çà s’est passé il y a environ …..


80 ans : Le 23 /08/1939  …….

   A la surprise / stupéfaction du monde  , un pacte est signé à Moscou ( au  Kremlin )  : Le pacte germano -soviétique de  » non agression  » entre les représentants de Hitler et Staline !

 ( de G à D : Von Ribbentrop ,Staline,et Molotov )

Que Hitler  se prépare à attaquer la France et ses autres voisins, dont la Pologne…devient dès lors évident  pour tous …..

    Rapprochement des dictatures :
   Les premières initiatives belliqueuses de Hitler s’accompagnent comme il va de soi d’une brutale reprise de tension en Europe : Réoccupation de la Rhénanie (mars 1936), annexion de l’Autriche (Anschluss, mars 1938), occupation de la Tchécoslovaquie (octobre 1938).
   La France, menacée en premier , tente dès 1935 un rapprochement avec l’Italie de Mussolini puis avec l’URSS de Staline. Mais ces tentatives  font  » long feu  » et Mussolini, mis à l’écart  par les démocraties occidentales en raison de son invasion de l’Éthiopie, s’allie même à Hitler.
   Staline, dès lors isolé, soupçonne les Occidentaux de vouloir détourner vers l’Est les   »  appétits de conquête  »  de Hitler. Il croit voir dans le lâchage de la Tchécoslovaquie à la conférence de Munich, en septembre 1938, la confirmation de ses craintes.
    Tandis que l’Allemagne annexe les Sudètes  ( , région frontalière germanophone de la Tchécoslovaquie ), la Pologne en profite pour annexer de son côté la province tchécoslovaque de Teschen, de langue polonaise. Se faisant alors , la complice de Hitler. Français et Anglais sont consternés. 

      Staline, pour sa part, craint que la Pologne et l’Allemagne, les deux grands ennemis traditionnels de la Russie, n’en viennent à s’allier contre lui.
    Cinq mois après la conférence de Munich, début mars 1939, Hitler  » change de pied  ». Il commence à émettre des revendications sur la Pologne et réclame en particulier Dantzig,  » ville libre  »  selon les termes du traité de Versailles ( 1919 ).       Le  » couloir de Dantzig  » assure à la Pologne un accès à la mer mais présente pour les Allemands l’inconvénient de séparer la Prusse orientale du reste de leur pays.
   Le 15 mars 1939, la Wehrmacht entre à Prague et transforme ce qui reste de la Tchécoslovaquie en une colonie allemande. Le 23 mars 1939, » accessoirement  » , elle occupe le district de Memel, en Lituanie. Ce petit territoire germanophone est  à nouveau  rattaché à la Prusse orientale.
Staline aux abois….
    Pour parer à la menace allemande, Staline négocie d’abord un rapprochement avec les Français et les Britanniques. Un projet d’accord est bouclé le 22 juillet 1939 mais le dictateur refuse de le signer car les Occidentaux n’autorisent pas ses troupes à entrer en Pologne et en Roumanie en cas d’agression allemande. Le Premier ministre britannique Neville Chamberlain, anticommuniste viscéral, répugne en réalité , à traiter avec Staline.
    De dépit, Staline change son fusil d’épaule et, le  19 août, annonce à son  » Politburo  » (bureau politique) son intention de signer un pacte de  » non-agression  » avec son      » turbulent  » voisin (en théorie rien à voir avec une alliance qui implique un engagement militaire commun).
   Hitler au culot…..
    À Berlin, certains dignitaires, comme le feld-maréchal Hermann Goering, tentent de maintenir le dialogue avec Londres après l’occupation de Prague par la Wehrmacht, le 15 mars 1939.
   Mais Joachim von Ribbentrop, un nazi arrogant et hostile aux Anglais, devenu ministre des Affaires étrangères le 4 février 1938, sabote leurs efforts. Il convainc Hitler que les Occidentaux sont trop timidess pour oser répondre aux provocations allemande et l’entraîne dans un rapprochement avec Staline, en vue du  » dépeçage  » de l’Europe centrale.
   Le 2 août 1939, désireux de  » tuer dans l’oeuf   »le rapprochement entre les Occidentaux et les Soviétiques, il déclare à propos de ces derniers :  » Il n’y a aucun problème de la Baltique à la mer Noire que nous ne saurions résoudre entre nous  » . Lui-même se propose d’aller à Moscou négocier un partage de la Pologne et des pays baltes.
  Un pacte plein de sous-entendus :
    Le 21 août 1939, la Wilhelmstrasse, ( siège des Affaires étrangères à Berlin ), propose officiellement à l’URSS un pacte de non-agression sous le prétexte de mettre un terme aux provocations… de la Pologne !
   Staline accueille l’idée sans réticence. Il y voit des avantages territoriaux immédiats pour l’Union soviétique, mais aussi un répit avant une éventuelle confrontation avec l’Allemagne,  (répit indispensable pour reconstruire l’Armée rouge, démantelée par les purges ).  Détourner Hitler vers l’Occident capitaliste et  les laisser  » s’écharper  » ne lui déplait pas non plus .
    Le pacte est bouclé trois jours plus tard par von Ribbentrop et son homologue soviétique, Vyatcheslav Molotov  pacte sous entendu, qui avait remplacé le 3 mai précédent Maxim Litvinov, un juif, à la tête du Commissariat aux Affaires étrangères.
   Le pacte est conclu pour une durée de dix ans.
   Les termes  :  »  Les hautes parties contractantes s’engagent à s’abstenir de tout acte de violence, de toute agression, de toute attaque l’une contre l’autre, soit individuellement, soit conjointement avec d’autres puissances  » .
   Le pacte comporte aussi  une aide économique de l’URSS à l’Allemagne avec d’importantes livraisons de blé, pétrole et matières premières.  (Celles-ci se poursuivront jusqu’à la rupture du pacte deux ans plus tard ) .
   Une clause secrète prévoit le partage de la Pologne en zones d’influence allemande et soviétique, la limite passant par les fleuves Narew, Vistule et San.            Une autre clause secrète prévoit la livraison à l’Allemagne nazie de militants communistes allemands réfugiés en URSS (elle sera exécutée comme les autres).
    L’opinion allemande, mal informée, croit y voir l’assurance de la paix. Les dirigeants français et britanniques, plus réalistes, comprennent que la guerre est devenue inévitable. Le jour même ou le lendemain, les diplomates de l’ambassade britannique à Berlin brûlent leurs papiers et se préparent à quitter l’Allemagne de même que tous leurs concitoyens. Londres et Paris renouvellent leur promesse d’assistance à la Pologne.
     Les alliés de l’Allemagne, Mussolini, Franco et les Japonais, sont tout autant consternés de n’avoir pas été mis dans la confidence et d’être ainsi entraînés dans une aventure imprévisible.
 Dépeçage de l’Europe centrale :
    Hitler est dès lors débarrassé de la crainte d’être pris en tenaille comme en 1914, quand l’Allemagne avait dû se battre à la fois à l’Ouest et à l’Est.
    Il adresse un ultimatum à la Pologne et, quelques jours plus tard, le 1er septembre, l’envahit en prenant le risque d’un conflit avec la France et le Royaume-Uni.    Effectivement, cette fois, ces derniers pays ne peuvent faire autrement que de déclarer la guerre à l’Allemagne.
   De son côté, l’URSS entre en Pologne le 17 septembre 1939. Ayant eu raison de la courageuse résistance des troupes polonaises, Soviétiques et Allemands font leur jonction sur la ligne de démarcation du Bug , transformé en nouvelle frontière germano-soviétique par le traité du 28 septembre.
   Plus du tiers de l’ancienne Pologne est annexée à l’URSS, le reste à l’Allemagne. L’URSS profite de l’affaire pour attaquer aussi la Finlande, annexer les pays baltes et envahir la Roumanie !
    Winston Churchill, témoin et acteur de premier plan, écrit dans ses Mémoires à propos du pacte :  »  seul un régime de despotisme totalitaire, comme celui qui existait dans chacun des deux pays, était capable de supporter la réprobation qu’inspirait un acte aussi anormal  ».

C’était il y a environ108 ans :


La Joconde a disparu , été volée …..

Au matin du lundi 21 août 1911, à la première heure, le peintre Louis Béroud se rend au Salon Carré du Louvre pour faire une copie de la Joconde, célèbre portrait par Léonard de Vinci  L’artiste l’avait amené avec lui à Amboise et François 1er l’avait acquis pour 4000 écus, une jolie somme.
   Quelle n’est pas la surprise de Louis Béroud quand il découvre que ce petit tableau sur écorce de peuplier (77×53 cm) a disparu. Un gardien interrogé suppose qu’il est peut-être au service de reprographie ! Mais il faut très vite se faire une raison, il a bel et bien été volé. Le scandale est immense. L’opinion publique incrimine la gestion laxiste du musée du Louvre, le relâchement des gardiens, l’indifférence des pouvoirs publics etc. Le Président du Conseil Joseph Caillaux s’en mêle.
  Le Quai des Orfèvres envoie sur place soixante policiers. Le criminologue Alphonse Bertillon multiplie sans résultat les analyses d’empreintes digitales. Le juge d’instruction chargé de l’affaire, Joseph-Marie Drioux (le  »  marri de la Joconde  » écrit la presse) n’hésite pas à emprisonner quelques jours à la prison de la Santé le poète Guillaume Apollinaire qui gardera de l’affaire des séquelles psychiques ! Picasso lui-même est interrogé.
  Le public se passionne pour l’enquête policière. On suspecte un mauvais coup du Kaiser ou pourquoi pas ? un complot juif… Les journaux offrent de belles récompenses mais rien n’y fait.
  Enfin, deux ans plus tard, le voleur se fait prendre en tentant de vendre le tableau joconde retrouvéeà un receleur à Florence le 10 décembre 1913. Le marchand est accompagné du directeur du musée des Offices qui identifie l’oeuvre.
   La police est aussitôt alertée et le voleur arrêté dans son hôtel. Il s’agit d’un ouvrier vitrier italien, Vincenzo Peruggia.Peruggia
  Il avoue  qu’ayant eu à travailler au Louvre, il a volé le tableau pour le restituer à sa patrie, l’Italie ! Il n’a eu rien d’autre à faire qu’à attendre la fermeture du musée, décrocher le tableau, enlever la vitre et le cacher sous sa blouse. Le tableau était depuis lors resté caché dans son logement, dans un quartier populaire du Xe arrondissement de Paris.
  Le voleur écope en définitive de douze mois de prison et n’en effectuera que sept.
  Le 4 janvier 1914, 28 mois après le vol, la Joconde a retrouvé sa place au Louvre où pas moins de 20 000 visiteurs admirent chaque jour son sourire indéfinissable… derrière une vitre blindée à l’épreuve de toutes les agressions et sous le regard vigilant des gardiens.

J’ai lu …..Mais ?????


Est ce que c’est vrai ?

     En Afrique du Sud, en 1997  , une femme mettait au monde une petite fille nommée Zephany …Quelques heures après sa naissance , la petite fille était enlevée par une femme déguisée en infirmière , cette  » kidnappeuse  » disparut ….

   Après des jours, des mois , des années , la mère est convaincue qu’elle ne reverra plus jamais Zephanie . Malgré tout, la famille se reconstruit et d’autres enfants naissent , dont une fille , Cassidy ( née un an et demi après la disparirion de sa soeur …..Quinze ans plus tard , Cassidy entre au lycée ….

    Là , elle rencotre une jeune fille légèrement plus âgée qu’elle , avec qui elle se lie , devient amie amies. Les deux filles s’entendent à merveille , et……..elles se ressemblent tellement qu’on pourrait croire que ce sont deux soeurs ….Alertée, intriguée par cette ressemblance , la mère fait faire un test A D N aux deux amies  , et découvre que la copine de sa fille est Zephanie …Son bébé enlevé 17 ans plus tôt ….

   Ainsi , il s’avérera que la mère et sa fille perdue avaient vécu toutes ces années à quelques kilomètres l’une de l’autre …..avant que le destin ne les réunisse…

Le bagne …..Le vrai !


    En un siècle, ils ont broyé 70 000 prisonniers. Entre mauvais traitements et système D, les forçats ont tenté de survivre à la guillotine sèche.

   Lentement, La Martinière quitte l’océan pour s’engager sur le fleuve Maroni Maroni bateau. Ce jour de printemps 1923, après quatorze jours de traversée depuis l’île de Ré, le navire approche de sa destination. Les 670 prisonniers se serrent devant les hublots pour apercevoir la ligne verte de la forêt amazonienne, puis les toits en tôle ondulée de la ville de Saint-Laurent. La sirène retentit. Sur l’appontement, une foule de curieux se presse afin d’assister au spectacle ! qui se tient une à deux fois par an. Les prisonniers débarquent en rang, hagards, écrasés par la chaleur. Leur sort est scellé. Vêtus de l’uniforme à rayures rouges et désignés par leur seul matricule, ils appartiennent désormais à la Guyane.
   Tout a commencé en 1852 par un décret du futur NapoléonIII
   Il entérine la fin des bagnes portuaires et l’éloignement des condamnés aux travaux forcés vers l’outre-mer. Les femmes, elles, ont le choix de purger leur peine en métropole ou aux antipodes.  » Napoléon s’inspire des Anglais qui ont envoyé les convicts  (les criminels en droit anglais) , en Australie, pour les exiler mais aussi pour peupler la colonie. » On croit alors à la régénération des criminels par le travail  », explique Michel Pierre, historien . Le premier convoi débarque en Guyane, en 1852.            Quand ils ne sont pas terrassés par la fièvre jaune (un sur trois en meurt), les bagnards tracent des voies et construisent la ville naissante de Saint-Laurent. « Quelques condamnés deviennent colons à la  fin de leur peine, mais on s’aperçoit vite que transformer un criminel en agriculteur est absurde » .      Dès 1867, les condamnés de métropole partent plutôt vers la Nouvelle-Calédonie, au climat plus clément.

   Transportés, relégués, déportés : trois peines pour une seule destination .
  C’est en 1885, sous la IIIeRépublique, que renaît le bagne de Guyane. Non seulement pour les criminels condamnés aux travaux forcés, appelés les transportés, mais aussi pour les délinquants multirécidivistes, les relégués. Il suffit d’avoir déjà écopé de plusieurs peines de plus de trois mois de prison (vol, vagabondage…) pour être expédié à vie aux antipodes. Fini les ambitions de réinsertion sociale !  » Cette fois, il s’agit d’éloigner définitivement une population marginale, jugée irrécupérable car la prison n’a pas eu de prise sur elle  », explique l’historien Jean-Lucien Sanchez. 

      Paradoxalement, ce sont ces petits délinquants qui paient le plus lourd tribut.  » Surnommés les pieds-de-biche, ils sont méprisés par les transportés et les surveillants. Dans la hiérarchie du bagne, mieux vaut être un criminel de sang qu’un voleur de poule . Entre 1885 et 1938, 22 16 relégués embarquent pour une traversée sans retour.
Une trentaine de camps
   Reclus sur des sites différents, transportés et relégués se côtoient peu. La colonie compte en effet une trentaine de camps, notamment dans l’archipel des îles du Salut.

    À l’île Royale, l’administration pénitentiaire isole les vedettes de cour d’assises. Elle a une peur panique de la mauvaise publicité en cas d’évasion de ces criminels ayant déjà fait les gros titres des journaux. Quant aux déportés , les prisonniers politiques comme Alfred Dreyfus Dreyfus , ils atterrissent sur la petite île du Diable. Pour eux, pas de travaux forcés, mais de longues journées d’ennui sur un bout de terre isolée.

   Accusé à tort d’avoir livré des secrets militaires à l’ennemi, le capitaine Alfred Dreyfus est envoyé sur l’île du Diable en 1895. Il y est reclus seul, surveillé par 5 à 10 geôliers. À partir de 1896, sa case est entourée d’une palissade de 2,50 mètres de haut, ce qui l’empêche de voir la mer. Il est libéré en 1899…………
    Les autres forçats sont affectés en fonction de leur crime, de leur comportement avant le départ en Guyane ou de leur métier.  » Pour les condamnés de la dernière classe, les fortes têtes, c’est l’enfer. Ils travaillent huit heures par jour sous un soleil accablant et parmi les nuées d’insectes. Ils drainent les marécages, défrichent, abattent les arbres. »  Mieux lotis, les deuxième classe œuvrent sur la voie publique ou dans les champs. Enfin, les première classe peuvent espérer un poste à l’infirmerie ou dans l’administration. Une situation enviée qui ne les empêche pas, comme les autres, de réintégrer le pénitencier et leur dortoir le soir venu.  »  Là, dans la chaleur et la promiscuité, 50 forçats sont livrés à eux-mêmes.        En théorie, ils doivent respecter le silence mais, en fait, ils jouent aux cartes, boivent, et la violence règne. La loi du plus fort ne laisse aucune chance aux faibles .

A Cayenne le dortoir du pénitencier  :
  Chaque année, 600 à 800 prisonniers tentent de s’évader
Les bagnards sont prêts à tout pour défendre leur bien le plus précieux, le « plan », un tube glissé dans le rectum qui renferme un bijou ou des billets gagnés grâce à des trafics. Ici, tout manque, notamment de la nourriture correcte. Il faut alors ruser, voler, acheter au marché noir entretenu par la population locale et des membres de l’administration pénitentiaire peu scrupuleux. Au dépôt de Saint-Jean, les relégués échangent leur uniforme contre de l’argent ou des cigarettes, quitte à travailler pieds nus et en haillons.
     Confrontés à une multitude de règlements et aux mauvais traitements, certains forçats désobéissent et sont envoyés en cellule d’isolement de nuit. En cas d’agression de surveillant, de tentative d’évasion ou de meurtre de codétenu, c’est le tribunal spécial maritime qui juge les prévenus et les expédie sur l’île Saint-Joseph. Les prisonniers y sont reclus, jusqu’à cinq ans d’affilée, dans des cellules de six mètres carrés surmontées de barreaux, d’où les surveillants épient leurs faits et gestes en permanence. S’ils se rebellent, direction le cachot ! Un châtiment sévère qui en broie plus d’un : vingt jours sur trente dans le noir, et pain sec deux jours sur trois.

   L’anarchiste Paul Roussenq Paul-Roussenq, surnommé   » l’Incorrigible  » car il a toujours refusé de se soumettre à l’autorité, y passera 3 409  jours, soit la moitié de ses vingt années de bagne.      Le tribunal prononce rarement la peine capitale une cinquantaine de fois en un siècle.    On dresse alors la guillotine dans la cour et l’exécution se déroule à l’aube devant les forçats. Pour l’exemple.

  L’obsession des détenus, c’est l’évasion.

     Ils y songent avant même de poser le pied en Guyane, persuadés qu’il sera plus facile de se faire la belle ici qu’en maison centrale en métropole. « L’imaginaire du bagne est celui d’exploits insensés, de vies refaites au Venezuela, en Colombie, au Brésil » . Si l’évasion semble quasi impossible aux îles du Salut à cause des courants et des requins, les prisonniers du continent, en semi-liberté pendant la journée, peuvent facilement échapper à la surveillance des gardes et traverser le fleuve à bord d’une embarcation bricolée en cachette. Chaque année, 600 à 800 hommes tentent de filer, soit au total 20 % des bagnards, mais peu réussissent (un sur dix) car surveillants et chasseurs de primes les rattrapent.

   En 1939, Adolphe Steffen, un infirmier de l’asile de l’île Royale, réussit à partir par gros temps sur un radeau de planches liées par des draps mais il est repris peu après.           Beaucoup retentent leur chance, ils n’ont rien à perdre ! Ainsi, en 1926, René Belbenoît, revenu en métropole après sa cavale, est réexpédié en Guyane. Il s’échappe à nouveau par la mer et rejoint les États-Unis après maintes péripéties.
Une fois leur peine purgée, les libérés sont obligés de s’installer en Guyane

     Pour ceux qui ont réussi leur « belle », une nouvelle vie commence. Pour les autres, l’espoir de revoir leurs proches s’amenuise. À partir de 1854, la loi, avec la règle du « doublage », oblige les transportés à rester en Guyane un temps équivalent à celui de leur peine si celle-ci est inférieure à huit ans. Et si elle excède cette durée, ils doivent y demeurer à vie. Mais rien n’a été prévu ou presque pour les aider à s’installer. Victor Sicard, libéré en 1924, témoigne : « On me donna comme linge un  » bourgeron  » et un pantalon. Et l’on me mit dehors à 8 heures du matin sans travail, sans savoir où aller manger à midi, ni le soir pour coucher, sans un sou en poche, après avoir fait treize ans de bagne. »

    Initialement, les libérés devaient recevoir une concession, un lopin de terre… à condition d’avoir accumulé cent francs. Impossible au bagne ! Quant à trouver un emploi, ce n’est guère plus facile car les libérés subissent la concurrence des forçats qui coûtent bien moins cher aux employeurs. Pour survivre, reste à mendier, voler, aider les prisonniers à s’évader… Les femmes, peu nombreuses, connaissent un sort encore plus funeste. Après avoir purgé leur peine au couvent où elles œuvrent comme couturières, elles se marient avec des bagnards mais, souvent mal nourries ou prostituées par leurs époux, elles meurent à 36 ans en moyenne.

   En 1938, les députés votent la fermeture du bagne. Mais la guerre retarde les opérations et le sort des relégués s’aggrave sous le régime de Vichy.  Les autorités guyanaises fidèles à Pétain craignaient qu’ils rejoignent la France libre ! …. Les relégués sont entassés en quartier disciplinaire et mis au pain sec et à l’eau. En 1942, la moitié d’entre eux succombent. » Un épisode sinistre qui conclut un siècle de bagne. Après le conflit, les libérés sont peu à peu rapatriés en France. Seuls restent les malades, incapables de supporter le voyage, ou ceux ayant fondé une famille. À l’été 1953, alors que le San Matteo s’éloigne du rivage, les derniers forçats voient enfin disparaître la ligne verte de la forêt amazonienne.
  Papillon, un fieffé menteur !
      En 1969, le livre «Papillon» connaît un succès fulgurant, avec un million d’exemplaires vendus en trois mois. L’ouvrage est adapté au cinéma en 1973, avec Steve McQueen dans le rôle-titre.

L’ancien bagnard Henri Charrière, surnommé Papillon, y raconte ses douze années de bagne, sa spectaculaire évasion à bord d’un canot en noix de coco, sa vie parmi les Indiens pêcheurs de perles et sa nouvelle vie de patron de bar à Caracas.      En fait, infirmier à l’hôpital, il a puisé dans les récits de bagnards revenant de cavale pour enjoliver sa propre histoire

cayenne ruines

( Cayenne  » ruines  » ? )

 

C’était il ya environ….


tour Eiffel130 ans :

 

   Dans la soirée du 19 août 1889, un coup de foudre frappa pour la première fois le paratonnerre de la tour Eiffel  , quelques mois après son installation, sans causer d’accident et en démontrant que les visiteurs n’avaient absolument rien à craindre, même en cas d’orage violent
   Au moment de l’incident, le chef du service électrique, Monsieur Foussat, se trouvait sur la plate-forme supérieure pendant l’orage. La pointe de bronze, avec bout de platine, qui terminait la tige centrale se trouvant au sommet de la tour, avait été enlevée quelques semaines auparavant parce qu’elle éprouvait des oscillations qui faisaient craindre sa chute.
    Vers 9h45 du soit, une décharge eut lieu sur le paratonnerre principal du sommet ; elle fut accompagnée d’un bruit épouvantable, analogue à la détonation de deux pièces d’artillerie d’un petit calibre. Quelques gouttelettes rouges se détachèrent de la pointe, probablement dues à la combustion dans l’air de parcelles de fer volatilisées. On remarqua, en effet, que l’écrou qui terminait la tige portait de petites bavures, qu’il fut nécessaire de limer pour remonter une aigrette de pointes.
   Sur les paratonnerres de la plate-forme, on aperçut des fusées lumineuses, accompagnées d’un crépitement très manifeste. Le gardien du phare était près de son appareil, deux hommes manœuvraient les projecteurs sur la plate-forme, et Foussat était lui-même adossé à la rampe, regardant le paratonnerre du phare. Il est intéressant de signaler qu’aucune de ces quatre personnes n’éprouva la moindre secousse du coup de foudre ; cependant ; à cause de l’abondance de la pluie et de la possibilité d’un danger dans le cas d’une nouvelle décharge, les projecteurs furent éteints, et les trois personnes qui se trouvaient sur la plate-forme rentrèrent dans les laboratoires.
    Sur la troisième plate-forme se trouvaient quelques personnes qui se préparaient à descendre ; elles entendirent distinctement les deux détonations. Une certaine panique se produisit, et une dame se trouva mal de frayeur. Sur les deuxième et première plates-formes et au pied de la Tour, on entendit un crépitement et un bruit de ferraille ; mais, fait curieux, le bruit fut plus fort au pied de la Tour et sur la première plate-forme qu’à hauteur de la deuxième.

  ( Chromolithographie représentant la Tour Eiffel lors de l’Exposition universelle de 1889 ) : Tour-Eiffel expo universelle
     Un nuage qui était descendu jusqu’à la hauteur du phare se trouva vivement éclairé.      Après l’orage, un homme fut envoyé au sommet pour examiner les dégâts, et constat que le paratonnerre était légèrement tordu. La Tour n’avait, du reste, nullement souffert, et les personnes qui se trouvaient aux différents étages n’avaient éprouvé aucune secousse. Les instruments météorologiques placés au bas du paratonnerre ne subirent aucun dommage. Bêtes et gens n’avaient rien à redouter, car 2000 pigeons ! (qui se trouvaient ce soir-là à la troisième plate-forme pour un lâcher à faire le lendemain matin ), ne ressentirent aucun malaise.
    Ce coup de foudre s’explique, en somme, par l’absence accidentelle de la pointe terminale qui faisant fonction de tige de paratonnerre. Il prouve que la communication de la tour avec le sol est parfaite quand, la pointe terminale du paratonnerre est en bon état.

çà s’est passé un 18 août….


    Le 18 août 1868, Jules JanssenJules Janssen (astronome français) découvre un nouveau gaz qu’il nomme hélium. Il a découvert ce gaz en observant une éclipse solaire et le nom est donné en référence au soleil, du grec helios. Il faut attendre 1895 pour découvrir que l’hélium existe en petite quantité dans l’atmosphère terrestre. Ce gaz, plus léger que l’air, sert notamment à gonfler les ballons.

Presque 100 ans après :

     Le 18 août 1966, début de la révolution culturelle en Chine, sous l’impulsion de Mao Zedong Mao. Ce dernier mobilise la jeunesse contre le président Liu Shaoqi et l’aile droite du bureau du Parti communiste chinois représenté par Deng Xiaoping. Ils sont accusés de sacrifier l’idéologie aux impératifs du redressement économique.

Hollywood ?


J’ai lu que…

    En 1880 , un colon nommé Harvey Henderson Wilcox , vint s’installer  à proximité de Los Angeles dans un ranch ranchqu’il appela Hollywood , mot qui signifie  » bois de houx  » parcequ’il avait essayé d’y acclimater ces arbustes   …….

 

    Une vingtaine d’années après , en 1900, Hollywood a un bureau de poste, son propre journal, un hôtel, deux marchés et une population d’environ 500 âmes. Los Angeles, qui compte 100 000 habitants à cette époque, est distante de 11 km de Hollywood. Les deux villes sont alors séparées par des cultures d’agrumes. Une ligne de tramway unique est mise en place pour joindre Prospect Avenue à Los Angeles.
C’est en 1902 qu’ouvre le célèbre Hollywood Hotel, sur le côté ouest de Highland Avenue et en face de Prospect Avenue. Cette route, jusqu’alors sale et non pavée, est rendue carrossable par la suite. L’année suivante, la ville devient une municipalité. En 1904 une nouvelle ligne de tramway est construite, ce qui diminue radicalement le temps de voyage jusqu’à Los Angeles. Son nom, Hollywood Boulevard, est à l’origine du renommage de Prospect Avenue.

     L’autre raison est l’annexion de la ville à Los Angeles. En effet, en 1910, les électeurs votent son rattachement à Los Angeles, dans le but de profiter du système efficace d’approvisionnement en eau de la ville (elle-ci vient en effet d’achever son aqueduc ). Une autre raison de ce vote est l’accès au système d’égouts de Los Angeles. Ainsi, à travers cette association, Prospect Avenue devient Hollywood Boulevard.

   ( Pour anecdote, ce changement entraîne la modification de tous les numéros des rues du nouveau quartier (ex : 100 Prospect Avenue, sur Vermont Avenue, devenait 6400 Hollywood Boulevard, et 100 Cahuenga Boulevard, sur Hollywood Boulevard, devenait 1700 Cahuenga Boulevard). 

  Ce n’est qu’en 1910 qu’un réalisateur, séduit par la lumière et et les paysages environnants ,  choisit la localité pour y tourner un court – métrage . Il créa un studio …..

  A cette époque ,le centre du cinéma est New York , mais de nombreux conflits opposent les grandes maisons de productions aux  producteurs   » indépendants  » .    Fatigués de voir leurs studios détruits par de véritables  » commandos armés  » , les indépendants décident d’aller tourner à Hollywood …La guerre de 1914 ayant ralenti la production européenne qui dominait le monde du cinéma , Hollywood devient la capitale mondiale du cinéma ….

  La promenade de la Gloire promenade gloire ( The walk of Fame ) est un vaste trottoir d’Hollywood recouvert de plus de 2000 étoiles sur lesquelles figurent les noms des plus grandes célébrités du cinéma américain…..

C’était il y a environ 183 ans !


   Premier « piratage » d’un réseau de communication : l’affaire du réseau télégraphique détourné :

 

    En 1836 est découvert  un détournement du réseau de télégraphe aérien de l’État :    Considérés comme les tout premiers « hackers » du monde, les frères jumeaux Louis et François Blanc, hommes d’affaires bordelais, misent sur des valeurs de la Bourse de Bordeaux tout en   connaissant avant les autres les variations des cours de la Bourse de Paris grâce à la complicité de fonctionnaires du service télégraphique, réalisant ainsi de substantiels bénéfices durant deux ans !
   L’importance du télégraphe aérien, inventé en 1794 par Claude Chappe Chape, était trop connue pour qu’on n’en étende pas l’usage. Les frères de son inventeur lui succédèrent. L’Empire, la Restauration, le gouvernement de Juillet augmentèrent les lignes, les poussèrent jusqu’à nos frontières et firent un réseau qui nous mettait en communication avec les pays voisins. Le siège de l’administration était toujours situé rue de l’Université, dans un hôtel d’un accès facile et qui aurait pu faicliment  être  » enlevé d’un coup de main  ».
   C’était là une vive préoccupation pour le gouvernement. Sous les Bourbons et sous Louis-Philippe les émeutes n’étaient pas rares à Paris ; pratiquement tout y servait de prétexte : Les revues, les enterrements, les changements de ministère, les discussions des chambres ; le pays vivait et affirmait sa vie d’une façon parfois trop bruyante.

   Dès que l’on avait  » cassé  » quelques réverbères ou entonné la Marseillaise,  »le pouvoir  » , comme on disait déjà , pensait aux télégraphes, et l’hôtel Villeroy était occupé par la troupe, qui en cernait l’enceinte, remplissait les cours et bloquait la place afin de la rendre inaccessible aux émeutiers. Les employés, gardés comme des prisonniers d’État, ne pouvait en sortir, couchaient dans leurs bureaux, nourris on ne sait comment, et ne recouvraient là liberté que lorsque l’ordre était rétabli.télégraphe 1.jpg <=  (Expérience du télégraphe de Chappe dans le parc de Saint-Fargeau à Ménilmontant,le 12 juillet 1793 )…..

     Sous la seconde République, nos lignes de télégraphie électrique étaient loin d’être complètes, et les départements menacés étaient encore desservis par les télégraphes aériens. Craignant que les postes ne soient enlevés, l’administration centrale des télégraphes s’entendit avec le ministère de la Guerre, obtint des fusils, des munitions, et fit armer les stationnaires en leur donnant ordre de se défendre à outrance et de repousser par la force les hommes isolés ou réunis qui tenteraient de s’emparer de leurs stations !. Evidemment , la nouvelle de cet armement inusité se répandit très rapidement dans la contrée.
   Les insurgés facétieux ne s’amusèrent pas à attaquer des employés si bien pourvus : pendant la nuit, en l’absence des préposés, ils crochetèrent les portes des stations, ils pénétrèrent dans l’intérieur, en enlevèrent simplement les lunettes et écrivirent sur le registre aux signaux : « Reçu de l’administration télégraphique deux longues-vues, dont décharge ». De plus, ils emportèrent les fusils que chaque stationnaire avait gardés avec soin dans sa logette pour être prêt à s’en servir à la première occasion.
    On peut penser que l’établissement des télégraphes, de ce service dont l’État avait seul la jouissance, avait fortement donné à réfléchir aux hommes qui voient dans la spéculation un moyen de s’enrichir, pour qui le gain sans travail est l’idéal de la vie et qui cherchent partout des renseignements à l’aide desquels ils pourraient  jouer à coup sûr. Avant l’invention des chemins de fer, avant l’application de l’électricité à la télégraphe, le cours de la Bourse de Paris n’était connu à Bordeaux, à Rouen, à Lyon, à Marseille, qu’à l’arrivée de la malle-pote.           Les   » agioteurs »  (Personnes qui spéculent sur les valeurs financières) qui auraient appris le mouvement des fonds publics douze heures d’avance étaient donc en mesure de faire des bénéfices coupables, mais assurés.
      Or cela seul leur importait.

     À l’aide de moulins dont les ailes étaient disposées d’une certaine manière, à l’aide de pigeons dressés à cet effet, on essayait d’être renseigné d’une façon positive sur la hausse ou la baisse de Paris. Une ligne télégraphique secrète fonctionna même régulièrement entre Paris et Rouen. Le gouvernement déjouait ces manœuvres de son mieux, mais il n’y réussissait pas toujours. Le cas n’avait pas été prévu par la loi . Mais on s’en aperçut dans ces circonstances :  
    Au mois de mai 1836, Bourgoing, directeur des télégraphes à Tours, fut informé que les employés Guibout et Lucas, stationnaires du télégraphe n°4 situé sur la mairie, faisaient un usage clandestin de leurs signaux. Une enquête très prudente fut commencée, pendant laquelle Lucas, tombé malade et près de mourir, fit des aveux complets.
   On acquit la certitude que Guibout, aussitôt après l’arrivée de la malle-poste de Paris, introduisait un faux signal dans la première dépêche qu’il avait à transmettre sur la ligne de Bordeaux, et qu’aussitôt après il indiquait : erreur.           Mais le faux signal n’en parcourait pas moins sa route forcée, était répété de station en station, allait à fond de ligne, c’est-à-dire jusqu’à Bordeaux, où le directeur le rectifiait, corrigeait la dépêche fautive et empêchait qu’elle ne parvînt plus loin avec cette indication parasite et inutile. La fraude partait donc de Tours pour aboutir à Bordeaux. Avec le point de départ et le point d’arrivée, la police judiciaire avait entre les mains de quoi découvrir la vérité.

  Deux jumeaux, François Francois-Blancet Joseph Blanc, habitant Bordeaux, joueurs de bourse et spéculateurs de profession, avaient un agent à Paris ; celui-ci, lorsque la rente à 3% avait baissé dans une proportion déterminée, envoyait par la poste à Guibout, stationnaire télégraphique à Tours, une paire de gants ou une paire de bas gris ; lorsque, au contraire, la hausse s’était faite, il envoyait des gants blancs ou un foulard !
    Suivant  la nature ou la couleur de l’objet qu’il avait reçu, le préposé faisait un faux signal convenu qui, parvenu à Bordeaux, était communiqué par le stationnaire de la tour Saint-Michel au commis des frères Blanc. Ceux-ci, connaissant vingt-quatre heures à l’avance la cote de Paris, étaient maîtres du marché et faisaient d’importants bénéfices. !
     Stationnaires et » agioteurs  » furent arrêtés et emprisonnés vers la fin du mois d’août 1836. Le procès s’ouvrit à Tours, le 11 mars 1837, devant la cour d’assises. Les accusés firent des aveux explicites. Guibout recevait des frères Blanc 300 francs fixes par mois et 50 francs de gratification par faux signal ; c’était beaucoup pour un employé qui gagnait 1 fr. 50 par jour. L’attitude des frères Blanc fut  » curieuse d’impudence  » ; leur système consista uniquement à soutenir que tout moyen d’information est licite pour gagner de l’argent, que l’unique préoccupation des gens de bourse étant de savoir d’avance le cours des fonds publics, afin de jouer à coup sûr, ils avaient fait comme beaucoup de leurs confrères, et n’avaient par conséquent rien à se reprocher.
   Cette morale de cour des Miracles prévalut ; Gustave-Louis Chaix d’Est-Ange, ténor du barreau, plaidait ; il fut habile, dérouta le jury, le fit rire, l’émut, le troubla. Les questions posées concernant Guibout étaient : 1 ) A-t-il fait passer des signaux autres que ceux de l’administration ?

                                                                   2 ) A-t-il reçu des dons pour faire passer ces signaux ?

                                                                   3 ) En faisant cette transmission, a-t-il fait acte de son emploi ?
  Aux deux premières questions, le jury répondit : Oui ; à la troisième, il répondit : Non ; dès lors les accusés étaient non pas acquittés, mais  » absous  » , car le verdict venait de déclarer qu’ils ne tombaient pas sous le coup des articles 177 et 179 du Code pénal. Cependant on avait constaté au procès que du 22 août 1834 au 25 août 1836, les frères Blanc avaient reçu cent vingt et une fois le faux signal indicatif du mouvement des fonds.
    L’instruction qui précéda le procès avait ouvert les yeux du ministère, et dès lors il voulut posséder le droit d’un monopole qui n’existait que de fait. Le 6 janvier 1837, Adrien de Gasparin, ministre de l’Intérieur, exposant les motifs de la loi qui attribue l’usage du télégraphe au gouvernement seul, put dire avec raison : « Nous sommes forcés de demander plus à la législation que nos devanciers, parce que nous demandons moins à l’arbitraire. »
    Le 28 février suivant, Portalis, rapporteur de la commission de la Chambre des députés, conclut à l’adoption d’un article unique ainsi libellé : « Quiconque transmettra, sans autorisation, des signaux d’un lieu à un autre, soit à l’aide de machines télégraphiques, soit par tout autre moyen, sera puni d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 1000 à 10 000 francs. L’article 463 du code pénal est applicable aux dispositions de la présente loi. Le tribunal ordonnera la destruction des postes, des machines ou moyens de transmission. »
   La rédaction de ce texte indique l’intention du législateur de tenir compte des progrès techniques futurs. Le rapporteur  déclarait : « L’esprit humain est inépuisable en ressources nouvelles et il s’agit de prévoir ce qui n’existe pas encore, ce qui n’a été ni connu, ni imaginé, ce qui pourrait être inventé pour éluder la loi, si des expressions trop restrictives venaient enchaîner la conscience du juge. il faut atteindre toutes les combinaisons à l’aide desquelles on pourrait arriver à ce résultat. »

Le débat qui déboucha sur cette loi : Le ministre de l’Intérieur déclara que si des entreprises particulières pouvaient fonder des établissements semblables, les fauteurs de troubles et de désordres y trouveraient un moyen efficace pour l’exécution de leurs projets. Regrettant qu’aucune autre solution n’ait pu être trouvée, il ajouta : « Nous n’aimons pas les monopoles pour eux-mêmes, et nous serions heureux de pouvoir sans péril étendre à tout le monde les facilités que le télégraphe présente au gouvernement. »     Il conclut : « Vous penserez avec nous que de tels avantages doivent être réservés au gouvernement… Les privilèges dont il jouit ne sont pas des privilèges, car le gouvernement, c’est tout le monde, et l’on peut dire ici sans paradoxe que le seul moyen d’empêcher le monopole c’est de l’attribuer au gouvernement. »
    Un commentateur juridique écrira à ce propos : « Il est fâcheux cependant que de graves questions se traient ainsi sous l’influence des préjugés, et qu’il suffise, pour flétrir de bonnes choses, de leur appliquer une qualification odieuse. » Quant au rapporteur Portalis, il fut amené à préciser : « Dans aucun cas un pigeon ne peut être assimilé à un signal. »
    La loi fut votée le 14 mars 1837, le dépouillement du scrutin donnant le résultat suivant : 249 votants (sur les 556 députés) dont 212 pour l’adoption et 37 contre.

     Tout l’effort des ministres, de la commission, des orateurs, avait été de prouver que la télégraphie deviendrait un instrument de sédition des plus dangereux, si par malheur on ne lui interdisait pas sévèrement de servir aux correspondances du public.!

    Moins de treize ans après, une loi devait battre en brèche ces vieux arguments et fit entrer la télégraphie privée dans le droit commun et dans les usages de la nation.

Pot de départ = Pas de départ !


Histoire vraie arrivée en Belgique : 

       C’est certainement le motif d’annulation d’un convoi le plus  » gonflé  » de 2019 !

   A cause de la  » petite fête  » départ pot donnée pour le départ à la retraite d’un cheminot , la Société nationale des chemins de fer  d’ outre – Quièvrain  ( la  » S N C B  » logo sncb) ,a du annuler un train à destination du Luxembourg  …La compagnie à du aussi retarder le suivant  d’une bonne demi- heure  pour la même raison . Trop occupée par les  » agapes  » organisées par leur collègue à l’atelier de Forest  , ou….trop alcoolisée , une grande partie du personnel chargé de la maintenance ne s’est pas présentée à son poste pour préparer la  » motrice  » et vérifier les wagons du traingare train qui devait quitter la gare centrale de Bruxelles à 14 h 37 en direction du Luxembourg …. 

    Rapidement  » éventée  » par un salarié manifestement plus zélé que ses collègues ( ou peut-être pas invité à la  » sauterie  » ) et , très vite relayée parla plupart de médits belges , l’afaire a obligé la SNCB à ouvrir une enquête pour identifier avec précision l’origine du  » désagrément  » …..Le champagne devait être bon , trop bon ?………

Il y a environ 158 ans ……


     Le 16 août 1861, sous le règne de Napoléon III, Julie-Victoire Daubié Daubié Victoire, une institutrice de 36 ans, militante entêtée des droits de la femme, passe avec succès le baccalauréat à Lyon. Elle est la première Française dans ce cas.
   Le ministre de l’Instruction publique refuse de signer le diplôme au prétexte qu’il  » ridiculiserait le ministère de l’Instruction publique  » ! Son successeur Victor Duruy montrera beaucoup plus d’ouverture d’esprit en faisant voter en avril 1867 une loi qui impose l’ouverture d’une école primaire réservée aux filles dans chaque commune de plus de 500 habitants. C’était un premier pas vers la féminisation du baccalauréat

 » La Bachelière du quartier Latin  » 
    Cette chanson  ,terriblement sexiste  , aussi nommée  » l’Examen de Flora  » écrite par Paul Burani en 1874 reflète l’image de la  » pauvre aspirante  » au bac de la fin du XIXe siècle……( On peut se demander quelle serait la réaction des femmes d’aujourd’hui  en l’entendant ? ! )

Mamzell’ Flora passait pour un’ savante
Depuis Bullier jusqu’au carr’four Buci
Si bien qu’un jour ell’ devint étudiante
Mais on n’peut pas dire tout c’quelle apprit.

Refrain :
C’est la bachelière du quartier Latin
Rein’de la chaumière et pays voisin
Elle a passé son baba
Elle a passé son chot chot
Elle a passé son bachot
Y a pas de bobo […]

Connais-tu l’grec ? Qu’un professeur lui d’mande.
Elle répond, sans lui manquer d’respect :
C’est un coiffeur si j’en crois la légende
Puisque l’ont dit :  » s’ fair’ peigner par les Grecs  ».

Un autre lui demande c’que c’est qu’une Olympiade
Quelqu’un lui souffle  » un espac’ de quatre ans  »
Mais v’là Flora qui perd la trémontade
Et qui répond  » une espèc’ de cadran  » .

Aux professeurs ell’ fait perdre la tête
Et, comm’ Phryné d’vant les juges jadis,
Ell’ leur fait voir ses jamb’s dans une pirouette
Si bien qu’elle eut douz’ boul’s blanches sur dix.

V’la la moral’ faut pas que ça vous blesse,
C’est au beau sex’ qu’elle s’adressera :
Quand c’est des vieux qui jugent une jeunesse
C’est pas malin, le baccalauréat.

la bachelière (croquis de l’époque : chanteuse interprétant  » l’examen de Flora  » )

bachelières 1911 ( = bachelières en 1911 )

 

Chères bachelières…
   Si François Villon fait allusion à de   » jeunes bachelettes  » dans sa  » Double ballade  » (15 eme siècle), le mot désignait alors simplement une jeune fille qui présentait tous les avantages pour devenir épouse.  Voltaire aussi ironique , qui se moque des femmes savantes en général et d’Ève en particulier,  » la première bachelière, puisqu’elle tâta de l’arbre de la science avant son mari  »  (en 1775 !)
   Le 19 ème siècle n’est pas beaucoup  plus  »indulgent » puisque pour  » Le Dictionnaire de la langue verte  » de Delveau (1883) une bachelière est  » une femme du quartier latin qui est juste assez savante pour conduire un bachot (un petit bateau à fond plat ) en Seine et non pour passer en Sorbonne  ». Mais cette définition prouve tout de même que l’idée de filles passant le baccalauréat faisait son chemin !
   Le premier lycée pour filles a ouvert à Paris en 1870, (à l’extrême fin du Second Empire ) . Situé près des Invalides, il porte aujourd’hui le nom du ministre qui a promu la cause féminine. C’est le lycée Victor Duruy (désormais ouvert aux garçons comme aux filles).
   Il n’en reste pas moins  que, même au début de la IIIe République, passer le baccalauréat passait encore pour une idée farfelue. Pour les jeunes filles de bonnes familles, les seules qui pouvaient aspirer à une éducation poussée, on ne prévoyait le plus souvent que quelques leçons particulières. À quoi bon un diplôme lorsque l’objectif était de faire un bon mariage ? C’est Jules Ferry lui-même qui  donne la réponse :  » À quoi bon ? Je pourrais répondre : à élever vos enfants, j’aime mieux dire : à élever vos maris.  »  !!

    C’est ainsi qu’en 1892, on  pouvait compter dix bachelières,  » fières héritières  » de Julie-Victoire Daubié, la toute première bachelière française. Mais les aspirantes restent rares, tant la société est encore réticente à éduquer ses filles…
   Celles-ci ne l’entendent pas de cette oreille et accueillent avec enthousiasme le nouveau bac de 1902, plus accessible.
   Une École normale catholique ouvre à leur intention en 1906, suivie d’un autre établissement dit libre (confessionnel) en 1908, permettant au nombre d’élues de passer à une centaine.

En 1924, à la suite des bouleversements de la Grande guerre, le ministre de l’Instruction publique Léon Bérard a bien compris qu’il fallait répondre à la soif d’indépendance féminine en ouvrant les portes de l’enseignement secondaire. Elles ont désormais accès à des épreuves similaires à celles des garçons.
   Les enseignantes deviennent par conséquent plus nombreuses, même si pour beaucoup cette vocation est synonyme de célibat ? !… L’égalité est-elle pour autant aujourd’hui un fait  » avéré  »  ? Dans les faits, les filles continuent à se diriger vers des filières moins porteuses d’emploi (littéraires, tertiaires) et ne parviennent pas toujours à valoriser un diplôme pourtant chèrement conquis par leurs aînées.

bac juin44( BAC en juin 1944 )

Victoire !
Hasard ? : la première bachelière française avait pour second prénom Victoire, comme un clin d’œil à son destin.
    Née dans une famille de petite bourgeoisie vosgienne en 1924, Julie-Victoire Daubié s’intéresse très tôt aux études grâce à son frère, prêtre, qui lui enseigne latin et grec. Elle apprécie aussi les sciences puisqu’elle s’inscrit au Museum d’histoire naturelle de Paris pour mieux connaître mammifères et oiseaux.
   À 20 ans, elle est déjà institutrice, mais cela ne lui suffit pas : il lui faut décrocher le baccalauréat. Elle fait donc une demande d’inscription à la Sorbonne, demande qui se heurte à plusieurs reprises à un refus. Qu’importe ! Elle tente sa chance à Lyon, et c’est ainsi que le 13 août 1861, on la retrouve installée avec ses camarades à  » plancher  » pour obtenir le diplôme ès Lettres.
   Les   » six boules rouges  » qu’on lui accorde lui permettent d’entrer dans l’Histoire comme le  »  premier bachelier de sexe féminin qu’ait proclamé l’Université de France  » . Cela ne se fait pas sans difficultés, puisque le ministre de l’Instruction publique refuse de signer son diplôme, de peur d’être ridiculisé ! Il faut l’intervention de l’impératrice Eugénie pour que sa réussite soit enfin officialisée.
  Devenue journaliste économique, cette saint-simonienne qui est officiellement  » entrepreneur de broderie  »  poursuit ses études et devient en 1872 la première licenciée ès Lettres. Seule sa mort en 1874, de tuberculose, l’empêche d’aller jusqu’au doctorat.

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Quand une jeune fille rangée passe le bac
    Dans ses mémoires, Simone de Beauvoir S.Beauvoir raconte son baccalauréat qui, dans son cas, fut loin d’être une épreuve !
    » Je pris grand plaisir à passer mes examens. Dans les amphithéâtres de la Sorbonne, je coudoyai des garçons et des filles qui avaient fait leurs études dans des cours et des collèges inconnus, dans des lycées : je m’évadai du cours Désir, j’affrontai la vérité du monde. Assurée par mes professeurs d’avoir bien réussi l’écrit, j’abordai l’oral avec tant de confiance que je me croyais gracieuse dans ma trop longue robe en voile bleu. Devant les importants messieurs, réunis tout exprès pour jauger mes mérites, je retrouvai ma vanité d’enfant. L’examinateur de Lettres, en particulier, me flatta en me parlant sur le ton de la conversation  ; il m’interrogea sur Ronsard ; tout en étalant mon savoir, j’admirais la belle tête pensive qui s’inclinait vers moi : enfin, je voyais face à face un de ces hommes supérieurs dont je convoitais les suffrages ! Aux épreuves de latin-langues, cependant, l’examinateur m’accueillit ironiquement :  » Alors, mademoiselle ! Vous collectionnez les diplômes !  » Déconcertée, je me rendis brusquement compte que ma performance pouvait paraître dérisoire ; mais je passai outre. Je décrochais la mention  » Bien  » . (Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée, 1958)