C’était il y a 44 ans :


L’affaire Empain, l’une des plus symboliques et médiatiques de la police judiciaire parisienne , défraye la chronique en 1978. Cela tient pour partie à la personnalité de la victime : le baron Edouard-Jean Empain est, à 40 ans, à la tête d’un des plus grands groupes industriels européens, le groupe Empain-Schneider, réunissant près de trois cents sociétés.

Paris Match et l'enlèvement du baron Empain en 1978Le 23 janvier 1978, vers dix heures trente, le baron est enlevé à la sortie de son domicile, dans le XVIe arrondissement parisien.

La victime est un proche du président de la République en fonction Valéry Giscard d’Estaing

Trente-six heures après l’enlèvement, un message est déposé dans une consigne de gare, à l’attention de sa famille, avec sa carte d’identité, des lettres et un flacon de formol dans lequel se trouve une phalange de l’auriculaire gauche de l’otage.

Les ravisseurs réclament quatre-vingts millions de francs (soit environ douze millions d’euros) de rançon. 

Six jours passent, durant lesquels sont portés au grand jour la passion du baron pour le poker ainsi que sa vie sentimentale et sexuelle extraconjugale dont la presse fera  »ses choux gras  ».

La famille et le groupe Empain-Schneider se rallient à l’idée de la police de livrer des billets factices. Les ravisseurs fixent un rendez-vous quatre semaines plus tard, le 22 février, à Megève, station de sports d’hiver huppée de Haute-Savoie.

Le lieu est surveillé par de nombreux policiers en civil. Mais les ravisseurs n’appellent pas et l’opération est annulée en fin de soirée. Un nouveau rendez-vous est fixé pour le 23 mars, à Paris. Le porteur de la rançon, un policier, est invité à se diriger vers la banlieue sud.   

Alors que sa voiture stationne sur une  bande d’arrêt d’urgence, une dépanneuse s’arrête derrière elle, la croyant en panne. Il sort de la voiture pour parler au dépanneur : c’est alors que deux personnes embusquées dans les fourrés s’emparent de la voiture et, après quelques centaines de mètres, s’arrêtent à proximité d’une porte de maintenance  dans le mur anti-bruit d’environ vingt mètres de haut qui borde l’autoroute A6 au niveau de L’Haÿ-les-Roses.

Une fusillade a lieu entre la police et les ravisseurs : l’un d’entre eux est tué et un autre arrêté. Deux policiers sont blessés.

Le 26 mars 1978, faute d’avoir pu conserver la rançon, les ravisseurs se résignent à libérer leur prisonnier. Ils seront finalement tous arrêtés.

Avion …..


.….. 8 fonctions secrètes qui peuvent vous sauver la vie

Vous avez toujours eu peur en avion ? Pas de panique, voici 8 fonctions secrètes présentes à bord qui vont vous rassurer pendant votre prochain vol.

De mystérieux crochets jaunes….

Avez-vous déjà remarqué les crochets jaunes présents sur les ailes des avions ? Eh bien, sachez qu’ils sont plus utiles que ce que vous pouviez penser. En effet, ils servent en cas d’amerrissage : on peut passer à l’intérieur une corde de sécurité. Un bout est attaché à la porte de l’appareil tandis que l’autre est fixé à la base de l’échelle de secours. Cela permet aux passagers de pouvoir se stabiliser.

Pas de réservoirs d’oxygène

A force d’avoir pris l’avion, vous connaissez par cœur la manière dont il faut mettre un masque à oxygène sur votre visage en cas de problème dans l’appareil. Mais saviez-vous qu’en réalité, il n’y a pas de réservoirs d’oxygène à bord d’un avion ?

En effet, cela serait beaucoup trop encombrants. Cependant, pas de panique, il y a tout de même de l’oxygène. Lorsque vous êtes assis à votre place, levez les yeux. Au-dessus de votre siège se trouve un générateur d’oxygène dissimulé dans le plafond.

Lorsque vous tirez sur votre masque, cela active une réaction chimique et le chlorate de sodium, le peroxyde de baryum et le perchlorate de potassium présents dans le panneau se mélangent pour former de l’oxygène.

Votre siège résiste au feu

Lorsque vous voyagez, vous êtes confortablement installé sur un moelleux coussin. Saviez-vous que dans les années 67, ces mêmes coussins ont faire perdre la vie à trois astronautes ? En effet, après une mission Apollo sur la lune, la fusée a pris feu. Et après investigation, les enquêteurs se sont rendus compte que beaucoup de matériaux présents à bord était inflammables… comme la mousse de coussin des sièges. Depuis, celle-ci a été remplacée par un matériel non inflammable.( Et c’est rassurant !)

À quoi servent ces triangles noir ou rouge ?

Encore un petit pictogramme caché dans l’avion. Mais à quoi sert-il? Si vous avez un triangle à votre place, sachez que cela veut dire que vous avez la meilleure vue sur les ailes de l’avion. C’est aussi et surtout un repère pour le personnel qui peut à tout moment venir vérifier s’il y a un problème.

Il y a un petit trou sur la fenêtre…

Ce petit trou présent sur votre fenêtre vous a toujours intrigué… Non, ce n’est pas un défaut de fabrication rassurez-vous ! En réalité, il sert à empêcher votre fenêtre d’exploser. Cela est lié à la pression de l’air présente à l’intérieur de l’avion. En effet, celle-ci est beaucoup plus élevée qu’à l’extérieur. Et boum, ça ferait exploser le hublot. Alors, heureusement que le petit trou est là !

Les lumières tamisées…….

Pourquoi le personnel de bord s’évertue-t-il à baisser les lumières à baisser les lumières ?

Tout simplement pour habituer vos yeux à l’obscurité. En cas de problème, s’il est nécessaire de sortir de l’appareil, vos yeux se seront déjà familiarisés avec la nuit. Cela permet d’évacuer plus rapidement !!!!

Vous n’êtes jamais enfermés dans les toilettes

Sachez une chose : même si vous avez verrouillé la porte, vous n’êtes jamais vraiment enfermé dans les toilettes de l’avion : Si vous faites attention, à l’extérieur de la porte se trouve une petite plaque avec marquée « lavatoire ». En dessous, se trouve un verrou qui permet de déverrouiller la porte de l’extérieur. En cas de problème, le personnel de bord pourra venir à votre secours.

Il est interdit de fumer, mais il y a un cendrier dans l’avion ?

Si vous êtes attentif, vous avez remarqué que dans les toilettes de l’avion se trouve… un cendrier. Pourtant, il est interdit de fumer à bord des appareils depuis les années 80. Sachez que la présence de ce cendrier est également une mesure de sécurité. Et la raison est toute simple. Si un passager venait à braver l’interdiction, et choisisse quand même de fumer sa cigarette dans les toilettes, il vaut mieux qu’il ait un cendrier à disposition !( débile /contradiction)

Car en effet, s’il jetait son mégot à la poubelle qui est remplie de mouchoirs et autres objets inflammables, cela pourrait vite engendrer un incendie à bord de l’appareil. Alors, autant être prévoyant !!

Maurice Fanon :  ( dommage : Je n’ai plus de son sur mon P.C )


 » La petite juive »

Dans ce monde borné de quel entre deux guerres
Où ceux qui font les lois les troussaient par derrière
Nous n’avions que cinq ans du pain sec au dessert
Pour cinq lettres de trop ou un pet de travers
On nous disait tu vois c’est la croix que Grand-Père
A gagné au Chemin des Dames et nos grands frères
Abandonnant le bleu pour un kaki douteux
Cocufiaient Madelon dans les bras de Marlène
Une fois l’an nous allions voir entre père et mère
La victoire en chantant nous ouvrir la barrière
Et nous nous en allions en suçant des bonbons
Jouer du revolver à deux sous le bouchon.

Et je me souviens, la petite juive
Elle me disait viens
Elle était jolie
On faisait des bêtises
Où on ne faisait rien
Elle s’appelait Lise
Et je m’en souviens

Dans ce monde truqué de quelle drôle de guerre
Tous ceux qui font le front le bradait à l’arrière
Nous n’avions que dix ans et dans nos gibecières
Une histoire de France qui tombait en poussière
On nous a fait courir, traverser des rivières
Sur des ponts d’Avignon qui dansaient à l’envers
Ça tirait par devant, ça poussait par derrière
Les plus pressés n’étaient pas les moins militaires
On nous a fait chanter pour un ordre nouveau
D’étranges Marseillaises de petite vertu
Qui usaient de la France comme d’un rince cul
Et s’envoyaient en l’air aux portes des ghettos

Et je me souviens, la petite juive
On lui a dit viens
Elle était jolie
Elle a fait sa valise
Un baiser de la main
Elle s’appelait Lise
Il n’en reste rien

Dans ce monde mort-né d’avant quelle autre guerre
Le Japon blessé lèche encore son cancer
Dans ce monde septique où ceux qui ont la foi
Ne savent plus si Dieu est devant ou derrière
Dans ce monde d’argent où la banque surnage
Comme un poisson ventru qui attend le naufrage
Nous n’avons que trente ans sainte horreur de la guerre
Et pourtant nous n’avons pas cessé de la faire
On nous a fait marner de Djébel en rizières
De Karib en Sylla, de cuvettes en civières
Comme si nous n’avions pas autre chose à faire
Qu’à montrer nos fesses aux quatre coins de la terre

Et je me souviens la petite Juive
Elle me disait viens
Elle était jolie
On faisait des bêtises
Où on ne faisait rien
Elle s’appelait Lise
Et je m’en souviens.

Qui était ce Monsieur ? (Tout le monde s’en moque aujourd’hui) mais…Pour moi et …pour les lecteurs qui voudrais connaitre ….


Carnet de notes rempli par Maurice Fanon au Lycée Buffon en juin 1955.

Maurice Fanon naît à Auneau en 1929. Son père est commerçant et sa mère directrice d’école. Son grand-père maternel, Octave Violette, dit  » Octave le Rouge  », lui transmet sa passion de la nature, des livres et de la Commune de Paris. Il est élève au lycée Marceau à Chartres, puis étudiant en philosophie et en anglais à l’université de Rennes. Il est ensuite professeur d’anglais, notamment à Vitry-sur-Seine puis au lycée Buffon. En 1952 il épouse en Écosse Margaret Charmers Buchan dont il divorce en 1956.

À la recherche d’interprètes pour les chansons qu’il écrit il rencontre, en 1956, Georges Brassens, G.Moustaki , Joël Holmès, Oswald d’Andréa et sa future femme, Pia Colombo

Pia Colombo

, qu’il épouse en 1960, à son retour de la guerre d’Algérie, où il est envoyé entre 1957 et 1959 et où il affirme sa position hostile à la pacification en dénonçant la torture. Il s’essaie au roman, rapidement dissuadé par J.P Sartre. Il commence à interpréter lui-même ses chansons dans les cabarets de la  » rive gauche  », à La Méthode, Chez Patachou,à l’école buissonnière, à La Colombe et au Port du Salut où il commence sa carrière de chanteur en 1962 avec un engagement de deux ans. En 1963, il travaille avec Jacques Debroncarck  à la Chanson Galande, le cabaret de jacqueline Dorian, où il perfectionne son métier, et signe un contrat de trois ans avec la firme de disques Odéon.

Il écrit au moment de son divorce en 1963 d’avec Pia Colombo, qui demeure son égérie jusqu’à la fin de sa vie, l’un de ses titres les plus connus, L’écharpe, titre fétiche qui lui vaut le prix de l’Académie Charles -Cros, chanté également par Pia Colombo et repris entre autres par Cora Vaucaire ,Félix Leclerc, Hervé Villard ou la chanteuse française RoBERT  sur son album Princesse de rien en 1997. Sans concession pour le milieu du show-business, il assure sans conviction les premières parties de Bobino. Il participe cependant à un Palmarès en janvier 1968 où il obtient une médaille de bronze avec La Guerre, chanson ouvertement antimilitariste. Il voue une admiration sans borne à Léo Ferré, son  »Monsieur Léo de Hurlevent  »de 1970.

Il divorce en 1971 de Brigitte Tranchant qu’il a épousée en 1964 et rencontre Françoise Wiltz qui sera sa dernière compagne. Il est invité au premier festival Sigma de Bordeaux consacré à la  » chanson engagée  » en 1975. Il fréquente le cabaret bordelais du peintre Raymond Nabos,  » La Cour des miracles  », où se côtoient Bernard Dimey ,Bernard Lavilliers,G.Ansaloni,Gilbert Elbaz … Il chante plusieurs fois en 1980-1981 au café-thêatre  »Au Ruisseau  » à Saint -Félicien (Ardèche) . Il connaît une période difficile dans les années 70 à la suite du blocage de ses droits par ses maisons de disques successivesCBS et Barclay , laquelle réédite cependant ses anciens titres dans les années 80. Une tournée au Japon et ses prestations au Connétable lui apportent de nouveaux succès. En 1978 il écrit, toujours pour Pia Colombo, le spectacle donné au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers , Requiem autour d’un temps présent et dont Gilbert Cascalès a écrit les musiques. Il chante jusqu’en 1980 dans les cabarets de la Rive gauche …. 

Maurice Fanon est l’exemple le plus typique de la catégorie des auteurs-compositers-interprètes , phénomène culturel né dans les anées 1950 sur la Rive gauche faute d’interprètes disponibles pour chanter leurs créations donnant la primeur aux textes :  » son piètre talent de chanteur (à ses débuts) est compensé par la présence, la passion, l’émotion et, bien sûr, les qualités littéraires et mélodiques de ses chansons.  »  »il incarne … l’amour des mots, des gens, un talent atypique qui n’atteindra jamais la lumière blanche des médias …  » Son anticonformisme libertaire sa tendance  » anar-coco  » revendiquée, son antimilitarisme  affirmé, le tiennent en effet à l’écart du star système.

Il est chanté par nombre d’interprètes comme Isabelle Aubret,Mélina Mercouri,Jean Guidoni ou Joe Dassin  , pour lesquels il écrit ou qui reprennent ses chansons. Juliette Gréco  lui consacre un album complet chez Barclay en 1972 : Juliette Gréco chante Maurice Fanon. Il est aussi l’auteur de deux romans, Le Petit Turc et La Transparente. Pour Françoise Wilcz il écrit en 1990 cent poèmes d’amour inédits publiés à titre posthume en 2014 sous le titre Amours debout, amours couchées

Il est hospitalisé à l’hôpital américain de Paris pour un cancer à l’estomac et meurt le 30 avril 1991. Crématisé auPère -Lachaise , ses cendres sont déposées dans le caveau familial du cimetière de Poiffonds àLucé (Eure et Loire ) .

  »Le jour de l’enterrement, on demande à Juliette Gréco :  » Pourquoi selon vous, madame, Maurice Fanon était moins célèbre en son pays qu’au pays du Soleil levant ?  » La chanteuse retourne abruptement la question :  » Qu’avez-vous fait, vous, les journalistes, pour qu’il n’en soit pas ainsi ?  »

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Là si je n’ai pas de commentaire, je comprends : Ce billet est trop long et risque de n’intéresser personne (M.Fanon , qui le connait ? )

KLIK…..

Pour finir….


çà s’est passé un 21 janvier :

Le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné à Paris, place de la Révolution, renommé depuis place de la Concorde.

Le 21 janvier 1879, en Belgique le projet de loi passant la gestion de l’école primaire de l’Église à une gestion laïque par l’administration, provoque ce l’on a appelé  » la guerre scolaire  » qui dura 5 ans. L’Église catholique s’est opposée à cela et a menacé de refuser l’extrême-onction à tous les instituteurs dans ces écoles et aux parents d’élèves y envoyant leurs enfants. Et cela malgré le fait que le roi Léopold

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roi Léopold

II ait indiqué que le catéchisme y serait toujours enseigné.

Le 21 janvier 1911, pour concurrence la course automobile qui va de Paris à Nice, la Principauté de Monaco organise le rallye de Monte-Carlo. La première édition se déroule du 21 au 25 janvier 1911. À la base, c’est un concours d’élégance automobile créé par Gabriel Vialon et Anthony Noghès, où les concurrents partent de leur pays pour rejoindre Monaco à la vitesse maxi de 25 km/h. Le gagnant est celui qui arrive avec une carrosserie en parfait état. Ce premier rallye fut remporté par le Français Henri Rougier

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Henri Rougier

parti de Paris à bord de sa Turcat-Méry 25 HP.

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Le 21 janvier 1924, Vladimir Ilitch Oulianov, plus connu sous le nom de Lénine

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Lénine

est né le 10 avril 1870 à Simbirsk et mort le 21 janvier 1924 à Vichnie Gorki.

Le 21 janvier 1949, le président de la République chinois, Tchang Kaï-chek

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, Tchang Kaï-chek

, démissionne. Il avait tenté, sans succès, de résister à la montée de communistes et de Mao Zedong. Après sa démission, l’intérim est assuré par son rival Li Zongren. Mais, Tchang Kaï-chek reprend ses fonctions le 1er mars 1950.

Le 21 janvier 1970, mise en exploitation commerciale du Boeing 747

Boeing 747 ??

, sur la liaison New York – Londres.

Le 21 janvier 1976, début des vols commerciaux de l’avion supersonique Concorde

Concorde ?

. Les premiers essais avaient été effectués en 1969 et le supersonique a obtenu son certificat de navigabilité le 10 octobre 1975.

Le 21 janvier 1996, Yasser Arafat

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Yasser Arafat

est élu président de l’autorité palestinienne.

Le 21 janvier 1998, Cuba reçoit pour la première fois la visite d’un pape. Il s’agit de Jean-Paul II

J.P II ?

qui va y passer 5 jours, il est reçu par Fidel Castro

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Castro..

.

Le 21 janvier 2005, l’Irlande passe au système métrique. La nouvelle unité de mesure de la longueur des routes n’est plus le mile mais le kilomètre.

Le 21 janvier 2008, avec le décès de Marie Smith-Jones

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Marie Smith-Jones

à 89 ans, disparaît la langue  » Eyak  ». Elle était la dernière personne à le parler dans le sud de l’Alaska.

(L’eyak est une langue na-dénée, parlée historiquement par le peuple eyak, indigène du centre-sud de l’ Alaska, près de l’embouchure de la rivière Copper. Le nom Eyak vient d’un nom Chugach Sugpiaq ( Igya’aq) pour un village Eyak)

…attraction touristique du 19eme siècle :


La morgue de Paris….

En 1868 Haussmann

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Haussmann

a fait construire la morgue de Paris sur l’île de la Cité, quai de l’Archevêché, un lieu devenu rapidement une attraction touristique prisée.

Un bâtiment avec une allure de temple grec où étaient exposés sur des dalles de marbre les corps à identifier par la famille ou les amis.

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La réfrigération n’étant arrivée qu’en 1882, de l’eau froide coulait en permanence du plafond afin de conserver les corps, leur donnant un aspect gonflé. Les cadavres devaient généralement être enlevés au bout de 3 jours à cause de la décomposition et une photo ou un moulage venait prendre la place du corps.

Une exposition publique où parfois plus de 50 personnes simultanément se pressaient contre les grandes vitres pour regarder et commenter les cadavres. Les journaux de l’époque spéculaient sur les identités des morts et certains corps sont ainsi devenus célèbres, attirant plus de 40000 visiteurs par jour.

Bien sûr les jeunes femmes nues connaissaient un franc succès et la police n’hésitait pas à confronter publiquement un meurtrier présumé au corps de la victime.

Il faut dire que le rapport avec la mort à l’époque était bien différent de celui aujourd’hui, Nadar

Nadar ( photographe )

faisant même des catacombes un lieu touristique

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La morgue de Paris a finalement été fermée au public par le préfet Lépine en 1907, au grand dam des commerces locaux, des vendeurs de rue et des journalistes.

Elle deviendra par la suite Institut Médico-Légal et déménagera dans un nouveau bâtiment de brique au quai de la rappée en 1923.

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Mœurs….


…..et civilités

(Après avoir entendu un enfant, petite fille dire un juron….)

Restons polis !

 »Dis bonjour à la dame  »,  » mais mouche ton nez  »,  » ne parle pas la bouche pleine  » ! Ces exhortations, on les a tous entendues et répétées à notre tour. Elles font partie des bases de notre politesse, cet art du savoir-vivre qui nous permet de lisser la vie en société. Ces règles ont fortement évolué au fil du temps, et le maroufle d’hier n’est plus celui d’aujourd’hui.

C’est pourquoi nous vous invitons, courtoisement et seulement si vous le voulez bien, à un petit rappel sur l’histoire de nos chers  » fais pas ci, fais pas ça  »… De quoi oublier notre époque qui a criminalisé la bise et la poignée de mains…

Louis Léopold Boilly, Réunion de 35 têtes d'expression, 1825, Tourcoing, musée des Beaux-Arts.

Oups, pardon !

On ne saura jamais quel est le premier Sapiens qui s’est excusé après avoir écrasé le pied de l’un de ses congénères. Mais il n’est aucun doute que dès les premières civilisations, la politesse est au centre des rapports sociaux.

Bas-relief de Persépolis, montrant une audience royale, Téhéran, musée national. Le roi (au centre) reçoit un baiser de la main de l'un de ses courtisans (à droite).En Egypte, dès le plus jeune âge, l’enfant se doit d’apprendre à respecter parents et supérieurs.  » Comment vas-tu ? Puisses-tu être vivant ! Mes yeux sont aussi grands que Memphis tellement j’aspire à te voir…  » (cité dans le Dictionnaire de la civilisation égyptienne) : les formules sans fin que les scribes intégraient à leur courrier sont une preuve amusante de l’importance des marques d’obligeance.

C’est aussi à cette époque que l’on trouve l’origine de cette étrange coutume, la bise :  » Lorsque deux Perses se croisent en chemin, voici par quoi l’on peut reconnaître qu’ils sont du même rang : au lieu de prononcer des formules de politesse, ils s’embrassent sur la bouche ; si l’un d’eux est d’un rang quelque peu inférieur, ils s’embrassent sur les joues ; si l’un d’eux est de naissance très inférieure, il se met à genoux et se prosterne devant l’autre  ».

Attention cependant à ne pas en faire trop : les Mésopotamiens, eux-mêmes fort distingués, pouvaient devenir très soupçonneux devant une urbanité tape-à-l’œil, comme le montre ce traité de médecine :  » S’il prononce sans cesse des paroles de salutation : il souffre de » la maladie de la parure »). Entre politesse et flagornerie, il y a un fossé qu’on ne peut en aucun prix franchir !

Valérien aux pieds de Shapur Ier, IIIe siècle, Naqsh-e Rostam, Iran.

Politesse, civilité ou courtoisie ?

On peut être poli sans être courtois, faire preuve de civilité sans être poli… Tâchons d’y voir plus clair ! Au bas de l’échelle se situe la civilité consistant à se montrer bon citoyen ( » civis  » en latin), c’est-à-dire à respecter les mœurs de sa collectivité. Si vous adoptez un comportement plus raffiné, vous voilà entré dans la politesse, ce contrôle sur soi-même qui a participé, à la mise à l’écart collective de la violence et donc au développement des civilisations.
Puis imaginons que vous viviez dans une cour du Moyen Âge : il vous faut devenir un bon courtisan, certes bien élevé mais aussi plein d’élégance, notamment vis-à-vis de l’adversaire… et du sexe faible. Vous atteignez alors un niveau de raffinement qui vous vaudra bien de la reconnaissance puisque vous avez su vous éloigner de cet état de grossièreté qui rend les rapports sociaux si difficiles. Sans rituels communs, pas de société !
Nous avons besoin de la politesse  »pour mettre un peu d’huile dans les rouages  », pour faciliter notre intégration, montrer que l’on connaît les codes et que l’on appartient bien au même monde, aussi réduit soit-il. C’est ainsi qu’on ne rendra pas visite habillé de la même manière à son chef et à sa grand-mère bien-aimés, que l’on pourra faire la bise à l’une et pas à l’autre. Si une grande part d’hypocrisie et d’artificialité est indispensable pour faire tenir debout l’édifice, la politesse reste un des meilleurs outils que l’on ait trouvés pour simplement apprécier de vivre ensemble.

La philosophie du rot ?

La  »dexiosis  », vous connaissez ? Pourtant c’est un geste que l’on pratique tous les jours depuis fort longtemps puisqu’il est déjà signalé du côté de chez Homère. Et oui, Achille et Ménélas se saluaient en se serrant la main ! Rien de tel pour montrer que ladite menotte n’est pas crispée sur une arme.

Peintre d'Achille, Cratère, vers 450 av. J.-C., Londres, British Museum.Et ce n’est pas la seule marque de politesse que nous aient léguée les Grecs si l’on en croit les règles rappelées par Platon :  » pour la jeunesse garder le silence en présence des vieillards, un silence approprié ; les faire asseoir ou se lever pour leur céder sa place (La République, IVe siècle av. J.-C.). La règle est simple : pas de bon citoyen sans douceur dans les comportements.

Plus étonnant, le fameux  » À vos souhaits !  » que l’on adresse à un éternueur ne serait pas sans lien avec la croyance que cette manifestation physique est un message que les Dieux nous font passer. Étudiez le  » atchoum !  » de votre voisin : vous connaîtrez son avenir (mais gardez-vous à distance aussi longtemps que rode le coronavirus) …lol

Attention, cette croyance n’est pas sans soulever des débats hautement philosophiques, comme le rappelle le sage Aristote :  » Pourquoi les émissions des autres gaz, comme le pet et le rot, ne sont-elles pas considérées comme sacrées, et l’éternuement l’est-il ?  » .

Bonne question, n’est-ce pas ? D’autant qu’il est des civilisations où le rot, par exemple, est une marque positive de reconnaissance à l’égard de son hôte.

Le Banquet de Platon, deux tableaux d'Anselm Feuerbach peints en 1869 et en 1874. La première version se trouve au musée d'art de Karlsruhe. La seconde à la Galerie nationale de Berlin. Alcibiade (à gauche) fait son entrée ivre et légèrement vêtu, tandis que son hôte, Agathon, couronné de lauriers, l'invite à s'asseoir.

Gymnastique cochonne ?

Chez les Romains aussi, il serait étonnant de répondre dans ces conditions un sympathique  » Que Jupiter vous conserve !  ».

Statues des Tétrarques, début IVe siècle, basilique Saint-Marc, Venise.Antoine, maître de cavalerie de César, aurait dû se méfier de l’importance accordée à la maîtrise de soi dans sa société : il fut condamné à mort pour avoir laissé échapper un malencontreux rot en plein Sénat. On ne saura jamais s’il a aggravé son sort en adressant à ses juges ce que les poètes appelaient un  » doigt infâme  », version minimaliste du bras d’honneur mais à la connotation sexuelle toujours claire.

Nos ancêtres les Romains savaient aussi faire preuve d’originalité : il n’y avait par exemple rien de plus chic pour un invité de bonne famille que de demander, au milieu d’un bon repas, une bassine pour vomir. !!!!! Voilà une façon inattendue de remercier de l’abondance de nourriture et de remplacer le trou normand !

Ce n’est pas du goût de tout le monde :  » Ils vomissent pour manger, et mangent pour vomir  » se plaint Sénèque. Cette coutume va en effet à l’encontre du principe du « ne quid nimis » ( » rien de trop  ») qui réglait les rapports sociaux. Un simple  » ave  » ou  » salve  » suffisait à saluer une connaissance que l’on n’hésitait pas à accompagner aux latrines pour poursuivre la conversation.

Aujourd’hui, difficile d’imaginer ce type de politesse et nous serions bien gênés s’il nous fallait suivre le vieux principe de tout homme bien élevé :  » À Rome, fais comme les Romains  ». Les mots magiques

C’est un trio incontournable, bien connu de ceux qui accueillent le public :  » Bonjour, merci, au revoir !  » Apparu au XIIIe siècle, le premier est là pour nous rappeler que la politesse est aussi une façon de montrer sa bienveillance, à moins d’être un Harpagon qui préfère  »prêt(er) le bonjour  » (Molière, L’Avare, 1668). Il est temps de se séparer ? C’est l’heure du  » Bonne journée  », version féminine du précédent qui, étonnamment, renvoie à une situation contraire. On peut lui préférer le banal  » Au revoir !  » qui appelle à une nouvelle rencontre et est bien plus optimiste que le définitif  » Adieu !  » Passons sur les  » À plus!  » et autres  » À tout’ !  » adoptés au choix par les personnes pressées ou paresseuses.
Quant au  » merci  » ( » salaire, récompense  » en latin), à une époque où les échanges se faisaient sans argent, il a d’abord été employé pour supplier son bienfaiteur de ne pas avoir à donner de contrepartie à son cadeau.
Le voici qui logiquement est devenu l’équivalent de  » Pitié !  », sens que l’on rencontre toujours dans les expressions  » Dieu merci !  », « tenir quelqu’un à sa merci  » ou  » être sans merci  ». Cette idée de menace se retrouve dans le  » Pardon !  » puisqu’il vient de  » pardoner vie  », c’est-à-dire  » faire grâce à un condamné  ». N’oubliez pas, la prochaine fois que vous vous excuserez, que votre  » Pardonnez-moi !  » est une supplique pour garder la vie sauve !

Valve de miroir en ivoire, scènes courtoises, XIVe siècle, Paris, musée du Louvre. L'agrandissement montre le e Miroir de l'humaine salvation, anonyme, XVe siècle, Chantilly, musée Condé.

Fini de jouer !

 » Merci la gueuse. Tu es un laideron mais tu es bien bonne  ». Incongrue, cette réplique du film Les Visiteurs (1993) ? Pas tout à fait.

Le Moyen Âge est loin d’être une époque de goujats, comme le prouve la publication de conseils à la fois inspirés de Cicéron ou Sénèque et marqués par l’idéal monastique de la maîtrise de soi. Et surtout, c’est à partir du XI siècle que naît la courtoisie qui met en avant l’attention portée à autrui, notamment aux femmes, et qui donnera naissance à notre galanterie.

Alexander Bening, miniature du Bréviaire Grimani, 1515-1520, Venise, Biblioteca Marciana.Toutefois, ce sont les humanistes de la Renaissance qui vont faire avancer d’un grand pas les bonnes manières. En 1530, Erasme publie un traité considéré comme le premier traité du savoir-vivre. Ronfler, bâiller, grimacer…

Sa  »Civilité puérile  » (1530) dresse la liste des mauvaises habitudes à fuir pour domestiquer ses plus bas instincts et rompre avec l’animalité. Fini les doigts dans le nez ! Il faut lutter contre son corps, le cacher et prendre une nouvelle distance avec l’autre.

À ce jeu, c’est l’Italie qui sert une fois de plus de modèle, cette Italie où les jeunes gens de bonne famille vont faire leur apprentissage. À leur retour, quelle surprise face à la bonhomie et la familiarité de manières d’un François 1er ! Mais l’Italie va remettre de l’ordre dans tout cela sous l’autorité de Catherine de Médicis.

À la cour des Valois, les gauloiseries rabelaisiennes laissent place à une belle maîtrise de soi et de son corps qu’on épile, amincit et parfume par respect pour son interlocuteur. Voyez comme je me fais beau pour vous, comme j’ai un joli langage ! Quelques conseils bienvenus

Le chapitre  » De la décence et de l’indécence du maintien  » de La Civilité puérile d’Érasme marque un tournant dans l’instauration de nos rituels de politesse. En voici quelques extraits, à suivre à bon escient !
 » Il est indécent de regarder en ouvrant un œil et en fermant l’autre ; qu’est-ce, en effet, autre chose que se rendre borgne à plaisir ? Laissons cela aux thons et à certains artisans. […]
Avoir la morve au nez, c’est le fait d’un homme malpropre ; on a reproché ce défaut à Socrate le Philosophe. Se moucher dans son bonnet ou sa veste est d’un paysan, dans son bras ou son coude, d’un marchand de poisson ; il n’est pas beaucoup plus poli de le faire dans la main, si la morve tombe sur la veste. Il est de recueillir les saletés du nez dans un mouchoir, en se détournant un moment si l’on est avec des supérieurs. Si en se mouchant dans les doigts quelque chose tombe à terre, il faut l’écraser aussitôt avec le pied. … Il est ridicule de faire passer sa voix par le nez ; c’est bon pour les joueurs de cornemuse et les éléphants ; froncer le nez, c’est l’affaire des bouffons et des baladins. …
Détourne-toi pour cracher, de peur d’arroser et de salir quelqu’un. …

Si tu as envie de vomir, éloigne-toi un peu : vomir n’est pas un crime. Ce qui est honteux, c’est de s’y prédisposer par sa gloutonnerie (Érasme)

Claude Gillot, Les Deux carrosses, 1707, Paris, musée du Louvre.

Délicates dentelles

Au XVIIe siècle, les salons commencent à dicter leurs lois. Ces dames n’étaient pas appelées  » Précieuses  » pour rien ! Elles n’acceptent de côtoyer que des  » honnêtes hommes  » associant dans une même harmonie l’être et le paraître. De la distinction, que diable ! Adieu le  » nez  », bienvenue aux  » écluses du cerveau  ».

Joseph Durcreux, Autoportrait, le bâillement, 1783, Los Angeles, Getty Center. L'agrandissement donne à lire un extrait de La Civilité française, 1789, coll. part.Il faut dire que l’exemple vient d’en haut, Louis XIV ayant décidé de mener à la baguette son armée de courtisans. Il est désormais par exemple inconcevable de bâiller ou rire à gorge déployée, ce serait mettre en défaut le couple royal qui a une dentition déplorable.

Mais les recommandations ont leurs limites, et on peine à faire reculer la déplorable habitude de cracher ou se soulager dans les lieux publics. La Galerie des Glaces en sait quelque chose, elle qui doit refuser le public une journée par semaine pour le grand nettoyage !

Quelques années plus tard, les dentelles sont toujours là mais désormais le pire manque d’élégance est le manque d’esprit. Les Lumières doivent briller en société, mais point trop n’en faut, comme le remarque Jean Rousseau.

Il n’est pas question que son personnage d’Émile cède à l’hypocrisie de la politesse qui révèle et accentue les différences sociales :  » sans cesse la politesse exige, la bienséance ordonne ; sans cesse on suit les usages, jamais son propre génie  » (Jean-Jacques Rousseau).

Pour commencer, adoptons le tutoiement en famille. Cette drôle d’idée est reprise par l’assemblée révolutionnaire de la Convention. Elle va jusqu’à interdire totalement le  » vous  » ainsi que les  » monsieur/madame  », remplacés par le révolutionnaire  » citoyen/ne  ». Il s’agit désormais de faire preuve de civilité et non plus de politesse, trop connotée Ancien Régime. La politesse? Beurk !

Claude Simonin, Le Vrai portrait de M. de Molière en habit de Sagnarelle, XVIIe siècle, Paris, BnF.Fin observatrice de son temps, Molière s’est bien entendu penché sur le cas de la politesse, fort à la mode au XVIIe siècle. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Alceste ne l’apprécie guère.
 » Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode
Qu’affectent la plupart de vos gens à la mode ;
Et je ne hais rien tant que les contorsions
De tous ces grands faiseurs de protestations,
Ces affables donneurs d’embrassades frivoles
,
Ces obligeants diseurs d’inutiles paroles,
Qui de civilités avec tous font combat,
Et traitent du même air l’honnête homme et le fat.
Quel avantage a-t-on qu’un homme vous caresse,
Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse,
Et vous fasse de vous un éloge éclatant,
Lorsqu’au premier faquin il court en faire autant ?
Non, non, il n’est point d’âme un peu bien située
Qui veuille d’une estime ainsi prostituée
 » (Molière, Le Misanthrope, 1666).

Crinoline, ses dangers et ses difficultés, 1850, Londres, museum of London.

Tout va très bien, Madame la Marquise

Cette  »anti politesse  » généralisée ne survivra pas à Thermidor et au retour des courtisans sous le Directoire. Napoléon 1er n’hésite pas à prendre conseil auprès de Mme de Genlis, la Nadine de Rothschild de l’époque et future gouvernante de Louis-Philippe. La politesse, comme le roi, se fait  » bourgeoise  » pour aider cette nouvelle couche de la société à se distinguer du peuple.

Gavarni et Grandville, Comment on se salue à Paris dans Le Diable à Paris, 1845.Attention désormais aux fautes de goût, en particulier vestimentaires, qui peuvent détruire à jamais une réputation : impossible de sortir sans gants, avec des bijoux trop coûteux ou pire,  » en cheveux  » comme les prostituées. Et lorsqu’on met le nez dehors, on préfère éviter ces lieux où les règles de la civilité ont toujours du mal à survivre : les transports. Gare en effet à la promiscuité, aux crinolines écrasées et aux coups de canne !

Dans la bonne société, élevée à la lecture des manuels d’Usages du monde de la baronne Staffe, rien ne fait plus peur que le ridicule. C’est donc tout à fait étrange que ce soit à ce moment-là que naisse une toute nouvelle mode pour saluer : le baisemain.

Gustave Courbet, Bonjour, monsieur Courbet, 1854, Montpellier, musée Fabre.

Le début du XXe siècle adore cette  » contorsion pénible autant que disgracieuse  » . D’abord vue comme une sympathique curiosité soi-disant inspirée du temps des mousquetaires, elle s’impose face à la poignée de main virile qui broie les délicats doigts de ces dames, dégantées bien sûr.

L’uniformisation des mœurs invite la politesse dans les différentes couches de la société et tous les enfants commencent à partager les mêmes notions élémentaires de maintien. Enfin, presque tous : entendant  » Madame la marquise est servie  », la pauvre Bécassine s’écrit :  » Madame la marquise seulement ? Et nous autres, quand est-ce qu’on mangera ?  »

Honoré Daumier, Comment on devient grand mathématicien, (détail), Album des Professeurs et Moutards, 1845-1846, Paris, BnF.

 »Jurer comme un roi  »

Quels étaient les jurons préférés de nos souverains ? En voici un petit échantillon :
 » Charles IX (jurait]) Par le jour D. Louis XII, Le Diable m’emp… François Ier, Foi de gentilhomme. Charles IX blasphémait sans crainte. On a cru que Dieu en punition de cet horrible vice n’avait pas donné une longue vie à ce Prince, qui d’ailleurs avait de très grandes qualités. Ce furent les Italiens les plus grands blasphémateurs du monde qui introduisirent ces diaboliques excès dans la Cour de France.
Henri IV jurait Ventre-Saint-Gris. On aurait de la peine à trouver ce Saint dans aucun de nos martyrologes ….… ; les gouverneurs de Henry IV, lorsqu’il était encore fort jeune, craignant qu’il ne se laissât aller à blasphémer comme les autres, lui permirent de jurer Ventre-Saint-Gris, mot qui ne signifie rien du tout.
Le feu roi Louis XIII ne jurait jamais. Louis le Grand ne jure point, et a banni de la Cour les jurements et les blasphèmes  »

Janine Niepce, Enfant assis sur une voiture, 1957. L'agrandissement montre Gaston Lagaffe, Franquins, s.d.
doigts dans le nez ….

Plus de chichi !

La Grande Guerre sonne la fin de la récréation : à l’égalité des tranchées doit succéder celles des comportements. Un peu de simplicité, que diable !

Alain-Fournier, Politesse, affiche, 1940-1944. L'agrandissement présente la campagne de la RATP, 2015 : Restons civils sur toute la ligne.Chapeaux et cannes partent peu à peu au fond des placards en compagnie des gants qui s’effacent face à la mode du shaking hand ( » poignée de main  ») revenue d’Angleterre.

L’époque veut de la vitesse et non plus des salamalecs sans fin. Le savoir-vivre bourgeois n’a plus sa place comme le rappellent de façon tonitruante les artistes de l’époque, surréalistes en tête :  » Merdre !  » (Alfred Jarry, Ubu roi).

La montée des totalitarismes, hostiles aux traditions bourgeoises, va accélérer cet appauvrissement tandis que l’on constate une simplification des rapports dans les familles, largement amplifiée ensuite par le phénomène de Mai 68.

L’enfant-roi prend le pouvoir et l’on ne se risquerait pas à lui interdire de mettre les coudes sur la table. Mais si le ridicule ne tue plus, les mufles sont toujours là et ont même trouvé de nouveaux modes d’expression : automobile, cigarette, téléphone portable, internet…

Conscients des dégâts que peuvent causer ces manques de civilité, les législateurs se sont vus obligés de s’en mêler pour rappeler la notion de respect. La politesse serait-elle ringarde ? Si un président de la République peut se permettre un  » casse-toi pov’con !  », pourquoi devrions-nous perdre notre précieux temps à retenir la porte de l’ascenseur pour notre voisin ?

Cartes du Jeu du savoir-vivre, Fernand Nathan, années 60.

N’oublions pas que la politesse reste un outil de vie en société mais aussi un marqueur social : adopter ou méconnaître tel ou tel comportement vous classe automatiquement dans certaines catégories. Sans être à cheval sur les principes et adepte des  » petites filles modèles  » de la comtesse de Ségur, n’oublions pas que  » la politesse coûte peu et achète tout  » (Montaigne, Pensées diverses, 1580).

René Goscinny et Morris, vignette extraite de Ma Dalton, 1971. L'agrandissement montre la vignette de l'album Tintin et les Picaros, Hergé,1976.
M’a Dalton lol

Screugneugneu !

Ma Dalton ne cesse de le répéter : pas de gros mots ! Sinon, gare au lavage de la bouche au savon ! Pourtant son cher fils Averell ne fait que reprendre une habitude certainement aussi vieille que le langage : à Rome on trouve de fort belles métaphores ( » pâture à corbeaux !  »), souvent animalières ( » ver de terre !  ») ou potagères ( » tubercule enterré !  »), voire bien sûr scatologiques ( » que les oiseaux chient sur ta tête !  »).
On pourrait citer d’autres exemples, essentiellement à connotation sexuelle, mais on n’en trouve pas la traduction dans le Gaffiot… Avec l’arrivée du christianisme, les choses s’aggravent puisqu’on parle désormais de  » péché de langue  ».
Si les très populaires » foutre !  » (de fuetere, avoir des rapports) et  » merde !  » (de merda, fiente) sont déjà là, ils sont accompagnés dès le Moyen Âge de toute une ribambelle d’obscénités parfois étranges :  » baveux  »,  » culvert  » (plouc),  » gargouilleux  »… Mais au XVIe siècle, on ne plaisante plus : tout ce qui risque de porter atteinte à la religion est proscrit. Qu’importe ! La Renaissance, Gargantua en tête, aime jurer et remplace pour quelque temps ses  »nom de Dieu !  » par des  » ventrebleu !  » et autres  » palsambleu  », altérations de  » par le ventre  » et  » par le sang de Dieu  » !
Avec les années, les sanctions se durcissent et pour éviter l’arrachage de la langue le XVIIe siècle remplace son  » je renie Dieu  » par un exotique  » jarni  », le  » putain  » (du latin  » puant  ») par l’inoffensif  » punaise  ». Le XVIIIe siècle s’amuse à en rire et collectionne les expressions truculentes pour divertir ses salons au point de créer un nouveau genre littéraire, le genre  » poissard  », censé imiter le peuple des halles.

Les lettrés du XIXe siècle préfèrent les ignorer, indifférence qui rend d’autant plus incroyable le retour des mots fleuris chez les auteurs du siècle suivant. Louis-Ferdinand Céline, Michel Audiard mais aussi bien sûr Frédéric Dard et Hergé ont enrichi avec ingéniosité notre vocabulaire grossier, vocabulaire qui, on ne peut que le déplorer, ne se renouvelle plus guère.  »Crotte de bique  »

Le mystère du géant …..


….. de Castelnau

Dans une nécropole de l’âge de bronze à Castelnau-le-Lez près de Montpellier, l’anthropologue Georges Vacher de Lapouge

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Georges Vacher de Lapouge

a découvert en 1890 d’étranges ossements attribués à un mystérieux géant de Castelnau.

Des fragments de trois os de tailles très supérieures à la normale qui correspondraient à un humain de 3,50 mètres selon le scientifique. (Pour rappel : l’homme le plus grand jamais mesuré est R.Wadlow -le géant d’Alton – avec 2,72 mètres.)

Le mystère du géant de Castelnau ossements

Comme l’illustration ci-dessus, l’os de gauche est un fragment de fémur de 14 cm de long et d’une circonférence de 16 cm. Celui de droite est la partie supérieure d’un tibia. Au centre se trouve un humérus de taille normale trouvé dans le même cimetière et placé entre les deux autres pour illustrer la différence de taille. En bas se trouve un fragment qui peut appartenir soit à un fémur, soit à un humérus.

Il écrit dans  »Nature » :

Je crois inutile de remarquer que ces os sont incontestablement humains malgré leur grosseur énorme, et le seul doute qu’ils puissent soulever porte sur la signification de ce volume insolite
Les os ont par la suite été analysés par différents spécialistes,

Celles-ci ont en volume plus du double des pièces normales auxquelles elles correspondent. À en juger par les intervalles habituels des points anatomiques, elles supposent des longueurs également à peu près doubles

Le sujet aurait eu une taille probable de 3m,50

Les os furent ensuite analysés par d’autres scientifiques qui ont admis qu’ils représentaient une  » très grande race  », mais de dimensions anormales et apparemment de  » croissance morbide  ».

Quelques années plus tard, en 1894, et à quelques kilomètres de là, des ouvriers creusant un réservoir d’eau un auraient découvert des crânes gigantesques, de 71 à 81 cm de diamètre, pouvant appartenir à des hommes mesurant entre 3 et 4 mètres de haut. Des crânes qui auraient été envoyés à l’Académie française des sciences de Paris et dont nulle mention n’a plus jamais été faite dans aucune revue scientifique.

(Ces découvertes étonnantes dans la région donnent un peu de crédit à une vieille légende locale stipulant qu’un géant occupait une caverne dans la vallée.)

Si le mystère de l’humanoïde d’Atacama ( »Ata » est un squelette humanoïde découvert en 2003 dans le désert chilien de l’Atacama. Il est, pour cette raison, baptisé  » l’humanoïde d’Atacama  ». Il mesure quinze centimètres de long et son crâne a une forme qui rappelle les représentations de supposés extraterrestres. ) a été résolu, celui du géant de Castelnau reste entier …..

(Ata était un foetus humain mutant atteint d’anomalies génétiques (type progéria, nanisme etc…) ce qui explique que ses os paraissent comme ceux d’un homme âgé de 6/8 ans.)

Les éléments qui auraient permis aux scientifiques modernes d’éclairer cette énigme ont probablement disparus, laissant ainsi peu d’espoir de jamais la résoudre.

Alfred Nobel : comment l’inventeur de la dynamite est-il …..


…devenu l’inventeur du prix Nobel?

En entendant le nom d’Alfred Nobel

A.Nobel

, la première chose qui me viendra à l’esprit sera bien entendu le célèbre prix éponyme à la renommée internationale, remis chaque année aux personnes « ayant apporté le plus grand bénéfice à l’humanité ». Toutefois, avant de créer cette récompense, Alfred Nobel portait un tout autre titre : celui d’inventeur de la dynamite.

Invention de la dynamite

Alfred Nobel naît en 1833 à Stockholm en Suède . À l’âge de 18 ans, il embarque pour les États-Unis, où il décide d’étudier la chimie, en travaillant quelques temps aux côtés de l’inventeur John Ericsson

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John Ericsson

. Après le règne séculaire de la poudre à canon, la nitroglycérine est découverte par Ascanio Sobrero 

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Ascanio Sobrero 

en 1847, et c’est avec le collègue de ce dernier que Nobel se dédie à l’étude des explosifs dès 1850.

Au cours de ses expérimentations, plusieurs explosions ont lieu dans l’usine familiale, dont une qui coûte la vie à son frère Emil et à quatre autres personnes. Nobel décide donc de sécuriser l’usage de la nitroglycérine et finit par découvrir qu’en la mélangeant à de la terre de diatomée ( celle qui peut être peut utilisée contre les punaises de lit !), celle-ci devient suffisamment stable pour être transportée sans risque et nécessite l’usage d’un détonateur pour exploser.

Le 25 novembre 1867, Nobel fait breveter son invention sous le nom de dynamite, puis, il dépose le brevet pour  »la dynamite extra » Nobel en 1875. Grâce à cette nouvelle forme d’explosif, désormais standard dans les activités minières, son créateur connaît un succès financier retentissant. Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu’à un jour fatal de 1888, qui va renverser la vie d’Alfred Nobel.

Du marchand de mort au prix Nobel

En 1888, Ludvig

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Ludvig Nobel

, le frère d’Alfred, décède lors d’une visite à Cannes. Un journal est toutefois persuadé que c’est l’inventeur de la dynamite qui est passé à trépas, et publie sa nécrologie !! Alfred Nobel est sous le choc en la lisant :  » Le marchand de la mort est mort. Le Dr Alfred Nobel, qui fit fortune en trouvant le moyen de tuer plus de personnes plus rapidement que jamais auparavant, est mort hier  ».

Cet événement inattendu , fortuit va complètement bouleverser la carrière de Nobel, qui s’aperçoit soudain de l’image négative qui lui est associée et commence à se demander quel héritage il souhaite laisser à la postérité. En 1895, il dresse son testament dans lequel il exprime le souhait que sa fortune soit mise de côté à sa mort pour que soit créé le prix Nobel, une récompense internationale qui serait remise annuellement.

Alfred Nobel meurt le 10 décembre 1896, sans femme ni enfant. L’ouverture de son testament provoquera la surprise de ses amis, de sa famille et de ses collègues qui n’avaient pas été informés de son initiative. En tout, c’est 94% de sa fortune qui sera consacrée à la création du prix, ( l’équivalent de près de 2 millions d’euros ). Un montant qui s’élève aujourd’hui à plus de 337 millions d’euros en prenant en compte l’inflation. Un héritage inestimable pour l’humanité.

P.S : Le prix Nobel de la paix récompense  » la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix  » selon les volontés, définies par le testament, d’ Alfred Nobel

Gadgets….


A l’époque de la guerre froide, les gadgets du KGB pouvaient être surprenants et sophistiqués, dignes des films de James Bond de l’époque.

Compilation de quelques objets insolites que les agents de la célèbre officine soviétique étaient susceptibles d’utiliser :

* Le double pistolet à cyanure. Capable d’envoyer deux cartouches de cyanure simultanément provoquant une mort quasi immédiate. L’officier du KGB Bogdan Stachinsky a assassiné deux dissidents ukrainiens vivant en Allemagne en utilisant cette arme cachée dans un journal roulé.

Double pistolet /cyanure ?

* Le double pistolet à cyanure (ci – dessus)

Boulon …..à message secret

* décodeur de serrure pour les entrées clandestines

gadgets-du-KGB-decodeur-de-serrure

* pistolet rouge à lèvres, 4.5 mm

* kit de surveillance téléphonique

le kit pour faire des empreintes et copier les clés de porte
Appareil à photographier les documents

Le gant pistolet. Développé par la Nasa, il a été copié par le KGB. L’appui du piston contre le corps de l’ennemi provoque le tir.

* la pièce creuse pour dissimuler un microfilm

*

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la pièce creuse pour dissimuler un microfilm
Afficher l’image source
les boutons de manchette planque à microfilm

Le bug du Grand Sceau des Etats-Unis

Résultat d’image pour sceau des usa. Taille: 193 x 160. Source: www.pngegg.com
sceau des USA

. C’est œuvre du  » Q  » soviétique, Vadim Fedorovich Goncharov. Un micro planqué dans une copie du sceau des USA fabriqué par l’URSS et offert à l’ambassadeur américain à Moscou en 1945. Il n’a été découvert que 8 ans plus tard !

* le manteau appareil photo, l’objectif est caché dans un bouton.

* le stylo

 le vrai stylo à encre invisible …..

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* la valise AK-47

* Bottes de parachutisme qui se transforment en chaussures de ville

Résultat d’images pour bottes de parachutisme qui se transforment en chaussures de ville ( KGB)
Botes / chaussures

* Briquets appareil photo

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briquet / photos
boutons-manchettes-equerre-compas-decors-cadeaux-bijoux-franc-maconnerie-symboles-franc-macons-fm
boutons » équerre et compas » !

* Le parapluie bulgare, un des plus célèbres des gadgets du KGB. Un parapluie propulsant un plomb enduit d’un poison violent, en l’occurrence de la ricine. Son nom lui a été donné après avoir servi au meurtre du dissident bulgare Georgi Markov à Londres en 1978. Il a ressenti une piqure et est décédé trois jours plus tard.

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Parapluie bulgare description.

Etccc……

C’était il y a 92 ans ….


…..le 14 janvier 1930

Construction de la ligne Maginot

Le 14 janvier 1930, André Maginot

A.Maginot

fait voter une loi en vue de construire une ligne fortifiée sur les frontières orientales de la France.

Très décriée après l’invasion de 1940, cette initiative n’en est pas moins approuvée dans l’instant par la grande majorité de la classe politique et du corps des officiers, y compris le capitaine Charles de Gaulle.

Il est vrai qu’elle a parfaitement joué son rôle défensif lors de l’offensive allemande de 1940, son seul vrai défaut étant de n’avoir pas été prolongée jusqu’à la mer…


La France engage en 1930 la construction de la ligne Maginot. Trois ans plus tard, Hitler arrive au pouvoir. La Sarre, consultée par plébiscite en 1935, rejoint le Reich hitlérien ; peu après, le Führer rétablit le service militaire obligatoire en violation du traité de Versailles…Une nécessité stratégique

Haut fonctionnaire, André Maginot (53 ans) s’est engagé comme simple soldat pendant la Grande Guerre. Il a fini celle-ci avec le grade de sergent et la médaille militaire.

C’est l’un des très rares parlementaires à présenter de tels états de service, de sorte que ses collègues n’osent rien lui refuser quand la patrie est en débat… En 1920, il organise le transfert du Soldat Inconnu   sous la voûte de l’Arc de Triomphe.

En 1930, ministre de la Guerre dans le gouvernement Tardieu, il reprend la suggestion émise par Paul Painlevé

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P.Painlevé

en 1925 de fortifier les frontières orientales du pays. Il plaide pour une ligne de défense flexible, capable de suppléer à la diminution des effectifs militaires prévue à partir de 1935 en raison du déficit des naissances. C’est ainsi qu’il obtient des parlementaires un crédit de 3,3 milliards de francs sur quatre ans.

Mort de la typhoïde deux ans plus tard, André Maginot ne verra pas l’achèvement du chantier et c’est seulement en 1936 qu’un journaliste de L’Écho de Paris, Raymond Cartier, donnera son nom à l’ensemble de fortifications qu’il aura contribué à créer. 

Le chantier, le plus grand de son temps, va employer jusqu’à 20.000 ouvriers.

Ce réseau de fortifications à semi-enterrées comporte une cinquantaine de gros ouvrages équipés d’artillerie et quelques centaines de casemates et d’observatoires isolés. Il inaugure une conception purement défensive des stratèges français, à l’opposé de la conception offensive de leurs homologues d’Outre-Rhin. Il témoigne aussi d’une perte de confiance de la classe politique dans l’avenir des relations franco-allemandes… malgré la publication au même moment (1930) d’un mémorandum en faveur d’une union fédérale européenne par Aristide Briand.

Les fortifications débutent sur les bords de la Méditerranée, au-dessus de Menton, et s’égrènent jusqu’à la frontière belge et au-delà, y compris le long du Rhin. Mais dans le massif des Ardennes, jugé infranchissable par le haut commandement français, les autorités se contentent de fortifications légères.

Par ailleurs, les Belges refusent que les Français prolongent la ligne Maginot le long de leur frontière car ils craignent d’être sacrifiés en cas de nouveau conflit entre la France et l’Allemagne. C’est ainsi que le long de la frontière avec la Belgique, la ligne Maginot se réduit à quelques ouvrages fortifiés de modeste importance.

En définitive, les gros ouvrages de la ligne Maginot couvrent 140 km sur la frontière du nord-est, longue de 760 km de la mer du Nord à la Suisse.

De l’autre côté de la frontière, le gouvernement allemand réplique dès 1937 avec une autre série de fortifications : la ligne Siegfried. Beaucoup plus légère que la ligne Maginot, elle a surtout vocation à tromper les Français sur la capacité offensive de la Wehrmacht. Une réussite militaire, un alibi politique

Quand la guerre est déclarée à l’Allemagne de Hitler, moins de dix ans après la construction de la ligne Maginot, les fortifications remplissent dans l’ensemble leur office. De septembre 1939 à juin 1940, le fort de Schœnenbourg

fort de Schœnenbourg

, au nord de l’Alsace, tire à lui seul près de 20 000 obus en 10 mois. Invaincu, son  » équipage  » ne se rend que le 1er juillet 1940, six jours après l’armistice, sur ordre express du haut commandement français.

Dans le secteur frontalier de Maubeuge, les hommes du 87e RIF résistent au prix de lourds sacrifices à une percée des blindés de la 5° Panzer du général Schmidt. Dans le secteur frontalier de l’Escaut, à Bouchain, des hommes du 45e RI (régiment d’infanterie), sous le commandement du colonel Desroches, empêchent le franchissement du fleuve du 22 au 26 mai 1940. Ce fait d’armes provoque le 2 juin 1940 la venue de Hitler en personne. Courroucé, le Führer se fait expliquer du haut de la Tour de l’Ostrevant par le général commandant le 8e Korps pourquoi ses unités ont été tenues en échec par un simple régiment d’infanterie.

Le 54e RIF et le 43e RI paient également un lourd tribut en résistant pendant six jours et six nuits aux assauts ennemis, rendant possible l’évacuation des troupes anglo-françaises à Dunkerque.

Au vu de ces exploits, on peut s’interroger sur les résultats de l’offensive allemande si la frontière belge et les Ardennes avaient été plus solidement fortifiées. La ligne Maginot a péché moins par ses insuffisances techniques que par le fait qu’elle ait servi d’alibi aux pacifistes de tout poil qui ont successivement abandonné l’Autriche et la Tchécoslovaquie au prétexte que la France n’avait de toute façon rien à craindre.

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