Expression  » passez muscade » ?


Comme chacun sait , cela signifie  »le tour est joué » !

Origine et définition :

La muscade est une épice qui sert à accommoder différents plats et dessert (et même certains cocktails). Elle peut être dangereuse puisqu’il suffit d’en avaler deux noix pour passer de vie à trépas.!?
Elle se présente sous la forme de petites noix ovoïdes faisant jusqu’à 3 cm de long pour 2 cm de diamètre.


Le lien que cette épice peut avoir avec cette expression n’est pas évident.

Il viendrait des pratiques des escamoteurs ou prestidigitateurs à partir du début du XVIIIe siècle. En effet, pour leurs tours de passe-passe, ils utilisaient des boules de liège dont l’apparence était très comparable à celle de la noix de muscade.
À la fin du XVIIIe, l’expression « partez, muscade ! » marquait habituellement la disparition de cette boule de liège.
Elle s’est ensuite progressivement déformée en « passez, muscade ! » tout en s’étendant au figuré à d’autres usages pour signifier que le tour était joué.

Exemples:

 » J’avais donc raison de penser que leurs larmes, qui leur valent tant, ne leur coûtent rien. Elles se tamponnent un peu : passez muscade ! Encore une grande douleur suivie d’un petit gâteau. »
Henry de Montherlant – Le songe

Faire partie du Gotha ?( il y a un moment que je me posais la question)


C’est faire partie de la haute société ; faire partie de l’élite ; être inclus

Origine et définition :

Certains habitants de la Suisse romande croient que l’expression est « faire partie du Gothard » ( Car en Suisse romande, le massif du Saint-Gothard s’appelle aussi tout simplement le Gothard.)

Du XVIIIe siècle jusqu’au milieu du XXe, faire partie du Gotha, c’était comme faire partie du  »Who’s Who  » aujourd’hui, sauf qu’à l’époque, seuls les nobles y étaient référencés.
Gotha est une ville d’Allemagne, en Thuringe, dans laquelle la maison de Saxe avait sa cour.
C’est dans les années 1760 qu’y apparaît, initié par le gentilhomme Guillaume de Rothberg, un almanach contenant entre autres toute la généalogie de la maison de Saxe et celle des empereurs d’Allemagne.
Y être cité donnait donc une certaine importance à la personne.
Et Ghislain de Diesbach écrit à ce propos : « L’almanach était devenu le livre favori des cours qui se plongeaient dans sa lecture avec la complaisance de coquettes se mirant dans une glace ».


À la fin du XIXe siècle, il comporte toute l’aristocratie de l’Europe sur environ un millier de pages découpées en trois parties, selon l’importance des titres, et devient ainsi le « bottin mondain » de la noblesse européenne.
En faire partie était donc une preuve d’appartenir à ce qui était considéré comme l’élite européenne.
Malgré la cessation de la publication de cet ouvrage en 1944, l’expression est restée pour désigner des individus faisant partie d’une certaine élite ou d’un groupe de la haute société.

Exemples :

 » Propriétaire d’un théâtre, des restaurants Maxim’s, de plusieurs hôtels et du magazine « Prince d’Europe et d’ailleurs », Pierre Cardin fait partie du Gotha des milliardaires de la mode.  »
Gilles Fouchard – La mode

Ménagère /Manager


Un mot qui a fait un bon bout de chemin en Europe, de ses origines latines à son retour triomphal dans la langue française en tant qu’anglicisme au cours du XIXe siècle.

Peut-il exister un lien entre deux termes bien connus : le manager et la ménagère.

Des origines latines:

Le mot  » manager  » a des origines latines et provient plus exactement du mot  »manus » (la main). 

Par la suite, manus donne naissance au terme italien maneggiare,  » manier  » ou  » diriger un cheval en le guidant par la main  ». Le mot français  » manège  », lieu où l’on entraîne généralement les chevaux, dérive d’ailleurs plus exactement de l’italien maneggio (maniement, manipulation).

Difficile de dire si nos  »amis d’outre-Manche  » ont intégré directement le terme italien dans leur langue ou si c’est bien le terme français qui a conquis les îles britanniques. (Une importation des deux termes en parallèle est une possibilité )

Au XVIe siècle, le nom anglais manage, qui signifie encore  » équitation  » ou  » dressage des chevaux  », devient verbe.  »To manage » reste encore associé à la culture équestre, mais est assez vite adopté par le monde de l’entreprise, (il s’agît alors de diriger quelqu’un ou quelque chose ou d’administrer des affaires ). (tout le monde le sait )

L’heure de la Révolution industrielle n’a pas encore sonné pour le Royaume-Uni, car il faudra attendre 1769 pour que Watt

Watt ?

mette au point sa machine à vapeur, pourtant la gestion des ressources est au cœur des préoccupations avec le mouvement des enclosures . ( L’emploi de verbes comme to manage et ses dérivés tels que manager se développent dans ce cadre).

Une étymologie en discussion ?

L’explication étymologique équestre sur les origines du mot  » manager  » avec l’enchaînement : manus (latin)  maneggiare (italien)  manage (vieil anglais)  to manage (anglais moderne) → manager (anglais et français modernes), est la plus communément admise.

Elle a l’immense avantage de coller à merveille avec les discours sur l’art du management et l’habileté nécessaire pour diriger une équipe.

Le terme manager dérive donc assez logiquement du verbe to manage, alors pourquoi certains veulent-ils l’associer aujourd’hui au mot français  » ménagère  ? Que vient faire cette explication dans une évolution étymologique a priori étayée et logique ? 

Serait-il possible que  »manager » doive quoi que ce soit au vieux français  »mesnager » ?

La piste de la ménagère:

Mesnager dont le féminin a fini par donner  » ménagère  », à l’époque où le  » s  » passe bien souvent à la trappe pour donner naissance à un très bel accent, n’a pas tout à fait les mêmes origines que  »manège  »,bien qu’il lui ressemble fortement.  

Tout d’abord, mesnager a des liens avérés avec le maynagier (travailleur journalier au XIIIe siècle), lui-même issu de maisnage (ménage).

D’où vient  » maisnage » ? Du verbe manoir (à l’origine du nom  » manoir  », également adopté par les anglais sous sa forme manor), qui signifie  » habiter  » ou  » demeurer  », et est dérivé du latin manere (rester).

Mesnager constituerait une origine bien plus prosaïque à  » manager  » ?

Pas forcément.

Il faut savoir par exemple que Sully, ministre du roi Henri IV, promu surintendant des finances de la France, était réputé être un bon mesnager en son temps. Il serait donc probable que le terme ait traversé la Manche pour nous revenir. En effet, la définition de mesnager correspond en partie à ce que l’on attend d’un manager : ménager se dit d’une personne qui administre avec épargne, avec économie

De plus, nous savons qu’un mot tel que mesnager a pu être déformé en anglais où le  » a  » peut tout aussi bien être prononcé  » a  » que  » é  ».

Le manager et la ménagère sont-ils liés ? Mieux vaut laisser les linguistes trancher la question étymologique, même s’il semble que la première explication avec un transfert de termes équestres vers le monde de l’entreprise est la plus répandue.

Au fond, est-ce si important ? Une chose est sûre : la  » ménagère  » pourrait parfois apporter d’excellents conseils aux  » managers  » de ce monde

Que veut dire  » hui  » dans le mot  » aujourd’hui  »?


Issu du vieux français, “hui” n’est plus employé seul depuis le Moyen-Age, mais greffé à la formule  »au jour de », qui a la même signification.  »Aujourd’hui » est donc un pléonasme, renforcé par l’expression abusive  »au jour d’aujourd’hui  ».

Il est l’une des dernières traces du temps passé pour parler du présent. Détaché du mot “aujourd’hui” par une apostrophe, “hui” est un mot de l’ancien français né au XIe siècle, issu du latin  »hodie », cousin de l’espagnol  »hoy » et de l’italien  »oggi », qui signifient  »en ce jour ». Jugé probablement trop court et insuffisant pour exprimer une durée de 24 heures,

 » 24 heures » lol

“hui” se retrouve greffé au mot “au jour de”. Dès lors, “hui” ne s’emploie plus seul et devient “aujourd’hui”, qui se traduit littéralement par “au jour de ce jour”. Ce procédé linguistique pléonastique a un nom : une agglutination de la locution, soit l’action de former des mots nouveaux ou des formes de mots nouvelles en leur adjoignant des éléments qui avaient d’abord une existence indépendante.

L’expression “au jour d’aujourd’hui” est-elle correcte ?

La formule “au jour d’aujourd’hui”, adoptée dès le 16e siècle, est donc un double pléonasme qui revient à dire “au jour de ce jour de ce jour”. Mais est-ce pour autant un abus de langage ? Selon plusieurs linguistiques, ce pléonasme n’est pas qu’une simple redondance mais a un intérêt sémantique. “Aujourd’hui” permet d’insister sur la valeur du temps présent. Il traduit l’époque actuelle, au sens large et peut se traduire par  »de nos jours”. A l’inverse, l’expression “au jour d’aujourd’hui” resserre la focale et désigne davantage le jour où l’on parle. Un argument avancé par un grand grammairien français du XVIIe siècle, Vaugelas,

Vaugelas ?

……qui explique que les pléonasmes permettent de renforcer le propos et de représenter plus facilement une pensée.

(Un pléonasme est le fait d’associer des termes qui ont la même significationC’est un énoncé redondant. Ils peuvent être employés volontairement : ils forment alors des figures de style . Ce ne sont pas des fautes, mais ils peuvent alourdir la langue.)

Quels sont les synonymes du mot “aujourd’hui” ?

Cette analyse est reprise des siècles plus tard par le lexicologue Alain Rey, qui, pour justifier ses propos, s’appuie sur Les Contemplations, de Victor Hugo

Victor Hugo

La première partie de ce recueil de poésie est intitulée Autrefois et la seconde Aujourd’hui, sous-titrée 1843-1855. Là encore, “aujourd’hui” signifie “de nos jours”, qui rassemble une génération de contemporains. Mais pour éviter la confusion, il vaut mieux la contourner en privilégiant quelques synonymes : “actuellement”, “à ce jour”, “en ce moment”… Et continuer d’employer le terme “aujourd’hui” pour désigner la journée où nous sommes.

 » soutenir mordicus  » ?


Comme tout le monde le sait ,cela signifie…

…..affirmer avec obstination ; soutenir avec ténacité ; affirmer quelque chose de façon catégoriqueMais quelle est l’origine de l’expression ?

Origine et définition : ( après recherche sur le net ou ailleurs )

Personne n’ignore ce que le verbe  »’affirmer » veut dire.
Il ne reste donc plus qu’à savoir d’où vient cet étrange  »mordicus  ».
Prenez un pitbull, ordinaire, mais n’ayant pas mangé depuis deux ou trois jours et mettez le à côté d’un animal quelconque, de la taille d’une brebis, par exemple.
Croyez-vous que le chien va vouloir entamer une conversation courtoise avec l’autre l’animal ? C’est très peu probable !

En fait, il va bien plus certainement planter ses crocs dans une des cuisses charnues qui s’offrent à lui et ne plus lâcher, mordre obstinément jusqu’à ce qu’il arrache un morceau de sa pauvre proie.
Et nous avons là une scène peu plaisante qui suffit à tout expliquer:

En effet, l’adverbe  »mordicus » vient, au XVIIe siècle, du latin  »mordicus » ( lol étonnant, non ?) lui-même dérivé de l’équivalent latin de  »mordre », et qui signifiait au sens propre « en mordant ».
Mais  »mordicus » avait aussi, au figuré, la signification de « sans en démordre », comme notre pitbull agrippé avec obstination à la cuisse de sa victime, sachant que si le premier sens de  »démordre » a bien été logiquement « lâcher prise après avoir mordu », il a vite été employé à une forme négative pour marquer l’opiniâtreté, la ténacité de celui qui ne veut pas « en démordre ».
[1] Situation vécue il y a longtemps en Algérie où deux boxers affamés et/ou énervés se sont partagés la cuisse d’un pauvre âne jusqu’à ce qu’ils soient abattus par leur maître attiré par les cris de l’animal.

Exemple :

 » Justement une de leurs amies habitait aux environs et s’engageait à fournir un alibi très acceptable, en affirmant mordicus les avoir retenues toute la journée.  »
Pierre Loti –  »Les désenchantées »

Vous le saviez , moi non :


Petit rappel : Les commentaires sont toujours les bien- venus ( même si très rares !) mais PAS LES LIKES ! )

Connaître quelqu’un dès le béguin ?

=Connaître quelqu’un depuis son enfance

Le béguin était une coiffure féminine portée par les religieuses de l’ordre des Béguines, avant que cette coiffe ne fût portée par des enfants sous leur bonnet. Vers le milieu du règne de Louis XV, garçons et filles portaient en effet généralement cette coiffure à six ou sept ans, et dans quelques familles, la permission de quitter le béguin arrivait pour les demoiselles beaucoup plus tard.

Un  » béguin  » ?

Craignant des hommages trop précoces, certaines mères obligeaient leurs filles à porter, toutes grandes, une coiffure qui voulait dire :  »Je suis encore une enfant, ne m’adressez point de propos indiscrets, ne faites point attention à moi. »

Lorsque Rousseau, en 1762, proscrivit le maillot, la bride, petite bande de toile qui fait partie d’un béguin, et qui sert à le fixer sur la tête, fit comprendre cette coiffure dans son projet de réforme.

Le docteur Des Essarts (Traité de l’éducation corporelle des enfants en bas âge, Paris, 1760) avait déjà dit que cette bride, comprimant les glandes maxillaires et même les parotides, y occasionnait un engorgement et un gonflement.!!!

Le docteur Alphonse Le Roi (Recherches sur les habillements des femmes et des enfants, Paris, 1772) ajouta :  » Souvent on serre trop le cordon, à dessein d’affermir la coiffure de l’enfant ; alors cette compression arrête le sang dans les veines, le refoule vers le cerveau, ce qui produit ou aggrave une multitude de maladies auxquelles les enfants succombent le plus ordinairement.  »

Dans l’Encyclopédie méthodique (Paris, 1785), Rolland de La Platière lança aussi son manifeste contre les béguins.  » Nous nous abstiendrons, dit-il, de tous détails de la layette, têtière, béguins, fichus, chaussettes, bavoirs, mouchoirs, etc., fatras de liens incommodes, de pièces ridicules, dont la sottise et le préjugé embarrassaient l’enfance, gênaient ses mouvements, arrêtaient sa croissance, et dont le bon sens commence à l’affranchir.  »

Mais le coup le plus terrible fut un article du Mercure de France, signé M.  » Qu’est-ce qui a fait, dit l’abbé Galiani dans une lettre à madame d’Epinay , cette plaisanterie charmante des oreilles à ressorts ? Elle est digne de Swift, et de tout ce qu’il y a de plus délicat dans ce genre. Si Grimm n’en est pas l’auteur, je ne le connais point.  »

La poudre de perlimpinpin ?


Un remède prétendument extraordinaire mais aux vertus complètement imaginaires.
Une solution présentée comme miraculeuse, mais qui ne sert à rien.

Origines :

   »Perlimpinpin » est un mot qui date de la première moitié du XVIIe siècle mais dont l’étymologie est inconnue. Il s’est aussi écrit  »prelimpinpin ».
  Certains le comparent à une formule magique comme  »abracadabra ».
Est-ce parce que ceux qui, autrefois, vendaient des poudres diverses en prétendant qu’elles étaient des remèdes extrêmement efficaces contre tout et n’importe quoi, les présentaient comme des produits un peu magiques ?
Toujours est-il que ces poudres se sont aussi, et à juste titre, appelées « poudre de charlatan ».
Par extension, l’expression peut s’appliquer à tout ce qui est censé apporter une solution à quelque chose et qui s’avère complètement inefficace.

Exemples :

 » Et cela marche, commercialement tout du moins, puisque la cure représente 36 % du chiffre d’affaires de la société, qui vise surtout les personnes âgées. Mais pour la direction des fraudes, qui a conduit la procédure, et pour le procureur, Jean-Pascal Oualid, on n’est pas loin de la « poudre de perlimpinpin ».  »

KLIK ……………..

 » tout le Saint-frusquin  »?


=tout ce que l’on possède ; l’ensemble des possessions ; tout ce qu’on a d’effets et d’argent ; tout le reste….

Origine et définition:

Si la locution est attestée en 1710, d’abord sans trait d’union, le mot  »frusquin » seul est signalé en 1628 où, en argot, il désigne les vêtements, sans que l’on sache avec certitude pourquoi, son étymologie étant discutée.
Mais deux choses sont sûres :
– Il en reste le mot  »frusques » toujours employé de nos jours avec le même sens, plutôt péjoratif, appliqué à des mauvais habits, des hardes ….
– Le mot n’est plus utilisé isolément et n’apparaît plus que dans notre expression.
Au cours de la deuxième moitié du XVIIe siècle,  »frusquin », toujours en argot, a également désigné l’argent. Du coup, sa signification a finalement englobé tout ce que l’on possède, vêtements et argent.(
même les blogs !!) que j’ai bien envie d’arrêter !!!!!


Tout cela est bel et bien , mais par quel miracle le  »frusquin » s’est-il trouvé canonisé ? D’où vient donc ce  »saint » ?
À cette  »très pertinente  » question, on peut répondre par une autre : connaissez-vous  »saint Crépin  »? Il y a peu de chances, sauf si vous pratiquez un métier bien particulier en voie d’extinction. En effet, ce saint est le patron des cordonniers. Or, il se trouve que, chez ces artisans, le saint-crépin désigne l’ensemble de leurs outils

Outils de cordonnier

(tout comme, d’ailleurs, le saint-jean désigne la trousse à outils des typographes).
Donc , c’est par simple analogie que le saint-frusquin s’est mis à représenter l’ensemble de ce qu’on possède.
Et, par extension, lorsque cette locution est employée à la suite d’une énumération, précédée de  »et », elle veut dire « et tout le reste ».

Exemples :

 » Gervaise aurait bazardé la maison; elle était prise de la rage du clou, elle se serait tondu la tête, si on avait voulu lui prêter sur ses cheveux. C’était trop commode, on ne pouvait pas s’empêcher d’aller chercher là de la monnaie, lorsqu’on attendait après un pain de quatre livres. Tout le saint-frusquin y passait, le linge, les habits, jusqu’aux outils et aux meubles.  »
(Émile Zola
)

E.Zola

 » L’assommoir  » 1877)
 » (…) et que les sept oncles qui avaient juré devant Dieu, les Saintes Huiles et tout le saint-frusquin de le protéger et veiller sur lui font de nouveau serment tous ensemble de venger la victime et châtier le lâche coupable (…)  »
Claude Simon

Claude Simon ?

 » Le Palace  » 1962

parce-que ce n’est pas vraiment …


…… mon cas ces derniers jours :

 » un boute-en train  » ? :

Signification :

Une personne qui excite à la joie ou amuse ceux avec lesquels elle se trouve

Origine:

Certains de ceux qui connaissent bien un des sens anciens du verbe  »bouter », c’est-à-dire  »mettre  » (« bouter le feu ») et qui auraient l’esprit mal tourné pourraient tout de suite imaginer que notre homme est un spécialiste des parties fines dans un wagon.
Mais ce serait alors faire preuve d’une imagination un peu déplacée.
Si, effectivement,  »boute » vient bien du verbe  »bouter » avec le sens de  »mettre », le « en train » n’a rien à voir avec la SNCF.

En effet, au XVIIe siècle, « en train » voulait dire « en action, en mouvement » et « mettre en train », c’était « préparer à agir » ou « stimuler ». À la même époque, « être en train » signifiait aussi « être dans de bonnes dispositions physiques ou psychiques ».
Or, n’est-ce pas le rôle du boute-en-train que de stimuler son entourage et de le rendre joyeux ?

Le dictionnaire de l’Académie Française de 1762 nous indique que le boute-en-train était aussi un oiseau (tarin)

oiseau (tarin) ?

qui servait à faire chanter les autres, alors que l’édition de 1832 du même dictionnaire écrit que, dans un haras, le boute-en-train est un cheval qui est destiné à mettre une jument en chaleur !!!!!(mais qui, hélas pour lui, ne pourra pas bouter son pénis dans le train arrière de la jument ainsi excitée, ce rôle étant réservé à l’étalon qu’on veut accoupler avec la jument

).heuuu!

 » peigner la girafe » ?


….Faire un travail inutile et très long ; ne rien faire d’efficace ; paresser ; pisser dans un violon ; perdre son temps ; ne rien faire d’intéressant ; se dépenser sans efficacité, pour rien ; effectuer en vain une tâche très longue ; travailler inutilement ; ne rien faire de son temps

Origine et définition :

L’origine de cette expression n’est pas vraiment certaine.
Il existe bien une anecdote à propos d’un gardien du Jardin des Plantes ( où arriva la fameuse première girafe en 1827, gardien qui, alors qu’il était accusé d’inactivité chronique, aurait répondu : « Je peignais la girafe »,( mais elle aurait été inventée a posteriori.)
On peut toutefois, sans grand risque de tomber, se pencher du côté des pratiques masturbatoires pour expliquer cette locution.!!!!!!
En effet, le long cou d’une girafe peut aisément (pour les dames qui rêvent un peu) être assimilé à un sexe en érection.
Et si l’on se réfère à Boris Vian

Boris Vian

dans « Vercoquin et le plancton », on constate qu’il y écrit, avec une allusion explicite à la masturbation :  » J’ai tellement peigné ma girafe qu’elle en est morte  ».
Outre peigner la girafe pour désigner ce genre d’activité, on trouve aussi se « polir la colonne » ou « s’astiquer le jonc », toutes locutions contenant des verbes liés au nettoyage.
?

Si je vous traite de branleur, vous comprendrez tout de suite (non, ne frappez pas, c’est juste pour expliquer) ! Un branleur, c’est quelqu’un qui se masturbe, mais c’est aussi quelqu’un qui traîne, qui ne fait rien.
On constate effectivement qu’il y a une assimilation très fréquente entre celui qui pratique l’onanisme à tout va et celui qui n’a aucune occupation utile, celui qui pratique l’oisiveté avec ardeur.
Pour confirmer cette relation sémantique, il suffit de se pencher sur le terme « peigne-zizi », très proche de notre expression, et qui, depuis longtemps dans le parler franc-comtois (mais peut-être ailleurs aussi), désigne un individu sur lequel on ne peut pas compter.
Donc si, à l’origine, celui qui peignait la girafe, c’était celui qui se masturbait, par glissement sémantique habituel, c’est devenu celui qui ne fait rien d’utile, qui glande, qui traîne, qui  »n’en fout pas une rame  ».
Attention : il ne faut pas ici confondre  »’peigner » et  »peindre », comme le font certains. On n’a jamais vu quelqu’un se promener avec un seau de peinture beige à taches marrons et tenter d’en appliquer sur cet animal…

Exemples:

 » D’ailleurs, je m’en fous… On verra bien… Faire ça, ou peigner la girafe !  »