C’était le 27 novembre 1520….


 François de MagellanMagellan franchit le détroit qui portera son nom à bord de  » La Victoria  » ..Il est le premier à relier les océans Atlantique et pacifique par la mer ….

L’expédition commandée par Magellan a pour objectif de rallier l’archipel des Moluques par l’ouest en contournant le continent américain.
    Elle est financée par l’Espagne qui pourrait ainsi avoir accès à ces îles aux épices sans traverser l’océan Indien qui est sous contrôle portugais.

     Magellan connaît l’existence d’un océan entre le nouveau monde et l’Asie et il dispose d’informations sur la côte de l’Amérique du Sud jusqu’à la hauteur du Rio de la Plata.
   La présence de cette profonde baie approximativement à la même latitude que la pointe sud de l’Afrique, laisse espérer à Magellan l’existence d’un passage à travers le nouveau continent.

  La flotte de cinq navires quitte l’Espagne le 20 septembre 1519.
Au mois de décembre elle fait une première escale de quelques jours dans la baie de l’actuel Rio de Janeiro.
   À la mi-janvier les navires atteignent le Rio de la Plata. Magellan comprend rapidement que cette baie ne constitue pas un passage à travers le continent et doit lutter contre une partie des équipages qui souhaite faire demi-tour.

Poursuivant sa route vers le sud la flotte rencontre des conditions météorologiques de plus en plus difficiles. Fin mars Magellan décide d’attendre la fin de l’hiver austral dans une baie bien abritée, la baie de San Julian.
  Au cours de ces 5 mois d’hivernage l’explorateur fait face avec brutalité à une mutinerie, puis l’un des navires, le Santiago, chargé d’explorer une baie voisine fait naufrage.

La flotte repart en août. À la fin du mois d’octobre elle atteint une large baie dans laquelle la puissance des courants laisse penser qu’il s’agit du passage recherché.
    Un mois de navigation est nécessaire pour traverser ce labyrinthe de canaux au cours duquel l’équipage du San Antonio se mutine et décide de reprendre le chemin de l’Espagne.
   Les trois navires restant trouvent l’ouverture sur une nouvelle mer le 27 novembre.

     La traversée du Pacifique est extrêmement longue et éprouvante. Après trois mois et demi de navigation les équipages, minés par la faim et le scorbut, atteignent l’archipel des Mariannes où ils peuvent partiellement se ravitailler avant de continuer leur voyage vers l’ouest.

     L’expédition prend pieds aux Philippines le 17 mars 1521.

      Par ses précédents voyages ( sept ans de campagnes militaires en Inde ) Magellan avait remarqué le goût prononcé des indigènes pour les bibelots ; il en choisit donc quelques-uns pour les troquer avec les natifs : 20 000 cloches et clochettes, 400 douzaines de couteaux  » made in Germany  » (de qualité médiocre), et près de 900 miroirs sont emmenés ; les autochtones découvriront avec stupéfaction leur image pour la première fois de leur vie .Mais Magellan est tué quelques semaines plus tard dans un affrontement avec des populations locales.

   Compte tenu des nombreuses pertes en hommes un des trois navires est brûlé. Les deux derniers – le Trinidad et la Victoria Replique de Victoria ( réplique de la Victoria ), atteignent l’archipel des Moluques, le but de l’expédition, le 28 novembre.

    Chargés d’épices, les deux navires prennent alors deux directions opposées pour le retour. Le Trinidad échouera à retraverser le Pacifique d’ouest en est tandis que la Victoria décide de rallier l’Espagne par l’océan Indien.
Il passe le cap de Bonne-Espérance le 18 mai, remonte l’Atlantique, fait une escale aux Iles du Cap-Vert et parvient en Espagne le 6 septembre 1522 pratiquement trois ans après son départ.

   Cette expédition qui a réussi la traversée d’un océan immense et totalement inconnu, constitue l’une des plus grandes prouesses de l’histoire de la navigation. Elle apporte surtout la preuve qu’il est possible de faire le tour de la terre par la voie maritime.

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    Fernand de Magellan (Fernão de Magalhães en portugais, Fernando de Magallanes en castillan),  » très probablement  » né à Porto aux environs de 1480 et mort sur l’île de Mactan aux Philippines le 27 avril 1521, est un navigateur et explorateur portugais de l’époque des Grandes découvertes. Il est connu pour être à l’origine de la première circumnavigation de l’histoire ( achevée en septembre 1522 sous les ordres de Juan Sebastián Elcano après trois ans de voyage ) en ayant navigué vers l’ouest pour rejoindre les Moluques, découvrant sur son chemin le détroit qui porte son nom aujourd’hui.
    Au XVe siècle, ( contrairement à certaines idées reçues ), le fait que la Terre soit ronde était connu depuis l’Antiquité . Au IIIe siècle av. J.-C., Ératosthène Eratosthèneen avait mesuré la circonférence avec un degré d’exactitude remarquable. Même si les écrits des Grecs, hormis ceux d’Aristote, perdirent leur autorité, ce savoir perdura pendant tout le Moyen Âge. Le Traité de la Sphère de Joannes de Sacrobosco, écrit à Paris en 1224, fut largement divulgué dans tous les cercles savants sans que l’Église n’y trouve à redire. Le premier globe connu, c’est-à-dire le plus ancien conservé, est celui réalisé à Nuremberg par Martin Behaim en 1492.
   À cette époque également, l’Europe avait développé un goût pour les épices exotiques, ce qui a favorisé, outre l’intérêt de géographes, celui d’explorateurs et de commerçants. Magellan était convaincu que les Moluques (îles aux Épices) se trouvaient dans la moitié du globe qui revenait à la couronne d’Espagne à la suite du traité de Tordesillas qui partageait le monde entre Castillans et Portugais depuis 1494

C’était il y a environ….


  45 ans : Madame Simone Veil S.Veil 76prononçait son discours pour l’Interruption Volontaire de Grossesse ( Le 26 Novembre 1974 ).Devant une asemblée composée à 95% d’hommes !

Le discours : (long )

   Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, si j’interviens aujourd’hui à cette tribune, Ministre de la Santé, femme et non-parlementaire, pour proposer aux élus de la nation une profonde modification de la législation sur l’avortement, croyez bien que c’est avec un profond sentiment d’humilité devant la difficulté du problème, comme devant l’ampleur des résonances qu’il suscite au plus intime de chacun des Françaises, et en pleine conscience de la gravité des responsabilités que nous allons assumer ensemble. Mais c’est aussi avec la plus grande conviction que je défendrai un projet longuement réfléchi et délibéré pour l’ensemble du gouvernement, un projet qui, selon les termes même du président de la République, a pour objet de  » mettre fin à une situation de désordre et d’injustice et d’apporter une solution mesurée et humaine à un des problèmes les plus difficiles de notre temps ».
   Si le gouvernement peut aujourd’hui vous présenter un tel projet, c’est grâce à tous ceux d’entre vous , et ils sont nombreux et de tous horizons , qui, depuis plusieurs années, se sont efforcés de proposer une nouvelle législation, mieux adaptée au consensus social et à la situation de fait que connaît notre pays. C’est aussi parce que le gouvernement de M. Messmer avait pris la responsabilité de vous soumettre un projet novateur et courageux. Chacun d’entre nous garde en mémoire la très remarquable et émouvante présentation qu’en avait fait M. Jean Taittinger. C’est enfin parce que, au sein d’une commission spéciale présidée par M. Berger, nombreux sont les députés qui ont entendu, pendant de longues heures, les représentants de toutes les familles d’esprit, ainsi que les principales personnalités compétentes en la matière. Pourtant, d’aucuns s’interrogent encore : une nouvelle loi est-elle vraiment nécessaire ? Pour quelques-uns, les choses sont simples : il existe une loi répressive, il n’y a qu’à l’appliquer. D’autres se demandent pourquoi le Parlement devrait trancher maintenant ces problèmes : nul n’ignore que depuis l’origine, et particulièrement depuis le début du siècle, la loi a toujours été rigoureuse, mais qu’elle n’a été que peu appliquée. En quoi les choses ont-elles donc changé, qui oblige à intervenir ? Pourquoi ne pas maintenir le principe et continuer à ne l’appliquer qu’à titre exceptionnel ? Pourquoi consacrer une pratique délictueuse et, ainsi, risquer de l’encourager ? Pourquoi légiférer et couvrir ainsi le laxisme de notre société, favoriser les égoïsmes individuels au lieu de faire revivre une morale de civisme et de rigueur ? Pourquoi risquer d’aggraver une mouvement de dénatalité dangereusement amorcé au lieu de promouvoir une politique familiale généreuse et constructive qui permette à toutes les mères de mettre au monde et d’élever des enfants qu’elles ont conçus ?
   Parce que tout nous montre que la question ne se pose pas en ces termes. Croyez-vous que ce gouvernement et celui qui l’a précédé se seraient résolus à élaborer un texte et à vous le proposer s’ils avaient pensé qu’une autre solution était encore possible ? Nous sommes arrivés à un point où, en ce domaine, les pouvoirs publics ne peuvent plus éluder leurs responsabilités. Tout le démontre : les études et les travaux menés depuis plusieurs années, les auditions de votre commission, l’expérience des autres pays européens.Et la plupart d’entre vous le sentent, qui savent qu’on ne peut empêcher les avortements clandestins et qu’on ne peut non plus appliquer la loi pénale à toutes les femmes qui seraient passibles de ses rigueurs. Pourquoi donc ne pas continuer à fermer les yeux ? Parce que la situation actuelle est mauvaise.Je dirai même qu’elle est déplorable et dramatique.   Elle est mauvaise parce que la loi est ouvertement bafouée, pire même, ridiculisée. Lorsque l’écart entre les infractions commises et celles qui sont poursuivies est tel qu’il n’y a plus à proprement parler de répression, c’est le respect des citoyens pour la loi, et donc l’autorité de l’État, qui sont mis en cause. Lorsque des médecins, dans leurs cabinets, enfreignent la loi et le font connaître publiquement, lorsque les parquets, avant de poursuivre, sont invités à en référer dans chaque cas au ministère de la Justice, lorsque des services sociaux d’organismes publics fournissent à des femmes en détresse les renseignements susceptibles de faciliter une interruption de grossesse, lorsque, aux mêmes fins, sont organisés ouvertement et même par charters des voyages à l’étranger, alors je dis que nous sommes dans une situation de désordre et d’anarchie qui ne peut plus continuer.
   Mais, me direz-vous, pourquoi avoir laissé la situation se dégrader ainsi et pourquoi la tolérer ? Pourquoi ne pas faire respecter la loi ? Parce que si des médecins, si des personnels sociaux, si même un certain nombre de citoyens participent à ces actions illégales, c’est bien qu’ils s’y sentent contraintes ; en opposition parfois avec leurs convictions personnelles, ils se trouvent confrontés à des situations de fait qu’ils ne peuvent méconnaître. Parce qu’en face décidée à interrompre sa grossesse, ils savent qu’en refusant leur conseil et leur soutien ils la rejettent dans la solitude et l’angoisse d’un acte perpétré dans les pires conditions, qui risque de la laisser mutilée à jamais. Ils savent que la même femme, si elle a de l’argent, si elle sait s’informer, se rendra dans un pays voisin ou même en France dans certaines cliniques et poura, sans encourir aucun risque ni aucune pénalité, mettre fin à sa grossesse. Et ces femmes, ce ne sont pas nécessairement les plus immorales ou les plus inconscientes. Elles sont trois cent mille chaque année. Ce sont celles que nous côtoyons chaque jour et dont nous ignorons la plupart du temps la détresse et les drames. C’est à ce désordre qu’il faut mettre fin. C’est cette injustice qu’il convient de faire cesser. Mais comment y parvenir? Je le dis avec toute ma conviction: l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue. Mais comment le tolérer sans qu’il perde ce caractère d’exception, sans que la société paraisse l’encourager?
   Je voudrais tout d’abord vous faire partager une conviction de femme – je m’excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d’hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame.. C’est pourquoi, si le projet qui vous est présenté tient compte de la situation de fait existante, s’il admet la possibilité d’une interruption de grossesse, c’est pour la contrôler et, autant que possible, en dissuader la femme. Nous pensons ainsi répondre au désir conscient ou inconscient de toutes les femmes qu se trouvent dans cette situation d’angoisse, si bien décrite et analysée par certaines des personnalités que votre commission spéciale a entendues au cours de l’automne 1973. Actuellement, celles qui se trouvent dans cette situation ce détresse, qui s’en préoccupe ? La loi les rejette non seulement dans l’opprobre, la honte et la solitude, mais aussi dans l’anonymat et l’angoisse des poursuites. Contraintes de cacher leur état, trop souvent elles ne trouvent personne pour les écouter, les éclairer et leur apporter un appui et une protection. Parmi ceux qui combattent aujourd’hui une éventuelle modification de la loi répressive, combien sont-ils ceux qui se sont préoccupés d’aider ces femmes dans leur détresse ? Combien sont-ils ceux qui au-delà de ce qu’ils jugent comme une faute, ont su manifester aux jeunes mères célibataires la compréhension et l’appui moral dont elles avaient grand besoin ? Je sais qu’il en existe et je me garderai de généraliser. Je n’ignore pas l’action de ceux qui, profondément conscients de leurs responsabilités, font tout ce qui est à leur portée pour permettre à ces femmes d’assumer leur maternité. Nous aiderons leur entreprise ; nous ferons appel à eux pour nous aider à assurer les consultations sociales prévues par la loi. Mais la sollicitude et l’aide, lorsqu’elles existent, ne suffisent pas toujours à dissuader.
   Certes, les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes sont parfois moins grave qu’elles ne les perçoivent. Certaines peuvent être dédramatisées et surmontées ; mais d’autres demeurent qui font que certaines femmes se sentent acculées à une situation sans autre issue que le suicide, la ruine de leur équilibre familial ou le malheur de leurs enfants. C’est là, hélas !, la plus fréquente des réalités, bien davantage que l’avortement dit « de convenance ». S’il n’en était pas ainsi, croyez-vous que tous les pays, les uns après les autres, auraient été conduits à réformer leur législation en la matière et à admettre que ce qui était hier sévèrement réprimé soit désormais légal ? Ainsi, conscient d’une situation intolérable pour l’État et injuste aux yeux de la plupart, le gouvernement a renoncé à la voie de la facilité, celle qui aurait consisté à ne pas intervenir. C’eût été cela le laxisme. Assumant ses responsabilités, il vous soumet un projet de loi propre à apporter à ce problème une solution à la fois réaliste, humaine et juste. Certains penseront sans doute qu notre seule préoccupation a été l’intérêt de la femme, que c’est un texte qui a été élaboré dans cette seule perspective. Il n’y est guère question ni de la société ou plutôt de la nation, ni du père de l’enfant à naître et moins encore de cet enfant. Je me garde bien de croire qu’il s’agit d’une affaire individuelle ne concernant que la femme et que la nation n’est pas en cause. Ce problème la concerne au premier chef, mais sous des angles différents et qui ne requièrent pas nécessairement les mêmes solutions.
L’intérêt de la nation, c’est assurément que la France soit jeune, que sa population soit en pleine croissance. Un tel projet, adopté après une loi libéralisant la contraception, ne risque-t-il pas d’entraîner une chute importante de notre taux de natalité qui amorce déjà une baisse inquiétante ? Ce n’est là ni un fait nouveau, ni une évolution propre à la France : un mouvement de baisse asse régulier des taux de natalité et de fécondité est apparu depuis 1965 dans tous mes pays européens, quelle que soit leur législation en matière d’avortement ou même de contraception. Il serait hasardeux de chercher des causes simples à un phénomène aussi général. Aucune explication ne peut y être apporté au niveau national. Il s’agit d’un fait de civilisation révélateur de l’époque que nous vivons et qui obéit à des règles complexes que d’ailleurs nous connaissons mal. Les observations faites dans de nombreux pays étrangers par les démographes ne permettent pas d’affirmer qu’il existe une corrélation démontrée entre une modification de la législation de l’avortement et l’évolution des taux de natalité et surtout de fécondité. Il est vrai que l’exemple de la Roumanie semble démentir cette constatation, puisque la décision prise par le gouvernement de ce pays, à la fin de l’année 1966, de revenir sur des dispositions non répressives adoptées dix ans plus tôt a été suivie d’une forte explosion de natalité. Cependant, ce qu’on omet de dire, c’est qu’une baisse non moins spectaculaire c’est produit ensuite et il est essentiel de remarquer que dans ce pays, où n’existait aucune forme de contraception moderne, l’avortement a été le mode principal de limitation des naissances.
L’intervention brutale d’une législation restrictive explique bien dans ce contexte un phénomène qui est demeuré exceptionnel e passager. Tout laisse à penser que l’adoption du projet de loi n’aura que peu d’effets sur le niveau de fatalité en France, les avortements légaux remplaçant en fait les avortements clandestins, une fois passée une période d’éventuelles oscillations à court terme. Il n’en reste pas moins que la baisse de notre natalité, si elle est indépendante de l’état de la législation sur l’avortement, est un phénomène inquiétant, à l’égard duquel les pouvoirs publics ont l’impérieux devoir de réagir.
  Une des premières réunions du conseil de planification que présidera le président de la République va être consacrée à un examen d’ensemble des problèmes de la démographie française et des moyens de mettre un frein à une évolution inquiétante pour l’avenir du pays. Quant à la politique familiale, le gouvernement a estimé qu’il s’agissait d’un problème distinct de celui e la législation sur l’avortement et qu’il n’y avait pas lieu de lier ces deux problèmes dans la discussion législative. Cela ne signifie pas qu’il n’y attache pas une extrême importance. Dès vendredi, l’Assemblée aura à délibérer d’un projet de loi tendant à améliorer très sensiblement les allocations servies en matière des frais de garde et les allocations dites d’orphelin, qui sont notamment destinées aux enfants des mères célibataires. Ce projet réformera, en outre, le régime de l’allocation maternité et les conditions d’attribution des prêts aux jeunes ménages. En ce qui me concerne, je m’apprête à proposer à l’Assemblée divers projets. L’un d’entre eux tend à favoriser l’action ces travailleuses familiales en prévoyant leur intervention éventuelle au titre de l’aide sociale. un autre a pour objet d’améliorer les conditions de fonctionnement et de financement des centres maternels, où sont accueillies les jeunes mères en difficulté pendant leur grossesse et les premiers mois de la vie de leur enfant. J’ai l’intention de faire un effort particulier pour la lutte contre la stérilité, par la suppression du ticket modérateur pour toutes les consultations en cette matière. D’autre part, j’ai demandé à l’INSERM de lancer, dès 1975, une action thématique de recherche sur ce problème de la stérilité qui désespère tant de couples. Avec M. le garde des Sceaux, je me prépare à tirer les conclusions du rapport que votre collègue, M. Rivierez, parlementaire en mission, vient de rédiger sur l’adoption. Répondant aux vœux de tant de personnes qui souhaitent adopter un enfant, j’ai décidé d’instituer un Conseil supérieur de l’adoption qui sera chargé de soumettre aux pouvoirs publics toutes suggestions utiles sur ce problème. Enfin et surtout, le gouvernement s’est publiquement engagé, par la voix de M. Durafour, à entamer dès les toutes prochaines semaines avec les organisations familiales la négociation d’un contrat de progrès dont le contenu sera arrêté d’un commun accord avec les représentants des familles, sur la base de propositions qui seront soumises au Conseil consultatif de la famille que je préside. En réalité, comme le soulignent tous les démographes, ce qui importe, c’est de modifier l’image que se font les Français du nombre idéal d’enfants par couple. Cet objectif est infiniment complexe et la discussion de l’avortement ne saurait se limiter à des mesures financières nécessairement ponctuelles. Le deuxième absent dans ce projet pour beaucoup d’entre vous sans doute, c’est le père. La décision de l’interruption de grossesse ne devrait pas, chacun le ressent, entreprise par la femme seule, mais aussi par son mari ou son compagnon. Je souhait, pour ma part, que dans les faits il en soit toujours ainsi et j’approuve la commission de nous avoir proposé une modification en ce sens ; mais, comme elle l’a fort bien compris, il n’est pas possible d’instituer en cette matière une obligation juridique. Enfin, le troisième absent, n’est-ce pas cette promesse de vie que porte en elle la femme ? Je me refuse à entrer dans les discussions scientifiques et philosophiques dont les auditions de la commission ont montré qu’elles posaient un problème insoluble. Plus personne ne contexte maintenant que, sur un plan strictement médical, l’embryon port en lui définitivement toutes les virtualités de l’être humain qu’il deviendra. Mais il n’est encore qu’un devenir, qui aura à surmonter bien des aléas avant de venir à terme, un fragile chaînon de la transmission de la vie. Fat-il rappeler que, selon les études de l’Organisation mondiale de la santé, sur cent conceptions, quarante-cinq s’interrompent d’elles-mêmes au cours des deux premières semaines et que, sur cent grossesses au début de la troisième semaine, un quart n’arrivent pas à terme, du seul fait de phénomènes naturels ? La seule certitude sur laquelle nous puissions nous appuyer, c’est le fait qu’une femme ne prend pleine conscience qu’elle porte un être vivant qui sera un jour son enfant que lorsqu’elle ressent en elle les premières manifestations de cette vie. Et c’est, sauf pour les femmes qu’anime une profonde conviction religieuse, ce décalage entre ce qui n’est qu’un devenir pour lequel la femme n’éprouve pas encore de sentiment profond et ce qu’est l’enfant dès l’instant de sa naissance qui explique que certaines, qui repousseraient avec horreur l’éventualité monstrueuse de l’infanticide, se résignent à envisager la perspective de l’avortement. Combien d’entre nous, devant le cas d’un être cher dont l’avenir serait irrémédiablement compromis, n’ont pas eu le sentiment que les principes devaient parfois céder le pas ! Il n’en serait pas de même – c’est évident – si cet acte était véritablement perçu comme un crime analogue aux autres. Certains, parmi ceux qui ont les plus opposés au vote de ce projet, acceptent qu’en fait on n’exerce plus de poursuites et s’opposeraient même avec moins de vigueur au vote d’un texte qui se bornerait à prévoir la suspension des poursuites pénales. C’est donc qu’eux-mêmes perçoivent qu’il s’agit là d’un acte d’une nature particulière, ou, en tout cas, d’un acte qui appelle une solution spécifique. D’assemblée ne m’en voudra pas d’avoir abordé longuement cette question. Vous sentez tous que c’est là un point essentiel, sans doute, le fond même du débat. Il convenait de l’évoquer avant d’en venir à l’examen du contenu du projet. En préparant le projet qu’il vous soumet aujourd’hui, le gouvernement s’est fixé un triple objectif : faire une loi réellement applicable ; faire une loi dissuasive ; faire une loi protectrice. Ce triple objectif explique l’économie du projet. Une loi applicable d’abord. Un examen rigoureux des modalités et des conséquences de la définition de cas dans lesquels serait autorisée l’interruption de grossesse révèle d’insurmontables contradictions. Si ces conditions sont définies en termes précis – par exemple, l’existence de graves menaces pour la santé physique ou mentale de la femme, ou encore, par exemple, les cas de viol ou d’inceste vérifiés par un magistrat -, il est clair que la modification de la législation n’atteindra pas son but quand ces critères seront réellement respectés, puisque la proportion d’interruptions de grossesse pour de tels motifs est faible. Au surplus, l’appréciation de cas éventuels de viol ou d’inceste soulèverait des problèmes de preuve pratiquement insolubles dans un délai adapté à la situation. Si, au contraire, c’est une définition large qui est donnée – par exemple, le risque pour la santé physique ou l’équilibre psychologique ou la difficulté des conditions matérielles ou morales d’existence -, il est clair que les médecins ou les commissions qui seraient chargés de décider si ces conditions sont réunies auraient à prendre leur décision sur la base de critères insuffisamment précis pour être objectifs. Dans de tels systèmes, l’autorisation de pratiquer l’interruption de grossesse n’est en pratique donnée qu’en fonction des conceptions personnelles des médecins
ou des commissions en matière d’avortement et ce sont les femmes les moins habiles à trouver le médecin le plus compréhensif ou la commission la plus indulgente qui se trouveront encore dans une situation sans issue. Pour éviter cette injustice, l’autorisation est donnée dans bien des pays de façon quasi automatique, ce qui rend une telle procédure inutile, tout en laissant à elles-mêmes un certain nombre de femmes qui ne veulent pas encourir l’humiliation de se présenter devant une instance qu’elles ressentent comme un tribunal.
Or, si le législateur est appelé à modifier les textes en vigueur, c’est pour mettre fin aux avortements clandestins qui sont le plus souvent le fait de celles qui, pour des raisons sociales, économiques ou psychologiques, se sentent dans une telle situation de détresse qu’elles sont décidées à mettre fin à leur grossesse dans n’importe quelles conditions. C’est pourquoi, renonçant à une formule plus ou moins ambigüe ou plus ou moins vague, le gouvernement a estimé préférable d’affronter la réalité et de reconnaître qu’en définitive la décision ultime ne peut être prise que par la femme. Remettre la décision à la femme, n’est-ce pas contradictoire avec l’objectif de dissuasion, le deuxième des trois que s’assigne ce projet ?
Ce n’est pas un paradoxe que de soutenir qu’une femme sur laquelle pèse l’entière responsabilité de son geste hésitera davantage à l’accomplir que celle qui aurait le sentiment que la décision a été prise à sa place par d’autres.
Le gouvernement a choisi une solution marquant clairement la responsabilité de la femme parce qu’elle est plus dissuasive au fond qu’une autorisation émanant d’un tiers qui ne serait ou ne deviendrait vite qu’un faux-semblant.
Ce qu’il faut, c’est que cette responsabilité, la femme ne l’exerce pas dans la solitude ou dans l’angoisse.
Tout en évitant d’instituer une procédure qui puisse la détourner d’y avoir recours, le projet prévoit donc diverses consultations qui doivent la conduire à mesurer toute la gravité de la décision qu’elle se propose de prendre.
Le médecin peut jouer ici un rôle capital, d’une part, en informant complètement la femme des risques médicaux de l’interruption de grossesse qui sont maintenant bien connus, et tout spécialement des risques de prématurité de ses enfants futurs, et, d’autre part, en la sensibilisant au problème de la contraception.
Cette tâche de dissuasion et de conseil revient au corps médical de façon privilégiée et je sais pouvoir compter sur l’expérience et le sens de l’humain des médecins pour qu’ils s’efforcent d’établir au cours de ce colloque singulier le dialogue confiant et attentif que les femmes recherchent, parfois même inconsciemment.
Le projet prévoit ensuite une consultation auprès d’un organisme social qui aura pour mission d’écouter la femme, ou le couple lorsqu’il y en a un, de lui laisser exprimer sa détresse, de l’aider à obtenir des aides si cette détresse est financière, de lui faire prendre conscience de la réalité des obstacles qui s’opposent ou semblent s’opposer à l’accueil d’un enfant. Bien des femmes apprendront ainsi à l’occasion de cette consultation qu’elles peuvent accoucher anonymement et gratuitement à l’hôpital et que l’adoption éventuelle de leur enfant peut constituer une solution.
Il va sans dire que nous souhaitons que ces consultations soient le plus diversifiées possible et que, notamment, les organismes qui se sont spécialisés pour aider les jeunes femmes en difficulté puissent continuer à les accueillir et à leur apporter l’aide qui les incite à renoncer à leur projet. Tous ces entretiens auront naturellement lieu seul à seule, et il est bien évident que l’expérience et la psychologie des personnes appelées à accueillir les femmes en détresse pourront contribuer de façon non négligeable à leur apporter un soutien de nature à les faire changer d’avis. Ce sera, en outre, une nouvelle occasion d’évoquer avec la femme le problème de la contraception et la nécessité, dans l’avenir, d’utiliser des moyens contraceptifs pour ne plus jamais avoir à prendre la décision d’interrompre une grossesse pour les cas où la femme ne désirerait pas avoir d’enfant. Cette information en matière de régulation des naissances – qui est la meilleure des dissuasions à l’avortement – nous paraît si essentielle que nous avons prévu d’en faire une obligation, sous peine de fermeture administrative, à la charge des établissements où se feraient les interruptions de grossesse. Les deux entretiens qu’elle aura eus, ainsi que le délai de réflexion de huit jours qui lui sera imposé, ont paru indispensables pour faire prendre conscience à la femme de ce qu’il ne s’agit pas d’un acte normal ou banal, mais d’une décision grave qui ne peut être prise sans en avoir pesé les conséquences et qu’il convient d’éviter à tout prix. Ce n’est qu’après cette prise de conscience, et dans le cas où la femme n’aurait pas renoncé à sa décision, que l’interruption de grossesse pourrait avoir lieu. Cette intervention ne doit toutefois pas être pratiquée sans de strictes garanties médicales pour la femme elle-même et c’est le troisième objectif du projet de loi : protéger la femme. Tout d’abord, l’interruption de grossesse ne peut être que précoce, parce que ses risques physiques et psychiques, qui ne sont jamais nuls, deviennent trop sérieux après la fin de la dixième semaine qui suit la conception pour que l’on permette aux femmes de s’y exposer.
Ensuite, l’interruption de grossesse ne peut être pratiquée que par un médecin, comme c’est la règle dans tous les pays qui ont modifié leur législation dans ce domaine. Mais il va de soi qu’aucun médecin ou auxiliaire médical ne sera jamais tenu d’y participer.
Enfin, pour donner plus de sécurité à la femme, l’intervention ne sera permise qu’en milieu hospitalier, public ou privé.
Il ne faut pas dissimuler que le gouvernement juge essentielles, et, et qui restent sanctionnées par les pénalités prévues à l’article 317 du code pénal maintenues en vigueur à cet égard, implique une sérieuse remise en ordre que le gouvernement entend mener à bien. Il sera mis fin à des pratiques qui ont reçu récemment une fâcheuse publicité et qui ne pourront plus être tolérées dès lors que les femmes auront la possibilité de recourir légalement à des interventions accomplies dans de réelles conditions de sécurité. De même, le gouvernement est décidé à appliquer fermement les dispositions nouvelles qui remplaceront celles de la loi de 1920 en matière de propagande et de publicité. Contrairement à ce qui est dit ici ou là, le projet n’interdit pas de donner des informations sur la loi et sur l’avortement ; il interdit l’incitation à l’avortement par quelque moyen que ce soit car cette incitation reste inadmissible.
Cette fermeté, le gouvernement la montrera encore en ne permettant pas que l’interruption de grossesse donne lieu à des profits choquants ; les honoraires et les frais d’hospitalisation ne devront pas dépasser des plafonds fixés par décision administrative en vertu de la législation relative aux prix. Dans le même souci, et pour éviter de tomber dans les abus constatés dans certains pays, les étrangères devront justifier de conditions de résidence pour que leur grossesse puisse être interrompue. Je voudrais enfin expliquer l’option prise par le gouvernement, qui a été critiquée par certains , sur le non-remboursement de l’interruption de grossesse par la Sécurité sociale.
Lorsque l’on sait que les soins dentaires, les vaccinations non obligatoires, les verres correcteurs ne sont pas ou sont encore très incomplètement remboursés par la Sécurité sociale, comment faire comprendre que l’interruption de grossesse soit, elle, remboursée ? Si l’on s’en tient aux principes généraux de la Sécurité sociale, l’interruption de grossesse, lorsqu’elle n’est pas thérapeutique, n’a pas à être prise en charge. Faut-il faire exception à ce principe ? Nous ne le pensons pas, car il nous a paru nécessaire de souligner la gravité d’un acte qui doit rester exceptionnel, même s’il entraîne dans certains cas une charge financière pour les femmes. Ce qu’il faut, c’est que l’absence de ressources ne puisse pas empêcher une femme de demander une interruption de grossesse lorsque cela se révèle indispensable ; c’est pourquoi l’aide médicale a été prévue pour les plus démunies. Ce qu’il faut aussi, c’est bien marquer la différence entre la contraception qui, lorsque les femmes ne désirent pas un enfant, doit être encouragée par tous les moyens et dont le remboursement par la Sécurité sociale vient d’être décidé, et l’avortement que la société tolère mais qu’elle ne saurait ni prendre en charge ni encourager.
Rares sont les femmes qui ne désirent pas d’enfant ; la maternité fait partie de l’accomplissement de leur vie et celles qui n’ont pas connu ce bonheur en souffrent profondément. Si l’enfant une fois né est rarement rejeté et donne à sa mère, avec son premier sourire, les plus grandes joies qu’elle puisse connaître, certaines femmes se sentent incapables, en raison de difficultés très graves qu’elles connaissent à un moment de leur existence, d’apporter à un enfant l’équilibre affectif et la sollicitude qu’elles lui doivent. A ce moment, elles feront tout pour l’éviter ou ne pas le garder. Et personne ne pourra les en empêcher. Mais les mêmes femmes, quelques mois plus tard, leur vie affective ou matérielle s’étant transformée, seront les premières à souhaiter un enfant et deviendront peut-être les mères les plus attentives. C’est pour celles-là que nous voulons mettre fin à l’avortement clandestin, auquel elles ne manqueraient pas de recourir, au risque de rester stériles ou atteintes au plus profond d’elles-mêmes.
J’en arrive au terme de mon exposé. Volontairement, j’ai préféré m’expliquer sur la philosophie générale du projet plutôt que sur le détail de ses dispositions que nous examinerons à loisir au cours de la discussion des articles.
Je sais qu’un certain nombre d’entre vous estimeront en conscience qu’ils ne peuvent voter ce texte, pas davantage qu’aucune loi faisant sorti l’avortement de l’interdit et du clandestin. Ceux-là, j’espère les avoir au moins convaincus que ce projet est le fruit d’une réflexion honnête et approfondie sur tous les aspects du problème et que, si le gouvernement a pris la responsabilité de le soumettre au Parlement, ce n’est qu’après en avoir mesuré la portée immédiate aussi bien que les conséquences futures pour la nation Je ne leur donnerai qu’une preuve, c’est qu’usant d’une procédure tout à fait exceptionnelle en matière législative, le gouvernement vous propose d’en limiter l’application à cinq années. Ainsi dans l’hypothèse où il apparaîtrait au cours de ce laps de temps que la loi que vous auriez voté ne serait plus adaptée à l’évolution démographique ou au progrès médical, le Parlement aurait à se prononcer ) nouveau dans cinq ans en tenant compte de ces nouvelles données. D’autres hésitent encore. Ils sont conscients de la détresse de trop de femmes et souhaitent leur venir en aide ; ils craignent toutefois les effets et les conséquences de la loi. A ceux-ci je veux dire que, si la loi est générale et donc abstraite, elle est faite pour s’appliquer à des situations individuelles souvent angoissantes ; que si elle n’interdit plus, elle ne crée aucun droit à l’avortement et que, comme le disait Montesquieu :  » la nature des lois humaines est d’être soumise à tous les accidents qui arrivent et de varier à mesure que les volontés des hommes changent. Au contraire, la nature des lois de la religion est de ne varier jamais. Les lois humaines statuent sur le bien, la religion sur le meilleur  ». C’est bien dans cet esprit que depuis une dizaine d’années, grâce au président de votre commission des lois, avec lequel j’ai eu l’honneur de collaborer lorsqu’il était garde des Sceaux, a été rajeuni et transformé notre prestigieux code civil. Certains ont craint alors qu’en prenant acte d’une nouvelle image de la famille, on ne contribue à la détériorer. Il n’en a rien été et notre pays peut s’honorer d’une législation civile désormais plus juste, plus humaine, mieux adaptée à la société dans laquelle nous vivons. Je sais que le problème dont nous débattons aujourd’hui concerne des questions infiniment plus graves et qui troublent beaucoup plus la conscience de chacun. Mais en définitive il s’agit aussi d’un problème de société.
   Je voudrais enfin vous dire ceci : au cours de la discussion, je défendrai ce texte, au nom du gouvernement, sans arrière-pensée, et avec toute ma conviction, mais il est vrai que personne ne peut éprouver une satisfaction profonde à défendre un tel texte – le meilleur possible à mon avis – sur un tel sujet : personne n’a jamais contesté, et le ministre de la Santé moins que quiconque, que l’avortement soit un échec quand il n’est pas un drame.
Mais nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les trois cent mille avortements qui, chaque année, mutilent les femmes de ce pays, qui bafouent nos lois et qui humilient ou traumatisent celles qui y ont recours.
L’histoire nous montre que les grands débats qui ont divisé un moment les Français apparaissent avec le recul du temps comme une étape nécessaire à la formation d’un nouveau consensus social, qui s’inscrit dans la tradition de tolérance et de mesure de notre pays.
Je ne suis pas de ceux et de celles qui redoutent l’avenir.
   Les jeunes générations nous surprennent parfois en ce qu’elles sont diffèrent de nous ; nous les avons nous-mêmes élevées de façon différente de celle dont nous l’avons été. Mais cette jeunesse est courageuse, capable d’enthousiasme et de sacrifices comme les autres. Sachons lui faire confiance pour conserver à la vie sa valeur suprême.

………….STOP 

   A suivre ce jeudi soir certainement pour ( peut-être ) une suite ….

Là ; tout le monde s’en moque , mais après cette journée fatiguante mais ho combien agréable ! , je vais tenter de dormir quelques heures………….

Toutankhamon : comment Howard Carter a réveillé la momie


Toutankhamon : comment Howard Carter a réveillé la momie sarcophage

Grande émotion, ce 24 octobre 1925, dans la vallée des rois ! Harry Burton, le photographe d’Howard Carter, immortalise la scène. Dans la chambre funéraire de Toutankhamon, l’archéologue britannique est penché sur le cercueil du pharaon. Carter sait qu’il pose pour la postérité. Le sarcophage ( 110 kilos d’or massif ! ) recèle le Saint-Graal de tout égyptologue : une momie intacte.
Tout avait  commencé trois ans plus tôt
   Le 4 novembre 1922, Hussein, un porteur d’eau qui accompagne la mission archéologique, découvre trois pierres plates en fichant ses jarres pointues dans le sol poudreux. Une piste ! Rapidement, douze marches sont dégagées jusqu’à une porte marquée de sceaux royaux… Carter avertit alors  par télégramme Lord Carnarvon, son mécène resté en Angleterre :  » Avons fait une découverte extraordinaire dans la Vallée : une tombe somptueuse ..… ; l’avons refermée jusqu’à votre arrivée. Félicitations. H. C.  »        Sur la photo ci-dessus, prise en octobre 1925, le Britannique est moins exalté que le jour de la découverte. C’est qu’il lui aura fallu près de trois ans pour accéder au sarcophage en or. Celui-ci était protégé par quatre chapelles en bois se recouvrant l’une l’autre et qui occupaient presque tout l’espace de la chambre funéraire. Puis encore un sarcophage en  » quartzite  » ? rouge et deux cercueils en bois doré.

   Mais ce jour d’octobre 1925, ça y est. Enfin ! Carter est à la dernière étape de cet interminable jeu de poupées russes. Il suspend son geste. La moindre maladresse abîmerait définitivement ce joyau archéologique vieux de 3 300 ans. D’autant qu’à ce moment-là, l’or est encore loin de resplendir ! Le cercueil est englué dans une épaisse couche résineuse. Le Britannique garde son sang-froid. Cette poisse, c’est bon signe ! Il s’agit d’un produit issu des onguents versés à profusion par les prêtres embaumeurs sur la dépouille de Toutankhamon afin qu’elle ne se désintègre pas. Carter en a la conviction : La momie qui se cache là-dessous sera exceptionnelle.
  

Retour au 26 novembre 1922

       Après avoir lu le télégramme, Lord Carnarvon a accouru dans la Vallée des Rois. Carter le mène en cachette au tombeau, dans lequel ils progressent lentement… Jusqu’à découvrir une porte. Que faire ? Ils n’ont pas l’autorisation officielle nécessaire à toute ouverture de tombe. Tant pis, ils ne tiennent plus : cette porte, ils vont la percer ! Puis l’archéologue glisse une bougie par l’orifice :  » Voyez-vous quelque chose ?  » trépigne Carnarvon.  » Oui, des merveilles !  »  réplique Carter. C’est l’antichambre. Elle est emplie d’un amas de 700 objets : Un bestiaire fantastique, une incroyable succession de statues, des meubles grandioses, des chars, et « partout le scintillement de l’or ». Dans la chambre funéraire attenante se trouvent les chapelles et les fameux cercueils… intacts ! Carter est sonné :  » C’est le jour entre les jours, le plus merveilleux qu’il m’ait été donné de vivre (…)  » , écrit-il. En catimini, les Anglais camouflent les traces de leur effractionTrois jours plus tard, la tombe KV62 est officiellement ouverte.

Harry Burton prend sa photo
     Carter pose sa brosse. Aux grands maux les grands remèdes ! Le cercueil d’or est  » scellé  » dans l’enveloppe de bois par les onguents ? Soit ! Carter va les ramollir à la flamme à travers une plaque de zinc. Puis il laissera agir des dissolvants.

     Le 28 octobre 1925, ses efforts sont récompensés. Sous le lourd couvercle d’or, deux trésors dont les images feront le tour du monde :  » une impressionnante momie, nette et soignée  » et  surprise !!  un masque  » étincelant de magnificence  »masque or. Après ce cliché, il faudra encore sept ans pour inventorier les 5 398 objets que la tombe renferme. La découverte du siècle.?!

 

Pourquoi les Français ont ils failli …


….inventer le métro ?
Ainsi, quelques décennies après l’invention de la locomotive, des ingénieurs cherchent à élaborer un moyen de locomotion rapide et efficace, pouvant faire la liaison entre différents lieux d’une même ville.
   Or les précurseurs de cette invention sont clairement des Français, les ingénieurs Flachat et Brame ( pas trouvé de photo ). Ils sont en effet les premiers à proposer l’idée d’un chemin de fer souterrain, reliant pour commencer les Halles (au centre de Paris) à la périphérie de la capitale française, en 1855.

   Et cela commence bien. Dès les origines, l’idée de placer ce nouveau réseau de transport sous la terre fait l’unanimité. Les architectes et les décideurs politiques estiment qu’une telle solution permettrait de sauvegarder l’architecture de la ville, tout en opérant un gain de place considérable.

   Les premiers travaux commencent. Mais très vite la perspective de coûts astronomiques dissuade les autorités municipales de donner suite au projet. Il n’y aura donc pas de métro à Paris à cette date.

   C’est finalement en Angleterre que le métropolitain prend vie, en janvier 1863 ( il y a donc 156 ans !), deux ans avant l’Exposition universelle .

   Bien que devant faire face aux mêmes défis que son homologue français, Londres, la capitale britannique, s’équipe, en effet, cette année-là, d’un réseau de transport souterrain..

      Sur le plan technique, la traction des wagons se fait dans une tranchée couverte, au moyen d’un système à vapeur généré par la combustion de charbon. L’éclairage, quant à lui, s’effectue au gaz.

   Parfaitement fonctionnelle, la première ligne du métro londonien relie Bishop’s Road à Farringdon, ce qui fait 5 kilomètres. Elle rencontre tout de suite un franc succès auprès des travailleurs de ce qui est alors la ville la plus peuplée du monde.

   Puis d’autres capitales emboitent le pas: Athènes en 1869, Constantinople en 1875. Mais Paris reste toujours en retrait !. Des controverses opposant l’État aux grandes compagnies de chemins de fer retardent en effet le projet, lequel n’aboutit qu’au cours de l’année 1900, juste avant une nouvelle Exposition universelle.

 

 

çà s’et passé un 16 novembre..


16 novembre 1793 : à Nantes, l’infâme Carrier fait noyer 90 prêtres réfractaires dans la Loire….

   Mandaté par la Convention nationale pour briser la révolte vendéenne par tous les moyens, Jean-Baptiste Carrier invente la noyade en masse et met au point la « déportation verticale » dans le fleuve, l’objectif étant d’éliminer rapidement et à moindres frais des condamnés trop nombreux…
Pour se faire la main, l’envoyé de Paris, chargé de mettre fin à la révolte vendéenne par tous les moyens, commence avec 90 prêtres réfractaires emprisonnés à Nantes. Il demande à son bras armé, l’adjudant général Guillaume Lamberty, et à ses hommes, la compagnie Marat, de les noyer dans la Loire, le « fleuve républicain ».
C’est ainsi que, le 16 novembre 1793, à la nuit tombée, la femme Pichot voit débarquer, dans son auberge de la Sécherie, Lamberty, son adjoint Fouquet et quelques hommes à la mine patibulaire. Ce n’est pas la première fois qu’ils viennent. Voilà quelques jours, ils ont demandé aux menuisiers de Baudet d’installer des trappes au fond de gabares, des péniches à fond plat. Bizarre ! Mais la femme Pichot n’est pas née de la dernière pluie. Elle se doute que cette activité a un rapport avec les prêtres réfractaires enfermés dans la galiote ancrée à proximité, La Gloire. Ne serait-ce pas pour les noyer ? Mais elle se garde d’en parler, ne voulant pas subir les foudres révolutionnaires, comme on dit.

Jean-Baptiste Carrier :jean-baptiste-carrier
Machiavélisme :
   Ces prêtres emprisonnés sont au nombre de 90. Pour certains, cela fait plusieurs mois qu’ils ont été arrêtés pour avoir refusé de prêter le serment de la constitution civile du clergé. Le 25 octobre, le Comité révolutionnaire de Nantes les a fait emmener dans une prison  » flottante  », La Gloire, ancrée devant la Sécherie. Le plan de Lamberty, on l’a compris, est de faire transférer les malheureux sur les gabares modifiées qui seront coulées au milieu du fleuve. La veille, le 15 novembre, il a demandé au commandant chargé de la surveillance des prêtres de supprimer toute garde cette nuit-là afin qu’il n’y ait pas de témoins de la noyade. Il fait même preuve d’un machiavélisme admirable en faisant croire aux prisonniers qu’ils seront emmenés la nuit suivante au château de la Musse et leur recommande donc de déposer entre les mains du commandant tous leurs objets précieux qui leur seront rendus une fois arrivés dans leur nouvelle prison.
    Après avoir bu un coup chez la femme Pichot, Lamberty et sa clique montent à bord de la gabare trafiquée pour rejoindre la galiote-prison. S’attendant à être transférés, les prêtres ne s’alarment pas outre mesure en les voyant arriver. Ils obéissent sagement quand on leur demande de monter deux par deux sur le pont.      Ils sont fouillés, dépouillés des objets de valeur conservés sur eux. On leur demande même de retirer leurs vêtements et leurs chaussures. Ils sont alors liés à deux, puis jetés à l’intérieur de la gabare. Le transfert se fait dans le calme. Les prêtres ne se doutent pas du sort funeste qui les attend. Seul le curé de Machecoul  s’inquiète en voyant sur le fond du bateau des pierres plates et blanches cachant des trous. Voyant de l’eau s’infiltrer, il conseille à ses voisins de se donner l’absolution l’un à l’autre. Ce qu’ils font.

Témoignage accablant
    Une fois le transfert achevé, Lamberty et ses hommes embarquent sur un bachot (un canot) puis coupent les amarres de la gabarre que la marée descendante entraîne. Quand l’étrange convoi passe devant la batterie flottante de la Samaritaine, le canonnier Vailly, en faction, leur fait signe de s’arrêter. Voici son témoignage accablant :  » Environ minuit et demi, huit particuliers de moi inconnus se sont approchés du bord dudit ponton montés sur un canot ; je les ai hélés et, au mot de qui vive, il m’a été répondu : Commandant, nous allons à bord. En effet, ils se sont approchés et m’ont demandé la liberté de passer avec un gabareau, qu’ils me dirent être chargé de 90 brigands, que j’ai su depuis être 90 prêtres. Je leur ai répondu que la consigne qui m’était donnée était de ne laisser passer aucun bâtiment, que l’on ne m’apparaisse d’ordre supérieur. Sur ma réponse, l’un de ces individus, nommé Fouquet, me menaça de me couper en morceaux, parce que, ajouta-t-il, lui et sa troupe étaient autorisés à passer partout sans qu’on pût les arrêter. Je leur demandai à voir leurs pouvoirs, ils obéirent et me présentèrent un ordre conçu à peu près en ces termes, et signé Carrier, représentant du peuple :           » Permis aux citoyens Fouquet et Lamberty de passer partout ou besoin sera avec un gabareau chargé de brigands, sans que personne puisse les interrompre ni troubler dans ce transport.  »

  Les noyades de Nantes en 1793.noyade Nantes ( Peinture de Joseph Aubert (1882) )
   Puis le canonnier Vailly poursuit :  » Muni de l’ordre du représentant Carrier que Fouquet et Lamberty venaient de me présenter, je ne crus pas devoir insister davantage ; en conséquence, les particuliers montant le canot et le gabareau contenant les individus passèrent sous la batterie du ponton où j’étais en faction, et un quart d’heure après, j’entendis les plus grands cris partir du côté des bateaux qui venaient de se séparer de moi et, à la faveur du silence de la nuit, j’entendis parfaitement que les cris de ceux que j’avais entendus auparavant étaient ceux des individus renfermés dans le gabareau, que l’on faisait périr de la façon la plus féroce. Je réveillai mes camarades du poste, lesquels, étant sur le pont, ont entendu les mêmes cris, jusqu’à l’instant où tout fut englouti.  »
Trois prêtres s’échappent :
    Le canonnier a tout entendu, mais n’a rien vu. Effectivement, la gabare poursuit sa descente du fleuve, dépasse les villages de Trentemoult et Chantenay. Lamberty attend l’endroit convenant pour agir. Le voici, juste avant l’île Cheviré. La profondeur est suffisante pour engloutir la péniche. Il fait signe à ses hommes de défoncer ses sabords à coups de marteau. L’eau envahit la cale, où les prêtres, commençant à se rendre compte qu’ils vont bientôt rencontrer le Créateur, se mettent à hurler de désespoir, à supplier pour qu’on leur porte secours. Un des bourreaux a l’idée de leur faire une bonne blague, il grimpe sur le chaland en train de couler pour faire semblant de vider l’eau au moyen d’une poêle à châtaignes percée de trous.

     Que c’est amusant ! Mais les prêtres, qui ont déjà de l’eau à mi-cuisse, ne goûtent pas la plaisanterie. L’affreux plaisantin rejoint ses compagnons dans la barque, qui s’éloigne pour éviter d’être entraînée par le remous du chaland. Bientôt, les cris s’évanouissent. Le calme est revenu sur la Loire.  » Dieu accueille les siens avec de grandes serviettes de bain. »

   Lamberty demande alors à ses hommes de ramer jusqu’à l’endroit où la gabare a coulé pour vérifier l’absence de survivants !. Il a raison, car plusieurs malheureux, encore liés deux par deux, sont parvenus à s’échapper de leur prison. Ils luttent désespérément pour éviter la noyade. Mais quelques coups de rame bien placés   » les amènent vite à la raison  ». Bientôt, les flots du fleuve ont retrouvé leur calme. Lamberty ricane, content de son oeuvre de mort. Les noyeurs regagnent la rive, où chacun rentre chez soi satisfait du devoir accompli. Voilà 90 corbeaux, ennemis de la République, qui ne coûteront plus cher à nourrir. Quant à Lamberty, il file prévenir Carrier de l’efficacité de la méthode.
   Pourtant, le lendemain, on apprend que trois prêtres ont réussi à filer dans le noir après s’être détachés. L’un a été repêché et les deux autres ont atteint la rive. Tous trois ont trouvé refuge sur un navire, ancré à proximité, : L’Imposant.          Aussitôt, Carrier les réclame au capitaine pour les faire noyer le soir même. Les malheureux n’ont gagné qu’un jour de vie. Pourtant, un prêtre a survécu au massacre, il s’agit de l’abbé Julien Landeau, curé de Saint-Lyphard. Mal ficelé, il avait réussi à détacher ses liens l’unissant à un vieux moine. Échappant aux coups de rame, ils s’étaient éclipsés dans la nuit.

Un unique survivant :
  Mais le moine est vieux et gras. Bientôt, il est à bout de forces. Malgré ses efforts, le curé est incapable de le sauver de la noyade. Le voilà seul. Il est sur le point, à son tour, de se noyer quand il parvient à attirer l’attention d’une barque. Les bateliers le hissent à bord, mais le déposent aussitôt sur la rive de peur d’être dénoncés à Carrier. Défaillant de froid, de faim et de fatigue, Landeau trouve refuge dans une chaumière compatissante. Mais avant l’aube, il lui faut partir pour ne pas mettre en danger ses hôtes. Déguisé en maraîcher, équipé d’un panier plein de légumes, il rallie Nantes en sabots. Une femme de son pays lui offre l’asile le temps que son frère, paludier à Guérande, vienne le chercher. C’est le seul survivant du massacre des 90 curés.

     Les noyades de Nantes, 1793. Gravure de Maurand réalisée d’après le dessin d’Hippolyte  de la Charlerie (1827–1867) et extraite de La Révolution française par Jules Janin (1862)les noyade de nantes
    Au cours des jours suivants, de nombreux cadavres sont repêchés sur les berges de la Loire. Ils ont pu s’échapper par les sabords trop grands ouverts, ou bien le chaland s’est brisé contre un banc de sable. C’est embêtant, car la rumeur de l’affreuse noyade se répand dans Nantes. Mais Carrier peut se rassurer, car nul n’ose s’en insurger de peur des conséquences !!. Il reste une dernière chose à faire à Lamberty et à ses hommes : récupérer les biens des prêtres restés à bord de leur prison et qu’ils n’ont pas pu emporter la nuit du crime.
   Le lendemain, ils vont chercher La Gloire pour l’amarrer au quai d’un nommé Sourisseau et entreprennent de la vider dans son entrepôt. Ils décident de se partager le trésor arraché aux prêtres quelques jours plus tard. Mais l’un d’entre eux, le nommé Foucaud, revient en catimini pour tout embarquer sur des charrettes et… disparaître. Prévenu, Lamberty est fou de rage de voir ainsi le butin lui échapper. Environ 40 000 francs, dit-on. Une fortune à l’époque. En guise de dédommagement, Carrier lui donne la galiote, sur laquelle il organisera quelques jours plus tard un grand dîner pour fêter la mort des prêtres. Certains invités n’hésitant pas à enfiler des soutanes et perruques oubliées dans un coin.

La méthode de la  » déportation verticale  » a prouvé, malgré quelques imperfections, son efficacité. Jean-Baptiste Carrier décide de l’appliquer à grande échelle pour se débarrasser des milliers de Vendéens qui encombrent la prison de la ville. Entre les derniers jours de 1793 et février 1794, de 1 800 à 4 800 victimes disparaissent dans la Loire. !!!!!!

Il y a131 ans…..


L’Institut Pasteur est inauguré à Paris, le 14 novembre 1888, par le président de la République Sadi Carnot. C’est le premier institut de recherche jamais créé au monde. Il se donne pour objectif l’identification des virus.
   Financé par une souscription internationale à hauteur de deux millions de francs, il comble les vœux du  savant  connu de l’histoire et dont il porte le nom.Pasteur

La rage de comprendre :
    Louis Pasteur est né dans la petite ville de Dôle, dans le Jura, le 27 décembre 1822, dans le ménage d’un riche négociant en tannerie. Bon élève , sans plus, il manifeste d’excellentes dispositions pour la peinture mais y renonce à 19 ans pour se consacrer tout entier à la science, contre l’avis de son père qui préfèrerait le voir reprendre les affaires familiales.
    En 1842, il est classé 16e au concours d’entrée à la  » prestigieuse  » École Normale Supérieure de la rue d’Ulm (Paris). Jugeant son rang ( 16 ème ) insuffisant, il dédaigne d’entrer à l’École et repasse le concours l’année suivante. Cette fois , il est  classé 5e. Là , il est   satisfait. Il entre à l’École dans la section physique et chimie.
  Le  chercheur se lance dans la  » cristallographie  » ? . Avec des moyens de fortune, il met en œuvre la méthode expérimentale qui fera son originalité et sa gloire. Il découvre ainsi l’existence de dissymétries dans la manière dont des molécules de même nature polarisent la lumière. C’est un premier succès qui lui vaut la reconnaissance de ses pairs et un poste de professeur à l’Université de Strasbourg puis de Doyen de l’Université de Lille.
A Lille, il est sollicité par un industriel  pour élucider un dysfonctionnement de la fermentation de la bière. Louis Pasteur, à peine âgé de 30 ans, se soucie dès lors de mettre en application ses recherches scientifiques ( » Il n’y a pas de sciences pures et de sciences appliquées, il y a la science et les applications de la science  » , écrit-il).
   Il découvre dans les jus de fermentation alcoolique et lactique des substances dont il soupçonne qu’elles ont été créées par des microorganismes vivants. De fil en aiguille, ces premiers résultats vont le conduire de la chimie à la biologie puis à la médecine.
   Nommé directeur des études à l’École Normale Supérieure, à Paris, il poursuit ses travaux sur la fermentation dans un laboratoire de fortune aménagé dans les combles. Il publie ses premiers résultats dans un Mémoire sur la fermentation dite lactique (1857).
   On peut dater de cette année-là le début de la  » révolution pastorienne  ».

    La même année, la France entre  dans l’ère industrielle sous l’égide de Napoléon III et en Grande-Bretagne, un savant, Charles Darwin, jette les bases de la théorie de l’évolution dans une lettre mémorable. Aux Indes, une révolte amène les Britanniques à consolider leur domination...

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Un entêtement à toute épreuve
    Le succès de Pasteur n’est pas immédiat, loin s’en faut ! Dans les milieux scientifiques, les partisans de la  » génération spontanée  » dénigrent tant et plus ses assertions. Parmi eux figurent d’illustres savants comme Marcelin Berthelot, Justus von Liebig et Friedrich Wöhler (auquel on doit la synthèse de l’urée). Pour eux, la fermentation se ramène à une réaction chimique en présence d’un catalyseur. Faisant front avec un entêtement exceptionnel, Louis Pasteur va mettre plusieurs années à les convaincre de leur erreur.
   Il démontre que les microorganismes responsables de la fermentation, c’est-à-dire de la transformation du sucre en alcool, viennent de l’environnement et ne sont pas créés  » ex nihilo  » . Il démontre aussi que ces microorganismes – des levures (microchampignons) – utilisent la fermentation pour fabriquer l’énergie indispensable à leur survie en l’absence d’oxygène.
    Ces démonstrations passent par d’innombrables expérimentations et la mise au point de procédés innovants et astucieux pour isoler les substances fermentescibles (Pasteur fait par exemple mûrir des raisins en serre, dans sa maison du Jura, à l’abri de l’air ambiant).
Fort de ce savoir-faire expérimental, le savant met au point une technique de chauffage destinée à protéger les liquides tels que la bière ou le lait contre les ferments. C’est la  » pasteurisation  ».
   Elle permet aux industriels d’améliorer les procédés empiriques de fermentation utilisés depuis des millénaires pour la fabrication du vin, de la bière ou du fromage ainsi que les procédés de conservation des aliments.
   Ce succès vaut au savant d’être reçu par le couple impérial à Compiègne. La même année, en 1865, il est sollicité par un ancien professeur pour étudier une mystérieuse maladie qui affecte les vers à soie, dans la vallée du Rhône, et ruine la sériciculture ardéchoise.
   Le savant met en évidence l’existence d’un  » microbe  »  responsable de la maladie au prix d’un travail  acharné, doublé de terribles épreuves personnelles : la perte de trois filles sur cinq enfants et une hémorragie cérébrale qui le laisse partiellement paralysé d’un bras et d’une jambe (sans compter sa démission de l’École Normale Supérieure, où on le juge trop autoritaire).
Le physicien face à l’Académie de médecine :pasteur-nadar-1878 (Pasteur en 1878 , photo prise par Nadar  )
   Ses recherches conduisent Pasteur à se rapprocher  du domaine thérapeutique. Il lui vaudra ses plus grands titres de gloire mais aussi la haine des sommités médicales, jalouses de l’incursion de ce physicien dans leur domaine de compétence.
   Le public découvre qu’il est possible, grâce à l’hygiène, de se protéger contre les maladies transmises par les microbes. Dès 1875, un prestigieux chirurgien écossais du nom de Joseph Lister met en pratique à Edimbourg des procédures antiseptiques d’avant-garde suite à la lecture du mémoire de Pasteur sur la fermentation lactique. ( Il ne manque pas une occasion de rappeler sa dette à l’égard du savant français.)
   Celui-ci, orateur de talent, se fait auprès des chirurgiens le chantre de l’asepsie. Il leur prescrit de se nettoyer soigneusement les mains avant d’entrer en contact avec un patient, geste qui paraît aujourd’hui évident… Il s’ensuit une amélioration notable de l’espérance de vie partout dans le monde.
   En 1877, Pasteur est conduit à travailler sur le   »charbon  » , une maladie qui ravage les élevages, en parallèle avec un jeune médecin allemand, Robert Koch. Leurs travaux conjoints démontrent la nature bactérienne de cette maladie.

Dans la foulée, Louis Pasteur étudie le choléra des poules, autre maladie infectieuse, et fait à cette occasion une découverte d’une grande importance : cette maladie, comme vraisemblablement bien d’autres maladies infectieuses de l’animal et de l’homme, peut être prévenue par la vaccination, autrement dit par le procédé mis au point de façon empirique par le docteur Jenner, 80 ans plus tôt, pour immuniser les sujets contre la variole.
   En étudiant également la rage, maladie qui affecte les chiens et les renards, et peut se transmettre aux humains, Louis Pasteur confirme l’existence de virus porteurs de la maladie. Beaucoup plus petits que les bactéries, les virus (ainsi baptisés par Jenner d’après un mot latin qui signifie poison) sont invisibles au microscope et, heureusement, ne se multiplient pas d’eux-mêmes dans un milieu de culture.
    Fort de ses résultats, le savant développe avec le jeune médecin Émile Roux une méthode en vue d’inventer et de produire des vaccins adaptés à chaque maladie infectieuse, pas seulement la variole.

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Le tournant de la rage  :
    Ses succès en cascade valent la gloire à Pasteur (y compris une élection à l’Académie française le 8 décembre 1881 au fauteuil d’Émile Littré). Mais la fortune n’est pas au rendez-vous. Le savant, en  a , en effet ,déposé des brevets sur ses inventions mais en a cédé les droits à l’État afin de leur assurer la plus grande diffusion possible (c’est ainsi par exemple que la  » pasteurisation  » est très vite mise en oeuvre jusqu’en Californie).
    » Le meilleur  » reste à venir: Le 6 juillet 1885, tandis que la France de la IIIe République est à son zénith, Louis Pasteur reçoit dans son cabinet de l’École Normale Supérieure un petit berger alsacien, Joseph Meister (9 ans).joseph meister
    Celui-ci a été mordu par un chien peut-être enragé. Contre l’avis des médecins qui voulaient le garder à l’hôpital, sa mère a obtenu de le conduire auprès du célèbre savant. Elle supplie celui-ci de le vacciner, quels qu’en soient les risques.
Louis Pasteur obtient l’assentiment de deux médecins, le pédiatre Grancher et le docteur Vulpian, spécialiste de la rage. Indifférent au  » principe de précaution  », il inocule alors à l’enfant un nouveau vaccin mis au point dans son laboratoire par le docteur Émile Roux.
  Ce dernier a toutefois refusé de s’associer à l’expérience. Il est vrai que, quelques jours plus tôt, le 22 juin 1885, un premier essai sur une fillette de onze ans, Julie-Antoinette Poughon, n’a pas permis de la sauver.
   Après une série de treize longues et douloureuses injections, le petit Joseph sort guéri de l’épreuve au grand soulagement de Pasteur

( Joseph Meister deviendra plus tard le dévoué gardien de l’Institut Pasteur et lorsque, le 16 juin 1940, des officiers allemands demanderont à se recueillir devant la tombe du grand homme, il choisira de se suicider plutôt que de les laisser entrer.!)
Louis Pasteur connaît un deuxième succès avec la vaccination d’un berger de 14 ans, Jean-Baptiste Jupille, qui s’est interposé au péril de sa vie entre un chien sauvage et un groupe d’enfants.
   Avec un  » art consommé  » des relations publiques, le savant magnifie sa double victoire sur la rage (victoire toute relative sur une maladie marginale, car des chercheurs doutent aujourd’hui que ses jeunes patients aient été mordus par des chiens vraiment enragés et l’équipe pastorienne connut par la suite plusieurs échecs à l’origine de vives critiques

  Une réputation planétaire:
     Au comble de la gloire, Louis Pasteur satisfait son goût pour les honneurs et les décorations. Mais surtout, il arrive à capter une partie de la générosité populaire au profit de la recherche médicale. C’est ainsi qu’il lance une souscription en vue de fonder l’Institut qui portera son nom.  » Il n’est pas une pierre qui ne soit le signe d’une généreuse pensée  », dit-il de l’édifice élevé au sud de Paris, dans le quartier de Vaugirard. ( Il le dirigera jusqu’à sa mort, le 28 septembre 1895.)
   La France organise des obsèques nationales pour celui que certains désignent avec quelque exagération comme  » le plus grand bienfaiteur de l’humanité  ». Inhumé dans son Institut, le savant continue d’inspirer ses chercheurs…
   Depuis plus d’un siècle en effet, les  » Pastoriens  » multiplient les découvertes que sont venus couronner huit prix Nobel, dont les professeurs Jacob, Monod et Lwoff en 1965. En 1891, Émile Roux met au point le sérum antidiphtérique. En 1894, Alexandre Yersin isole à Hong-Kong le bacille de la peste. En 1921, Albert Calmette et Camille Guérin mettent au point le vaccin BCG contre la tuberculose. En 1983, le professeur Luc Montagnier et Françoise Barré-Senoussi découvrent le virus du sida …….

Pasteur obseques ( Obsèques de Pasteur )

Il ya environ 116 ans


     Au lendemain de la mort du peintre Camille Pissarro survenue le 13 novembre 1903, le critique d’art Arsène Alexandre signe au sein du Figaro un billet nécrologique rappelant quelle œuvre considérable et d’une grande beauté fut celle de ce grand artiste s’éteignant à 73 ans
  Un grand artiste et un puissant peintre vient de mourir après avoir bien rempli une longue et féconde carrière, écrit Arsène Alexandre. C’est le plus bel éloge que l’on puisse faire de Camille Pissarro, et cet éloge tient en peu de mots et vaut de longs et  » verbeux  » commentaires.
  On savait depuis quelque temps que ce beau et frais vieillard, au sourire si vif et si fin, robuste encore comme un homme mûr, et enthousiaste comme un jeune homme, n’avait plus qu’une santé menacée. Mais l’on espérait que sa robustesse surprenante aurait encore le dessus comme elle l’eut maintes fois. Camille Pissarro s’est éteint dans son domicile du boulevard Morland. J’imagine que la mort eût été encore plus douce pour lui, entouré de l’affection des siens, dans sa maison d’Eragny, dans cette belle solitude rustique dont il aimait la fraîcheur et le calme, en face d’un magnifique automne dont sa vie était l’image.

Les Lavandières. Peinture de Camille Pissarro (1895) :Lavandieres-Pissarro
   Camille Pissarro laisse une œuvre considérable et d’une grande beauté. Il a passionnément et loyalement aimé son art, et il n’est pas un jour qu’il n’ait consacré à l’étude ou à la production. Il a poussé cette loyauté jusqu’à interroger anxieusement tous les procédés, à consulter tous les maîtres, comme s’il se fût défié de sa propre valeur. Mais de chacune de ces explorations, il revenait plus fort, plus en possession de sa personnalité, plus amoureux de la nature qu’il savait sentir et rendre aussi bien que pas un. C’est ce grand respect de l’art, ce profond scrupule, qui a pu un instant dérouter les esprits sur la valeur et la portée de ce hautain talent.
   Mais peu à peu on s’est rendu compte que même dans les pages où il s’était volontairement soumis à des expériences de ce genre, son originalité si tranchée éclatait aussi brillamment que dans celles où il se laissait aller, libre, vigoureux et heureux. Pour cette raison entre bien d’autres, il s’est attiré le respect et l’affection de la jeunesse artistique, car il a été pour elle en même temps un maître, dont la parole était pleine de beaux enseignements, et un camarade, qui ne dédaignait pas de se mettre à l’unisson des recherches les plus neuves et d’entrer dans les rangs de ceux même dont il était un des chefs.

   Il était né en Amérique, à Saint-Thomas ; mais toute sa vie s’est passée en France, et il était vraiment un des nôtres puisqu’il était devenu un des plus importants représentants de l’école française indépendante. Corot avait été son maître, et était demeuré son exemple et l’objet de son admiration. C’était de Corot qu’il tenait sa science des valeurs qu’il pratiquait magistralement et qu’il enseignait lui-même avec la plus grande libéralité à tout jeune peintre qui voulait profiter de ses leçons. Ses premières oeuvres se ressentent directement de l’influence de Corot pour l’emploi des beaux gris argentés, le choix de motifs simples, l’entente de l’atmosphère.
   Mais déjà sa note est à lui, et un Pissarro est bien un Pissarro, se reconnaît de loin entre toutes les autres peintures. En 1859, il envoie au Salon pour ses débuts un Paysage de Montmorency ; en 1864, des Bords de la Marne ; en 1865, une vue de Chennevières ; en 1866, des Bords de la Marne en hiver ; en 1869, l’Hermitage ; en 1870, l’Automne. Mais, bientôt Pissarro ne devait plus prendre part aux expositions officielles. Il se passionnait pour les nouvelles recherches de lumière qui devaient plus tard valoir à Renoir, à Monet et à Sisley une place si glorieuse, et dès les premières expositions du groupe, il était au nombre des plus beaux lutteurs et des plus puissants démonstrateurs.

Camille Pissarro. Autoportrait :Camille-Pissarro
   Depuis, son œuvre s’est accrue dans des proportions admirables. Il a tout tenté et tout réussi dans la peinture de paysages. Il suffira de rappeler ses magnifiques séries de Rouen, des Tuileries, du Pont-Neuf, de Dieppe, sans compter les nombreux sites de Londres, de Sydenham, et les motifs de son cher Eragny, où il notait la verdure des champs, la fécondité enivrante des vergers, les effets des grands ciels nuageux ou empourprés, et souvent aussi, les neiges et les givres.
   Dans toutes ces œuvres qui prendront de plus en plus de signification et de prix, se manifestent une profonde conscience, un rare sentiment rustique, une joie paisible devant la nature, une anxiété de bien et fortement exprimer, qui lui vaudront une place très importante dans l’art de ce temps où il sera considéré comme un des meilleurs peintres des champs que nous ayons eus depuis l’école de 1830. On vit partir avec un serrement de cœur ce beau maître dont un sourire illuminait la barbe blanche comme ses soleils du soir dorent et embellissent ses neiges.

c’était il y a 112 ans….


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 Le 13 novembre 1907, à Coquainvilliers, près de Lisieux, Paul Cornu réussit à s’élever pour la première fois à bord d’un hélicoptère. Ce jour-là, il atteint l’altitude de… 1 mètre 50 en envol vertical libre !

Paul Cornu à bord de son hélicoptère, à Coquainvilliers

Une invention qui vient de loin

   Le mot hélicoptère a été forgé en 1861 par le vicomte Ponton d’Amécourt à partir du grec helix (spirale) et pteron (aile). Mais quatre siècles plus tôt, Léonard de Vinci en avait déjà pressenti le concept à en juger par certains de ses croquis.

  Louis Breguet, un jeune industriel de 27 ans, conçoit la première aile tournante. Il s’inspire non de Léonard de Vinci mais de Jules Verne, qui évoque cette technique dans le roman de science-fiction Robur le Conquérant.

   Le 29 septembre 1907, il fait un premier essai dans la cour de son usine, à Douai, avec son ami le professeur Charles Richet.

   Avec à son bord un certain Maurice Volumard, l’appareil, baptisé Gyroplane N°1, doté de quatre voilures tournantes de 8,10 mètres de diamètre et d’un moteur de 50 CV, atteint non sans mal l’altitude vertigineuse de 1,5 mètre mais quatre techniciens ont soin de le maintenir en équilibre, ce qui altère la portée de l’exploit.

    Trois semaines plus tard arrive le tour de Paul Cornu, un simple mécanicien à la tête d’une petite entreprise normande.

    Son engin a une envergure de plus de 6 mètres. Il comporte à chaque extrémité un rotor ou hélice avec de grandes pales horizontales recouvertes de soie et de 6 mètres de diamètre. Ces rotors sont entraînés par un moteur de 24 CV.

    Après plusieurs essais, l’engin s’élève à 1,50 mètre au-dessus du sol en vol vertical libre avec son pilote, sans personne au sol pour le maintenir en équilibre…  Le frère de Paul Cornu, qui mettait le moteur en marche, a dû se cramponner au châssis et monter avec l’engin !

L’exploit marque la véritable naissance de l’hélicoptère.

 L’année suivante, Louis Breguet récidive avec le Gyroplane N°2, qui a l’avantage de pouvoir se diriger grâce à une voilure fixe planante et deux rotors inclinés sur l’avant. Il s’élève à plus de quatre mètres et parcourt une distance d’une centaine de mètres. Mais l’engin est peu après détruit dans son hangar par une tempête.

    Les hélicoptères vont attendre un peu avant de prendre réellement leur essor. C’est seulement à la fin des années 1920 qu’un ingénieur espagnol, Juan de la Cierva, apporte une amélioration décisive en introduisant les pales articulées et le vol contrôlé.

Les hélicoptères prouveront leur utilité dans le transport de troupes et les interventions difficiles à partir de 1942, grâce à l’industriel américain d’origine russe Igor Sikorski.

    Ils seront massivement utilisés pendant la guerre du Vietnam, dans les années 1970, et seront les véritables héros du film  » Apocalypse now  »de Francis Ford Coppola (1979).

    Au nombre d’environ 70.000, ils rendent aujourd’hui des services dans les liaisons entre aéroports et centre-ville, dans les opérations de sauvetage et dans le soutien logistique des militaires en opération.

Louis Breguet, pionnier de l’aéronautique :

Louis Breguet aux commandes de l'un de ses premiers appareilsL’ingénieur Louis Breguet, co-inventeur de l’hélicoptère, est considéré comme le  » père de l’aviation scientifique  ».

Dans l’usine familiale, il s’intéresse très tôt aux machines volantes avec le professeur Charles Richet, ami de son père. Après son expérience décevante de l’hélicoptère, il se tourne vers la construction d’aéroplanes.

    Le succès lui vient en septembre 1914, au début de la Grande Guerre : Louis Breguet, pilote affecté au camp retranché de Paris, effectue un vol au cours duquel son observateur, le lieutenant Watteau, constate un changement de direction de l’armée allemande.

 Renonçant à foncer sur Paris, celle-ci présente son flanc à la capitale. Le général Gallieni, gouverneur militaire de Paris, profite de cette faiblesse de l’ennemi pour acheminer en toute hâte des troupes vers l’est. Il lance la contre-offensive de la Marne qui va sauver la France de l’invasion.

   Louis Breguet reçoit la croix de guerre et retrouve ses usines avec mission d’accélérer la production d’avions. Début 1917 sort le Breguet XIV, avion de reconnaissance et de bombardement entièrement métallique, qui atteint la vitesse de 180 km/h. Construit à plus de huit mille exemplaires, il équipe les flottes aériennes de plusieurs alliés, dont les États-Unis, et après la guerre, s’illustre dans l’histoire de l’Aéropostale , piloté notamment par Mermoz et Saint-Exupéry.

L’industriel va multiplier les innovations jusqu’à sa mort en 1955 ( Alors que JE naissais ). Ses usines sont aujourd’hui partie intégrante du groupe Avions Marcel Dassault.

C’était il y a….


Après re lecture , je ne peux que constater que ce billet n’est que fouillis , pratiquement incompréhensible !

Environ 128 ans :

   Arthur RimbaudRimbaud décédait 

 Jean Nicolas Arthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854 à Charleville-Mézières dans les Ardennes.  ( Les Ardennes : là où je suis né ) Il est le deuxième enfant de la famille qui en compte cinq.       Son père, capitaine d’infanterie, est souvent absent jusqu’au moment où il abandonne femme et enfant. Sa mère les élève seule, suivant des principes stricts. Le jeune Arthur est un élève brillant, il remporte des prix de littérature dès son adolescence. Il saute la classe de cinquième. Grâce à sa plume talentueuse, il remporte divers prix dont le premier prix du Concours académique en 1869. Jeune homme révolté contre l’ordre des choses, il voit la poésie comme un moyen de les faire évoluer.

Les poèmes d’Arthur Rimbaud :
    C’est en 1870 ( âgé de 16 ans )  qu’est publié son premier poème « Les Etrennes des orphelins ». Un nouveau professeur, Georges Izambard Izambard (prof Rimbaud ), vient enseigner dans le lycée d’Arthur. Grand amateur de poésie, l’enseignant l’initie à cet art. Rimbaud découvre notamment la poésie  »parnassienne  »  ( =Se dit du mouvement de poésie française (XIXe siècle) caractérisée, en réaction contre les épanchements romantiques, par une poésie savante et impersonnelle.) . En mai, Arthur adresse quelques-uns de ses poèmes à Théodore de Banville, afin d’être publié dans le Parnassien contemporain. Mais cette tentative reste infructueuse.

    En août, la France entre en guerre contre la Prusse. Arthur, alors âgé de 16 ans, fait sa première fugue à Paris. Il écrit le célèbre poème « Le Dormeur du Val ». C’est son professeur Georges Izambard qui le fait sortir de prison. Libéré début septembre, il fait une deuxième fugue vers la Belgique début octobre. Il envoie à Paul Demeny deux lettres dites « du voyant ». Dans l’une d’elle, il exprime sa volonté de devenir un voyant, et ce par un « long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens ».?????????

Arthur Rimbaud et Paul Verlaine :
     Paul Verlaine, à qui Rimbaud a envoyé ses écrits, est touché par les vers du jeune homme et l’invite à Paris : « Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend ». Rimbaud s’y rend aussitôt, emportant avec lui son poème « Le bateau ivre ». S’ensuivent deux années d’errance et de vagabondage. Ils vivent à Paris chez Verlaine (lui-même étant marié et vivant en ménage) et mènent une vie de bohème en fréquentant les bars du quartier Latin. Puis, les deux amants ? passent par Bruxelles et Londres.

    Leur liaison s’achèvera violemment

    Le 8 juillet 1873, Verlaine et Rimbaud se disputent et décident de se séparer. Verlaine, en état d’ébriété, tire sur Rimbaud et le blesse. Verlaine sera condamné par la justice belge à deux ans de prison. Peu après, Rimbaud achève et publie « Une saison en enfer », dans laquelle il témoigne de sa souffrance. Sa blessure sera la cause de sa mort. Celui que Verlaine avait surnommé « l’homme aux semelles de vent » poursuivit seul ses voyages. Il écrit le recueil Illuminations qui comprend 57 poèmes, parus en 1886.

Mort d’Arthur Rimbaud

A 19 ans, Rimbaud choisit d’abandonner la poésie. Cet abandon est pour certains l’aveu de son échec de faire évoluer le monde au travers de ses poèmes.       D’autres pensent que c’est simplement pour gagner sa vie qu’il arrête d’écrire et se tourne vers le commerce. Rimbaud enchaîne les destinations : Hollande, Suisse, Allemagne, Italie, Chypre… En 1880, il devient gérant d’un comptoir commercial en Abyssinie. En 1886-87, il se lance dans le trafic d’armes dans l’espoir de devenir riche ! L’affaire fut un désastre. En 1891, il souffre de douleurs au genou et se fait rapatrier en France. A Marseille, les médecins découvrent une tumeur au genou. Rimbaud doit immédiatement se faire amputer de la jambe droite. La maladie progresse et Rimbaud meurt le 10 novembre 1891 à Marseille à l’âge de 37 ans. Il est enterré au cimetière de Charleville-Mézières.Tombe Rimbaud Il existe un doute quant à la version finale de certaines lettres et écrits de Rimbaud. Plusieurs versions de poèmes ont été retrouvées sans savoir laquelle était la version finale. Poussé par une volonté de créer une langue nouvelle,  résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée , Arthur Rimbaud a créé un style moderne, loin de la poésie traditionnelle et de son lyrisme.

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Ces trafics l’enrichirent presque. Il avait amassé une cinquantaine de mille francs et s’était établi pour, son compte. Les espoirs de Verlaine et des jeunes hommes qui attendaient une édition  de la Saison en enfer n’auraient reçu aucun commencement de satisfaction sans la maladie qui affligea Rimbaud : une tumeur arthritique lui vint au genou droit ; une opération délicate devenant nécessaire, il dut se rembarquer pour la France.
   À ce moment, et par une coïncidence qu’on peut trouver mystérieuse, les journaux parlèrent de lui. Vanier et Genonceaux le réimprimèrent. Cependant la nouvelle de sa mort survenue le 10 novembre 1891 ne parvint qu’avec retard aux rédactions. L’Écho de Paris du 6 décembre 1891 en fait mention. Quant au célèbre journal Le Gaulois, il consacre l’entrefilet suivant intitulé Échos de province dans son numéro du 22 décembre 1891 :
   » Il vient de mourir à Charleville, un poète, Arthur Rimbaud, que l’école décadente avait adopté comme une sorte d’apôtre de l’art nouveau.
 » Le curieux, c’est que le poète n’était connu que par ses premiers vers, non publiés, pour la plupart, mais colportés en manuscrits dans les petits cénacles.
   »Il avait disparu depuis environ dix-huit ans sans se préoccuper de ses admirateurs. C’est le bruit fait récemment autour de son nom qui, attirant enfin l’attention d’une de ses sœurs, a décidé celle-ci à écrire à un journal une lettre , adressée au Petit Ardennais  rectifiant pieusement certaines légendes trop fantaisistes. C’est par cette lettre qu’on a connu, à Paris, la mort du poète, survenue le 10 ou 12 novembre dernier.  »
    La mort d’Arthur Rimbaud n’avait à ce point pas été signalée à la presse que dans son numéro du 12 novembre 1891, soit deux jours après la disparition du poète, le journal Le Figaro consacre un article à la saisie du Reliquaire, volume de poésies de Rimbaud faisant l’objet d’une plainte de son préfacier. Inséré dans la rubrique Au jour le jour, l’article, signé Gaston Davenay et  révéla qu’on ignorait complètement ce qu’était devenu Rimbaud, est ainsi libellé :
   » Un fait assez rare, on pourrait même écrire exceptionnel en France, vient de faire naître une émotion extraordinaire dans le jeune monde littéraire : c’est la saisie, chez l’éditeur du livre, d’un volume de poésies intitulé Reliquaire, d’Arthur Rimbaud, avec une préface de Rodolphe Darzens, sur la requête de ce même Rodolphe Darzens, et ce, en vertu de l’article 3 de la loi du 19-24 juillet 1793, de l’article 1er de la loi du 25 prairial an III, et des articles 425-427 du Code pénal, visant la contrefaçon.