C’était il y a 27 ans…..


Le 11 janvier 1994

Dévaluation du franc CFA

Le 11 janvier 1994, le gouvernement français d’Édouard Balladur décide  »courageusement » de dévaluer de moitié le franc CFA. (qu’est-ce que le franc CFA)?

Cette monnaie a été créée par la France en 1948 pour ses colonies d’Afrique noire, avec une parité fixe par rapport au franc français : 50 francs CFA = 1 franc français. Son cours est maintenu depuis lors par la Banque de France quoi qu’il en coûte à cette dernière.

CFA a d’abord signifié Colonies Françaises d’Afrique avant d’être converti en Communauté Financière Africaine après les indépendances africaines.

Cet héritage de la colonisation garantit aux États issus des anciennes colonies africaines une monnaie stable par rapport au franc et aujourd’hui à l’euro. Ces États sont le Sénégal, le Mali, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Tchad, la Guinée-Bissau, le Togo, le Bénin, la Cameroun, la République Centrafricaine, le Gabon, le Congo et les Comores.

Le franc CFA permet à la France de maintenir ses anciennes colonies dans une relation de dépendance. Il assure aux fonctionnaires et dirigeants africains un revenu stable. Il facilite aussi les détournements de fonds et les transferts vers les coffres suisses ou luxembourgeois. Mais il pénalise gravement les producteurs locaux, tant les agriculteurs que les artisans, qui ne peuvent soutenir la concurrence des entreprises européennes et les importations alimentaires lourdement subventionnées par l’Union européenne.

Après avoir suspendu dès le 2 août 1993 le change de billets de francs CFA, Édouard Balladur a divisé par deux la valeur du franc CFA (100 francs CFA = 1 franc français). Il en a résulté une baisse immédiate du pouvoir d’achat des citadins africains, habitués à consommer des produits d’importation, mais aussi une très forte relance des productions locales (comme le cacao et le café de Côte d’Ivoire). Malheureusement, les dysfonctionnements des régimes africains (corruption, conflits, trafics avec la France et les dirigeants français) n’ont pas tardé à effacer les effets bénéfiques de la dévaluation.

Gazette …..Origines de ce mot …


Des origines vénitiennes

Aujourd’hui, le mot gazette est employé couramment pour désigner un journal, mais j’apprends que ce terme tire ses origines de la Vénétie ….

L’histoire qui se cache derrière le mot  » Gazette » :

Au XVIe siècle, Venise, dont le port est alors l’un des plus importants d’Occident, décide de créer un journal rapportant les nouvelles du monde, collectées grâce à ses grands navigateurs.
Ces journaux sont baptisés Gazeta, du nom d’une pièce frappée par la Cité des Doges à cette époque. Cette pièce de monnaie qui équivaut à, environ, cinquante de nos centimes de franc

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1 centime

, correspond alors au prix du journal.

CanalettoLe grand Canal à hauteur de la basilique Santa Maria della Salute de Venise

La Gazette de France

Portrait de Théophraste Renaudot (1586–1653)

Au début du XVIIe siècle, la Gazeta vénitienne s’exporte dans toute l’Europe.

Pour suivre ce courant, la France crée la Gazette, d’après le nom de son homologue italien.
Le périodique est fondé en 1631 par Théophraste Renaudot, le médecin de Louis XIII sous  »l’impulsion » du cardinal de Richelieu.

Le journal, qui ne comprend pas plus de 4 pages au départ, parait chaque semaine. A l’origine,il est tiré entre 300 et 800 exemplaires.

La Gazette est considérée comme le premier périodique français. 

Publiée chaque samedi, la Gazette a pour objectif de propager l’actualité politique, mais également les nouvelles de la Cour, du Royaume et de l’étranger. 

Gazette de France du mardi 3 février 1789, (image du net)

Très rapidement, ce périodique obtient le monopole de l’information politique en France.

La Gazette gagne en notoriété jusqu’à gagner un tirage à plus de 8 000 exemplaires. Distribuée partout en France, elle prend le nom de Gazette de France, en 1762.

Au cours de la Révolution française, la Gazette de France continue ses publications, mais reste cependant très discrète sur les événements.

En 1792, elle change de nom au profit de Gazette nationale de France et devient un quotidien.

Sous la IIIe République, elle reprend finalement son nom de Gazette de France, avant de disparaître en 1915


Gazette Nationale de France du mercredi 19 décembre 1792, n°267

Un shampoing à la mayonnaise ..


………. est-il efficace contre les poux!!!!!!!

Votre ( mes petites filles ) enfant se gratte la tête ?

Les poux apprécient particulièrement les cheveux longs mais un shampoing à la mayonnaise semble être une arme redoutable. ©Phovoir

Chaque année, la rentrée scolaire annonce le retour des infestations de nos chères têtes blondes par les poux. La prise en charge de la pédiculose (c’est le nom de cette colonisation) repose sur l’utilisation de divers traitements antipoux et de produits chimiques comme des lotions, des gels, des shampoings… Toutefois, que faire si vous refusez d’administrer ce type de traitements à votre enfant ? Pourquoi ne pas tester l’option mayonnaise ? Ce vieux remède semble bien avoir fait ses preuves.

Les poux

pou

sont des insectes dits hématophages, c’est-à-dire qu’ils se nourrissent de sang. Côté anatomie , ils sont constitués d’une tête et d’un corps avec trois paires de pattes. Chacune d’entre elles se termine par une pince qui leur permet de s’accrocher solidement aux cheveux, aux poils et aux fibres des vêtements.

La transmission des poux:

Les poux ne sautent pas et ne volent pas. Ils se transmettent par contact direct. De cheveux à cheveux pour les poux de tête. Les filles qui ont les cheveux longs sont tout particulièrement atteintes. Chaque année, jusqu’à 20 % des enfants scolarisés sont infestés par ce type de poux. D’où la question cruciale, comme s’en débarrasser de façon naturelle sans avoir recours aux divers traitements antipoux ?

Un shampoing à la mayonnaise

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mayonnaise

pour engluer les poux ?!

Parmi les remèdes de grand-mères, la mayonnaise tient un rôle de choix contre ces petites bêtes. En fait, différents travaux se sont déjà intéressés aux bienfaits de cette préparation culinaire. Le principe est très simple. Ce corps gras permet d’étouffer les poux en les engluant. La méthode, si efficace soit-elle, apparaît néanmoins peu ragoutante.

Un shampoing à la mayonnaise enlève aussi les lentes

Si beaucoup conseillent de se masser le cuir chevelu puis de le recouvrir d’un sac plastique  pendant deux heures avant de rincer abondamment, une étude israélienne a démontré que l’efficacité n’est avérée que si le shampoing reste posé au moins… 12 heures !

Enfin, dernier avantage de cette technique : la suppression des lentes. La mayo lubrifie en effet les cheveux et peut donc faciliter le peignage et enlever les œufs du cuir chevelu.

Fritz Haber….


Quel rôle sinistre a joué Fritz Haber

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F.Haber…..
F.Haber

?

Issu de la petite bourgeoisie juive prussienne, Fritz Jacob Haber était à la veille de la Grande Guerre un chimiste allemand réputé et ambitieux. Il avait mené à bien la synthèse de l’ammoniac. À l’origine de cette découverte, une préoccupation majeure des milieux savants de l’époque : empêcher une catastrophe alimentaire mondiale. Pour remédier à la pénurie de guano et de salpêtre, il fallait en effet trouver un procédé chimique et industriel permettant de fabriquer des engrais azotés à partir de l’ammoniac. Grâce à ces engrais, la production agricole serait assurée.

En 1910, l’empereur Guillaume II

Guillaume II

 fonde l’Institut Kaiser-Wilhelm de physico-chimie et d’électrochimie, et Haber est désigné pour en prendre la direction. Dès lors, il va exercer une influence décisive sur les avancées scientifiques du Reich. En octobre 1914, il est un des signataires du manifeste « Appel au monde civilisé », signé en faveur de l’armée allemande par quatre-vingt-treize hautes personnalités universitaires et culturelles. C’est une réponse à l’indignation provoquée dans le camp allié par les exactions et les crimes allemands commis en Belgique et en France . Le manifeste qualifie de justes et légitimes les punitions et les représailles déclenchées par l’armée allemande.

Effets dévastateurs du gaz

Malgré les conventions de La Haye de 1899 et 1907, qui interdisent l’emploi de projectiles pour la diffusion des gaz asphyxiants et l’usage des poisons et des armes toxiques, Haber se propose d’effectuer des recherches sur l’emploi des gaz de combat. Du côté français, des grenades lacrymogènes sont expérimentées, ce qui va justifier, après l’accord du Kaiser, l’expérimentation de gaz irritants. Début 1915, un premier essai est effectué sur le front russe. Il fait froid, la nappe de chlore est insuffisante, le vent est contraire, c’est un échec. Haber sait que le chlore, un gaz produit en grande quantité par l’industrie chimique Bayer, reste longtemps au sol. Une nappe suffisamment dense pour être incapacitante, et même mortelle, aura donc le temps, poussée par un bon vent, de parvenir sournoisement vers les positions choisies.

En Belgique, la géographie de la région d’Ypres et les vents rencontrés semblent convenir pour une première utilisation d’envergure. Promu capitaine sur ordre du Kaiser, Haber vient surveiller lui-même l’installation des réservoirs : cent soixante-dix tonnes de chlore sont enterrées sur un front de six kilomètres. Il attend que le vent soit favorable, ni trop fort ni trop faible. Le 22 avril, les robinets sont ouverts et un épais nuage verdâtre glisse lentement vers les positions britanniques et françaises. Malgré des indices fournis par des déserteurs, c’est la surprise, et, sur des hommes sans protection, les effets sont dévastateurs. Cinq mille soldats succombent et plus de quinze mille autres sont intoxiqués. Une brèche est même provoquée, elle ne sera pas exploitée. En quelques heures, l’Allemagne vient d’obtenir un résultat sans égal. Mais les mesures de protection vont vite apparaître et la réplique ne va pas tarder.

Un Juif allemand adhérant aux valeurs du Reich!!!!

À son retour, Haber a une violente explication avec sa jeune femme Clara. Indignée, elle lui demande, au nom des principes humanitaires, d’arrêter ses recherches qu’elle juge criminelles. Il refuse. Elle se suicide quelques jours plus tard. Il lui aurait répondu : « Un savant appartient au monde en temps de paix, à son pays en temps de guerre. » Obstiné, il met au point d’autres produits toxiques efficaces et mortels, comme le phosgène et l’ypérite, puis trouve la formule (la constante de Haber) définissant la dose de gaz fatale à l’homme selon le temps d’exposition.

Ce savant qui adhérait tant aux valeurs du Reich reçoit le prix Nobel de chimie en 1918. Après la guerre, ses recherches sur les pesticides vont permettre la mise au point de la fabrication industrielle de l’acide cyanhydrique, un acide dangereux qui entre dans la composition d’un pesticide, le Zyklon B, produit utilisé par les nazis dans les chambres à gaz des camps d’extermination. Ce membre du conseil d’administration de l’IG Farben mourra à Bâle en 1934 après avoir dû s’exiler en raison de ses origines juives.

Les légendes de Noël


Les nuits de Noël et les traditions liées à cette fête étaient autrefois souvent empreintes de croyances surnaturelles…

La bûche de Noël :

La traditionnelle bûche gourmande

Glacée ou à la crème pâtissière la bûche de Noël est désormais le dessert qui couronne nos repas de fête.

Pendant des siècles c’est une autre bûche qui était au cœur des festivités de Noël : une grande bûche de chêne ou d’arbre fruitier, la plus grosse que le père de famille ait pu trouver.

La bûche de Noël originelle :

Allumée dans la cheminée familiale, et aspergée d’eau bénite, elle devait se consumer le plus longtemps possible, jusqu’au nouvel an dans le meilleur des cas. Sa longévité devait augurer de l’abondance et la qualité des récoltes.

Les mères de familles accrochaient à ses extrémités des fruits et de petits présents pour les enfants.

Une fois consumée, les cendres étaient, selon les régions, conservées ou dispersées autour de la propriété afin de la préserver de la foudre. Ces cendres étaient aussi réputées pour avoir des vertus médicinales ou protéger contre les morsures de serpents.

Les trésors de Noël

Menhirs bretons

Dans certaines régions, la nuit de Noël voit réapparaître des trésors qui sont habituellement hors de portée des humains.

En Bretagne, par exemple, alors que les douze coups de minuit résonnent (même au clocher des villages engloutis), les menhirs partent s’abreuver à la source, laissant apparaître, l’espace de quelques instants, le trésor enfoui à leur pied.

Village de Saissac dans la Montagne Noire

Dans la Montagne Noire, massif qui s’étend du Tarn à l’Hérault, une légende un peu similaire raconte que pendant les douze coups de minuit, des souterrains, dont l’entrée avait disparu, s’ouvrent à nouveau avec leurs trésors.

Mais gare à celui qui serait tenté de manquer la messe de minuit pour partir en quête de ces trésors…
Toujours dans la région de la Montagne Noire, une croyance populaire veut que les personnes qui seraient parties avant la fin d’une messe de minuit seraient, à leur mort, condamnées à chasser des proies invisibles pour l’éternité.

Le massicot ?……Que ce que c’est ?


MASSICOT
  1. :

L’histoire du massicot

utilisation d'un massicot

L’HISTOIRE DU MASSICOT 

La nécessité d’être aidé d’une machine à couper le papier se fait ressentir bien avant l’invention du fameux  » MASSICOT  ». En effet, c’est en 1830 que les premières machines voient le jour et seulement en 1844 que Guillaume MASSIQUOT (son nom où le  »qu » a été remplacé pour désigner l’appareil ,et son utilisation avec le verbe  » massicoter  ») est resté ,dépose un brevet pour sa machine ! d’où le nom de celle-ci.

Bienfaiteur du papetier, du relieur, du photographe, de l’éditeur… il invente l’outil génial qui rend son nom commun.

Guillaume MASSICOTNé le 5 septembre 1797 à 4 heures du matin à Issoudun..
(19 fructidor de l’an 5 de la République Française
)
Décédé à Paris en 187
0 ( à 73 ans ). Si le massicot est un outil  »familier  », notamment en bureautique, qui se soucie de son inventeur et de l’origine de ce mot à la sonorité aussi coupante que sa lame ?
Quand Guillaume Massicot vient au monde, en 1797, dans le pays berrichon d’Issoudun, son père est maréchal-ferrant. Le jeune homme, lui-même habile au travail du métal et épris d’indépendance quitte, dès 16 ans, sa ville natale pour monter à Paris. Formé à la coutellerie, ce travailleur manuel doué et ingénieux fait son tour de France( comme s’était l’usage pour devenir  » compagnon » ) . Il séjourne deux ans à Paris, un an à Lyon autant à Marseille et Bordeaux, puis trois ans encore dans la capitale avant de s’installer comme coutelier à Bourges ( pas très loin de chez moi ) .
Là, son habileté lui vaut le titre de coutelier du duc de Bordeaux. En 1840, une maladie grave l’oblige à revenir à Paris. il met à profit sa convalescence pour inventer et perfectionner le  » rogne-papier  » qui porte encore son nom, aujourd’hui. A cette époque et depuis une quinzaine d’années déjà, on utilise, pour couper le papier, des machines à lames fixes. Mais avant de faire breveter son invention le 18 mars 1844, ce précurseur construit un modèle à levier tel qu’on peut le voir encore de nos jours. Sa machine, entraînée manuellement, utilise le principe de la  » lame contre support  » qui est toujours celui des massicots contemporains. Ses recherches sont aussi le début d’une grande série d’innovations et de créations de machines pour beaucoup de métiers. L’invention de Guillaume Massicot connaît un succès immédiat dans les imprimeries et papeteries, et lui apporte de nombreux prix dans les expositions de 1846 à 1855. Il devient membre de l’Académie de l’industrie et de plusieurs autres sociétés .Travailler le fer avec grande précision est l’affaire de cet inventeur qui se dit  » serrurier-mécanicien  ». Il possède une entreprise à Châteauroux d’où sortent des machines à battre, tarares, châssis en fer pour serres et toitures, sonnettes… Il emploie une trentaine d’ouvriers qu’il paie jusqu’à trente francs en moyenne par jour en 1874.Il possède aussi une scierie à Châteauroux pour la production de planches et de parquets. On peut dire que cet inventeur visionnaire a grandement facilité la vie des coupeurs de papier, de cuir et de tissus. Et le massicot fait partie des outils indispensables à l’imprimeur, au relieur, au photographe… ainsi qu’à l’usager de l’ordinateur. Si cette machine a pris le nom de son créateur, c’est un hommage rendu à Guillaume Massicot, artisan minutieux, perfectionniste, amateur de bel ouvrage et sachant bien  » couper le papier en quatre  ». Décédé en 1870, il est inhumé au cimetière du Père – Lachaise .

 Grâce à ses recherches, la création et l’innovation d’autres machines pour beaucoup de métiers voient le jour. Son innovation rencontre un succès auprès des imprimeries et papeteries et remporte suite à ça de nombreux prix dans les expositions de 1846 à 1855.

découpe papier au massicot

Le MASSICOT est destiné à couper à l’angle de Marge imprimeur et est présent principalement dans le secteur de l’imprimerie. Il existe plusieurs massicots avec des formats différents, à plusieurs lames… etc…

Le MASSICOT est construit de cette manière: un bâti solide ; une table de travail et une arche contenant la presse et la lame. Pour le faire fonctionner, il suffit d’appuyer simultanément sur une pédale et sur deux boutons qui déclenchent la descente de la presse et de la lame, ce qui permet donc la mise en sécurité des personnes qui utilisent la machine. Cependant, sa manipulation nécessite tout de même un savoir-faire.

MASSICOT
un massicot ?

En effet, par le passé les massicots ont provoqué de nombreux accidents, mais aujourd’hui la sécurité est vraiment renforcée, déjà par l’obligation d’utiliser ses deux mains et un pied pour déclencher la descente, elle est aussi équipée d’une cellule photoélectrique qui permet de détecter la présence d’un objet/corps étranger et qui stop tout de suite la machine.  

Le massicot procède en 2 étapes :

1ère étape : Une presse bloque une pile de papiers qu’il faut découper.

2ème étape : Une lame effectue la tâche de découpe.

Fonctionnement :

Il y a environ….


…….248 ans…

(Billet mis pour  » tester » ma connexion !!)

Le 16 décembre 1773, se déroule à Boston une bien étrange  » Tea-party  »…

Dans le grand port de la colonie anglaise du Massachusetts, le colon Samuel Adams et quelques amis déguisés en Indiens montent sur un vaisseau à l’ancre et jettent sa cargaison de thé à l’eau (343 caisses d’une valeur de 100 000 livres). Cette manifestation d’humeur fait suite à une longue série de malentendus entre les Treize Colonies anglaises d’Amérique et le gouvernement de Londres… Elle va être l’amorce de la guerre d’Indépendance…

Malentendus entre Londres et les colons

Certains colons des Treize colonies se plaignaient d’être soumis à des taxes nouvelles par le Parlement de Westminster sans qu’ils soient consultés ni représentés. Ils affichaient leur loyauté à la couronne mais réclamaient d’être considérés comme des citoyens à part entière et consultés pour toutes les affaires qui les concernent.

Dès 1764, une loi sur le sucre suscita leur colère. Les recettes étaient destinées à financer les coûts liés à l’administration et à la sécurité des colonies.

Pour le gouvernement anglais, qui sortait d’une guerre très dure contre les Français, (la guerre de Sept ans), l’effort financier demandé aux colons américains n’était que justice, les colons ayant conservé leur vie et leur liberté grâce au sacrifice de la métropole et de ses soldats.

Sourd aux protestations, le Parlement récidiva l’année suivante avec une loi qui imposa un timbre fiscal sur une multitude de documents imprimés, le  » Stamp Act  »…..

La réaction fut immédiate.

En Virginie, un député, Patrick Henry, appelle à la désobéissance civile. Un peu partout, les colons s’en prennent aux percepteurs, les suspendant à des mâts ou les enduisant de goudron et de plumes. Une organisation secrète, les Fils de la Liberté (Sons of Liberty), fondée à New York par John Lamb et Isaac Sears, multiplie les provocations. Au milieu de danses et de cortèges joyeux, ces dignes bourgeois érigent des  » mâts de la Liberté  » surmontés de masques diaboliques pour dénoncer l’autoritarisme de Londres. La troupe réagit avec violence, abattant les mâts et chargeant la foule à la baïonnette.

Recul du Parlement :

Au bout de quelques mois, Londres se résout à annuler la loi du Stamp Act mais cela ne suffit pas à ramener le calme. Et voilà qu’une nouvelle loi impose en 1768 un droit d’importation sur différents produits utiles aux colons. Ceux-ci, à commencer par les habitants de Boston, lancent un puissant mouvement de boycott des marchandises anglaises. C’est au point qu’en deux ans, les importations concernées diminuent de moitié.

Le Parlement de Westminster se résout à supprimer tous les droits d’importation incriminés… sauf un modeste droit sur le thé destiné aux colonies d’Amérique. Il en fait une question de principe. Cette reculade échauffe les esprits au lieu de les calmer. Elle encourage les colons dans la voie de la hardiesse.

Le 5 mars 1770, une échauffourée se solde à Boston par la mort de 5 manifestants. Ce Bloody massacre ( » massacre sanglant  ») engendre du ressentiment contre le pouvoir de Londres.

Les colons se rebellent

L’arrivée à Boston de trois navires de la Compagnie des Indes chargés de thé incite les colons et les importateurs à passer à l’action. C’est la  » Tea-party  ».

Le roi George III réagit par cinq « lois intolérables » qui sanctionnent la colonie et ferment le port de Boston en attendant le remboursement de la cargaison de thé par les habitants. Face à cette décision arbitraire de Londres, toutes les colonies d’Amérique font cause commune avec le Massachusetts. Une partie importante des colons, quoiqu’en minorité, se préparent à entrer en rébellion contre la métropole.

Sur une invitation de l’Assemblée du Massachusetts, 56 délégués de neuf des treize colonies anglaises d’Amérique se réunissent en congrès à New York le 14 octobre 1774 et rédigent un cahier de doléances (  »Declaration of Rights and Grievances  ») à l’adresse du gouvernement.

Cependant, leur souhait d’une plus grande autonomie est brutalement rejeté par le roi anglais Georges III qui déclare les colonies en état de rébellion. Les modérés américains font alors cause commune avec les radicaux et tous se préparent à la lutte. Ils commencent à réunir des armes. Une échauffourée sanglante à Lexington, au Massachusetts, inaugure les hostilités…

Comment Nicholas Winton….


…. courtier en bourse, sauva des centaines de juifs de l’Holocauste

Sir Nicholas Winton in 2007 

Au moins 669 enfants échappèrent aux nazis grâce à Nicholas Winton, un fait qu’il garda secret pendant près de 50 ans

Pendant l’été 1954, Nicholas Winton se lançait dans une campagne, qui s’avéra veine, pour obtenir un siège dans le conseil municipal de Maidenhead, une petite ville à l’ouest de Londres, en Angleterre. Sa brochure de campagne comprenait les informations de vote de base, une photo de lui, un appel au vote de trois paragraphes et, tout en dessous, une section intitulée  »détails personnels  ».

Quelque part enfui dans cette section (après le détail de ses accomplissements dans la politique locale et dans les affaires, et avant ses talents d’escrime et ses services dans l’armée de l’air) on pouvait lire :

 » Après Munich, a évacué 600 enfants réfugiés de Tchécoslovaquie.  »

Les votants de Maidenhead ainsi qu’à peu près tous ceux qui vivaient en dehors de la ville ne prêtèrent pas grande attention à cette mention. Pourtant, cette petite phrase faisait référence à une histoire douloureuse mais inspirante, pleine de courage, de ruse et d’altruisme.

Nicholas Winton, ou le Schindler britannique :

Entre décembre 1938 et septembre 1939, alors que la seconde guerre mondiale est proche, Nicholas Winton et ses associés réussirent à sauver pas moins de 669 enfants des nazis en Tchécoslovaquie.

Pourtant, personne n’aurait pu le deviner simplement en lisant cette mention très indirecte sur le dépliant de sa campagne 15 ans plus tard. Ce ne fut que 34 ans plus tard que les médias internationaux s’intéressèrent à Mr Winton et qu’on lui rendit hommage, érigeant des statues en son nom et le surnommant  » le Schindler britannique  », tout ce que Winton tentait d’éviter.

Cette position convenait à un homme qui, comme il le déclara au journal the Guardian en 2014, se disait appartenir à la dernière catégorie de l’adage  » certains naissent grands, d’autres le deviennent, d’autres encore se voient imposer la grandeur  ».

D’ailleurs, l’évènement qui l’incita à réaliser des missions de sauvetage permet de mieux comprendre pourquoi il se rangeait dans une telle catégorie. En effet, il suffît d’un seul coup de fil et d’un séjour au ski annulé pour que l’histoire de ses missions débute.

En décembre 1938, Mr Winton, qui travaillait alors comme courtier à Londres, où ses parents allemands et juifs avaient émigré 30 ans plus tôt, se trouvait sur le départ d’un séjour de ski en Suisse. Seulement, il reçut un appel inattendu d’un ami appelé Martin Blake ….Un appel qui changea définitivement sa vie.

Puisqu’il aidait déjà les réfugiés, juifs pour la plupart et originaires de la région occidentale de Tchécoslovaquie, laquelle venait d’être annexée par l’Allemagne, Martin Blake savait que la situation s’empirerait. Il demanda donc à Mr. Winton de se rendre à Prague, la capitale, plutôt qu’en Suisse.

 » Sur un coup de tête  » (selon le New-York Times, Nicholas Winton accepta.)

 »Ne t’encombre pas de tes skis,  » répondit Mr. Blake.

Sur ces mots, Mr Winton se rendit en Tchécoslovaquie. Il fut très vite horrifié de constater les conditions de vie dans les camps de réfugiés, et fut consterné de réaliser que leurs habitants ne pourraient sans doute jamais voyager sereinement à l’étranger, à cause des restrictions européennes sur l’immigration juive.

Malgré les efforts de la Grande-Bretagne pour tirer les enfants réfugiés (puisque les adultes étaient toujours soumis aux restrictions prévues dans la loi britannique) hors d’Allemagne et d’Autriche, la Tchécoslovaquie n’en faisait aucun, et sombrait ainsi dans l’engrenage nazi. Toutefois, Mr Winton ( aidé de ses associés tels que Mr Blake et d’autres amis comme Trevor Chadwik et Bill Barazetti ) ne négligerait aucun enfant tchécoslovaque.

Nicholas Winton et compagnie installèrent ensuite leur bureau à Prague, où ils prirent rendez-vous avec des milliers de parents désemparés. Chacun venait dans l’espoir d’arranger le transport sécurisé de ses enfants à l’étranger, tout en sachant que si une telle disposition était prise, il ne les reverrait probablement jamais.

Certains des enfants sauvés par Nicholas Winton à Prague en octobre 2007.

Une mission délicate

Les nazis commencèrent à se méfier en voyant autant de parents faire la queue, et se mirent à suivre Mr Winston tout en le harcelant, lui et ses associés. Mais à maintes reprises, la vivacité de leur esprit accompagnée de quelques compliments bien placés suffit à maintenir leur opération.

Ce n’était pas la première fois que Mr Winston usait de telles tactiques afin d’agir de manière juste dans un système injuste.

Avec plus de 900 enfants enregistrés sur sa liste pour un départ, il devint temps d’assurer leur entrée sur le territoire anglais ainsi que leur résidence sur place (chez des parents adoptifs volontaires qui avaient versé 1 700 $ de dépôt qui servirait à financer le retour de l’enfant dans son pays d’origine le moment venu). Toutefois, puisque le siège social britannique tarda à répondre et à délivrer les visas, Nicholas Winton et compagnie décidèrent de les falsifier.

Quelles que soient les difficultés et peu importe si leurs moyens étaient légalement douteux, ils parvinrent à réaliser toutes les pièces d’identité pour le 14 mars 1939, lorsque le premier train transportant des réfugiés quitta Prague.

Le train passa ensuite par le nord pour traverser l’Allemagne centrale jusqu’aux Pays-Bas, où des bateaux attendaient pour transporter les enfants sur la Manche jusqu’en Angleterre. Ce premier train contenait seulement 20 enfants. Les sept suivants en transportèrent bien plus.

Cependant, aussi réconfortant qu’eut été chaque départ, ce fut tout autant un bien tragique tableau : des parents éplorés partout sur les quais faisant leurs à dieux à leurs propres enfants, s’abandonnant au tragique destin auquel ces derniers étaient à présent en train d’échapper.

Il est évident qu’ils ne fondaient pas tous en larmes (et leurs histoires font peut-être d’ailleurs partie des plus déchirantes). C’est le cas d’un des rescapés, sauvé par Mr Winton :

 » Mes parents, pour me faire monter à bord, m’ont fait croire que je partais à l’aventure, en vacances chez mon oncle Hans Popper à Folkestone (Angleterre). Ils n’ont même pas versé une larme, ils ont enfui toutes leurs émotions pour ne pas m’alarmer. Je n’avais aucune idée que c’était la dernière fois que je voyais mon père vivant et qu’ils étaient destinés à l’enfer d’Auschwitz.  »

Zuzana Marešová, l’une des enfants sauvées par Mr Winton, ainsi que d’autres enfants dont les parents survécurent à la guerre et qui purent donc se revoir, ont décrit le même type de scènes poignantes à la gare :

 »Tous les parents pleuraient en nous disant au revoir. Je les revois encore aujourd’hui. Je me rappelle leurs mains en l’air et nos visages que l’on collait à la vitre du train, ce qui m’a fait comprendre qu’on se séparait. La phrase qu’on entendait le plus sur le quai, c’était “à bientôt”.  »

Ce tableau se répéta lors du départ des huit trains suivants, le dernier étant parti fin août. Le neuvième était prévu pour septembre, mais ce jour-là, les Allemands envahirent la Pologne et la Seconde guerre mondiale débuta officiellement.

La tempête que Mr Winton et d’autres comme lui avaient senti venir de loin finît par se produire. Et ses effets furent rapides et brutaux.

 » Dans les heures qui ont suivi l’annonce, le train a disparu  », déclara-t-il au New-York Times en 2015.

 » 250 familles britanniques ont attendu à la gare de Liverpool Street ce jour-là, en vain, rappela-t-il. Si le train était parti un jour plus tôt, il serait arrivé à destination.  »

Cependant, si la plupart de ces enfants, sinon tous (ainsi qu’1,5 millions d’autres) perdirent la vie pendant l’Holocauste, l’héritage de Nicholas Winton se  »refléta » dans les 669 enfants qu’il avait sauvés.

Il fallut cependant des décennies pour que cet héritage soit pleinement mis en lumière.

 » Je n’étais pas un héros  »

Même si son épouse, Grete Gjelstrup, et certaines personnes de son entourage proche étaient au courant, il n’en parlait pas et faisait absolument tout pour que rien ne soit divulgué.

Par exemple, en 1983, c’est son travail caritatif dans une organisation d’assistance aux personnes âgées qui lui valut de devenir membre de l’ordre de l’Empire britannique …..Et pas ce qu’il avait accompli durant l’Holocauste.

En 1988, le choses changèrent lorsqu’en fouillant dans le grenier, son épouse tomba sur ses albums secrets, remplis des noms et des photos des enfants juifs qu’il avait sauvés. Mr Winton les ignora et suggéra même qu’elle les jette.!!

 » Tu ne peux pas les jeter! », répliqua son épouse. » Elles représentent la vie d’enfants »

Non seulement Grete Gjelstrup ne les jeta pas, mais elle les partagea avec un historien spécialisé sur l’Holocauste. Ils firent bientôt l’objet d’une couverture médiatique internationale, et pendant trois décennies, Mr Winton reçut les honneurs et les commémorations de plusieurs pays européens (ainsi qu’une planète ????!!!!: deux astronautes tchécoslovaques la nommèrent après lui lorsqu’ils entendirent parler de son histoire en 1988).

Il resta néanmoins très modeste face à tous évènements.  »Cela devient un peu ennuyant de passer une éternité à parler de la même chose, déclara-t-il au Guardian en 2014. Mes actions se sont avérées remarquables, mais je n’en avais pas conscience sur le moment.  »

Nicholas Winton en octobre 2007

Alors qu’il aurait pu monopoliser tous les projecteurs, Mr Winton préféra soutenir Doreen Warriner et Trevor Chadwick, ses associés restés sur le sol autrichien à Prague après qu’il fut rentré en Angleterre.  » Je n’étais pas un héros, tout simplement parce que je n’ai jamais été en danger  », déclara-t-il au journal.

Les hommages ont continué jusqu’à sa mort, alors âgé de 106 ans, le 1er juillet 2015, date d’anniversaire de la plus grande évacuation (241 enfants) qu’il avait organisée 76 ans auparavant.

De nouveaux hommages apparaissent encore aujourd’hui. Toutefois, de tous les honneurs qu’il reçut, celui qui captive le plus le public et met un visage sur son héroïsme de la meilleure des manières, est celui qui aida à initier  »l’avalanche médiatique » qui se produisit juste après que sa femme eut trouvé son album en 1988.

En effet, les producteurs de l’émission télévisée de la BBC That’s Life avaient invité Mr Winton à assister à l’une de leurs émissions en faisant partie du public, sans vraiment lui en indiquer la raison : En réalité, certains des enfants qu’il avait sauvés de l’Holocauste 50 ans plus tôt le rejoindraient.

De la même manière, au moins certains des enfants maintenant adultes appelés  » les enfants de Winton  » ne se doutaient pas une seconde que leur sauveur serait dans le studio, dans le public, juste à côté d’eux.

Pendant les années qui suivirent cette réunion, Nicholas Winton minimisa le moment, tout comme il l’avait fait dans son dépliant de campagne en 1954, à Maidenhead. Par exemple, le court extrait de son interview avec le journal the Guardian à propos de l’évènement mentionnait simplement qu’il n’avait  » pas beaucoup apprécié d’avoir été piégé pour faire sensation à la télévision et provoquer des larmes  ».

Évidemment, lors de cette réunion sur le plateau de l’émission, tout le monde avait remarqué Nicholas Winton passer deux doigts sous ses lunettes pour essuyer les siennes.

L’A.D.N ……


Au jourd’hui, tout le monde connait l’A.D.N , mais …..

…..à quoi ça sert ?

Il permet de :

Établir ou réfuter des liens parentaux avec un haut niveau de fiabilité,

Faire l’analyse médico-légale des échantillons ADN humains,

Connaître ses origines géographiques,

Analyser des cousinages,

Débloquer des blocages généalogiques.

Je me suis demandé qui l’avait découvert et ….

La découverte de la structure en double hélice de l’ADN appartient à un trio de chercheurs britanniques depuis plus de 65 ans. Cependant, la physico-chimiste Rosalind Franklin

R.Franklin

est bien la première à avoir mis en lumière cette même structure. Trompée, la brillante chercheuse a malheureusement rejoint le  »panthéon des femmes oubliées de la Science ». Celle-ci n’a en effet pas reçu le prix Nobel, comme ce fut le cas pour ses pairs masculins. Peut-être à cause de l’Effet Matilda (c’est le phénomène qui veut que les femmes de science ne bénéficient que très peu des retombées de leurs découvertes, quand elles ne voient pas tout simplement le prix Nobel leur échapper).

Ceux qui ont reçu le prix Nobel pour la découverte :

Les lauréats des prix Nobel 1962 posent après la remise de leur prix à Stokholm. De gauche à droite : Maurice Wilkins (médecine), Max Perutz (chimie), Francis Crick (médecine), John Steinbeck (littérature), James Watson (médecine) et John Kendrew (chimie)
De gauche à droite : Maurice Wilkins (médecine), Max Perutz (chimie), Francis Crick (médecine), John Steinbeck (littérature), James Watson (médecine) et John Kendrew (chimie).

Rosalind Elsie Franklin voit le jour le 25 juillet 1920 à Londres. Issue d’une famille juive britannique aisée et influente, l’intéressée se passionne pour les sciences dès son enfance. Son père Arthur Ellis Franklin est un important marchand de la capitale britannique. Fille aînée d’une fratrie de cinq enfants, Rosalind Franklin semble avoir vécu une enfance et une adolescence paisibles. À l’âge de 25 ans, elle obtient un doctorat en physique-chimie à l’Université de Cambridge en étudiant la porosité des structures de carbone. Deux années plus tard, elle rejoint le Laboratoire central des services chimiques de l’État à Paris. Rosalind Franklin se spécialise ainsi dans la cristallographie aux rayons X, qu’elle applique au charbon.( Il s’agit d’une méthode permettant d’étudier les cristaux au niveau atomique).

En 1950, la chercheuse retourne au Royaume-Uni après avoir accepté un poste au King’s College London. Dès lors, son superviseur John Randall lui demande d’exercer sa méthode sur la molécule d’acide désoxyribonucléique (ADN). Quelques années plus tôt, d’autres chercheurs avaient prouvé qu’au sein des chromosomes, la molécule d’ADN incarnait le support de l’hérédité et non les protéines comme la Science le pensait. Au moment où Rosalind Franklin débute ses recherches, d’autres scientifiques étudient également l’ADN. L’objectif ? Comprendre comment une telle substance pouvait être à l’origine de la vie.

Une découverte silencieuse :

Dans le laboratoire de Rosalind Franklin travaille un certain Maurice Wilkin, futur colauréat du prix Nobel en 1962. Ce chercheur est le premier à formuler l’idée d’utiliser cristallographie aux rayons X sur l’ADN. Pour des raisons encore assez débattues aujourd’hui, les deux scientifiques s’entendent très mal. Leurs personnalités semblent incompatibles : lui est discret et évite les confrontations directes, et elle apprécie grandement les débats et les autres échanges d’idées. Malgré ces problèmes relationnels, Rosalind Franklin poursuit ses recherches et effectue de nombreux clichés de l’ADN en compagnie de Raymond Gosling, son élève doctorant. Le cliché numéro 51 (voir ci-dessous) retient rapidement son attention. Néanmoins, elle se trouve devant une forme particulière de l’ADN : l’ADN A. Or, la forme B est majoritaire dans la nature et rien ne prouve que les deux formes aient le même type de structure. Prudente, la chercheuse ne souhaite rien publier pour l’instant et poursuit ses travaux sur la question.

cliché 51 ADN
Le fameux cliché 51 que Rosalind Franklin avait mis de côté, souhaitant poursuivre davantage ses recherches.

En parallèle, les chercheurs James Watson et Francis Crick l’Université de Cambridge travaillent également sur l’ADN. Particulièrement ambitieux, ceux-ci désirent être les premiers à publier la structure de l’ADN. Cependant, ils manquent clairement de données expérimentales. À l’inverse de Rosalind Franklin et Maurice Wilkin, ils ne font aucune expérience, préférant se baser sur celles des autres. Ils passent leur temps à passer en revue la littérature scientifique afin de monter leurs maquettes géantes de l’ADN, faites de tiges et de boules en plastiques.

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Watson et Crick devant leur maquette

Une des pires trahisons du monde de la Science :

Un jour, James Watson et Francis Crick découvrent le fameux cliché 51 alors que Rosalind Franklin n’a absolument rien publié. En réalité, le cliché a été dévoilé par Maurice Wilkins sans l’accord de sa collègue. Si les trois hommes sont concurrents dans le domaine professionnel, ils n’en restent pas moins des amis. Personne ne sait réellement si Maurice Wilkins a eu conscience ou non de trahir Rosalind Franklin. Cependant, le résultat est le même. À la vue du cliché, James Watson et Francis Crick comprennent très vite son grand intérêt. Il s’agit de la toute première preuve formelle que l’ADN a une structure bi-hélicoïdale !

Rosalind Franklin ADN
Trahie et exclue des honneurs, Rosalind Franklin n’a pas connu une fin heureuse.

Evidemment, la suite est très injuste pour Rosalind Franklin. En 1953, James Watson, Francis Crick et Maurice Wilkins publient ensemble un article retentissant dans la revue  » Nature  » présentant donc la structure tridimensionnelle de l’ADN pour la première fois. Rosalind Franklin n’apparaît pas parmi les auteurs de la publication mais seulement dans les remerciements. De plus, le trio est allé jusqu’à oser minimiser l’importance du cliché 51, alors que celui-ci a évidemment servi de base à l’élaboration du modèle présenté dans l’article.

Après cette affaire, la brillante chercheuse tente de rebondir. La même année, elle intègre le Birkbeck College de Londres. Ses travaux permettent la découverte de la structure du virus de la mosaïque du tabac ? un sujet initialement étudié par James Watson. Rosalind Franklin contracte un cancer des ovaires en 1956, et décède un an plus tard à l’âge de seulement 37 ans. En 1962, James Watson, Francis Crick et Maurice Wilkins obtiennent logiquement le prix Nobel de physiologie-médecine.

Dans les discours de remerciement, seul Maurice Wilkins

Résultat d’images pour Maurice Wilkins
Maurice Wilkins

la cite en indiquant qu’elle a apporté une contribution précieuse. Francis Crick et James Dewey Watson l’oublient sciemment. Pire, ce dernier, 10 ans après la mort de la chercheuse, en dresse le portrait, dans son best-seller “La Double Hélice”, d’une personne acariâtre… avant de reconnaître enfin, lors d’une interview en 2003, que Rosalind Franklin aurait également mérité le prix Nobel.