» déconfinement  »….


Le  »déconfinement »: un nouveau mot dans le dictionnaire

Avec  »covid »,  »télétravailler »,  »sexto »,  »cloud » et…  » avoir le cul dans le beurre  »!!!!?

Sur toutes les lèvres mais absent du lexique, le mot “déconfinement” fait enfin son entrée dans le dictionnaire à côté de mots moins réjouissants comme  »covid ».

 »Parfois, tout s’emballe, et des mots qu’on n’avait pas forcément vus venir s’imposent massivement dans l’usage courant. C’est ce qui arrive avec les mots  »covid »,  »déconfinement » (…)  »télétravailler » ou encore  »téléconsultation »… passés dans l’usage quotidien avec la même brusquerie et la même rapidité que la pandémie à laquelle il nous faut faire face », ont expliqué jeudi les rédacteurs du Petit Robert en présentant l’édition 2021 de leur dictionnaire.

 »Covid », mot masculin ou féminin, précise le Petit Robert ou  »déconfinement » ne seront insérés que dans les éditions numériques du Robert. Il faudra encore un peu patienter pour les trouver dans la version papier.

   Plusieurs définitions ont été complétées. Ainsi, au mot  »barrière » est venue s’ajouter l’expression  »geste, mesure barrière » (précaution prise dans la vie quotidienne pour limiter la propagation d’un virus, d’une maladie). A la définition de  »cluster » on trouve aussi désormais  »foyer épidémique ».

Au-delà de la maladie…

   Les mots nouveaux de la version papier de l’édition 2021 du Petit Robert (en librairie à partir du 4 juin) ne se limitent pas à la sphère sanitaire.

   Parmi les mots nouveaux on relève  »cloud”,  »collapsologie » ou  »sexto ». Si beaucoup de nouveaux mots sont d’origine anglo-saxonne on se régale avec les mots venus de la francophonie.

  On apprend ainsi qu’en Belgique, lorsqu’il fait  »douf », c’est que le temps est lourd. On qualifie de  »nareux » ceux qui se montrent difficiles quant à la propreté de la nourriture et des couverts. Un  »succès bête » est un succès considérable alors qu’un  »bête papier » est un papier ordinaire, sans importance.

    »Avoir le cul dans le beurre », c’est vivre dans l’aisance. Quant à l’expression  »pincer son français », elle signifie ‘parler le français avec une certaine préciosité ou avec l’accent parisien ».

   En Suisse, on peut être  »déçu en bien », c’est-à-dire agréablement surpris, et  »bobet  »signifie  »idiot, nigaud ».

 

 »Loin d’être restée confinée, la langue française telle que la présente ce dictionnaire manifeste sa vitalité, sa force d’expansion, son ouverture et, pour employer un mot à la mode, sa résilience cette année  » , s’est félicité le linguiste et lexicographe Alain Rey.

Owen Coffin fut victime de cannibalisme ?


   En 1817 Owen Coffin, un jeune Américain né le 24 août 1802 à Nantucket, se promit d’être un jour marin sur un baleinier, comme son cousin, le commandant Georges Pollard Jr, qui aimait lui conter ses aventures. Son rêve devint vite réalité puisqu’il embarqua le 12 août 1819 sur l’Essex, commandé par son cousin, pour une campagne de chasse au cachalot devant durer plus de 2 ans. Mais le rêve d’Owen Coffin se transforma vite en cauchemar……

Le naufrage :

Le 20 novembre 1820, alors qu’il voguait au large du pacifique, l’Essex rencontra un banc de cachalots et commença à les traquer. Se sentant menacé, un gigantesque spécimen de 25 m cannibalisme au moins percuta le baleinier, causant des brèches incolmatables dans sa coque. L’équipage aura juste le temps de récupérer quelques vivres avant d’embarquer sur 3 baleinières, ( sortes de pirogues utilisées pour pêcher la baleine au harpon ).

Le cannibalisme de survie :
Les vivres, emportés par les marins sur chaque baleinière, étaient suffisants pour tenir 8 semaines, malheureusement les naufragés dérivèrent durant 18 semaines. Les chaloupes finirent pas s’éloigner les unes des autres, mais les choses s’y passèrent de la même manière : les hommes, assoiffés, affamés et à bout de force mourraient les uns après les autres. Les premiers furent jetés à la mer, mais les suivants servirent de nourriture aux autres.!!

La malchance d’Owen :

  Le 2 février 1821, il ne reste que 4 rescapés sur la baleinière dirigée par Georges Pollard : Owen Coffin, Charles Ramsdell et Barzillai Ray. Tous sont vivants, mais savent bien que cela ne durera pas s’ils ne trouvent pas à manger rapidement. Une seule solution s’offre à eux : il faut sacrifier quelqu’un pour que les autres survivent. Après un tirage à la courte-paille, le sort désigne Owen Coffin. Son cousin Georges Pollard propose de prendre sa place ou de refaire un tirage, mais le jeune homme refuse. Un second tirage désignera Charles Ramsell pour mettre fin aux jours de son camarade d’une balle dans la tête.

( C’est cette histoire qui aurait inspiré Herman Melville pour l’écriture de Moby Dick,Moby Dick le livre qui l’a rendu célèbre.)

Parce que je viens de lire que….


( Commenter n’est absolument pas nécessaire )

    Ce monsieur ( que je ne connaissais pas ) vient de mourir ,Raymond Gurême  ( c’est son nom ) Résultat d’image pour Raymond Gurême aurait eu 95 ans en août prochain…..

 

RAYMOND GURÊME :

      Raymond Gurême est né en 1925 en France dans une famille de nomades d’origine manouche qui tenait un cirque et un cinéma ambulants. Il est le dernier survivant de la communauté tsigane internée au camp de Linas-Montlhéry pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Le 4 octobre 1940, à 6 heures du matin, à Petit-Couronne, près du port de Rouen, il est arrêté à l’âge de 15 ans avec toute sa famille, ses parents et ses huit frères et sœurs, avec qui ils se trouvaient dans la caravane familiale dans un champ.    La seule et unique raison invoquée est le fait qu’il soit détenteur d’une carte de forain établie selon la loi du 16 juillet 1912.

La famille est d’abord internée dans le camp de rassemblement de nomades de Darnétal en Seine-Maritime. Puis ils sont déportés dans des wagons à bestiaux avec 200 autres familles et arrivent le 27 novembre 1940 dans le camp de Linas-Montlhéry. Ils y subissent des coups et souffrent de malnutrition et de froid.

En juillet 1941, son frère et lui, s’échappent pour la première fois du camp mais les deux seront retrouvés. Raymond Gurême fait une deuxième tentative 3 mois plus tard,  par la suite , il se retrouve dans une maison de redressement pour mineurs faisant partie de l’hôpital d’Angers. Il s’enfuit de nouveau mais cette fois-ci, il est déporté dans un camp de travail à Francfort puis plus tard, s’en évade avec l’aide d’un chauffeur français.!

Pendant ce temps, sa famille est transférée plusieurs fois à Mulsane dans la Sarthe puis à Montreuil-Bellay dans le Maine-et-Loire. Il parvient  à les suivre et réussit parfois à s’introduire dans le camp pour leur faire passer de la nourriture. Il vit désormais une vraie vie de cavale en France et rejoint la Résistance. Pris alors qu’il tentait de voler un camion pour la résistance, il est conduit en prison puis dans un camp en Allemagne dont il réussit à s’échapper une nouvelle fois.

Revenu en France, il poursuit ses activités dans la résistance. Lorsque la capitale est libérée, il est âgé de 19 ans. Neuf ans plus tard, il retrouve sa famille par hasard en Belgique. Une partie rentre avec lui mais  » Trois de mes sœurs n’ont jamais voulu  revenir en France, parce qu’ils nous ont fait trop souffrir, disaient-elles  ».

RG4

Ils reprennent leur vie de nomade, se déplaçant en fonction des travaux agricoles puis finissent par se fixer dans les années 1960. Raymond Gurême s’est longtemps tu jusqu’à sa rencontre avec une association de gens du voyage et une historienne dans les années 2000 qui réussit à faire ouvrir les archives du camp de Linas-Montlhéry. En 2010, il publie son histoire :  » Interdit aux nomades  »

RG5

 Demandée en 1983, il finit par recevoir de la France sa carte d’interné politique en 2009 mais son rôle dans la Résistance n’a jamais été reconnu et il n’a jamais réussi à obtenir sa carte de déporté résistant.!

Agé de 94 ans, malgré des séquelles importantes tant psychologiques que physiques, il continue de témoigner en public, en particulier dans le milieu scolaire. Il continue de vivre dans une caravane, sur le terrain de la maison qu’il a fait construire à quelques mètres du camp de Linas-Montlhéry. Il y vivait avec sa famille  désormais sédentarisée…..

Baiser et poignée de main prohibés…


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     Au début du XXe siècle, le journaliste Jean Frollo vitupère contre la nouvelle croisade d’hygiénistes qui, promettant de nombreuses maladies à ceux qui font usage du baiser et de la poignée de main, avancent d’irréfutables expériences scientifiques à l’appui nous ôtant en réalité toute raison de vivre…

    Nous n’en aurons jamais fini avec les hygiénistes, écrit notre chroniqueur. Ils nous ont privés de vin à cause de l’artériosclérose, de lait à cause de la tuberculose. Ils ont songé à nous priver d’eau à cause de l’appendicite et de la fièvre typhoïde. Aujourd’hui, ils reprennent une campagne commencée il y a quelques années contre le baiser.

    Donc, après nous avoir enlevé presque toutes les joies de la table, ils entendent nous refuser celles du cœur. Il ne faut plus s’embrasser. Il ne faut même plus baiser une jolie main. Il faut vivre seul, dans la peur du microbe et, comme disait le poète, perdre, pour vivre, les raisons de vivre. Je doute du succès de cette nouvelle croisade.

Le baiser. Chromolithographie de 1909
Le baiser  (  Chromolithographie de 1909 )

     Un journal américain vient d’ouvrir une enquête sur la question. On y relève des perles de ce genre. Deux personnes, en s’embrassant, risquent de se communiquer les germes de nombreuses maladies et partout où l’on s’embrasse trop les risques d’épidémies augmentent. Pourquoi ? Un article déjà ancien de la North American Review, retrouve parmi des curiosités d’autrefois  nous l’apprend…..

   La conclusion de cet article est formelle :  » Si une femme pouvait voir avec un microscope tous les germes mortels qui sont accumulés dans la moustache d’un homme, jamais elle ne se laisserait embrasser par lui.  » Une expérience scientifique a démontré ce péril. Voici comment :

   Vous prenez une jeune fille, dont vous stérilisez avec soin les lèvres, vous lui amenez un monsieur imberbe, qui vient de se promener par la ville partout où l’on peut rencontrer des microbes ; vous invitez le monsieur à embrasser la jeune fille, puis, avec une brosse non moins stérilisée que les lèvres de tout à l’heure, vous recueillez sur ces lèvres ce que j’appelle à regret le résidu du baiser. Le tout est placé dans un tube aseptique et envoyé à l’analyse.

    Vous reprenez la même jeune fille. Nouvelle stérilisation aussi consciencieuse que la précédente, vous lui amenez un second monsieur, mais celui-ci n’est pas imberbe. Il porte une moustache bien française, crânement retroussée et doucement caressante, un second baiser et une seconde cueillette de microbes. Encore un tube de verre, avec envoi à l’analyse.

      Or, savez-vous quel est le résultat de ces deux analyses ?

    Le monsieur sans moustache a donné un baiser à peu près inoffensif ; le monsieur à moustache, au contraire, a répandu sur les lèvres de la jeune personne une profusion de microbes, savoir microbes de la tuberculose, de la diphtérie, germes de putréfaction, même un certain duvet spécial provenant de la patte d’une araignée !

     Il est donc scientifiquement établi que le baiser est chose dangereuse. A la rigueur, on peut se permettre cette imprudence, quand on n’a ni barbe ni moustache. En tout autre cas, il est criminel d’embrasser une femme, car on ne sait pas quelles maladies on est exposé à lui communiquer.

    D’ailleurs, le baiser n’est pas seul proscrit. Je me souviens d’un congrès, vieux de cinq ans environ, où il fut savamment expliqué que la poignée de main est presque aussi dangereuse. Car, après la bouche, la main est, paraît-il, la partie du corps la plus riche en microbes. Il y a, dit-on, 25 000 microbes sur le bras et 80 000 dans la main. Cela tient aux sillons, aux  » lignes  »  où se lit l’avenir et où s’embusque aussi le germe nocif.

   Les poignées de main sont particulièrement redoutables de la part de certaines personnes. Les plus malsaines sont celles des changeurs, qui manient toute la journée des pièces de monnaie qui ont beaucoup circulé. Puis viennent, par ordre de nocuité, les médecins, les coiffeurs, les bouchers et les charcutiers.

   Pour éviter ce risque, que faire ? Ne plus se serrer la main évidemment. Mais ne plus embrasser les femmes et ne plus serrer la main aux hommes, c’est, en vérité, trop peu, surtout pour ceux d’entre les Français à qui ces deux gestes sont également habituels. Faudra-t-il adopter le salut oriental, porter la main sur le cœur, sur les lèvres et sur le front ? Ou encore le salut militaire ?

     Edouard VII avait, d’ordinaire, la main droite seule gantée. Comme il était fort élégant et lançait les modes, on adopta cet usage, comme on avait adopté celui du pantalon relevé. Le roi en souriait et expliquait de la meilleure grâce du monde les raisons qui l’avaient décidé à garder la main droite seule gantée. C’est, disait-il, que c’est la plus exposée au contact des hommes et des choses, celle par conséquent qui demande à être le plus protégée.

   Si l’on songe à tout cela, mieux vaut mourir. C’est l’avis même qu’exprimait un Américain, président d’une ligue contre la tuberculose, en disant :  » Embrasser présente peut-être quelque danger. Mais celui qui n’ose courir quelques risques pour déposer un baiser sur de jolies lèvres n’est pas digne du nom d’homme.  » Voilà qui est parler, et cet hygiéniste fait honneur aux femmes de son entourage.

    Ne laissons pas, en effet, l’hygiène devenir persécutrice et défendons le droit au baiser. Il y a des pays où on le proscrit comme immoral. Il y en a d’autres ( à New-York par exemple ) où des règlements de police en limitent la durée. On y lit, en effet :  » Tout baiser d’une durée plus longue qu’une minute est immoral et, en conséquence, les agents ont le devoir et le droit de l’interrompre.  »

    Ne troublons pas les adeptes du baiser par la crainte du microbe s’ajoutant à celle du policeman. Car, à toujours tout redouter, on finit par ne se plaire à rien et si l’hygiène rend la vie impossible, mieux vaut sacrifier la première que la seconde.

Il y a environ…..


 119 ans : Le 23 mai 1901 , découverte de  » la séquestrée de Poitiers  »

    Ce jour-là, un commissaire, accompagné de trois policiers, pénètre dans une maison bourgeoise de Poitiers. Ils y découvrent Blanche Monnier, 52 ans. Elle est ligotée sur son lit et dans un état de faiblesse extrême : Blanche Résultat d’images pour '' la séquestrée de poitiers images, photosest squelettique et ne pèse que 25 kilos ! L’odeur est pestilentielle. Il faut vous dire que personne n’avait plus entendu parler d’elle depuis 25 ans

Elle était séquestrée ? Mais par qui ?
    Par sa propre mère, qui cachait Blanche dans une chambre du second étage aux fenêtres condamnées pour, semble-t-il, dissimuler les troubles mentaux de sa fille, en proie à des crises d’hystérie et qui s’était entichée d’un républicain, quand la famille Monnier était royaliste.

Blanche Monnier : la Séquestrée de Poitiers

Blanche Monnier : la Séquestrée de Poitiers

Et personne n’était au courant ?
     Si ! Et c’est tout le scandale de l’affaire. Le frère de Blanche, Marcel, vivait dans la maison et n’a rien dit. Deux bonnes aussi étaient dans le secret, puisqu’elles nourrissaient Blanche. Tous seront acquittés au procès, la notion de  » non-assistance à personne en danger  » n’existant pas encore dans le droit de l’époque. La mère, quant à elle, est morte quelques jours après son arrestation. On ne saura jamais vraiment pourquoi elle avait séquestré sa fille.

Comment a-t-elle découverte ?
    Il y a avait quelques rumeurs qui circulaient dans ce quartier de Poitiers, et une lettre anonyme a alerté les autorités. Malheureusement, il était bien trop tard. Blanche Monnier fut placée dans un hôpital où elle finira ses jours sans retrouver la raison. C’est André Gide qui a popularisé cette affaire, à travers un livre intitulé :  »La séquestrée de Poitiers  ». Cette affaire n’est pas sans en rappeler d’autres, plus récentes, comme l’affaire Fritzl ou celle de Natascha Kampusch. Mais enfin, ça, ce sont d’autres terribles histoires…

Il y a environ….


Billet très , trop long , si pas de commentaire , je comprendrais .

 

….186 ans . Le marquis de La Fayette décédait ( âgé de 77 ans , je crois )  :
  La Fayette est surtout connu pour  sa participation  dans la lutte pour l’Indépendance américaine. Mais la vie militaire et publique en France du  » marquis républicain  »  fut aussi   » fertile en péripéties  » lors de la Révolution française : Pouvant être regardé comme la personnification la plus complète et la plus constante des idéaux républicains de 1789, il oscilla cependant un temps entre soutien à l’insurrection et protection de la famille royale.

    La carrière de La Fayette  fut une des plus prodigieuses de toutes les carrières humaines. Pendant de longues années et à travers les plus  » formidables bouleversements  », il connut les ivresses de la popularité, non seulement en France, mais en Amérique. Il fut tour à tour l’idole de la foule, le protecteur des rois, la terreur des puissants  et le trait d’union entre l’Ancien et le Nouveau Monde. Après avoir été adoré comme un dieu, il fut mis en accusation comme un traître et emprisonné, puis, de nouveau triomphant, devint l’arbitre des souverains.

Il fit la guerre, brava les balles ennemies et les piques des émeutiers ; il fut soldat, homme politique, ambassadeur, écrivain, agriculteur, et mourut tranquillement dans son lit, chargé de gloire et d’années, citoyen des deux mondes.

  Marie-Jean-Paul-Gilbert du Motier de La Fayette était né le 6 septembre 1757 au château de Chavaniac (Haute-Loire), dans une famille recommandable par plus d’un genre d’illustration.  Dans ses Mémoires , il résume son enfance  : » Il serait trop poétique, écrit-il, de me placer d’abord dans un autre hémisphère, et trop minutieux de m’appesantir sur les détails de ma naissance qui suivit de près la mort de mon père, le colonel des grenadiers, tué à la bataille de Minden avant l’âge de vingt-cinq ans. J’ai fait mon éducation en Auvergne auprès de parents tendres et vénérés, jusqu’au moment où je fus mis au collège de Plessis, à Paris. Je ne le quittai que pour passer à l’Académie militaire de Versailles.  »

Le général La Fayette en Amérique. Gravure du XIXe siècle colorisée ultérieurement

(Le général La Fayette en Amérique. Gravure du XIXe siècle ,vue sur le net  )

Un détail démontre le caractère de l’enfant :

Ses maîtres lui donnent un jour à traiter, comme sujet de devoir :  »les qualités du cheval parfait  » . Sacrifiant le succès au désir, déjà impérieux chez lui, de proclamer ses idées, le jeune élève dépeignit dans sa dissertation un cheval qui, n’omettait-il pas de mentionner,  » se cabrait sous la verge du cavalier  », utilisant  cette métaphore pour désigner ce qui à ses yeux était la condition du peuple.

Sortant de l’Académie, Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, est nommé officier aux  » mousquetaires noirs  ». Ce jeune noble très riche, marié en 1774 à la comtesse de Noailles , voyait s’ouvrir devant lui le plus brillant avenir. Il parut à la cour de Louis XVI ; mais, soit qu’il y gâtât, d’après  Mirabeau, par la gaucherie de ses manières, un langage obséquieux jusqu’à l’humilité ; soit qu’il y déplût, au contraire, comme il le dit lui-même, par l’indépendance de son langage et l’indocilité de ses idées, il n’y obtint aucun succès.

Ce fut à ce contact momentané avec l’aristocratie la plus raffinée de l’Europe qu’il dut ces habitudes  » d’exquise politesse et d’affabilité à toute épreuve  », qui ne l’abandonnèrent dans aucune des circonstances de sa vie. Il n’avait qu’à laisser couler l’existence douce et facile des seigneurs de l’époque. Mais La Fayette n’était pas de ceux qui se contentent d’un horizon borné aux antichambres royales. En 1776, commencent à parvenir en France les nouvelles des troubles américains. Son goût d’aventures, son instinct de liberté, sa haine de l’Angleterre attirent  sa sympathie vers ce pays opprimé qui voulait conquérir son indépendance.

 » À la première connaissance de cette guerre, dit-il, mon cœur fut enrôlé, et j’osai prendre comme devise à mes armes l’audacieux Curnon .  » À cette époque, le capitaine La Fayette était en garnison  à Metz. Le duc de Gloucester, frère du roi d’Angleterre, vint dans cette ville et un dîner lui fut offert par le comte de Broglie, commandant le régiment. Durant ce repas, auquel assistait La Fayette, le duc reçut d’Angleterre un courrier lui annonçant la déclaration d’indépendance de l’Amérique et, avant la fin du dîner, le jeune lieutenant s’était juré à lui-même d’embrasser cette noble cause.

À partir de cet instant, il n’eut pas d’autre pensée et, pour réaliser ses désirs, il partit aussitôt pour Paris. Il se présenta à Deane, recruteur américain, qui l’admit sans enthousiasme à cause de son jeune âge : il avait dix-neuf ans. Malheureusement, il n’y avait pas de navire disponible en France pour l’emmener, lui et ses camarades ; ils étaient tous détruits depuis la dernière guerre.  » J’achète un bâtiment, annonce tranquillement La Fayette.  »

Tous les obstacles ne sont pas encore aplanis :

Les ministres, sa famille prétendent s’opposer au départ du jeune Français, on l’accuse de créer des complications diplomatiques. La Fayette, avec persévérance et habileté, triomphe de toutes ces difficultés et, le 26 avril 1777, il mettait à la voile, à Bordeaux, sur son navire. Débarqué en Amérique, il est obligé de faire neuf cents milles à cheval pour atteindre la capitale de la Pennsylvanie, où se trouvait l’état-major des troupes révoltées. On le reçoit assez mal.  Au lieu de s’indigner ou de se décourager, il fait parvenir au commandant la lettre suivante :

 » D’après mes sacrifices, j’ai le droit d’exiger de servir à mes dépens comme volontaire, car c’est pour apprendre que je suis ici et non pour enseigner.  » Le ton à la fois digne et modeste de cette missive en imposa aux chefs américains et on le nomma major général.     Alors commença pour lui cette étonnante campagne, durant laquelle il combattit avec une poignée d’hommes à l’armée du Nord et fut blessé dès la première affaire, conquérant petit à petit l’amitié de Washington et l’estime des Américains. Mais ce ne fut pas l’épée à la main qu’il fut le plus utile à son pays d’adoption. En 1779 il retourne en France, dans l’intention de demander au roi du secours pour l’Amérique.

Ce retour fut triomphal et, à Versailles, c’était à qui, parmi les plus grands seigneurs, ferait fête au jeune héros, au  » marquis républicain  ». Ce succès lui valut  d’obtenir qu’un corps de six mille hommes serait envoyé en Amérique, sous le commandement de Rochambeau. La guerre put se poursuivre ainsi avec l’appui officiel de la France, et La Fayette la termina par la victoire de Yorktown, qui le mit à l’apogée de la gloire.

A son retour, Louis XVI, sous la pression de l’opinion publique, dut nommer le jeune héros maréchal de camp, en même temps que le Congrès américain lui prodiguait les plus glorieux témoignages de gratitude et donnait son nom à des villes. Ainsi se termina en apothéose cette première partie de la vie de La Fayette, qui allait se continuer sur un tout autre terrain durant les périodes tragiques de la Révolution française.

La Fayette, chef de la garde nationale, inaugure la cocarde tricolore et déclare : Cette Cocarde fera le tour du monde. Illustration de Jacques Onfroy de Bréville publiée dans Les mots historiques du pays de France, par E. Trogan (1896)

La Fayette, chef de la garde nationale, inaugure la cocarde tricolore et déclare :
Cette Cocarde fera le tour du monde. Illustration de Jacques Onfroy de Bréville 

En 1789, la noblesse d’Auvergne le nomma député aux États généraux. Il y parla pour la première fois le 8 juillet, à l’appui de la célèbre motion de Mirabeau pour l’éloignement des troupes ; et il offrit à l’assemblée un projet de déclaration des droits de l’homme, qui fut adopté. Nommé vice-président, il occupait le fauteuil pendant les nuits terribles des 13 et 14 juillet. Le 15, il se rendit à Paris à la tête d’une députation de soixante membres de l’assemblée, et y trouva le peuple encore  » ému et frémissant  » sur les ruines de la Bastille.

Malgré ses opinions et par une sorte de contradiction , La Fayette se montrait en même temps le défenseur du trône. Il écrivait à Louis XVI, après les journées de juillet, ces conseils impératifs :  » Le roi doit sentir qu’il n’y a rien à faire que par et pour la liberté et le peuple. Son cœur et sa raison lui en font une loi. Tout autre système éloignerait ses serviteurs et moi le premier.  »

Quand, quelques mois plus tard, le pouvoir populaire eut réussi à ébranler l’autorité royale, on chercha à l’Hôtel de Ville un chef pour le mettre à la tête de cette milice bourgeoise que Sieyès avait appelée garde nationale. Un des citoyens désigna alors un buste que l’Amérique affranchie avait envoyé récemment à la Ville de Paris. Ce buste était celui de La Fayette. Celui-ci dut encore à l’Amérique le rôle important qu’il allait être appelé à jouer dans son pays.

Il se hâta d’organiser cette armée patriotique qu’on venait de lui confier et lui donna pour insigne cette cocarde tricolore qui, annonça-t-il, devait faire le tour du monde. Pendant ce temps, la révolution suivait son cours et, le 5 octobre, le peuple, déchaîné, marchait sur Versailles dans le but d’en finir avec le pouvoir royal, mais La Fayette, à la tête de son armée, à laquelle il avait fait jurer fidélité au roi, accourut le lendemain, ramenant dans Paris la famille royale que son intervention tardive avait eu peine à soustraire à la fureur d’une multitude soulevée.

 Le général se présenta seul avec les deux commissaires de la commune à la grille cadenassée du château. On finit par lui ouvrir et, tandis qu’il traversait l’Œil-de-bœuf, un courtisan s’écria :  » Voilà Cromwell !  Monsieur, lui répondit La Fayette, Cromwell ne serait pas entré seul !  » Après une entrevue assez pénible avec le souverain, il rentra, épuisé de fatigue, à son hôtel de Noailles et passa sa nuit à préparer l’action de ses troupes pour la journée du lendemain. Pendant ce travail, il se livrait aux mains de son valet de chambre, afin que celui-ci réparât le désordre de sa coiffure. Toujours le marquis républicain.

  Le lendemain, les forcenés envahissaient les appartements royaux : tremblante et demi-nue, la reine se réfugiait chez le roi, les gardes du corps se faisaient tuer vaillamment, les scènes les plus sanglantes se préparaient. Mais La Fayette accourt et arrive à temps pour sauver les gardes du corps qu’on allait massacrer sur la place d’Armes. Un bandit le couche en joue, il abaisse son fusil de la main et le fait arrêter, puis il pénètre dans le château et réussit à en chasser la populace en furie.

La France soutenue par messieurs Bailly et La Fayette sort glorieuse du tombeau creusé par le despotisme ministériel. Caricature de 1789-1790

La France soutenue par messieurs Bailly et La Fayette sort glorieuse
du tombeau creusé par le despotisme ministériel. ( Caricature de 1789-1790 )

Quelques instants plus tard, cette même foule, qui venait découper des têtes, acclamait La Fayette et la reine, tandis que celui -ci baisait publiquement la main de Marie-Antoinette sur le balcon de la cour de marbre. Elle l’acclamait encore quand, toujours sur son balcon, il embrassait un garde du corps.

Il se signala par ses idées d’un libéralisme avancé, proclamant, au cours de la discussion du 20 février 1790, que l’insurrection est le plus saint des devoirs lorsque l’oppression et la servitude rendent une révolution nécessaire ; principe dangereux, qui poussant tous les mécontents à la révolte, et les faisant juges de leur propre cause, tend à bouleverser incessamment les États.

Lorsque le club des Jacobins se fut organisé, La Fayette,  avec Bailly, lui opposa celui des  »Feuillants  », destiné à offrir un point de réunion aux partisans plus modérés de la liberté. Le prestige de La Fayette, son art de manier et d’impressionner les masses étaient extraordinaires, comme on put le constater lorsque le 20 juin 1791 Louis XVI partit pour l’étranger.

   Cet épisode faillit coûter à La Fayette sa popularité : on songeait en effet déjà à l’en rendre responsable, mais il s’en tira encore par un trait d’esprit. Un homme lui disait en lui montrant le poing : « Vous avez ruiné la France en laissant partir le roi.  »   »Comment ! ruiné la France ? répondit-il. La liste civile coûtait vingt-cinq millions au pays ; le roi, en s’en allant, fait gagner un franc à chaque Français.  »     On rit et on laissa passer le général, qui alla donner des ordres de poursuite.

 Après l’arrestation de Louis XVI le 21 juin, La Fayette fut accusé par les deux partis opposés, les uns lui reprochant d‘avoir laissé partir le roi, les autres de l‘avoir fait arrêter. Il faut bien dire qu‘il protégea dans cette grave circonstance les jours de la famille royale ; mais il approuva la suspension de Louis XVI, et il ne reconnut les droits de ce prince qu’après qu‘il eut accepté la constitution, en septembre 1791. Le décret qui, à cette condition, rétablissait le roi sur le trône, ayant excité un soulèvement, La Fayette dispersa par la force les attroupements qui s’étaient formés au champ de Mars pour signer une pétition  »factieuse  ». Plusieurs républicains furent tués.

  Le 8 octobre 1791, après avoir fait accepter l’amnistie proposée par Louis XVI, il se démit de son commandement, et prit congé de la garde nationale par une lettre où il exposait les principes qui avaient dirigé sa conduite. Lorsque la première coalition se fut formée contre la France, il fut désigné pour commander une des trois armées destinées à repousser cette agression. Son premier soin, après l‘avoir rejoint, fut d’y rétablir la discipline. Il battit l‘ennemi à Philippeville, à Maubeuge et à Florennes ; malgré ces succès, il se vit bientôt en butte aux accusations des Jacobins.

Serment de La Fayette à la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790. Peinture de L. David (1791)

Serment de La Fayette à la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790. (Peinture de L. David (1791))

Dans une lettre écrite le 16 juin 1792 à l‘Assemblée législative, il osa dénoncer les démagogues, qui, disait-il, tuaient la liberté par les crimes de la licence. Quelques jours après, il vint lui-même à la barre de l’Assemblée appuyer sa dénonciation et demander compte de la violation de la demeure royale ayant eu lieu le 20 juin. Il risquait sa tête mais triompha de nouveau et eut les honneurs de la séance, le discours qu‘il prononça étant vivement applaudi par le côté droit. Le roi devait le lendemain passer en revue quatre mille gardes nationaux. La Fayette résolut de profiter de cette circonstance pour porter un coup décisif aux  » factieux  ». Mais peu d’hommes répondirent à l‘appel, et La Fayette repartit pour son armée avec la triste conviction que sa popularité s‘était évanouie.

Quelques jours après, son effigie fut brûlée au Palais-Royal ; et au mois d‘août suivant, sa mise en accusation fut discutée dans l’Assemblée législative. Malgré les menaces et les cris des forcenés entassés dans les tribunes, cette question fut résolue en sa faveur à une majorité de plus des deux tiers des voix ; mais tous ceux qui avaient voté pour lui furent, au sortir de la séance, hués, poursuivis et maltraités par le peuple. Indigné des scènes de désordre qui se succédaient dans la capitale, La Fayette projeta de marcher sur Paris, de chasser les républicains et de rétablir le roi et la constitution ; mais il s‘aperçut bientôt que son armée était peu disposée à seconder ses desseins, et il se décida à passer en pays étranger avec un petit nombre d’officiers dont la vie était compromise.

Le 20 août 1792, le général et ses compagnons au nombre de vingt-deux, tombèrent dans un poste autrichien qui refusa de les laisser passer. La Fayette ayant été reconnu: On les arrêta . Avec trois de ses compagnons, anciens membres de l‘Assemblée constituante, il fut envoyé à Wezel comme prisonnier d‘état. Transféré à Magdebourg, il y resta un an, enfermé dans un souterrain humide et obscur, puis passa dans les cachots de Glatz, de Neiss, et enfin d’Olmütz, où l‘Autriche le fit traiter avec une grande rigueur. On le dépouilla de ce que les Prussiens lui avaient laissé, et on confisqua jusqu‘aux livres qu‘il avait avec lui.

 Cependant un médecin hanovrien, nommé Bollman, et un jeune américain, nommé Huger, entreprirent de le délivrer, et profitant d‘une des promenades qu‘on lui faisait faire régulièrement à cause du délabrement de sa santé, parvinrent à l’enlever ; mais divers accidents firent échouer leur entreprise. La Fayette fut repris   à huit lieues d‘Olmütz ; et ses deux amis également arrêtés, moururent dans les prisons …

 Après avoir passé seize mois dans les cachots de Robespierre, Mme de Lafayette vint en 1795 avec ses deux filles partager la captivité de son époux, et cette réunion compensa l’extrême sévérité dont on usait envers lui, depuis sa tentative d‘évasion.   

   Des membres du parlement d‘Angleterre, et des agents du gouvernement des États-Unis élevèrent en vain la voix pour demander sa liberté . L‘Autriche fut inflexible : elle ne devait céder qu‘à l‘ascendant de la victoire.

La Fayette traité comme il le mérite, par les démocrates et les aristocrates. Caricature de 1792

La Fayette traité comme il le mérite, par les démocrates et les aristocrates. ( Caricature de 1792 )

Bonaparte, à qui ses succès en Italie donnaient une si grande influence, fut chargé par le Directoire de négocier la délivrance des prisonniers d’Olmütz. Ce ne fut pourtant qu‘après cinq mois de pourparlers réitérés qu’il obtint leur mise en liberté. Bonaparte, sur les instigations de Carnot, avait fait de la libération de La Fayette une des clauses du traité de Campo-Formio. Mais le futur empereur se méfiait de cet homme, dont la popularité risquait de contrebalancer la sienne, et il ajouta donc  une note stipulant que le général ne pourrait rentrer en France.

Sur ces entrefaites le 18 fructidor an V (4 septembre 1797) eut lieu, et La Fayette, libéré le 19 septembre suivant mais qui désapprouvait ce coup d‘État mené par trois des cinq directeurs soutenus par l’armée, contre les royalistes devenus majoritaires au Conseil des Cinq-Cents et au Conseil des Anciens, resta donc en pays étranger et s’établit à Utrecht. La prise de pouvoir par Bonaparte lors du coup d’État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) lui rouvrit les portes de la patrie.

De retour en France, La Fayette vécut éloigné du théâtre des affaires publiques, et ce fut seulement après la bataille de Marengo (14 juin 1800) qu‘il eut occasion de voir Bonaparte. Il fut accueilli très amicalement par le Premier Consul avec qui il passa trois jours à la campagne chez son frère Joseph. Cependant toutes les propositions qui lui furent faites ne purent le décider à accepter une place de sénateur. Après que le consulat à vie ait été proposé à la sanction du peuple, La Fayette déclara qu‘il ne pouvait voter pour une pareille magistrature jusqu’à ce que la liberté publique ne soit suffisamment garantie ; ajoutant qu‘alors il donnerait sa voix à Napoléon Bonaparte !

Le vainqueur de I‘Europe s’étonnait de trouver un homme qui ose lui résister avec tant d‘obstination.  » Tout le monde en France, disait-il, est corrigé des idées extrêmes de liberté ; il n‘y a qu‘un homme qui ne le soit pas, et cet homme c‘est La Fayette. Vous le voyez tranquille ! Eh bien, s’il y avait une occasion de servir ses chimères, il reparaîtrait plus ardent que jamais.  »

En 1814, La Fayette se présenta chez le roi et chez  » Monsieur  » :  mais,bien qu’il ait été bien accueilli par ces princes, il ne reparut plus à la cour. Pendant les Cent-Jours il refusa la  »pairie  », et protesta contre les articles des constitutions de l‘empire et de l‘acte additionnel qui pouvaient attenter à la souveraineté nationale. Élu par le département de Seine-et-Marne membre de la Chambre des représentants, il fit déclarer après la bataille de Walerloo (18 juin 1815) que l‘assemblée était en permanence, que toute tentative pour la dissoudre était un crime de haute trahison.

Lorsque Bonaparte, effrayé des dispositions de la Chambre, eut décidé d’ abdiquer, La Fayette, exclu par une intrigue du gouvernement provisoire, fut un des commissaires envoyés près des puissances alliées pour demander une  » suspension d‘armes  ». Ses démarches et celles de ses collègues n‘ayant en aucun résultat, il revint à Paris, où déjà les armées étrangères étaient entrées par suite d‘une capitulation. Quelques jours après les portes du corps législatif furent fermées et mises sous la garde d‘un poste de Prussiens.

Le marquis de La Fayette

Le marquis de La Fayette

La Fayette, après avoir protesté avec plusieurs députés contre cette violence, se retira dans sa terre de Lagrange où il vécut dans la retraite. En 1818, élu par le département de la Sarthe membre de la Chambre des députés, il s‘y signala par une opposition dans laquelle il sut allier l’inflexible énergie des principes révolutionnaires à des formes exemptes d’aigreur et de violence.

La prédiction de Bonaparte s‘accomplissait. En reparaissant sur la scène politique, Lafayette s‘y montrait l‘ardent apôtre des doctrines les plus absolues de souveraineté du peuple et d‘insurrection, et il les développait à la tribune avec une conviction qui se fortifiait des souvenirs de deux révolutions auxquelles il avait pris une part active. Ses souffrances d’Olmütz n’avaient en rien modifié ses principes. Le vieux député de 1820 parlait comme le jeune volontaire de 1777, et on aurait pu dire de lui ce qu‘on disait des émigrés, qu‘il n‘avait rien oublié, ni rien appris.

À l‘occasion de tous les complots qui éclatèrent sous la Restauration, le nom de La Fayette fut prononcé ; mais il fut impossible de prouver qu‘il y avait participé. Rendu à la vie privée, le compagnon d’armes de Washington sentit le désir de revoir sur le déclin de l’âge le peuple pour lequel il avait combattu dans sa jeunesse. Plus d‘une fois ses nombreux amis d‘Amérique l’avaient sollicité de venir les visiter. Il se rendit enfin à leur vœu, et s‘embarqua au Havre sur le Cadmus le 13 juillet 1824.

    Après trente-trois jours de traversée, il débarqua sur le rivage où il avait fait ses premières armes. Le congrès lui accorda des honneurs qu‘il n‘avait jamais accordés à Washington ! Il fut proclamé l’hôte de la nation, et fut successivement fêté par tous les états de l’Union. Entouré des populations qui se pressaient sur son passage, il visita le tombeau de Washington et les champs de bataille où il avait partagé les périls de ce grand homme. Ce voyage, qui dura plus d‘un an, ne fut pour lui qu‘une suite de fêtes où se retrempa son enthousiasme républicain.

La prospérité des États-Unis dont il venait d‘être témoin l’attacha de plus en plus aux maximes qu‘il avait professées toute sa vie, et lorsqu’en 1827 il fut envoyé de nouveau à la Chambre des députés par l’arrondissement de Meaux, on le vit défendre avec une ardeur nouvelle les principes démocratiques. Ennemi déclaré de la Restauration, il espérait,attendait le moment de sa chute. Son expérience lui faisait reconnaître dans tout ce qui se passait autour de lui les symptômes d’une révolution nouvelle, qu‘il prédisait à ses amis pour ranimer leur courage défaillant.

Quand le trône de Charles X s‘écroula en 1830, il vit sans étonnement ce mouvement populaire et se remit à l‘œuvre, comme en 1789. Après avoir repoussé toutes les propositions du frère de Louis XVI, en déclarant qu’il était trop tard, son influence contribua à rattacher à la dynastie de Louis-Philippe les hommes les plus exaltés du parti libéral. Le duc d’Orléans, adroit et fin, avait compris le parti qu’il pouvait tirer de ce vieillard symbolique. Fort habilement, il sut l’entreprendre, se présenta à lui comme un ancien garde national venant rendre visite à son général, exalta les États-Unis et arriva ainsi à le gagner à sa cause. Sur le balcon du palais royal, La Fayette embrassait publiquement et consacrait le roi-citoyen, semblant contracter une alliance solennelle avec le pouvoir né des barricades. Le mot fameux :  »c’est la meilleure des républiques  », ( qu’il prononça selon les uns, et qu‘on lui attribua faussement selon les autres ), répété dans toute la France, fut jeté comme un cri de ralliement à l’opinion.

Vous êtes la meilleure des Républiques : La Fayette à Louis-Philippe, le 26 juillet 1830. Chromolithographie de 1890

Vous êtes la meilleure des Républiques : La Fayette à Louis-Philippe,
le 26 juillet 1830. Chromolithographie de 1890

Mais en se faisant l‘auxiliaire de la royauté, La Fayette était loin d‘avoir renoncé aux théories de sa jeunesse. Comme au temps où il conseillait l’infortuné Louis XVI, il prétendait allier deux choses incompatibles : la monarchie et les institutions républicaines. Mais Louis-Philippe recula devant cette carrière de concessions que lui ouvrait le vétéran de la Révolution française, et dont il craignait que le terme ne fût une catastrophe. Bientôt La Fayette s‘aperçut que d’autres avis que les siens étaient écoutés.

    Investi dans les premiers jours de la révolution de Juillet, du commandement en chef des gardes nationales de France, il dut renoncer à ce titre par suite de l’amendement du 24 décembre introduit par un député dans la loi relative à la milice citoyenne. La Fayette dut donner sa démission. Sa scission avec le pouvoir devint de jour en jour plus profonde, et il vit se rallier autour de lui une opposition composée de républicains ardents, dont il tâchait de calmer les impatiences.

La marche de la royauté nouvelle I’affligeait, mais sans altérer sa confiance ; il attendait du temps bien plus que de la violence un retour aux principes qu‘il professait, et sur la fin de sa vie il croyait fermement à un dernier triomphe de la révolution ( dont il ne  serait  le chef ni même le témoin ).

 Ayant voulu, malgré son grand âge, suivre à pied le convoi du malheureux Dulong (député de l’Eure tué dans un duel avec le général Bugeaud, qu’il avait offensé à la Chambre des députés ) , la fatigue que lui causa cet effort et la pneumonie qu’il y contracta, altérèrent sa santé. Après une convalescence apparente, il éprouva une rechute qui bientôt ne laissa plus d‘espoir. Il mourut à Paris le 20 mai 1834, et fut inhumé au cimetière de Picpus  Résultat d’images pour cimetière de picpus tombe de La Fayette   …..

Se laver les mains, l’intuition géniale du docteur Semmelweis….


    Le médecin hongrois Ignace Philippe coronaSemmelweis est le premier à préconiser le lavage des mains des praticiens avant d’accoucher les femmes. Au milieu du XIXe siècle, entre 5 et 12% des accouchées meurent en effet des suites de la fièvre puerpérale. Mais aucune autorité médicale ne l’écoutera et Semmelweis mourra fou dans un asile, à l’âge de 47 ans. !!

    Avant de devenir une règle d’or, le fait de se laver les mains au préalable d’une intervention chirurgicale était une intuition hongroise. Le médecin obstétricien Ignace Philippe Semmelweis se désole de voir autant de décès de patientes enceintes à l’Hôpital général de Vienne. Il y a dans le service du docteur Klein un taux de mortalité post-natal alarmant, près de 40%. Il faut dire que les médecins ont l’habitude de disséquer des cadavres avant d’opérer les patients !!!!!       Semmelweis, sans évoquer la notion de microbes, encore inexistante au milieu du XIXe siècle, fait l’hypothèse d’une transmission de  » miasmes  » des cadavres aux patientes enceintes Résultat d’images pour illustration accouchement au 19èME . En se lavant les mains, il remarque une amélioration de l’état des mères et des nourrissons.

 » Viré   »et mis au ban de la famille des médecins :

 Lorsqu’il partage cette intuition avec ses supérieurs, ces derniers lui rient presque au nez. L’arrogance des grands pontes de la médecine viennoise refuse de se laisser conseiller par un petit docteur hongrois. Semmelweis est viré sur avis d’une commission hospitalière et retourne vivre en Hongrie, très affecté par cette mise au ban injustifiée.      En 1851, alors qu’il officie dans une maternité de Budapest, ses idées commencent à se répandre mais Semmelweis a une attitude étrange et irritable. En 1861, dans une relative indifférence, est publié l’ouvrage de sa vie, l’Étiologie, le concept et la prévention de la fièvre puerpérale.

   En 1865, il se contamine lui-même après une autopsie et entre dans une longue phase de délire. Il doit être placé en hôpital psychiatrique où il décède quelques semaines plus tard. Louis-Ferdinand Destouches,Résultat d’images pour louis ferdinand destouches ( le futur Céline ), lui consacrera sa thèse de médecine en 1924. Comme une tentative, plutôt vaine, de faire sortir le nom de Semmelweis de l’oubli. À l’heure du coronavirus, le temps est venu de s’en rappeler.

J’ai lu que ….en 1946/48 :


      Expérimentation pour le moins subversive, l’inoculation de la syphilis a été effectuée de manière volontaire chez divers cobayes humains guatémaltèques, de 1946 à 1948. Bien qu’étant dangereux, ce programme pensé par l’administration Truman s’est déroulé avec l’aval et la collaboration du président du Guatemala d’alors, Juan José Arévalo.


Une scabreuse expérience :

C’est un fait historique méconnu mais, malheureusement, bien réel.

   En effet, alors que des chercheurs américains souhaitaient développer des traitements contre la syphilis, la possibilité de mener des expériences médicales sur des humains est progressivement apparue comme étant indispensable, peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    C’est à ce titre qu’une commission d’experts, en relation avec l’administration Truman, décida d’inoculer volontairement (et secrètement ) des maladies sexuellement transmissibles à 5500 personnes (principalement des soldats, des prostituées Résultat d’images pour illustrations prostituée au guatémala en 1945et des malades mentaux) choisies pour leur vulnérabilité (sur une période allant de l’année 1946 à l’année 1948).

   Ces personnes/ cobayes  étaient exclusivement guatémaltèques, à la faveur d’un accord passé avec président du Guatemala, Juan José Arévalo.

   L’objectif était alors  »très simple   » : il s’agissait de savoir si la pénicilline permettait de guérir ( mais aussi de prévenir )les maladies sexuellement transmissibles.

De douloureuses séquelles :

   Malheureusement pour les malades, la molécule en question se révéla inefficace pour contrer les effets des maladies qui les affectaient. De ce fait, 83 de ces cobayes humains périrent, sans même savoir ce qui leur était arrivé.

   Toutefois, plus de 60 ans après les faits, la sombre affaire a refait surface, sous l’impulsion du président guatémaltèque Alvàro Colom (en 2011).

    Soucieux de mener une enquête sur cet événement, le chef d’État dirigea, ainsi, une commission spéciale pour éclaircir les zones d’ombre de ces expérimentations et honorer les victimes encore vivantes.

    De son côté, Barack Obama (alors président des États-Unis d’Amérique) prit pour résolution d’analyser les plus de 125 000 documents d’archives, avant de délivrer des conclusions définitives sur cette affaire.
   Des excuses officielles furent également prononcées, en compagnie de promesses certifiant que de telles expériences ne surviendraient plus.!?

     Une bien bonne résolution, puisque mener des tests médicaux sans le moindre consentement des sujets infectés peut, en effet, être assimilé à un crime contre l’Humanité.

 »Hier  », Hugo ….


…écrivait , à propos de son livre  » les misérables  » : 

Aujourd’hui ,  au XXIème siècle, où  » règne  » la technologie en tout genre, la médecine qui progresse, tant de choses, qui devraient aller de mieux en mieux, mais nous vivons un avenir incertain même un quotidien où règne l’anxiété :Attentats, le dernier en est il un ?? Usine qui brûle, nous respirons de très   » mauvaises choses   » pour notre santé, et la suite bien souvent on la connait,   » CANCER  » , soins coûteux, souffrances morales et physiques, enfin , la corona virus  etc… mais nous oublions aussi une autre chose, la misère humaine qui subsiste : En lisant ce texte de Victor Hugo on découvre que rien n’a changé  ……… Les siècles passent et les Misérables sont toujours présents.

Syndrome d’ auto- brasserie !


Syndrome  » d’auto-brasserie » : l’intestin de cet homme fabrique… de la bière !

     Après avoir été arrêté par des policiers en état d’ébriété, un homme a appris que son intestin produisait… de la bière ! Cette maladie peu connue porte un nom : le « syndrome d’auto-brasserie ».

Son intestin fabrique tout seul de la bière !!

Un homme de 46 ans, vivant en Caroline du Nord, n’aurait jamais pu deviner être ivre… depuis plusieurs années.

C’est lors d’une confrontation avec des policiers, où il niait « avoir consommé de l’alcool », qu’il a découvert être en état d’ébriété.

À l’hôpital, l’alcootest a indiqué que son taux d’alcoolémie était de 200 mg/dL, ce qui équivalait à environ « 10 boissons alcoolisées”.

L’homme a déclaré au personnel qu’au cours des trois dernières années, il avait connu de nombreux changements de personnalité, notamment une dépression, un “brouillard cérébral”, une perte de mémoire ou encore un comportement agressif.

   Il a aussi affirmé que ces problèmes avaient commencé une semaine après la fin d’une antibiothérapie pour une blessure au pouce.

  « Le personnel de l’hôpital et la police ont refusé de le croire quand il a nié à plusieurs reprises l’ingestion d’alcool », ont déclaré des chercheurs du Richmond University Medical Center à New York.

La plupart de ses tests étaient normaux, cependant, son échantillon de selles montrait la présence de Saccharomyces cerevisiae, également appelée « levure de bière ». Ce champignon est bien connu dans l’industrie des boissons puisqu’il contribue à la fermentation des glucides et à la production d’alcool.

     Les médecins ont commencé à soupçonner qu’il souffrait peut-être de la maladie du « syndrome d’auto-brasserie (ABS) », également appelée syndrome de fermentation intestinale.

   L’alcool crée par l’intestin provient de la conversion des glucides ingérés en alcool, grâce à l’action de champignons dans le tractus gastro-intestinal.

  La maladie est si rare que seulement 5 personnes en ont été diagnostiquées au cours des 30 dernières années.

Le syndrome d’auto-brasserie : un facteur de la maladie du « foie gras »

   La maladie du foie gras (appelée aussi stéatose hépatique non-alcoolique ou NASH) touche particulièrement les pays industrialisés et les cas en France se multiplient d’année en année. Elle survient par un excès de graisse dans le foie.

Selon un communiqué de l’Institut Pasteur, 1 personne sur 5 serait désormais concernée.

   La cause ? Notre mode de vie moderne propice aux excès d’alcool et à une alimentation grasse.

   Les personnes totalement sobres peuvent aussi contracter cette maladie, suggère une nouvelle étude. La bactérie  » Klebsiella pneumonia  », dissimulée dans le microbiote de certains patients, serait en cause.

  La maladie du foie gras est liée de près à la consommation d’alcool ainsi qu’à certains troubles métaboliques comme l’obésité et le diabète. En effet, l’alcool altère le traitement des acides gras par l’organisme. Ils prolifèrent alors en trop grande quantité dans le sang avant de s’accumuler dans le foie. Dans les cas les plus graves, cette maladie implique une greffe du foie.

   Or, un nouveau facteur dans la survenue de cette pathologie vient d’être identifié. Il s’agit du microbiote intestinal. Les chercheurs ont analysé les selles d’un patient atteint de la maladie du foie gras. Ce dernier était également victime d’une affection nommée « syndrome d’auto-brasserie ». Son nom parle de lui-même : le microbiote intestinal produisait de l’alcool à partir d’une alimentation riche en sucres.

   D’après les analyses des selles, c’est la bactérie intestinale  » Klebsiella pneumonia »  qui serait responsable. Si cette dernière se trouve dans les intestins de l’ensemble des humains, celle de ce patient pouvait générer 4 à 6 fois plus d’alcool que chez les autres.

Cette bactérie présente dans 60 % des patients atteint de NASH

   L’équipe de chercheurs a donc décidé d’étendre leur étude à 43 patients souffrant de la maladie du foie gras. Ils ont retrouvé des souches de Klebsiella pneumonia dans le microbiote intestinal de 60 % des malades !

   Pour aller encore plus loin, les scientifiques ont injecté des souches de la bactérie prélevées chez le premier patient dans le microbiote intestinal de souris saines. Au bout de 4 semaines, elles ont développé la maladie du foie à leur tour. Le foie s’est même vu endommagé de façon irréversible.

   Or, en utilisant un antibiotique neutralisant Klebsiella pneumonia, les chercheurs sont parvenus à améliorer l’état du foie des souris.

« Notre étude montre que Klebsiella pneumonia endommage votre foie, tout comme l’alcool, malgré vous », notent les chercheurs.

Une bactérie détectable par un test simple

  Si les chercheurs ne connaissent pas les causes de l’effet de Klebsiella pneumonia, ils estiment que cette dernière pourrait constituer une cible thérapeutique. Le diagnostic de la maladie pourrait être amélioré : en effet, les chercheurs ont remarqué qu’une perfusion de glucose chez les souris malades pouvait détecter l’alcool dans le sang. Ce test pourrait servir d’indicateur pour constater la présence ou non de la bactérie.