Les débuts de la télévision


Il y a déjà 97 ans :Le 26 janvier 1926 :

( parceque la télé est pratiquement toujours allumée chez moi ) :

Plusieurs pays et plusieurs chercheurs peuvent légitimement revendiquer la paternité de l’invention de cet objet devenu essentiel de notre quotidien26 janvier 1926 : les débuts de la télévisionL’inventeur écossais John Logie Baird et son premier système de télévision démontré publiquement

     L’idée d’utiliser des ondes pour transmettre des messages est née d’une expérience réalisée par l’allemand Heinrich Hertz

Heinrich Hertz ?

le 15 mars 1888. Hertz cherche alors à confirmer de façon expérimentale les thèses en matière d’électro-magnétisme d’un des physiciens les plus féconds et les plus brillants de l’histoire, à savoir le britannique James Maxwell.

James Maxwell.?

Cependant, commentant le succès de son expérience qui amorce le développement du recours aux ondes  »hertziennes », il répond à l’un de ses étudiants qui l’interroge sur les applications concrètes de ce genre de travaux, qu’il n’y en a aucune… Heureusement, d’autres ne partagent pas ce point de vue et s’appuient sur les théories de Maxwell et les expériences de Hertz pour concevoir des appareils permettant la transmission sur longue distance de sons et d’images.

“John Logie Baird consacre son temps libre à ses recherches sur ce qui est devenu chez lui une obsession : transmettre par des ondes des images animées. Il y parvient le 26 janvier 1926, jour où un petit numéro de marionnettes qu’il assure lui-même est visible dans une pièce située à l’autre bout de son appartement

C’est ainsi que le 26 janvier 1926, l’écossais John Logie Baird

John Logie Baird ?

réussit ce qui est considéré par beaucoup comme la première émission de télévision. Né en 1888, l’année même où Hertz réalise son expérience fondatrice, il reçoit une formation d’ingénieur en électricité. En 1922, après un début de carrière dans l’industrie, il s’établit à son compte, vivant de publications de vulgarisation scientifique et de conseils aux entreprises. John Logie Baird consacre son temps libre à ses recherches sur ce qui est devenu chez lui une obsession : transmettre par des ondes des images animées. Il y parvient le 26 janvier 1926, jour où un petit numéro de marionnettes qu’il assure lui-même est visible dans une pièce située à l’autre bout de son appartement.

Invention finalement française

Très excité par ce premier succès, il améliore son dispositif au point de réussir à transmettre des images de Londres à Glasgow en 1927. S’il réussit en 1929 à intéresser la poste allemande à son invention, il est vite dépassé par d’autres ingénieurs et doit s’effacer, au profit en particulier du français René Barthélémy

René Barthélémy ?

. Celui-ci a un profil proche de celui de John Logie Baird. Il est né en 1889 et est diplômé de l’École supérieure d’électricité (Supélec pour les initiés). Le 14 avril 1931, dans un amphithéâtre de Supélec, porte de Vanves, à la limite entre Paris et Malakoff, il réunit 800 personnes pour assister à ce qu’il annonce comme un événement exceptionnel. Ce jour-là, Suzanne Bridoux,

Suzanne Bridoux ?

sa secrétaire, parle sur un écran installé dans l’amphithéâtre en question. Or, elle est physiquement devant la tour Eiffel. Elle devient ainsi la première speakerine de l’histoire de la télévision. Si des expériences d’émission d’images à longue distance ont déjà eu lieu au Royaume-Uni, elles sont finalement restées plus confidentielles, si bien que c’est le succès de l’opération organisée par Barthélémy qui lance vraiment la télévision, reléguant John Logie Baird dans l’oubli.

C’était un 24 janvier….


Des femmes contre les nazis : se souvenir des résistantes du  »convoi du 24 janvier ‘

Charlotte Delbo, à Auschwitz. Les prisonnières du 24 janvier ont été tatouées par un numéro allant du 31 625 au 31 854, ce qui a donné à leur convoi le nom « des 31 000 ».
à Auschwitz. Les prisonnières du 24 janvier ont été tatouées par un numéro allant du 31 625 au 31 854, ce qui a donné à leur convoi le nom  » des 31 000  »

De tous les convois de la déportation partis de France, un seul emmena des femmes résistantes vers Auschwitz. C’était le 24 janvier 1943, il y a quatre-vingts ans. Parmi les prisonnières, Charlotte Delbo

Charlotte Delbo

, Marie-Claude Vaillant-Couturier

Marie-Claude Vaillant-Couturier

, Danielle Casanova

Danielle Casanova

 » Le matin du 24 janvier 1943, il faisait un froid humide d’Île-de-France, avec un ciel bas et des traînées de brume qui s’effilochaient aux arbres. C’était dimanche et il était tôt. En entrant dans la ville, nous avons vu quelques passants. Les uns promenaient leur chien, les autres se hâtaient. Peut-être allaient-ils à la première messe. Ils regardaient à peine les camions dans lesquels nous étions debout. Nous chantions et nous criions pour les faire au moins tressaillir.  »Nous sommes des Françaises. Des prisonnières politiques. Nous sommes déportées en Allemagne ». »(Ainsi débute  »Le Convoi du 24 janvier  », (livre de Charlotte Delbo , paru en 1965 aux Éditions de Minuit et considéré, à l’instar d’autres de ses ouvrages, comme une pièce majeure de ce qu’il est coutume d’appeler  » la littérature des camps  » ); celle née de l’expérience concentrationnaire nazie, indicible en bien des points mais dont Delbo, comme quelques autres, sut transmettre un peu de la violence inouïe. Et nous dire l’absurdité si savamment conçue, maniée comme arme ultime de la déshumanisation.

Ce 24 janvier 1943, il y a donc exactement quatre-vingts ans , Charlotte Delbo est de celles qui chantent et crient dans un camion, pour faire tressaillir les passants. Elle a 29 ans. Il n’y a pas si longtemps, cette amoureuse des lettres était encore l’assistante de Louis Jouvet

Louis Jouvet

. Mais en septembre 1941, elle a quitté la troupe, en tournée ( et en exil ) en Amérique latine, pour rejoindre son mari à Paris et s’engager auprès de lui dans la Résistance. Tous deux ont été dénoncés. Arrêtés. Georges Dudach a été fusillé au Mont-Valérien. Charlotte vient de passer près de onze mois en détention, à la prison de la Santé puis au fort de Romainville. Ce jour de janvier, avec deux cent vingt-neuf autres femmes, à ( 85 % des résistantes ), elle est déportée vers un camp nazi. En règle générale, c’est à Ravensbrück que les  » politiques  » sont internées. Leur train les mène ailleurs, et c’est en cela qu’il s’inscrira dans l’Histoire : le convoi du 24 janvier fut le seul à conduire des résistantes de France jusqu’à Auschwitz-Birkenau.

À leur arrivée, les prisonnières sont tatouées, leur peau porte un numéro, du 31 625 au 31 854 ; voilà pourquoi certains appellent aussi leur convoi celui  » des 31 000  ». Elles viennent de tous horizons, toutes régions, toutes professions. Souvent jeunes, autour de la trentaine, parfois plus âgées. Parmi elles, d’autres noms que celui de Charlotte Delbo ont traversé le temps : celui de Danielle Casanova, 34 ans au moment de sa déportation, figure des cercles communistes, qui mourra dès le mois de mai du typhus ; la maladie prolifère dans les conditions sanitaires inimaginables des camps et ravage des organismes affaiblis par la faim, le froid et les travaux forcés. Hélène Solomon-Langevin, 33 ans, communiste elle aussi, fille du physicien Paul Langevin, qui fera partie des quarante-neuf survivantes du convoi et deviendra, dès l’automne 1945, l’une des premières femmes députées en France – avant que des soucis de santé, consécutifs à sa déportation, ne l’obligent à s’éloigner. Marie-Claude Vaillant-Couturier, encore, 31 ans en janvier 1943, communiste également, journaliste, photographe, qui sera transférée à Ravensbrück (aux côtés Geneviève de Gaulle-Anthonioz ou Germaine Tillion

Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion ?

seule Hélène Salomon Langevin

Hélène Salomon Langevin ?

, y survivra), puis témoignera au procès historique de Nuremberg et se lancera après-guerre dans une carrière politique, accédant à la vice-présidence de l’Assemblée nationale.

Vie d’avant, vie au camp, vie d’après …….

Celles-ci, et toutes les autres, nourrissent les pages du Convoi du 24 janvier,

le livre

de Charlotte Delbo, renversant de dignité et de force. Le fruit d’une longue enquête, dans les archives et le pays, pour retrouver les traces de chacune d’elles. Un livre comme un mausolée, qui évoque sans commentaire ces existences entravées, pour la plupart anéanties. Mais un livre, aussi, comme une ode à la vie, chacune de ces femmes y étant citée et située le plus précisément possible, date et lieu de naissance, profession quand elles en avaient, enfants, engagement politique ou non ; tableau d’une France incarnée des années 30, 40, 50, qui met la lumière sur celles, anonymes, que les livres d’Histoire ont si souvent ignorées. Et, pour certaines, des témoignages sur la Libération, le retour, la réinsertion pas toujours simple dans un quotidien ordinaire. Vie d’avant, vie au camp, vie d’après.

Charlotte Delbo, ici en 1950, a rendu compte de la vie de ses compagnes de déportation dans « Le Convoi du 24 janvier ».
Charlotte Delbo, ici en 1950, a rendu compte de la vie de ses compagnes de déportation dans  » Le Convoi du 24 janvier  ». Archives privées Dany Delbo

Quand elles avaient pénétré dans l’enceinte d’Auschwitz, après trois jours et trois nuits entassées dans des wagons à bestiaux, les femmes du convoi du 24 janvier avaient chanté la Marseillaise. ‘ Nous avons contourné des baraques, basses, comme enfouies dans la neige : les blocks, écrira encore Charlotte Delbo. Il fallait enjamber des cadavres. Visages tordus, os saillants. On comprenait en les voyant que la mort ici n’était pas douce. La vie non plus en l’attendant.  » Des années plus tard, en 1974, elle sera l’une des toutes premières à contester publiquement les thèses négationnistes de Robert Faurisson.

Robert Faurisson

Se souvenir d’elle et de ses camarades de résistance, auxquelles Aragon

Aragon ?

consacra plusieurs vers de son long poème Le Musée Grévin , c’est rendre hommage à leur courage, historique. C’est aussi saluer toutes les femmes qui se lèvent encore aujourd’hui, et parfois pas si loin de nous, pour combattre l’arbitraire qui tente de les faire taire.

(119 étaient communistes ou proches du PCF. Le convoi incluait aussi des gaullistes, des membres d’autres réseaux et quelques condamnées de droit commun. )

Livre écrit en 1943 sous le nom de François la Colère et publié par les Éditions de Minuit.

Outre  » Le Convoi du 24 janvier, Charlotte Delbo a signé une trilogie sur la déportation: Les livres : Aucun de nous ne reviendra, Une connaissance inutile, Mesure de nos jour

Billet mis parce-que je pense qu’il ne faut pas oublier ……

Louise Michel ( suite)


Ce billet est long , trop long ,mais je voulais en savoir plus sur cette dame . =>> les commentaires ne sont pas nécessaires , je comprendrais , mais surtout pas de LIKE !!!!

Louise Michel, grayscale.jpg

Louise Michel vers 1880.

signature de Louise Michel
Sépulture Louise Michel.jpg

Vue de la sépulture.

Préoccupée très tôt par l’éducation, elle enseigne quelques années avant de se rendre à Paris en 1856. À 26 ans, elle y développe une importante activité littéraire, pédagogique et politique et se lie avec plusieurs personnalités révolutionnaires blanquistes de Paris des années 1860.

En 1871, elle participe activement aux événements de laCommune de Paris autant en première ligne qu’en soutien. S’étant livrée en mai pour faire libérer sa mère, elle est déportée en Nouvelle-Calédonie  où elle se convertit à la pensée anarchiste. Elle revient en Métropole en 1880, et, très populaire, multiplie les manifestations et réunions en faveur des prolétaires. Elle reste surveillée par la police et est emprisonnée à plusieurs reprises, mais poursuit son militantisme politique dans toute la France, jusqu’à sa mort à l’âge de 74 ans à Marseille.

Elle demeure une figure révolutionnaire et anarchiste de premier plan dans l’imaginaire collectif. Première à arborer le  drapeau noir ,

images = premier symbôle de l’anarchisme

elle popularise celui-ci au sein dumouvement libertaire….. 

Le château de Vroncourt. :

Née au château de Vrocourt en Heute-Marne le 29 mai 1830 , Louise Michel, parfois appelée Clémence-Louise Michel, est la fille naturelle  de la servante Marie-Anne Michel et d’un père inconnu, vraisemblablement le fils du châtelain Laurent Demahis. À la suite de sa naissance, Laurent Demahis est éloigné du château, tandis que Louise y est élevée, près de sa mère, et dans la famille des parents de Laurent Demahis, qu’elle appelle ses grands-parents. Jusqu’à ses 20 ans, Louise porte le patronyme de son grand-père Étienne-Charles Demahis (1762-1845), qui fut sous l’Ancien régime avocat au Parlement de Paris  et descendait d’une famille de la  » noblesse de robe  »  (de Mahis) remontant au xviie siècle. Il lui donne le goût d’une culture classique où domine l’héritage des Lumières , notamment Voltaire et J.J Rousseau . Elle reçoit une instruction solide, une éducation libérale et semble avoir été heureuse, faisant preuve, très jeune, d’un tempérament altruiste.

En 1850, la mort des grands-parents Demahis marque la fin de son appartenance au milieu social aisé de ses protecteurs. Dotées par eux d’un petit pécule, Louise et sa mère doivent quitter le château de Vroncourt, mis en vente par la veuve et les enfants légitimes de Laurent Demahis Jusqu’alors connue à Vroncourt comme Mademoiselle Demahis, Louise doit abandonner ce nom pour prendre celui de sa mère.

À partir de 1851, elle poursuit des études à Chaumont ( Haute-Marne ) où elle obtient le brevet de capacité permettant d’exercer la profession de « sous-maîtresse » (on dirait institutrice aujourd’hui). Refusant de prêter serment à Napoléon III ce qui est nécessaire pour être institutrice, en septembre 1852, à 22 ans, elle crée une école libre à Audeloncourt ( Haute-Marne) où elle enseigne durant une année avant de se rendre à Paris. Fin 1854, elle ouvre une école à Clerfmont et n’enseigne, là aussi, que durant une année. Puis en ouvre une àMillières ( Haute-Marne ) en 1855.

À Paris …

Marie Ferré  (1853-1882)

Institutrice écrivaine

En 1856, elle quitte la Haute-Marne pour Paris . Commence alors pour elle une période d’intense activité enseignante, de tentative littéraire et de formation militante.

Pendant les quinze ans qui suivent, elle poursuit avec passion son activité d’enseignante. Elle trouve à son arrivée une place de sous-maîtresse dans le 10e arrondissement,rue du Câteau d’Eau , dans la pension de Madame Voillier, avec laquelle elle entretient des rapports quasi filiaux. En 1865, elle ouvre un externat au 24 rue Houdon , puis un autre cours rue Oudor  en 1868.

Pour préparer les épreuves du baccalauréat , elle suit les cours d’instruction populaire de la rue Hautefeuille , , dirigés par les républicains Jules Favre et Eugène Pelletan  , qui élargissent son horizon politique. De plus, elle écrit des poèmes sous le pseudonyme d’Enjolras , devient sociétaire de l’Union des poètes en 1862, et aurait probablement aimé vivre de sa plume, si les temps le lui avaient permis. Elle entretient une correspondance, commencée en 1850, avec Victor Hugo, l’écrivain et le républicain le plus célèbre et le plus respecté de l’époque, et lui adresse quelques poèmes. Louise est entièrement sous le charme. Elle vient le voir à son retour à Paris après la chute de l’ Empire . Il interviendra pour elle en janvier 1871, la dépeignant telle  » Judith  » la sombre Juive  »  et  » Aria la Romaine  » dans son poème  »Viro Major  », femmes aux destins exceptionnels et tragiques, et la défendra pendant sa déportation. Leur correspondance durera jusqu’en 1879.

Militante révolutionnaire

Progressivement introduite dans les milieux révolutionnaires à la fin de l’Empire, elle rencontre Jules Vallès ,Eugène Varlin ,Raoul Rigault et Emile Eudes , et collabore à des journaux d’opposition comme  Le Cri du peuple

journal  » le cri du peuple  »

En 1869 elle est secrétaire de la Société démocratique de moralisation, ayant pour but d’aider les ouvrières À cette époque, Louise Michel est blanquiste , c’est-à-dire adepte du mouvement révolutionnaire et républicain socialiste fondé par 

Auguste Blanqui ?

En août 1870, à 40 ans, en pleine guerre franco-prusssienne , elle manifeste contre l’arrestation des blanquistes Eudes et Brideau . En septembre, après la chute du Second Empire  , elle participe au Comité de vigilance des citoyennes du 18 ème arrondissement de Paris , dont elle est élue présidente le 1er novembre ; elle rencontre Théophile Ferré frère de Marie Ferré , frère de, dont elle tombe passionnément amoureuse. Dans Paris affamé par le siège , elle crée une cantine  pour ses élèves.

Commune de Paris

Louise Michel en uniforme de fédéré.

Lorsque les manifestations pour créer une Commune  révolutionnaire commencent, en janvier 1871, membre du Comité de vigilance de Montmartre aux côtés de Paule Munck ,Anna Jaclard et Sophie Poirier, Louise Michel est très active. Selon une anecdote fameuse, le 22 janvier 1871, en habit de garde nationale, elle fait feu sur l’ Hotel -de-Ville  lors d’une manifestation réprimée dans le sang par le général Dinoy

Général Dinoy ?

  Propagandiste, garde au 61e bataillon de Montmartre, ambulancière, et combattante, elle anime aussi le Club de la Révolution à l’ église de Saint-Bernard de la Chapelle Les 17 et 18 mars, elle participe activement, armée, à l’ affaire des canons de la garde nationale sur la butte Monmartre . On assiste à d’étonnantes manifestations : femmes, enfants, gardes fédérés entourent les soldats qui fraternisent avec cette foule joyeuse et pacifique. Elle rencontreGeoges Clémenceau  , maire de Montmaartre qui tente alors une médiation. Louise Michel fait alors partie de l’aile révolutionnaire la plus radicale aux côtés des anarchistes, et pense qu’il faut poursuivre l’offensive sur Versailles pour dissoudre le gouvernement d’ Adolphe Thiers , qui n’a alors que peu de troupes. Elle est même volontaire pour se rendre seule à Versailles et tuer Thiers . Elle n’est pas suivie et le projet avorte.

Carton rouge

Le peintre Jules Girardet  a représenté Louise Michel dans deux tableaux : le premier  figure son arrestation le 24 mai 1871. Le deuxième ( est intitulé Louise Michel à Satory ; elle y est présentée haranguant des communards.

En avril-mai, lors des assauts versaillais contre la Commune, elle participe aux batailles de Clamart, Issy-les-Moulineaux et Neuilly. Elle fait partie du 61e bataillon de marche de Montmartre et sert également comme ambulancière. Sa bravoure est mentionnée dans le Journal officiel du 10 avril. Lors de la Semaine sanglante   en mai, elle participe au combat de rue au cimetière de Montmartre  puis sur la barricade de  Clignancourt . Le 24 mai, pour faire libérer sa mère, elle se rend. Louise Michel est détenue au camp de Satory  près de Versailles, puis à la prison des Chantiers  à Versailles et, à partir du 15 juin, à la maison de correction de Versailles. Elle assiste alors aux exécutions et voit mourir ses amis, parmi lesquels son ami Thépholie Ferré  (exécuté avec l’ancien ministre de la Guerre de la Commune, Louis Rossel ), auquel elle fait parvenir un poème d’adieu : Les billets rouges

Le 28 juin, elle est interrogée pour la première fois par le conseil de guerre. Louise Michel déclare devant ses juges :

 » Ce que je réclame de vous, c’est le poteau de Satory où, déjà, sont tombés nos frères ; il faut me retrancher de la société. On vous dit de le faire. Eh bien, on a raison. Puisqu’il semble que tout cœur qui bat pour la liberté n’a droit aujourd’hui qu’à un peu de plomb, j’en réclame ma part, moi !  »

Elle revendique les crimes et délits dont on l’accuse et réclame la mort au tribunal ( » Si vous n’êtes pas des lâches, tuez-moi  ») alors que la plupart des accusés cherchent à sauver leur tête en minimisant leur action. Le lendemain, elle fait la une de tous les journaux En hommage,Victor Hugo   lui dédie un poème intitulé  »Viro Major  », qui jouera un grand rôle dans sa postérité. Le 19 septembre, elle est transférée à la prison d’Arras , où elle écrit une lettre à l’abbé Folley le 13 novembre. Ramenée à Versailles le 29 novembre, elle est condamnée par le conseil de guerre à la déportation à vie dans une enceinte fortifiée le 16 décembre. Elle refuse de faire appel et est transférée à l’abbaye d’Auberive (transformée en prison) le 21 décembre 1871, où elle reste jusqu’au 24 août 1873. C’est le temps où la presse versaillaise la nomme  »la Louve avide de sang  » ou  » la Bonne Louise  ». Elle est également surnommée la  »nouvelle Théroine » ou encore la  » dévote de la révolution  ».

Déportation

Embarquée, à Saint – Martin -Ré sur le Virginie le 9 août 1873 pour être déprtée en Nouvelle-Calédonie , Louise Michel arrive sur l’île après quatre mois de voyage le 8 décembre et est débarquée à la presqu’ile de Ducros  le 13 décembre. À bord, elle fait la connaissance de Henri Rochefort, célèbre polémiste, et de Nathalie Lemel  , elle aussi grande animatrice de la Commune ; c’est sans doute au contact de cette dernière que Louise Michel devient anarchiste . Elle reste sept années en Nouvelle-Calédonie, refusant de bénéficier d’un autre régime que celui des hommes ou d’une grâce individuelle.

Louise Michel à Nouméa.

Le bagne où elle fut enfermée

Elle crée  »le journal Petites Affiches de la Nouvelle-Calédonie  ». Elle apprend une langue kanak  et traduit dans une langue poétique plusieurs des mythes fondateurs des kanak, dont un mythe portant sur le déluge. Elle édite en 1885 Légendes et chansons de gestes canaques  S’intéressant aux langues kanak et, dans sa recherche de ce que pourrait être une langue universelle, à la langue pidgin qu’est le bichelamar  , elle cherche à instruire les autochtones kanak  et, contrairement à certains communards qui s’associent à leur répression, elle prend leur défense lors de leur révolte de 1878  . Elle obtient l’année suivante l’autorisation de s’installer à Nouméa  et de reprendre son métier d’enseignante, d’abord auprès des enfants de déportés (notamment des Algériens de Nouvelle-Calédonie), de gardiens, puis dans les écoles de filles. Elle instruit les kanak adultes le dimanche, inventant toute une pédagogie adaptée à leurs concepts et leur expérience.

Par décision du 8 mai 1879, sa peine est commuée en déportation simple, peine commuée à 10 ans de bannissement  à partir du 3 juin 1879 avant une remise du reste sa peine par décision du 16 décembre 1879.

Clémenceau, qui lui vouait une grande admiration, continuait de lui écrire durant sa déportation et lui adressait des mandats.

Retour en France

De retour à Paris le 9 novembre 1880, après avoir débarqué dans le port de Dieppe  

plaque commémorative près du port de plaisance, quai Henri-IV

elle est chaleureusement accueillie par la foule qui l’acclame aux cris de  »Vive Louise Michel ! Vive la Commune ! À bas les assassins !  ». À Paris, ce sont près de 10 000 personnes qui viennent l’acclamer à la gare Saint-Lazare. Elle y reprend son infatigable activité militante, donnant de nombreuses conférences, intervenant dans les réunions politiques. Deux mois après son retour, elle commence à faire publier sous forme de roman-feuilleton son ouvrage La Misère, qui remporte un vif succès ..

Elle se réclame jusqu’à sa mort du mouvement anarchiste. C’est le 18 mars 1882, lors d’un meeting salle Favié à Paris, que Louise Michel, désirant se dissocier des socialistes autoritaires et parlementaires, se prononce sans ambigüité pour l’adoption du  drapeau noir

par les anarchistes (socialistes libertaires) :  » Plus de drapeau rouge mouillé du sang de nos soldats. J’arborerai le drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions. »

Ce nouvel engagement est bientôt concrétisé par l’action : le 9 mars 1883, elle mène aux Invalides avec Emile Pourgrt , une manifestation au nom des  »sans-travail  » qui dégénère rapidement en pillages de trois boulangeries et en affrontement avec les forces de l’ordre. Louise, qui se rend aux autorités quelques semaines plus tard, est condamnée en juin à six ans de prison assortis de dix années de surveillance de haute police , pour  » excitation au pillage  ». Elle est libérée au bout de trois sur intervention de Clemenceau , pour revoir sa mère sur le point de mourir. Pourtant dès août, elle est de nouveau emprisonnée pour quatre mois à cause d’un discours prononcé en faveur des mineurs deDecazeville , aux côtés de Jules Guesqe , Paul Lafargue et Étienne Susini. Refusant de faire appel, elle est finalement relâchée en novembre à la suite d’une remise de peine  ».

Attentat contre Louise Michel en 1888 ?

En janvier 1887, elle se prononce contre la peine de mort , en réaction à la peine capitale à laquelle vient d’être condamné son ami Duval. Le 22 janvier 1888, après avoir prononcé dans l’après-midi un discours

Théâtre de la Gaité du Havre

au théâtre de la gaité du havre , elle est attaquée dans la soirée à la salle de l’Élysée par le  » chouan  » Pierre Lucas, qui tire sur elle deux coups de pistolet; blessée à la tête, elle refuse de porter plainte contre son agresseur. Une des balles lui érafle le lobe de l’oreille et l’autre se loge dans son crâne ; on ne parvient pas à l’extraire et elle y demeurera jusqu’à la mort de Louise Michel, dix-sept ans plus tard.

Elle est présente aux côtés de charles Malato  le 9 août 1888 au cours d’un meeting en pleine grève des terrassiers au cours duquel Joseph Tortelier

Joseph Tortelier ?

 prend la parole devant 400 personnes :

 » Ce n’est que par la grève universelle  que l’ouvrier créera une société nouvelle, dans laquelle on ne trouvera plus de tyrans.  »

En avril 1890, Louise Michel est arrêtée à la suite d’un discours qu’elle a prononcé à  Saint-Etienne  et en raison de sa participation à un meeting qui a entraîné de violentes manifestations à Vienne. Un mois plus tard, elle refuse sa mise en liberté provisoire, car ses coïnculpés restent en prison. Elle finit par tout casser dans sa cellule, un médecin demande alors son internement comme  » folle  ». Le gouvernement, qui craint l’hostilité de la presse, s’y oppose. Elle a alors 60 ans. Finalement, elle est libérée et quitte Vienne pour Paris le 4 juin. En juillet, Louise se réfugie à londres  où elle gère une école libertaire pendant quelques années. À son retour le 13 novembre 1895, elle est accueillie par une manifestation de sympathie à la gare Saint -Lazare ‘. Résolument antimilitariste, elle ne prend que modérément part à l’agitation provoquée par laffaire Dreyfus : Elle veut protéger le  » frère  » Henri Rochefort .

H.Rochefort ?

polémiste antisémite et résolument anti-dreyfusard.

Louise Michel dans sa maison (vers 1900).

Louise Michel dans sa maison (vers 1900).

Pendant les dix dernières années de sa vie, Louise Michel, devenue une grande figure révolutionnaire et anarchiste, multiplie les conférences à Paris et en province, accompagnées d’actions militantes, et ce, malgré sa fatigue ; en alternance, elle effectue des séjours à Londres en compagnie d’amis. En 1895, elle fonde le journal Le Libertaire  en compagnie de Sébastien Faure . Le 27 juillet 1896, elle assiste à Londres au congrès international socialiste des travailleurs et des chambres syndicales ouvrières. Elle fréquente le cercle anarchiste de Charlott-Street, à Soho, avec Malatesta

Malatesta

, où Sant ferrini fait sa connaissance et elle assiste au procès de l’espion Genno Rubin

Sante ferrini ?

 en mai 1902.

Quelques mois avant sa mort, d’octobre à décembre 1904, Louise Michel alors âgée de 74 ans, se rend en Algérie avec Ernest Girault  pour une tournée de conférences.

Après une série de conférences données dans les Alpes, elle prend froid à Sisteron , ce qui aggrave labronchite chhronique  dont elle souffre depuis des années. Le Dr Berthelot de,Toulon   juge son état alarmant et le Dr Dufour de Marseille conclut à une pneumonie . Elle meurt, le 9 janvier 1905, à Marseille à l’hôtel de l’Oasis au boulevard Dugommier. Le matin du 22 janvier, ses funérailles drainent à Paris une foule de plusieurs milliers de personnes. Elle est inhumée au cimetière de Levalois – Perret  

cimetière de Levallois-Perret ?

Considérée comme une pionnière du féminisme, elle écrit dans ses Mémoires :

‘ La question des femmes est, surtout à l’heure actuelle, inséparable de la question de l’humanité.  »
 » Les femmes, surtout, sont le bétail humain qu’on écrase et qu’on vend  », avant de lancer :  » Notre place dans l’humanité ne doit pas être mendiée, mais prise.  »

Ses positions sur les relations hommes/femmes sont connues :

 »Si l’égalité entre les deux sexes était reconnue, ce serait une fameuse brèche dans la bêtise humaine. En attendant, la femme est toujours, comme le disait le vieuxMolière , le potage de l’homme. Le sexe fort descend jusqu’à flatter l’autre en le qualifiant de beau sexe. Il y a fichtre longtemps que nous avons fait justice de cette force-là, et nous sommes pas mal de révoltées ne comprenant pas qu’on s’occupe davantage des sexes que de la couleur de la peau. Jamais je n’ai compris qu’il y eût un sexe pour lequel on cherchât à atrophier l’intelligence. »

Sur la prostitution , ses propos sont sans ambiguïté :

 »Il y a entre les propriétaires des maisons de prostitution échange de femmes, comme il y a échange de chevaux ou de bœufs entre agriculteurs ; ce sont des troupeaux, le bétail humain est celui qui rapporte le plus. …Si les grands négociants des marchés de femmes qui parcourent l’Europe pour leur négoce, étaient chacun au bout d’une corde, ce n’est pas moi qui irais la couper. Est-ce qu’il n’y a pas des marchés où l’on vend, dans la rue, aux étalages des trottoirs, les belles filles du peuple, tandis que lesfilles des riches sont vendues pour leur dot ? L’une, la prend qui veut ; l’autre, on la donne à qui on veut. La prostitution est la même … Esclave est le prolétaire, esclave entre tous est la femme du prolétaire. »

funérailles de L.Michel ?

Louise Michel et la franc-maçonnerie

Lors de ses funérailles, de nombreux orateurs prennent la parole et, parmi eux, le vénérable de la loge  » Fraternité Universelle  » de l’obédience maçonnique  » Grande Loge symbolique écosaise mixe et maintenue  » . Selon Jean Mitron ,  » des insignes ou emblèmes maçonniques ayant été déposés sur le cercueil, les organisateurs des obsèques firent remarquer que Louise Michel n’appartenait à aucune association  »

En fait, le 20 juillet 1904, sur proposition deMadeleine Pelletier ( qui selon Grançoise Hecque Madeleine Pelletie,  » revendique l’honneur d’avoir amené Louise Michel en franc-maçonnerie  »), Louise Michel est invitée à la loge  » Fraternité Universelle  », pour y prononcer une conférence de réception. Lors de cette réunion, elle est cooptée, les membres de la loge s’estimant honorés par son acquiescement à leur offre d’adhésion. Cette date ne doit pas être confondue, comme le fait André Combes avec celle de son initiation qui a lieu quelques semaines plus tard : le 13 septembre 1904 à la loge no 3  » La Philosophie sociale  » de la même obédience, une loge qui admettait les femmes. Elle est initiée en même temps que Charlotte Vauvelle (son amie et compagne depuis 1895) et Henri Jacob. Le lendemain de cette initiation, le 14 septembre 1904, Louise Michel tient une conférence devant la loge  » Diderot  » de la même obédience, sur le thème  »La femme et la franc-maçonnerie  », qui commence par ces mots :  » Il y a longtemps que j’aurais été des vôtres si j’eusse connu l’existence de loges mixtes, mais je croyais que, pour entrer dans un milieu maçonnique, il fallait être un homme.  » Elle y déclare aussi :  » Le pouvoir abêtit les hommes ; aussi devons-nous non point le conquérir et nous l’arracher entre hommes et femmes, mais l’éliminer de la société en faisant de celle-ci une grande famille libre, égalitaire et fraternelle, selon la belle devise maçonnique.  » Et ceci, sur la Commune :  » Les hommes de la Commune étaient individuellement énergiques, d’une grande valeur. Membres de la Commune, ils ne furent pas à la hauteur de leur tâche.  » Ses propos sont rapportés par le bulletin de la Grande Loge.

Drapeau annarchiste ….actuel

C’était il y a environ 190 ans :


Le 25 octobre 1836

Érection de l’obélisque de la Concorde

Le 25 octobre 1836, est érigé à Paris, sur la place de la Concorde, un obélisque en provenance du temple pharaonique de Louqsor (Égypte) et vieux d’environ 4 000 ans (on peut le considérer comme  » le plus ancien monument de Paris  »).

édification de l’Obélisque ?

Cadeau de roi

L’obélisque est le deuxième cadeau diplomatique du  »wali  » ( = vice-roi d’Égypte) Méhémet Ali à la France. Le 9 juillet 1827, sous le règne de Charles X , Paris avait déjà accueilli un girafon répondant au  » doux nom » de Zarafa, premier animal de son espèce à fouler le sol français.

Reprenant une tradition bimillénaire inaugurée à Rome par l’empereur Auguste, qu’on peut qualifier de mécène, qui eut le premier l’idée d’utiliser les obélisques égyptiens comme décor urbain, le wali propose à la France et à l’Angleterre de leur faire cadeau des deux obélisques d’Alexandrie en remerciement de leur contribution à la modernisation du pays. Mais en connaisseur avisé, l’égyptologue Jean-François Champollion  

Champollion ?

lui suggère d’offrir plutôt à la France les deux obélisques de Louqsor.

Ces deux obélisques ont été édifiés à l’entrée du temple de Louqsor (ou Louxor) au XIIIe siècle av. J.-C. par Ramsès II. Il était habituel en effet que les pharaons fassent ériger à l’entrée de leurs temples, deux obélisques sur lesquels étaient gravés leurs exploits et leurs hommages aux dieux, en premier lieu Amon, dieu du soleil. Ces monuments, qui figurent un rayon de soleil pétrifié, sont le point de contact entre le monde des dieux et celui des hommes.

Sculpté dans un monolithe de granit, l’obélisque occidental, celui qui fut choisi pour être le premier transporté à Paris, mesure 22,84 mètres et pèse près de 230 tonnes.

Exploit technique

Pas moins de sept ans furent nécessaires pour le démonter  et le transporter en bateau, d’une traite, de Louqsor au quai de la Concorde, au centre de Paris… sans le briser. Ces opérations, que beaucoup pensaient impossibles à l’époque, sont conduites à bras d’hommes et avec de simples machines à poulies.

Faute de bois et d’ateliers en Égypte, ces machines furent construites en France, sur les plans de l’ingénieur de marine Apollinaire Lebas

Apollinaire Lebas ?

, et remontées sur place. Elles permettent de coucher l’obélisque puis de le faire glisser sur quatre cents mètres jusqu’au Nil. Là, l’obélisque est chargé sur le Luxor.

Ce navire de transport a été aussi construit en France, à Toulon. Il a un fond plat, un faible tirant d’eau et cinq quilles pour supporter la haute mer, ainsi que trois mâts démontables pour pouvoir passer sous les ponts de la Seine. Sa poupe détachable permet de charger le monolithe par l’arrière.

Commandé par le lieutenant de vaisseau Raymond de Verminac Saint-Maur, assisté du polytechnicien Léon de Joannis, qui va  » croquer  » sur ses carnets toutes les étapes  de l’expédition, le Luxor descend le Nil sur 750 kilomètres, jusqu’à son embouchure. On doit arroser régulièrement la coque et les mâts pour éviter que le bois n’éclate sous l’effet de la chaleur ! 

Enfin, le 2 janvier 1833, à Alexandrie, le navire de transport est arrimé au Sphynx, la première corvette à vapeur de la marine française, qui va le remorquer à travers la Méditerranée jusqu’à Toulon puis de là jusqu’au Havre à travers le détroit de Gibraltar et l’océan Atlantique. Sur la Seine, le Luxor est halé par un équipage de vingt-huit chevaux jusqu’à Paris. 

L'obelisque de la Concorde, carte postale, 1917.La presse a suivi pas à pas les travaux et le voyage. Le plus difficile reste à faire : il faut décider de l’endroit où l’ériger ! La polémique fait rage. Certains penchent pour la place de la Bastille, d’autres pour le Louvre, d’autres encore pour le pont Neuf, au milieu de la Seine... Finalement, le nouveau roi louis-Philippe 1er , dans un souci d’apaisement, tranche en faveur de la place de la Concorde. 

Conçue en 1763 par l’architecte Anne-Jacques Gabriel dans le prolongement du Louvre et des Tuileries, sous le nom de place Louis XV, cette place a d’abord servi d’écrin à la statue du roi. Rebaptisée place de la Révolution sous la Convention, en 1792, elle a accueilli la guillotine et vu l’exécution de Louis XVI. Après la Terreur, elle a pris son nom actuel, plus consensuel, de place de la Concorde. L’obélisque consacre sa réhabilitation.

Le jour venu, l’érection se déroule sous les yeux d’une foule ébahie ( environ 200 000 personnes ) et du roi en personne, au balcon de l’hôtel de la Marine. Après trois heures de tension et de silence respectueux, sous la direction d’Apollinaire Lebas, l’obélisque est enfin dressé. C’est alors l’explosion de joie tandis que cent musiciens interprètent les Mystères d’Isis de Mozart.

Il est à noter que les difficultés de l’opération dissuadèrent les Français d’aller chercher aussi le deuxième obélisque. Ne nous en plaignons pas. Il honore comme il se doit le temple auquel il est consacré. Quant aux Anglais, ils ont aussi renoncé à l’obélisque de Karnak, encore plus grand, qui leur avait été offert.

voyage de l’obélisque .

La place de la Concorde :


D’OÙ VIENT LE NOM DE LA PLACE DE LA CONCORDE ?

La place de la Concorde ?

Elle est célèbre pour son , obélisque égyptien les magnifiques palais qui la bordent et bien sûr son impressionnante perspective sur les Champs- Elysées : La Concorde est définitivement l’une desplus belles places de Paris  ! Mais d’où vient son nom, synonyme de paix et de bonne entente ?

UNE ORIGINE ROYALE

C’est sous le règne de Louis XV

Loui XV ?

que tout commence . Alors que le roi vient de frôler la mort à cause d’une grave maladie, on souhaite célébrer son rétablissement en faisant construire une grande statue équestre à son effigie. Construite par Bourchardon

Bouchardon ?

et Pigalle

Pigalle ?

, elle est inaugurée le 20 juin 1763 sur  »l’esplanade du Pont-Tournant », ancien port aux marbres de Paris, qui se trouve au bout duj ardin des Tuileries. Quelques années plus tard, cette place sera donc tout simplement baptisée place Louis XV.

Place Louis XV (place de la Concorde)
Projet d’Ange-Jacques Gabriel pour la place Louis XV (1758)

LE CALME APRÈS LA TEMPÊTE :

Mais à la Révolution , la statue du roi est remplacée par une statue de la liberté et une guillotine : la Place Louis XV devient alors la place de la Révolution. C’est ici que tomberont les têtes de Louis XVI, Marie-Antoinette, Lavoisier, Danton, Robespierre … et plus de 1110 autres ! C’est pourquoi le 25 octobre 1795, quand la frénésie de la Grande Terreur  se calme, le gouvernement du Directoire décide de renommer l’endroit place de la Concorde, en signe d’apaisement et de réconciliation après ce traumatisant épisode sanglant de la Terreur…

Statue de la Liberté et guillotine place de la Révolution
Statue de la Liberté et guillotine place de la Révolution (1793)

UN MONUMENT HISTORIQUE

Mais l’histoire ne s’arrête pas là puisque pendant la Restauration, Charles X

Charles X ?

change ce nom en place Louis XVI en hommage à son frère décapité. Il faudra attendre la Révolution de juillet 1830 pour qu’elle redevienne place de la Concorde. L’obélisque y est enfin ajouté, ainsi que deux superbes fontaines en fonte de fer faisant face à l’Hôtel de la Marine  et illustrant la navigation française. La place de la Concorde est aujourd’hui la plus grande place de Paris, mais, c’est aussi et surtout l’un des plus grands témoins de son histoire !

Place de la Concorde dans les années 1890

Il y a environ 74 ans……….


….le 20 janvier 1949

Émergence ( apparition du mot » sous-développement  »

Le 20 janvier 1949, le président des États-Unis Harry S.Truman 

H.Truman ?

prononce le discours d’investiture de son deuxième mandat à la Maison Blanche. À cette occasion, il désigne du doigt la grande pauvreté qui affecte la moitié de l’humanité.

Dans son discours, il déclare :  » Il nous faut lancer un nouveau programme qui soit audacieux et qui mette les avantages de notre avance scientifique et de notre progrès industriel au service de l’amélioration et de la croissance des régions sous-développées. Plus de la moitié des gens dans le monde vit dans des conditions voisines de la misère. Ils n’ont pas assez à manger. Ils sont victimes de maladies. Leur pauvreté constitue un handicap et une menace, tant pour eux que pour les régions les plus prospères. »

C’est la première fois qu’est employée l’expression  » sous-développé  » à propos des pays qui n’ont pas encore atteint le stade industriel. Elle  »fait florès  » ( Obtient des succès.) de même que l’expression  » tiers monde  » inventée peu après, en 1952, par le démographe Alfred Sauvy

Alfred Sauvy ?

.

Le discours de Truman entraine en juin 1950 la signature de lAct for International Development (AIDProgramme pour le Développement International).

Second discours de Truman en 1949.

Une vision économétrique du monde

Pour les Américains et plus largement les Occidentaux, le combat contre le  » sous-développement  » va prendre le relais de la  » mission civilisatrice  » du temps des colonies comme nouvel objectif messianique. Dans le demi-siècle qui va suivre, il va devenir habituel de ne plus considérer les nations et les peuples dans leur diversité culturelle, sociale et humaine mais seulement de les répartir entre  » pays sous-développés  » et  » pays développés  » en fonction du  » produit intérieur brut par habitant  » (PIB/habitant). C’est le triomphe de l’économétrie (une vision comptable et mathématique de l’économie).

La prise de conscience du  » sous-développement  » conduit les pays riches et puissants (généralement occidentaux) à développer des réseaux d’aide financière et de coopération technique en direction des pays pauvres. À l’aide publique s’ajoute dans les années 1990 l’aide caritative des  » organisations non gouvernementales  » (ONG) comme ACF, MSF… L’absence de contrôle et la corruption altère considérablement l’efficacité de cette aide  tant publique que privée.

Au début du XXIe siècle, l’aide internationale apparaît même comme un facteur d’aggravation du sous-développent et de la misère . !?

Des indicateurs plus fiables

L’évaluation comptable du sous-développement d’après le seul PIB/habitant se révèle être  » un trompe-l’oeil  ».

Des régimes archaïques enrichis par les redevances de quelques compagnies pétrolières ou minières (Arabie, Gabon, Algérie…) font figure de pays riches alors que les conditions de vie de la plus grande partie des habitants (mortalité infantile, alphabétisation des femmes…) s’avèrent médiocres. À l’opposé, des pays ou des régions très pauvres, si l’on s’en tient à leur PIB/habitant, comme l’État du Kerala, en Inde du sud, assurent à leurs habitants un cadre de vie relativement sain et équilibré en comparaison de leurs voisins.

Enfin, des pays dont la situation paraissait désespérée au milieu du XXe siècle sortent à grands pas du  » sous-développement  » et entrent dans le  » club des pays riches  » . C’est le cas des régions riveraines de la mer de Chine. A l’inverse , l’Afrique subsaharienne , qui paraissait promise à un rapide développement en 1960 du fait des immenses ressources du sol et du sous-sol, peine à se libérer de ses démons.

Dans les années 1990, les institutions internationales ont lancé un nouvel indicateur pour mieux prendre en compte cette hétérogénéité : le  » développement humain  » ou IDH (indicateur de développement humain). Il prend en compte le PIB/habitant mais aussi le taux d’alphabétisation et la mortalité infantile (celle-ci est à la fois représentative du niveau d’équipement sanitaire du pays et du degré d’émancipation des femmes).

C’était il y a environ……


…….89 ans :

9 janvier 1934

L’affaire Stavisky :

Le 9 janvier 1934, les Français apprennent la mort par balle de l’escroc Alexandre Stavisky ( 48 ans ), dit le  » Beau Sacha  »  . Ils apprennent par la même occasion qu’il a compromis des élus dans ses combines financières. C’est le début d’une violente campagne antiparlementaire qui va mettre en péril la République…

Une mort suspecte… Le cadavre de l’homme qui était recherché par la police suite à un détournement de fonds au Crédit municipal de Bayonne est retrouvé dans un chalet de Chamonix.

Apparemment il s’agit d’un suicide mais l’opinion publique soupçonne aussitôt des hommes politiques d’avoir fait assassiner l’escroc pour l’empêcher de dénoncer ses complices.

Le scandale Stavisky est peu de chose comparé à celui de Panama ou à ceux des vingt dernières années (écoutes téléphoniques, Crédit Lyonnais, Elf…).

Bien qu’il ne mette en cause ni un président de la République, ni même un quelconque ministre mais seulement une demi-douzaine de politiciens de second rang qui se sont compromis avec Stavisky dans le trafic d’influence. Son retentissement n’en est pas moins immense.

Désenchantement

C’est qu’après les années d’espoir qui ont suivi l’hécatombe de 1914-1918, la France est affectée par une crise à la fois économique et politique.

La mort de Stavisky met brutalement à jour toutes les rancoeurs. Les xénophobes s’en prennent à une politique de naturalisation trop laxiste (Stavisky est un juif d’origine russe). L’Action française royaliste, les ligues populistes de droite et les communistes dénoncent à l’envi la décadence de la IIIe République.

L’indignation populaire entraîne la chute du gouvernement radical-socialiste. Édouard Daladier

remplace Camille Chautemp

s à la présidence du Conseil. Il destitue aussitôt le préfet de police Chiappe, suspect de sympathie avec les ligues de droite.

Le 6 février 1934, Édouard Daladier présente à l’Assemblée nationale le nouveau gouvernement. Dans le même temps, une grande manifestation  est organisée à Paris, place de la Concorde, à l’appel des ligues, de l’association d’anciens combattants Les Croix de Feu ainsi que de mouvements communistes, sur le thème :  »A bas les voleurs ! »

La manifestation dégénère. La police tire. Seize manifestants et un policier sont tués. On compte un millier de blessés.

Trois jours plus tard, une  »contre-manifestation  » dégénère à son tour et fait 9 morts. Edouard Daladier doit céder la place à Gaston Doumergue

à la tête du gouvernement.

Non sans mauvaise foi, la gauche parlementaire dénonce dans la manifestation du 6 février une tentative de coup d’État fasciste. Elle appelle au rassemblement des forces progressistes.

Par ricochet, l’affaire Stavisky va ainsi contribuer à la vitoire du Front Ppulaire  de Léon Blum aux élections législatives de 1936…..

Covoiturage …..( introduction )


La covoitureuse voulait se rendre à Thénac en Charente-Maritime,………

……sa conductrice l’abandonne près de Thénac en Dordogne

SUR LA ROUTE Cette jeune femme de 22 ans, partie d’Annecy pour se rendre en Charente-Maritime, n’oubliera pas de sitôt son covoiturage après avoir été lâchée au bord de la route en Dordogne .

Illustration covoiturage.
Illustration covoiturage.

La covoitureuse voulait se rendre à Thénac en Charente-Maritime, sa conductrice l’abandonne près de Thénac en Dordogne

Elle a très vite senti que ce covoiturage  ne se déroulerait pas normalement. Mais pas qu’elle allait dans la mauvaise direction. Une covoitureuse de 22 ans a vécu un véritable périple, alors qu’elle voulait rejoindre, la veille du réveillon de Noël , sa famille à Thénac en Charente-Maritime. 

Juliette, partie le 23 décembre d’Annecy pour se rendre en Charente-Maritime, s’est retrouvée abandonnée en rase campagne par sa conductrice en… Dordogne.

 » Elle nous a regardés et nous a dit tant pis pour nous…  »

Tout commence mal, puisqu’entre un passager pris sur la route manifestement ivre, excès de vitesse de la conductrice, et insultes qui fusent, Juliette se sent rapidement en insécurité dans l’habitacle. C’est lorsque la nuit tombe que la conductrice comprend qu’elle ne se rend pas au même Thénac que Juliette… Puisqu’elle va en Dordogne.  » Elle nous a regardés et nous a dit que peu importe, elle allait à ce Thénac-là, point. Tant pis pour nous  » raconte Juliette .

La jeune femme demande alors à descendre de voiture, et se retrouve abandonnée au bord de la route. Elle attendra deux heures qu’un taxi vienne la chercher, pour finalement passer la nuit dans un hôtel à Bergerac , avant de trouver un train qui l’achemine bien jusqu’à Thénac en Charente-Maritime, le lendemain.

La covoitureuse indique avoir fait un signalement de la conductrice sur le site de covoiturage, et devrait se faire rembourser son voyage.

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Le covoiturage : qu’est ce que c’est ,d’où  » çà vient  » ,à quoi çà sert ?

Le covoiturage (en anglais : carpooling) est l’utilisation conjointe et organisée (à la différence de l’auto-stop )

Le covoiturage (en anglais : carpooling) est l’utilisation conjointe et organisée (à la différence de l’auto-stop

) d’une automobile , par un conducteur non professionnel et un ou plusieurs tiers passagers, dans le but d’effectuer un trajet commun.

Il procure des avantages individuels (partager les dépenses de carburant et de maintenance, agrémenter les voyages, développer le lien social) et collectifs (augmenter le taux de remplissage des véhicules, diminuer les embouteillages et la pollution ).

En France, le covoiturage est indemnisé dans la limite du barème fiscal kilométrique, ce qui permet au plus grand nombre de se déplacer. Le conducteur ne doit donc pas faire de bénéfices (l’argent qu’il reçoit doit correspondre au partage des frais liés au trajet). Il dépend de la motivation des particuliers et repose en grande partie sur un principe collaboratif d’auto-organisation  mais peut être encouragé, coorganisé ou aidé par des collectivités ou entreprises qui y trouvent divers bénéfices. Le mot ne fait son apparition dans la loi qu’à partir de 2015.

Panneaux de covoiturage :

Principe :

Contrairement au taxi  où le passager choisit la destination, en covoiturage, c’est le conducteur qui offre de partager son véhicule, éventuellement gratuitement et fixe le trajet.

Un conducteur propose aux passagers de les transporter dans sa voiture pour un trajet (ou une portion de trajet) qu’il doit lui-même effectuer, et donc à la date et à l’heure qu’il a décidées. Généralement, le lieu de départ, déterminé à l’avance, est le même pour tout le monde. À l’arrivée, le conducteur dépose les passagers là où lui-même s’arrête, ou bien à l’endroit que chacun souhaite, en évitant de faire un grand détour. Il peut alors laisser ses passagers par exemple à proximité d’un transport en commun 

ou bien là où un membre de la famille ou un ami pourront les prendre en charge.

Le conducteur peut demander à ce qu’un des passagers le remplace au volant afin qu’il puisse se reposer un peu.

Le partage des frais est laissé à l’appréciation du conducteur. La formule la plus classique consiste à diviser le coût du carburant et des péages éventuels par le nombre de personnes. Les frais généraux tels que ceux d’entretien ou d’assurance peuvent être inclus dans le calcul du coût du trajet.

Le conducteur est  »tenu » de ne pas faire de bénéfice, en particulier pour ne pas enfreindre la loi. Certains demandent cependant une participation forfaitaire quel que soit le nombre de passagers.Cependant , il existe néanmoins aussi des sites web et applis mobiles de covoiturage totalement gratuits, sans contribution financière. Enfin, en 2016, au Luxembourg, est apparue une appli mobile de covoiturage originale, car basée sur l’échange mutuel de service entre un chauffeur, piéton mais apte à conduire, et un possesseur de véhicule qui ne veut ou ne peut pas conduire à l’instant du trajet.

Histoire :

Le partage d’un véhicule est une tradition plus ou moins ancrée selon les régions du monde , souvent associée à un besoin de voyager en dépensant moins, et qui présente l’avantage de moins encombrer la chaussée dans les régions densément peuplées.

L’augmentation du nombre de passagers par véhicule peut assurer le transport de milliers de personnes supplémentaires tout en décongestionnant le réseau routier. La plupart des véhicules circulent avec trois ou quatre places libres. Une des solutions possibles est d’encourager les migrants journaliers à pratiquer le covoiturage…

Le covoiturage est né de dynamiques d’organisation de l’auto-stop dans les années 1950, par des associations allemandes (Mitfahrzentrale) ou telles que  »Taxistop » en Belgique,  »Allostop » créée en France  en 1958 et Allo-Stop au Canada. Le mot  » covoiturage  » est récent (1989). Depuis les années 1980 , il représente une alternative de transport reconnue, qui s’étend dans le monde occidental. Internet  a beaucoup contribué à l’émergence de cette pratique de transport en facilitant les contacts entre conducteurs et passagers.

Plusieurs pays s’inscrivent déjà dans la vague du covoiturage en mettant en place des aires de stationnement servant de points de chute, des voies réservées en cas d’embouteillage, etc. Au Canada par exemple, toutes les autoroutes importantes autour des agglomérations comme Montréal ,Toronto ou Vancouver   ont desvoies réservées aux véhicules à occupation multiple  (VOM), ce qui accélère grandement l’accès au centre-ville. Aux Pays-Bas, il existe des  » lifters plaats  » qui consistent en un trottoir d’environ un kilomètre à l’entrée des autoroutes. Ces trottoirs sécurisent les adeptes et servent autant aux covoitureurs qu’aux auto-stoppeurs .

Hormis le transport entre personnes se connaissant (forcément assez limité), le covoiturage ne peut fonctionner que si un système manuel (association, centre d’appels, petites annonces, annonce radio, etc.) ou automatisé (site internet, » babillards » ?, échange de courriels ou de SMS, etc.), ou les deux, aide à mettre en relation conducteurs et passagers.

Beaucoup de sites Internet permettent la proposition et la demande de covoiturages, qu’ils soient réguliers ou ponctuels, de proximité ou de longue distance. Dans ce dernier cas, certains sites offrent des moteurs de recherche en ligne pour le covoiturage, ce qui permet de calculer les trajets et les meilleures possibilités pour le conducteur et le passager. Ces services de  » babillard  »  pour le covoiturage sont souvent gratuits et faciles à utiliser.

En France, le covoiturage se développe beaucoup même s’il représentait moins de 1 % en 2008. Certaines difficultés juridiques freinent son développement. En 2009, la pratique du covoiturage suscite un réel engouement en France, grâce à son prix modeste et en raison des préoccupations environnementales des usagers et du développement d’Internet.

En juillet 2008, en Ontario, une compagnie de bus locale, , tenta d’interdire les activités de  » PickupPal  »  pour cause de concurrence déloyale. Le 6 novembre 2008, l’autorité responsable, le Ontario Highway Transportation Board (OHTB) leur donna raison. Devant la pression des utilisateurs, la législation fut cependant modifiée peu après pour élargir le concept de covoiturage.

Aux États-Unis,Robin Chase  , fondatrice de  »Goloco », site de covoiturage américain, a été citée parmi les 100 personnes les plus influentes de la Planète par le magazine Time  en 2009.

Perspectives de développement

Selon Stéphanie Vincent , le covoiturage est encore (2008) au début d’une  » courbe d’innovation  » ;  » dans une phase d’imitation, celle durant laquelle  » des essaims d’imitateurs qui reproduisent et aménagent les innovations, créant des grappes d’innovations secondaires  » . Un souhait de convivialité et les longues distances à parcourir, ainsi que l’augmentation du prix du carburant, incitent les gens à covoiturer cependant une  » barrière psychologique  » existe et reste un des freins importants au développement du covoiturage en Europe ». En 2000, le Centre d’études sur les réseaux,les transports,l’urbanisme et les costructions publiques, en France, constatait que  »certains acteurs du transport urbain prétendent que notre culture est différente au point d’engendrer des freins psychologiques assez puissants pour que le public n’adhère pas à ces pratiques malgré leurs intérêts individuels et collectifs. Pourtant, rien ne s’oppose à ce qu’on obtienne des résultats satisfaisants en France où ces systèmes n’ont à ce jour pas encore émergé  ».

Plusieurs actions peuvent encore accélérer le développement du covoiturage :

  • Dynamique territoriale ,Améliorer l’échange d’information,Cartographie des aires de covoiturage,Privilèges spécifiques voitures à plusieurs passagers = créer à l’entrée des villes des voies de circulation réservées aux voitures avec plusieurs passagers et des parcs automobiles aux abords des centres-villes denses,multiplier les possibilités de jumelage des trajetsen favorisant l’échange d’annonces de covoiturage entre sites,cartographie des aires de covoiturage
  •  ;

Un covoiturage spontané est né aux abords des parkings d’entrée des autoroutes, ou sur certains lieux stratégiques de passage, dans certains quartiers, lotissements et villages. Dans les alpes, les habitants de vallées de montagnes isolées et en impasse se sont depuis longtemps auto-organisés (ex. : vallée de Névache, vallée des Monge dans les Alpes) La Fédération du covoiturage (FEDUCO) est créée en France en décembre 2008 par différents acteurs privés et associatifs; son but est la promotion du covoiturage sous toutes ses formes.

La Fédération nationale des associations d’usagers des transports demande toutefois une baisse des aides publiques en faveur du covoiturage, à travers notamment une modification du barème fiscal de prise en compte des frais réels pour les automobilistes utilisant leur véhicule pour se rendre à leur travail, et en concentrant les aides au covoiturage sur les zones peu denses, afin d’éviter la concurrence avec les transports collectifs.

En 2018, l’État lance la construction d’un registre de preuves de covoiturage, pour réduire le risque de fraude.

Aux États-Unis, sa pratique est stable et particulièrement marquée dans les zones urbanisées.

Rôle d’Internet:

La France comptait déjà 78 sites de covoiturage en 2007 et le nombre de sites ne cesse d’augmenter. Sept d’entre eux ont été comparés par 60 Millions de consommateurs: » BlaBlaCar, Carpooling, Vadrouille-covoiturage, iDVROOM (racheté depuis par Klaxit ), topcovoiturage.com (une combinaison de covoiturage et de colis voiturage), Karzoo, Solution-CoVoiturage et Je-covoiture.

Depuis cette date, cette liste s’est enrichie de plusieurs autres sites et applications, notamment Karos,Klaxit,Mobicoop, LaRoueVerte.com, Gomore, RoulezMalin, ZenOnCar et Wever qui ne prennent aucune commission sur les trajets pour préserver l’esprit originel du covoiturage. Des plateformes comme Kombo permettent de comparer les prix et durée du transport par covoiturage avec ceux d’autres modes de transport.

La plateforme Covoiturage-libre.fr a été créée en 2011 sous la forme d’une association, à la suite de la mise en place de frais de commission par BlaBlaCar. Le 23 novembre 2018, Covoiturage-libre.fr a pris la forme d’une coopérative pour former  » Mobicoop ». Cette coopérative met en avant le covoiturage comme étant un bien commun et non une marchandise.

Pour sa part, ZenOnCar se distingue car, au lieu d’un chauffeur offrant simplement des places dans son véhicule à des passagers, il propose tous les cas possibles d’échange de services mutuels : chaque utilisateur peut, pour chaque trajet, se déclarer comme possesseur de véhicule ou non, apte à conduire ou non. Ainsi, le possesseur du véhicule n’est plus forcément celui qui conduit, ce qui peut permettre des usages novateurs comme la possibilité de trouver un conducteur pour rentrer avec son propre véhicule, en toute sécurité, quand on a trop bu.

Enfin, la plupart des sites de petites annonces gratuites proposent aussi une rubrique covoiturage et certains sites locaux disposent même de plus d’offres qu’un site spécialisé pour un trajet identique.

Ceci montre bien l’engouement du covoiturage en France. De nombreux sites plébiscitent cette pratique en expliquant son intérêt ou en proposant des idées de covoiturage. Le gouvernement a organisé la première Journée du covoiturage en France le 17 septembre 2010.

En janvier 2008, un concept similaire pour le transport de partage des biens a été introduit sur internet. Une société appelée FretBay a lancé sa plateforme pour le partage des camions pour livrer les marchandises. Ce nouveau concept a été introduit la première fois en Europe et bientôt copié par d’autres pays d’Europe.

En 2007, la multiplicité et la diversité des acteurs et des sites étaient un frein au développement et à l’essor du covoiturage en France, la plupart des sites souffrant d’une faible fréquentation. Le regroupement d’acteurs (collectivités, entreprises, associations, etc.) et la mise en commun des bases de données  des sites pourraient répondre à ce problème.

Cependant, cela peut avoir des retombées négatives sur les utilisateurs de ces plateformes de covoiturage. En effet, la mise en commun des bases de données  personnelles des différents sites peut induire une réticence chez les individus quant à la protection leurs données personnelles.

Le Règlement européen sur la protection des données personnelles, régulé par l’Etat appelé aussi RGPD  est appliqué depuis le 25 mai 2018. Il remplace la directive précédente sur la protection des données personnelles, et offre une protection plus grande aux personnes physiques face aux nouvelles réalités informatiques. Ainsi, les entreprises doivent mettre en place des mesures de protection des données plus appropriées afin de mettre davantage en confiance les utilisateurs quant au partage des données personneles  sur la plateforme ainsi qu’au transfert de celles-ci d’une entreprise à une autre. En cas de non-respect de ce règlement elles peuvent payer des amendes pouvant aller jusqu’à vingt millions d’euros ou quatre pour cent de leur chiffre d’affaires annuel mondial.

C’était il y a environ 172 ans : le 3 /01/1851


LE PENDULE DE FOUCAULT, UNE RÉVOLUTION SOUS LE PANTHÉON

Abrité depuis près de deux siècles sous l’imposant dôme du Panthéon, le pendule du physicien Léon Foucault (1819-1868) a permis à lui tout seul de prouver la rotation terrestre. Une révolution, dans la continuité de celle de Copernic, qui a profondément ébranlé la communauté scientifique du XIXe siècle. Aujourd’hui encore, il est possible d’admirer le célèbre pendule reposant sous sa belle voûte, parmi les cénotaphes.

A LA RECHERCHE D’UNE PREUVE

Les découvertes de Léon Foucault sont l’héritage de plusieurs siècles de réflexions menées sur le mouvement de la Terre. Comme chaque théorie, rien ne tombe spontanément du ciel, tout est pris dans son évolution. L’histoire commence à l’Antiquité : Pythagore défend déjà que notre planète est sphérique, tandis que Philolaos de Crotone est le premier philosophe à lui attribuer un mouvement. Bien que quelques précurseurs, comme Aristarque de Samos, aient envisagé l’héliocentrisme de notre univers, c’est Nicolas Copernic qui le théorise le premier dans un court traité publié vers 1513. Mais malgré ses nombreuses connaissances, ce dernier ne parvient pas à accorder ses calculs à sa pensée. Cela vient en réalité du fait que les mouvements des planètes sont légèrement elliptiques, ce que Johannes Kepler découvrira le siècle d’après. Toujours est-il que la révolution copernicienne met du temps à être digérée par bon nombre de savants, et surtout, de théologiens.

Le système planétaire héliocentrique de Copernic, gravure, 1510

Il faut donc attendre le XIXe siècle pour que le mouvement de la Terre soit finalement démontré par des preuves scientifiques. Après des études de médecine, le jeune Léon Foucault s’oriente vers la physique expérimentale. Il souhaite notamment mesurer avec précision la vitesse de la lumière, et s’intéresse de près aux théories de Copernic. C’est en 1851 que lui vient alors l’idée du pendule, à la suite d’une observation : il constate que le plan de vibration d’une verge fixée dans le mandrin d’un tour reste fixe lorsque ce dernier est en rotation. Sur les oscillations libres d’un pendule, il imagine ainsi qu’un terrien devrait observer une lente rotation en sens inverse, ce qui prouverait le mouvement de la Terre.

Léon Foucault, Bertall, 1882

C’est dans la cave de sa maison, rue d’Assas, que Foucault lance alors son expérience. Son premier pendule, conçu avec l’ingénieur Gustave Froment, est constitué d’une boule de laiton de 5 kilogrammes et d’un fil d’acier de 2 mètres de haut. Pour ne pas être faussées par les vibrations de la ville, ses observations sont toujours faites de nuit, aux côtés de d’autres scientifiques. Parmi eux, l’astronome François Arago, alors directeur de l’Observatoire de Paris, qui l’autorise à faire une première démonstration dans son institution. Un deuxième pendule, de 11 mètres de haut cette fois, est alors construit par Froment. Puis, à la demande de Napoléon III, Foucault réitère l’expérience un mois plus tard sous le dôme du Panthéon, alors ouvert au public. C’est un succès sans précédent.

LA TERRE TOURNE SOUS LE PANTHÉON

Le 26 mars 1851, à la une du journal  » Le National  », on énonce à tous l’incroyable expérience publique qui est à observer entre les quatre murs du Panthéon :  »Avez-vous vu tourner la Terre ? Voudriez-vous la voir tourner ? Allez jeudi, et jusqu’à nouvel ordre, tous les jeudis suivants, de 10 heures à midi, au Panthéon  ». L’intérêt du pendule, c’est qu’il met en évidence la rotation de la Terre de manière assez simple, sans avoir à recourir à des notions scientifiques complexes. De plus, cette expérience est facilement reproductible et peut être observée en quelques minutes par tout un chacun.

L’expérience du pendule de Léon Foucault au Panthéon, 1851

Intrigué par cette découverte, Napoléon III autorise en effet Foucault à utiliser le dôme du Panthéon pour installer son pendule. Toujours accompagné de Froment, le physicien suspend alors un fil d’acier de 67 mètres de long au sommet de la coupole. A l’extrémité, il accroche une sphère de 28 kilogrammes et de 38 centimètres de diamètre. Puis, en dessous, un grand cercle rempli de sable est positionné de telle sorte qu’il laisse apparaître les traces du pendule et définisse l’espace d’oscillation.

Oscillations exercées par le pendule de Foucault

Le public peut alors observer qu’au bout d’un certain moment, les marques se décalent progressivement, ne revenant jamais au point de départ. Cela prouve que la Terre est en train de tourner sur elle-même. Dans son compte rendu à l’Académie des Sciences, Foucault décrit ainsi son observation :  » Quand on veut procéder à l’expérience, on commence par annuler la torsion du fil et par faire évanouir les oscillations tournantes de la sphère. Puis, pour l’écarter de sa position d’équilibre, on l’embrasse dans une anse de fil organique dont l’extrémité libre est attachée à un point fixe pris sur la muraille, à une faible hauteur au-dessus du sol… dès qu’on est parvenu à l’amener au repos, on brûle le fil organique en quelque point de sa longueur ; sa ténacité venant alors à faire défaut, il se rompt, l’anse qui circonscrivait la sphère tombe à terre, et le pendule, obéissant à la seule force de la gravité, entre en marche et fournit une longue suite d’oscillations dont le plan ne tarde pas à éprouver un déplacement sensible.  »

DU SUCCÈS DU PENDULE À LA GÉNÉRALISATION DU GYROSCOPE

En 1851, les parisiens se précipitent tous pour assister à ce spectacle révolutionnaire, et les théologiens réticents s’inclinent peu à peu face à une preuve si irréfutable. Au regard des siècles précédents, Foucault reconnaît son succès :  » La notion du mouvement de rotation de la Terre est aujourd’hui tellement répandue, elle a si victorieusement passé du domaine de la science dans celui des idées vulgaires, qu’il pourra sembler superflu de chercher à en donner une preuve nouvelle  ». Par cette révolution, le pendule devient ainsi l’un des symboles du positivisme de l’époque, si bien qu’il est mis en valeur dans le palais de l’Industrie lors de la première Exposition Universelle de Paris en 1855.

La une du journal  » le Parisien » dédiée au pendule de Foucault, 1902

Cependant , son expérience n’échappe pas aux réticences de certains scientifiques qui ne jugent pas le pendule suffisamment convaincant, poussant Foucault à mener d’autres recherches plus précises. L’année suivante, en 1852, le physicien dévoile alors sa nouvelle création, le gyroscope, inspiré par les travaux de l’astronome allemand Bohnenberger

. Le but est de présenter un objet moins encombrant que le pendule, toujours dans l’idée de prouver le mouvement de la Terre. Ce petit appareil est une véritable prouesse mécanique puisqu’il permet de conserver une rotation suffisamment rapide durant une dizaine de minutes afin d’effectuer des mesures de grande précision.

Le pendule de Foucault sous la voûte du Panthéon

Peu à peu, il se révèle aussi être un outil essentiel pour indiquer le nord géographique et la latitude d’un lieu. En effet, si l’axe du gyroscope

est parallèle à l’axe de la Terre, celui-ci ne bouge plus même si son support est en mouvement. Ainsi, c’est au tournant du XXe siècle qu’il permettra de réaliser ce que l’on nomme un  » compas gyroscopique  », facilitant la navigation en pleine mer, le guidage des missiles, le pilotage d’un avion ou d’une fusée, ainsi que le contrôle de l’attitude des satellites. Porteur d’un héritage, Foucault transmet à son tour ses inventions à la postérité, elle-même en passe de faire de nouvelles révolutions.

Trouvaille inattendue….


……  »Du  »palu  » au……tissu ……

Dans les années 1880, un étudiant en chimie nommé William Henry Perkin travaillait  » d’arrache-pied  » pour essayer de synthétiser la quinine ,substance naturelle utilisée dans le traitement du paludisme . Cette maladie faisait alors des ravages chez les soldats envoyés aux Indes britanniques .Le jeune anglais n’atteignit pas son objectif mais au cours de ses recherches ,il mit au point par hasard…..le premier colorant synthétique ! Il donna le nom de  » mauvéine  » à cette substance très efficace pour colorer les tissus en violet . Surtout,il breveta son invention et fut le premier à fonder une usine de colorants de synthèse ,devenant ainsi le premier de la chimie industrielle . A défaut d’avoir laissé son nom dans l’histoire de la médecine ,W.H.Perkin a marqué l’histoire d’une  » pierre violette celle de la chimie ….et de la mode !