C’était il y a 33 ans….


( Certainement déjà mis , mais j’avais encore TOUT perdu ,alors mis pour tester )

……….

Pour les Allemands, le 9 novembre rappelle tout à la fois l’avènement de la République (1918), le pitoyable  » putsch de la Brasserie  »(1923), la sinistre  » Nuit de Cristal  » (1938) et l’heureuse chute du Mur…

Tout le monde se souvient de la nuit du 9 au 10 novembre 1989… Cette nuit-là, devant les caméras du monde entier, de jeunes Allemands de l’Est et de l’Ouest brisent le  » Mur de la honte  »  qui divise Berlin depuis le 13 août 1961. Les jeunes gens prennent de court les dirigeants des deux bords qui ne s’attendaient pas à un enchaînement aussi rapide des événements.

Les peuples contre les dictatures :

Réceptifs à la politique de glasnost (transparence) initiée trois ans plus tôt par le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, les dirigeants hongrois ont été les premiers à soulever la chape de plomb communiste.

Le 2 mai 1989, ils annoncent leur intention d’entr’ouvrir leur frontière avec l’Autriche. Des centaines d’Allemands de l’Est se précipitent alors en Hongrie dans l’espoir de bientôt passer à l’Ouest. En septembre, ils sont plusieurs milliers à s’enfuir de cette façon.

En République Démocratique Allemande (RDA), à Leipzig puis dans les autres villes du pays, les opposants au communisme quittent le secret des temples luthériens et manifestent au grand jour. Ils ont pourtant quelque motif de craindre le sort des étudiants de la place Tien An Men , à Pékin, sauvagement écrasés au même moment.

Le pouvoir est-allemand vacille. Début octobre, il autorise le transfert à l’ouest de plusieurs milliers de ses ressortissants qui s’étaient réfugiés dans l’ambassade ouest-allemande de Prague. Sa faiblesse s’affiche dans ces trains qui traversent l’Allemagne de l’Est, pleins de réfugiés triomphants !

Le 7 octobre 1989, lors du défilé commémoratif du 40e anniversaire de la RDA, Erich Honecker (77 ans), secrétaire général du Parti communiste est-allemand, doit supporter les acclamations qui montent vers… son invité, le réformiste Mikhaïl Gorbatchev (57 ans) :  » Gorbi, Gorbi !  ». Après ce camouflet, le 18 octobre, il laisse la place à Egon Krenz, un dirigeant aussi stalinien que lui mais plus jeune (51 ans).

Rien n’arrête plus l’Histoire. Un million de manifestants à Berlin-Est entraînent la démission collective du gouvernement communiste le 7 novembre.

Le côté ouest du mur de Berlin, entre les quartiers de Tiergarten et Mitte, Berlin 1989.Deux jours plus tard, le 9 novembre, vers 18h, Günter Schabowski, membre du bureau politique, annonce très simplement la décision du gouvernement de RDA vis-à-vis des Allemands de l’Est :
 » Les voyages privés à destination de l’étranger peuvent désormais être demandés sans aucune condition particulière  ».
 » À partir de quand ?  » demande un journaliste.
 » Autant que je sache… tout de suite  », répond le dirigeant !

Quelques heures plus tard, on compte déjà des dizaines de milliers de Berlinois devant les sept postes-frontière du Mur.

À 22h15, le poste-frontière le plus au nord, à Bornholmer Straβe, est ouvert et la foule s’y engouffre dans une euphorie indescriptible, sous le nez des redoutables garde-frontières est-allemands, les  » vopos  ». En près de 30 ans, ces derniers ont tué 239 personnes qui tentaient de franchir le Mur. Cette fois, ils gardent l’arme au pied. Ils comprennent que leur temps est révolu.

Au cours de la nuit, les autres postes-frontière sont à leur tour ouverts. Les Berlinois de l’Est comme de l’Ouest ne se contentent pas de cela. Qui avec un marteau, qui avec une pioche, chacun s’attaque au béton du Mur (3,60 mètres de haut, 160 kilomètres de long et 300 miradors).

Mstislav Rostropovitch devant le Mur (novembre 1989), DRC’en est fini de cinquante ans de  séparation et d’antagonismes entre les deux parties de Berlin et les deux Allemagnes, la République Fédérale d’Allemagne (RFA, en allemand, Bundesrepublik Deutschland, BRD), sous influence occidentale, et la République Démocratique Allemande (RDA, en allemand Deutsche Demokratische Republik, DDR), sous domination soviétique.

Les idéologies chavirent dans un enthousiasme débridé. Personne ne s’inquiète encore des lendemains difficiles de la réunification. Le violoncelliste russe Mstislav Rostropovitch (72 ans) se rue à Berlin pour donner un concert improvisé devant le Mur…

Sans perdre de temps, le chancelier fédéral Helmut Kohl impose une unification monétaire puis politique des deux parties de l’Allemagne. L’unité est officialisée le 3 octobre 1990. Ce jour est depuis lors fête nationale en Allemagne.

En 1999, le chancelier Kohl laissera à son successeur l’honneur d’inaugurer l’installation des pouvoirs publics à Berlin, qui fut déjà la capitale de l’Allemagne de 1871 à 1945.

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 Les caractéristiques du mur :
Longueur totale de  » la ceinture  »  autour de Berlin-Ouest : 155 kilomètres, dont longueur entre Berlin-Ouest et Berlin-Est = 43,1 km. et longueur entre Berlin-Ouest et la RDA = 111,9 km.
Avec en plus : Tours de contrôle : 302 , unités de chiens de garde : 259 , miradors : 93 , bunker : 20 ,Profondeur au sol 2,10 m……

Expression  » passez muscade » ?


Comme chacun sait , cela signifie  »le tour est joué » !

Origine et définition :

La muscade est une épice qui sert à accommoder différents plats et dessert (et même certains cocktails). Elle peut être dangereuse puisqu’il suffit d’en avaler deux noix pour passer de vie à trépas.!?
Elle se présente sous la forme de petites noix ovoïdes faisant jusqu’à 3 cm de long pour 2 cm de diamètre.


Le lien que cette épice peut avoir avec cette expression n’est pas évident.

Il viendrait des pratiques des escamoteurs ou prestidigitateurs à partir du début du XVIIIe siècle. En effet, pour leurs tours de passe-passe, ils utilisaient des boules de liège dont l’apparence était très comparable à celle de la noix de muscade.
À la fin du XVIIIe, l’expression « partez, muscade ! » marquait habituellement la disparition de cette boule de liège.
Elle s’est ensuite progressivement déformée en « passez, muscade ! » tout en s’étendant au figuré à d’autres usages pour signifier que le tour était joué.

Exemples:

 » J’avais donc raison de penser que leurs larmes, qui leur valent tant, ne leur coûtent rien. Elles se tamponnent un peu : passez muscade ! Encore une grande douleur suivie d’un petit gâteau. »
Henry de Montherlant – Le songe

Mot d’un père…….


Elle t’a mis au monde, mais après 6 mois , elle nous a quitté …..et m’a l’aissé sans  » mode d’emploi  ». Tout ce que je savais , c’est que je t’aimais bien avant de te voir .Je sais que j’ai fait quelques erreurs , et j’en suis désolé,mais je faisais de mon mieux avec ce que je savais .Tout ce que j’ai fait ,je l’ai fait par Amour . Tu es  »mon » ? enfant ,ma vie,mes rêves pour demain .Je t’aimerais toujours ,et il n’y a rien qui puisse détruire pour toi .

A Manu

F.

C’était il y a…


……120 ans! :

Décès de Monsieur Georges Brassens :

22 octobre 1921 – 29 octobre 1981

Biographie Georges Brassens

Originaire de Cette (on écrit aujourd’hui Sète), petit port du Languedoc, le futur poète  » monte  » à Paris en février 1940 ( environ à 21 ans) Il trouve asile chez sa tante Antoinette

 »tante Antoinette »

et apprend la musique sur son piano.

Anarchiste et pacifiste de cœur, il est indifférent au contexte dramatique de l’époque. En 1943, il est envoyé dans un camp de travailleurs à Basdorf, près de Berlin, au titre du S.T.O (Service Obligatoire du Travail) . Il s’enfuit un an plus tard, à la faveur d’une permission, et se réfugie chez Jeanne et Marcel Planche

Jeanne Planche (l), René Fallet (foreground on l), Marcel Planche ,Pierre Onteniente, ( 1960)

, au 9, impasse Florimont (14e arrondissement). Il y restera 22 ans. Pour Jeanne, il écrit La cane de Jeanne et pour Marcel, qui tient un bistrot dans la rue d’Alésia voisine, sa plus célèbre chanson : L’Auvergnat.

Pour sa compagne  »Pupchen  »

Avec  »Pupchen »

, rencontrée en 1947 et à laquelle il restera toujours fidèle, il écrit aussi La non demande en mariage. Ayant abandonné le piano pour la guitare en 1951, il multiplie les auditions sans succès. Au bord du découragement, le 24 janvier 1952, il obtient enfin sa chance grâce à la chanteuse Patachou

Patachou

qui l’a pris en affection et, malgré son trac, accepte de le produire dans son cabaret de Montmartre. La consécration vient deux ans plus tard, le 23 septembre 1954 ( il a 33 ans ), à l’Olympia.

quelques chansons ( textes )

Les Copains d’abord

Non, ce n’était pas le radeau
De la Méduse, ce bateau
Qu’on se le dise au fond des ports
Dise au fond des ports
Il naviguait en père peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s’appelait les Copains d’abord
Les Copains d’abord

Ses fluctuat nec mergitur
C’était pas d’la littérature
N’en déplaise aux jeteurs de sort
Aux jeteurs de sort
Son capitaine et ses matelots
N’étaient pas des enfants d’salauds
Mais des amis franco de port
Des copains d’abord

C’était pas des amis de luxe
Des petits Castor et Pollux
Des gens de Sodome et Gomorrhe
Sodome et Gomorrhe
C’était pas des amis choisis
Par Montaigne et La Boétie
Sur le ventre, ils se tapaient fort
Les copains d’abord

C’était pas des anges non plus
L’Évangile, ils l’avaient pas lu
Mais ils s’aimaient toutes voiles dehors
Toutes voiles dehors
Jean, Pierre, Paul et compagnie
C’était leur seule litanie
Leur Credo, leur Confiteor
Aux copains d’abord

Au moindre coup de Trafalgar
C’est l’amitié qui prenait l’quart
C’est elle qui leur montrait le nord
Leur montrait le nord
Et quand ils étaient en détresse
Qu’leurs bras lançaient des S.O.S
On aurait dit des sémaphores
Les copains d’abord

Au rendez-vous des bons copains
Y avait pas souvent de lapins
Quand l’un d’entre eux manquait à bord
C’est qu’il était mort
Oui, mais jamais, au grand jamais
Son trou dans l’eau n’se refermait
Cent ans après, coquin de sort
Il manquait encore

Des bateaux j’en ai pris beaucoup
Mais le seul qu’ait tenu le coup
Qui n’ait jamais viré de bord
Mais viré de bord
Naviguait en père peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s’appelait les Copains d’abord
Les Copains d’abord

Des bateaux j’en ai pris beaucoup
Mais le seul qu’ait tenu le coup
Qui n’ait jamais viré de bord
Mais viré de bord
Naviguait en père peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s’appelait les Copains d’abord
Les Copains d’abord

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 » La mauvaise réputation  »:

Au village, sans prétention
J’ai mauvaise réputation
Qu’je me démène ou que je reste coi
Je passe pour un je-ne-sais-quoi

Je ne fais pourtant de tort à personne
En suivant mon chemin de petit bonhomme

Mais les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux
Non, les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux

Tout le monde médit de moi
Sauf les muets, ça va de soi

Le jour du 14 juillet
Je reste dans mon lit douillet
La musique qui marche au pas
Cela ne me regarde pas

Je ne fais pourtant de tort à personne
En n’écoutant pas le clairon qui sonne

Mais les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux
Non, les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux

Tout le monde me montre au doigt
Sauf les manchots, ça va de soi

Quand j’croise un voleur malchanceux
Poursuivi par un cul-terreux
J’lance la patte et, pourquoi le taire?
Le cul-terreux se retrouve par terre

Je ne fais pourtant de tort à personne
En laissant courir les voleurs de pommes

Mais les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux
Non, les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux

Tout le monde se rue sur moi
Sauf les cul-de-jatte, ça va de soi

Pas besoin d’être Jérémie
Pour deviner le sort qui m’est promis
S’ils trouvent une corde à leur goût
Ils me la passeront au cou

Je ne fais pourtant de tort à personne
En suivant les chemins qui ne mènent pas à Rome

Mais les brave gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux
Non, les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux

Tout le monde viendra me voir pendu
Sauf les aveugles, bien entendu

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Les Amoureux des bancs publiques :

Les gens qui voient de travers pensent que les bancs verts
Qu’on voit sur les trottoirs
Sont faits pour les impotents ou les ventripotents
Mais c’est une absurdité car à la vérité, ils sont là c’est notoire
Pour accueillir quelque temps les amours débutants

Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’disant des « je t’aime » pathétiques
Ont des petites gueules bien sympathiques

Ils se tiennent par la main, parlent du lendemain, du papier bleu d’azur
Que revêtiront les murs de leur chambre à coucher
Ils se voient déjà doucement elle cousant, lui fumant dans un bien-être sûr
Et choisissent les prénoms de leur premier bébé

Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’disant des « je t’aime » pathétiques
Ont des p’tites gueules bien sympathiques

Quand la sainte famille machin croise sur son chemin deux de ces malappris
Elle leur décoche hardiment des propos venimeux
N’empêche que toute la famille
Le père, la mère, la fille, le fils, le Saint Esprit
Voudrait bien de temps en temps pouvoir s’conduire comme eux

Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’disant des « je t’aime » pathétiques
Ont des p’tites gueules bien sympathiques

Quand les mois auront passé, quand seront apaisés leurs beaux rêves flambants
Quand leur ciel se couvrira de gros nuages lourds
Ils s’apercevront émus qu’c’est au hasard des rues sur un d’ces fameux bancs
Qu’ils ont vécu le meilleur morceau de leur amour

Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’disant des « je t’aime » pathétiques
Ont des p’tites gueules bien sympathiques

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Chanson pour l’Auvergnat :

Elle est à toi, cette chanson
Toi, l’Auvergnat qui, sans façon
M’as donné quatre bouts de bois
Quand dans ma vie il faisait froid
Toi qui m’as donné du feu quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
M’avaient fermé la porte au nez

Ce n’était rien qu’un feu de bois
Mais il m’avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
À la manière d’un feu de joie

Toi, l’Auvergnat quand tu mourras
Quand le croque-mort t’emportera
Qu’il te conduise, à travers ciel
Au Père éternel

Elle est à toi, cette chanson
Toi, l’hôtesse qui sans façon
M’as donné quatre bouts de pain
Quand dans ma vie il faisait faim
Toi qui m’ouvris ta huche quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
S’amusaient à me voir jeûner

Ce n’était rien qu’un peu de pain
Mais il m’avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
À la manière d’un grand festin

Toi l’hôtesse quand tu mourras
Quand le croque-mort t’emportera
Qu’il te conduise à travers ciel
Au Père éternel

Elle est à toi cette chanson
Toi, l’étranger qui sans façon
D’un air malheureux m’as souri
Lorsque les gendarmes m’ont pris
Toi qui n’as pas applaudi quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
Riaient de me voir amené

Ce n’était rien qu’un peu de miel
Mais il m’avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
À la manière d’un grand soleil

Toi l’étranger quand tu mourras
Quand le croque-mort t’emportera
Qu’il te conduise, à travers ciel
Au Père éternel

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Le gorille :

C’est à travers de larges grilles
Que les femelles du canton
Contemplaient un puissant gorille
Sans souci du qu’en-dira-t-on
Avec impudeur, ces commères
Lorgnaient même un endroit précis
Que, rigoureusement, ma mère
M’a défendu d’nommer ici
Gare au gorille!

Tout à coup la prison bien close
Où vivait le bel animal
S’ouvre, on n’sait pourquoi, je suppose
Qu’on avait dû la fermer mal
Le singe, en sortant de sa cage
Dit « c’est aujourd’hui que j’le perds! »
Il parlait de son pucelage
Vous aviez deviné, j’espère!
Gare au gorille!

L’patron de la ménagerie
Criait, éperdu « nom de nom!
C’est assommant, car le gorille
N’a jamais connu de guenon! »
Dès que la féminine engeance
Sut que le singe était puceau
Au lieu de profiter de la chance
Elle fit feu des deux fuseaux!
Gare au gorille!

Celles-là même qui, naguère
Le couvaient d’un œil décidé
Fuirent, prouvant qu’elles n’avaient guère
De la suite dans les idées
D’autant plus vaine était leur crainte
Que le gorille est un luron
Supérieur à l’homme dans l’étreinte
Bien des femmes vous le diront!
Gare au gorille!

Tout le monde se précipite
Hors d’atteinte du singe en rut
Sauf une vieille décrépite
Et un jeune juge en bois brut
Voyant que toutes se dérobent
Le quadrumane accéléra
Son dandinement vers les robes
De la vieille et du magistrat!
Gare au gorille!

« Bah! soupirait la centenaire
Qu’on pût encore me désirer
Ce serait extraordinaire
Et, pour tout dire, inespéré! »
Le juge pensait, impassible
« Qu’on me prenne pour une guenon
C’est complètement impossible »
La suite lui prouva que non!
Gare au gorille!

Supposez que l’un de vous puisse être
Comme le singe, obligé de
Violer un juge ou une ancêtre
Lequel choisirait-il des deux?
Qu’une alternative pareille
Un de ces quatre jours, m’échoie
C’est, j’en suis convaincu, la vieille
Qui sera l’objet de mon choix!
Gare au gorille!

Mais, par malheur, si le gorille
Aux jeux de l’amour vaut son prix
On sait qu’en revanche il ne brille
Ni par le goût ni par l’esprit
Lors, au lieu d’opter pour la vieille
Comme l’aurait fait n’importe qui
Il saisit le juge à l’oreille
Et l’entraîna dans un maquis!
Gare au gorille!

La suite serait délectable
Malheureusement, je ne peux
Pas la dire, et c’est regrettable
Ça nous aurait fait rire un peu
Car le juge, au moment suprême
Criait « maman! », pleurait beaucoup
Comme l’homme auquel, le jour même
Il avait fait trancher le cou
Gare au gorille!

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Je me suis fait tout petit

Je n’avais jamais ôté mon chapeau
Devant personne
Maintenant je rampe et je fais le beau
Quand elle me sonne
J’étais chien mchant, elle me fait manger
Dans sa menotte
J’avais des dents d’loup, je les ai changés
Pour des quenottes

Je m’suis fait tout petit devant une poupée
Qui ferme les yeux quand on la couche
Je m’suis fait tout petit devant une poupée
Qui fait « Maman » quand on la touche

J’étais dur à cuire, elle m’a converti
La fine mouche
Et je suis tombé tout chaud, tout rôti
Contre sa bouche
Qui a des dents de lait quand elle sourit
Quand elle chante
Et des dents de loup, quand elle est furie
Qu’elle est méchante

Je m’suis fait tout petit devant une poupée
Qui ferme les yeux quand on la couche
Je m’suis fait tout petit devant une poupée
Qui fait « Maman » quand on la touche

Je subis sa loi, je file tout doux
Sous son empire
Bien qu’elle soit jalouse au-delà de tout
Et même pire
Une jolie pervenche qui m’avait paru
Plus jolie qu’elle
Une jolie pervenche un jour en mourut
À coups d’ombrelle

Je m’suis fait tout petit devant une poupée
Qui ferme les yeux quand on la couche
Je m’suis fait tout petit devant une poupée
Qui fait « Maman » quand on la touche

Tous les somnambules, tous les mages m’ont
Dit sans malice
Qu’en ses bras en croix, je subirai mon
Dernier supplice
Il en est de pires, il en est d’meilleurs
Mais tout prendre
Qu’on se pende ici, qu’on se pende ailleurs
S’il faut se pendre

Je m’suis fait tout petit devant une poupée
Qui ferme les yeux quand on la couche
Je m’suis fait tout petit devant une poupée
Qui fait « Maman » quand on la touche

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Le Bistrot :

Dans un coin pourri
Du pauvre Paris,
Sur un’ place,
L’est un vieux bistrot
Tenu pas un gros
Dégueulasse.

Si t’as le bec fin,
S’il te faut du vin
D’ premièr’ classe,
Va boire à Passy,
Le nectar d’ici
Te dépasse.

Mais si t’as l’ gosier
Qu’une armur’ d’acier
Matelasse,
Goûte à ce velours,
Ce petit bleu lourd
De menaces.

Tu trouveras là
La fin’ fleur de la
Populace,
Tous les marmiteux,
Les calamiteux,
De la place.

Qui viennent en rang,
Comme les harengs,
Voir en face
La bell’ du bistrot,
La femme à ce gros
Dégueulasse.

Que je boive à fond
L’eau de tout’s les fon-
tain’s Wallace,
Si, dès aujourd’hui,
Tu n’es pas séduit
Par la grâce.

De cett’ joli’ fé’
Qui, d’un bouge, a fait
Un palace.
Avec ses appas,
Du haut jusqu’en bas,
Bien en place.

Ces trésors exquis,
Qui les embrass’, qui
Les enlace?
Vraiment, c’en est trop !
Tout ça pour ce gros
Dégueulasse!

C’est injuste et fou,
Mais que voulez-vous
Qu’on y fasse ?
L’amour se fait vieux,
Il a plus les yeux
Bien en face.

Si tu fais ta cour,
Tâch’ que tes discours
Ne l’agacent.
Sois poli, mon gars,
Pas de geste ou ga-
re à la casse.

Car sa main qui claqu’,
Punit d’un flic-flac
Les audaces.
Certes, il n’est pas né
Qui mettra le nez
Dans sa tasse.

Pas né, le chanceux
Qui dégèl’ra ce
Bloc de glace.
Qui fera dans l’ dos
Les corne’ à ce gros
Dégueulasse.

Dans un coin Pourri
Du pauvre Paris,
Sur un’ place,
Une espèc’ de fé’,
D’un vieux bouge, a fait
Un palace.

Supplique pour être enterré à la plge de Sète

La Camarde qui ne m’a jamais pardonné
D’avoir semé des fleurs dans les trous de son nez
Me poursuit d’un zèle imbécile
Alors cerné de près par les enterrements
J’ai cru bon de remettre à jour mon testament
De me payer un codicille

Trempe dans l’encre bleue du Golfe du Lion
Trempe, trempe ta plume, ô mon vieux tabellion
Et de ta plus belle écriture
Note ce qu’il faudrait qu’il advînt de mon corps
Lorsque mon âme et lui ne seront plus d’accord
Que sur un seul point, la rupture

Quand mon âme aura pris son vol à l’horizon
Vers celle de Gavroche et de Mimi Pinson
Celles des titis, des grisettes
Que vers le sol natal mon corps soit ramené
Dans un sleeping du Paris-Méditerranée
Terminus en gare de Sète

Mon caveau de famille, hélas n’est pas tout neuf
Vulgairement parlant, il est plein comme un œuf
Et d’ici que quelqu’un n’en sorte
Il risque de se faire tard et je ne peux
Dire à ces braves gens « poussez-vous donc un peu »
Place aux jeunes en quelque sorte

Juste au bord de la mer, à deux pas des flots bleus
Creusez si c’est possible un petit trou moelleux
Une bonne petite niche
Auprès de mes amis d’enfance, les dauphins
Le long de cette grève où le sable est si fin
Sur la plage de la corniche

C’est une plage où même à ses moments furieux
Neptune ne se prend jamais trop au sérieux
Où quand un bateau fait naufrage
Le capitaine crie « je suis le maître à bord »
Sauve qui peut, le vin et le pastis d’abord
Chacun sa bonbonne et courage

Et c’est là que jadis à quinze ans révolus
À l’âge où s’amuser tout seul ne suffit plus
Je connus la prime amourette
Auprès d’une sirène, une femme-poisson
Je reçus de l’amour, la première leçon
Avalais la première arête

Déférence gardée envers Paul Valéry
Moi l’humble troubadour sur lui je renchéris
Le bon maître me le pardonne
Et qu’au moins si ses vers valent mieux que les miens
Mon cimetière soit plus marin que le sien
Et n’en déplaise aux autochtones

Cette tombe en sandwich entre le ciel et l’eau
Ne donnera pas une ombre triste au tableau
Mais un charme indéfinissable
Les baigneuses s’en serviront de paravent
Pour changer de tenue et les petits enfants
Diront « chouette, un château de sable »

Est-ce trop demander sur mon petit lopin
Plantez, je vous en prie une espèce de pin
Pin parasol de préférence
Qui saura prémunir contre l’insolation
Les bons amis venus faire sur ma concession
D’affectueuses révérence

Tantôt venant d’Espagne et tantôt d’Italie
Tous chargés de parfums, de musiques jolies
Le Mistral et la Tramontane
Sur mon dernier sommeil verseront les échos
De villanelle, un jour, un jour de fandango
De tarentelle, de sardane

Et quand prenant ma butte en guise d’oreiller
Une ondine viendra gentiment sommeiller
Avec moins que rien de costume
J’en demande pardon par avance à Jésus
Si l’ombre de ma croix s’y couche un peu dessus
Pour un petit bonheur posthume

Pauvres rois pharaons, pauvre Napoléon
Pauvres grands disparus gisant au Panthéon
Pauvres cendres de conséquence
Vous envierez un peu l’éternel estivant
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant
Qui passe sa mort en vacances
Vous envierez un peu l’éternel estivant
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant
Qui passe sa mort en vacances

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Tombe de Mer Brassens (cimetière de Sète)

C’était il y a 41 ans……


…..Le 18 septembre 1981.La France abolit la peine de mort

Le 18 septembre 1981, à Paris, l’Assemblée nationale vote la loi d’abolition de la peine de mort présentée par le garde des Sceaux, Robert Badinter, 53 ans. 369 députés votent en sa faveur et 113 s’y opposent. C’est la principale mesure qui reste des deux septennats du président François Mitterrand

François Mitterrand

et celle que l’on a coutume de citer quand on évoque son bilan.

Cette initiative met la France  »au diapason » des autres pays d’Europe occidentale. Elle est l’aboutissement d’un débat qui a agité les cercles intellectuels et politiques d’Occident pendant trois siècles. Il n’empêche qu’en ce début du XXIe siècle, la peine de mort demeure en application dans des États qui rassemblent près des deux tiers de l’humanité… 

Un long chemin :

Jusqu’au XVIIIe siècle, dans tous les pays du monde, les délinquants et criminels étaient sanctionnés soit par une amende, soit par une peine infamante (bannissement, fers, carcan ou pilori), soit par une mutilation, soit enfin par la peine de mort, avec des variantes innombrables : décapitation, strangulation ou empoisonnement à la ciguë (Athènes), décapitation ou lapidation (Hébreux), décapitation, précipitation, pendaison, crucifiement (Rome). L’incarcération était réservée aux prévenus en attente de jugement.

La France de l’Ancien Régime n’a rien à envier à ces antiques exemples : décapitation (noblesse), pendaison, roue ou encore écartèlement (régicide). Mais la Révolution arrive et au nom de l’article 1 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ( » tous les citoyens sont égaux…  »), elle généralise l’emploi de la machine du  »bon  » docteur Guillotin

Guillotin » ?

:  » Tout condamné à mort aura la tête tranchée  ».

Machine proposée à l'Assemblée nationale pour le supplice des criminels par Mr. Guillotin, Jean-François, XVIIIe s., Paris, BnF.

Il est à noter que l’Angleterre l’a devancée dans la voie de l’égalité en généralisant la pendaison et en l’étendant à une multitude de délits, y compris de simples larcins ! Les exécutions sont. (Elles s’apparentent par leur succès populaire aux jeux du cirque antiques ).

L’historien Jean-Claude Chesnais cite une exécution, à Londres, en 1824, qui aurait attiré cent mille spectateurs (dans un pays d’à peine dix millions d’habitants). Mais dès la fin du XVIIIe siècle, la peine de mort fait l’objet d’une contestation courageuse. Elle vient d’un jeune marquis italien, admirateur de Montesquieu,Cesare Beccaria

Cesare Beccaria ?

.

Dans un opuscule publié  »sous le manteau  »en 1764, Des délits et des peines, il écrit :  » L’État n’a pas le droit d’enlever la vie. La peine de mort est une survivance de rigueurs antiques et un anachronisme dans une société policée. Elle n’est pas seulement inutile parce que sa valeur d’exemple est nulle, elle est aussi nuisible  ». Sa protestation est relayée par Voltaire et même par Robespierre (qui changera assez vite d’avis sous la pression des événements).

La Révolution française accomplit un pas décisif vers la modulation des peines en introduisant la privation de liberté, ( la  prison lol ). Inspiré de Beccaria, le code pénal adopté par l’Assemblée Législative le 6 octobre 1791 prévoit donc des peines la prison avec une durée variable selon le délit ou le crime. Il va dès lors devenir possible de réserver la peine capitale aux crimes les plus graves.

En France, après la chute de l’Empire, des conservateurs éclairés par la foi chrétienne relancent le combat en faveur de l’abolition de la peine de mort. C’est le cas du journaliste et homme politique protestant François Guizot

François Guizot ?

, qui échoue de peu à faire voter une loi dans ce sens.

Victor Hugo, Ecce (Le Pendu), 1854. Agrandissement : La Tourgue en 1835, 1875, Maisons de Victor Hugo, Paris.C’est aussi le cas du jeune poète Victor Hugo 

Victor Hugo (jeune)?

qui publie en 1829  »Le Dernier Jour d’un Condamné  » (il s’agit du récit des derniers moments d’un jeune condamné, par lui-même). À ce livre, il ajoute en 1832 une préface qui est un vigoureux plaidoyer contre la peine de mort avec des arguments -toujours actuels ?? -( » Se venger est de l’individu, punir est de Dieu  »).

 »Ces royalistes plutôt traditionalistes sont animés par un souci d’humanité à une époque où l’on exécute plus que de raison  » : l’historien Jean-Claude Chesnais

Jean-Claude Chesnais ?

!!!(Histoire de la violence, 1982). 

Sur la peine de mort, la gauche républicaine, qui cultive la nostalgie de la révolution jacobine et de la Terreur, reste toutefois réservée, n’y voyant aucun inconvénient quand il s’agit de combattre les ennemis de la Liberté.

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Les pays nordiques furent les premiers à délaisser la peine de mort : Le grand-duché autonome de Finlande entame le mouvement dès 1826, suivi par la Norvège en 1875, le Danemark en 1892, la Suède en 1910. Les Pays-Bas l’abolissent en 1850. Née en 1830, la Belgique applique la peine de mort avec réticence, le roi usant généralement de son droit de grâce. La peine capitale est systématiquement commuée en détention à perpétuité à partir de 1950 et officiellement abolie en 1996. La Suisse entame le processus d’abolition en 1874. Plus surprenant, le Portugal l’abolit en 1867 et l’Italie en 1890 (Mussolini la rétablira brièvement).

Au Brésil, la dernière exécution remonte à 1855… au grand dépit de Louis Pasteur

Louis Pasteur

qui, dans une lettre du 22 septembre 1884, avait suggéré à l’Empereur du Brésil de lui mettre à disposition des condamnés à mort comme cobayes pour ses recherches sur la rage et le choléra ! !!!Parmi les pays européens tard venus à l’abolition figure l’Allemagne, qui ne l’a abolie qu’en 1949 (dans la partie occidentale).

Exécution de Jean-Baptiste Troppmann (Le massacre de Pantin), le 19 janvier 1870, place de la Roquette, Paris, BnF.

La peine de mort fait de la résistance:

En France, après la vaine tentative de Guizot, le républicain Jules Simon

Jules Simon

tente une nouvelle fois en 1870 de faire passer l’abolition.

Au début du siècle, les présidents de la République Émile Loubet (1898-1906) et Armand Fallières (1906-1913) usent systématiquement de leur droit de grâce, en résistant avec courage à la pression de l’opinion publique. Le garde des sceaux Aristide Briand veut  »transformer l’essai’ en faisant passer une simple loi :  » La peine de mort est abolie  », mais l’opposition se déchaîne !

Exécution d'Eugen Weidmann devant la prison de la Santé, à Paris, le 17 juin 1939.Au matin du 17 juin 1939, la guillotine est installée devant la prison de Versailles pour l’exécution de l’assassin Eugen Weidmann (31 ans). Mais un retard de près d’une heure laisse au soleil le temps d’éclairer la scène. Les photographes en profitent ainsi que le public, dans lequel figurent des fêtards tout juste sortis de boîtes de nuit.!!!!!

Le scandale conduit le gouvernement à interdire les exécutions publiques. Celles-ci auront désormais lieu dans la cour des prisons. Mais dès lors, pendant l’Occupation, on ne rechignera plus à exécuter des femmes, ce qui n’était plus arrivé depuis 1906… Et à la Libération, la peine de mort n’est plus limitée à des crimes de sang mais étendue à des vols à main armée. 

La guerre d’Algérie suscite un regain d’activité de la guillotine avec un peu plus de deux cents exécutions entre 1956 et 1962. Avec le retour de la paix civile, on compte ensuite de moins en moins de condamnations à mort et, en 1970, année sans exécution, le sombre rituel paraît voué à tomber en désuétude. Mais l’exécution de Buffet et de son complice Bontemps, le 28 avril 1972, anéantit les espoirs des abolitionnistes, parmi lesquels maître Badinter, avocat de Bontemps.

Les deux accusés, en prison à Clervaux, avaient pris trois personnes en otage à l’infirmerie et en avaient tué deux, dont une infirmière. Le doute planait sur la participation active de Bontemps au crime. Malgré cela, il fut condamné à mort comme son complice et exécuté après que le président G.Pompidou , déjà affecté par la maladie, eut refusé sa grâce.

Robert Badinter et Patrick Henry lors du procès en janvier 1977. (Croquis d'audience de Calvi)Le 10 mars 1976, une nouvelle condamnation envoie à l’échafaud Christian Ranucci, un jeune homme de 20 ans accusé du meurtre d’un enfant. Là aussi, le doute planait sur sa culpabilité mais le jury bascula en bonne partie parce qu’un mois plus tôt, le 17 février 1976, était apparu sur les écrans de télévision un autre criminel, avéré celui-là : Patrick Henry, coupable d’enlèvement et d’assassinat d’un garçonnet. Ce soir-là, le journal télévisé s’ouvrait sur cette exclamation du présentateur Roger Gicquel :  » La France a peur  »…

Christian Ranucci

se vit refuser sa grâce par le président Valéry Giscard d’Estaing , dont  »l’esprit d’ouverture ,?  » se heurtait à l’opposition croissante de la fraction conservatrice de son camp. Il fut exécuté le 10 mars 1976. Une nouvelle exécution survint le 10 septembre 1977 : le Tunisien Hamida Djandoubi, résidant à Marseille, fut guillotiné pour avoir torturé et tué une femme de 22 ans. Après des réformes sociétales d’une audace sans précédent, le président de la République avait donc dû remiser au placard l’abolition de la peine de mort et laisser à son successeur le bénéfice moral de cette mesure. 

L’Europe toute entière abolitionniste

En 1981, à la veille des élections présidentielles, la France faisait figure de » mouton noir » dans une Communauté européenne qui avait depuis longtemps déjà renoncé à la peine de mort. Les motivations des abolitionnistes relevaient certes du sentiment d’humanité, comme au temps du jeune Victor Hugo. Elles relevaient aussi de l’idée nouvelle, propre aux Européens, que les droits et les aspirations de l’individu devaient primer en toute chose sur l’État et le bien commun.

Seul en Europe, l’État du Vatican s’en tenait à la vision traditionnelle. Dans le Catéchisme de l’Église catholique publié en 1992 sous l’autorité du pape Jean-Paul II, on peut lire :  » Préserver le bien commun de la société exige la mise hors d’état de nuire de l’agresseur. À ce titre l’enseignement traditionnel de l’Église a reconnu le bien-fondé du droit et du devoir de l’autorité publique légitime de sévir par des peines proportionnées à la gravité du délit, sans exclure dans des cas d’extrême gravité la peine de mort. Pour des raisons analogues les détenteurs de l’autorité ont le droit de repousser par les armes les agresseurs de la cité dont ils ont la charge.  ». Ce n’est qu’en 2018 que l’Église, à l’instigation du pape François, récuse dans toutes les situations la peine de mort.

En France, durant la campagne présidentielle, le candidat socialiste François Mitterrand  va donc s’emparer du thème de l’abolition, de façon à afficher son courage politique, avant de la faire voter une fois à l’Élysée. La loi n°81-908 portant abolition de la peine de mort, présentée par le garde des sceaux Robert Badinter, votée par l’Assemblée et promulguée le 9 octobre 1981 débute par un article d’une extrême concision :  » Article 1 : La peine de mort est abolie »

Fou de guillotine

François Mitterrand, qui a fait de l’abolition de la peine de mort le marqueur de sa présidence, est de tous les présidents de la Ve République celui qui a envoyé le plus d’hommes à la guillotine. Une bonne cinquantaine du temps où il était ministre de la Justice (dans le gouvernement socialiste de Guy Mollet, vingt-cinq ans plus tôt, pendant la guerre d’Algérie) .

La peine de mort dans le monde (2015)

Depuis le début du XXIe siècle, la peine de mort a été unanimement  »répudiée  » par les États européens et le Canada ainsi que de nombreux États latino-américains et plusieurs États d’Afrique subsaharienne et d’Océanie. La Russie ou encore l’Algérie ont instauré un moratoire sur son application. Au total, 140 des 192 membres de l’ONU ont aboli ou suspendu la peine de mort, ou bien ne l’appliquent qu’à des cas très particuliers (crimes contre l’humanité en Israël, crimes militaires…).

Cependant, ces pays ne rassemblent que 40% de la population mondiale et constituent la fraction la moins dynamique de la planète ! L’essentiel de l’Asie et les pays les plus peuplés du monde (Chine, Inde, Indonésie, États-Unis, Pakistan, Japon, Bangladesh, Nigeria, Égypte, etc.) continuent d’appliquer la peine de mort sans état d’âme. Par ailleurs, au vu des barbares « »exécutions  » mises en scène par les islamo-terroristes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la peine de mort est en passe de devenir, comme la condamnation du blasphème et la pénalisation de l’homosexualité, une marque de différenciation entre l’Occident de culture chrétienne et ceux qui le combattent.

La carte ci-dessous témoigne de la peine de mort dans le monde en 2018 : chaque cercle est proportionnel au poids démographique de la région considéré ; les cercles blancs représentent les États où la peine de mort est officiellement abolie.

La peine de mort dans le monde en 2018 (Herodote.net)

La peine de mort aux États-Unis:

La peine de mort a été introduite dans les colonies d’Amérique du nord dès 1608. On est passé d’environ 50 exécutions en 1800 à 150 en 1900. Après un pic durant la prohibition avec 200 exécutions en 1930, leur nombre a décliné jusqu’à la fin des années 60.
En 1967, la Cour Suprême a considéré la peine de mort comme un châtiment cruel interdit par le VIIIe amendement de la Constitution et aucune exécution n’a plus eu lieu jusqu’en 1976, quand la même Cour a admis qu’avec la garantie d’un pourvoi en appel, il n’y avait pas violation de la Constitution. Les exécutions ont donc repris de plus belle… 

Les mentalités n’en évoluent pas moins. 65% des Américains sont encore favorables à la peine de mort en 2009 mais ils étaient 80% en 1993. .
C’est que de plus en plus d’Américains sont sceptiques sur son effet dissuasif, observant que les États les plus actifs comme le Texas sont aussi ceux où la criminalité est la plus forte ! Un rapport américain indique d’ailleurs que 57 % des policiers eux-mêmes ne croient plus à son efficacité. Ensuite, les tests ADN révèlent que les  » couloirs de la mort  » hébergent de nombreux innocents condamnés à tort. Enfin, comme l’a indiqué Bill Richardson, gouverneur du Nouveau-Mexique, un procès mettant en jeu la peine capitale coûte près d’un million de dollars en plus, du fait de la multiplication des niveaux d’appels.

C’était il y a 87 ans:


Surement déjà mis , mais il ne faut pas oublier;JE pense qu’il ne faut pas oublier )

Le 15 septembre 1935, deux ans après sa prise de pouvoir, Hitler entame la mise en oeuvre des chapitres antisémites de son programme politique.

Devant les militants du parti nazi, réunis en congrès à Nuremberg  pour le  » Rassemblement de la liberté  » (10-16 septembre 1935), il annonce la promulgation de trois lois. La première fait de la croix gammée l’unique emblème de la nation. La deuxième dépouille les Juifs allemands des attributs de la citoyenneté. La troisième interdit les mariages et les relations entre Juifs et autres Allemands

Hitler au congrès de Nuremberg de septembre 1935 ; à sa droite, Rudolf Hess, en uniforme et tête nue ; à sa gauche, Julius Streicher, en uniforme et tête nue (BundesArchiv)

Un illusoire retour à l’ordre:

Des militants nazis organisent le boycott d'un magasin juif (1933)Quand Hitler prend le pouvoir  le 30 janvier 1933, peu de gens prêtent attention à ses foucades antisémites et les prennent au sérieux. C’est même le cas de certains juifs allemands qui ne voient pas d’un mauvais œil l’arrivée d’un homme à poigne à la tête de l’État.

Certes, à peine deux mois plus tard, le 1er avril 1933, un comité présidé par le nazi Julius Streicher

Julius Streicher ?

organise le boycott des commerces juifs en riposte aux manifestations anti-allemandes organisées à l’étranger  » à l’initiative des Juifs  ». Et le 7 avril 1933, une première loi de  »restauration de la fonction publique  » exclut les Juifs de l’administration. Quatre mille fonctionnaires se voient contraints de quitter leur emploi. Les avocats juifs sont peu après exclus du barreau et les médecins juifs se voient rayés des registres des caisses maladie. 

Les milieux démocrates s’en indignent, surtout aux États-Unis et à New York, première ville juive du monde. Le 18 avril 1933, le New York Times avertit :  » Les Jeux olympiques de 1936 seront peut-être annulés à cause de la campagne allemande contre les Juifs  ». 

Mais après cette première poussée de fièvre, le régime nazi  » lève le pied  »et les manifestations antisémites se calment si bien que des israélites allemands qui avaient fui le pays à l’avènement de Hitler osent y revenir.

Cependant , les militants nazis, impatients de voir l’Allemagne libérée des Juifs  » judenrein », multiplient les exactions et les brimades à leur égard avec les encouragements de leurs chefs.(  » judenrein  » (on dit aussi  » judenfrei  ») aurait été inventé en Autriche, en 1924, par un entraîneur qui se flattait d’avoir une équipe sans juif. Il signifie en effet :  » sans juif  »)

Des lois d’exclusion:

Le 5 juin 1934, de grands juristes se réunissent pour préparer une législation raciale sous la présidence de Franz Gürtner, ministre de la Justice du Reich. Figurent parmi les participants Bernhard Lösener, l’un des principaux rédacteurs des lois de Nuremberg, et le terrifiant Roland Freisler

Roland Freisler ?

, futur président du Tribunal du peuple.

Les lois de Nuremberg font remonter la pression et donnent forme à l’antisémitisme hitlérien.

Loi sur le drapeau du Reich :

La première loi, Reichsflaggengesetz ou  » loi sur le drapeau du Reich  », fait de la croix gammée l’unique emblème de la nation. Elle est présentée comme une réplique à l »’ insulte  » d’un magistrat new-yorkais de confession juive qui a, dix jours plus tôt, libéré des profanateurs de la bannière nazie .

Elle met fin à une exception inaugurée le 12 mars 1933 par un décret du Reichspresident Hindenburg qui avait doté l’Allemagne de deux emblèmes nationaux : le drapeau traditionnel à trois bandes noir, blanc et rouge

drapeau allemand ?

, et la croix gammée

. Plus d’équivoque : l’Allemagne se veut exclusivement nazie. 

Loi sur la citoyenneté allemande :

Après la loi sur le drapeau, la deuxième loi, Reichsbürgergesetz ou  » loi sur la citoyenneté  », prive les Juifs de la citoyenneté allemande. Elle distingue les citoyens à part entière (Reischsbürger) et les simples ressortissants (Staatsanehöriger), dépourvus de droits civiques. Elle n’est pas sans rappeler la situation qui prévalait alors aux États-Unis, où les noirs étaient de fait privés de droits civiques en conséquence des lois ségrégationnistes de la fin du XIXe siècle, dites  » lois Jim Crow  » :

 » Article premier. Est un ressortissant toute personne qui appartient au Reich allemand, avec en contrepartie des devoirs particuliers.
Cette qualité s’acquiert dans le cadre de la loi sur l’appartenance au Reich et à l’État.
Article 2. Ne peuvent être citoyens du Reich que les nationaux de sang allemand, ou d’un sang racialement apparenté, dont la conduite témoigne de leur volonté de servir le Peuple et le Reich allemands.

La citoyenneté s’acquiert par la remise d’un brevet.
Seul le citoyen du Reich jouit de la totalité des droits politiques dans la mesure fixée par la loi  ». 

Loi sur la sauvegarde du sang allemand et de l’honneur allemand :

Caricature nazie de 1936 stigmatisant les unions entre juifs et non-juifsPar une troisième loi  » sur la sauvegarde du sang et de l’honneur allemand  », le Führer interdit aux Juifs d’épouser ou de fréquenter des  » Aryens  », comme chacun sait ,c’est-à-dire des citoyens allemands réputés de race pure.

Les mariages mixtes antérieurs sont dissous. Il défend également aux Juifs d’employer des Allemandes de moins de 45 ans.

 » Pénétré de la conviction que la pureté du sang allemand est la condition de la conservation du peuple allemand et animé de la volonté inflexible de garantir la nation allemande à jamais, le Reichstag a adopté à l’unanimité la loi suivante :
 article premier.: Les mariages entre Juifs et habitants du Reich de race allemande ou parents sont interdits. Les mariages qui auraient été contractés nonobstant cette interdiction sont nuls, même si, dans le dessein de tourner la loi, ils ont été conclus à l’étranger…
 article 2.: Les relations en dehors du mariage, entre Juifs et habitants de race allemande ou parents, sont interdites.

article 3.: Il est interdit aux Juifs de faire travailler dans leur ménage des personnes de race allemande ou parents de sexe féminin, âgées de moins de 45 ans…  »

La loi :

Extrait du document originel de la loi sur la protection du sang allemand et de l'honneur allemand

Qui est Juif ?

Affiche de propagande antisémite (1938, musée de l'Histoire allemande, Berlin)Fait peu remarqué, les  » lois de Nuremberg  »,  »bâclées » en deux jours, évoquent les Juifs sans prendre la peine de les définir.
Ainsi que le souligne l’historien Alain Michel

Alain Michel (historien) ?

, c’est seulement cinquante jours plus tard, le 4 novembre 1935, que les décrets d’application du ministère de l’Intérieur réparent cet oubli.
De façon surprenante, ils s’en tiennent à une définition religieuse et s’abstiennent de toute définition raciale. Il est vrai que celle-ci serait difficile , et pour cause , à établir de façon incontestable.
Selon ces décrets, sont en effet considérés comme Juifs ou  » demi-Juifs  » (Mischling) les citoyens dont quatre ou deux grands-parents s’étaient identifiés comme israélites du temps où chaque Allemand devait se définir une appartenance religieuse.

C’était avant que le chancelier Bismarck

Bismarck ?

 n’abolisse cette obligation, en 1875, dans le cadre de sa croisade anti-catholique ? , le  »Kulturkampf  ».
Il faut noter que la définition du Juif par les nazis est  »somme toute » moins violente que la définition du noir par certains États américains : selon la règle  » une goutte suffit  » (One drop rule), est noir toute personne qui a au moins un ascendant noir !

Émigration au compte-gouttes :

Dans un discours qui fait suite à la promulgation des lois de Nuremberg, Hitler les justifie en assurant qu’elles devraient stabiliser les relations entre  » Juifs  » et  » Aryens  ». Dans les faits, la mise à l’écart des Juifs est un préalable à leur exclusion du pays, Hitler et ses fidèles ayant à ce moment-là l’objectif de contraindre tous les Juifs à quitter le Reich.

Mais,l’exode ne s’accélère pas pour autant. Car les juifs, à l’exception d’une centaine de milliers récemment immigrés d’Europe orientale, sont installés depuis des temps immémoriaux en Allemagne et parfaitement intégrés à la culture nationale. Ils ont du mal à rompre avec leurs racines. D’autre part, les pays étrangers sont réticents à les accueillir, arguant du risque que leur arrivée en grand nombre n’aggrave le chômage ou les sentiments antisémites !

120 000 juifs allemands arrivent toutefois à entrer aux États-Unis entre 1933 et 1938 (dans le cadre des quotas d’immigrations édictés par ce pays ).

Quelques dizaines de milliers sont aussi accueillis en Angleterre et en France. Sur 525 000 juifs allemands dénombrés en 1933, 37 000 émigrent dès l’arrivée de Hitler au pouvoir puis 25 000 en moyenne chaque année qui suit, de sorte qu’en 1938, il en reste encore les deux tiers. Viennent s’y ajouter 190 000 Juifs autrichiens après le rattachement de l’Autriche au Reich.

Désemparé face à l’antisémitisme nazi, le président américain Franklin Roosevelt

F. Roosevelt ?

propose une conférence internationale  en vue de secourir les juifs dont ne veulent plus les Allemands.

Celle-ci se réunit du 6 au 14 juillet 1938 à l’Hôtel Royal d’Évian, au bord du Léman. 32 pays s’y font représenter (l’Allemagne n’est pas invitée, l’URSS et la Tchécoslovaquie ne s’y font pas représenter). C’est pour réitérer leur refus d’accueillir les réfugiés allemands sous prétexte de crise économique ou de surpeuplement !

Dessin du New York Times (3 juillet 1938) exprimant l'impossibilité pour un non-aryen de trouver un pays où se réfugier (crédit photographique : Mémorial de la Shoah/CDJC)

L’émigration va s’accélérer après le pogrom de la  » Nuit de Cristal  » et le redoublement des violences et des spoliations à l’encontre des Juifs, en dépit des obstacles dressés par les pays d’accueil potentiels eux-mêmes. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’année suivante, il ne restera plus que 200 000 Juifs environ en Allemagne proprement dite et 50 000 dans l’ancienne Autriche, dépouillés de tout, réduits à l’assistance, traqués et humiliés. (Les autres auront émigré en faisant le sacrifice de leurs biens ).

Mais le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale va bouleverser la donne en plaçant dans les griffes nazies les millions de juifs de Tchécoslovaquie et d’Europe orientale.

Une poignée de pêcheurs …


….à la conquête du monde:billet long , trop long => commentaires inutiles ( sauf si quelqu’un est intéressé )

Dans cette épopée que les historiens ont longtemps appelé  »Les grandes découvertes  », les navigateurs et explorateurs portugais sont des pionniers. Dès le début du XVe siècle, leurs navires commencent à longer les côtes occidentales de l’Afrique pour finalement ne s’arrêter qu’après avoir maîtrisé une bonne partie de l’océan Indien.

A la même époque , en pleine rivalité avec l’Espagne, ils découvrent à l’ouest leur  » Amérique  », le futur Brésil. En quelques décennies, c’est donc une belle partie des terres nouvellement découvertes que ce petit pays va contrôler, succès inattendu largement dû à une bonne dose de pragmatisme.

4ème armada des Indes partie à  »Calicut » en 1502.

Un petit pays aux grandes ambitions :

Dans le Portugal du XVe siècle, pays à l’extrême ouest de l’Europe faisant face à l’Atlantique, il y a bien longtemps que l’on ne craint plus la mer. Ce peuple l’a apprivoisée depuis l’Antiquité pour se nourrir, notamment en traquant la morue. Mais pourquoi, à la fin du Moyen Âge ce petit pays d’à peine un million d’âmes va-t-il soudain ne plus se contenter de ses côtes venteuses pour partir à la conquête du monde ?

Il y a d’abord des enjeux économiques : les Portugais ont bien vu les bénéfices qu’ils peuvent retirer de leurs possessions de Madère et des Açores qui, depuis le début du XVe siècle, produisent la canne à sucre que la péninsule ibérique ne parvient plus à fournir. Pourquoi ne pas suivre l’exemple de Venise qui a longtemps accumulé les richesses avant que Constantinople ne soit prise par les Ottomans en 1453 ? C’est l’occasion de se lancer et de trouver une nouvelle route ! L’Inde ne doit pas être si loin

La situation du royaume est également favorable : puissance indépendante depuis 1139, le pays s’est libéré en 1249 de toute occupation musulmane et a pu imposer un pouvoir central qui s’appuie sur une noblesse hiérarchisée. L’époque est à l’optimisme et on souhaite prolonger le succès de la  »Reconquista » ( reconquête ) pour se procurer de nouvelles terres.Il est temps aussi de retrouver l’esprit des croisades et d’apporter la foi catholique en Afrique où attend, dit-on, le mystérieux royaume chrétien du prêtre Jean. Et pourquoi ne pas imaginer une alliance pour prendre en tenaille les Turcs ottomans ?

Vue de Lisbonne et du fleuve Tage au XVI ème siècle ?

La caravelle, le vaisseau idéal

Réplique de la nao Victoria, l'un des cinq navires de Magellan.

Pour réaliser leurs explorations, les Portugais mettent au point un nouveau modèle de navire : la caravelle. Cette petite embarcation de 40 à 60 tonneaux, très maniable, nécessite une vingtaine d’hommes d’équipage et peut longer facilement les côtes grâce à son faible tirant d’eau.
Elle est reconnaissable à sa voile latine frappée d’une croix rouge, emblème de l’Ordre du Christ dont l’Infant Dom Henrique

Dom Henrique ?

est le grand-maître.
Si elle est souvent vue comme le navire des grands explorateurs, elle n’est pas la seule à avoir contribué aux découvertes de l’époque : sous ce terme sont regroupés plusieurs types de bateaux qui se distinguent par des progrès technologiques permettant peu à peu aux marins de l’époque de s’aventurer toujours plus loin dans l’océan. Ainsi, la caravelle est remplacée par la nef (nau en portugais) après le voyage de Bartolomeu Dias, en 1488.

Puis vint le temps des caraques au cours du XVIe siècle. À chaque étape, les navires sont plus grands et plus gros, mais également mieux armés, ce qui s’avère décisif pour les projets portugais dans l’océan Indien.

Sous l’égide d’Henri

Pour donner l’impulsion qui doit conduire le Portugal au-delà des mers, il fallait un homme passionné. C’est l’infant Dom Henrique, futur Henri le Navigateur et fils de Jean Ier, qui va jouer ce rôle.

Fort de sa devise  »Talent de bien faire  », il se fait remarquer dès ses 20 ans, en 1415, en participant à la conquête de Ceuta sur les musulmans. S’étant retiré à Sagres, dans l’Algarve, il en profite pour organiser une véritable école navale dans laquelle il investit ses revenus de grand-maître de l’Ordre du Christ (anciennement l’ordre du Temple).

C’est ainsi que navires et matériels de navigation vont être améliorés avec l’invention de la caravelle et de l’indispensable l’astrolabe ( L’astrolabe est à la fois – un instrument servant à mesurer la hauteur des astres pour déterminer l’heure ou l’orientation, – et un instrument de calcul permettant de déterminer les directions des astres, leurs heures de lever et de coucher, la latitude du lieu d’observation etc...). Se mettent aussi en place de véritables bases de données sur les connaissances de l’époque concernant les pays lointains. Pour remplacer les cartes médiévales et se créer des portulans plus sûrs, il est fait appel à des scientifiques musulmans, à des Italiens, à des Africains qui vont s’avérer indispensables comme interprètes.

Diego Ribero, Première représentation d'un astrolabe nautique, détail d'une carte de 1529.Il est temps de partir à l’aventure ! Dès 1418, les marins portugais reconnaissent l’archipel de Madère et Porto Santo. En 1427 vient la découverte de l’archipel des Açores, au milieu de l’Atlantique nord. Mais les tentatives pour apprivoiser l’océan restent vaines : toutes échouent devant le cap Bojador, une région pleine de courants, de récifs et de coraux sur la côte ouest de l’Afrique.

En 1433, Henri le Navigateur donne l’ordre à Gil Eanes de reconnaître la côte africaine au-delà du cap Bojador, au sud du Maroc actuel. Dans un premier temps, le marin préfère s’enfuir aux Canaries car des légendes terrifiantes courent sur les contrées situées au sud de ce cap. Mais il finit par se raviser. L’année suivante, il est le premier Occidental à dépasser ce cap.

Enfin, en 1445, les navires portugais parviennent dans les régions très riches de la côte africaine avant d’atteindre le Cap Vert, au niveau du Sénégal. Mais l’année 1460 marque un coup d’arrêt à ces explorations avec la mort d’Henri. Surnommé  « le Navigateur » par un historien allemand du XIXe siècle bien qu’il n’ait pratiquement jamais navigué, ce roi n’aura pas eu le bonheur de voir l’aboutissement de ses rêves. À sa mort, les Portugais ont seulement atteint le golfe de Guinée, et les successeurs d’Henri sont loin de partager son intérêt pour ces aventures…

Bienveillante volte

Dans l’exploration de la côte africaine, les Portugais furent servis par un phénomène météorologique très particulier : la vuelta (ou volte), assimilable à une ronde des vents. Pour descendre vers le sud, il était facile aux marins de se laisser porter par les vents alizés (de l’expression portugaise  » ventos lissios  », vents réguliers) qui soufflent dans cette région du nord-est vers le sud-ouest. Le retour vent de face paraissait autrement plus difficile…
Mais des marins racontèrent sous le sceau du secret que, pris dans de terribles tempêtes au large de l’Afrique, ils avaient été déportés au milieu de l’Atlantique et là, avaient tout d’un coup rencontré des vents favorables qui les avaient ramenés vers l’Europe. Ainsi fut découvert le phénomène de la vuelta par lequel les alizés se retournent vers le nord-est au milieu de l’Atlantique sud et se transforment en vents d’ouest. Grâce à lui, les Portugais purent dès lors entreprendre sans trop de crainte l’exploration du littoral africain. Plus tard, c’est grâce au même phénomène que Christophe Colomb pourra atteindre les Antilles, via les Canaries, et surtout en revenir.

Départ de Vasco de Gama pour les Indes

Indes en vue

Heureusement, des armateurs privés prennent le relais et, d’année en année, prudemment, les  »descobriementos  » descendent le long de la côte africaine. Ils y essaiment des fortins qui vont servir d’autant de bases arrières tout en protégeant leur monopole commercial. Le premier de ces fortins est Elmina , fondé en 1482 dans le golfe de Guinée ; il s’agit du premier établissement européen en Afrique subsaharienne.

Les Portugais ont choisi de ne rien laisser au hasard, s’opposant par leur pragmatisme à la politique expéditionnaire espagnole, plus aventurière. Christophe Colomb pourra se plaindre de cette rigueur, lui dont le projet de découverte d’un continent hypothétique au-delà de la  » mer des ténèbres  » parut trop risqué et irréalisable aux experts de Jean II.

Jodocus Hondius, Illustration de la Description de la Nouvelle Guinée, 16o6.

C’est à Bartolomeus Dias que revient l’exploit de contourner, en 1488, le cap des Tempêtes, cap rebaptisé  » cap de Bonne-Espérance » par le roi Jean II, assuré qu’il lui ouvre la porte des Indes. Effectivement, le 28 mai 1498, Vasco de Gama et son équipage débarquent à Calicut (région du Kerala).

Premiers Européens à rallier le sous-continent indien en contournant l’Afrique, ils en repartent avec un traité de commerce décevant mais à la hauteur des pacotilles proposées par les Portugais. Revenus en 1502 à Calicut avec de l’or et de l’argent, ils ont la satisfaction de procéder à des échanges nettement plus intéressants qui vont marquer les véritables débuts de l’empire colonial portugais.

Manuel Ier, successeur de Jean II, va poursuivre cette politique expansionniste pendant ses 26 ans de règne sans se satisfaire des résultats obtenus par ses hommes.

Il souhaite avant tout repousser l’islam, aussi bien au Maroc que dans l’océan Indien. Pour cela il sait qu’il peut s’appuyer sur les hommes d’Église qui acceptent de prendre la mer pour aller convertir les populations du bout du monde : dominicains, augustins, jésuites vont ainsi faire œuvre missionnaire dans les terres hindouistes ou bouddhistes, avec un succès plutôt mitigé.

Leurs témoignages et leurs dictionnaires bilingues vont cependant apporter à l’Europe une connaissance solide de ces régions du monde, en remplacement de la description pleine de fantaisie faite par Marco Polo.

Un acteur méconnu du succès portugais : le  » Lion des mers  »

Portrait d'Afonso de Albuquerque, vice-roi des Indes portugaises, après 1545, Lisbonne, Musée national des arts anciens.

 » Le César d’Orient  »,  » Le Lion des mers  »,  » Le Grand  »… Ces surnoms montrent à quel point Afonso de Albuquerque joua un rôle de premier plan dans la mise en place d’un commerce à grande échelle au cœur de l’océan Indien. C’est lui qui, en effet, assura à la couronne portugaise le contrôle des épices au détriment de la république de Venise. Pour cela il commença par explorer Madagascar en 1505 avant de se lancer dans la conquête d’Ormuz, en 1507, pour bloquer la route aux navires arabes. Devenu vice-roi des Indes deux ans plus tard, il établit en Orient un réseau de forteresses qui va permettre à son pays d’origine d’assurer son contrôle sur les nouveaux territoires.
Après avoir fait de Goa, conquise et pillée en 1510, la capitale du nouvel empire portugais des Indes, il s’empare de Ceylan et de Malacca, prises qui ouvrent de nouvelles routes maritimes vers la Chine et les Moluques. À la fois fin administrateur et diplomate abrupt, il oblige les souverains de Siam, de Java et de Sumatra à devenir tributaires de Manuel Ier. Son action déterminante n’est arrêtée que par sa mort en 1515 alors qu’il partait défendre Goa contre les troupes ottomanes.

Planisphère de Cantino, 1502, Modène, Bibliothèque universitaire Estense.

Le Brésil, terre commerciale

Le Portugal ne s’est pas contenté de se tourner vers l’est puisqu’il a vite ajouté à sa chasse gardée orientale une belle possession en Amérique : le Brésil, découvert en 1500 par Pedro Alvarès Cabral.

Représentation de l'attaque portugaise de 1560 contre le fort Coligny, parue dans La Cosmographie universelle d'André Thévet, 1575.Bien qu’elle soit prometteuse, cette  » terre délicieuse et fraîche  » (Pero de Magalhaes Gandavo, Historia da provincia de Santa Cruz, 1576) n’est pas autant développée ni défendue que les régions conquises à l’autre bout du monde.

Considéré comme un endroit paisible servant avant tout à fournir du bois, elle reste secondaire, éclipsée par les richesses de l’océan Indien. Pourtant, d’autres nations ont compris tout le potentiel qu’elle renferme : la France, tout d’abord, qui y voit une source de revenus à l’heure où les caisses de l’État, en pleines guerres de religion, ont besoin de se renflouer.

Charles IX considère aussi le Brésil comme une pièce maîtresse sur le plan stratégique pour lutter contre l’hégémonie ibérique dans le monde. C’est ainsi qu’en 1554 Nicolas de Villegagnon est envoyé par Henri II pour créer une  »France antarctique  »à la hauteur de la baie de Rio, ce qui va mener à la fondation de São Sébastião do Rio de Janeiro. Mais l’établissement est attaqué en 1560 par les Portugais, mettant fin à cet éphémère Brésil français.

Les Hollandais constituent un danger plus sérieux. Profitant de l’annexion du Portugal par l’Espagne, en 1580, ils s’emparent de Bahia en 1624 mais en sont chassés à leur tour l’année suivante par une expédition luso-espagnole. Commence alors, pour le Brésil, une mise en valeur plus active qui va en faire une des cartes maîtresses du Portugal.

Carte du Brésil extraite de L'Atlas nautique portugais, 1519, Paris, BnF.

Le pactole

Petit à petit, les Portugais vont développer avec l’Extrême-Orient des échanges commerciaux à faire pâlir d’envie leurs concurrents européens. Le centre de ce commerce est Malacca (Malaisie) où l’on se procure porcelaine, pierres précieuses et épices venant des Moluques en échange d’or et de métaux.

Représentation du muscadier originaire des Moluques, fiche botanique du XVIIIe siècle, Waldersbach, musée Jean-Frédéric Oberlin.Depuis la Chine, le comptoir de Macao vend des draps écarlates, de la verrerie, toutes sortes d’objets typiquement chinois qui sont très appréciés en Europe jusqu’au XVIIIe siècle. De Macao, les expéditions rejoignent le Japon pour revendre des produits chinois afin d’en tirer de l’argent et du cuivre.

Tout ce commerce intermédiaire entre les peuples asiatiques mais aussi Perses, Arabes et Africains, procure à la couronne portugaise des bénéfices considérables qui vont vite faire de Lisbonne la première place commerciale du XVIe siècle.  Le Portugal se retrouve ainsi à la tête d’un immense empire maritime qui s’étend en Inde, en Amérique et en Afrique.

Connaissant parfaitement les difficultés économiques que représente le maintien de ces possessions maritimes, le roi Jean III refuse alors de prendre part aux guerres déchirant l’Europe et applique une politique de maintien de la paix avec les différentes cours d’Europe qui peuvent accéder sans difficulté dans les ports appartenant au Portugal.

Kano Naizen, « Vue de l'arrivée des barbares du sud », paravent, vers 1600, musée de Kobé.

Les Grandes Découvertes


Au cours des XVe et XVIe siècle, quatre puissances européennes s’engagent dans l’exploration des océans : le  »petit » Portugal et l’Espagne pour commencer, puis l’Angleterre et la France.

Vers le déclin 

Scène de rue au Brésil, XVIIIe siècle, Rio de Janeiro.

Mais le prestige de la noblesse portugaise commence à s’affaiblir au profit de gouverneurs et de vice-rois plus intéressés par leur rang et l’enrichissement de leur famille que par l’agrandissement de l’empire.

Sous le règne de Jean III, le pays entre dans une phase de déclin aggravé par la rivalité des familles aristocratiques qui cherchent par tous les moyens à affirmer leurs privilèges, n’hésitant pas parfois à rejoindre les rangs des fidèles du roi d’Espagne. Désireux de maintenir l’intégrité de l’immense empire maritime, Manuel Ier, successeur de Jean II, épuise petit à petit les ressources économiques et humaines du Portugal.

Malgré la perte de son indépendance de 1580 à 1640, et la cession de quelques territoires au profit des Anglais et Hollandais au milieu du XVIIIe siècle, le Portugal demeure une importante puissance coloniale. Dans le même temps, le Brésil s’enrichit, bénéficiant de la contrebande anglaise dans les colonies espagnoles voisines et des découvertes de mines d’or. Mais sous le règne de José Ier, Brésil et Portugal commencent à avoir des divergences d’intérêts alors que la colonie supporte de moins en moins les réformes imposées par le marquis de Pombal qui ne cesse de renforcer la mainmise de l’exécutif sur ces terres lointaines.

Vue de la Playa Grande de Macao vers 1840.

En 1807, lorsque les troupes napoléoniennes entrent au Portugal, c’est tout naturellement au Brésil que trouve refuge le régent et futur roi Jean VI. Il y crée un certain nombre d’institutions et d’administrations qui vont permettre à la région d’accéder à l’indépendance sans violence en 1822, alors que les bouleversements qui font suite à l’occupation napoléonienne (1807-1821) ont révélé une fois de plus la fragilité de la couronne de Portugal.

Les vestiges d’un empire

De son ancien immense empire, le Portugal ne conserve alors que quelques territoires aux Indes avec Goa, Diu, Damão, une partie de l’île de Timor et les territoires africains de Guinée-Bissau, d’Angola, de Mozambique et les îles atlantiques avec Madère, les Açores, les îles du Cap Vert, Saô Tomé et Príncipe. 

Vue de la cathédrale Sainte-Catherine de Goa (Inde), dont la construction a commencé en 1533, suite à la victoire d'Afonso de Albuquerque.

En 1885, la conférence de Berlin accepte la création d’un vaste empire de l’Atlantique à l’océan Indien, accordant au Portugal l’annexion des territoires entre l’Angola et le Mozambique. Mais un ultimatum de la reine Victoria, en janvier 1890, met fin à ce rêve de reconstitution de la puissance portugaise. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’Empire portugais est encore, par sa superficie, le troisième empire colonial.!!!!

Mais il est déjà trop tard, les temps changent, et même le régime de Salazar peine à maintenir la souveraineté sur les anciennes possessions. Dès 1961, des rébellions éclatent dans les possessions africaines. La même année, les comptoirs de l’Inde (Goa, Diu, Damão) sont annexés par la république indienne alors même que la rigueur dont fait preuve le Portugal ne fait qu’augmenter le ressentiment et entretenir les volontés d’indépendance.

Il faut finalement attendre la mort de Salazar, en 1970, pour voir l’empire portugais se disloquer totalement. Le mouvement s’accélère avec la  » révolution des œillets  » de 1974 qui renverse la dictature sous l’impulsion de sous-officiers progressistes qui ont fait leur éducation politique au cours des guerres coloniales.

En 1974, la Guinée-Bissau, puis en 1975 le Cap-Vert, São Tomé et Príncipe, l’Angola et le Mozambique obtiennent leur indépendance. Les îles atlantiques sont assimilées aux provinces métropolitaines. Timor oriental est annexé à l’Indonésie en 1976, avant de devenir à son tour indépendant en 2002. De l’épopée impériale ne subsiste que le petit territoire de Macao, sur les flancs de la Chine mais, conformément à l’accord sino-portugais de mars 1987, il est rétrocédé à la Chine en 1999. Si l’empire a aujourd’hui disparu, n’oublions pas l’importance de l’héritage culturel et linguistique né de ces aventures maritimes, héritage qui a permis au portugais d’être actuellement la cinquième langue la plus parlée au monde.

Vue du musée de la Langue portugaise, Sao Paulo.

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Le nom de famille :


La cour constitutionnelle italienne a supprimé l’attribution systématique du nom de famille du père à l’enfant. Jusqu’ici, peu importe le cas de figure, les nouveaux-nés prenaient le nom du père, issu d’un mariage ou non.

Un pas vers plus d’égalité femmes-hommes ! Grâce à une décision rendue le 27 avril dernier par la Cour constitutionnelle italienne, les nouveau-nés n’auront plus automatiquement le nom de famille de leur père à la naissance. Ces derniers hériteront désormais des noms famille des deux parents, ou bien seulement l’un des deux, suivant ce qu’auront décidé les parents. En cas de désaccord, un juge sera chargé de trancher.

« La Cour déclare l’illégitimité constitutionnelle de toutes les normes prévoyant l’attribution automatique du nom de famille du père aux enfants nés dans un mariage, hors mariage et adoptifs. Il sera du devoir des législateurs de régler tous les aspects liés à cette décision », a indiqué la plus haute juridiction italienne dans un communiqué.

Le média italien  » La Repubblica  »

salue une décision qui était « attendue depuis des décennies », et qui confère aux femmes italiennes « un droit historique ».

Et en France ?

Traditionnellement, en Italie, la mère garde son nom de jeune fille. Et jusqu’ici, les italiennes devaient obtenir l’autorisation du géniteur de leurs enfants pour ajouter leur nom. Sans cette autorisation, l’enfant portait uniquement celui du père.

En octobre 2021, la Cour européenne avait reconnu cette attribution automatique d’illégitime et de discriminatoire envers les femmes, une décision historique pour l’égalité femmes-hommes dans les familles.

Rappelons qu’en France, la loi du 4 mars 2002 permet aux parents de choisir de donner à leur enfant soit le nom du père, soit celui de la mère, soit leurs deux noms accolés dans l’ordre choisi par ces derniers (en l’absence de choix, le nom du père s’impose). Mais encore 8 enfants sur 10 portent le nom de leur père par défaut, si l’on en croit Patrick Vignal

Patrick Vignal ?

, le député à l’origine de cette loi.

Un changement est pourtant sur le point de s’opérer : dès le 1er juillet 2022, une loi simplifiera le changement de nom lorsqu’il s’agit de remplacer ou d’ajouter le nom du parent qui n’a pas été transmis à la naissance. Un adulte pourra donc choisir entre le nom de famille de son père ou de sa mère, ou bien les deux. On avance.

Un commentaire même négatif est toujours le bien venu , mais PAS LES  »LIKES » qui , même si en anglais  » like  » signifie  » aimer » , ne signifient absolument RIEN !

L’Obélisque…..


……..Pas

lol

Le 27 /09/1822 , Champollion

Champollion ?

parvenait à déchiffrer les hiéroglyphes ( il y a environ 200 ans ),pour fêter cet anniversaire , l’obélisque se refaisait une beauté grâce au mécénat de l’entreprise  » Kärcher  »(
Alfred Kärcher , une entreprise allemande)

Six mois de travaux :Depuis décembre ,le monolithe de granit rose haut de 22,37 m,posé sur un piédestal de 10 mètres (réalisé en granit breton au XIXème siècle),et ceint d’un échafaudage .L’objectif étant de nettoyer la crasse accumulée et remédier à 20 ans de pollution .Pour protéger le chantier, une bâche jaune ( comme le soleil égyptien)et grise (comme le ciel parisien) a été imaginé par un étudiant des Beaux-Arts parisiens.

Un nettoyage par micro sablage :

nettoyage /micro sablage

Pour retirer la pollution incrustée qui menace la pierre , chaque centimètre carré est d’abord nettoyé à la vapeur et par micro sablage à basse pression. Des restaurateurs interviennent ensuite pour renforcer la surface là où le granit menace de s’effriter. Les microfissures sont consolidées par l’injection d’un silicate liquide qui durcit en 3 semaines .Ensuite , elles sont bouchées par un mortier rose ,blanc et noir qui se fond avec le granite .

Que racontent les hiéroglyphes ?

Ce sont des scènes d’offrandes à la gloire de RamsèsII

statue de Ramsès II?

Sur les 4 faces, on le voit agenouillé, offrant du vin ou de l’eau aux dieux Amon-Ré. En échange celui-ci l’assure d’une vie longue ,stable et heureuse .Comme tous les autres monuments de ce type, cet obélisque a été érigé en l’honneur du dieu solaire, et sa forme rappelle un rayon de soleil. C’est le pharaon Ramsès II qui ,vers 1250 avant J.C ,l’a édifié et dédié à cette divinité qui l’a sauvé de ses ennemis .Le texte est moins un récit historique qu’une sorte de poème épique où se répètent des formules solennelles proclamant la victoire éternelle de ce roi protégé du dieu .

Le long/interminable voyage vers Paris:

A l’origine, cet obélisque et son  » jumeau  » encadraient l’entrée du sanctuaire de Louxor , en Egypte Méhémet Ali ….

Méhémet Ali ?

….le vice-roi d’Egypte les a offerts à la France pour des raisons diplomatiques .Il a fallu 3 ans pour que le premier soit descellé, chargé sur un bateau ,transporté sur le Nil puis sur les mers jusqu’à Rouen, remonte la seine et arrive à Paris .Puis encore deux ans avant qu’il soit inauguré place de la Concorde par

Louis-Philippe , en1836 .Une odyssée qui a conduit la France à renoncer au second !

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Quelles que images :

L’obélisque à Paris

l’obélisque avec échafaudage
les hiéroglyphes sur l’obélisque
voyage de l’obélisque ? ( vidéo boooof)

KLIK….