Heureux ceux qui ne souffrent d’aucune maladie …..


    Ce jeudi , en début d’après-midi , je suis allé à la pharmacie pour obtenir les comprimés nécessaires au traitement de mon épileptie ( muni de mon ordonnance bien entendu ) ….Entré dans la pharmacie , je présente la dite ordonnance à une des employée et là…….Elle me dit :  » il vous faut le tout  ?  » 

Moi : » non , seulement celui-ci   » ( le plus important )….

  Et là !  Cette  » brave » jeune fille  me dit ( en consultant son ordinateur )   :  » Mais non , il doit vous en rester  » !!!! J’insiste bien sur , mais elle n’en démord pas ! ….Du coup , j’eu un doute  et lui proposais de rentrer pour contrôler …..Mais après avoir tout regardé / inventorié : Pas de médoc ! => Re pharmacie ….Mais la  » miss  » ne voulait rien entendre , l’ordi dit que je doit encore en avoir , c’est que je dois en avoir ! Alors, en désespoir de cause , je lui demande  de m’en VENDRE une boite …..

Là elle accepte , disant qu’elle me la donne  » en avance sur la prochaine ordonnance  » ou je ne sais quoi ….Mais…..Après s’être tournée vers le  » présentoir  »  : Il n’ y en a plus !… » Peut-être demain  » me dit elle …..Je suis reparti sans dire ni merci ni  » au revoir  » 

  Conséquence : Malaise en fin d’après midi , avec perte de connaissance ! ( C’est Emmanuel qui m’a  » réveillé  » : Il venait avec son amie et la fille de celle- ci qui voulait voir Cali …(Il a la clé => il sont entrés alors que j’étais dans les  » vaps  ») .

  Là j’ ai pris le dernier comprimé , j’ y retournerais ce vendredi  en espérant avoir le médicament ….Sinon…..

 » Avec elle, j’ai appris que la maladie est plus mortelle que la mort elle-même. »

     Citation de Christophe Léon ?

 

çà s’est passé il y a …..


  environ 78 ans ( ce billet sera peut-être long , trop long ? ) Mais…..peut on ,doit on oublier ? 

 » La rafle du billet vert  »  :

En mai 1941, à Paris, des milliers de Juifs étrangers reçoivent une convocation, le «billet vert» : ils sont «invités à se présenter» le 14 mai dans divers lieux de rassemblement «pour examen de situation».

    Leur liste a été établie grâce au fichier du recensement effectué à partir de septembre 1940 par les autorités françaises, sur ordre de l’occupant allemand.

   Ils doivent être accompagnés d’un membre de leur famille ou d’un ami. Persuadés qu’il s’agit d’une simple formalité, beaucoup s’y rendent. Ils sont alors retenus, tandis que la personne qui les accompagne est priée d’aller chercher pour eux quelques vêtements et vivres .

   3 700 Juifs sont ainsi arrêtés dans la région parisienne : c’est la «rafle du billet vert». Cette première rafle précède de quatorze mois la rafle du Vél d’Hiv.

embarquement

 

   Conduits à la gare d’Austerlitz en autobus, les Juifs sont transférés le jour même en train vers le Loiret, à une centaine de kilomètres au sud de Paris.

1 700 d’entre eux sont internés à Pithiviers, 2 000 à Beaune-la-Rolande. Ils y resteront  pendant plus d’un an, dans l’ignorance totale du sort qui leur est réservé. Beaune

 

    Le 8 mai 1942, 289 d’entre eux sont transférés au stalag de Compiègne-Royallieu, d’où ils sont majoritairement déportés vers Auschwitz le 5 juin 1942.

   Les autres connaissent  bientôt le même sort. Trois convois partent directement vers Auschwitz : le 25 juin et le 17 juillet 1942 de Pithiviers, le 28 juin de Beaune-La-Rolande.

    Les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande sont la concrétisation de la politique antisémite et de collaboration engagée par le régime de Vichy dès son arrivée au pouvoir.

    Un décret du 4 octobre 1940, signé par le maréchal Pétain, a permis d’interner «les ressortissants étrangers de race juive» dans des camps spéciaux, sur simple décision préfectorale et sans motif. Le «statut des Juifs», paru la veille, avait donné une définition «française» ( différente de  celle des nazis ) de la «race juive» et édicté les premières interdictions professionnelles (fonction publique, presse, cinéma …).

  Au printemps suivant, cette politique antisémite s’intensifie sous les pressions allemandes, avec la création du Commissariat Général aux Questions Juives et l’internement d’un total d’environ 5 000 Juifs étrangers de la région parisienne.

  C’est ainsi que sont créés les camps jumeaux de Pithiviers et de Beaune-la-RolandePithiviers. Le choix de ces petites villes du Loiret est dû à leur proximité de Paris, à une bonne accessibilité par le chemin de fer, à la possibilité de trouver sur place du ravitaillement et à la présence d’installations sécurisées (barbelés, miradors) qui ont déjà hébergé des prisonniers de guerre français, transférés depuis en Allemagne.

Les camps sont administrés par la préfecture du Loiret, à Orléans ; un Service des Camps a été mis en place.

Les internés sont installés dans des baraques en bois mesurant 30m sur 6m, avec soubassement de béton. Dans chaque baraque, de chaques côtés d’un couloir, deux rangées de châlits (lits à deux ou trois étages), remplis de paille ; paillasses et couvertures sont en nombre insuffisant ; 2 poêles seulement pour se chauffer, et aucune place pour le rangement.chalits

 

   Les conditions de vie y sont  très mauvaises. En particulier les installations sanitaires et médicales ne sont pas  » opérationnelles  » à l’arrivée des internés. La situation va un peu s’améliorer, mais l’alimentation reste insuffisante , l’hygiène très précaire (la prévention des épidémies étant le seul souci de l’administration ), le logement insalubre (les baraques sont étouffantes en été, très froides en hiver, à la fois mal isolées et non aérées).

   Le personnel de surveillance, français, a une triple origine : des gendarmes venus de la banlieue parisienne, chargés d’assurer la sécurité extérieure, des douaniers repliés du sud-ouest, chargés de la sécurité intérieure, et, en renfort, des gardiens auxiliaires, recrutés localement.

   Le chef de camp est un capitaine de gendarmerie en retraite, plutôt âgé, attiré par le cumul emploi-retraite. Il est assisté d’un gestionnaire à plein temps et d’un médecin-chef, un médecin de ville qui assure quelques vacations, l’essentiel du travail étant pris en charge par des médecins juifs internés.

   Selon le comportement de la direction, le régime intérieur du camp oscille entre des périodes de laisser-aller indifférent et d’autres où la répression s’intensifie, avant finalement de se durcir considérablement suite aux reproches de la hiérarchie préfectorale, de la presse collaborationniste, et surtout des Allemands, qui obtiennent, en avril 1942, le remplacement du chef du camp de Pithiviers jugé trop laxiste.

  Les internés ne voient pratiquement jamais d’Allemands, si ce n’est à l’occasion de quelques visites d’inspection , et lors des «départs» en déportation, au moment de l’embarquement dans les wagons à bestiaux.

  Par contre, des pressions allemandes s’exercent sur la préfecture d’Orléans, vite suivies d’effets : la Feldkommandantur infléchit ainsi les pratiques d’internement des autorités françaises, au point, finalement, de les piloter. La seule réticence notable de la part des fonctionnaires du Loiret se manifeste lorsqu’ils demandent que les Allemands respectent la voie hiérarchique pour faire passer leurs exigences : en cela, ils sont d’ailleurs de zélés pratiquants de la collaboration d’État.

   Les réactions des internés devant le sort qui leur est fait sont diverses et varient au fil du temps. Ils cherchent des moyens d’échapper à une situation qui les inquiète de plus en plus, que ce soit un motif officiel de libération ou une filière clandestine pour s’évader. évasion L’évasion toutefois devient de plus en plus difficile au fil des mois, et fait en plus  l’objet d’un débat complexe entre les internés, entre les internés et leurs familles, entre les internés et les organisations de résistance. Ils s’efforcent cependant , de trouver des moyens pour améliorer leurs conditions de vie, grâce à un réseau d’amis ou par une  affectation qui offrirait des opportunités de sortie (travail ou corvées à l’extérieur du camp).

   Le temps passant, des groupes organisent une vie culturelle (conférences, cours, débats, théâtre, chorale, ateliers artistiques), aidée par la présence d’artistes, d’artisans et d’intellectuels internés. L’administration laisse faire : ces activités lui garantissent un certain calme, et elle peut user de leur privation comme d’un moyen de sanction.

  Des groupes d’internés réussissent à se structurer en un comité clandestin de résistance et à établir le contact avec des mouvements extérieurs au camp. C’est ainsi que s’organise une circulation clandestine de courrier. Deux journaux, clandestins eux aussi, sont rédigés par des internés ! Et recopiés à la main dans le camp.

   Les internés vivent leur enfermement en se retrouvant au sein de groupes variés : habitants d’une même baraque, équipes de corvées intérieures ou extérieures ( ces dernières étant les plus prisées car quand on sort, même sous surveillance et pour travailler, on peut nouer des contacts -, groupes d’activités culturelles, participants aux multiples débats plus ou moins informels, simples groupes d’affinités (les jeunes, les croyants, les lecteurs, les peintres etc.).

   Certains internés travaillent à l’extérieur ( dans des fermes, des usines, des chantiers forestiers, des carrières ) , qui à l’époque manquent tous de main d’œuvre. Travailler permet à la fois de sortir des barbelés, de tromper l’ennui, de trouver une meilleure alimentation et un maigre appoint financier ou de rechercher des opportunités d’évasion.

   Les internés peuvent rester en rapport avec leurs familles encore en liberté (mais confrontées à l’aggravation progressive de la persécution) par le courrier, par les visites, et même, dans un premier temps, par des permissions. Ils peuvent également recevoir des colis. Le lien maintenu est fragile : il est quelquefois brutalement interrompu par mesure disciplinaire.

Au cours de l’été 42 : nouvelles rafles
   Après la rafle du Vel d’Hiv, entre le 19 et le 22 juillet 1942, près de 8 000 personnes (parmi lesquelles plus de 4 000 enfants, souvent très jeunes ) , sont transférées dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, conçus pour en accueillir moitié moins. Pourtant prévenue de l’arrivée de milliers de personnes, l’administration des camps n’a rien prévu, ni pour l’hébergement ni pour l’alimentation, en particulier pour de très jeunes enfants. La pagaille rêgne : Tout manque ( nourriture, médicaments, couvertures, vêtements) .Les femmes et d’enfants sont installés sur de la paille posée à même le sol. À Pithiviers, dès le 20 juillet, les baraques sont saturées. Le 21, ce sont plus de 2 000 personnes supplémentaires qui arrivent : elles sont entassées dans un hangar réquisitionné.

La situation sanitaire étant catastrophique, des épidémies se déclarent. Faute des soins nécessaires, plusieurs enfants meurent.

  Dès la mi juillet, l’administration française a exprimé «le souhait de voir les convois à destination du Reich inclure également les enfants».

   Or, à cette période, les nazis ne réclament que les adolescents de plus de 15 ans. En attendant l’autorisation de Berlin pour déporter les enfants Aline, il est envisagé de les séparer de leurs parents, qui doivent être déportés dans les jours qui suivent. Finalement çà se produit fin juillet dans les camps d’internement du Loiret.

  Fin juillet, la décision est prise de déporter les adultes, pour compléter l’effectif des convois prévu lors des accords franco-allemands.

   Brutalement séparés de leurs enfants les plus jeunes, les mères et les grands adolescents sont alors massivement déportés par 4 convois partant directement des gares de Pithiviers et Beaune-la-Rolande vers Auschwitz, du 31 juillet au 7 août.

    Les enfants restent seuls, livrés à une détresse absolue, matérielle et psychique.

   L’accord écrit pour la déportation des enfants arrive de Berlin mi août.

   Entre le 15 et le 25 août, les enfants sont transférés à Drancy , d’où ils sont déportés à Auschwitz-Birkenau, majoritairement par les convois du 17 au 28 août 1942. Ceux qui ne partent pas dans ces convois partiront un peu plus tard,  le 21 septembre , depuis la gare de Pithiviers (la plus jeune a 2 ans).

Aucun des enfants déportés n’est revenu.

  Après septembre 1942, les internés juifs de Pithiviers sont transférés à Beaune-la-Rolande. Le camp de Pithiviers enferme désormais, de septembre 1942 à août 1944, des «internés administratifs», essentiellement des communistes internés par décision préfectorale.

   Le camp de Beaune-la-Rolande absorbe, pour des durées provisoires, les sureffectifs du camp de Drancy, ou encore «héberge» les «catégories» d’internés jugées, au moins pour un temps, «non-déportables». La vie du camp est alors rythmée par le départ de quelques convois pour Drancy, par un va-et-vient de groupes de centaines d’internés, constamment reclassés et déplacés. Les Allemands décident, et l’administration française applique systématiquement leurs décisions.

    En juillet 1943, après une inspection d’Aloïs Brünner dans le Loiret, les internés seront tous rassemblés à Drancy, et le camp de Beaune-la-Rolande sera fermé.

A quoi çà sert …..


Un beau matin
On vient au monde
Le monde
N’en sait rien
Puis on grandit
On recommence
La danse
De la vie
Et puis on use nos mains
À continuer le chemin
Qu’avaient commencé nos ancêtres
Je sais qu’un jour va venir
Où ce chemin va finir
Ce jour viendra bientôt, peut-être

Ça sert à quoi, tout ça?
Ça sert à quoi, tout ça?
Ne me demandez pas de vous suivre
Ça sert à quoi, tout ça?
Ça sert à quoi, tout ça?
Il nous reste si peu à vivre

On se connait
On dit quand même
Je t’aime
Pour toujours
L’éternité
N’est plus en siècles
Des siècles
Mais en jours
Si tu me donnes un enfant
Aura-t-il assez de temps
Pour arriver à l’âge d’homme?
S’il reste seul ici-bas
Avec une fille à son bras
Trouveront-ils encore des pommes?

Ça sert à quoi, tout ça?
Ça sert à quoi, tout ça?
Ne me demandez pas de vous suivre
Ça sert à quoi, tout ça?
Ça sert à quoi, tout ça?
Il nous reste si peu à vivre

Cette chanson
Quand je la chante
Je chante
Pour du vent
C’est la chanson
Du glas qui sonne
Personne
Ne l’entend
Tu as beau me répéter
Qu’on n’a jamais rien changé
Avec des notes et des phrases
Je continue de chanter
Les doigts en forme de V
En attendant que tout s’embrase

Ça sert à quoi, tout ça?
Ça sert à quoi, tout ça?
Ne me demandez pas de vous suivre
Ça sert à quoi, tout ça?
Ça sert à quoi, tout ça?
Il nous reste si peu à vivre

Ça sert à quoi, tout ça?
Ça sert à quoi, tout ça?
Pour le peu qu’il nous reste à vivre

Bonnus:

……Pour mon plaisir…..


Les oiseaux de passage 
par Jean RICHEPIN

C’est une cour carrée et qui n’a rien d’étrange :

Sur les flancs, l’écurie et l’étable au toit bas ;

Ici près, la maison ; là-bas, au fond, la grange

Sous son chapeau de chaume et sa jupe en plâtras.

Le bac, où les chevaux au retour viendront boire,

Dans sa berge de bois est immobile et dort.

Tout plaqué de soleil, le purin à l’eau noire

Luit le long du fumier gras et pailleté d’or.

Loin de l’endroit humide où gît la couche grasse,

Au milieu de la cour, où le crottin plus sec

Riche de grains d’avoine en poussière s’entasse,

La poule l’éparpille à coups d’ongle et de bec.

Plus haut, entre les deux brancards d’une charrette,

Un gros coq satisfait, gavé d’aise, assoupi,

Hérissé, l’œil mi-clos recouvert par la crête,

Ainsi qu’une couveuse en boule est accroupi.

Des canards hébétés voguent, l’oeil en extase.

On dirait des rêveurs, quand, soudain s’arrêtant,

Pour chercher leur pâture au plus vert de la vase

Ils crèvent d’un plongeon les moires de l’étang.

Sur le faîte du toit, dont les grises ardoises

Montrent dans le soleil leurs écailles d’argent,

Des pigeons violets aux reflets de turquoises

De roucoulements sourds gonflent leur col changeant.

Leur ventre bien lustré, dont la plume est plus sombre,

Fait tantôt de l’ébène et tantôt de l’émail,

Et leurs pattes, qui sont rouges parmi cette ombre,

Semblent sur du velours des branches de corail.

Au bout du clos, bien loin, on voit paître les oies,

Et vaguer les dindons noirs comme des huissiers.

Oh ! qui pourra chanter vos bonheurs et vos joies,

Rentiers, faiseurs de lards, philistins, épiciers ?

Oh ! vie heureuse des bourgeois !

Qu’avril bourgeonne

Ou que décembre gèle, ils sont fiers et contents.

Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne ;

Ca lui suffit, il sait que l’amour n’a qu’un temps.

Ce dindon a toujours béni sa destinée.

Et quand vient le moment de mourir il faut voir

Cette jeune oie en pleurs :

» C’est là que je suis née ; Je meurs près de ma mère et j’ai fait mon devoir.

« Elle a fait son devoir ! C’est à dire que oncque

Elle n’eut de souhait impossible, elle n’eut

Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque

L’emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu.

Elle ne sentit pas lui courir sous la plume

De ces grands souffles fous qu’on a dans le sommeil,

pour aller voir la nuit comment le ciel s’allume

Et mourir au matin sur le coeur du soleil.

Et tous sont ainsi faits ! Vivre la même vie

Toujours pour ces gens-là cela n’est point hideux

Ce canard n’a qu’un bec, et n’eut jamais envie

Ou de n’en plus avoir ou bien d’en avoir deux.

Aussi, comme leur vie est douce, bonne et grasse !

Qu’ils sont patriarcaux, béats, vermillonnés,

Cinq pour cent ! Quel bonheur de dormir dans sa crasse,

De ne pas voir plus loin que le bout de son nez !

N’avoir aucun besoin de baiser sur les lèvres,

Et, loin des songes vains, loin des soucis cuisants,

Posséder pour tout cœur un viscère sans fièvres,

Un coucou régulier et garanti dix ans !

Oh ! les gens bienheureux !…Tout à coup, dans l’espace,

 Si haut qu’il semble aller lentement, un grand vol      

En forme de triangle arrive, plane et passe.

Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol !

Les pigeons, le bec droit, poussent un cri de flûte

Qui brise les soupirs de leur col redressé,

Et sautent dans le vide avec une culbute.

Les dindons d’une voix tremblotante ont gloussé.

Les poules picorant ont relevé la tête.

Le coq, droit sur l’ergot, les deux ailes pendant,

Clignant de l’œil en l’air et secouant la crête,

Vers les hauts pèlerins pousse un appel strident.

Qu’est-ce que vous avez, bourgeois ? soyez donc calmes.

Pourquoi les appeler, sot ? Ils n’entendront pas.

Et d’ailleurs, eux qui vont vers le pays des palmes,

Crois-tu que ton fumier ait pour eux des appas ?

Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages.

Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts,

Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages.

L’air qu’ils boivent ferait éclater vos poumons.

Regardez-les ! Avant d’atteindre sa chimère,

Plus d’un, l’aile rompue et du sang plein les yeux,

Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère,

Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux.

Pour choyer cette femme et nourrir cette mère,

Ils pouvaient devenir volaille comme vous.

Mais ils sont avant tout les fils de la chimère,

Des assoiffés d’azur, des poètes, des fous.

Ils sont maigres, meurtris, las, harassés. Qu’importe !

Là-haut chante pour eux un mystère profond.

A l’haleine du vent inconnu qui les porte

Ils ont ouvert sans peur leurs deux ailes. Ils vont.

La bise contre leur poitrail siffle avec rage.

L’averse les inonde et pèse sur leur dos.

Eux, dévorent l’abîme et chevauchent l’orage.

Ils vont, loin de la terre, au dessus des badauds.

Ils vont, par l’étendue ample, rois de l’espace.

Là-bas, ils trouveront de l’amour, du nouveau.

Là-bas, un bon soleil chauffera leur carcasse

Et fera se gonfler leur cœur et leur cerveau.

Là-bas, c’est le pays de l’étrange et du rêve,

C’est l’horizon perdu par delà les sommets,

C’est le bleu paradis, c’est la lointaine grève

Où votre espoir banal n’abordera jamais.

Regardez-les, vieux coq, jeune oie édifiante !

Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu’eux.

Et le peu qui viendra d’eux à vous, c’est leur fiente.

Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux

Bonus lol :

Quand les souvenirs……..


  reviennent :Parfois , ils sont agréables ou amènent une certaine nostalgie , il est bon de les revivre dans le présents …..Par contre , il arrive que ce soit le contraire ….

    Quand j’étais enfant , les fins de mois n’étaient pas  » gaies  » financièrement……Alors , il restait le crédit  » charitable  » des commerçants : Chez moi , ce dernier  » jouait  » beaucoup . Alors, ma mère préparait une liste de course  et j’étais chargé de passer chez l’épicier du village épicerie ( C’était toujours à moi d’y aller ! ) …..Peut-être parceque j’était ami avec le fils de l’épicier ?…..

   Alors , pas vraiment gêné  ( on ne l’ est que rarement étant enfant ) , j’entrais dans la boutique  et , si il y avait d’autres clients , j’attendais qu’ils soient sortis …Puis j’avançais jusqu’au comptoir , donnait la liste à la dame en lui disant  » bonjour madame Leduc , maman a demandé si vous voulez bien me donner çà et  le  » marquer  » (  » marquer  » c’était bien le verbe qu’on employait , pas  » noter  » ! ? )…..épicièreLa dame prenait ma liste, et mettait les courses sur le comptoir …Puis elle les notait sur un cahier ( cahier qui comportait une page par client ayant un crédit en cours ) , ensuite , elle les mettait dans mon sac ( en osier )  qu’elle me rendait …Souvent , elle y ajoutait même une friandise ! 

  Puis je quittais le magasin avec un  » au revoir madame , merci  » , auquel la brave dame répondait toujours  » au revoir mon grand , dit bonjour à ta maman  » 

   Aujourd’hui , je vis pratiquement le même  » scénario  » : Depuis fin avril , mon compte est largement à découvert ( rien ne  » rentrera  » avant 3 ou 4 jours ) . Je n’ai plus RIEN du tout comme finance ! Evidemment, je consomme le moins possible en nourriture , n’achète pas de cigarette ( çà = dur nerveusement ) ……

  Cependant , il faut bien que je mange un peu , ne serait ce que du pain …Pain que je suis allé acheter tout à l’heure  heuuu non , pas acheter : Demander au boulanger de me le donner  » à crédit  » , idem pour mon ancienne épicerie : Il a accepté de me donner quelques boites de conserves que je lui paierais quand je pourrais. ! ( j’avais prévu de prendre du café , mais  j’ai oublié ! )

Finalement , la vie est un éternel recommencement , je revis ce que j’ai vécu étant enfant ? Mais cette vie est loin d’être toujours drôle ….

Dans ces cas , je comprends mieux comment on peut devenir S.D.F ….

Déballage sans intérêt  sauf pour moi 

Pleurnicheries ………


  Lamentable! Mon état est lamentable sur tous les plans  : Les finances ! ( autorisation de découvert bancaire largement dépassé ) . Pourtant je dépense le moins possible , depuis plusieurs jours , je ne mange que du pain avec du beurre et du café ( caffé qui arrive à zéro ) ….

La santé : Les problêmes amènent le stress => Malaises épileptiques  » à répétition » ….

  Que faire ?   

Lancer un S.O.S à Manu ?  pfffff !

Arrêter ? TOUT arrêter ?  Peut-être …….

Je bloque les commentaires  sur cet  » exutoire  »

Mort à crédit …..


     Comme chaque jour, il est sorti sous un ciel couvert …

Avec l’intention d’acheter sa dose de nicotine habituelle, mais , à l’instant de régler la note : La carte bancaire notait :  » paiement refusé  » !!!

  Hé oui , si le ciel était couvert , son compte bancaire est largement à découvert !

Comment faire ? Se demandait il …..Et là , prenant son courage à deux mains , il demanda timidement au buraliste si il voulait bien lui faire crédit , ce dernier hésita puis lui dit  » oui  » , lui répondit :  » merci  , je vais vous faire un chèque chèque que , si vous voulez bien , vous ne remettrez que quand je vous le dirais  » Le chèque fait , il ressortit se maudissant : Cette saleté de cigarette le tue   lentement et en plus l’oblige à s’humilier  (comme toutes les drogues  )……

Camille !


    Comme prévu, Emmanuel et venu tout à l’heure vers 15 heure avec Camille et Justine….

La sonnerie : J’ouvre et…..Camille en tête  :  » Bonjour Pappys , çà va toi ?  » , après mon  » oui ma puce, çà peut aller  » accompagné d’un bisou / calin ,  (comme elle dit ) , elle me répondit :  » çà peut seulement ? T’es malade ?  »  ….Je l’ai rassurée en lui répondant   » non , je ne suis pas malade  , puis comme tu es là , je me sens très bien  » . Elle :  » Ho ! c’est gentil çà  » lol ! puis :  » Tu prends bien tes cachets au moins ?  »  ! ( même çà elle le sait pffff …)….Bref , çà commençait  » fort  » …..( Elle vient d’avoir 5 ans le 29/03 ! )….

Après quelques minutes  , Emmanuel dit qu’il devait partir quelques heures pour aider une copine à ? Alors il dit à ma puce :  » Bon je te laisse un peu avec pappy , mais tu es sage hein , pas de caprice ni bêtise !  » , elle lu a répondu :  » Mais non , tu me connais avec pappy je suis toujours sage   » 

Donc nous voilà seuls tous les deux ……..

Et çà commence : La télé était allumée  =>  » qu’est ce que tu regardes ?  » , moi :  » boof , je ne sais pas , tu veux que je change ?  » Et là !  » Attends , je vais mettre les dessins animés  » en prenant la télé – commande et hop , elle met une chaine que je ne connais même pas où passent effectivement une foule de dessins animés …..

( j’ai droit à la descriptions des personnages : Les bons , les méchants etc…..) ….

  Bien sur , elle avait avec elle plusieurs poupées et accessoires : Elle commence à jouer (  » hà elle a faim , je vais lui donner son biberon  », puis  » Ho Prosper à fait pipi , je vais changer sa couche   » etc ,tout ceci en leurs parlant comme à de vrais bébés => je me sens obligé de la prendre au sérieux en lui faisant des réflexions style  » si tu leurs donnes trop à manger , ils vont être malades , digèreront mal etc….. » , 

   » Ben oui , je sais , faut pas qu’ils  » ont  » une gastro  » ! => Moi  » qu’est ce que c’est une gastro ?  »  » Pfff Pappy tu ne sais pas grand chose ! , çà veut dire qu’ils auront mal au ventre et peut-être de la fièvre , alors je devrais les montrer au médecin  » 

  Evidemment , sans penser à elle , par réflexe , j’allume une cigarette ….Et là :  » Ah non , tu peux pas fumer , ou alors , au moins , tu ouvres la fenêtre !  » => je m’éxecute et ouvre la fenêtre … Après quelques temps , je lui dis que je dois sortir pour acheter du pain et des cigarettes , je lui demande si elle veut m’attendre sagement ou venir avec moi ( il fait beau ) …..Elle décide de venir . D’abord les cigarettes : Avec un  » bonjour madame  »  de sa part à la buraliste qui lui répond  » bonjour mademoiselle  » ……Camille :  » Je m’appelle Camille , et lui c’est mon pappy ,le papa de mon papa tu sais  !  » => Un sourire accompagnée d’un  » d’accord , tu es bien mignonne , il est gentil ton pappy ?  » …. » Ho oui , très , moi , je l’aime beaucoup ! Et toi , tu l’aimes bien ?  » pfffff ( je ne savais pas où me mettre ) ….

Enfin , la boulangerie  où mes deux baguettes m’attendaient …..Là , je lui propose une patisserie , elle choisit un simple croissant  et le gars lui demande ( après m’avoir fait un signe demandant si j’étais O.K ) si elle veut un petit sachet de bonbons …Elle me regarde :  » je peux  ?  »  après ma réponse affirmative , elle accepte avec un  » merci monsieur , au revoir  » . Une fois dans l’appart. , elle mangea son croissant et ensuite vint le  » j’ai soif , tu as quelque chose ?  » …Moi,  » Ben j’ai seulement de l’eau et du coca  » ….. » Bon et bien je vais boire un coca , si tu veux bien  »  ..Elle finissait celui – ci quand Manu et Bérénice sont rentrés …Avec la sempiternelle question de Manu me demandant si çà  » avait été  »  , avant que j’ai répondu , Camille répondit  » Ho oui , très bien  » en commençant à narrer les quelques heures passées ensemble . 

Puis ils sont partis me laissant seul avec une impression bizarre de vide …..

Voilà ! Camille il y a quelques temps .

 

 

 

 

STOP !


J’ai passé un loooonnnnngggg moment à nettoyer mon P.C ( très vieux mails => supprimés )

Et cet après – midi , Manu passera vers 14 / 15 h avec mes deux PETITTES FILLES !!!!!

Alors là : Une dernière clop et au lit !

A ce soir probablement ………..

Mélancolie……….


La Mélancolie

C’est un’ rue barrée
C’est c’qu’on peut pas dire
C’est dix ans d’purée
Dans un souvenir
C’est ce qu’on voudrait
Sans devoir choisir

La Mélancolie
C’est un chat perdu
Qu’on croit retrouvé
C’est un chien de plus
Dans le mond’ qu’on sait
C’est un nom de rue
Où l’on va jamais
La Mélancolie
C’est se r’trouver seul
Plac’ de l’Opéra
Quand le flic t’engueule
Et qu’il ne sait pas
Que tu le dégueules
En rentrant chez toi
C’est décontracté
Ouvrir la télé
Et r’garder distrait
Un Zitron’ pressé
T’parler du tiercé
Que tu n’a pas joué

La Mélancolie
La Mélancolie
C’est voir un mendiant
Chez l’conseil fiscal
C’est voir deux amants
Qui lis’nt le journal
C’est voir sa maman
Chaqu’ fois qu’on s’voit mal

La Mélancolie
C’est revoir Garbo
Dans la rein’ Christine
C’est revoir Charlot
A l’âge de Chaplin
C’est Victor Hugo
Et Léopoldine

La Mélancolie
C’est sous la teinture
Avoir les ch’veux blancs
Et sous la parure
Fair’ la part des ans
C’est sous la blessure
Voir passer le temps
C’est un chimpanzé
Au zoo d’Anvers
Qui meurt à moitié
Qui meurt à l’envers
Qui donn’rait ses pieds
Pour un revolver

La Mélancolie
La Mélancolie
C’est les yeux des chiens
Quand il pleut des os
C’est les bras du Bien
Quand le Mal est beau
C’est quelquefois rien
C’est quelquefois trop
La Mélancolie
C’est voir dans la pluie
Le sourir’ du vent
Et dans l’éclaircie
La gueul’ du printemps
C’est dans les soucis
Voir qu’la fleur des champs

La Mélancolie
C’est regarder l’eau
D’un dernier regard
Et faire la peau
Au divin hasard
Et rentrer penaud
Et rentrer peinard
C’est avoir le noir
Sans savoir très bien
Ce qu’il faudrait voir

Entre loup et chien
C’est un DESESPOIR
QU’A PAS LES MOYENS
La Mélancolie
La Mélancolie