c’était il y a environ 101 ans …………….


Boooooof…………….
19 janvier 1919 : Jules Védrines  ( aviateur ? )
     se pose sur le toit des Galeries Lafayette !

 

    Ce jour-là, un dimanche, les Parisiens entendent le vrombissement d’un moteur : on tourne la tête à droite, à gauche ; en fait c’est vers le ciel qu’il fallait regarder.      Un avion survole la capitale, il se dirige vers les Galeries Lafayette, et soudain, grâce à une habile manœuvre, il se pose sur le toit du grand magasin. C’est une terrasse qui ne mesure pas plus de 28 mètres sur 12.

Atterrissage de Jules Védrines le 19 janvier 1919

Atterrissage de Jules Védrines le 19 janvier 1919 ( illustration trouvé sur le net .)

    C’était mûrement réfléchi, même si une telle manœuvre est des plus périlleuses. Le pilote s’appelle Jules Védrines : il a relevé l’incroyable défi aux commandes de son Caudron G3. La distance est donc courte pour un atterrissage en règle. Mais Jules Védrines a tenté l’exploit ; il l’a réussi, même s’il a quelque peu endommagé son appareil. Ce défi, ce sont les Galeries Lafayette qui l’avaient lancé aux aviateurs dès 1909.

     À l’époque, on en est aux balbutiements de l’aviation, et les pilotes s’essaient à des acrobaties invraisemblables pour essayer de repousser les limites de la toute nouvelle discipline.

    Jules Védrines sera verbalisé par la police, non seulement pour le caractère dangereux de son atterrissage, mais aussi pour l’infraction que constitue un survol de la capitale. En compensation, il empoche la récompense de 25000 francs promise par le grand magasin…

 
“L’instructeur casse-cou”
    Jules Védrines naît le 21 décembre 1881 à la Plaine-Saint-Denis, dans une modeste famille ouvrière. Élève médiocre, il s’oriente rapidement vers la mécanique automobile balbutiante. En 1905, il entre aux usines Gnome à Gennevilliers où il se spécialise dans la fabrication de moteurs d’avions. Petit à petit, il monte les échelons jusqu’à devenir mécanicien d’essais en 1909. Il est alors au plus haut des ouvriers de l’entreprise. L’année suivante, le 7 décembre 1910, Védrines obtient son brevet de pilote. Il quitte Gnome et devient alors un faucheur de marguerites…
Le 31 mars 1911, Védrines réalise le premier vol aller-retour Paris-Poitiers sans escale. A son arrivée, il reconnut avoir un peu triché, ayant suivi la ligne ferroviaire afin de ne pas se perdre. Quelques jours plus tard, le 24 avril il remporte la course aérienne Paris-Pau. Dans les deux cas, il pilotait un monoplan Morane à moteur Gnome. Le 26 juillet de cette même année, il obtient la deuxième place du Tour de l’Angleterre, une course d’un peu plus de 1600 kilomètres réalisée en six escales. Il n’est devancé que par son collègue et ami André Beaumont. Cette même année 1911, il entame une carrière de postier aérien entre Issy-les-Moulineaux et la côte normande.
    Mais pour Jules Védrines l’année 1911 aura surtout été marquée par le 25 mai. Ce jour là, il rencontre la victoire en Espagne après la plus longue course aérienne jamais organisée jusqu’à cette date, 1170 kilomètres entre Paris et Madrid. Il aura devancer tous ses poursuivants, et notamment ses deux amis Beaumont et Roland Garros. Ce dernier abandonna la course à mi-chemin. Védrines se pose devant une foule de plus de 250 000 badauds dont les plus hautes autorités espagnoles et notamment le roi Alfonso XIII. Lors de son atterrissage, il aurait déclaré à la foule qui l’acclamait et entourait son monoplan :     » Bande de cons foutez moi le camp que je descende !!! Je suis un homme comme un autre  » . Du pur Védrines ………..
   L’année suivante marque la fin de sa collaboration avec Morane, devenu depuis Morane-Saulnier. Védrine passe sur monoplan Déperdussin. C’est d’ailleurs sur un de ses avions qu’il réalise le record du monde de vitesse pure le 13 janvier 1912, atteignant les 145 km/h.
     En 1913, il réalisa une série de vols destinée à relier la France à l’Egypte. Parti non pas de Paris mais de Nancy, il marque des étapes à Pragues, Vienne, Belgrade, Constantinople, Beyrouth, et Jaffa. Il réalisa même un des tous premiers clichés aériens de la grande pyramide de Gyzeh. Ce raid fut réalisé par Védrines sur son monoplan Deperdussin entre le 20 novembre et 29 décembre de cette année.
    L’année 1914 fut marquée par l’entrée de Jules Védrines dans la Première Guerre mondiale. Comme bon nombre d’aviateur d’avant-guerre, il fut en parti instrumentalisé par la propagande de guerre française. Pour le grand public Védrines fut entre 1914 et 1915 un des meilleurs pilotes français, abattant les avions allemands et austro-hongrois » à tour de bras  ». La réalité était assez différente : Car l’homme était mal noté de ses supérieurs, notamment en raison de son franc-parler et de son fort accent de titi parisien. Il avait, dit-on, une fâcheuse tendance à tutoyer son colonel, un officier issu de la longue tradition française.
    En 1916, il fut tout bonnement interdit de champs de bataille, plus pour des raisons procédurières que réellement militaires. Sur ordre direct du général Pierre Roques, le créateur de l’Aéronautique Militaire Française, il fut transféré comme instructeur.               Roques savait que la France ne devait pas se passer de Védrines. Durant cette affectation, il eut l’occasion de former une importante quantité de pilotes dont plusieurs futurs as, tels Georges Guynemer ou Jean Navarre qui lui gardèrent chacun une profonde amitié.
   En cette même année Roques propose à Védrines de remplir des missions particulièrement dangereuses. Aux commandes d’un biplan Caudron G.4 bimoteur désarmé, il doit franchir les lignes ennemies et déposer des espions français et britanniques. Il réalisa au moins une dizaine de ces missions. L’année suivante, en 1917, Védrines proposa à l’Aéronautique Militaire Française d’adapter cette mission pour permettre d’aller faire évader son ami Roland Garros, prisonnier des Allemands. L’état-major refusa la proposition de l’aviateur parisien. Il termina la guerre avec la revendication de sept victoires aériennes, mais l’homologation de seulement trois d’entre elles.
   A peine la paix revenue, Jules Védrines ne mit pas longtemps à faire reparler de lui. Le 19 janvier 1919, il réalisa un des plus beaux exploits de l’histoire aéronautique : poser un avion sur un toit d’immeuble. Sur un Caudron G.3, l’aviateur décida d’atterrir sur la terrasse du grand magasin des Galeries Lafayette, boulevard Haussmann à deux pas de l’Opéra. Il visait la prime de 25 000 francs promise à quiconque poserait mais ferait aussi redécoller de l’immeuble parisien son avion. Toutefois Védrines cassa son train à l’atterrissage et ne put redécoller.
    Quelques semaines plus tard, le 21 avril 1919, l’aviateur réalisa un vol commercial Paris-Rome à bord d’un Caudron C.23 bimoteur, mais victime d’un panne de moteur il s’écrase à Saint-Rambert-d’Albon. Jules Védrines meurt sur le coup. Quelques jours plus tard, il a droit à des obsèques nationales, et est inhumé à Pantin en proche banlieue parisienne. Le cimetière est alors survolé par plusieurs avions pilotés par des as de la Grande Guerre.
    Réputé pour son profond sens de l’honneur et de l’amitié, Jules Védrines était dit-on un bon vivant, parfois rude, mais toujours franc et sincère. Il demeure un des rares grands aviateurs du début du vingtième siècle issu de la classe ouvrière. Aujourd’hui une stèle existe aux Galeries Lafayette pour rappeler son exploit de 1919.

 

 

L’huile de palme ?


   On voit , entend de plus en plus dans les spots publicitaires sur un tas de produits ( comme Nutella par ex. ) :  » garantie sans huile de palme  »   : Du coup je me suis demandé pourquoi cette huile serait mauvaise pour la santé ?

On entend régulièrement des critiques sur l’huile de palme. Présente dans de nombreux produits alimentaires de notre quotidien, sa consommation serait néfaste pour notre santé et sa culture nuirait à notre environnement. Mais qu’en est-il réellement ? 

Qu’est-ce que l’huile de palme ?

L’huile de palme est issue du fruit du palmier à huile, cultivé dans les zones tropicales humides, principalement en Indonésie et en Malaisie. Brute, elle possède une vive couleur rouge due à une forte teneur en carotène, ce qui lui vaut le nom de  » red palm oil  » en anglais. En Europe, elle est consommée raffinée, c’est-à-dire décolorée et désodorisée.

Comment est-elle utilisée ?

Elle est utilisée dans différentes industries :

En agroalimentaire (80 % de la production). Elle entre dans la composition de biscuits, pâtisseries, pâtes à tartiner, margarines, huiles de friture et tous types de préparations alimentaires.

En oléochimie (19 % de la production). Elle est utilisée pour la fabrication de cosmétiques, bougies, produits pharmaceutiques, cuir, agrochimie, peinture, électronique…

   Comme biodiesel (1 % de la production) en alternative au carburant pour moteur diesel.

  Son profil nutritionnel de l’huile de palme ?

    Comme toutes les huiles, l’huile de palme est composée de quasiment 100 % de lipides (graisses), mais contrairement aux autres huiles végétales qui contiennent très peu d’acides gras saturés (11,5 % dans l’huile de tournesol, 7,6 % pour le colza, 15,1 % pour l’olive), l’huile de palme contient environ 50 % d’acides gras saturés dont l’acide palmique et l’acide oléique. Or, il est aujourd’hui démontré que les acides gras saturés augmentent le cholestérol, ont un effet pro-inflammatoire et réduisent l’insulino-sensibilité à dose élevée (risque de diabète de type II). De plus, ces deux acides gras ne sont pas  » essentiels  », c’est-à-dire non indispensables au bon fonctionnement de l’organisme, contrairement aux acides gras essentiels comme les oméga 3 et 6.

   C’est également en raison de sa forte teneur en acides gras saturés que l’huile de palme est dite  » concrète  », c’est-à-dire solide à température ambiante, alors que la grande majorité des huiles végétales sont liquides. Concernant les vitamines, l’huile de palme est riche en vitamine E, même après raffinage. Cette vitamine est antioxydante, joue un rôle protecteur de la santé cardiovasculaire et pourrait réduire le risque d’apparition de certains cancers. En outre, l’huile de palme brute est également très riche en carotène (500 à 2000 mg/kg) par rapport aux autres huiles végétales (100mg/kg), mais il est éliminé lors du raffinage (décoloration et désodorisation).

 

Pourquoi l’huile de palme est-elle toujours utilisée malgré les polémiques ?

Bien que l’huile de palme soit aujourd’hui montrée du doigt pour son effet nocif sur la santé et l’écologie (problème de cohabitation avec les dernières zones importantes de biodiversité situées dans les zones tropicales humides, déforestation essentiellement en Asie et demain en Afrique), la forte teneur en acides gras saturés de l’huile de palme présente cependant un certain nombre d’avantages :
 Pour l’alimentation et la santé :

Elle donne goût et texture aux produits alimentaires (onctuosité, croquant, croustillant),

      Elle permet aux produits de mieux résister à l’oxydation, c’est-à-dire de ne pas rancir rapidement,

      Elle permet de résister aux traitements thermiques car les acides gras saturés sont stables en cuisson et friture,

     Elle permet d’offrir une alternative aux matières grasses hydrogénées comportant notamment des acides gras trans, qui seraient encore plus mauvais au niveau cardio-vasculaire.

Pour l’agriculture et le développement de certaines régions :
La culture du palmier à huile assure 39 % de la production mondiale en huile végétale en occupant seulement 7 % des surfaces agricoles en oléagineux et avec des coûts de production inférieurs de 20 % à ceux du soja par exemple.
   De plus, elle représente une importante source de devises pour les économies locales productrices.

Cependant , il est à noter :

Les Français ne consomment que 2 kg en moyenne d’huile de palme par personne et par an. Cette faible consommation ne constitue pas réellement de problème nutritionnel aujourd’hui, mais s’inscrit dans un contexte d’excès des apports en lipides et surtout en acides gras saturés. Ainsi, il est avant tout important de veiller à équilibrer son alimentation dans l’ensemble et de limiter la consommation de produits gras issus de l’industrie agro-alimentaire (gâteaux, biscuits, pâtes à tartiner..).

     Les alternatives à l’huile de palme dans les technologies alimentaires ne sont pas satisfaisantes pour le moment, ni sur le plan de la texture, ni sur le plan nutritionnel.

    Depuis 2008, il existe une initiative internationale délivrant une certification et favorisant la promotion d’une huile de palme durable. Cette certification RSPO (Roubdtable on Sustainable Palm Oil) repose sur 8 principes et 39 critères. Aujourd’hui, 10 % de la surface mondiale plantée est certifiée RSPO et des initiatives nationales se développent (Indonesian Sustainable Palm Oil, Malaysian Sustainable Palm Oil). Même si le respect de l’ensemble d’une chaîne de production durable est difficile à mettre en place, « »les consommateurs occidentaux ont la possibilité de tirer la filière vers le haut en exigeant des transformateurs le respect des normes existantes de durabilité, et en encourageant leur amélioration  ».

La  » coqueluche …..


de quelqu’un  » ( Être la coqueluche de quelqu’un  » )  : Naïvement , je croyais que cette expression avait un rapport avec la maladie du même nom ……Bien que je ne voyais pas, ne comprenais pas le rapport entre la maladie et le sens de l’expression , qui , comme chacun sait signifie : Être l’objet de ses préférences, de son admiration, l’objet dont il raffole  .

En fait , çà n’a aucun rapport avec la maladie parait il :

 Cette façon de parler fait allusion à la  » coqueluche  », espèce de bonnet autrefois fort à la mode, dont les dames se paraient.coqueluche bonnet

  Mézerai rapporte qu’il y eut en France, sous Charles VI, en 1414, un étrange rhume qu’on nomma  » coqueluche, lequel tourmenta toute sorte de personnes et leur rendit la voix si enrouée, que le barreau et les collèges en furent muets  ». Le même rhume reparut en 1510, sous le règne de Louis XII . Valériola, dans l’appendice de ses Lieux communs, prétend que le nom donné à cette épidémie fut imaginé par le peuple, parce que ceux qui en étaient atteints portaient une coqueluche ou capuchon pour se tenir chaudement. Ménage et Monet sont du même avis.         

    Par contre, le médecin Lebon a écrit que cette maladie fut appelée coqueluche à cause du coquelicot  dont on faisait un  » looch  » ?? pour la guérir.

     La Bruyère , lui , disait de Benserade, représenté dans le Livre des Caractères sous le nom de Théobalde, qu’il était la coqueluche des femmes ; que lorsqu’il racontait quelque chose qu’elles n’avaient pas entendu, elles ne manquaient pas de s’écrier : Voilà qui est divin ! Qu’est-ce qu’il a dit ?

   Benserade, bel esprit fieffé, débitait peut-être à ces dames des galanteries dans le genre de celles qu’il a mises dans sa tragédie de la Mort d’Achille, où ce héros, charmé de l’aveu de l’amour de Polyxène, lui exprime ainsi son ivresse :

Ah ! je me vois si haut en cet amour ardent
Que je ne puis aller au ciel qu’en descendant !

 

Inventions….


 » faites  » par hasard !

 Les inventions découvertes par hasard :
   Il est difficile d’imaginer comment certains produits et objets ont été inventés. On peut se demander  »comment quelqu’un a t’il pu penser à inventer… »  la pâte à modeler, les chips , le slinky (jouet en forme de ressort). Il arrive que beaucoup des inventions les plus connues de notre société étaient tout simplement des erreurs commises par les scientifiques alors en quête de toutes autres alternatives.

1 ) Le   » slinky  » : Inventeur : Richard T. James, un ingénieur naval américain
Ce qu’il essayait de faire : un compteur pour contrôler la puissance des navires.
Comment il a été créé :      James travaillait avec des ressorts de traction lorsque l’un d’eux est tombé au sol. Le ressort a rebondi sur le parquet et a continuer à avancer, et le slinky est né invention erreur 1

2 ) ( plus important ) : La pénicilline 

Inventeur : Alexander Fleming (  biologiste ) Fleming

Ce qu’il essayait de faire : Ironiquement, Fleming était à la recherche d’un “médicament miracle” qui pourrait guérir les maladies. Cependant, ce n’est que lorsque Fleming laissa tomber ses expériences qu’il trouva ce qu’il cherchait.
Comment il l’a découverte : Fleming a remarqué qu’une boîte de   » Petri   » ? contaminée qu’il avait écarté contenait une moisissure qui avait dissous toutes les bactéries autour d’elle. Il isola un extrait de la moisissure, et identifia qu’elle contenait un puissant antibiotique, la pénicilline.péniclline

3 ) : Les cookies (avec pépites de chocolat)

cookies

Inventeur : Ruth Graves Wakefield, propriétaire de l’entreprise Toll House Inn
Ce qu’elle essayait de faire : des biscuits ordinaires au chocolat.
Comment ils ont été créés : Tout en préparant une fournée de biscuits, Wakefield a découvert qu’il lui manquait du chocolat boulanger. Pour le remplacer, elle a cassé du chocolat sucré en petits morceaux et les a ajoutés à la pâte à biscuits. Elle s’attendait à ce que le chocolat fonde, réalisant des biscuits au chocolat, mais les petits morceaux ne se sont pas mélangés dans les biscuits. ( humm j’aime bien avec un café noir lol)

4 ) Les chips :

ships

Inventeur : George Crum, un cuisinier au Carey Moon Lake House à Saratoga Springs, une ville des Etats-Unis.
Ce qu’il essayait de faire : Un plat de pommes de terre frites
Comment elles furent créées : Un jour, un client renvoya son assiette de pommes de terre de nombreuses fois, ne cessant de demander qu’elles soient plus frites et plus fines. Crum perdit son sang-froid, et trancha les pommes de terre incroyablement finement et les fit frire jusqu’à ce qu’elles soient dures comme un roc. À la surprise du chef, le client les aimait et en voulait plus !

5 )Le pacemaker (stimulateur cardiaque) !!!!!!

pace maker

Inventeur : John Hopps, un ingénieur électrique.
Ce qu’il essayait de faire : Hopps menait des recherches sur l’hypothermie et essayait d’utiliser la chaleur d’une fréquence radio pour rétablir la température du corps.
Comment il a été créé : Au cours de son expérience, il a réalisé que si un cœur cessait de battre à cause du froid, il pouvait être relancé par une stimulation artificielle. Cette prise de conscience a conduit au pacemaker.

6) Le micro-ondes :

micro - ondes.jpg

Inventeur : Percy Spencer, un ingénieur de la compagnie Raytheon
Ce qu’il essayait de faire : L’ingénieur effectuait un projet de recherche sur la production du magnétron, pièce principale servant à créer les micro-ondes dans les radars.
Comment il a été créé : Spencer a réalisé que la barre chocolatée dans sa poche commençait à fondre au cours de ses expériences. Il a ensuite mis du maïs dans l’appareil, et quand il a commencé à éclater, il savait qu’il avait entre ses mains un appareil révolutionnaire.

7 ) La saccharine (un édulcorant artificiel)

saccarine

Inventeur : Constantin Fahlberg, un chercheur à l’Université Johns Hopkins de Baltimore.
Ce qu’il essayait de faire : Fahlberg étudiait l’oxydation de l’o-toluènesulfonamide (peu importe ce que cela signifie).
Comment il a été créé : La découverte de Fahlberg s’est produit parce qu’il avait oublié de se laver les mains. Il avait les mains souillées de ce produit chimique et tout ce qu’il mangea par la suite (du pain notamment) avait un goût sucré. Le chercheur a immédiatement demandé un brevet et produit en masse son produit qu’il nomma saccharine.

8 ) Le feu d’articice  : 

feu d'artifice

Inventeur : Un cuisinier inconnu de Chine.
Ce qu’il essayait de faire : Selon la légende, le cuisinier expérimentait tout simplement des recettes dans sa cuisine.
Comment il a été créé : Le cuisinier a accidentellement mélangé du charbon, du soufre et du salpêtre, des produits de cuisine ordinaires il y a 2000 ans. Lorsque le mélange fut comprimé dans un tube de bambou (pourquoi le cuisinier a fait ça ? Personne n’en sait rien! ), il a explosé.

9 ) Les Corn Flakes :

cornes flakes

Inventeur : Les frères Kellogg (John et Will) (John est médecin)
Ce qu’il essayait de faire : Une casserole de céréales bouillis.
Comment il a été créé : Les frères ont accidentellement oublié la casserole de céréales bouillis pendant plusieurs jours, alors qu’ils s’occupaient de patients. Le mélange se moisit mais le produit qui s’en dégagea était sec et épais. Ils tentèrent d’expérimenter un produit similaire en omettant la partie où il moisit, et ce qu’ils obtinrent furent des grains aplatis, qui une fois grillés donnèrent des  »flocons » légers et croquants, qu’ils servirent à leurs patients.

10 ) :La LSD en tant que drogue : !!

L.S.D

Inventeur : Albert Hofmann, un chimiste
Ce qu’il essayait de faire : Il faisait des recherches sur des dérivés de l’acide lysergique dans un laboratoire à Bâle, en Suisse.
Comment il a été créé : Hofmann pris sans le vouloir (en se frottant les yeux) une petite quantité de LSD tout en recherchant ses propriétés et fit le premier voyage psychédélique de l’histoire. Il testa plus tard un dose qui selon lui était suffisante pour produire un effet.  (  A mon avis , il aurait du se taire ! F )

11 ) :L’imprimante à jet d’encre  :

imprimante

Inventeur : Un ingénieur de chez Canon.
Comment elle a été créé : Après avoir reposé son fer chaud sur son stylo par accident, l’encre fut éjectée de la bille du stylo quelques instants plus tard. Ce principe conduit à la création de l’imprimante à jet d’encre.?

12 ) Le Post-it :

post it

Inventeur : Spencer Silver, un chimiste de la société 3M
Ce qu’il essayait de faire : Un adhésif puissant
Comment il a été créé : Tout en travaillant en déplacement, Silver créa un adhésif qui était en fait plus faible que ce qui existait déjà. Il collait aux objets, mais pouvait être retiré facilement sans laisser de trace. Des années plus tard, un collègue répandit la substance que Silver avait créé sur les signets de son hymnaire (livre de chants de chœur) pour les empêcher de glisser. L’idée du Post-It vient par la suite.

13 ) : Les rayons X :

rayons X

Inventeur : Wilhelm Röntgen, un physicien
Ce qu’il essayait de faire : Il s’intéresse à l’étude des propriétés des tubes à rayons cathodiques.
Comment cela a été créé : lors de la décharge d’un tube, complètement enrobé de carton opaque, le rayonnement traverse la matière, et les éléments métalliques sont visibles en négatif. Un premier cliché est effectué sur la main d’Anna Bertha Röntgen le 22 décembre 1895. Suite à une pose de vingt minutes, le cliché affiche clairement la bague à son doigt et ses os. Il s’agit de la première radiographie.

14 ) :Le Coca-Cola :

Coca - cola

Inventeur : John Pemberton ( un pharmacien )
Ce qu’il essayait de faire : Un remède médical pour ses maux de tête.
Comment il a été créé : Pemberton a mélangé un tas d’ingrédients, et a créé une recette qui reste un secret encore aujourd’hui.

15 : ) Le champagne :

champagne

Inventeur : Dom Pérignon, un moine bénédictin
Ce qu’il essayait de faire : Au 17ème siècle, les bouteilles étaient bouchées avec des chevilles de bois garnies d’étoupe imbibée d’huile ( »broquelet ou clavelot »). Dom Pérignon cherchait simplement un processus plus propre et eut l’idée de couler de la cire d’abeille dans le goulot des bouteilles.
Comment il a été créé : Quelques semaines plus tard, la plupart des bouteilles explosèrent sous la pression, permettant à dom Pérignon de découvrir la fermentation en bouteille, qui deviendra la méthode champenoise.

 

Pour finir :  » Y en a marre  »


….parce que c’est un peu mon cas ces derniers jours ( un tas de petits problèmes , mais accumulés = >  » Y en a marre  » )
 » En avoir marre  » ?
=  » Trop c’est trop. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase  »
   C’est une expression dont les racines laissent toujours  » marris  » les linguistes. En effet, ce ne sont pas une, ni deux hypothèses qui ont été avancées par les lexicologues à travers les siècles, mais une dizaine !
  Par exemple , ces théories qui faisaient remonter le mot marre au terme  »marrement  » , qui signifiait chagrin du XIe au XIIIe siècles,  »marrance  », pour affliction, faute légère entre le XIIe et XIVe siècles ou encore  » marrissement  » , qui s’employait dans le sens de déplaisir jusqu’au XVIe siècle.
  De l’arabe andek,  » tu as eu  » ?
   Sans oublier l’éventualité d’un emprunt à l’arabe andek  » tu as eu  », marra  » une fois  » c’est-à-dire  » ça suffit  », le mot marre a plongé la lexicologie dans un marasme de conjectures, très loin de la marrade
   Alain Rey  A.Rey, l’éminent linguiste et co-fondateur du dictionnaire Le Robert, s’est lui-même frotté à l’étymologie du mot . Impossible pour lui en effet de  »marronner  » cette affaire ! Selon le lexicologue, le mot marre serait issu du terme d’argot mar, maré endémique au XIXe siècle. Il s’est d’abord employé dans le sens de jeton, puis gage, gain, part due au XVe siècle.  » Avoir son mar  » , c’était ainsi  » avoir son compte  », c’est-à-dire  » avoir ce qu’il faut  ».
Plutôt  » marrant  », n’est-ce pas ?
   » Le Trésor de la langue française  » note toutefois que le mot marre serait plutôt issu de l’ancien verbe se marer qui signifiait s’ennuyer. Un terme qui n’est pas sans avoir de lien de parenté avec notre actuel verbe se marrer. D’après le » thésaurus  », c’est à lui que l’on devrait, par antiphrase, l’idée d’un  » amusement  », d’un  » rire sans retenue  ».?

avoir-marre

çà s’est passé un 5 décembre …


Le 5 décembre 1360, à Compiègne, le roi Jean II crée une nouvelle monnaie, le  » franc  », de même valeur que la monnaie existante, la livre tournois.
  La fille du roi mariée contre rançon :
    Jean II le Bon jean lebon (c’est-à-dire le Brave) a été fait prisonnier à la bataille de Poitiers. Il a subi une longue captivité en Angleterre et son geôlier, le roi anglais Édouard III, lui a réclamé une énorme rançon, environ trois millions de livres tournois, soit 12,5 tonnes d’or.! 
   Le royaume est ruiné et pour obtenir une partie de la rançon, Jean accepte une mésalliance avec le riche duc de Milan, Galéas Visconti. À ce marchand de médiocre extraction, il  » vend  » sa fille Isabelle contre 600 000 livres.
   Édouard III accepte de libérer son prisonnier après un premier versement de 400 000 livres. Mais le roi de France doit s’engager à verser le reste et pour cela n’hésite pas à endetter son pays. C’est ainsi que, sur le chemin du retour, à Compiègne, il prend trois ordonnances. Il crée en premier lieu de nouvelles taxes et généralise l’impôt sur le sel, la gabelle. Le sel est un complément alimentaire vital et, qui plus est, en l’absence de réfrigérateur, il est, au Moyen Âge, indispensable à la conservation des viandes (les salaisons). La gabelle va devenir de ce fait incontournable et très impopulaire.
  Le franc, rival du florin :
     Pour faciliter le règlement de sa rançon, le roi crée en second lieu le  » franc  ». La nouvelle pièce commémore sa libération comme l’indique son appellation (franc et affranchissement sont synonymes de libre et libération).  » Nous avons été délivré à plein de prison et sommes franc et délivré à toujours  », rappelle le roi dans son ordonnance.  » Nous avons ordonné et ordonnons que le Denier d’Or fin que nous faisons faire à présent et entendons à faire continuer sera appelé Franc d’Or  ».
Le premier franc1er franc

   Le franc de 1360 est en or fin de 3,88 grammes. Il vient en complément de l’écu d’or qu’a introduit Saint Louis au siècle précédent, et de la livre tournois en argent. Il vaut une livre ou vingt sous tournois.
Le premier franc représente le roi à cheval avec la légende  » Johannes Dei GratiaFrancorum Rex  ». Une version ultérieure du franc, en 1365, représentera le roi à pied .
   Jean II le Bon et son fils, le futur Charles V suivent en matière monétaire les recommandations de leur conseiller Nicolas Oresme. Dans son Traité des Monnaies (1370), ce clerc, philosophe et traducteur d’Aristote, prône une monnaie stable, garante de la puissance du souverain, capable de rivaliser sur les marchés avec le prestigieux florin de Florence, qui domine l’Europe depuis déjà un siècle.
    Au Moyen Âge, les pièces de monnaie tirent leur valeur de leur poids en métal précieux (or ou argent). Les pièces de différents pays peuvent circuler côte à côte sur les marchés, leur attrait dépendant de la confiance que le public accorde à l’émetteur. Si celui-ci est suspect de tricher sur la quantité de métal précieux ou de laisser faire les faux-monnayeurs, sa monnaie tendra à être rejetée par le public et dévalorisée à son détriment.
Une rançon pour rien :
    Tandis que les Français s’échinent à payer au roi anglais la rançon pour la libération de leur souverain, celui-ci revient en Angleterre comme prisonnier volontaire pour laver l’honneur d’un otage français qui s’était enfui sous prétexte d’un pèlerinage, son propre fils, Louis d’Anjou, pressé de rejoindre sa jeune épouse.
     » Vous avez blêmi l’honneur de votre lignage  », lance le roi à son trop malin rejeton. C’est en prison que meurt Jean II le Bon, le 8 avril 1364… De mauvaises langues susurrent que c’est moins l’honneur que le souvenir d’une belle Anglaise qui l’a ramené dans sa confortable prison.
  Vicissitudes du franc
    La France, du Moyen Âge à la fin du XIXe siècle, est attachée au bimétallisme : pièces principales en or et subdivisions en argent.
Le franc poursuit une carrière  » à éclipses  ». La pièce de Jean II le Bon et de Charles V est frappée jusqu’en 1385. Une pièce du même nom mais en argent reparaît brièvement en 1576 sous le règne du roi Henri III. À partir de Louis XIII, le franc n’est plus qu’une unité de compte. Il disparaît au profit de la livre, elle-même divisée en 20 sous ou 240 deniers. Mais dans le langage courant, on continue de parler de franc plutôt que de livre.
   Au XVIIIe siècle, on tente à deux reprises d’introduire des billets en plus des pièces, les billets étant gagés sur des richesses réelles ou à venir.
   Ce sont les ressources de la colonie de Louisiane dans le premier cas (expérience de John Law, sous la Régence, en 1716-1720) et les biens enlevés au clergé et aux émigrés dans le second cas (création des assignats assignatpar l’Assemblée Nationale, au début de la Révolution, en décembre 1789).
    Dans les deux  cas, les pouvoirs publics ne résistent pas à la tentation d’imprimer plus de billets qu’ils n’ont de richesses en gage.
   Ces billets sans contrepartie sont très vite rejetés par le public et l’on en revient à chaque fois aux pièces d’or ou d’argent.
    Les pièces en franc sont remises à l’honneur par la Convention, sous la Révolution.
Une loi du 7 avril 1795, confirmée le 15 août 1795, fait du franc l’unité monétaire de la France, en remplacement de la livre. La nouvelle unité monétaire, très simple d’emploi avec ses décimes, ses centimes et ses millimes, est immédiatement adoptée.
   Le Premier Consul Napoléon Bonaparte lui donne une base stable par la loi du 7 Germinal an XI (27 mars 1803) qui définit la nouvelle pièce de 1 Franc par  »5 grammes d’argent au titre de neuf dixièmes de fin » . Une pièce en or de 20 francs est également créée sous le nom de Napoléon.
   Bonaparte institue une Banque de France pour soutenir la nouvelle monnaie et développer la monnaie scripturale.
   Le  » franc germinal »  traversera  avec succès le XIXe siècle, ses changements de régime et même la défaite de 1870. Respectueux de la monnaie nationale, les insurgés de la Commune épargnent le stock d’or de la Monnaie. Sa stabilité vaut même au franc germinal d’être adopté comme référence commune par de nombreux pays au sein de l’Union latine.
   Dévalué après la Grande Guerre de 1914-1918, le franc germinal est remplacé par un franc au rabais, le  »franc Poincaré », en 1928.
   Le franc a perduré comme monnaie de référence de la France jusqu’au 31 décembre 2001, dernier jour avant l’euro. Il subsiste dans les anciennes colonies françaises d’Afrique et du Pacifique ainsi qu’en Suisse .

Connaissez vous…..


L’ Hymne des femmes !

    J’ai appris ces jours derniers qu’il existe ! 

    Il n’était pas destiné à devenir une chanson de ralliement, et pourtant… Près de 50 ans après sa création par des membres du MLF, cet hymne, qui se fredonne sur l’air du   » Chant des marais  », (re)trouve une certaine notoriété. A apprendre pour le samedi 23 novembre, journée de marche contre les violences faites aux femmes à l’initiative du collectif   » Nous Toutes  ».
   Le texte, tout à fait  improvisé, serait né lors d’une réunion du mouvement féministe pour préparer le rassemblement du 28 mars 1971 en mémoire des femmes de la Commune de Paris ; une œuvre collective, donc, à laquelle ont participé notamment Monique Wittig, Hélène Rouch, Antoinette Fouque, Josée Contreras.  Cette dernière aurait eu l’idée de la chanter sur l’air du Chant des marais (appelé aussi Chant des déportés, ou des soldats de marécage) écrit en 1933 par un mineur, Johann Esser, et un acteur et metteur en scène, Wolfgang Langhoff, mis en musique par Rudi Goguel, un employé de commerce, tous prisonniers politiques au camp de Börgermoor. En 1979, Antoinette Fouque ajouta un nouveau couplet, selon les  » Editions des Femmes   »:  »Nous ne sommes plus esclaves, nous n’avons plus d’entraves, dansons !  »

   L’an dernier, 40 chanteuses en ont enregistré une version à l’occasion du premier appel à manifester du collectif  » Noustoutes  » , le 24 novembre dans le cadre de la journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes  et au profit de la Maison des femmes de Saint-Denis.

   On l’a entendu également, le 11 juin dernier, au Roazhon Park de Rennes lors du match qui opposait le Chili à la Suède pour la Coupe du monde de rugby, à l’initiative de la compagnie Dicilà.?

Nul doute qu’on devrait l’entendre, samedi 23 novembre, à Paris, lors de la marche contre les violences sexistes et sexuelles. L’an dernier, 50 000 personnes avaient défilé à l’appel du collectif Nous Toutes.
    Le 25 novembre est la date de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et celle qu’a choisie le gouvernement pour clôturer le Grenelle des violences conjugales ouvert en septembre.
Ci-dessous : la page originale du numéro 3 du Torchon brûle (février 1972) dans lequel a été publié l’hymne du M L F :

hymne féministe

 

Le projet  » Fugo  » ?


À la fin de la seconde guerre mondiale, l’archipel japonais Japon  est visé par les bombardements américains. Pour  » répondre  » à cette menace, les Japonais mirent au point un projet d’attaque des États-Unis, au moyen de ballons porteurs de bombes.
   Pour assurer le déplacement des ballons, les Japonais utilisent des courants d’air très rapides, appelés courants-jets ou jets-streams.
  Très larges et peu épais, ces courants dominent de 10 à 15 kilomètres la surface de la Terre. Passant au-dessus du Japon, et se déplaçant d’Ouest en Est, l’un d’eux pouvait transporter les ballons à une vitesse comprise entre 200 et 400 km/h.

  Les ballons

fugo

croquis du ballon

prévus par le projet Fugo sont gonflés à l’hydrogène et comportent une nacelle et, en guise de lest, des sacs de sable. Dans la nacelle sont placées des bombes incendiaires et une bombe anti-personnel.
   La conception de l’enveloppe du ballon, elle est assez artisanale. Elle se compose de papier de riz ou de mûrier, confectionné, dans le cadre du travail forcé, par de jeunes Japonaises.
  Ces ballons sont testés en septembre 1944. Comme les essais semblent prometteurs, environ 9000 ballons sont envoyés vers le territoire américain entre novembre 1944 et avril 1945.
   Mais les résultats sont bien décevants. Pour les militaires japonais, ils ne furent pas du tout à la hauteur des espérances. Le projet Fugo peut être considéré comme un échec cuisant.
   Pourquoi ? Peut-être à cause d’un défaut de fabrication. Très peu de ballons arrivent à bon port. Sur les 9000 lancés, environ 500 atterrirent sur le sol américain. Et bien peu explosèrent.
  Certains ballons provoquent des incendies de forêt. Dans la plupart des cas, ils se produisent dans des régions isolées, dont le climat froid et humide, en cette saison de l’année, ne favorisait pas leur propagation.
    Quant au nombre de victimes, il se limita à six personnes. Et encore ! Les décès ne sont pas dus aux effets d’un bombardement mais à une cause accidentelle. C’est en effet au cours d’une promenade qu’une famille américaine trouva un des ballons du projet Fugo. En le manipulant, une des bombes éclata et tua les enfants et leur mère.

L’eugénisme ?


( Ce billet , parceque j’ai  » fait un malaise épileptique  » aujourd’hui = > Si l’ eugénisme  était  » mis en place  » , je serais éliminé depuis longtemps ) 

 

Améliorer la race humaine ?
    Et si l’on  » améliorait  » l’espèce humaine ?

    En 1948, quelques années après les horreurs hitlériennes Hitler carricature, Boris Vian, Viansous le pseudo de Vernon Sullivan, imaginait dans son roman Et on tuera tous les affreuxVian livre l’éradication par un médecin zélé des individus ne méritant pas de vivre.
Sujet tabou, l’eugénisme a longtemps été victime de la reductio ad Hitlerum. Le philosophe Léo Strauss l’exprime par ce syllogisme :  » Hitler était eugéniste, X est eugéniste, X est donc nazi…  ».
     Assimilée aux crimes nazis, l’idéologie revient aujourd’hui sur le devant de la scène de par les manipulations génétiques que la science permet d’effectuer.       Choisir son donneur de sperme ou modifier directement l’embryon pour décider du sexe ou de la couleur des yeux de son bébé, est-ce moral ? Pour mieux appréhender ces questions nouvelles, il faut plonger dans l’histoire de l’eugénisme.

L’eugénisme a toujours existé
    Du grec eu  » bien, bon  » et genos  » naissance  » , l’eugénisme signifie   » bien né  » .    Le mot a été créé au XIXème siècle mais la pratique qu’il désigne existait déjà dans l’Antiquité, notamment dans le monde grec. Elle était fondée sur une hiérarchisation de la société entre bons et moins bons et, elle cohabitait sans problème avec la pratique de l’esclavage.
   Alors qu’aujourd’hui, les arrêts volontaires ou thérapeutiques de grossesse divisent les consciences, les Grecs ne se souciaient pas de question morale autour de leur progéniture. À Athènes, après la naissance du nourrisson, les parents disposaient d’un temps de réflexion pour décider s’ils souhaitent le garder ou l’abandonner. Cela dépendait du sexe de l’enfant (les filles étaient plus souvent abandonnées), de sa physiologie ou encore de raisons économiques.
    À Sparte, les parents n’étaient même pas maîtres de leur descendance ! C’est un comité d’anciens qui examinait le nouveau-né préalablement testé dans un bain de vin par les sages-femmes (pour déceler les métabolismes fragiles). Si le test était concluant, l’enfant avait le droit de vivre. Mais gare à ceux qui ne passaient pas l’épreuve ! Ils pouvaient être jetés au fond d’un précipice, le gouffre des Apothètes.
   Plutarque raconte l’eugénisme à Sparte
     »Un père n’était pas maître d’élever son enfant. Dès qu’il était né, il le portait dans un lieu appelé Lesché, où s’assemblaient les plus anciens de chaque tribu. Ils l’observaient et, s’il était bien de bonne constitution, s’il annonçait de la vigueur, ils ordonnaient qu’on le nourrît . S’il était contrefait ou d’une faible complexion, ils ordonnaient qu’on le jetât dans un gouffre voisin du mont Taygète qu’on appelait les Apothètes. » 
   Les premiers philosophes grecs étaient également partisans d’une hiérarchisation de la société, tout comme ils approuvaient l’esclavage et l’enfermement des femmes dans les gynécées. Dans sa » République  », PlatonPlaton eugénisme écrit :  » Il faut, selon nos principes, rendre les rapports très fréquents entre les hommes et les femmes d’élite, et très rares, au contraire, entre les sujets inférieurs de l’un et de l’autre sexe  ». Il se place ici dans un eugénisme dit  » positif  » car il n’envisage pas d’éliminer des individus, comme à Sparte, mais seulement de favoriser les bonnes naissances. Le but est que la procréation d’hommes et femmes intellectuellement et socialement supérieurs active un processus de sélection naturelle des meilleurs.
    Il n’en va pas partout ainsi ! Dès la Préhistoire, les handicapés de naissance pouvaient être pris en charge par leur clan. C’est ce qu’assure la préhistorienne Marylène Patou-Mathis suite à la découverte du squelette d’un Néandertalien de quarante ans né avec un bras atrophié. Plus près de nous, l’avènement du christianisme conduit à sacraliser la vie humaine, si pauvre et misérable qu’elle soit. Mai cela n’empêche pas que des hérétiques ou des   »relaps » soient parfois livrés au bûcher dans le souci de purifier leur âme.!

   L’eugénisme sur le devant de la scène, retour en force et théorisation:
L’eugénisme revient en force aux Temps modernes. Au XVIIème siècle, la médecine s’intéresse à l’art de faire des beaux enfants. Le médecin Claude Quillet écrit en 1655 un poème en latin sur le sujet,  » la Callipédie  », qui donne les règles à respecter pour engendrer une bonne progéniture. On y retrouve la pensée de Platon. Il connaît un vif succès auprès du public.
   Un siècle plus tard, en plein Siècle des Lumières, en 1756, le médecin français Charles-Augustin Vandermonde publie un Essai sur la manière de perfectionner l’espèce humaine et propose d’indiquer les moyens de  » perfectionner l’espèce humaine  » en identifiant  » toutes les qualités requises dans les deux sexes, pour avoir des enfants aussi parfaits qu’on peut le désirer  ». Sans égard pour la culture et la civilisation, il compare l’espèce humaine à l’espèce animale.  » Puisque l’on est parvenu à perfectionner la race des chevaux, des chiens, des chats, des poules, des pigeons, des serins, pourquoi ne ferait-on aucune tentative sur l’espèce humaine ?  » !!!!!
   Le message révolutionnaire de nécessaire régénération de l’espèce commence à se diffuser dans l’opinion éclairéependant que recule l’influence de l’Église. Au début du XIXème siècle, on tente de trouver un nom à cette idéologie :  » mégalanthropogénésie  »,  » viriculture  » ,  » génération consciente  »,  » hominiculture  »,  » eubiotique  »,  » orthobiose  »,  » aristogénie  »,  » anthropotechnie  »,  » eugennétique  »,  » puériculture avant procréation  »,  » sélection humaine  »,  » sélectionnisme  » etc.
   C’est au XIXème siècle, dans un contexte de déchristianisation au profit de la montée de la science, qu’est théorisé l’eugénisme. En effet, la science apparaît comme une nouvelle religion à la fin du XIXème siècle avec le médecin comme substitut au prêtre ! . Et le Progrès remplace le Paradis comme but de la vie terrestre.
  C’est en 1883 qu’un nom est définitivement adopté : « eugénisme » (on trouve aussi parfois « eugénique »). C’est Francis Galtonfrancis-galton (1822-1911), cousin de Charles Darwin, qui en a la paternité.
    Sa définition l’eugénisme  :  » science de l’amélioration de la race, qui ne se borne nullement aux questions d’unions judicieuses, mais qui, particulièrement dans le cas de l’homme, s’occupe de toutes les influences susceptibles de donner aux races les mieux douées un plus grand nombre de chances de prévaloir sur les races les moins bonnes.  » !!
    Si l’eugénisme est théorisé à la fin du XIXème siècle, c’est parce que les sciences et le contexte social convergent en ce sens. En effet, au même moment, le médecin autrichien Gregor Mendel (1822-1884) pose les fondements de la génétique, ( diffusés en France par Lucien Cuénot ) (1866-1951).
    En médecine, le concept de  » dégénérescence  » émerge. Le médecin français Bénédict Morel (1809-1873) publie en 1857 un Traité de la dégénérescence traite-degenerescence qui explique que les maladies mentales sont héréditaires et s’amplifient de génération en génération ? . Si la dégénérescence n’est pas résorbée, on risque l’extinction de la race.
   La dégénérescence devient la cause de tous les problèmes. C’est l’ennemi public numéro 1. De nombreux maux agitent les populations et sociétés occidentales : des troubles sociaux comme la criminalité, l’alcoolisme ou la prostitution aux maladies comme la tuberculose et la syphillis. Si l’on ne fait rien, l’humanité ira à sa perte.

    La publication de l’ouvrage de Darwin  » De l’origine des espèces  », le 24 novembre 1859 marque un tournant dans l’histoire de l’eugénisme.
    Un savant contemporain de Darwin, Herbert Spencer (1820-1903), traduit d’ailleurs la sélection naturelle des espèces par  »  la sélection des plus aptes  ». Naît ensuite le darwinisme social, application à l’homme du principe de sélection naturelle. Les races et êtres humains les plus faibles disparaîtront au profit des plus forts. Darwin lui-même développe cette idée en 1872 dans L’expression des émotions chez l’homme et les animaux.
   En France, le darwinisme social est diffusé par un sous-bibliothécaire à l’université de Montpellier, Georges Vacher de Lapouge (1854-1936), qui établit une hiérarchie entre les races. On sait désormais ( selon lui ) qui sont les individus qu’ils faut garder et ceux dont il faut se débarrasser (les Noirs, par exemple).
   La théorie de l’évolution fournit une explication à la dégénérescence. La sélection naturelle n’est plus suffisante, il faut mettre en place une sélection artificielle de l’homme, par l’homme, pour l’homme. L’eugénisme semble nécessaire.
  Clémence Royer, première traductrice française de l’ouvrage de Darwin écrit dans sa préface :  » Les hommes sont inégaux par nature : voilà le point d’où il faut partir  ». Elle a le mérite d’être claire. Elle s’élève aussi contre la  » protection exclusive et inintelligente accordée aux faibles, aux infirmes, aux incurables, aux méchants eux-mêmes, à tous les disgraciés de la nature  ».
   Les adhérents à l’idéologie eugéniste puisent dans les thèses du malthusianisme. Pour le pasteur et économiste Thomas R. Malthus (1766-1834) il faut limiter les naissances pour que la courbe de la population soit corrélée à celle des subsistances . Il incite les prolétaires à ne pas mettre d’enfants au monde s’ils ne sont pas capables de les nourrir. On a là l’idée que les hommes sont inégaux, que la sélection naturelle est inefficace et que l’humanité va dépérir si l’on ne fait rien.
   En 1912 a lieu le premier Congrès international d’eugénique à Londres et une délégation française s’y rend. L’année d’après, la Société française d’eugénique est créée par une majorité de médecins. Mais la Première Guerre mondiale fait taire le débat jusqu’en 1919. La période phare de l’eugénisme en Europe, c’est l’entre-deux-guerres, période durant laquelle le concept de dégénérescence s’est élargi pour englober finalement toutes les déviances. Chaque humain potentiellement néfaste à l’espèce et à la société, de quelque manière que ce soit, est réputé affublé de tares héréditaires.
   Le médecin Charles Richetrichet, Prix Nobel de physique en 1913, écrit dans La sélection humaine, en 1919 :  » L’individu n’est rien, l’espèce est tout  ». Son discours se fond dans la pensée de l’époque, qui est aussi celle du totalitarisme et de la soumission de l’individu à l’État (Lénine, Mussolini…).
    L’éminent médecin est loin d’être une exception au sein de la sphère médicale. Le médecin militaire et psychologue Charles Binet-Sanglé (1868-1941) ou encore les pédiatres Adolphe Pinard (1844-1934) et Eugène Apert (1868-1940) partagent son intérêt pour l’eugénisme .
    En France, l’eugénisme n’a pas pénétré les masses car, après la Première Guerre mondiale, la crainte de la dépopulation est générale. Il est dès lors hors de question de supprimer des individus, présents ou à venir.
   L’absence de mesure eugéniste y est aussi dû à la popularité de la pensée optimiste de Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829), homme des Lumières et naturaliste français, l’un des inventeurs de la biologie, selon qui la dégénérescence ne peut accomplir la destruction d’une espèce.
   C’est tout au plus vers un eugénisme  » positif  »  que le pays se tourne. La seule loi d’inspiration eugéniste mise en vigueur dans le pays sera la loi instituant le certificat médical prénuptial en 1942 sous le régime de Vichy. Et encore, cette mesure se rapproche-t-elle davantage de l »’ hygiénisme  » (promotion de l’hygiène, prévention de la santé publique) que du réel eugénisme. Elle va d’ailleurs rester en vigueur jusqu’en 2007.
    Par contre, dans l’Europe du nord à dominante protestante, l’eugénisme séduit davantage. Au cœur des ambitions hitlériennes d’abord. Hitler vise à bâtir une société  » saine  », débarrassée de toute déficiences héréditaires et sans surprise l’Allemagne nazie va multiplier les lois eugénistes.

    Dans les premières semaines de la dictature hitlérienne, la loi du 14 juillet 1933 autorise la stérilisation forcée (sans consentement) des handicapés sous l’intitulé :  » Loi de prévention d’une descendance atteinte de maladie héréditaire  ». Deux ans plus tard, les lois de Nuremberg du 15 septembre 1935 interdisent les mariages mixtes pour éviter que les Allemands aient des enfants avec des Juifs, ce qui polluerait la race. En 1937, Hitler légalise cette fois la stérilisation des enfants de mère allemande et de père africain (ayant servi dans les troupes coloniales françaises lors de la Première Guerre mondiale.)
   En 1939, il passe à l’étape supérieure : la  » Gnadentod  » ( » mort infligée par pitié  » ou  » mort miséricordieuse  »!) Hitler met en application son programme d’euthanasie : l’Aktion T4, pour éliminer les handicapés physiques et mentaux.
    Les personnes à exterminer sont les individus souffrant de maladie eugenisme carrelpsychologique, de sénilité, ou de paralysie incurable, les personnes hospitalisées depuis au moins cinq ans et enfin celles internées comme aliénés criminels, les étrangers et celles qui étaient visées par la législation raciste nationale-socialiste.    Il aurait fait 275 000 victimes. Ce programme préfigure la  » Solution finale  » soit l’extermination systématique des Juifs jusqu’en 1945.
   La même année, son acolyte Himmler, chef des SS, met également en place un programme eugéniste : le Lebensborn ( » Fontaines de vie  » en vieil allemand). Le but est simple : créer une race supérieure de germains nordique. Les moyens mis en oeuvre pour y parvenir relèvent de la sélection des géniteurs dans des maternités spéciales où des femmes tombent enceinte de SS blonds aux yeux bleus.    Leurs bébés sont ensuite abandonnés au Lebensborn pour être adoptés par des familles  » modèles  ». Environ 20 000 enfants sont nés dans ces maternités SS : 10 000 en Norvège, 9 000 en Allemagne, quelques centaines dans d’autres pays occupés, dont plusieurs dizaines en France et en Belgique.

D’un eugénisme chrétien :
   Le 3 août 1941, le comte-évêque de Münster, Mgr Clemens-August von Galen (68 ans) résume bien l’eugénisme nazi lorsqu’il dénonce l’euthanasie des handicapés en Allemagne. Il lance du haut de sa chaire :  » C’est une doctrine effrayante que celle qui cherche à justifier le meurtre d’innocents, qui autorise l’extermination de ceux qui ne sont plus capables de travailler, les infirmes, de ceux qui ont sombré dans la sénilité... N’a-t-on le droit de vivre qu’aussi longtemps que nous sommes productifs ?  ».
   La religion catholique est certainement l’idéologie la plus radicalement opposée à l’eugénisme. Pour les catholiques, la vie étant considérée comme un don de Dieu, elle ne peut être reprise par l’homme lui-même. L’homme ne doit pas interférer dans le processus de procréation.
  La lutte des catholiques contre l’eugénisme a porté ses fruits en Europe. Aussi ne trouve-t-on pas de mesures eugénistes en Espagne ou en Italie, et quasiment pas en France. Mais elle reste ambigüe dans la mesure où eugénisme et christianisme se sont mêlés avec la théorisation d’un  » eugénisme chrétien  » visant à  » non pas à la stérilisation des organes mais à la moralisation des âmes  », d’après le jésuite Albert Valensin en 1931. L’amélioration de la race s’effectuerait grâce au respect des règles de conduite du bon chrétien.
   Cette idée est partagée et répandue dans les sphères catholiques. Le jésuite Lucien Roure écrit dans la revue Etudes en 1923 :  » Le vrai moyen d’améliorer la race, c’est d’améliorer l’individu par l’hygiène, les sports, la discipline morale. Pour avoir des enfants sains, il n’y aura jamais rien de tel que de donner aux individus une sage culture physique et morale. Fortes creantur fortibus. Rendez sain l’individu, le reste suivra.  » Tout simplement.

   Le chirurgien et biologiste Alexis Carrel (1873-1944) illustre la compatibilité, rare mais réelle, entre eugénisme et catholicisme. En 1903, cet agnostique assiste à un miracle à Lourdes : une malade en phase terminale est guérie par de l’eau bénite. Il se convertit alors au catholicisme !.
   Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1912, il publie en 1935 un ouvrage révolutionnaire : L’Homme, cet inconnu, dans lequel il exprime son souhait de substituer des concepts scientifiques de la vie aux anciennes idéologies et de voir une biocratie remplacer la démocratie obsolète. Il témoigne de son adhésion à l’eugénisme scientifique et hiérarchise la population entre l’élite et les individus inférieurs.
   Il considère que la sélection naturelle n’a pas joué son rôle depuis longtemps et que beaucoup d’individus inférieurs ont été conservés grâce aux efforts de l’hygiène et de la médecine. Au sujet des maladies mentales, il fait preuve de racisme lorsqu’il dit que  » leur danger ne vient pas seulement de ce qu’elles augmentent le nombre des criminels. Mais surtout de ce qu’elles détériorent de plus en plus les races blanches.  »
    Sa pensée sur l’humanité se résume dans ce paragraphe :  » Il est évident que les inégalités individuelles doivent être respectées. Il y a, dans la société moderne, des fonctions appropriées aux grands, aux petits, aux moyens et aux inférieurs. Mais il ne faut pas chercher à former les individus supérieurs par les mêmes procédés que les médiocres. Aussi la standardisation des êtres humains par l’idéal démocratique a assuré la prédominance des faibles. Ceux-ci sont, dans tous les domaines, préférés aux forts. Ils sont aidés et protégés, souvent admirés. Ce sont également les malades, les criminels et les fous qui attirent la sympathie du public. C’est le mythe de l’égalité, l’amour du symbole, le dédain du fait concret qui, dans une large mesure, est coupable de l’affaissement de l’individu.  »
   Il considère que l’égalité n’est plus qu’un mythe et que l’homme doit intervenir pour lutter contre la dégénérescence. Une sélection artificielle de la population est donc nécessaire. Favorable à l’euthanasie, il est partisan d’un eugénisme négatif visant à éliminer les tarés et les anormaux, individus néfastes à la perpétuation de la race. L’ouvrage devient vite un best-seller et est un succès mondial jusque dans les années 1950. Il est traduit en 18 langues, ce qui témoigne de l’intérêt que l’homme porte à sa propre condition.
    Comme le dit André Pichot,  » on a beaucoup parlé de Carrel, surtout pour dire n’importe quoi  ». Beaucoup d’historiens l’ont diabolisé et certains ont même fait de lui le précurseur des chambres à gaz. En 1996, Patrick Tort et Lucien Bonnafé publient un ouvrage intitulé L’homme, cet inconnu ? Alexis Carrel, Jean-Marie Le Pen et les Chambres à gaz dans lequel ils font le lien entre l’eugénisme de Carrel et les atrocités commises par le régime nazi. La même année le professeur René Küss affirme dans Le Figaro que  » reprocher à Carrel d’être l’initiateur des chambres à gaz est une escroquerie historique.  »
   Une autre erreur fréquemment commise a été de faire d’Alexis Carrel la personnalité incarnant l’eugénisme français car, même s’il était de nationalité française, le médecin aux ambitions eugénistes a fait toute sa carrière à l’Institut Rockefeller de New York (de 1906 à 1938) et ses positions sont conformes à ce qui se pratiquait depuis longtemps aux États-Unis.
Et partout dans le monde :
    Car aux États-Unis, les discours eugénistes, au-delà de circuler depuis le début du siècle, sont mis en application. La première mesure eugéniste est prise par l’État de l’Indiana en 1907. Elle légalise la stérilisation obligatoire des criminels, des violeurs et des imbéciles.
   Le juriste Madison Grant (1865-1937) écrit en 1916,  » The Passing of the Great Race ; or, The Racial Basis of European History  » (La disparition de la grande race, ou Les Fondements raciaux de l’histoire européenne). Comme l’historien Lothrop Stoddard (1883-1950), il veut promouvoir la stérilisation des individus souffrant de maladie mentale et l’exclusion des immigrés réputés génétiquement inférieurs.
En Allemagne, Hitler et les idéologues nazis s’inspirent des idées eugénistes et ségrégationnistes américaines et citent régulièrement Grant et Stoddard comme l’indique l’historien américain James Q. Whitman (Le Modèle américain d’Hitler, Armand Colin, 2017).
    L’Allemagne nazie témoigne de l’application la plus nette de l’eugénisme. Elle met en exergue l’essence même de l’idéologie : l’évaluation des individus. Car elle naît d’abord des considérations de celui qui la professe : il y a les  » bons êtres humains  » et les  » mauvais  ». Les critères prennent des formes variées : sociaux, racistes, physiques etc.
    Mais l’eugénisme a aussi trouvé preneur dans d’autres pays européens. En Suisse, le canton de Vaud (protestant) prend exemple sur l’Indiana et légalise la stérilisation forcée des handicapés physiques ou mentaux dès 1928. Il est suivi par le Danemark en 1929, la Norvège, la Finlande et la Suède en 1935 (et bien sûr l’Allemagne en 1933).
   L’eugénisme disparaît après la Seconde Guerre mondiale car assimilé aux crimes nazis. En France, ce n’est que depuis les années 1980 que le sujet est étudié par les historiens qui tentent de lever le voile sur sa réalité, hors Troisième Reich. Le tabou est levé.
    Cette disparition est relative car il est à noté que la Suède a pratiqué la stérilisation, parfois contrainte, des handicapés jusqu’en 1976 ! Plus de 62 000 personnes en ont été victimes.
    Quand Aldous Huxley imaginait Le Meilleur des Mondes (1931)
    Installé dans le sud de la France, à Sanary-sur-Mer, Aldous Huxley (1894-1963) a écrit un célèbre roman d’anticipation dystopique (une  » anti-utopie  »), Le Meilleur des Mondes (1931), dans lequel il décrit une société où la génétique et le clonage servent à hiérarchiser les individus d’α (supérieurs) à  (inférieurs).
   Pour cette fiction, l’auteur s’est inspiré de l’idéologie eugéniste ambiante dont son propre frère, l’éminent biologiste Julian Huxley (1887-1975) fut lui-même un théoricien (avant de devenir le premier directeur de l’UNESCO et de fonder le WWF en 1961).
   Aldous Huxley insiste sur le caractère quasi-réalistique de sa fiction et, pour le démontrer, a publié vingt-cinq ans plus tard un essai témoignant de la convergence du monde réel et de celui qu’il a créé dans son ouvrage intitulé Retour au meilleur des mondes. 
De l’eugénisme d’État à l’eugénisme privé :
   Les avancées actuelles dans la médecine suggèrent de nouvelles formes d’eugénisme, dans le cadre privé ou familial, par exemple avec les techniques de procréation médicalement assistée ou d’interruption thérapeutique ou volontaire de grossesse.
Mais l’opinion reste profondément divisée sur la moralité de ce  » nouvel eugénisme  », par exemple sur la décision d’interrompre une grossesse quand l’enfant à naître est atteint de trisomie 21. Les États et l’Europe tentent d’y répondre par la mise en place de comités de  » bioéthique  ».
   Comme son nom l’indique, la bioéthique vise à concilier la science avec les valeurs démocratiques et humaines dans un cadre légal. C’est ainsi que la bioéthique européenne interdit pour l’heure toute mesure visant à obtenir des informations non médicales sur le fœtus et à pratiquer des modifications embryonnaires telles que le choix du sexe du bébé. Mais qui sait ce que l’avenir nous réserve ? Les manipulations génétiques sont faisables et cela suffit pour qu’elles deviennent sujet de revendications.
    Aux États-Unis déjà, les parents peuvent choisir le sexe de leur bébé pour la modique somme de 18 490 dollars. Pour le choix de la couleur des yeux et des cheveux, l’addition est plus salée : 30 000 dollars. Les bébés sur mesure sont donc une lubbie réservée aux plus riches.
    Le transhumanisme est également vu comme une nouvelle forme d’eugénisme, même s’il s’éloigne du sujet des naissances et concerne l’humain jusqu’à la fin de sa vie. Dans son ouvrage, Au péril de l’humain, les promesses suicidaires des transhumanistes (2018), écrit avec la journaliste Agnès Desrousseaux, le père du premier bébé-éprouvette, le biologiste Jacques Testart, fait part de ses craintes face au transhumanisme.
    L’idée n’est plus d’améliorer l’espèce mais d’améliorer l’humain, grâce aux progrès de la biologie et de l’intelligence artificielle. En augmentant ses capacités, l’homme deviendrait ainsi un  » transhumain  ». Mais à quel prix ? S’implanter des puces électroniques dans le cerveau ou s’équiper d’un exosquelette intelligent ne sera pas accessible à tous. Une situation qui ne risque pas de résorber les inégalités entre les individus.

Saint Emilion …………..


16 novembre 767 : Mort de l’ermite Émilion près de Bordeaux

    Le 16 novembre 767, l’ermite Émilion s’éteint dans son refuge des environs de Bordeaux. Autour de son tombeau se développe au Moyen Âge une cité qui porte son nom, avec en son centre une curieuse église monolithique dont la nef est creusée dans le sous-sol calcaire. La cité est célèbre aujourd’hui dans le monde entier en raison de la qualité exceptionnelle de son vignoble et de la beauté de ses paysages. Saint-Émilion est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité.

 Selon la tradition, lorsque Saint-Emilion quitta sa Bretagne natale au milieu du VIIIe siècle, il traversa une bonne partie de la France en prodiguant quelques miracles. Il s’arrêta finalement dans la forêt des combes, où la brusque dépression d’une vallée riante lui offrait un asile bienveillant. A l’époque, la région était ravagée par les Sarrasins et pour se soustraire aux lames de leurs sabres, Emilion aurait creusé une grotte de ses mains. Dans cette cavité, il jeûna, pria, nourrit les oiseaux et il y fit de nombreux miracles. Un jour, un attroupement s’invita dans la retraite d’Emilion avec une femme aveugle à sa tête. Elle avait rêvé que le saint homme traçait une croix sur ses yeux avec les mains et elle le suppliait maintenant de réaliser son rêve. L’ermite s’exécuta et la femme retrouva aussitôt la vue. Elle repartit chez elle toute joyeuse. Cette grotte existe encore.

Evidemment, ces légendes prêtent à de nombreuses discussions, .  Parlons surtout du lieu qui fut sa demeure. On descend dans l’ermitage de saint Emilion comme on pénètre dans une crypte sacrée ou le tombeau d’un pharaon, avec solennité et en suivant un guide, parfois à la lueur d’une torche. Il faut dire que l’on approche ici le sanctuaire de la cité, son cœur originel ou, comme l’écrit Léo Drouyn, le palladium, c’est-à-dire le lieu sacré et l’emblème mystique de Saint-Emilion.

   L’escalier qui mène à l’ermitage date de la fin du XVIIe siècle, époque où d’importants aménagements ont été réalisés : placement des balustrades que l’on voit à l’intérieur et condamnation des autres accès. Sur le pilier qui supporte le porche de l’escalier, on devine une inscription gravée dans la pierre en 1708 :

 Emilio Silet Hic
 Nec Sit Grave Dice
 Re Mecum Desv
 Per
 Ille Famem
 Pulsit et Iste
 Sitim

Que l’on peut ainsi traduire :  » Ici repose Emilion. Qu’il ne vous soit pas pénible de dire avec moi : pendant qu’il était de ce monde, il apaisa la faim, maintenant il étanche la soif. »

  L’allusion à la faim tient aux pains qu’Emilion subtilisait pour distribuer aux pauvres et l’allusion à la soif fait plus certainement référence à la source qui coule dans l’ermitage qu’au vin produit dans la cité. Et en effet, une fois les marches descendues, on aperçoit sur la gauche un bassin qu’une fontaine vient remplir. A l’origine, l’accès au sanctuaire se faisait depuis le fond opposé par une ouverture plein pied, donnant directement dans la rue. Cette entrée, plus logique et agréable, est aujourd’hui murée et donne sur une cave voisine. Il est aussi possible que la grotte se poursuivît jadis dans le fond, soit par un escalier remontant dans la chapelle de la Trinité, située juste au dessus, soit par un passage conduisant à l’église souterraine.

L'Ermite dans la forêt La tradition veut que l'ermite Emilion s'installe au cœur d'un paysage vierge : la forêt des Combes. Or, comme le laisse voir cette gravure de Gustave Doré où une jeune femme vient à la rencontre de l'ermite, le lieu choisi par l'ermite à la croisée de chemins était très certainement déjà en partie bâti et peuplé.

   Le saint est sensé avoir habité le lieu de l’an 750 à 767. Dans une chaire, on voit son fauteuil ; dans la cavité percée dans le pilier face au fauteuil l’armoire du saint ou même son four ; dans l’autel, sa table ; dans le tombeau, le lit de l’ermite. Seul le bénitier creusé dans un petit chapiteau gallo-romain ne prête pas à interprétation. La rusticité du lieu a longtemps rendu impossible une datation de l’ermitage et on a longtemps supposé qu’il était contemporain du saint et que, par conséquent, ce dernier l’avait bien occupé.

    Cette croyance était appuyée par la Vita sancti Emiliani Confessoris, un manuscrit du premier quart du XIIe siècle (entre 1060 et 1120), probablement rédigé par les mêmes moines que ceux qui creusèrent l’église souterraine. En effet, le manuscrit raconte la vie du saint et son installation dans la forêt des Combes. Le fait qu’il y soit écrit qu’il tailla dans le rocher une cellule et un oratoire viendrait corroborer l’authenticité de l’ermitage, au moins à partir de cette époque. Mais on sait qu’à cette époque de crise religieuse, la confection de la légende du Saint Patron de la communauté devient une urgente nécessité, il est délicat de prendre au pied de la lettre ce que le manuscrit raconte. Jean-Luc Piat, archéologue du bureau d’études Hadès-Ausonius, émet lui aussi de sérieuses réserves quant à l’authenticité du lieu. Une étude attentive des modifications modernes de l’église souterraine que l’on retrouve dans l’ermitage fait penser à une oeuvre de la Contre-Réforme, mouvement de réaction de l’Église catholique romaine, apparu dans le courant du XVIe siècle face à la Réforme protestante. L’Ermitage serait donc un faux fabriqué de toute pièce pour reconquérir un territoire sous influence protestante. Le Concile de Trente réaffirme en 1546 l’importance du culte des saints et de l’adoration des reliques, ce qui coïncide avec le renouveau du culte de Saint-Emilion. Il n’est pas douteux que relancer le pèlerinage émilionnais et attribuer à l’ermitage des pouvoirs surnaturels permettait de renforcer les sentiments antiprotestants des populations catholiques.

  L’hypothèse la plus probable aujourd’hui est donc que, plutôt que d’être l’ermitage du saint, ce fut un tombeau (probablement celui du saint) au VIIIe siècle, popularisé au XIIe siècle puis considérablement agrandi et aménagé en croix latine au XVIe pour raviver le culte. En 1946, enfin, on retira la statue mutilée du saint pour la remplacer par une statue moderne. La statue ancienne est remisée dans une niche du chœur de l’église collégiale, près du trésor.

Un lieu de miracles

    Quoi que l’on pense de cet antre souterrain, il n’en demeure pas moins vrai qu’on lui attribue un grand nombre de pouvoirs surnaturels. Les témoignages gravés dans la pierre, que l’on ne remarque pas tout de suite mais qui sont bien là, sur les parois au bas de l’escalier, attestent de la ferveur des visiteurs. La densité bénéfique est tout à fait remarquable sur un seul lieu et de nombreuses personnes témoignent chaque année des  » phénomènes magiques  » du caveau. Au visiteurs de tester.!

La source.

Quand saint Emilion s’installa dans l’ermitage, il n’y avait point d’eau nous dit la légende. Le saint fit miraculeusement remonter le cours d’un ruisseau depuis la vallée jusqu’au fond de son ermitage pour le désaltérer[1]. C’est cette eau qui coule encore sous vos yeux, qui passe sous l’ermitage par une très vieille canalisation et remplit le lavoir de la Petite Fontaine quelques mètres plus bas. A cet endroit, on peut juger du remarquable débit de la source.

L'Ermitage au début du XXe siècle Cette carte postale du début du XXe siècle montre un ermitage en accès libre, semblable à celui que l'on connait aujourd'hui. Seules les mystérieuses phrases tracées au noir sur la voûte ont disparu. Cliché : Librairie des Colporteurs.

Au XIXe siècle, l’accès à l’ermitage était entièrement libre et cette source était connue sous le nom de Fontplegada, c’est-à-dire la source pliée, sans doute en référence au miracle. Elle était connue pour guérir des maladies des yeux, comme beaucoup de sources locales, et les crises de conjonctivites se soignaient par des compresses imbibées de cette eau. Plus généralement, elle faisait passer les douleurs de toute sorte à celui qui en buvait. Aujourd’hui, il serait peut-être dangereux d’en boire, mieux vaut en frictionner les parties malades, ce qui était aussi l’usage.

Le bassin a encore le pouvoir de réaliser les vœux d’un simple jet de pièce. Sans doute ce bassin tient-il cette propriété de son passé d’ ancien baptistère. Une fonction que laissent supposer les quelques marches qui descendent vers l’eau. Mais surtout, la fontaine offre une rencontre avec le grand Amour, voire un mariage dans l’année, à quiconque lâchera deux épingles qui tomberont au fond du bassin en se croisant. Des générations de jeunes personnes ont ainsi provoqué la chance et, il n’y a pas si longtemps encore, un tapis d’épingles témoignait de cette ferveur. Un roman anglais de la collection Harlequin (« Two pins in a fountain » de Jane Arbor) qui se déroule à Saint-Emilion évoque cette coutume. C’est dire…

Le fauteuil

Le fauteuil du saint ermite serait un siège de la fécondité féminine.! Toute femme désireuse d’enfant qui s’assoit sur ce fauteuil tomberait enceinte dans l’année. D’après François Bouchet, guide de l’Office du tourisme, Aliénor d’Aquitaine en personne y aurait posé son séant avant d’enfanter Richard Cœur de Lion ou Jean Sans Terre (la légende s’égare un peu sur l’identité du fils de l’ermitage). Cela prêterait à sourire si l’office du tourisme de Saint-Emilion ne jurait recevoir régulièrement faire-parts de naissances et clichés échographiques de visiteurs des quatre coins du monde suite à leur passage dans l’ermitage.????

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