Stop….


     Manu passe cet après-midi  ( dimanche ) avec Camille ! Alors , si je veux être  » bien  » pour accueillir ma  » puce  »  , il faut que je me déconnecte et essaie de dormir ….

Même pas une friandise pour offrir à Camille !

   A ce soir …..sauf si insomnie …..

çà s’et passé un 16 novembre..


16 novembre 1793 : à Nantes, l’infâme Carrier fait noyer 90 prêtres réfractaires dans la Loire….

   Mandaté par la Convention nationale pour briser la révolte vendéenne par tous les moyens, Jean-Baptiste Carrier invente la noyade en masse et met au point la « déportation verticale » dans le fleuve, l’objectif étant d’éliminer rapidement et à moindres frais des condamnés trop nombreux…
Pour se faire la main, l’envoyé de Paris, chargé de mettre fin à la révolte vendéenne par tous les moyens, commence avec 90 prêtres réfractaires emprisonnés à Nantes. Il demande à son bras armé, l’adjudant général Guillaume Lamberty, et à ses hommes, la compagnie Marat, de les noyer dans la Loire, le « fleuve républicain ».
C’est ainsi que, le 16 novembre 1793, à la nuit tombée, la femme Pichot voit débarquer, dans son auberge de la Sécherie, Lamberty, son adjoint Fouquet et quelques hommes à la mine patibulaire. Ce n’est pas la première fois qu’ils viennent. Voilà quelques jours, ils ont demandé aux menuisiers de Baudet d’installer des trappes au fond de gabares, des péniches à fond plat. Bizarre ! Mais la femme Pichot n’est pas née de la dernière pluie. Elle se doute que cette activité a un rapport avec les prêtres réfractaires enfermés dans la galiote ancrée à proximité, La Gloire. Ne serait-ce pas pour les noyer ? Mais elle se garde d’en parler, ne voulant pas subir les foudres révolutionnaires, comme on dit.

Jean-Baptiste Carrier :jean-baptiste-carrier
Machiavélisme :
   Ces prêtres emprisonnés sont au nombre de 90. Pour certains, cela fait plusieurs mois qu’ils ont été arrêtés pour avoir refusé de prêter le serment de la constitution civile du clergé. Le 25 octobre, le Comité révolutionnaire de Nantes les a fait emmener dans une prison  » flottante  », La Gloire, ancrée devant la Sécherie. Le plan de Lamberty, on l’a compris, est de faire transférer les malheureux sur les gabares modifiées qui seront coulées au milieu du fleuve. La veille, le 15 novembre, il a demandé au commandant chargé de la surveillance des prêtres de supprimer toute garde cette nuit-là afin qu’il n’y ait pas de témoins de la noyade. Il fait même preuve d’un machiavélisme admirable en faisant croire aux prisonniers qu’ils seront emmenés la nuit suivante au château de la Musse et leur recommande donc de déposer entre les mains du commandant tous leurs objets précieux qui leur seront rendus une fois arrivés dans leur nouvelle prison.
    Après avoir bu un coup chez la femme Pichot, Lamberty et sa clique montent à bord de la gabare trafiquée pour rejoindre la galiote-prison. S’attendant à être transférés, les prêtres ne s’alarment pas outre mesure en les voyant arriver. Ils obéissent sagement quand on leur demande de monter deux par deux sur le pont.      Ils sont fouillés, dépouillés des objets de valeur conservés sur eux. On leur demande même de retirer leurs vêtements et leurs chaussures. Ils sont alors liés à deux, puis jetés à l’intérieur de la gabare. Le transfert se fait dans le calme. Les prêtres ne se doutent pas du sort funeste qui les attend. Seul le curé de Machecoul  s’inquiète en voyant sur le fond du bateau des pierres plates et blanches cachant des trous. Voyant de l’eau s’infiltrer, il conseille à ses voisins de se donner l’absolution l’un à l’autre. Ce qu’ils font.

Témoignage accablant
    Une fois le transfert achevé, Lamberty et ses hommes embarquent sur un bachot (un canot) puis coupent les amarres de la gabarre que la marée descendante entraîne. Quand l’étrange convoi passe devant la batterie flottante de la Samaritaine, le canonnier Vailly, en faction, leur fait signe de s’arrêter. Voici son témoignage accablant :  » Environ minuit et demi, huit particuliers de moi inconnus se sont approchés du bord dudit ponton montés sur un canot ; je les ai hélés et, au mot de qui vive, il m’a été répondu : Commandant, nous allons à bord. En effet, ils se sont approchés et m’ont demandé la liberté de passer avec un gabareau, qu’ils me dirent être chargé de 90 brigands, que j’ai su depuis être 90 prêtres. Je leur ai répondu que la consigne qui m’était donnée était de ne laisser passer aucun bâtiment, que l’on ne m’apparaisse d’ordre supérieur. Sur ma réponse, l’un de ces individus, nommé Fouquet, me menaça de me couper en morceaux, parce que, ajouta-t-il, lui et sa troupe étaient autorisés à passer partout sans qu’on pût les arrêter. Je leur demandai à voir leurs pouvoirs, ils obéirent et me présentèrent un ordre conçu à peu près en ces termes, et signé Carrier, représentant du peuple :           » Permis aux citoyens Fouquet et Lamberty de passer partout ou besoin sera avec un gabareau chargé de brigands, sans que personne puisse les interrompre ni troubler dans ce transport.  »

  Les noyades de Nantes en 1793.noyade Nantes ( Peinture de Joseph Aubert (1882) )
   Puis le canonnier Vailly poursuit :  » Muni de l’ordre du représentant Carrier que Fouquet et Lamberty venaient de me présenter, je ne crus pas devoir insister davantage ; en conséquence, les particuliers montant le canot et le gabareau contenant les individus passèrent sous la batterie du ponton où j’étais en faction, et un quart d’heure après, j’entendis les plus grands cris partir du côté des bateaux qui venaient de se séparer de moi et, à la faveur du silence de la nuit, j’entendis parfaitement que les cris de ceux que j’avais entendus auparavant étaient ceux des individus renfermés dans le gabareau, que l’on faisait périr de la façon la plus féroce. Je réveillai mes camarades du poste, lesquels, étant sur le pont, ont entendu les mêmes cris, jusqu’à l’instant où tout fut englouti.  »
Trois prêtres s’échappent :
    Le canonnier a tout entendu, mais n’a rien vu. Effectivement, la gabare poursuit sa descente du fleuve, dépasse les villages de Trentemoult et Chantenay. Lamberty attend l’endroit convenant pour agir. Le voici, juste avant l’île Cheviré. La profondeur est suffisante pour engloutir la péniche. Il fait signe à ses hommes de défoncer ses sabords à coups de marteau. L’eau envahit la cale, où les prêtres, commençant à se rendre compte qu’ils vont bientôt rencontrer le Créateur, se mettent à hurler de désespoir, à supplier pour qu’on leur porte secours. Un des bourreaux a l’idée de leur faire une bonne blague, il grimpe sur le chaland en train de couler pour faire semblant de vider l’eau au moyen d’une poêle à châtaignes percée de trous.

     Que c’est amusant ! Mais les prêtres, qui ont déjà de l’eau à mi-cuisse, ne goûtent pas la plaisanterie. L’affreux plaisantin rejoint ses compagnons dans la barque, qui s’éloigne pour éviter d’être entraînée par le remous du chaland. Bientôt, les cris s’évanouissent. Le calme est revenu sur la Loire.  » Dieu accueille les siens avec de grandes serviettes de bain. »

   Lamberty demande alors à ses hommes de ramer jusqu’à l’endroit où la gabare a coulé pour vérifier l’absence de survivants !. Il a raison, car plusieurs malheureux, encore liés deux par deux, sont parvenus à s’échapper de leur prison. Ils luttent désespérément pour éviter la noyade. Mais quelques coups de rame bien placés   » les amènent vite à la raison  ». Bientôt, les flots du fleuve ont retrouvé leur calme. Lamberty ricane, content de son oeuvre de mort. Les noyeurs regagnent la rive, où chacun rentre chez soi satisfait du devoir accompli. Voilà 90 corbeaux, ennemis de la République, qui ne coûteront plus cher à nourrir. Quant à Lamberty, il file prévenir Carrier de l’efficacité de la méthode.
   Pourtant, le lendemain, on apprend que trois prêtres ont réussi à filer dans le noir après s’être détachés. L’un a été repêché et les deux autres ont atteint la rive. Tous trois ont trouvé refuge sur un navire, ancré à proximité, : L’Imposant.          Aussitôt, Carrier les réclame au capitaine pour les faire noyer le soir même. Les malheureux n’ont gagné qu’un jour de vie. Pourtant, un prêtre a survécu au massacre, il s’agit de l’abbé Julien Landeau, curé de Saint-Lyphard. Mal ficelé, il avait réussi à détacher ses liens l’unissant à un vieux moine. Échappant aux coups de rame, ils s’étaient éclipsés dans la nuit.

Un unique survivant :
  Mais le moine est vieux et gras. Bientôt, il est à bout de forces. Malgré ses efforts, le curé est incapable de le sauver de la noyade. Le voilà seul. Il est sur le point, à son tour, de se noyer quand il parvient à attirer l’attention d’une barque. Les bateliers le hissent à bord, mais le déposent aussitôt sur la rive de peur d’être dénoncés à Carrier. Défaillant de froid, de faim et de fatigue, Landeau trouve refuge dans une chaumière compatissante. Mais avant l’aube, il lui faut partir pour ne pas mettre en danger ses hôtes. Déguisé en maraîcher, équipé d’un panier plein de légumes, il rallie Nantes en sabots. Une femme de son pays lui offre l’asile le temps que son frère, paludier à Guérande, vienne le chercher. C’est le seul survivant du massacre des 90 curés.

     Les noyades de Nantes, 1793. Gravure de Maurand réalisée d’après le dessin d’Hippolyte  de la Charlerie (1827–1867) et extraite de La Révolution française par Jules Janin (1862)les noyade de nantes
    Au cours des jours suivants, de nombreux cadavres sont repêchés sur les berges de la Loire. Ils ont pu s’échapper par les sabords trop grands ouverts, ou bien le chaland s’est brisé contre un banc de sable. C’est embêtant, car la rumeur de l’affreuse noyade se répand dans Nantes. Mais Carrier peut se rassurer, car nul n’ose s’en insurger de peur des conséquences !!. Il reste une dernière chose à faire à Lamberty et à ses hommes : récupérer les biens des prêtres restés à bord de leur prison et qu’ils n’ont pas pu emporter la nuit du crime.
   Le lendemain, ils vont chercher La Gloire pour l’amarrer au quai d’un nommé Sourisseau et entreprennent de la vider dans son entrepôt. Ils décident de se partager le trésor arraché aux prêtres quelques jours plus tard. Mais l’un d’entre eux, le nommé Foucaud, revient en catimini pour tout embarquer sur des charrettes et… disparaître. Prévenu, Lamberty est fou de rage de voir ainsi le butin lui échapper. Environ 40 000 francs, dit-on. Une fortune à l’époque. En guise de dédommagement, Carrier lui donne la galiote, sur laquelle il organisera quelques jours plus tard un grand dîner pour fêter la mort des prêtres. Certains invités n’hésitant pas à enfiler des soutanes et perruques oubliées dans un coin.

La méthode de la  » déportation verticale  » a prouvé, malgré quelques imperfections, son efficacité. Jean-Baptiste Carrier décide de l’appliquer à grande échelle pour se débarrasser des milliers de Vendéens qui encombrent la prison de la ville. Entre les derniers jours de 1793 et février 1794, de 1 800 à 4 800 victimes disparaissent dans la Loire. !!!!!!

S.O.S !!!!


Bonsoir,

Encore une fois , j’ai du faire une bêtise : Mon autre blog ( l’ermite – athée ) est  » passé  » au nouvel éditeur ( avec des blocs etc….et le fond est blanc  ) , je ne sais pas comment revenir à l’original ! Si quelqu’un a une solution ? Ce serait sympa de m’aider  sinon…….Je pense que je vais le  » laisser tomber  »

Merci 

F.

 

 

Saint Emilion …………..


16 novembre 767 : Mort de l’ermite Émilion près de Bordeaux

    Le 16 novembre 767, l’ermite Émilion s’éteint dans son refuge des environs de Bordeaux. Autour de son tombeau se développe au Moyen Âge une cité qui porte son nom, avec en son centre une curieuse église monolithique dont la nef est creusée dans le sous-sol calcaire. La cité est célèbre aujourd’hui dans le monde entier en raison de la qualité exceptionnelle de son vignoble et de la beauté de ses paysages. Saint-Émilion est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité.

 Selon la tradition, lorsque Saint-Emilion quitta sa Bretagne natale au milieu du VIIIe siècle, il traversa une bonne partie de la France en prodiguant quelques miracles. Il s’arrêta finalement dans la forêt des combes, où la brusque dépression d’une vallée riante lui offrait un asile bienveillant. A l’époque, la région était ravagée par les Sarrasins et pour se soustraire aux lames de leurs sabres, Emilion aurait creusé une grotte de ses mains. Dans cette cavité, il jeûna, pria, nourrit les oiseaux et il y fit de nombreux miracles. Un jour, un attroupement s’invita dans la retraite d’Emilion avec une femme aveugle à sa tête. Elle avait rêvé que le saint homme traçait une croix sur ses yeux avec les mains et elle le suppliait maintenant de réaliser son rêve. L’ermite s’exécuta et la femme retrouva aussitôt la vue. Elle repartit chez elle toute joyeuse. Cette grotte existe encore.

Evidemment, ces légendes prêtent à de nombreuses discussions, .  Parlons surtout du lieu qui fut sa demeure. On descend dans l’ermitage de saint Emilion comme on pénètre dans une crypte sacrée ou le tombeau d’un pharaon, avec solennité et en suivant un guide, parfois à la lueur d’une torche. Il faut dire que l’on approche ici le sanctuaire de la cité, son cœur originel ou, comme l’écrit Léo Drouyn, le palladium, c’est-à-dire le lieu sacré et l’emblème mystique de Saint-Emilion.

   L’escalier qui mène à l’ermitage date de la fin du XVIIe siècle, époque où d’importants aménagements ont été réalisés : placement des balustrades que l’on voit à l’intérieur et condamnation des autres accès. Sur le pilier qui supporte le porche de l’escalier, on devine une inscription gravée dans la pierre en 1708 :

 Emilio Silet Hic
 Nec Sit Grave Dice
 Re Mecum Desv
 Per
 Ille Famem
 Pulsit et Iste
 Sitim

Que l’on peut ainsi traduire :  » Ici repose Emilion. Qu’il ne vous soit pas pénible de dire avec moi : pendant qu’il était de ce monde, il apaisa la faim, maintenant il étanche la soif. »

  L’allusion à la faim tient aux pains qu’Emilion subtilisait pour distribuer aux pauvres et l’allusion à la soif fait plus certainement référence à la source qui coule dans l’ermitage qu’au vin produit dans la cité. Et en effet, une fois les marches descendues, on aperçoit sur la gauche un bassin qu’une fontaine vient remplir. A l’origine, l’accès au sanctuaire se faisait depuis le fond opposé par une ouverture plein pied, donnant directement dans la rue. Cette entrée, plus logique et agréable, est aujourd’hui murée et donne sur une cave voisine. Il est aussi possible que la grotte se poursuivît jadis dans le fond, soit par un escalier remontant dans la chapelle de la Trinité, située juste au dessus, soit par un passage conduisant à l’église souterraine.

L'Ermite dans la forêt La tradition veut que l'ermite Emilion s'installe au cœur d'un paysage vierge : la forêt des Combes. Or, comme le laisse voir cette gravure de Gustave Doré où une jeune femme vient à la rencontre de l'ermite, le lieu choisi par l'ermite à la croisée de chemins était très certainement déjà en partie bâti et peuplé.

   Le saint est sensé avoir habité le lieu de l’an 750 à 767. Dans une chaire, on voit son fauteuil ; dans la cavité percée dans le pilier face au fauteuil l’armoire du saint ou même son four ; dans l’autel, sa table ; dans le tombeau, le lit de l’ermite. Seul le bénitier creusé dans un petit chapiteau gallo-romain ne prête pas à interprétation. La rusticité du lieu a longtemps rendu impossible une datation de l’ermitage et on a longtemps supposé qu’il était contemporain du saint et que, par conséquent, ce dernier l’avait bien occupé.

    Cette croyance était appuyée par la Vita sancti Emiliani Confessoris, un manuscrit du premier quart du XIIe siècle (entre 1060 et 1120), probablement rédigé par les mêmes moines que ceux qui creusèrent l’église souterraine. En effet, le manuscrit raconte la vie du saint et son installation dans la forêt des Combes. Le fait qu’il y soit écrit qu’il tailla dans le rocher une cellule et un oratoire viendrait corroborer l’authenticité de l’ermitage, au moins à partir de cette époque. Mais on sait qu’à cette époque de crise religieuse, la confection de la légende du Saint Patron de la communauté devient une urgente nécessité, il est délicat de prendre au pied de la lettre ce que le manuscrit raconte. Jean-Luc Piat, archéologue du bureau d’études Hadès-Ausonius, émet lui aussi de sérieuses réserves quant à l’authenticité du lieu. Une étude attentive des modifications modernes de l’église souterraine que l’on retrouve dans l’ermitage fait penser à une oeuvre de la Contre-Réforme, mouvement de réaction de l’Église catholique romaine, apparu dans le courant du XVIe siècle face à la Réforme protestante. L’Ermitage serait donc un faux fabriqué de toute pièce pour reconquérir un territoire sous influence protestante. Le Concile de Trente réaffirme en 1546 l’importance du culte des saints et de l’adoration des reliques, ce qui coïncide avec le renouveau du culte de Saint-Emilion. Il n’est pas douteux que relancer le pèlerinage émilionnais et attribuer à l’ermitage des pouvoirs surnaturels permettait de renforcer les sentiments antiprotestants des populations catholiques.

  L’hypothèse la plus probable aujourd’hui est donc que, plutôt que d’être l’ermitage du saint, ce fut un tombeau (probablement celui du saint) au VIIIe siècle, popularisé au XIIe siècle puis considérablement agrandi et aménagé en croix latine au XVIe pour raviver le culte. En 1946, enfin, on retira la statue mutilée du saint pour la remplacer par une statue moderne. La statue ancienne est remisée dans une niche du chœur de l’église collégiale, près du trésor.

Un lieu de miracles

    Quoi que l’on pense de cet antre souterrain, il n’en demeure pas moins vrai qu’on lui attribue un grand nombre de pouvoirs surnaturels. Les témoignages gravés dans la pierre, que l’on ne remarque pas tout de suite mais qui sont bien là, sur les parois au bas de l’escalier, attestent de la ferveur des visiteurs. La densité bénéfique est tout à fait remarquable sur un seul lieu et de nombreuses personnes témoignent chaque année des  » phénomènes magiques  » du caveau. Au visiteurs de tester.!

La source.

Quand saint Emilion s’installa dans l’ermitage, il n’y avait point d’eau nous dit la légende. Le saint fit miraculeusement remonter le cours d’un ruisseau depuis la vallée jusqu’au fond de son ermitage pour le désaltérer[1]. C’est cette eau qui coule encore sous vos yeux, qui passe sous l’ermitage par une très vieille canalisation et remplit le lavoir de la Petite Fontaine quelques mètres plus bas. A cet endroit, on peut juger du remarquable débit de la source.

L'Ermitage au début du XXe siècle Cette carte postale du début du XXe siècle montre un ermitage en accès libre, semblable à celui que l'on connait aujourd'hui. Seules les mystérieuses phrases tracées au noir sur la voûte ont disparu. Cliché : Librairie des Colporteurs.

Au XIXe siècle, l’accès à l’ermitage était entièrement libre et cette source était connue sous le nom de Fontplegada, c’est-à-dire la source pliée, sans doute en référence au miracle. Elle était connue pour guérir des maladies des yeux, comme beaucoup de sources locales, et les crises de conjonctivites se soignaient par des compresses imbibées de cette eau. Plus généralement, elle faisait passer les douleurs de toute sorte à celui qui en buvait. Aujourd’hui, il serait peut-être dangereux d’en boire, mieux vaut en frictionner les parties malades, ce qui était aussi l’usage.

Le bassin a encore le pouvoir de réaliser les vœux d’un simple jet de pièce. Sans doute ce bassin tient-il cette propriété de son passé d’ ancien baptistère. Une fonction que laissent supposer les quelques marches qui descendent vers l’eau. Mais surtout, la fontaine offre une rencontre avec le grand Amour, voire un mariage dans l’année, à quiconque lâchera deux épingles qui tomberont au fond du bassin en se croisant. Des générations de jeunes personnes ont ainsi provoqué la chance et, il n’y a pas si longtemps encore, un tapis d’épingles témoignait de cette ferveur. Un roman anglais de la collection Harlequin (« Two pins in a fountain » de Jane Arbor) qui se déroule à Saint-Emilion évoque cette coutume. C’est dire…

Le fauteuil

Le fauteuil du saint ermite serait un siège de la fécondité féminine.! Toute femme désireuse d’enfant qui s’assoit sur ce fauteuil tomberait enceinte dans l’année. D’après François Bouchet, guide de l’Office du tourisme, Aliénor d’Aquitaine en personne y aurait posé son séant avant d’enfanter Richard Cœur de Lion ou Jean Sans Terre (la légende s’égare un peu sur l’identité du fils de l’ermitage). Cela prêterait à sourire si l’office du tourisme de Saint-Emilion ne jurait recevoir régulièrement faire-parts de naissances et clichés échographiques de visiteurs des quatre coins du monde suite à leur passage dans l’ermitage.????

vin bordeauxà la votre ! 

 

Insolite …


Brent Walter a réalisé un étonnant scooter en aile de coccinelle, la mythique voiture de chez Volkswagen conçue par l’ingénieur autrichien Ferdinand Porsche, dans un style très Vespa.
Les ailes de l’automobile forme le carénage de ce deux roues élégant pour lesquelles le moteur et le chassis ont été créés sur mesure.
Seulement deux exemplaires existent, un vert et un bleu et on ne sait pas s’ils seront un jour disponibles à la vente.

scooter aile 2

scooter aile 3

scooter aile 4

 

Il y a131 ans…..


L’Institut Pasteur est inauguré à Paris, le 14 novembre 1888, par le président de la République Sadi Carnot. C’est le premier institut de recherche jamais créé au monde. Il se donne pour objectif l’identification des virus.
   Financé par une souscription internationale à hauteur de deux millions de francs, il comble les vœux du  savant  connu de l’histoire et dont il porte le nom.Pasteur

La rage de comprendre :
    Louis Pasteur est né dans la petite ville de Dôle, dans le Jura, le 27 décembre 1822, dans le ménage d’un riche négociant en tannerie. Bon élève , sans plus, il manifeste d’excellentes dispositions pour la peinture mais y renonce à 19 ans pour se consacrer tout entier à la science, contre l’avis de son père qui préfèrerait le voir reprendre les affaires familiales.
    En 1842, il est classé 16e au concours d’entrée à la  » prestigieuse  » École Normale Supérieure de la rue d’Ulm (Paris). Jugeant son rang ( 16 ème ) insuffisant, il dédaigne d’entrer à l’École et repasse le concours l’année suivante. Cette fois , il est  classé 5e. Là , il est   satisfait. Il entre à l’École dans la section physique et chimie.
  Le  chercheur se lance dans la  » cristallographie  » ? . Avec des moyens de fortune, il met en œuvre la méthode expérimentale qui fera son originalité et sa gloire. Il découvre ainsi l’existence de dissymétries dans la manière dont des molécules de même nature polarisent la lumière. C’est un premier succès qui lui vaut la reconnaissance de ses pairs et un poste de professeur à l’Université de Strasbourg puis de Doyen de l’Université de Lille.
A Lille, il est sollicité par un industriel  pour élucider un dysfonctionnement de la fermentation de la bière. Louis Pasteur, à peine âgé de 30 ans, se soucie dès lors de mettre en application ses recherches scientifiques ( » Il n’y a pas de sciences pures et de sciences appliquées, il y a la science et les applications de la science  » , écrit-il).
   Il découvre dans les jus de fermentation alcoolique et lactique des substances dont il soupçonne qu’elles ont été créées par des microorganismes vivants. De fil en aiguille, ces premiers résultats vont le conduire de la chimie à la biologie puis à la médecine.
   Nommé directeur des études à l’École Normale Supérieure, à Paris, il poursuit ses travaux sur la fermentation dans un laboratoire de fortune aménagé dans les combles. Il publie ses premiers résultats dans un Mémoire sur la fermentation dite lactique (1857).
   On peut dater de cette année-là le début de la  » révolution pastorienne  ».

    La même année, la France entre  dans l’ère industrielle sous l’égide de Napoléon III et en Grande-Bretagne, un savant, Charles Darwin, jette les bases de la théorie de l’évolution dans une lettre mémorable. Aux Indes, une révolte amène les Britanniques à consolider leur domination...

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Un entêtement à toute épreuve
    Le succès de Pasteur n’est pas immédiat, loin s’en faut ! Dans les milieux scientifiques, les partisans de la  » génération spontanée  » dénigrent tant et plus ses assertions. Parmi eux figurent d’illustres savants comme Marcelin Berthelot, Justus von Liebig et Friedrich Wöhler (auquel on doit la synthèse de l’urée). Pour eux, la fermentation se ramène à une réaction chimique en présence d’un catalyseur. Faisant front avec un entêtement exceptionnel, Louis Pasteur va mettre plusieurs années à les convaincre de leur erreur.
   Il démontre que les microorganismes responsables de la fermentation, c’est-à-dire de la transformation du sucre en alcool, viennent de l’environnement et ne sont pas créés  » ex nihilo  » . Il démontre aussi que ces microorganismes – des levures (microchampignons) – utilisent la fermentation pour fabriquer l’énergie indispensable à leur survie en l’absence d’oxygène.
    Ces démonstrations passent par d’innombrables expérimentations et la mise au point de procédés innovants et astucieux pour isoler les substances fermentescibles (Pasteur fait par exemple mûrir des raisins en serre, dans sa maison du Jura, à l’abri de l’air ambiant).
Fort de ce savoir-faire expérimental, le savant met au point une technique de chauffage destinée à protéger les liquides tels que la bière ou le lait contre les ferments. C’est la  » pasteurisation  ».
   Elle permet aux industriels d’améliorer les procédés empiriques de fermentation utilisés depuis des millénaires pour la fabrication du vin, de la bière ou du fromage ainsi que les procédés de conservation des aliments.
   Ce succès vaut au savant d’être reçu par le couple impérial à Compiègne. La même année, en 1865, il est sollicité par un ancien professeur pour étudier une mystérieuse maladie qui affecte les vers à soie, dans la vallée du Rhône, et ruine la sériciculture ardéchoise.
   Le savant met en évidence l’existence d’un  » microbe  »  responsable de la maladie au prix d’un travail  acharné, doublé de terribles épreuves personnelles : la perte de trois filles sur cinq enfants et une hémorragie cérébrale qui le laisse partiellement paralysé d’un bras et d’une jambe (sans compter sa démission de l’École Normale Supérieure, où on le juge trop autoritaire).
Le physicien face à l’Académie de médecine :pasteur-nadar-1878 (Pasteur en 1878 , photo prise par Nadar  )
   Ses recherches conduisent Pasteur à se rapprocher  du domaine thérapeutique. Il lui vaudra ses plus grands titres de gloire mais aussi la haine des sommités médicales, jalouses de l’incursion de ce physicien dans leur domaine de compétence.
   Le public découvre qu’il est possible, grâce à l’hygiène, de se protéger contre les maladies transmises par les microbes. Dès 1875, un prestigieux chirurgien écossais du nom de Joseph Lister met en pratique à Edimbourg des procédures antiseptiques d’avant-garde suite à la lecture du mémoire de Pasteur sur la fermentation lactique. ( Il ne manque pas une occasion de rappeler sa dette à l’égard du savant français.)
   Celui-ci, orateur de talent, se fait auprès des chirurgiens le chantre de l’asepsie. Il leur prescrit de se nettoyer soigneusement les mains avant d’entrer en contact avec un patient, geste qui paraît aujourd’hui évident… Il s’ensuit une amélioration notable de l’espérance de vie partout dans le monde.
   En 1877, Pasteur est conduit à travailler sur le   »charbon  » , une maladie qui ravage les élevages, en parallèle avec un jeune médecin allemand, Robert Koch. Leurs travaux conjoints démontrent la nature bactérienne de cette maladie.

Dans la foulée, Louis Pasteur étudie le choléra des poules, autre maladie infectieuse, et fait à cette occasion une découverte d’une grande importance : cette maladie, comme vraisemblablement bien d’autres maladies infectieuses de l’animal et de l’homme, peut être prévenue par la vaccination, autrement dit par le procédé mis au point de façon empirique par le docteur Jenner, 80 ans plus tôt, pour immuniser les sujets contre la variole.
   En étudiant également la rage, maladie qui affecte les chiens et les renards, et peut se transmettre aux humains, Louis Pasteur confirme l’existence de virus porteurs de la maladie. Beaucoup plus petits que les bactéries, les virus (ainsi baptisés par Jenner d’après un mot latin qui signifie poison) sont invisibles au microscope et, heureusement, ne se multiplient pas d’eux-mêmes dans un milieu de culture.
    Fort de ses résultats, le savant développe avec le jeune médecin Émile Roux une méthode en vue d’inventer et de produire des vaccins adaptés à chaque maladie infectieuse, pas seulement la variole.

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Le tournant de la rage  :
    Ses succès en cascade valent la gloire à Pasteur (y compris une élection à l’Académie française le 8 décembre 1881 au fauteuil d’Émile Littré). Mais la fortune n’est pas au rendez-vous. Le savant, en  a , en effet ,déposé des brevets sur ses inventions mais en a cédé les droits à l’État afin de leur assurer la plus grande diffusion possible (c’est ainsi par exemple que la  » pasteurisation  » est très vite mise en oeuvre jusqu’en Californie).
    » Le meilleur  » reste à venir: Le 6 juillet 1885, tandis que la France de la IIIe République est à son zénith, Louis Pasteur reçoit dans son cabinet de l’École Normale Supérieure un petit berger alsacien, Joseph Meister (9 ans).joseph meister
    Celui-ci a été mordu par un chien peut-être enragé. Contre l’avis des médecins qui voulaient le garder à l’hôpital, sa mère a obtenu de le conduire auprès du célèbre savant. Elle supplie celui-ci de le vacciner, quels qu’en soient les risques.
Louis Pasteur obtient l’assentiment de deux médecins, le pédiatre Grancher et le docteur Vulpian, spécialiste de la rage. Indifférent au  » principe de précaution  », il inocule alors à l’enfant un nouveau vaccin mis au point dans son laboratoire par le docteur Émile Roux.
  Ce dernier a toutefois refusé de s’associer à l’expérience. Il est vrai que, quelques jours plus tôt, le 22 juin 1885, un premier essai sur une fillette de onze ans, Julie-Antoinette Poughon, n’a pas permis de la sauver.
   Après une série de treize longues et douloureuses injections, le petit Joseph sort guéri de l’épreuve au grand soulagement de Pasteur

( Joseph Meister deviendra plus tard le dévoué gardien de l’Institut Pasteur et lorsque, le 16 juin 1940, des officiers allemands demanderont à se recueillir devant la tombe du grand homme, il choisira de se suicider plutôt que de les laisser entrer.!)
Louis Pasteur connaît un deuxième succès avec la vaccination d’un berger de 14 ans, Jean-Baptiste Jupille, qui s’est interposé au péril de sa vie entre un chien sauvage et un groupe d’enfants.
   Avec un  » art consommé  » des relations publiques, le savant magnifie sa double victoire sur la rage (victoire toute relative sur une maladie marginale, car des chercheurs doutent aujourd’hui que ses jeunes patients aient été mordus par des chiens vraiment enragés et l’équipe pastorienne connut par la suite plusieurs échecs à l’origine de vives critiques

  Une réputation planétaire:
     Au comble de la gloire, Louis Pasteur satisfait son goût pour les honneurs et les décorations. Mais surtout, il arrive à capter une partie de la générosité populaire au profit de la recherche médicale. C’est ainsi qu’il lance une souscription en vue de fonder l’Institut qui portera son nom.  » Il n’est pas une pierre qui ne soit le signe d’une généreuse pensée  », dit-il de l’édifice élevé au sud de Paris, dans le quartier de Vaugirard. ( Il le dirigera jusqu’à sa mort, le 28 septembre 1895.)
   La France organise des obsèques nationales pour celui que certains désignent avec quelque exagération comme  » le plus grand bienfaiteur de l’humanité  ». Inhumé dans son Institut, le savant continue d’inspirer ses chercheurs…
   Depuis plus d’un siècle en effet, les  » Pastoriens  » multiplient les découvertes que sont venus couronner huit prix Nobel, dont les professeurs Jacob, Monod et Lwoff en 1965. En 1891, Émile Roux met au point le sérum antidiphtérique. En 1894, Alexandre Yersin isole à Hong-Kong le bacille de la peste. En 1921, Albert Calmette et Camille Guérin mettent au point le vaccin BCG contre la tuberculose. En 1983, le professeur Luc Montagnier et Françoise Barré-Senoussi découvrent le virus du sida …….

Pasteur obseques ( Obsèques de Pasteur )

Nouveau meilleur ami de l’homme ?


ratLe rat n’a pas fini de nous surprendre : Son odorat , par exemple, est plus sensible que celui du chien ! Les chercheurs et les scientifiques s’y intéressent de très près , notamment pour le dépistage de certaines maladies et aussi dans des domaines plus périlleux comme la détection de mines anti- personnel… mine militaireEn Afrique  surtout au Mozambique ,des rats sont dressés pour repérer ces engins de mort ….

Ces petits rongeurs d’Afrique sont de vrais héros – ils aident à se débarrasser des mines. Grâce à leur intelligence, leur sens de l’odorat et leur sociabilité ce sont des aides précieuses. 

Une organisation non gouvernementale basée en Tanzanie, APOPO (en flamand : Développement de l’équipement de détection des mines terrestres), élève des rats géants et les entraîne à détecter les explosifs. Ces rongeurs sont ensuite envoyés pour trouver des mines dans des pays comme le Vietnam, le Laos, l’Angola ou le Cambodge.

Les rats ont un sens de l’odorat extraordinaire, ils sont très intelligents et apprennent vite, ce qui fait d’eux de parfaits candidats pour cette mission. Ce sont d’indispensables assistants pour les experts en déminage. Leur but est de sauver des vies et de nettoyer des terres qui peuvent ensuite être exploitées.

   L’un de ces petits héros s’appelle Isaac. Une  de tournage T.V  l’a rencontré alors qu’il était encore tout petit. Avec ses frères et sœurs, il reçoit une formation chez APOPO.           Lorsqu’il est enfin prêt pour sa mission, il est envoyé au Cambodge, pays où il y a plus d’accidents liés aux mines que dans tout autre pays. Des millions de mines terrestres non explosées menacent citoyens et touristes, et ont un effet néfaste sur le développement et la croissance économique du pays. Isaac est là pour régler le problème !

  En plus de leur dveloppé ,et leur faible  » coût d’entretien  » ,ils présentent un autre avantage : leur poids qui est insignifiant implique qu’ils ne sont pas  »détectables  » pour une mine qui n’explose pas …..Les rats sont donc très rarement sacrifiés  » pour ce job comme le rat fait partie des  » NAC  » ( nouveaux animaux de compagnie , c’est une bonne nouvelle  !? )

Il ya environ 116 ans


     Au lendemain de la mort du peintre Camille Pissarro survenue le 13 novembre 1903, le critique d’art Arsène Alexandre signe au sein du Figaro un billet nécrologique rappelant quelle œuvre considérable et d’une grande beauté fut celle de ce grand artiste s’éteignant à 73 ans
  Un grand artiste et un puissant peintre vient de mourir après avoir bien rempli une longue et féconde carrière, écrit Arsène Alexandre. C’est le plus bel éloge que l’on puisse faire de Camille Pissarro, et cet éloge tient en peu de mots et vaut de longs et  » verbeux  » commentaires.
  On savait depuis quelque temps que ce beau et frais vieillard, au sourire si vif et si fin, robuste encore comme un homme mûr, et enthousiaste comme un jeune homme, n’avait plus qu’une santé menacée. Mais l’on espérait que sa robustesse surprenante aurait encore le dessus comme elle l’eut maintes fois. Camille Pissarro s’est éteint dans son domicile du boulevard Morland. J’imagine que la mort eût été encore plus douce pour lui, entouré de l’affection des siens, dans sa maison d’Eragny, dans cette belle solitude rustique dont il aimait la fraîcheur et le calme, en face d’un magnifique automne dont sa vie était l’image.

Les Lavandières. Peinture de Camille Pissarro (1895) :Lavandieres-Pissarro
   Camille Pissarro laisse une œuvre considérable et d’une grande beauté. Il a passionnément et loyalement aimé son art, et il n’est pas un jour qu’il n’ait consacré à l’étude ou à la production. Il a poussé cette loyauté jusqu’à interroger anxieusement tous les procédés, à consulter tous les maîtres, comme s’il se fût défié de sa propre valeur. Mais de chacune de ces explorations, il revenait plus fort, plus en possession de sa personnalité, plus amoureux de la nature qu’il savait sentir et rendre aussi bien que pas un. C’est ce grand respect de l’art, ce profond scrupule, qui a pu un instant dérouter les esprits sur la valeur et la portée de ce hautain talent.
   Mais peu à peu on s’est rendu compte que même dans les pages où il s’était volontairement soumis à des expériences de ce genre, son originalité si tranchée éclatait aussi brillamment que dans celles où il se laissait aller, libre, vigoureux et heureux. Pour cette raison entre bien d’autres, il s’est attiré le respect et l’affection de la jeunesse artistique, car il a été pour elle en même temps un maître, dont la parole était pleine de beaux enseignements, et un camarade, qui ne dédaignait pas de se mettre à l’unisson des recherches les plus neuves et d’entrer dans les rangs de ceux même dont il était un des chefs.

   Il était né en Amérique, à Saint-Thomas ; mais toute sa vie s’est passée en France, et il était vraiment un des nôtres puisqu’il était devenu un des plus importants représentants de l’école française indépendante. Corot avait été son maître, et était demeuré son exemple et l’objet de son admiration. C’était de Corot qu’il tenait sa science des valeurs qu’il pratiquait magistralement et qu’il enseignait lui-même avec la plus grande libéralité à tout jeune peintre qui voulait profiter de ses leçons. Ses premières oeuvres se ressentent directement de l’influence de Corot pour l’emploi des beaux gris argentés, le choix de motifs simples, l’entente de l’atmosphère.
   Mais déjà sa note est à lui, et un Pissarro est bien un Pissarro, se reconnaît de loin entre toutes les autres peintures. En 1859, il envoie au Salon pour ses débuts un Paysage de Montmorency ; en 1864, des Bords de la Marne ; en 1865, une vue de Chennevières ; en 1866, des Bords de la Marne en hiver ; en 1869, l’Hermitage ; en 1870, l’Automne. Mais, bientôt Pissarro ne devait plus prendre part aux expositions officielles. Il se passionnait pour les nouvelles recherches de lumière qui devaient plus tard valoir à Renoir, à Monet et à Sisley une place si glorieuse, et dès les premières expositions du groupe, il était au nombre des plus beaux lutteurs et des plus puissants démonstrateurs.

Camille Pissarro. Autoportrait :Camille-Pissarro
   Depuis, son œuvre s’est accrue dans des proportions admirables. Il a tout tenté et tout réussi dans la peinture de paysages. Il suffira de rappeler ses magnifiques séries de Rouen, des Tuileries, du Pont-Neuf, de Dieppe, sans compter les nombreux sites de Londres, de Sydenham, et les motifs de son cher Eragny, où il notait la verdure des champs, la fécondité enivrante des vergers, les effets des grands ciels nuageux ou empourprés, et souvent aussi, les neiges et les givres.
   Dans toutes ces œuvres qui prendront de plus en plus de signification et de prix, se manifestent une profonde conscience, un rare sentiment rustique, une joie paisible devant la nature, une anxiété de bien et fortement exprimer, qui lui vaudront une place très importante dans l’art de ce temps où il sera considéré comme un des meilleurs peintres des champs que nous ayons eus depuis l’école de 1830. On vit partir avec un serrement de cœur ce beau maître dont un sourire illuminait la barbe blanche comme ses soleils du soir dorent et embellissent ses neiges.

C’était en novembre….


11 novembre 1831
L’esclave Nat Turner est pendu en Virginie pour s’être révolté
Le 11 novembre 1831, à Southampton, en Virginie, Nat Turner est pendu après jugement pour avoir entraîné dans la révolte une centaine d’esclaves comme lui et assassiné en 24 heures une soixantaine de blancs. Ainsi finit la principale révolte d’esclaves qu’aient connue les États-Unis…

Nat Turner, mystique ou forcené ?
Brève et violente, la révolte de Nat Turner est de loin la plus importante recensée en Amérique du Nord.
Elle se produit dans le comté de Southampton, en Virginie, au cœur historique des États-Unis, sous la présidence d’Andrew Jackson… et pendant le séjour américain du jeune Alexis de Tocqueville. Celui-ci va publier à son retour son chef-d’œuvre, De la démocratie en Amérique (1835) avec quelques chapitres critiques et lucides sur l’immoralité mais aussi l’inefficacité de l’esclavage.
Nathaniel Turner est un jeune homme de trente ans qui a appris à lire par ses propres moyens et se pique de connaître les Saintes Écritures. En marge de son travail dans les champs de coton, il prêche ses compagnons de misère et se livre à de longues réflexions mystiques. Il sert diligemment ses maîtres successifs, de Benjamin Turner à un certain Joseph Travis.
Le 21 février 1831, une éclipse de soleil lui donne à penser que son heure est venue. Charismatique, il convainc une poignée d’hommes de le rejoindre dans sa rébellion. C’est ainsi que, dans la nuit du 21 août 1831, il massacre la famille de son maître puis marche avec sa troupe en direction de Jerusalem, la capitale du comté.
Consciencieusement, les hommes massacrent au passage les blancs des plantations qu’ils traversent. Au total soixante personnes, hommes, femmes et enfants. L’alerte est rapidement donnée et la troupe a raison des rebelles. En moins de quarante-huit heures, ils sont presque tous exterminés. Nat Turner arrive à battre la campagne pendant deux mois avant d’être enfin arrêté, jugé et pendu à Jerusalem le 11 novembre 1831 avec une vingtaine d’autres mutins.
La frayeur a été grande en Virginie et dans les États du sud. À la centaine de rebelles abattus ou pendus vont s’ajouter plusieurs centaines d’esclaves innocents lynchés sous de quelconques prétextes. La législation va se faire également plus répressive.
Il faudra encore attendre une vingtaine d’années pour que les Américains et notamment ceux du nord se mobilisent contre l’esclavage.
Ce sera en 1852 la publication de La Case de l’Oncle Tom, un roman antiesclavagiste d’Harriett Beecher-Stowe, en 1854, la polémique autour du Kansas-Nebraska Act laissant aux habitants de ces nouveaux États le droit d’accepter l’esclavage, enfin en 1856 la création du parti républicain, résolument abolitionniste. Il faudra encore une décennie et les 600 000 morts de la guerre de Sécession pour que le 18 décembre 1865 prenne effet le 13e amendement de la Constitution qui abolit l’esclavage.
Une vie romancée
Dans sa prison, avant son exécution, Nat Turner s’est confié à l’avocat Thomas R. Gray qui a publié le fruit de leurs entretiens sous le titre : Les confessions de Nat Turner . Ce document a nourri bien plus tard, en 1867, un roman à thèse de William Styron. Brodant très librement, le romancier a transformé l’esclave rebelle en un obsédé sexuel hanté par le viol de la femme blanche, ce qu’il n’était pas : il a interdit sévices et viols à ses comparses pendant leur équipée nocturne. La cinéaste Nate Parker en a tiré un film en 2015 : Nat Turner, Naissance d’une Nation.