» Les vieux  »


Les Vieux
Les vieux s’en vont on ne sait où
Ils ont le poids de leur sagesse
On dirait qu’ils cherchent partout
Ce qui leur manque dans leur vieillesse
Leurs yeux s’allument quand on les guide
Eux qui l’ont fait leur vie durant
Leurs mouvements sont moins fluides
Même s’ils ont l’âme de leurs vingt ans

Les vieux sont souvent solitaires
Ils portent en eux la terre entière

Les dégradés des horizons
S’harmonisent dans leurs regards
On y voit briller tout au fond
L’épopée de leur belle histoire
Ils prennent pour acquis chaque instant
Chaque petit rêve éphémère
Soleil coloré si luisant
De leur futur en bandoulière

Les vieux sont souvent solitaires
Ils portent en eux la terre entière

On les écoute ils savent bien
Ils ont l’amour au bout des mains
Les vieux ont le cœur en étoiles
Leur au-delà derrière le voile
Tous les objets qu’ils ont touché
Deviennent talismans convoités
Ils auront donné jusqu’au bout
L’espoir d’un monde bien plus doux

Les vieux sont souvent solitaires
Ils portent en eux la terre entière

Auteur ? ( retrouvé dans un de mes vieux cahier ) )

 

Connaissez vous…..


L’ Hymne des femmes !

    J’ai appris ces jours derniers qu’il existe ! 

    Il n’était pas destiné à devenir une chanson de ralliement, et pourtant… Près de 50 ans après sa création par des membres du MLF, cet hymne, qui se fredonne sur l’air du   » Chant des marais  », (re)trouve une certaine notoriété. A apprendre pour le samedi 23 novembre, journée de marche contre les violences faites aux femmes à l’initiative du collectif   » Nous Toutes  ».
   Le texte, tout à fait  improvisé, serait né lors d’une réunion du mouvement féministe pour préparer le rassemblement du 28 mars 1971 en mémoire des femmes de la Commune de Paris ; une œuvre collective, donc, à laquelle ont participé notamment Monique Wittig, Hélène Rouch, Antoinette Fouque, Josée Contreras.  Cette dernière aurait eu l’idée de la chanter sur l’air du Chant des marais (appelé aussi Chant des déportés, ou des soldats de marécage) écrit en 1933 par un mineur, Johann Esser, et un acteur et metteur en scène, Wolfgang Langhoff, mis en musique par Rudi Goguel, un employé de commerce, tous prisonniers politiques au camp de Börgermoor. En 1979, Antoinette Fouque ajouta un nouveau couplet, selon les  » Editions des Femmes   »:  »Nous ne sommes plus esclaves, nous n’avons plus d’entraves, dansons !  »

   L’an dernier, 40 chanteuses en ont enregistré une version à l’occasion du premier appel à manifester du collectif  » Noustoutes  » , le 24 novembre dans le cadre de la journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes  et au profit de la Maison des femmes de Saint-Denis.

   On l’a entendu également, le 11 juin dernier, au Roazhon Park de Rennes lors du match qui opposait le Chili à la Suède pour la Coupe du monde de rugby, à l’initiative de la compagnie Dicilà.?

Nul doute qu’on devrait l’entendre, samedi 23 novembre, à Paris, lors de la marche contre les violences sexistes et sexuelles. L’an dernier, 50 000 personnes avaient défilé à l’appel du collectif Nous Toutes.
    Le 25 novembre est la date de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et celle qu’a choisie le gouvernement pour clôturer le Grenelle des violences conjugales ouvert en septembre.
Ci-dessous : la page originale du numéro 3 du Torchon brûle (février 1972) dans lequel a été publié l’hymne du M L F :

hymne féministe

 

C’était le 30 octobre …..1980


Ce jour là , Coluche Coluche présidentannonçait sa candidature à l’élection présidentielle ……affiche Coluche……….…

Il porte sa sempiternelle salopette rayée, un foulard de titi parisien et sa paire de lunettes rondes. Rien qui ressemble, de près ou de loin, à un costume de futur présidentiable. Et pourtant, en ce 30 octobre 1980 sur la scène du théâtre du Gymnase, Coluche est (presque) sérieux. Devant un parterre de journalistes, il annonce officiellement son intention de se présenter à l’élection présidentielle sous la bannière  » bleu, blanc, merde  » . Comme slogan, il a choisi :  » Jusqu’à présent la France est coupée en deux, avec moi, elle sera pliée en quatre !  »  Et il dit vrai. Si une bonne partie du pays s’amuse de sa démarche irrévérencieuse, qui vient bousculer la campagne opposant Valéry Giscard d’Estaing à François Mitterrand, beaucoup rient jaune………….

Au  début , ce qui n’est ( semble ) qu’un gag  devient vite un problème …Des milliers de Français se reconnaissent dans les idées de l’humoriste et……il reçoit le soutien de nombreux intellectuels de gauche …Les sondages le  »créditent  » de 16% d’intention de vote ……….Il reçoit alors des menaces de mort ! Et la pression autour de lui se fait de plus en plus forte …..En avril 1981 , il annonce son retrait de la  » course  » à l’Elysée ….

 

 

Ces morts de Dunkerque ….


   Ces morts de Dunkerque enterrés… aux Pays-Bas….

   Ce sont 22 tombes discrètes, simplement couvertes de coquillages, sur une petite île du nord des Pays-Bas. Elles portent la mention  » Mort pour la France  » et des dates qui vont de juin à décembre 1940. Ce sont celles des dernières victimes de l’opération Dynamo, racontée par le film :   » Dunkerque  » dunkerque film affiche , de Christopher Nolan.       Mais que font ces soldats Français, presque tous inconnus, à près de 500 kilomètres du champ de bataille ? Pour comprendre, il faut revenir sur les plages du Nord, le 3 juin 1940.
   Depuis le 21 mai, le corps expéditionnaire britannique et de nombreuses troupes françaises, encerclées par les Allemands, évacuent l’Hexagone sur une armada de navires.      Plus de 338 000 hommes seront ainsi sauvés. Cette nuit est celle des dernières rotations : les Nazis investissent Dunkerque à 10 heures, le matin du 4 juin. 

    C’est donc in extremis que l’  » Emile-Deschamps  », dragueur de mines de la Marine nationale, appareille à 22 heures ce lundi 3 juin, avec entassés à son bord près de 500 soldats français et une poignée de civils. La traversée se passe sans encombre, exceptée  la brume épaisse qui tombe sur la Manche. A l’aube du 4 juin, le navire entre dans l’estuaire de la Tamise. Sauvés ! Peu après 6 heures, un choc, énorme secoue les passagers. Ironie du sort, l’Emile-Deschamps a sauté sur une mine et coule en 10 secondes. Seule une centaine de rescapés sont repêchés.

Un cimetière unique :
    2 août 1940 : trois habitants de l’île de Schiermonnikoog, à l’extrême-nord des Pays Bas, se baignent dans la mer du Nord quand ils se retrouvent entourés d’une vingtaine de cadavres. Des noyés, comme il s’en échoue régulièrement sur la plage, au point qu’un cimetière privé leur est dédié : le Vredenhof,  » jardin de la Paix  » . Il appartient au patron de l’hôtel de l’île. Ces nouveaux corps portent l’uniforme français.

   Ce sont des passagers de l’  » Emile-Deschamps  »  à la dérive depuis des semaines au gré des courants. Au total, les habitants récupèreront 31 victimes françaises, la plupart sans identité. Les Néerlandais obtiennent de la garnison allemande qui occupe l’île de les inhumer dans le Vredenhof avec les honneurs militaires, comme plus tard des aviateurs anglais ou canadiens. Et, à la fin de la guerre, ils refuseront de transférer les corps dans les grands cimetières militaires qui parsèment l’Europe pour conserver ce lieu de souvenir unique et émouvant où voisinent des hommes de 9 nationalités, Allemands compris.

( tombe du  » jardin de la paix ) 

c’étais il y a environ…..


55 ans:

Le 14 octobre 1964: Martin Luther King recevait le prix Nobel de la paix!

   C’était un évènement puisque le pasteur devient alors le plus jeune lauréat à recevoir cette distinction …Il fut ainsi reconnu pour la lutte non violente qu’il mène contre les préjugés raciaux ……….

Le discours qu’il fit ce jour là : martin luther king prix Nobel

« Votre Majesté, Monsieur le Président, Excellences, Mesdames, Messieurs,
J’accepte le prix Nobel de la paix à un moment ou vingt-deux millions de Noirs, aux États-Unis d’Amérique, sont engagés dans une bataille créatrice pour mettre fin à la longue nuit d’injustice raciale. J’accepte cette récompense au nom du mouvement pour les droits civiques qui avance avec détermination, avec un mépris souverain du danger et des risques, pour établir le règne de la liberté et l’autorité de la justice.

  Je n’oublie pas que, hier encore, à Birmingham, en Alabama, nos enfants qui imploraient un sentiment de fraternité ont été accueillis par des lances à incendie, des chiens féroces et même la mort. Je n’oublie pas que, hier encore, à Philadelphie, dans le Mississippi, des jeunes gens désireux d’exercer leur droit de vote ont été brutalisés et assassinés. manif noirsmanif noirs 1

   Je n’oublie pas que mon peuple est affligé par une pauvreté qui le mine, l’use et l’enchaîne au barreau le moins élevé de l’échelle économique.
   C’est pourquoi il me faut poser la question de savoir pourquoi ce prix est décerné à un mouvement harcelé, voué à une lutte incessante, un mouvement qui n’a pas encore obtenu cette paix et cette fraternité dont le prix Nobel est la consécration.
   Après réflexion, je conclus qu’en attribuant ce prix au mouvement dont je suis le représentant, les jurés ont voulu manifester leur sentiment profond et reconnaître dans la non-violence la réponse à la question cruciale de notre temps en matière de politique et de morale : le besoin pour l’homme de vaincre l’oppression et la violence sans recourir lui-même à la violence et à l’oppression.
  Les Noirs des États-Unis ont prouvé que la non-violence n’était ni stérile ni passive, mais constituait une puissante force morale au service de l’évolution sociale.  »

Adolfo Kaminski :


Adolfo Kaminsky a sauvé des milliers d’enfants juifs pendant la guerre
Lui-même rescapé, Adolfo Kaminsky a vite rejoint la Résistance afin de fabriquer des faux papiers aux enfants juifs. « Jusqu’à l’évanouissement. »

Rescapé du camp de Drancy en 1942, Adolfo entre dans la Résistance et se met à fabriquer des faux papiers pour les enfants juifs. « En une heure, je fabrique 30 faux papiers. Si je dors une heure, 30 personnes mourront » se disait-il alors. « J’ai travaillé jusqu’à l’évanouissement. »
Plus tard, et jusque dans les années 70, Adolfo Kaminsky est resté dans la clandestinité, mettant son savoir-faire au service de différentes causes telles que l’émigration des rescapés juifs vers la Palestine ou encore le combat pour l’indépendance de l’Algérie…

 

 

 

Adolfo Kaminksy :
    »  Quand on a la chance de sauver ne serait-ce qu’une seule vie humaine, on le doit, c’est primordial. Et j’ai eu la chance d’en sauver beaucoup.  »
Sa fille, Sarah Kaminsky :
 » Ce qui pour moi fait la particularité de son engagement, c’est que pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’est engagé pour des Juifs, c’est-à-dire qu’il était athée mais juif. Et ce que je trouve extrêmement intéressant dans son histoire, c’est que par la suite, il met exactement le même engagement à sauver des personnes qui n’ont rien à voir avec sa communauté.  »
Aujourd’hui, à 94 ans, Adolfo Kaminsky démarre une carrière de photographe. Il expose au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (MAHJ), à Paris, jusqu’au 8 décembre 2019.

Ingrat…..


   » les amis , c’est bien quand on peut compter sur eux  »

      C’est ce qu’à du se dire Franz Kafka Kafka quand il confia ses manuscrits ( nouvelles et romans ) à son ami Max Brod M.Brod , avec la consigne de les détruire après sa mort . Brod promit de faire ce que son ami lui demandait , mais……il ne le fit pas ! En effet , à la mort de l’écrivain tchèque , il fit publier  l’intégralité des documents en sa possession , enrichissant ainsi l’œuvre existante de l’écrivain et , surtout le révélant au  » grand public  » à partir de 1920.    

   En effet , si F. Kafka avait une certaine notoriété de son vivant , ce n’est qu’après  sa mort et la publication de ses œuvres posthumes qu’il devint  » la légende littéraire  » qui a traversé le temps jusqu’à nous …

Comme quoi , parfois, la trahison a du bon !

Quelques uns de ses livres ; Kafka écris 1Kafka écris 2Kafka écris 3

 

La métamorphose Long ( trop long ? résumé ) :

Par un matin pluvieux, Gregor Samsa, un représentant de commerce spécialisé dans le tissu, se réveille dans sa chambre après une nuit agitée.

En tirant la couverture, il découvre qu’il a été métamorphosé en un monstrueux insecte et se demande alors si tout cela est bien réel. Pensant avoir fait un mauvais rêve, il songe à se rendormir mais s’en trouve empêché par une douleur au flanc qu’il n’avait jamais ressentie auparavant. Il attribue alors celle-ci à ses conditions de travail  marquées par de nombreux tracas touchant aux relations humaines, aux repas et aux transports. C’est ainsi qu’il réalise qu’il devait prendre le train de cinq heures. Voyant le réveil marquer six heures et demie, il doute que ce dernier ait sonné. Il pense alors  à se faire porter malade auprès de son employeur pour la première fois en cinq ans. C’est une profession qu’il exerce à contrecœur pour rembourser la dette que ses parents ont contractée envers son patron. Sa réflexion  est interrompue par sa mère qui l’appelle, car elle s’inquiète qu’il ne soit toujours pas descendu prendre son petit-déjeuner. Il décide de se lever pour s’habiller, mais sortir du lit lui est difficile en raison de son nouveau corps d’insecte. A force de gesticulations, Il parvient à tomber sur le tapis.

A ce moment-là, vers sept heures et quart, retentit la sonnette. A la porte de l’appartement de ses parents, un fondé de pouvoir est venu demander la raison pour laquelle il n’a pas pris le train et pourquoi il ne s’est pas présenté à son travail. Les parents de Gregor, embarrassés, prient leur fils d’ouvrir sa chambre et de venir répondre à cet homme. Depuis sa chambre, il prétend avoir eu un malaise et assure qu’il partira par le train de huit heures. Pendant qu’il gagne du temps, il tente de se mettre debout et parvient à s’accrocher à un dossier de chaise. Alarmées de ne toujours pas le voir et lui trouvant une voix étrange, sa mère et sa sœur, Grete, veulent entrer. Elles ne  peuvent pas, car la porte est fermée à double tour. Gregor se propulse du fauteuil sur la poignée et tourne péniblement la clef avec sa bouche pour enfin révéler sa nouvelle apparence. Ecœuré, le fondé de pouvoir s’enfuit par l’escalier tandis que ses parents horrifiés s’effondrent et pleurent. Gregor retombe sur ses pattes et se dirige vers eux afin de leur parler. Sa mère se met à hurler et son père saisit une canne ainsi qu’un journal pour le chasser dans sa chambre. Il claque la porte.

  Au crépuscule, Gregor se réveille d’un sommeil pesant : il est blessé à une patte et son flanc gauche porte une cicatrice. A l’aide de ses antennes, il parcourt la pièce et se trouve attiré par l’odeur de quelque chose de comestible près de sa chambre. Sa sœur lui a déposé une écuelle de lait avec des morceaux de pain. Il se rend compte qu’il peine à manger et que la boisson qu’il aimait tant autrefois, le dégoûte désormais. Par la fente de sa porte, il observe le séjour qu’il trouve bien silencieux. Il songe qu’à présent, plus personne ne veut entrer  » chez lui  », alors que quelques heures auparavant toute la famille voulait absolument y entrer. Sa chambre lui semble démesurément grande et il trouve refuge sous le canapé. La nuit lui donne l’occasion de songer à sa nouvelle vie. Au matin, sa sœur retourne le voir et décide de lui présenter différents aliments afin de voir quels sont ses nouveaux goûts. Elle s’aperçoit qu’il a une préférence pour les denrées dégageant des odeurs fortes. Elle prend l’habitude de lui servir ses repas deux fois par jour : avant le lever de la famille et après le repas de midi quand tout le monde vaque à ses occupations.

Profitant de sa nouvelle taille, Gregor décide d’épier son entourage et d’écouter les conversations. Il apprend qu’il reste un peu d’argent à son père. Après sa faillite commerciale, il avait économisé sur la part de revenus que son fils lui versait. Mais la somme ne permet pas de tenir plus d’un an ou deux ; il ne peut plus travailler en raison de son âge et de son poids, pas plus que sa femme qui est asthmatique. Il ne reste donc plus que Grete pour subvenir aux besoins de la famille. Gregor est triste, il pense à la somme d’argent qu’il lui avait réservée afin qu’elle aille au conservatoire étudier le violon. Il voulait lui en faire la surprise à Noël. Malgré ses fréquentes visites pour le nourrir et pour faire le ménage de sa chambre, sa sœur ne s’habitue toujours pas à la nouvelle apparence de son frère. Celui-ci prend l’initiative de se cacher sous un drap pour ne pas l’effrayer. Il trouve de nouvelles occupations : regarder par la fenêtre et se suspendre au plafond. Grete s’en est aperçue et décide d’enlever des meubles de sa chambre pour faciliter ses déplacements. Mais la commode est trop lourde pour être déplacée et la sœur de Gregor demande un coup de main à sa mère. Il trouve néanmoins qu’on lui enlève trop de mobilier et veut garder ses souvenirs : il s’accroche donc à un cadre qu’il désire conserver. En entrant dans sa chambre, sa mère tombe nez à nez avec lui et s’évanouit. Grete part chercher un médicament pour la réanimer en oubliant de refermer derrière elle. Gregor la suit et se retrouve coincé à l’extérieur, dans le salon. Sa sœur a en effet claqué la porte pour éviter qu’il ne dégoûte sa mère une nouvelle fois. Le trouvant en liberté, son père pense qu’il s’est échappé et le chasse en lui lançant des pommes. Sa femme le supplie d’épargner son fils, mais Gregor est blessé.

   Depuis un mois, sa mobilité est réduite et il perd des forces. Tout le monde a pitié de lui et lui ouvre la porte pour qu’il puisse voir de loin la famille au salon le soir. Tous ont pris un travail et sous-louent l’appartement à trois personnes. Plus personne n’a le temps de s’occuper de lui, il est partagé entre résignation et colère. Sa chambre est désormais encombrée de meubles et des choses dont on ne veut plus. Il cesse de manger. Un soir, alors que sa sœur joue du violon pendant le dîner des locataires, Gregor s’aventure dans le séjour.( la femme de ménage a oublié de fermer la porte ). Le père tente de cacher cette vision aux locataires mais ceux-ci se fâchent et décident de partir. Le lendemain, la bonne annonce que Gregor est mort et qu’elle s’est débarrassée de son corps. La famille prend un jour de congé et va se promener. Tous réalisent qu’ils ont un bon métier et qu’un avenir heureux les attend. Ils vont changer d’appartement, Grete va se marier. Le soleil brille.……………..

C’était il y a 77 ans :


16 juillet 1942

La rafle du Vél d’Hiv:

   À l’aube du 16 juillet 1942 débute à Paris la   » du Vél d’Hiv  » . Elle amène l’arrestation par surprise de plus de treize mille Juifs parisiens de 2 à 60 ans, tous Juifs apatrides (il s’agit notamment de Juifs anciennement Allemands, Autrichiens ou Polonais). La plupart sont déportés au camp d’extermination d’ Auschwitz -Birkenau . Quelques dizaines en reviendront…

   À l’origine de ce crime contre l’humanité, il y a le projet hitlérien d’arrêter un grand nombre de Juifs dans toute l’Europe occupée. En France, jalouse de ses droits, l’administration, tardivement informée, veut dans certaines limites garder la maîtrise de l’opération !

  C’est ainsi que sont mobilisés à Paris 7 000 policiers et gendarmes sous les ordres du délégué en zone nord de René Bousquet, jeune et efficace fonctionnaire du gouvernement de Vichy.Bousquet( R.Bousquet ) 

 

Déportés juifs au camp de Drancy en 1942

La rafle :

   13 152 personnes sont appréhendées par la police française les 16 et 17 juillet 1942, y compris 4 000 enfants !de moins de 16 ans qu’il n’avait pas été initialement prévu de déporter.

   C’est beaucoup… mais ….deux fois moins que le quota fixé par les Allemands et la préfecture de police ! Les actes de solidarité heureusement n’ont pas manqué : quelques policiers ont laissé fuir leurs victimes, des concierges, des voisins, des anonymes ont ouvert leurs portes et caché des Juifs…

  Embarqués dans des autobus, les personnes seules et les couples sans enfants sont convoyés vers le camp de Drancy, au nord de Paris.

  Les familles avec enfants sont quant à elles dirigées vers le Vélodrome d’Hiver, rue Nélaton, dans le XVe arrondissement de Paris (aujourd’hui disparu).

  Plus de 8 000 personnes dont une majorité d’enfants vont s’y entasser pendant plusieurs jours, parfois jusqu’au 22 juillet, dans des conditions sordides : pas de couchage, ni nourriture, ni eau potable, avec un éclairage violent jour et nuit, au milieu des cris et des appels de haut-parleurs. Seuls trois médecins et une dizaine d’infirmières de la Croix-Rouge sont autorisés à intervenir.

   Les familles du Vél d’Hiv sont transférées de la gare d’Austerlitz vers les camps d’internement de Pithiviers et Beaune-la-Rolande, dans le Loiret. Au mois d’août suivant, les mères sont enlevées à leurs enfants par les gendarmes et convoyées vers les camps d’extermination de Pologne. Les enfants seront à leur tour envoyés deux semaines plus tard à Auschwitz-Birkenau qui, depuis le début juillet, s’est transformé de camp de travail forcé en camp d’extermination à l’échelle industrielle.

    Aucun n’en reviendra ! Les internés de Drancy prennent également le chemin d’Auschwitz-Birkenau. Quelques dizaines tout au plus reviendront de l’enfer.

    La rafle accentue la collaboration  entre Vichy et l’occupant allemand dans le domaine de la  »question juive ». Mais elle entraîne aussi un début de fracture dans l’opinion française, jusque-là massivement indifférente ou attentiste. Peu à peu, certains citoyens basculent dans la Résistance, plus ou moins active ; d’autres, à l’inverse, se radicalisent et basculent dans l’antisémitisme et la collaboration.

   Il a fallu attendre le 16 juillet 1995 pour qu’à la faveur d’un   » très beau et très émouvant  » discours, un président,  ( Jacques Chirac ) , reconnaisse officiellement  » que ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français  ».

Après le décès de Madame S.Veil


S.Veil parlement    Simone Veil sur la Shoah : « Nous n’avons pas parlé parce qu’on n’a pas voulu nous écouter »

    Avec la mort de Simone Veil s’éteint aussi une voix précieuse sur la Shoah. Déportée en 1944 à 17 ans, S.Veil jeuneSimone Veil, née Jacob, a témoigné à plusieurs reprises du sort des juifs européens durant la guerre puis à la Libération. Elle dénonçait le fait que la France « n’ait pas vraiment voulu savoir, entendre ».

  C’est à Nice, dans la rue, alors qu’elle sortait très rarement, que Simone Veil a été arrêtée en mars 1944. Elle s’appelait alors Simone Jacob, son nom de jeune fille.     Elle apprit plus tard que ses faux papiers, qu’elle croyait fiables, avaient en réalité été mis en circulation par la Gestapo elle-même. A dix-sept ans, elle fait partie du 71ème convoi, et gagne Auschwitz-Birkenau en même temps que 1500 déportés.Auschwitz

Quarante-quatre ans après son arrestation, Simone Veil racontait son départ en déportation dans l’émission « L’Histoire en direct », diffusée le 4 avril 1988 sur France Culture. Elle y disait les premiers contacts avec les autres déportés, les camions qu’on voyait partir et personne n’en revenir, et l’impensable, cette fumée qu’elle pouvait apercevoir en se penchant à la fenêtre.Elle a raconté s’être faite tatouer à son arrivée au camp au petit matin :
     » Cela donnait l’impression d’une chose irrémédiable. Devenir un numéro, je crois que c’est le premier événement qui a donné à penser que ce n’était pas simplement l’envoi dans un camp de travail, une déportation ordinaire. »

Cent-trente personnes à peine reviendront de ce 71ème convoi qui en comptait 1500. Dès son retour, Simone Veil eût à coeur de raconter. Etudiante à Sciences-Po, rue Saint-Guillaume à Paris, où elle s’inscrit moins de six mois après la libération d’Auschwitz-Birkenau, Simone Jacob, qui vient d’épouser Antoine Veil, est conviée à l’Assemblée nationale pour témoigner devant les députés. Il reste une trace radiophonique de cette allocution qui date du 4 mars 1947.

« On refait beaucoup l’Histoire » :
   Puis il faut attendre plus de trois décennies, presque quatre, pour retrouver à la radio le témoignage de Simone Veil sur la déportation. Elle est pourtant devenue fort célèbre entre-temps, comme ministre de la Santé de 1974 à 1979 puis comme présidente du Parlement européen, dès 1979, et députée européenne jusqu’en 1993, date de son retour au gouvernement. Mais c’est de parité, de sécurité sociale et, bien sûr, d’avortement, qu’on lui parle, et non de son expérience des camps d’extermination. Pourtant , elle affirme sans détours avoir cherché à raconter.
     Pour Simone Veil, les rescapés de la Shoah se sont tu parce qu’on n’a pas voulu les entendre, pas voulu savoir. En 1988, dans une deuxième émission « L’Histoire en direct » diffusée cette fois le 2 mai, elle dénoncera même :
    Aujourd’hui, on refait beaucoup l’Histoire. On essaye de comprendre pourquoi on n’a pas plus parlé. Je crois que ça vaut la peine d’essayer de comprendre pourquoi mais qu’il ne faut pas refaire l’histoire autrement qu’elle n’a été en disant que c’est parce que les déportés n’ont pas voulu en parler, parce que les déportés ont cherché l’oubli eux-mêmes. Ce n’est pas vrai du tout. Il suffit de voir le nombre de rencontres qu’ils ont entre eux. Si nous n’avons pas parlé c’est parce que l’on n’a pas voulu nous entendre, pas voulu nous écouter.

     Parce que ce qui est insupportable, c’est de parler et de ne pas être entendu. C’est insupportable. Et c’est arrivé tellement souvent, à nous tous. Que, quand nous commençons à évoquer, que nous disons quelque chose, il y a immédiatement l’interruption. La phrase qui vient couper, qui vient parler d’autre chose. Parce que nous gênons. Profondément, nous gênons.

 » L’écroulement autour de soi »
     Du retour de déportation, Simone Veil parlera comme de « l’écroulement autour de soi ». Transférée à Bergen-Belsen peu avant la libération des camps avec sa mère et sa soeur Madeleine, elle ignorait que sa soeur Denise, engagée dans la Résistance, avait elle aussi été déportée, à Ravensbrück.
    On se disait toujours entre nous : « Nous ne rentrerons pas mais il restera quelqu’un de la famille. »SIMONE VEIL, ALBUMS DE FAMILLE Tout d’un coup, tout s’écroulait parce qu’on avait tellement forgé le retour sur une personne qui était restée, qui serait là à nous attendre, que l’idée qu’elle avait été déportée aussi était insupportable. J’ai eu vraiment une crise de nerf, ce qui ne m’est jamais arrivé d’autres fois…..

Dans une émission  qui date de près de trente ans, Simone Veil racontait que la misère dans laquelle beaucoup de familles juives ont vécu à leur retour en France est longtemps passée au second plan parce que primait l’attente, l’espoir de voir revenir un proche. Un espoir en décalage total avec le souvenir qu’elle conservait, au-delà de « quelques initiatives de solidarité, de gentillesse, de douceur », d’une profonde et vaste indifférence. De ce climat au retour, elle disait :
      » On était exclu du monde. Mais peut-être que nous-mêmes, nous ne nous  sentions plus dans ce monde. »

   Très marquée par cette difficulté à raconter l’inracontable dans un pays n’ayant au fond pas vraiment envie de savoir, Simone Veil confiait encore une expérience « incommunicable », « hors du monde ». En 1988, elle disait combien en parler lui apparaissant pourtant comme « une nécessité, une promesse qu’on a faite et un engagement » Nous n’étions plus dans ce monde. »

   Simone Veil est aussi très tôt montée au créneau face au négationnisme. Déjà, quand avaient émergées les premières controverses, suite à la publication des travaux de l’historien révisionniste Roger Garaudy….

    Invitée, dans l’émission « Hors Champs » en 2010, Simone Veil confiera une crainte ultime : voir la distinction entre camps de déportation et camps d’extermination s’estomper avec le temps dans la mémoire collective. Souvent comparée à Germaine Tillion, résistante et déportée, elle insistait sur « l’extrême différence » des situations :

. » Je dois dire que, de plus en plus, je suis un peu inquiète par ce mélange. Nous étions destinées à mourir. »

   Ce jour-là, celle qui précisait encore « mon numéro se voyait beaucoup et quand je suis arrivée, c’était l’été », soulignera combien la parole des déportés sera longtemps inaudible en France.

   Elle disait toujours « Mes vrais amis ce sont ceux que j’ai connus au camp » et confiait à la fin de sa vie:
Je vis beaucoup dans le passé.

S.Veil parlement

Les funérailles de Simone Veil, morte vendredi à 89 ans, feront mercredi matin l’objet d’une cérémonie nationale organisée aux Invalides.

  Un chant composé par des déportés.

    Les anciens présidents et Premiers ministres ont été conviés, de même que les membres de l’Académie française, mais aussi les autorités religieuses et des associations pour la mémoire de la Shoah. La famille a également tenu à ce que la cérémonie soit ouverte au public. Le cercueil quittera les Invalides au son du Chant des Marais, le chant des déportés composé par des prisonniers allemands du camp de Börgermoor.


   Simone Veil sera ensuite inhumé dans l’intimité au cimetière du Montparnasse, au côté de son mari, Antoine Veil, mort en 2013.

 

 

çà s’est passé il y a environ 90 ans


    Méconnue et troublante, la guerre des  » Cristeros  » a opposé pendant plus de trois ans les paysans catholiques du Mexique à leur gouvernement.
   Elle s’est terminée le 22 juin 1929 par un arrangement (« Arreglos » en espagnol) entre le Saint-Siège et ce gouvernement socialiste et franc-maçon, dont l’intolérance avait entraîné les paysans à la révolte.
    Le représentant du pape demande aux paysans de déposer les armes sous peine d’excommunication ! . Abandonnés, les ex-rebelles vont subir pendant plusieurs années encore les exactions de l’armée.


  Tout avait commencé avec l’élection à la présidence de la République, en 1924, du général Plutarco Calles. Celui-ci consolide les acquis sociaux de la révolution de 1910, illustrée par les exploits de Zapata et Pancho Villa. Il réorganise l’instruction publique, étend la réforme agraire, nationalise l’industrie du pétrole au grand dam des États-Unis…
   Mais fidèle à une tradition anticléricale vieille de près d’un siècle, il a aussi la mauvaise idée de s’en prendre à l’Église catholique.
   Le 1er décembre 1924, il prive de droits civiques les catholiques (laïcs et prêtres) sous prétexte qu’ils obéissent à un souverain étranger, le pape ! Il expulse tous les ecclésiastiques étrangers et interdit aux prêtres toute critique du gouvernement en vertu de l’article 130 de la Constitution de 1917, jusque-là resté inappliqué. Il interdit les congrégations enseignantes et ferme pas moins de 20.000 églises !
    L’épiscopat se rebiffe et suspend le 31 juillet 1926 l’administration des sacrements dans tout le pays pour une durée de trois ans. Cette riposte ahurissante livre au désespoir les masses rurales, majoritairement indiennes ou métisses, attachées à une religiosité traditionnelle.

exécution d'un prêtre( exécution d’un prêtre ayant célébré la messe  ! )

Les paysans se soulèvent dans un parallèle frappant avec le soulèvement des Vendéens en 1793, au cri de  » Viva Cristo Rey ! , Viva la Virgen de Guadalupe !  » (Vive le Christ-Roi ! Vive la Vierge de Guadalupe).
  Ils sont par dérision surnommés « Cristeros ». Eux-mêmes qualifient leur soulèvement de « Cristiada » (Christiade) mais ils sont désavoués par l’épiscopat, à deux ou trois exceptions près.  Cependant ,avec 50.000 combattants, ils vont constituer la plus importante rébellion qu’ait connue le pays, lequel compte à cette époque moins de vingt millions d’habitants disséminés sur deux millions de km2.
    Trois ans plus tard, l’armée des Cristeros tient les trois quarts de l’ouest du Mexique et la moitié des 30 États de la fédération. Ses escarmouches occasionnent un total d’environ 90.000 tués selon l’historien Jean Meyer, dont les deux tiers dans les troupes gouvernementales, lesquelles sont en infériorité tactique face à la guérilla, malgré leur recours systématique à la terreur.
Arrangements bafoués :
     Le président Calles ose se réconcilier avec le gouvernement des États-Unis et fait des concessions sur le pétrole en échange de l’aide de l’US Air Force dans son combat contre les Cristeros.

   Désespérant malgré cela de vaincre la rébellion par les armes, il en vient à faire appel au Saint-Siège. En témoignage de bonne volonté, il autorise à nouveau le culte catholique le 3 mars 1929 et fait rouvrir la cathédrale de Mexico.
   Enfin, il conclut  »  los Arreglos  » avec le secrétaire d’Etat du pape Pie XI, le cardinal Gasparri, celui-là même qui signa les accords de Latran avec Mussolini.
   À sa demande, le président mexicain s’engage à ne plus tenter d’appliquer les articles antireligieux de la Constitution ! Il donne aussi sa parole que les rebelles seront amnistiés et qu’il ne leur sera fait aucun mal. Mais il ne s’agit que de sa parole. Aucun document n’est signé...
  Obéissants, les Cristeros se soumettent mais, dans les faits, l’amnistie ne sera pas le moins du monde respectée et des centaines d’insurgés seront assassinés dans d’atroces conditionscistéros 4 aussitôt après avoir rendu leurs armes sur ordre de leur évêque.
   L’armée ne s’en tient pas là. Elle met à sac les campagnes reculées de l’Ouest avec le désir d‘éradiquer une bonne fois pour toutes toute trace de christianisme. Le romancier Graham Greene en  » parle  » dans son roman  » La Puissance et la Gloire  » . Il s’ensuit une seconde guerre des Cristeros (la Secunda), qui réunit quelques milliers de combattants désespérés. Elle va durer de 1934 à 1938 sans qu’il soit possible d’en évaluer le nombre de victimes.
   Il faudra encore plusieurs années avant que la paix religieuse ne revienne au Mexique.
  L’émotion suscitée par « los Arreglos » entraîne la disgrâce du cardinal Gasparri, remplacé à la Secrétairerie d’État (le ministère des Affaires étrangères du Vatican) par le cardinal Eugenio Pacelli (futur Pie XII).