La révolte viticole vire au drame…..


19 juin 1907 ( il y a 114 ans ! )

La révolte viticole vire au drame

Le 19 juin 1907, la crise de la viticulture languedocienne débouche sur un affrontement tragique entre les forces de l’ordre et les manifestants. C’est la révolte d’une France rurale qui s’accroche désespérément à ses traditions et à son horizon villageois.

Les viticulteurs en colère, à Béziers, le 12 mai 1907

Traditions mises à mal :

Au milieu du XIXe siècle, les quatre départements français qui bordent le golfe du Lion se sont spécialisés dans la viticulture. Gard, Hérault, Aude et Pyrénées-Orientales ont su transformer leurs plaines arides en superbes vignobles.

Mais de 1900 à 1906, la production de vin du Languedoc grimpe de 16 à 21 millions d’hectolitres. La surproduction se solde par une mévente et une chute brutale des prix. Ceux-ci sont divisés par deux ou par trois en quelques années. C’est la ruine pour de nombreux Languedociens : petits viticulteurs qui n’arrivent pas à rembourser leurs dettes mais aussi négociants dont le sort est suspendu à celui de la viticulture.

Marcelin Albert à ArgeliersLes Languedociens réclament pour le moins l’abrogation de la loi de 1903 sur la  » chaptalisation  » et une surtaxe sur le sucre pour décourager les importations. Mais le Président du Conseil, l’inflexible G.Clémenceau , ne veut rien entendre.

Marcelin Albert, cafetier et vigneron d’Argeliers, dans l’Aude, prend la tête de la révolte. Le 12 mai 1907, il avertit le gouvernement que si rien n’est fait avant le 10 juin, il décrétera la grève de l’impôt et appellera les municipalités à démissionner.

La veille de la date fatidique, Montpellier accueille pas moins de 600.000 manifestants. Du jamais vu !

Clemenceau en appelle au sentiment républicain des maires et, dans le même temps, envoie dans le Midi 27 régiments.

Du drame à la farce :

Le drame survient à Narbonne, le 19 juin, où les soldats tirent sur la foule, faisant deux morts dont un adolescent. Le lendemain, nouveau drame face à une foule qui hurle sa haine : cinq morts.

À Agde, petite ville à l’embouchure de l’Hérault, 600 soldats du 17e régiment d’infanterie prennent connaissance de la tuerie de Narbonne. Ils se mutinent et gagnent Béziers où ils sont accueillis par une population en liesse.

Le dimanche 23 juin 1907, Marcelin Albert se présente de son propre chef au ministère de l’Intérieur, place Beauvau, et demande à rencontrer le Président du Conseil.

Georges Clemenceau le reçoit dans son bureau en tête à tête. Il lui fait la morale avant de lui remettre un billet de 100 francs pour le train du retour. Le rebelle accepte mais promet de le rembourser.!!!!!!

Marcelin Albert face à Georges Clemenceau (gravure d'époque)Le Président du Conseil convoque aussitôt la presse et raconte à sa manière l’entrevue, prétendant que le cafetier a éclaté en sanglots et laissant entendre qu’il n’aurait pas toute sa tête.

Finalement, le gouvernement établit une surtaxe sur le sucre et réglemente sévèrement le négoce du vin, donnant ainsi raison aux manifestants.

Le Languedoc conserve le souvenir aigu de cette révolte anachronique et ne manque pas d’invoquer les mânes de Marcelin Albert

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M.Albert

chaque fois que la concurrence ou les règlements menacent son vin.

ça s’est passé il y a ….


……environ 77ans

Le 13 juin 1944, une V1 ( »Vergeltungswaffe  » ou arme de la vengeance) s’écrase dans l’estuaire de la Tamise.

Les villes britanniques sont une nouvelle fois visées. Il ne s’agit plus comme avec le  » Blitz  »  de 1940 d’attaques par des vagues de bombardiers. On a affaire cette fois à une arme nouvelle : la bombe volante (en fait un missile de croisière).

Ultime défi

V1 en volLongue de 7,90 mètres, avec une charge de 750 kilogrammes d'explosifs, la V1 est propulsée par un pulso-réacteur mais doit d'abord être catapultée à partir d'une puissante rampe de lancement.

L’engin quitte sa rampe à environ 250 km/h mais n’atteint sa pleine vitesse (650 km/h) qu’après que son piston de lancement se soit décroché de sous son ventre. Il arrive (assez rarement) que le piston ne se décroche pas et le missile chute au bout de 500 mètres de vol.

Quand la bombe volante fait son apparition, les Anglo-Saxons ont déjà opéré le Débarquement  sur les plages de Normandie. C’est dire que l’Allemagne nazie est proche de la défaite finale. Les V1 sont pour Hitler une ultime tentative de reprendre la main en terrorisant la population britannique avec des bombardements aveugles.

Les Allemands vont envoyer vers l’Angleterre jusqu’à 250 engins par jour à partir de plusieurs dizaines de rampes installées sur le littoral de la Manche. 70 s’écrasent sur Londres chaque jour, faisant au total, en trois mois, 6 000 tués chez les citadins.

L’aviation britannique va éprouver les plus grandes difficultés à les intercepter et détruire en vol.

Un V1 a chuté au sol sans exploser

Grâce à un résistant français, Michel Hollard

Hollard photo

, qui localise les 104 rampes de lancement, l’aviation britannique va enfin pouvoir détruire celles-ci une à une et annihiler ainsi la menace. Les attaques de V1 sur l’Angleterre cessent le 1er septembre 1944.

Cependant , elles reprennent avec une intensité redoublée sur la Belgique, en voie de libération par les Alliés, du 21 décembre 1944 au 20 janvier 1945, à partir de rampes de lancement situées en territoire allemand.

En définitive, sur un total d’environ 20 000 engins V1 lancées de juin 1944 à janvier 1945, la moitié sont tombés sur les agglomérations d’Anvers et Liège, détruisant ainsi des milliers de maisons et de nombreuses vies.

Deuxième frappe…..

V2 sur la base de PeenemündeEntretemps, le 8 septembre 1944, de véritables fusées, plus puissantes et à plus long rayon d’action, ont fait leur apparition : les V2 (aussi appelées A4), avec une tonne d’explosifs chacune.

Contrairement aux missiles V1, ces puissantes fusées à combustible et comburant liquide n’ont pas besoin de rampes de lancement massives et fixes.

Elles sont lancées depuis des installations mobiles légères, ce qui complique leur repérage.

Mais dès 1943, les Allemands ont mis en chantier près de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais, un gigantesque bunker, surnommé la Coupole en raison de sa forme, en vue de stocker, préparer et lancer les V2 destinées à détruire Londres. Le débarquement allié ne leur laissera pas le temps de le mettre en service.

1100 V2 s’écrasent sur Londres jusqu’au 27 mars 1945. Bilan : 2 700 tués. D’autres V2 frappent également la Belgique, en parallèle avec les V1.

Naissance des fusées:

Les V2 ont été mises au point dans le centre de recherches ultrasecret de Peenemünde, sur l’île d’Usedom, dans la mer Baltique, sous la direction d’un génial ingénieur, Werner von Braun,

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Von Braun à l’époque .

alors âgé de tout juste 32 ans (il est né le 23 février 1912).

Von Braun a commencé son travail sur les fusées dès 1932 au centre expérimental de Kummersdorf.

Hitler le remarque et le nomme en 1936, quand il n’a encore que 24 ans, directeur du centre de Peenemünde dont il vient de décider la création. Le centre, qui va occuper jusqu’à 12 000 personnes, travaille d’abord sur la propulsion à réaction avant d’orienter ses recherches vers les fusées.

Vers la conquête de l’espace……

Quand l’Allemagne nazie capitule , von Braun en est déjà à projeter des fusées intercontinentales capables de frapper les États-Unis ! Il échappe aux Soviétiques et fuit jusqu’en Bavière, où il se rend aux Français. Ceux-ci le livrent aux Américains, trop heureux de leur bonne prise.

Von Braun prisonnier des FrançaisÀ l’image des autres savants allemands qui ont mis au point les V2, von Braun entre bon gré mal gré au service des vainqueurs. Il poursuivra sans état d’âme ses travaux sur les V2 mais cette fois pour le compte de l’armée américaine.

En 1958, il passera à la NASA et va dès lors accomplir son rêve d’enfant : envoyer des hommes sur la lune ! C’est lui qui dirigera en effet le programme Apollo qui va accomplir cet exploit !  Werner Von Braun meurt dans la discrétion le 17 juin 1977 à Alexandria, en Virginie.

Vidéo :

Le “V” de la victoire ?


Pourquoi fait-on le “V” de la victoire ?

La réponse semble être dans la question : Le V de la victoire vient précisément de la Victoire, qui commence par la lettre V. Mais de quelle victoire s’agit-il ? Et pourquoi l’expression a-t-elle été accompagnée du geste ?

Selon l’historienne Aurélie Luneau

A. Luneau .

dans son livre  » Radio Londres 1940-1944 Les voix de la liberté  » , tout commencerait à la BBC à l’époque de la Résistance, pendant la seconde guerre mondiale.

Le 14 janvier 1941, sur les ondes de la section belge de cette radio ( BBC ), l’animateur Victor de Laveye

s’adresse à ses compatriotes et les incite à tracer des V partout dans le pays, en Belgique donc. Il prononça exactement les mots suivants:

 » Il faut que tous les patriotes de Belgique aient un signe de ralliement, qu’ils multiplient ce signe autour d’eux, qu’en le voyant inscrit partout, ils sachent qu’ils sont une multitude. Et que l’occupant, lui aussi, en voyant ce signe, toujours le même, se répéter indéfiniment, comprenne qu’il est entouré, par une foule immense de citoyens belges qui attendent impatiemment son premier fléchissement, guettent sa première défaillance  ».

 » Quel signe de ralliement ?  » se demande la population . Victor de Laveye le précise:  » Je vous propose comme signe de ralliement, la lettre V. Pourquoi ? Parce que V, c’est la première lettre de Victoire en français et Vrijheid (Liberté) en flamand  ».

Ce mot d’ordre eut un immense succès. Dans les jours, semaines et mois qui suivent, les V fleurissent partout en Europe. En Belgique d’abord puis aux Pays-Bas et en France. Graffitis sur les murs, les voitures etc…( il se  »décline  » également en morse, par la succession de trois signaux courts, suivis d’une note finale plus longue ) .

Mais ,comme chacun sait , celui qui fit passer à la postérité ce signe est Winston Churchill , Premier ministre britannique. Il fait le geste du V avec ces doigts, index et majeur écartés, et un photographe l’immortalise le 5 juin 1943.

…………………….

J’étais né quelques mois avant….


PAS DE COM DEPUIS PLUS DE 5JOURS ! = > JE LES BLOQUE ! marin-francis08@outlook.com

Le 18 mai 1955 :

Ce jour là , c’est la fin de l’opération « Passage to freedom« .

Une période de l’Histoire dont on parle peu , peut-être parce que cette opération est consécutive à la défaite française de Diên Biên Phû, au Vietnam ou, ( comme on disait encore ), en Indochine. Cette défaite conduit la France à négocier, ce qui donnera lieu aux accords de Genève.

Pour mémoire :

Les accords de Genève marquent la fin de la guerre entre la France et le Viet Minh, force communiste emmenée par Ho Chi Minh

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. Les accords prévoient toute une série de disposition et notamment le partage du Vietnam en deux : nord et sud, communistes contre anticommunistes. Les nouveaux États seront séparés par le 17ème parallèle. Mais il est également décidé une période de 300 jours de libre circulation entre les deux pays.

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( Carte N / S Vietnam )

( Le temps que chacun choisisse son camp, en quelque sorte ).

Mais il faut faire vite : des dons vont affluer pour aider ceux qui veulent rejoindre le sud. C’est dans ces conditions que la marine américaine lance l’ opération  » Passage to freedom ». Et ce 18 mai 1955, donc, c’est la fin de l’ouverture de la frontière. Entre-temps, 300.000 personnes ont été transportées vers le sud par bateaux américains.

( affiche de propagande en faveur de l’opération )
( réfugiés vietnamiens sortant d’un navire français et embarquant dans un bâtiment U.S )

C’était il y a 76 ans…..


…….le 29 avril 1945 :

Les Françaises votent pour la première fois

Le 29 avril 1945 ( un dimanche ) , alors que la guerre contre l’Allemagne touche à sa fin, les élections municipales donnent l’occasion aux Françaises de voter pour la première fois de leur Histoire.

On peut dire , noter qu’il était temps ! ……..

En effet, les Françaises sont parmi les dernières femmes du monde occidental à obtenir le droit de voter  et aussi , celui de se faire élire

( Françaises dans un bureau de vote la première fois )

L’exception française :

Le vote des Françaises est le résultat d’une ordonnance du 21 avril 1944 prise par le Gouvernement provisoire du général de Gaulle,

( De Gaulle en 1963 )

à Alger :  » Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes  ».

L’exception française …..

Au tout début de la démocratie française, le droit de vote était  » naturellement  » ??? réservé aux propriétaires de sexe masculin (suffrage censitaire  masculin). On considérait que les femmes, les domestiques et les pauvres, du fait de leur dépendance économique, n’étaient pas en situation d’exercer un choix libre. ( N.B : Les femmes , je savais , mais les pauvre et les domestiques non ! )

( Le suffrage censitaire est le mode de suffrage dans lequel seuls les citoyens dont le total des impôts directs dépasse un seuil, appelé cens, sont électeurs )

On considérait aussi que la citoyenneté  » active  », autrement dit le droit de vote, impliquait des devoirs et avant tout celui de défendre la Patrie et, s’il le faut, verser son sang pour elle. Les femmes n’étant pas requises pour porter les armes, elles ne justifiaient pas du droit de vote.

Déjà , il avait fallu attendre la loi du 5 mars 1848, au début de la IIe République, pour que s’impose le suffrage universel masculin. Mais personne ne pensait encore à accorder aux femmes ce droit de vote,( malgré les revendications féministes portées par des personnalités comme Olympe de Gouge ( Je ne connaissais pas , alors , quelques mots sur cette femme : )

(Olympe de Gouge ) : Née en mai 1748 dans un ménage modeste de Montauban sous le nom de Marie Gouzes .,elle perd son père très jeune et est élevée chez les sœurs ursuline…Mariée très jeune , à 18 ans, elle se retrouve veuve et mère. Vers l’âge de 20 ans , elle renie ses origines quercynoises, elle prend le nom de scène Olympe de Gouges et fréquente assidûment les écrivains et intellectuels de l’ époque ….En 1785, elle publie une violente dénonciation de l’esclavage,1788, bien que menacée d’être emprisonnée ( à la Bastille ) , elle récidive via une pièce de théâtre ….

? ou Georges Sand

G. Sand

)

Les militaires étaient donc aussi exclus du droit de vote mais pour d’autres raisons : On ne souhaitait pas qu’ils prennent parti dans les luttes politiques et l’armée avait  » gagné  »le surnom de  » Grande Muette  ». C’est seulement le 17 août 1945 (  quelques mois après les femmes ) qu’ils ont obtenu le droit de vote…

Lente émancipation des Françaises :

Entre les deux guerres mondiales, sous la pression des mouvements suffragistes  et d’intellectuelles comme Louise Weiss

L. Weiss ?

 la Chambre des députés vote à plusieurs reprises en faveur du vote féminin. Mais ses propositions sont six fois ! repoussées par le Sénat.

Les motifs des opposants viennent des préjugés personnels et à la crainte paradoxale que les femmes ne renforcent le camp conservateur. La gauche radicale et socialiste craint en particulier que les femmes ne rallient le camp clérical et ne se soumettent aux injonctions de leur curé !

Cependant, les Françaises n’attendent pas le droit de vote pour accéder à des fonctions gouvernementales. Trois d’entre elles obtiennent un sous-secrétariat d’État dans le gouvernement constitué par Léon Blum

Blum

, en 1936, après la victoire du Front Populaire : Cécile Brunschvicg

C . Brunschvicg

, Suzanne Lacore

S.Lacore

,Irène Joliot-Curie

I. Joliot Curie

. D’autre part, c’est au plus fort de l’Occupation, en novembre 1943, qu’une femme est nommée maire de son village. Il s’agit de Mlle Marie-Rose Bouchemousse

M.R Bouchemousse ( fumant lol ) => Symbole d’émancipation ?

, maire de Vigeois (Corrèze).

La mairie

Il fallut attendre les  » soubresauts  » de la Libération de 1945 pour qu’enfin les Françaises obtiennent le droit de vote. L’égalité des droits est aussi inscrite dans le préambule de la Constitution de la IVe République (27 octobre 1946) :  » la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme  ».

Des femmes sont dès lors régulièrement présentes dans les gouvernements. Mais la féminisation de la représentation parlementaire continue et le nombre d’élues à l’Assemblée nationale stagne aux environs de 30 (5% des députés) jusqu’en 1997, date à laquelle il passe à 59 grâce à un effort particulier du Parti socialiste.

La France se distingue alors de la plupart des grandes démocraties européennes par la très faible représentation des femmes dans la vie politique mais aussi l’âge moyen des parlementaires, de plus en plus élevé (en 2007, une douzaine de députés seulement sur 577 ont moins de 40 ans). Ces records peu enviables tiennent à un même défaut :Le cumule des mandats …..

22 avril 1370 …..


.…..pose de la première pierre de la Bastille….

Il y a environ 151 ans : Le jour où le prévôt de Paris, Hugues Aubriot, pose la première pierre de la Bastille. A l’époque, elle n’a pas encore vocation à devenir une prison. A l’origine, dans l’esprit de Charles V, il s’agit simplement de renforcer la défense de Paris.

D’ailleurs il faut bien savoir / comprendre que les défenses de la Bastille sont orientées, non pas vers l’extérieur de Paris !, mais vers l’intérieur, c’est-à-dire vers le faubourg afin de protéger une éventuelle fuite de la cour vers Vincennes. Il faut imaginer cet immense édifice, très massif, à l’emplacement de l’actuelle place de la Bastille, avec ses quatre tours ( il y en aura bientôt huit ) hautes de 24 mètres.

( Construction de la Bastille en présence du roi Charles V. Miniature extraite du
Livre du Gouvernement des Rois et des Princes de Gilles de Rome (XVe siècle) )
Prise sur le net

La Bastille devient une prison sous Louis XI. Après , elle servira d’arsenal, de coffre-fort gigantesque pour le Trésor du royaume ! Et c’est au début du XVIIe siècle que le cardinal de Richelieu en fera de nouveau une prison d’État. On était envoyé sans procès à la Bastille, sur simple lettre de cachet.

Des personnes illustres furent  » embastillées  » : Le marquis de Sade

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Sade ! ( vue l’image : certainement à la Bastille lol )

( qui y écrivit ses Cent Vingt Journées de Sodome ) , Voltaire

Voltaire

, le duc de Richelieu, Nicolas Fouquet

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Fouquet

,  » le Masque de fer  » ?.

La Bastille est prise le 14 juillet 1789, avant d’être démolie pierre par pierre, une partie sera employée pour la maçonnerie du pont de la Concorde.

Pont de la Concorde

!!

La porcelaine de Limoges…


…… histoire d’un succès :

Un artisanat qui fait la fierté de la France

La porcelaine  et la capitale limousine sont devenues indissociables dans l’esprit des Français. Lorsque ceux-ci admirent les assiettes quasi-translucides finement décorées d’arabesques élégants, ils pensent immédiatement à Limoges ….
Ce n’est que depuis la fin du XVIII -ème siècle que la porcelaine ,certes , fait la richesse et la renommée du Limousin,  lorsque l’aventure de la porcelaine connaît un vrai tournant :

La porcelaine de Limoges fête cette année son 250e anniversaire, à cette occasion :Toute l’histoire de cet artisanat qui fait la fierté de la France :

Le prêtre et l’alchimiste

( Porcelaine chinoise, dynastie Qing, fin de la période Kangxi (1662-1722) )

Depuis les temps anciens, la porcelaine est l’apanage de la Chine. Très coûteuses et très recherchées, les pièces de porcelaines sont acheminées dans les Cours d’Europe, d’abord par la Route de la Soie, puis par voie navale, via la route des Indes. 

C’est à la fin du XVIIe siècle, qu’un Européen s’intéresse particulièrement à la fabrication de ces précieuses faïences : le père François-Xavier d’Entrecolles

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père François-Xavier d’Entrecolles ?( image du Net )

, jésuite originaire du Limousin, qui étudie en Chine, relate de manière détaillée le procédé de fabrication et de cuisson de la pâte à porcelaine, auxquelles il assiste.
Hélas, même le plus habile des artisans européens ne parvient pas à produire cette matière translucide sans défaut ni cassure
!

C’est en 1710 que le secret de la porcelaine est percé, à Meissen, en Saxe : Un jeune alchimiste nommé  Johann Böttger

 Johann Böttger ?

, qui recherche sans succès » la pierre philosophale  », se rabat sur la porcelaine, plus rentable et moins risquée : c’est un succès !

Les débuts d’une épopée limousine :

Portrait de Turgot ( ci – dessus )

Dans les années 1760, on découvre dans les environs de Limoges, à Saint-Yrieix-la-Perche précisément, une poudre blanche, ( que les femmes utilisent parfois pour leur lessive ).
En réalité il s’agit de kaolin, un des ingrédients essentiels à la préparation de la porcelaine, avec le quartz et le feldspath. Il s’avère que de nombreux gisements de kaolin existent autour de Limoges

Turgot, alors intendant du Limousin, comprend rapidement tout l’intérêt économique de cette découverte. La Cour de France représente un marché important, car le roi et ses courtisans importent à grand prix de la porcelaine de Saxe.

L’eau de la Vienne fera tourner les moulins, les forêts regorgent de bois de chauffage, et il y a à Limoges des faïenciers experts : Turgot appuie le projet d’une manufacture à Limoges. En 1771, une porcelaine dure est produite pour la première fois à Limoges

Le roi Louis XV  fait de cette fabrique une manufacture royale ,qui passe ensuite sous le contrôle du comte d’Artois , frère de Louis XVI. 

La clairvoyance des limougeauds a permis la naissance de cet  » or blanc  », qui va devenir une manne pour la région. 

Le sacre de la porcelaine de Limoges :

( Photo d’époque d’employés de magasins de porcelaine à Limoges )

Après la Révolution, un nom revient souvent à Limoges, celui de François Alluaud

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F. Alluaud ?

. Propriétaire de la manufacture des Casseaux, il est un pionnier du développement industriel de la porcelaine à Limoges. Il innove et améliore les procédés de fabrication, et achète la totalité des gisements de kaolin de la région

Au début du XIXe siècle, les manufactures fleurissent dans la ville : chaque décennie voit une dizaine de nouvelles entreprises fondées. Elles créent des milliers d’emplois, nourrissent des familles entières et poussent les artisans à parfaire sans cesse leurs compétences.

La porcelaine de Limoges devient de plus en plus réputée en Europe, et ses gisements alimentent en kaolin les manufactures allemandes, suisses, russes et d’Europe du Nord.

Les manufactures, multinationales avant l’heure :

Avec l’arrivée du new-yorkais David Haviland à Limoges en 1842, l’histoire de la porcelaine connaît un nouveau rebondissement.
Sous son impulsion, on commence à exporter la porcelaine de Limoges outre-Atlantique. Les Américains dépensent sans compter pour obtenir les pièces si délicates et élégantes devant lesquelles ils se pâment.

Haviland fait également la promotion de la porcelaine dansle Paris du second Empire , où elle remporte un franc succès. Les retombées économiques du travail de Haviland permettent d’investir dans des matériaux encore plus précieux et d’améliorer la qualité de la décoration.

Sortie de la manufacture Haviland avenue Garibaldi à Limoges :

( Four industriel du site du four des Casseaux )

Les innovations techniques de la fin du siècle sont également à l’origine du succès des manufactures.

En 1878, un nouveau système de four industriel est créé et breveté à Limoges. Il permet de faire deux cuissons à des températures différentes dans un seul four ! ( L’un des derniers fours de ce type peut encore se visiter sur le site du four des Casseaux ) .

L’arrivée du chemin de fer, quant à elle, permet de transporter plus facilement les matériaux et réduit le risque de briser les précieuses pièces de porcelaine destinées à la vente. 

De nouveaux horizons pour la porcelaine de Limoges :

(Porcelaine dans les ateliers de fabrication Bernardaud )

Au début du XXe siècle, le temps se gâte pour la porcelaine de Limoges. La crise économique de 1905 secoue le secteur et de nombreux mouvements sociaux ainsi que des grèves dures mettent en péril la production. Dans les décennies qui suivent, ce sont les deux guerres mondiales et la crise de 1929 qui ébranlent fortement le milieu. 

Depuis les années 1980, les manufactures traversent une crise profonde et durable, due à la concurrence sans merci des fabricants asiatiques et à la délocalisation des ateliers.
Plusieurs manufactures ferment, les clients se font moins nombreux, et la porcelaine de Limoges devient un marché de niche, comme beaucoup d’entreprises de l’artisanat d’art . Cela ne l’empêche pas d’être inscrite en 2008 à l’Inventaire du Patrimoine Immatériel en France

Toutefois, l’aventure ne s’arrête pas là… Aujourd’hui, la porcelaine de Limoges est certes le symbole de l’excellence   des grandes maisons d’artisanat françaises, comme Haviland, ou Bernardaud, mais, elle est également à la pointe de l’innovation dans les domaines techniques, médicaux, militaires, car elle possède de nombreuses propriétés insoupçonnées. 

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Fabrication vidéo :

Les enfants et…le travail …


Pendant des siècles, la plupart des enfants ont travaillé dès leur plus jeune âge.

A la campagne, ils sont employés aux travaux des champs et à la ville, ils aident leurs parents artisans ou deviennent ouvriers. A cause l’exploitation des enfants , le XIXe siècle est souvent qualifié de  » siècle noir  » . Dans les usines, les enfants sont employés de treize à quinze heures par jour, à des fonctions qu’aucune machine ne peut exécuter …..

L’apparition de nouvelles techniques, le développement de la mécanisation industrielle, la production concentrée en usine, des tâches de plus en plus ciblées, entraînent des mutations très importantes dans le monde du travail en France et en Europe occidentale.

Fillette ramassant des pommes de terre, Long Island, USA ; photo Lewis Hine, 1912. © incollect.

Fillette ramassant des pommes de terre, Long Island, USA , 1912. ( J’ai vu  »çà  » quand j’étais gosse , vers 1960 /65 dans  »ma  » campagne ardennaise ….)

Les grands pôles industriels, surtout le secteur textile, la métallurgie et les mines, font appel à une main-d’œuvre très nombreuse et exploitable à volonté : Celle des enfants.!

"Petites dentellières" par Mary Lancaster Lucas, vers 1874. © RMN - Grand Palais / F. Vizzanova / M. El Garby.

« Petites dentellières » par Mary Lancaster Lucas, vers 1874.

Le travail en usine :

Depuis la deuxième moitié du XVIIIe siècle, les enfants constituent une grande partie de la main d’œuvre  »non qualifiée  » des entreprises textiles, notamment les manufactures d’impression sur étoffes .( Depuis 1686, la France interdit la fabrication de toiles peintes ) Dès l’âge de huit ans et parfois moins, les enfants sont employés à des travaux qui demandent leur habilité et leur petite taille, indispensables pour certaines tâches. Un adulte effectue le même travail avec un salaire quatre fois supérieur !! (mais les revenus insuffisants des parents les incitent à faire également embaucher leurs enfants ).

Détail d'un tableau sur la manufacture d'impression sur étoffes des frères Wetter, à Orange (Vaucluse) ; atelier d'impression : "garçons tireurs" préparant les couleurs pour les imprimeurs. Joseph Rosetti, 1764. © Hervé Champollion / akg-images.

Détail d’un tableau sur la manufacture d’impression sur étoffes des frères Wetter, à Orange (Vaucluse) ; atelier d’impression : « garçons tireurs » préparant les couleurs pour les imprimeurs.

A Mulhouse , grand pôle industriel textile en 1835, lorsqu’un ouvrier gagne deux francs par jour, une ouvrière reçoit plutôt un franc et un enfant de moins de douze ans, 45 centimes et 75 centimes s’il a entre 13 et 16 ans.

A titre de comparaison, le pain coûte de 12 à 15 centimes (la livre), la viande 45 centimes (la livre) et le lait 15 centimes (le litre). L’obligation pour les parents d’envoyer leurs enfants au travail dès leur plus jeune âge est expliquée par le fait qu’un salaire d’appoint est nécessaire à la survie de la famille

Au début du XIXe siècle, dans les filatures, les enfants sont sollicités pour rattacher les fils brisés sous les métiers à tisser en fonctionnement et nettoyer les bobines encrassées. Ils peuvent être chargés de surveiller les machines, durant des journées qui atteignent  » aisément  » quinze heures. Les mines accueillent également des enfants manœuvres qui poussent des chariots et descendent dans les galeries les plus étroites, où un adulte peut difficilement se tenir debout. ( Dans les petites industries (moins de vingt ouvriers), les enfants échappent à la législation ; leur exploitation y est donc encore plus intensive!.)

"Galibots", jeunes garçons envoyés dans les galeries trop étroites pour les adultes, vers 1910. Blog d'André de Marles. © blogspot.com.

« Galibots », jeunes garçons envoyés dans les galeries trop étroites pour les adultes, vers 1910.

Premiers débats contre le travail des enfants :

En 1840, les résultats d’enquêtes menées à travers la France, dans l’industrie textile ,déclenchent les premiers débats sur le travail des enfants et sont à l’origine d’un projet de loi présenté par le sénateur Charles Dupin

Ch. Dupin ??

. Peut-on faire entrer des enfants de moins de huit ans dans une filature ? Faut-il veiller à ce qu’ils travaillent moins de quarante-huit heures par semaine, pour leur permettre d’avoir deux heures d’enseignement primaire par jour ?!

Ecole de filles, classe manuelle, Finistère, Bretagne, par Richard Hall en 1889. Musée des Beaux-Arts de Rennes. © RMN - Grand Palais / Adélaïde Beaudoin.

Ecole de filles, classe manuelle, Finistère, Bretagne, en 1889.

Les partisans de la réforme évoquent les rapports accablants du médecin Louis – René Villermé 

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, qui a longuement visité les manufactures françaises dans les années 1830. Ses comptes-rendus dépeignent les  » misérables créatures hébétées par un inconcevable excès de travail et réduites à l’état des machines dont elles ne sont plus que les accessoires obligés  ». Les statistiques effectuées au moment du service militaire  , montrent que les jeunes gens arrivant de départements fortement industrialisés, sont en très mauvaise santé : deux fois plus de jeunes hommes souffrent de déficience physique que ceux qui arrivent de départements ruraux. L’opinion publique ne semble pas encore concernée par la situation : lorsque le philosophe et homme politique Jules Simon

Jules Simon ?

écrit « L’ouvrier de huit ans »

 » l’ouvrier de huit ans  » livre ( image du net )

, il est accusé de vouloir ruiner l’industrie textile française, où l’on estime qu’il est impossible de réduire le temps de travail des enfants, puisqu’il vient en soutien de celui des adultes. Cette résistance  à toute amélioration est mise en évidence par la succession de textes législatifs de faible portée sociale.

Jeune garçon vendeur de journaux : Ferris, sept ans ; Mobile, Alabama, USA. Photo Lewis Hine, 1914. © rarehistoricalphotos.com.

Jeune garçon vendeur de journaux , 1914. 

C’est la question de la scolarisation des enfants qui va faire évoluer celle du travail des jeunes : la gratuité de l’école primaire  publique est votée le 16 juin 1881 et le 28 mars 1882, la deuxième loi Jules Ferry rend l’enseignement primaire obligatoire. 10 ans après, en 1892, les enfants ne peuvent plus être admis au travail avant douze ou treize ans, âge du certificat d’études. La limite de la scolarité obligatoire est fixée à seize ans en 1959 mais l’ordonnance entre seulement en vigueur le 1er juillet 1967 !

Ecole primaire supérieure de Brignoles (Var), préparation au certificat d'études primaires, début XXe siècle. © Wikimedia Commons, domaine public.

Ecole primaire supérieure de Brignoles (Var), préparation au certificat d’études primaires, début XXe siècle.

Les textes de loi sur le travail des enfants :

Le 22 mars 1841, est votée la loi limitant l’âge d’admission dans les entreprises à huit ans, mais uniquement dans celles qui emploient plus de vingt ouvriers. A Mulhouse, en 1845, les enfants de moins de douze ans ont disparu des filatures de coton mais ceux de douze à seize ans travaillent douze à treize heures par jour. Dans d’autres manufactures, on constate que des enfants de huit à neuf ans travaillent sur des machines à dévider (on leur donne des tabourets trop hauts pour qu’ils ne relâchent pas leurs efforts). Dans l’impression sur étoffes, les enfants travaillent neuf à onze heures par jour, dès l’âge de huit ans.

Enfants travaillant dans une filature, Macon, Géorgie, USA ; photo Lewis Hine, 1909. © Wikimedia Commons, domaine public.

( Photo ci-dessus )= Enfants travaillant dans une filature, Macon, Géorgie, USA

En 1851, une nouvelle loi limite la durée de travail journalier à dix heures au-dessous de quatorze ans et à douze heures entre quatorze et seize ans. En 1874, la limitation de l’âge d’embauche est fixée à douze ans ; le travail de nuit est interdit et le repos du dimanche devient obligatoire pour les ouvriers âgés de moins de seize ans. Cette protection est insuffisante mais c’est un premier pas vers une lente évolution de la législation du travail, qui va commencer à concerner les adultes dans les années 1890 !! En novembre 1892, la durée maximale de travail est ramenée à dix heures à 13 ans et à 60 heures hebdomadaires entre 16 et 18 ans. Des  »mesures efficaces  » concernant la protection des enfants au travail, sont promulguées à partir de 1905 ; la loi du 7 décembre 1926 interdit l’affectation des enfants aux travaux dangereux et insalubres. La liste des travaux interdits aux enfants (et aux femmes) a déjà fait l’objet d’un décret en mars 1914, modifié en 1926, 1930 et 1945. Le décret du 19 juillet 1958, relatif aux travaux dangereux pour les enfants et les femmes, ne fait que confirmer les dispositions précédentes.

Enfants travaillant dans une manufacture de tabac, USA ; photo Lewis Hine, début XXe siècle. Musée d'Orsay, Paris. © RMN - Grand Palais / J.G. Berizzi / Lewis Hine.

Photo ci-dessus = Enfants travaillant dans une manufacture de tabac, USA au début XXe siècle.

Le nombre d’enfants au travail au XIXe siècle :

Certains historiens estiment que les enquêtes réalisées au XIXe siècle amplifient le phénomène, d’autres pensent évidemment le contraire. Entre 1840 et 1850, selon la  » Statistique générale de France  » , il y a 143.665 enfants travaillant dans la grande industrie dont 93.000 dans le secteur textile, pour une main d’œuvre totale de 1.055.000 ouvriers. En 1868, un nouveau recensement présente 99.212 enfants concernés par la loi de 1841 : 5.005 entre 8 et 10 ans, 17.471 entre 10 et 12 ans, 77.000 entre 12 et 16 ans, auxquels il faut ajouter 26.503 enfants non concernés par la loi parce qu’ils sont employés dans des ateliers de moins de vingt ouvriers. Total : 125.715 enfants au travail pour 1,1 million d’ouvriers ; le nombre d’enfants employés dans l’industrie commence à diminuer. Cette diminution peut s’expliquer par la mécanisation de plus en plus importante, les lois sociales (pas toujours appliquées) et la dépression économique de fin de siècle.

Jeune garçon travaillant dans une verrerie, USA, par Jacob Riis vers 1890. Museum of the City of New York. © monovisions.com.

Photo ci-dessus = Jeune garçon travaillant dans une verrerie, USA vers 1890

J’ai eu l’idée d’écrire ce billet après avoir été servi par la petite fille de la boulangerie tout à l’heure ……

Les conditions , lois sur le travail ont bien changé heureusement ? !

KLIK !

1913: Quand Hitler,


Trotsky, Tito, Freud et Staline vivaient tous au même endroit …!!!

En janvier 1913, un homme dont le passeport porte le nom de Stavros Papadopoulos débarque du train de Cracovie à la gare du terminal nord de Vienne. De teint sombre, il arbore une grosse moustache de paysan et porte une valise en bois très basique.

L’homme qu’il est venu rencontrer, écrira des années plus tard :  » J’étais assis à table lorsque la porte s’est ouverte en frappant et qu’un inconnu est entré. Il était petit … mince … sa peau brun grisâtre couverte de marques de poches … Je n’ai rien vu dans ses yeux qui ressemblait à de la gentillesse. »

L’auteur de ces lignes est un intellectuel russe dissident, le rédacteur en chef d’un journal radical appelé Pravda (Vérité). Son nom ? : Leon Trotsky. En fait ,l ’homme qu’il décrit n’est pas que  » Papadopoulos  ». Né Iosif Vissarionovich Dzhugashvili, il est connu de ses amis sous le nom de » Koba  » et est maintenant connu sous le nom de Joseph Staline. Trotsky et Staline ne sont que deux des nombreux hommes qui vivaient dans le centre de Vienne en 1913 et dont la vie est destinée à façonner, voire à briser, une grande partie du XXe siècle.

C’est un groupe , un trio disparate. Les deux révolutionnaires, Staline et Trotsky, sont en fuite. Sigmund Freud , lui , est déjà bien établi. Le psychanalyste,  » exalté  » par ses adeptes comme l’homme qui a ouvert les secrets de l’esprit, vit et exerce sa profession sur la Berggasse ( rue au cœur de la ville , de Vienne ).

Le jeune Josip Broz, devenu plus tard célèbre en tant que leader de la Yougoslavie, le maréchal Tito, travaille à l’usine automobile Daimler à Wiener Neustadt, une ville au sud de Vienne, et cherche un emploi, de l’argent et des bons moments.….

Ensuite, il y a le jeune homme de 24 ans originaire du nord-ouest de l’Autriche, dont les rêves d’étudier la peinture à l’Académie des beaux-arts de Vienne ont été anéantis et qui loge maintenant dans une maison à Meldermannstrasse près du Danube, un certain Adolf Hitler .

Dans sa majestueuse évocation de la ville de l’époque,  » Thunder at Twilight  » , Frédéric Morton

( un écrivain juif autrichien qui a émigré aux États-Unis en 1940 ) imagine Hitler haranguant ses camarades de logement sur la morale, la pureté raciale, la mission allemande et la trahison slave, sur les juifs, les jésuites et les francs-maçons. :  » Son toupet se balançait, ses mains tachées de (peinture) déchiquetaient l’air, sa voix montait à un ton d’opéra. Puis, tout aussi soudainement qu’il avait commencé, il s’arrêtait. Il rassemblait ses affaires avec un cliquetis impérieux, (et ) filait dans sa cabine.  » 

L’empereur Franz Joseph, qui règne depuis les grandes révolutions de 1848, préside sur le palais de la Hofburg. ( résidence de la plupart des dirigeants de l’histoire de l’Autriche )

Son successeur désigné, l’archiduc François-Ferdinand, réside au Palais du Belvédère à proximité, attendant avec impatience le trône. C’est son assassinat l’année suivante qui déclenchera la Première Guerre mondiale.

En 1913 , Vienne est la capitale de l’Empire austro-hongrois, qui comprend 15 nations et bien plus de 50 millions d’habitants. A l’époque , Vienne était son propre type de bouillon de culture et attiraient les ambitieux de tout l’empire .

J’ai lu que : Moins de la moitié des deux millions d’habitants de la ville sont nés dans le pays et environ un quart venaient de Bohême (aujourd’hui l’ouest de la République tchèque) et de Moravie (maintenant l’est de la République tchèque), de sorte que le tchèque était parlé aux côtés de l’allemand dans de nombreuses situations .=> Une douzaine de langues étaient parlées dans l’empire ! Les officiers de l’armée austro-hongroise devaient savoir donner des commandements dans 11 langues en plus de l’allemand, dont chacune avait une traduction officielle de l’hymne national.

Ce mélange unique aurait créé son propre phénomène culturel, le café viennois.???? ( Une des origines de la légende se trouverait dans des sacs de café laissés par l’armée ottomane après l’échec du siège turc de 1683 ) .

La communauté intellectuelle viennoise était en fait assez petite et tout le monde se connaissait et … cela permettait des échanges à travers les frontières culturelles. Les discussions dans les cafés de Viennes favorisaient ,aidaient les dissidents politiques et ceux en fuite…..  »Si vous vouliez trouver un endroit où vous cacher en Europe où vous pourriez rencontrer beaucoup d’autres personnes intéressantes, alors Vienne serait un bon endroit pour cela  » écrit Charles Emmerson dans  » 1913 : A la recherche du monde avant la Grande Guerre  »

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< ==== le livre

La communauté intellectuelle viennoise était assez petite et tout le monde se connaissait et … cela permettait des échanges à travers les frontières culturelles. Ceci favorisera les dissidents politiques et ceux en fuite.

Le Café Landtmann,

le  » repaire  » préféré de Freud, se dresse toujours sur le Ring, le célèbre boulevard qui entoure la ville historique d’Innere Stadt. Trotsky et Hitler quant à eux , fréquentaient le Café Central, à seulement quelques minutes de marche, où les gâteaux, les journaux, les échecs et, surtout, les conversations étaient les passions des clients.….Une partie de ce qui rendait les cafés si importants était que  » tout le monde  » y allait .Il y a donc eu une  » fertilisation croisée  » entre les disciplines et les intérêts, en plus ,les frontières qui sont devenues si rigides ensuite étaient très fluides.

La montée en puissance de l’intelligentsia juive et de la nouvelle classe industrielle, rendue possible par l’octroi ( taxes indirectes établies au profit des communes sur les objets et denrées destinés à la consommation locale ) de Franz Joseph en 1867 , et le plein accès aux écoles et aux universités viennent s’ajouter à tout cela ..

Un certain nombre de femmes ont également eu un impact.

Alma Mahler ( dont le mari compositeur est décédé en 1911) était également compositeur et est devenue la muse et l’amante de l’artiste peintre Oskar Kokoschka

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Auto -portrait

et de l’architecte Walter Gropius.

Bien que la ville ait été et reste symbole de musique, de somptueux bals et de valse, elle avait un côté particulièrement sombre :Un grand nombre de ses citoyens vivaient dans des bidonvilles et en 1913, près de 1 500 Viennois se suicidèrent.?

Personne ne sait si Hitler a rencontré Trotsky ou si Tito a rencontré Staline. Mais des œuvres comme » le Dr Freud vous recevra maintenant, M. Hitler  » ( une pièce radiophonique de 2007 !? de Laurence Marks et Maurice Gran ) sont des images vivantes de telles rencontres.

Une grande partie de la vie intellectuelle de Vienne a été détruite par l’incendie qui a éclaté l’année suivante .

L’empire a implosé en 1918, tout en propulsant Hitler

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Hitler jeune ?

, Staline

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Staline  » jeune  » ?

, Trotsky

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Trotsky  » jeune  » ?

et Tito

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Tito ?

dans des carrières qui marqueront à jamais l’histoire du monde.!!!

KLIKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKK!

pfffffff

C’était il y a environ 110 ans :


9 mars 1911 : La France adopte le méridien de Greenwich

La France, par une loi du 9 mars 1911 renonce à imposer le méridien de Paris comme référence temporelle et point de départ des fuseaux horaires . Comme le reste du monde , elle se rallie au méridien de Greenwich, ville proche de Londres, où se situe l’observatoire royal anglais.

observatoire anglais

Ce méridien ( comme chacun sait ) passe à proximité du Havre, de Caen et du Mans.

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???????

Dans la nuit du 18 au 19 mars 1911, toutes les horloges de France s’arrêtent à minuit pour repartir 9 minutes et 21 secondes plus tard afin de se mettre en concordance avec le temps universel (Greenwich Mean Time, ou  » temps moyen à Greenwich  »en abrégé  » GMT  »). Du coup ,c’en est bel et bien fini de la rivalité franco-anglaise, en astronomie comme dans en politique.