Association  » Les charitables  »


Il y a environ 831 ans !

21 septembre 1188 : établissement de laConfrérie des Charitables de Saint-Éloi
lors d’une épidémie de peste

   Plus terrible que celles dont Béthune eut à souffrir les ravages pendant les années 1146, 1158, 1165, 1173 et 1187, la peste de 1188 avait couvert cette ville d’un crêpe funèbre et porté le découragement dans tous les cœurs encore sous l’impression des incendies qui avaient désolé Béthune en 1137, 1151 et 1176 ; les morts restaient sans sépulture et les malades sans secours.

   C’est alors que deux maréchaux-ferrants, dont on a conservé les noms, Germon et Gautier, l’un de Beuvry, l’autre du faubourg Saint-Pry, sur l’ordre de saint Éloi qui leur apparut en songe ( dit on ? ) , formèrent l’admirable association des Charitables qui existe encore de nos jours et qui, par la suite, fut réunie à celle de Saint-Nicolas, par le concordat du 18 mai 1574. Les membres de cette société s’obligeaient à soigner les malades, à porter les morts au lieu de leur sépulture et à les y enterrer.

Confrérie des Charitables de Saint-Éloi

Confrérie des Charitables de Saint-Éloi

Vingt-et-un membres composent cette société : un prévôt, quatre mayeurs et seize confrères, tous choisis parmi les bourgeois de la ville : le prévôt est nommé pour deux ans, les mayeurs et les confrères sont renouvelés par moitié, d’année en année. Les membres de la confrérie de Saint-Éloi enterrent les morts sans distinction d’aucune espèce et toujours sans rétribution. De tout temps, cette société fut entourée de la considération publique.

Le grand costume des Charitables se compose de :

    Habit, gilet et pantalon de drap noir, petit manteau en camelot, rabat bleu céleste, cravate blanche, chapeau français, gants blancs. Le costume ordinaire consiste dans le chapeau, manteau, rabat comme ci-dessus, habit et redingote, la veste étant défendue. Le costume ordinaire est de rigueur ; le grand costume ou Noir n’est accordé que sur la demande des parents et moyennant une somme destinée à donner du pain aux pauvres pendant l’hiver.

  Le mercredi avant le premier dimanche de juillet, par les soins de la confrérie, il était autrefois délivré moyennant six liards, des plombs, derniers vestiges des anciens méreaux, valeur d’un pain béni qui se donne en échange, frappé ainsi que les plombs des initiales de saint Éloi. Le produit  »des noirs  » et de la vente des plombs pouvait s’élever à onze cents francs chaque année et permettait de soulager bien des misères ; aussi cette société, par les services qu’elle rend, fait-elle l’orgueil de la ville de Béthune ; et l’empereur Napoléon III reconnut son utilité bienfaisante en accordant la croix de la Légion d’honneur à Brasier, son doyen de l’époque qui, en outre, exerçait les fonctions gratuites de membre des commissions de surveillance de l’hospice et du bureau de bienfaisance.

  La confrérie des Charitables de Saint-Éloi, dans le principe, société religieuse, est aujourd’hui civile. Le Petit Journal du 2 novembre 1872, lui consacra une de ses pages rédigée par son meilleur collaborateur ; et une couronne, tressée à Paris, offerte à la Confrérie par un journal qui comptait alors un million de lecteurs, fut un nouveau titre de reconnaissance à ses dévoués concitoyens :

 » Ce qui, à mes yeux, caractérise surtout les Charitables de Béthune ( surtout quand on songe à l’ancienneté de leur confrérie ) c’est qu’ils rendent à tous, les derniers devoirs avec le même esprit de charité. Ils enterrent, sans distinction, riches et pauvres, juifs ou pendus. Dans les épidémies, ils se prodiguent, alors que chacun fuit la contagion.

    » Pour bien comprendre comment le titre modeste de charitable peut être considéré presque comme un titre de noblesse, il faut se rapporter aux siècles passés. Il faut se rappeler ce qu‘étaient ces terribles pestes du Moyen Age ; fléau hideux devant l’apparition duquel faiblissait l’énergie des âmes les mieux trempées. A tel point, que dans les villes atteintes, les pestiférés, abandonnés à leur sort, couvraient le sol des rues, le parvis des églises, de cadavres en décomposition et d’agonisants poussant leur dernier râle. Il fallait alors plus que de la charité, il fallait le plus complet mépris de la vie pour ensevelir ces corps dont le moindre contact, disait-on, équivalait à une condamnation à mort. Cependant, c’est justement aux pestiférés que se dévouèrent les premiers Charitables de Béthune.     La légende de la fondation est curieuse. Dans le patois demi-roman, demi-flamand où elle est écrite en original, elle offre toute la naïveté et tout l’imprévu d’un véritable fabliau. »

    » L’année 1188, année d’une désastreuse épidémie, saint Eloi apparut en même temps à deux maréchaux : l’un, Gautier, de Béthune ; l’autre, Germon, de Beuvry, village des environs, et leur commanda d’établir une charité en faveur des morts. On voit que la légende ne marchande pas au bon saint Eloi le don d’ubiquité. Gautier, qui ne savait rien de l’aventure de Germon, eut l’idée de lui raconter sa vision, tandis que Germon, ne se doutant pas davantage de la vision de son confrère béthunois, se disposait à venir lui faire part de ce qu’il avait vu. Si bien que les deux amis, s’étant mis en route à la même heure, se rencontrèrent à moitié chemin… ( Ne dirait-on pas l’entrée en matière d’un roman du temps jadis ? )

 » Une fois là, dit la légende : Quan li un di sa vision a l’aultre, si commenchierent à plourer de pitié de goie, et acolerent si fort li un l’aultre qu’il peurent… La conclusion fut qu’ils allèrent tous deux demander conseil à un troisième, le prieur de Saint-Pry à Béthune, lequel, comme bien on pense, ne put que les engager à obéir aux ordres de saint Éloi et à instituer l’ordre des Karitaules, les Charitables.

 » La confrérie, tous les ans, célèbre l’anniversaire de la fondation par une procession sur la route de Beuvry ; cérémonie qui porte le nom tout au moins pittoresque de procession des navets. La procession terminée et la messe dite, les Compagnons de route s’offraient et mangeaient fraternellement des navets. Mais les vieux usages s’en vont, et depuis quelques années, à la consommation de ces navets, emblèmes d’une antique simplicité, ont succédé des  » agapes  » d’un  »genre plus relevé  » et qui permettent aux confrères de fêter leur patron par des manifestations plus… chaleureuses.

  Ni la gaieté, ni même la chanson, ne sont bannies de ces festins qui n’ont rien de funéraire.:

 Un couplet en guise d’échantillon :

Gagnant sa demeure dernière,
Parfois sur nos bras l’indigent
N’a pour accompagner sa bière
Pas un ami, pas un parent
Là, de notre cohorte
Le devoir est tracé.
Nous seuls faisons escorte
Au pauvre trépassé.
 

 

   La poésie n’est pas absolument faite pour être accompagnée par le cliquetis des verres à champagne ; mais après tout, l’on peut dire que c’est une  » chanson du métier  ». 

Etc….( d’autres vidéos visibles sur le Net …)

 

Il y a environ 105 ans……


 19 septembre 1914 : La cathédrale de Reims est bombardée

   Le 4 septembre 1914, un mois après le début de la Grande Guerre, les Allemands entrent sans combat dans le fort de la Pompelle, érigé à l’orée de Reims dans les années 1880 et… désarmé en 1913. De cette position, les canons bombardent la ville. 

     Le 19 septembre 1914, la cathédrale Notre – Dame  elle-même est touchée. Sa charpente prend feu et le plomb de la toiture entre en fusion. L’édifice va presque  disparaître.cathédrale Reimsbombarée

    La contre-offensive de la Marne permettra aux Français de reprendre le fort dès le 24 septembre 1914 mais jusqu’à la fin de la guerre, quatre ans plus tard, la ville et sa cathédrale n’en finiront pas d’être touchées par des obus.

  Grâce à un don de John Rockefeller, la cathédrale sera reconstruite dans les années 1920 par l’architecte Henri Deneux H Deneux, qui conçut pour l’occasion une  » ingénieuse  » charpente en ciment armé.

çà s’est passé il y a……


Environ 38 ans ….

   Le 18 septembre 1981 : La peine de mort était abolie en France …A 369 voix pour ( 113 contre ) , les députés votaient la loi de l’abolition de la peine de mort  présentée et défendue par le garde de Sceaux , Robert Badinter …La   » mesure  » figurait dans la liste des propositions du candidat F.Mitterrand mitterrand 81qui fut élu président de la république en mai de la même année …..

P.S : La dernière fois où la guillotine avait  » sévi  » en France  remontait à 1977 , avec l’affaire Hamida Djandoubi dernier condamné    …

  ( Hamida Djandoubi, né le 22 septembre 1949 à Tunis et mort le 10 septembre 1977 à Marseille, est un Tunisien condamné à mort en France pour crime. Il est la dernière personne en Europe à avoir été exécutée au moyen d’une guillotine et le dernier condamné à mort exécuté en France, dans la prison des Baumettes, pour la torture et le meurtre d’une femme de 22 ans. )……

Peine de mort , pour ou contre

Alors que l’adhésion à la peine de mort avait fortement décliné en France au cours des années 90 et au début des années 2000, le mouvement s’est inversé depuis maintenant quelques années et les opinions pro-peine de mort ne cessent de progresser depuis 2010.    Bien que les niveaux d’adhésion varient selon les enquêtes et les méthodes utilisées (les Français se déclarent plus souvent favorables à la peine de mort dans les enquêtes réalisées en ligne que dans les sondages face-à-face), l’ensemble des enquêtes publiées laissent aujourd’hui entrevoir une opinion divisée en deux blocs dont le poids s’équilibre de plus en plus…..! ? 

Graphique En 2015 …..

Peine de mort graphique

Il y a environ 91 ans :


Le 17 septembre 1928
Accord d’Achnacarry( =< =château d’Achnacarry )
   Le 17 septembre 1928, les patrons des principales compagnies pétrolières du monde concluent un accord décisif en vue de se partager les réserves de pétrole du Moyen-Orient et de maintenir des prix élevés tout en s’évitant les désagréments d’une concurrence sauvage.

 » Heureux coqs de bruyère  » lol 
   L’accord est conclu dans le plus grand secret, sous le prétexte d’une partie de chasse au coq de bruyère, dans le superbe château d’Achnacarry, en Écosse, à une centaine de kilomètres au sud d’Inverness, loué par sir Henri Deterding H. deterding , président de la puissante Royal Dutch Shell.
    Depuis la retraite de Rockefeller, beaucoup  qualifient le maître d’Achnacarry d’  » homme le plus puissant du monde  » !
   Les invités s’y rendent en  » grand équipage  », avec limousines secrétaires, conseillers et domestiques, mais dans la plus grande discrétion. Ils vont discuter pendant une quinzaine de jours avant de s’entendre sur les prix et le partage des productions moyen-orientales.         ( Autant dire que les coqs de bruyère n’ont pas eu à pâtir de ces chasseurs en chambre lol ) …
  Les compagnies représentées à Achnacarry sont au nombre de cinq : Standard Oil of New Jersey (Walter Teagle), Anglo-Persian (sir John Cadman), Gulf Oil (William Mellon), Esso Indiana (Robert Stewart) et Royal Dutch Shell (Henri Deterding).
   Leur accord est peu après agréé par les autres membres du cartel pétrolier. On désignera après la Seconde Guerre mondiale cet  » oligopole  » sous le nom de Sept Sœurs (« The Seven Sisters »).
    L’accord d’Achnacarry sera gardé secret jusqu’en 1952. Cette année-là, le gouvernement américain le rendra public pour obliger les firmes à jouer le jeu de la concurrence et baisser leurs prix… de façon à ce que les crédits accordés aux Européens dans le cadre du plan Marshall et ne servent pas simplement à enrichir les pétroliers ! ( Le Plan Marshall était un programme américain de prêts accordés aux différents États de l’Europe pour aider à la reconstruction des villes et des installations bombardées lors de la Seconde Guerre mondiale. Ces prêts étaient accordés à la condition d’importer pour un montant équivalent d’équipements et de produits américains. En quatre ans, les États-Unis prêtent à l’Europe 16,5 milliards de dollars.)

Il y a 79 ans….


……Découverte de la grotte de Lascaux :

     Dès la fin septembre 1940, les journaux ne tarissaient pas de commentaires sur les merveilleuses découvertes faites par de jeunes garçons dans les grottes de Montignac et suscitant l’intérêt de plusieurs préhistoriens français de renommée internationale, parmi lesquels l’abbé Breuil et le chanoine Bouyssonie
   Le 1er octobre 1940, le journal La Croix publiait un article adressé à ce sujet par le chanoine Jean Bouyssonie, dont la compétence en la matière faisait autorité, au même titre que celle de son frère et du préhistorien Henri Breuil.

     Bouyssonie explique que Léon Laval, instituteur en retraite à Montignac, excitait quelques jeunes gens de l’endroit à chercher, dans les plateaux calcaires de la région, les grottes naturelles qui mériteraient une exploration.

  Le 12 septembre 1940, quatre des plus hardis trouvèrent une ouverture sur le plateau de Lascaux et, après l’avoir agrandie, se glissèrent sur un cône d’éboulis.      Ils se trouvèrent dans une salle assez haute d’environ 30 mètres dle long sur 10 de large, et, à la lueur d’une lampe électrique, virent, à leur grande surprise, sur la paroi blanche, de grande animaux peints, soit en rouge, soit en noir. Ils continuèrent dans divers couloirs et trouvèrent d’autres figurations du même genre. Enthousiasmés, Ils allèrent porter la nouvelle à Léon Laval, qui d’abord resta sceptique.

   Peintures rupestres de la grotte de Lascaux à Montignac (Dordogne). Timbre émis le 16 avril 1968. Création de Claude Durrens Timbre-Lascaux avril 68

 

    Heureusement se trouvait à Montignac un peintre de talent, Maurice Thaon, ami de l’abbé Breuil et qui avait visité avec ce maître les grottes de Font-de-Gaume et de La Mouthe. Il alla voir la grotte et fut convaincu tout de suite de l’importance qu’elle présentait. Rapidement il prend quelques croquis et se rend en hâte à Brive, où l’abbé Breuil faisait un séjour à l’école Bossuet. L’effet de ces croquis fut, on peut le dire, magique.

   Dès le lendemain, 21 septembre, accompagné des préhistoriens l’abbé Jean Bouvssonie et le docteur Cheynier, de Terrasson, Henri Breuil se rendait à Montignac, où il avait convoqué Denis Peyrony, correspondant des Beaux-Arts et futur directeur de la circonscription préhistorique en 1942.

   Ce fut une première étude rapide, mais décisive.

    Dans ces couloirs tortueux, qui ici et là s’élargissent en salles ou s’enfoncent en puits, plus de 100 figures peintes et admirablement conservées et visibles, rapporte Jean Bouyssonie, représentent des bœufs, des chevaux et des cerfs, plusieurs bisons, un rhinocéros, un carnivore (ours ou glouton), deux félins (des lions probablement), un bras humain, dont la main est cernée de rouge, un oiseau sur un piquet, un homme très sommairement indiqué et qui paraît avoir été tué par le rhinocéros.

   Cette évocation d’un drame de jadis, poursuit Boussonie, est peinte au fond d’un puits, l’homme entre le rhinocéros, l’oiseau sur un piquet et un bison qui tourne la tête. Sur le corps de plusieurs bêtes, des flèches semblent évoquer une chasse laborieuse. Des signes en forme de peigne, de hutte de paille, etc., sont placés ici et là. Quelque chose de nouveau, ce sont des blasons, rectangles plus hauts que larges, divisés par des bandes, les unes verticales, les autres horizontales, avec des couleurs diverses dans chacune des petits rectangles ainsi formés.

    Tantôt, le contour seul de l’animal est peint, tantôt toute la surface ; dans ce second cas, le corps a un aspect pommelé, peut-être parce qu’on avait placé plusieurs taches épaisses de couleur que l’on étendait ensuite comme une estompe.

   Les peintures sont parfois reprises et restaurées. Dans d’autres cas, une nouvelle fresque recouvre plus on moins complètement l’ancienne. La gravure vient, ici et là, compléter la peinture, mais d’innombrables dessins gravés couvrent de grandes surfaces, malheureusement assez friables. Il faut, écrit Jean Bouyssonie, avoir visité ce sanctuaire en compagnie de l’abbé Breuil, qui garde, en une mémoire visuelle impeccable, toutes les autres représentations des grottes ornées de France et d’Espagne. Cela lui permet de rattacher aux divers styles préhistoriques la technique de ces oeuvres.

    Au moment de la découverte, l’abbé Breuil attribue les oeuvres au Périgordien (20 000 à 30 000 ans avant notre ère ) , mais une datation estimée par la suite à partir d’études réalisées sur les objets découverts dans la grotte attribuera ces peintures au Magdalénien ancien  (10 000 à 15 000ans avant notre ère). Il y a encore quelques faiblesses, note Bouyssonie : ainsi les bœufs, les cerfs ont la tête vue de profil, les cornes et les bois vus de face. Mais c’est déjà du grand art et on peut avoir la même joie que si l’on venait de découvrir une centaine de tableaux d’un primitif génial, dont on n’aurait encore connu que quelques oeuvres.

Grand aurochs de la salle des Taureaux au sein de la grotte de Lascaux :

Aurochs-Lascaux

 

    Le 28 septembre 1940, le préfet de la Dordogne tint conseil avec l’abbé Breuil, Denis Peyrony, le comte de Chalup et des notabilités de l’endroit, sur les mesures à prendre pour assurer la préservation de ce trésor à la fois scientifique et artistique, et concilier tous les droits en jeu en cette affaire. D’ailleurs, ici et là, signale le chanoine Bouyssonie, s’ouvrent des galeries peu accessibles, mais très prometteuses, et il importe de ne rien négliger pour la parfaite mise en valeur de cette merveilleuse découverte.

   Lors de la séance du 11 octobre 1940 de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, l’abbé Breuil Timbre-Breuil Octobre 1977 faisait lui-même part en ces termes de la découverte de la grotte :

     Vers la mi-septembre 1940, explique-t-il, plusieurs jeunes gens de Montignac, MM. Ravidat, Marsal, Queroy, Cuencas et Estregil, poussés à l’exploration des cavités souterraines des environs par M. Laval, instituteur en retraite, débouchaient un trou pénétrant verticalement, sur le plateau situé à l’est du bourg ; on le tenait obstrué pour éviter que du bétail y tombât, et seulement un terrier communiquait au fond avec une cavité dans laquelle les jeunes explorateurs se glissèrent.

    Après être descendus sur la pente d’un éboulis, ils découvrirent que les retombées de la voûte de la première salle étaient ornées de magnifiques fresques se prolongeant dans le diverticule qui y faisait suite. M. Estregil en prit quelques croquis qu’il soumit à M. Laval, et qui tout d’abord laissèrent celui-ci sceptique. Sur ces entrefaites, M. Maurice Thaon, jeune homme très sportif et bon dessinateur, que je connais depuis son enfance et auquel, peu de jours avant, j’avais fait visiter les grottes ornées de Font-de-Gaume et de La Mouthe, aux Eyzies, fut conduit à la grotte par les jeunes inventeurs. Il y prit des croquis précis et quelques décalques qu’il m’apporta à Brive et qui, avec ses descriptions, me convainquirent de l’importance exceptionnelle de la découverte.

    Je me rendis aussitôt à Montignac, où M. Laval, M. Parvau, régisseur de la propriétaire, la comtesse Emm. de La Rochefoucauld, et divers notables, me firent le meilleur accueil, et j’y convoquai M. D. Peyrony, délégué du Ministère des Beaux- Arts. Un examen de trois jours me permet d’adresser à l’Académie un premier rapport.

  La grotte, dans son état actuel, se compose, à l’entrée, d’une salle ovale (20 m x 10 m) que prolonge un diverticule ; c’est là que, dans la deuxième moitié de la salle et son prolongement, s’accumulent, principalement sur la retombée des voûtes, plus de 80 sujets peints. Un bien plus petit nombre subsiste dans une galerie de droite, peu étendue, donnant accès à une haute salle en forte pente. Celle-ci aboutit, à gauche, à une galerie en haute nef qui se rétrécit ensuite en une fente-couloir souvent très resserrée.

Henri Breuil. Timbre émis le 17 octobre 1977 dans la série Personnages célèbres. Dessin de René Quillivic

Henri Breuil. Timbre émis le 17 octobre 1977 dans la série
Personnages célèbres. Dessin de René Quillivic Timbre-Breuil Octobre 1977

     Au delà de la salle élevée, s’ouvre un puits d’environ 10 m, donnant, à l’opposé, accès par escalade à des galeries rampantes à peine entrevues jusqu’ici. Des gravures, généralement superposées aux peintures de la haute nef, se poursuivent presque seules dans la galerie tortueuse ; leur nombre et leur finesse ne m’en ont pas permis encore un déchiffrement suffisant.

    Les peintures sont de dimensions oscillant de 0 m30 à près de 5 mètres. Elles appartiennent à des techniques différentes, se superposant ou se restaurant fréquemment.

1er : Une seule petite main cernée de rouge, avec son bras, rappelle les mains au patron de l’Aurignacien. —

2 :Des tracés linéaires fins, rouges, de chevaux et de cerfs sont rares.

3: De plus grands contours rouges, linéaires, larges et baveux, avec remplissage de taches espacées, figurent un cheval et un bison assez grands ; il y a aussi de grands taureaux et cerfs, recouverts et résorbés par d’autres images.

 4 : Des figures petites et moyennes, à tracé linéaire, rouge ou noir ou bistre, ou mélange de ces teintes, sont plus ou moins remplies de bistre ou de rouge assez transparent, formé d’un pommelage très estompé. Souvent des touches noires postérieures s’y mêlent, et signalent des points anatomiques ou restaurent le contour. De très nombreux petits chevaux, souvent fort poilus et de nombreux cerfs, à perspective tordue des ramures, en font partie, ainsi qu’un ours (?).

 5 :  Des figures moyennes, en rouge d’aspect uni, en réalité pommelé diffus, représentent des chevaux et des bœufs à petites cornes et aux formes légères.

  6 : Des traits noirs unis ou pommelés les restaurent fréquemment ou figurent seuls des animaux analogues.

   7 : Deux bœufs cernés de larges bandes noires baveuses. — 8° Des têtes de cerfs sont tracées en traits noirs fins. 

  9 : D’énormes taureaux à grandes cornes, dont le plus grand atteint environ 5 mètres, sont tracés en larges bandes noires ; la couleur envahit les membres, les cornes et une partie de la tête, mais seules de grosses ponctuations espacées occupent l’intérieur, limitées à la tête le plus souvent. Ni renne, ni mammouth.

    Outre les figures d’animaux, poursuit Henri Breuil, d’assez nombreux signes s’observent : rectangles barrés en long et en travers, pectiniformes à 5 branches, sortes de damiers à gros carreaux remplis de couleurs plates diversement agencées semblables à des blasons, lances ou sagaies à une barbelure, flèches à empenne unilatérale.

   Le fond du puits possède un groupe plus exceptionnel : à gauche un rhinocéros noir s’éloigne au petit pas : au centre, en rouge, un homme semi-schématique gît à côté d’une sagaie et d’un propulseur : à droite un bison bistre à contours noirs, le contemple et semble perdre ses entrailles comme un cheval de corrida éventré. Il s’agit probablement de la figuration d’un drame préhistorique. Près de l’homme, un oiseau est perché sur un piquet.

  Bien que les gravures réservent encore maintes surprises , on remarque , avec des cerfs et chevaux nombreux, des bœufs et des bisons, deux lions et, semble-t-il, des paillotes analogues à celles d’Altamira. Nombreuses sont les figures portant des flèches magiques.

( Comme prévu : Commentaires bloqués ) !…Mais possible d’en envoyer un par mail à marin-francis08@outlook.com

P.S : Je réfléchis encore tout de même : Je remets les coms ou non……..( Si je savais comment bloquer le  » like  » , le problème serait résolu …..

 

Il y a 102 ans…..


  Le 11 septembre 1917, Georges Guynemer décolle pour ce qui sera sa dernière mission au-dessus des lignes allemandes. Son engagement dans la Grande Guerre et sa mort à 22 ans en feront une légende de l’aviation de combat.

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L’aviation de combat fait ses preuves …….
    Avant la  » Grande Guerre  » , peu d’officiers croient à l’utilité militaire de l’aviation.  » L’aviation, c’est du sport. Pour l’armée, c’est zéro  », déclare  le général Foch. En France, il n’y a pratiquement  que le général d’artillerie Jean-Baptiste Estienne (1860-1934) qui a perçu son potentiel. Au début du conflit, on compte 200 avions dans l’armée allemande, 190 dans la russe (!), 148 dans la française et 84 dans l’anglaise. On compte sur eux pour fournir des renseignements et c’est d’ailleurs un avion de reconnaissance qui va fournir à Joffre et Gallieni le renseignement-clé qui leur permettra d’engager la contre-offensive de la Marne.
   Très vite , les avions vont étendre leurs fonctions au bombardement et à la chasse. L’aviateur français Roland Garros imagine pour cela un dispositif qui permet à une mitrailleuse de tirer à travers l’hélice. À la fin de la guerre, l’armée française aligne 7 000 appareils, les Anglais 3 700, les Allemands 4500 et les Américains 2050 (fournis par les Français).

  Georges Guynemer guynemer est né à Paris le 24 décembre 1894.(  Il a 9 ans quand les frères Wright, de l’autre côté de l’Atlantique, effectuent un premier vol ). Ne sachant rien de cet événement, il ne se doute pas des conséquences qu’il aura sur sa courte existence.
    Quand éclate la guerre en 1914, il est refusé dans l’infanterie puis dans la cavalerie  à cause  de sa constitution fragile mais réussit à s’engager dans l’aviation comme mécanicien et obtient un brevet de pilote en mars 1915.( à 21 ans ) 
Affecté à Vauciennes ( près de Compiègne ) dans l’escadrille des Cigognes, il abat un premier appareil ennemi le 19 juillet 1915 avec un avion simplement équipé d’une mitrailleuse montée sur »  affût rigide  » ?. Promu sergent , il  reçoit la médaille militaire.      En décembre de la même année, après plusieurs victoires, il survit de peu à la chute de son appareil. Le jour de Noël, pour son 21e anniversaire, il est fait chevalier de la Légion d’Honneur.Guynemer 1

   Pendant la bataille de Verdun, en 1916, il est gravement blessé mais reprend l’air avec le grade de sous-lieutenant et le surnom honorifique d’As de l’aviation. Le 27 juillet, il affronte avec succès une  » meute  » de 10 avions ennemis.
    Un an plus tard, devenu célèbre jusqu’en Russie, décoré par le président Poincaré de la croix de Saint-Georges, au nom du tsar, il est muté avec son escadrille dans les Flandres.
Il a déjà 53 victoires à son actif quand il décolle pour sa dernière mission à bord de son avion  » Le Vieux Charles   », de Saint-Pol-sur-Mer vers Poelkapelle. Les Allemands identifieront son avion et sa dépouille dans un champ mais ne pourront récupérer ses restes, détruits par un bombardement.
   Le destin foudroyant de ce jeune aviateur aristocrate  inaugure l’épopée de l’aviation de chasse. On pourrait y voir une survivance de la chevalerie, avec ses codes et son honneur, dans un monde où la guerre est devenue massacre de masse.
    Georges Guynemer a légué à l’École de l’Air sa devise :  » Faire face  »  et une colonne a été érigée après la guerre près du lieu où il est tombé, à Poelkapelle, près d’Ypres. À son sommet une cigogne en vol. Sur le socle, le portrait de l’aviateur en médaillon…..

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Un héros peut en cacher un autre :
    Par sa mort en pleine jeunesse, Georges Guynemer éclipse dans la mémoire nationale un autre héros de l’aviation française, René Fonck Fonck (1894-1953). Il se signale par le palmarès le plus impressionnant de toutes les aviations interalliées de la Grande Guerre : 75 victoires homologuées et 52 probables, ce qui lui vaut le titre d’As des As. À côté de lui figurent au tableau d’honneur son compagnon de combat Georges Guynemer (54 victoires) et Charles Nungesser (45 victoires).
    Porte-drapeau de l’armée de l’air lors du défilé de la Victoire du 14 juillet 1919, René Fonck devient ensuite député des Vosges. Au début de l’Occupation, comme la plupart des anciens combattants, il fait confiance au maréchal Pétain, ce qui lui sera plus tard reproché, mais il ne tarde pas à s’en éloigner et aider les réseaux de résistance…

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c’était il y a 230 ans :


11 septembre 1789 : Naissance de la droite et de la gauche
   Le 11 septembre 1789, les députés de l’Assemblée constituante, réunis pour délibérer sur le droit de veto accordé au roi Louis XVI, se répartissent spontanément de part et d’autre du président : à droite, aux places d’honneur, s’installent les  » monarchiens  » guidés par Jean-Joseph Mounier. Ils sont partisans d’un veto absolu qui permettrait au roi de rejeter définitivement toute loi. À gauche s’installent les opposants qui préfèrent un simple veto suspensif c’est à dire : qui suspend la loi pendant une période ou jusqu’à la réalisation d’une condition  (ils auront finalement gain de cause).
  Cette répartition s’enracine lorsqu’à partir d’octobre 1789, les députés délibèrent dans la salle du Manège des Tuileries. Les uns, hostiles à la Révolution ou soucieux de la contenir, s’assoient sur le côté droit de la salle, par rapport au président de l’Assemblée (ce côté réputé honorable est dit le  »côté de la reine  »).

    Les autres  »plus ou moins  » favorables à la Révolution, s’assoient à la gauche du président (le  » côté du Palais-Royal  »). Ils se disent  » patriotes  » et qualifient leurs opposants d »’ aristocrates  ».
    C’est de  cette répartition des députés français par affinités que  datent les clivages entre une droite (réputée conservatrice) et une gauche (réputée révolutionnaire ou réformiste) qui  » rythment  » encore aujourd’hui la vie politique dans toutes les démocraties. assemblée nationale

Le 8 mars 1910…………………


La Journée Internationale des femmes
Le 8 mars est devenu la Journée internationale des femmes suite à une décision du congrès des femmes socialistes, à Copenhague, en 1910 (en France, la journée est dite : Journée internationale des droits des femmes).
À l’initiative d’une journaliste allemande, Clara Zetkin, les congressistes décidèrent de consacrer cette journée  » à la propagande en faveur du vote des femmes  ». Les Françaises allaient devoir attendre la Libération pour l’accomplissement de ce voeu.
   En ce début du XXIe siècle, l’égalité politique des droits semble acquise dans la plupart des pays (à l’exception des pays islamistes comme l’Arabie séoudite et les émirats arabes) et les États dirigés par une femme ne font plus exception.
N.B : c’est de la célébration de la Journée internationale des femmes qu’est sortie la Révolution russe de Février 1917…

Un 6 septembre …..il y a 497 ans !


   Le 6 septembre 1522, au coucher du soleil, une nef en piteux état entre dans le port de San Lucar, en Andalousie. C’est  » la  Victoria  ». (un nom bien mérité ) . À son bord, 18 hommes commandés par le Basque Juan ​Sebastián Elcano.
   Trois ans plus tôt, ils ont quitté le même port en direction de l’Ouest, avec quatre autres navires (caraques et caravelles) et un total de 237 hommes de toutes origines.         Sans l’avoir voulu ni imaginé, ces dix-huit hommes sont les premiers à avoir accompli le tour du monde.

   Au cours des XVe et XVIe siècle, quatre puissances européennes s’engagent dans l’exploration des océans : le petit Portugal et l’Espagne pour commencer, puis l’Angleterre et la France. 1492 carte

   Parcours des principaux explorateurs :
  Un loup de mer énergique
   L’initiateur de cette mémorable expédition est né au Portugal quarante ans plus tôt sous le nom de Fernao de Magalhaesmagellan peinture (Magellan en français). Il a guerroyé en Inde puis au Maroc, où une blessure l’a laissé boîteux.
Il envisage alors d’accomplir le rêve inachevé de Christophe Colomb en contournant l’Amérique et en atteignant enfin l’Asie par l’Ouest. Mais les offres de services de ce loup de mer énergique et volontiers brutal sont repoussées par le roi du Portugal, Manuel.
  Qu’à cela ne tienne.!  Magellan se rend en Espagne et épouse la fille de l’alcalde (le maire) de l’Arsenal de Séville. Ses nouvelles relations lui permettent de gagner la confiance du jeune roi d’Espagne Charles Ier, le futur empereur Charles Quint.
  Celui-ci lui donne pour instruction de trouver une nouvelle route vers l’Ouest pour atteindre les fameuses Îles aux épices, dans l’archipel des Moluques. Il précise  :  » Et retour par le même chemin !  » .
  C’est qu’en vertu du partage du partage du monde convenu à Tordesillas en 1494, les régions qui restent à conquérir à l’ouest des Moluques relèvent du roi du Portugal
   Malgré çà et sans l’avoir voulu, Magellan s’engage dans ce qui apparaîtra  comme le premier   »  Tour du monde à la voile  » !
 En prévision des rencontres et des marchandages avec les indigènes, il emporte 900 miroirs, 400 douzaines de petits couteaux, 20 000 clochettes et grelots.
    Sa flotte comprend la nef amirale, Trinidad (110 tonneaux), San Antonio (120 tonneaux), Victoria (85 tonneaux), Concepción (90 tonneaux) et Santiago (75 tonneaux).
   Les navires quittent Séville le 10 août 1519 mais doivent attendre pendant cinq semaines à San Lucar de Barameda, à l’embouchure du Quadalquivir, que les vents leur soient favorables…
   Le 20 septembre 1519, ils lèvent l’ancre à destination des îles Canaries et, le 2 octobre 1519, traversent enfin l’Atlantique. Ils longent le continent américain vers le Sud et relâchent à Noël dans la baie où sera plus tard fondée la ville de Rio de Janeiro. Au contact des Indiens (et des Indiennes), les marins découvrent les charmes du hamac lol.
 Trop d’impatience tue :
   Mais Magellan doit aussi gérer l’impatience de ses hommes. Cartagena, qui commande la San Antonio, est mis aux arrêts pour insubordination. À l’appareillage de Rio de Janeiro, le 27 décembre, il est remplacé par Alvaro de Mesquita.
   Du 12 janvier au 7 février 1520, la flotte explore le Rio Solis (premier nom du Rio de la Plata) sans y trouver de passage vers l’Ouest.
   Le 31 mars, elle atteint, plus au sud, une baie aussitôt baptisée San Julian. Les Indiens des alentours sont appelés Patagons par les marins à cause  de… leurs grands pieds !  ( d’où le nom de Patagonie donné à la région ).
   L’escale, qui va durer cinq mois, va être  » endeuillée  » par une grave mutinerie.
Celle-ci éclate le 1er avril, jour des Rameaux. Les capitaines espagnols des nefs San Antonio, Victoria et Concepción tentent de renverser Magellan avec le concours de leurs marins et de Juan Sebastián Elcano. Seul Juan Serrano, capitaine du Santiago, reste fidèle à Magellan. Celui-ci,  prévenu, réagit avec fermeté : Un premier mutin est décapité et le capitaine de la Victoria, Luis de Mendoza, poignardé puis écartelé ! Les autres mutins sont arrêtés.
   Dans les jours qui suivent, Magellan transforme l’un de ses bateaux en tribunal et mène une instruction sur la mutinerie. Tous les mutins sont sévèrement condamnés mais Magellan, qui a besoin d’eux, fait grâce à la plupart. ( Juan Sebastián Elcano a ainsi la vie sauve ) .
    Par contre, les meneurs n’échappent pas à la sentence. Juan de Cartagena, Grand d’Espagne et neveu du cardinal de Burgos (intime du roi), est condamné au bannissement, ainsi que le père Pedro Sanches de la Reina qui a incité à la mutinerie.           Abandonnés sur place, sans doute sont-ils morts de faim et de froid car on n’eut plus aucune nouvelle d’eux. Quant au capitaine de la Concepción, Gaspar de Quesada, il est condamné à mort et exécuté le 7 avril par son valet !! (ce qui valut à ce dernier d’avoir la vie sauve).
   Le 3 mai 1520, nouveau drame : la nef Santiago, envoyée en mission d’exploration le long de la côte, fait naufrage. Un marin périt. Le reste de l’équipage regagne par la terre les autres navires.
   La découverte de l’océan Pacifique :
   Le 24 août 1520, la flotte appareille enfin de San Julian. Le 21 octobre de la même année , elle arrive en vue d’un cap, baptisé cap des Vierges. Il ouvre sur une baie mystérieuse. Deux pilotes envoyés en reconnaissance reviennent avec la confirmation qu’il s’agit du passage espéré vers l’Ouest…
   Magellan  consulte les officiers et responsables sur la suite à donner au voyage, le pilote portugais Estevao Gomes se prononce pour une solution de prudence consistant à rentrer en Espagne. Le chef de l’expédition rejette son avis :  » Plutôt mourir que renoncer  ».
   Sans mot dire, Estevao Gomes met aux fers Alvaro de Mesquita, le capitaine du San Antonio, et prend la route du retour avec son bateau et 57 hommes à bord. Il rallie Séville le 6 mai 1521, après six mois de mer et une escale dans un archipel inconnu, plus tard baptisé les Malouines. Le roi ne lui en sera guère reconnaissant car il sera aussitôt incarcéré ainsi que ses hommes.
    Pendant ce temps, Magellan, après avoir vainement cherché le San Antonio, continue l’exploration du détroit qui portera désormais le nom de Magellan.            Voyant sur la rive du côté Sud de nombreux feux allumés par les indigènes, les marins baptisent cet endroit Terre de Feu !.
  Le 28 novembre 1521, c’est le débouché sur un nouvel océan, exceptionnellement calme et lisse ce jour-là, ce qui lui vaut d’être baptisé Grand Océan Pacifique !
  Plus de trois mois s’écoulent avant d’atteindre le 6 mars 1521 l’archipel des Mariannes, en pleine Océanie. A cause d’une mauvaise alimentation, l’équipage est ravagé par le scorbut. Vingt hommes en meurent. Il faut repartir.
   Après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique, la flotte de Magellan atteint l’île de Cebu, dans l’archipel des Philippines, où se font sentir les influences de la Chine, du Japon et même des commerçants arabes !
  Premier Tour du monde à la voile
     De ses premiers voyages dans l’Océan Indien, sur les traces de Vasco de Gama et Albuquerque, Magellan a ramené en Europe un esclave malais, baptisé Henrique. Cet esclave est embarqué en 1519 à Lisbonne pour le tour du monde que projette le navigateur portugais.
   Lorsqu’après la traversée de l’Atlantique et du Pacifique, la flotte atteint l’île de Cebu (Philippines), Henrique s’avise qu’il comprend très bien le langage des indigènes de rencontre. Il est de fait le premier homme à avoir accompli le tour de la Terre (sans l’avoir toutefois souhaité) ! Il ne va d’ailleurs pas poursuivre le voyage jusqu’à Lisbonne et restera avec ses compatriotes.
   Amitiés fatales
    Le roi de l’île de Cebu, un certain Humaubon ou Calambu, est baptisé sous le nom de Charles, ainsi que 800 indigènes. Malheureusement, pour plaire à son nouvel ami, Magellan commet l’imprudence de participer à une expédition punitive contre le roi de l’île voisine de Mactan, Zula. À 60 hommes contre un millier, son succès n’est en rien garanti. Le 27 avril 1521, il est blessé par une flèche empoisonnée et meurt dans une embuscade avec huit de ses hommes.
    Les nouveaux commandants, Joao Carvalho et Duarte Barbosa, révèlent très vite leur incompétence… Les pirates, auxquels s’est rallié l’esclave Henrique, attaquent l’expédition. Celle-ci leur échappe mais il faut brûler une nouvelle nef, la Concepción, en trop mauvais état.
   Les deux nefs rescapées arrivent enfin aux Moluques, où les Portugais sont présents depuis plusieurs années déjà. Chacun peut se reposer et procéder à d’importants achats d’épices.
    La Trinidad s’échoue sur des hauts fonds et il faut à son tour l’abandonner. Il ne reste plus qu’une nef en état, la Victoria dernière nef Magellan. Une partie des hommes doivent demeurer sur l’archipel des Moluques cependant que le pilote Juan Sebastián Elcano prend le commandement du navire.
    La dernière nef traverse l’océan Indien avant de remonter jusqu’en Europe le long des côtes africaines, avec dans ses cales des clous de girofle originaires des Moluques.
   Le commandant évite soigneusement le contact avec les Portugais, très sourcilleux sur leur monopole de navigation et de commerce entre l’Europe et l’Asie. Mais au cap Vert, sur la côte africaine, il ne peut éviter la capture de treize de ses marins par les Portugais du cru et échappe lui-même de peu à la capture.
 
    Trente ans après la découverte de l’Amérique, la  » circumnavigation  » de Magellan et Elcano a définitivement montré que la Terre est ronde et surtout plus grande qu’on ne voulait bien l’imaginer (sa rotondité avait déjà été établie par les savants sumériens et grecs de l’Antiquité), que l’Amérique est un continent à part et qu’il est possible d’atteindre l’Extrême-Orient par l’Ouest.
    Ces révélations vont encourager les Français à se lancer à leur tour dans les grandes expéditions maritimes.
Le jour de trop ?
     En arrivant aux îles du Cap Vert, l’une des dernières étapes avant Lisbonne, Juan Sebastián Elcano a une surprise. D’après son journal de bord, on serait un mercredi. Or, ses interlocuteurs du cru lui affirment qu’on est jeudi ! D’où vient l’erreur ?
    Sebastián Elcano et ses contemporains ignorent les décalages horaires et le changement de date liés à la rotation de la Terre. Aussi finissent-ils par conclure à une erreur dans le journal de bord.
    C’est en retrouvant bien plus tard cette anecdote dans une bibliothèque espagnole que Jules Verne aurait eu l’idée de son roman Le tour du monde en quatre-vingts jours (son héros Phileas Fogg fait le tour du monde en sens inverse d’Elcano et gagne de justesse son pari du fait du même phénomène, lié aux fuseaux horaires).

çà s’est passé un 4 septembre….


Il y a environ 133 ans :

Le 4 septembre 1886 , Géronimo  géronimose rendait ….

Geronimo, né le 16 juin 1829 dans la tribu apache Bedonkohe près du Turkey Creek, affluent de la rivière Gila (Nouveau-Mexique, alors sous domination mexicaine), et mort le 17 février 1909 à Fort Sill (Oklahoma, États-Unis). Appelé Go Khla Yeh (« celui qui bâille ») à sa naissance, parfois écrit Goyathlay, ou encore surnommé Guu Ji Ya (« l’astucieux »), il est l’un des protagonistes des guerres apaches, le dernier à continuer à se battre contre le Mexique et les États-Unis pour les droits des amérindiens, avant sa reddition en 1886 ,( âgé de 57 ans )…

   Contrairement à ce qu’on pourrait croire , il n’a jamais été chef,! Mais en tant qu’  » homme-médecine  »  (chaman) et guerrier reconnu et respecté, il eut une grande influence sur les Apaches Chiricahuas. Après la mort de Taza, le fils aîné de Cochise, Naiche, le second fils du vieux chef doit partager le contrôle de la tribu avec lui. Son beau-frère Juh , lui ,  était un leader de la tribu des Apaches Nednis.

   En 1858, après le meurtre de sa mère, de sa femme et de ses trois enfants par l’armée mexicaine près d’un village appelé Kas-ki-yeh par les Apaches, il commence des raids de représailles en territoire mexicain. On dit que Geronimo a fait un rêve la veille du jour où les hommes blancs sont arrivés, il aurait rêvé que des hommes de couleur blanche venaient sur leurs terres pour les exterminer.

    Il venge sa famille le 30 septembre 1859, jour de la saint-Jérôme. Les cris des Mexicains invoquant saint Jérôme pour leur défense (« Geronimo ! Geronimo ! ») l’inspirent et il prend alors ce nom. Plus tard, lors d’une autre attaque surprise, les Mexicains tuent sa nouvelle épouse et son fils.
   En octobre 1862, il participe avec les chefs Cochise et Mangas Coloradas à la bataille d’Apache Pass. En janvier 1863, Mangas Coloradas ( malgré l’opposition de Geronimo ) se rend au Fort McLane, dans la petite ville d’Apache Tejo, pour y signer un traité de paix.

En 1871, après près de dix ans de guerre contre les États-Unis, les Apaches Chiricahuas, alors dirigés par Cochise, négocient un accord de paix sur les conseils de Tom Jeffords. Ils obtiennent la création d’une réserve sur leurs terres.
    Mais en 1876, la réserve Chiricahua est fermée par les autorités américaines. La plupart des Indiens sont déportés vers la réserve de San Carlos , fertile mais considérée par les Apaches comme une terre maudite. Geronimo, Naiche et Juh s’enfuient avec une centaine d’individus, tandis que la majorité des Apaches, épuisées des guerres incessantes, acceptent le déplacement. Geronimo est arrêté l’année suivante au Nouveau-Mexique par l’agent indien John P. Clum et transféré à San Carlos. Libéré, il s’enfuit de la réserve quelques mois plus tard. Il gagne le Mexique où il vit de pillages, avant de regagner San Carlos en 1879.
   En septembre 1881, peu après la mort de Nochedelklinne, un leader spirituel apache tué par les soldats, Naiche, Geronimo et Juh s’enfuient à nouveau de leur réserve. Ils lancent de violentes attaques contre les colons blancs avant de s’évanouir dans les montagnes mexicaines. En novembre 1882, ils y abattent les 22 soldats mexicains du capitaine Juan Mata Ortiz.
  Les raids des Apaches débordent du côté États-Unis (en Arizona et Nouveau-Mexique) : en mars 1883, 26 colons américains sont tués. Le général George Crook est chargé de protéger la population blanche et entreprend de traquer les Apaches hostiles dans leurs repaires mexicains. Un camp découvert par les éclaireurs apaches de Crook est attaqué en mai 1883. Les leaders apaches acceptent alors le principe d’une reddition. En 1884, Geronimo s’établit de nouveau dans la réserve de San Carlos.
   Geronimo, en compagnie de Naiche et plusieurs membres de la tribu, s’échappe encore plusieurs fois, vivant de pillages, avant de se rendre. L’arrestation brutale du guerrier Ka-ya-ten-nae le pousse à s’enfuir une nouvelle fois le 17 mai 1885 avec 109 femmes et enfants, et 35 hommes.
  Depuis le Mexique, ses hommes lancent plusieurs raids meurtriers en Arizona et au Nouveau Mexique. Il est de nouveau retrouvé au Mexique par des éclaireurs apaches en mars 1886. Lors d’ une conférence avec le général Crook, il accepte de regagner la réserve avec les soldats américains. Il se ravise plus tard et s’échappe dans les montagnes avec Naiche, une quinzaine de guerriers et quelques femmes et enfants.

    C’est le général Nelson Miles ( Crook avait démissioné ), qui est chargé de le poursuivre avec 5 000 hommes et des milliers de volontaires. 3 000 soldats mexicains sont aussi mobilisés contre les Apaches au sud de la frontière. En marge de la poursuite de Geronimo, le général Miles fait déporter en Floride les Chiricahuas vivant en paix dans la réserve de San Carlos.

     Pendant plus de cinq mois, Geronimo et ses partisans réussissent à passer entre les mailles du filet en utilisant la surprise, la mobilité et les connaissances des Apaches des modes de survie dans des conditions extrêmes. La capacité à disparaître de Geronimo était attribuée selon son peuple à des pouvoirs de prémonitions qui l’avertissait de la présence de l’ennemi, pouvoirs liés à son statut de chaman. Épuisé, fatigué de se battre, il finit par se rendre le 4 septembre 1886 avec 16 guerriers, 12 femmes et 6 enfants.

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  Sa reddition a fait l’objet d’une polémique au sein de l’armée américaine, car le général Howard, chef de l’armée américaine de la zone Pacifique, a rendu compte à son chef d’état major, à l’attention du Congrès et du président des États-Unis, de la reddition d’un dangereux hors-la-loi obtenue sans condition, alors que des témoins (notamment le général Stanley) ont rapporté, de leur côté, que Geronimo s’est constitué prisonnier de guerre moyennant la prise en charge humanitaire, sociale et éducative des communautés apaches par l’État fédéral ! 
    Sur ordre spécial du président Grover Cleveland, il est placé sous surveillance militaire étroite à Fort Pickens en Floride avec quatorze de ses braves. Le climat humide de la Floride s’avère malsain pour les Apaches habitués à celui du désert et plusieurs d’entre eux décèdent. Les survivants sont ramenés à Fort Sill, en Oklahoma, en 1887. Geronimo se convertit alors au christianisme et devient fermier !  Il vend des souvenirs à l’Exposition universelle de 1904, étant de ce fait présent aux Jeux Olympiques de Saint-Louis, et participe à la parade d’inauguration de Theodore Roosevelt en 1905.!! 

    Il regrette cependant jusqu’à la fin de ses jours de s’être rendu.

  Il dictera l’histoire de sa vie en 1906 avant de mourir d’une pneumonie à Fort Sill, en Oklahoma, le 17 février 1909. Son dernier vœu fut d’être enterré sur les terres de la rivière Gila.
   Sa tombe au cimetière du camp militaire Fort Sill aurait été profanée vers 1918 par la société secrète Skull and Bones de l’université Yale. Cette société conserverait encore le crâne, deux os, une bride et des étriers de Geronimo dans ses locaux de New Haven. On compterait au nombre des profanateurs Prescott Bush, père de l’ex-président George H. Bush et grand-père de l’ex-président George W. Bush. Cet épisode est considéré comme une légende par plusieurs chercheurs tandis que l‘historien David H. Miller estime que si les membres de la société ont bien profané une tombe, il y a peu de chance que ce soit celle de Geronimo qui ne comportait pas d’indication à l’époque.
    En 2009, année du centenaire de sa disparition, l’arrière-petit-fils de Geronimo entreprend une action contre le gouvernement américain pour rassembler les restes de son aïeul et ramener sa dépouille auprès de son lieu de naissance au Nouveau-Mexique et faire ainsi respecter ses dernières volontés.
   En 2010, le nom  » Geronimo  » a été pris comme nom de code par les États-Unis pour désigner Oussama ben Laden. L’annonce a été faite juste après l’opération militaire héliportée qui a entraîné sa mort à Abbottabad, au Pakistan, le 2 mai 2011. Le message Geronimo-EKIA, contraction de Geronimo, Enemy Killed in Action ( » Geronimo, ennemi tué au combat  ») a servi au commando des Navy Seals6 pour aviser la Maison-Blanche du succès de l’opération. Ce nom d’emprunt a suscité la colère des communautés indiennes américaines

Quelques photos :

Geronimo 1905 (Geronimo 1905 )       Geronimo 2???

Geronimo femme et filssa femme ,son fils.