C’ était il y a environ…


….87 ans : 

      Le 7 avril 1947 ,Henri Ford décédait ..à l’âge de 84 ans …..

   Ce qui est le plus…. » intéressant  » , ( à mon avis  ) , se trouve à la fin du billet !!!!!

Henry Ford , comme chacun sait , est à l’origine de la deuxième révolution industrielle, qui a vu le triomphe du travail à la chaîne et des productions standardisées en grande série.

Fils d’un fermier irlandais installé à Dearborn, dans le Michigan, il ne manifeste aucun goût pour les études mais se passionne pour la mécanique ( » Je n’aime pas lire, les livres me brouillent la tête. L’histoire, c’est surtout un tissu d’âneries  », explique-t-il). En 1892 il construit  sa première automobile.

  En 1908, à l’occasion du lancement de son modèle T Résultat d’image pour Ford T Images Jpeg , il se fixe un double objectif audacieux : abaisser les coûts de production par la standardisation de façon à développer le marché de l’automobile ; attribuer aux ouvriers de salaires assez élevés pour leur faire accepter un travail répétitif et contraignant ! En 20 ans, il va ainsi produire plus de 15 millions d’automobiles.

Henry Ford âgé (30 juillet 1863, Dearborn, Michigan ; 7 avril 1947, Dearborn)

   Mais, il faut savoir que : Très tôt, Henry Ford ne cache rien de ses opinions antisémites. Au début de la Première Guerre mondiale, lors d’une réunion avec ses cadres, il annonce :  » Je sais qui est cause de la guerre. Ce sont les banquiers judéo-allemands. J’en ai la preuve, je vous parle de faits. Ce sont les banquiers judéo-allemands qui ont causé la guerre  ». Devenu immensément riche et très populaire,  il va s’illustrer après la Première Guerre mondiale par des écrits antisémites d’une extrême violence dans le Dearborn Independent qu’il a acheté. En mai 1920, le journal entame la publication de 91 articles qui dénoncent The international Jew, The world’s problem (  » Le Juif International, problème mondial  »). Le journal publie aussi en feuilleton Le Protocole des Sages de Sion, un faux grossier de la police tsariste destiné à salir les juifs. et son soutien financier au parti nazi et à Hitler, dans leur conquête du pouvoir.

À l’automne 1922, malgré ( ou à cause de çà ? ) , Henry Ford est pressenti pour se présenter aux élections présidentielles dans le camp républicain. En 1923, Hitler déclare dans un entretien :  » Nous considérons Heinrich Roth comme le chef de file du parti fasciste qui se développe en Amérique » (Philip Roth, Le Complot contre l’Amérique). Il est vrai qu’à cette date, le nazisme est encore balbutiant et n’effraie personne. C’est seulement en 1927, soucieux de son image publique, que l’industriel mettra un terme à ses  » foucades  » antisémites.

 Il n’en prendra pas moins plaisir à rencontrer le tout aussi populaire et antisémite Charles Lindbergh et, en 1938 à Detroit, pour son 75eme anniversaire, il recevra comme lui la Grand-Croix de l’ordre de l’Aigle allemand pour services rendus au Reich. Ickes, ministre de l’Intérieur du président Roosevelt, aura beau jeu d’ironiser :  » Henry Ford et Charles A. Lindbergh sont les deux seuls citoyens libres d’un pays libre à avoir obséquieusement accepté ce gage de distinction méprisante à une époque où celui qui le leur décerne tient pour perdue toute journée qui ne lui a pas permis de commettre un nouveau crime contre l’humanité  ». Quand la Seconde Guerre mondiale éclatera, Henry Ford militera encore aux côtés de Lindbergh dans l’organisation America First pour maintenir coûte que coûte l’Amérique en-dehors de la guerre !

 Affecté par la Grande Dépression de 1929 et la concurrence de Chevrolet et Plymouth, Henry Ford s’est opposé au New Deal du président Frandklin Roosevelt. Atteint par le grand âge, il laisse la direction de son entreprise à son petit-fils Henry Ford II et lègue l’essentiel de sa fortune à la Fondation Ford, dont sa famille sera assurée de conserver la maîtrise. Un moyen habile de préserver le patrimoine au sein de la famille. L’industriel meurt dans sa ville de Dearborn le 7 avril 1947.

C’était il y a environ…


205 ans :
 
 
     Découverte au XVIe siècle par des navigateurs portugais qui n’y implantèrent aucune colonie, la future île Bourbon devint possession du roi de France un siècle plus tard, et devint bientôt une étape incontournable pour les navires faisant route vers Madagascar

     Située à l’ouest de l’océan Indien, à environ 700 km à l’est de Madagascar, L’île fut découverte, en 1545, par des navigateurs portugais, qui nommèrent Mascarenhas  ( Mascareignes en français ) , du nom de leur chef Pedro Mascarenhas, l’archipel formée par cette île, l’île Maurice, et l’île Rodrigues.

L’ île était déserte et ils n’y formèrent aucun établissement. Jacques de Pronis, agent de la Compagnie des Indes Orientales à Madagascar, prit possession de l’île en 1642, au nom du roi de France, et en 1649, Étienne de Flacourt, son successeur, prit de nouveau solennellement possession de l’île au nom du monarque, et changea le nom de Mascareignes, qu’elle portait alors, en celui de Bourbon.

Émission en 1965 d'un timbre célébrant le tricentenaire du peuplement de l'île Bourbon (1665) par vingt ouvriers français envoyés par la Compagnie des Indes Orientales

( Émission en 1965 d’un timbre célébrant le tricentenaire du peuplement de l’île Bourbon (1665)
par vingt ouvriers français envoyés par la Compagnie des Indes Orientales )

Pendant assez longtemps, l’île ne fut fréquentée que par des flibustiers de la mer des lndes ; mais en 1664, Louis XIV ayant concédé Madagascar et ses dépendances à la Compagnie des Indes Orientales, cette Compagnie envoya, dès l’année suivante, à Bourbon, vingt ouvriers français, sous les ordres d’un chef nommé Regnault. Le bien-être et la salubrité qu’y trouvèrent ces nouveaux colons attirèrent et fixèrent sur le territoire de l’île plusieurs matelots des bâtiments qui y relâchaient, et même quelques flibustiers.

Ce commencement de colonisation détermina le gouvernement à envoyer de France des orphelines pour être mariées aux habitants. Un petit nombre de Français de Madagascar, échappés aux massacres du fort Dauphin, vint encore, en 1675, accroître la population de l’île. Enfin, en 1688, les projets de colonisation de divers Européens y furent favorisés par la concession de vastes terrains. L’île Bourbon devint alors une des échelles de l’Inde, et les navires allant à Madagascar eurent ordre d’y  » toucher  ».

 Vers 1710, la Compagnie des Indes, à qui la cession expresse de la propriété de l’île Bourbon avait été faite par le gouvernement, y établit une administration régulière. À cette époque, la population de l’île s’élevait à 2000 individus. Malheureusement Bourbon n’avait pas de port ; l’île de France (île Maurice) en possédait un excellent : cette colonie, que les Hollandais avaient occupée de 1640 à 1712 sous le nom d’île Maurice, devint, en 1755, le siège du gouvernement des deux îles. En 1764, elles furent l’une et l’autre rendues au roi, qui nomma pour les administrer un gouverneur et un intendant.

C’est au botaniste et agronome Pierre Poivre que fut due l’organisation complète de toutes les branches de service. Quand ce grand administrateur arriva à l’île de France comme intendant-général, le 14 juillet 1767, il trouva cette île et celle de Bourbon dans un anéantissement presque total ; l’agriculture, le commerce, tout avait été également négligé : il parvint à tout rétablir. Il s’occupa surtout de ranimer l’agriculture, et introduisit ou propagea à Bourbon beaucoup de végétaux précieux, tels que le giroflier le muscadier, le poivrier, le cannelier, le riz sec, le bois noir, etc. Le café avait été précédemment apporté de l’Yémen à Bourbon, et la culture du tabac, ainsi que celle des grains nourriciers et l’éducation des bestiaux, étaient depuis longtemps les principaux objets des travaux des colons.

    En 1789, la population de Bourbon se composait de plus de 60 000 individus, dont 10 000 blancs, 1 200 affranchis et 50 000 esclaves. Les effets de la Révolution n’eurent pas d’influence funeste sur la prospérité de la colonie. Pendant treize ans, la colonie se gouverna elle-même, bien qu’elle suivît sous beaucoup de rapports le mouvement politique de la métropole : une assemblée dite coloniale avait remplacé le gouverneur.

 Sept à huit années s’écoulèrent sous ce régime sans qu’il y eût d’ouragans, et la culture des denrées coloniales s’en ressentit avantageusement. L’île Bourbon, dont le nom avait été changé par le gouvernement républicain en celui d’île de La Réunion, s’enrichit aussi par les prises de ses corsaires, et par l’admission des navires étrangers dans ses rades. En 1801, la population de cette île s’élevait à 80 000 âmes.

Après la paix d’Amiens, le général Decaen fut nommé capitaine-général des établissements français au-delà du cap de Bonne Espérance. Un commandant particulier et un sous-préfet colonial furent établis à Bourbon, et l’assemblée coloniale cessa ses fonctions. En 1806, l’île Bourbon changea encore de nom, elle s’appela l’île Bonaparte. En 1806 et 1807, les récoltes manquèrent. Par suite de la guerre maritime, les croisières ennemies se multiplièrent, et toute communication à l’extérieur fut interceptée. Dans cette situation, les deux îles eurent beaucoup à souffrir, et bientôt elles tombèrent au pouvoir de l’ennemi.

  Les Anglais s’emparèrent, le 8 juillet 1810, de l’île Bourbon, et le 5 décembre suivant de l’île de France, qui reprit depuis lors le nom de Maurice. L’île Bourbon fut rétrocédée à la France le 6 avril 1815, en vertu du traité de paix signé à Paris le 30 mai 1814 ( traité qui fixait les limites de la France après l’abdication de Napoléon, exilé à l’île d’Elbe ) ; le même traité céda l’île de France à la Grande-Bretagne.

  Une division, sous les ordres du capitaine de vaisseau Jurien, composée de la frégate l’Africaine, et des flûtes la Loire, la Salamandre et l’Éléphant, fut chargée de porter le personnel de l’administration française à Bourbon ; à sa tête se trouvait le comte Bouvet de Lozier, maréchal-de-camp, commandant pour le roi, et Marchant, commissaire ordonnateur.

Carte de l'île de La Réunion, anciennement île Bourbon, en 1802

Carte de l’île de La Réunion, anciennement île Bourbon, en 1802

   La division arriva à Bourbon dans les premiers jours d’avril 1815, mais ce ne fut que le 6 du même mois que les commissaires anglais, au nom de Georges III, leur souverain, remirent la colonie aux commissaires nommés par Louis XVIII.

     Cette reprise de possession fut faite avec solennité sur la place d’armes de Saint-Denis, où les troupes françaises et anglaises s’étaient rangées en bataille. Au centre, étaient les commissaires et les officiers ; un grand nombre d’habitants s’étaient rendus sur la place pour assister à cette cérémonie. Le major William Carrol, ayant proclamé la remise de l’île Bourbon à la France, le pavillon de Sa Majesté britannique fut amené, et immédiatement le pavillon français fut arboré aux acclamations réitérées de Vive le roi ! L’un et l’autre pavillon furent salués par les batteries de terre et par les bâtiments en rade qui s’étaient pavoisés. Un Te Deum fut chanté, et le soir il y eut illumination au jardin public.

    Le 12 juillet 1815, la nouvelle du retour de Napoléon en France arriva dans la colonie ; mais le gouvernement et les troupes se déclarèrent en faveur du maintien de l’autorité royale. Le 5 octobre suivant, une escadre anglaise tenta vainement de ressaisir l’île. Le 28 octobre 1815, la nouvelle de la rentrée de Louis XVIII à Paris arriva à Bourbon, et dès lors l’état de guerre cessa, l’agriculture et le commerce faisant des progrès considérables dans la colonie.

C’était il y a environ ….


140 ans :

   Le 29 mars 1880 : Jules Ferry expulsait les religieux de l’enseignement …

Alors ministre de l’Instruction publique Jules Ferry prend deux décrets par lesquels il ordonne aux Jésuites de quitter l’enseignement dans les trois mois.

   Fervent républicain athée et franc-maçon issu d’une riche famille de libres penseurs de Saint-Dié (Vosges), Jules Ferry ( ici en  1903 ) Ferry1883 donne aux enseignants des congrégations catholiques le même délai pour se mettre en règle avec la loi ou quitter aussi l’enseignement. Ces mesures viennent en réaction aux excès de la loi Falloux, votée trente ans plus tôt sous la IIe République, qui accordait aux congrégations religieuses une liberté totale d’enseignement.

Sus aux curés !

    5 000 congrégationnistes sont presque aussitôt expulsés sans ménagement excessif et certains municipalités anticléricales font du zèle en expulsant aussi les religieuses qui se dévouent dans les hôpitaux.

   Cette laïcisation  » à marches forcées  » de l’enseignement provoque de violents remous et oblige le président du Conseil Charles de Freycinet à démissionner le 19 septembre 1880. Il est remplacé à la tête du gouvernement par… Jules Ferry lui-même.

   Le nouveau chef du gouvernement en profite pour compléter l’application de ses décrets. Le 21 décembre 1880, le député Camille Sée, ami de Jules Ferry, fait passer une loi qui ouvre aux filles l’accès à un enseignement secondaire public où les cours de religion seront remplacés par des cours de morale. L’année suivante, il fait voter la création de l’École Normale Supérieure de Sèvres en vue de former des professeurs féminins pour ces lycées. L’Église n’a donc plus depuis lors  le monopole de la formation des filles.

 Jules Ferry établit aussi  la gratuité de l’enseignement primaire par la loi du 16 juin 1881 et le rend laïc et obligatoire par la loi du 29 mars 1882. L’enseignement primaire, public, gratuit et obligatoire, devient le fer de lance de la IIIe République. Ses thuriféraires ( clercs )  exaltent les  » hussards noirs de la République  », modestes et dévoués instituteurs qui préparent les écoliers à devenir de bon citoyens et de fervents patriotes.

 

Aux origines de l’école primaire :

   La laïcisation de l’enseignement, il faut le noter , n’a rien à voir avec la généralisation de l’instruction primaire. Celle-ci a été engagée par François Guizot, ministre de Louis-Philippe 1er, et Victor Duruy, ministre de Napoléon III, donc bien avant Jules Ferry. En 1870, lors de l’avènement de la IIIe République, 78% des hommes et 66% des femmes sont déjà en mesure de signer leur registre de mariage (et donc considérés comme sachant lire et écrire) !!

Ferry ecoles

 ( Ecole de province en 1906 )

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Des Français mieux instruits

   La laïcisation de l’enseignement mise en oeuvre par Jules Ferry n’a rien à voir,cependant  , avec le développement de l’instruction publique.

   En France, en 1686-1690, sous le règne de Louis XIV, 29% des hommes et 14% des femmes seulement étaient aptes à signer leur registre de mariage et donc considérés comme sachant lire et écrire ! Ils sont  47% ( H ) et 27% ( F )en 1786-1790, à la veille de la Révolution.

( V. Duruy )

   C’est sous le règne de Louis-Philippe Ier que l’État commence à se soucier de l’éducation des enfants. À ce moment-là, la moitié des Français ne savent encore ni lire ni écrire et le pays est très en retard par rapport à l’Angleterre et d’autres pays de l’Europe du nord.

Par la loi majeure du 28 juin 1833, le ministre François Guizot met en oeuvre l’instruction primaire publique en imposant l’ouverture d’au moins une école dans chaque commune. Sous Napoléon III, le ministre Victor Duruy amplifie son action.     Il développe les lycées et encourage l’instruction des filles malgré l’opposition des milieux traditionnels.

   Ainsi , à la fin du Second Empire et avant que n’intervienne Jules Ferry, la France est déjà un pays fortement alphabétisé. Aux environ de 1870, 72% des nouveaux mariés sont en mesure de signer le registre de mariage (78% des hommes, 66% des femmes). Dans le nord et l’est du pays, cette proportion dépasse allègrement les 80%.

 » Les luddites  »


Il y a environ 209 ans …..

26 mars 1811

  Les    » luddites  » se rebellent contre les machines

   En 1811, des tisserands britanniques s’insurgent contre leurs conditions de travail en brisant les métiers mécaniques de leurs usines. Une révolte qui dévoile l’autre visage de la technologie.

    La gigantesque augmentation de la productivité agricole que vit la Grande-Bretagne au cours du XVIIIe siècle fournit à certaines familles paysannes la prospérité nécessaire pour disposer d’un métier à tisser à domicile et ainsi compléter leurs revenus précaires.

   Mais les innovations techniques qui permettent cet accroissement de la production provoquent également une perte de travail pour de nombreux paysans, qui émigrent alors vers les villes en perpétuelle expansion. Là-bas, les ouvriers qualifiés et les apprentis qui travaillent dans les ateliers et les commerces urbains voient se remplir les faubourgs d’une nuée de paysans expulsés et en quête de travail…

Ferran Sánchez, historien (Histoire & Civilisations)

Deux luddites s'en prennent à un métier Jacquard (gravure publiée dans le Penny Magazine en 1844)( illustration du Net )

 

Migrations des campagnes vers les villes

   Dans ces zones urbaines, les gens s’arrachent les livres de radicaux tels que Thomas Paine ; ils témoignent même de la sympathie pour les Jacobins qui ont pris la tête de la Révolution française. En 1794, l’accroissement de la tension politique et sociale pousse le gouvernement à suspendre  » l’Habeas corpus  », la loi garantissant la liberté juridique individuelle fondamentale des détenus.

   Cinq ans plus tard, les  »Combination Acts   » interdisent les associations de travailleurs, ce qui rend impossible les négociations collectives. Le conflit entre ouvriers et employeurs ne tarde pas à éclater, appuyé par un État redoutant l’union du radicalisme politique et des revendications en matière de travail.

   Certains artisans et paysans qui ont pu acheter une machine ont réussi à accumuler un petit excédent de capital et l’investissent dans l’industrie naissante, acquérant de nouvelles machines. La concurrence entre ces premiers industriels pousse à la course à l’innovation, afin de produire toujours plus vite et moins cher.

   Cette demande provoque une cascade d’inventions multipliant la capacité de production, notamment avec l’utilisation de la machine à vapeur dans ces premières usines. Ce qui déclenche l’hostilité des fileurs et des tisserands, car elle réduit le besoin en main-d’oeuvre.

    Déjà en 1778, dans le Lancashire, des artisans avaient détruit des métiers à tisser mécaniques, parce qu’ils faisaient baisser leurs salaires et dévaluaient leurs qualifications. Ces artisans voient leur savoir-faire durement acquis ne plus servir à rien face à la concurrence des machines. Ils s’entassent dans les usines, sous le joug des contremaîtres, ils sont soumis à des règlements stricts et à des punitions sévères en cas d’infraction, ainsi qu’au contrôle du temps marqué par la sirène de l’usine et au rythme bruyant de la machine.

   Aux durs changements du monde du travail et à la portée limitée des politiques s’ajoute, en 1806, l’interdiction du commerce entre les ports britanniques et les ports européens, ordonnée par Napoléon. En pleine guerre contre la Grande-Bretagne, cette interdiction prive les Anglais de beaucoup de marchés, mettant au chômage de nombreux ouvriers et obligeant de nombreux hommes d’affaires ( privés de matières premières de qualité par le blocus  ) à produire des marchandises médiocres.

Un chef nommé Ned Ludd

Le chef des luddites, gravure anonyme publiée en 1812Les luddites doivent leur nom au Général Ludd, un personnage qui aurait signé les lettres de menaces que les manufacturiers ont commencé à recevoir en 1811. Il semblerait  que ce nom soit celui d’un apprenti faiseur de bas de Leicester, Ned Luddlam, qui a détruit à coups de marteau le métier de son maître en 1779. Les leaders anonymes qui organisent les premières protestations dans la région de Nottingham lui empruntent son nom et signent avec lui les missives qu’ils envoient aux patrons. Ils veulent créer une figure emblématique, capable d’inspirer la terreur à leurs riches et puissants ennemis.

Expéditions punitives :

   C’est dans ces conditions qu’éclate le conflit. Tout commence à Arnold, un village près de Nottingham, la principale ville manufacturière du centre de l’Angleterre. Le 11 mars, sur la place du marché, les soldats du roi dispersent une réunion d’ouvriers au chômage. Cette même nuit, près d’une centaine de machines sont détruites à coups de masse dans les usines qui ont baissé les salaires.

    Il s’agit de réactions collectives, spontanées et dispersées, mais qui ne tardent pas à acquérir une certaine cohésion. En novembre, dans le village proche de Bulwell, des hommes en masque brandissant des masses, des marteaux et des haches détruisent plusieurs métiers à tisser du manufacturier Edward Hollingsworth. Lors de l’attaque, une fusillade éclate, et un tisserand perd la vie.      La présence des forces militaires empêche l’embrasement de la région, mais l’orage gronde.

    C’est alors que les manufacturiers commencent à recevoir de mystérieuses missives, signées par un certain Général Ludd. Ce personnage imaginaire donne son nom à un mouvement de protestation qui, sans être centralisé, est bien le fruit d’efforts coordonnés, peut-être suggérés par d’anciens soldats qui, en plus de lettres anonymes menaçantes et de tracts appelant à l’insurrection, organisent aussi des expéditions punitives nocturnes.

   Le 12 avril 1811, la première destruction d’une usine se produit, lorsque 300 ouvriers attaquent la filature de William Cartwright, dans le Nottinghamshire, et détruisent ses métiers à tisser à coups de masse. La petite garnison chargée de défendre le bâtiment blesse deux jeunes contestataires, John Booth et Samuel Hartley, qui sont capturés et meurent sans révéler le nom de leurs compagnons.

   En février 1812, le Parlement approuve la  » Frame-Breaking Bill  », qui inflige la peine de mort à toute personne détruisant un métier à tisser. L’opposition est minime. Lord Byron, dans le seul discours qu’il prononcera à la chambre des Lords, demande :  » N’y a-t-il pas assez de sang dans votre Code pénal ?  »

Crtawford Mill a été fondée par Richard Arkwrright en 1771. Dédiée au fil de coton, elle est la première fabrique textile à énergie hydfraulique

La protestation bascule dans le crime

Assassinat de William Horsfall, gravure de Phiz (The Chronicles of crime, 1887)William Horsfall, propriétaire d’une fabrique textile employant 400 travailleurs à Marsden, a promis que le sang des luddites arriverait jusqu’à sa selle.
   En fait , c’est son propre sang qui l’a tachée, puisqu’en avril 1812, il est gravement blessé par balle lors d’une embuscade de luddites. Ces derniers lui reprochent d’être  » l’oppresseur des pauvres  »  et l’abandonnent, blessé, sur le chemin.
   Un autre manufacturier vient à son secours, mais Horsfall meurt au bout de 38 heures. En janvier 1813, trois luddites accusés de l’assassinat sont pendus à York. Ils n’ont jamais admis avoir participé aux faits.

Procès à la chaîne :

   La répression se poursuit : 14 exécutions ont lieu et 13 personnes sont déportées en Australie. Pourtant, cette main de fer n’arrête pas les luddites, au point que 12 000 soldats sont réquisitionnés pour les pourchasser, alors que seuls 10 000 Britanniques luttent contre Napoléon sur le continent. Cela montre non seulement la terreur que les luddites inspirent aux classes dominantes, mais aussi les dimensions que prend cette  » guerre civile  » entre le capitalisme montant, qui repose sur l’industrie, la discipline au travail et la libre concurrence, et les luddites, qui revendiquent des prix justes, un salaire convenable et la qualité du travail.

   En dénonçant l’accroissement du  rythme du travail qui les enchaîne aux machines, les luddites dévoilent l’autre visage de la technologie. Ils remettent en question le progrès technique d’un point de vue moral, défendant la coopération contre la concurrence, l’éthique face au bénéfice : ils ne renient donc pas toute technologie par une résistance obtuse au changement, mais uniquement celle qui s’en prend au peuple. Ainsi leurs attaques sont-elles ciblées : ils brisent les machines qui appartiennent à des patrons qui produisent des objets de mauvaise qualité, à bas prix et avec les pires salaires. Vus sous cet angle, les luddites pourraient être considérés comme des activistes d’un mouvement capital, réclamant une utilisation de la technologie en accord avec les besoins humains.

    La répression du gouvernement connaît son paroxysme lors d’un spectaculaire procès qui se déroule à York en janvier 1813. L’exécution de 17 luddites y est prononcée. Quelques mois plus tôt, une série de procès à Lancaster s’était soldée par 8 pendaisons et 17 déportations en Tasmanie. Les peines très lourdes et la reprise économique qui se profile avec la fin des guerres napoléoniennes étouffent le mouvement luddite en 1816. Mais sa tragédie soulève une question inquiétante : jusqu’à quel extrême doit conduire le progrès ?

  Une vie à minima

   Les métiers mécaniques impliquent la dégradation des conditions de vie des anciens tisserands à la main, qui voient leurs revenus passer de 21 shillings en 1802 à 14 en 1809. En 1807, plus de 130 000  ! de ces travailleurs signent une pétition en faveur de l’établissement d’un salaire minimal.

Il y a environ ….


188 ans:

26 mars 1832 :   Epidémie de choléra ( même  » pandémie   » ) ….Aujourd’hui = pandémie  » corona virus  »……..L’histoire = un éternel recommencement ……

 


     Depuis longtemps, on l’attendait. Après avoir, de 1817 à 1820, ravagé les Indes, d’où il essaima jusqu’en Extrême-Orient, le choléra envahissait, en 1821-22, la Mésopotamie, la Perse, la Syrie, et les bords de la mer Caspienne. Quatre ans plus tard, il se réveillait dans le Hedjaz, et, par les pèlerins de la Mecque, se répandait en Turquie d’Asie (juillet 1830), en Egypte et en Tunisie (1831).

Le 20 septembre 1830, Moscou était contaminé, et l’été 1831, le choléra gagnait la Finlande, la région de Saint-Pétersbourg, la Livonie, la Courlande, la Lituanie. Par les ports baltes (Riga, Dantzig), la contagion envahit le Brandebourg, la Poméranie, Hambourg. La navigation l’apporta en Angleterre : le choléra se manifesta à Sunderland, près de Newcastle, en novembre 1831 ; à Edimbourg à la fin de janvier 1832 ; à Londres le 10 février ; et, signalé le 15 mars à Calais, il gagnait, d’un seul bond, Paris.

   Au sein de la capitale, quelques cas précurseurs, sporadiques, les uns douteux, les autres étiquetés cholérine, s’étaient déjà manifestés. A la caserne de pompiers du Vieux-Colombier, on avait vu dix-sept sapeurs atteints le 3 août 1831 ; vingt-deux le 4 septembre, quarante-trois le 4 octobre. Mais leur chirurgien-major, Treille, grand broussaisien, était arrivé, par l’administration de glace et de lavements opiacés, à éteindre l’incendie de leurs entrailles. En 1832, dès le 6 janvier, un étudiant en médecine succombait en trente-six heures, rue Hautefeuille. Le 6 février, un concierge de la rue des Lombards mourait dans les mêmes conditions, que le docteur Lebreton signala le 22 février à l’Académie de médecine.

Le choléra à Paris. Avril 1832

Le choléra à Paris. Avril 1832

L’épidémie véritable éclatait le 26 mars 1832, près de sept semaines après son invasion à Londres. Quatre personnes furent frappées tout à coup presque simultanément et moururent en peu d’heures, dans la rue Mazarine, dans les quartiers de la Cité, de l’Hôtel-de-Ville et de l’Arsenal. Dès le 31 mars, cinquième jour de l’invasion, il y avait déjà à Paris 300 malades, et sur les 48 quartiers de la ville, 35 étaient envahis. Le troisième arrondissement était seul épargné. Du 31 mars au 1er avril, l’épidémie se répandit dans toute la capitale.

  Et comme si cette peste inexorable n’avait pas encore assez de la proie humaine, un élève chirurgien au Val-de-Grâce déclara en avril qu’elle s’attaque aux vaches et aux dindons ; certains journaux de province parlent même du choléra des poules et des chats ! Devant un mal qui, en quelques instants, faisait d’un vivant un spectre livide et glacé,  » cadavérisé  » disait un des pionniers de la physiologie expérimentale moderne, le médecin François Magendie (1783-1855), la panique se déchaîna.

Le 31 mars, dans les Tuileries en émoi, on ne parlait qu’épidémie. La terreur, écrit un témoin, était plus horrible que celle de 1793, car la mort vous abattait dans l’ombre :         »   C’était, dit Heine, un bourreau masqué qui marchait dans Paris, escorté d’une invisible guillotine.  »  Aux mains de la statue de Henri IV, sur le Pont-Neuf, on mit un drapeau noir. Ceux qui purent s’enfuir s’allèrent terrer en province. Mais le choléra  » montait en croupe et galopait   » avec les voyageurs. 

   À ceux qui restent, la capitale n’offre plus que des rues désertes. Plus d’échoppes. Fermés, les boutiques des quais, les éventaires des bouquinistes des parapets. On cesse, pendant quelques jours, de payer péage au pont des Arts. Il n’y a de mouvement que sur le Pont-Neuf, où des brancards chargés de morts ou de mourants se dirigent vers l’Hôtel-Dieu. Ailleurs, de rares passants, souvent de deuil vêtus, se hâtent, d’un pas inquiet, le mouchoir sur la bouche.

    Chacun se gare de son voisin. On ne voit guère de rassemblements qu’à la porte des pharmaciens, où l’on fait queue. Le camphre monte de 5 à 24 francs. Le bruit se répand que les riches ont accaparé tous les médicaments ; et parfois la foule proteste, devant les officines, contre le renchérissement des produits.

   Médecins et pompes funèbres sont débordés. Des corbillards, à la file, remplacent, au coin des rues, les stations de fiacres de jadis. Chateaubriand les voit passer, rue de Sèvres, quêtant de porte en porte. On leur crie, par les fenêtres :  » Corbillard, ici !  »  et on descend,  » cahin-caha  » , des étages, les lugubres fardeaux qui s’entassent, retenus par des cordes.

    Les corbillards manquent ; d’urgence, on en commande cinquante. Les ouvriers, auxquels on a fait valoir les dangers du surmenage, se refusent au travail de nuit :  » Nous préférons, disent-ils, la vie à votre haute paye.  » Alors, on s’adresse au ministre de la Guerre, lequel prête des fourgons du dépôt d’artillerie. Ils font le service dans la rue du Cherche-Midi.

Mais ces lourds véhicules, mal suspendus, mal graissés, secouant les cercueils jusqu’à les déclouer, font un tel tapage nocturne que les bourgeois s’apeurent au passage des chars de la mort. Au bout de vingt-quatre heures, on y renonce. On s’avise de réquisitionner des tapissières de déménagement, où les cadavres seront moins bousculés. Bien qu’on les ait drapées de noir, de voir les morts transformés en colis, l’opinion, derechef, se scandalise. Alors, on prend des cabriolets, des fiacres ; et, des cercueils posés en travers, les extrémités débordent des portières. Il arrive que, des bières entassées dans ces chars hétéroclites, parfois, une roule par terre, jetant son mort sur le pavé. Enfin, les carrossiers étant arrivés, sans se fatiguer, à livrer les cinquante corbillards promis, le transport des cadavres deviendra plus facile et plus décent.

Caricature anti-cholérique. Homme expliquant à deux femmes sa façon d'éviter le choléra

Caricature anti-cholérique. Homme expliquant à deux femmes sa façon d’éviter le choléra :
 » Moi je traite le choléra par le champagne, c’est le système Mayeux, nom de D… !  »

Jules Janin rencontra, rue Neuve-des-Poirées, un de ces véhicules rempli de bières jusqu’au comble :  » Il me sembla, dit-il, qu’il m’écrasait. Une sueur froide inondait mon visage, mes dents claquaient. Quoi donc, me disais-je, toute une maison morte ? Quelle peste est-ce donc là qui entasse tant de cadavres ?  » Il ne put se tenir d’en parler le lendemain au concierge du lycée Louis-le-Grand.  »  Rassurez-vous, lui dit Rombaux, la chose est plus simple que vous le pensez : dans cette maison déserte est renfermé le dépôt des bières de notre arrondissement. Tous les trois jours, choléra ou non, et la nuit, et à cette heure, pour n’effrayer personne, l’administration des Pompes funèbres envoie à la provision.  »

    Le cercueil est encore  un luxe, et n’en a pas qui veut. Les menuisiers sont éreintés. Les cercueils manquant, on les fait resservir ! Faute de mieux, on empile, à nu, les cadavres dans des sacs.

    L’épidémie atteignit son maximum au 9 avril, jour où il y eut 814 décès. Le 14 du même mois, dix-huit jours après le début, le fléau était arrivé à un tel degré qu’on comptait 12 à 13 000 malades et 7 000 morts. L’épidémie resta stationnaire durant six jours environ. À dater de ce moment le mal commença à décroître ; les décès tombèrent de 756 à 651 ; le 30 avril, ils étaient à 114 ; et du 17 mai au 17 juin on n’en comptait plus que 15 à 20 par jour. Cependant vers la fin de ce dernier mois, le troisième de l’épidémie, et au commencement de juillet, une recrudescence très grave se manifeste. Le 9 juillet, 710 personnes succombent ; le 18, la mortalité est remontée à 225. Cette recrudescence dura peu ; et dès le 28 juillet il n’y avait plus que 25 à 30 morts chaque jour.

    La maladie se tint dans ces limites pendant toute la durée d’août et le commencement de septembre, époque à laquelle elle diminua sensiblement. Le 1er octobre on put la considérer comme éteinte. Cette seconde phase de l’épidémie présenta à la fois une durée plus longue et une intensité moins grande que la première. Toutes deux sévirent d’ailleurs également dans les mêmes parties de la ville.

   La durée totale du choléra épidémique à Paris avait été de plus de six mois, du 26 mars au 30 septembre,  » d’un équinoxe à l’autre.  » Dès le 28 mars, l’épidémie s’était étendue de Paris à la banlieue, et le 31 il y avait déjà des malades et des morts dans neuf communes rurales (Charonne, Saint-Denis, la Chapelle, Puteaux, Arcueil, Vanves, Vaugirard, Grenelle et Passy). Dans tout le cours du fléau, sur les quatre-vingts communes du département de la Seine, trois seulement furent complètement épargnées par le fléau : Drancy, dans l’arrondissement de Saint-Denis, Chatenay et le Plessis-Piquet dans celui de Sceaux.

   En 1832, la population de Paris était de 785 862 habitants, et celle du département de 945 698 ; sur ce nombre, le choléra coûta à la capitale de la France, en tout 18 402 victimes, dont 12 733 pour le seul mois d’avril ; ce qui donne un rapport de 23,42 décès sur 1000 habitants. La mortalité fut sensiblement égale entre les deux sexes. Au niveau national, cette épidémie causa le décès de plus de 100 000 personnes.

C’était en mars …..


   Il y a environ 101 ans :

  Le 23 mars 1919 : Création des  » fascis  » , à Milan, sur la place San Sepolcro, Benito Mussolini crée les premiers Faisceaux italiens de combat (Fasci italiani di combattimento). Ces groupes paramilitaires  forment l’embryon du futur Parti national fasciste.

    L’adjectif  » fasciste  » , promis à une diffusion planétaire, va désigner à partir de 1936 et de la guerre d’Espagne tous les mouvements totalitaires d’extrême-droite, antidémocratiques et nationalistes. Mais à ses débuts, sitôt après la Grande Guerre, le fascisme de Mussolini se veut pleinement révolutionnaire, ancré dans la modernité, en rupture radicale avec la bourgeoisie, avec l’objectif de créer un Homme nouveau au service de l’État…

Un mouvement d’inspiration léniniste

   Avant la  » Grande Guerre  » , quand il était militant socialiste et révolutionnaire, le futur Duce avait fréquenté en Suisse les exilés bolcheviques. Il avait eu connaissance de la théorie de Lénine selon laquelle l’accession au pouvoir devait s’appuyer sur une organisation paramilitaire constituée de révolutionnaires  » professionnels  » .

Publication fasciste typique des années 1920Il bâtit son mouvement en prenant exemple sur le leader russe et utilise ses talents d’orateur… et de son regard fascinant pour attirer en son sein des  » arditi  », anciens combattants des troupes d’élite ou des corps-francs, qui ont de la difficulté à se reconvertir à la vie civile.

    Des syndicalistes ouvriers victimes des désordres économiques et d’autres laissés-pour compte se joignent à ces jeunes gens .

     À tous, Mussolini propose un programme politique fédérateur, vaguement socialiste et nationaliste, mais en tous points révolutionnaire. Lui-même s’inscrit dans la continuité du  » Risorgimento  », ( le mouvement d’unification de l’Italie au XIXe siècle ) .

    C’est ainsi qu’il revendique au nom de l’Italie les territoires promis par le traité de Londres, déclare la guerre aux socialistes et au bolchevisme, dénonce par ailleurs le capitalisme, exige l’abolition du Sénat et l’élection d’une Assemblée constituante, demande l’abolition du service militaire obligatoire, se prononce enfin pour une République laïque.

     Plus que tout, il ambitionne de remodeler la nature humaine et régénérer l’Homme italien pour le mettre au service d’un État divinisé. Cela implique, comme dans la Russie bolchévique, un régime totalitaire, ne laissant aucune place aux libertés individuelles.

      Programme   » révolutionnaire  »  qui va, il est vrai, beaucoup évoluer au gré du temps et des circonstances.

Une ascension rapide……….

Fin  1919, le mouvement fasciste est encore très marginal. Il ne compte que 17 000 membres et n’obtient aucun élu aux élections législatives de novembre. Mussolini lui-même n’obtient à Milan que 4 800 voix contre 170 000 pour le candidat socialiste.

   Dans la mouvance nationaliste, Mussolini est éclipsé par le prestige du poète nationaliste Gabriele d’Annunzio Annuncio, héros de l’équipée de Fiume.(Gabriele D’Annunzio se transforme en putschiste en envahissant avec des volontaires, anciens combattants, le territoire de Fiume sur le côté Adriatique (aujourd’hui Rijeka en Croatie ) 

 

Sa déception est telle qu’il songe un moment à émigrer aux États-Unis.

Tout change l’année suivante…….

    L’ancien leader socialiste continue d’utiliser une  » phraséologie révolutionnaire  » , anticapitaliste et antibourgeoise mais, pendant l’été 1920, tandis que se multiplient les troubles sociaux et les grèves dans les grandes villes industrielles du nord et les campagnes du sud, il prend le parti de la contre-révolution.

    Il crée une milice au sein de son Parti. Ce sont les squadre (escouades) dont les membres, les squadristi, se signalent par le port d’une  »Chemise noire  », d’où leur surnom.

   Mussolini emprunte sans vergogne à d’Annunzio les recettes qui ont fait son succès médiatique : le cri de guerre (A noi !), le salut, bras levé, le poignard brandi de façon martiale et jusqu’à l’uniforme, avec la chemise noire. fascistes

   En toute illégalité, ses miliciens armés d’un gourdin, motorisés et encadrés par d’anciens officiers sillonnent villes et campagnes et intimident de toutes les façons possibles (bastonnades, purges à l’huile de ricin ou assassinats…) les syndicalistes, les grévistes et les militants socialistes ou communistes.

   La police, les magistrats, les policiers et le gouvernement lui-même laissent faire. Les patrons n’hésitent pas à financer grassement le Parti fasciste.

     Passant à plus de 700 000 membres en 1922, le Parti national fasciste ne parvient  toutefois pas à séduire le corps électoral et c’est par le recours à la force et à la menace qu’en fin de compte Mussolini arrivera à conquérir le pouvoir….

C’était il y a environ…..


149 ans

Le 18 mars 1871 exactement :

   Une émeute éclate à Paris, sur la butte Montmartre. Adolphe ThiersRésultat d’images pour Adolphe Thiers , chef du gouvernement provisoire de la République, renonce à la réprimer et s’enfuit à Versailles avec le gouvernement .

   C’est le début  de la  » Commune  » . Maîtres  » malgré eux  » de la capitale, les révolutionnaires et militants socialistes et ouvriers vont offrir à la bourgeoisie républicaine l’occasion de se débarrasser une fois pour toutes de la  » question sociale  ». Il y aura 20 000 victimes.

Provocations

  À l’automne précédent, après avoir capturé l’empereur Napoléon III et son armée à Sedan, les Prussiens ont assiégé la capitale et le gouvernement de la Défense nationale, qui s’est entre-temps réfugié à Bordeaux, a décidé de  signer un armistice.

Les vainqueurs se voient accorder le droit de défiler le 1er mars 1871 à Paris, qualifiée de  » capitale en deuil  », devant des statues recouvertes d’un voile noir. Les Parisiens ruminent leur humiliation. Après avoir soutenu un siège très pénible, ils se sentent trahis par leurs gouvernants.

   La nouvelle Assemblée  où dominent les monarchistes attise les tensions. Après l’arrêt des combats contre les Prussiens, elle renonce à revenir à Paris et quitte Bordeaux pour… Versailles, la ville royale !

   Dès le lendemain, parmi ses premières mesures, le gouvernement lève sans préavis le moratoire sur le remboursement des effets de commerce et des loyers qui avait été instauré au début de la guerre. Il supprime aussi l’indemnité due à la garde nationale (30 sous par jour). A Paris, la garde nationale rassemble pas moins de 180 000 hommes issus de la petite bourgeoisie et du monde ouvrier qui se sont portés volontaires pour défendre la capitale contre l’ennemi et se sont habitués à vivre sous les armes.

Massacre:

   L’atmosphère s’échauffe. Thiers décide de récupérer 227 canons financés par les Parisiens en vue de la défense de la capitale. La garde nationale les a disposés sur les buttes de Montmartre et de Belleville pour les mettre hors d’atteinte des Prussiens lors de leur entrée dans la capitale.

   Le 18 mars, Thiers envoie une colonne de 4 000 soldats avec l’ordre de les récupérer. On sonne le tocsin. La foule s’assemble. Les soldats se débandent ou se rallient au petit peuple.

   Le général Lecomte, qui commande l’une des brigades, est fait prisonnier. Un autre général, Clément-Thomas, qui se promène sur les boulevards, est arrêté à son tour par les émeutiers ; on lui reproche d’avoir participé à la répression de juin 1848.  Les deux hommes sont exécutés par la foule.

   Des émeutes se produisent au même moment dans d’autres quartiers de Paris. Adolphe Thiers renonce à les réprimer. Peut-être juge-t-il l’entreprise trop risquée avec 30 000 soldats à la fidélité incertaine face aux 150 000 hommes de la garde nationale ? Il ordonne donc à l’armée et aux corps constitués d’évacuer sur le champ la capitale. L’évacuation commence avant même le meurtre des généraux Lecomte et Clément-Thomas. Elle est achevée le soir même.

Confusion:

   Abandonné par la République, Paris s’en remet à des militants jacobins nostalgiques de la  » Grande Révolution  » (celle de 1789), à des anarchistes, des socialistes et des utopistes. Pris de court par le vide du pouvoir, ces militants ( qui sont une trentaine ) se réunissent dans la plus grande confusion à l’Hôtel de ville.

  Ils organisent des élections municipales le 26 mars mais la majorité des Parisiens s’en désintéressent (229 000 votants sur 485000 inscrits). Il est vrai que beaucoup de bourgeois ont pour fuit la capitale.

  La Commune est cependant   proclamée dans la foulée des élections le 28 mars 1871. Elle est représentée par une assemblée de 79 élus et son nom fait référence à la Commune insurrectionnelle qui mit bas la royauté le 10 août 1792.

   Paris doit alors supporter un deuxième siège, non par les Prussiens mais par l’armée française. Il s’achèvera dans la tragédie, avec la Semaine Sanglante, deux mois plus tard. La blessure, jamais cicatrisée, continue de séparer en France la gauche de la droite.

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C’était il y a environ….


……194 ans : Mort  de P.Blancart  (qui introduisit le chrysanthème Résultat d’images pour images, photos fleur chrysanthèmeen France )
 
 
      P.Blancart était , parait il ,  » doté  » d’une  intelligence remarquable se portant vers les observations scientifiques,  passionné pour les voyages et les aventures, le capitaine au long cours Pierre Blancard rapporta en France de ses nombreux voyages le chrysanthème ou  »  fleur d’or  »…

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    Pierre Blancard naquit à Marseille, le 21 avril 1741, d’une famille connue depuis le XVe siècle  ( qui a donné son nom à la gare et au quartier de la Blancarde ) . À l’âge de 25 ans, influencé par son  son père, capitaine de navire, et investi de la confiance de plusieurs grandes maisons de commerce de la ville, il fit d’abord, aux Antilles, une dizaines de campagnes en qualité de  » subrécargue  »  ( dont une année en course sur la frégate La Fortune ) qui lui permirent de devenir capitaine.

En 1769, le privilège exclusif de l’ancienne Compagnie des Indes orientales étant supprimé, les différentes villes de commerce s’empressèrent de faire des armements pour ces contrés, et Blancard fut chargé des opérations commerciales de la frégate La Thétis, que le gouvernement avait accordée à une maison de Marseille .

Médaillon donnant le portrait de Pierre Blancard et apposé sur la tombe de celui-ci

Médaillon donnant le portrait de Pierre Blancard et mis sur sa tombe .

 Le  » hardi et savant   » navigateur accomplit donc, de 1769 à 1793, d’importants voyages aux Indes, au cours desquels il se livra à d’utiles observations d’hygiène navale et à des travaux fort estimés sur les problèmes de longitude, la direction et la vitesse des courants à diverses époques de l’année et aux environs de la ligne équinoxiale, etc.

  Il est même allé  jusqu’à Batavia en 1772 ; à Moka, en 1774, il força le gouverneur à se conformer aux clauses du traité conclu pour la France en 1737 par la  » Garde-Jazier  ». En 1777, la frégate  »Le Duras  », qu’il commandait, fit naufrage le 12 avril, sur les écueils  bordant les Maldives. La guerre qui éclata en 1778 entre la France et l’Angleterre, puis le rétablissement de la Compagnie des Indes, après la paix, obligèrent Blancard à naviguer sous les pavillons toscan et autrichien et à effectuer son retour à Livourne et à Ostende.

  Dans une de ses dernières traversées, il fut obligé,  suite aux événements qui se déroulaient alors en Europe, de se diriger vers l’Amérique du Nord pour échapper aux dangers que pouvait courir la riche cargaison de son navire, et, malgré croisières et corsaires, il atteignit Philadelphie après avoir effectué 3 200 lieues marines en 71 jours, soit une moyenne de 46 lieues par 24 heures, ce qui constituait, pour l’époque, un véritable record.

 À l’âge de 52 ans, Pierre Blancard abandonna la navigation et se retira dans sa ville natale. C’est à Marseille qu’il écrivit son Manuel du Commerce des Indes Orientales et de la Chine, ses Observations Nautiques et son Essai sur un nouveau moyen de reconnaître les courants en mer.

Blancard fut reçu à  l’Académie de Marseille  en 1808 .  » Notre  » capitaine de marine mourut à Aubagne le 16 mars 1826, à l’âge de 85 ans.

 Le fait de la vie de Blancard, qui devait le faire passer à la célébrité, remonte à l’année 1789. En mai 1787, il quitta Bombay et fit voile vers la Chine. Début  août, il atteignit  Canton, et y découvrit une fleur inconnue en Europe, la fleur sacrée, la fleur d’or : Ju Hua, symbole de l’Empereur, la fleur aux 16 pétales brodée sur des vêtements sacrés, le Kikumon (issu de kiku, le chrysanthème, et de mon, le blason) ; une plante extraordinaire que la mythologie chinoise fait éclore sur l’île de la Libellule et qui possède la vertu de conserver une permanente jeunesse. Evidemment, la fleur est protégée.

Et c’est en 1789 que Pierre Blancard, à bord du Saint-Charles, rentra à Marseille de   son cinquième voyage aux Indes, rapportant trois variétés de   »chrysanthèmes indicum   »qu’il avait cachés sous sa houppelande. Pour l’arroser et le conserver, il avait restreint les rations d’eau de son équipage. Il remit les trois variétés à l’abbé Thomas de Ramatuelle, d’Aix-en-Provence, qui les fit parvenir au Jardin des Plantes de Paris. Une seule, à fleurs pourpres, survécut. Le chrysanthème venait de faire son apparition en Europe…..

 En 1808, reçu à la Malmaison, Pierre Blancard offrit à l’Impératrice, charmée, les premiers chrysanthèmes dont il avait rapporté la plante en France et qu’il avait pieusement cultivés dans son petit jardin d’Aubagne. Il s’était retiré dans cette ville et y avait rédigé le récit de ses campagnes aux Indes, ouvrage brillant qui lui ouvrit, cette même année 1808, les portes de l’Académie de Marseille, le capitaine de marine faisant également partie du Conseil d’Agriculture, des Arts et du Commerce de cette ville.

Pierre Blancard mourut à Aubagne le 16 mars 1826, à l’âge de 85 ans. Sur sa tombe est inscrit :  » A cause d’une fleur, on se souvient de lui  ».

C’était il y a environ ….


114 ans

10 mars 1906 :

La catastrophe de Courrières

  Le 10 mars 1906 se produit une dramatique explosion dans une mine de charbon située sous trois communes proches de Courrières (Pas-de-Calais) : Méricourt, Billy Montigny et Sallaumines.

Une catastrophe comme on n’en avait jamais connue , d’une ampleur sans précédent :

  Avec officiellement 1 099 victimes. Certains estiment plus vraisemblable le chiffre de 1 200 mineurs restés ensevelis dans les galeries sur un total de 1 800 qui étaient descendus ce matin-là.

   Le point de départ de cette tragédie est l’explosion d’une nappe de grisou (gaz) dans le chantier Lecoeuvre. La présence de ce gaz avait été suspectée quelques jours plus tôt par des mineurs de fond mais la compagnie n’avait pas tenu compte de leurs avertissements

Le coup de grisou ayant soulevé la poussière de charbon, celle-ci, beaucoup plus explosive que le grisou, s’est vite mise en  » auto-combustion  » et la flamme a parcouru 110 km de galeries en moins de 2 minutes ! C’est ce que les mineurs  appelaient  un  » coup de poussière  ».

La catastrophe est immédiatement médiatisée, les journalistes et photographes arrivant sur place en même temps que les équipes de secours. L’émotion dépasse les frontières. Des équipes de sauveteurs arrivent avec des matériels sophistiqués du Borinage belge et même de la Ruhr allemande (cela quelques années à peine avant la  » Grande Guerre  »…).

Les opérations de sauvetage entraînent elles-mêmes  16 morts, surtout dans les premières heures, lorsque des mineurs s’enfoncent sans attendre dans la mine, à la recherche de leurs proches.

Catastrophe de Courrières ; obsèques des victimes (Pas-de-Calais), 10 mars 1906

De la catastrophe à la révolte :

   La compagnie minière hâte les opérations de secours pour relancer au plus vite l’exploitation !! Indignées, les 50 000  » gueules noires  » du bassin minier multiplient les appels à la grève. Leur colère déborde lorsque, le 30 mars, treize rescapés remontent de la mine, apportant la preuve qu’il serait encore possible de sauver des vies. Un quatorzième et dernier mineur est sauvé le 4 avril. La multiplication des débrayages met en péril l’approvisionnement du pays en charbon, combustible principal de l’époque.

Le tout nouveau ministre de l’Intérieur Georges Clemenceau,Clemenceau dont l’énergie est à la mesure de ses convictions républicaines et sociales, se rend à Lens et,  » courageusement  » , tente de raisonner les mineurs. N’y parvenant pas , il fait donner sans ménagement la cavalerie et l’armée. Jusqu’à 20 000 hommes. Les affrontements font une victime : Un officier tué d’un coup de pierre.

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Rescapés :

Bien malgré eux, les mineurs de la région de Courrières ont enrichi la langue française d’un nouveau mot d’origine picarde : rescapé (ou escapé), variante dialectale du français réchappé.

N.B : La répression de la révolte minière par Clemenceau a aussi valu à ce dernier d’être qualifié de  » briseur de grèves  » (l’expression naquît à cette occasion).

C’était il y a …


   Environ 189 ans !

 

   9 mars 1831 : Création de la Légion étrangère …..

     C’est suite à la dissolution du régiment de Hohenlohe le 5 janvier 1831, que le roi Louis-Philippe 1erlouis philippe 1er reprend la tradition des régiments étrangers attachés à la monarchie (Suisses, Irlandais, Hongrois, Polonais…). Il fonde la Légion étrangère par la loi du 9 mars 1831 en vue d’encadrer les recrues étrangères, à commencer par les mercenaires suisses. Il renoue ainsi  avec la tradition des régiments étrangers attachés aux rois de France. Le décret précise que la légion  » ne pourra être employée que hors du territoire continental du royaume  » (article 1er) mais cette clause sera contournée par la force des choses quand le territoire sera envahi, en 1870, 1914-1918 et 1940. ( En plus ,les recrues ne sont pas obligées de s’engager sous leur véritable identité ) …Les épreuves à passer pour le recrutement sont très difficiles …

    C’est en Algérie que la légion s’illustre pour la première fois, sous la devise :  » Honneur et Fidélité  » , avant d’acquérir ses lettres de noblesse à Camerone (Mexique). Ses unités sont d’abord regroupées par nationalités pour   » pour faciliter le commandement  » mais cette disposition s’avère très vite source de tensions et dès 1835, le colonel Bernelle impose l »’ amalgame  » avec le français pour langue unique de commandement. Résultat d’images pour illustrations,images légionnaires en 1800<= légionnaire en ?

Résultat d’images pour illustrations photos soldat légion étrangère<= Légion étrangère aujourd’hui ….

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