Minute …


…..de silence ? Pourquoi ?

 

Aujourd’hui considérée comme l’un des principaux symboles de recueillement, la minute de silence se tient lors de rassemblements de personnes pour rendre hommage aux disparus. Mais quelle est  son origine ? 

   1 )  Déjà le principe de la minute de silence : soixante secondes sans un bruit pour permettre à une foule de commémorer et de se recueillir au même moment. Tout comme le deuil national, elle s’est démocratisée et peut être décrétée par le chef de l’État pour l’ensemble du pays. Mais pourquoi ce procédé ? 

Une prière laïque pour les morts ? ! 

  Ce serait simplement une sorte de  »prière laïque » . Historiquement, l’idée était de faire une prière, un chant religieux, pour souligner cet hommage. Mais puisque l’État se veut désormais laïc, il a fallu trouver un autre moyen de commémorer  »tous les morts pour la France, d’hier comme ceux d’aujourd’hui, civils et militaires », indique une loi de 2012.

Une foule qui se tait, qui cesse le brouhaha, cela provoque un silence lourd. Des milliers de bouches qui se ferment conjointement, en effet , ça impose le respect. Cette minute permet ainsi de respecter les morts, tout en préservant la laïcité de l’État

  » Impulsée  » par des sénateurs portugais

Quand ce processus de recueillement a-t-il été utilisé pour la première fois ? Il faut remonter  en 1912, au Portugal. Le 10 février meurt José Maria da Silva Paranhos Júnior, ministre brésilien des Affaires étrangères. À l’époque, il est l’un des premiers hommes politiques à reconnaître la République du Portugal, après le renversement de la monarchie par la Révolution de 1910.

   Le 13 février 1912, apprenant la nouvelle de ce décès, les sénateurs portugais interrompent leur séance. Mais encore sous le choc, le lendemain, ils décident de se taire : 10 minutes de silence et d’immobilisme dans l’hémicycle, en hommage à José Maria. Ainsi est née la tradition. Avec le temps, ces 10 minutes passeront à 7, 5, 2 minutes… Et à une en France.

Du bruit au silence, du silence au bruit

   C’est d’ailleurs en 1922 que la minute de silence s’est imposée dans l’Hexagone, en hommage aux morts pour le pays de la Première guerre mondiale. Chaque année depuis l’Armistice de 1918, on sonnait les cloches et tirait de coups de canon. Mais en 1919, les Anglais préfèrent le silence au bruit. Une initiative dont s’inspireront les Français dès 1922, et qui deviendra finalement la norme.

    Alors, il reste bien des petits malins qui sifflent ou crient au milieu d’une foule silencieuse. Ainsi dans les stades ces dernières années, une technique s’est développée pour couvrir les impertinents : applaudir la ou les personnes à qui l’on rend hommage. Nous verrons bien si à terme, les applaudissements supplanteront la minute de silence.

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   Et voilà, maintenant je vais faire plus d’une minute de silence  » virtuelle  » , mal de tête oblige ….

   KLIK……………Prenez soin de vous ….

Vrai ?( pas grave , personne ne lira alors..)


Ces personnages de roman qui ont (auraient ) vraiment existé :

Le comte de Monte-Cristo était cordonnier

Le comte de Monte-Cristo était cordonnier ! ?

   Auguste Maquet, collaborateur d’Alexandre Dumas, lit vers 1840, dans les archives de la police, un incroyable fait divers. En 1807, un certain Pierre Picaud, cordonnier nîmois, est victime d’une machination. Il s’apprête à se marier lorsqu’on l’accuse d’espionnage. Jeté en prison dans une forteresse italienne, il rencontre un compagnon de cellule qui lui révèle l’existence d’un trésor. Une fois libre, Picaud récupère le magot et se venge de ceux qui ont brisé sa vie… Tous ces éléments se retrouvent dans le roman de Dumas, le Comte de Monte- Cristo (1844) – sauf que Picaud s’appelle Edmond Dantès et qu’il est marin. L’auteur change aussi le lieu où il est incarcéré : la prison n’est plus en Italie mais au large de Marseille.    

     Enfin, le contexte historique n’est plus le même : Pierre Picaud a été séquestré par la police napoléonienne, et l’écrivain bonapartiste préfère faire d’Edmond Dantès une victime de la Restauration. L’action du livre se déroule donc en 1815, après la chute de Napoléon.

La véritable reine Margot était moins dévergondée

La véritable reine Margot était moins dévergondée :

   Lorsqu’Alexandre Dumas écrit sur l’épouse d’Henri IV, Marguerite de Valois (1553‐1615), dite  » la reine Margot  », il s’empresse de la déshabiller et d’en faire une experte en luxure. Ainsi fait-il de sa brève liaison avec le comte de La Mole une idylle tumultueuse et torride. En revanche, Dumas passe sous silence le génie politique bien réel de Marguerite. Le XIXe siècle avait des idées toutes faites à l’égard des femmes de pouvoir : Dumas, sur ce point, a manqué d’imagination

Quasimodo, un ouvrier de chantier ?

Quasimodo, un ouvrier de chantier ?

    En écrivant Notre-Dame de Paris (1831- 1832), Victor Hugo allait souvent observer un chantier de rénovation de la cathédrale parisienne. Or, parmi les artisans présents, il y en avait un surnommé  » le Bossu  » par ses camarades : c’est ce qu’a découvert en 2010 un chercheur anglais, Adrian Glew, en lisant les mémoires d’un autre travailleur du chantier. Taciturne, le Bossu se tenait toujours à l’écart, comme Quasimodo. Et ce tail- leur de pierre habitait à Saint-Germain- des-Prés, comme Hugo. L’écrivain l’a-t-il croisé ? A-t-il emprunté sa silhouette pour la donner au sonneur de cloches de son roman ? C’est ce que croit Adrian Glew. Il poursuit son enquête pour savoir qui était vraiment cet artisan.

Alice au pays des merveilles, la fille d'un ami

Alice au pays des merveilles, la fille d’un ami ?

   À l’été 1862, Charles Dodgson fait un tour de barque à Londres, sur la Tamise, avec les filles d’un ami. L’une d’elles, Alice Liddell lui réclame une histoire. Dodgson improvise le récit d’une enfant de son âge qui tombe dans le terrier d’un lapin. Trois ans plus tard, il publie Alice au pays des merveilles, sous le nom de Lewis Carroll

Max Gerlach, un voisin inspirant

Max Gerlach, un voisin inspirant ?

    Le héros de Francis Scott Fitzgerald a-t-il existé ? L’auteur ne l’a jamais dit, tant c’est évident. Son roman, publié en 1925, décrit Jay Gatsby, un jeune homme fabuleusement riche qui, pour conquérir une femme, organise des fêtes somptueuses dans son manoir.    

     Alors qu’il prétend appartenir à la haute société, on apprend qu’il est issu d’un milieu populaire, qu’il a changé de nom et qu’il s’est enrichi grâce au trafic d’alcool. C’est exactement le portrait d’un voisin de Fitzgerald à Long Island, Max Gerlach. Lui aussi a changé son nom (en  » Von Gerlach  ») et s’est inventé un passé pour intégrer la jet set new-yorkaise. D’abord mécanicien, il a fait fortune, comme Gatsby, grâce à la prohibition. Et, comme lui, il a des voitures extravagantes et parle avec un faux accent d’Oxford. Ce qui fait beaucoup de coïncidences.!

Sherlock, médecin comme Watson

Sherlock, médecin comme Watson ?

   Sir Arthur Conan Doyle a donné le jour à son célèbre détective en 1887. Pour le façonner, il ne s’est pas inspiré d’un policier. Il a plutôt été influencé par un homme qu’il avait croisé une dizaine d’années plus tôt, alors qu’il était étudiant en médecine. Ce professeur, le Dr Joseph Bell, fascinait ses élèves par les déductions qu’il tirait de la simple observation de ses patients. En étudiant leur façon de marcher, leur accent, l’aspect de leurs mains, il devinait leur caractère, et ses premières impressions se révélaient presque toujours justes ! Sous la plume du romancier, cette étude méticuleuse, cette rigueur logique poussée à l’extrême sont devenues les armes privilégiées du génial Sherlock Holmes pour résoudre ses affaires.

Marie Duplessis, la Dame aux camélias

Marie Duplessis, la Dame aux camélias ?

   En 1848, le jeune Alexandre Dumas, homonyme et fils de l’auteur des Trois Mousquetaires, publie un roman qui fait sensation. Derrière son héroïne, Marguerite Gautier, tout le monde reconnaît une courtisane sublime et bien réelle, Marie Duplessis, foudroyée par la tuberculose l’année précédente, à 23 ans. Marie a été la reine du Tout-Paris, collectionnant les amants… dont Alexandre Dumas. Elle portait toujours des camélias, d’où son surnom, car ces fleurs sans parfum ne lui causaient pas de migraines.   

   Dans le roman, l’écrivain reprend ce détail vestimentaire en lui donnant un tour scabreux. Les camélias que porte Marguerite lui servent à alerter ses amants de ses indisponibilités : d’habitude blancs, ils sont rouges quand elle a ses règles.

Jean Valjean, alias Pierre Maurin

Jean Valjean, alias Pierre Maurin ?

   En 1801, un certain Pierre Maurin écope de cinq ans de bagne pour avoir volé un pain. Le malheureux voulait simplement nourrir ses sept nièces et neveux, qui mouraient de faim… Lorsque Victor Hugo découvre ce fait divers, il y voit l’image même de l’injustice. Ce sera le point de départ des Misérables (1862), et Maurin deviendra Jean Valjean.

D'Artagnan, au service de Louis XIV

D’Artagnan, au service de Louis XIV ?

   Ce fameux héros de cape et d’épée a bel et bien existé. Il s’appelait Charles de Batz et avait pris le nom de sa mère, d’Artagnan, en entrant dans la compagnie des mousquetaires. Alexandre Dumas s’est inspiré de l’histoire de sa vie, parue en 1700, pour composer les Trois mousquetaires (1844). Mais l’écrivain campe d’Artagnan à 18 ans, en 1625 pour en faire le serviteur de Louis XIII et l’ennemi du cardinal de Richelieu, dont il déjoue les machinations. En réalité, à cette époque, Charles de Batz a 15 ans au plus. Il n’entre chez les mousquetaires qu’en 1644 et se rendra célèbre en 1661, quand Louis XIV le charge de l’arrestation de son pire ennemi, le seigneur Nicolas Fouquet.

Phileas Fogg, pas le plus rapide

Phileas Fogg, pas le plus rapide ?

   « Phileas Fogg, c’est moi !  » se serait écrié George Francis Train (1829-1904) en découvrant le Tour du monde en quatre-vingt jours, paru en 1872.Effectivement , deux ans avant le héros de Jules Verne (l’Anglais Phileas), ce milliardaire américain accomplit un tour de la planète en quatre-vingts jours exactement. Avant de se lancer dans cette aventure, le bien-nommé George Train a fait fortune dans le transport maritime, puis ferroviaire. Il a notamment développé le chemin de fer au Far West et le tramway en Angleterre. En 1870, c’est dans un but publicitaire, pour démontrer la rapidité des moyens modernes de locomotion, qu’il se lance dans son voyage. Vingt ans plus tard, en 1890, l’Américain ira encore plus vite, faisant le tour du monde en soixante-sept jours.

Robinson et Selkirk, deux destins solitaires

Robinson et Selkirk, deux destins solitaires :

   L’histoire d’un homme, échoué sur une île déserte et tentant de s’en échapper, semble trop folle pour être vraie. Et pourtant, pour écrire les aventures de Robinson Crusoé, le romancier Daniel Defoe s’est inspiré d’un fait réel. En 1704, lors d’une escale au large de Valparaiso, l’aventurier Alexandre Selkirk souhaite qu’on le débarque sur une île jugeant que le navire est hors d’usage. Son intuition est juste : le bateau fait naufrage peu de temps après. Mais son sort ne vaut guère mieux. L’île sur laquelle il se trouve est loin des routes maritimes. Il survit seul, pendant quatre ans. Finalement secouru en 1709, Selkirk rentre en Écosse où il devient un héros. C’est alors que Defoe s’empare de son histoire. Il publie Robinson Crusoé en 1719. Selkirk, lui, décède en 1721, l’esprit dérangé par ses années d’isolement. Et dire que, dans le roman, Robinson reste pas moins de vingt-huit ans sur son île !

Jacob, malin comme Lupin

   Le fameux gentleman cambrioleur, qui naît en 1905, sous la plume de l’écrivain Maurice Leblanc, présente bien des ressemblances avec un bandit anarchiste qui défraie la chronique, Marius Jacob. Il est lui aussi un voleur ingénieux et non violent. As du déguisement, il laisse sa carte de visite sur les lieux de ses forfaits ( un geste repris par Lupin. Marius commet des centaines de cambriolages ) s’arrangeant toujours pour faire parvenir une part de son butin à la soupe populaire !. Hélas, il est arrêté en 1903. C’est là que son chemin et celui de son frère de fiction se séparent. ……    

    Tandis que Jacob croupit au bagne de Cayenne, Arsène Lupin deviendra au gré de ses aventures, légionnaire, espion ou détective.

Elle dirait certainement…


….si ELLE avait su parler et écrire  » correctement  » , Maman ….:

La mort n’est rien,
je suis seulement passé, dans la pièce à côté.
Je suis moi. Vous êtes vous.
Ce que j’étais pour vous, je le suis toujours.

Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné,
parlez-moi comme vous l’avez toujours fait.
N’employez pas un ton différent, ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.

Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.

Que mon nom soit prononcé à la maison
comme il l’a toujours été,
sans emphase d’aucune sorte,
sans une trace d’ombre.

La vie signifie tout ce qu’elle a toujours été.
Le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées,
simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin.

Vous voyez, tout est bien.

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KLIK…………à ce soir ….peut-être ..

F.

Encore une photo…


 » arrangée  » : Le portrait ci dessous  de Abraham Lincoln , posant fièrement dans son bureau serait un montage ( certainement un des premiers de l’histoire de la photographie …)

les-retouches-photos-qui-ont-change-histoire-la-retouche-photo

   Lorsque l’illustre président des Etats – Unis , qui a proclamé l’abolition de l’esclavage  , fut assassiné en 1865 ( je crois ) , il ne laissa que peu de photographies qu’on pourrait qualifier de  » valorisantes  » vue sa stature ….Pas de problème pour autant : Un portraitiste de l’époque , Thomas Hicks repère un autre politicien américain , John Calhoun  Résultat d’images pour John Caldwell Calhounmort une quinzaine d’années plus tôt ….Le photographe  reprend le décor , la posture et y ajoute le visage de Lincoln  tiré d’une autre photo ….Le tirage passa à la postérité sans que quiconque de décèle la supercherie , jusqu’à ce que , près d’un siècle plus tard , un journaliste préparant un ouvrage sur Lincoln  recoupe les deux images …..

 

C’était il y a environ ….


140 ans :

   Le 29 mars 1880 : Jules Ferry expulsait les religieux de l’enseignement …

Alors ministre de l’Instruction publique Jules Ferry prend deux décrets par lesquels il ordonne aux Jésuites de quitter l’enseignement dans les trois mois.

   Fervent républicain athée et franc-maçon issu d’une riche famille de libres penseurs de Saint-Dié (Vosges), Jules Ferry ( ici en  1903 ) Ferry1883 donne aux enseignants des congrégations catholiques le même délai pour se mettre en règle avec la loi ou quitter aussi l’enseignement. Ces mesures viennent en réaction aux excès de la loi Falloux, votée trente ans plus tôt sous la IIe République, qui accordait aux congrégations religieuses une liberté totale d’enseignement.

Sus aux curés !

    5 000 congrégationnistes sont presque aussitôt expulsés sans ménagement excessif et certains municipalités anticléricales font du zèle en expulsant aussi les religieuses qui se dévouent dans les hôpitaux.

   Cette laïcisation  » à marches forcées  » de l’enseignement provoque de violents remous et oblige le président du Conseil Charles de Freycinet à démissionner le 19 septembre 1880. Il est remplacé à la tête du gouvernement par… Jules Ferry lui-même.

   Le nouveau chef du gouvernement en profite pour compléter l’application de ses décrets. Le 21 décembre 1880, le député Camille Sée, ami de Jules Ferry, fait passer une loi qui ouvre aux filles l’accès à un enseignement secondaire public où les cours de religion seront remplacés par des cours de morale. L’année suivante, il fait voter la création de l’École Normale Supérieure de Sèvres en vue de former des professeurs féminins pour ces lycées. L’Église n’a donc plus depuis lors  le monopole de la formation des filles.

 Jules Ferry établit aussi  la gratuité de l’enseignement primaire par la loi du 16 juin 1881 et le rend laïc et obligatoire par la loi du 29 mars 1882. L’enseignement primaire, public, gratuit et obligatoire, devient le fer de lance de la IIIe République. Ses thuriféraires ( clercs )  exaltent les  » hussards noirs de la République  », modestes et dévoués instituteurs qui préparent les écoliers à devenir de bon citoyens et de fervents patriotes.

 

Aux origines de l’école primaire :

   La laïcisation de l’enseignement, il faut le noter , n’a rien à voir avec la généralisation de l’instruction primaire. Celle-ci a été engagée par François Guizot, ministre de Louis-Philippe 1er, et Victor Duruy, ministre de Napoléon III, donc bien avant Jules Ferry. En 1870, lors de l’avènement de la IIIe République, 78% des hommes et 66% des femmes sont déjà en mesure de signer leur registre de mariage (et donc considérés comme sachant lire et écrire) !!

Ferry ecoles

 ( Ecole de province en 1906 )

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Des Français mieux instruits

   La laïcisation de l’enseignement mise en oeuvre par Jules Ferry n’a rien à voir,cependant  , avec le développement de l’instruction publique.

   En France, en 1686-1690, sous le règne de Louis XIV, 29% des hommes et 14% des femmes seulement étaient aptes à signer leur registre de mariage et donc considérés comme sachant lire et écrire ! Ils sont  47% ( H ) et 27% ( F )en 1786-1790, à la veille de la Révolution.

( V. Duruy )

   C’est sous le règne de Louis-Philippe Ier que l’État commence à se soucier de l’éducation des enfants. À ce moment-là, la moitié des Français ne savent encore ni lire ni écrire et le pays est très en retard par rapport à l’Angleterre et d’autres pays de l’Europe du nord.

Par la loi majeure du 28 juin 1833, le ministre François Guizot met en oeuvre l’instruction primaire publique en imposant l’ouverture d’au moins une école dans chaque commune. Sous Napoléon III, le ministre Victor Duruy amplifie son action.     Il développe les lycées et encourage l’instruction des filles malgré l’opposition des milieux traditionnels.

   Ainsi , à la fin du Second Empire et avant que n’intervienne Jules Ferry, la France est déjà un pays fortement alphabétisé. Aux environ de 1870, 72% des nouveaux mariés sont en mesure de signer le registre de mariage (78% des hommes, 66% des femmes). Dans le nord et l’est du pays, cette proportion dépasse allègrement les 80%.

Maman….


Ce que je n’ai pas su te dire quand tu étais en vie.

Je voudrais te dire tout ce que je n’ai pas pu te dire

Quand tu étais là.Te serrer si fort là ,contre moi….

Je voudrais te dire les mots d’amour les plus tendres

Te dire que tu seras toujours là au fond de mon cœur….

 Te dire que mille souvenirs bercent ma mémoire

Te dire que même si tu nous as quittés

Tu resteras très présente près de moi .

Toi qui ,de ton vivant , admirais mon langage ,

Pour cet écrit mal tourné , pardonnes moi ……

Sais tu que je n’ai pas une photo de toi en ton jeune âge ?

De l’époque de tes dix huit , vingt ans : Tu étais magnifique …….

Ton fils …aîné.

 » Vous êtes sur docteur ?  »


 

 

        » FUMER TUE  » : Aujourd’hui , on ( je ) lit ces mots en lettres capitales et  » grasses  » sur tous les paquets de cigarettes et de tabac vendus ( de moins en moins ) dans les commerces carotte-tabacburalistes …..Bien que fumeur , je ne peux nier que cette affirmation est vraie , scientifiquement démontrée ….( il suffit de regarder un radio des poumons d’un fumeur

Poumons

 ) …En plus , çà  » tue  » aussi le compte en banque  !

   Pourtant , au 17 ème siècle , la vision du tabac était tout à fait différente , beaucoup plus positive et même ….médicale !

   Par exemple , j’ai lu qu’il était recommandé , pendant les épidémies de peste  , de faire fumer les enfants en classe ! Ceci pour éviter la propagation du virus …..Et même que , plus tard , au début du 20 ème siècle , on n’hésitait pas à utiliser un mélange de de feuilles de tabac plant-de-tabacbrûlées et de  » lanoline  » ? pour soigner les plaies , ulcères et autres  » affections peu ragoûtantes  »  ! 

Fernand Reynaud F.Reynauds’en serait donné à cœur joie :  » Tonton pourquoi tu tousses ?  » … » Parce que je me soigne  » lol 

 » Les luddites  »


Il y a environ 209 ans …..

26 mars 1811

  Les    » luddites  » se rebellent contre les machines

   En 1811, des tisserands britanniques s’insurgent contre leurs conditions de travail en brisant les métiers mécaniques de leurs usines. Une révolte qui dévoile l’autre visage de la technologie.

    La gigantesque augmentation de la productivité agricole que vit la Grande-Bretagne au cours du XVIIIe siècle fournit à certaines familles paysannes la prospérité nécessaire pour disposer d’un métier à tisser à domicile et ainsi compléter leurs revenus précaires.

   Mais les innovations techniques qui permettent cet accroissement de la production provoquent également une perte de travail pour de nombreux paysans, qui émigrent alors vers les villes en perpétuelle expansion. Là-bas, les ouvriers qualifiés et les apprentis qui travaillent dans les ateliers et les commerces urbains voient se remplir les faubourgs d’une nuée de paysans expulsés et en quête de travail…

Ferran Sánchez, historien (Histoire & Civilisations)

Deux luddites s'en prennent à un métier Jacquard (gravure publiée dans le Penny Magazine en 1844)( illustration du Net )

 

Migrations des campagnes vers les villes

   Dans ces zones urbaines, les gens s’arrachent les livres de radicaux tels que Thomas Paine ; ils témoignent même de la sympathie pour les Jacobins qui ont pris la tête de la Révolution française. En 1794, l’accroissement de la tension politique et sociale pousse le gouvernement à suspendre  » l’Habeas corpus  », la loi garantissant la liberté juridique individuelle fondamentale des détenus.

   Cinq ans plus tard, les  »Combination Acts   » interdisent les associations de travailleurs, ce qui rend impossible les négociations collectives. Le conflit entre ouvriers et employeurs ne tarde pas à éclater, appuyé par un État redoutant l’union du radicalisme politique et des revendications en matière de travail.

   Certains artisans et paysans qui ont pu acheter une machine ont réussi à accumuler un petit excédent de capital et l’investissent dans l’industrie naissante, acquérant de nouvelles machines. La concurrence entre ces premiers industriels pousse à la course à l’innovation, afin de produire toujours plus vite et moins cher.

   Cette demande provoque une cascade d’inventions multipliant la capacité de production, notamment avec l’utilisation de la machine à vapeur dans ces premières usines. Ce qui déclenche l’hostilité des fileurs et des tisserands, car elle réduit le besoin en main-d’oeuvre.

    Déjà en 1778, dans le Lancashire, des artisans avaient détruit des métiers à tisser mécaniques, parce qu’ils faisaient baisser leurs salaires et dévaluaient leurs qualifications. Ces artisans voient leur savoir-faire durement acquis ne plus servir à rien face à la concurrence des machines. Ils s’entassent dans les usines, sous le joug des contremaîtres, ils sont soumis à des règlements stricts et à des punitions sévères en cas d’infraction, ainsi qu’au contrôle du temps marqué par la sirène de l’usine et au rythme bruyant de la machine.

   Aux durs changements du monde du travail et à la portée limitée des politiques s’ajoute, en 1806, l’interdiction du commerce entre les ports britanniques et les ports européens, ordonnée par Napoléon. En pleine guerre contre la Grande-Bretagne, cette interdiction prive les Anglais de beaucoup de marchés, mettant au chômage de nombreux ouvriers et obligeant de nombreux hommes d’affaires ( privés de matières premières de qualité par le blocus  ) à produire des marchandises médiocres.

Un chef nommé Ned Ludd

Le chef des luddites, gravure anonyme publiée en 1812Les luddites doivent leur nom au Général Ludd, un personnage qui aurait signé les lettres de menaces que les manufacturiers ont commencé à recevoir en 1811. Il semblerait  que ce nom soit celui d’un apprenti faiseur de bas de Leicester, Ned Luddlam, qui a détruit à coups de marteau le métier de son maître en 1779. Les leaders anonymes qui organisent les premières protestations dans la région de Nottingham lui empruntent son nom et signent avec lui les missives qu’ils envoient aux patrons. Ils veulent créer une figure emblématique, capable d’inspirer la terreur à leurs riches et puissants ennemis.

Expéditions punitives :

   C’est dans ces conditions qu’éclate le conflit. Tout commence à Arnold, un village près de Nottingham, la principale ville manufacturière du centre de l’Angleterre. Le 11 mars, sur la place du marché, les soldats du roi dispersent une réunion d’ouvriers au chômage. Cette même nuit, près d’une centaine de machines sont détruites à coups de masse dans les usines qui ont baissé les salaires.

    Il s’agit de réactions collectives, spontanées et dispersées, mais qui ne tardent pas à acquérir une certaine cohésion. En novembre, dans le village proche de Bulwell, des hommes en masque brandissant des masses, des marteaux et des haches détruisent plusieurs métiers à tisser du manufacturier Edward Hollingsworth. Lors de l’attaque, une fusillade éclate, et un tisserand perd la vie.      La présence des forces militaires empêche l’embrasement de la région, mais l’orage gronde.

    C’est alors que les manufacturiers commencent à recevoir de mystérieuses missives, signées par un certain Général Ludd. Ce personnage imaginaire donne son nom à un mouvement de protestation qui, sans être centralisé, est bien le fruit d’efforts coordonnés, peut-être suggérés par d’anciens soldats qui, en plus de lettres anonymes menaçantes et de tracts appelant à l’insurrection, organisent aussi des expéditions punitives nocturnes.

   Le 12 avril 1811, la première destruction d’une usine se produit, lorsque 300 ouvriers attaquent la filature de William Cartwright, dans le Nottinghamshire, et détruisent ses métiers à tisser à coups de masse. La petite garnison chargée de défendre le bâtiment blesse deux jeunes contestataires, John Booth et Samuel Hartley, qui sont capturés et meurent sans révéler le nom de leurs compagnons.

   En février 1812, le Parlement approuve la  » Frame-Breaking Bill  », qui inflige la peine de mort à toute personne détruisant un métier à tisser. L’opposition est minime. Lord Byron, dans le seul discours qu’il prononcera à la chambre des Lords, demande :  » N’y a-t-il pas assez de sang dans votre Code pénal ?  »

Crtawford Mill a été fondée par Richard Arkwrright en 1771. Dédiée au fil de coton, elle est la première fabrique textile à énergie hydfraulique

La protestation bascule dans le crime

Assassinat de William Horsfall, gravure de Phiz (The Chronicles of crime, 1887)William Horsfall, propriétaire d’une fabrique textile employant 400 travailleurs à Marsden, a promis que le sang des luddites arriverait jusqu’à sa selle.
   En fait , c’est son propre sang qui l’a tachée, puisqu’en avril 1812, il est gravement blessé par balle lors d’une embuscade de luddites. Ces derniers lui reprochent d’être  » l’oppresseur des pauvres  »  et l’abandonnent, blessé, sur le chemin.
   Un autre manufacturier vient à son secours, mais Horsfall meurt au bout de 38 heures. En janvier 1813, trois luddites accusés de l’assassinat sont pendus à York. Ils n’ont jamais admis avoir participé aux faits.

Procès à la chaîne :

   La répression se poursuit : 14 exécutions ont lieu et 13 personnes sont déportées en Australie. Pourtant, cette main de fer n’arrête pas les luddites, au point que 12 000 soldats sont réquisitionnés pour les pourchasser, alors que seuls 10 000 Britanniques luttent contre Napoléon sur le continent. Cela montre non seulement la terreur que les luddites inspirent aux classes dominantes, mais aussi les dimensions que prend cette  » guerre civile  » entre le capitalisme montant, qui repose sur l’industrie, la discipline au travail et la libre concurrence, et les luddites, qui revendiquent des prix justes, un salaire convenable et la qualité du travail.

   En dénonçant l’accroissement du  rythme du travail qui les enchaîne aux machines, les luddites dévoilent l’autre visage de la technologie. Ils remettent en question le progrès technique d’un point de vue moral, défendant la coopération contre la concurrence, l’éthique face au bénéfice : ils ne renient donc pas toute technologie par une résistance obtuse au changement, mais uniquement celle qui s’en prend au peuple. Ainsi leurs attaques sont-elles ciblées : ils brisent les machines qui appartiennent à des patrons qui produisent des objets de mauvaise qualité, à bas prix et avec les pires salaires. Vus sous cet angle, les luddites pourraient être considérés comme des activistes d’un mouvement capital, réclamant une utilisation de la technologie en accord avec les besoins humains.

    La répression du gouvernement connaît son paroxysme lors d’un spectaculaire procès qui se déroule à York en janvier 1813. L’exécution de 17 luddites y est prononcée. Quelques mois plus tôt, une série de procès à Lancaster s’était soldée par 8 pendaisons et 17 déportations en Tasmanie. Les peines très lourdes et la reprise économique qui se profile avec la fin des guerres napoléoniennes étouffent le mouvement luddite en 1816. Mais sa tragédie soulève une question inquiétante : jusqu’à quel extrême doit conduire le progrès ?

  Une vie à minima

   Les métiers mécaniques impliquent la dégradation des conditions de vie des anciens tisserands à la main, qui voient leurs revenus passer de 21 shillings en 1802 à 14 en 1809. En 1807, plus de 130 000  ! de ces travailleurs signent une pétition en faveur de l’établissement d’un salaire minimal.

Il y a environ ….


188 ans:

26 mars 1832 :   Epidémie de choléra ( même  » pandémie   » ) ….Aujourd’hui = pandémie  » corona virus  »……..L’histoire = un éternel recommencement ……

 


     Depuis longtemps, on l’attendait. Après avoir, de 1817 à 1820, ravagé les Indes, d’où il essaima jusqu’en Extrême-Orient, le choléra envahissait, en 1821-22, la Mésopotamie, la Perse, la Syrie, et les bords de la mer Caspienne. Quatre ans plus tard, il se réveillait dans le Hedjaz, et, par les pèlerins de la Mecque, se répandait en Turquie d’Asie (juillet 1830), en Egypte et en Tunisie (1831).

Le 20 septembre 1830, Moscou était contaminé, et l’été 1831, le choléra gagnait la Finlande, la région de Saint-Pétersbourg, la Livonie, la Courlande, la Lituanie. Par les ports baltes (Riga, Dantzig), la contagion envahit le Brandebourg, la Poméranie, Hambourg. La navigation l’apporta en Angleterre : le choléra se manifesta à Sunderland, près de Newcastle, en novembre 1831 ; à Edimbourg à la fin de janvier 1832 ; à Londres le 10 février ; et, signalé le 15 mars à Calais, il gagnait, d’un seul bond, Paris.

   Au sein de la capitale, quelques cas précurseurs, sporadiques, les uns douteux, les autres étiquetés cholérine, s’étaient déjà manifestés. A la caserne de pompiers du Vieux-Colombier, on avait vu dix-sept sapeurs atteints le 3 août 1831 ; vingt-deux le 4 septembre, quarante-trois le 4 octobre. Mais leur chirurgien-major, Treille, grand broussaisien, était arrivé, par l’administration de glace et de lavements opiacés, à éteindre l’incendie de leurs entrailles. En 1832, dès le 6 janvier, un étudiant en médecine succombait en trente-six heures, rue Hautefeuille. Le 6 février, un concierge de la rue des Lombards mourait dans les mêmes conditions, que le docteur Lebreton signala le 22 février à l’Académie de médecine.

Le choléra à Paris. Avril 1832

Le choléra à Paris. Avril 1832

L’épidémie véritable éclatait le 26 mars 1832, près de sept semaines après son invasion à Londres. Quatre personnes furent frappées tout à coup presque simultanément et moururent en peu d’heures, dans la rue Mazarine, dans les quartiers de la Cité, de l’Hôtel-de-Ville et de l’Arsenal. Dès le 31 mars, cinquième jour de l’invasion, il y avait déjà à Paris 300 malades, et sur les 48 quartiers de la ville, 35 étaient envahis. Le troisième arrondissement était seul épargné. Du 31 mars au 1er avril, l’épidémie se répandit dans toute la capitale.

  Et comme si cette peste inexorable n’avait pas encore assez de la proie humaine, un élève chirurgien au Val-de-Grâce déclara en avril qu’elle s’attaque aux vaches et aux dindons ; certains journaux de province parlent même du choléra des poules et des chats ! Devant un mal qui, en quelques instants, faisait d’un vivant un spectre livide et glacé,  » cadavérisé  » disait un des pionniers de la physiologie expérimentale moderne, le médecin François Magendie (1783-1855), la panique se déchaîna.

Le 31 mars, dans les Tuileries en émoi, on ne parlait qu’épidémie. La terreur, écrit un témoin, était plus horrible que celle de 1793, car la mort vous abattait dans l’ombre :         »   C’était, dit Heine, un bourreau masqué qui marchait dans Paris, escorté d’une invisible guillotine.  »  Aux mains de la statue de Henri IV, sur le Pont-Neuf, on mit un drapeau noir. Ceux qui purent s’enfuir s’allèrent terrer en province. Mais le choléra  » montait en croupe et galopait   » avec les voyageurs. 

   À ceux qui restent, la capitale n’offre plus que des rues désertes. Plus d’échoppes. Fermés, les boutiques des quais, les éventaires des bouquinistes des parapets. On cesse, pendant quelques jours, de payer péage au pont des Arts. Il n’y a de mouvement que sur le Pont-Neuf, où des brancards chargés de morts ou de mourants se dirigent vers l’Hôtel-Dieu. Ailleurs, de rares passants, souvent de deuil vêtus, se hâtent, d’un pas inquiet, le mouchoir sur la bouche.

    Chacun se gare de son voisin. On ne voit guère de rassemblements qu’à la porte des pharmaciens, où l’on fait queue. Le camphre monte de 5 à 24 francs. Le bruit se répand que les riches ont accaparé tous les médicaments ; et parfois la foule proteste, devant les officines, contre le renchérissement des produits.

   Médecins et pompes funèbres sont débordés. Des corbillards, à la file, remplacent, au coin des rues, les stations de fiacres de jadis. Chateaubriand les voit passer, rue de Sèvres, quêtant de porte en porte. On leur crie, par les fenêtres :  » Corbillard, ici !  »  et on descend,  » cahin-caha  » , des étages, les lugubres fardeaux qui s’entassent, retenus par des cordes.

    Les corbillards manquent ; d’urgence, on en commande cinquante. Les ouvriers, auxquels on a fait valoir les dangers du surmenage, se refusent au travail de nuit :  » Nous préférons, disent-ils, la vie à votre haute paye.  » Alors, on s’adresse au ministre de la Guerre, lequel prête des fourgons du dépôt d’artillerie. Ils font le service dans la rue du Cherche-Midi.

Mais ces lourds véhicules, mal suspendus, mal graissés, secouant les cercueils jusqu’à les déclouer, font un tel tapage nocturne que les bourgeois s’apeurent au passage des chars de la mort. Au bout de vingt-quatre heures, on y renonce. On s’avise de réquisitionner des tapissières de déménagement, où les cadavres seront moins bousculés. Bien qu’on les ait drapées de noir, de voir les morts transformés en colis, l’opinion, derechef, se scandalise. Alors, on prend des cabriolets, des fiacres ; et, des cercueils posés en travers, les extrémités débordent des portières. Il arrive que, des bières entassées dans ces chars hétéroclites, parfois, une roule par terre, jetant son mort sur le pavé. Enfin, les carrossiers étant arrivés, sans se fatiguer, à livrer les cinquante corbillards promis, le transport des cadavres deviendra plus facile et plus décent.

Caricature anti-cholérique. Homme expliquant à deux femmes sa façon d'éviter le choléra

Caricature anti-cholérique. Homme expliquant à deux femmes sa façon d’éviter le choléra :
 » Moi je traite le choléra par le champagne, c’est le système Mayeux, nom de D… !  »

Jules Janin rencontra, rue Neuve-des-Poirées, un de ces véhicules rempli de bières jusqu’au comble :  » Il me sembla, dit-il, qu’il m’écrasait. Une sueur froide inondait mon visage, mes dents claquaient. Quoi donc, me disais-je, toute une maison morte ? Quelle peste est-ce donc là qui entasse tant de cadavres ?  » Il ne put se tenir d’en parler le lendemain au concierge du lycée Louis-le-Grand.  »  Rassurez-vous, lui dit Rombaux, la chose est plus simple que vous le pensez : dans cette maison déserte est renfermé le dépôt des bières de notre arrondissement. Tous les trois jours, choléra ou non, et la nuit, et à cette heure, pour n’effrayer personne, l’administration des Pompes funèbres envoie à la provision.  »

    Le cercueil est encore  un luxe, et n’en a pas qui veut. Les menuisiers sont éreintés. Les cercueils manquant, on les fait resservir ! Faute de mieux, on empile, à nu, les cadavres dans des sacs.

    L’épidémie atteignit son maximum au 9 avril, jour où il y eut 814 décès. Le 14 du même mois, dix-huit jours après le début, le fléau était arrivé à un tel degré qu’on comptait 12 à 13 000 malades et 7 000 morts. L’épidémie resta stationnaire durant six jours environ. À dater de ce moment le mal commença à décroître ; les décès tombèrent de 756 à 651 ; le 30 avril, ils étaient à 114 ; et du 17 mai au 17 juin on n’en comptait plus que 15 à 20 par jour. Cependant vers la fin de ce dernier mois, le troisième de l’épidémie, et au commencement de juillet, une recrudescence très grave se manifeste. Le 9 juillet, 710 personnes succombent ; le 18, la mortalité est remontée à 225. Cette recrudescence dura peu ; et dès le 28 juillet il n’y avait plus que 25 à 30 morts chaque jour.

    La maladie se tint dans ces limites pendant toute la durée d’août et le commencement de septembre, époque à laquelle elle diminua sensiblement. Le 1er octobre on put la considérer comme éteinte. Cette seconde phase de l’épidémie présenta à la fois une durée plus longue et une intensité moins grande que la première. Toutes deux sévirent d’ailleurs également dans les mêmes parties de la ville.

   La durée totale du choléra épidémique à Paris avait été de plus de six mois, du 26 mars au 30 septembre,  » d’un équinoxe à l’autre.  » Dès le 28 mars, l’épidémie s’était étendue de Paris à la banlieue, et le 31 il y avait déjà des malades et des morts dans neuf communes rurales (Charonne, Saint-Denis, la Chapelle, Puteaux, Arcueil, Vanves, Vaugirard, Grenelle et Passy). Dans tout le cours du fléau, sur les quatre-vingts communes du département de la Seine, trois seulement furent complètement épargnées par le fléau : Drancy, dans l’arrondissement de Saint-Denis, Chatenay et le Plessis-Piquet dans celui de Sceaux.

   En 1832, la population de Paris était de 785 862 habitants, et celle du département de 945 698 ; sur ce nombre, le choléra coûta à la capitale de la France, en tout 18 402 victimes, dont 12 733 pour le seul mois d’avril ; ce qui donne un rapport de 23,42 décès sur 1000 habitants. La mortalité fut sensiblement égale entre les deux sexes. Au niveau national, cette épidémie causa le décès de plus de 100 000 personnes.