ainsi, les étudiants passeraient un premier concours à bac +3 pour être formés et rémunérés pendant un ou deux ans avant de valider définitivement le concours lors d’un oral. Le but ? Mettre fin à la  » crise des vocations  ». Qu’est-ce qui a changé en un siècle ?
   Une vocation : au XIXe siècle, les  » hussards noirs  » (Charles Péguy Péguy :  » Nos jeunes maîtres étaient beaux comme des hussards noirs. Sveltes, sévères, sanglés, sérieux et un peu tremblants de leur précoce, de leur soudaine omnipotence.  »   sont des notables
     En 2017, il y avait  347 296  » professeurs des écoles  »  en France, dont 82,26 % de femmes.    Mais leur métier ne fait plus rêver : l’année suivante  573 postes n’ont pas trouvé preneur en école maternelle et élémentaire. Au contraire , à la fin du XIXe siècle, devenir instituteur, c’était faire carrière.

      Jules Ferry,Ferry ministre de l’Instruction publique, vient d’inventer l’école   »gratuite, obligatoire et laïque  » pour les 6-13 ans. Les instituteurs,  ( étymologiquement :  » ceux qui mettent sur pied  » ) , sont chargés d’apporter au peuple l’esprit des Lumières.  » C’était le civisme même (…) Nos jeunes maîtres étaient beaux comme des hussards noirs  » , écrit Charles Péguy en 1913. Ils sont alors 120000, surtout fils de paysans, d’employés ou d’ouvriers.

    Un programme : transmettre l’esprit des Lumières
   Le  » socle commun de connaissances et de compétences  »  (lecture, écriture, calcul, sciences humaines) est quasi le même qu’à l’origine. Mais l’instit’ doit aussi initier les enfants à une langue étrangère, aux technologies de l’information et de la communication et à  »  l’esprit d’autonomie et d’initiative  » . Il transmet l’esprit des Lumières et celui de l’entreprise. En 1880, on forme des petits soldats laïques. A l’école, le catéchisme est remplacé par l’instruction civique, les curés par des fonctionnaires. Dans la France rurale d’alors, on forme un citoyen docile  » qui sait peu de choses, mais les sait bien  » (arrêté du 27 juillet 1882). Les élèves quittant souvent l’école à 11 ans, ils reçoivent une sorte de  » kit de survie  » !!: exercices militaires pour les garçons et travaux d’aiguille pour les filles, en plus des cours de lecture, écriture, histoire-géo, maths…
   Une formation : des maîtres formés par compagnonnage
   Depuis 2010, les candidats doivent détenir un master 2 (bac+ 5) pour espérer décrocher le concours de recrutement des professeurs des écoles (CRPE). L’année de stage rémunérée qui leur permettait naguère de prendre leurs marques auprès d’un aîné a été supprimée. Ils sont plus instruits… mais moins armés. Certains prennent leur fonctions sans avoir jamais vu d’élève !

      En 1887, des jeunes de 19 ans enseignent à des écoliers qui n’ont parfois que cinq ans de moins qu’eux. Ils sont titulaires d’un brevet élémentaire, examen simple qui leur a permis d’intégrer une école primaire normale à 16 ans, où leur formation a été perfectionnée pendant trois ans. Un apprentissage en compagnonnage, auprès d’un ancien, à la fois parrain et mentor.

Résultats : autant d’illettrisme hier qu’aujourd’hui
     En 2016, un jeune Français sur dix était  » en difficulté de lecture  »  et un sur vingt en situation d’illettrisme. En cause, les programmes plus lourds et les emplois du temps allégés. On est passé de 30 heures par semaine avant 1969 à 26 heures. Entre 1908 et 1913, on dénombre 4,4% de conscrits illettrés, et 7,6% entre 1930 et 1934. Bien que l’enseignement soit gratuit, nombre d’élèves  » sèchent  » les cours. Si bien que, pendant la guerre de 1939, l’historien Georges Duveau s’exaspère :  » Que de soldats dont l’ignorance est accablante ! Plus accablante encore leur incapacité de coordonner les quelques notions qu’ils peuvent posséder… »

   P.S : à la fin du XIXe siècle, plus de 10% des instituteurs ont fait l’objet d’au moins une plainte de parents à la suite d’actes de violence graves commis en classe.    

   Coups de règle sur les doigts, port du bonnet d’âne bonnet d'âne… les vexations étaient courantes jusque dans les années 1960.

 

 

 

 

C’était il y 84 ans……


Le stakhanovisme : ?

Le mouvement stakhanoviste doit son nom au mineur de choc Alexeï Grigorievitch Stakhanov (1905-1977) Stakhanov 1935.

    Lors d’un concours organisé par le Komsomol, ce mineur du Donbass accomplit quatorze fois la norme dans l’extraction du charbon le 31 août 1935. Cette performance, à laquelle fut faite une énorme publicité, a été le point de départ de toute une campagne soutenue et encouragée par le parti communiste de l’U.R.S.S. pour relever, dans le cadre du IIe Plan quinquennal (1933-1937), le niveau extrêmement bas de la productivité.

Pour info : Donbass ( Le Donbass (en jaune) à l’est de l’Ukraine.)

      L’attribution du titre de stakhanoviste, titre honorifique pour récompenser les ouvriers de choc, introduit le principe de l’émulation dans la production, et le mouvement s’étend de l’industrie à l’agriculture et aux transports. Le plénum du comité central de décembre 1935 donne les directives pour transformer le mouvement des records isolés en une augmentation planifiée de la productivité. Stakhanov lui-même est admis au P.C.U.S. en 1936 ; il fait des études à l’Académie pour l’industrie à Moscou jusqu’en 1941, entre au ministère de l’Industrie houillère en 1943. Il a aussi été député au Soviet suprême !

En France ….( dans le Nord )…….

Pourquoi ?


Pourquoi dit-on « N’avoir ni dieu ni maître » ?

   Cette expression fut d’abord  le nom d’un journal fondé en 1880 par Auguste Blanqui  , homme politique et théoricien socialiste français.      Cette formule devient, dès la fin du 19eme  siècle, la devise du mouvement anarchiste, puis désigne un esprit libre qui conteste les autorités spirituelles et temporelles. Elle réfute toute soumission à un maître, qu’il appartienne à l’appareil politique de l’État, au patronat ou à la hiérarchie religieuse. Elle ne signifie donc pas qu’il faut combattre les croyances spirituelles, mais plutôt ceux qui utilisent la religion pour contrôler la pensée des fidèles.!