çà s’est passé un 4 février….


4 février 1794 ( il y a environ 229 ans….)

La Convention abolit l’esclavage

Le 16 pluviôse an II (4 février 1794), l’assemblée de la Convention vote l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises.

Querelles autour des grands principes

Quand, au début de la Révolution, la Nuit du 4 août met fin aux privilèges féodaux, seul le duc de La Rochefoucauld-Liancourt

duc de La Rochefoucauld-Liancourt ?

envisage d’étendre aux esclaves le principe d’égalité devant la Loi.

Les représentants des colonies menacent de se séparer de la métropole si l’on abroge l’esclavage et, le 28 mars 1792, l’Assemblée législative se contente d’établir une égalité de droit entre tous les hommes libres (à l’exception des esclaves).

Les esclaves se révoltent

Abolition de l'esclavage (1794), allégorie (bureau du patrimoine du Conseil régional de la Martinique)Ces demi-mesures et ces dissensions ne satisfont pas vraiment les esclaves. En Guadeloupe, une révolte aussi brève que violente éclate dans la nuit du 20 avril 1793. Plusieurs Blancs sont massacrés.

À Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti ), la principale et la plus riche de toutes les colonies françaises, affranchis et esclaves se soulèvent à leur tour et les commissaires de la République se résignent le 4 septembre 1793 à proclamer la liberté des esclaves.

Le décret de Pluviôse, voté dans l’enthousiasme, généralise ces décisions. Il énonce :  »La Convention déclare l’esclavage des nègres aboli dans toutes les colonies ; en conséquence, elle décrète que tous les hommes, sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies, sont citoyens français et jouiront de tous les droits assurés par la Constitution ».

Le décret ne sera en définitive appliqué qu’en Guadeloupe et en Guyane avant d’être abrogé par le premier Consul   en 1802.: Par le décret-loi du 30 Floréal An X (20 mai 1802), le Premier Consul Napoléon Bonaparte  légalise l’esclavage. Par pragmatisme, dans le souci de stabiliser les colonies françaises, le Premier Consul n’a voulu, (si l’on peut dire), que maintenir l’esclavage là où il subsistait encore.

Basil Zaharoff …….


….qui est le  » marchand de mort  » Basil Zaharoff ?

 

Né en 1849 dans l’Empire ottoman, Basil Zaharoff …..

Basil Zaharoff ?

… est un aventurier aux activités louches qui, dès son plus jeune âge, procure des clients aux prostituées de Constantinople. Il fait aussi de la contrebande et s’intègre à un gang de faux pompiers, chargés d’éteindre les incendies qu’ils ont eux-mêmes allumés.!!!!

Mais ce qui fera surtout sa fortune, ce sont les ventes d’armes, dans lesquelles il se lance à la fin des années 1870. Grâce à ses relations et à son entregent,( entregent =Adresse à se conduire, à se faire valoir en société, à jouer de ses relations ) il y réussit très bien.

Sans états d’âme, Zaharoff fournit des armes aux belligérants qui s’affrontent dans les conflits qui, à la fin du XIXe siècle et au début du siècle suivant, ensanglantent les Balkans, l’Afrique du Sud et, un peu plus tard, l’Europe entière.

Ce trafic d’armes fait la fortune de Basil Zaharoff. Il lui vaut aussi son surnom de « marchand de mort« . Immensément riche, il fréquente les élites et investit son argent dans le pétrole ou les bateaux.

Mais il devient aussi, en 1923, le principal actionnaire de la Société des Bains de Mer (S B M) de Monaco, qui gère le casino et des hôtels de luxe de la principauté. Cette entreprise, très prospère, consent de nombreux prêts au prince Louis II de Monaco

prince Louis II ?

, souvent impécunieux.

Mais Zaharoff voit encore plus grand. Il n’imagine rien de moins que d’offrir la principauté elle-même à sa maîtresse, épousée en 1924, la duchesse Maria de Villa-Franca de los Caballeros.

Maria de Villa-Franca de los Caballeros ?

Le projet n’est pas si insensé qu’il peut paraître au premier abord. En effet, le prince Louis II, arrivé au pouvoir en 1889, éprouve beaucoup moins d’intérêt pour les affaires du « Rocher », comme on appelle aussi Monaco, que pour l’armée, dont il est issu.

En plus, la duchesse est apparentée à la famille royale d’Espagne. Elle ferait une princesse de Monaco très convenable. Mais Louis II refuse le marché et, en 1926, la duchesse de Villa-Franca succombe à la tuberculose.

Dès lors, Basil Zaharoff, dont le monde s’écroule, n’est plus que l’ombre de lui-même. Renonçant à toutes ses activités,, il se retire et meurt à Monaco en 1936.

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Supplément :

Il parait que dans  » L’Oreille cassée   »

L’Oreille cassée

(1937), album des aventures de Tintin, on peut voir le personnage de Basil Bazaroff, marchand d’armes qu’on voit paisiblement vendre des canons au San Theodoros du général Alcazar, avant d’aller faire la même chose dans le pays rival, le Nuevo Rico.( Je n’ai pas souvenir de cet album ) Ce Basil Bazaroff ne serait autre que l’homme d’affaires Basil Zaharoff, décédé en 1936, dont Hergé a reproduit l’apparence (moustache, barbiche, canne, chapeau) et a à peine modifié le nom……

Pendant l’entre-deux guerres, le  » mystérieux  » et richissime industriel dont la biographie est alors semée de zones d’ombre, a été rendu immensément célèbre par les médias, qui ont fait de lui l’archétype du  » marchand de mort  » et du  » profiteur de guerre  » responsable du massacre de 1914-18. La vie de ce personnage redoutablement cynique, reconstituée en 2019 par l’historien Tristan Gaston-Breton

Tristan Gaston-Breton ?
Le livre ?

dans les années 1880 qu’eut lieu son premier coup d’éclat , lorsqu’il parvient à vendre le sous-marin Nordenfelt à la fois aux Grecs, aux Turcs et aux Russes !!

Les journaux vont s’intéresser très fréquemment à lui, lui attribuant une influence aussi décisive que souterraine sur les grands événements internationaux de l’époque, et forgeant peu à peu un véritable mythe autour de lui. Il personnalise alors, presque à lui seul, le profil du milliardaire tirant dans son propre intérêt les ficelles du pouvoir européen.

En octobre 1921, dans le journal conservateur Le Matin,

 Le Matin ?

son nom apparaît dans un article sur les relations franco-turques. Henry de Jouvenel

Henry de Jouvenel ?

y qualifie Basil Zaharoff d’  » homme mystérieux de l’Europe  » et de  » financier cosmopolite ,  riche de plus d’un milliard  », évoquant ses liens avec Georges Clemenceau

Clemenceau

dont il a recruté le fils ( Michel Clemenceau )

Michel Clemenceau ?

pour » la Vicker » ( Vickers 

la Vicker?

est une variante britannique de la mitrailleuse Maxim ?.)

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» Mais est-ce bien le vrai Zaharoff qui vient de mourir ? En septembre 1933, une information anglaise nous apprenait sa mort. Le lendemain un démenti venait de France, il se reposait dans son château de Balincourt.

Un journal américain envoya un de ses collaborateurs en Europe pour éclaircir ce mystère ; ce dernier rapporta ce témoignage : Sir Basil Zaharoff serait enterré depuis longtemps et c’est un autre homme qui, sous son nom, aurait continué à diriger les diaboliques intrigues des marchands de canons. Mais je crois que ce dernier trait n’est qu’une légende et que le ciel bleu de Monte-Carlo a bien reçu hier matin le dernier soupir de l’homme le plus mystérieux du monde.  »

Les prêtres ouvriers ……qui/que sont ils


Dès le début du XXe siècle, certains prêtres s’engagent, à titre individuel, dans le monde du travail. Ces ecclésiastiques, et ceux qui les suivront, ressentent le besoin de partager, en travaillant à leurs côtés, les problèmes quotidiens des ouvriers.

Il leur semble que c’est le meilleur moyen de mettre en pratique les valeurs évangéliques de partage et de fraternité, et de rester ainsi fidèles à l’esprit de leur mission sacerdotale.

Travailler en commun, avec les mineurs ou les dockers, leur paraît d’autant plus important que, durant la Seconde Guerre mondiale, un livre, promis à un grand retentissement, alerte sur la déchristianisation des milieux ouvriers.

L’expérience commence, de manière officielle, dès 1942. Après la guerre, de nombreux prêtres-ouvriers travaillent en usine, dans les ports ou sur les chantiers.

L’Église a autorisé le mouvement, mais du  »bout des lèvres  ». En effet, la hiérarchie catholique éprouve des réticences envers cette expérience des prêtres-ouvriers.

Elle leur paraît , en effet ,incompatible avec la neutralité que le prêtre, pasteur de l’ensemble de ses ouailles, doit conserver dans l’exercice de son ministère. Et, de fait, plusieurs prêtres-ouvriers s’engagent dans des syndicats ou même des partis politiques.

Ils participent également à des manifestations et à des grèves. Du coup , en 1954, Pie XII

Pie XII ?

encadre de manière plus stricte cette expérience, réduisant à trois heures quotidiennes le temps que le prêtre peut consacrer à son travail et lui interdisant tout engagement syndical.

Attaché à une conception moins engagée du sacerdoce, Jean XXIII

Jean XXIII ?

mettra même fin à l’expérience en 1959.

Le Concile Vatican II, en 1965, change cependant la donne. À sa suite, Paul VI permet à nouveau le travail des prêtres. Ils sont désormais encadrés par la  »Mission ouvrière  », qui regroupe les acteurs de l‘évangélisation en milieu ouvrier.

L’expérience est d’abord un succès, puisqu’on compte environ 800 prêtres-ouvriers au milieu des années 1970. Mais, par la suite, leur nombre décroît peu à peu. Selon certaines sources, ils seraient environ 300 en 2020, mais, la plupart étant en retraite, il n’en resterait qu’une quinzaine encore en activité.

C’était un 24 janvier….


Des femmes contre les nazis : se souvenir des résistantes du  »convoi du 24 janvier ‘

Charlotte Delbo, à Auschwitz. Les prisonnières du 24 janvier ont été tatouées par un numéro allant du 31 625 au 31 854, ce qui a donné à leur convoi le nom « des 31 000 ».
à Auschwitz. Les prisonnières du 24 janvier ont été tatouées par un numéro allant du 31 625 au 31 854, ce qui a donné à leur convoi le nom  » des 31 000  »

De tous les convois de la déportation partis de France, un seul emmena des femmes résistantes vers Auschwitz. C’était le 24 janvier 1943, il y a quatre-vingts ans. Parmi les prisonnières, Charlotte Delbo

Charlotte Delbo

, Marie-Claude Vaillant-Couturier

Marie-Claude Vaillant-Couturier

, Danielle Casanova

Danielle Casanova

 » Le matin du 24 janvier 1943, il faisait un froid humide d’Île-de-France, avec un ciel bas et des traînées de brume qui s’effilochaient aux arbres. C’était dimanche et il était tôt. En entrant dans la ville, nous avons vu quelques passants. Les uns promenaient leur chien, les autres se hâtaient. Peut-être allaient-ils à la première messe. Ils regardaient à peine les camions dans lesquels nous étions debout. Nous chantions et nous criions pour les faire au moins tressaillir.  »Nous sommes des Françaises. Des prisonnières politiques. Nous sommes déportées en Allemagne ». »(Ainsi débute  »Le Convoi du 24 janvier  », (livre de Charlotte Delbo , paru en 1965 aux Éditions de Minuit et considéré, à l’instar d’autres de ses ouvrages, comme une pièce majeure de ce qu’il est coutume d’appeler  » la littérature des camps  » ); celle née de l’expérience concentrationnaire nazie, indicible en bien des points mais dont Delbo, comme quelques autres, sut transmettre un peu de la violence inouïe. Et nous dire l’absurdité si savamment conçue, maniée comme arme ultime de la déshumanisation.

Ce 24 janvier 1943, il y a donc exactement quatre-vingts ans , Charlotte Delbo est de celles qui chantent et crient dans un camion, pour faire tressaillir les passants. Elle a 29 ans. Il n’y a pas si longtemps, cette amoureuse des lettres était encore l’assistante de Louis Jouvet

Louis Jouvet

. Mais en septembre 1941, elle a quitté la troupe, en tournée ( et en exil ) en Amérique latine, pour rejoindre son mari à Paris et s’engager auprès de lui dans la Résistance. Tous deux ont été dénoncés. Arrêtés. Georges Dudach a été fusillé au Mont-Valérien. Charlotte vient de passer près de onze mois en détention, à la prison de la Santé puis au fort de Romainville. Ce jour de janvier, avec deux cent vingt-neuf autres femmes, à ( 85 % des résistantes ), elle est déportée vers un camp nazi. En règle générale, c’est à Ravensbrück que les  » politiques  » sont internées. Leur train les mène ailleurs, et c’est en cela qu’il s’inscrira dans l’Histoire : le convoi du 24 janvier fut le seul à conduire des résistantes de France jusqu’à Auschwitz-Birkenau.

À leur arrivée, les prisonnières sont tatouées, leur peau porte un numéro, du 31 625 au 31 854 ; voilà pourquoi certains appellent aussi leur convoi celui  » des 31 000  ». Elles viennent de tous horizons, toutes régions, toutes professions. Souvent jeunes, autour de la trentaine, parfois plus âgées. Parmi elles, d’autres noms que celui de Charlotte Delbo ont traversé le temps : celui de Danielle Casanova, 34 ans au moment de sa déportation, figure des cercles communistes, qui mourra dès le mois de mai du typhus ; la maladie prolifère dans les conditions sanitaires inimaginables des camps et ravage des organismes affaiblis par la faim, le froid et les travaux forcés. Hélène Solomon-Langevin, 33 ans, communiste elle aussi, fille du physicien Paul Langevin, qui fera partie des quarante-neuf survivantes du convoi et deviendra, dès l’automne 1945, l’une des premières femmes députées en France – avant que des soucis de santé, consécutifs à sa déportation, ne l’obligent à s’éloigner. Marie-Claude Vaillant-Couturier, encore, 31 ans en janvier 1943, communiste également, journaliste, photographe, qui sera transférée à Ravensbrück (aux côtés Geneviève de Gaulle-Anthonioz ou Germaine Tillion

Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion ?

seule Hélène Salomon Langevin

Hélène Salomon Langevin ?

, y survivra), puis témoignera au procès historique de Nuremberg et se lancera après-guerre dans une carrière politique, accédant à la vice-présidence de l’Assemblée nationale.

Vie d’avant, vie au camp, vie d’après …….

Celles-ci, et toutes les autres, nourrissent les pages du Convoi du 24 janvier,

le livre

de Charlotte Delbo, renversant de dignité et de force. Le fruit d’une longue enquête, dans les archives et le pays, pour retrouver les traces de chacune d’elles. Un livre comme un mausolée, qui évoque sans commentaire ces existences entravées, pour la plupart anéanties. Mais un livre, aussi, comme une ode à la vie, chacune de ces femmes y étant citée et située le plus précisément possible, date et lieu de naissance, profession quand elles en avaient, enfants, engagement politique ou non ; tableau d’une France incarnée des années 30, 40, 50, qui met la lumière sur celles, anonymes, que les livres d’Histoire ont si souvent ignorées. Et, pour certaines, des témoignages sur la Libération, le retour, la réinsertion pas toujours simple dans un quotidien ordinaire. Vie d’avant, vie au camp, vie d’après.

Charlotte Delbo, ici en 1950, a rendu compte de la vie de ses compagnes de déportation dans « Le Convoi du 24 janvier ».
Charlotte Delbo, ici en 1950, a rendu compte de la vie de ses compagnes de déportation dans  » Le Convoi du 24 janvier  ». Archives privées Dany Delbo

Quand elles avaient pénétré dans l’enceinte d’Auschwitz, après trois jours et trois nuits entassées dans des wagons à bestiaux, les femmes du convoi du 24 janvier avaient chanté la Marseillaise. ‘ Nous avons contourné des baraques, basses, comme enfouies dans la neige : les blocks, écrira encore Charlotte Delbo. Il fallait enjamber des cadavres. Visages tordus, os saillants. On comprenait en les voyant que la mort ici n’était pas douce. La vie non plus en l’attendant.  » Des années plus tard, en 1974, elle sera l’une des toutes premières à contester publiquement les thèses négationnistes de Robert Faurisson.

Robert Faurisson

Se souvenir d’elle et de ses camarades de résistance, auxquelles Aragon

Aragon ?

consacra plusieurs vers de son long poème Le Musée Grévin , c’est rendre hommage à leur courage, historique. C’est aussi saluer toutes les femmes qui se lèvent encore aujourd’hui, et parfois pas si loin de nous, pour combattre l’arbitraire qui tente de les faire taire.

(119 étaient communistes ou proches du PCF. Le convoi incluait aussi des gaullistes, des membres d’autres réseaux et quelques condamnées de droit commun. )

Livre écrit en 1943 sous le nom de François la Colère et publié par les Éditions de Minuit.

Outre  » Le Convoi du 24 janvier, Charlotte Delbo a signé une trilogie sur la déportation: Les livres : Aucun de nous ne reviendra, Une connaissance inutile, Mesure de nos jour

Billet mis parce-que je pense qu’il ne faut pas oublier ……

Louise Michel ( suite)


Ce billet est long , trop long ,mais je voulais en savoir plus sur cette dame . =>> les commentaires ne sont pas nécessaires , je comprendrais , mais surtout pas de LIKE !!!!

Louise Michel, grayscale.jpg

Louise Michel vers 1880.

signature de Louise Michel
Sépulture Louise Michel.jpg

Vue de la sépulture.

Préoccupée très tôt par l’éducation, elle enseigne quelques années avant de se rendre à Paris en 1856. À 26 ans, elle y développe une importante activité littéraire, pédagogique et politique et se lie avec plusieurs personnalités révolutionnaires blanquistes de Paris des années 1860.

En 1871, elle participe activement aux événements de laCommune de Paris autant en première ligne qu’en soutien. S’étant livrée en mai pour faire libérer sa mère, elle est déportée en Nouvelle-Calédonie  où elle se convertit à la pensée anarchiste. Elle revient en Métropole en 1880, et, très populaire, multiplie les manifestations et réunions en faveur des prolétaires. Elle reste surveillée par la police et est emprisonnée à plusieurs reprises, mais poursuit son militantisme politique dans toute la France, jusqu’à sa mort à l’âge de 74 ans à Marseille.

Elle demeure une figure révolutionnaire et anarchiste de premier plan dans l’imaginaire collectif. Première à arborer le  drapeau noir ,

images = premier symbôle de l’anarchisme

elle popularise celui-ci au sein dumouvement libertaire….. 

Le château de Vroncourt. :

Née au château de Vrocourt en Heute-Marne le 29 mai 1830 , Louise Michel, parfois appelée Clémence-Louise Michel, est la fille naturelle  de la servante Marie-Anne Michel et d’un père inconnu, vraisemblablement le fils du châtelain Laurent Demahis. À la suite de sa naissance, Laurent Demahis est éloigné du château, tandis que Louise y est élevée, près de sa mère, et dans la famille des parents de Laurent Demahis, qu’elle appelle ses grands-parents. Jusqu’à ses 20 ans, Louise porte le patronyme de son grand-père Étienne-Charles Demahis (1762-1845), qui fut sous l’Ancien régime avocat au Parlement de Paris  et descendait d’une famille de la  » noblesse de robe  »  (de Mahis) remontant au xviie siècle. Il lui donne le goût d’une culture classique où domine l’héritage des Lumières , notamment Voltaire et J.J Rousseau . Elle reçoit une instruction solide, une éducation libérale et semble avoir été heureuse, faisant preuve, très jeune, d’un tempérament altruiste.

En 1850, la mort des grands-parents Demahis marque la fin de son appartenance au milieu social aisé de ses protecteurs. Dotées par eux d’un petit pécule, Louise et sa mère doivent quitter le château de Vroncourt, mis en vente par la veuve et les enfants légitimes de Laurent Demahis Jusqu’alors connue à Vroncourt comme Mademoiselle Demahis, Louise doit abandonner ce nom pour prendre celui de sa mère.

À partir de 1851, elle poursuit des études à Chaumont ( Haute-Marne ) où elle obtient le brevet de capacité permettant d’exercer la profession de « sous-maîtresse » (on dirait institutrice aujourd’hui). Refusant de prêter serment à Napoléon III ce qui est nécessaire pour être institutrice, en septembre 1852, à 22 ans, elle crée une école libre à Audeloncourt ( Haute-Marne) où elle enseigne durant une année avant de se rendre à Paris. Fin 1854, elle ouvre une école à Clerfmont et n’enseigne, là aussi, que durant une année. Puis en ouvre une àMillières ( Haute-Marne ) en 1855.

À Paris …

Marie Ferré  (1853-1882)

Institutrice écrivaine

En 1856, elle quitte la Haute-Marne pour Paris . Commence alors pour elle une période d’intense activité enseignante, de tentative littéraire et de formation militante.

Pendant les quinze ans qui suivent, elle poursuit avec passion son activité d’enseignante. Elle trouve à son arrivée une place de sous-maîtresse dans le 10e arrondissement,rue du Câteau d’Eau , dans la pension de Madame Voillier, avec laquelle elle entretient des rapports quasi filiaux. En 1865, elle ouvre un externat au 24 rue Houdon , puis un autre cours rue Oudor  en 1868.

Pour préparer les épreuves du baccalauréat , elle suit les cours d’instruction populaire de la rue Hautefeuille , , dirigés par les républicains Jules Favre et Eugène Pelletan  , qui élargissent son horizon politique. De plus, elle écrit des poèmes sous le pseudonyme d’Enjolras , devient sociétaire de l’Union des poètes en 1862, et aurait probablement aimé vivre de sa plume, si les temps le lui avaient permis. Elle entretient une correspondance, commencée en 1850, avec Victor Hugo, l’écrivain et le républicain le plus célèbre et le plus respecté de l’époque, et lui adresse quelques poèmes. Louise est entièrement sous le charme. Elle vient le voir à son retour à Paris après la chute de l’ Empire . Il interviendra pour elle en janvier 1871, la dépeignant telle  » Judith  » la sombre Juive  »  et  » Aria la Romaine  » dans son poème  »Viro Major  », femmes aux destins exceptionnels et tragiques, et la défendra pendant sa déportation. Leur correspondance durera jusqu’en 1879.

Militante révolutionnaire

Progressivement introduite dans les milieux révolutionnaires à la fin de l’Empire, elle rencontre Jules Vallès ,Eugène Varlin ,Raoul Rigault et Emile Eudes , et collabore à des journaux d’opposition comme  Le Cri du peuple

journal  » le cri du peuple  »

En 1869 elle est secrétaire de la Société démocratique de moralisation, ayant pour but d’aider les ouvrières À cette époque, Louise Michel est blanquiste , c’est-à-dire adepte du mouvement révolutionnaire et républicain socialiste fondé par 

Auguste Blanqui ?

En août 1870, à 40 ans, en pleine guerre franco-prusssienne , elle manifeste contre l’arrestation des blanquistes Eudes et Brideau . En septembre, après la chute du Second Empire  , elle participe au Comité de vigilance des citoyennes du 18 ème arrondissement de Paris , dont elle est élue présidente le 1er novembre ; elle rencontre Théophile Ferré frère de Marie Ferré , frère de, dont elle tombe passionnément amoureuse. Dans Paris affamé par le siège , elle crée une cantine  pour ses élèves.

Commune de Paris

Louise Michel en uniforme de fédéré.

Lorsque les manifestations pour créer une Commune  révolutionnaire commencent, en janvier 1871, membre du Comité de vigilance de Montmartre aux côtés de Paule Munck ,Anna Jaclard et Sophie Poirier, Louise Michel est très active. Selon une anecdote fameuse, le 22 janvier 1871, en habit de garde nationale, elle fait feu sur l’ Hotel -de-Ville  lors d’une manifestation réprimée dans le sang par le général Dinoy

Général Dinoy ?

  Propagandiste, garde au 61e bataillon de Montmartre, ambulancière, et combattante, elle anime aussi le Club de la Révolution à l’ église de Saint-Bernard de la Chapelle Les 17 et 18 mars, elle participe activement, armée, à l’ affaire des canons de la garde nationale sur la butte Monmartre . On assiste à d’étonnantes manifestations : femmes, enfants, gardes fédérés entourent les soldats qui fraternisent avec cette foule joyeuse et pacifique. Elle rencontreGeoges Clémenceau  , maire de Montmaartre qui tente alors une médiation. Louise Michel fait alors partie de l’aile révolutionnaire la plus radicale aux côtés des anarchistes, et pense qu’il faut poursuivre l’offensive sur Versailles pour dissoudre le gouvernement d’ Adolphe Thiers , qui n’a alors que peu de troupes. Elle est même volontaire pour se rendre seule à Versailles et tuer Thiers . Elle n’est pas suivie et le projet avorte.

Carton rouge

Le peintre Jules Girardet  a représenté Louise Michel dans deux tableaux : le premier  figure son arrestation le 24 mai 1871. Le deuxième ( est intitulé Louise Michel à Satory ; elle y est présentée haranguant des communards.

En avril-mai, lors des assauts versaillais contre la Commune, elle participe aux batailles de Clamart, Issy-les-Moulineaux et Neuilly. Elle fait partie du 61e bataillon de marche de Montmartre et sert également comme ambulancière. Sa bravoure est mentionnée dans le Journal officiel du 10 avril. Lors de la Semaine sanglante   en mai, elle participe au combat de rue au cimetière de Montmartre  puis sur la barricade de  Clignancourt . Le 24 mai, pour faire libérer sa mère, elle se rend. Louise Michel est détenue au camp de Satory  près de Versailles, puis à la prison des Chantiers  à Versailles et, à partir du 15 juin, à la maison de correction de Versailles. Elle assiste alors aux exécutions et voit mourir ses amis, parmi lesquels son ami Thépholie Ferré  (exécuté avec l’ancien ministre de la Guerre de la Commune, Louis Rossel ), auquel elle fait parvenir un poème d’adieu : Les billets rouges

Le 28 juin, elle est interrogée pour la première fois par le conseil de guerre. Louise Michel déclare devant ses juges :

 » Ce que je réclame de vous, c’est le poteau de Satory où, déjà, sont tombés nos frères ; il faut me retrancher de la société. On vous dit de le faire. Eh bien, on a raison. Puisqu’il semble que tout cœur qui bat pour la liberté n’a droit aujourd’hui qu’à un peu de plomb, j’en réclame ma part, moi !  »

Elle revendique les crimes et délits dont on l’accuse et réclame la mort au tribunal ( » Si vous n’êtes pas des lâches, tuez-moi  ») alors que la plupart des accusés cherchent à sauver leur tête en minimisant leur action. Le lendemain, elle fait la une de tous les journaux En hommage,Victor Hugo   lui dédie un poème intitulé  »Viro Major  », qui jouera un grand rôle dans sa postérité. Le 19 septembre, elle est transférée à la prison d’Arras , où elle écrit une lettre à l’abbé Folley le 13 novembre. Ramenée à Versailles le 29 novembre, elle est condamnée par le conseil de guerre à la déportation à vie dans une enceinte fortifiée le 16 décembre. Elle refuse de faire appel et est transférée à l’abbaye d’Auberive (transformée en prison) le 21 décembre 1871, où elle reste jusqu’au 24 août 1873. C’est le temps où la presse versaillaise la nomme  »la Louve avide de sang  » ou  » la Bonne Louise  ». Elle est également surnommée la  »nouvelle Théroine » ou encore la  » dévote de la révolution  ».

Déportation

Embarquée, à Saint – Martin -Ré sur le Virginie le 9 août 1873 pour être déprtée en Nouvelle-Calédonie , Louise Michel arrive sur l’île après quatre mois de voyage le 8 décembre et est débarquée à la presqu’ile de Ducros  le 13 décembre. À bord, elle fait la connaissance de Henri Rochefort, célèbre polémiste, et de Nathalie Lemel  , elle aussi grande animatrice de la Commune ; c’est sans doute au contact de cette dernière que Louise Michel devient anarchiste . Elle reste sept années en Nouvelle-Calédonie, refusant de bénéficier d’un autre régime que celui des hommes ou d’une grâce individuelle.

Louise Michel à Nouméa.

Le bagne où elle fut enfermée

Elle crée  »le journal Petites Affiches de la Nouvelle-Calédonie  ». Elle apprend une langue kanak  et traduit dans une langue poétique plusieurs des mythes fondateurs des kanak, dont un mythe portant sur le déluge. Elle édite en 1885 Légendes et chansons de gestes canaques  S’intéressant aux langues kanak et, dans sa recherche de ce que pourrait être une langue universelle, à la langue pidgin qu’est le bichelamar  , elle cherche à instruire les autochtones kanak  et, contrairement à certains communards qui s’associent à leur répression, elle prend leur défense lors de leur révolte de 1878  . Elle obtient l’année suivante l’autorisation de s’installer à Nouméa  et de reprendre son métier d’enseignante, d’abord auprès des enfants de déportés (notamment des Algériens de Nouvelle-Calédonie), de gardiens, puis dans les écoles de filles. Elle instruit les kanak adultes le dimanche, inventant toute une pédagogie adaptée à leurs concepts et leur expérience.

Par décision du 8 mai 1879, sa peine est commuée en déportation simple, peine commuée à 10 ans de bannissement  à partir du 3 juin 1879 avant une remise du reste sa peine par décision du 16 décembre 1879.

Clémenceau, qui lui vouait une grande admiration, continuait de lui écrire durant sa déportation et lui adressait des mandats.

Retour en France

De retour à Paris le 9 novembre 1880, après avoir débarqué dans le port de Dieppe  

plaque commémorative près du port de plaisance, quai Henri-IV

elle est chaleureusement accueillie par la foule qui l’acclame aux cris de  »Vive Louise Michel ! Vive la Commune ! À bas les assassins !  ». À Paris, ce sont près de 10 000 personnes qui viennent l’acclamer à la gare Saint-Lazare. Elle y reprend son infatigable activité militante, donnant de nombreuses conférences, intervenant dans les réunions politiques. Deux mois après son retour, elle commence à faire publier sous forme de roman-feuilleton son ouvrage La Misère, qui remporte un vif succès ..

Elle se réclame jusqu’à sa mort du mouvement anarchiste. C’est le 18 mars 1882, lors d’un meeting salle Favié à Paris, que Louise Michel, désirant se dissocier des socialistes autoritaires et parlementaires, se prononce sans ambigüité pour l’adoption du  drapeau noir

par les anarchistes (socialistes libertaires) :  » Plus de drapeau rouge mouillé du sang de nos soldats. J’arborerai le drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions. »

Ce nouvel engagement est bientôt concrétisé par l’action : le 9 mars 1883, elle mène aux Invalides avec Emile Pourgrt , une manifestation au nom des  »sans-travail  » qui dégénère rapidement en pillages de trois boulangeries et en affrontement avec les forces de l’ordre. Louise, qui se rend aux autorités quelques semaines plus tard, est condamnée en juin à six ans de prison assortis de dix années de surveillance de haute police , pour  » excitation au pillage  ». Elle est libérée au bout de trois sur intervention de Clemenceau , pour revoir sa mère sur le point de mourir. Pourtant dès août, elle est de nouveau emprisonnée pour quatre mois à cause d’un discours prononcé en faveur des mineurs deDecazeville , aux côtés de Jules Guesqe , Paul Lafargue et Étienne Susini. Refusant de faire appel, elle est finalement relâchée en novembre à la suite d’une remise de peine  ».

Attentat contre Louise Michel en 1888 ?

En janvier 1887, elle se prononce contre la peine de mort , en réaction à la peine capitale à laquelle vient d’être condamné son ami Duval. Le 22 janvier 1888, après avoir prononcé dans l’après-midi un discours

Théâtre de la Gaité du Havre

au théâtre de la gaité du havre , elle est attaquée dans la soirée à la salle de l’Élysée par le  » chouan  » Pierre Lucas, qui tire sur elle deux coups de pistolet; blessée à la tête, elle refuse de porter plainte contre son agresseur. Une des balles lui érafle le lobe de l’oreille et l’autre se loge dans son crâne ; on ne parvient pas à l’extraire et elle y demeurera jusqu’à la mort de Louise Michel, dix-sept ans plus tard.

Elle est présente aux côtés de charles Malato  le 9 août 1888 au cours d’un meeting en pleine grève des terrassiers au cours duquel Joseph Tortelier

Joseph Tortelier ?

 prend la parole devant 400 personnes :

 » Ce n’est que par la grève universelle  que l’ouvrier créera une société nouvelle, dans laquelle on ne trouvera plus de tyrans.  »

En avril 1890, Louise Michel est arrêtée à la suite d’un discours qu’elle a prononcé à  Saint-Etienne  et en raison de sa participation à un meeting qui a entraîné de violentes manifestations à Vienne. Un mois plus tard, elle refuse sa mise en liberté provisoire, car ses coïnculpés restent en prison. Elle finit par tout casser dans sa cellule, un médecin demande alors son internement comme  » folle  ». Le gouvernement, qui craint l’hostilité de la presse, s’y oppose. Elle a alors 60 ans. Finalement, elle est libérée et quitte Vienne pour Paris le 4 juin. En juillet, Louise se réfugie à londres  où elle gère une école libertaire pendant quelques années. À son retour le 13 novembre 1895, elle est accueillie par une manifestation de sympathie à la gare Saint -Lazare ‘. Résolument antimilitariste, elle ne prend que modérément part à l’agitation provoquée par laffaire Dreyfus : Elle veut protéger le  » frère  » Henri Rochefort .

H.Rochefort ?

polémiste antisémite et résolument anti-dreyfusard.

Louise Michel dans sa maison (vers 1900).

Louise Michel dans sa maison (vers 1900).

Pendant les dix dernières années de sa vie, Louise Michel, devenue une grande figure révolutionnaire et anarchiste, multiplie les conférences à Paris et en province, accompagnées d’actions militantes, et ce, malgré sa fatigue ; en alternance, elle effectue des séjours à Londres en compagnie d’amis. En 1895, elle fonde le journal Le Libertaire  en compagnie de Sébastien Faure . Le 27 juillet 1896, elle assiste à Londres au congrès international socialiste des travailleurs et des chambres syndicales ouvrières. Elle fréquente le cercle anarchiste de Charlott-Street, à Soho, avec Malatesta

Malatesta

, où Sant ferrini fait sa connaissance et elle assiste au procès de l’espion Genno Rubin

Sante ferrini ?

 en mai 1902.

Quelques mois avant sa mort, d’octobre à décembre 1904, Louise Michel alors âgée de 74 ans, se rend en Algérie avec Ernest Girault  pour une tournée de conférences.

Après une série de conférences données dans les Alpes, elle prend froid à Sisteron , ce qui aggrave labronchite chhronique  dont elle souffre depuis des années. Le Dr Berthelot de,Toulon   juge son état alarmant et le Dr Dufour de Marseille conclut à une pneumonie . Elle meurt, le 9 janvier 1905, à Marseille à l’hôtel de l’Oasis au boulevard Dugommier. Le matin du 22 janvier, ses funérailles drainent à Paris une foule de plusieurs milliers de personnes. Elle est inhumée au cimetière de Levalois – Perret  

cimetière de Levallois-Perret ?

Considérée comme une pionnière du féminisme, elle écrit dans ses Mémoires :

‘ La question des femmes est, surtout à l’heure actuelle, inséparable de la question de l’humanité.  »
 » Les femmes, surtout, sont le bétail humain qu’on écrase et qu’on vend  », avant de lancer :  » Notre place dans l’humanité ne doit pas être mendiée, mais prise.  »

Ses positions sur les relations hommes/femmes sont connues :

 »Si l’égalité entre les deux sexes était reconnue, ce serait une fameuse brèche dans la bêtise humaine. En attendant, la femme est toujours, comme le disait le vieuxMolière , le potage de l’homme. Le sexe fort descend jusqu’à flatter l’autre en le qualifiant de beau sexe. Il y a fichtre longtemps que nous avons fait justice de cette force-là, et nous sommes pas mal de révoltées ne comprenant pas qu’on s’occupe davantage des sexes que de la couleur de la peau. Jamais je n’ai compris qu’il y eût un sexe pour lequel on cherchât à atrophier l’intelligence. »

Sur la prostitution , ses propos sont sans ambiguïté :

 »Il y a entre les propriétaires des maisons de prostitution échange de femmes, comme il y a échange de chevaux ou de bœufs entre agriculteurs ; ce sont des troupeaux, le bétail humain est celui qui rapporte le plus. …Si les grands négociants des marchés de femmes qui parcourent l’Europe pour leur négoce, étaient chacun au bout d’une corde, ce n’est pas moi qui irais la couper. Est-ce qu’il n’y a pas des marchés où l’on vend, dans la rue, aux étalages des trottoirs, les belles filles du peuple, tandis que lesfilles des riches sont vendues pour leur dot ? L’une, la prend qui veut ; l’autre, on la donne à qui on veut. La prostitution est la même … Esclave est le prolétaire, esclave entre tous est la femme du prolétaire. »

funérailles de L.Michel ?

Louise Michel et la franc-maçonnerie

Lors de ses funérailles, de nombreux orateurs prennent la parole et, parmi eux, le vénérable de la loge  » Fraternité Universelle  » de l’obédience maçonnique  » Grande Loge symbolique écosaise mixe et maintenue  » . Selon Jean Mitron ,  » des insignes ou emblèmes maçonniques ayant été déposés sur le cercueil, les organisateurs des obsèques firent remarquer que Louise Michel n’appartenait à aucune association  »

En fait, le 20 juillet 1904, sur proposition deMadeleine Pelletier ( qui selon Grançoise Hecque Madeleine Pelletie,  » revendique l’honneur d’avoir amené Louise Michel en franc-maçonnerie  »), Louise Michel est invitée à la loge  » Fraternité Universelle  », pour y prononcer une conférence de réception. Lors de cette réunion, elle est cooptée, les membres de la loge s’estimant honorés par son acquiescement à leur offre d’adhésion. Cette date ne doit pas être confondue, comme le fait André Combes avec celle de son initiation qui a lieu quelques semaines plus tard : le 13 septembre 1904 à la loge no 3  » La Philosophie sociale  » de la même obédience, une loge qui admettait les femmes. Elle est initiée en même temps que Charlotte Vauvelle (son amie et compagne depuis 1895) et Henri Jacob. Le lendemain de cette initiation, le 14 septembre 1904, Louise Michel tient une conférence devant la loge  » Diderot  » de la même obédience, sur le thème  »La femme et la franc-maçonnerie  », qui commence par ces mots :  » Il y a longtemps que j’aurais été des vôtres si j’eusse connu l’existence de loges mixtes, mais je croyais que, pour entrer dans un milieu maçonnique, il fallait être un homme.  » Elle y déclare aussi :  » Le pouvoir abêtit les hommes ; aussi devons-nous non point le conquérir et nous l’arracher entre hommes et femmes, mais l’éliminer de la société en faisant de celle-ci une grande famille libre, égalitaire et fraternelle, selon la belle devise maçonnique.  » Et ceci, sur la Commune :  » Les hommes de la Commune étaient individuellement énergiques, d’une grande valeur. Membres de la Commune, ils ne furent pas à la hauteur de leur tâche.  » Ses propos sont rapportés par le bulletin de la Grande Loge.

Drapeau annarchiste ….actuel

C’était il y a environ 190 ans :


Le 25 octobre 1836

Érection de l’obélisque de la Concorde

Le 25 octobre 1836, est érigé à Paris, sur la place de la Concorde, un obélisque en provenance du temple pharaonique de Louqsor (Égypte) et vieux d’environ 4 000 ans (on peut le considérer comme  » le plus ancien monument de Paris  »).

édification de l’Obélisque ?

Cadeau de roi

L’obélisque est le deuxième cadeau diplomatique du  »wali  » ( = vice-roi d’Égypte) Méhémet Ali à la France. Le 9 juillet 1827, sous le règne de Charles X , Paris avait déjà accueilli un girafon répondant au  » doux nom » de Zarafa, premier animal de son espèce à fouler le sol français.

Reprenant une tradition bimillénaire inaugurée à Rome par l’empereur Auguste, qu’on peut qualifier de mécène, qui eut le premier l’idée d’utiliser les obélisques égyptiens comme décor urbain, le wali propose à la France et à l’Angleterre de leur faire cadeau des deux obélisques d’Alexandrie en remerciement de leur contribution à la modernisation du pays. Mais en connaisseur avisé, l’égyptologue Jean-François Champollion  

Champollion ?

lui suggère d’offrir plutôt à la France les deux obélisques de Louqsor.

Ces deux obélisques ont été édifiés à l’entrée du temple de Louqsor (ou Louxor) au XIIIe siècle av. J.-C. par Ramsès II. Il était habituel en effet que les pharaons fassent ériger à l’entrée de leurs temples, deux obélisques sur lesquels étaient gravés leurs exploits et leurs hommages aux dieux, en premier lieu Amon, dieu du soleil. Ces monuments, qui figurent un rayon de soleil pétrifié, sont le point de contact entre le monde des dieux et celui des hommes.

Sculpté dans un monolithe de granit, l’obélisque occidental, celui qui fut choisi pour être le premier transporté à Paris, mesure 22,84 mètres et pèse près de 230 tonnes.

Exploit technique

Pas moins de sept ans furent nécessaires pour le démonter  et le transporter en bateau, d’une traite, de Louqsor au quai de la Concorde, au centre de Paris… sans le briser. Ces opérations, que beaucoup pensaient impossibles à l’époque, sont conduites à bras d’hommes et avec de simples machines à poulies.

Faute de bois et d’ateliers en Égypte, ces machines furent construites en France, sur les plans de l’ingénieur de marine Apollinaire Lebas

Apollinaire Lebas ?

, et remontées sur place. Elles permettent de coucher l’obélisque puis de le faire glisser sur quatre cents mètres jusqu’au Nil. Là, l’obélisque est chargé sur le Luxor.

Ce navire de transport a été aussi construit en France, à Toulon. Il a un fond plat, un faible tirant d’eau et cinq quilles pour supporter la haute mer, ainsi que trois mâts démontables pour pouvoir passer sous les ponts de la Seine. Sa poupe détachable permet de charger le monolithe par l’arrière.

Commandé par le lieutenant de vaisseau Raymond de Verminac Saint-Maur, assisté du polytechnicien Léon de Joannis, qui va  » croquer  » sur ses carnets toutes les étapes  de l’expédition, le Luxor descend le Nil sur 750 kilomètres, jusqu’à son embouchure. On doit arroser régulièrement la coque et les mâts pour éviter que le bois n’éclate sous l’effet de la chaleur ! 

Enfin, le 2 janvier 1833, à Alexandrie, le navire de transport est arrimé au Sphynx, la première corvette à vapeur de la marine française, qui va le remorquer à travers la Méditerranée jusqu’à Toulon puis de là jusqu’au Havre à travers le détroit de Gibraltar et l’océan Atlantique. Sur la Seine, le Luxor est halé par un équipage de vingt-huit chevaux jusqu’à Paris. 

L'obelisque de la Concorde, carte postale, 1917.La presse a suivi pas à pas les travaux et le voyage. Le plus difficile reste à faire : il faut décider de l’endroit où l’ériger ! La polémique fait rage. Certains penchent pour la place de la Bastille, d’autres pour le Louvre, d’autres encore pour le pont Neuf, au milieu de la Seine... Finalement, le nouveau roi louis-Philippe 1er , dans un souci d’apaisement, tranche en faveur de la place de la Concorde. 

Conçue en 1763 par l’architecte Anne-Jacques Gabriel dans le prolongement du Louvre et des Tuileries, sous le nom de place Louis XV, cette place a d’abord servi d’écrin à la statue du roi. Rebaptisée place de la Révolution sous la Convention, en 1792, elle a accueilli la guillotine et vu l’exécution de Louis XVI. Après la Terreur, elle a pris son nom actuel, plus consensuel, de place de la Concorde. L’obélisque consacre sa réhabilitation.

Le jour venu, l’érection se déroule sous les yeux d’une foule ébahie ( environ 200 000 personnes ) et du roi en personne, au balcon de l’hôtel de la Marine. Après trois heures de tension et de silence respectueux, sous la direction d’Apollinaire Lebas, l’obélisque est enfin dressé. C’est alors l’explosion de joie tandis que cent musiciens interprètent les Mystères d’Isis de Mozart.

Il est à noter que les difficultés de l’opération dissuadèrent les Français d’aller chercher aussi le deuxième obélisque. Ne nous en plaignons pas. Il honore comme il se doit le temple auquel il est consacré. Quant aux Anglais, ils ont aussi renoncé à l’obélisque de Karnak, encore plus grand, qui leur avait été offert.

voyage de l’obélisque .

MARDI GRAS….


MARDI GRAS. ( pourquoi ce billet long,trop long et pas ( encore ) d’actualité ? Pour savoir , il vous suffit de me lire jusqu’à la fin !)

Le 21 février 2023 ( dans un mois) on mange des beignets de carnaval. La recette varie selon nos régions : des bugnes à Lyon, des oreillettes en Provence, des ganses à Nice… Tour de France des recettes et pâte à beignet, mais aussi origine de la tradition.

« Merveilles » à Bordeaux, « Bugnes » à Lyon… Le Mardi gras, on mange gras ! Il est de coutume de s’en mettre plein la panse en mangeant des beignets, des gaufres ou des crêpes. Si la tradition de cette fête est de manger gras et en abondance, l’origine de Mardi gras est peu connue. Cette célébration est passée en quelques siècles de fête païenne marquant la fin de l’hiver à une célébration chrétienne aux alentours du IVe siècle, avant de devenir la journée de tous les excès dans notre société.

Tous ceux qui ont pris l’habitude de célébrer le carnaval le savent : le Mardi gras a lieu lors du dernier jour des festivités. Il s’agit donc d’une date importante, mais peu de gens savent pourquoi cette fête a pris ce nom plutôt incongru. Il suffit pourtant de quelques notions de latin pour commencer à dévoiler sa signification : « carnaval » vient du latin « carnis levare », expression qui veut dire « supprimer, enlever la viande« . Et si cette expression est restée, transformée avec les siècles, c’est qu’elle fait référence à une tradition séculaire : celle consistant à prendre un bon repas avant les privations du Carême , cette période de jeûne et d’abstinence instituée par le christianisme.

Quelle est la date de Mardi gras en 2023 ?

En 2023, Mardi gras est fixé au 21 février, une situation fréquente car Mardi gras a davantage lieu en février qu’en mars. Les prochaines dates de Mardi gras tombent au choix en février ou en mars, mais, comme le nom de la célébration l’indique, toujours un mardi. Quel sont les jours exacts concernés jusqu’en 2025 ? En 2024, Mardi gras est fixé le 13 février, suivront le 4 mars 2025 puis le 17 février 2026.

Pâques survient comme toujours 47 jours après le Mardi gras. Cette fête est directement liée aux carnavals qui ont lieu dans le monde. Elle marque le dernier jour des festivités, comme c’est le cas du Carnaval de Dunkerque qui fête le dernier jour des « Trois Joyeuses ».

Quelle est la tradition du Mardi Gras en France ?

Chaque année, des mets sucrés sont distribués dans les écoles, pour  » satisfaire les papilles des enfants gourmands  ». Ces derniers étaient d’ailleurs les premiers à mettre la main à la pâte : à l’époque, les enfants se déguisaient pour sonner aux portes, afin de rassembler tous les ingrédients nécessaires à la préparation des crêpes, comme à la Chandeleur . Une recette qui a d’ailleurs tout d’un jeu d’enfant : un puits de farine, quelques œufs entiers, du beurre et (un peu) de sucre, le tout doucement incorporé au fouet avec du lait. Les grands-mères bretonnes recommandent d’y ajouter du rhum et de la bière… avec modération  lol ! 

Si tous les Français sauront très bien quoi manger en ce jour de Mardi Gras, combien savent réellement à quoi correspond cette date ? Pour la petite histoire, Mardi Gras, cette fête aux origines chrétiennes et païennes, désigne en réalité la fin de la « semaine des sept jours gras ». Autrement dit la journée qui précède les 40 jours de jeûne du Carême. (Si vous souhaitez tout connaître sur l’origine et la signification de cette fête, lisez plus bas ).

Quelle est la signification du Mardi gras ?

Tous ceux et celles qui ont pris l’habitude de célébrer le carnaval le savent : le Mardi gras a lieu lors du dernier jour des festivités. Il s’agit donc d’une date importante, mais peu de gens savent pourquoi cette fête a pris ce nom plutôt incongru. Il suffit pourtant de quelques notions de latin pour commencer à dévoiler sa signification : « carnaval » vient du latin « carnis levare », expression  qui veut sgnifie « supprimer, enlever la viande ». Et si cette expression est restée, transformée avec les siècles, c’est qu’elle fait référence à une tradition séculaire : celle consistant à prendre un bon repas avant les privations du  Carême, cette période de jeûne et d’abstinence instituée par le christianisme.( comme les  » cathos  » le savent)

Qelle est l’origine du Mardi gras ?  

Mardi gras est le dernier jour du Candeleur. Le mot italien provient du latin « carnis levare » (« ôter la viande »). Il fait référence aux derniers repas « gras » pris avant le Carême (on parlait au XVIIIe siècle de « Dimanche gras » ou de « Lundi gras » avant Mardi gras). Autrefois, cette saison correspondait, dans une société encore majoritairement agricole, à l’une des périodes les plus critiques. En effet, en février et en mars, les paysans puisaient dans leurs dernières réserves de nourriture stockées avant ou pendant l’hiver : la facilité à stocker œufs et beurre a favorisé (au même titre que pour la Chandeleur : La tradition consistant à préparer crêpes et gaufres pendant cette période.

Des rituels païens existaient dans la période proche de mardi gras : ils annonçaient ou célébraient la renaissance de la nature (durée du jour en progression, début du dégel, puis premiers bourgeons...). C’est cette réalité qui était traduite dans le calendrier romain, où le jour de l’an était fixé au 1er mars… D’ailleurs, il a fallu attendre le XVIe siècle pour le que jour de l’an soit fixé au 1er janvier ! Avec l’avènement de la chrétienté et la mise en place de la tradition du jeûne du Carême (au IVe siècle), la fête se transforme en période d’exubérance précédant les rigueurs de l’avant-Pâques.

Au Moyen Âge, le Carême correspondait à une période des plus contraignantes pour la population, privée de danse, de fête, de nourriture copieuse, de sexe et de plaisir, . Avant que cette période ne commence, la fête du Mardi gras et son carnaval permettaient notamment d’élire un « pape des fous » et d’inverser l’ordre du monde rationnel en même temps que l’ordre social (les riches pouvaient se déguiser en pauvres, les hommes en femmes…). 

La dualité de la période est illustrée par le tableau « Le combat de Carnaval et de Carême » de Bruegel (1559).

Le combat de Carnaval et de Carême » de Bruegel

Sur une place marchande se mesurent deux chars. Le premier est paré : un homme ventripotent enjambe un tonneau, entouré de personnages absurdes et de musiciens. Sur l’autre char, une vieille femme, tractée par des moines et des nonnes. Sur une planche en bois, on remarque des poissons, symboles du Carême (période où l’on s’abstient de viande, hors produits de la mer). Côté auberge (Carnaval), on joue au dé et on se gave de gaufres ; côté église (Carême) , les personnages voilés se prosternent…

D’où viennent les déguisements de Mardi gras ?

C’est dans les communes indépendantes d’Italie que serait né le carnaval tel qu’on le connaît aujourd’hui. Notamment à Venise : dès le XIe siècle, la période précédent le Carême donne lieu à des célébrations encouragées par les autorités, qui y voient une occasion de renforcer l’esprit civique. Les masques apparaissent au XIIIe siècle : ils renforcent l’anonymat et permettent les outrances. Les rôles sociaux sont inversés, les jeux et amusements renforcent l’animation des quartiers.

La tradition italienne essaime, notamment en Europe médiane (Suisse, Allemagne de l’Ouest, Belgique, nord de la France) puis aux Amériques. Aujourd’hui, tous les déguisements sont permis. Parmi les plus fréquents, ceux issus de la Commedia dell’arte, un genre de théâtre populaire italien apparu à l’époque moderne. Arlequin, bon vivant, porte un costume rapiécé de multiples couleurs, le vieil obsédé Pantalon se balade lui avec des bas moulants, affirmant sa virilité. Quand au grossier Polichinelle, il se distingue par son ventre proéminent et sa voix de fausset…Ces costumes, conçus au XVIe siècle, permettaient aux personnages d’être immédiatement reconnaissables pour le public, peu importe la troupe de théâtre ou le lieu de représentation… A cette période de l’année et en mémoire de cette tradition, les magasins proposant des costumes étaient pris d’assaut. 

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Quelle est la recette rapide du beignet de Mardi gras ?

Vous vous lancez dans les beignets maison mais n’avez que peu de temps ? Voici la meilleure recette de pâte àbeignets , facile et rapide (5 minutes de préparation, 15 minutes de cuisson !) pour des beignets maison qui n’ont rien à envier aux recettes régionales, avec une pâte aromatisée au zeste du citron ou de l’orange, que l’on saupoudre d’un mélange de sucre et de cannelle ou que l’on peut agrémenter de confiture ou Nutella… Bon appétit !

Quelles sont les recettes de Mardi Gras selon les régions ?

Chaque région possède sa propre recette de Mardi Gras. Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les traditions, et bien sûr, chaque région assure avoir la « vraie » recette de Mardi Gras. A vous de choisir parmi les traditions de nos régions de France :

Les gaufres  authentiques, savoureuses et croustillantes dans le Nord, au beurre forcément ! Vous pouvez les garnir de chocolat, de confiture ou de sucre glace.

A Dunkerque, pour le dernier jour des « Trois Joyeuses », on mange des crêpes, des gaufres, des beignets aux pommes ou descroustillons de ch’nord , au zeste d’orange.

Les bugnes de Lyon , spécialités de la Rome antique, que l’on appelle en italien les chiacchiere, et que les Français s’approprient à tord !Les bugnes sont une recette traditionnelle de Mardi Gras arrivée à Lyon au XVIe siècle grâce aux marchands italiens. 

Les ganses niçoises, soufflées et croquantes à la fois, célèbres durant le Carnaval de Nice . 

Les pets de nonne  ou beugnets en Franche-Comté à base de pâte à choux frite en boule.

Les roussettes à Strasbourg, aux formes géométriques variées, souvent cannelées et parfumées au kirsch.

Les merveilles  de Provence ou de Gascogne, bien dorées et croustillantes, à la fleur d’oranger . 

Les crouchepettes  dans les Landes, des beignets spécifiquement gonflés.

Les bougnettes de Perpignan, pu plus largement du Roussillon, légers et ronds.

Les bottereaux  en Vendée, à partir d’une pâte levée et ferme.

Le beugnot dans les Vosges.

Les oreillettes  en Provence ou en Corse.

Explication ;pourquoi ce billet :

Ce vendredi après-midi , j’ai du  » garder  » mes petites filles pendant que Manu était chez le médecin ( il  » fait  » une dépression ).

Et là , j’ai eu la surprise de voir arriver Camille déguisée :

Camille déguisée ( mais l’an dernier,là je n’avais pas mon app. photo )

Je lui dis :  » ben qu’est ce qui ce passe ? »

Elle :  » Ben tu sais pas ? aujourd’hui , c’est le carnaval ,alors la maitresse nous a dit qu’on pouvait venir déguisée ,alors tu vois , je suis une princesse  »…..Même que la maitresse nous a dit qu’on allait faire des crêpes ,alors si elle veut bien , je t’en amènerais…. »

Puis j’ai eu droit à des câlins ,des tas d’histoires ,de questions jusqu’au retour d’Emmanuel …

Voilà encore un billet qui ne sera ni lu ni commenté , mais j’ai pris du plaisir en l’écrivant et c’est devenu le principal maintenant .(Ceci dit ,les commentaires sont toujours les bien venus mais pas les  » likes  » )

A plus ( peut-être )

 »fringues » = vêtements ?


On entend /emploie souvent ce mot / verbe (  » fringuer » ) pour dire vétu (e),habillé (e), mais d’où vient ce mot ? depuis quand est il utilisé ?……

 »Elle est toujours bien fringuée et pourtant, elle ne roule pas sur l’or  ».

 »Quand tout est vert
C’est comme l’espoir qui va tout nu
On l’a fringué comme on a pu
 ‘(extrait de la chanson de Mr Léo Ferré ,  »Mon p’tit voyou  » )

Comme chacun sait , »fringue » signifie habillement,habit,vêtement……

Mais d’où vient ce mot ,? :

 De l’ancien français fringuer =  » gambader  » et se rapporte à fringant  .( on dit parfois d’un animal (surtout cheval ) qu’il est fringant …………..

Gambader, manifester, par des gestes, la fougue, l’allégresse.

exemple/citation: (Le danseur (…) l’avait lâchée (la femme) et (…) il fringuait, tel un poulain échappé, dans ce bal .La folie de la jeunesse les faisait un peu trop fringuer de joie et les poussait, comme à cent hasards à cent farces fantasques (Pourrat, Gaspard,1922 ).

−  (En parlant de chevaux)Bill (le poney) qui a le sentiment inné des convenances, ne fringuait plus, allongeait un sabot triste (Arnoux).

 Emploi populaire : Habiller, vêtir. Être bien, mal fringué. Synon. frusquer (pop.), nipper (fam.).À travers ses doigts entr’ouverts il regarde à quel genre d’homme il a affaire et comme l’homme est plutôt mal fringué le saint-père est un peu inquiet (Prévert,Paroles,). » …  Salut les voyageurs!  » dit Vincent gaiement; il siffla d’admiration :  » Comment que tu es fringuée!…  » (Beauvoir):

… il me reste les quatre-vingts de l’housteau, c’est entendu que la famille me fringue : mais s’il y a un ressemelage de souliers, des mouchoirs à acheter, une chemise, des fixe-chaussettes, tu ne penses pas que j’attends les vacances? Aragon

 ».Il se fringuait comme l’oncle Arthur… en fier artiste exactement, avec barbiche, lavallière, tatanes longuettes  »Céline, Mort à crédit).

On dit aussi , fringuer pour un verre. : =>>Y verser de l’eau et l’agiter afin de le rincer.  »Ce déjeuner avait été (…) une merveille (…) les couverts et les cristaux fringués à miracle (Richepin )

C’était il y a environ……


…….89 ans :

9 janvier 1934

L’affaire Stavisky :

Le 9 janvier 1934, les Français apprennent la mort par balle de l’escroc Alexandre Stavisky ( 48 ans ), dit le  » Beau Sacha  »  . Ils apprennent par la même occasion qu’il a compromis des élus dans ses combines financières. C’est le début d’une violente campagne antiparlementaire qui va mettre en péril la République…

Une mort suspecte… Le cadavre de l’homme qui était recherché par la police suite à un détournement de fonds au Crédit municipal de Bayonne est retrouvé dans un chalet de Chamonix.

Apparemment il s’agit d’un suicide mais l’opinion publique soupçonne aussitôt des hommes politiques d’avoir fait assassiner l’escroc pour l’empêcher de dénoncer ses complices.

Le scandale Stavisky est peu de chose comparé à celui de Panama ou à ceux des vingt dernières années (écoutes téléphoniques, Crédit Lyonnais, Elf…).

Bien qu’il ne mette en cause ni un président de la République, ni même un quelconque ministre mais seulement une demi-douzaine de politiciens de second rang qui se sont compromis avec Stavisky dans le trafic d’influence. Son retentissement n’en est pas moins immense.

Désenchantement

C’est qu’après les années d’espoir qui ont suivi l’hécatombe de 1914-1918, la France est affectée par une crise à la fois économique et politique.

La mort de Stavisky met brutalement à jour toutes les rancoeurs. Les xénophobes s’en prennent à une politique de naturalisation trop laxiste (Stavisky est un juif d’origine russe). L’Action française royaliste, les ligues populistes de droite et les communistes dénoncent à l’envi la décadence de la IIIe République.

L’indignation populaire entraîne la chute du gouvernement radical-socialiste. Édouard Daladier

remplace Camille Chautemp

s à la présidence du Conseil. Il destitue aussitôt le préfet de police Chiappe, suspect de sympathie avec les ligues de droite.

Le 6 février 1934, Édouard Daladier présente à l’Assemblée nationale le nouveau gouvernement. Dans le même temps, une grande manifestation  est organisée à Paris, place de la Concorde, à l’appel des ligues, de l’association d’anciens combattants Les Croix de Feu ainsi que de mouvements communistes, sur le thème :  »A bas les voleurs ! »

La manifestation dégénère. La police tire. Seize manifestants et un policier sont tués. On compte un millier de blessés.

Trois jours plus tard, une  »contre-manifestation  » dégénère à son tour et fait 9 morts. Edouard Daladier doit céder la place à Gaston Doumergue

à la tête du gouvernement.

Non sans mauvaise foi, la gauche parlementaire dénonce dans la manifestation du 6 février une tentative de coup d’État fasciste. Elle appelle au rassemblement des forces progressistes.

Par ricochet, l’affaire Stavisky va ainsi contribuer à la vitoire du Front Ppulaire  de Léon Blum aux élections législatives de 1936…..

C’était il y a environ 172 ans : le 3 /01/1851


LE PENDULE DE FOUCAULT, UNE RÉVOLUTION SOUS LE PANTHÉON

Abrité depuis près de deux siècles sous l’imposant dôme du Panthéon, le pendule du physicien Léon Foucault (1819-1868) a permis à lui tout seul de prouver la rotation terrestre. Une révolution, dans la continuité de celle de Copernic, qui a profondément ébranlé la communauté scientifique du XIXe siècle. Aujourd’hui encore, il est possible d’admirer le célèbre pendule reposant sous sa belle voûte, parmi les cénotaphes.

A LA RECHERCHE D’UNE PREUVE

Les découvertes de Léon Foucault sont l’héritage de plusieurs siècles de réflexions menées sur le mouvement de la Terre. Comme chaque théorie, rien ne tombe spontanément du ciel, tout est pris dans son évolution. L’histoire commence à l’Antiquité : Pythagore défend déjà que notre planète est sphérique, tandis que Philolaos de Crotone est le premier philosophe à lui attribuer un mouvement. Bien que quelques précurseurs, comme Aristarque de Samos, aient envisagé l’héliocentrisme de notre univers, c’est Nicolas Copernic qui le théorise le premier dans un court traité publié vers 1513. Mais malgré ses nombreuses connaissances, ce dernier ne parvient pas à accorder ses calculs à sa pensée. Cela vient en réalité du fait que les mouvements des planètes sont légèrement elliptiques, ce que Johannes Kepler découvrira le siècle d’après. Toujours est-il que la révolution copernicienne met du temps à être digérée par bon nombre de savants, et surtout, de théologiens.

Le système planétaire héliocentrique de Copernic, gravure, 1510

Il faut donc attendre le XIXe siècle pour que le mouvement de la Terre soit finalement démontré par des preuves scientifiques. Après des études de médecine, le jeune Léon Foucault s’oriente vers la physique expérimentale. Il souhaite notamment mesurer avec précision la vitesse de la lumière, et s’intéresse de près aux théories de Copernic. C’est en 1851 que lui vient alors l’idée du pendule, à la suite d’une observation : il constate que le plan de vibration d’une verge fixée dans le mandrin d’un tour reste fixe lorsque ce dernier est en rotation. Sur les oscillations libres d’un pendule, il imagine ainsi qu’un terrien devrait observer une lente rotation en sens inverse, ce qui prouverait le mouvement de la Terre.

Léon Foucault, Bertall, 1882

C’est dans la cave de sa maison, rue d’Assas, que Foucault lance alors son expérience. Son premier pendule, conçu avec l’ingénieur Gustave Froment, est constitué d’une boule de laiton de 5 kilogrammes et d’un fil d’acier de 2 mètres de haut. Pour ne pas être faussées par les vibrations de la ville, ses observations sont toujours faites de nuit, aux côtés de d’autres scientifiques. Parmi eux, l’astronome François Arago, alors directeur de l’Observatoire de Paris, qui l’autorise à faire une première démonstration dans son institution. Un deuxième pendule, de 11 mètres de haut cette fois, est alors construit par Froment. Puis, à la demande de Napoléon III, Foucault réitère l’expérience un mois plus tard sous le dôme du Panthéon, alors ouvert au public. C’est un succès sans précédent.

LA TERRE TOURNE SOUS LE PANTHÉON

Le 26 mars 1851, à la une du journal  » Le National  », on énonce à tous l’incroyable expérience publique qui est à observer entre les quatre murs du Panthéon :  »Avez-vous vu tourner la Terre ? Voudriez-vous la voir tourner ? Allez jeudi, et jusqu’à nouvel ordre, tous les jeudis suivants, de 10 heures à midi, au Panthéon  ». L’intérêt du pendule, c’est qu’il met en évidence la rotation de la Terre de manière assez simple, sans avoir à recourir à des notions scientifiques complexes. De plus, cette expérience est facilement reproductible et peut être observée en quelques minutes par tout un chacun.

L’expérience du pendule de Léon Foucault au Panthéon, 1851

Intrigué par cette découverte, Napoléon III autorise en effet Foucault à utiliser le dôme du Panthéon pour installer son pendule. Toujours accompagné de Froment, le physicien suspend alors un fil d’acier de 67 mètres de long au sommet de la coupole. A l’extrémité, il accroche une sphère de 28 kilogrammes et de 38 centimètres de diamètre. Puis, en dessous, un grand cercle rempli de sable est positionné de telle sorte qu’il laisse apparaître les traces du pendule et définisse l’espace d’oscillation.

Oscillations exercées par le pendule de Foucault

Le public peut alors observer qu’au bout d’un certain moment, les marques se décalent progressivement, ne revenant jamais au point de départ. Cela prouve que la Terre est en train de tourner sur elle-même. Dans son compte rendu à l’Académie des Sciences, Foucault décrit ainsi son observation :  » Quand on veut procéder à l’expérience, on commence par annuler la torsion du fil et par faire évanouir les oscillations tournantes de la sphère. Puis, pour l’écarter de sa position d’équilibre, on l’embrasse dans une anse de fil organique dont l’extrémité libre est attachée à un point fixe pris sur la muraille, à une faible hauteur au-dessus du sol… dès qu’on est parvenu à l’amener au repos, on brûle le fil organique en quelque point de sa longueur ; sa ténacité venant alors à faire défaut, il se rompt, l’anse qui circonscrivait la sphère tombe à terre, et le pendule, obéissant à la seule force de la gravité, entre en marche et fournit une longue suite d’oscillations dont le plan ne tarde pas à éprouver un déplacement sensible.  »

DU SUCCÈS DU PENDULE À LA GÉNÉRALISATION DU GYROSCOPE

En 1851, les parisiens se précipitent tous pour assister à ce spectacle révolutionnaire, et les théologiens réticents s’inclinent peu à peu face à une preuve si irréfutable. Au regard des siècles précédents, Foucault reconnaît son succès :  » La notion du mouvement de rotation de la Terre est aujourd’hui tellement répandue, elle a si victorieusement passé du domaine de la science dans celui des idées vulgaires, qu’il pourra sembler superflu de chercher à en donner une preuve nouvelle  ». Par cette révolution, le pendule devient ainsi l’un des symboles du positivisme de l’époque, si bien qu’il est mis en valeur dans le palais de l’Industrie lors de la première Exposition Universelle de Paris en 1855.

La une du journal  » le Parisien » dédiée au pendule de Foucault, 1902

Cependant , son expérience n’échappe pas aux réticences de certains scientifiques qui ne jugent pas le pendule suffisamment convaincant, poussant Foucault à mener d’autres recherches plus précises. L’année suivante, en 1852, le physicien dévoile alors sa nouvelle création, le gyroscope, inspiré par les travaux de l’astronome allemand Bohnenberger

. Le but est de présenter un objet moins encombrant que le pendule, toujours dans l’idée de prouver le mouvement de la Terre. Ce petit appareil est une véritable prouesse mécanique puisqu’il permet de conserver une rotation suffisamment rapide durant une dizaine de minutes afin d’effectuer des mesures de grande précision.

Le pendule de Foucault sous la voûte du Panthéon

Peu à peu, il se révèle aussi être un outil essentiel pour indiquer le nord géographique et la latitude d’un lieu. En effet, si l’axe du gyroscope

est parallèle à l’axe de la Terre, celui-ci ne bouge plus même si son support est en mouvement. Ainsi, c’est au tournant du XXe siècle qu’il permettra de réaliser ce que l’on nomme un  » compas gyroscopique  », facilitant la navigation en pleine mer, le guidage des missiles, le pilotage d’un avion ou d’une fusée, ainsi que le contrôle de l’attitude des satellites. Porteur d’un héritage, Foucault transmet à son tour ses inventions à la postérité, elle-même en passe de faire de nouvelles révolutions.