» Qui cherche trouve  » ………


La fresque perdue de Léonard de Vinci vient d’être retrouvée à Florence, en Italie. La Bataille d’Anghiari   avait disparu à la mort du célèbre peintre.

    Maurizio Seracini a consacré quarante ans de sa vie à retrouver cette oeuvre, il sait désormais où elle se trouve. « On ne voit rien parce que la fresque a été recouverte et il a fallu beaucoup d’années, de technologies et de science, pour démontrer (…) que très probablement, la fresque se trouve derrière cette autre peinture », détaille le professeur en indiquant une toile immense de Giorgio Vasari exposée au Palazzo Vecchio.

  L‘enquête de Maurizio Seracini a rebondi lorsqu’il a compris qu’un indice codé se trouvait dans la peinture de Giorgio Vasari : « Qui cherche trouve », peut-on lire sur l’oeuvre. Une fois passée au scanner et au rayon infrarouge, la fresque a révélé que quelque chose se trouvait derrière le tableau. Pour découvrir la peinture de Léonard de Vinci, il faudrait détruire le Vasari et démonter un mur du Palazzo Vecchio. Un chef-d’ouvre caché, que personne ne peut voir pour le moment. 

çà s’est passé il y a….


Environ 76 ans :

 Le 19 avril 1943, les derniers Juifs du ghetto de Varsovie se soulèvent contre leurs oppresseurs. Sans espoir de survie, encore moins de victoire, ils vont tenir tête héroïquement aux soldats et SS allemands pendant un mois.

  C’est le premier soulèvement d’une ville dans l’Europe nazie et une manifestation éclatante de la capacité de résistance des Juifs. Une tragédie qui est aussi une aurore.

Le ghetto de Varsovie :

  En novembre 1940, quelques mois à peine après l’invasion allemande, les Juifs de la capitale polonaise et des environs, au nombre d’environ un demi-million, sont regroupés dans un quartier transformé en ghetto et isolé du reste de la ville par des barrières, des murs et des façades aveugles.

Le quartier étant coupé en deux par une artère, les Juifs passent d’un côté à l’autre par une passerelle. Le ghetto occupe 300 hectares, soit une densité d’environ 150 000 habitant/km2 (c’est quatre à cinq fois plus que le maximum observé dans une ville normale).

Comme tous les ghettos, celui de Varsovie est administré par un conseil juif (« Judenraat »). Un ingénieur, Adam Czerniakow, a été désigné par la mairie de Varsovie pour le présider. Le 22 juillet 1942, les Allemands lui demandent une liste d’enfants en vue de les transférer vers l’Est, dans des camps de travail (c’est le motif officiel).

    Il est possible qu’Adam Czerniakow ait eu des informations sur la vraie nature de ces convois par le biais de Juifs évadés du camp d’extermination de Chelmno. Plus vraisemblablement a-t-il considéré qu’envoyer des enfants dans des camps de travail revenait de toute façon à les condamner à mort.

   En homme d’honneur, il ne supporte pas de participer à cette infamie et choisit de se suicider. Il laisse une lettre émouvante à ses coreligionnaires pour s’excuser de son geste mais ne fournit aucune information sur ce qu’il aurait pu savoir du sort des futurs déportés.

   C’est donc sans Czerniakow que les Allemands entament la « Grande déportation »… Jour après jour, 5 000 à 6 000 personnes sont emmenées à la Umschlagplatz et, de là, transférées en train vers Treblinka. 

Le 12 septembre 1942, quand cette première déportation s’achève, il ne reste que 60 000 survivants dans un ghetto dont la surface a été drastiquement réduite par les Allemands.

La révolte:

   Le 18 janvier 1943, au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, tandis que la Wehrmacht est prise au piège à Stalingrad, les Allemands entament une deuxième « Aktion » (déportation). Mais cette fois, les ultimes survivants du ghetto de Varsovie n’ont plus guère de doute sur le sort qui les attend…

 Parmi eux figurent une centaine de responsables de mouvements de jeunesse qui n’ont pas connu les famines et les tourments des deux premières années du ghetto et ont conservé leur énergie intacte. Ils organisent immédiatement la résistance. Ils s’enfuient, se cachent et ripostent aux tentatives allemandes tant bien que mal, avec les quelques armes dont ils disposent.

Le 19 avril 1943, quand 850 soldats allemands pénètrent en force dans le ghetto pour liquider celui-ci, les résistants les attendent de pied ferme, barricadés dans leurs bunkers et leurs caves.

   Au nombre de 3 000 environ, ils sont regroupés principalement dans l’Organisation des Combattants Juifs, commandée par le jeune Mordechai Anilewicz, et dans l’Union Juive Arméede Pawel Frenkiel. 

Le général SS Jürgen Stroop, qui dirige l’opération, est pris de court par la rébellion. Il fait venir 2 000 hommes et des chars en renfort

   6 000 Juifs trouvent la mort dans les combats ou se suicident (c’est le cas de Mordechai Alinewicz, le 8 mai 1943), 7 000 sont fusillés sur place. Les autres sont déportés. Une poignée de miraculés vont échapper à la mort en s’enfuyant par les égoûts. 

  Le ghetto est rasé sitôt l’insurrection écrasée. Cette absolue tragédie va devenir pour les Juifs et les adversaires du nazisme le symbole de l’esprit de résistance et du renouveau.

  Ainsi le chancelier allemand Willy Brandt va-t-il s’agenouiller devant le Mémorial du résistant juif du ghetto le 7 décembre 1970 dans  (    un émouvant geste de contrition ?)  .

Un  » tire au flanc  » ?


 

. On l’utilise, vous le savez, quand quelqu’un fait semblant de travailler ou a un goût prononcé pour le repos.

   Cette formule aurait pour origine le langage militaire du  19e siècle. Elle servait à qualifier les soldats   » peu enthousiastes au combat  » , qui une fois l’ordre reçu d’aller combattre, se positionnaient non en première ligne, mais au contraire sur les côtés, les « flancs » du champ de bataille. Peu courageux, voire lâches, ainsi positionnés sur une partie extérieure au gros des combats ils avaient davantage de chances d’y survivre.

     Evidemment cette attitude ne leur attirait pas la sympathie des autres soldats et l’expression « se tirer vers les flancs » vit le jour pour désigner cette pratique honteuse.

   Avec le temps, l’expression est sortie du strict cadre militaire pour s’appliquer de manière générale à toutes les personnes  » reines de l’esquive  » dans leur travail.

Il semblerait que l’incendie de la cathédrale de Paris ne fut pas  » une première  » :


9 avril 1200 : incendie de la cathédrale Notre-Dame de Rouen la nuit de Pâque

Cathedrale de Rouen

 

    Cette nuit-là, un terrible incendie dévore la cathédrale avec ses cloches, ses livres et ses ornements liturgiques, et de là s’étend sur une partie de la ville
.
« Un manuscrit de la Cathédrale remarque que l’an 1200, le 9 avril, la nuit de Pâques, le feu prit à l’église cathédrale, qu’elle fut brûlée avec ses livres et ses ornements, et les cloches fondues ; le feu ayant même gagné les maisons de la ville et de là quelques églises, dont il y en eut plusieurs de consommées par cet incendie, ce qui est attesté par Hoüeden, historien anglais, et Robert, abbé du Mont ».

  ( Roger de Hoüeden, natif d’York, était issu d’une famille illustre, et vivait en 1200.) Sa grande capacité dans le droit civil et canon le fit extrêmement considérer par Henri II d’Angleterre, après la mort duquel il se retira de la cour. Il composa, dans sa retraite, des œuvres historiques, des commentaires de droit, des poèmes, etc. On ne sait en quelle année il mourut.

     Quelques personnes se sont référés au  silence absolu du cartulaire ( = Recueil de copies des actes attestant les titres et privilèges d’une personne ou d’une communauté) de Notre-Dame, non pour invalider entièrement, il est vrai, la réalité de cet embrasement, mais pour avancer au moins que la cathédrale n’en avait que très partiellement souffert. Cette opinion, peu solide, était la conséquence d’une erreur assez commune, qui consistait à voir dans le corps de l’édifice tel qu’il se présenta par la suite, celui de l’église consacrée en 1063.

     Cependant : Des titres irrécusables, émanants de l’autorité royale, attestent la réalité de l’incendie. Un charte fait en effet mention d’un don de Jean sans Terre, roi d’Angleterre et duc de Normandie, à l’église métropolitaine de Rouen, incendiée en 1200 : « Le Roi, à Guérin de Glapion, sénéchal de Normandie, et aux barons de l’échiquier de Caen , etc.       » Sachez que nous avons accordé à la Cathédrale de Rouen, pour sa réparation, deux mille livres angevines, payables en quatre termes de l’échiquier, dont le premier écherra à la Saint-Michel prochaine ; c’est pourquoi nous vous ordonnons de délivrer à ladite église cinq cents livres à ce même prochain échiquier de la Saint-Michel, cinq cents livres au jour de Pâques qui suivra, cinq cents livres à la Saint-Michel suivante, et cinq cents livres au jour de Pâques suivant. »
« A Valognes, le 24ejour de septembre, la seconde année de notre règne ».
  

      Par ailleurs, des quêtes furent autorisées par Jean sans Terre, en 1201, pour la reconstruction de l’église de Rouen : « Le Roi à tous, etc. Nous supposons qu’il est parvenu à votre connaissance comment la Cathédrale de Rouen, la mère et la maîtresse des églises de Normandie, a été avec toute cette ville la proie des flammes. Nous aimons tendrement cette église, tant parce que la sépulture de nos frères et de nos amis nous la rend à jamais vénérable, que par l’éclat dont l’environnent les bienfaits des saints, par les mérites desquels puisse s’accroître la prospérité de notre royaume et de nos autres états ; c’est pourquoi nous vous prions et nous vous exhortons dans le Seigneur, de recevoir avec bonté ses envoyés quand ils viendront vers vous, d’exaucer leurs demandes et de leur remettre les aumônes que vous voudrez consacrer à sa réparation, pour l’amour de Dieu et de la bienheureuse vierge Marie ; vous fournissant nous-mêmes, ainsi qu’à nos sujets, le modèle et l’exemple de cette aumône, par la manière conforme à la munificence de la dignité royale dont nous la faisons.

    » Agissez en donc libéralement envers ces envoyés, d’après notre recommandation, afin qu’ils puissent se réjouir de son efficacité, et que nous-mêmes puissions juger de votre dévotion envers le Seigneur. Nous défendons que personne leur fasse éprouver aucune injure ou mauvais traitement ; et nous vous ordonnons, si quelqu’un les offensait en quoi que ce soit, d’y mettre ordre sur le champ : notre volonté est que cette quête dure deux ans, à partir du jour de la Purification de la bienheureuse vierge Marie, de la 4e année de notre règne. »

Cathédrale N.D de Paris, Histoire …


   Depuis plus de huit siècles, le cœur de la France bat à l’unisson de ce vaisseau de pierre. Ce n’est pas pour rien que le point zéro des routes de France se situe devant son portail. Mariages, actions de grâce, hommages, sacres ou encore funérailles…

  De saint Louis à de Gaulle, la cathédrale Notre-Dame de Paris a servi de théâtre à tous les grands moments de l’Histoire nationale depuis pratiquement l’acte de baptême de la nation, la première référence à la France est en effet antérieure d’un demi-siècle à la construction de la cathédrale .

  Après avoir pâti de la Révolution et été longtemps délaissée, Notre-Dame a retrouvé une seconde vie par la grâce d’un roman, Notre-Dame de Paris (Victor Hugo, 1832) au succès planétaire. Elle a été jusqu’au 15 avril 2019 le monument le plus visité en Europe (13 millions de visiteurs chaque année). Reste à espérer qu’elle le redevienne très vite…( sans contribution financière obligatoire de tous les citoyens ! )

L’histoire de Notre-Dame en 10 dates

• 1163 : début de la construction de Notre-Dame
• 1239 : saint Louis dépose la couronne d’épines du Christ
• 1302 : Philippe le Bel réunit les premiers états généraux
• 1572 : un mariage en prélude au massacre de la Saint-Barthélemy
• 1793 : la cathédrale devient Temple de l’Être Suprême
• 1804 : Napoléon est sacré empereur
• 1918 : le Te Deum de l’Armistice
• 1945 : le Te Deum de la Libération
• 1970 : funérailles du général De Gaulle
• 2019 : un incendie ravage la cathédrale ( 856 ans après les prémices de sa construction) 

Le sacre de l'empereur Napoléon 1er (détail, toile: 610cm x931 cm), par Jacques-Louis David (1748-1825, musée du Louvre)

Au cœur de l’Histoire de France

   Son destin pouvait-il échapper à l’Histoire de France ? En se dressant au cœur même de la capitale, sur la petite île de la Cité, bénie par un pape (Alexandre III), parrainé par un roi (Louis VII), comment ne pouvait-elle pas symboliser la toute-puissance d’un pouvoir temporel et spirituel ?

   L’évêque de Paris a rang de baron, il règne sur des terres et des forêts innombrables autour de Paris, exerce son droit de justice, et devient peu à peu l’un des personnages les plus influents du royaume, allant même jusqu’à gérer les affaires courantes en cas d’absence du roi, tel un premier ministre par intérim. Il est vrai que le souverain réside à deux pas, sur la pointe de l’île de la Cité, dans un palais raffiné doté d’un splendide jardin qui donne sur la Seine, en attendant de loger dans celui du Louvre, au XIVe siècle.

   La cathédrale Notre-Dame devient donc naturellement la paroisse royale, là ou se déroulent fêtes et célébrations, car suffisamment grande pour accueillir le peuple de Paris. Mais son rang reste précaire, elle doit sans cesse lutter contre la très influente abbaye de Saint Denis qui détient les regalia – sceptre, couronne et main de justice – ainsi que l’oriflamme des troupes royales. Plus tard, elle devra également accepter la concurrence de la toute proche Sainte-Chapelle, bâtie par Saint Louis.

La couronne d’épines :

   De fait, l’un des premiers actes marquant de son histoire reste sans aucun doute l’arrivée solennelle de la couronne du Christ, achetée une fortune par Louis IX, futur Saint Louis, à des banquiers vénitiens qui la possédaient en gage.

Le reliquaire de la couronne d'épines, conservé à Notre-Dame de ParisEn août 1239, la relique inestimable fait son entrée dans Paris, lors d’une procession solennelle : on y voit le jeune roi de France, âgé de 25 ans, pieds nus et vêtu d’une simple tunique, porter la couronne d’épines entre ses mains, entrer dans Notre-Dame et la déposer sur l’autel à la vénération des fidèles.

   Elle y restera quelques années sous la surveillance du chapitre de la cathédrale avant de rejoindre la Sainte-Chapelle, édifiée en un temps record moins de dix ans plus tard.

  Notre-Dame perd l’avantage dans la course aux reliques mais reste toujours le symbole du pouvoir : en 1302, le roi Philippe Le Bel, en conflit ouvert avec le pape, décide de rassembler ses soutiens sous les voûtes de la cathédrale en convoquant les premiers états généraux du royaume.

Saint Louis portant la Sainte Couronne à Notre-Dame de Paris le 19 août 1239 (gravure du XIXe siècle)

Justice divine, justice royale

  L’assemblée reconnaît de fait l’autorité du roi, au détriment du pouvoir spirituel. Le message passe, les papes finiront par composer, non sans frictions, avec le plus puissant Etat de la Chrétienté. Ont-ils le choix, du reste ? Le roi, comme le pape, est aussi le vicaire du Christ sur terre ! Sa justice se confond bien souvent avec celle des prélats. Au cœur de Paris, le pilori – ou l’échelle – est situé devant le portail, bien en vue des fidèles. 

çà commençait à  » planer  »….


Il y a environ 76 ans :

  Le 16 avril 1943, le chimiste suisse Albert Hofmann Hofmann LSD(37 ans), employé dans les laboratoires Sandoz (aujourd’hui Novartis), à Bâle, s’injectait par mégarde un dérivé de l’acide lysergique dont il était en train d’étudier les propriétés stimulantes. Il éprouve alors des sensations euphorisantes.

   Cette découverte faite par hasard va ouvrir la voie à la drogue hallucinogène mythique des années 60 L.S.D  (les années « hippies » : le LSD ( »Lyserg Säure Diäthylamid ou diéthylamide de l’acide lysergique  »). Elle sera promue  ? aux États-Unis par un psychologue fantasque, conférencier à Harvard, Timothy Leary Leary  (1920-1996). ? Pas sur pour la photo lol .

  Vidéo : 5 faits surprenants sur le L.S.D :

Il y a environ 154 ans :


    Le soir du 14 avril 1865, le 16e président américain manifeste le désir d’un moment de détente. Abraham Lincoln se rend avec sa femme Mary au Ford’s théâtre de Washington. La guerre de Sécession, qui a déchiré les États-Unis pendant 4 ans, vient de se terminer le 9 avril avec la reddition du général sudiste Lee.

Meurtre en folie

La mort de Lincoln vu par le cinéaste Griffith (Naissance d'une Nation, 1915)( Illustration trouvée sur le net .)

Au théâtre, un homme attend son heure:

    John Wilkes Booth (26 ans), appartient à une famille d’acteurs à succès. C’est un habitant du Sud établi dans le Nord. Profitant de son statut d’acteur,  il entre et circule dans le théâtre sans susciter de curiosité.  

   Dans sa loge, le couple présidentiel n’est assisté que d’un jeune garde du corps, accompagné de sa fiancée. Les deux soldats postés à l’entrée de la loge chargé de la protection du couple présidentiel vont négligemment boire une chope avec le cocher du président. C’est le moment que choisit Booth pour se glisser dans la loge de Lincoln et lui tirer un coup de pistolet dans la nuque.

   Son crime accompli, il saute sur la scène, non sans se casser la jambe au passage, et s’écrie : « Sic semper tyrannis » (Qu’il en soit toujours ainsi avec les tyrans, devise de la Virginie). Puis il trouve moyen de s’enfuir. Repéré, il sera abattu une semaine plus tard dans une grange.

    Les trois jeunes complices avec lesquels il aurait préparé son crime sont jugés et pendus. L’un d’eux avait, pendant le drame du Ford’s théâtre, poignardé dans son lit le Secrétaire d’État William Seward sans réussir toutefois à le tuer. Un autre, qui avait reçu mission de tuer le vice-président Andrew Johnson, avait au dernier moment renoncé…

    Le lendemain matin 15 avril 1865, le président mourut  dans une chambre voisine du théâtre, après une brève agonie. On prête au ministre de la Guerre Stanton ces mots : « Now he belongs to the ages »(Maintenant, il appartient à l’éternité). Le monde pleure en apprenant la mort d’Abraham Lincoln.

    L’ancien président fut inhumé au cimetière d’Oak Ridge (Springfield, Illinois) le 4 mai au terme de grandioses funérailles et d’une longue et lente traversée de l’Est du pays par le convoi funéraire, par la route et le plus souvent en train.

Le corbillard d'Abraham Lincoln (1865)

Au service du droit ?

     En fait de tyran, la victime de Booth a servi la démocratie toute sa vie au détriment de sa santé et de son bonheur personnel. Épuisé et sans doute déjà gravement malade, Abraham Lincoln (56 ans) avait signé fait voter le 31 janvier 1865 un projet d’amendement à la Constitution en vue d’abolir l’esclavage.

    Il se disposait aussi à rétablir la concorde entre ses concitoyens après les affres de la guerre civile. Mais lui-même était la cible des plus violentes critiques et beaucoup d’Américains, à l’image de Booth, lui en voulaient à mort pour sa conduite de la guerre, ses mesures autoritaires et la ruine du Sud.

   Le 8 novembre précédent, il n’avait été réélu à la présidence de la République qu’avec 55% des voix (exclusivement nordistes évidemment). C’était un résultat somme toute assez modeste pour un chef de guerre au bord de la victoire. Face à lui s’était levé le général McClellan, qui avait dirigé les armées nordistes pendant la première partie de la guerre sans cacher son souhait d’un compromis avec le Sud sur l’esclavage.

   La mort tragique de Lincoln va paradoxalement rehausser son image et ressouder les Américains et lui permettre d’échapper au sort de Thomas W. Wilson, lequel, après avoir entraîné les États-Unis dans la guerre de 14-18 et dirigé avec brio les négociations de paix, sera désavoué par ses concitoyens et jeté dans un purgatoire dont il n’est,dit on , pas encore sorti. 

   Mais l’assassinat libère aussi la fureur vengeresse de tous les radicaux nordistes que Lincoln, jusque-là, tenait en laisse et va rendre d’autant plus lente et difficile la reconstruction du Sud.

   Depuis ce premier assassinat d’un président américain, aucun hôte de la Maison Blanche ne se sentit   en sécurité.

çà s’est passé il y a ……


 

Environ 58 ans :

Un homme dans l’espace !

  Iouri Gagarine GagarineLe 12 avril 1961, le cosmonaute soviétique Iouri Gagarine (27 ans) accomplit le tour de la Terre en 108 minutes. Il est le premier homme à naviguer dans l’espace.

  Son module a été mis en orbite à 327 km d’altitude par une fusée Vostok 1 (Vostok signifie Orient en russe), lancée de la base spatiale de Baïkonour, dans les steppes du Kazakhstan.

  Cette fusée géante a été conçue par un ingénieur de génie, Sergueï Korolev, rescapé du Goulag. Il s’est inspiré des principes appliqués par les savants nazis, quinze ans plus tôt, aux premiers missiles balistiques, les V2.

Le module lui-même, construit en aluminium, est une sphère de 2,3 mètres de diamètre, avec un volume habitable de seulement 1,6 m3.

  Iouri Gagarine (on écrit aussi Youri Gagarine) n’a rien à faire dans son habitacle que de laisser les techniciens de la base de Baïkonour guider son vaisseau.

  Il n’en frôle pas moins la mort à plusieurs reprises. Ainsi, son module ayant été dirigé par erreur vers une orbite trop longue, il a été retenu grâce au bon fonctionnement du rétro freinage de secours.

  Pour le retour sur terre, quelque part en Sibérie, Gagarine s’éjecte quelques minutes avant l’atterrissage et c’est en parachute, à 7 000 mètres d’altitude, qu’il termine son périple.

Course à l’espace :

  Quatre ans après le lancement d’un premier satellite, les Soviétiques présentent son exploit comme la preuve de la supériorité de leur système politique.

  Leur propagande est bien servie par Iouri Gagarine, qui séduit tout un chacun par son sourire et sa bouille à la « tintin » ?  (il se rapproche aussi du héros de bande dessinée par sa petite taille : 1,59 mètre).

  Le président américain John Kennedy relève le défi et, le 25 mai 1961, dans un discours retentissant, promet qu’un Américain marcherait sur la lune avant la fin de la décennie. C’est le début de la course à l’espace (pacifique).

    Iouri Gagarine n’aura pas l’amertume d’assister à cette revanche. Il trouve la mort dans un accident d’avion, au cours d’une mission d’entraînement, le 27 mars 1968, à 34 ans.

çà s’est passé il y a ….


Environ 65 ans :

  Le 10 avril 1954, l’Assemblée nationale vote la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA). Cet impôt sur la consommation va très vite s’imposer en France et aussi dans le reste du monde, à l’exception notable des États-Unis.

   La TVA vient en remplacement des anciens impôts indirects sur la consommation avec une différence proprement révolutionnaire qui fait le  » génie de son concepteur  » :
– l’entrepreneur ne se contente plus de déclarer et payer une taxe sur son chiffre d’affaire (ses ventes),
– il déclare aussi le montant de ses achats et se fait rembourser par le service des impôts les taxes qui pèsent sur ceux-ci.

   La TVA, inventée par un inspecteur des finances, Maurice Lauré LaureMaurice (37 ans), s’applique à toutes les entreprises qui achètent et vendent des produits et des services.

  Elles paient la TVA sur leurs ventes, ce qui est normal. Mais aussi , de façon plus surprenante, l’administration des impôts leur rembourse la TVA payée sur leurs achats par leurs fournisseurs.  La différence correspond à une imposition sur la différence entre les ventes et les achats, autrement dit la «valeur ajoutée».

  Ainsi, l’imposition globale d’une marchandise ne varie pas quel que soit le nombre d’entreprises qui l’ont manipulée et  c’est le consommateur final qui la paie toute entière. OLYMPUS DIGITAL CAMERA

H facture

Simple et cohérent.?

  PS :  Fait inédit, la TVA fut votée par les députés malgré le peu d’enthousiasme d’Edgar Faure, ministre des Finances dans le gouvernement de Joseph Laniel. C’est qu’elle bénéficiait en contrepartie de l’appui déterminé du président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Pierre Mendès France

çà s’est passé il y a ……


Environ 65 ans :

Le 7 avril 1954 : La « théorie des dominos »

    En pleine guerre froide s’ouvre à Genève une conférence sur le sort de l’Indochine et de la Corée… Le 7 avril 1954, pendant la conférence, le nouveau président américain, le célèbre  général Dwight David Eisenhower , exprime la crainte qu’en tombant aux mains des communistes, le Vietnam n’entraîne ses voisins (la Malaisie, l’Indonésie, la Thaïlande…) dans sa chute.

     Plus tard connue sous le nom de « théorie des dominos », cette crainte va conduire les États-Unis à soutenir les Français et financer leur guerre en Indochine, en mettant de côté  leurs principes anticolonialistes. Ils vont eux-mêmes intervenir au Vietnam après le départ des Français pour prévenir le basculement de tout le Sud-Est asiatique dans le camp ennemi. En définitive, leur crainte va s’avérer largement infondée. Le Vietnam tout entier deviendra communiste, ainsi que le Laos et le Cambodge voisins, sans pour autant entraîner les autres États de la région…