» soutenir mordicus  » ?


Comme tout le monde le sait ,cela signifie…

…..affirmer avec obstination ; soutenir avec ténacité ; affirmer quelque chose de façon catégoriqueMais quelle est l’origine de l’expression ?

Origine et définition : ( après recherche sur le net ou ailleurs )

Personne n’ignore ce que le verbe  »’affirmer » veut dire.
Il ne reste donc plus qu’à savoir d’où vient cet étrange  »mordicus  ».
Prenez un pitbull, ordinaire, mais n’ayant pas mangé depuis deux ou trois jours et mettez le à côté d’un animal quelconque, de la taille d’une brebis, par exemple.
Croyez-vous que le chien va vouloir entamer une conversation courtoise avec l’autre l’animal ? C’est très peu probable !

En fait, il va bien plus certainement planter ses crocs dans une des cuisses charnues qui s’offrent à lui et ne plus lâcher, mordre obstinément jusqu’à ce qu’il arrache un morceau de sa pauvre proie.
Et nous avons là une scène peu plaisante qui suffit à tout expliquer:

En effet, l’adverbe  »mordicus » vient, au XVIIe siècle, du latin  »mordicus » ( lol étonnant, non ?) lui-même dérivé de l’équivalent latin de  »mordre », et qui signifiait au sens propre « en mordant ».
Mais  »mordicus » avait aussi, au figuré, la signification de « sans en démordre », comme notre pitbull agrippé avec obstination à la cuisse de sa victime, sachant que si le premier sens de  »démordre » a bien été logiquement « lâcher prise après avoir mordu », il a vite été employé à une forme négative pour marquer l’opiniâtreté, la ténacité de celui qui ne veut pas « en démordre ».
[1] Situation vécue il y a longtemps en Algérie où deux boxers affamés et/ou énervés se sont partagés la cuisse d’un pauvre âne jusqu’à ce qu’ils soient abattus par leur maître attiré par les cris de l’animal.

Exemple :

 » Justement une de leurs amies habitait aux environs et s’engageait à fournir un alibi très acceptable, en affirmant mordicus les avoir retenues toute la journée.  »
Pierre Loti –  »Les désenchantées »

La fille maudite…d’une abbaye…


Les moines de Saint-Germain-des-Prés….  » enfantèrent une prison  » !

Aujourd’hui , de l’abbaye fondratrice et de ses dépendances ,il ne reste que l’église

l’église ?

,seul témoin de l’histoire  » tourmentée  » d’un quartier aujourd’hi plus célèbre pour avoir accueilli J.P Sartre

J.P Sartre

, Jacques Prévert

Jacques Prévert

,ou Boris Vian

Boris Vian

, que pour sa redoutable prison millénaire dirigée par d’omniprésents abbés dont Louis XIV ne put entamer les prérogratives …..

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Cette église est la plus ancienne de Paris, elle faisait partie autrefois d’un plus vaste ensemble comportant une abbaye et accolée ,une prison .L’abbaye fut élévée en 543 par les moines mérovingiens ( Childebert , qui s’étant emparé du trésor de l’église de Tolède ,décida, avec Germain (évêque de Paris )de construire une abbaye sur la rive gauche de la Seine .Les terres,les moulins ,les serfs ,et le futur St Germain furent cédés par le roi qui les confia au moines de l’ordre de Saint Basile .

Un abbé régnant en maître sur le faubourg de Saint -Germain :

L’autorité de l’abbé de St Germain s’étendait sur la moitié des Parisiens .Seigneur très puissant et faisant parti des plus importants personages de Paris ,il possédait des terres jusqu’au Champs de Mars, avait sur tout le faubourg Saint Germain les droits de haute,moyenne et basse juridiction, tant  » spirituelle que temporelle  »…..Privilèges qu’il gardera jusqu’au 17ème siècle .Menacés à plusieurs reprises par des  » expéditions  » , les furent obligés en 856 de verser une forte rançon pour éviter une mise à sac ,qui n’empêcha pas le pillage de l’église 4 ans plus tard .En 885 ,un nouveau pillage les décourageant de la restaurer ,ils vécurent plus de 100 ans au milieu des ruines !

C’est le pape Alexandre III qui , à l’occasion de sa venue pour poser les premiers fondements de

Notre Dame ,inaugura en 1163 la nouvelle abbaye dont la reconstruction avait débuté en 990 (163 ans !)et qui qui était doté d’une prison , dépendance toujours utile au  » seigneur abbé  ». Au cours de sa  » toute puissance  » ,jusqu’au XVI ème siècle , on voyait du côté de l’est ,entre les maisons et le mur d’enceinte , un tour renferment le pilori de St Germain qui , plus tard ,devint un corps de garde appelé  » la barrière des sergents  » (abattu au 18ème siècle ).

Dans  » les mémoires de l’étoile  » ?: »En 1607 fut constitué prisonnier à Paris , eet mis aux prisons de l’Abbaye,le prieur des  »fratti ignoranti  » pour avoir forcé une petite fillette âgée de 7 à 9 mois ,fille d’un corroyeur du faubourg Saint-Antoine ( histoire ne dit pas quel châtiment / quelle punition subit le justifiable de l’abbé de St Germain ….).

N.B : Maintenant , j’ai compris : Comme je n’ai pratiquement pas de commentaire , j’écris d’abord pour moi !

( Mais les commentaires sont toujours  » ouverts  » et bien venus …)

Un Béarnais …


……..sur le trône de Suède ! (les commentaires ne sont pas nécessaires ; billet surtout pour tester ma connection )

Qui aurait pu croire que Jean Bernadotte

J.B. Bernadotte ,né à Pau le 26 janvier 1763 , deviendrait roi de Suède et de Norvège sous le nom de Charles XIV ( en suédois,Karl XIV ) et de Karl III en Norvège (en norvégien ,Karl II /Johan) ?

Certainement pas son père ,un procureur palois issu d’une antique famille de Maurcor,près de Morlaàs en Béarn , ni même son son grand-oncle ,abbé laïc de Sirex dans les Hautes-Pyrénées . Il suffit de 38 ans pour que le simple soldat du roi de france devienne général sous la Convention ,ambassadeur puis ministre durant le Directoire ,maréchal d’empire et prince de l’Empire avant d’accèder aux trônes scandinaves…où sa descendance règne toujours ….

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Un peu plus d’info sur cet homme:

Il s’engagea dans l’armée française en 1780 et connut un avancement rapide sous la Révolution française , atteignant le grade de général  en 1794 après avoir longtemps végété dans des fonctions subalternes. Il se distingua à plusieurs reprises sur les champs de bataille et occupa également, pendant une courte période, le poste de ministre de la Guerre. Ses relations avec Bonaparte  furent houleuses, mais les deux hommes se réconcilièrent en 1804 et Bernadotte fut élevé à la dignité de maréchal d’Empire, la plus haute distinction militaire du pays. Il participa aux campagnes napoléoniennes  à la tête d’un corps d’armée, mais son inaction le jour de la bataille d’Auerstaedt en 1806 et le mauvais comportement de ses troupes à celle de Wagram en 1809 lui attirèrent les critiques de l’Empereur.

En 1810, il fut choisi par le Parlement suédois comme héritier du roi Charles XIII

Charles XIII ?

vieux, malade et sans enfants, prenant alors le nom de Charles Jean et le titre de régent du royaume. Alors que sa nomination laissait entrevoir une amélioration des relations entre la France et la Suède ainsi que la possibilité pour cette dernière de recouvrer la Finlande , le nouveau prince héritier conduisit la politique étrangère  suédoise dans une direction totalement opposée en s’alliant avec la Russie et le Royaume -Uni contre l’Empire français . Il accepta d’entrer dans la Sixième Coalition  contre Napoléon en 1813, prenant personnellement la tête de l’armée du Nord, et obtint en contrepartie que la Norvège fût cédée à la Suède. Cette revendication fut satisfaite par le traité de Kiel de 1814, ratifié quelques mois après la victoire des Alliés à la bataille de Leipzig Les Norvégiens s’étant rebellés contre la domination suédoise, Charles Jean mena unebrève campagne militaire  qui se solda par la convention de Moss et l’entrée de la Norvège dans une union personnelle Russie avec la Suède

 » logo d’une union personnelle /états »?

Il monta sur les trônes suédois et norvégien en février 1818 après la mort de Charles XIII/II. En tant que nouveau souverain, Charles Jean s’efforça d’améliorer l’économie du pays en équilibrant le budget intérieur avec le paiement de la dette extérieure  et en développant les infrastructures, avec par exemple la construction du canal Göta

 canal Göta ?

. Il essaya également de rapprocher la Norvège de la Suède par le biais d’un projet de fusion territoriale mais se heurta à l’opposition du Parlement norvégien. La politique étrangère qu’il mit en œuvre permit de maintenir les droits de doune  à un niveau relativement acceptable, et le royaume connut sous son règne une période de paix sur le plan intérieur tout en adoptant une attitude neutre  dans les affaires internationales. Ses adversaires libéraux lui reprochèrent cependant son entêtement, particulièrement manifeste au cours des années 1830, ce qui incita le roi à effectuer certaines concessions dans les dernières années de son règne. Il mourut en 1844 à l’âge de 81 ans et fut remplacé par son fils .Oscar 1er

Oscar 1er ?

Jeunesse :

Maison natale de Bernadotte à Pau :

Jean-Baptiste Bernadotte naquit le 26 janvier 1763 à Peau , au sud-ouest du royaume de France  . Il était le dernier d’une fratrie de trois enfants qui comprenait un frère, Jean, et une sœur, Marie, issus du mariage d’Henri Bernadotte et de Jeanne de Saint-Jean. La famille Bernadotte appartenait à la bourgeoisie de robe et était établie à Pau depuis plusieurs générations.

L’enfant naquit prématuré et il fut baptisé dès le lendemain à l’église. Prénommé Jean à sa naissance, il reçut en complément le nom de Baptiste en l’honneur de saint Jean -Baptiste . Son père,avocat  de profession, exerçait la charge de procureur du roi dans un petit tribunal de province. Sa fortune était si peu considérable qu’il dut attendre l’âge de 43 ans pour se marier, et il mourut peu de temps après le 17e anniversaire de son fils cadet.

Le nouveau-né fut confié pendant un an aux soins d’une nourrice à quelques kilomètres de Pau. Ses relations avec sa mère ne furent sans doute pas très bonnes car il ne lui rendit visite qu’une seule fois après son engagement dans l’armée Il fut éduqué chez les bénédictins

bénédictins ?

mais il est possible qu’il reçût une partie de son instruction au domicile familial, comme cela se faisait couramment à l’époque. À l’âge de 15 ans, il commença à travailler comme apprenti chez Jean-Pierre de Batsalle, un avocat réputé de Pau.

c’était il y a environ….


…..122 ans :

( Billet sans intérêt : Mis pour tester car j’avais TOUT perdu sur mes blogs !!)

22 septembre 1900 : Le banquet des maires de France :

Le 22 septembre 1900 a lieu le Banquet des maires de France. À l’invitation du président Emile Loubet

Emile Loubet ?

, la France des notables célèbre d’une agréable façon le culte de la République (108 ans jour pour jour après sa première fondation ), en marge de l’Exposition universelle et des festivités du nouveau siècle.

Elle tente d’oublier aussi les dissensions nées de l’ affaire Dreyfus .

Banquet des maires de France (jardin des Tuileries le 22/09/1900 )

23000 maires ! répondent à l’invitation présidentielle. Ils se réunissent dans le jardin des Tuileries, sous deux tentes immenses, autour de 700 tables. 400 cuisiniers et 2 000 maîtres d’hôtel sont mobilisés à leur service par le traiteur Potel & Chabot, maison fondée en 1820 par le pâtissier Jean-François Potel et le cuisinier Étienne Chabot. En moins de 90 minutes défilent cinq services : darnes de saumon, filet de bœuf, pains de caneton, poulardes de Bresse, ballottines de faisan…

Le 22 septembre avait été choisi comme étant le jour anniversaire de la proclamation de la République en 1792 ,( = 108 ans auparavant ), et le président ne manqua pas de le rappeler, en parlant des ancêtres de la Révolution :  » Lorsqu’ils proclamèrent la République, ils voulaient organiser la défense nationale en même temps que la démocratie, de sorte qu’ils nous ont donné l’exemple du courage sous ses deux plus belles formes, et que cet anniversaire est la fête du patriotisme autant que la fête de la liberté.  ». Cette festivité fut reportée comme conviviale et amicale dans la presse de masse …(alors qu’elle fait à l’époque un possible usage de la caricature ) 

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L’organisation de banquets de grande taille était une pratique qui remontait surtout à l’époque de la  Seconde République  (alors organisés par les opposants à la monarchie de Juillet  mécontents de la politique de Guizot )

Guizot ?

Elle s’était transformée en coutume moins hostile au cours de la Troisième République  comme le banquet du 14 juillet 1888  où le président Sadi Carnot 

Sadi Carnot ?

, nouvellement élu, offrit un banquet à tous les maires des chefs-lieux d’arrondissement et de cantons et où environ 4 000 invités répondirent à l’invitation. On trouve aussi celui du 13 juillet 1898  donné aux maires des principales villes de France en l’honneur du centenaire de l’historien Michelet

Michelet ?

. Précédemment aussi à celui-ci , on trouve aussi le banquet du 18 août 1889  , dit  »banquet du Centenaire  », organisé par la municipalité de Paris à l’occasion du centenaire de la Révolution française  et qui réunit 11 182 maires au palais de l’industrie  

palais de l’industrie ?

pendant l’exposition universelle de Paris de 1886 .

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Deux immenses tentes  furent dressées dans le jardin des Tuileries reliées entre elles par des tentes perpendiculaires. 700 tables de 10 mètres de long chacune pouvant recevoir de 32 à 36 couverts, soit sept kilomètres…..

À droite du président de la République, est assis le président du sénat ,Armand Fallières; à sa gauche, se trouve Paul Deschanel

P.Deschanel ?

,président de la chambre des députés. Le président du Conseil, Waldeck -Rousseau

Waldeck -Rousseau

les ministres, les députés, les sénateurs, la magistrature, l’armée, les personnages éminents de la nation sont à la table présidentielle.

Les convives venant de France, d’Algérie et d’Outre-mer furent classés par département et par ordre alphabétique, ce qui provoqua des querelles de  » préséance  » (par exemple le doyen en âge et le doyen en exercice de la fonction de maire).

Selon le vœu du président de la République, le repas ne dura pas plus de 90 minutes.

Les quantités de matériel nécessaire furent fort importantes, à l’image de la manifestation:

  • 10 km de nappes molletonnées,7 km de molletons,7 km de nappes,125 000 assiettes avec reproduction en fac-simile de la tapisserie  » Armes de la République  » exposée,
  • 125 000 assiettes avec reproduction en fac-simile de la tapisserie  » Armes de la République  » exposée ,55 000 fourchettes,55 000 cuillères,60 000 couteaux,126 000 verres. !

Six bicyclettes furent prévues pour transmettre rapidement les ordres de service. De même, une automobile ( De Dion – Bouton de 4 CV) permettait au général de brigade de circuler entre les tables!!!!

Environ 3 000 personnes furent employées pour la cuisine et le service et furent organisées par un seul traiteur  :

  • 11 chefs  » gros bonnets  »,220 chefs de partie,400 cuisiniers,2 150 maîtres d’hôtel,50 préposés aux vestiaires

Les fournitures pour le repas aussi sont encore impressionnantes :

  • 2 000 kg de saumon ,1 430 faisans ,2 500 poulardes ,1 200 litres de mayonnaise,10 000 pêches,1 000 kg de raisin ,3 000 litres de café !
La carte est marquée du blason tricolore R F avec armoiries (médaillons) encadrantes, et avec en entête l’inscription « EXPOSITION UNIVERSELLE ». Sur la partie gauche se trouve le menu du repas, et sur la partie droite le programme des festivités qui se déroulèrent en parallèle, à la salle des fêtes.
Menu du banquet ..

Couverture du menu:

  • Hors-d’œuvre
  • Darnes de saumon glacées parisienne
  • Filet de bœuf en Bellevue
  • Pains de canetons de Rouen
  • Poulardes de Bresse rôties
  • Ballottines de faisans Saint-Hubert
  • Salade Potel
  • Glaces Succès – Condés
  • Dessert

Pour les vins, 39 000 bouteilles dont 1 500 de Fine Champagne furent utilisées :

  • Preignac servi en carafe ;Saint-Julien ( en carafe ),Haut Sauternes,Beaune Margaux,Champagne Montebello…

Le personnel ne fut pas en reste puisqu’il eut droit à 3 000 litres de  » gros rouge » lol

Les festivités !

PROGRAMME :
SALLE DES FÊTES….

1) La Marseillaise
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DANSES
DE JADIS ET DE NAGUÈRE


I — Danses Barbares
II — Danses Grecques

III — Danses Françaises
IV — Danses Modernes

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LE CHANT DU DÉPART
—————
Avec le concours de la Comédie-Française  et de l’Académie Nationale de Musique et de Danse (Orchestre de l’Opéra )

Une plaquette en bronze fut éditée à cette occasion, d’après Frédéric Vernon

Frédéric Vernon ?

De format rectangulaire (4,5 × 6,2 cm), elle est signée F. Vernon sur le revers où deux allégories féminines dont l’une représente Marianne .

portant des libations au banquet. Sur l’avers, inscription  » Banquet des Tuileries offert aux maires de France sous la présidence de M. E.Loubet président de la République et de Waldeck Rousseau président du Conseil Paris 22 septembre 1900  ». En dessous de l’inscription, dans un cartouche se détachant sur ramures de chêne et de laurier, étaient gravés l’initiale du prénom et le nom du maire. Ces plaquettes bifaces se retrouvent encore dans les collections privées ou dans des mairies.

Première édition du festival de Cannes


Le 20 septembre 1946: ( il y a 76 ans)

Aujourd’hui, le festival de Cannes s’affirme comme la manifestation la plus prestigieuse du cinéma mondial ,appréciée autant pour la qualité des œuvres en compétition que par son étalage de clinquant et de luxe. J’apprends avec surprise ,qu’ il doit sa naissance à une initiative du Front Populaire …..

Une première édition mal tombée :

Le festival de Cannes (affiche de Jean-Gabriel Domergue)  »Irrité  »par la mainmise hitlérienne et mussolinienne sur la  »Mostra de Venise  », née en 1932, le gouvernement français décide de créer un festival du cinéma concurrent.

Cannes est le lieu choisi ……

Ce village de pêcheurs a été mis à la mode sous le règne de Louis-Philippe par l’aristocratie anglaise, rapidement suivie par l’aristocratie russe. Il est devenu à la Belle Époque une station balnéaire cossue avec une enfilade de grands hôtels de luxe sur le boulevard de la Croisette, à l’est du vieux port.

L’idée du festival en revient au ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts Jean Zay

Jean Zay

. Tout est prêt pour l’heureux événement : affiches, sélection de films avec en vedette  »Le Magicien d’Oz  »

affiche du film  » le magicien d’oz »

(Victor Fleming). Louis Lumière

Louis Lumière ?

se voit attribuée la présidence du festival. ……

Hélas, l’ouverture, prévue le 1er septembre 1939, est reportée en catastrophe à cause de l’invasion de la Pologne le même jour.

Donc , c’est seulement après la Seconde Guerre mondiale, sept ans plus tard, le 20 septembre 1946, que Cannes reçoit stars américaines, réalisateurs et journalistes pour la plus grande joie des badauds. Les Français y voient une revanche sur la défaite et les mauvais jours, alors que le pays vit encore la période difficile de la reconstruction et du rationnement.

Le tapis rouge est enfin déroulé……

Le premier festival se tient au Casino Rühl, entre le vieux port et la Croisette.

Starlette sur la Croisette à Cannes (octobre 1946Le Grand Prix est remis à un film de René Clément

René Clément ?

qui exalte la Résistance française : La Bataille du Rail

La Bataille du Rail (affiche du film)

. Il consiste en une œuvre d’artiste.

Mais en 1954, un concours est organisé entre les meilleurs joaillers de la ville pour imaginer un trophée. Le projet retenu, celui de Lucienne Lazon

Lucienne Lazon ?

, est un bijou de 118 grammes d’or de 18 carats en forme de palme, la palme étant le symbole de Cannes. La Palme d’Or 

palme d’ or

récompense depuis  le lauréat du festival.

L’année suivante, en 1947, le casino est démoli et remplacé par un somptueux Palais des Festivals. Inauguré le 11 septembre 1947, à la veille du deuxième festival, il sera à son tour démoli et remplacé en 1983 par un nouvel édifice dans un style très contemporain qui lui vaut d’être surnommé le  » bunker  ».

Palais des festivals ( 1983 ? )

Mais le rêve reprend toujours le dessus. 

Un tapis rouge accueille les invités et les vedettes à l’entrée du Palais des Festivals et les photographes immortalisent la montée des  » vingt-quatre marches de la gloire  » avant la cérémonie d’ouverture, selon un rituel devenu incontournable.

La désignation du jury et de son président, la sélection des films en compétition et bien sûr la soirée des récompenses font chaque année la Une des médias.( mais en mai 1968 ,le festival sera interrompu par solidarité avec le mouvement étudiants )

Au fil des années d’autres manifestations tout aussi populaires se sont greffées: la Semaine de la critique, la Quinzaine des réalisateurs, le Marché du film de Cannes…

En ce début du XXIe siècle, la population de Cannes voit sa population tripler de 70 000 à plus de 200 000 habitants pendant les douze jours de la manifestation, laquelle se tient désormais au mois de mai.

C’était il y a 41 ans……


…..Le 18 septembre 1981.La France abolit la peine de mort

Le 18 septembre 1981, à Paris, l’Assemblée nationale vote la loi d’abolition de la peine de mort présentée par le garde des Sceaux, Robert Badinter, 53 ans. 369 députés votent en sa faveur et 113 s’y opposent. C’est la principale mesure qui reste des deux septennats du président François Mitterrand

François Mitterrand

et celle que l’on a coutume de citer quand on évoque son bilan.

Cette initiative met la France  »au diapason » des autres pays d’Europe occidentale. Elle est l’aboutissement d’un débat qui a agité les cercles intellectuels et politiques d’Occident pendant trois siècles. Il n’empêche qu’en ce début du XXIe siècle, la peine de mort demeure en application dans des États qui rassemblent près des deux tiers de l’humanité… 

Un long chemin :

Jusqu’au XVIIIe siècle, dans tous les pays du monde, les délinquants et criminels étaient sanctionnés soit par une amende, soit par une peine infamante (bannissement, fers, carcan ou pilori), soit par une mutilation, soit enfin par la peine de mort, avec des variantes innombrables : décapitation, strangulation ou empoisonnement à la ciguë (Athènes), décapitation ou lapidation (Hébreux), décapitation, précipitation, pendaison, crucifiement (Rome). L’incarcération était réservée aux prévenus en attente de jugement.

La France de l’Ancien Régime n’a rien à envier à ces antiques exemples : décapitation (noblesse), pendaison, roue ou encore écartèlement (régicide). Mais la Révolution arrive et au nom de l’article 1 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ( » tous les citoyens sont égaux…  »), elle généralise l’emploi de la machine du  »bon  » docteur Guillotin

Guillotin » ?

:  » Tout condamné à mort aura la tête tranchée  ».

Machine proposée à l'Assemblée nationale pour le supplice des criminels par Mr. Guillotin, Jean-François, XVIIIe s., Paris, BnF.

Il est à noter que l’Angleterre l’a devancée dans la voie de l’égalité en généralisant la pendaison et en l’étendant à une multitude de délits, y compris de simples larcins ! Les exécutions sont. (Elles s’apparentent par leur succès populaire aux jeux du cirque antiques ).

L’historien Jean-Claude Chesnais cite une exécution, à Londres, en 1824, qui aurait attiré cent mille spectateurs (dans un pays d’à peine dix millions d’habitants). Mais dès la fin du XVIIIe siècle, la peine de mort fait l’objet d’une contestation courageuse. Elle vient d’un jeune marquis italien, admirateur de Montesquieu,Cesare Beccaria

Cesare Beccaria ?

.

Dans un opuscule publié  »sous le manteau  »en 1764, Des délits et des peines, il écrit :  » L’État n’a pas le droit d’enlever la vie. La peine de mort est une survivance de rigueurs antiques et un anachronisme dans une société policée. Elle n’est pas seulement inutile parce que sa valeur d’exemple est nulle, elle est aussi nuisible  ». Sa protestation est relayée par Voltaire et même par Robespierre (qui changera assez vite d’avis sous la pression des événements).

La Révolution française accomplit un pas décisif vers la modulation des peines en introduisant la privation de liberté, ( la  prison lol ). Inspiré de Beccaria, le code pénal adopté par l’Assemblée Législative le 6 octobre 1791 prévoit donc des peines la prison avec une durée variable selon le délit ou le crime. Il va dès lors devenir possible de réserver la peine capitale aux crimes les plus graves.

En France, après la chute de l’Empire, des conservateurs éclairés par la foi chrétienne relancent le combat en faveur de l’abolition de la peine de mort. C’est le cas du journaliste et homme politique protestant François Guizot

François Guizot ?

, qui échoue de peu à faire voter une loi dans ce sens.

Victor Hugo, Ecce (Le Pendu), 1854. Agrandissement : La Tourgue en 1835, 1875, Maisons de Victor Hugo, Paris.C’est aussi le cas du jeune poète Victor Hugo 

Victor Hugo (jeune)?

qui publie en 1829  »Le Dernier Jour d’un Condamné  » (il s’agit du récit des derniers moments d’un jeune condamné, par lui-même). À ce livre, il ajoute en 1832 une préface qui est un vigoureux plaidoyer contre la peine de mort avec des arguments -toujours actuels ?? -( » Se venger est de l’individu, punir est de Dieu  »).

 »Ces royalistes plutôt traditionalistes sont animés par un souci d’humanité à une époque où l’on exécute plus que de raison  » : l’historien Jean-Claude Chesnais

Jean-Claude Chesnais ?

!!!(Histoire de la violence, 1982). 

Sur la peine de mort, la gauche républicaine, qui cultive la nostalgie de la révolution jacobine et de la Terreur, reste toutefois réservée, n’y voyant aucun inconvénient quand il s’agit de combattre les ennemis de la Liberté.

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Les pays nordiques furent les premiers à délaisser la peine de mort : Le grand-duché autonome de Finlande entame le mouvement dès 1826, suivi par la Norvège en 1875, le Danemark en 1892, la Suède en 1910. Les Pays-Bas l’abolissent en 1850. Née en 1830, la Belgique applique la peine de mort avec réticence, le roi usant généralement de son droit de grâce. La peine capitale est systématiquement commuée en détention à perpétuité à partir de 1950 et officiellement abolie en 1996. La Suisse entame le processus d’abolition en 1874. Plus surprenant, le Portugal l’abolit en 1867 et l’Italie en 1890 (Mussolini la rétablira brièvement).

Au Brésil, la dernière exécution remonte à 1855… au grand dépit de Louis Pasteur

Louis Pasteur

qui, dans une lettre du 22 septembre 1884, avait suggéré à l’Empereur du Brésil de lui mettre à disposition des condamnés à mort comme cobayes pour ses recherches sur la rage et le choléra ! !!!Parmi les pays européens tard venus à l’abolition figure l’Allemagne, qui ne l’a abolie qu’en 1949 (dans la partie occidentale).

Exécution de Jean-Baptiste Troppmann (Le massacre de Pantin), le 19 janvier 1870, place de la Roquette, Paris, BnF.

La peine de mort fait de la résistance:

En France, après la vaine tentative de Guizot, le républicain Jules Simon

Jules Simon

tente une nouvelle fois en 1870 de faire passer l’abolition.

Au début du siècle, les présidents de la République Émile Loubet (1898-1906) et Armand Fallières (1906-1913) usent systématiquement de leur droit de grâce, en résistant avec courage à la pression de l’opinion publique. Le garde des sceaux Aristide Briand veut  »transformer l’essai’ en faisant passer une simple loi :  » La peine de mort est abolie  », mais l’opposition se déchaîne !

Exécution d'Eugen Weidmann devant la prison de la Santé, à Paris, le 17 juin 1939.Au matin du 17 juin 1939, la guillotine est installée devant la prison de Versailles pour l’exécution de l’assassin Eugen Weidmann (31 ans). Mais un retard de près d’une heure laisse au soleil le temps d’éclairer la scène. Les photographes en profitent ainsi que le public, dans lequel figurent des fêtards tout juste sortis de boîtes de nuit.!!!!!

Le scandale conduit le gouvernement à interdire les exécutions publiques. Celles-ci auront désormais lieu dans la cour des prisons. Mais dès lors, pendant l’Occupation, on ne rechignera plus à exécuter des femmes, ce qui n’était plus arrivé depuis 1906… Et à la Libération, la peine de mort n’est plus limitée à des crimes de sang mais étendue à des vols à main armée. 

La guerre d’Algérie suscite un regain d’activité de la guillotine avec un peu plus de deux cents exécutions entre 1956 et 1962. Avec le retour de la paix civile, on compte ensuite de moins en moins de condamnations à mort et, en 1970, année sans exécution, le sombre rituel paraît voué à tomber en désuétude. Mais l’exécution de Buffet et de son complice Bontemps, le 28 avril 1972, anéantit les espoirs des abolitionnistes, parmi lesquels maître Badinter, avocat de Bontemps.

Les deux accusés, en prison à Clervaux, avaient pris trois personnes en otage à l’infirmerie et en avaient tué deux, dont une infirmière. Le doute planait sur la participation active de Bontemps au crime. Malgré cela, il fut condamné à mort comme son complice et exécuté après que le président G.Pompidou , déjà affecté par la maladie, eut refusé sa grâce.

Robert Badinter et Patrick Henry lors du procès en janvier 1977. (Croquis d'audience de Calvi)Le 10 mars 1976, une nouvelle condamnation envoie à l’échafaud Christian Ranucci, un jeune homme de 20 ans accusé du meurtre d’un enfant. Là aussi, le doute planait sur sa culpabilité mais le jury bascula en bonne partie parce qu’un mois plus tôt, le 17 février 1976, était apparu sur les écrans de télévision un autre criminel, avéré celui-là : Patrick Henry, coupable d’enlèvement et d’assassinat d’un garçonnet. Ce soir-là, le journal télévisé s’ouvrait sur cette exclamation du présentateur Roger Gicquel :  » La France a peur  »…

Christian Ranucci

se vit refuser sa grâce par le président Valéry Giscard d’Estaing , dont  »l’esprit d’ouverture ,?  » se heurtait à l’opposition croissante de la fraction conservatrice de son camp. Il fut exécuté le 10 mars 1976. Une nouvelle exécution survint le 10 septembre 1977 : le Tunisien Hamida Djandoubi, résidant à Marseille, fut guillotiné pour avoir torturé et tué une femme de 22 ans. Après des réformes sociétales d’une audace sans précédent, le président de la République avait donc dû remiser au placard l’abolition de la peine de mort et laisser à son successeur le bénéfice moral de cette mesure. 

L’Europe toute entière abolitionniste

En 1981, à la veille des élections présidentielles, la France faisait figure de » mouton noir » dans une Communauté européenne qui avait depuis longtemps déjà renoncé à la peine de mort. Les motivations des abolitionnistes relevaient certes du sentiment d’humanité, comme au temps du jeune Victor Hugo. Elles relevaient aussi de l’idée nouvelle, propre aux Européens, que les droits et les aspirations de l’individu devaient primer en toute chose sur l’État et le bien commun.

Seul en Europe, l’État du Vatican s’en tenait à la vision traditionnelle. Dans le Catéchisme de l’Église catholique publié en 1992 sous l’autorité du pape Jean-Paul II, on peut lire :  » Préserver le bien commun de la société exige la mise hors d’état de nuire de l’agresseur. À ce titre l’enseignement traditionnel de l’Église a reconnu le bien-fondé du droit et du devoir de l’autorité publique légitime de sévir par des peines proportionnées à la gravité du délit, sans exclure dans des cas d’extrême gravité la peine de mort. Pour des raisons analogues les détenteurs de l’autorité ont le droit de repousser par les armes les agresseurs de la cité dont ils ont la charge.  ». Ce n’est qu’en 2018 que l’Église, à l’instigation du pape François, récuse dans toutes les situations la peine de mort.

En France, durant la campagne présidentielle, le candidat socialiste François Mitterrand  va donc s’emparer du thème de l’abolition, de façon à afficher son courage politique, avant de la faire voter une fois à l’Élysée. La loi n°81-908 portant abolition de la peine de mort, présentée par le garde des sceaux Robert Badinter, votée par l’Assemblée et promulguée le 9 octobre 1981 débute par un article d’une extrême concision :  » Article 1 : La peine de mort est abolie »

Fou de guillotine

François Mitterrand, qui a fait de l’abolition de la peine de mort le marqueur de sa présidence, est de tous les présidents de la Ve République celui qui a envoyé le plus d’hommes à la guillotine. Une bonne cinquantaine du temps où il était ministre de la Justice (dans le gouvernement socialiste de Guy Mollet, vingt-cinq ans plus tôt, pendant la guerre d’Algérie) .

La peine de mort dans le monde (2015)

Depuis le début du XXIe siècle, la peine de mort a été unanimement  »répudiée  » par les États européens et le Canada ainsi que de nombreux États latino-américains et plusieurs États d’Afrique subsaharienne et d’Océanie. La Russie ou encore l’Algérie ont instauré un moratoire sur son application. Au total, 140 des 192 membres de l’ONU ont aboli ou suspendu la peine de mort, ou bien ne l’appliquent qu’à des cas très particuliers (crimes contre l’humanité en Israël, crimes militaires…).

Cependant, ces pays ne rassemblent que 40% de la population mondiale et constituent la fraction la moins dynamique de la planète ! L’essentiel de l’Asie et les pays les plus peuplés du monde (Chine, Inde, Indonésie, États-Unis, Pakistan, Japon, Bangladesh, Nigeria, Égypte, etc.) continuent d’appliquer la peine de mort sans état d’âme. Par ailleurs, au vu des barbares « »exécutions  » mises en scène par les islamo-terroristes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la peine de mort est en passe de devenir, comme la condamnation du blasphème et la pénalisation de l’homosexualité, une marque de différenciation entre l’Occident de culture chrétienne et ceux qui le combattent.

La carte ci-dessous témoigne de la peine de mort dans le monde en 2018 : chaque cercle est proportionnel au poids démographique de la région considéré ; les cercles blancs représentent les États où la peine de mort est officiellement abolie.

La peine de mort dans le monde en 2018 (Herodote.net)

La peine de mort aux États-Unis:

La peine de mort a été introduite dans les colonies d’Amérique du nord dès 1608. On est passé d’environ 50 exécutions en 1800 à 150 en 1900. Après un pic durant la prohibition avec 200 exécutions en 1930, leur nombre a décliné jusqu’à la fin des années 60.
En 1967, la Cour Suprême a considéré la peine de mort comme un châtiment cruel interdit par le VIIIe amendement de la Constitution et aucune exécution n’a plus eu lieu jusqu’en 1976, quand la même Cour a admis qu’avec la garantie d’un pourvoi en appel, il n’y avait pas violation de la Constitution. Les exécutions ont donc repris de plus belle… 

Les mentalités n’en évoluent pas moins. 65% des Américains sont encore favorables à la peine de mort en 2009 mais ils étaient 80% en 1993. .
C’est que de plus en plus d’Américains sont sceptiques sur son effet dissuasif, observant que les États les plus actifs comme le Texas sont aussi ceux où la criminalité est la plus forte ! Un rapport américain indique d’ailleurs que 57 % des policiers eux-mêmes ne croient plus à son efficacité. Ensuite, les tests ADN révèlent que les  » couloirs de la mort  » hébergent de nombreux innocents condamnés à tort. Enfin, comme l’a indiqué Bill Richardson, gouverneur du Nouveau-Mexique, un procès mettant en jeu la peine capitale coûte près d’un million de dollars en plus, du fait de la multiplication des niveaux d’appels.

Les Kamikazes….( billet qui risque d’être long)


1) Que signifie  » Kamikaze  » ?

Depuis la seconde Guerre mondiale , il signifie  » suicidaire  » : Comme chacun le sait ,c’était le surnom des pilotes japonais précipitant leur avion sur les navires ennemis. À l’origine, ce terme, symbolisant la victoire, voulait dire  » vent divin  ». Il se réfère à un ouragan  qui, le 15 août 1281, détruisit la flotte mongole de Koubilaï Khan

Koubilaï Khan ?

venue envahir le Japon.

2)D’où vient le phénomène des kamikazes?

Ces hommes et ces femmes qui choisissent de mourir, le corps ceinturé d’explosifs pour devenir des « martyrs » de leur cause, visent sans distinction militaires et civils. Un phénomène inédit en France. ( Aujourd’hui ,ce sont surtout des kamikazes islamistes)

D’où vient le phénomène des attentats-suicides à la ceinture bourrée d’explosifs ?

Il se rencontre dans tous les endroits où il y a des luttes avec des engagements violents sous-tendus par des convictions tant politiques que religieuses. L’action de ceux que j’appelle les « nouveaux volontaires de la mort » a pris une réelle ampleur depuis le Moyen-Orient jusqu’en Afghanistan ou au Nigeria. Beaucoup d’attentats-suicides où un individu devient lui-même une arme ont lieu en Afghanistan: depuis dix ans, ce type d’actions surviendrait tous les deux jours.

3)De quand date ces opérations suicides?

Les kamikazes japonais ont donné leur nom à ce phénomène lors de la guerre du Pacifique en 1941, puis, dans les années 1950 au Vietnam, les communistes ont aussi procédé de cette façon. Les kamikazes sont présents dans l’ensemble des pays musulmans, dans le cadre du conflit  »israélo-palestinien  », bien sûr, mais aussi au Sri Lanka, avec la guérilla des Tigres noirs tamouls entre 1990 et 2000. Cette unité spéciale se composait de cadres spécialement sélectionnés et entraînés pour des missions de commando suicide contre des cibles militaires et civiles. Le phénomène de kamikaze islamiste serait inédit en France.

Même une femme peut être kamikaze ,une était présente parmi les terroristes de Saint-Denis le 18 novembre.

Cette féminisation est-elle aujourd’hui une réalité?

Ce serait une première en France , mais pas ailleurs. Dans le Caucase, les « veuves noires » ont conduit des opérations suicides durant la seconde guerre de Tchétchénie, en 1999-2000. Elles ont aussi participé à des prises d’otages en Ossétie du Nord à l’école de Beslan en 2004. Elles portaient là aussi des ceintures d’explosifs. Dans les rangs des Tigres noirs tamouls, les femmes furent très actives. Cette pratique, courante dans les années 1990 et jusqu’à une date récente (2010) est aussi constatée dans les rangs du  » P K K » (Parti des travailleurs kurdes): la majorité des attentats suicides perpétués en Turquie dans les années 2000 le furent par des femmes. Le Jihad islamique a lui aussi ses « combattantes de Dieu », même si dans le monde arabo-sunnite, il est rare que ce genre de mission soit assumé par une femme. Traditionnellement, culturellement, c’est une affaire d’hommes. Dans certains pays , pour une femme, c’est aussi paradoxalement une forme extrême d’émancipation.

4) La formation de ces « volontaires de la mort »? :

Le « volontaire de la mort » commet ces actes en pleine possession de ses moyens de manière à atteindre sa cible. Il doit savoir évaluer la situation dans laquelle il se trouve, le moment de faire détoner la ceinture dont il est porteur. Cela suppose un endoctrinement et un embrigadement intenses. Leur conviction doit être suffisamment forte pour que l’auteur de l’attentat aille jusqu’au bout de son acte sans blocage moral face aux victimes militaires et civiles. Un sursaut d’humanité peut se produire. D’où l’importance d’une dynamique de groupe qui isole l’individu de son contexte familial pour l’inscrire dans un groupe nouveau, composé de compagnons tendus vers le même but et appelés à devenir des « martyrs de la foi ».

Avion  » kamikaze  » ?

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Yasuke : l’histoire du samouraï noir :

Arrivé dans l’archipel à la fin du XVIe siècle, l’esclave Yasuke est affranchi par l’unificateur du Japon, qui l’intègre à sa garde personnelle.

 » Le père Alexandre avait amené des Indes un valet maure, aussi noir que sont les Éthiopiens de Guinée, mais natif du Mozambique, de ceux qu’on nomme  »Cafres  ».  » Au printemps 1581 dans son palais de Kyoto , l’unificateur du Japon Oda Nobunaga n’en croit pas ses yeux. Jamais il n’a vu cela. L’homme qui se tient devant lui a la peau noire ! Poursuivant son récit, le jésuite François Solier écrit :  » Ne pouvant croire que cette couleur fut naturelle, Nobunaga crut qu’on l’avait ainsi peint pour plaisir. Mais après l’avoir fait dépouiller, tout nu jusques à la ceinture, et examiné le tout, il reconnu la vérité.  »

1,82 m, une taille impressionnante pour les Nippons de l’époque

Côté japonais, le chroniqueur Ota Gyuichi décrit un individu  » en bonne santé, beau et d’un bon comportement  » qui mesure pas moins de 6 shaku (1,82 m), taille impressionnante pour les Nippons de l’époque. En grand général, Nobunaga sait apprécier la bravoure d’un individu au premier coup d’œil. Entre les deux hommes, le courant passe. L’esclave noir, nommé Yasuke, est arrivé au Japon depuis presque deux ans, et sait désormais parler le japonais. Le seigneur le complimente et lui fait remettre une belle somme d’argent. Cet instant est historique car Nobunaga fait libérer l’esclave pour le prendre à son service. Son propriétaire, un jésuite italien tout juste toléré dans l’archipel, n’a d’autre choix qu’obtempérer.

La curiosité pour les Africains dans le Japon médiéval est rapportée par le Portugais Jorge Alvares qui, en 1547, écrivait déjà :  » Les Japonais se réjouissent de voir des Noirs, en particulier les Cafres. Certains viennent les voir d’aussi loin que 15 à 20  »Leguas’ (100-130 km) et expriment beaucoup d’égards envers eux en restant trois ou quatre jours.  »

Promu samouraï, il devient conseiller et garde du corps

Chaleureux accueil qui n’est pas le lot de tout étranger si l’on en croit le journal de bord de 1613 du capitaine anglais John Saris :  » Dans les villes du Japon que nous avons visitées, des enfants et des vagabonds se sont rassemblés et nous ont poursuivis en criant “Traîtres d’étrangers” ! Surnommés  » hommes aux cheveux rouges  », Anglais et Hollandais sont partout objets de moqueries en raison de leur physique encore plus étrange aux yeux des Nippons que celui des « barbares du Sud » portugais, arrivés au Japon dans les années 1540. Nés dans des pays esclavagistes, les missionnaires européens ne voyaient aucun mal à débarquer en compagnie de leurs propres esclaves indiens, malais ou africains.

Capturé sur l’île de Mozambique, Yasuke, aussi surnommé Kuro-san (kuro signifiant  » noir  »), a été l’un de ces malheureux. Ota Gyuichi note qu’en mai 1581 l’affranchi suit Nobunaga dans son château d’Azuchi. Promu samouraï, il devient alors son conseiller et garde du corps. L’aventure est de courte durée car Nobunaga, vaincu l’année suivante par la trahison de son vassal Matsuhide, s’inflige le suicide rituel. Yasuke entend poursuivre le félon, mais à son tour il est vaincu. Matsuhide aurait alors déclaré :  » Cet homme noir est un animal. Il ne sait rien et n’est pas japonais. Il n’y a pas lieu de le tuer !  »

La pop culture ? remet Yasuke en lumière

Racisme ou compassion ? En ces temps de justice expéditive, il est plutôt rare d’accorder la vie sauve aux vaincus. Or Yasuke est épargné. Ce qu’il advint de lui ensuite se perd dans les limbes de l’Histoire, avant que son extraordinaire aventure n’entre dans la légende. La pop culture le remet aujourd’hui en lumière : en 2019, Yasuke a prêté son nom à un album du groupe I A M, et en 2021, il est le héros d’une BD et d’une série animée sur Netflix.

Klik !

.

Les inventions des anglais !


 »So smart » ! Il faut bien le reconnaître, nos voisins ont du génie. Le rugby, les passages cloutés et le métro ne sont qu’une partie
de leurs trouvailles…

Ce sont les Anglais qui ont dénudé les jambes des femmes! En 1962, dans sa boutique de King’s Road, à Londres, la jeune styliste Mary Quant

Mary Quant ?

raccourcit sérieusement ses jupes pour  » permettre aux femmes de courir librement après un bus  ». Lignes simples, couleurs vives, bon marché… le succès est immédiat et la minijupe

devient l’étendard de la libération des femmes.

La pop music :

Le 3décembre 1965, les Beatles sortent  » Rubber Soul  », un album qui signe l’acte de naissance de la pop music, en livrant une mélodie riche, originale et retravaillée en studio. Incarnation d’une jeunesse populaire, le courant pop s’inscrit dans les nouvelles pratiques de consommation et la culture de masse. Pour l’artiste londonien des sixties Richard Hamilton

Richard Hamilton ????

, l’art pop est  » populaire, éphémère, jetable, bon marché, produit en série, jeune, spirituel, glamour (…) et rapporte gros  ».

Le train :

21 février 1804, Pays De Galles. Pour la première fois, un train à vapeur

un train à vapeur

s’élance sur des rails, à 8kilomètres-heure. Conçue par l’ingénieur anglais Richard Trevithick

Richard Trevithick ?

, la locomotive tracte 10tonnes de fer et wagons transportant une soixantaine de personnes. La course au rail est lancée! En 1825, dans les Midlands, la première ligne ferroviaire à usage commercial est ouverte.

Les W-C :

1592. La reine Élisabeth 1ère d’Angleterre, en visite chez le poète John Harington

John Harington ?

, découvre une chaise d’aisance étonnante. Sur le toit, une réserve d’eau est reliée aux toilettes par un tuyau qui, lorsqu’on ouvre le robinet, chasse le contenu vers une fosse extérieure. C’est la toute première chasse d’eau. La reine en équipe aussitôt son palais de Richmond. En 1775, Alexander Cummings

Alexander Cummings ?

y ajoute un siphon, empêchant la remontée des puanteurs

1ère toilette ????

, et fait breveter le système. Au XIXesiècle, avec la généralisation de l’eau courante et du tout-à-l’égout, les W-C (pour  »water-closets  ») se répandent dans les logis.

Le bifteck :

L’ amour de la viande , c’est aux anglais qu’on le doit! Leur passion pour le bœuf rôti (roast beef) est telle qu’au XVIIIesiècle, au théâtre, le personnage de Jacques Rosbif est l’incarnation de l’Anglais typique.  » Le beefsteak est un mets qui mérite bien qu’en temps de paix l’on passe la Manche pour connaître  », écrit en 1803 le gastronome Grimod de La Reynière dans son Almanach des gourmands. Après la défaite de Napoléon, les troupes anglaises à Paris finissent par convaincre les chefs d’ajouter rosbif et biftek à leur carte.

C’était il y a 87 ans:


Surement déjà mis , mais il ne faut pas oublier;JE pense qu’il ne faut pas oublier )

Le 15 septembre 1935, deux ans après sa prise de pouvoir, Hitler entame la mise en oeuvre des chapitres antisémites de son programme politique.

Devant les militants du parti nazi, réunis en congrès à Nuremberg  pour le  » Rassemblement de la liberté  » (10-16 septembre 1935), il annonce la promulgation de trois lois. La première fait de la croix gammée l’unique emblème de la nation. La deuxième dépouille les Juifs allemands des attributs de la citoyenneté. La troisième interdit les mariages et les relations entre Juifs et autres Allemands

Hitler au congrès de Nuremberg de septembre 1935 ; à sa droite, Rudolf Hess, en uniforme et tête nue ; à sa gauche, Julius Streicher, en uniforme et tête nue (BundesArchiv)

Un illusoire retour à l’ordre:

Des militants nazis organisent le boycott d'un magasin juif (1933)Quand Hitler prend le pouvoir  le 30 janvier 1933, peu de gens prêtent attention à ses foucades antisémites et les prennent au sérieux. C’est même le cas de certains juifs allemands qui ne voient pas d’un mauvais œil l’arrivée d’un homme à poigne à la tête de l’État.

Certes, à peine deux mois plus tard, le 1er avril 1933, un comité présidé par le nazi Julius Streicher

Julius Streicher ?

organise le boycott des commerces juifs en riposte aux manifestations anti-allemandes organisées à l’étranger  » à l’initiative des Juifs  ». Et le 7 avril 1933, une première loi de  »restauration de la fonction publique  » exclut les Juifs de l’administration. Quatre mille fonctionnaires se voient contraints de quitter leur emploi. Les avocats juifs sont peu après exclus du barreau et les médecins juifs se voient rayés des registres des caisses maladie. 

Les milieux démocrates s’en indignent, surtout aux États-Unis et à New York, première ville juive du monde. Le 18 avril 1933, le New York Times avertit :  » Les Jeux olympiques de 1936 seront peut-être annulés à cause de la campagne allemande contre les Juifs  ». 

Mais après cette première poussée de fièvre, le régime nazi  » lève le pied  »et les manifestations antisémites se calment si bien que des israélites allemands qui avaient fui le pays à l’avènement de Hitler osent y revenir.

Cependant , les militants nazis, impatients de voir l’Allemagne libérée des Juifs  » judenrein », multiplient les exactions et les brimades à leur égard avec les encouragements de leurs chefs.(  » judenrein  » (on dit aussi  » judenfrei  ») aurait été inventé en Autriche, en 1924, par un entraîneur qui se flattait d’avoir une équipe sans juif. Il signifie en effet :  » sans juif  »)

Des lois d’exclusion:

Le 5 juin 1934, de grands juristes se réunissent pour préparer une législation raciale sous la présidence de Franz Gürtner, ministre de la Justice du Reich. Figurent parmi les participants Bernhard Lösener, l’un des principaux rédacteurs des lois de Nuremberg, et le terrifiant Roland Freisler

Roland Freisler ?

, futur président du Tribunal du peuple.

Les lois de Nuremberg font remonter la pression et donnent forme à l’antisémitisme hitlérien.

Loi sur le drapeau du Reich :

La première loi, Reichsflaggengesetz ou  » loi sur le drapeau du Reich  », fait de la croix gammée l’unique emblème de la nation. Elle est présentée comme une réplique à l »’ insulte  » d’un magistrat new-yorkais de confession juive qui a, dix jours plus tôt, libéré des profanateurs de la bannière nazie .

Elle met fin à une exception inaugurée le 12 mars 1933 par un décret du Reichspresident Hindenburg qui avait doté l’Allemagne de deux emblèmes nationaux : le drapeau traditionnel à trois bandes noir, blanc et rouge

drapeau allemand ?

, et la croix gammée

. Plus d’équivoque : l’Allemagne se veut exclusivement nazie. 

Loi sur la citoyenneté allemande :

Après la loi sur le drapeau, la deuxième loi, Reichsbürgergesetz ou  » loi sur la citoyenneté  », prive les Juifs de la citoyenneté allemande. Elle distingue les citoyens à part entière (Reischsbürger) et les simples ressortissants (Staatsanehöriger), dépourvus de droits civiques. Elle n’est pas sans rappeler la situation qui prévalait alors aux États-Unis, où les noirs étaient de fait privés de droits civiques en conséquence des lois ségrégationnistes de la fin du XIXe siècle, dites  » lois Jim Crow  » :

 » Article premier. Est un ressortissant toute personne qui appartient au Reich allemand, avec en contrepartie des devoirs particuliers.
Cette qualité s’acquiert dans le cadre de la loi sur l’appartenance au Reich et à l’État.
Article 2. Ne peuvent être citoyens du Reich que les nationaux de sang allemand, ou d’un sang racialement apparenté, dont la conduite témoigne de leur volonté de servir le Peuple et le Reich allemands.

La citoyenneté s’acquiert par la remise d’un brevet.
Seul le citoyen du Reich jouit de la totalité des droits politiques dans la mesure fixée par la loi  ». 

Loi sur la sauvegarde du sang allemand et de l’honneur allemand :

Caricature nazie de 1936 stigmatisant les unions entre juifs et non-juifsPar une troisième loi  » sur la sauvegarde du sang et de l’honneur allemand  », le Führer interdit aux Juifs d’épouser ou de fréquenter des  » Aryens  », comme chacun sait ,c’est-à-dire des citoyens allemands réputés de race pure.

Les mariages mixtes antérieurs sont dissous. Il défend également aux Juifs d’employer des Allemandes de moins de 45 ans.

 » Pénétré de la conviction que la pureté du sang allemand est la condition de la conservation du peuple allemand et animé de la volonté inflexible de garantir la nation allemande à jamais, le Reichstag a adopté à l’unanimité la loi suivante :
 article premier.: Les mariages entre Juifs et habitants du Reich de race allemande ou parents sont interdits. Les mariages qui auraient été contractés nonobstant cette interdiction sont nuls, même si, dans le dessein de tourner la loi, ils ont été conclus à l’étranger…
 article 2.: Les relations en dehors du mariage, entre Juifs et habitants de race allemande ou parents, sont interdites.

article 3.: Il est interdit aux Juifs de faire travailler dans leur ménage des personnes de race allemande ou parents de sexe féminin, âgées de moins de 45 ans…  »

La loi :

Extrait du document originel de la loi sur la protection du sang allemand et de l'honneur allemand

Qui est Juif ?

Affiche de propagande antisémite (1938, musée de l'Histoire allemande, Berlin)Fait peu remarqué, les  » lois de Nuremberg  »,  »bâclées » en deux jours, évoquent les Juifs sans prendre la peine de les définir.
Ainsi que le souligne l’historien Alain Michel

Alain Michel (historien) ?

, c’est seulement cinquante jours plus tard, le 4 novembre 1935, que les décrets d’application du ministère de l’Intérieur réparent cet oubli.
De façon surprenante, ils s’en tiennent à une définition religieuse et s’abstiennent de toute définition raciale. Il est vrai que celle-ci serait difficile , et pour cause , à établir de façon incontestable.
Selon ces décrets, sont en effet considérés comme Juifs ou  » demi-Juifs  » (Mischling) les citoyens dont quatre ou deux grands-parents s’étaient identifiés comme israélites du temps où chaque Allemand devait se définir une appartenance religieuse.

C’était avant que le chancelier Bismarck

Bismarck ?

 n’abolisse cette obligation, en 1875, dans le cadre de sa croisade anti-catholique ? , le  »Kulturkampf  ».
Il faut noter que la définition du Juif par les nazis est  »somme toute » moins violente que la définition du noir par certains États américains : selon la règle  » une goutte suffit  » (One drop rule), est noir toute personne qui a au moins un ascendant noir !

Émigration au compte-gouttes :

Dans un discours qui fait suite à la promulgation des lois de Nuremberg, Hitler les justifie en assurant qu’elles devraient stabiliser les relations entre  » Juifs  » et  » Aryens  ». Dans les faits, la mise à l’écart des Juifs est un préalable à leur exclusion du pays, Hitler et ses fidèles ayant à ce moment-là l’objectif de contraindre tous les Juifs à quitter le Reich.

Mais,l’exode ne s’accélère pas pour autant. Car les juifs, à l’exception d’une centaine de milliers récemment immigrés d’Europe orientale, sont installés depuis des temps immémoriaux en Allemagne et parfaitement intégrés à la culture nationale. Ils ont du mal à rompre avec leurs racines. D’autre part, les pays étrangers sont réticents à les accueillir, arguant du risque que leur arrivée en grand nombre n’aggrave le chômage ou les sentiments antisémites !

120 000 juifs allemands arrivent toutefois à entrer aux États-Unis entre 1933 et 1938 (dans le cadre des quotas d’immigrations édictés par ce pays ).

Quelques dizaines de milliers sont aussi accueillis en Angleterre et en France. Sur 525 000 juifs allemands dénombrés en 1933, 37 000 émigrent dès l’arrivée de Hitler au pouvoir puis 25 000 en moyenne chaque année qui suit, de sorte qu’en 1938, il en reste encore les deux tiers. Viennent s’y ajouter 190 000 Juifs autrichiens après le rattachement de l’Autriche au Reich.

Désemparé face à l’antisémitisme nazi, le président américain Franklin Roosevelt

F. Roosevelt ?

propose une conférence internationale  en vue de secourir les juifs dont ne veulent plus les Allemands.

Celle-ci se réunit du 6 au 14 juillet 1938 à l’Hôtel Royal d’Évian, au bord du Léman. 32 pays s’y font représenter (l’Allemagne n’est pas invitée, l’URSS et la Tchécoslovaquie ne s’y font pas représenter). C’est pour réitérer leur refus d’accueillir les réfugiés allemands sous prétexte de crise économique ou de surpeuplement !

Dessin du New York Times (3 juillet 1938) exprimant l'impossibilité pour un non-aryen de trouver un pays où se réfugier (crédit photographique : Mémorial de la Shoah/CDJC)

L’émigration va s’accélérer après le pogrom de la  » Nuit de Cristal  » et le redoublement des violences et des spoliations à l’encontre des Juifs, en dépit des obstacles dressés par les pays d’accueil potentiels eux-mêmes. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’année suivante, il ne restera plus que 200 000 Juifs environ en Allemagne proprement dite et 50 000 dans l’ancienne Autriche, dépouillés de tout, réduits à l’assistance, traqués et humiliés. (Les autres auront émigré en faisant le sacrifice de leurs biens ).

Mais le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale va bouleverser la donne en plaçant dans les griffes nazies les millions de juifs de Tchécoslovaquie et d’Europe orientale.

La poudre de perlimpinpin ?


Un remède prétendument extraordinaire mais aux vertus complètement imaginaires.
Une solution présentée comme miraculeuse, mais qui ne sert à rien.

Origines :

   »Perlimpinpin » est un mot qui date de la première moitié du XVIIe siècle mais dont l’étymologie est inconnue. Il s’est aussi écrit  »prelimpinpin ».
  Certains le comparent à une formule magique comme  »abracadabra ».
Est-ce parce que ceux qui, autrefois, vendaient des poudres diverses en prétendant qu’elles étaient des remèdes extrêmement efficaces contre tout et n’importe quoi, les présentaient comme des produits un peu magiques ?
Toujours est-il que ces poudres se sont aussi, et à juste titre, appelées « poudre de charlatan ».
Par extension, l’expression peut s’appliquer à tout ce qui est censé apporter une solution à quelque chose et qui s’avère complètement inefficace.

Exemples :

 » Et cela marche, commercialement tout du moins, puisque la cure représente 36 % du chiffre d’affaires de la société, qui vise surtout les personnes âgées. Mais pour la direction des fraudes, qui a conduit la procédure, et pour le procureur, Jean-Pascal Oualid, on n’est pas loin de la « poudre de perlimpinpin ».  »

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