Rois de France …



….. tous un peu fêlés !?

L’humour bizarre de louis XV

Louis XV ?

Le Bien-Aimé est déroutant. Enfant déjà, il a une façon bien à lui de s’amuser. Alors qu’il est souvent muré dans le silence, il peut, d’un seul coup, déchirer les manchettes de dentelle d’un ministre, couper les sourcils d’un écuyer ou même tirer une flèche dans le ventre du grand prévôt! Son entourage rit jaune. Ado, il continue ses drôles de blagues montant sur les toits de Versailles pour effrayer les vieilles dames ou arrosant un abbé avec un jet d’eau. On pourrait croire que le roi, devenu adulte, va se calmer. Perdu! Il a encore des coups de folie qui surprennent son entourage. Un ami de la Pompadour en sait quelque chose : alors qu’il informe LouisXV qu’il sort tout juste d’une crise de goutte, le roi lui écrase les pieds en lui demandant si c’est bien là qu’il a mal…

Diagnostic : selon le psychiatre Michel Kummer, LouisXV aurait souffert d’une faille narcissique, due à une enfance malheureuse et à son écrasant prédécesseur, le Roi-Soleil.

Cours, Charles VI, cours

Charles VI, ?

Ce roi n’a pas hérité du surnom de Charles VI le Fol sans raison… Le 5 août 1392, en expédition contre le duc de Bretagne, il traverse la forêt du Mans avec ses hommes. Soudain, un illuminé surgit devant lui et hurle :  » Arrête, noble roi, ne va plus car tu es trahi.  » Troublé, le monarque craque un peu plus tard, lorsque les lances de deux pages s’entrechoquent par accident. Il sort aussitôt son épée, attaque son frère et tue six de ses hommes avant qu’on parvienne à l’attacher. Cette crise de folie furieuse n’est que la première d’une longue série. Le roi croit voir des ennemis partout, prétend s’appeler Georges, refuse de se laver  et court souvent dans son palais jusqu’à tomber d’épuisement. Affirmant être de verre, il se couvre d’attelles en fer et refuse qu’on le touche. Le voilà bel et bien devenu fol.

Diagnostic : selon les historiens, Charles aurait été schizophrène, paranoïaque ou bipolaire .

Marie-Antoinette, la timbrée de déco

Marie-Antoinette ?

Bien avant Valérie Damidot, Marie- Antoinette voue une passion à la décoration intérieure. A Versailles   comme au Petit Trianon, elle a tout refait, du sol au plafond, parfois plusieurs fois, sans jamais regarder à la dépense ! En 1779, elle veut redécorer son Grand Cabinet et commande un meuble splendide et une soierie en satin blanc broché d’arabesques et de fleurs pour les rideaux et les tapisseries. Le tissu coûte plus de 100 000 livres à lui tout seul ! Ce qui ne l’empêche pas, quatre ans plus tard, de tout arracher pour installer des boiseries. Au Petit Trianon, elle exprime toute sa créativité, et sa passion vire à l’obsession. Influencée par Rousseau  et le naturalisme, la reine veut recréer l’illusion d’une flore sauvage pour que le décor soit en harmonie avec l’atmosphère bucolique du lieu. Des porcelaines couvertes de bleuets aux meubles en bois où sont délicatement sculptés pommes de pin, boutons d’or ou épis tressés, la reine se ruine pour mettre la  » nature  » partout ! Ainsi s’assoit sa réputation de  » Madame Déficit  ».

Diagnostic : Marie-Antoinette semble atteinte d’oniomanie, trouble lié aux achats compulsifs.

Pas de  »miaou » pour Henri III

Henri II ?

Il ne fait pas bon être un matou sous le règne d’Henri III ! Le dernier des Valois a en effet une peur panique des chats, si forte qu’il s’évanouit à leur vue. Manque de chance, à la fin du XVIe siècle, les chats pullulent dans le royaume de France. Pour s’en protéger, le monarque n’hésite pas à faire usage de son pouvoir. Il interdit à quiconque à la cour d’en posséder un, histoire de pouvoir se balader dans son château de Saint-Cloud sans risquer la syncope. Mais que faire face aux hordes de félins qui l’attendent dès qu’il met le nez dehors? Les exterminer, pardi! Le roi tout-puissant ordonne à ses gardes de tuer tous les chats qui croisent leur chemin. Bilan de son règne : 30 000 matous tués entre 1574 et 1589.

Diagnostic : Henri III souffre d’ailurophobie, la phobie des chats , qui peut provoquer tremblements et tachycardie.

Les pulsions perverses de Charles IX

Charles IX ?

La légende raconte que le soir de la Saint- Barthélemy , le 24 août 1572, Charles IX, 22 ans, est resté au balcon à se délecter du massacre des protestants. Si c’est faux, le fils de Catherine de Médicis  a tout de même un penchant pour la cruauté et le goût du sang. Quand il rentre de la chasse, il peut s’arrêter dans la basse-cour d’un paysan et abattre toutes ses bêtes. Ou égorger son chien, qu’il adore pourtant. A la cour, il décide un jour que les hommes doivent porter une boucle d’oreille. Les courtisans font la queue pour se percer le lobe. Le lendemain, le roi a changé d’avis et tire les oreilles de ceux qui ont obéi ! Malade, il souffre dans ses derniers mois d’ hallucinations .

DiagnosticCharles IX, fragile psychologiquement, aurait été traumatisé par la violence des guerres de Religion.

La très cruelle Jeanne de Bourgogne

Jeanne de Bourgogne ?

Mieux vaut ne pas déplaire à Jeanne la Boiteuse, reine de 1328 à 1349. Car l’épouse de Philippe VI de Valois a une fâcheuse tendance à vouloir supprimer ceux qui la dérangent, tel le chevalier Robert Bertrand, un proche conseiller du roi. Jeanne a un plan machiavélique pour l’éliminer. Elle épuise son mari dans le lit conjugal et, sitôt qu’il est endormi, subtilise le sceau royal pour rédiger un acte de pendaison du chevalier, plus vrai que nature. Mais le roi découvre la supercherie et la punit sévèrement… Ce qui ne l’empêche pas de récidiver. Elle s’attaque à l’évêque de Beauvais, en visite à la cour. Pleine d’attentions, elle lui offre de prendre un bain chaud. Mais l’évêque se méfie et accepte, à condition d’échanger sa baignoire avec celle de l’héritier du trône, le prince Jean. Panique ! On plonge un chien dans le bain, il trépasse aussitôt. Quant à Jeanne, elle subit, une nouvelle fois, les coups de son royal époux.

Diagnostic Sans aucun doute, Jeanne de Bourgogne a de sévères pulsions sadiques.

Fous d’animaux

A la cour de LouisXV,

Louis XV ?

un certain Brillant a un accès illimité et privilégié au cabinet du roi, au point qu’on le surnomme son  » collègue  ». Qui est donc ce favori? Un chat! Un gros matou angora, à qui LouisXV voue un amour sans bornes et qui se balade tranquillement sur la table du Conseil royal. Ce n’est que l’une des histoires d’amour qui lient les rois de France à leurs animaux de compagnie… parfois surprenants!

L’éléphant de Charlemagne. L’empereur balade ce splendide éléphant blanc, baptisé  » Abul Abbas  », offert par le calife de Bagdad en 799 de palais en palais et l’embarque même dans ses campagnes militaires.

Charlemagne ?
éléphant ( pas blanc lol )

Les marmottes de CharlesVIII. Le roi, qui voue une passion à tous les animaux, veille à habiller chaudement ses marmottes l’hiver, avec des costumes de velours rouge sur mesure!

marmotte ?
Louis XI ?

Louis XI gaga des chiens. Il offre à ses 4 lévriers, Paris, Arthus, Plessis et Cherami, des coussins pour leurs siestes et fait donner des messes en leur honneur. Son chouchou, Cherami, porte même un collier de pierres précieuses!

lévrier ?

Le rhinocéros de LouisXV. L’animal venu d’Inde et décrit comme  » fort et méchant  » arrive à Versailles en 1770. LouisXV lui fait aménager un enclos et un bassin dans la ménagerie royale, dont il devient la star.

Louis XV ?
rhinocéros  »croquis  »

boooof !

C’était il y a environ 190 ans :


Le 25 octobre 1836

Érection de l’obélisque de la Concorde

Le 25 octobre 1836, est érigé à Paris, sur la place de la Concorde, un obélisque en provenance du temple pharaonique de Louqsor (Égypte) et vieux d’environ 4 000 ans (on peut le considérer comme  » le plus ancien monument de Paris  »).

édification de l’Obélisque ?

Cadeau de roi

L’obélisque est le deuxième cadeau diplomatique du  »wali  » ( = vice-roi d’Égypte) Méhémet Ali à la France. Le 9 juillet 1827, sous le règne de Charles X , Paris avait déjà accueilli un girafon répondant au  » doux nom » de Zarafa, premier animal de son espèce à fouler le sol français.

Reprenant une tradition bimillénaire inaugurée à Rome par l’empereur Auguste, qu’on peut qualifier de mécène, qui eut le premier l’idée d’utiliser les obélisques égyptiens comme décor urbain, le wali propose à la France et à l’Angleterre de leur faire cadeau des deux obélisques d’Alexandrie en remerciement de leur contribution à la modernisation du pays. Mais en connaisseur avisé, l’égyptologue Jean-François Champollion  

Champollion ?

lui suggère d’offrir plutôt à la France les deux obélisques de Louqsor.

Ces deux obélisques ont été édifiés à l’entrée du temple de Louqsor (ou Louxor) au XIIIe siècle av. J.-C. par Ramsès II. Il était habituel en effet que les pharaons fassent ériger à l’entrée de leurs temples, deux obélisques sur lesquels étaient gravés leurs exploits et leurs hommages aux dieux, en premier lieu Amon, dieu du soleil. Ces monuments, qui figurent un rayon de soleil pétrifié, sont le point de contact entre le monde des dieux et celui des hommes.

Sculpté dans un monolithe de granit, l’obélisque occidental, celui qui fut choisi pour être le premier transporté à Paris, mesure 22,84 mètres et pèse près de 230 tonnes.

Exploit technique

Pas moins de sept ans furent nécessaires pour le démonter  et le transporter en bateau, d’une traite, de Louqsor au quai de la Concorde, au centre de Paris… sans le briser. Ces opérations, que beaucoup pensaient impossibles à l’époque, sont conduites à bras d’hommes et avec de simples machines à poulies.

Faute de bois et d’ateliers en Égypte, ces machines furent construites en France, sur les plans de l’ingénieur de marine Apollinaire Lebas

Apollinaire Lebas ?

, et remontées sur place. Elles permettent de coucher l’obélisque puis de le faire glisser sur quatre cents mètres jusqu’au Nil. Là, l’obélisque est chargé sur le Luxor.

Ce navire de transport a été aussi construit en France, à Toulon. Il a un fond plat, un faible tirant d’eau et cinq quilles pour supporter la haute mer, ainsi que trois mâts démontables pour pouvoir passer sous les ponts de la Seine. Sa poupe détachable permet de charger le monolithe par l’arrière.

Commandé par le lieutenant de vaisseau Raymond de Verminac Saint-Maur, assisté du polytechnicien Léon de Joannis, qui va  » croquer  » sur ses carnets toutes les étapes  de l’expédition, le Luxor descend le Nil sur 750 kilomètres, jusqu’à son embouchure. On doit arroser régulièrement la coque et les mâts pour éviter que le bois n’éclate sous l’effet de la chaleur ! 

Enfin, le 2 janvier 1833, à Alexandrie, le navire de transport est arrimé au Sphynx, la première corvette à vapeur de la marine française, qui va le remorquer à travers la Méditerranée jusqu’à Toulon puis de là jusqu’au Havre à travers le détroit de Gibraltar et l’océan Atlantique. Sur la Seine, le Luxor est halé par un équipage de vingt-huit chevaux jusqu’à Paris. 

L'obelisque de la Concorde, carte postale, 1917.La presse a suivi pas à pas les travaux et le voyage. Le plus difficile reste à faire : il faut décider de l’endroit où l’ériger ! La polémique fait rage. Certains penchent pour la place de la Bastille, d’autres pour le Louvre, d’autres encore pour le pont Neuf, au milieu de la Seine... Finalement, le nouveau roi louis-Philippe 1er , dans un souci d’apaisement, tranche en faveur de la place de la Concorde. 

Conçue en 1763 par l’architecte Anne-Jacques Gabriel dans le prolongement du Louvre et des Tuileries, sous le nom de place Louis XV, cette place a d’abord servi d’écrin à la statue du roi. Rebaptisée place de la Révolution sous la Convention, en 1792, elle a accueilli la guillotine et vu l’exécution de Louis XVI. Après la Terreur, elle a pris son nom actuel, plus consensuel, de place de la Concorde. L’obélisque consacre sa réhabilitation.

Le jour venu, l’érection se déroule sous les yeux d’une foule ébahie ( environ 200 000 personnes ) et du roi en personne, au balcon de l’hôtel de la Marine. Après trois heures de tension et de silence respectueux, sous la direction d’Apollinaire Lebas, l’obélisque est enfin dressé. C’est alors l’explosion de joie tandis que cent musiciens interprètent les Mystères d’Isis de Mozart.

Il est à noter que les difficultés de l’opération dissuadèrent les Français d’aller chercher aussi le deuxième obélisque. Ne nous en plaignons pas. Il honore comme il se doit le temple auquel il est consacré. Quant aux Anglais, ils ont aussi renoncé à l’obélisque de Karnak, encore plus grand, qui leur avait été offert.

voyage de l’obélisque .

 »fringues » = vêtements ?


On entend /emploie souvent ce mot / verbe (  » fringuer » ) pour dire vétu (e),habillé (e), mais d’où vient ce mot ? depuis quand est il utilisé ?……

 »Elle est toujours bien fringuée et pourtant, elle ne roule pas sur l’or  ».

 »Quand tout est vert
C’est comme l’espoir qui va tout nu
On l’a fringué comme on a pu
 ‘(extrait de la chanson de Mr Léo Ferré ,  »Mon p’tit voyou  » )

Comme chacun sait , »fringue » signifie habillement,habit,vêtement……

Mais d’où vient ce mot ,? :

 De l’ancien français fringuer =  » gambader  » et se rapporte à fringant  .( on dit parfois d’un animal (surtout cheval ) qu’il est fringant …………..

Gambader, manifester, par des gestes, la fougue, l’allégresse.

exemple/citation: (Le danseur (…) l’avait lâchée (la femme) et (…) il fringuait, tel un poulain échappé, dans ce bal .La folie de la jeunesse les faisait un peu trop fringuer de joie et les poussait, comme à cent hasards à cent farces fantasques (Pourrat, Gaspard,1922 ).

−  (En parlant de chevaux)Bill (le poney) qui a le sentiment inné des convenances, ne fringuait plus, allongeait un sabot triste (Arnoux).

 Emploi populaire : Habiller, vêtir. Être bien, mal fringué. Synon. frusquer (pop.), nipper (fam.).À travers ses doigts entr’ouverts il regarde à quel genre d’homme il a affaire et comme l’homme est plutôt mal fringué le saint-père est un peu inquiet (Prévert,Paroles,). » …  Salut les voyageurs!  » dit Vincent gaiement; il siffla d’admiration :  » Comment que tu es fringuée!…  » (Beauvoir):

… il me reste les quatre-vingts de l’housteau, c’est entendu que la famille me fringue : mais s’il y a un ressemelage de souliers, des mouchoirs à acheter, une chemise, des fixe-chaussettes, tu ne penses pas que j’attends les vacances? Aragon

 ».Il se fringuait comme l’oncle Arthur… en fier artiste exactement, avec barbiche, lavallière, tatanes longuettes  »Céline, Mort à crédit).

On dit aussi , fringuer pour un verre. : =>>Y verser de l’eau et l’agiter afin de le rincer.  »Ce déjeuner avait été (…) une merveille (…) les couverts et les cristaux fringués à miracle (Richepin )

C’était il y a environ 172 ans : le 3 /01/1851


LE PENDULE DE FOUCAULT, UNE RÉVOLUTION SOUS LE PANTHÉON

Abrité depuis près de deux siècles sous l’imposant dôme du Panthéon, le pendule du physicien Léon Foucault (1819-1868) a permis à lui tout seul de prouver la rotation terrestre. Une révolution, dans la continuité de celle de Copernic, qui a profondément ébranlé la communauté scientifique du XIXe siècle. Aujourd’hui encore, il est possible d’admirer le célèbre pendule reposant sous sa belle voûte, parmi les cénotaphes.

A LA RECHERCHE D’UNE PREUVE

Les découvertes de Léon Foucault sont l’héritage de plusieurs siècles de réflexions menées sur le mouvement de la Terre. Comme chaque théorie, rien ne tombe spontanément du ciel, tout est pris dans son évolution. L’histoire commence à l’Antiquité : Pythagore défend déjà que notre planète est sphérique, tandis que Philolaos de Crotone est le premier philosophe à lui attribuer un mouvement. Bien que quelques précurseurs, comme Aristarque de Samos, aient envisagé l’héliocentrisme de notre univers, c’est Nicolas Copernic qui le théorise le premier dans un court traité publié vers 1513. Mais malgré ses nombreuses connaissances, ce dernier ne parvient pas à accorder ses calculs à sa pensée. Cela vient en réalité du fait que les mouvements des planètes sont légèrement elliptiques, ce que Johannes Kepler découvrira le siècle d’après. Toujours est-il que la révolution copernicienne met du temps à être digérée par bon nombre de savants, et surtout, de théologiens.

Le système planétaire héliocentrique de Copernic, gravure, 1510

Il faut donc attendre le XIXe siècle pour que le mouvement de la Terre soit finalement démontré par des preuves scientifiques. Après des études de médecine, le jeune Léon Foucault s’oriente vers la physique expérimentale. Il souhaite notamment mesurer avec précision la vitesse de la lumière, et s’intéresse de près aux théories de Copernic. C’est en 1851 que lui vient alors l’idée du pendule, à la suite d’une observation : il constate que le plan de vibration d’une verge fixée dans le mandrin d’un tour reste fixe lorsque ce dernier est en rotation. Sur les oscillations libres d’un pendule, il imagine ainsi qu’un terrien devrait observer une lente rotation en sens inverse, ce qui prouverait le mouvement de la Terre.

Léon Foucault, Bertall, 1882

C’est dans la cave de sa maison, rue d’Assas, que Foucault lance alors son expérience. Son premier pendule, conçu avec l’ingénieur Gustave Froment, est constitué d’une boule de laiton de 5 kilogrammes et d’un fil d’acier de 2 mètres de haut. Pour ne pas être faussées par les vibrations de la ville, ses observations sont toujours faites de nuit, aux côtés de d’autres scientifiques. Parmi eux, l’astronome François Arago, alors directeur de l’Observatoire de Paris, qui l’autorise à faire une première démonstration dans son institution. Un deuxième pendule, de 11 mètres de haut cette fois, est alors construit par Froment. Puis, à la demande de Napoléon III, Foucault réitère l’expérience un mois plus tard sous le dôme du Panthéon, alors ouvert au public. C’est un succès sans précédent.

LA TERRE TOURNE SOUS LE PANTHÉON

Le 26 mars 1851, à la une du journal  » Le National  », on énonce à tous l’incroyable expérience publique qui est à observer entre les quatre murs du Panthéon :  »Avez-vous vu tourner la Terre ? Voudriez-vous la voir tourner ? Allez jeudi, et jusqu’à nouvel ordre, tous les jeudis suivants, de 10 heures à midi, au Panthéon  ». L’intérêt du pendule, c’est qu’il met en évidence la rotation de la Terre de manière assez simple, sans avoir à recourir à des notions scientifiques complexes. De plus, cette expérience est facilement reproductible et peut être observée en quelques minutes par tout un chacun.

L’expérience du pendule de Léon Foucault au Panthéon, 1851

Intrigué par cette découverte, Napoléon III autorise en effet Foucault à utiliser le dôme du Panthéon pour installer son pendule. Toujours accompagné de Froment, le physicien suspend alors un fil d’acier de 67 mètres de long au sommet de la coupole. A l’extrémité, il accroche une sphère de 28 kilogrammes et de 38 centimètres de diamètre. Puis, en dessous, un grand cercle rempli de sable est positionné de telle sorte qu’il laisse apparaître les traces du pendule et définisse l’espace d’oscillation.

Oscillations exercées par le pendule de Foucault

Le public peut alors observer qu’au bout d’un certain moment, les marques se décalent progressivement, ne revenant jamais au point de départ. Cela prouve que la Terre est en train de tourner sur elle-même. Dans son compte rendu à l’Académie des Sciences, Foucault décrit ainsi son observation :  » Quand on veut procéder à l’expérience, on commence par annuler la torsion du fil et par faire évanouir les oscillations tournantes de la sphère. Puis, pour l’écarter de sa position d’équilibre, on l’embrasse dans une anse de fil organique dont l’extrémité libre est attachée à un point fixe pris sur la muraille, à une faible hauteur au-dessus du sol… dès qu’on est parvenu à l’amener au repos, on brûle le fil organique en quelque point de sa longueur ; sa ténacité venant alors à faire défaut, il se rompt, l’anse qui circonscrivait la sphère tombe à terre, et le pendule, obéissant à la seule force de la gravité, entre en marche et fournit une longue suite d’oscillations dont le plan ne tarde pas à éprouver un déplacement sensible.  »

DU SUCCÈS DU PENDULE À LA GÉNÉRALISATION DU GYROSCOPE

En 1851, les parisiens se précipitent tous pour assister à ce spectacle révolutionnaire, et les théologiens réticents s’inclinent peu à peu face à une preuve si irréfutable. Au regard des siècles précédents, Foucault reconnaît son succès :  » La notion du mouvement de rotation de la Terre est aujourd’hui tellement répandue, elle a si victorieusement passé du domaine de la science dans celui des idées vulgaires, qu’il pourra sembler superflu de chercher à en donner une preuve nouvelle  ». Par cette révolution, le pendule devient ainsi l’un des symboles du positivisme de l’époque, si bien qu’il est mis en valeur dans le palais de l’Industrie lors de la première Exposition Universelle de Paris en 1855.

La une du journal  » le Parisien » dédiée au pendule de Foucault, 1902

Cependant , son expérience n’échappe pas aux réticences de certains scientifiques qui ne jugent pas le pendule suffisamment convaincant, poussant Foucault à mener d’autres recherches plus précises. L’année suivante, en 1852, le physicien dévoile alors sa nouvelle création, le gyroscope, inspiré par les travaux de l’astronome allemand Bohnenberger

. Le but est de présenter un objet moins encombrant que le pendule, toujours dans l’idée de prouver le mouvement de la Terre. Ce petit appareil est une véritable prouesse mécanique puisqu’il permet de conserver une rotation suffisamment rapide durant une dizaine de minutes afin d’effectuer des mesures de grande précision.

Le pendule de Foucault sous la voûte du Panthéon

Peu à peu, il se révèle aussi être un outil essentiel pour indiquer le nord géographique et la latitude d’un lieu. En effet, si l’axe du gyroscope

est parallèle à l’axe de la Terre, celui-ci ne bouge plus même si son support est en mouvement. Ainsi, c’est au tournant du XXe siècle qu’il permettra de réaliser ce que l’on nomme un  » compas gyroscopique  », facilitant la navigation en pleine mer, le guidage des missiles, le pilotage d’un avion ou d’une fusée, ainsi que le contrôle de l’attitude des satellites. Porteur d’un héritage, Foucault transmet à son tour ses inventions à la postérité, elle-même en passe de faire de nouvelles révolutions.

Il fallait oser!


Hommage musical macabre …….

Il fallait oser ! En Floride,un homme aurait récupéré le squelette de son oncle pour fabriquer …….une guitare !.Le défunt s’appelait Filip . Il est mort à 25 ans dans un accident de moto . A l’époque ,sa famille avait choisi de donner son corps à une université locale .Mais ,après avoir entreposé le squelette dans une salle de classe pendant près d’un quart de siècle ,l’établissement a voulu s’en séparer .La Grèce refusant la crémation ,un neveu a décidé de rapatrier les ossements aux U.S.A .Après les avoir exhibés pendant quelques temps à ses amis ,l’homme ,fan de musique  » hard rock  » et  » heavy métal  »,a pris la décision de les assembler en ….guitare !Une manière,selon lui , de rendre hommage à celui qui l’avait initié à la musique juste avant son décès . S’il n’a pas le droit de vendre sa  » création  » ,le neveu peut jouer ses morceaux préférés comme bon lui semble sur son instrument macabre baptisé  » Filip Skelecaster  » ?

C’est pourtant vrai ! ( j’avais cru à une plaisanterie )

Le  »philo sémitisme » de 1919 à 1939


Aimer et aider les juifs dans l’entre-deux guerres ( par Laurence Elmalih)

En France, les années 1920 et 1930 sont généralement associées à une montée de l’antisémitisme. Laurence Elmalih a décidé d’étudier au contraire le philo sémitisme, ce courant d’amitié à l’égard des juifs, durant l’entre-deux guerres. Bien que numériquement faibles, ces mouvements philo sémites étaient extrêmement divers et actifs.

Des prêtres et pasteurs aux intellectuels et politiques, en passant par les journalistes, Laurence Elmalih nous fait accéder à toutes ces personnes dont l’engagement philo sémite a souvent été oublié par la suite.

Dans votre thèse, vous décrivez le mouvement philo-sémite comme un mouvement très divers. Qui étaient les philo-sémites de cette époque ?

Les philo-sémites n’étaient pas très nombreux, mais le mouvement était très hétérogène. Il regroupait beaucoup de religieux, comme des prêtres, des pasteurs et des congrégations, ainsi que des intellectuels, tel le philosophe Henri Bergson, et des politiques. Il y avait aussi des journalistes, comme Georges Bidault, rédacteur en chef de L’Aube et qu’on connaît aujourd’hui pour son engagement au sein du Conseil National de la Résistance. Même si les musulmans étaient très peu nombreux en France à cette époque, on retrouve la trace d’un imam qui a signé une pétition contre les persécutions des Juifs. C’est d’abord un mouvement qui part des populations qui ne sont pas juives.

Ces personnes n’arrivaient pas tous au philo sémitisme pour les mêmes raisons. Certains arrivaient à la suite de débats théologiques, d’autres se ralliaient pour soutenir le sionisme, puis, à partir des années 1930, pour lutter contre l’antisémitisme. Le mouvement évolue ainsi pendant la période. Par exemple, la congrégation  »Notre-Dame de Sion »

(Notre-Dame de Sion, couramment abrégé en NDS, est une congrégation religieuse catholique   fondée en 1843 par les Français Théodore et Alphonse Ratisbonne) . Plusieurs communautés ainsi que de nombreux établissements scolaires portent actuellement le nom de  » Notre-Dame de Sion  » dans le monde. Soeur Emmanuelle ,Paul Démann  et Pierre Lenhardyt  y ont prononcé leurs vœux.

L’histoire de Notre-Dame de Sion se confond avec celle des relations entre judaïsme et christianisme. D’abord fondée dans le but de convertir les juifs au christianisme  et s’y activant sans relâche, la congrégation change radicalement d’orientation à partir du concile Vatican II  (1962-1965) et la déclaration Nostra AEtate. Dans le monde catholique, elle devient alors l’un des principaux acteurs du dialogue avec le judaïsme, dans le respect de cette religion et en excluant toute volonté de conversion . )

…. Avait d’abord pour but de convertir les Juifs, avant d’élargir son engagement pour montrer les filiations spirituelles existant entre les Juifs et les catholiques.

Vous étudiez les philo sémites dans l’entre-deux-guerres, mais vous notez bien que c’est un mouvement beaucoup plus ancien…

En effet, on trouve déjà des traces d’amitiés judéo-chrétiennes durant la Renaissance. En France, le mouvement prend plus d’ampleur au moment de l’ affaire Dreyfus . En effet, certains dreyfusards deviennent par la suite philo sémites. À cela viennent s’ajouter les débuts du sionisme, avec le théoricien Théodore Hertz, qui sera soutenu par exemple par Charles Gide, l’oncle de l’écrivain André Gide. Toutes ces influences viennent nourrir le mouvement philo sémite de l’entre-deux-guerres.

Dans les années 1930, avec l’arrivée au pouvoir de Hitler en Allemagne, le mouvement philo sémite se transforme et de nouvelles initiatives se développent pour prendre la défense des Juifs. On a par exemple des comités d’assistance aux réfugiés qui sont créés. Ainsi, même s’il avait commencé bien avant, le mouvement philo sémite se développe réellement en réponse aux événements antisémites de la période.

Avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le mouvement philo sémite semble complètement défait. Quel héritage a-t-il laissé derrière lui aux générations suivantes ?

Même si le mouvement a dû passer dans la clandestinité pendant la Seconde Guerre mondiale, il renaît très vite à la fin des années 1940, notamment avec la création de l’Amitié judéo-chrétienne de France par Jules Isaac en 1948. On considère souvent la génération d’après-guerre comme une  »génération spontanée », mais il est important de voir qu’il y a eu des fondateurs du mouvement philo sémite avant eux.

Durant l’entre-deux-guerres, certains Juifs ont essayé de trouver une troisième voie entre une assimilation complète et un repli sur soi. Ils prônent alors les valeurs universelles du judaïsme, comme les idéaux d’humanisme ou de sagesse. Ces idéaux ont perduré par la suite et continuent d’exister aujourd’hui dans les mouvements de fraternité inter-confessionnels.

_________________________________

Laurence Elmalih a soutenu sa thèse “Le philo sémitisme en France pendant l’entre-deux-guerres (1919-1939)” en 1999 à l’Université Paul Valéry à Montpellier, sous la direction de Carol Iancu.

Elle travaille aujourd’hui pour la région Occitanie.

Nouvelle expérience :


( Danger ! ) J’ai décidé de ne plus prendre mon traitement anti -épilepsie Nous ( Je ) verrons bien les résultats ;où çà fonctionne , ou je refais bientôt un malaise / crise et alors??????? Comme je vis seul ; personne ne le saura,ne viendra voir ce qui ce passe ( peut-être MANU ? )=> Perte de connaissance et ?????

____________________________________

Pierre de Rosette…


Lorsque les hommes de Pierre-François Bouchard découvrirent cette stèle qui allait changer le monde le 19 juillet 1799, ils ne procédaient pas à des fouilles archéologiques. En réalité, ils réalisaient des travaux de construction de dernière minute. Les soldats français occupaient un fort délabré à Rosette, en Égypte.

Comment Champollion a-t-il décodé la pierre de Rosette ?

Découverte en Égypte par les forces napoléoniennes, cette stèle d’apparence ordinaire  » constitue la clef, pas uniquement de l’Égypte antique, mais du déchiffrement en lui-même. ‘

Rosetta Stone

Bien qu’il ne s’agisse que d’un morceau d’une stèle de pierre plus grande, les lettres et les symboles gravés ans la pierre de Rosette ont aidé les experts à déchiffrer le code qui régit le système d’écriture antique des égyptiens. Elle a donc permis de révéler de nombreux mystères de la civilisation.

Lorsque les hommes de Pierre-François Bouchard découvrirent cette stèle qui allait changer le monde le 19 juillet 1799, ils ne procédaient pas à des fouilles archéologiques. En réalité, ils réalisaient des travaux de construction de dernière minute. Les soldats français occupaient un fort délabré à Rosette, en Égypte. Ils n’avaient que quelques jours pour préparer leur défense contre les troupes de l’Empire ottoman.

Alors qu’ils démolissaient un mur construit à partir des débris des sites antiques égyptiens des alentours, ils découvrirent  un grand morceau de pierre recouvert de trois types d’écritures, notamment du grec ancien. Intrigué, Bouchard se demanda si la pierre racontait la même histoire dans trois langues différentes. Il partagea sa trouvaille à des savants français venus sonder l’Égypte en quête de trésors archéologiques.

Cette stèle n’était autre que la pierre de Rosette. Les lettres et les symboles soigneusement inscrits dans sa paroi sombre allaient révéler la gloire des anciennes civilisations égyptiennes. Avant tout néanmoins, les experts devaient réussir à déchiffrer ses secrets.

The Rosetta Stone. Ptolemaic era. 196 BC. Detail. Hieroglyphical scripture.

Les experts ont déterminé que la pierre de Rosette datait de 196 av. J.-C., soit au cours de la dynastie ptolémaïque de l’Égypte. Ses inscriptions décrivent une déclaration de loyauté adressée au pharaon de l’époque, Ptolémée V Épiphane Eucharistos.

 

UNE DÉCLARATION DE LOYAUTÉ

Ce morceau de pierre granitique mesure 1,20 m de haut sur 76 cm de large. Il faisait partie d’une stèle, aujourd’hui perdue, bien plus grande. Bien que le texte soit incomplet, sa valeur est inestimable. Il s’agit d’une déclaration, proclamant un culte royal voué à Ptolémée V Épiphane Eucharistos, un roi égyptien ayant pris le trône en 204 av. J.-C.

À l’époque, la dynastie ptolémaïque était en guerre et faisait face à une révolte civile. Cette déclaration fut adoptée par un conseil de prêtres, lesquels l’utilisèrent pour honorer le pharaon et déclarer leur loyauté à son égard. Leur déclaration fut inscrite sur la stèle en trois langues : en hiéroglyphes ptolémaïques, en égyptien démotique ainsi qu’en grec ancien. Des stèles identiques devaient être placées dans chacun des temples d’Égypte.

 

LA CONQUÊTE DES SAVANTS

Revenons en 1798, lorsque les forces napoléoniennes envahirent l’Égypte, alors sous domination ottomane. Les forces conquérantes étaient également composées de scientifiques et d’historiens. Ils sondèrent le pays afin de décrire ce qu’ils y trouvaient. Les égyptologues rassemblèrent de nombreux artefacts qu’ils avaient l’intention de rapporter en France, notamment la pierre de Rosette.

Mais les Britanniques souhaitaient, eux aussi, prendre possession de l’Égypte. En 1801, ils renversèrent les forces françaises. Les Français reçurent l’autorisation d’évacuer mais les Britanniques exigèrent la livraison de leur collection d’antiquités avant leur départ. Ainsi, en 1802, la pierre de Rosette fut acheminée à Londres. Elle fut exposée au British Museum presque immédiatement après son arrivée.

Portrait of Jean François (Jean-Francois) Champollion

Jean-François Champollion, linguiste et archéologue français, a commencé à étudier les langues anciennes lorsqu’il était adolescent, au début du 19e siècle. Sa fascination pour l’Égypte antique l’a conduit à faire de nombreuses découvertes, du déchiffrement de la pierre de Rosette à une meilleure compréhension du processus de momification.

 

LE CODE SECRET DE LA PIERRE DE ROSETTE

La valeur de cette pierre allait bien au-delà de l’esthétique. Depuis longtemps, les chercheurs s’interrogeaient sur la signification des inscriptions picturales, appelées hiéroglyphes, gravées dans les stèles égyptiennes. Puisque son contenu était identique dans les trois langues, les experts estimaient que la pierre de Rosette pouvait contribuer à percer ce mystère.

Ils s’empressèrent donc de traduire les caractères de la pierre. Bien que de nombreux savants de toute l’Europe participèrent à ce déchiffrage, les deux contributions les plus importantes furent celles du Britannique Thomas Young et du Français Jean-François Champollion.

Thomas Young, un polymathe britannique célèbre pour ses découvertes scientifiques, décida d’aborder ce mystère comme un problème mathématique. Après avoir traduit le grec ancien, il prit des note détaillées sur les hiéroglyphes et tenta de faire correspondre systématiquement chacun d’entre eux à sa traduction. Il compara également les glyphes de la pierre à d’autres, gravés dans des statues. Young réussit à identifier les sons phonétiques correspondant à certains des glyphes, à déchiffrer certains caractères et à comprendre comment se formait le pluriel de certains mots.

The god Re
The goddess Isis

Gauche:

Rê, dieu du Soleil.

Droite:

Après avoir déchiffré le code de la pierre de Rosette, Jean-François Champollion a publié une compilation des figures mythologiques qui figuraient souvent dans les hiéroglyphes de l’Égypte antique. Parmi eux, Rê, le dieu du Soleil (à gauche) et sa fille, la déesse Maat (à droite).

Ce fut toutefois le Français Jean-François Champollion, considéré comme le père de l’égyptologie, qui finit par déchiffrer le code en 1822. Alors que Young n’avait aucune expérience de la langue égyptienne, Champollion, lui, parlait couramment le copte et avait de vastes connaissances sur l’Égypte. Il comprit  que les inscriptions démotiques, le troisième système d’écriture figurant sur la stèle, véhiculaient les syllabes et que les hiéroglyphes représentaient les phonèmes coptes.

Il venait là de mettre au jour une véritable découverte. La légende raconte que Champollion, fou de joie, se précipita  dans le bureau de son frère et s’écria  » Je tiens mon affaire !  », avant de tomber dans un coma de cinq jours.??

L’HÉRITAGE DE LA PIERRE DE ROSETTE :

Champollion se servit de cette pierre pour créer un alphabet phonétique des caractères hiéroglyphes. D’autres chercheurs s’appuyèrent ensuite sur son travail pour traduire la pierre dans son intégralité. Le travail de cet égyptologue fut finalement étayé par la découverte et la traduction du décret de Canope , une autre stèle où sont gravés des hiéroglyphes, des inscriptions démotiques et du grec ancien.

La traduction de la pierre de Rosette devint alors le pilier de l’égyptologie et la stèle emblématique fut reconnue comme l’un des artefacts les plus importants de l’Histoire.

Toutefois, la pierre en elle-même est l’objet de controverses puisqu’elle est considérée comme un butin de guerre, reflet de l’expansion coloniale. La pierre de Rosette méritait-elle sa place en Angleterre ou a-t-elle été volée aux Français par les Britanniques ? La réponse dépend de celui à qui vous poserez la question. Au fil des années, de nombreux appels ont été lancés pour rendre la pierre à l’Égypte. Elle demeure toutefois au sein du British Museum, où près de six millions de visiteurs l’admirent chaque année.

Pourquoi la pierre de Rosette, d’apparence plutôt banale, conserve-t-elle un tel prestige encore aujourd’hui, près de deux siècles après la révélation de son secret ? En 2007, John Ray, un égyptologue, a confié à Beth Py-Lieberman, du Smithsonian Magazine que la pierre  » constitue réellement la clef, pas uniquement de l’Égypte antique, mais elle est la clé du déchiffrement en lui-même. Nous savions que de vastes civilisations avaient existé mais elles s’étaient tues. Avec le décryptage de la pierre de Rosette, elles ont pu faire entendre leurs propres voix et soudainement, des domaines entiers de l’Histoire ont été révélés.  »

CEDEX : à quoi sert cette mention ?


Malgré l’arrivée d’Internet, de nombreux courriers circulent encore en France. Chaque année, selon les dernières données de 2019, 8,7 milliards de courriers s’échangent dans tout le pays.

Quand vous envoyez une lettre , il est très important de mettre certaines informations sur l’enveloppe. Il faut évidemment le nom et prénom du destinataire, mais aussi son adresse postale avec le numéro et le nom de la rue, le code postal et la ville.

Toutefois, il est parfois nécessaire de rajouter  » CEDEX  » dans l’adresse. Que signifie cette mention ? Tout d’abord, il faut savoir, dans quels cas, elle est indispensable. Elle aparait, par exemple, lors des échanges de vente par correspondance ou encore lorsque des courriers sont adressés à certaines institutions.

Maintenant ;voici sa signification exacte. Avant tout, CEDEX est un acronyme pour  » Courrier d’Entreprise à Distribution Exceptionnelle  ». Des entreprises ou organisations ont ainsi souscrit à un abonnement spécifique pour que leurs courriers soient traités en priorité. Ainsi, les délais d’envoi et de réception seront moins longs que pour un courrier lambda. Les plis Cedex sont d’ailleurs gérés par des bureaux de poste bien spécifiques.

Comment l’écrire?

Pour comprendre le code, il s’agit en fait pour les deux premiers chiffres du département dans lequel se situe l’organisation, ou du moins son siège social. Les trois qui suivent forment l’identifiant de l’abonnement de l’entreprise au service CEDEX. Après  » CEDEX  », on peut aussi retrouver le numéro d’identification du bureau distributeur ou le numéro de l’arrondissement. Ce code à 5 chiffres est à ajouter sur la dernière ligne de l’adresse en majuscules.

Par exemple, si l’entreprise est à Paris dans le premier arrondissement, et que l’identifiant de l’entreprise  » 016 » », alors il faudra écrire  »75016 PARIS CEDEX 01  ».

Il existe un équivalent pour les particuliers. Il s’agit du CIDEX,  » Courrier Individuel à Distribution Exceptionnelle  » .

C’était il y a environ 538 ans……


5 décembre 1484

Le pape enquête sur les sorciers et les sorcières

    Par la bulle  du 5 décembre 1484 (Summis desiderantas affectibus), le pape Innocent VIII ordonne une enquête sur les sorciers, les sorcières et la sorcellerie, en vue de définir les signes auxquels on peut reconnaître le pacte d’un individu avec le démon ! Comme l’atteste cet acte, c’est curieusement à la fin du Moyen Âge, tandis que la foi médiévale recule au profit de la raison et de la philosophie gréco-romaine, que les prétendus sorciers et sorcières sont désignés à la vindicte publique !

Un siècle plus tard explosera la  » grande chasse aux sorcières  »…

 

Incendie de Jan Hus sur le bûcher, Diebold Schilling le Vieux, Spiezer Chronik, 1485.

Les magiciens et sorciers assimilés aux hérétiques

    Dès les années 1320, alors que le  » beau Moyen Âge  » n’était déjà plus qu’un souvenir, le pape Jean XXII demande aux inquisiteurs de Carcassonne et Toulouse de sévir contre les invocateurs de démons, autrement dit les sorciers, tout autant que contre les hérétiques cathares … Il est vrai que ceux-ci commencent à se faire rares

   En 1326 ou 1327, le pape intervient à nouveau. Il fulmine la bulle Super illius specula par laquelle il assimile les superstitions à des attentats contre la foi. Il écrit :  »Nous apprenons avec douleur l’iniquité de plusieurs hommes, chrétiens seulement de nom. Ils traitent avec la mort et pactisent avec l’enfer, car ils sacrifient aux démons ; ils les adorent, fabriquent et font fabriquer des images, un anneau, un miroir, une fiole ou un autre objet dans lequel ils renferment les démons, par la magie ; ils les interrogent , obtiennent des réponses, demandent du secours pour l’accomplissement de leurs désirs pervers, se déclarent esclaves fétides dans le but le plus répugnant. Ô douleur ! Cette peste prend dans le monde des développements insolites, elle envahit de plus en plus le troupeau du Christ  » (cité par Colette Arnould, Histoire de la sorcellerie, Texto, 2009).

   Les papes suivants vont renouveler ces mises en garde solennelles jusqu’à la bulle d’Innocent VIII. Celui-ci reprend à son compte tous les fantasmes et les délires de ses inquisiteurs sur les prétendus sabbats, maléfices et rituels de sorcellerie pratiqués par  »maintes personnes de l’un et l’autre sexe  » (l’incrimination ne vise pas seulement les femmes). Il engage lesdits inquisiteurs à s’engager dans la répression de tous les sorciers et sorcières. 

Mais deux ans plus tard, en 1486, deux prédicateurs publient un premier guide de répression de la sorcellerie, le Malleus maleficarum (le  » Marteau des sorcières  »). Celui-là vise tout particulièrement les femmes. Il va être de nombreuses fois réédité et va inspirer notamment le traité de démonologie de l’illustre et très respectable Jean Bodin, plus connu pour son traité de science politique Les Six Livres de la République (1576).

   Il écrit son traité De la démonomanie des sorciers en 1580, après avoir participé en tant que magistrat au procès d’une sorcière, Jeanne Harvilliers. C’est le début de la « grande chasse aux sorcières », essentiellement en Europe centrale. Contemporaine de quelques-uns des plus grands esprits scientifiques qu’ait connue l’humanité, elle fera en soixante-dix ans environ deux fois plus de victimes que la guillotine sous la Révolution ou l’Inquisition en quatre siècles…

%d blogueurs aiment cette page :