C’était le 10 octobre…..


……..1789:  » Avec ma machine ,je vous fais sauter la tête en un clin d’oeuil ,et vous ne souffrez point »

Qui a dit ça ? C’est Joseph Ignace Guillotin

J.I Guillotin

le 10 octobre 1789 ! ( il y a environ 233 ans)

Il dit la citation ci-dessus pour défendre son projet de réforme du droit pénal qu’il proposa à l’Assemblée ,le député et médecin Guillotin . Par souci d’égalité et pour des raisons humanitaires ,il souhaite que la décapitation devienne le seul moyen d’éxécution et préconise l’utilisation d’un appareil mécanique …Mais , malgré ses talents d’orateur ,Guillotin mettra environ deux ans à faire accepter son idée. Le 10 octobre 1791 , l’Assemblée décrète :  » Tout condamné à mort aura la tête tranchée  » .Le 25 avril 1792,la guillotine tranche sa première tête . Et jusqu’à sa mort en 1814 le médecin regrettera cette machine  » Tache involontaire de savie  »

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guillotine (La guillotine typique : les deux montants verticaux, reliés par une traverse, comportent une rainure dans laquelle coulisse le couperet maintenu en haut par une corde et qui glisse dans la lunette maintenant la tête.)

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La première exécution est enfin prévue pour le 25 avril 1792 en place de Grève. Il s’agira de Nicolas Jacques Pelletier

Pelletier ?

, condamné à mort trois mois auparavant pour l’agression d’une personne en pleine rue, à laquelle il tentait de voler des assignats . Moreau, un juge de ce tribunal, écrit à Roederer :  » Son crime a été public, la réparation devrait être prompte, et une pareille lenteur, surtout au milieu de cette ville immense, en même temps qu’elle ôte à la loi l’énergie qu’elle doit avoir, compromet la sûreté du citoyen  ». Roederer s’adresse la veille à La Fayette , commandant-général de la garde nationale pour s’assurer ce jour-là de  » la main-forte  » car il pressent que ce nouveau mode d’exécution attirera la foule, et il lui demande en conséquence de laisser sur place les gendarmes plus longtemps après l’exécution, jusqu’à l’enlèvement de la guillotine et de l’échafaud.

Pelletier fut donc le premier homme à être  » monté sur mademoiselle  »,( surnom donné à une guillotine n’ayant pas encore servi ).  » La Chronique de Paris » signale l’événement :  » Hier, à trois heures de l’après-midi, on a mis en usage, pour la première fois, la machine destinée à couper la tête des criminels . La nouveauté du spectacle avait considérablement grossi la foule de ceux qu’une pitié barbare conduit à ces tristes spectacles  » Si les journaux s’indignent quelque peu, Prudhomme

, Prudhomme ?

loue l’instrument  » qui concilie le mieux ce qu’on doit à l’humanité et ce qu’exige la loi  » et il ajoute  » du moins tant que la peine capitale ne sera pas abolie  ». La foule,restée calme , fut étonnée de la rapidité de l’outil et de son efficacité, mais la majorité des curieux furent déçus de la brièveté du spectacle.!!!

Klik !

Comment s’organisaient les obsèques des rois ?….


( Après les funérailles de Elisabeth II ? )

Les rois aussi connaissent les affres du trépas. Comme Charles VIII

Charles VIII ?

, victime d’une porte mal placée !, ou Louis X

Louis X ?

, d’un vin trop froid ou encore la reine Elisabeth II

Elisabeth II ?

. Et leurs funérailles, elles, sont des superproductions.

Effectivement , la mort des rois donne lieu à des spectacles en grande pompe. Effigies de cire, messes interminables, on ne lésine sur rien pour marquer les esprits. Quand on est roi, il faut savoir tirer sa révérence avec panache. L’agonie, la mort, puis les funérailles des têtes couronnées donnent lieu à un show somptueux destiné à glorifier non pas le défunt, mais l’idée même de la monarchie. Après l’enterrement, tout n’est pas fini, un deuil d’un an commence à la cour.

Les six étapes d’une fin royale:

De l’art de mourir avec grâce L’après-midi du 3 mai 1774,Louis XV , souffrant d’un mal atroce, examine les pustules qui couvrent son corps.  » Il regarda les boutons de sa main avec attention, raconte le duc de Croÿ, et dit : “C’est la petite vérole.” Personne ne répondit.  » Les médecins et la cour le savent, le roi est condamné. Un rituel immuable démarre. Confession à l’abbé de la cour, réception des descendants, dernières volontés et consignes laissées à l’héritier, litanie de messes… L’agonie du roi est mise en scène et scrupuleusement épiée par les chroniqueurs.  » Le roi mourant ne pense pas seulement, à l’heure fatidique, à l’immortalité de son âme, mais à l’image qu’il laissera de lui-même et de son règne. Bien mourir est aussi le moyen de parachever une œuvre, de parfaire un portrait, voire d’infléchir le jugement de la postérité  » ( Patrice Gueniffey dans Les Derniers Jours des rois ). Le 9 mai 1774, l’état de Louis XV s’aggrave fortement. On lui administre l’extrême-onction. Il pousse son dernier soupir le lendemain, à 15 h 15, devant une foule de courtisans ( la famille royale a été exclue pour éviter toute contagion ). Comme le dit l’adage,  »le mort saisit le vif  » : le roi ne meurt pas, car son statut est aussitôt transmis à son héritier. Un officier paraît au balcon et clame :  » Le roi est mort, vive le roi !  », reprenant la formule prononcée pour la première fois en 1498, à la mort de Charles VIII.

Le cadavre offert aux regards :

Même mort, le corps du roi possède toujours le caractère spécial que lui a conféré l’onction du sacre. A partir de la mort de Philippe Auguste en 1223, il est exposé publiquement. Sceptre à la main et couronne sur la tête, le corps recouvert d’un drap d’or, Philippe Auguste est offert aux regards, pour mieux être glorifié mais aussi pour dissiper d’éventuels doutes sur les causes de la mort, en ces temps troublés.

Mais la vue d’un cadavre peut choquer. Alors, en 1422, aux funérailles de Charles VI, le roi est pour la première fois représenté par une effigie en cire. Cette  » mode  » venue d’Angleterre permet de ne pas montrer la décomposition du corps, lorsque les funérailles tardent. La dépouille de Philippe III, mort en 1285 à Perpignan, n’arrive à Paris que le 3 décembre, deux mois après son décès, car de nombreux hommages lui ont été rendus en cours de route =>A l’arrivée, il ne doit pas être beau à voir… Merci l’effigie ! Cette statue de cire prolonge en fait virtuellement la vie du roi, puisqu’elle est censée être  » habitée  » par l’âme du défunt. Ainsi, en 1610, on sert à manger à Henri IV (ou plutôt à son effigie revêtue des habits du sacre )pendant plusieurs jours aux deux repas. Conséquence insolite: la présence de l’effigie interdit celle du nouveau monarque aux funérailles de son prédécesseur, car il y aurait alors  » deux rois  » de France dans la même pièce ! (Henri II assistera en cachette au passage du cortège funèbre de son père, François Ier, caché dans une maison rue Saint-Jacques à Paris ).

Un convoi funèbre de 1500 mètres de long !

Après avoir été exposés, les corps des monarques sont transportés à la basilique de Saint-Denis. Pourquoi s’éloigner de 9 km du centre de Paris ? En 639, Dagobert est le premier à se faire inhumer dans ce lieu considéré comme sacré, car Denis, célèbre martyr chrétien, y serait mort. Mais c’est Louis IX qui officialise son statut de nécropole royale. Il y fait installer 16 tombeaux destinés à accueillir les corps des premiers souverains, transférés le 12 mars 1264. Louis IX lui-même y est enterré le 22 mai 1271. Pour s’y rendre, on mise sur le gigantisme : le cortège grandiose qui mène François Ier à Saint-Denis en 1547 est long d’1,5 km ! Des  » escales  » sont organisées le long du chemin, notamment à Paris, où une messe est souvent célébrée. Très pieux, Louis XIII, va rompre avec ces processions grandiloquentes : fini la parade royale, son corps sera conduit de nuit à Saint-Denis, tiré par huit chevaux, et sans passer par Paris et Notre- Dame .

Idem pour Louis XIV : le 9 septembre 1715, son corps est installé sur un char drapé de velours noir. A 19 heures tapantes, le convoi s’ébranle, les carrosses transportant la famille royale et le gratin de la cour à sa suite.

Superproduction à l’abbaye !

Sous Louis XIV, les funérailles à l’abbaye royale de Saint-Denis ont tout du grand spectacle : elles sont d’ailleurs organisées par l’administration des Menus-Plaisirs. L’église prend des airs de théâtre, des loges sont installées dans les tribunes, des tissus de deuil sont tendus, le catafalque est entouré de milliers de bougies. Il faut marquer les esprits. Avant d’être inhumé, le cercueil du Roi-Soleil est resté exposé treize jours. Un office est ensuite donné, qui dure cinq heures pour Louis XIV. Puis, son cercueil en bois est enseveli dans la nécropole située sous l’abbaye, dans le caveau des Bourbons. La plupart des membres de cette dynastie sont représentés par des gisants, statues funéraires qui figent pour l’éternité les têtes couronnées à l’état de cadavres.

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Le corps royal en morceaux

Selon une tradition remontant à la mort de Philippe le Bel en 1314, les restes des rois de France sont divisés en trois (corps, entrailles et cœur). Ces parties seront envoyées dans des sépultures distinctes, ce qui multiplie les lieux où honorer le défunt monarque. Le cœur est très précieux : en 1380, à sa mort, Charles V offre le sien à Rouen, pour renforcer la présence royale dans la région ; celui de Louis XIII est enterré à l’église Saint-Louis-des-Jésuites, à Paris, tandis que ses entrailles reposent à Notre-Dame.

P.S:

  • Le cœur d’Anne de Bretagne repose au musée Dobrée de Nantes (Loire-Atlantique) dans un écrin en or.
  • La jambe de Catherine de Médicis, réputée « fine et délicate », est visible, en de rares occasions, au musée Tavet-Delacour de Pontoise (Val-d’Oise).
  • Un morceau du bras de Saint-Louis est exposé dans un bras reliquaire, à la collégiale Saint-Louis du château de Castelnau, à Prudhomat, dans le Lot.
  • Une voûte crânienne sciée, une mâchoire et un fragment de la cloison nasale de Louis XI sont conservés dans la crypte de la basilique Notre-Dame-de Cléry- Saint-André, dans le Loiret.

Un an de deuil à la cour

Pour le successeur du défunt, la tristesse (de façade) est de mise. Les nouveaux rois portent généralement le deuil en pourpre, une couleur d’affliction, comme Henri II à la mort de son père. Mais l’habit évolue au fil du temps du deuil officiel :  » L’année de deuil se décompose en deux périodes de grand et de petit deuil  », explique Raphaël Masson, conservateur en chef au château de Versailles, (sur le site leroiestmort.com )…… Pendant le grand deuil, le roi (Louis XIV) portera des bas violets, des manchettes longues dites “pleureuses” et bannira tout bijou ou ornement brillant. Même les boutons de son habit seront recouverts de violet. Au bout de quelques mois, il abandonnera les pleureuses, quittera le drap pour de la soie et pourra de nouveau porter des ornements de diamants. Le passage au petit deuil sera ensuite marqué par la reprise des bas blancs.  »

C’était il y a 41 ans……


…..Le 18 septembre 1981.La France abolit la peine de mort

Le 18 septembre 1981, à Paris, l’Assemblée nationale vote la loi d’abolition de la peine de mort présentée par le garde des Sceaux, Robert Badinter, 53 ans. 369 députés votent en sa faveur et 113 s’y opposent. C’est la principale mesure qui reste des deux septennats du président François Mitterrand

François Mitterrand

et celle que l’on a coutume de citer quand on évoque son bilan.

Cette initiative met la France  »au diapason » des autres pays d’Europe occidentale. Elle est l’aboutissement d’un débat qui a agité les cercles intellectuels et politiques d’Occident pendant trois siècles. Il n’empêche qu’en ce début du XXIe siècle, la peine de mort demeure en application dans des États qui rassemblent près des deux tiers de l’humanité… 

Un long chemin :

Jusqu’au XVIIIe siècle, dans tous les pays du monde, les délinquants et criminels étaient sanctionnés soit par une amende, soit par une peine infamante (bannissement, fers, carcan ou pilori), soit par une mutilation, soit enfin par la peine de mort, avec des variantes innombrables : décapitation, strangulation ou empoisonnement à la ciguë (Athènes), décapitation ou lapidation (Hébreux), décapitation, précipitation, pendaison, crucifiement (Rome). L’incarcération était réservée aux prévenus en attente de jugement.

La France de l’Ancien Régime n’a rien à envier à ces antiques exemples : décapitation (noblesse), pendaison, roue ou encore écartèlement (régicide). Mais la Révolution arrive et au nom de l’article 1 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ( » tous les citoyens sont égaux…  »), elle généralise l’emploi de la machine du  »bon  » docteur Guillotin

Guillotin » ?

:  » Tout condamné à mort aura la tête tranchée  ».

Machine proposée à l'Assemblée nationale pour le supplice des criminels par Mr. Guillotin, Jean-François, XVIIIe s., Paris, BnF.

Il est à noter que l’Angleterre l’a devancée dans la voie de l’égalité en généralisant la pendaison et en l’étendant à une multitude de délits, y compris de simples larcins ! Les exécutions sont. (Elles s’apparentent par leur succès populaire aux jeux du cirque antiques ).

L’historien Jean-Claude Chesnais cite une exécution, à Londres, en 1824, qui aurait attiré cent mille spectateurs (dans un pays d’à peine dix millions d’habitants). Mais dès la fin du XVIIIe siècle, la peine de mort fait l’objet d’une contestation courageuse. Elle vient d’un jeune marquis italien, admirateur de Montesquieu,Cesare Beccaria

Cesare Beccaria ?

.

Dans un opuscule publié  »sous le manteau  »en 1764, Des délits et des peines, il écrit :  » L’État n’a pas le droit d’enlever la vie. La peine de mort est une survivance de rigueurs antiques et un anachronisme dans une société policée. Elle n’est pas seulement inutile parce que sa valeur d’exemple est nulle, elle est aussi nuisible  ». Sa protestation est relayée par Voltaire et même par Robespierre (qui changera assez vite d’avis sous la pression des événements).

La Révolution française accomplit un pas décisif vers la modulation des peines en introduisant la privation de liberté, ( la  prison lol ). Inspiré de Beccaria, le code pénal adopté par l’Assemblée Législative le 6 octobre 1791 prévoit donc des peines la prison avec une durée variable selon le délit ou le crime. Il va dès lors devenir possible de réserver la peine capitale aux crimes les plus graves.

En France, après la chute de l’Empire, des conservateurs éclairés par la foi chrétienne relancent le combat en faveur de l’abolition de la peine de mort. C’est le cas du journaliste et homme politique protestant François Guizot

François Guizot ?

, qui échoue de peu à faire voter une loi dans ce sens.

Victor Hugo, Ecce (Le Pendu), 1854. Agrandissement : La Tourgue en 1835, 1875, Maisons de Victor Hugo, Paris.C’est aussi le cas du jeune poète Victor Hugo 

Victor Hugo (jeune)?

qui publie en 1829  »Le Dernier Jour d’un Condamné  » (il s’agit du récit des derniers moments d’un jeune condamné, par lui-même). À ce livre, il ajoute en 1832 une préface qui est un vigoureux plaidoyer contre la peine de mort avec des arguments -toujours actuels ?? -( » Se venger est de l’individu, punir est de Dieu  »).

 »Ces royalistes plutôt traditionalistes sont animés par un souci d’humanité à une époque où l’on exécute plus que de raison  » : l’historien Jean-Claude Chesnais

Jean-Claude Chesnais ?

!!!(Histoire de la violence, 1982). 

Sur la peine de mort, la gauche républicaine, qui cultive la nostalgie de la révolution jacobine et de la Terreur, reste toutefois réservée, n’y voyant aucun inconvénient quand il s’agit de combattre les ennemis de la Liberté.

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Les pays nordiques furent les premiers à délaisser la peine de mort : Le grand-duché autonome de Finlande entame le mouvement dès 1826, suivi par la Norvège en 1875, le Danemark en 1892, la Suède en 1910. Les Pays-Bas l’abolissent en 1850. Née en 1830, la Belgique applique la peine de mort avec réticence, le roi usant généralement de son droit de grâce. La peine capitale est systématiquement commuée en détention à perpétuité à partir de 1950 et officiellement abolie en 1996. La Suisse entame le processus d’abolition en 1874. Plus surprenant, le Portugal l’abolit en 1867 et l’Italie en 1890 (Mussolini la rétablira brièvement).

Au Brésil, la dernière exécution remonte à 1855… au grand dépit de Louis Pasteur

Louis Pasteur

qui, dans une lettre du 22 septembre 1884, avait suggéré à l’Empereur du Brésil de lui mettre à disposition des condamnés à mort comme cobayes pour ses recherches sur la rage et le choléra ! !!!Parmi les pays européens tard venus à l’abolition figure l’Allemagne, qui ne l’a abolie qu’en 1949 (dans la partie occidentale).

Exécution de Jean-Baptiste Troppmann (Le massacre de Pantin), le 19 janvier 1870, place de la Roquette, Paris, BnF.

La peine de mort fait de la résistance:

En France, après la vaine tentative de Guizot, le républicain Jules Simon

Jules Simon

tente une nouvelle fois en 1870 de faire passer l’abolition.

Au début du siècle, les présidents de la République Émile Loubet (1898-1906) et Armand Fallières (1906-1913) usent systématiquement de leur droit de grâce, en résistant avec courage à la pression de l’opinion publique. Le garde des sceaux Aristide Briand veut  »transformer l’essai’ en faisant passer une simple loi :  » La peine de mort est abolie  », mais l’opposition se déchaîne !

Exécution d'Eugen Weidmann devant la prison de la Santé, à Paris, le 17 juin 1939.Au matin du 17 juin 1939, la guillotine est installée devant la prison de Versailles pour l’exécution de l’assassin Eugen Weidmann (31 ans). Mais un retard de près d’une heure laisse au soleil le temps d’éclairer la scène. Les photographes en profitent ainsi que le public, dans lequel figurent des fêtards tout juste sortis de boîtes de nuit.!!!!!

Le scandale conduit le gouvernement à interdire les exécutions publiques. Celles-ci auront désormais lieu dans la cour des prisons. Mais dès lors, pendant l’Occupation, on ne rechignera plus à exécuter des femmes, ce qui n’était plus arrivé depuis 1906… Et à la Libération, la peine de mort n’est plus limitée à des crimes de sang mais étendue à des vols à main armée. 

La guerre d’Algérie suscite un regain d’activité de la guillotine avec un peu plus de deux cents exécutions entre 1956 et 1962. Avec le retour de la paix civile, on compte ensuite de moins en moins de condamnations à mort et, en 1970, année sans exécution, le sombre rituel paraît voué à tomber en désuétude. Mais l’exécution de Buffet et de son complice Bontemps, le 28 avril 1972, anéantit les espoirs des abolitionnistes, parmi lesquels maître Badinter, avocat de Bontemps.

Les deux accusés, en prison à Clervaux, avaient pris trois personnes en otage à l’infirmerie et en avaient tué deux, dont une infirmière. Le doute planait sur la participation active de Bontemps au crime. Malgré cela, il fut condamné à mort comme son complice et exécuté après que le président G.Pompidou , déjà affecté par la maladie, eut refusé sa grâce.

Robert Badinter et Patrick Henry lors du procès en janvier 1977. (Croquis d'audience de Calvi)Le 10 mars 1976, une nouvelle condamnation envoie à l’échafaud Christian Ranucci, un jeune homme de 20 ans accusé du meurtre d’un enfant. Là aussi, le doute planait sur sa culpabilité mais le jury bascula en bonne partie parce qu’un mois plus tôt, le 17 février 1976, était apparu sur les écrans de télévision un autre criminel, avéré celui-là : Patrick Henry, coupable d’enlèvement et d’assassinat d’un garçonnet. Ce soir-là, le journal télévisé s’ouvrait sur cette exclamation du présentateur Roger Gicquel :  » La France a peur  »…

Christian Ranucci

se vit refuser sa grâce par le président Valéry Giscard d’Estaing , dont  »l’esprit d’ouverture ,?  » se heurtait à l’opposition croissante de la fraction conservatrice de son camp. Il fut exécuté le 10 mars 1976. Une nouvelle exécution survint le 10 septembre 1977 : le Tunisien Hamida Djandoubi, résidant à Marseille, fut guillotiné pour avoir torturé et tué une femme de 22 ans. Après des réformes sociétales d’une audace sans précédent, le président de la République avait donc dû remiser au placard l’abolition de la peine de mort et laisser à son successeur le bénéfice moral de cette mesure. 

L’Europe toute entière abolitionniste

En 1981, à la veille des élections présidentielles, la France faisait figure de » mouton noir » dans une Communauté européenne qui avait depuis longtemps déjà renoncé à la peine de mort. Les motivations des abolitionnistes relevaient certes du sentiment d’humanité, comme au temps du jeune Victor Hugo. Elles relevaient aussi de l’idée nouvelle, propre aux Européens, que les droits et les aspirations de l’individu devaient primer en toute chose sur l’État et le bien commun.

Seul en Europe, l’État du Vatican s’en tenait à la vision traditionnelle. Dans le Catéchisme de l’Église catholique publié en 1992 sous l’autorité du pape Jean-Paul II, on peut lire :  » Préserver le bien commun de la société exige la mise hors d’état de nuire de l’agresseur. À ce titre l’enseignement traditionnel de l’Église a reconnu le bien-fondé du droit et du devoir de l’autorité publique légitime de sévir par des peines proportionnées à la gravité du délit, sans exclure dans des cas d’extrême gravité la peine de mort. Pour des raisons analogues les détenteurs de l’autorité ont le droit de repousser par les armes les agresseurs de la cité dont ils ont la charge.  ». Ce n’est qu’en 2018 que l’Église, à l’instigation du pape François, récuse dans toutes les situations la peine de mort.

En France, durant la campagne présidentielle, le candidat socialiste François Mitterrand  va donc s’emparer du thème de l’abolition, de façon à afficher son courage politique, avant de la faire voter une fois à l’Élysée. La loi n°81-908 portant abolition de la peine de mort, présentée par le garde des sceaux Robert Badinter, votée par l’Assemblée et promulguée le 9 octobre 1981 débute par un article d’une extrême concision :  » Article 1 : La peine de mort est abolie »

Fou de guillotine

François Mitterrand, qui a fait de l’abolition de la peine de mort le marqueur de sa présidence, est de tous les présidents de la Ve République celui qui a envoyé le plus d’hommes à la guillotine. Une bonne cinquantaine du temps où il était ministre de la Justice (dans le gouvernement socialiste de Guy Mollet, vingt-cinq ans plus tôt, pendant la guerre d’Algérie) .

La peine de mort dans le monde (2015)

Depuis le début du XXIe siècle, la peine de mort a été unanimement  »répudiée  » par les États européens et le Canada ainsi que de nombreux États latino-américains et plusieurs États d’Afrique subsaharienne et d’Océanie. La Russie ou encore l’Algérie ont instauré un moratoire sur son application. Au total, 140 des 192 membres de l’ONU ont aboli ou suspendu la peine de mort, ou bien ne l’appliquent qu’à des cas très particuliers (crimes contre l’humanité en Israël, crimes militaires…).

Cependant, ces pays ne rassemblent que 40% de la population mondiale et constituent la fraction la moins dynamique de la planète ! L’essentiel de l’Asie et les pays les plus peuplés du monde (Chine, Inde, Indonésie, États-Unis, Pakistan, Japon, Bangladesh, Nigeria, Égypte, etc.) continuent d’appliquer la peine de mort sans état d’âme. Par ailleurs, au vu des barbares « »exécutions  » mises en scène par les islamo-terroristes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la peine de mort est en passe de devenir, comme la condamnation du blasphème et la pénalisation de l’homosexualité, une marque de différenciation entre l’Occident de culture chrétienne et ceux qui le combattent.

La carte ci-dessous témoigne de la peine de mort dans le monde en 2018 : chaque cercle est proportionnel au poids démographique de la région considéré ; les cercles blancs représentent les États où la peine de mort est officiellement abolie.

La peine de mort dans le monde en 2018 (Herodote.net)

La peine de mort aux États-Unis:

La peine de mort a été introduite dans les colonies d’Amérique du nord dès 1608. On est passé d’environ 50 exécutions en 1800 à 150 en 1900. Après un pic durant la prohibition avec 200 exécutions en 1930, leur nombre a décliné jusqu’à la fin des années 60.
En 1967, la Cour Suprême a considéré la peine de mort comme un châtiment cruel interdit par le VIIIe amendement de la Constitution et aucune exécution n’a plus eu lieu jusqu’en 1976, quand la même Cour a admis qu’avec la garantie d’un pourvoi en appel, il n’y avait pas violation de la Constitution. Les exécutions ont donc repris de plus belle… 

Les mentalités n’en évoluent pas moins. 65% des Américains sont encore favorables à la peine de mort en 2009 mais ils étaient 80% en 1993. .
C’est que de plus en plus d’Américains sont sceptiques sur son effet dissuasif, observant que les États les plus actifs comme le Texas sont aussi ceux où la criminalité est la plus forte ! Un rapport américain indique d’ailleurs que 57 % des policiers eux-mêmes ne croient plus à son efficacité. Ensuite, les tests ADN révèlent que les  » couloirs de la mort  » hébergent de nombreux innocents condamnés à tort. Enfin, comme l’a indiqué Bill Richardson, gouverneur du Nouveau-Mexique, un procès mettant en jeu la peine capitale coûte près d’un million de dollars en plus, du fait de la multiplication des niveaux d’appels.

Vous le saviez , moi non :


Petit rappel : Les commentaires sont toujours les bien- venus ( même si très rares !) mais PAS LES LIKES ! )

Connaître quelqu’un dès le béguin ?

=Connaître quelqu’un depuis son enfance

Le béguin était une coiffure féminine portée par les religieuses de l’ordre des Béguines, avant que cette coiffe ne fût portée par des enfants sous leur bonnet. Vers le milieu du règne de Louis XV, garçons et filles portaient en effet généralement cette coiffure à six ou sept ans, et dans quelques familles, la permission de quitter le béguin arrivait pour les demoiselles beaucoup plus tard.

Un  » béguin  » ?

Craignant des hommages trop précoces, certaines mères obligeaient leurs filles à porter, toutes grandes, une coiffure qui voulait dire :  »Je suis encore une enfant, ne m’adressez point de propos indiscrets, ne faites point attention à moi. »

Lorsque Rousseau, en 1762, proscrivit le maillot, la bride, petite bande de toile qui fait partie d’un béguin, et qui sert à le fixer sur la tête, fit comprendre cette coiffure dans son projet de réforme.

Le docteur Des Essarts (Traité de l’éducation corporelle des enfants en bas âge, Paris, 1760) avait déjà dit que cette bride, comprimant les glandes maxillaires et même les parotides, y occasionnait un engorgement et un gonflement.!!!

Le docteur Alphonse Le Roi (Recherches sur les habillements des femmes et des enfants, Paris, 1772) ajouta :  » Souvent on serre trop le cordon, à dessein d’affermir la coiffure de l’enfant ; alors cette compression arrête le sang dans les veines, le refoule vers le cerveau, ce qui produit ou aggrave une multitude de maladies auxquelles les enfants succombent le plus ordinairement.  »

Dans l’Encyclopédie méthodique (Paris, 1785), Rolland de La Platière lança aussi son manifeste contre les béguins.  » Nous nous abstiendrons, dit-il, de tous détails de la layette, têtière, béguins, fichus, chaussettes, bavoirs, mouchoirs, etc., fatras de liens incommodes, de pièces ridicules, dont la sottise et le préjugé embarrassaient l’enfance, gênaient ses mouvements, arrêtaient sa croissance, et dont le bon sens commence à l’affranchir.  »

Mais le coup le plus terrible fut un article du Mercure de France, signé M.  » Qu’est-ce qui a fait, dit l’abbé Galiani dans une lettre à madame d’Epinay , cette plaisanterie charmante des oreilles à ressorts ? Elle est digne de Swift, et de tout ce qu’il y a de plus délicat dans ce genre. Si Grimm n’en est pas l’auteur, je ne le connais point.  »

C’était il y a 87 ans:


Surement déjà mis , mais il ne faut pas oublier;JE pense qu’il ne faut pas oublier )

Le 15 septembre 1935, deux ans après sa prise de pouvoir, Hitler entame la mise en oeuvre des chapitres antisémites de son programme politique.

Devant les militants du parti nazi, réunis en congrès à Nuremberg  pour le  » Rassemblement de la liberté  » (10-16 septembre 1935), il annonce la promulgation de trois lois. La première fait de la croix gammée l’unique emblème de la nation. La deuxième dépouille les Juifs allemands des attributs de la citoyenneté. La troisième interdit les mariages et les relations entre Juifs et autres Allemands

Hitler au congrès de Nuremberg de septembre 1935 ; à sa droite, Rudolf Hess, en uniforme et tête nue ; à sa gauche, Julius Streicher, en uniforme et tête nue (BundesArchiv)

Un illusoire retour à l’ordre:

Des militants nazis organisent le boycott d'un magasin juif (1933)Quand Hitler prend le pouvoir  le 30 janvier 1933, peu de gens prêtent attention à ses foucades antisémites et les prennent au sérieux. C’est même le cas de certains juifs allemands qui ne voient pas d’un mauvais œil l’arrivée d’un homme à poigne à la tête de l’État.

Certes, à peine deux mois plus tard, le 1er avril 1933, un comité présidé par le nazi Julius Streicher

Julius Streicher ?

organise le boycott des commerces juifs en riposte aux manifestations anti-allemandes organisées à l’étranger  » à l’initiative des Juifs  ». Et le 7 avril 1933, une première loi de  »restauration de la fonction publique  » exclut les Juifs de l’administration. Quatre mille fonctionnaires se voient contraints de quitter leur emploi. Les avocats juifs sont peu après exclus du barreau et les médecins juifs se voient rayés des registres des caisses maladie. 

Les milieux démocrates s’en indignent, surtout aux États-Unis et à New York, première ville juive du monde. Le 18 avril 1933, le New York Times avertit :  » Les Jeux olympiques de 1936 seront peut-être annulés à cause de la campagne allemande contre les Juifs  ». 

Mais après cette première poussée de fièvre, le régime nazi  » lève le pied  »et les manifestations antisémites se calment si bien que des israélites allemands qui avaient fui le pays à l’avènement de Hitler osent y revenir.

Cependant , les militants nazis, impatients de voir l’Allemagne libérée des Juifs  » judenrein », multiplient les exactions et les brimades à leur égard avec les encouragements de leurs chefs.(  » judenrein  » (on dit aussi  » judenfrei  ») aurait été inventé en Autriche, en 1924, par un entraîneur qui se flattait d’avoir une équipe sans juif. Il signifie en effet :  » sans juif  »)

Des lois d’exclusion:

Le 5 juin 1934, de grands juristes se réunissent pour préparer une législation raciale sous la présidence de Franz Gürtner, ministre de la Justice du Reich. Figurent parmi les participants Bernhard Lösener, l’un des principaux rédacteurs des lois de Nuremberg, et le terrifiant Roland Freisler

Roland Freisler ?

, futur président du Tribunal du peuple.

Les lois de Nuremberg font remonter la pression et donnent forme à l’antisémitisme hitlérien.

Loi sur le drapeau du Reich :

La première loi, Reichsflaggengesetz ou  » loi sur le drapeau du Reich  », fait de la croix gammée l’unique emblème de la nation. Elle est présentée comme une réplique à l »’ insulte  » d’un magistrat new-yorkais de confession juive qui a, dix jours plus tôt, libéré des profanateurs de la bannière nazie .

Elle met fin à une exception inaugurée le 12 mars 1933 par un décret du Reichspresident Hindenburg qui avait doté l’Allemagne de deux emblèmes nationaux : le drapeau traditionnel à trois bandes noir, blanc et rouge

drapeau allemand ?

, et la croix gammée

. Plus d’équivoque : l’Allemagne se veut exclusivement nazie. 

Loi sur la citoyenneté allemande :

Après la loi sur le drapeau, la deuxième loi, Reichsbürgergesetz ou  » loi sur la citoyenneté  », prive les Juifs de la citoyenneté allemande. Elle distingue les citoyens à part entière (Reischsbürger) et les simples ressortissants (Staatsanehöriger), dépourvus de droits civiques. Elle n’est pas sans rappeler la situation qui prévalait alors aux États-Unis, où les noirs étaient de fait privés de droits civiques en conséquence des lois ségrégationnistes de la fin du XIXe siècle, dites  » lois Jim Crow  » :

 » Article premier. Est un ressortissant toute personne qui appartient au Reich allemand, avec en contrepartie des devoirs particuliers.
Cette qualité s’acquiert dans le cadre de la loi sur l’appartenance au Reich et à l’État.
Article 2. Ne peuvent être citoyens du Reich que les nationaux de sang allemand, ou d’un sang racialement apparenté, dont la conduite témoigne de leur volonté de servir le Peuple et le Reich allemands.

La citoyenneté s’acquiert par la remise d’un brevet.
Seul le citoyen du Reich jouit de la totalité des droits politiques dans la mesure fixée par la loi  ». 

Loi sur la sauvegarde du sang allemand et de l’honneur allemand :

Caricature nazie de 1936 stigmatisant les unions entre juifs et non-juifsPar une troisième loi  » sur la sauvegarde du sang et de l’honneur allemand  », le Führer interdit aux Juifs d’épouser ou de fréquenter des  » Aryens  », comme chacun sait ,c’est-à-dire des citoyens allemands réputés de race pure.

Les mariages mixtes antérieurs sont dissous. Il défend également aux Juifs d’employer des Allemandes de moins de 45 ans.

 » Pénétré de la conviction que la pureté du sang allemand est la condition de la conservation du peuple allemand et animé de la volonté inflexible de garantir la nation allemande à jamais, le Reichstag a adopté à l’unanimité la loi suivante :
 article premier.: Les mariages entre Juifs et habitants du Reich de race allemande ou parents sont interdits. Les mariages qui auraient été contractés nonobstant cette interdiction sont nuls, même si, dans le dessein de tourner la loi, ils ont été conclus à l’étranger…
 article 2.: Les relations en dehors du mariage, entre Juifs et habitants de race allemande ou parents, sont interdites.

article 3.: Il est interdit aux Juifs de faire travailler dans leur ménage des personnes de race allemande ou parents de sexe féminin, âgées de moins de 45 ans…  »

La loi :

Extrait du document originel de la loi sur la protection du sang allemand et de l'honneur allemand

Qui est Juif ?

Affiche de propagande antisémite (1938, musée de l'Histoire allemande, Berlin)Fait peu remarqué, les  » lois de Nuremberg  »,  »bâclées » en deux jours, évoquent les Juifs sans prendre la peine de les définir.
Ainsi que le souligne l’historien Alain Michel

Alain Michel (historien) ?

, c’est seulement cinquante jours plus tard, le 4 novembre 1935, que les décrets d’application du ministère de l’Intérieur réparent cet oubli.
De façon surprenante, ils s’en tiennent à une définition religieuse et s’abstiennent de toute définition raciale. Il est vrai que celle-ci serait difficile , et pour cause , à établir de façon incontestable.
Selon ces décrets, sont en effet considérés comme Juifs ou  » demi-Juifs  » (Mischling) les citoyens dont quatre ou deux grands-parents s’étaient identifiés comme israélites du temps où chaque Allemand devait se définir une appartenance religieuse.

C’était avant que le chancelier Bismarck

Bismarck ?

 n’abolisse cette obligation, en 1875, dans le cadre de sa croisade anti-catholique ? , le  »Kulturkampf  ».
Il faut noter que la définition du Juif par les nazis est  »somme toute » moins violente que la définition du noir par certains États américains : selon la règle  » une goutte suffit  » (One drop rule), est noir toute personne qui a au moins un ascendant noir !

Émigration au compte-gouttes :

Dans un discours qui fait suite à la promulgation des lois de Nuremberg, Hitler les justifie en assurant qu’elles devraient stabiliser les relations entre  » Juifs  » et  » Aryens  ». Dans les faits, la mise à l’écart des Juifs est un préalable à leur exclusion du pays, Hitler et ses fidèles ayant à ce moment-là l’objectif de contraindre tous les Juifs à quitter le Reich.

Mais,l’exode ne s’accélère pas pour autant. Car les juifs, à l’exception d’une centaine de milliers récemment immigrés d’Europe orientale, sont installés depuis des temps immémoriaux en Allemagne et parfaitement intégrés à la culture nationale. Ils ont du mal à rompre avec leurs racines. D’autre part, les pays étrangers sont réticents à les accueillir, arguant du risque que leur arrivée en grand nombre n’aggrave le chômage ou les sentiments antisémites !

120 000 juifs allemands arrivent toutefois à entrer aux États-Unis entre 1933 et 1938 (dans le cadre des quotas d’immigrations édictés par ce pays ).

Quelques dizaines de milliers sont aussi accueillis en Angleterre et en France. Sur 525 000 juifs allemands dénombrés en 1933, 37 000 émigrent dès l’arrivée de Hitler au pouvoir puis 25 000 en moyenne chaque année qui suit, de sorte qu’en 1938, il en reste encore les deux tiers. Viennent s’y ajouter 190 000 Juifs autrichiens après le rattachement de l’Autriche au Reich.

Désemparé face à l’antisémitisme nazi, le président américain Franklin Roosevelt

F. Roosevelt ?

propose une conférence internationale  en vue de secourir les juifs dont ne veulent plus les Allemands.

Celle-ci se réunit du 6 au 14 juillet 1938 à l’Hôtel Royal d’Évian, au bord du Léman. 32 pays s’y font représenter (l’Allemagne n’est pas invitée, l’URSS et la Tchécoslovaquie ne s’y font pas représenter). C’est pour réitérer leur refus d’accueillir les réfugiés allemands sous prétexte de crise économique ou de surpeuplement !

Dessin du New York Times (3 juillet 1938) exprimant l'impossibilité pour un non-aryen de trouver un pays où se réfugier (crédit photographique : Mémorial de la Shoah/CDJC)

L’émigration va s’accélérer après le pogrom de la  » Nuit de Cristal  » et le redoublement des violences et des spoliations à l’encontre des Juifs, en dépit des obstacles dressés par les pays d’accueil potentiels eux-mêmes. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’année suivante, il ne restera plus que 200 000 Juifs environ en Allemagne proprement dite et 50 000 dans l’ancienne Autriche, dépouillés de tout, réduits à l’assistance, traqués et humiliés. (Les autres auront émigré en faisant le sacrifice de leurs biens ).

Mais le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale va bouleverser la donne en plaçant dans les griffes nazies les millions de juifs de Tchécoslovaquie et d’Europe orientale.

Un éléphant çà trompe..


heu :La trompe de l’éléphant :

(image du net )

Pourquoi les éléphants ont une trompe ?

Quand on y pense, les trompes des éléphants sont un peu étranges ?
Mis à part quelques exceptions moins extrêmes, comme les tapirs

tapir

, les trompes des éléphants sont un appendice qui ne ressemble à rien d’autre dans le règne animal.

1) Caractéristiques d’une trompe d’éléphant :

La trompe de l’éléphant est un nez allongé qui est fusionné avec sa lèvre supérieure. Ils ont des « doigts » opposés à l’extrémité pour saisir les petits objets. L’une des façons de distinguer les différentes espèces d’éléphants regarder leur nombre de doigts :

Ces doigts sont très forts et précis. Ils permettent à l’ éléphant de la savane de ramasser une petite arachide

Arachides

, de casser la coquille et de manger la noix non écrasée à l’intérieur.Un odorat en 3D : la trompe de l’éléphant lui permet de repérer sa nourriture à distance, mais aussi en hauteur, révèle une étude.

Techniquement sa trompe est née de la fusion de l’appendice nasal avec la lèvre supérieure. Elle lui sert à tout, un vrai couteau suisse pour pachyderme. A respirer, bien entendu, mais aussi à barrir vigoureusement, à boire (elle peut contenir 7,5 litres d’eau), à s’asperger d’eau ou de poussière, à se gratter… A palper les objets qu’il rencontre, également : l’éléphant est un animal tactile et sa trompe l’aide à explorer le monde.

C’est aussi un organe préhensile qui lui permet tout autant de déplacer un tronc d’arbre gênant

déplacer un tronc d’arbre gênant ?

que d’aller chercher une branche garnie de feuilles  »délicieuses » pour son déjeuner. On voit souvent dans les documentaires animaliers ces troupeaux d’éléphants avançant en file indienne. Ils se tiennent par la queue… avec leur trompe, bien entendu. Et dans les moments d’intimité familiale, l’organe leur permet également de se faire de gros câlins.

On voit souvent dans les documentaires animaliers ces troupeaux d’éléphants avançant en file indienne. Ils se tiennent par la queue… avec leur trompe, bien entendu. Et dans les moments d’intimité familiale ,l’organe leur permet également de se faire de gros câlins

150.000 muscles et tendons

C’est une merveille de la nature. Elle est constituée de 150.000 muscles et tendons qui lui donnent toutes ces possibilités, et d’autres encore.

L’essentiel ?: L’odorat, bien sûr. Jusqu’ici, on n’en avait pas tout à fait mesuré l’importance. Mais une étude parue dans la revue  » Animal Behavior » vient d’en fournir des détails surprenants. Une équipe sud-africaine emmenée par Melissa Schmitt

Melissa Schmitt ?

, de l’université KwaZulu-Natal, s’est intéressée à la manière dont les éléphants pouvaient repérer à distance leur nourriture favorite.

Placés dans un labyrinthe dans lequel se trouvaient des perches de 7 mètres de haut avec des plantes savoureuses, les pachydermes se dirigeaient vers leurs mets préférés sans hésitation. De quoi montrer non seulement qu’ils pouvaient les sentir à distance, mais que leur orientation à l’odorat s’effectuait en trois dimensions, aussi bien en hauteur qu’au sol.

« Cela suggère que les indices olfactifs jouent probablement un rôle important en dirigeant leur quête de nourriture à de multiples échelles spatiales, » concluent les scientifiques.

La trompe sert donc aussi de guide à l’éléphant pour trouver ses repas, à distance et aussi en hauteur !

Squelette de l’éléphant

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L’éléphant d’Asie et l’éléphant d’Afrique : deux espèces bien distinctes

Il faut noter que l’éléphant d’Asie (Elephas maximus) est bien non seulement une espèce distincte de l’éléphant d’Afrique (qui en fait regroupe quant à lui deux sous-espèces principales : le  »Loxodonta africana oxyotis  » en savane et le  » Loxodonta africana cyclotis  » en forêt) mais également la seule espèce représentante du genre Elephas ! Elles ne sont donc pas capables de se reproduire entre elles, contrairement à certaines idées populaires.
Un autre détail à garder à l’esprit est qu’il ne faut pas faire l’amalgame entre les 2 espèces, notamment car ils ne sont pas touchés par les mêmes problèmes ! L’éléphant d’Afrique n’a par exemple jamais été domestiqué…..

7 différences entre l’éléphant d’Asie et d’Afrique:

  • . 1)Comme (presque) tout le monde le sait, l’éléphant d’Afrique est de plus grand gabarit que celui d’Asie. C’est le plus souvent cette différence notable qui permet au grand public de les reconnaître et les distinguer. L’éléphant d’Afrique atteint en effet aisément les 6 tonnes pour 3,5 m au garrot alors que son cousin d’Asie ne pèse quant à lui rarement plus de 5 tonnes et ne dépasse jamais les 3 m au garrot !
  • 2) La 2e différence bien connue de tous est la taille des oreilles : les grands éléphants d’Afrique avec des grandes oreilles (pouvant mesurer parfois jusqu’à 1m50 !) et les petits éléphants d’Asie avec les plus petites oreilles. Mais même du point de vue de l’aspect général, ce n’est pas tout ! On peut facilement remarquer le front à double bosses chez l’ asiatique alors que son homologue africain présente un front plat, à l’image de son dos (contrairement à la belle courbe spinale visible chez l’éléphant en Thaïlande). Ceux des forêts d’Asie sont également bien plus poilus, notamment au niveau du crâne, du coup et de l’épine dorsale !
  • 3) En s’approchant un peu plus, on peut apercevoir que le bout de la trompe ne présente pas les mêmes détails non plus. En Afrique l’animal présente 2 protubérances de part et d’autre de l’organe contre une seule, en position frontale, en Asie !
  • 4) que l’éléphant est capable de communiquer par les vibrations dans le sol qu’ils perçoivent jusqu’à 16 km autour d’eux. Ceci est rendu possible grâce à leurs pieds ultra-sensibles et est valable pour les 2 espèces. Cependant, cette similitude n’empêche pas une légère différence dans la structure du pied de l’animal. L’ongulé africain présente ainsi 4 doigts et 3 orteils contre à chaque fois un de plus chez son représentant asiatique.
  • 5) L’éléphant d’Afrique est, contrairement à celui d’Asie, protégé contre les coups de soleil. Il se trouve qu’ils n’ont pas non plus le même habitat, du moins quand on parle de la sous-espèce la plus imagée d’Afrique, l’éléphant d’Afrique des plaines et non pas celui des forêts…
  • 6) Une des fameuses caractéristiques de la famille des Eléphantidés reste bien évidement les défenses. :Elles sont beaucoup plus développées chez le grand éléphant d’Afrique que chez le petit d’Asie. Les mâles en portent toujours mais certains mâles asiatiques, lorsqu’ils sont dominés et non dominants, possèdent ce qu’on appelle des  » tusk  » qui sont semblables à de minuscules défenses (c’est également ce que présentent les quelques femelles d’Asie qui sont porteuses de défenses). Celles des mâles africains ,quant à elles, atteignent régulièrement les 3m !
  • 7) La dernière différence , bien moins visible, bien plus spécifique. Il se trouve que le squelette de ces deux familles continentales ne sont pas exactement les mêmes… L’exemple le plus facile à présenter est le nombre de vertèbres qui constituent l’arc dorsal de l’animal. Elles sont au nombre de 20 en Afrique contre 21 en Asie… Comme quoi même leur structure interne diffère jusqu’à leur colonne vertébrale, la voûte de leur squelette osseux !

En plus de ces 7 particularités qui différencient les 2 espèces de pachydermes, on peut observer que l’éléphant d’Asie se trouve en bien plus grand danger que celui d’Afrique contrairement aux éventuelles idées reçues !

L’éléphant d’Afrique est actuellement menacé d’extinction, c’est-à-dire qu’on cherche, légalement parlant, à le protéger et que son commerce est interdit car il met en péril la survie de l’espèce. Sur l’ensemble du continent africain, on dénombre environs 500 000 représentants de l’espèce.

L’ éléphant d’Asie est quant à lui considéré comme une espèce en voie d’extinction et fait partie des espèces les plus en danger à l’heure actuelle. Dans l’ensemble formé par les 13 pays asiatiques susceptibles d’abriter l’animal, on ne compte pas plus de 50 000 individus… Le cas de l’éléphant d’Asie reste plus complexe que celui de son équivalent africain, entre autres de par le paradoxe que la culture asiatique expose quant à cette espèce sacrée et vénérée et à la fois très peu respectée …

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Éléphant d’Asie
Éléphant d’Afrique

C’était i y a environ ..146 ans :


Le 12 septembre 1876

Conférence de géographie sur l’Afrique:

Le 12 septembre 1876, au palais royal de Bruxelles, le roi Léopold II ouvre une Conférence de géographie consacrée à l’Afrique. Elle réunit une trentaine de savants de toute l’Europe.

Il s’agit officiellement de relancer l’exploration du continent noir en vue d »’ ouvrir à la civilisation la seule partie de notre globe où elle n’a pas encore pénétré  » et de lutter contre la traite des noirs par les musulmans.

C’est l’époque où les dirigeants européens essaient de faire au plus vite pour planter leur drapeau sur les dernières terres insoumises de la planète.

Le rêve de Léopold II

Le roi des Belges Léopold II (41 ans)

Léopold II ?

rêve d’offrir une colonie à la Belgique.

Ayant beaucoup voyagé avant de succéder à son père le 17 décembre 1865, il cultive un intérêt très vif pour l’outre-mer. C’est ainsi que le 19 septembre 1876, sa conférence de Bruxelles se conclut par la création d’une  » Association internationale pour l’exploration et la civilisation de l’Afrique centrale  », plus souvent appelée  »Association Internationale Africaine  ».

Elle est placée sous la présidence du roi et se donne un drapeau bleu étoilé d’or

Le drapeau ?

(semblable au drapeau actuel de l’Union européenne ! ?).

Le 23 novembre 1878, Léopold II crée au nom de l’Association un Comité d’études du haut-Congo, lequel signe aussitôt un contrat de cinq ans avec le célèbre journaliste anglo-américain Henri Morton Stanley

Henri Morton Stanley ?

en vue d’explorer le bassin du Congo, principal fleuve d’Afrique centrale.

Malheureux Congo.….

La région a été en contact avec les Européens dès le XVe siècle.Sous l’influence de ces derniers, un roi du Congo s’était volontairement converti au catholicisme (sous l’influence de voyageurs portugais ). Mais les marchands d’esclaves occidentaux n’avaient pas tardé à combattre et détruire cet embryon d’État africain et la région était retournée à son isolement jusqu’à ce que survienne Stanley.

Léopold II, roi des Belges ( 9 avril 1835, Bruxelles ; 17 décembre 1909)Avec une escouade de mercenaires européens et de supplétifs africains, l’aventurier remonte le cours du Congo et conclut des traités avec les chefs de tribus locaux, au nom de son royal commanditaire.

Les Belges n’ayant aucun goût pour les aventures coloniales (comme d’ailleurs les citoyens ordinaires du reste de l’Europe), c’est en son nom personnel et avec sa fortune que le roi mène la conquête du Congo… sans jamais y mettre les pieds.

Il projette en particulier de construire un chemin de fer entre l’estuaire du Congo et le Stanley Pool, une retenue naturelle en amont de l’estuaire, séparée de celui-ci par des cataractes qui empêchent le transport par voie d’eau. En 1882 est fondée Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa), sur le Stanley Pool.

Londres tente de freiner les ambitions du roi des Belges et encourage le Portugal à s’approprier la partie sud de l’estuaire. De son côté, la France, présente au nord de l’estuaire, promet à Léopold II de ne pas intervenir au sud. Le chancelier allemand Bismarck s’entremet habilement et convoque une conférence internationale à Berlin, en 1885.

La conférence aboutit à un compromis par lequel Léopold II se voit reconnaître à titre personnel la possession de la rive gauche du Congo, curieusement baptisée  » État indépendant du Congo  »! En avril 1885, le Parlement de Bruxelles autorise  » Sa Majesté à être le chef de l’État fondé en Afrique par l’Association Internationale  ».

Aussi tôt ,le roi va dès lors tout faire pour rentabiliser sa conquête et lui permettre de s’autofinancer.

Dans l’intérieur du pays, ses agents entament l’exploitation des ressources locales par des méthodes souvent brutales. Ils soumettent les indigènes à des corvées pour développer notamment l’exploitation du caoutchouc ou collecter l’ivoire. Les réfractaires sont nombreux et les colons ripostent aux jacqueries par une répression impitoyable. En 1904, un collaborateur de l’entreprise royale, Edmund Dene Morel

Edmund Dene Morel ?

, indigné, démissionne et fonde la  » Congo Reform Association  ». Cette ONG avant la lettre alerte l’opinion européenne en vue de faire cesser le scandale.

Une commission d’enquête internationale se penche sur les accusations portées contre les agents du roi des Belges, généralement par des Britanniques pas mécontents de se défausser sur autrui de leurs propres exactions coloniales. Elle  »dédouane » les compagnies de l’accusation de couper les mains des réfractaires mais reconnaît des exactions innombrables dans l’exploitation du territoire : travail forcé, esclavage, brutalités… 

Quelques années avant sa mort (17 décembre 1909), Léopold II lègue le Congo à la Belgique. Le gouvernement n’accepte le cadeau qu’après beaucoup d’hésitations. C’est seulement le 15 novembre 1908 que le territoire devient officiellement colonie belge. La Belgique va poursuivre sa mise en valeur avec plus de ménagement qu’auparavant, sans toutefois se soucier de former et d’éduquer les habitants. Le Congo devient indépendant de façon hâtive et désastreuse le 30 juin 1960.( il y a seulement 62 ans )

c’était e il y a environ 121 ans !


La révolte des Boxeurs ( Boxeurs = Milice de la justice et de la concorde ) étaient une société secrète chinoise, connue pour avoir déclenché l’épisode dit de la  » révolte des Boxers en 1899-1901 ». Devenue un mouvement de masse comptant entre cinquante et cent mille membres, la société mena des actions xénophobes…. 

Le 10 juin 1900, à Pékin, devant son Grand Conseil, l’impératrice douairière appelle les Chinois à chasser les étrangers. La secte des Boxeurs (ou Boxers en anglais) ne se le fait pas dire deux fois. Mais leur insurrection conduit au débarquement d’un corps expéditionnaire européen. Le 7 septembre 1901, l’insurrection des Boxeurs se clôt sur la signature d’un traité d’allégeance de la Chine impériale aux puissances occidentales. C’est une nouvelle humiliation  pour les Chinois.

 » Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera…  »( dixit Napoléon Ier qui disait:  »Laissons dormir la Chine car quand elle s’éveillera le monde tremblera ! »)

Selon une confidence de l’historien Jean Tulard …

Jean Tulard ?

, cette citation de Napoléon Ier est une invention américaine dont on trouve l’origine dans le célèbre film de Nicholas Ray : Les 55 jours de Pékin (1963), qui raconte la révolte des Boxeurs. Elle est formulée par David Niven, qui joue le rôle de l’ambassadeur britannique Sir Arthur Robertson. Alain Peyrefitte l’a reprise dix ans plus tard pour en faire le titre de son livre à succès : Quand la Chine s’éveillera… 

Humiliation et révolte

La secte dite des  » Boxeurs  » (les Anglo-Saxons parlent des Boxers) avait été fondée vers 1770 dans les campagnes chinoises du Chan-tong, au sud de Pékin. Son appellation occidentale est une mauvaise traduction de son nom chinois :  » Yi-ho k’iuan  »(le poing de la concorde et de la justice).

A l’origine opposée à la dynastie des Mandchous autant qu’à la domination des Occidentaux, les Boxeurs avaient trouvé un allié inattendu en la personne de la vieille impératrice douairière Cixi impératrice

Cixi impératrice ? ( jeune)

67 ans. Celle-ci dénonçait volontiers l’emprise des Occidentaux sur son pays mais c’était pour mieux consolider son pouvoir personnel.

Le 10 juin 1900, Cixi demande devant son Grand Conseil que soient chassés sans retard les étrangers. Les Boxeurs de Pékin, excités par un prince de la Cité interdite, Touan, ne se le font pas dire deux fois ! Ils se lancent dans la chasse aux chrétiens chinois et aux prêtres européens, massacrant les uns et les autres. Ils font par ailleurs le siège des Légations, les blocs d’immeubles réservés au logement des étrangers. Ces derniers prennent leurs dispositions pour un siège de longue durée.

Malheureusement pour les apprentis-sorciers de la Cité interdite, la révolte ne dépasse pas les limites de la capitale et le pays, dans son ensemble, ne bouge pas.

Pour une fois unis, Anglais, Américains, Allemands, Autrichiens, Italiens, Français, Russes et même Japonais organisent un corps expéditionnaire sous le commandement du général allemand Alfred von Waldersee

Alfred von Waldersee ?

.

Les soldats occupent le port de T’ien-tsin le 14 juillet 1900 et entrent à Pékin un mois plus tard. La Cour prend le large sans attendre, l’orgueilleuse impératrice Cixi ne craignant pas de se déguiser en paysanne !!

Par le traité qui clôt le conflit, les représentants de l’impératrice conviennent de verser d’énormes réparations financières aux Occidentaux échelonnées sur… quarante ans (au total 1600 millions de francs-or).

Cixi doit aussi sacrifier certains princes de sa dynastie. Les organisateurs des massacres reçoivent  » la permission de se suicider  » !!!!pendant que les Boxeurs captifs sont décapités en grand nombre. Cet ultime abaissement du pouvoir impérial va libérer en Chine les énergies réformatrices de la bourgeoisie occidentalisée et débouchera dix ans plus tard sur la République .

En apparence, le principal bénéficiaire de l’insurrection est le tsar de Russie Nicolas II

Nicolas II ?

car il profite des troubles pour occuper la Mandchourie.

Une compagnie de Boxers à Tianjin (ou Tien-Tsin), 1901, Washington, Library of Congress.

Impérialismes déchaînés :

Mais en faisant çà , le tsar excite contre lui le Japon, qui avait des visées sur cette province et inquiète Londres. L’Angleterre du roi Édouard VII s’irrite de l’expansionnisme russe.

Le 30 janvier 1902, lord Landsdowne et l’ambassadeur japonais concluent un accord par lequel, en cas de guerre entre la Russie et le Japon, l’Angleterre s’engage à ne pas intervenir au secours de la Russie et à encourager la France et l’Allemagne à en faire autant. Cette promesse sera à l’origine de la guerre russo-Japonaise  de 1905 et de la défaite du tsar.

 » peigner la girafe » ?


….Faire un travail inutile et très long ; ne rien faire d’efficace ; paresser ; pisser dans un violon ; perdre son temps ; ne rien faire d’intéressant ; se dépenser sans efficacité, pour rien ; effectuer en vain une tâche très longue ; travailler inutilement ; ne rien faire de son temps

Origine et définition :

L’origine de cette expression n’est pas vraiment certaine.
Il existe bien une anecdote à propos d’un gardien du Jardin des Plantes ( où arriva la fameuse première girafe en 1827, gardien qui, alors qu’il était accusé d’inactivité chronique, aurait répondu : « Je peignais la girafe »,( mais elle aurait été inventée a posteriori.)
On peut toutefois, sans grand risque de tomber, se pencher du côté des pratiques masturbatoires pour expliquer cette locution.!!!!!!
En effet, le long cou d’une girafe peut aisément (pour les dames qui rêvent un peu) être assimilé à un sexe en érection.
Et si l’on se réfère à Boris Vian

Boris Vian

dans « Vercoquin et le plancton », on constate qu’il y écrit, avec une allusion explicite à la masturbation :  » J’ai tellement peigné ma girafe qu’elle en est morte  ».
Outre peigner la girafe pour désigner ce genre d’activité, on trouve aussi se « polir la colonne » ou « s’astiquer le jonc », toutes locutions contenant des verbes liés au nettoyage.
?

Si je vous traite de branleur, vous comprendrez tout de suite (non, ne frappez pas, c’est juste pour expliquer) ! Un branleur, c’est quelqu’un qui se masturbe, mais c’est aussi quelqu’un qui traîne, qui ne fait rien.
On constate effectivement qu’il y a une assimilation très fréquente entre celui qui pratique l’onanisme à tout va et celui qui n’a aucune occupation utile, celui qui pratique l’oisiveté avec ardeur.
Pour confirmer cette relation sémantique, il suffit de se pencher sur le terme « peigne-zizi », très proche de notre expression, et qui, depuis longtemps dans le parler franc-comtois (mais peut-être ailleurs aussi), désigne un individu sur lequel on ne peut pas compter.
Donc si, à l’origine, celui qui peignait la girafe, c’était celui qui se masturbait, par glissement sémantique habituel, c’est devenu celui qui ne fait rien d’utile, qui glande, qui traîne, qui  »n’en fout pas une rame  ».
Attention : il ne faut pas ici confondre  »’peigner » et  »peindre », comme le font certains. On n’a jamais vu quelqu’un se promener avec un seau de peinture beige à taches marrons et tenter d’en appliquer sur cet animal…

Exemples:

 » D’ailleurs, je m’en fous… On verra bien… Faire ça, ou peigner la girafe !  »

Une poignée de pêcheurs …


….à la conquête du monde:billet long , trop long => commentaires inutiles ( sauf si quelqu’un est intéressé )

Dans cette épopée que les historiens ont longtemps appelé  »Les grandes découvertes  », les navigateurs et explorateurs portugais sont des pionniers. Dès le début du XVe siècle, leurs navires commencent à longer les côtes occidentales de l’Afrique pour finalement ne s’arrêter qu’après avoir maîtrisé une bonne partie de l’océan Indien.

A la même époque , en pleine rivalité avec l’Espagne, ils découvrent à l’ouest leur  » Amérique  », le futur Brésil. En quelques décennies, c’est donc une belle partie des terres nouvellement découvertes que ce petit pays va contrôler, succès inattendu largement dû à une bonne dose de pragmatisme.

4ème armada des Indes partie à  »Calicut » en 1502.

Un petit pays aux grandes ambitions :

Dans le Portugal du XVe siècle, pays à l’extrême ouest de l’Europe faisant face à l’Atlantique, il y a bien longtemps que l’on ne craint plus la mer. Ce peuple l’a apprivoisée depuis l’Antiquité pour se nourrir, notamment en traquant la morue. Mais pourquoi, à la fin du Moyen Âge ce petit pays d’à peine un million d’âmes va-t-il soudain ne plus se contenter de ses côtes venteuses pour partir à la conquête du monde ?

Il y a d’abord des enjeux économiques : les Portugais ont bien vu les bénéfices qu’ils peuvent retirer de leurs possessions de Madère et des Açores qui, depuis le début du XVe siècle, produisent la canne à sucre que la péninsule ibérique ne parvient plus à fournir. Pourquoi ne pas suivre l’exemple de Venise qui a longtemps accumulé les richesses avant que Constantinople ne soit prise par les Ottomans en 1453 ? C’est l’occasion de se lancer et de trouver une nouvelle route ! L’Inde ne doit pas être si loin

La situation du royaume est également favorable : puissance indépendante depuis 1139, le pays s’est libéré en 1249 de toute occupation musulmane et a pu imposer un pouvoir central qui s’appuie sur une noblesse hiérarchisée. L’époque est à l’optimisme et on souhaite prolonger le succès de la  »Reconquista » ( reconquête ) pour se procurer de nouvelles terres.Il est temps aussi de retrouver l’esprit des croisades et d’apporter la foi catholique en Afrique où attend, dit-on, le mystérieux royaume chrétien du prêtre Jean. Et pourquoi ne pas imaginer une alliance pour prendre en tenaille les Turcs ottomans ?

Vue de Lisbonne et du fleuve Tage au XVI ème siècle ?

La caravelle, le vaisseau idéal

Réplique de la nao Victoria, l'un des cinq navires de Magellan.

Pour réaliser leurs explorations, les Portugais mettent au point un nouveau modèle de navire : la caravelle. Cette petite embarcation de 40 à 60 tonneaux, très maniable, nécessite une vingtaine d’hommes d’équipage et peut longer facilement les côtes grâce à son faible tirant d’eau.
Elle est reconnaissable à sa voile latine frappée d’une croix rouge, emblème de l’Ordre du Christ dont l’Infant Dom Henrique

Dom Henrique ?

est le grand-maître.
Si elle est souvent vue comme le navire des grands explorateurs, elle n’est pas la seule à avoir contribué aux découvertes de l’époque : sous ce terme sont regroupés plusieurs types de bateaux qui se distinguent par des progrès technologiques permettant peu à peu aux marins de l’époque de s’aventurer toujours plus loin dans l’océan. Ainsi, la caravelle est remplacée par la nef (nau en portugais) après le voyage de Bartolomeu Dias, en 1488.

Puis vint le temps des caraques au cours du XVIe siècle. À chaque étape, les navires sont plus grands et plus gros, mais également mieux armés, ce qui s’avère décisif pour les projets portugais dans l’océan Indien.

Sous l’égide d’Henri

Pour donner l’impulsion qui doit conduire le Portugal au-delà des mers, il fallait un homme passionné. C’est l’infant Dom Henrique, futur Henri le Navigateur et fils de Jean Ier, qui va jouer ce rôle.

Fort de sa devise  »Talent de bien faire  », il se fait remarquer dès ses 20 ans, en 1415, en participant à la conquête de Ceuta sur les musulmans. S’étant retiré à Sagres, dans l’Algarve, il en profite pour organiser une véritable école navale dans laquelle il investit ses revenus de grand-maître de l’Ordre du Christ (anciennement l’ordre du Temple).

C’est ainsi que navires et matériels de navigation vont être améliorés avec l’invention de la caravelle et de l’indispensable l’astrolabe ( L’astrolabe est à la fois – un instrument servant à mesurer la hauteur des astres pour déterminer l’heure ou l’orientation, – et un instrument de calcul permettant de déterminer les directions des astres, leurs heures de lever et de coucher, la latitude du lieu d’observation etc...). Se mettent aussi en place de véritables bases de données sur les connaissances de l’époque concernant les pays lointains. Pour remplacer les cartes médiévales et se créer des portulans plus sûrs, il est fait appel à des scientifiques musulmans, à des Italiens, à des Africains qui vont s’avérer indispensables comme interprètes.

Diego Ribero, Première représentation d'un astrolabe nautique, détail d'une carte de 1529.Il est temps de partir à l’aventure ! Dès 1418, les marins portugais reconnaissent l’archipel de Madère et Porto Santo. En 1427 vient la découverte de l’archipel des Açores, au milieu de l’Atlantique nord. Mais les tentatives pour apprivoiser l’océan restent vaines : toutes échouent devant le cap Bojador, une région pleine de courants, de récifs et de coraux sur la côte ouest de l’Afrique.

En 1433, Henri le Navigateur donne l’ordre à Gil Eanes de reconnaître la côte africaine au-delà du cap Bojador, au sud du Maroc actuel. Dans un premier temps, le marin préfère s’enfuir aux Canaries car des légendes terrifiantes courent sur les contrées situées au sud de ce cap. Mais il finit par se raviser. L’année suivante, il est le premier Occidental à dépasser ce cap.

Enfin, en 1445, les navires portugais parviennent dans les régions très riches de la côte africaine avant d’atteindre le Cap Vert, au niveau du Sénégal. Mais l’année 1460 marque un coup d’arrêt à ces explorations avec la mort d’Henri. Surnommé  « le Navigateur » par un historien allemand du XIXe siècle bien qu’il n’ait pratiquement jamais navigué, ce roi n’aura pas eu le bonheur de voir l’aboutissement de ses rêves. À sa mort, les Portugais ont seulement atteint le golfe de Guinée, et les successeurs d’Henri sont loin de partager son intérêt pour ces aventures…

Bienveillante volte

Dans l’exploration de la côte africaine, les Portugais furent servis par un phénomène météorologique très particulier : la vuelta (ou volte), assimilable à une ronde des vents. Pour descendre vers le sud, il était facile aux marins de se laisser porter par les vents alizés (de l’expression portugaise  » ventos lissios  », vents réguliers) qui soufflent dans cette région du nord-est vers le sud-ouest. Le retour vent de face paraissait autrement plus difficile…
Mais des marins racontèrent sous le sceau du secret que, pris dans de terribles tempêtes au large de l’Afrique, ils avaient été déportés au milieu de l’Atlantique et là, avaient tout d’un coup rencontré des vents favorables qui les avaient ramenés vers l’Europe. Ainsi fut découvert le phénomène de la vuelta par lequel les alizés se retournent vers le nord-est au milieu de l’Atlantique sud et se transforment en vents d’ouest. Grâce à lui, les Portugais purent dès lors entreprendre sans trop de crainte l’exploration du littoral africain. Plus tard, c’est grâce au même phénomène que Christophe Colomb pourra atteindre les Antilles, via les Canaries, et surtout en revenir.

Départ de Vasco de Gama pour les Indes

Indes en vue

Heureusement, des armateurs privés prennent le relais et, d’année en année, prudemment, les  »descobriementos  » descendent le long de la côte africaine. Ils y essaiment des fortins qui vont servir d’autant de bases arrières tout en protégeant leur monopole commercial. Le premier de ces fortins est Elmina , fondé en 1482 dans le golfe de Guinée ; il s’agit du premier établissement européen en Afrique subsaharienne.

Les Portugais ont choisi de ne rien laisser au hasard, s’opposant par leur pragmatisme à la politique expéditionnaire espagnole, plus aventurière. Christophe Colomb pourra se plaindre de cette rigueur, lui dont le projet de découverte d’un continent hypothétique au-delà de la  » mer des ténèbres  » parut trop risqué et irréalisable aux experts de Jean II.

Jodocus Hondius, Illustration de la Description de la Nouvelle Guinée, 16o6.

C’est à Bartolomeus Dias que revient l’exploit de contourner, en 1488, le cap des Tempêtes, cap rebaptisé  » cap de Bonne-Espérance » par le roi Jean II, assuré qu’il lui ouvre la porte des Indes. Effectivement, le 28 mai 1498, Vasco de Gama et son équipage débarquent à Calicut (région du Kerala).

Premiers Européens à rallier le sous-continent indien en contournant l’Afrique, ils en repartent avec un traité de commerce décevant mais à la hauteur des pacotilles proposées par les Portugais. Revenus en 1502 à Calicut avec de l’or et de l’argent, ils ont la satisfaction de procéder à des échanges nettement plus intéressants qui vont marquer les véritables débuts de l’empire colonial portugais.

Manuel Ier, successeur de Jean II, va poursuivre cette politique expansionniste pendant ses 26 ans de règne sans se satisfaire des résultats obtenus par ses hommes.

Il souhaite avant tout repousser l’islam, aussi bien au Maroc que dans l’océan Indien. Pour cela il sait qu’il peut s’appuyer sur les hommes d’Église qui acceptent de prendre la mer pour aller convertir les populations du bout du monde : dominicains, augustins, jésuites vont ainsi faire œuvre missionnaire dans les terres hindouistes ou bouddhistes, avec un succès plutôt mitigé.

Leurs témoignages et leurs dictionnaires bilingues vont cependant apporter à l’Europe une connaissance solide de ces régions du monde, en remplacement de la description pleine de fantaisie faite par Marco Polo.

Un acteur méconnu du succès portugais : le  » Lion des mers  »

Portrait d'Afonso de Albuquerque, vice-roi des Indes portugaises, après 1545, Lisbonne, Musée national des arts anciens.

 » Le César d’Orient  »,  » Le Lion des mers  »,  » Le Grand  »… Ces surnoms montrent à quel point Afonso de Albuquerque joua un rôle de premier plan dans la mise en place d’un commerce à grande échelle au cœur de l’océan Indien. C’est lui qui, en effet, assura à la couronne portugaise le contrôle des épices au détriment de la république de Venise. Pour cela il commença par explorer Madagascar en 1505 avant de se lancer dans la conquête d’Ormuz, en 1507, pour bloquer la route aux navires arabes. Devenu vice-roi des Indes deux ans plus tard, il établit en Orient un réseau de forteresses qui va permettre à son pays d’origine d’assurer son contrôle sur les nouveaux territoires.
Après avoir fait de Goa, conquise et pillée en 1510, la capitale du nouvel empire portugais des Indes, il s’empare de Ceylan et de Malacca, prises qui ouvrent de nouvelles routes maritimes vers la Chine et les Moluques. À la fois fin administrateur et diplomate abrupt, il oblige les souverains de Siam, de Java et de Sumatra à devenir tributaires de Manuel Ier. Son action déterminante n’est arrêtée que par sa mort en 1515 alors qu’il partait défendre Goa contre les troupes ottomanes.

Planisphère de Cantino, 1502, Modène, Bibliothèque universitaire Estense.

Le Brésil, terre commerciale

Le Portugal ne s’est pas contenté de se tourner vers l’est puisqu’il a vite ajouté à sa chasse gardée orientale une belle possession en Amérique : le Brésil, découvert en 1500 par Pedro Alvarès Cabral.

Représentation de l'attaque portugaise de 1560 contre le fort Coligny, parue dans La Cosmographie universelle d'André Thévet, 1575.Bien qu’elle soit prometteuse, cette  » terre délicieuse et fraîche  » (Pero de Magalhaes Gandavo, Historia da provincia de Santa Cruz, 1576) n’est pas autant développée ni défendue que les régions conquises à l’autre bout du monde.

Considéré comme un endroit paisible servant avant tout à fournir du bois, elle reste secondaire, éclipsée par les richesses de l’océan Indien. Pourtant, d’autres nations ont compris tout le potentiel qu’elle renferme : la France, tout d’abord, qui y voit une source de revenus à l’heure où les caisses de l’État, en pleines guerres de religion, ont besoin de se renflouer.

Charles IX considère aussi le Brésil comme une pièce maîtresse sur le plan stratégique pour lutter contre l’hégémonie ibérique dans le monde. C’est ainsi qu’en 1554 Nicolas de Villegagnon est envoyé par Henri II pour créer une  »France antarctique  »à la hauteur de la baie de Rio, ce qui va mener à la fondation de São Sébastião do Rio de Janeiro. Mais l’établissement est attaqué en 1560 par les Portugais, mettant fin à cet éphémère Brésil français.

Les Hollandais constituent un danger plus sérieux. Profitant de l’annexion du Portugal par l’Espagne, en 1580, ils s’emparent de Bahia en 1624 mais en sont chassés à leur tour l’année suivante par une expédition luso-espagnole. Commence alors, pour le Brésil, une mise en valeur plus active qui va en faire une des cartes maîtresses du Portugal.

Carte du Brésil extraite de L'Atlas nautique portugais, 1519, Paris, BnF.

Le pactole

Petit à petit, les Portugais vont développer avec l’Extrême-Orient des échanges commerciaux à faire pâlir d’envie leurs concurrents européens. Le centre de ce commerce est Malacca (Malaisie) où l’on se procure porcelaine, pierres précieuses et épices venant des Moluques en échange d’or et de métaux.

Représentation du muscadier originaire des Moluques, fiche botanique du XVIIIe siècle, Waldersbach, musée Jean-Frédéric Oberlin.Depuis la Chine, le comptoir de Macao vend des draps écarlates, de la verrerie, toutes sortes d’objets typiquement chinois qui sont très appréciés en Europe jusqu’au XVIIIe siècle. De Macao, les expéditions rejoignent le Japon pour revendre des produits chinois afin d’en tirer de l’argent et du cuivre.

Tout ce commerce intermédiaire entre les peuples asiatiques mais aussi Perses, Arabes et Africains, procure à la couronne portugaise des bénéfices considérables qui vont vite faire de Lisbonne la première place commerciale du XVIe siècle.  Le Portugal se retrouve ainsi à la tête d’un immense empire maritime qui s’étend en Inde, en Amérique et en Afrique.

Connaissant parfaitement les difficultés économiques que représente le maintien de ces possessions maritimes, le roi Jean III refuse alors de prendre part aux guerres déchirant l’Europe et applique une politique de maintien de la paix avec les différentes cours d’Europe qui peuvent accéder sans difficulté dans les ports appartenant au Portugal.

Kano Naizen, « Vue de l'arrivée des barbares du sud », paravent, vers 1600, musée de Kobé.

Les Grandes Découvertes


Au cours des XVe et XVIe siècle, quatre puissances européennes s’engagent dans l’exploration des océans : le  »petit » Portugal et l’Espagne pour commencer, puis l’Angleterre et la France.

Vers le déclin 

Scène de rue au Brésil, XVIIIe siècle, Rio de Janeiro.

Mais le prestige de la noblesse portugaise commence à s’affaiblir au profit de gouverneurs et de vice-rois plus intéressés par leur rang et l’enrichissement de leur famille que par l’agrandissement de l’empire.

Sous le règne de Jean III, le pays entre dans une phase de déclin aggravé par la rivalité des familles aristocratiques qui cherchent par tous les moyens à affirmer leurs privilèges, n’hésitant pas parfois à rejoindre les rangs des fidèles du roi d’Espagne. Désireux de maintenir l’intégrité de l’immense empire maritime, Manuel Ier, successeur de Jean II, épuise petit à petit les ressources économiques et humaines du Portugal.

Malgré la perte de son indépendance de 1580 à 1640, et la cession de quelques territoires au profit des Anglais et Hollandais au milieu du XVIIIe siècle, le Portugal demeure une importante puissance coloniale. Dans le même temps, le Brésil s’enrichit, bénéficiant de la contrebande anglaise dans les colonies espagnoles voisines et des découvertes de mines d’or. Mais sous le règne de José Ier, Brésil et Portugal commencent à avoir des divergences d’intérêts alors que la colonie supporte de moins en moins les réformes imposées par le marquis de Pombal qui ne cesse de renforcer la mainmise de l’exécutif sur ces terres lointaines.

Vue de la Playa Grande de Macao vers 1840.

En 1807, lorsque les troupes napoléoniennes entrent au Portugal, c’est tout naturellement au Brésil que trouve refuge le régent et futur roi Jean VI. Il y crée un certain nombre d’institutions et d’administrations qui vont permettre à la région d’accéder à l’indépendance sans violence en 1822, alors que les bouleversements qui font suite à l’occupation napoléonienne (1807-1821) ont révélé une fois de plus la fragilité de la couronne de Portugal.

Les vestiges d’un empire

De son ancien immense empire, le Portugal ne conserve alors que quelques territoires aux Indes avec Goa, Diu, Damão, une partie de l’île de Timor et les territoires africains de Guinée-Bissau, d’Angola, de Mozambique et les îles atlantiques avec Madère, les Açores, les îles du Cap Vert, Saô Tomé et Príncipe. 

Vue de la cathédrale Sainte-Catherine de Goa (Inde), dont la construction a commencé en 1533, suite à la victoire d'Afonso de Albuquerque.

En 1885, la conférence de Berlin accepte la création d’un vaste empire de l’Atlantique à l’océan Indien, accordant au Portugal l’annexion des territoires entre l’Angola et le Mozambique. Mais un ultimatum de la reine Victoria, en janvier 1890, met fin à ce rêve de reconstitution de la puissance portugaise. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’Empire portugais est encore, par sa superficie, le troisième empire colonial.!!!!

Mais il est déjà trop tard, les temps changent, et même le régime de Salazar peine à maintenir la souveraineté sur les anciennes possessions. Dès 1961, des rébellions éclatent dans les possessions africaines. La même année, les comptoirs de l’Inde (Goa, Diu, Damão) sont annexés par la république indienne alors même que la rigueur dont fait preuve le Portugal ne fait qu’augmenter le ressentiment et entretenir les volontés d’indépendance.

Il faut finalement attendre la mort de Salazar, en 1970, pour voir l’empire portugais se disloquer totalement. Le mouvement s’accélère avec la  » révolution des œillets  » de 1974 qui renverse la dictature sous l’impulsion de sous-officiers progressistes qui ont fait leur éducation politique au cours des guerres coloniales.

En 1974, la Guinée-Bissau, puis en 1975 le Cap-Vert, São Tomé et Príncipe, l’Angola et le Mozambique obtiennent leur indépendance. Les îles atlantiques sont assimilées aux provinces métropolitaines. Timor oriental est annexé à l’Indonésie en 1976, avant de devenir à son tour indépendant en 2002. De l’épopée impériale ne subsiste que le petit territoire de Macao, sur les flancs de la Chine mais, conformément à l’accord sino-portugais de mars 1987, il est rétrocédé à la Chine en 1999. Si l’empire a aujourd’hui disparu, n’oublions pas l’importance de l’héritage culturel et linguistique né de ces aventures maritimes, héritage qui a permis au portugais d’être actuellement la cinquième langue la plus parlée au monde.

Vue du musée de la Langue portugaise, Sao Paulo.

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