Un léger sourire ….


     Pour finir…….

Un milliardaire , patron d’un empire de presse , reçoit un coup de gil de son avocat :   » J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer  »

 » Vite, dites moi la bonne nouvelle  »

   » Votre femme  a une photo qui vaut bien 3 millions d’euros .  »

 »  Super, on va vite la mettre à la une du prochain magazine !  » 

 » Et quelle est la mauvaise nouvelle ?  » 

 » La mauvaise , c’est qu’il sagit de vous avec votre secrétaire  » 

 

Booooof .

KLIK .

Parceque je n’ai rien fait / eu envie de faire de la journée …


    Donc, j’ai  » glandé  » ….Je ne sais pas si cette expression qui signifie ne rien faire ,  » paresser  » est employée dans toutes , ou plusieurs régions en France ; bien que je me doutais de son origine , j’ai cherché ici est là et…..la plus propable est : 

 » Une cochonnerie  » très innocente.

    Sans le savoir, ceux qui sont nés à la campagne  sont peut-être un jour allés  » à la glandée  » ou  » au glandage  » . Depuis le Moyen Age, l’expression signifie  » mener les cochons manger les glands au pied des chênes  » , ou  les ramasser soi-même.glandee     

Est-ce parce qu’il s’agissait d’un travail peu fatigant ? Le verbe  » glander  »  a pris, vers 1940, le sens argotique qu’on lui connaît : attendre en vain, ne rien faire d’utile.

P.S : Si un lecteur passe par hasard ( comme souvent , rarement , ces derniers temps  ) et a une autre explication , je suis  » tout ouie  »

Donneurs de sang animal !?


  Si beaucoup de personnes  sont prêtes  à retrousser leurs manches pour donner leur sang, peu ( dont moi )  savent que leur chien ou leur chat peut également le faire.
   Au même titre que les êtres humains, certains animaux malades ou blessés ont parfois besoin de transfusions sanguines don sang animal. La demande est en hausse, mais une étude publiée récemment , révèle qu’une majorité de personnes ignorent que leur animal de compagnie pourrait sauver la vie d’un autre en donnant son sang.
   Pour en arriver à cette conclusion, deux chercheuses du Royal Veterinary College de l’université de Londres ont interrogé 158 propriétaires d’animaux dans une clinique vétérinaire britannique. Bien qu’elles reconnaissent que l’échantillon n’était pas exhaustif, leurs résultats donnent un aperçu d’un sujet qui n’a jamais été étudié auparavant.

70% des propriétaires déclarent ne pas  connaitre la pratique,mais  89% des personnes interrogées ont affirmé  » être prêtes à laisser leur animal donner du sang s’il était compatible  ».
   Les chats et les chiens, comme les êtres humains, disposent de groupes sanguins. Les félins peuvent mourir s’ils ne sont pas transfusés avec le bon type de sang, mais les canidés sont capables d’en recevoir une variété plus large sans encourir de risque mortel.
  Des militants ,militantes des droits des animaux remettent toutefois en cause l’utilisation du mot  » donneur », avec comme argument  que le consentement des animaux n’est pas clairement établi.

C’était il y a 77 ans :


16 juillet 1942

La rafle du Vél d’Hiv:

   À l’aube du 16 juillet 1942 débute à Paris la   » du Vél d’Hiv  » . Elle amène l’arrestation par surprise de plus de treize mille Juifs parisiens de 2 à 60 ans, tous Juifs apatrides (il s’agit notamment de Juifs anciennement Allemands, Autrichiens ou Polonais). La plupart sont déportés au camp d’extermination d’ Auschwitz -Birkenau . Quelques dizaines en reviendront…

   À l’origine de ce crime contre l’humanité, il y a le projet hitlérien d’arrêter un grand nombre de Juifs dans toute l’Europe occupée. En France, jalouse de ses droits, l’administration, tardivement informée, veut dans certaines limites garder la maîtrise de l’opération !

  C’est ainsi que sont mobilisés à Paris 7 000 policiers et gendarmes sous les ordres du délégué en zone nord de René Bousquet, jeune et efficace fonctionnaire du gouvernement de Vichy.Bousquet( R.Bousquet ) 

 

Déportés juifs au camp de Drancy en 1942

La rafle :

   13 152 personnes sont appréhendées par la police française les 16 et 17 juillet 1942, y compris 4 000 enfants !de moins de 16 ans qu’il n’avait pas été initialement prévu de déporter.

   C’est beaucoup… mais ….deux fois moins que le quota fixé par les Allemands et la préfecture de police ! Les actes de solidarité heureusement n’ont pas manqué : quelques policiers ont laissé fuir leurs victimes, des concierges, des voisins, des anonymes ont ouvert leurs portes et caché des Juifs…

  Embarqués dans des autobus, les personnes seules et les couples sans enfants sont convoyés vers le camp de Drancy, au nord de Paris.

  Les familles avec enfants sont quant à elles dirigées vers le Vélodrome d’Hiver, rue Nélaton, dans le XVe arrondissement de Paris (aujourd’hui disparu).

  Plus de 8 000 personnes dont une majorité d’enfants vont s’y entasser pendant plusieurs jours, parfois jusqu’au 22 juillet, dans des conditions sordides : pas de couchage, ni nourriture, ni eau potable, avec un éclairage violent jour et nuit, au milieu des cris et des appels de haut-parleurs. Seuls trois médecins et une dizaine d’infirmières de la Croix-Rouge sont autorisés à intervenir.

   Les familles du Vél d’Hiv sont transférées de la gare d’Austerlitz vers les camps d’internement de Pithiviers et Beaune-la-Rolande, dans le Loiret. Au mois d’août suivant, les mères sont enlevées à leurs enfants par les gendarmes et convoyées vers les camps d’extermination de Pologne. Les enfants seront à leur tour envoyés deux semaines plus tard à Auschwitz-Birkenau qui, depuis le début juillet, s’est transformé de camp de travail forcé en camp d’extermination à l’échelle industrielle.

    Aucun n’en reviendra ! Les internés de Drancy prennent également le chemin d’Auschwitz-Birkenau. Quelques dizaines tout au plus reviendront de l’enfer.

    La rafle accentue la collaboration  entre Vichy et l’occupant allemand dans le domaine de la  »question juive ». Mais elle entraîne aussi un début de fracture dans l’opinion française, jusque-là massivement indifférente ou attentiste. Peu à peu, certains citoyens basculent dans la Résistance, plus ou moins active ; d’autres, à l’inverse, se radicalisent et basculent dans l’antisémitisme et la collaboration.

   Il a fallu attendre le 16 juillet 1995 pour qu’à la faveur d’un   » très beau et très émouvant  » discours, un président,  ( Jacques Chirac ) , reconnaisse officiellement  » que ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français  ».

La bastille….


Une forteresse sinistre
    Au Moyen Âge, la bastille de Saint-Antoine, à l’est de Paris, constituait l’une des deux portes principales de l’enceinte d’Étienne Marcel, l’autre étant la bastille de Saint-Denis, au nord.
   En 1370, le prévôt de la ville, Hugues Aubriot, entreprit de remplacer la porte fortifiée de Saint-Antoine par une forteresse formée de deux tours massives de 25 mètres d’élévation entourées de douves. Cette paire de tours fut ensuite doublée à l’intérieur du rempart de deux tours supplémentaires, destinées à surveiller le quartier Saint-Antoine.
  Aubriot compléta encore la forteresse par quatre autres tours qui firent ainsi de l’ensemble une position décisive pour le contrôle de la capitale.Bastille__plan
   La Bastille était donc devenue beaucoup plus imposante que la Tour de Londres de Guillaume le Conquérant que l’on peut visiter encore. Une forteresse similaire était érigée à la même époque à Tarascon, sur les bords du Rhône. Ce  » château du roi René  »  continue quant à lui de dominer de sa masse la ville environnante…
   Après quelques temps  son importance militaire diminua, la Bastille allait assumer la fonction de geôle pour les détenus de marque, dont Aubriot lui-même fut le premier. D’un autre côté, le développement urbain allait amener les habitations à la serrer de plus en plus près, ce qui n’allait pas manquer d’en faire le symbole désagréable de la tutelle royale sur la ville.
    Il faut savoir que l’usage des lettres de cachet (décrets d’arrestation à la discrétion du roi) était devenu aux yeux de tous un abus de droit flagrant. Il y en eut environ  80.000 sous le règne de Louis XIV. Le duc de Nemours, le maréchal de Biron, le marquis de Belle-Isle (Fouquet), le cardinal de Rohan, le duc de Richelieu, le Masque de Fer, le marquis de Sade, Voltaire furent quelques-uns des prisonniers illustres de la forteresse.
   Les prisonniers de condition jouissaient toutefois d’un réel confort au cours de leur détention, pouvant conserver leurs officiers et leur maison, se promener à leur guise, s’y faire servir d’abondance, et recevoir la visite du gouverneur qui se tenait alors debout, chapeau bas… D’autres personnages, à les en croire, n’étaient pas si bien lotis :  »  En hiver, ces caves funestes sont des glacières. En été ce sont des poêles humides, où l’on étouffe, parce que les murs sont trop épais pour que la chaleur puisse les sécher  » 
   En 1789, la Bastille était donc formée de huit tours unies par des murs couverts de chemins de ronde, de mâchicoulis et défendues par 15 pièces de canon.         L’ensemble était entouré d’un large fossé contrôlé par les sentinelles en surplomb. Un bastion en demi-lune défendait l’accès du côté de la Seine et pouvait tenir sous son feu croisé d’éventuels assaillants.
   Venant de la rue Saint-Antoine, on entrait dans la Cour du Passage, puis l’Avancée donnait accès à un premier pont-levis précédant la Cour du Gouvernement, enfin un jeu de ponts-levis accouplés en parallèle amenaient à la porte principale de la forteresse proprement dite, fermée par deux grands battants cuirassés de plaques de fer. Un bâtiment construit sous Louis XV servait de logis aux officiers, et donnait sur une cour d’honneur qui occupait l’essentiel de l’espace compris à l’intérieur des murs.
      Le gouvernement avait prévu en 1784, bien avant le fatidique 14 juillet 1789, de raser la forteresse, vétuste et inutile, et de la remplacer par une place Louis XVI.
 Peu après la prise de la forteresse, un certain Amour de Saint-Maximim découvrit dans les décombres un rouleau de papier recouvert recto verso d’une écriture fine.     Il s’agissait des écrits clandestins du marquis de Sade, l’un des derniers hôtes involontaires de la Bastille. Il en était sorti quelques jours avant sa prise.

Défilé 14/07/2019  » particulier  » ?


Défilé du 14-Juillet, les soldats blessés à l’honneur
Les faits : Le défilé militaire sur les Champs-Élysées à Paris rend hommage, dimanche 14 juillet, aux blessés des armées, et ce, 100 ans après le défilé de 1919 qui fut ouvert par la marche des mutilés et des gueules cassées de la Première Guerre mondiale.

Evidemment : Je ne pouvais pas ajouter  …

 

Marie Marvingt ……


  Je présume que , comme pour moi  ( avant d’avoir lu un article à son sujet dans une revue ) , que ce nom / personnage ne vous  » dit rien  » …..En fait , M.Marvingt fut la seule femme à avoir couru le tour de France avec des hommes !

  Cette femme a couru les 14 étapes et les 4888 km de l’édition 1908 mais n’a jamais été acceptée dans le classement !

Le 13 juillet 1908, une  centaine de coureurs environ  s’élancent depuis l’île de la Jatte à Neuilly-sur-Seine pour la 6e édition du Tour de France. Quelques minutes plus tard, sur sa bicyclette, Marie Félicie Elisabeth Marvingt emboîte le pas de  »ces forçats de la route  » . Seule, cette aventurière de 33 ans va avaler comme les hommes les 4488 kilomètres (3 480 km pour l’édition 2019) répartis en quatorze étapes. Elle fera partie des 36 rescapés qui arriveront à bout de cet interminable parcours. Mais son nom n’apparaît pas dans la grande histoire des classements de  » la Grande Boucle  ».

Car cette aventurière aux mille exploits n’a pas été conviée par les organisateurs à intégrer le peloton. Sa demande d’inscription a été refusée.  » Sa présence était tellement mal perçue par la direction de l’épreuve qu’elle n’a jamais voulu d’elle dans le classement. Et pourtant, elle faisait quasiment les mêmes temps que la plupart des coureurs. Nous sommes au début du XXe siècle et imaginer une femme dans une course cycliste pour les hommes était impensable  », explique Sylvain Letouzé, auteur de Histoires insolites du Tour de France …

     »La femme la plus extraordinaire depuis Jeanne d’Arc  » pour le Chicago Time
Malgré tout, l’exploit de l’Auvergnate, même hors-course, a été suivi par les journaux de l’époque en parallèle de la course officielle.  »Les médias ont parlé d’elle de manière très factuelle avec respect mais jamais avec un ton moqueur. En 1908, boucler le Tour de France est déjà considéré comme étant un exploit monumental. Son engagement forçait donc le respect  » , poursuit le journaliste.           Son coup d’éclat fut même remarqué hors de nos frontières. Le Chicago Tribune a parlé d’elle comme étant  » la femme la plus extraordinaire depuis Jeanne d’Arc  » !!marie-marvingt 80 ans( Marie Marvingt âgée de 80 ans)

   Escrimeuse, alpiniste, nageuse et aviatrice !
   Véritable touche-à-tout, Marie Marvingt (voir photo ci-dessus lorsqu’à 80 ans elle décide de relier Nancy et Paris à vélo) s’était déjà fait un nom dans de nombreuses disciplines comme l’alpinisme, la natation, le patinage, l’escrime, le tir sportif ou encore l’aviation. Avant de vouloir s’inscrire au Tour de France elle avait déjà participé à plusieurs courses, Nancy-Bordeaux en 1904, Nancy-Milan et Nancy-Toulouse en 1906.

  On lui a même attribué l’invention de la jupe-culotte pour permettre aux femmes d’être plus à l’aise sur une bicyclette.  » Juste après le Tour de France, elle a traversé la Mer du Nord en ballon aux commandes d’un appareil baptisé l’Étoile Filante. Un nom qui colle parfaitement à cette héroïne du début du siècle  ». Une première mondiale pour une femme.

    Elle mettra quelques années plus tard ses compétences d’aviatrice au service de la France pendant la Première Guerre Mondiale qu’elle traversera encore avec plusieurs casquettes, dont celles d’infirmière et correspondante de guerre. Un engagement qui lui permettra de devenir la femme la plus décorée de France avec 34 distinctions, dont la Légion d’honneur et la Croix de guerre avec palmes. marie-marvingt

çà s’est passé il y a 34 ans:


    Lancé en 1955 ( année de ma naissance  ) , le premier Rainbow Warrior est utilisé par l’organisme de protection de l’environnement Greenpeace (à partir de 1978) pour lutter contre les essais nucléaires français en cours dans les années 1980 dans le Pacifique, sur les îles polynésiennes de Moruroa et Fangataufa. Il n’est en effet pas rare que l’organisme utilise des navires pour mener des campagnes à travers les mers du globe (il en compte, encore à l’heure actuelle, trois : Le Rainbow Warrior III, le MV Arctic Sunrise et le MV Esperanza). En 1985, le navire est en route vers Mururora dans le but d’entraver les essais nucléaires et est amarré dans le port d’Auckland (Nouvelle-Zélande). Il est alors coulé par des agents des services secrets français : c’est l’affaire du Rainbow Warrior.

 

Amsterdam 1981

 

     L’affaire du Rainbow Warrior fut commanditée par le ministre de la Défense Charles Hernu (qui démissionne après cette affaire) avec, selon Pierre Lacoste , patron de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (qui sera limogé à cause de ce drame), l’accord explicite du président de la République François Mitterrand : les services secrets français sabordent, le 10 juillet, le navire, à quai en Nouvelle-Zélande et prêt à se rendre sur l’atoll Mururoa, pour protester contre les essais nucléaires français. Le naufrage fit, alors que ce n’était pas dans l’intention du gouvernement, un mort : le photographe Fernando Pereira indePereira qui retourna dans le navire pour rechercher son matériel et y laissa sa vie. Cet acte de violation de la souveraineté de l’État néo-zélandais fut à l’origine de tensions entre les deux pays et eut des impacts en termes de relations politiques et économiques.

 

L’atoll de Mururoa

 

  L’affaire commence le 19 mars 1985, selon l’amiral Lacoste, lorsque Patrick Careil, directeur de cabinet du ministre Charles Hernu, est convoqué pour préparer une opération contre le Rainbow Warrior. Au départ, ce navire, aux mains de Greenpeace, devait emmener d’autres bateaux vers l’atoll de Mururoa pour protester contre les essais nucléaires français et les gêner le plus possible.        

   Cependant, en novembre 1984, des rapports parviennent sur les bureaux de la Défense : l’organisation écologiste se prépare, selon des agents infiltrés, à une campagne virulente et agressive. Les services secrets français soupçonnent, de plus, Greenpeace d’être financé par des organisations proches de l’appareil de propagande soviétique !!? et d’espionner leurs essais nucléaires plutôt que de les dénoncer. L’opération de sabotage est préparée par les officiers du Service Action (unité militaire secrète) de la DGSE qui est sous la tutelle d’un nouveau chef depuis les attentats de Beyrouth le 23 octobre 1983, le colonel Jean-Claude Lesquer.

 

  En raison de délais trop brefs, il propose trois hypothèses d’action pour cette opération que l’on baptise « Satanique » : une charge explosive légère pour endommager l’arbre d’hélice ou le gouvernail du navire, ce qui l’obligerait à de lourdes réparations, une dysenterie accidentelle empêchant l’équipage de quitter la terre ou une charge explosive lourde pour couler le navire.

  Ce fut, la dernière hypothèse, plus radicale, qui sera retenue par le pouvoir politique pour que cesse définitivement l’activisme du Rainbow Warrior. Le 28 mai, François Mitterrand approuve l’opération, le 7 juillet, Charles Hernu fera de même.

 

   Les préparatifs ont commencé depuis plusieurs semaines : l’agent de la DGSE, Christian Cabon, alias Frédérique Bonlieu (lieutenant de l’armée française), infiltre un groupe de militants d’Auckland en avril / mai 1985 pour apprendre la date de l’arrivée du Rainbow Warrior en Nouvelle-Zélande. Trois équipes du Service Action sont dépêchées sur le terrain. L’opération se déroule le 10 juillet 1985. On transfère le matériel d’un van de location, utilisé par des agents, les  »faux époux Turenge  » (le commandant Alain Mafart et le capitaine Dominique Prieur, qui avaient prétexté un voyage de noce comme couverture de leur mission), vers un canot pneumatique piloté par trois nageurs de combat. Le pilote (que l’on identifiait comme l’homme au bonnet rouge et surnommait Pierre le Marin), ne serait autre que Gérard Royal, le frère de Ségolène Royal. Il quittera par la suite le service avec le grade de lieutenant-colonel.

 

    Deux mines magnétiques reliées entre elles sont collées par deux nageurs de combat à la coque du Rainbow Warrior : elles doivent exploser à cinq minutes d’intervalle. La première est de faible puissance, elle a pour but de provoquer l’évacuation du navire de ses douze membres d’équipage et du capitaine, la seconde est placée près de la salle des machines pour couler le Rainbow Warrior. A 23 h 48, une première explosion retentit : l’équipage quitte le navire qui commence doucement à prendre l’eau, mais le photographe néerlandais Fernando Pereira fait demi-tour et va rechercher dans sa cabine son équipement photographique. A 23 h 51, alors que la seconde explosion retentit, il meurt, piégé à l’intérieur du navire.

 

 

   Les faux époux Turenge sont bien vite arrêtés par la police d’Auckland à cause du van loué pour récupérer les plongeurs dont la mission était de placer les explosifs. Un certain nombre de cambriolages ont en effet eu lieu sur le port durant les jours précédents et le port est sans cesse sous la surveillance de vigiles : l’un d’entre eux voit le véhicule attendant les plongeurs discrètement dans un coin, il note son numéro d’immatriculation, ce qui aidera fortement la police à les retrouver lors de l’enquête. Le 12 juillet, les  » époux » sont interpellés à l’aéroport d’Auckland alors qu’ils y rendaient la voiture qu’ils avaient louée. ( Ils se font passer pour des touristes suisses en voyage de noce, mais sont en réalité deux agents secrets de la DGSE.)

 

   Restant à la disposition de la police, ils sont logés dans un hôtel, mais commettent l’erreur malheureuse de téléphoner à un numéro secret, numéro de secours de la DGSE. Méfiant, le surintendant Alan Galbraith, chef de la Criminal Investigation Branch, envoie des télex à Londres et à Berne. Le 14 juillet, apprenant  que les passeports des  »époux  » sont des faux il fait arrêter, le lendemain, les deux agents.

    La presse néo-zélandaise commence à mettre en cause les services spéciaux français. Les protagonistes sont définitivement identifiés comme étant les poseurs de bombe grâce à leurs empreintes digitales retrouvées sous le canot pneumatique qui avait servi à poser la bombe. À cette époque, la technique pour relever des empreintes sur un objet ayant séjourné dans l’eau (comme ce fut le cas pour le dessous du canot) était très peu répandue. Cependant, une équipe d’experts internationaux, qui se trouvait sur place à cette époque, mit à disposition son savoir-faire, tout nouveau, et releva les empreintes qui, quelques mois auparavant, seraient restées inexploitables. Le 23 juillet, ils sont inculpés pour trois chefs d’accusation : Meurtre, incendie volontaire et association de malfaiteurs. David Lange, premier ministre néo-zélandais, accuse des éléments étrangers d’avoir pris part à l’attentat. Il vise de cette manière implicitement la France. Le 26 juillet, la justice néo-zélandaise lance un mandat d’arrêt international contre l’agent de la DGSE Christine Cabon.

 

Charles Hernu (à droite)

 

   Pierre Joxe, ministre de l’Intérieur en France, décide de lancer une enquête de police et organise la fuite des informations vers la presse, fuites qui permettent à l’enquête néo-zélandaise de progresser plus rapidement et de déclencher un important scandale médiatique. Le but de Pierre Joxe était, selon les différents participants à l’opération, de se débarrasser du ministre Charles Hernu, son rival politique au sein du gouvernement.

    Alors que Charles Hernu nie toujours toute implication de la DGSE, la publication de documents compromettants décide François Mitterrand à commander, le 6 août, un rapport à Bernard Tricot, conseiller d’État. Ce rapport lui est remis le 26 août et blanchit la DGSE, suscitant même les doutes de Laurent Fabius, alors premier ministre. Ce dernier fait une déclaration à la presse dans laquelle il nie totalement l’implication du gouvernement dans le sabordage. Le 17 septembre, les journalistes du Monde Edwy Plenel et Bertrand Le Gendre révèlent l’existence d’une troisième équipe alors que la Défense insiste sur l’impossibilité pour les faux époux Turenge et les plongeurs de l’Ouvéa d’avoir commis l’attentat. Le 20 septembre, Charles Hernu démissionne et Pierre Lacoste, patron de la DGSE, est limogé. Le 22 septembre, Laurent Fabius admet en direct à la télévision que les services secrets français ont mené l’attaque du Rainbow Warrior.

 

  Le 4 novembre 1985, Alain Mafart et Dominique Prieur, ( les faux époux ), comparaissent devant la cour d’Auckland pour leurs premières auditions : ils plaident coupable d’homicide involontaire sur la personne du photographe. Ils sont condamnés à dix ans de prison le 22 novembre et transférés en juillet 1986 sur l’atoll de Hao en Polynésie, affectés au 5e régiment étranger. Le procès a été filmé malgré l’opposition des Français, puis a été diffusé sur une chaîne nationale à partir du 26 septembre 2006. Les agents français ont été déboutés par les juridictions néo-zélandaises de leur opposition à la diffusion de la vidéo du procès.  

     Le 29 septembre 2006, Antoine Royal déclare à la presse que son frère Gérard Royal se serait vanté d’avoir lui-même posé la bombe, ce que l’intéressé a refusé de confirmer. Le premier ministre néo-zélandais a exclu toute nouvelle action concernant le Rainbow Warrior compte tenu des engagements internationaux pris entre la France et la Nouvelle-Zélande.

 

Dominique Prieur et Alain Mafart (les faux époux )

 

   Extrait du rapport soumis au Comité contre le terrorisme en Nouvelle-Zélande :  » Outre les infractions spécifiques créées par les instruments internationaux contre le terrorisme, la législation néo-zélandaise n’établit pas d’infraction générique dénommée “acte terroriste”. Toutefois, plusieurs actes terroristes sont considérés comme des infractions au titre de l’actuel Code pénal. C’est ainsi qu’en application de la loi sur la criminalité, ont été poursuivis deux agents responsables de l’attentat à l’explosif contre le Rainbow Warrior, la seule attaque terroriste perpétrée en Nouvelle-Zélande à ce jour. Le Gouvernement néo-zélandais est d’avis que l’  “activité terroriste” devrait être considérée comme un facteur aggravant dans la détermination de la peine au titre de la loi sur la réforme des peines et de la liberté conditionnelle dont le Parlement est actuellement saisi. L’“activité terroriste” figurera également parmi les facteurs justifiant une peine d’emprisonnement d’au moins 17 ans en cas de meurtre. Le Gouvernement est également d’avis que la deuxième loi sur le terrorisme devrait reconnaître la compétence extraterritoriale pour toute infraction commise par des citoyens néo-zélandais dans la perpétration d’un acte terroriste, tel qu’il est défini dans la loi sur la répression du terrorisme.

 

  Comme il a été déjà indiqué, les seules condamnations obtenues en Nouvelle-Zélande pour des activités terroristes avaient trait à l’attentat à l’explosif perpétré contre le Rainbow Warrior par des agents français dans le port d’Auckland le 10 juillet 1985. Deux des agents, le commandant Alain Mafart et le capitaine Dominique Prieur, ont été reconnus coupables d’homicide involontaire sur la personne d’un membre d’équipage mort lorsque le bateau a sombré et ont été condamnés à 10 ans d’emprisonnement. À la suite d’un arbitrage, les agents ont été expulsés vers l’atoll de Hao en Polynésie française, en application d’un accord conclu entre la France et la Nouvelle-Zélande. Ils ont été relâchés et sont retournés en France 18 mois plus tard. Une autre procédure d’arbitrage est arrivée à la conclusion qu’ils ont été libérés en violation de l’Accord. L’affaire a été réglée lorsque des excuses ont été présentées et un dédommagement versé à la Nouvelle-Zélande. »

 

   Dans un rapport confidentiel daté du 8 avril 1986 et resté secret jusqu’en juillet 2005, l’amiral Lacoste soutient que :  »  C’est le 19 mars 1985 que M. Patrick Careil, directeur de cabinet de M. Charles Hernu, lui a explicitement demandé de mettre en œuvre les moyens de la DGSE pour interdire au mouvement Greenpeace de réaliser ses projets d’intervention contre la campagne des essais nucléaires français à Mururoa, à l’été 1985.  » On précisera  que  » l’interdiction au mouvement  » sur zone, Mururoa, en pleine mer aurait pu être plus périlleuse : sommation tir de canon au but dans l’étrave avant immobilisation par l’assaut des commandos marine. Très certainement le souhait initial d’une  » interdiction au mouvement  » du navire le Rainbow Warrior, correspond à un sabotage à quai et non à un sabordage du navire. L’amiral Lacoste explique également que, selon lui, l’action contre Greenpeace a été donnée avec l’accord du président de la République, François Mitterrand :  » Reçu en audience par le président de la République, le 15 mai à 18 heures, j’avais mis cette question au premier point de l’ordre du jour (…). J’ai demandé au Président s’il m’autorisait à mettre en œuvre le projet de neutralisation que j’avais étudié à la demande de Charles Hernu. Il m’a donné son accord en manifestant l’importance qu’il attachait aux essais nucléaires. Je ne suis pas alors entré dans un plus grand détail du projet, l’autorisation était suffisamment explicite.  » C’est pour couvrir le président que Charles Hernu démissionne. En 1985, René Imbot remplace Pierre Lacoste à la tête de la DGSE.

 

   L’affaire du Rainbow Warrior va entraîner une grosse crise dans les relations entre la France et la Nouvelle-Zélande. Elle ne sera néanmoins pas traitée par la Cour internationale de justice, la France ayant abandonné en 1974 sa déclaration de juridiction obligatoire. Les deux parties font appel au secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Javier Pérez de Cuéllar, lui demandant de rendre un règlement obligatoire pour les deux parties, ce qui est mis sur pied en juillet 1986.

   La décision finale accorde une double réparation à la Nouvelle-Zélande : une satisfaction sous la forme   » d’excuses officielles  » ! de la France, puis une réparation de sept millions de dollars de dommages et intérêt. Le 9 juillet, trois accords sont signés sous forme d’échanges de lettres afin de régler le problème. Les deux agents français, conformément à ces accords, sont transférés, sur l’île d’Hao avec interdiction de revenir en métropole pendant les trois prochaines années. Le 14 décembre 1987, le chef de bataillon Mafart est rapatrié pour raisons médicales, le 6 mai 1988, ce sera le capitaine Maire qui sera autorisée à se rendre au chevet de son père mourant. La Nouvelle-Zélande porte l’affaire devant un tribunal arbitral : les relations entre les deux pays seront tendues de nombreuses années durant. En 1987, la France verse huit millions de dollars d’indemnités à Greenpeace. L’échec de cette affaire entraîne la mise en place de la cellule Alpha, chargée  » d’éliminer  »des personnes, fonctionnant de manière clandestine au sein du service Action de la DGSE. En raison des tensions entre les deux nations, la France s’abstient de s’opposer à l’entrée sur le territoire européen de viande d’agneau et de mouton en provenance de Nouvelle-Zélande, ce qui va à l’encontre de son habitude à défendre les intérêts des agriculteurs. Une autre ironie dans l’affaire est plus anecdotique : les radios de l’été 1985 diffusent « Chasin’ rainbows », chanson de Conway Twitty.     Aujourd’hui, Mafart, retraité de l’armée française depuis le 30 décembre 1994, est photographe animalier. Prieur, quant à elle, a été directrice des ressources humaines de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris sous son nom de jeune fille. Le 6 septembre 2015, le colonel Kister, qui dirigea les nageurs de combat qui ont posé les charges explosives sur le bateau, accorde une interview à Mediapart et à la Television New Zealand pour exprimer ses  »  profonds regrets et ses excuses  »( tu parles ! )…..

    Aujourd’hui, l’épave du Rainbow Warrior repose toujours au large d’Auckland.