C’était le 10 octobre…..


……..1789:  » Avec ma machine ,je vous fais sauter la tête en un clin d’oeuil ,et vous ne souffrez point »

Qui a dit ça ? C’est Joseph Ignace Guillotin

J.I Guillotin

le 10 octobre 1789 ! ( il y a environ 233 ans)

Il dit la citation ci-dessus pour défendre son projet de réforme du droit pénal qu’il proposa à l’Assemblée ,le député et médecin Guillotin . Par souci d’égalité et pour des raisons humanitaires ,il souhaite que la décapitation devienne le seul moyen d’éxécution et préconise l’utilisation d’un appareil mécanique …Mais , malgré ses talents d’orateur ,Guillotin mettra environ deux ans à faire accepter son idée. Le 10 octobre 1791 , l’Assemblée décrète :  » Tout condamné à mort aura la tête tranchée  » .Le 25 avril 1792,la guillotine tranche sa première tête . Et jusqu’à sa mort en 1814 le médecin regrettera cette machine  » Tache involontaire de savie  »

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guillotine (La guillotine typique : les deux montants verticaux, reliés par une traverse, comportent une rainure dans laquelle coulisse le couperet maintenu en haut par une corde et qui glisse dans la lunette maintenant la tête.)

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La première exécution est enfin prévue pour le 25 avril 1792 en place de Grève. Il s’agira de Nicolas Jacques Pelletier

Pelletier ?

, condamné à mort trois mois auparavant pour l’agression d’une personne en pleine rue, à laquelle il tentait de voler des assignats . Moreau, un juge de ce tribunal, écrit à Roederer :  » Son crime a été public, la réparation devrait être prompte, et une pareille lenteur, surtout au milieu de cette ville immense, en même temps qu’elle ôte à la loi l’énergie qu’elle doit avoir, compromet la sûreté du citoyen  ». Roederer s’adresse la veille à La Fayette , commandant-général de la garde nationale pour s’assurer ce jour-là de  » la main-forte  » car il pressent que ce nouveau mode d’exécution attirera la foule, et il lui demande en conséquence de laisser sur place les gendarmes plus longtemps après l’exécution, jusqu’à l’enlèvement de la guillotine et de l’échafaud.

Pelletier fut donc le premier homme à être  » monté sur mademoiselle  »,( surnom donné à une guillotine n’ayant pas encore servi ).  » La Chronique de Paris » signale l’événement :  » Hier, à trois heures de l’après-midi, on a mis en usage, pour la première fois, la machine destinée à couper la tête des criminels . La nouveauté du spectacle avait considérablement grossi la foule de ceux qu’une pitié barbare conduit à ces tristes spectacles  » Si les journaux s’indignent quelque peu, Prudhomme

, Prudhomme ?

loue l’instrument  » qui concilie le mieux ce qu’on doit à l’humanité et ce qu’exige la loi  » et il ajoute  » du moins tant que la peine capitale ne sera pas abolie  ». La foule,restée calme , fut étonnée de la rapidité de l’outil et de son efficacité, mais la majorité des curieux furent déçus de la brièveté du spectacle.!!!

Klik !

C’était il y a 65 ans…..


….le 4 octobre 1957

Lancement du premier satellite artificiel

Le 4 octobre 1957, l’URSS met en orbite le premier satellite artificiel de l’histoire, Spoutnik 1 (d’un mot russe qui signifie  »compagnon de voyage »).

Spoutnik 1 ?

L’engin, d’un diamètre de 60 cm et d’un poids de 83,6 kilos, est mis en orbite par une fusée à une altitude de 900 km. Il accomplit une révolution de la Terre en 96 minutes. Son  »bip-bip » va devenir vite familier à tous les hommes.??

Le 3 novembre suivant, les Soviétiques récidivent avec Spoutnik 2

Spoutnik 2 ( avec Laïka )

. Cette fois, l’engin amène dans l’espace une chienne nommée Laïka (elle meurt au cours du voyage, mais le fait ne sera révélé que 40 ans plus tard !).

Le défi soviétique :

L’origine de cette performance se trouve dans la rafle de savants allemands qui travaillaient sur les fusées V2

V2 ?

de Hitler et sont entrés bon gré mal gré au service des vainqueurs.

Les plans des missiles allemands sont retraités par Sergueï Korolev

Sergueï Korolev ?

, un ingénieur russe de génie, rescapé du Goulag grâce à une intervention de l’aéronauticien Andreï Tupolev

Andreï Tupolev ?

, en 1940. Il conçoit le lanceur qui va mettre en orbite Spoutnik ainsi que les fusées Vostok des programmes habités.

Le lancement du premier satellite artificiel survient en pleine guerre froide et après la sauvage répression par les Soviétiques d’un soulèvement en Hongrie. Plusieurs journalistes américains y voient une défaite de leur camp et font un rapprochement avec l’attaque surprise des Japonais contre Pearl Harbor en 1941.

Le petit satellite prouve que l’Amérique n’est plus une forteresse géographique et les citoyens des États-Unis prennent conscience qu’ils ne sont plus à l’abri d’une attaque par des missiles nucléaires.

Trois semaines après le vol de Gagarine

I.Gagarine ?

, le 5 mai 1961, Alan Shepard

Alan Shepard ?

est le premier Américain à s’élever dans l’espace. Il se contente d’un vol suborbital (il ne tourne pas autour de la Terre comme le Soviétique). Le 20 février 1962, son compatriote John Glenn est quant à lui mis en orbite pendant cinq heures à bord de Friendship-7.

Les Soviétiques reprennnent l’initiative en envoyant la première femme dans l’espace le 16 juin 1963. Il s’agit de Valentina Terechkova

Valentina Terechkova

. Le 18 mars 1965, Alexei Leonov effectue la première sortie extra-véhiculaire dans l’espace à bord de la capsule Voshkhod-2.

Les Américains gagnent enfin la course avec  »le petit pas » de Neil Armstrong

Neil Armstrong ?

sur la lune, le 21 juillet 1969.

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Quand on regarde le ciel nocturne et réfléchit à la question suivante : en ce moment, des milliers de satellites artificiels sont en orbite autour de notre planète. Mais la plupart des satellites ne reviennent jamais à l’endroit d’où ils ont été lancés. Comment est-ce possible et où finissent-ils ? Retombent-ils simplement sur Terre et peuvent-ils atterrir accidentellement sur la maison ou la voiture de quelqu’un ?
Un coup d’œil au cycle de vie d’un satellite : de son lancement à son écrasement.( vidéo ci-dessus)

 » soutenir mordicus  » ?


Comme tout le monde le sait ,cela signifie…

…..affirmer avec obstination ; soutenir avec ténacité ; affirmer quelque chose de façon catégoriqueMais quelle est l’origine de l’expression ?

Origine et définition : ( après recherche sur le net ou ailleurs )

Personne n’ignore ce que le verbe  »’affirmer » veut dire.
Il ne reste donc plus qu’à savoir d’où vient cet étrange  »mordicus  ».
Prenez un pitbull, ordinaire, mais n’ayant pas mangé depuis deux ou trois jours et mettez le à côté d’un animal quelconque, de la taille d’une brebis, par exemple.
Croyez-vous que le chien va vouloir entamer une conversation courtoise avec l’autre l’animal ? C’est très peu probable !

En fait, il va bien plus certainement planter ses crocs dans une des cuisses charnues qui s’offrent à lui et ne plus lâcher, mordre obstinément jusqu’à ce qu’il arrache un morceau de sa pauvre proie.
Et nous avons là une scène peu plaisante qui suffit à tout expliquer:

En effet, l’adverbe  »mordicus » vient, au XVIIe siècle, du latin  »mordicus » ( lol étonnant, non ?) lui-même dérivé de l’équivalent latin de  »mordre », et qui signifiait au sens propre « en mordant ».
Mais  »mordicus » avait aussi, au figuré, la signification de « sans en démordre », comme notre pitbull agrippé avec obstination à la cuisse de sa victime, sachant que si le premier sens de  »démordre » a bien été logiquement « lâcher prise après avoir mordu », il a vite été employé à une forme négative pour marquer l’opiniâtreté, la ténacité de celui qui ne veut pas « en démordre ».
[1] Situation vécue il y a longtemps en Algérie où deux boxers affamés et/ou énervés se sont partagés la cuisse d’un pauvre âne jusqu’à ce qu’ils soient abattus par leur maître attiré par les cris de l’animal.

Exemple :

 » Justement une de leurs amies habitait aux environs et s’engageait à fournir un alibi très acceptable, en affirmant mordicus les avoir retenues toute la journée.  »
Pierre Loti –  »Les désenchantées »

Un Béarnais …


……..sur le trône de Suède ! (les commentaires ne sont pas nécessaires ; billet surtout pour tester ma connection )

Qui aurait pu croire que Jean Bernadotte

J.B. Bernadotte ,né à Pau le 26 janvier 1763 , deviendrait roi de Suède et de Norvège sous le nom de Charles XIV ( en suédois,Karl XIV ) et de Karl III en Norvège (en norvégien ,Karl II /Johan) ?

Certainement pas son père ,un procureur palois issu d’une antique famille de Maurcor,près de Morlaàs en Béarn , ni même son son grand-oncle ,abbé laïc de Sirex dans les Hautes-Pyrénées . Il suffit de 38 ans pour que le simple soldat du roi de france devienne général sous la Convention ,ambassadeur puis ministre durant le Directoire ,maréchal d’empire et prince de l’Empire avant d’accèder aux trônes scandinaves…où sa descendance règne toujours ….

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Un peu plus d’info sur cet homme:

Il s’engagea dans l’armée française en 1780 et connut un avancement rapide sous la Révolution française , atteignant le grade de général  en 1794 après avoir longtemps végété dans des fonctions subalternes. Il se distingua à plusieurs reprises sur les champs de bataille et occupa également, pendant une courte période, le poste de ministre de la Guerre. Ses relations avec Bonaparte  furent houleuses, mais les deux hommes se réconcilièrent en 1804 et Bernadotte fut élevé à la dignité de maréchal d’Empire, la plus haute distinction militaire du pays. Il participa aux campagnes napoléoniennes  à la tête d’un corps d’armée, mais son inaction le jour de la bataille d’Auerstaedt en 1806 et le mauvais comportement de ses troupes à celle de Wagram en 1809 lui attirèrent les critiques de l’Empereur.

En 1810, il fut choisi par le Parlement suédois comme héritier du roi Charles XIII

Charles XIII ?

vieux, malade et sans enfants, prenant alors le nom de Charles Jean et le titre de régent du royaume. Alors que sa nomination laissait entrevoir une amélioration des relations entre la France et la Suède ainsi que la possibilité pour cette dernière de recouvrer la Finlande , le nouveau prince héritier conduisit la politique étrangère  suédoise dans une direction totalement opposée en s’alliant avec la Russie et le Royaume -Uni contre l’Empire français . Il accepta d’entrer dans la Sixième Coalition  contre Napoléon en 1813, prenant personnellement la tête de l’armée du Nord, et obtint en contrepartie que la Norvège fût cédée à la Suède. Cette revendication fut satisfaite par le traité de Kiel de 1814, ratifié quelques mois après la victoire des Alliés à la bataille de Leipzig Les Norvégiens s’étant rebellés contre la domination suédoise, Charles Jean mena unebrève campagne militaire  qui se solda par la convention de Moss et l’entrée de la Norvège dans une union personnelle Russie avec la Suède

 » logo d’une union personnelle /états »?

Il monta sur les trônes suédois et norvégien en février 1818 après la mort de Charles XIII/II. En tant que nouveau souverain, Charles Jean s’efforça d’améliorer l’économie du pays en équilibrant le budget intérieur avec le paiement de la dette extérieure  et en développant les infrastructures, avec par exemple la construction du canal Göta

 canal Göta ?

. Il essaya également de rapprocher la Norvège de la Suède par le biais d’un projet de fusion territoriale mais se heurta à l’opposition du Parlement norvégien. La politique étrangère qu’il mit en œuvre permit de maintenir les droits de doune  à un niveau relativement acceptable, et le royaume connut sous son règne une période de paix sur le plan intérieur tout en adoptant une attitude neutre  dans les affaires internationales. Ses adversaires libéraux lui reprochèrent cependant son entêtement, particulièrement manifeste au cours des années 1830, ce qui incita le roi à effectuer certaines concessions dans les dernières années de son règne. Il mourut en 1844 à l’âge de 81 ans et fut remplacé par son fils .Oscar 1er

Oscar 1er ?

Jeunesse :

Maison natale de Bernadotte à Pau :

Jean-Baptiste Bernadotte naquit le 26 janvier 1763 à Peau , au sud-ouest du royaume de France  . Il était le dernier d’une fratrie de trois enfants qui comprenait un frère, Jean, et une sœur, Marie, issus du mariage d’Henri Bernadotte et de Jeanne de Saint-Jean. La famille Bernadotte appartenait à la bourgeoisie de robe et était établie à Pau depuis plusieurs générations.

L’enfant naquit prématuré et il fut baptisé dès le lendemain à l’église. Prénommé Jean à sa naissance, il reçut en complément le nom de Baptiste en l’honneur de saint Jean -Baptiste . Son père,avocat  de profession, exerçait la charge de procureur du roi dans un petit tribunal de province. Sa fortune était si peu considérable qu’il dut attendre l’âge de 43 ans pour se marier, et il mourut peu de temps après le 17e anniversaire de son fils cadet.

Le nouveau-né fut confié pendant un an aux soins d’une nourrice à quelques kilomètres de Pau. Ses relations avec sa mère ne furent sans doute pas très bonnes car il ne lui rendit visite qu’une seule fois après son engagement dans l’armée Il fut éduqué chez les bénédictins

bénédictins ?

mais il est possible qu’il reçût une partie de son instruction au domicile familial, comme cela se faisait couramment à l’époque. À l’âge de 15 ans, il commença à travailler comme apprenti chez Jean-Pierre de Batsalle, un avocat réputé de Pau.

Cinq inventions fantastiques ….


……….des Chinois :

Ils consommaient déjà des pâtes il y a 4 000 ans : les plus vieilles nouilles du monde ont été découvertes sur le site archéologique de Lajia. Nous devons beaucoup à la Chine.????

Vers 4000 av. J.-C., les Chinois découvrent le thé , qu’ils ne dégustent pas vraiment à l’anglaise!

Les feuilles,

Thé ( feuilles) ?

utilisées pour leurs vertus tonifiantes, sont d’abord mâchées par les nobles, qui en sont férus. Son usage se popularise sous la dynastie des Tang, entre 618 et 907. L’Occident attendra sept cents ans sa première cargaison de thé, enregistrée à Amsterdam en 1606.

Le foot…..

……. ils y jouent depuis l’antiquité!

La  »Fifa » l’a reconnu officiellement en 2004: le plus vieil ancêtre du football s’appelait le  »Tsu Chu  » et se pratiquait en Chine depuis le IIIe siècle avant J.-C. Le ballon? C’était une boule en cuir remplie… de cheveux ou de plumes! Pour marquer des points, il fallait envoyer la balle avec le pied dans un filet accroché en hauteur. Très populaire, le Tsu Chu comptait même des équipes professionnelles.

Le cerf-volant ….

……..dispositif utilisé par les soldats. Les Chinois n’ont pas inventé le cerf-volant ……..

cerf-volant

.….. …..pour distraire les enfants! Au Ier siècle av. J.-C., ces oiseaux de papier servaient à effrayer les ennemis ou à faire passer des messages. Dès l’an mille, les Chinois fabriquent même des cerfs-volants assez grands pour soulever un passager. Marco Polo

Marco Polo ?

en est tout estomaqué!lol

Le papier……..

……..qui a voyagé de la Chine à l’Europe via les arabes

Selon la légende, c’est en observant des écorces se transformant en pâte dans l’eau des marais que les Chinois imaginèrent la fabrication du papier il y a plus de 2 000 ans! Ils l’utilisent d’abord pour emballer des objets ou pour des pratiques rituelles. L’invention reste confidentielle jusqu’en 751: cette année-là, des papetiers chinois sont capturés par des Arabes. Ils leur livrent tous leurs secrets. Le papier débarque en Occident par les Maures ,autour de l’an mille.

Maures ???

L’imprimerie :

………oubliez Gutenberg! lol

Bien avant l’inventeur allemand, ce serait le savant chinois Bi Sheng qui a mis au point, dès le XIe siècle, un système d’imprimerie à caractères mobiles. A l’origine, ceux-ci sont en céramique. Problème : Le grand nombre de caractères chinois nécessite des milliers de cubes. Un casse-tête! L’usage de l’imprimerie reste donc très limité.

Grâce aux 26 lettres de l’alphabet latin, le même système de typographie, avec des caractères au plomb réutilisables, va  »faire un malheur » en Europe à partir du XVe siècle.

Première édition du festival de Cannes


Le 20 septembre 1946: ( il y a 76 ans)

Aujourd’hui, le festival de Cannes s’affirme comme la manifestation la plus prestigieuse du cinéma mondial ,appréciée autant pour la qualité des œuvres en compétition que par son étalage de clinquant et de luxe. J’apprends avec surprise ,qu’ il doit sa naissance à une initiative du Front Populaire …..

Une première édition mal tombée :

Le festival de Cannes (affiche de Jean-Gabriel Domergue)  »Irrité  »par la mainmise hitlérienne et mussolinienne sur la  »Mostra de Venise  », née en 1932, le gouvernement français décide de créer un festival du cinéma concurrent.

Cannes est le lieu choisi ……

Ce village de pêcheurs a été mis à la mode sous le règne de Louis-Philippe par l’aristocratie anglaise, rapidement suivie par l’aristocratie russe. Il est devenu à la Belle Époque une station balnéaire cossue avec une enfilade de grands hôtels de luxe sur le boulevard de la Croisette, à l’est du vieux port.

L’idée du festival en revient au ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts Jean Zay

Jean Zay

. Tout est prêt pour l’heureux événement : affiches, sélection de films avec en vedette  »Le Magicien d’Oz  »

affiche du film  » le magicien d’oz »

(Victor Fleming). Louis Lumière

Louis Lumière ?

se voit attribuée la présidence du festival. ……

Hélas, l’ouverture, prévue le 1er septembre 1939, est reportée en catastrophe à cause de l’invasion de la Pologne le même jour.

Donc , c’est seulement après la Seconde Guerre mondiale, sept ans plus tard, le 20 septembre 1946, que Cannes reçoit stars américaines, réalisateurs et journalistes pour la plus grande joie des badauds. Les Français y voient une revanche sur la défaite et les mauvais jours, alors que le pays vit encore la période difficile de la reconstruction et du rationnement.

Le tapis rouge est enfin déroulé……

Le premier festival se tient au Casino Rühl, entre le vieux port et la Croisette.

Starlette sur la Croisette à Cannes (octobre 1946Le Grand Prix est remis à un film de René Clément

René Clément ?

qui exalte la Résistance française : La Bataille du Rail

La Bataille du Rail (affiche du film)

. Il consiste en une œuvre d’artiste.

Mais en 1954, un concours est organisé entre les meilleurs joaillers de la ville pour imaginer un trophée. Le projet retenu, celui de Lucienne Lazon

Lucienne Lazon ?

, est un bijou de 118 grammes d’or de 18 carats en forme de palme, la palme étant le symbole de Cannes. La Palme d’Or 

palme d’ or

récompense depuis  le lauréat du festival.

L’année suivante, en 1947, le casino est démoli et remplacé par un somptueux Palais des Festivals. Inauguré le 11 septembre 1947, à la veille du deuxième festival, il sera à son tour démoli et remplacé en 1983 par un nouvel édifice dans un style très contemporain qui lui vaut d’être surnommé le  » bunker  ».

Palais des festivals ( 1983 ? )

Mais le rêve reprend toujours le dessus. 

Un tapis rouge accueille les invités et les vedettes à l’entrée du Palais des Festivals et les photographes immortalisent la montée des  » vingt-quatre marches de la gloire  » avant la cérémonie d’ouverture, selon un rituel devenu incontournable.

La désignation du jury et de son président, la sélection des films en compétition et bien sûr la soirée des récompenses font chaque année la Une des médias.( mais en mai 1968 ,le festival sera interrompu par solidarité avec le mouvement étudiants )

Au fil des années d’autres manifestations tout aussi populaires se sont greffées: la Semaine de la critique, la Quinzaine des réalisateurs, le Marché du film de Cannes…

En ce début du XXIe siècle, la population de Cannes voit sa population tripler de 70 000 à plus de 200 000 habitants pendant les douze jours de la manifestation, laquelle se tient désormais au mois de mai.

Comment s’organisaient les obsèques des rois ?….


( Après les funérailles de Elisabeth II ? )

Les rois aussi connaissent les affres du trépas. Comme Charles VIII

Charles VIII ?

, victime d’une porte mal placée !, ou Louis X

Louis X ?

, d’un vin trop froid ou encore la reine Elisabeth II

Elisabeth II ?

. Et leurs funérailles, elles, sont des superproductions.

Effectivement , la mort des rois donne lieu à des spectacles en grande pompe. Effigies de cire, messes interminables, on ne lésine sur rien pour marquer les esprits. Quand on est roi, il faut savoir tirer sa révérence avec panache. L’agonie, la mort, puis les funérailles des têtes couronnées donnent lieu à un show somptueux destiné à glorifier non pas le défunt, mais l’idée même de la monarchie. Après l’enterrement, tout n’est pas fini, un deuil d’un an commence à la cour.

Les six étapes d’une fin royale:

De l’art de mourir avec grâce L’après-midi du 3 mai 1774,Louis XV , souffrant d’un mal atroce, examine les pustules qui couvrent son corps.  » Il regarda les boutons de sa main avec attention, raconte le duc de Croÿ, et dit : “C’est la petite vérole.” Personne ne répondit.  » Les médecins et la cour le savent, le roi est condamné. Un rituel immuable démarre. Confession à l’abbé de la cour, réception des descendants, dernières volontés et consignes laissées à l’héritier, litanie de messes… L’agonie du roi est mise en scène et scrupuleusement épiée par les chroniqueurs.  » Le roi mourant ne pense pas seulement, à l’heure fatidique, à l’immortalité de son âme, mais à l’image qu’il laissera de lui-même et de son règne. Bien mourir est aussi le moyen de parachever une œuvre, de parfaire un portrait, voire d’infléchir le jugement de la postérité  » ( Patrice Gueniffey dans Les Derniers Jours des rois ). Le 9 mai 1774, l’état de Louis XV s’aggrave fortement. On lui administre l’extrême-onction. Il pousse son dernier soupir le lendemain, à 15 h 15, devant une foule de courtisans ( la famille royale a été exclue pour éviter toute contagion ). Comme le dit l’adage,  »le mort saisit le vif  » : le roi ne meurt pas, car son statut est aussitôt transmis à son héritier. Un officier paraît au balcon et clame :  » Le roi est mort, vive le roi !  », reprenant la formule prononcée pour la première fois en 1498, à la mort de Charles VIII.

Le cadavre offert aux regards :

Même mort, le corps du roi possède toujours le caractère spécial que lui a conféré l’onction du sacre. A partir de la mort de Philippe Auguste en 1223, il est exposé publiquement. Sceptre à la main et couronne sur la tête, le corps recouvert d’un drap d’or, Philippe Auguste est offert aux regards, pour mieux être glorifié mais aussi pour dissiper d’éventuels doutes sur les causes de la mort, en ces temps troublés.

Mais la vue d’un cadavre peut choquer. Alors, en 1422, aux funérailles de Charles VI, le roi est pour la première fois représenté par une effigie en cire. Cette  » mode  » venue d’Angleterre permet de ne pas montrer la décomposition du corps, lorsque les funérailles tardent. La dépouille de Philippe III, mort en 1285 à Perpignan, n’arrive à Paris que le 3 décembre, deux mois après son décès, car de nombreux hommages lui ont été rendus en cours de route =>A l’arrivée, il ne doit pas être beau à voir… Merci l’effigie ! Cette statue de cire prolonge en fait virtuellement la vie du roi, puisqu’elle est censée être  » habitée  » par l’âme du défunt. Ainsi, en 1610, on sert à manger à Henri IV (ou plutôt à son effigie revêtue des habits du sacre )pendant plusieurs jours aux deux repas. Conséquence insolite: la présence de l’effigie interdit celle du nouveau monarque aux funérailles de son prédécesseur, car il y aurait alors  » deux rois  » de France dans la même pièce ! (Henri II assistera en cachette au passage du cortège funèbre de son père, François Ier, caché dans une maison rue Saint-Jacques à Paris ).

Un convoi funèbre de 1500 mètres de long !

Après avoir été exposés, les corps des monarques sont transportés à la basilique de Saint-Denis. Pourquoi s’éloigner de 9 km du centre de Paris ? En 639, Dagobert est le premier à se faire inhumer dans ce lieu considéré comme sacré, car Denis, célèbre martyr chrétien, y serait mort. Mais c’est Louis IX qui officialise son statut de nécropole royale. Il y fait installer 16 tombeaux destinés à accueillir les corps des premiers souverains, transférés le 12 mars 1264. Louis IX lui-même y est enterré le 22 mai 1271. Pour s’y rendre, on mise sur le gigantisme : le cortège grandiose qui mène François Ier à Saint-Denis en 1547 est long d’1,5 km ! Des  » escales  » sont organisées le long du chemin, notamment à Paris, où une messe est souvent célébrée. Très pieux, Louis XIII, va rompre avec ces processions grandiloquentes : fini la parade royale, son corps sera conduit de nuit à Saint-Denis, tiré par huit chevaux, et sans passer par Paris et Notre- Dame .

Idem pour Louis XIV : le 9 septembre 1715, son corps est installé sur un char drapé de velours noir. A 19 heures tapantes, le convoi s’ébranle, les carrosses transportant la famille royale et le gratin de la cour à sa suite.

Superproduction à l’abbaye !

Sous Louis XIV, les funérailles à l’abbaye royale de Saint-Denis ont tout du grand spectacle : elles sont d’ailleurs organisées par l’administration des Menus-Plaisirs. L’église prend des airs de théâtre, des loges sont installées dans les tribunes, des tissus de deuil sont tendus, le catafalque est entouré de milliers de bougies. Il faut marquer les esprits. Avant d’être inhumé, le cercueil du Roi-Soleil est resté exposé treize jours. Un office est ensuite donné, qui dure cinq heures pour Louis XIV. Puis, son cercueil en bois est enseveli dans la nécropole située sous l’abbaye, dans le caveau des Bourbons. La plupart des membres de cette dynastie sont représentés par des gisants, statues funéraires qui figent pour l’éternité les têtes couronnées à l’état de cadavres.

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Le corps royal en morceaux

Selon une tradition remontant à la mort de Philippe le Bel en 1314, les restes des rois de France sont divisés en trois (corps, entrailles et cœur). Ces parties seront envoyées dans des sépultures distinctes, ce qui multiplie les lieux où honorer le défunt monarque. Le cœur est très précieux : en 1380, à sa mort, Charles V offre le sien à Rouen, pour renforcer la présence royale dans la région ; celui de Louis XIII est enterré à l’église Saint-Louis-des-Jésuites, à Paris, tandis que ses entrailles reposent à Notre-Dame.

P.S:

  • Le cœur d’Anne de Bretagne repose au musée Dobrée de Nantes (Loire-Atlantique) dans un écrin en or.
  • La jambe de Catherine de Médicis, réputée « fine et délicate », est visible, en de rares occasions, au musée Tavet-Delacour de Pontoise (Val-d’Oise).
  • Un morceau du bras de Saint-Louis est exposé dans un bras reliquaire, à la collégiale Saint-Louis du château de Castelnau, à Prudhomat, dans le Lot.
  • Une voûte crânienne sciée, une mâchoire et un fragment de la cloison nasale de Louis XI sont conservés dans la crypte de la basilique Notre-Dame-de Cléry- Saint-André, dans le Loiret.

Un an de deuil à la cour

Pour le successeur du défunt, la tristesse (de façade) est de mise. Les nouveaux rois portent généralement le deuil en pourpre, une couleur d’affliction, comme Henri II à la mort de son père. Mais l’habit évolue au fil du temps du deuil officiel :  » L’année de deuil se décompose en deux périodes de grand et de petit deuil  », explique Raphaël Masson, conservateur en chef au château de Versailles, (sur le site leroiestmort.com )…… Pendant le grand deuil, le roi (Louis XIV) portera des bas violets, des manchettes longues dites “pleureuses” et bannira tout bijou ou ornement brillant. Même les boutons de son habit seront recouverts de violet. Au bout de quelques mois, il abandonnera les pleureuses, quittera le drap pour de la soie et pourra de nouveau porter des ornements de diamants. Le passage au petit deuil sera ensuite marqué par la reprise des bas blancs.  »

C’était il y a 41 ans……


…..Le 18 septembre 1981.La France abolit la peine de mort

Le 18 septembre 1981, à Paris, l’Assemblée nationale vote la loi d’abolition de la peine de mort présentée par le garde des Sceaux, Robert Badinter, 53 ans. 369 députés votent en sa faveur et 113 s’y opposent. C’est la principale mesure qui reste des deux septennats du président François Mitterrand

François Mitterrand

et celle que l’on a coutume de citer quand on évoque son bilan.

Cette initiative met la France  »au diapason » des autres pays d’Europe occidentale. Elle est l’aboutissement d’un débat qui a agité les cercles intellectuels et politiques d’Occident pendant trois siècles. Il n’empêche qu’en ce début du XXIe siècle, la peine de mort demeure en application dans des États qui rassemblent près des deux tiers de l’humanité… 

Un long chemin :

Jusqu’au XVIIIe siècle, dans tous les pays du monde, les délinquants et criminels étaient sanctionnés soit par une amende, soit par une peine infamante (bannissement, fers, carcan ou pilori), soit par une mutilation, soit enfin par la peine de mort, avec des variantes innombrables : décapitation, strangulation ou empoisonnement à la ciguë (Athènes), décapitation ou lapidation (Hébreux), décapitation, précipitation, pendaison, crucifiement (Rome). L’incarcération était réservée aux prévenus en attente de jugement.

La France de l’Ancien Régime n’a rien à envier à ces antiques exemples : décapitation (noblesse), pendaison, roue ou encore écartèlement (régicide). Mais la Révolution arrive et au nom de l’article 1 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ( » tous les citoyens sont égaux…  »), elle généralise l’emploi de la machine du  »bon  » docteur Guillotin

Guillotin » ?

:  » Tout condamné à mort aura la tête tranchée  ».

Machine proposée à l'Assemblée nationale pour le supplice des criminels par Mr. Guillotin, Jean-François, XVIIIe s., Paris, BnF.

Il est à noter que l’Angleterre l’a devancée dans la voie de l’égalité en généralisant la pendaison et en l’étendant à une multitude de délits, y compris de simples larcins ! Les exécutions sont. (Elles s’apparentent par leur succès populaire aux jeux du cirque antiques ).

L’historien Jean-Claude Chesnais cite une exécution, à Londres, en 1824, qui aurait attiré cent mille spectateurs (dans un pays d’à peine dix millions d’habitants). Mais dès la fin du XVIIIe siècle, la peine de mort fait l’objet d’une contestation courageuse. Elle vient d’un jeune marquis italien, admirateur de Montesquieu,Cesare Beccaria

Cesare Beccaria ?

.

Dans un opuscule publié  »sous le manteau  »en 1764, Des délits et des peines, il écrit :  » L’État n’a pas le droit d’enlever la vie. La peine de mort est une survivance de rigueurs antiques et un anachronisme dans une société policée. Elle n’est pas seulement inutile parce que sa valeur d’exemple est nulle, elle est aussi nuisible  ». Sa protestation est relayée par Voltaire et même par Robespierre (qui changera assez vite d’avis sous la pression des événements).

La Révolution française accomplit un pas décisif vers la modulation des peines en introduisant la privation de liberté, ( la  prison lol ). Inspiré de Beccaria, le code pénal adopté par l’Assemblée Législative le 6 octobre 1791 prévoit donc des peines la prison avec une durée variable selon le délit ou le crime. Il va dès lors devenir possible de réserver la peine capitale aux crimes les plus graves.

En France, après la chute de l’Empire, des conservateurs éclairés par la foi chrétienne relancent le combat en faveur de l’abolition de la peine de mort. C’est le cas du journaliste et homme politique protestant François Guizot

François Guizot ?

, qui échoue de peu à faire voter une loi dans ce sens.

Victor Hugo, Ecce (Le Pendu), 1854. Agrandissement : La Tourgue en 1835, 1875, Maisons de Victor Hugo, Paris.C’est aussi le cas du jeune poète Victor Hugo 

Victor Hugo (jeune)?

qui publie en 1829  »Le Dernier Jour d’un Condamné  » (il s’agit du récit des derniers moments d’un jeune condamné, par lui-même). À ce livre, il ajoute en 1832 une préface qui est un vigoureux plaidoyer contre la peine de mort avec des arguments -toujours actuels ?? -( » Se venger est de l’individu, punir est de Dieu  »).

 »Ces royalistes plutôt traditionalistes sont animés par un souci d’humanité à une époque où l’on exécute plus que de raison  » : l’historien Jean-Claude Chesnais

Jean-Claude Chesnais ?

!!!(Histoire de la violence, 1982). 

Sur la peine de mort, la gauche républicaine, qui cultive la nostalgie de la révolution jacobine et de la Terreur, reste toutefois réservée, n’y voyant aucun inconvénient quand il s’agit de combattre les ennemis de la Liberté.

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Les pays nordiques furent les premiers à délaisser la peine de mort : Le grand-duché autonome de Finlande entame le mouvement dès 1826, suivi par la Norvège en 1875, le Danemark en 1892, la Suède en 1910. Les Pays-Bas l’abolissent en 1850. Née en 1830, la Belgique applique la peine de mort avec réticence, le roi usant généralement de son droit de grâce. La peine capitale est systématiquement commuée en détention à perpétuité à partir de 1950 et officiellement abolie en 1996. La Suisse entame le processus d’abolition en 1874. Plus surprenant, le Portugal l’abolit en 1867 et l’Italie en 1890 (Mussolini la rétablira brièvement).

Au Brésil, la dernière exécution remonte à 1855… au grand dépit de Louis Pasteur

Louis Pasteur

qui, dans une lettre du 22 septembre 1884, avait suggéré à l’Empereur du Brésil de lui mettre à disposition des condamnés à mort comme cobayes pour ses recherches sur la rage et le choléra ! !!!Parmi les pays européens tard venus à l’abolition figure l’Allemagne, qui ne l’a abolie qu’en 1949 (dans la partie occidentale).

Exécution de Jean-Baptiste Troppmann (Le massacre de Pantin), le 19 janvier 1870, place de la Roquette, Paris, BnF.

La peine de mort fait de la résistance:

En France, après la vaine tentative de Guizot, le républicain Jules Simon

Jules Simon

tente une nouvelle fois en 1870 de faire passer l’abolition.

Au début du siècle, les présidents de la République Émile Loubet (1898-1906) et Armand Fallières (1906-1913) usent systématiquement de leur droit de grâce, en résistant avec courage à la pression de l’opinion publique. Le garde des sceaux Aristide Briand veut  »transformer l’essai’ en faisant passer une simple loi :  » La peine de mort est abolie  », mais l’opposition se déchaîne !

Exécution d'Eugen Weidmann devant la prison de la Santé, à Paris, le 17 juin 1939.Au matin du 17 juin 1939, la guillotine est installée devant la prison de Versailles pour l’exécution de l’assassin Eugen Weidmann (31 ans). Mais un retard de près d’une heure laisse au soleil le temps d’éclairer la scène. Les photographes en profitent ainsi que le public, dans lequel figurent des fêtards tout juste sortis de boîtes de nuit.!!!!!

Le scandale conduit le gouvernement à interdire les exécutions publiques. Celles-ci auront désormais lieu dans la cour des prisons. Mais dès lors, pendant l’Occupation, on ne rechignera plus à exécuter des femmes, ce qui n’était plus arrivé depuis 1906… Et à la Libération, la peine de mort n’est plus limitée à des crimes de sang mais étendue à des vols à main armée. 

La guerre d’Algérie suscite un regain d’activité de la guillotine avec un peu plus de deux cents exécutions entre 1956 et 1962. Avec le retour de la paix civile, on compte ensuite de moins en moins de condamnations à mort et, en 1970, année sans exécution, le sombre rituel paraît voué à tomber en désuétude. Mais l’exécution de Buffet et de son complice Bontemps, le 28 avril 1972, anéantit les espoirs des abolitionnistes, parmi lesquels maître Badinter, avocat de Bontemps.

Les deux accusés, en prison à Clervaux, avaient pris trois personnes en otage à l’infirmerie et en avaient tué deux, dont une infirmière. Le doute planait sur la participation active de Bontemps au crime. Malgré cela, il fut condamné à mort comme son complice et exécuté après que le président G.Pompidou , déjà affecté par la maladie, eut refusé sa grâce.

Robert Badinter et Patrick Henry lors du procès en janvier 1977. (Croquis d'audience de Calvi)Le 10 mars 1976, une nouvelle condamnation envoie à l’échafaud Christian Ranucci, un jeune homme de 20 ans accusé du meurtre d’un enfant. Là aussi, le doute planait sur sa culpabilité mais le jury bascula en bonne partie parce qu’un mois plus tôt, le 17 février 1976, était apparu sur les écrans de télévision un autre criminel, avéré celui-là : Patrick Henry, coupable d’enlèvement et d’assassinat d’un garçonnet. Ce soir-là, le journal télévisé s’ouvrait sur cette exclamation du présentateur Roger Gicquel :  » La France a peur  »…

Christian Ranucci

se vit refuser sa grâce par le président Valéry Giscard d’Estaing , dont  »l’esprit d’ouverture ,?  » se heurtait à l’opposition croissante de la fraction conservatrice de son camp. Il fut exécuté le 10 mars 1976. Une nouvelle exécution survint le 10 septembre 1977 : le Tunisien Hamida Djandoubi, résidant à Marseille, fut guillotiné pour avoir torturé et tué une femme de 22 ans. Après des réformes sociétales d’une audace sans précédent, le président de la République avait donc dû remiser au placard l’abolition de la peine de mort et laisser à son successeur le bénéfice moral de cette mesure. 

L’Europe toute entière abolitionniste

En 1981, à la veille des élections présidentielles, la France faisait figure de » mouton noir » dans une Communauté européenne qui avait depuis longtemps déjà renoncé à la peine de mort. Les motivations des abolitionnistes relevaient certes du sentiment d’humanité, comme au temps du jeune Victor Hugo. Elles relevaient aussi de l’idée nouvelle, propre aux Européens, que les droits et les aspirations de l’individu devaient primer en toute chose sur l’État et le bien commun.

Seul en Europe, l’État du Vatican s’en tenait à la vision traditionnelle. Dans le Catéchisme de l’Église catholique publié en 1992 sous l’autorité du pape Jean-Paul II, on peut lire :  » Préserver le bien commun de la société exige la mise hors d’état de nuire de l’agresseur. À ce titre l’enseignement traditionnel de l’Église a reconnu le bien-fondé du droit et du devoir de l’autorité publique légitime de sévir par des peines proportionnées à la gravité du délit, sans exclure dans des cas d’extrême gravité la peine de mort. Pour des raisons analogues les détenteurs de l’autorité ont le droit de repousser par les armes les agresseurs de la cité dont ils ont la charge.  ». Ce n’est qu’en 2018 que l’Église, à l’instigation du pape François, récuse dans toutes les situations la peine de mort.

En France, durant la campagne présidentielle, le candidat socialiste François Mitterrand  va donc s’emparer du thème de l’abolition, de façon à afficher son courage politique, avant de la faire voter une fois à l’Élysée. La loi n°81-908 portant abolition de la peine de mort, présentée par le garde des sceaux Robert Badinter, votée par l’Assemblée et promulguée le 9 octobre 1981 débute par un article d’une extrême concision :  » Article 1 : La peine de mort est abolie »

Fou de guillotine

François Mitterrand, qui a fait de l’abolition de la peine de mort le marqueur de sa présidence, est de tous les présidents de la Ve République celui qui a envoyé le plus d’hommes à la guillotine. Une bonne cinquantaine du temps où il était ministre de la Justice (dans le gouvernement socialiste de Guy Mollet, vingt-cinq ans plus tôt, pendant la guerre d’Algérie) .

La peine de mort dans le monde (2015)

Depuis le début du XXIe siècle, la peine de mort a été unanimement  »répudiée  » par les États européens et le Canada ainsi que de nombreux États latino-américains et plusieurs États d’Afrique subsaharienne et d’Océanie. La Russie ou encore l’Algérie ont instauré un moratoire sur son application. Au total, 140 des 192 membres de l’ONU ont aboli ou suspendu la peine de mort, ou bien ne l’appliquent qu’à des cas très particuliers (crimes contre l’humanité en Israël, crimes militaires…).

Cependant, ces pays ne rassemblent que 40% de la population mondiale et constituent la fraction la moins dynamique de la planète ! L’essentiel de l’Asie et les pays les plus peuplés du monde (Chine, Inde, Indonésie, États-Unis, Pakistan, Japon, Bangladesh, Nigeria, Égypte, etc.) continuent d’appliquer la peine de mort sans état d’âme. Par ailleurs, au vu des barbares « »exécutions  » mises en scène par les islamo-terroristes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la peine de mort est en passe de devenir, comme la condamnation du blasphème et la pénalisation de l’homosexualité, une marque de différenciation entre l’Occident de culture chrétienne et ceux qui le combattent.

La carte ci-dessous témoigne de la peine de mort dans le monde en 2018 : chaque cercle est proportionnel au poids démographique de la région considéré ; les cercles blancs représentent les États où la peine de mort est officiellement abolie.

La peine de mort dans le monde en 2018 (Herodote.net)

La peine de mort aux États-Unis:

La peine de mort a été introduite dans les colonies d’Amérique du nord dès 1608. On est passé d’environ 50 exécutions en 1800 à 150 en 1900. Après un pic durant la prohibition avec 200 exécutions en 1930, leur nombre a décliné jusqu’à la fin des années 60.
En 1967, la Cour Suprême a considéré la peine de mort comme un châtiment cruel interdit par le VIIIe amendement de la Constitution et aucune exécution n’a plus eu lieu jusqu’en 1976, quand la même Cour a admis qu’avec la garantie d’un pourvoi en appel, il n’y avait pas violation de la Constitution. Les exécutions ont donc repris de plus belle… 

Les mentalités n’en évoluent pas moins. 65% des Américains sont encore favorables à la peine de mort en 2009 mais ils étaient 80% en 1993. .
C’est que de plus en plus d’Américains sont sceptiques sur son effet dissuasif, observant que les États les plus actifs comme le Texas sont aussi ceux où la criminalité est la plus forte ! Un rapport américain indique d’ailleurs que 57 % des policiers eux-mêmes ne croient plus à son efficacité. Ensuite, les tests ADN révèlent que les  » couloirs de la mort  » hébergent de nombreux innocents condamnés à tort. Enfin, comme l’a indiqué Bill Richardson, gouverneur du Nouveau-Mexique, un procès mettant en jeu la peine capitale coûte près d’un million de dollars en plus, du fait de la multiplication des niveaux d’appels.

Les Kamikazes….( billet qui risque d’être long)


1) Que signifie  » Kamikaze  » ?

Depuis la seconde Guerre mondiale , il signifie  » suicidaire  » : Comme chacun le sait ,c’était le surnom des pilotes japonais précipitant leur avion sur les navires ennemis. À l’origine, ce terme, symbolisant la victoire, voulait dire  » vent divin  ». Il se réfère à un ouragan  qui, le 15 août 1281, détruisit la flotte mongole de Koubilaï Khan

Koubilaï Khan ?

venue envahir le Japon.

2)D’où vient le phénomène des kamikazes?

Ces hommes et ces femmes qui choisissent de mourir, le corps ceinturé d’explosifs pour devenir des « martyrs » de leur cause, visent sans distinction militaires et civils. Un phénomène inédit en France. ( Aujourd’hui ,ce sont surtout des kamikazes islamistes)

D’où vient le phénomène des attentats-suicides à la ceinture bourrée d’explosifs ?

Il se rencontre dans tous les endroits où il y a des luttes avec des engagements violents sous-tendus par des convictions tant politiques que religieuses. L’action de ceux que j’appelle les « nouveaux volontaires de la mort » a pris une réelle ampleur depuis le Moyen-Orient jusqu’en Afghanistan ou au Nigeria. Beaucoup d’attentats-suicides où un individu devient lui-même une arme ont lieu en Afghanistan: depuis dix ans, ce type d’actions surviendrait tous les deux jours.

3)De quand date ces opérations suicides?

Les kamikazes japonais ont donné leur nom à ce phénomène lors de la guerre du Pacifique en 1941, puis, dans les années 1950 au Vietnam, les communistes ont aussi procédé de cette façon. Les kamikazes sont présents dans l’ensemble des pays musulmans, dans le cadre du conflit  »israélo-palestinien  », bien sûr, mais aussi au Sri Lanka, avec la guérilla des Tigres noirs tamouls entre 1990 et 2000. Cette unité spéciale se composait de cadres spécialement sélectionnés et entraînés pour des missions de commando suicide contre des cibles militaires et civiles. Le phénomène de kamikaze islamiste serait inédit en France.

Même une femme peut être kamikaze ,une était présente parmi les terroristes de Saint-Denis le 18 novembre.

Cette féminisation est-elle aujourd’hui une réalité?

Ce serait une première en France , mais pas ailleurs. Dans le Caucase, les « veuves noires » ont conduit des opérations suicides durant la seconde guerre de Tchétchénie, en 1999-2000. Elles ont aussi participé à des prises d’otages en Ossétie du Nord à l’école de Beslan en 2004. Elles portaient là aussi des ceintures d’explosifs. Dans les rangs des Tigres noirs tamouls, les femmes furent très actives. Cette pratique, courante dans les années 1990 et jusqu’à une date récente (2010) est aussi constatée dans les rangs du  » P K K » (Parti des travailleurs kurdes): la majorité des attentats suicides perpétués en Turquie dans les années 2000 le furent par des femmes. Le Jihad islamique a lui aussi ses « combattantes de Dieu », même si dans le monde arabo-sunnite, il est rare que ce genre de mission soit assumé par une femme. Traditionnellement, culturellement, c’est une affaire d’hommes. Dans certains pays , pour une femme, c’est aussi paradoxalement une forme extrême d’émancipation.

4) La formation de ces « volontaires de la mort »? :

Le « volontaire de la mort » commet ces actes en pleine possession de ses moyens de manière à atteindre sa cible. Il doit savoir évaluer la situation dans laquelle il se trouve, le moment de faire détoner la ceinture dont il est porteur. Cela suppose un endoctrinement et un embrigadement intenses. Leur conviction doit être suffisamment forte pour que l’auteur de l’attentat aille jusqu’au bout de son acte sans blocage moral face aux victimes militaires et civiles. Un sursaut d’humanité peut se produire. D’où l’importance d’une dynamique de groupe qui isole l’individu de son contexte familial pour l’inscrire dans un groupe nouveau, composé de compagnons tendus vers le même but et appelés à devenir des « martyrs de la foi ».

Avion  » kamikaze  » ?

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Yasuke : l’histoire du samouraï noir :

Arrivé dans l’archipel à la fin du XVIe siècle, l’esclave Yasuke est affranchi par l’unificateur du Japon, qui l’intègre à sa garde personnelle.

 » Le père Alexandre avait amené des Indes un valet maure, aussi noir que sont les Éthiopiens de Guinée, mais natif du Mozambique, de ceux qu’on nomme  »Cafres  ».  » Au printemps 1581 dans son palais de Kyoto , l’unificateur du Japon Oda Nobunaga n’en croit pas ses yeux. Jamais il n’a vu cela. L’homme qui se tient devant lui a la peau noire ! Poursuivant son récit, le jésuite François Solier écrit :  » Ne pouvant croire que cette couleur fut naturelle, Nobunaga crut qu’on l’avait ainsi peint pour plaisir. Mais après l’avoir fait dépouiller, tout nu jusques à la ceinture, et examiné le tout, il reconnu la vérité.  »

1,82 m, une taille impressionnante pour les Nippons de l’époque

Côté japonais, le chroniqueur Ota Gyuichi décrit un individu  » en bonne santé, beau et d’un bon comportement  » qui mesure pas moins de 6 shaku (1,82 m), taille impressionnante pour les Nippons de l’époque. En grand général, Nobunaga sait apprécier la bravoure d’un individu au premier coup d’œil. Entre les deux hommes, le courant passe. L’esclave noir, nommé Yasuke, est arrivé au Japon depuis presque deux ans, et sait désormais parler le japonais. Le seigneur le complimente et lui fait remettre une belle somme d’argent. Cet instant est historique car Nobunaga fait libérer l’esclave pour le prendre à son service. Son propriétaire, un jésuite italien tout juste toléré dans l’archipel, n’a d’autre choix qu’obtempérer.

La curiosité pour les Africains dans le Japon médiéval est rapportée par le Portugais Jorge Alvares qui, en 1547, écrivait déjà :  » Les Japonais se réjouissent de voir des Noirs, en particulier les Cafres. Certains viennent les voir d’aussi loin que 15 à 20  »Leguas’ (100-130 km) et expriment beaucoup d’égards envers eux en restant trois ou quatre jours.  »

Promu samouraï, il devient conseiller et garde du corps

Chaleureux accueil qui n’est pas le lot de tout étranger si l’on en croit le journal de bord de 1613 du capitaine anglais John Saris :  » Dans les villes du Japon que nous avons visitées, des enfants et des vagabonds se sont rassemblés et nous ont poursuivis en criant “Traîtres d’étrangers” ! Surnommés  » hommes aux cheveux rouges  », Anglais et Hollandais sont partout objets de moqueries en raison de leur physique encore plus étrange aux yeux des Nippons que celui des « barbares du Sud » portugais, arrivés au Japon dans les années 1540. Nés dans des pays esclavagistes, les missionnaires européens ne voyaient aucun mal à débarquer en compagnie de leurs propres esclaves indiens, malais ou africains.

Capturé sur l’île de Mozambique, Yasuke, aussi surnommé Kuro-san (kuro signifiant  » noir  »), a été l’un de ces malheureux. Ota Gyuichi note qu’en mai 1581 l’affranchi suit Nobunaga dans son château d’Azuchi. Promu samouraï, il devient alors son conseiller et garde du corps. L’aventure est de courte durée car Nobunaga, vaincu l’année suivante par la trahison de son vassal Matsuhide, s’inflige le suicide rituel. Yasuke entend poursuivre le félon, mais à son tour il est vaincu. Matsuhide aurait alors déclaré :  » Cet homme noir est un animal. Il ne sait rien et n’est pas japonais. Il n’y a pas lieu de le tuer !  »

La pop culture ? remet Yasuke en lumière

Racisme ou compassion ? En ces temps de justice expéditive, il est plutôt rare d’accorder la vie sauve aux vaincus. Or Yasuke est épargné. Ce qu’il advint de lui ensuite se perd dans les limbes de l’Histoire, avant que son extraordinaire aventure n’entre dans la légende. La pop culture le remet aujourd’hui en lumière : en 2019, Yasuke a prêté son nom à un album du groupe I A M, et en 2021, il est le héros d’une BD et d’une série animée sur Netflix.

Klik !

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Les inventions des anglais !


 »So smart » ! Il faut bien le reconnaître, nos voisins ont du génie. Le rugby, les passages cloutés et le métro ne sont qu’une partie
de leurs trouvailles…

Ce sont les Anglais qui ont dénudé les jambes des femmes! En 1962, dans sa boutique de King’s Road, à Londres, la jeune styliste Mary Quant

Mary Quant ?

raccourcit sérieusement ses jupes pour  » permettre aux femmes de courir librement après un bus  ». Lignes simples, couleurs vives, bon marché… le succès est immédiat et la minijupe

devient l’étendard de la libération des femmes.

La pop music :

Le 3décembre 1965, les Beatles sortent  » Rubber Soul  », un album qui signe l’acte de naissance de la pop music, en livrant une mélodie riche, originale et retravaillée en studio. Incarnation d’une jeunesse populaire, le courant pop s’inscrit dans les nouvelles pratiques de consommation et la culture de masse. Pour l’artiste londonien des sixties Richard Hamilton

Richard Hamilton ????

, l’art pop est  » populaire, éphémère, jetable, bon marché, produit en série, jeune, spirituel, glamour (…) et rapporte gros  ».

Le train :

21 février 1804, Pays De Galles. Pour la première fois, un train à vapeur

un train à vapeur

s’élance sur des rails, à 8kilomètres-heure. Conçue par l’ingénieur anglais Richard Trevithick

Richard Trevithick ?

, la locomotive tracte 10tonnes de fer et wagons transportant une soixantaine de personnes. La course au rail est lancée! En 1825, dans les Midlands, la première ligne ferroviaire à usage commercial est ouverte.

Les W-C :

1592. La reine Élisabeth 1ère d’Angleterre, en visite chez le poète John Harington

John Harington ?

, découvre une chaise d’aisance étonnante. Sur le toit, une réserve d’eau est reliée aux toilettes par un tuyau qui, lorsqu’on ouvre le robinet, chasse le contenu vers une fosse extérieure. C’est la toute première chasse d’eau. La reine en équipe aussitôt son palais de Richmond. En 1775, Alexander Cummings

Alexander Cummings ?

y ajoute un siphon, empêchant la remontée des puanteurs

1ère toilette ????

, et fait breveter le système. Au XIXesiècle, avec la généralisation de l’eau courante et du tout-à-l’égout, les W-C (pour  »water-closets  ») se répandent dans les logis.

Le bifteck :

L’ amour de la viande , c’est aux anglais qu’on le doit! Leur passion pour le bœuf rôti (roast beef) est telle qu’au XVIIIesiècle, au théâtre, le personnage de Jacques Rosbif est l’incarnation de l’Anglais typique.  » Le beefsteak est un mets qui mérite bien qu’en temps de paix l’on passe la Manche pour connaître  », écrit en 1803 le gastronome Grimod de La Reynière dans son Almanach des gourmands. Après la défaite de Napoléon, les troupes anglaises à Paris finissent par convaincre les chefs d’ajouter rosbif et biftek à leur carte.