Charles Tellier ….


Ses traveaux , découvertes nous sont bien utiles aujourd’hui :

  Fils d’un marchand épicier devenu industriel de la filature à Condé-sur-Noireau en Normandie mais ruiné par la Révolution de 1848, il étudie en faculté l’ammoniaque, un engrais concentré puis la production domestique de l’air comprimé.
  Le projet sur la production domestique de l’air comprimé est présenté à la ville de Paris, mais le baron Haussmann qu’aucune idée audacieuse n’effraie lui donne ce conseil :  » La glace manque à Paris quand les hivers sont chauds, vous devriez vous occuper de la fabriquer artificiellement.  »  Il faut dire qu’à l’époque, pour conserver les denrées, on remplissait un grand puits appelé glacière de deux cents tombereaux de neige et de glace. Cette conservation héritée des Romains était aléatoire.
  En 1856, Charles Tellier s’appuie sur les travaux de laboratoire de Faraday qui obtient une température de −11 °C et de Thilorien qui par liquéfaction arrivera à abaisser la température à −79 °C.
Deux ans plus tard, il crée sa première machine frigorifique à circulation de gaz ammoniac liquéfié, pour la production du froid à usage domestique et industriel.
  Cette invention qui bouleverse le monde moderne, est constamment améliorée et, en 1865, il construit une machine à compression mécanique à gaz liquéfié et l’installe dans la fabrique du maître-chocolatier Menier.
   En 1876, le navire Frigorifique parti de Rouen rapporte de la viande à Buenos Aires en bon état de conservation après 105 jours de mer.
   On lui doit également un nouveau procédé de séchage de la morue par air chaud qui avait séduit l’armateur Le Goaster.
   Quelques années plus tard en 1879, il entreprend avec Alexandre (Louis-Ernest) Bure,  ( comte héréditaire de Labenne, second fils naturel de Napoléon III et d’Eléonore Vergeot ), dont la famille s’est installé à Paimpol, la construction d’une usine grâce à la fortune de la femme de ce dernier : le 12 mars 1879, Labanne épousait en secondes noces à Paris, Marie-Henriette Paradis, âgée de 22 ans, riche héritière d’un banquier décédé en 1871. Mais l’opposition de certains hommes politiques et d’industriels de la région finit par décourager Tellier et ses deux associés l’armateur Le Goaster et Labenne ; ce dernier, déjà malade, abandonne la partie et regagne Paris où il meurt , le 11 janvier 1882, à 36 ans.
  Charles Tellier a découvert et mis au point la méthode du refroidissement par cascades, qui rend un fluide facilement liquéfiable, comme l’anhydride sulfureux, utilisé pour déterminer la liquéfaction d’un autre liquide plus difficile à liquéfier, comme l’anhydride carbonique. Ce principe sera utilisé et rationalisé vingt ans plus tard.

   Charles Tellier meurt à son domicile  de la rue d’Auteuil à Paris en 1913 dans la plus grande pauvreté et, peu avant de disparaître, il dira à un de ses proches :  » Le convoi des pauvres m’attend, mais ce sort final des travailleurs ne m’effraie pas…  ». Il repose au cimetière de Passy .Et une plaque se trouve sur le mur de la maison où il est mort 

Le  » noeud gordien  » ?


  Difficulté qu’on ne peut résoudre, obstacle qu’on ne peut vaincre

   Gordius (c’est de ce nom que vient le mot gordien) était un laboureur de la Phrygie qui n’avait pour toute richesse que son chariot et ses bœufs. Quand les Phrygiens voulurent se donner un roi, ils consultèrent l’oracle, et l’oracle leur répondit de prendre le premier homme qu’ils verraient monté sur un char.
Cet homme fut Gordius. Il donna son nom à la ville de Gordium, capitale de la Phrygie. Le char de Gordius, que Midas, son fils, consacra à Jupiter, est resté célèbre par le nœud qui attachait le joug au timon, et qui était si habilement enlacé qu’on ne pouvait en apercevoir les bouts.

    Quand Alexandre, vainqueur de la Phrygie, se fut rendu maître de Gordium, il apprit qu’une ancienne tradition promettait l’empire de l’univers à celui qui dénouerait ce nœud. Aristobule (  ?  ) prétend qu’il le délia avec la plus grande facilité après avoir ôté la cheville qui tenait le joug attaché au timon ; mais on croit plus généralement qu’il coupa ce nœud d’un coup d’épée.

Alexandre coupant le nœud gordien Noeud-Gordien
    Le nœud gordien est resté dans le langage pour caractériser une difficulté qu’on ne peut résoudre, un obstacle qu’on ne peut vaincre. Se tirer d’embarras par un moyen expéditif et vigoureux, c’est trancher le nœud gordien.

  » Ah ! c’est un grand malheur, quand on a le cœur tendre,
Que ce lien de fer que la nature a mis
Entre l’âme et le corps, ces frères ennemis !
Ce qui m’étonne, moi, c’est que Dieu l’ait permis.
Voilà le nœud gordien qu’il fallait qu’Alexandre
Rompît de son épée et réduisît en cendre. »
(Alfred de Musset)

çà s’est passé il y a environ ….


200 ans :

  En mai-juin 1819, le Savannaha d’abord prévu comme navire à voile puis équipé d’une machine de 90 ch, effectua une première traversée de l’Atlantique partiellement à la vapeur. Il avait embarqué 75 tonnes de charbon et 25 tonnes de bois. Il poursuivit son périple jusqu’à Saint-Pétersbourg. Après son retour, la machine fut démontée….

Le Savannah Savannah 1er bateau à vapeurreprésente la première application réussie du moteur à vapeur sur un navire transatlantique, en 1819.
   Cette année-là, le navire appareille de la ville de Savannah, en Géorgie aux États-Unis le 24 mai. Il a été construit en 1818 aux chantiers Crock & Picket à New York, jauge 320 tonneaux, pour 45 mètres de long. Il est doté d’un gréement classique, avec voiles  »  aurique  » et carrées, c’est un trois-mâts. Mais il possède aussi un moteur à vapeur de 90 CV, propulsant deux roues à aubes ; sa cheminée est orientable pour éviter d’incendier la voilure. Il rejoint Liverpool, en 27 jours et 18 heures sur lesquels il avait marché 18 jours à la vapeur.

   L’embarquement combustible a été limité à 73 tonnes de charbon et 90 stères de bois. Cette cargaison était nettement insuffisante pour la traversée, il ne s’agissait que d’un appoint, le but n’étant pas une autonomie complète surtout pour une traversée d’est en ouest.
    Moses Rogers MosesRogers-Portraiten est le commandant. Il part d’abord à la vapeur, mais n’utilise les moteurs que par panne de vent. Il approche le port de Kinsale, en Irlande à la vapeur. Les garde-côtes qui aperçoivent la fumée croient à l’arrivée d’un bateau en feu !!!!

Bonnus lol : Moses Rogers (né environ en 1779, mort le 15 novembre 18211) était un navigateur américain, né à New London, Connecticut. Il a été impliqué dans certaines expériences, et dans la mise en œuvre, de la propulsion à vapeur des bateaux. Il était le capitaine du fameux bateau Savannah qui pour la première fois a traversé l’Atlantique avec l’aide d’un moteur à vapeur. Il a ensuite, vers la fin de sa vie, été le capitaine du bateau à vapeur Pee Dee, opérant celui-ci entre Georgetown et Cheras. Au moment de sa mort sa famille habitait Philadelphie. Il est mort de la fièvre jaune à Georgetown, Caroline du Sud. Il est enterré au cimetière de l’Église baptiste de Georgetown. 

çà ne rique pas de m’arriver …


    Une histoire qui pourrait arriver à tout le monde : un Britannique a trouvé une pièce d’or romaine totalement au hasard dans un champ. Celle-ci a ensuite été vendue 620 000 euros aux enchères !

  En se promenant dans un champ avec un détecteur à métaux, ( détecteur alors ? hasard ?) un Britannique a fait une trouvaille extraordinaire : il a déniché une pièce d’or de l’époque romaine, sur laquelle est frappé le visage d’Allectus, un ministre des Finances de l’Angleterre romaine pièce d'or

   Cette pièce vieille de 1700 ans a été authentifiée  par la  » British Muséum  » avant d’être mise en vente aux enchères . Estimée entre 70000 et 110000 euros ,elle aurait été vendue environ 6 fois cette estimation : 620000 euros ! Un record pour une pièce de monnaie ! ( Il faut savoir  qu’il ne resterait que 24 exemplaires de cette pièce dans le monde….)

   Le gars qui a trouvé ce trésor est donc possesseur d’une immense fortune….Mais il a dit ne pas vouloir garder le tout pour lui : Il a déclaré vouloir partager la somme avec le propriètaire du terrain sur lequel il a trouvé la pièce . ! 

Paris insolite…………!


 

Pierres tombales, boulet de canon et Statue de la Liberté : 10 infos que vous ne connaissiez pas sur Paris ! ( En tous cas , moi , je ne savais pas !)

    Vous pensez bien connaître Paris ?

      La capitale cache pourtant des centaines de secrets.  En voici 10. Certains sont sous le nez des prisiens depuis toujours et pourtant ils passent  devant sans même vous en rendre compte. Peut-être que la prochaine fois, ils lèveront  la tête pour observer les détails de la ville Lumière. Si vous avez prévu un voyage pour découvrir la capitale ou si vous souhaitez simplement (re)découvrir la ville, ceci peut être intéressant . Des pavés de Notre-Dame à la Statue de le Liberté en passant par un film Disney : Quelques anecdotes que je ne connais pas sur Paris.

  1 ). Prendre un verre sur des pierres tombales :
    Le 26 rue Chanoisse, juste à côté de Notre-Dame, a une histoire un peu particulière. En effet, la cour de l’immeuble est constituée de… pierres tombales ! Ces dernières appartenaient à des moines enterrés dans l’un des nombreux cimetières de l’Île de la Cité. Quand des grands travaux d’aménagement ont été réalisés au 18ème siècle, les cimetières ont été rasés, mais les Parisiens ont fait des économies en recyclant les pierres tombales. On y trouve maintenant un petit café. Mais la rue Chanoisse abrite bien d’autres secrets. On y trouve par exemple la maison de Racine ou encore celle du poète Joachim du Bellay. Mais aussi une histoire bien plus sombre. Cette rue aurait abrité un barbier et un charcutier peu scrupuleux. Le premier coupait la gorge de ses clients tandis que l’autre les transformait en pâtés.Paris insolite 1

  2) . Souvenirs de la Révolution :
Saviez-vous qu’on peut encore trouver des vestiges de la Bastille ? La célèbre prison qui a marqué la Révolution française est encore présente dans la vie des Parisiens. Il ne reste que les fondations d’une tour, cachées derrière les arbres du square Henri Galli (4ème arrondissement). Ces vestiges ont été redécouverts en 1899 pendant la première vague de construction du métro parisien.

 

3.) Walt Disney à Paris :
   Vous avez déjà vu le film Ratatouille ? Alors vous reconnaîtrez forcément cette boutique. Le plus célèbre dératiseur de Paris a inspiré les studios Disney pour une scène du film. On y voit Rémy qui découvre ce que les hommes sont capables de faire aux rats. Les animaux morts sont les mêmes depuis 1925 ! La boutique est toujours en activité et se trouve dans le quartier des Halles (au cas où vous auriez des problèmes de nuisibles) .Paris insolite 4

4.) Interdit d’interdire :
    Il n’y a aucun panneau STOP à Paris. Jusqu’en 2013, on en trouvait un seul, dans le 16 ème arrondissement, mais il a été retiré. C’est la priorité à droite qui est reine à Paris, ce qui rend plus dur le travail des moniteurs d’auto-école. En septembre 2018, Anne Hidalgo était tombée dans le panneau (c’est le cas de le dire) quand Rémi Perrot lui avait posé la question.Paris insolite 5

5.) Alerte générale à Paris :
   Située au 1 rue Royale, à côté de l’église de la Madeleine, cette affiche est un vestige de la Première Guerre mondiale. Il s’agit d’un avis de mobilisation générale destiné aux soldats et aux nouvelles recrues de l’armée. L’affiche originale était trop abîmée, elle a donc été remplacée par une copie protégée par un cadre du même bleu que celui des uniformes français.Paris insolite 6

6). Un kilomètre à pied, ça use, ça use  lol 
Saviez-vous que le point de départ de toutes les routes de France se trouve… sur le parvis de Notre-Dame ? En effet, juste devant la cathédrale, on trouve une plaque indiquant l’emplacement du kilomètre zéro. Un point qui marque en quelque sorte le centre de la France. Et dire que des millions de touristes marchent dessus sans s’en rendre compte !parvis
7). Quel boulet !
   Sur la façade de la bibliothèque Forney (4ème arrondissement) on peut retrouver… un boulet de canon. Il est arrivé là le 28 juillet 1830 pendant la Révolution de juillet. Les Parisiens ne l’ont jamais décroché et il est donc incrusté dans le mur depuis presque 190 ans !

boulet

 

8) Le mètre de Paris
    À la Révolution, l’Académie des Sciences souhaite imposer un nouveau système de mesure. Jusque-là, on mesurait avec des pieds et des pouces. Mais ce n’était pas assez précis. Avec le mètre, on obtient une mesure beaucoup plus stable. Pour représenter le mètre et que la population l’intègre, l’Académie créée 16 mètres étalons qu’elle disperse dans tout Paris. Celui du 36 de Vaugirard dans le 6ème est le dernier encore à sa place d’origine.mètre Paris

  9). Vieille branche
   À côté de la cathédrale Notre-Dame de Paris, se trouve le plus vieil arbre de la capitale. C’est un Robinier d’Amérique du Nord planté en… 1601 ! Il faisait plus de 15 mètres de haut et en 2010, un banc circulaire a été installé pour le protéger car  » le vieux monsieur » est fragile. Depuis plus de 400 ans, il veille patiemment sur le square Réné-Viviani avec Notre-Dame de Paris comme voisine.

vieille branche

 

  10). Paris – New York en 3 arrêts de métro
Pas besoin d’aller à New York pour voir la Statue de la Liberté. On peut  même faire un   »combo  » en allant rendre visite à celle du pont Grenelle. En effet, derrière elle se trouve la Tour Eiffel. Sinon, on peut aussi en voir une au jardin du Luxembourg. Ces deux statues de la Liberté parisiennes sont en réalité des maquettes tests pour celle de New York.Statue liberté Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’était il y a ….


Environ 203 ans :

  Dans la nuit du 16 juin 1816, les poètes Lord Byron  et Percy Shelley discutent avec leurs compagnes respectives, Claire C. Byron et Mary M.Shelley  , ainsi qu’un ami, le docteur John Polidori Polidori, dans une belle villa des bords du lac Léman, la villa Diodati , près de Genève.
  En raison d’un été exceptionnellement pourri, consécutif à l’éruption du volcan Tambora en Indonésie, cela fait plusieurs jours qu’ils ne peuvent sortir.

   Pour passer le temps, Les jeunes Anglais à la réputation sulfureuse commencent  un concours d’histoires macabres sur une suggestion de Lord Byron :  ( » Nous allons chacun écrire une histoire de fantôme  »).
   C’est alors  que la maîtresse de Shelley, Mary Godwin (19 ans), raconte l’histoire du docteur suisse Victor Frankenstein, qui tenta de créer la vie à l’égal de Dieu.
   À partir de quelques cadavres, Frankenstein crée un monstre de grande taille et lui  » insuffle  »  la vie. Mais sa créature ne tarde pas à échapper à son emprise : Le monstre  lui réclame une compagne. Le docteur ayant refusé , sa créature  se révolte, commet des méfaits et s’enfuit jusqu’au-delà du cercle arctique…

Frankenstein
   L’histoire lui est inspirée par la vie d’un alchimiste allemand du siècle précédent, Konrad Dippel et par les expériences du physicien Luigi Galvani sur la réanimation électrique des cadavres…..Elle prend forme dans les jours qui suivent, après quelques nuits cauchemardesques aggravées par le deuil de la jeune femme, qui a peu avant perdu son bébé.
Elle débouche sur la publication à Londres le 11 mars 1818 de trois petits volumes tirés à 500 exemplaires sous le titre Frankenstein ou le Prométhée moderne.

    Ce roman va inspirer un nouveau genre littéraire, la fiction scientifique, et devenir l’un des grands mythes de l’Occident contemporain et une mine intarissable pour les scénaristes du cinéma .
Moins inspiré par la pluie du lac Léman, Byron livre quant à lui une petite histoire de vampires qu’il réemploiera plus tard dans son poème Mazeppa. Shelley déclare forfait.
Et le plus inattendu est le docteur Polidori,  » souffre-douleur  » de Byron, qui produit une histoire de femme à tête de mort qui va déboucher en 1819 sur le roman Vampire et inspirera beaucoup plus tard, en 1897, à Bram Stoker le roman Dracula, autre mythe moderne. 

   La suite est obscurcie par des drames en série :

     Harriet, la femme légitime de Percy Shelley, se suicide, n’en pouvant plus des frasques de son génie de mari.
   Le poète se remarie avec Mary Godwin fin  novembre 1816 et part avec elle en Italie. Ils ont un deuxième et un troisième enfants qui meurent en bas âge, enfin un quatrième, un garçon, qui seul leur survivra.
   Percy lui , meurt en mer le 8 juillet 1822, à 30 ans, au large de La Spezia. Il est incinéré sur la plage, d’une   » manière très romantique  » , en présence de son ami Lord Byron. Ses cendres seront inhumées à Rome. Lord Byron,  lui, mourra de maladie le 19 avril 1824, à 36 ans, en participant à la défense de Missolonghi, aux côtés des Grecs.
    Mary Shelley décédera beaucoup plus tard, le 1er février 1851, à 54 ans, à Londres, d’une tumeur au cerveau,  laissant en héritage le monstre du docteur Frankestein.

Extraits film :

çà s’est passé il y a environ 148 ans :


  Né à Blois le 7 décembre 1805 ,décédé le 13 Juin 1871, il y a donc 148 ans ,( âgé de 66 ans ) Jean-Eugène Robert-Houdin fut non seulement un amuseur prestigieux, mais également un inventeur dont l’œuvre, quoique inconnue du grand public, est cependant considérable.
   Fils d’un horloger, le jeune Jean-Eugène avait fait ses études au collège de sa ville natale. Féru de mécanique, il s’était pris de passion pour le métier paternel, mais en matière d’horlogerie il avait des idées absolument nouvelles. Il ne rêvait d’abord que d’horloges et de tabatières à musique, alors que l’auteur de ses jours qui avait conçu à son égard d’autres ambitions puisqu’il parlait d’en faire un notaire, l’avait fait entrer comme clerc chez un notaire de la ville.!

  Cependant la mécanique finit par l’emporter sur la  » basoche  » ( Ensemble des clercs des cours de justice qui étaient constitués en associations dont l’origine remonte à Philippe le Bel ), et abandonnant dossiers et  autres corvées  , il partit  tenter fortune. Pourquoi de l’atelier d’horlogerie passa-t-il dans le cabinet d’un escamoteur ? Sans doute, pour gagner sa vie, mais surtout parce que son esprit inventif le déposait particulièrement à la réalisation de trucs   » machinés  » où la mécanique, grâce à lui, allait jouer un rôle primordial.
  Toutefois, ses randonnées à travers la France, la Belgique et l’Angleterre furent assez mouvementées, et ce fut avec un certain soulagement que, lâchant son escamoteur Houdin-Escamoteur (illustration trouvée sur le net )

     qui n’usait que de trucs primitifs tels que gobelets, boîtes à doubles fonds et compères, il s’établit à son propre compte. En 1830, Houdin  arriva à Paris, et s’y fit aussitôt connaître par ses surprenants automates parlants et gesticulants. Il resconstitua  notamment, en effet, Marie-Antoinette au clavecin et le Joueur d’Échecs ! Il en imagina d’autres, tels que l’Écrivain, la Leçon de Serinette, Antonio Diavolo, l’Oranger merveilleux, Auriol et Débriteau, etc.
   En quelques jours s’établit la réputation de Jean-Eugène Robert, car il n’avait pas encore associé au sien le nom de sa femme, afin de se constituer un nom bien spécial. A toutes les Expositions, en 1835, en 1844, 1855 et 1859, il se vit  décerner des médailles d’or et d’argent pour ses inventions qui cependant ne le rendaient pas riche. Bien au contraire, ce fut pour éviter la ruine définitive qu’il dut ouvrir en 1845 son petit théâtre au Palais-Royal, rue de Valois, où il allait faire accourir tout Paris.
   Naturellement, à ses dons prodigieux de mécanicien scientifique, Robert-Houdin joignait pour présenter son spectacle les qualités indispensables de l’escamoteur, c’est-à-dire l’habileté et la dextérité.

     Ainsi la duchesse d’Orléans, en lui annonçant qu’elle lui faisait présent d’un écrin fermé, lui avait demandé d’en faire révéler le contenu par son fils.        Astucieusement,  Robert-Houdin avait pu entrouvrir l’écrin et voir ce qu’il contenait. Sous prétexte d’arranger les cheveux de son enfant, il murmura à voix basse ce qu’il venait de voir, si bien qu’avec assurance, le jeune Houdin répéta aussitôt :  » Il y a dans cet écrin une épingle en or surmontée d’un diamant, autour duquel est un cercle d’émail bleu  » .

  Les Soirées fantastiques de Robert-Houdin connurent de 1845 à 1852 la plus grande vogue, et après avoir cédé son théâtre à son beau-frère Hamilton, il ne songeait plus qu’à se reposer tranquillement dans sa propriété du Prieuré, près de Blois, lorsqu’il dut céder aux sollicitations du gouvernement impérial qui avait décidé de faire appel à lui pour lutter en Algérie contre l’influence des marabouts et des sorciers qui soulevaient les indigènes contre l’autorité française.
   Donc, à Alger, il participait à une grande fête où avaient été contraints d’assister les aghas et les caïds des territoires soumis. Avec sa seule bouteille inépuisable, il avait servi lui-même aux assistants émerveillés cent tasses d’un café délicieux.          Puis, plaçant sous un énorme gobelet un jeune et riche agha, il l’avait escamoté. Terrifiés, les Arabes s’enfuyaient lorsqu’ils avaient aperçu l’escamoté qui revenait tranquillement des coulisses. Cette aventure du  » Maure ressuscité  »fit un tel bruit dans la région, que le prestidigitateur fut prié d’aller opérer dans le Sud, en pleine effervescence.
   Rencontrant dans un village un marabout fameux entre tous, il ne dut qu’à son habileté professionnelle de se tirer d’un fort mauvais pas.  » Choisis une de ces armes  », lui avait dit ce marabout en lui montrant deux pistolets.  » Nous allons les charger et je tirerai sur toi. Tu n’as rien à craindre puisque tu sais parer les coups ! 

     » Pour cela, il me faut être en prières pendant six heures  », avait répliqué Robert-Houdin après être revenu de sa surprise. Demain matin, je braverai tes coups !  »
    Le lendemain matin tout le monde était exact au rendez-vous. En présence de tous les Arabes réunis, le marabout saisit l’un des deux pistolets, et au signal donné par Jean-Eugène Robert-Houdin lui-même, il tira après avoir visé attentivement. Le coup partit et la balle apparut entre les dents du prestidigitateur. Le marabout voulut saisir le second pistolet. Mais, plus rapide, Robert-Houdin s’en empara.
    » Tu n’as pu me blesser ! lui dit-il. Regarde maintenant et vois combien mes coups sont plus redoutables que les tiens.  »  Et pressant la détente, il tira à son tour.Et…à la surprise de tous , sur la muraille blanche de la mosquée, à l’endroit même où la balle venait de frapper, apparut une éclaboussure sanglante. Le marabout se précipita, trempa son doigt dans cette empreinte, le porta à sa bouche pour goûter ! C’était du sang.Houdin-Algerie

    L’impression ,dit on , fut énorme ! Le grand marabout de France avait rallié tous les dissidents à la cause de son pays. Tout simplement, Robert-Houdin avait placé une balle creuse en stéarine dans le premier pistolet, tandis qu’il prenait la balle entre ses dents, et il en avait glissé une autre en stéarine dans le second, mais en ayant eu soin de l’emplir avec du sang extrait de son pouce.
    Robert-Houdin, qui fit le tour du monde avec sa boîte à malice dans ses bagages, rapporte qu’à Rome il stupéfia le Sacré Collège par un tour qui resta célèbre dans les annales papales. Ayant remarqué chez un horloger de la ville où il avait fait quelques achats, une montre particulièrement belle qu’on venait de réparer, il apprit que l’objet appartenait à un cardinal très en vue au Vatican.

    L’ illusionniste en fit faire aussitôt une copie simili-or, fit reproduire sur le boîtier le chiffre du prélat que le modèle comportait, bref, fit donner au faux l’apparence du vrai.
   Muni de cette réplique, il se rendit un soir au Vatican où il allait donner devant Pie VII en personne  (la réputation mondiale de Robert-Houdin autorisait cette exception ) une représentation. Vers la fin de la séance, lorsque l’assistance fut au comble de l’admiration, Houdin demanda qu’on lui prête une montre. Parmi celles qu’on lui tendit, il choisit celle du cardinal qui se trouvait justement à la droite du Saint-Père. Dès lors, ce prince de l’Église passe par des transes bien explicables:
   C’est qu’il voit successivement Robert-Houdin jongler avec sa montre, la laisser choir sur le parquet, finalement la réduire en miettes en la broyant dans un mortier. Le cardinal veut intervenir. Un gros éclat du boîtier sur lequel figure son chiffre a roulé jusqu’à ses pieds. Mais l’illusionniste ne s’émeut pas, reprend ce débris de montre, achève de le briser avec le reste et finalement fait disparaître le tout dans un mouchoir qu’il agite aussitôt après pour montrer qu’il est vide.
  Tout est parti, comme volatilisé. Robert-Houdin est-il devenu fou ?

     Tout le monde se regarde inquiet et Pie VII lui-même, qui souriait, a pris un visage plus grave.  » Et ma montre ? murmure le cardinal interdit. Comment la ferez-vous revenir ?  » Elle est déjà raccommodée, Eminence, dit Robert-Houdin, et elle est placée en lieu sûr.  »  Et se tournant vers le Pape :  » Votre Sainteté sait-elle que la montre se trouve dans la poche de sa robe ?  » Pie VII, incrédule, porte la main au gousset de sa  » douillette  ». La montre s’y trouve effectivement.

  À la minute où le cardinal lui avait confié l’objet, le fameux prestidigitateur avait eu le temps de le faire passer dans la poche du pape et d’exhiber entre le pouce et l’index la montre-copie qu’il cachait dans sa main. L’histoire rapporte que tant d’adresse valut  Robert-Houdin une tabatière ornée de diamants que lui remit la cour pontificale.
  Tel était le génial illusionniste qui cependant a rendu plus de services à la science par ses travaux sur l’électricité et fut un véritable précurseur. En 1851, à l’occasion de la naissance de son fils, il avait entièrement éclairé son parc du Prieuré à l’électricité et des projecteurs illuminaient le village et la plaine.

     A l’Exposition universelle de 1855, il avait présenté une dizaine d’applications de l’électricité à la mécanique et à l’horlogerie. Il avait inventé une nouvelle pile et son répartiteur électrique fut présenté en 1856 à l’Académie des sciences.
    En optométrie (  » branche  » de l’ophtalmologie ) , il étudia et construisit une série d’instruments, comme l’iridoscope, le pupillomètre, l’optomètre, le diopsimètre, le pupilloscope, le dioscope et le rétinoscope qui datent de 1867. Il imagina des régulateurs, des pendules dont l’une, placée sur une maison, à l’entrée du Grand-Pont de Blois, fut longtemps connue sous le nom d’Horloge mystérieuse !
   Retiré au Prieuré, il en poursuivit l’aménagement à sa manière, le peuplant de trucs tels que les portes s’ouvraient toutes seules, les tables se garnissaient d’elles-mêmes, les chaises s’avançaient au devant des visiteurs. Sa  » maison-machine  », comme il l’appelait lui-même, était une véritable demeure de fées. Dans le parc se trouvait un chemin creux. Pour le traverser, le visiteur n’avait qu’à s’asseoir sur un petit banc placé au bord de ce ravin. Il n’était pas plutôt assis qu’il se voyait subitement transporté sur l’autre rive, et dès qu’il avait mis pied à terre, le petit banc retournait de lui-même chercher un autre voyageur.     ( Bien entendu, c’était Robert-Houdin qui réglait lui-même ces transports automatiques et toutes les  » sorcelleries  » de sa mystérieuse demeure )………

Robert-Houdin( Affiche / timbres de l’époque )

 

C’était il y a ….75 ans :


  Le 13 juin 1944, la première fusée V1 (« Vergeltungswaffe » ou arme de la vengeance) s’écrase dans l’estuaire de la Tamise.V1 chute
Les villes britanniques sont une nouvelle fois visées. Il ne s’agit plus comme en 1940, à l’occasion du « Blitz », d’attaques par des vagues de bombardiers. On a affaire cette fois à une arme nouvelle : la bombe volante.

Ultime défi :
Longue de 7,90 mètres, avec une charge de 750 kilogrammes d’explosifs, la V1 est propulsée par un pulso-réacteur mais doit d’abord être catapultée à partir d’une puissante rampe de lancement.
   La fusée quitte sa rampe à environ 250 km/h mais n’atteint sa pleine vitesse (650 km/h) qu’après que son piston de lancement se soit décroché de sous son ventre. Il arrive (assez rarement) que le piston ne se décroche pas et la fusée chute au bout de 500 mètres de vol.
   Ces bombes volantes font leur apparition quelques jours après le débarquement allié du 6 juin en Normandie. C’est pour Hitler une ultime tentative de reprendre la main en terrorisant la population britannique avec des bombardements aveugles.
Les Allemands vont envoyer vers l’Angleterre jusqu’à 250 engins par jour à partir de plusieurs dizaines de rampes installées sur le littoral de la Manche. 70 s’écrasent sur Londres chaque jour, faisant au total, en trois mois, 6 000 tués chez les citadins.
L’aviation britannique éprouve les plus grandes difficultés à intercepter et détruire en vol ces engins.

  Grâce à un résistant français, Michel Hollard,Hollard photo Hollard plaquequi localise les 104 rampes de lancement, l’aviation britannique va pouvoir détruire celles-ci une à une et annihiler ainsi la menace. Les attaques de V1 sur l’Angleterre cessent le 1er septembre 1944.
   Elles reprennent toutefois avec une intensité redoublée sur la Belgique, en voie de libération par les Alliés, du 21 décembre 1944 au 20 janvier 1945, à partir de rampes de lancement situées en territoire allemand.
En définitive, sur un total d’environ 20 000 engins V1 lancées de juin 1944 à janvier 1945, la moitié sont tombées sur les agglomérations d’Anvers et Liège, détruisant ainsi des milliers de maisons et de nombreuses vies.
Deuxième frappe :
  Entretemps, le 8 septembre 1944, de véritables fusées, plus puissantes et à plus long rayon d’action, ont fait leur apparition : les V2 (aussi appelées A4), avec une tonne d’explosifs chacune.V2
   À la différence de leurs rivales V1, ces puissantes fusées à combustible et comburant liquide n’ont pas besoin de rampes de lancement massives et fixes.
Elles sont lancées depuis des installations mobiles légères, ce qui complique leur repérage.V2
   Mais dès 1943, les Allemands ont mis en chantier près de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais, un gigantesque bunker, surnommé la Coupole en raison de sa forme, en vue de stocker, préparer et lancer les V2 destinées à détruire Londres. Le débarquement allié ne leur laissera pas le temps de le mettre en service.
1100 V2 s’écrasent sur Londres jusqu’au 27 mars 1945. Bilan : 2 700 tués. D’autres V2 frappent également la Belgique, en parallèle avec les V1.
Naissance des fusées :
   Les V2 ont été mises au point dans le centre de recherches ultrasecret de Peenemünde, sur l’île d’Usedom, dans la mer Baltique, sous la direction d’un génial ingénieur, Wernher von Braun Von Braun, alors âgé de tout juste 32 ans (il est né le 23 février 1912).
Von Braun a commencé son travail sur les fusées dès 1932 au centre expérimental de Kummersdorf.
   Hitler le remarque et le nomme en 1936, à 24 ans, directeur du centre de Peenemünde dont il vient de décider la création. Le centre, qui va occuper jusqu’à 12 000 personnes, travaille d’abord sur la propulsion à réaction avant d’orienter ses recherches vers les fusées.
Vers la conquête de l’espace
   Quand capitule l’Allemagne nazie, von Braun en est déjà à projeter des fusées intercontinentales capables de frapper les États-Unis ! Il échappe aux Soviétiques et fuit jusqu’en Bavière, où il se rend aux Français. Ceux-ci le livrent aux Américains, trop heureux de leur bonne prise.
  À l’image des autres savants allemands qui ont mis au point les V2, von Braun entre bon gré mal gré au service des vainqueurs. Il poursuit sans état d’âme ses travaux sur les V2 mais cette fois pour le compte de l’armée américaine.
    En 1960,( âgé de 48 ans ) il passe à la NASA et va dès lors accomplir son rêve d’enfant : envoyer des hommes sur la lune ! C’est lui qui dirige en effet le programme Apollo qui va accomplir cet exploit. Wernher Von Braun meurt dans la discrétion le 17 juin 1977  ( à 65 ans ) à Alexandria, en Virginie……..

Encore !! (autiste=> trophée  » élève le plus pénible  » )


  Pendant une fête de fin d’année dans un collège public de la ville de Gary dans l’Indiana, un enseignant a décerné un trophée du «garçon le plus pénible» à un élève autiste de 11 ans. Les autres enfants ont reçu des trophées positifs, comme celui de l’élève «le plus drôle» ou qui a «fait le plus de progrès».

   Le père de l’élève, qui était présent lors de la fête, n’avait pas été prévenu et a été extrêmement choqué. Il raconte à la presse locale qu’il a voulu partir mais qu’il a été rattrapé par l’enseignant en question.

     Ce dernier a dit au père qu’il avait oublié le trophée de son fils et semblait considérer la récompense comme une bonne blague !! Le proviseur du collège avait aussi assisté à la cérémonie. L’enseignant, qui n’a pas été identifié, est pourtant spécialisé dans l’éducation des enfants qui ont des besoins d’apprentissage spécifiques. Pendant l’année, les parents avaient reçu plusieurs appels lorsque le personnel avait du mal à gérer le comportement de l’enfant.

 Sanctions
   Les parents, qui se sont dit soulagés que leur fils n’ait pas pu comprendre le sens de ce trophée, se sont plaints et le district scolaire s’est excusé. La direction a déclaré que l’enseignant ferait l’objet de sanctions, même si celles-ci n’ont pas été précisées.

    «Nous reconnsaissons l’impact potentiel qu’une telle expérience peut avoir sur le bien-être mental d’un enfant, sur sa confiance en soi et sur son niveau de confort dans un environnement d’apprentissage», aurait  déclaré le manager du district scolaire.
  La famille de l’élève avait déjà prévu de déménager dans une autre ville, mais ils espèrent qu’à la suite de cet incident, aucun autre élève ne sera traité de cette façon.

autiste

çà s’est passé un 6 juin ….il y a 75 ans


Impossible de ne pas mettre un semblant de billet sur cet évènement !

Le débarquement de Normandie :


Le 6 juin 1944, à l’aube, une armada de 4266 navires de transport et 722 navires de guerre s’approche des côtes normandes. La flotte transporte plus de 130 000 hommes,  ( Britanniques, Étasuniens ou Canadiens pour la plupart) , plus de 10 000 avions la protègent.
   Baptisée du nom de code Overlord (« suzerain » en français), cette opération aéronavale demeure la plus gigantesque de l’Histoire, remarquable autant par les qualités humaines de ses participants que par les prouesses en matière d’organisation logistique et d’innovation industrielle et technique. Elle était attendue depuis plus d’une année par tous les Européens , sur le continent, luttant contre l’occupation nazie.
Le Débarquement de Normandie ……

Intox
   Au début de l’année 1944, les Soviétiques ont  envahi la Roumanie et la Bulgarie. Pour les Allemands, la défaite n’est plus que l’affaire de quelques mois. L’ouverture du « second front » à l’Ouest doit donc l’accélérer.
  D. Eisenhower et ses adjoints, les généraux américains Omar Bradley et George Patton ainsi que le maréchal britannique Bernard Montgomery, décident de débarquer en Normandie, au sud de la Seine.
   Les plages de sable qui s’étendent entre l’estuaire de la Seine et la presqu’île du Cotentin (plus précisément entre l’Orne, la rivière qui traverse Caen, et la Vire, la rivière qui traverse Saint-Lô) se prêtent à un débarquement rapide et sont moins bien défendues que les ports du nord.
   L’objectif est d’installer une tête de pont sur ces plages puis de s’emparer du port en eau profonde de Cherbourg afin d’intensifier les débarquements d’hommes et de matériels.
  Cependant , d’impressionnantes fortifications parsèment le littoral océanique des Pyrénées à la Norvège. C’est le   » mur de l’Atlantique   ». L’arrière-pays du Cotentin a aussi été inondé par les Allemands dès janvier 1944 et protégé contre d’éventuels atterrissages par des pieux, tranchées, mines etc.
   Hitler lui-même attend avec impatience le débarquement. Il croit pouvoir le repousser aisément et, de la sorte, mettre hors jeu les Anglo-Saxons avant de reporter toutes ses forces contre l’Armée rouge ! Il est convaincu qu’il aura lieu au nord de la Seine, à l’endroit le plus étroit de la Manche et à 300 kilomètres seulement du centre industriel de la Ruhr.
Les Alliés font de leur mieux pour l’en convaincre. Ils montent pour cela l’opération Fortitude (« courage » en français), avec, face au Pas-de-Calais, dans la campagne du Kent, une impressionnante concentration de blindés en baudruche gonflable et d’avions en contreplaqué. Cette intoxication permettra aux Alliés de n’affronter que 17 divisions allemandes sur les 50 présentes dans la région, les autres attendant dans le Nord un deuxième débarquement qui ne viendra jamais.
   Les forces allemandes de Normandie totalisent près de 300 000 hommes. Elles sont placées sous le haut commandement du prestigieux feld-maréchal Erwin Rommel.Rommel
   Comme le temps est mauvais sur la côte normande dans les premiers jours de juin et exclut toute tentative de débarquement, Rommel prend la liberté d’une virée automobile en Allemagne pour fêter l’anniversaire de sa femme. Il n’a pas prévu que le temps allait subitement se mettre au beau dans la nuit du 5 au 6 juin. Cette nuit-là, il n’y a que 50 000 soldats pour faire face à l’armada alliée, dont une moitié de non-Allemands engagés de force et dont la valeur guerrière n’est pas la première qualité.
    Débarquement à haut risque :
   En raison de la tempête qui sévit sur la Manche, Eisenhower a déjà reporté le débarquement du 4 au 6 juin. Le 5 juin, enfin, son service météo lui promet une accalmie de 36 heures et il décide d’engager sans délai l’opération Overlord.
  Vers minuit, trois cents éclaireurs (pathfinders) sont parachutés pour de bon derrière les marais du littoral, sur la presqu’île du Cotentin. Ils balisent les terrains d’atterrissage destinés aux planeurs qui les suivent.
23 500 parachutistes de trois divisions aéroportées (2395 avions et 867 planeurs) sont lâchés derrière les lignes allemandes. Leur mission est de dégager la plage Utah et de couper la route nationale qui relie Caen à Cherbourg à Sainte-Mère-Église.
  Certains parachutistes de la 101e Airborne tombent par erreur au centre du village où ils sont mitraillés par les Allemands avant d’avoir touché terre.
À l’intérieur des terres, les réseaux de résistance s’activent. Ils ont été avertis du débarquement par des messages codés de la radio anglaise, la BBC. Parmi eux deux vers de Verlaine :
« Les sanglots longs des violons de l’automne
Blessent mon coeur d’une langueur monotone ».
Le jour J
  Au matin du Jour J, à 5h30, les avions alliés et des cuirassés bombardent les fortifications des plages et des falaises.
  Une heure plus tard, cinq divisions (deux américaines, deux britanniques et une canadienne) commencent à débarquer sur autant de plages aux noms codés.
  De l’ouest vers l’est, Utah et Omaha (troupes américaines), Gold (troupes britanniques), Juno (troupes canadiennes) et Sword (troupes britanniques et détachement français).
Les hommes progressent sur les plages sous le feu des Allemands qui tirent du haut des blockhaus, ces derniers étant eux-mêmes pilonnés par les cuirassés alliés depuis le large.
  La résistance de la Wehrmacht est rude malgré la médiocrité des troupes, en particulier sur Omaha Beach où les Américains frôlent la catastrophe.
Une tête de pont cher payée
  La chance sourit en définitive aux Alliés. Pendant toute la journée, ils n’ont à affronter que deux avions de chasse allemands. Quant aux redoutables Panzers ou chars d’assaut allemands, ils sont inexplicablement restés en réserve à l’intérieur des terres, mis à part une contre-attaque au petit matin sur Sainte-Mère-Église.
   C’est ainsi qu’à la fin de la journée, malgré les cafouillages et les fautes du commandement, 135 000 hommes ont déjà réussi à poser le pied sur le sol français.
  Les cimetières blancs des falaisescimetierre militaire témoignent encore aujourd’hui du prix de ces actions héroïques, sanglantes et souvent désordonnées.
  Les Américains déplorent 3 400 tués et disparus, les Britanniques 3 000, les Canadiens 335 et les Allemands 4 000 à 9 000. Les trois cinquièmes des pertes alliées se sont produites sur la plage Omaha. Mais, au total, elles s’avèrent beaucoup moins importantes que prévu.
Les bombardements des villes normandes et des noeuds de communication ont par ailleurs causé la mort de 2500 civils.
   Au soir du 6 juin, les Alliés ont finalement réussi à établir une tête de pont sur la côte. Ils peuvent mettre en place toute la logistique indispensable au débarquement de millions d’hommes, en vue d’une offensive de longue haleine…