Le bagne …..Le vrai !


    En un siècle, ils ont broyé 70 000 prisonniers. Entre mauvais traitements et système D, les forçats ont tenté de survivre à la guillotine sèche.

   Lentement, La Martinière quitte l’océan pour s’engager sur le fleuve Maroni Maroni bateau. Ce jour de printemps 1923, après quatorze jours de traversée depuis l’île de Ré, le navire approche de sa destination. Les 670 prisonniers se serrent devant les hublots pour apercevoir la ligne verte de la forêt amazonienne, puis les toits en tôle ondulée de la ville de Saint-Laurent. La sirène retentit. Sur l’appontement, une foule de curieux se presse afin d’assister au spectacle ! qui se tient une à deux fois par an. Les prisonniers débarquent en rang, hagards, écrasés par la chaleur. Leur sort est scellé. Vêtus de l’uniforme à rayures rouges et désignés par leur seul matricule, ils appartiennent désormais à la Guyane.
   Tout a commencé en 1852 par un décret du futur NapoléonIII
   Il entérine la fin des bagnes portuaires et l’éloignement des condamnés aux travaux forcés vers l’outre-mer. Les femmes, elles, ont le choix de purger leur peine en métropole ou aux antipodes.  » Napoléon s’inspire des Anglais qui ont envoyé les convicts  (les criminels en droit anglais) , en Australie, pour les exiler mais aussi pour peupler la colonie. » On croit alors à la régénération des criminels par le travail  », explique Michel Pierre, historien . Le premier convoi débarque en Guyane, en 1852.            Quand ils ne sont pas terrassés par la fièvre jaune (un sur trois en meurt), les bagnards tracent des voies et construisent la ville naissante de Saint-Laurent. « Quelques condamnés deviennent colons à la  fin de leur peine, mais on s’aperçoit vite que transformer un criminel en agriculteur est absurde » .      Dès 1867, les condamnés de métropole partent plutôt vers la Nouvelle-Calédonie, au climat plus clément.

   Transportés, relégués, déportés : trois peines pour une seule destination .
  C’est en 1885, sous la IIIeRépublique, que renaît le bagne de Guyane. Non seulement pour les criminels condamnés aux travaux forcés, appelés les transportés, mais aussi pour les délinquants multirécidivistes, les relégués. Il suffit d’avoir déjà écopé de plusieurs peines de plus de trois mois de prison (vol, vagabondage…) pour être expédié à vie aux antipodes. Fini les ambitions de réinsertion sociale !  » Cette fois, il s’agit d’éloigner définitivement une population marginale, jugée irrécupérable car la prison n’a pas eu de prise sur elle  », explique l’historien Jean-Lucien Sanchez. 

      Paradoxalement, ce sont ces petits délinquants qui paient le plus lourd tribut.  » Surnommés les pieds-de-biche, ils sont méprisés par les transportés et les surveillants. Dans la hiérarchie du bagne, mieux vaut être un criminel de sang qu’un voleur de poule . Entre 1885 et 1938, 22 16 relégués embarquent pour une traversée sans retour.
Une trentaine de camps
   Reclus sur des sites différents, transportés et relégués se côtoient peu. La colonie compte en effet une trentaine de camps, notamment dans l’archipel des îles du Salut.

    À l’île Royale, l’administration pénitentiaire isole les vedettes de cour d’assises. Elle a une peur panique de la mauvaise publicité en cas d’évasion de ces criminels ayant déjà fait les gros titres des journaux. Quant aux déportés , les prisonniers politiques comme Alfred Dreyfus Dreyfus , ils atterrissent sur la petite île du Diable. Pour eux, pas de travaux forcés, mais de longues journées d’ennui sur un bout de terre isolée.

   Accusé à tort d’avoir livré des secrets militaires à l’ennemi, le capitaine Alfred Dreyfus est envoyé sur l’île du Diable en 1895. Il y est reclus seul, surveillé par 5 à 10 geôliers. À partir de 1896, sa case est entourée d’une palissade de 2,50 mètres de haut, ce qui l’empêche de voir la mer. Il est libéré en 1899…………
    Les autres forçats sont affectés en fonction de leur crime, de leur comportement avant le départ en Guyane ou de leur métier.  » Pour les condamnés de la dernière classe, les fortes têtes, c’est l’enfer. Ils travaillent huit heures par jour sous un soleil accablant et parmi les nuées d’insectes. Ils drainent les marécages, défrichent, abattent les arbres. »  Mieux lotis, les deuxième classe œuvrent sur la voie publique ou dans les champs. Enfin, les première classe peuvent espérer un poste à l’infirmerie ou dans l’administration. Une situation enviée qui ne les empêche pas, comme les autres, de réintégrer le pénitencier et leur dortoir le soir venu.  »  Là, dans la chaleur et la promiscuité, 50 forçats sont livrés à eux-mêmes.        En théorie, ils doivent respecter le silence mais, en fait, ils jouent aux cartes, boivent, et la violence règne. La loi du plus fort ne laisse aucune chance aux faibles .

A Cayenne le dortoir du pénitencier  :
  Chaque année, 600 à 800 prisonniers tentent de s’évader
Les bagnards sont prêts à tout pour défendre leur bien le plus précieux, le « plan », un tube glissé dans le rectum qui renferme un bijou ou des billets gagnés grâce à des trafics. Ici, tout manque, notamment de la nourriture correcte. Il faut alors ruser, voler, acheter au marché noir entretenu par la population locale et des membres de l’administration pénitentiaire peu scrupuleux. Au dépôt de Saint-Jean, les relégués échangent leur uniforme contre de l’argent ou des cigarettes, quitte à travailler pieds nus et en haillons.
     Confrontés à une multitude de règlements et aux mauvais traitements, certains forçats désobéissent et sont envoyés en cellule d’isolement de nuit. En cas d’agression de surveillant, de tentative d’évasion ou de meurtre de codétenu, c’est le tribunal spécial maritime qui juge les prévenus et les expédie sur l’île Saint-Joseph. Les prisonniers y sont reclus, jusqu’à cinq ans d’affilée, dans des cellules de six mètres carrés surmontées de barreaux, d’où les surveillants épient leurs faits et gestes en permanence. S’ils se rebellent, direction le cachot ! Un châtiment sévère qui en broie plus d’un : vingt jours sur trente dans le noir, et pain sec deux jours sur trois.

   L’anarchiste Paul Roussenq Paul-Roussenq, surnommé   » l’Incorrigible  » car il a toujours refusé de se soumettre à l’autorité, y passera 3 409  jours, soit la moitié de ses vingt années de bagne.      Le tribunal prononce rarement la peine capitale une cinquantaine de fois en un siècle.    On dresse alors la guillotine dans la cour et l’exécution se déroule à l’aube devant les forçats. Pour l’exemple.

  L’obsession des détenus, c’est l’évasion.

     Ils y songent avant même de poser le pied en Guyane, persuadés qu’il sera plus facile de se faire la belle ici qu’en maison centrale en métropole. « L’imaginaire du bagne est celui d’exploits insensés, de vies refaites au Venezuela, en Colombie, au Brésil » . Si l’évasion semble quasi impossible aux îles du Salut à cause des courants et des requins, les prisonniers du continent, en semi-liberté pendant la journée, peuvent facilement échapper à la surveillance des gardes et traverser le fleuve à bord d’une embarcation bricolée en cachette. Chaque année, 600 à 800 hommes tentent de filer, soit au total 20 % des bagnards, mais peu réussissent (un sur dix) car surveillants et chasseurs de primes les rattrapent.

   En 1939, Adolphe Steffen, un infirmier de l’asile de l’île Royale, réussit à partir par gros temps sur un radeau de planches liées par des draps mais il est repris peu après.           Beaucoup retentent leur chance, ils n’ont rien à perdre ! Ainsi, en 1926, René Belbenoît, revenu en métropole après sa cavale, est réexpédié en Guyane. Il s’échappe à nouveau par la mer et rejoint les États-Unis après maintes péripéties.
Une fois leur peine purgée, les libérés sont obligés de s’installer en Guyane

     Pour ceux qui ont réussi leur « belle », une nouvelle vie commence. Pour les autres, l’espoir de revoir leurs proches s’amenuise. À partir de 1854, la loi, avec la règle du « doublage », oblige les transportés à rester en Guyane un temps équivalent à celui de leur peine si celle-ci est inférieure à huit ans. Et si elle excède cette durée, ils doivent y demeurer à vie. Mais rien n’a été prévu ou presque pour les aider à s’installer. Victor Sicard, libéré en 1924, témoigne : « On me donna comme linge un  » bourgeron  » et un pantalon. Et l’on me mit dehors à 8 heures du matin sans travail, sans savoir où aller manger à midi, ni le soir pour coucher, sans un sou en poche, après avoir fait treize ans de bagne. »

    Initialement, les libérés devaient recevoir une concession, un lopin de terre… à condition d’avoir accumulé cent francs. Impossible au bagne ! Quant à trouver un emploi, ce n’est guère plus facile car les libérés subissent la concurrence des forçats qui coûtent bien moins cher aux employeurs. Pour survivre, reste à mendier, voler, aider les prisonniers à s’évader… Les femmes, peu nombreuses, connaissent un sort encore plus funeste. Après avoir purgé leur peine au couvent où elles œuvrent comme couturières, elles se marient avec des bagnards mais, souvent mal nourries ou prostituées par leurs époux, elles meurent à 36 ans en moyenne.

   En 1938, les députés votent la fermeture du bagne. Mais la guerre retarde les opérations et le sort des relégués s’aggrave sous le régime de Vichy.  Les autorités guyanaises fidèles à Pétain craignaient qu’ils rejoignent la France libre ! …. Les relégués sont entassés en quartier disciplinaire et mis au pain sec et à l’eau. En 1942, la moitié d’entre eux succombent. » Un épisode sinistre qui conclut un siècle de bagne. Après le conflit, les libérés sont peu à peu rapatriés en France. Seuls restent les malades, incapables de supporter le voyage, ou ceux ayant fondé une famille. À l’été 1953, alors que le San Matteo s’éloigne du rivage, les derniers forçats voient enfin disparaître la ligne verte de la forêt amazonienne.
  Papillon, un fieffé menteur !
      En 1969, le livre «Papillon» connaît un succès fulgurant, avec un million d’exemplaires vendus en trois mois. L’ouvrage est adapté au cinéma en 1973, avec Steve McQueen dans le rôle-titre.

L’ancien bagnard Henri Charrière, surnommé Papillon, y raconte ses douze années de bagne, sa spectaculaire évasion à bord d’un canot en noix de coco, sa vie parmi les Indiens pêcheurs de perles et sa nouvelle vie de patron de bar à Caracas.      En fait, infirmier à l’hôpital, il a puisé dans les récits de bagnards revenant de cavale pour enjoliver sa propre histoire

cayenne ruines

( Cayenne  » ruines  » ? )

 

C’était il y a environ 183 ans !


   Premier « piratage » d’un réseau de communication : l’affaire du réseau télégraphique détourné :

 

    En 1836 est découvert  un détournement du réseau de télégraphe aérien de l’État :    Considérés comme les tout premiers « hackers » du monde, les frères jumeaux Louis et François Blanc, hommes d’affaires bordelais, misent sur des valeurs de la Bourse de Bordeaux tout en   connaissant avant les autres les variations des cours de la Bourse de Paris grâce à la complicité de fonctionnaires du service télégraphique, réalisant ainsi de substantiels bénéfices durant deux ans !
   L’importance du télégraphe aérien, inventé en 1794 par Claude Chappe Chape, était trop connue pour qu’on n’en étende pas l’usage. Les frères de son inventeur lui succédèrent. L’Empire, la Restauration, le gouvernement de Juillet augmentèrent les lignes, les poussèrent jusqu’à nos frontières et firent un réseau qui nous mettait en communication avec les pays voisins. Le siège de l’administration était toujours situé rue de l’Université, dans un hôtel d’un accès facile et qui aurait pu faicliment  être  » enlevé d’un coup de main  ».
   C’était là une vive préoccupation pour le gouvernement. Sous les Bourbons et sous Louis-Philippe les émeutes n’étaient pas rares à Paris ; pratiquement tout y servait de prétexte : Les revues, les enterrements, les changements de ministère, les discussions des chambres ; le pays vivait et affirmait sa vie d’une façon parfois trop bruyante.

   Dès que l’on avait  » cassé  » quelques réverbères ou entonné la Marseillaise,  »le pouvoir  » , comme on disait déjà , pensait aux télégraphes, et l’hôtel Villeroy était occupé par la troupe, qui en cernait l’enceinte, remplissait les cours et bloquait la place afin de la rendre inaccessible aux émeutiers. Les employés, gardés comme des prisonniers d’État, ne pouvait en sortir, couchaient dans leurs bureaux, nourris on ne sait comment, et ne recouvraient là liberté que lorsque l’ordre était rétabli.télégraphe 1.jpg <=  (Expérience du télégraphe de Chappe dans le parc de Saint-Fargeau à Ménilmontant,le 12 juillet 1793 )…..

     Sous la seconde République, nos lignes de télégraphie électrique étaient loin d’être complètes, et les départements menacés étaient encore desservis par les télégraphes aériens. Craignant que les postes ne soient enlevés, l’administration centrale des télégraphes s’entendit avec le ministère de la Guerre, obtint des fusils, des munitions, et fit armer les stationnaires en leur donnant ordre de se défendre à outrance et de repousser par la force les hommes isolés ou réunis qui tenteraient de s’emparer de leurs stations !. Evidemment , la nouvelle de cet armement inusité se répandit très rapidement dans la contrée.
   Les insurgés facétieux ne s’amusèrent pas à attaquer des employés si bien pourvus : pendant la nuit, en l’absence des préposés, ils crochetèrent les portes des stations, ils pénétrèrent dans l’intérieur, en enlevèrent simplement les lunettes et écrivirent sur le registre aux signaux : « Reçu de l’administration télégraphique deux longues-vues, dont décharge ». De plus, ils emportèrent les fusils que chaque stationnaire avait gardés avec soin dans sa logette pour être prêt à s’en servir à la première occasion.
    On peut penser que l’établissement des télégraphes, de ce service dont l’État avait seul la jouissance, avait fortement donné à réfléchir aux hommes qui voient dans la spéculation un moyen de s’enrichir, pour qui le gain sans travail est l’idéal de la vie et qui cherchent partout des renseignements à l’aide desquels ils pourraient  jouer à coup sûr. Avant l’invention des chemins de fer, avant l’application de l’électricité à la télégraphe, le cours de la Bourse de Paris n’était connu à Bordeaux, à Rouen, à Lyon, à Marseille, qu’à l’arrivée de la malle-pote.           Les   » agioteurs »  (Personnes qui spéculent sur les valeurs financières) qui auraient appris le mouvement des fonds publics douze heures d’avance étaient donc en mesure de faire des bénéfices coupables, mais assurés.
      Or cela seul leur importait.

     À l’aide de moulins dont les ailes étaient disposées d’une certaine manière, à l’aide de pigeons dressés à cet effet, on essayait d’être renseigné d’une façon positive sur la hausse ou la baisse de Paris. Une ligne télégraphique secrète fonctionna même régulièrement entre Paris et Rouen. Le gouvernement déjouait ces manœuvres de son mieux, mais il n’y réussissait pas toujours. Le cas n’avait pas été prévu par la loi . Mais on s’en aperçut dans ces circonstances :  
    Au mois de mai 1836, Bourgoing, directeur des télégraphes à Tours, fut informé que les employés Guibout et Lucas, stationnaires du télégraphe n°4 situé sur la mairie, faisaient un usage clandestin de leurs signaux. Une enquête très prudente fut commencée, pendant laquelle Lucas, tombé malade et près de mourir, fit des aveux complets.
   On acquit la certitude que Guibout, aussitôt après l’arrivée de la malle-poste de Paris, introduisait un faux signal dans la première dépêche qu’il avait à transmettre sur la ligne de Bordeaux, et qu’aussitôt après il indiquait : erreur.           Mais le faux signal n’en parcourait pas moins sa route forcée, était répété de station en station, allait à fond de ligne, c’est-à-dire jusqu’à Bordeaux, où le directeur le rectifiait, corrigeait la dépêche fautive et empêchait qu’elle ne parvînt plus loin avec cette indication parasite et inutile. La fraude partait donc de Tours pour aboutir à Bordeaux. Avec le point de départ et le point d’arrivée, la police judiciaire avait entre les mains de quoi découvrir la vérité.

  Deux jumeaux, François Francois-Blancet Joseph Blanc, habitant Bordeaux, joueurs de bourse et spéculateurs de profession, avaient un agent à Paris ; celui-ci, lorsque la rente à 3% avait baissé dans une proportion déterminée, envoyait par la poste à Guibout, stationnaire télégraphique à Tours, une paire de gants ou une paire de bas gris ; lorsque, au contraire, la hausse s’était faite, il envoyait des gants blancs ou un foulard !
    Suivant  la nature ou la couleur de l’objet qu’il avait reçu, le préposé faisait un faux signal convenu qui, parvenu à Bordeaux, était communiqué par le stationnaire de la tour Saint-Michel au commis des frères Blanc. Ceux-ci, connaissant vingt-quatre heures à l’avance la cote de Paris, étaient maîtres du marché et faisaient d’importants bénéfices. !
     Stationnaires et » agioteurs  » furent arrêtés et emprisonnés vers la fin du mois d’août 1836. Le procès s’ouvrit à Tours, le 11 mars 1837, devant la cour d’assises. Les accusés firent des aveux explicites. Guibout recevait des frères Blanc 300 francs fixes par mois et 50 francs de gratification par faux signal ; c’était beaucoup pour un employé qui gagnait 1 fr. 50 par jour. L’attitude des frères Blanc fut  » curieuse d’impudence  » ; leur système consista uniquement à soutenir que tout moyen d’information est licite pour gagner de l’argent, que l’unique préoccupation des gens de bourse étant de savoir d’avance le cours des fonds publics, afin de jouer à coup sûr, ils avaient fait comme beaucoup de leurs confrères, et n’avaient par conséquent rien à se reprocher.
   Cette morale de cour des Miracles prévalut ; Gustave-Louis Chaix d’Est-Ange, ténor du barreau, plaidait ; il fut habile, dérouta le jury, le fit rire, l’émut, le troubla. Les questions posées concernant Guibout étaient : 1 ) A-t-il fait passer des signaux autres que ceux de l’administration ?

                                                                   2 ) A-t-il reçu des dons pour faire passer ces signaux ?

                                                                   3 ) En faisant cette transmission, a-t-il fait acte de son emploi ?
  Aux deux premières questions, le jury répondit : Oui ; à la troisième, il répondit : Non ; dès lors les accusés étaient non pas acquittés, mais  » absous  » , car le verdict venait de déclarer qu’ils ne tombaient pas sous le coup des articles 177 et 179 du Code pénal. Cependant on avait constaté au procès que du 22 août 1834 au 25 août 1836, les frères Blanc avaient reçu cent vingt et une fois le faux signal indicatif du mouvement des fonds.
    L’instruction qui précéda le procès avait ouvert les yeux du ministère, et dès lors il voulut posséder le droit d’un monopole qui n’existait que de fait. Le 6 janvier 1837, Adrien de Gasparin, ministre de l’Intérieur, exposant les motifs de la loi qui attribue l’usage du télégraphe au gouvernement seul, put dire avec raison : « Nous sommes forcés de demander plus à la législation que nos devanciers, parce que nous demandons moins à l’arbitraire. »
    Le 28 février suivant, Portalis, rapporteur de la commission de la Chambre des députés, conclut à l’adoption d’un article unique ainsi libellé : « Quiconque transmettra, sans autorisation, des signaux d’un lieu à un autre, soit à l’aide de machines télégraphiques, soit par tout autre moyen, sera puni d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 1000 à 10 000 francs. L’article 463 du code pénal est applicable aux dispositions de la présente loi. Le tribunal ordonnera la destruction des postes, des machines ou moyens de transmission. »
   La rédaction de ce texte indique l’intention du législateur de tenir compte des progrès techniques futurs. Le rapporteur  déclarait : « L’esprit humain est inépuisable en ressources nouvelles et il s’agit de prévoir ce qui n’existe pas encore, ce qui n’a été ni connu, ni imaginé, ce qui pourrait être inventé pour éluder la loi, si des expressions trop restrictives venaient enchaîner la conscience du juge. il faut atteindre toutes les combinaisons à l’aide desquelles on pourrait arriver à ce résultat. »

Le débat qui déboucha sur cette loi : Le ministre de l’Intérieur déclara que si des entreprises particulières pouvaient fonder des établissements semblables, les fauteurs de troubles et de désordres y trouveraient un moyen efficace pour l’exécution de leurs projets. Regrettant qu’aucune autre solution n’ait pu être trouvée, il ajouta : « Nous n’aimons pas les monopoles pour eux-mêmes, et nous serions heureux de pouvoir sans péril étendre à tout le monde les facilités que le télégraphe présente au gouvernement. »     Il conclut : « Vous penserez avec nous que de tels avantages doivent être réservés au gouvernement… Les privilèges dont il jouit ne sont pas des privilèges, car le gouvernement, c’est tout le monde, et l’on peut dire ici sans paradoxe que le seul moyen d’empêcher le monopole c’est de l’attribuer au gouvernement. »
    Un commentateur juridique écrira à ce propos : « Il est fâcheux cependant que de graves questions se traient ainsi sous l’influence des préjugés, et qu’il suffise, pour flétrir de bonnes choses, de leur appliquer une qualification odieuse. » Quant au rapporteur Portalis, il fut amené à préciser : « Dans aucun cas un pigeon ne peut être assimilé à un signal. »
    La loi fut votée le 14 mars 1837, le dépouillement du scrutin donnant le résultat suivant : 249 votants (sur les 556 députés) dont 212 pour l’adoption et 37 contre.

     Tout l’effort des ministres, de la commission, des orateurs, avait été de prouver que la télégraphie deviendrait un instrument de sédition des plus dangereux, si par malheur on ne lui interdisait pas sévèrement de servir aux correspondances du public.!

    Moins de treize ans après, une loi devait battre en brèche ces vieux arguments et fit entrer la télégraphie privée dans le droit commun et dans les usages de la nation.

Pourquoi ?


Pourquoi dit-on « N’avoir ni dieu ni maître » ?

   Cette expression fut d’abord  le nom d’un journal fondé en 1880 par Auguste Blanqui  , homme politique et théoricien socialiste français.      Cette formule devient, dès la fin du 19eme  siècle, la devise du mouvement anarchiste, puis désigne un esprit libre qui conteste les autorités spirituelles et temporelles. Elle réfute toute soumission à un maître, qu’il appartienne à l’appareil politique de l’État, au patronat ou à la hiérarchie religieuse. Elle ne signifie donc pas qu’il faut combattre les croyances spirituelles, mais plutôt ceux qui utilisent la religion pour contrôler la pensée des fidèles.!

Il y a environ 158 ans ……


     Le 16 août 1861, sous le règne de Napoléon III, Julie-Victoire Daubié Daubié Victoire, une institutrice de 36 ans, militante entêtée des droits de la femme, passe avec succès le baccalauréat à Lyon. Elle est la première Française dans ce cas.
   Le ministre de l’Instruction publique refuse de signer le diplôme au prétexte qu’il  » ridiculiserait le ministère de l’Instruction publique  » ! Son successeur Victor Duruy montrera beaucoup plus d’ouverture d’esprit en faisant voter en avril 1867 une loi qui impose l’ouverture d’une école primaire réservée aux filles dans chaque commune de plus de 500 habitants. C’était un premier pas vers la féminisation du baccalauréat

 » La Bachelière du quartier Latin  » 
    Cette chanson  ,terriblement sexiste  , aussi nommée  » l’Examen de Flora  » écrite par Paul Burani en 1874 reflète l’image de la  » pauvre aspirante  » au bac de la fin du XIXe siècle……( On peut se demander quelle serait la réaction des femmes d’aujourd’hui  en l’entendant ? ! )

Mamzell’ Flora passait pour un’ savante
Depuis Bullier jusqu’au carr’four Buci
Si bien qu’un jour ell’ devint étudiante
Mais on n’peut pas dire tout c’quelle apprit.

Refrain :
C’est la bachelière du quartier Latin
Rein’de la chaumière et pays voisin
Elle a passé son baba
Elle a passé son chot chot
Elle a passé son bachot
Y a pas de bobo […]

Connais-tu l’grec ? Qu’un professeur lui d’mande.
Elle répond, sans lui manquer d’respect :
C’est un coiffeur si j’en crois la légende
Puisque l’ont dit :  » s’ fair’ peigner par les Grecs  ».

Un autre lui demande c’que c’est qu’une Olympiade
Quelqu’un lui souffle  » un espac’ de quatre ans  »
Mais v’là Flora qui perd la trémontade
Et qui répond  » une espèc’ de cadran  » .

Aux professeurs ell’ fait perdre la tête
Et, comm’ Phryné d’vant les juges jadis,
Ell’ leur fait voir ses jamb’s dans une pirouette
Si bien qu’elle eut douz’ boul’s blanches sur dix.

V’la la moral’ faut pas que ça vous blesse,
C’est au beau sex’ qu’elle s’adressera :
Quand c’est des vieux qui jugent une jeunesse
C’est pas malin, le baccalauréat.

la bachelière (croquis de l’époque : chanteuse interprétant  » l’examen de Flora  » )

bachelières 1911 ( = bachelières en 1911 )

 

Chères bachelières…
   Si François Villon fait allusion à de   » jeunes bachelettes  » dans sa  » Double ballade  » (15 eme siècle), le mot désignait alors simplement une jeune fille qui présentait tous les avantages pour devenir épouse.  Voltaire aussi ironique , qui se moque des femmes savantes en général et d’Ève en particulier,  » la première bachelière, puisqu’elle tâta de l’arbre de la science avant son mari  »  (en 1775 !)
   Le 19 ème siècle n’est pas beaucoup  plus  »indulgent » puisque pour  » Le Dictionnaire de la langue verte  » de Delveau (1883) une bachelière est  » une femme du quartier latin qui est juste assez savante pour conduire un bachot (un petit bateau à fond plat ) en Seine et non pour passer en Sorbonne  ». Mais cette définition prouve tout de même que l’idée de filles passant le baccalauréat faisait son chemin !
   Le premier lycée pour filles a ouvert à Paris en 1870, (à l’extrême fin du Second Empire ) . Situé près des Invalides, il porte aujourd’hui le nom du ministre qui a promu la cause féminine. C’est le lycée Victor Duruy (désormais ouvert aux garçons comme aux filles).
   Il n’en reste pas moins  que, même au début de la IIIe République, passer le baccalauréat passait encore pour une idée farfelue. Pour les jeunes filles de bonnes familles, les seules qui pouvaient aspirer à une éducation poussée, on ne prévoyait le plus souvent que quelques leçons particulières. À quoi bon un diplôme lorsque l’objectif était de faire un bon mariage ? C’est Jules Ferry lui-même qui  donne la réponse :  » À quoi bon ? Je pourrais répondre : à élever vos enfants, j’aime mieux dire : à élever vos maris.  »  !!

    C’est ainsi qu’en 1892, on  pouvait compter dix bachelières,  » fières héritières  » de Julie-Victoire Daubié, la toute première bachelière française. Mais les aspirantes restent rares, tant la société est encore réticente à éduquer ses filles…
   Celles-ci ne l’entendent pas de cette oreille et accueillent avec enthousiasme le nouveau bac de 1902, plus accessible.
   Une École normale catholique ouvre à leur intention en 1906, suivie d’un autre établissement dit libre (confessionnel) en 1908, permettant au nombre d’élues de passer à une centaine.

En 1924, à la suite des bouleversements de la Grande guerre, le ministre de l’Instruction publique Léon Bérard a bien compris qu’il fallait répondre à la soif d’indépendance féminine en ouvrant les portes de l’enseignement secondaire. Elles ont désormais accès à des épreuves similaires à celles des garçons.
   Les enseignantes deviennent par conséquent plus nombreuses, même si pour beaucoup cette vocation est synonyme de célibat ? !… L’égalité est-elle pour autant aujourd’hui un fait  » avéré  »  ? Dans les faits, les filles continuent à se diriger vers des filières moins porteuses d’emploi (littéraires, tertiaires) et ne parviennent pas toujours à valoriser un diplôme pourtant chèrement conquis par leurs aînées.

bac juin44( BAC en juin 1944 )

Victoire !
Hasard ? : la première bachelière française avait pour second prénom Victoire, comme un clin d’œil à son destin.
    Née dans une famille de petite bourgeoisie vosgienne en 1924, Julie-Victoire Daubié s’intéresse très tôt aux études grâce à son frère, prêtre, qui lui enseigne latin et grec. Elle apprécie aussi les sciences puisqu’elle s’inscrit au Museum d’histoire naturelle de Paris pour mieux connaître mammifères et oiseaux.
   À 20 ans, elle est déjà institutrice, mais cela ne lui suffit pas : il lui faut décrocher le baccalauréat. Elle fait donc une demande d’inscription à la Sorbonne, demande qui se heurte à plusieurs reprises à un refus. Qu’importe ! Elle tente sa chance à Lyon, et c’est ainsi que le 13 août 1861, on la retrouve installée avec ses camarades à  » plancher  » pour obtenir le diplôme ès Lettres.
   Les   » six boules rouges  » qu’on lui accorde lui permettent d’entrer dans l’Histoire comme le  »  premier bachelier de sexe féminin qu’ait proclamé l’Université de France  » . Cela ne se fait pas sans difficultés, puisque le ministre de l’Instruction publique refuse de signer son diplôme, de peur d’être ridiculisé ! Il faut l’intervention de l’impératrice Eugénie pour que sa réussite soit enfin officialisée.
  Devenue journaliste économique, cette saint-simonienne qui est officiellement  » entrepreneur de broderie  »  poursuit ses études et devient en 1872 la première licenciée ès Lettres. Seule sa mort en 1874, de tuberculose, l’empêche d’aller jusqu’au doctorat.

                    _______________________________________________________

Quand une jeune fille rangée passe le bac
    Dans ses mémoires, Simone de Beauvoir S.Beauvoir raconte son baccalauréat qui, dans son cas, fut loin d’être une épreuve !
    » Je pris grand plaisir à passer mes examens. Dans les amphithéâtres de la Sorbonne, je coudoyai des garçons et des filles qui avaient fait leurs études dans des cours et des collèges inconnus, dans des lycées : je m’évadai du cours Désir, j’affrontai la vérité du monde. Assurée par mes professeurs d’avoir bien réussi l’écrit, j’abordai l’oral avec tant de confiance que je me croyais gracieuse dans ma trop longue robe en voile bleu. Devant les importants messieurs, réunis tout exprès pour jauger mes mérites, je retrouvai ma vanité d’enfant. L’examinateur de Lettres, en particulier, me flatta en me parlant sur le ton de la conversation  ; il m’interrogea sur Ronsard ; tout en étalant mon savoir, j’admirais la belle tête pensive qui s’inclinait vers moi : enfin, je voyais face à face un de ces hommes supérieurs dont je convoitais les suffrages ! Aux épreuves de latin-langues, cependant, l’examinateur m’accueillit ironiquement :  » Alors, mademoiselle ! Vous collectionnez les diplômes !  » Déconcertée, je me rendis brusquement compte que ma performance pouvait paraître dérisoire ; mais je passai outre. Je décrochais la mention  » Bien  » . (Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée, 1958)

c’était il y a 105 ans :


Le 15 août 1914 a lieu dans la discrétion l’ouverture officielle du canal de Panamá. L’Europe, qui vient d’entrer dans la plus effroyable guerre de son Histoire, est indifférente à la portée de l’événement.
   Une décennie plus tôt, les États-Unis ont fomenté sur l’isthme une insurrection en vue de détacher le territoire de la république de Colombie et le constituer en État vassal…

Photo / image = construction du canal de Panama …..

   Un enjeu stratégique pour Washington
   Le Panamá ayant  »  l’insigne   » privilège d’être l’endroit le plus étroit de l’isthme qui unit l’Amérique du Nord à l’Amérique du Sud, les Européens ont, dès le XVIe siècle, l’idée d’y percer un canal pour relier l’océan Atlantique à l’océan Pacifique. Après l’échec de Ferdinand de Lesseps, les Américains relèvent le défi et, pour 40 millions de dollars, rachètent les droits des Français sur le canal.
   Depuis leur guerre contre l’Espagne (1898), les États-Unis veulent éviter le contournement de l’Amérique du sud par le détroit de Magellan et le cap Horn aux navires qui relient la Californie à la côte Est, le passage par l’isthme ramenant de 24 500 à 9 500 kilomètres le parcours entre San Francisco et New York.
    Ils songent d’abord à un canal qui passerait plus au Nord, par le Nicaragua, où l’isthme est plus large qu’à Panamá mais n’est pas traversé par une chaîne de montagnes. Finalement, ils se rallient au principe d’un canal à écluses à travers Panamá, selon la conception de l’ingénieur français Philippe Bunau-Varilla.
   Approché par Washington, le gouvernement de la Colombie, qui exerce sa souveraineté sur le territoire panaméen, s’oppose cependant au projet. Du coup, les États-Unis encouragent la bourgeoisie de Panamá à faire sécession le 3 novembre 1903.
   Quinze jours plus tard, ils signent avec le nouvel État le traité Hay-Bunau-Varilla pour la construction du canal. Il porte le nom du secrétaire d’État américain Hay et de l’ingénieur Bunau-Varilla. Il prévoit la cession à perpétuité aux États-Unis d’une bande de 10 miles de large (16 kilomètres) en échange de 10 millions de dollars (une broutille ? ).

Des travaux éprouvants
   Un médecin américain, William Gorgas, engage sans attendre la lutte contre les moustiques qui infectent la région et propagent la malaria. Malgré cela, sous le climat tropical, les travaux de construction du canal se révèlent éprouvants. Ils mobilisent jusqu’à 24 000 ouvriers essentiellement originaires des Antilles, sous la direction de l’ingénieur civil John Stevens.
   Le canal, long de 80 kilomètres, comporte deux lacs artificiels et trois jeux d’écluses de 33 mètres de large :  » Miraflores  » , avec deux chambres inversées ;  » Pedro Miguel  », avec une seule chambre ;  » Gatún  »  avec trois chambres dénivelées. Les travaux auront coûté seulement 375 millions de dollars, soit 22 millions de moins que prévu !
   L’inauguration, au début de la Grande Guerre, le 15 août 1914, se traduit par la traversée du vapeur américain Ancon, en huit à dix heures.
Le trafic interocéanique passe de 2 000 navires par an pendant la Grande Guerre à 14 000 par an au début du XXIe siècle, avec un tonnage supérieur à 200 millions de tonnes. Il représente à ce moment-là 6% du trafic maritime mondial mais sa progression est freinée par la capacité insuffisante des écluses et la largeur du chenal.
Le canal du IIIe millénaire
Le 1er janvier 2000, l’État panaméen a la satisfaction de rétablir sa souveraineté sur toute la zone du canal suite aux traités Torrijos-Carter signés en 1978 entre le président panamén Omar Torrijos et le président américain Jimmy Carter.
Le 22 octobre 2006, par référendum, les Panaméens approuvent un projet d’agrandissement du canal, pour un montant de plus de cinq milliards de dollars. Le chenal élargi et les nouvelles écluses sont inaugurées le dimanche 26 juin 2016, après huit ans de travaux, en présence de plusieurs chefs d’État américains.
Le nouveau canal est désormais accessible à des cargos de type Panamax (366 mètres de long x 49 mètres de large) et d’une capacité de 14 000 conteneurs, soit plus du double de la capacité précédemment autorisée.

çà s’est passé il y a 25 ans


 

Moins personnel que mon billet précédent  lol :

    Le 14 août 1994, le terroriste international le plus célèbre de l’époque était arrêté au Soudan , par la D.S.T avec la  » complicité  » de la C.I A , après des années de cavale. Le Vénézuélien Ilich Ramirez Sanchez,carlosCarlos 2

  Il avait été capturé alors qu’il était endormi sur le fauteuil d’un esthétique  pour cacher son identité ! ( à voir les différente photos , ce n’est pas étonnant ! )

surnommé « Carlos » ou « Le Chacal », fut extradé le lendemain vers la France où il avait été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité, en 1992.
    Recherché par la France,  » persona non grata  » dans presque tous les pays – même ses soutiens d’hier tels que la Syrie et la Libye – Carlos s’était réfugié clandestinement au Soudan, apparemment muni d’un faux passeport diplomatique.
     Le refuge pouvait paraître logique au premier abord, puisque le pays était inscrit depuis 1993 sur la liste américaine des États soutenant le terrorisme. Mais le Soudan, soumis à un embargo international depuis le coup d’État par une junte à tendance islamiste en 1989, avait certainement la volonté de blanchir sa réputation en livrant Carlos à la France.
   Relatant l’arrestation du terroriste international âgé de 44 ans, plusieurs journalistes précisent qu’elle n’aurait pas été possible sans l’aide des autorités soudanaises. Le ministère de l’Intérieur français Charles Pasqua, qui travaillait depuis des mois à cette arrestation, a d’ailleurs félicité le Soudan pour sa volonté de « rompre de manière éclatante avec le terrorisme ou le soutien au terrorisme », lors de sa conférence de presse du 14 août 1994.

Carlos 2011 (Le »  terroriste  » en 2011 )

____________________________________________________________________

Pourquoi cet   »enfant de bonne famille  »  est devenu un terroriste international ?

L’apprentissage du terrorisme :
    S’il est un criminel parmi les plus recherchés du xxe siècle, Ilich Ramirez Sanchez, dit  » Carlos  » ou  » Chacal  » , est de ceux-là. Redoutable terroriste international, il a été recherché par toutes les polices européennes pour les vols et les attentats commis sur le vieux continent.

     Pourtant, rien dans l’enfance ne destine vraiment Carlos à devenir ce clandestin insaisissable, l’un des plus grands terroristes internationaux, capable de frapper là où il souhaite. Né en 1949, il est le fils d’un riche avocat communiste vénézuelien, mais qui reste dans la légalité et n’emprunte aucunement les chemins de la subversion. Son père lui donne l’un des prénoms de Lénine. Adolescent, le futur Carlos décide pourtant d’apprendre la clandestinité en partant à Cuba.
    En 1968, il  se rend à Moscou où le KGB lui permet de poursuivre des études à l’université Patrice-Lumumba. Cet établissement sert à former les cadres des pays du tiers-monde. Mais il ne reste pas longtemps car il est considéré comme un étudiant débauché. Sans doute au début des années 1970, il entre au Front populaire de libération de la Palestine. En 1973, à Londres, il commence son parcours de terroriste en tirant sur le frère, juif, du président de la chaîne de grands magasins anglais Marks and Spencer.       Peu  après, Carlos fait exploser une bombe devant une banque londonienne qu’il juge  » sioniste  ». L’antisémitisme est au fondement de ses premières actions terroristes.
   En 1974, il est l’auteur de plusieurs attentats à Paris : il fait exploser une voiture devant les locaux de plusieurs journaux français, mais surtout, le 15 septembre, il commet un attentat contre le drugstore Publicis Saint-Germain faisant deux morts et trente-quatre blessés. Fin juin 1975, la DST l’a enfin repéré ; deux policiers sont tués par balles au moment de l’arrêter ; un troisième policier du contre-espionnage est gravement blessé. Carlos parvient à s’enfuir.
    » L’apogée criminel  » de Carlos :
    En décembre 1975, il prend en otage et séquestre pendant vingt-quatre heures onze ministres de l’OPEP à Vienne. Il est le cerveau d’une opération de commando qui fait trois morts. La même année, il se convertit à l’islam et part vivre à Beyrouth jusqu’en 1982. Puis, il cavale dans plusieurs pays du Moyen-Orient où il est protégé, essentiellement en Syrie. Les polices du monde occidental le considèrent comme un terroriste sans pitié à arrêter à tout prix. Au début des années 1980, beaucoup le croyaient mort.

    Il s’est fait oublier jusqu’au jour où il envoie une lettre à l’ambassade de France de La Haye dans laquelle il exige la libération de proches complices, dont sa compagne, Magdalena Kopp. ( Ils détenaient alors des kilos d’explosifs ). Carlos n’est donc pas mort.    Les enquêteurs ont identifié l’origine de la lettre grâce à des empreintes digitales. En 1982, Carlos est accusé d’être responsable de l’attentat du train Le Capitole (cinq morts), puis en 1983, de celui de la gare Saint-Charles de Marseille (deux morts). Entre-temps, il aurait fait exploser une voiture piégée devant le journal Al-Watan al-Arabi à Paris (un mort, soixante-trois blessés). Il n’a jamais revendiqué l’attentat.
    En 1985, Carlos est vu à Damas avec sa compagne. Mais très vite, le président syrien reçoit des pressions internationales qui le somment de livrer Carlos. Cela permettrait aux Syriens de sortir de leur isolement diplomatique. En 1991, Carlos est jugé indésirable en Syrie et se rend au Soudan. L’année suivante, la France le condamne par contumace à la prison à vie pour la mort des policiers de la DST. En 1994, celle-ci le capture à Khartoum et le fait extrader vers la France où il purge toujours la peine à perpétuité prononcée en 1992.
   En 2004, il a publié une autobiographie. Il est alors défendu par Jacques Vergès et Isabelle Coutant- Peyre, qu’il a d’ailleurs épousée. Carlos est donc devenu une véritable  » légende  » du terrorisme international. Des surnoms nombreux lui ont été donnés dont celui d’  »Insaisissable  ». Les photographies de lui sont très rares ; les plus connues le montrent avec des lunettes noires. Aujourd’hui, chacun de ses gestes est observé dans sa cellule. Chacun de ses déplacements vers un juge ou le tribunal est l’objet d’une surveillance policière sans précédent en France, à la hauteur de la réputation du  »Chacal  » .

C’était il ya ……


43 ans …….

Le 14 août 1976 à 15 heures , exactement :

    Dans une ville des l’aisne ( Hirson ) ,  un  » jeune  » gars âgé de 20 ans 1/2 et une jeune fille  âgée de 19 ans 1/2 se disaient  » Oui  » devant le maire et ( ensuite ou avant ? ) devant le curé ! Elle vétue d’une magnifique robe blanche et lui d’ un costume  ( berkkk ) …..1er-mariage

   Un mariage  » en grandes pompes  » comme on dit  …..Tous , ou presque , les membres des familles étaient présents……Bref ,  » on  » mangea et bu   » à volonté  » …..Dans la nuit , les mariés purent  » s’éclipser  »  pour passer leur  » nuit de noce  » ……..

   Environ  4 ans plus tard  ( le 14 juin 1980 exactement )   naissait un magnifique bébé ( un garçon  )bébé 1……Ils vécurent de bons moments , les deux avaient un travail  , des amis …..Bref , tout allait bien …..Trop bien ?

  6 mois  après la naisance de l’enfant  environ , ( le 24 septembre 1981 ) , ils se séparèrent……Le divorce fut officiellement  » déclaré  » le 24 septembre 1981 dans le Nord ( où ils vivaient alors )…….

   A la surprise de tous, le père demanda et obtint la garde du bébé ! …….

Bien entendu , ceux et celles qui me connaissent auront compris : C’était MON premier mariage  lol …..

 

il y a presque 500 ans …..


  Le 13 août 1521, le conquistador Hernan Cortés,

   ses compagnons d’armes et ses alliés mexicains entrent à Tenochtitlan, capitale de l’empire aztèque, vaincue par un long siège qui a réduit sa population à la famine.
    » L’orgueilleuse métropole  » sera détruite pierre à pierre et sur son emplacement sera érigée Mexico, centre de la colonisation espagnole en Amérique centrale.

Des intrus bien accueillis :
    Après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, les Espagnols s’étaient établis aux Antilles et consacrés à la colonisation de ces îles.
   Ce n’est qu’ en 1518 que le gouverneur de Cuba se soucie du continent proprement dit. Il confie une flotte de onze vaisseaux et 600 hommes à son secrétaire, Hernan Cortés (en français Fernand Cortez), un noble castillan de 33 ans, fortuné et cultivé, avide d’aventures.
   Le 19 février 1519, Cortés aborde près de l’actuel port de Tabasco et entreprend la conquête du Mexique. Avec lui, les Conquistadores (conquérants) succèdent aux  » Descubridores  » (découvreurs) : Colomb, Balboa, Cabral, Magellan… Pour enlever à ses hommes toute perspective de retraite, il fait démonter ses navires et brûler leurs coques !
   Cortés tire parti de l’étonnement que suscitent sur les Indiens du Mexique le physique barbu des Espagnols, leurs armures métalliques, leurs armes à feu et leurs chevaux caparaçonnés.conquistador 2conquistadorconquistador

Les Indiens font le rapprochement entre ces arrivants et leur mythologie, qui évoque un dieu, Quetzalcoatl, parti un jour à la conquête de nouvelles terres et qui doit revenir avec ses descendants revêtus d’armures dorées.
   Cortés utilise les services d’une jeune Indienne d’origine maya, Malintzin, surnommée  » la Malinche  », (qui sera plus tard connue sous son nom de baptême, Doña Marina ).
   Vendue par sa mère à des Indiens de la côte, elle parle leur langue et comme, parmi les Espagnols, figure un ancien prisonnier des Mayas, Cortés va pouvoir faire de Malintzin son interprète (et sa maîtresse). Grâce à elle, il va se rallier habilement les peuples soumis aux Aztèques des hauts plateaux.

Des maîtres détestés
  Les Aztèques ont établi un siècle plus tôt leur domination sur un vaste territoire qui s’étend jusqu’au Guatemala actuel.
  Leur capitale est une cité prestigieuse située sur les hauts plateaux centraux et environnée d’un lac qui la protège des agresseurs éventuels. Elle porte le nom de Tenochtitlan 
  C’est un peuple avant tout guerrier dont les guerres , qu’il poursuit sans relâche contre les peuples assujettis , n’ont d’autre but que d’alimenter les temples en sacrifices humains.
    En effet ,les Aztèques croient  que quatre mondes ou soleils ont déjà péri et voudraient éviter une nouvelle mort du soleil en nourrissant celui-ci en abondance.
80 000 prisonniers de guerre auraient été ainsi sacrifiés au dieu soleil  à l’occasion de l’intronisation du roi Ahuitzotl en 1486 ! Lors des sacrifices, les malheureux encore vivants se voient arracher leur coeur par un prêtre, au sommet du temple en forme de pyramide qui domine Tenochtitlan.
   A la vue de ces pratiques, il va de soi que les peuples voisins ne portent pas les Aztèques dans leur coeur et beaucoup voient dans l’arrivée des Espagnols l’occasion de s’en débarrasser . Parmi eux figurent les Tlaxcala, principaux ennemis des Aztèques, qui vont devenir aussi le principal allié de Cortès et lui fournir des milliers de combattants.

Le Mexique avant Cortès : Mexique avant

Avant l’arrivée de Cortés, au XVe siècle, les Aztèques ont établi leur domination sur le plateau central du Mexique, soit un vaste territoire qui s’étend jusqu’au Guatemala actuel. Bien avant, dans la zone tropicale humide, s’était  épanouie la civilisation maya.

Une guerre impitoyable :
   Quand Cortés fait part de son arrivée à l’empereur aztèque, Moctezuma II, ce dernier  n’ose pas lui refuser l’accès au coeur de sa capitale. Troublé, il le reçoit avec les honneurs dûs à un descendant du dieu Quetzalcoatl.!
   Cortés profite de sa situation pour séquestrer l’empereur et gouverner en son nom. Il prend possession assez facilement  de la ville.

    Mais voilà qu’il doit revenir sur la côte pour faire face au débarquement d’un rival, Panfilo de Narvaez. Il confie la garde de la ville et la surveillance de l’empereur à l’un de ses lieutenants, Pedro de Alvarado. Mais celui-ci est rapidement dépassé par la situation. Se croyant victime d’un complot, il pénètre dans le temple aztèque et fait un massacre des prêtres et des assistants.
    Informé de la situation, Hernan Cortés fait aussitôt demi-tour pour porter secours à ses compatriotes avec les quelques centaines d’hommes de Narvaez qui se sont ralliés à lui.      Comme il pouvait s’y attendre, la population de la métropole prend les Espagnols à partie. Moctezuma trouve la mort à cette occasion, blessé mortellement par une pierre en tentant de s’interposer.
Cortés comprend que la situation à Tenochtitlan est devenue intenable. Il ordonne la retraite.

Avec les 500 hommes qui lui restent, il quitte précipitamment la capitale de l’empire aztèque dans la nuit du 30 juin au 1er juillet 1520.
Mais la population a coupé les ponts qui permettaient de franchir les marais environnants et la moitié des Espagnols succombent en tentant de sortir de la ville.
Certains historiens évoquent  le  » saut d’Alvarado  » : Imitant le  lieutenant de Cortès, des Espagnols auraient utilisé leur lance comme une perche pour franchir les brèches ouvertes par les Aztèques dans la chaussée   (Indiana Jones n’aurait pas fait mieux ! lol )
Plus tragique : Cuitlahuac, le successeur (et meurtrier) de Moctezuma ne tarde pas à mourir de la variole ! Un nouvel empereur, Cuauhtémoc, neveu de Moctezuma, prend alors, la tête de la révolte.

   La variole, arme de destruction massive !
Parti de Cuba le 5 mars 1520, Hernan Cortès emmena avec lui  » un passager clandestin  » qui allait se révéler effroyablement meurtrier : la variole. Cette maladie infectieuse contre laquelle les Eurasiens s’étaient partiellement immunisés  frappa les Amérindiens avec une brutalité sans pareille.
Il semble que la maladie ait été introduite au Mexique par l’un des esclaves africains de l’expédition, un certain Francisco de Eguia. Fiévreux, il fut mis au lit dans une maison indigène de Zempoala et, en quelques jours, la ville se transforma en cimetière ! Les survivants, en tentant de fuir l’épidémie, ne firent que la propager plus loin. Dès le mois de septembre 1520, Tenochtitlan fut atteinte et en quelques semaines, sa population chuta d’un bon tiers… ce qui, entre autres effets, facilita la conquête espagnole.
La variole sera ainsi la cause principale de l’effondrement démographique des Amérindiens après la conquête européenne, de 80 millions d’êtres humains en 1492 à une dizaine de millions au milieu du XVIe siècle, pour l’ensemble des Amériques, selon les chiffres des historiens !
Les effets de ce  » choc microbien  » ont été immédiats. Ainsi Tenochtitlan, orgueilleuse capitale aztèque, était-elle déjà décimée par l’épidémie de variole quand Cortès en a entamé le siègne…

  Triomphe espagnol :
    Cortés, tenace, regroupe les survivants et ses alliés indiens avant de reprendre l’offensive. Le 7 juillet 1520, près de la localité d’Otumba, il fait face avec 500 hommes plus ou moins éclopés et des alliés indiens incertains à une armée aztèque de plusieurs dizaines de milliers d’hommes.

     Par un  » trait de génie  », il bat l’ennemi en chargeant à cheval à travers les rangs jusqu’à atteindre et tuer d’un coup de lance le général aztèque posté sur une colline au milieu de ses troupes !
    Cortés assiège dès lors   » posément  » la capitale aztèque. Celle-ci devait compter 250 000 habitants avant l’arrivée des Espagnols mais déjà se font sentir les effets de la variole introduite par les Européens et beaucoup de jeunes défenseurs, s’ils ne sont déjà morts, ressentent déjà la fièvre et les symptômes de la » maladie.
conquistador  »… Avec les matériaux récupérés de ses anciens navires, il fait construire des  » brigantins  » pour traquer sur le lac les embarcations qui ravitaillent la ville. Tenochtitlan est prise le 13 août 1521, après un siège de 75 jours et une famine épouvantable, malgré la résistance opiniâtre de Cuauhtémoc.

    L’orgueilleuse métropole est détruite pierre à pierre et, avec elle, l’empire aztèque. L’empereur, capturé, est maintenu en prison pendant plusieurs années par Cortés, dans le but  de s’assurer ainsi la soumission des Aztèques. Il sera exécuté finalement par le conquistador en 1525 au cours d’une expédition en Amérique centrale, accusé injustement de complot.
   Sur l’emplacement de Tenochtitlan, le nouveau maître du pays fondera la ville de Mexico, d’après le nom donné aux habitants de la région, les Mexican.

c’était il y a……


Environ 58 ans :

Le 12 août 1961 :

   Construction du  » Mur de la honte  » à Berlin …….

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dès 1947, l’Europe se divise en deux camps ennemis, avec la mise en place d’un  » rideau de fer  », de Lubeck jusqu’en Tchécoslovaquie et au-delà. Enclavée dans la zone d’occupation soviétique, l’ancienne capitale allemande, Berlin, est elle-même partagée entre les Occidentaux et les Soviétiques.
  Ces derniers tentent d’en chasser leurs anciens alliés en organisant le blocus de l’ancienne capitale du Reich ! Mais leur échec face à la détermination des Anglo-Saxons va   » cristalliser  » les tensions entre les deux blocs et conduire à la construction du Mur.

   Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, les autorités de la République démocratique allemande (RDA) érigent une enceinte fortifiée sur la ligne qui sépare à Berlin leur zone, sous occupation soviétique, des zones sous occupation américaine, anglaise et française.mur de Berlin 1

Des policiers et des ouvriers  » dépavent  » à la hâte les accès routiers entre la zone d’occupation soviétique : Berlin-Est, et les autres zones, ou Berlin-Ouest.
    Ils tendent des barbelés, creusent des fossés et entament la construction d’un mur en béton. Dans le même temps, les liaisons ferrées sont aussi coupées.
   Dans les jours et les semaines qui suivent, à la stupéfaction du monde occidental, les autorités est-allemandes parachèvent le travail en murant les fenêtres et les portes des constructions situées sur la ligne de démarcation.
    Les médias de l’Ouest baptisent aussitôt cette initiative de   » Mur de la honte  ». Le  » mur  » s’étend sur 43 km à Berlin même et sur 112 km dans les autres parties de la RDA. Il met une touche finale au  » rideau de fer  » dont Churchill dénonçait la mise en place dès la fin de la Seconde Guerre mondiale.

  Les caractéristiques du mur :
Longueur totale de  » la ceinture  »  autour de Berlin-Ouest : 155 kilomètres, dont longueur entre Berlin-Ouest et Berlin-Est = 43,1 km. et longueur entre Berlin-Ouest et la RDA = 111,9 km.
Avec en plus : Tours de contrôle : 302 , unités de chiens de garde : 259 , miradors : 93 , bunker : 20 ……mirador

Mesures du mur : Hauteur : 3,6 m. au minimum. Largeur 1,20 m.Profondeur au sol 2,10 m.

Le gouvernement communiste de l’Allemagne de l’Est veut, grâce à lui, empêcher ses ressortissants de fuir vers Berlin-Ouest et, au-delà, vers la République fédérale allemande, où  »démocratie rime avec prospérité  ».
   Il est vrai que, depuis la scission entre les deux Allemagnes, en 1949, plus de 3 millions de personnes, soit 20% de la population de la RDA, ont fui vers l’ouest. Le mur va démontrer son efficacité de ce point de vue car, de sa construction à sa chute, le 9 novembre 1989, on évalue à 5 000   » seulement  » le nombre de personnes qui parviendront encore à passer à l’Ouest au risque de leur vie… 239 échoueront et seront abattues par les  » vopos  » (  garde-frontières, postés dans les miradors ) .

mur de Berlin 2(  » Check Point Charly  » )
  Un soulagement  » paradoxal  »
  Le président américain John KennedyKennedy 1 est informé de la construction du mur sur son yacht. Il ne manque pas de s’en indigner devant les caméras et les micros mais s’en réjouit en son for intérieur. En construisant le mur, les dirigeants communistes de Berlin et Moscou signifient qu’ils aspirent au statu quo. La perspective d’une guerre pour Berlin tend à s’éloigner et en même temps , la guerre froide.
   Malgré un discours retentissant du maire de Berlin-Ouest, Willy Brandt W Brandt, le 16 août devant une foule surexcitée, chacun sait bien que la division de Berlin est scellée pour longtemps…

____________________________________________________________

   » Le Mur avant le Mur  »
    Le 24 juin 1948, les Soviétiques, qui occupent Berlin-Est, coupaient les communications terrestres entre l’enclave de Berlin-Ouest, répartie en secteurs anglais, américain et français, et l’Allemagne occidentale. La réussite du coup de force que représentait le blocus aurait signifié l’abandon par les alliés occidentaux de Berlin et son occupation par les Soviétiques. Mais, pendant près de onze mois, les Américains et les Anglais organisent un pont aérien pour ravitailler les Berlinois de l’Ouest.
    Malgré 76 morts et un coût financier considérable pour les Occidentaux, le pont aérien finit par contraindre les Soviétiques à mettre fin au blocus, en avril 1949. La première raison de la construction du mur de Berlin vient donc de la détermination des Occidentaux à ne pas abandonner Berlin-Ouest aux Soviétique.
     En 1950, le Land (région administrative) de Berlin-Ouest est intégré au sein de la nouvelle République fédérale d’Allemagne (RFA). Son statut d’enclave occidentale au milieu d’un territoire contrôlé par la RDA est ainsi confirmé.
   L’existence de Berlin-Ouest continue d’être insupportable pour les Soviétiques car les Allemands de l’Est y  » votent  » chaque jour  » avec leurs pieds  » en fuyant le régime soviétique. Il devient difficile de contrôler les 500 000 personnes qui traversent chaque jour la ligne de démarcation berlinoise, à pied ou par les réseaux de communication ferroviaire et métropolitain.
  Berlin-Ouest est le principal espace de transit des Allemands de l’Est émigrant à l’Ouest. En 1958, déjà plus de trois millions d’Allemands de l’Est ont fui pour la RFA. Cette hémorragie humaine prive la RDA de main-d’œuvre et montre à la face du monde la faible adhésion à la soviétisation de l’Allemagne de l’Est.
    L’URSS tente un nouveau coup le 27 novembre 1958 en lançant un ultimatum exigeant le départ des troupes occidentales dans les six mois pour faire de Berlin une  » ville libre  » démilitarisée. Les alliés occidentaux refusent. En 1961, les Soviétiques prennent donc la décision de faire supprimer par la RDA la ligne de démarcation berlinoise en construisant un mur, qui deviendra  » le mur de la honte  ».
     Cette construction commence les 12 et 13 juin 1961 avec la pose de grillages et de barbelés autour de Berlin-Ouest. Puis les Soviétiques choisissent une date idéale pour faire exécuter leur oeuvre : le 13 août 1961, (  soit en plein pont estival pendant lequel de nombreux de chefs d’État occidentaux sont en vacances.)
   La RDA annonce avoir l’agrément du pacte de Varsovie et présente la construction un  » mur de protection antifasciste  » . Des unités armées de la RDA encerclent Berlin-Ouest de façon hermétique et la construction du mur se réalise dans un temps record, ce qui implique  qu’elle est le fruit d’une préparation longue et minutieuse.
   Le mur est plus qu’un mur:
   Le mur est bordé de mines anti-personnelles, de pièges pour tanks, de barrières d’alarme… Au mur de 3,5 m de hauteur courant sur 155 km autour de Berlin-Ouest s’ajoutent ensuite les  » murs  » créés par la fermeture des réseaux de communication ferroviaire et métropolitain entre Berlin-Ouest et Berlin-Est.
   Sur les 81 points de passage existant avant août 1961, 69 sont fermés dès le 13 août, par des barbelés et des murs de briques. Pour les visiteurs étrangers est assigné un point de passage unique situé dans Friedrich Strasse C P Charlie( » Chekpoint Charlie  ») , ouvert jour et nuit.
   Les échanges économiques cessent entre les deux Berlin : 63 000 berlinois de l’Est perdent leur emploi à l’Ouest, et 10 000 de l’Ouest perdent leur emploi à Berlin-Est.
    Pour faire face à cette nouvelle situation, de nombreux grands équipements concernant la culture (opéras), l’éducation (universités), les sciences (parcs zoologiques) sont  » dédoublés  ».