il y a environ 225 ans …..


…..le 22 mars 1798

La Suisse  »une et indivisible »

Le 22 mars 1798, les révolutionnaires français transforment la Suisse en une  » République Helvétique  » unitaire sur le modèle de la  »Grande Nation » (la France).

C’en est alors fini de l’ancienne Confédération helvétique , établie depuis 500 ans. Sa neutralité garantie par les traités de Westphalie (1648) n’est plus qu’un souvenir.

Détail d'une aquarelle de Joseph-Emanuel Curty extraite du Recueil des antiquités trouvées à Avenches en 1783-86, bibliothèque cantonale et universitaire Fribourg.

La Suisse au  » siècle des Lumières  »

Au XVIIIe siècle, la Confédération est constituée de treize cantons souverains ainsi que de leurs alliés et de leurs sujets. Les cantons restent jaloux de leurs prérogatives. Ils sont seuls habilités à lever l’impôt, à armer des troupes, à frapper monnaie.

Les villes sont prospères avec déjà une horlogerie et un secteur bancaire très actifs mais derrière une façade de démocratie, les oligarchies constituées par quelques familles patriciennes (  Personnes qui font partie de la noblesse, de la classe privilégiée ) ont confisqué le pouvoir, notamment dans les cantons de Berne, Bâle et Zurich.

Les traités ont accordé aux Suisses des privilèges d’établissement en France d’où une émigration particulièrement importante qui va donner aux événements parisiens et aux idées révolutionnaires un retentissement immédiat en Suisse.

Séductions françaises et révolutionnaires

En 1789 ,lorsque les Français s’engagent dans la Révolution, les paysans suisses s’insurgent contre de vieux droits féodaux qui n’ont plus de contrepartie véritable. Dans les villes où la censure règne, des feuilles révolutionnaires circulent sous le manteau et des clubs se constituent sur le modèle français.

Un  » Club helvétique  » se crée  à Paris et, en 1792, Étienne Clavière

Étienne Clavière ?

, un Genevois émigré après les échecs des tentatives populaires à Genève, devient ministre des finances de la Convention. Marat

Marat ?

lui-même est un médecin neuchâtelois dont les talents de publiciste enragé ont fait un martyr après son assassinat à Paris en 1793.

Cinq ans plus tard, sous le Directoire, les troupes françaises entrent en pays bâlois et à Bienne. Une République  »Lémanique » ( Relatif au lac Léman et ses environs) est proclamée par insurrection populaire à Lausanne les 23-24 janvier 1798. L’agitation s’étend : révolte paysanne à Bâle, insurrections dans le pays de Vaud… et convainc la France d’en finir. Mulhouse, la région de Delémont et la république de Genève sont annexés à la Grande Nation (la France).

Un gouvernement de l’étranger

Le Directoire s’étant déterminé à abolir l’ancienne Confédération, il charge le Bâlois Ochs

Ochs ?

de rédiger une Constitution selon  »l’air du temps  » :

– La capitale est fixée en alternance à Aarau, Lucerne et Berne, un drapeau tricolore (vert, rouge et jaune) est institué, les principes révolutionnaires sont adoptés.

-Le nouvel État se veut une République une et indivisible, avec institution d’une nationalité suisse, suppression des douanes intérieures, unification des monnaies et des unités de mesure…

– De nouveaux cantons sont créés pour constituer des entités de statut identique et de taille comparable, d’autres sont regroupés (Waldstätten, Säntis), les anciens statuts de territoires alliés et sujets sont supprimés.

Mais de 1800 à 1802, pas moins de quatre coups d’État vont ébranler la jeune République. Le Premier Consul Napoléon Bonaparte

Premier Consul Napoléon Bonaparte

met un terme à cette expérience unitaire en abolissant la République et en restaurant une Confédération par l’Acte de médiation.(  Acte de Médiation : la nouveelle confédération ressemble fort à un retour à l’ancien régime confédéral.) L’appellation de Confédération Suisse est d’ailleurs rétablie ainsi que les anciens cantons

La plus grosse pépite d’or jamais découverte……


C’est à Moliagul en Autralies que la plus grosse pépite d’or jamais découverte a été trouvée ; le 5 février 1869, elle pesait le poids d’un homme et a été surnommée  »Welcome Stranger  » ?.

Une fabuleuse trouvaille réalisée par deux chercheurs d’or John Deason et Richard Oates

John Deason et Richard Oates.

alors que la pépite gisait à seulement 3 centimètres du sol.

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Crédit image inconnu (domaine public)

Si le bloc brut pesait quelques 109,59 kilogrammes, une fois nettoyé la plus grosse pépite d’or affichait un poids de 72 kilogrammes pour une dimension de 61 centimètres de large pour 31 centimètres de long.

Un poids qui a posé immédiatement un problème car aucune balance ne pouvait le mesurer. Il a donc fallu faire appel à un forgeron afin de briser le métal en plusieurs parties afin de les peser.

L’enclume du forgeron de Dunolly est d’ailleurs conservée en mémoire de ce jour assez incroyable.

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L’enclume ?

Une fois pesée, la plus grosse pépite d’or jamais découverte désormais brisée a été emmené à la London Chartered Bank de Dunolly où elle a été expertisée avant d’être fondue en lingots d’or.

lingots d’or

Chacun des chercheurs d’or a reçu environ 10000 euros pour cette fantastique pépite, dénichée loin des villes américaines de la ruée vers l’or commeGarnet,Bodie ou encore Eldorado . 

la mine fantôme de la ville de Nelson au Nevada

Une pépite d’or dont on estime la valeur aujourd’hui à presque 4 millions d’euros.

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La plus grosse pépite d’or encore existante s’appelle  »Pepita Canaa  » pèse 61 Kg et a été douverte au Brésil en 1983 par Julio de Deus Filho

Julio de Deus Filho ?

. Elle est exposée dans la  » Gold Room  » du Museu de Valores….

Kevin Hillier

…en Australie et est le plus gros morceau déterré par un détecteur de métaux

détecteur de métaux ?

. Cette magnifique pépite de  » seulement  » 27,2 kg valant plus d’un million de dollars est exposée dans le casino Golden Nugget de Las Vegas.

la-plus-grosse-pepite-dor-jamais-decouverte-main-de-la-foi-las-vegas

Si les chercheurs d’or écument les entrailles de la terre ou les rivières à la recherche d’une pépite qui les rendra riches, d’autres ont juste de la chance à dénicher de l’ambre gris sur une plage ,un rejet deee baleine qui vaut de l’or ( l’ambre gris est utilisé pour la réalisation de parfum, un vomi de baleine très prisé et très cher.)

ambre gris

Cette substance dure, résineuse avec une teinte gris clair ou jaune et à l’arôme agréable est connu depuis avant l’antiquité, les Egyptiens la brûlait comme encens.

Enfants abandonnés…….


Je laisse les commentaires ouverts bien que je sache que ce billet ne sera pas commenté ( peut-être quelques  » like » ( dont j’ai horreur) . Je l’ai écrit pour moi d’abord ,parceque je voulais en savoir plus sur l’abandon des enfants .

Une pratique singulière : l’attribution de pseudonymes à des centaines d’enfants au milieu du XXe siècle

Pendant la première moitié du XXe siècle, en France, plusieurs centaines de milliers d’enfants sont devenus pupilles de l’Assistance publique. La plupart sont des enfants abandonnés par leur mère, le plus fréquemment pour des motifs liés à la misère. Beaucoup portent le patronyme maternel, mais souvent sans le savoir. Des recherches ont montré qu’en Ille-et-Vilaine, entre 1927 et 1944, des pseudonymes sont donnés à ces enfants, à leur arrivée à l’Assistance. Les familles d’accueil et l’entourage ne les connaissent que sous cette nouvelle identité et les documents ainsi que les correspondances sont établis sous ces nom et prénom de substitution. Leur état civil officiel n’en est pas pour autant modifié et ils retrouvent ultérieurement leur véritable identité. Cette pratique singulière n’est pas générale en France. Elle brouille les pistes et met en lumière la culture du secret qui prévalait dans les services de l’Assistance publique de cette époque.

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Au cours de la première moitié du 20ème siècle, en France, plusieurs centaines de milliers d’enfants ont été pupilles de l’Assistance publique (AP) (ils sont appelés pupilles de l’État après 1943). Selon que leurs parents sont connus ou non, ces enfants sont dits  » enfants abandonnés  » ou  » enfants trouvés  ». Durant l’entre-deux-guerres, la grande majorité des pupilles sont des enfants abandonnés.

L’histoire de ces enfants et de leur famille d’origine est particulièrement riche et émouvante. Les dossiers des pupilles sont la principale source pour la connaître. Ils font entrevoir la vie d’un enfant, parfois aussi celle de leur famille et renvoient également à l’histoire de notre société.

Alors que pendant l’Antiquité, la décision de mise à l’écart d’un bébé appartenait au père, au 20 e siècle ce sont essentiellement les mères qui abandonnent. La plupart des femmes contraintes à cette décision, sont jeunes, célibataires et vivent dans une grande misère. La majorité d’entre elles accompagnent, elles-mêmes, leur bébé à l’AP, à l’issue d’un séjour d’une dizaine de jours passés à l’hôpital après la naissance. En Ille-et-Vilaine, entre 1914 et 1939, ce sont 61 % des enfants abandonnés qui arrivent entre 4 et 14 jours après leur naissance. D’après les lettres retrouvées dans les dossiers, les mères gardent souvent l’espoir d’une vie meilleure et de pouvoir reprendre leur enfant, plus tard, même si la loi prévoit une rupture définitive.

Les enfants abandonnés ont leur filiation établie avec leur mère, voire avec leurs deux parents. En Ille-et-Vilaine, 91 % des enfants abandonnés portent le seul nom de leur mère, les autres portent le nom du père ou du mari, que ce dernier soit ou non le géniteur. Seuls les enfants trouvés ont pour patronyme un prénom ou un nom d’emprunt. Ces derniers sont souvent choisis par la mère, ou sinon par la sage-femme ou le médecin ou à défaut par l’administration.

En Ille-et-Vilaine, à partir de 1927, une pratique singulière se met en place : même si leur filiation est établie, un pseudonyme est attribué aux enfants, aussitôt après leur admission à l’AP. La consultation, pour cette étude spécifique, de 909 dossiers de pupilles nés après 1925 et sortis des services entre 1925 et 1949 a permis de mesurer l’ampleur de ce phénomène et d’approcher ses causes et ses conséquences. Des échanges avec d’anciens pupilles ont enrichi cette première approche. La lecture d’ouvrages et les apports du Conseil national pour l’accès aux origines (CNAOP), des archives départementales de la Gironde et de professionnels de plusieurs conseils généraux ont éclairé la pratique d’autres départements.

Cet usage est également mis en perspective avec la culture du secret qui a longtemps prévalu dans les services de l’AP puis de l’Aide sociale à l’enfance (ASE).

Des pseudonymees en guise d’identité ….

Sur la couverture des dossiers de pupilles figurent, notamment, les nom et prénom de l’enfant, la date de naissance et la catégorie. Dans ceux du département d’Ille-et-Vilaine, des indications surprenantes apparaissent à partir de 1927. Un autre nom et un autre prénom sont notés en haut de la couverture, généralement au crayon rouge, parfois soulignés. À l’intérieur du dossier, cette même identité se retrouve au travers du procès-verbal (PV) d’admission, toujours en rouge, tout en bas à gauche. Elle est précédée du mot  » alias  » ou plus souvent de  » pseudonyme  », et quelquefois de  » dit  » ou  » dite  » ou même  » le ou la nommé(e)  ».

Un  »livret de pupille  » est établi sous cette nouvelle identité. Ce livret de 62 pages comprend des éléments relatifs à l’identité de l’enfant, à sa santé, sa scolarité, ses placements et aussi des listes de  »vêtures  » ( Vêtements ) . selon les âges, des conseils d’hygiène et d’alimentation aux nourrices et des relevés de leur paiement.

D’ailleurs ,on constate que, dans certains dossiers, toutes les autres pièces portent cette nouvelle identification, sans aucune mention de la véritable identité. Il en va ainsi de la fiche qui retrace les placements et les observations des inspecteurs, de fiches sanitaires, de certificats médicaux, de remboursements de fournitures et même de certificats de décès. Lorsque l’enfant est placé chez une nourrice, les échanges de courrier avec cette dernière se font en désignant l’enfant par son seul pseudonyme. Il apparaît alors que la nourrice ne connaît l’enfant que sous ce nom et ne sait sans doute pas qu’il en porte un autre. Seuls l’extrait d’acte de naissance et l’arrêté d’admission portent l’identité réelle de l’enfant et cela sans aucune mention de pseudonyme. De même, le plus souvent, le certificat de baptême ou  »d’ondoiement » ( = Baptême d’urgence où seule l’ablution baptismale est faite.)est établi sous la seule identité première. Ce sauf-conduit pour  »l’au-delà  » est généralement accompli dès le jour de la naissance et précède alors l’admission.

Dans un nombre plus important de dossiers, les documents les plus anciens mentionnent le pupille sous son seul pseudonyme, puis l’enfant reprend son identité d’origine et le reste des pièces et courriers indique alors ce seul nom.

Très exceptionnellement, dans quelques dossiers, certains papiers portent les deux noms. Par exemple, dans le dossier de Marie-Louise A., à propos de son décès, il est indiqué :  » la nommée M. Jeanne (il s’agit de son pseudonyme), alias Marie-Louise A. (patronyme de l’état civil) est décédée  ». Dans certaines notes confidentielles de l’aumônier de l’hôpital, les deux identités se côtoient également :  » L’enfant (pseudonyme), né le…, porté ce jour à la crèche de l’hospice, et non baptisé, se nomme en réalité (état civil), baptisé le… à…  » Dans les rares autres cas de double mention, le document est établi avec le pseudonyme ; l’identité réelle n’étant rajoutée qu’au crayon, manifestement dans le seul but de faciliter le classement.

Les noms donnés en pseudonymes n’ont apparemment pas de signification particulière. Certains sont des prénoms mais d’autres ne sont ni des prénoms, ni des noms communs, ni des noms de lieux. Quelques-uns donnés à des enfants rapidement décédés et de ce fait non identifiables : Prima, Damasse, Contrain, Lichon ou Magon,Janvier. On constate aussi que le choix des patronymes ne dépend pas du sexe de l’enfant. Même les prénoms qui servent de nouveaux patronymes, qu’ils soient féminins ou masculins, sont attribués de façon indifférenciée aux garçons et aux filles. Le choix n’est pas non plus déterminé par la catégorie d’enfants trouvés ou abandonnés ou par un quelconque ordre alphabétique, en fonction de la date d’admission ni par exemple, le mois d’admission .

Le choix du prénom du pseudonyme est manifestement aussi aléatoire. La seule certitude est qu‘il ne correspond ni au prénom du saint du jour de la naissance ni à celui de l’admission de l’enfant et qu’il n’y a aucune correspondance entre le prénom initial et le nouveau, au moins jusqu’en 1941. Louise P. née le 28 mai 1934 se voit ainsi nommée Berthe R. ; Claire Pi., née le 27 juin 1932 devient Lucie P. ; Guy Q., Marcel C..

En 1941, toutefois, un changement s’opère. Il se rencontre dès mai, mais n’est généralisé qu’en août. Désormais, seul un nouveau nom est donné et le prénom est conservé.

L’attribution d’un pseudonyme est manifestement très rapide. Elle se fait dès l’arrivée à l’AP. Même des bébés qui n’ont pas bénéficié de placement en nourrice et qui sont décédés à l’hospice dépositaire en ont été dotés. Ainsi, Jeanne A., née le 22 novembre 1927, admise le jour même et décédée huit jours après, reçoit le pseudonyme de Lucienne Guillaume, Jean A. né le 5 avril 1942 qui est devenu pupille le 23 avril et est décédé le jour-même se voit également doté d’un nouveau nom : Jean Loran.

Une pratique généralisée en Ille -et-Vilaine :

 

L’usage de pseudonymes se rencontre en Ille-et-Vilaine sur une période de presque 18 ans. Plus d’un millier de pupilles sont concernés. À quelques rares exceptions près, la pratique concerne tous les enfants trouvés et abandonnés. Ainsi, sur les 24 enfants trouvés ou abandonnés nés en 1927 ou 1928 et sortis en 1928, seul un n’a pas reçu de pseudonyme. La pratique est appliquée quelle que soit la raison de l’abandon : absence de ressources, rejet de la famille ou tout autre motif. Elle est la même quelle que soit la personne qui remet l’enfant. Ce peut être la mère ( cas le plus fréquent ) ou une sage-femme, une infirmière, un médecin… Il en va de même que l’enfant soit né à l’hôpital, en clinique, chez une sage-femme ou au domicile de la mère.

La pratique commence en janvier 1927, à une exception près d’un enfant admis en décembre 1926, et se termine au milieu de l’année 1944. D’après les recherches, l’attribution du dernier pseudonyme concerne Antoinette A., née le 7 juillet 1944, admise le 20 juillet et qui devient Antoinette M

. La fin qui intervient en août 1944 correspond manifestement à la libération du département ( les 3, 4 et 5 août, à l’exception de Saint-Malo et Dinard ) et au changement des autorités.

Donc, quasiment tous les enfants trouvés de cette période ont des pseudonymes, alors même que leur état civil, souvent composé de plusieurs prénoms, n’identifie pas leur filiation. Cet état civil est, il est vrai, connu par la personne qui a fait la déclaration de naissance et peut l’être aussi par la mère et même avoir été donné par elle. L’enfant trouvé Guy F., né le 7 mai 1932 à Saint-Malo, remis par Mme O., repasseuse, se voit ainsi doté du pseudonyme d’Auguste D. Dans les deux seules exceptions rencontrées, le bébé n’avait pas été déclaré en mairie quand il est devenu pupille, le jour même de sa naissance. C’est l’AP qui l’a fait et donc elle seule qui connaissait son identité.

Beaucoup d’enfants trouvés qui avaient pour identité un double prénom se voient doter d’un nom-pseudonyme qui a l’apparence d’un patronyme. D’autres, par contre, ont un nouveau prénom.

Pour les enfants abandonnés, la reconnaissance par leur mère, et même par les deux parents n’interfère pas. Les fratries elles-mêmes sont concernées. Des circonstances particulières n’influent pas davantage sur la pratique. Ainsi, une jeune femme de 23 ans, confie en juin 1944 son nouveau-né. Elle précise qu’elle doit se rendre à pied dans le Morbihan, où elle habite, et ne peut emporter son bébé, à cause de la distance, des combats et des bombardements, et reviendra aussitôt que possible. Son garçon se voit pourtant immédiatement doté d’un pseudonyme. Il décède le mois suivant, avant que sa mère ne l’ait repris.

Pour la catégorie des abandonnés, trois absences de pseudonymes s’expliquent par la situation administrative antérieure de l’enfant. L’un était secouru auparavant, le deuxième était en dépôt. Quant au troisième, il était hospitalisé  » au compte des assurances sociales  » et décède avant même que le PV ne soit établi. Pour les quelques autres enfants abandonnés sans pseudonyme, on constate que le lieu de l’abandon n’est pas le bureau de l’AP, mais une mairie ou un commissariat de Police. Ces admissions se sont faites en outre à un âge plus tardif que celui des autres enfants.

En règle générale, contrairement aux enfants trouvés ou abandonnés, aucun pseudonyme n’est donné aux orphelins ni aux enfants moralement abandonnés. Pour ces derniers, il faut préciser que le jugement peut être revu à la demande des parents à l’issue d’un délai de trois ans. En outre, pour ces deux catégories, les admissions sont généralement tardives. Une seule exception a été constatée, celle d’un bébé admis comme orphelin, quelques jours après sa naissance, à la suite du décès de sa mère en couches. Il a manifestement été assimilé à un enfant abandonnés

Pour les enfants en dépôt qui lui sont confiés ( ils sont très peu nombreux à cette époque ) l’AP ne détient pas la puissance paternelle, qui reste aux parents. Malgré cela, dans un dossier, un pseudonyme a été attribué. Margaret K., née fin 1925, est admise en dépôt, donc à titre provisoire, en même temps que ses quatre frères, en septembre 1927, à la suite de l’incarcération de son père, sa mère étant sans domicile et sans ressources. Il lui est donné le pseudonyme d’Ernestine D. Un livret de pupille, une fiche de suivi, un certificat médical et différents courriers portent cette identité. La fillette conserve ses nouveaux nom et prénom pendant tout son placement. En juin 1928, la mère reprend tous ses enfants. Il est demandé alors à la nourrice de la fillette de la ramener à l’AP. Même dans ce courrier, elle est appelée Ernestine D. Aucun de ses frères, même le plus jeune, né début septembre 1927, n’a de pseudonyme. Rien ne permet d’expliquer une telle situation.

Des enfants à l’identité double :

Le contenu du dossier de Robert G. né le 6 juin 1932 à Rennes étonne au premier abord. Sa mère Anna G., 17 ans, le conduit à l’AP, alors qu’il a douze jours. L’arrêté d’immatriculation comme abandonné est pris au nom de Robert G. L’extrait d’acte de naissance comme le certificat de baptême sont établis à ce même nom. Le PV d’admission porte également ce nom mais une annotation mentionne :  » Pseudonyme P. Émile  ». Un livret de pupille est établi le jour même au nom de P. Émile. Il y est même noté que  » P. Émile a été baptisé le 9 juin 1932  », alors qu’il est su que ce sacrement a eu lieu avant l’admission, sous le patronyme officiel. Le bébé part un mois après en nourrice sous son pseudonyme. Une fiche sanitaire qui suit l’évolution du bébé, avec son poids, les différents laits donnés, porte ce nom. Deux ans après, pour des raisons non explicitées, le garçon retourne à l’hospice dépositaire et est confié le mois suivant à une nouvelle nourrice. Un deuxième livret de pupille est alors établi, mais cette fois-ci avec le nom initial. Des certificats médicaux ultérieurs sont rédigés avec l’identité retrouvée. Une lettre de la deuxième nourrice montre qu’elle connaît l’enfant sous ce nom. Aucun élément dans le dossier n’explique ce double changement de nom …..

En fait, cette reprise de l’identité initiale est la règle. Les pupilles qui ont porté un pseudonyme pendant tout leur placement à l’AP sont tous, soit décédés en bas âge, soit ont été remis à leur mère ou leurs parents. Dans ce dernier cas, l’enfant retrouve sa véritable identité à l’âge, variable, correspondant à cet événement. Ainsi, Josèphe R., enfant trouvée, après s’être appelée Renée L., ne reprend son nom de naissance qu’à 4 ans et 8 mois, pour en changer aussitôt après et porter celui de sa mère qui vient de la reconnaître. La mère a écrit une quinzaine de lettres pour demander des nouvelles de sa petite, ce qui montre son attachement, mais pour la fillette c’est un bouleversement. Pour d’autres enfants, l’âge de ce double changement est encore plus tardif et a lieu vers 7 ans.

Aucun pupille ne porte encore son pseudonyme à l’âge adulte. Par contre, la date de la reprise de l’identité officielle diffère d’un enfant à l’autre. Il est parfois difficile de savoir précisément à quel âge et dans quelles circonstances, elle a lieu. Plusieurs mois, et même plus d’un an, peuvent séparer le dernier papier avec le pseudonyme, du premier avec l’identité initiale. Toutefois, des tendances principales apparaissent et trois situations se dessinent dont la première paraît la plus fréquente.

Nombre de modifications s’observent entre 18 mois et 2 ans et demi, en lien avec un changement de nourrice. Après l’admission à l’AP, pendant son séjour à l’hospice puis chez sa première nourrice, l’enfant n’est identifié que sous son pseudonyme. Il reprend ensuite sa véritable identité et n’est connu par sa nouvelle famille d’accueil que sous ce nom. C’est le cas de Gaston B., né en février 1928 et remis par sa mère âgée de 19 ans. À l’âge de trois semaines, il est placé chez une première nourrice, sous son pseudonyme de Maxime H. Différents documents, dont une fiche sanitaire, un certificat médical, des échanges de courrier, portent cette identité. À 18 mois, il repart. Une fiche inventoriant ses vêtements est établie le 19 août 1929, toujours avec son nom d’emprunt. Par contre, dès le 22 août, lors de son placement chez une seconde nourrice, il retrouve son nom initial.

Certains enfants continuent à porter leur pseudonyme lors de leur deuxième placement et ne changent qu’au troisième. Ainsi, René A., né en juin 1928, après un premier placement en nourrice à un mois, est confié à Madame L. en septembre 1929. Lorsqu’il la quitte, le 21 mars 1930, l’inventaire de ses vêtements est établi sous son pseudonyme. Ce n’est que trois jours après, en allant chez sa troisième nourrice, à l’âge de 21 mois, qu’il retrouve sa véritable identité.

La raison de ces changements de nourrice n’est généralement pas indiquée dans les dossiers et les pupilles interrogés l’ignorent. On observe que pendant le deuxième quart du xxe siècle, les modifications de placements entre 18 mois et 3 ans se généralisent en Ille-et-Vilaine. Ce n’était pas le cas auparavant, où par exemple plus de la moitié des pupilles nés en 1917 et sortis de l’AP en 1938 à leur majorité n’ont eu qu’une seule nourrice et où les ruptures de placement pour les autres, à des âges très variables, sont dues le plus souvent au décès ou à la maladie de la gardienne ou à de la maltraitance. Dans d’autres départements, comme l’ancienne Seine-et-Oise où nous avons travaillé, on constate aussi des changements quasi systématiques de nourrice soit vers 18 mois-2 ans, soit plus tard vers 6 ans. Dans le département de la Seine, on assiste entre les deux guerres à une pénurie de nourrices au sein, qui a pu conduire à les réserver aux tout-petits et à confier les enfants sevrés à d’autres gardiennes. Mais en Ille-et-Vilaine, il en va différemment, un des critères principaux du choix des nourrices est la possession d’une ou plusieurs vaches et la demande d’accueil d’enfants de l’AP reste importante. Une des raisons de la nouvelle pratique pourrait être liée à la lutte contre la forte mortalité infantile, avec une spécialisation de nourrices pour le premier âge. Ceci n’explique toutefois pas en soi la double modification d’identité.

D’autres reprises de l’identité réelle correspondent au placement de l’enfant chez un couple, en vue d’une légitimation adoptive, généralement entre 18 mois et 5 ans. Ainsi, Yvonne L., qui s’est appelée F. D. pendant 20 mois, est-elle confiée à ses futurs parents adoptifs sous son identité de naissance. Mais les enfants confiés en vue d’une légitimation adoptive ne reprennent pas tous leur identité de naissance, dès le placement chez leurs futurs parents adoptifs. Certains ne la retrouvent qu’au moment où le couple demande formellement, au conseil de famille, l’autorisation d’adoption. Dans ces cas, des courriers attestent que le couple n’avait connaissance auparavant que du pseudonyme et ignorait qu’il ne s’agissait pas de la véritable identité.

La reprise du patronyme de naissance peut aussi être plus tardive et intervenir entre 12 et 14 ans. Cet âge correspond pour la plupart, à l’entrée dans le monde du travail, avec la signature d’un contrat d’apprentissage et l’affiliation aux assurances sociales. Jacqueline B., née le 21 janvier 1927, porte le pseudonyme d’Ida S., pendant toute son enfance. Un document du 17 juin 1940, alors qu’elle a plus de 13 ans, ainsi que tous les documents antérieurs la nomment sous ce pseudonyme. Par contre, le jour de ses 14 ans, un contrat d’apprentissage est signé avec son identité officielle. En outre, un nouveau carnet de santé est établi sous ce nom. Toutes les correspondances et documents ultérieurs mentionnent le seul nom officiel. Un tel changement tardif peut aussi coïncider avec l’entrée à l’école primaire supérieure. C’est le cas de Marie Catherine G., née en août 1927. Début septembre 1941, un papier relatif à un achat de sabots montre qu’elle porte encore son pseudonyme de Berthe M. Le 13 du même mois, sa nourrice s’adresse à l’AP en la désignant avec ce même nom. Le 18, l’inspecteur écrit en demandant de constituer un trousseau pour rentrer à l’école primaire supérieure, et là, il désigne la jeune fille sous ses véritables nom et prénom. La nourrice a visiblement du mal à se faire à ce changement et, dans sa réponse, elle continue à parler de Berthe, même si elle n’utilise plus le nom pseudonyme. Marie Catherine rajoute un petit mot pour dire son impatience de la rentrée et signe de son nouveau nom, manifestement avec une certaine fierté. Dès lors, c’est sous cette identité qu’elle est connue.

Une pratique surprenante ,sans base réglemantaire .

Ultérieurement,( mais plus de 20 ans plus tard), la loi du 11 juillet 1966 prévoira, pour les enfants dont la filiation est établie et dont les mères ont expressément demandé le secret de l’abandon, d’annuler le premier acte de naissance et d’en établir un second avec un nouveau patronyme choisi par le service de l’ASE et un nouveau lieu de naissance. Le dossier de l’enfant est établi sous ce nouveau nom. Cette règle s’appuie sur le respect du secret demandé.

Les dossiers d’une étude sont, quant à eux, répertoriés et classés en fonction du nom de l’état civil initial. Il n’y a pas d’indication des pseudonymes dans le registre de 1932 qui mentionne les admissions de 1932 jusqu’en 1945, et récapitule rétroactivement la plupart de celles entre 1925 et 1931. Ils ne figurent pas non plus sur les fiches individuelles détenues par le conseil général.

La loi prévoit, à l’époque, trois possibilités de changement de nom : une procédure spécifique pour les changements de noms difficiles à porter, la francisation du nom pour faciliter l’intégration des étrangers naturalisés et la reprise par la famille du nom d’une personne morte pour la France, sans descendants. La pratique rencontrée ne correspond à aucun de ces cas et ne conduit pas à un changement de patronyme à l’état civil.

La reprise de l’identité de naissance, au plus tard à l’adolescence, montre que c’est la seule légale. Le pseudonyme est un nom d’usage. Mais, il est utilisé par l’enfant, l’entourage et les professionnels comme s’il s’agissait d’une identité officielle et, à part l’inspecteur, personne ne semble connaître le nom de naissance. D’ailleurs, dans un courrier adressé à un futur père adoptif, en 1937, l’inspecteur spécifie :  » Il est absolument impossible que vous connaissiez (Victor B.), puisqu’il porte du reste un faux nom et que son nom véritable est seulement connu de moi.  »

Le recours à des pseudonymes est particulièrement surprenant. Ce l’est d’autant plus que le changement de pratique est radical. En effet, le nouvel usage s’applique dès le mois de janvier 1927, alors qu’il est totalement absent en 1926 et les années précédentes, à l’exception d’une admission en décembre 1926.

Sur le plan juridique, les pseudonymes sont des noms d’emprunt qu’une personne se donne à elle-même. Molière, Voltaire, Stendhal sont par exemple des pseudonymes. Cet usage est ancien et fréquent, mais il est licite à la condition qu’il soit utilisé dans l’exercice d’une activité particulière. Ce n’est bien évidemment pas le cas pour les pupilles.

La soudaineté et la généralisation de la pratique pourrait s’expliquer par la publication d’une loi, d’un texte réglementaire ou d’une directive spécifique aux pupilles. Mais des recherches multiples, y compris auprès des Archives nationales, de celles de Paris et l’AP-Hôpitaux de Paris et de la Bibliothèque Nationale n’ont pas permis d’établir de telles bases. Le  » traité de Planiol et Ripert » ?mentionne deux circulaires datées de 1926, l’une sur le nom des enfants trouvés, et l’autre sur le nom des enfants naturels. Il n’a pas été possible de trouver le premier texte. Il est très vraisemblable que cette circulaire faisait des recommandations concernant les noms à donner aux enfants trouvés non déclarés à l’état civil. D’autres circulaires l’on fait précédemment, comm celle du 30 juin 1812 qui propose de chercher des noms de l’histoire ancienne ou évoquant des signes particuliers à l’enfant et récuse  » les dénominations ridicules ou rappelant la situation d’enfants trouvés et les noms connus pour appartenir à des familles existantes ». De plus, étant donné le titre du texte, les enfants abandonnés ne sont pas concernés. La circulaire du 22 octobre 1926 relative au nom des enfants naturels précise que  » lorsqu’un enfant n’est désigné dans son acte de naissance que par une suite de prénoms, c’est ce dernier, quel qu’il soit, qui doit être considéré comme nom patronymique  ». Elle indique également que  » lorsqu’un acte de naissance indique le nom de la mère d’un enfant naturel mais que cet enfant n’a pas été reconnu par elle, une jurisprudence aujourd’hui à peu près constante proclame que cet enfant a droit au nom patronymique de sa mère  » Elle demande aussi de nommer les enfants naturels par ce patronyme dans les actes de mariage ou de décès. Cette directive, qui ne prévoit aucune dérogation, va expressément à l’encontre de toute substitution de nom pour les enfants qui portent le patronyme de leur mère.

Dans le même temps, une circulaire du 18 mars 1927 adressée aux directeurs d’agences par le préfet de la Seine indique qu’il lui a été signalé que les livrets de certains pupilles continueraient de porter, à la première page, la mention  » Inconnu  » et rappelle de façon très ferme la nécessité de porter sur les livrets des pupilles leur véritable état civil.

Par ailleurs, il est nécessaire de préciser que la tutelle des pupilles de l’AP ou de l’État est un régime de puissance paternelle, puis d’autorité parentale, qui cesse à la majorité et qui est sans conséquence sur la filiation.

En outre, la consultation des archives départementales de la Gironde a permis de constater que la pratique des pseudonymes n’était pas appliquée dans toute la France. Le conseil général du Finistère, a indiqué qu’elle n’existait pas non plus dans son département. Le CNAOP a pu confirmer que la pratique n’était pas généralisée. De plus, une réglementation nationale aurait prévu de façon précise les modalités et en particulier l’âge auquel l’attribution de pseudonymes intervenait et se terminait.

Le changement pourrait alors être dû à une directive écrite non publiée, voire à des consignes orales, spécifiques à un département. Il pourrait résulter de la décision d’un préfet, ou d’un inspecteur de l’AP. On constate effectivement qu’un même inspecteur a exercé en Ille-et-Vilaine au moins de 1928 à 1943. Mais ce n’est qu’une hypothèse fragile, car cette pratique n’est pas l’apanage du seul département d’Ille-et-Vilaine. René Giraud qui a réalisé un master d’anthropologie a relaté avoir rencontré deux pupilles des Bouches-du-Rhône, nés avant 1935, qui avaient un nom donné par l’administration, différent de celui de leur mère respective, bien que ces dernières les aient reconnus et aient établi la filiation. Dans son mémoire, il cite Roberte C. qu’il a interviewée, à qui la nourrice avait raconté qu’elle avait un patronyme donné par l’AP. L’intéressée, qui pense que c’était pour  » que maman ne revienne jamais me chercher  », décide, lors d’une inscription à l’école, de prendre le nom de son père nourricier, en expliquant :  » J’avais bien le droit de choisir un nom qui me convenait en offrant celui de mon père nourricier puisqu’il m’appelait sa fille. »

Des pseudonymes qui facilitent rupture et secret :

L’absence de texte expliquant l’usage de pseudonymes invite à rechercher, au-delà, les raisons d’une telle pratique. Quatre pistes ont été explorées : le respect du secret demandé par le ou les parents, un projet d’adoption, le secret de la filiation vis-à-vis de l’enfant, le secret du placement.

La première hypothèse est le respect du secret demandé par la mère ou par la famille. Les enfants trouvés n’ont pas de filiation établie, mais, pour ceux dont la mère choisit elle-même les noms et prénoms, c’est assurément pour lui laisser une trace et non pour qu’il porte un autre nom.

Pour les enfants abandonnés, la déclaration à l’état civil avec le nom de la mère, voire des deux parents, ne plaide guère non plus en faveur d’une volonté de secret. Certes, dans certains dossiers, il est mentionné que la mère veut cacher sa grossesse à sa famille ou que  » le mari l’ignore  ». Mais même là, aucun écrit ne mentionne qu’elle demande le secret vis-à-vis de son enfant. De toute façon, cela ne concerne qu’une minorité de situations, l’absence de ressources étant la raison principale des abandons. En outre, la préservation d’un tel secret supposerait un changement d’état civil et non l’attribution d’un pseudonyme pendant seulement quelques années, voire quelques mois. De plus, les parents ne sont manifestement pas informés de cette pratique. Les échanges de courrier avec eux se font en indiquant le nom d’état civil. Léontine B. née le 17 juin 1927 à Saint-Malo et décédée le 16 juillet suivant, est dite Aurélie E. Quelques mois plus tard, sa mère demande à la revoir. Il lui est répondu :  » J’ai le regret de vous faire connaître que votre fille Léontine […] est décédée le 26 juillet de pyodermite et d’athrepsie générale. »

L’éventualité d’une adoption ne paraît pas non plus, a priori, être le motif de l’attribution de pseudonymes. En effet, la légitimation adoptive n’est devenue possible qu’avec le décret-loi du 29 juillet 1939 et l’adoption plénière, qui rompt tout lien avec la famille naturelle, qu’après la loi de 1966. Avant 1966, l’enfant adopté conservait son patronyme d’origine auquel était rajouté le nom de l’adoptant. On constate d’ailleurs que les pupilles recouvraient leur nom de naissance au plus tard au moment de la requête en adoption.

Les pseudonymes ne sont cependant pas sans incidence. La plupart des enfants sont confiés aux futurs adoptants sous leur identité première. Dans ce cas, le pseudonyme utilisé antérieurement favorise la rupture. Les candidats à l’adoption rencontrent en effet leur futur enfant en centre de consultation et non chez la nourrice et la différence d’identité ne permet pas de relations entre nourriciers et adoptants, sans l’aval de l’AP.

Pour les quelques enfants qui arrivent dans la famille adoptive en portant toujours leur pseudonyme, la double identité désoriente les parents adoptifs. Ainsi, l’avocat en charge de l’adoption de Maryvonne B. demande pourquoi les pièces adressées en vue de la légitimation adoptive portent ce nom et non celui de Maryvonne P., sous lequel a été confié l’enfant. Il lui est répondu que  » B Maryvonne est le nom sous lequel l’enfant a été déclarée à l’état civil alors que P. Maryvonne est le pseudonyme sous lequel elle a été placée au centre nourricier à Antrain  » et que  » c’est donc au nom réel de l’enfant B. que doit être engagée la procédure de légitimation adoptive  ». Il n’est pas précisé que c’est le patronyme de la mère.

L’incertitude sur le nom et l’origine de l’enfant peut aussi conduire les parents adoptifs ou l’entourage à fantasmer. Un couple en vient même à se quereller, la femme finissant par soupçonner le mari d’être le père du garçon. L’inspecteur est catégorique :

 » Je ne puis m’expliquer la provenance des bruits dont vous m’avez entretenu […] Vous avez librement choisi avec Madame, l’enfant B. Victor au milieu de plusieurs autres. Il est absolument impossible que vous le connaissiez puisqu’il porte du reste un faux nom et que son nom véritable est seulement connu de moi. Comment dans ces conditions pouvoir penser vous en attribuer la paternité?  »

La troisième hypothèse est celle d’une utilisation de pseudonymes liée à l’enfant lui-même. Vis-à-vis des pupilles, le secret concernant les origines a en effet longtemps prévalu.

La loi de 1904 stipule que  » dans tous les cas où la loi ou des règlements exigent la production de l’acte de naissance, il pourra y être supplée, si le préfet estime qu’il y a lieu d’observer le secret, par un certificat d’origine dressé par l’inspecteur et visé par le préfet  ». Les lois du 2 septembre 1941 et du 15 avril 1943 reprennent ces mêmes dispositions. Ce certificat d’origine permet d’occulter le lieu de naissance et la filiation. Cette faculté devait être réservée, d’après la circulaire du 15 juillet 1904 aux  » situations délicates  », or dans la plupart des départements, dont l’Ille-et-Vilaine, elle a été étendue à tous, de façon injustifiée puisque la tutelle des pupilles est sans conséquence sur la filiation.

Certains anciens pupilles ont longtemps ignoré l’origine de leur patronyme, s’il s’agissait du nom de leur père ou de leur mère ou d’un nom donné, et quel était leur lieu réel de naissance. La plupart des mariages de pupilles mentionnent leur appartenance à l’AP. Dans le bulletin de mariage de Julienne K., il est ainsi indiqué :  » Née le 3 février 1916 à Assistance publique  », alors qu’elle est née à Rennes et porte le nom de sa mère. Les bulletins de décès portent aussi des mentions spécifiques. Il en est de même pour les actes de naissance des enfants de pupille mineur où il est mentionné  » fils ou fille de X, pupille  ». Le port de pseudonyme concourt à désaffilier les pupilles par rapport à leur famille d’origine, pour les rattacher à la seule AP. Il pourrait être destiné à brouiller les pistes.

Cette troisième hypothèse se heurte cependant au fait que l’attribution de pseudonyme n’a pas entraîné de nouvel état civil et que les pupilles adultes connaissent leur véritable identité. Certains découvrent même tardivement qu’ils ont porté un pseudonyme.

René C. demande en décembre 1991 à avoir des éléments sur ses origines pour  » reconstituer la vie de celle qui a un moment difficile de son existence a dû me laisser sur le bord du chemin  ». Quatre ans plus tard, à 67 ans, il découvre que lors de son premier placement il a eu un pseudonyme  » dans le but j’imagine de déjouer d’éventuelles recherches dans les tous premiers mois de ma naissance  ».

Un monsieur né en 1928 a apporté ses deux livrets, l’un à son nom, l’autre sous son pseudonyme. Il ignorait totalement pourquoi il avait deux livrets avec des noms différents. Il ne se souvenait pas avoir porté le premier nom, ce qui s’explique par le fait que le changement avait eu lieu avant l’âge de 2 ans, comme pour René C.

Des personnes dont le changement a été plus tardif ne connaissent pas davantage la cause de cette évolution. Certains pensent que les dossiers étaient mal tenus et qu’il s’agit d’une anomalie qui leur est propre. La consultation de dossiers datant d’avant 1944 n’est pas fréquente actuellement, aussi, les services du conseil général d’Ille-et-Vilaine n’avaient-ils constaté l’existence que de quelques pseudonymes. De ce fait, ils pouvaient difficilement expliquer cette particularité aux personnes qui découvraient leur dossier.

Les personnes qui ont porté un pseudonyme arrivent parfois à douter de la véracité de leur patronyme.

Ainsi, Marie Catherine G., à l’approche de ses 21 ans, cherche avec l’aide de son mari à connaître qui sont ses parents. Dans une lettre de mai 1948, sont précisés les éléments connus et surtout les interrogations :  » Mademoiselle Marie Catherine G. pupille de l’Assistance publique de Rennes, née le 17 août 1927 à… ? fille de… ? et de… ? a été admise à l’hospice de Rennes le 5 septembre 1927.  »Il lui est répondu :  » Ma chère Marie-Catherine, […] j’ai le regret de vous faire connaître que je ne possède aucun renseignement sur votre mère qui vous a abandonnée aussitôt après votre naissance, et n’a jamais depuis demandé de vos nouvelles. En formant les meilleurs vœux pour le bonheur de votre foyer…  »

En 1963, en 1964, puis en 1966, la jeune femme fait de nouvelles démarches pour savoir en particulier son lieu de naissance, puis l’origine de son nom et s’il est français.

En avril 1980, le ton est plus incisif et là, elle fait allusion à son pseudonyme qui ajoute à son incertitude :

 » Je ne sais rien sur mes origines, je ne connais même pas mon lieu de naissance. Pensez-vous qu’à l’époque où on vit ce soit normal. …. Je suis dans le commerce et à chaque moment il me faut remplir des papiers avec mon lieu de naissance, chaque fois c’est la même chose (Assistance publique ou point d’interrogation). J’ai 53 ans, faudra-t-il donc traîner ce boulet toute la vie ? …. J’ai été inscrite au départ sous le nom de Berthe M., puis à 13 ans quand j’ai passé mon premier certificat on m’a donné paraît-il mon vrai nom (souligné par l’auteur), celui de Marie Catherine G. Je pense que vous me comprendrez et pourrez me dire ce que depuis des années j’ai envie de savoir.  »

Pour l’enfant, la modification de son identité, le plus souvent accompagnée d’un changement de vie, sans préparation qui plus est, devait être particulièrement perturbante.

Il n’y a pas de témoignage direct lié aux pseudonymes. Mais nombre de personnes évoquent leur bouleversement en apprenant une identité différente de celle à laquelle elles avaient cru. Une femme d’une cinquantaine d’années a parlé avec beaucoup d’émotion du jour où elle s’était rendu compte, à 12 ans, qu’elle ne portait pas le même nom que sa famille d’accueil et avait appris qu’elle était de l’ASE. Le soir même, elle fuguait.

Même s’il ne faut pas écarter totalement les autres hypothèses en l’absence d’écrit explicatif, la plus vraisemblable semble être la volonté de garder le secret du lieu de placement vis-à-vis des parents. Il s’agit d’empêcher que les parents ne recherchent leurs enfants.

La loi du 27 juin 1904 prévoit que le lieu du placement du pupille reste secret, sauf décision du préfet prise dans l’intérêt de l’enfant. Cette obligation est expliquée par le ministre de l’Intérieur dans sa circulaire du 15 juillet 1904 :

 » Il est juste que ceux qui abdiquent les devoirs de la famille n’en goûtent pas les joies. Si les parents connaissaient la résidence du pupille et pouvaient dès lors entrer en relation avec les nourriciers et avec lui, les voir à leur gré, le frein le plus puissant à l’abandon disparaîtrait : il y aurait mise en pension de l’enfant aux frais du contribuable. On peut ajouter que l’éducation des pupilles serait rendue plus difficile, souvent presque impossible, par l’intervention des familles.  »

Dans les règlements départementaux, il est interdit aux nourriciers de donner un quelconque renseignement sur l’enfant confié, sous quelque prétexte que ce soit. Dans les contrats d’apprentissage, il est également précisé que le patron doit veiller à ce que le pupille  » ne communique pas avec sa famille et si cette éventualité venait à se produire en informer sans délai l’inspecteur  ».

L’usage de pseudonymes concourt à une rupture définitive. Les parents peuvent difficilement retrouver trace d’un enfant qui ne porte plus le nom initial.

L’exemple de la mère d’Irène Y., qui, célibataire, a abandonné sa fille puînée à la naissance, est instructif. Après son mariage, elle vient s’installer par hasard avec son époux et son aînée non loin de la nourrice de sa benjamine. Trouvant que les deux petites se ressemblent, la gardienne prend à partie la mère qui écrit alors à l’AP pour avoir des nouvelles :

 » Je vous supplie de bien vouloir me dire si la petite Irène Y. est vivante car je suis sa mère et maintenant je suis mariée et on veut reprendre notre petite …. Si je suis malade, c’est le regret de ma petite fille et surtout de recevoir des paroles comme j’en reçois. Mme H. fait marcher une petite fille de l’Assistance pour laquelle je crois toujours que c’est mon enfant. …Tous les jours quand je la vois, je me mets à pleurer et je me fais des idées noires car Mme H. quand elle me voit, va vite la chercher et elle se met à rire aux éclats en disant c’est malheureux d’avoir abandonné sa sœur, il faut avoir le cœur d’une vache. C’est dur pour une mère de recevoir ces paroles. […] Je l’ai mise à l’Assistance car c’était impossible pour moi de l’élever.  »

Dans une autre lettre, elle précise que la nourrice lui a montré le matricule de l’enfant et supplie de la reprendre. Irène Y. était connue par la nourrice sous son pseudonyme de Marie B. Pour la mère, il devait être particulièrement déconcertant de voir une petite fille ressembler à son enfant mais porter un nom différent. Dans sa première lettre, il est manifeste qu’elle est très ébranlée par la ressemblance mais n’a pas de certitude. Elle commence en effet par demander si sa fille est vivante. Dans cette situation, la divulgation du lieu de placement est plutôt favorable à la mère, à qui l’enfant est confiée assez rapidement, mais à titre d’essai.

La spécialisation de certaines nourrices pour les tout-petits dans le département dans la même période pourrait être en lien avec l’attribution de pseudonymes.

Cette hypothèse de changement de nom pour éviter que les parents ne retrouvent fortuitement leurs enfants est confortée par certaines pratiques antérieures de l’AP. Des départements ont organisé la coupure des pupilles de leur famille et lieu d’origine. Au xixe siècle, l’une des raisons de la création des agences de la Seine, dans le Morvan, l’Ouest et le Nord de la France était la mise à distance à plus de 150 km des parents, pour éviter que certains ne deviennent nourrices rémunérées de leurs enfants. Même les enfants déjà placés en nourrice sont partis dans un autre département. Lamartine a dénoncé, mais en vain, le caractère arbitraire de cette politique :

 » N’est-ce pas une rigueur ? Une peine ? Un exil ? Une barbarie ? Ah ! Demandez-le à votre propre cœur intimement interrogé, demandez-le à ces convois presque funèbres de ces enfants expatriés que nous rencontrons par longues files sur nos routes, le front pâle, les yeux mouillés, les visages mornes…  »

Les départements de la Seine-et-Oise et des Bouches-du-Rhône ont également eu des agences hors de leur département. Une circulaire du ministre de l’Intérieur du 21 juillet 1827 a organisé des échanges d’enfants trouvés et abandonnés entre départements limitrophes. La population devait en être avisée, pour susciter des reprises d’enfants et permettre ainsi des économies pour l’Assistance publique. Pour les enfants non repris, le changement de département conforte la rupture.

Par ailleurs, alors même que la loi de 1904 prévoit que les frères et les sœurs sont, autant que possible, placés dans la même famille, ou, au moins, dans la même commune, certains départements, comme les Bouches-du-Rhône, favorisent la dispersion des fratries.

L’éloignement se veut en premier une sanction contre les parents et en second une protection pour les enfants par rapport à une famille jugée défaillante.

Des pupilles ,enfants du seecret .

Il convient de resituer l’usage, si singulier, de pseudonymes dans le contexte du secret qui prévalait à l’époque, dans le dessein de donner à l’enfant une nouvelle existence, vierge de tout passé.

Plusieurs auteurs se sont fait l’écho des recherches des pupilles sur leurs origines. C’est parfois une quête tout au long de la vie. Amandine, qui ignorait même l’origine de son nom, écrivait en 2000, à 85 ans :

 » J’avoue avoir toujours au cœur cette grande peine de ne pas connaître ses racines. Cependant au fond de moi-même, je voue à cette maman (qui n’a pas voulu de son enfant ? ) la tendresse de lui dire au fond de moi-même je t’aimerai en silence, peut-être qu’un jour dans l’au-delà nous pourrons nous rencontrer. Cela m’aide à continuer la route.  »

Longtemps, le secret a été opposé aux pupilles. Un courrier adressé à un pupille qui demande en avril 1948 à connaître sa famille est à cet égard explicite :

 » Je ne puis que vous conseiller, comme je l’ai fait maintes fois, d’organiser sérieusement votre existence, seul, maintenant que vous êtes majeur et de vous créer vous-même un foyer lorsque le moment sera venu. »

La culture du secret évoluant avec le temps, certains pupilles qui avaient eu une fin de non-recevoir accèdent sur le tard à leur identité. Ainsi, Nicole A. née en 1943 se voit d’abord répondre en 1990 qu’elle est née de parents non dénommés et qu’il n’y a rien de plus au dossier. En 2000, elle peut consulter son dossier et il lui est remis une fiche où il est précisé qu’elle a été amenée à l’AP par sa mère, la date et lieu de naissance de cette dernière ainsi que sa profession et son lieu de résidence.

Le secret a longtemps prévalu, aussi dans les familles. Ainsi, en 1998, une femme demandait quelles étaient ses origines :

 »Ayant trouvé fortuitement (56 ans après) les documents concernant mon adoption (j’ignorais tout) ne sachant rien sur ma naissance et les trois premières années de ma vie. Serait-il possible de me communiquer tout ce qui concerne mon abandon et surtout le nom de mes parents biologiques…  »

Cette personne a découvert un certificat d’origine portant le nom de Maryvonne B. mais ignore que ce patronyme est celui de sa mère.

Parfois, ce sont les enfants qui font des démarches. Pour certains, ils n’apprennent le passé de leurs parents qu’au décès de ces derniers.

La communication des dossiers aux intéressés a été prévue par la loi du 17 juillet 1978 sur le droit d’accès aux documents administratifs et celle du 11 juillet 1979 qui l’applique aux documents nominatifs. Mais même alors, pour les pupilles, subsistent des divergences d’appréciation sur la possibilité de consulter ou non des informations concernant leurs parents ou leurs fratries. C’est la loi du 22 janvier 2002 qui marque un tournant décisif dans le droit pour les pupilles de connaître leurs origines, qu’ils aient été adoptés ou non. Seules deux restrictions existent : le cas où la mère a accouché en demandant le secret de son identité et celui où les parents ont demandé explicitement le secret de l’état civil, lors de l’abandon. En cas de doute sur la demande de secret par la mère, c’est le Conseil national pour l’accès aux origines personnelles (CNAOP) qui doit être saisi et qui met tout en œuvre pour contacter la mère et connaître ses intentions. En outre, depuis 2002, il n’est plus possible au père ou à la mère de demander le secret de leur identité après la reconnaissance de leur enfant.

L’attribution si singulière de pseudonymes met en lumière combien étaient prégnantes la culture du secret et la volonté de rupture avec les familles d’origine, pendant la première moitié du 20ème siècle. Elle interroge sur les motivations qui président au secret et invite aussi à une constante vigilance sur le respect des droits des personnes, surtout les plus fragiles.

C’est le printemps !


Depuis ce lundi, c’est le printemps ! Pourquoi a-t-il démarré le 20 mars et d’où vient son nom ?

  

Depuis ce lundi, c’est le printemps ! Pourquoi a-t-il démarré le 20 mars et d’où vient son nom ?
Dans l’Antiquité, le printemps s’appelait  » vera ‘et Flore était sa déesse.  » Flore  », tableau de Sebastiano Ricci, Flore (1712-1716)  

Dans nos têtes, le printemps commence tous les ans le 21 mars. Et pourtant, le retour des beaux jours n’a pas toujours officiellement lieu dans le calendrier exactement à la même date. Quant au printemps, il ne s’est pas non plus toujours appelé ainsi

Dans nos régions tempérées de l’hémisphère nord, dont la France, le printemps est une saison dite  » intermédiaire  ». D’une durée de trois mois, elle se situe après l’hiver et avant l’été.( lol)

Flore et Zéphyr et  » prime vere  »

La première de nos saisons

En composant ses célèbres concertos, A. Vivaldi…….

Vivaldi ?

……ne s’y était pas trompé. Printemps, été, automne, hiver : le  » printemps  » est la première de nos quatre saisons. En effet,jusqu’au XVIe siècle, l’année s’ouvrait bel et bien non pas en janvier mais au mois de mars et, du coup, le printemps en était la toute première saison. D’où son nom apparu au XIIe siècle :  » prins tans  », (le premier temps ).

Primevèrees ?

Mais jusqu’au XVIe siècle,  » prime vere  », était la formule initiale et la plus courante pour cette saison.D’ailleurs, elle a d’ailleurs donné son nom à la primevère , la première fleur qui pousse à cette période de l’année. (Son origine vient du latin  » vera  »qui dans la Rome antique, désignait cette saison ). Une trace nous en reste dans l’adjectif ‘ vernal  », bien connu des jardiniers, qui désigne en botanique les espèces vernales, celles qui se développent au printemps. La déeesse Flore

La déeesse Flore ?

 personnifiait alors le printemps. Le 1er mai, on célébrait en son honneur les Floralies, jeux floraux nocturnes où régnait une » grande licence  ».

Dans la mythologie grecque, c’était Zéphyr 

Zéphyr ( statue)

(ou Favonius pour les Romains), dieu du vent d’ouest et du printemps, qui apportait avec lui la belle saison et la renaissance de la nature.

Le printemps astronomique commence entre le 19 et le 21 mars

Chaque année, nous attendons impatiemment que le printemps arrive, car après l’automne et les longs mois d’hiver, froids et privés de lumière, le printemps est synonyme de croissance, de vitalité et de renouveau : la nature se réveille, la luminosité ainsi que les températures augmentent…

Cette année, il commence le lundi 20 mars 2023 à 22  h 24 minutes et 24 secondes  »tapantes », jour de l’équinoxede printemps . Il s’achèvera le mercredi 21 ? juin 2023 à 16 h 57 minutes et 47 secondes précisément,jours du solstice d’été  . Mais le printemps ne démarre pas toujours précisément à la même date quelle que soit la méthode retenue pour la définir.

Deux méthodes pour définir les saisons

En effet , il y a deux méthodes ? pour définir les dates officielles des saisons :la méthode astronomique et la méthode météorologique  . En France, comme dans de nombreux autres pays, c’est la méthode astronomique qui est retenue. Chacune des saisons est alors délimitée par les solstices (d’hiver et d’été) et les équinoxes (de printemps et d’automne).

Les solstices sont les deux jours de l’année où la durée du jour est la plus longue pour l’un et la plus courte pour l’autre. Les équinoxes désignent les deux jours de l’année où la durée du jour est égale à la durée de la nuit ( d’où l’étymologie latine d’équinoxe : aequus (égal) et nox (nuit).)

L’équinoxe vernal (de printemps), c’est-à-dire le moment où le Soleil est parfaitement aligné avec l’équateur qui définit le début du printemps, est calculé chaque année par les astronomes et mathématiciens.

La synchronisation entre le Soleil et l’équateur n’est pas parfaite à cause des approximations de notre calendrier.

Pour nous, une année dure 365 jours, tandis qu’une année astronomique correspond à 365 jours, 5 heures et 45 secondes. Les années bissextiles ont été mises en place pour compenser cette dérive, mais celles-ci ne permettent tout de même pas de compenser parfaitement la différence. De plus, la Terre tourne autour du Soleil sur un axe elliptique qui a tendance à se déplacer très légèrement, ce qui a pour effet de modifier la durée des saisons. Ainsi, tous les ans, l’équinoxe se décale d’un peu moins de six heures.

Entre phénomènes naturels et traditions culturelles : Découverte du passage de l’hiver au printemps, autour de la planète

En Russie, le printemps démarre le 1er mars

La méthode météorologique, elle se base sur les températures. Dans l’hémisphère nord, l’hiver météorologique désigne les trois mois de l’année les plus froids, => décembre, janvier et février. L’été météorologique désigne les trois mois les plus chauds, soit juin, juillet et août. Le printemps météorologique (mars, avril, mai), en tant que demi-saison, se place donc entre l’hiver et l’été météorologique, et il démarre le 1er mars pour durer jusqu’au 31 mai. Dans l’hémisphère sud, le printemps météorologique austral est inversé et se situe donc aux mois de septembre, octobre et novembre.

Certains pays, comme la Russie, utilisent cette méthode pour définir les dates officielles du printemps et des autres saisons. En Australie et en Nouvelle-Zélande, le début du printemps officiel est le 1er septembre, en accord avec le printemps météorologique de l’hémisphère sud. Mais selon les années, dans cette méthode aussi, il peut aussi y avoir un décalage. En fonction des réalités de la météo, les températures ne se radoucissent pas toujours dès le 1er mars.

À chacun son printemps

Dans le calendrier iranien,le premier jur du printemps  » nourouz » , est resté le premier jour de l’année. La fête est célébrée par certaines communautés le 20 mars systématiquement, et par d’autres le jour de l’équinoxe vernal de l’hémisphère nord, qui a lieu soit les 19, 20 ou 21 mars.

La saison de la floraison des cerisiers à Tokyo a été déclarée le mardi 15 mars officiellement ouverte, dix jours plus tôt que la normale, une précocité record devenant récurrente depuis quelques années et mise en relation avec le réchauffement climatique mondial.
La saison de la floraison des cerisiers à Tokyo a été déclarée le mardi 15 mars officiellement ouverte, dix jours plus tôt que la normale, une précocité record devenant récurrente depuis quelques années et mise en relation avec le réchauffement climatique mondial.

Au Japon, on fête chaque année le printemps à partir de la fin mars, début avril avec  » le Hanami » (‘ regarder les fleurs  »), un rituel japonais vieux de 1 300 ans qui consiste à contempler la floraison des cerisiers, les  » Sakuras  » qui commencent alors à fleurir dans tout le pays. Les Japonais se regroupent en famille pour pique-niquer dans tous les parcs, en particulier celui de Ueno à Tokyo où la fête est célébrée majestueusement.

Dans le calendrier luni-solaire chinois, dit « calendrier chinois », le printemps commence vers début février et se termine vers la fin avril. La fête du printemps coïcide avec les dates du printemps astronomique et avec le Nouvel an  : c’est le début des semences et d’une fête de deux semaines.

De quels avantages bénéficient exactement…..


…… les anciens Présidents de la République ?

Quand un Président de La République se retire, il continue à bénéficier d’avantages qui paraissent d’autant plus excessifs à certains qu’il peut en profiter jusqu’à son décès.

Ces avantages sont d’abord de nature financière. En premier lieu, un ancien Président de la République touche une confortable retraite, qui se monte à environ 6.000 euros bruts par mois.

Une fois retiré, ce ne seront pas toujours ses seuls revenus. En effet, il pourra ajouter à cette pension principale d’autres retraites si, par exemple, il a été, au cours de sa carrière politique, député, sénateur ou ministre.

Par ailleurs, un ancien Président de la République est membre de droit du Conseil constitutionnel. En tant que tel, il touche une indemnité de 11.500 euros nets par mois, si, du moins, il décide d’y siéger.

Enfin, l’État paie en partie les déplacements de l’ex premier magistrat. En effet, ses trajets en avion, en train ou en bateau sont pris en charge, en première classe, par les pouvoirs publics.

Enfin, un ancien Président de la République n’aura pas à payer son loyer. Du moins s’il choisit d’habiter le logement de fonction meublé qui lui est attribué. Les notes de téléphone sont également payées.

Mais les avantages financiers ne sont pas les seuls dont profitent les anciens Présidents. L’État leur attribue aussi un personnel spécifique, dont il prend en charge le salaire.

Ces personnes mises au service de l’ex Chef de l’État sont une dizaine au total. Certaines sont chargées de veiller à sa sécurité personnelle ainsi qu’à celle de son domicile. D’autres s’occupent de l’entretien du logement de fonction. Enfin, le conjoint de l’ex Président peut obtenir le concours d’un collaborateur, dont la rémunération est prise en charge par l’État.

Une voiture de fonction est également mise à la disposition de l’ancien Président, conduite par un chauffeur rémunéré par l’État. Durant ses déplacements à l’étranger, un ancien Président de la République se voit offrir encore un autre avantage.

En effet, il est logé gracieusement dans la résidence de l’ambassadeur de France, accrédité dans le pays dans lequel il se rend.!!!!!!!!

La France a-t-elle accueilli un camp de concentration ?



 Comme tout le mondele sait….

Conçus pour éliminer les opposants, les Juifs, dans le cadre de la « solution finale », les Tsiganes ou les homosexuels, les camps de concentration nazis se sont surtout implantés en Allemagne et dans la Pologne occupée.

Mais il en exista également un en France.!!!!! Il est construit en Alsace, que l’Allemagne annexe de facto en 1940. Ce camp, édifié en 1941, et situé près du village de Natzweiler, est appelé Natzweiler-Struthof ou, plus simplement, Struthof.

Cet ensemble concentrationnaire se compose d’un camp principal et d’installations annexes. Fonctionnant jusqu’en 1945, ils accueilleront environ 52.000 prisonniers, appartenant à 32 nationalités.

Le camp principal regroupe surtout des opposants politiques et des résistants. Dans les camps annexes sont surtout emprisonnés des travailleurs forcés venant des pays de l’Est occupés, dont 17 % sont Juifs.

Les historiens estiment que 17 à 18.000 personnes ont trouvé la mort au Struthof. Il est le premier camp à être découvert par les Alliés, en novembre 1944. Tandis que le camp principal est évacué, les camps annexes continuent à fonctionner jusqu’à la fin de la guerre en Europe.

Les détenus du Struthof travaillent, dans des conditions souvent inhumaines, pour la machine de guerre nazie. Mais des médecins se livreront aussi sur les prisonniers à des expérimentations médicales qui relèveront, après le conflit, des crimes de guerre.

Une chambre à gaz fut également installée au camp du Struthof. Son but était de tester sur les détenus l’efficacité d’un traitement contre un gaz de combat dont pouvaient être victimes les soldats allemands.

Avec un taux de mortalité de 40 %, le camp était considéré comme l’un des plus meurtriers de tout le système concentrationnaire nazi. Plus de 2.000 de ces prisonniers étaient des détenus « Nacht und nebel » (« Nuit et brouillard »), des opposants que les nazis faisaient disparaître dans le plus grand secret.

Le camp du Struthof servit aussi de lieu d’exécution; environ 400 personnes y furent ainsi fusillées ou pendues. Plusieurs procès ont lieu, à la fin de la guerre, et l’un des chefs du camp est pendu.


ancien-camp-concentration-nazi-struthof

Le Struthof  aujourd’hui

Le Struthof est un important lieu de mémoire en Alsace, situé à 15 minutes du Mémorial de l’Alsace Moselle .

   Mémorial de l’Alsace Moselle

En effet, il se trouve à l’emplacement de l’ancien camp de concentration de Natzweiller seul camp de concentration installé en France. En plus de la visite de l’ancien camp de concentration, il est possible de visiter un musée installé dans un des baraquements du camp, l’ancienne chambre à gaz, une nécropole nationale ainsi que le Centre européen du résistant déporté (qui abrite une exposition). L’ensemble forme ce qu’on appelle le Struthof.

Absinthe : grandeur et décadence de  »la fée verte »


Billet long ,trop long ,mais ……..heureux d’avoir retrouvé mes blogs alors…..

image = absinthe plante

Au XIXe siècle, l’art de vivre passait par l’absinthe… Tour à tour adulée puis chargée d’anathème, celle qui inspira les artistes de l’époque, de  » fée verte  » devint sorcière. Accusée de rendre fou et criminel, elle fut partout combattue et abattue. La Belgique, la première, sonna le glas en 1905. La Suisse suivit en 1910 et finalement la France donna, en 1915, le dernier  »coup d’estoc ». Feu la fée verte ne gênerait plus personne. Morte grâce aux efforts conjugués de l’Académie de Médecine, des ligues antialcooliques et des syndicats puissants de la viticulture, elle fut enterrée à grands renforts de fanfare.

C’est à la fin du XVIIIe siècle que vivait, dans le village de Couvet, le Dr Ordinaire, un médecin français exilé de Franche-Comté pour des raisons politiques, . Décrit comme un original par les habitants du canton, le médecin parcourait en tous sens le Val de Travers monté sur son petit cheval corse qu’il appelait  » La Roquette  ».

Il exerçait tout à la fois la médecine et la pharmacie, comme cela se pratiquait alors. Dans les cas graves, il prescrivait un élixir fabriqué à partir de plantes macérées dans de l’alcool dont il tenait la formule croit-on, d’une vieille femme de Couvet, la mère Henriod. A la mort du Dr Ordinaire, sa gouvernante, Mademoiselle Grand-Pierre, aurait vendu la formule de l’élixir au major Dubied. Celui-ci, avec un sens certain des affaires et aidé de son gendre Henri-Louis Pernod, créa en 1798 la première fabrique d’absinthe à Couvet.

affiche vente absinthe sous la marque  » Pernod »

Le major Dubied prit donc l’affaire en mains. L’élixir allait être désormais distillé, méritant ainsi l’appellation scientifique et légale  » d’extrait d’absinthe  », mais restant plus habituellement dénommé  » liqueur d’absinthe  ». C’est ainsi que l’absinthe passa du domaine de la thérapeutique équivoque à celui de boisson apéritive. Autrefois prescrit pour combattre la fièvre et stimuler l’appétit, ce breuvage quitte donc l’officine et devient, grâce à son ancienne réputation, le complément indispensable d’une bonne cave.

En 1805, devant le succès de la liqueur et l’accroissement de la demande, Henri-Louis Pernod

Henri-Louis Pernod ?

décida de créer sa propre entreprise. Pour des raisons fiscales, il s’installa alors en France, à Pontarlier dans le Doubs. Avec une première distillerie française, qui avait pour nom Pernod Fils, commençait, chez nous, l’aventure de l’absinthe.

L’absinthe fait son chemin.

Quelques années plus tard, vers 1830, elle devient vraiment la boisson à la mode. C’était l’époque des grandes conquêtes coloniales : l’Algérie, Madagascar, le Tonkin… Les militaires qui s’étaient vite aperçu des vertus curatives ?de la liqueur d’absinthe en mettaient quelques gouttes dans l’eau généralement suspecte pour se garantir des fièvres pernicieuses et de la dysenterie. Ils prirent goût à ce breuvage et à leur retour en France continuèrent à absorber leur boisson favorite. Ils furent vite imités par la bourgeoisie pleine d’admiration pour ses conquérants et par les artistes à la recherche de plaisirs nouveaux capables d’augmenter leur sensibilité et leur pouvoir de création. ( Qui n’a pas en tête cette fameuse photographie de Verlaine écrivant au Procope, un verre d’absinthe devant lui ? )

Tous les artistes  » s’adonnaient à la verte avec passion  ». Les poètes en buvaient et la louaient ou la fustigeaient selon leurs états d’âme ; les peintres en buvaient et lui donnaient un visage. Certains d’entre eux montrèrent son côté funeste, comme Degas…

Degas ?

….dans son fameux tableau intitulé  » l’absinthe  » ou Picasso avec sa série des buveuses. D’autres préférèrent retenir l’ambiance du bar, de la fête. Renoir immortalisa ainsi le  » Bal du Moulin de la Galette  », haut lieu de divertissement où l’absinthe triomphait. Manet se plaisait au « Bar des Folies Bergères »… Toulouse-Lautrec, quant à lui, avait un faible pour le Moulin Rouge. Un faible pour l’absinthe aussi. Il ne sortait jamais sans sa canne à système qui dissimulait un verre et une petite fiole contenant de la liqueur. Chez lui, il raffinait. Il composait dans son atelier pour son ami Aristide Bruant, un  » cocktail  » de son invention : un panaché de cognac et d’absinthe au nom si évocateur de  » Tremblement de terre  ». Boire de l’absinthe relevait donc du snobisme de l’époque et dans tous les grands établissements des beaux quartiers, entre cinq et sept heures du soir, c’était  » l’heure verte  ».

Vers 1870, l’absinthe jusqu’alors réservée à une élite va se ‘ démocratiser  ». Voilà l’ouvrier entraîné  » sur la piste du bourgeois  ». L’absinthe qui était chère à ses débuts devient meilleur marché que le vin qu’elle commence à concurrencer. Certains le remarquent et d’autres s’en inquiètent comme en 1907 Jean d’Orsay, journaliste au Matin : ‘ La purée verte remplace partout les flacons rouges aux terrasses des cafés. Autant d’apéritifs que de consommateurs. Où sont les innocentes piquettes d’antan ?  » Ainsi, l’absinthe ne fait plus l’exclusivité des beaux établissements. Elle fait son apparition dans les petits bistrots, les caboulots qui regorgent de monde les soirs de paye. Les marchands de vin, puis les fruitiers et même les charbonniers vendent de l’absinthe. Si bien  » qu’à la sortie des ateliers, sur les places, dans les rues, en été, nous sommes pénétrés du relent anisé de toutes les demies dégustées…  » (L’absinthe et l’absinthisme, 1908).

Absinthe Terminus, à Pontarlier
Absinthe Terminus, à Pontarlier

Fait de société nouveau, la femme qui se contentait à la fin du repas d’une petite  » liqueur de dames  »prend désormais l’apéritif et se met à l’absinthe. On la voit, surtout à Paris, attablée à la terrasse des cafés et  » je vous garantis que les absintheuses sont au moins à la hauteur des absintheurs  », écrit H. Balesta en 1860 dans  » Absinthe et absintheurs  ».

Pourquoi cette vogue de l’absinthe qui fait dire au Dr Eugène Ledoux de Besançon en 1908 :  » elle est devenue malheureusement une boisson nationale et bien française  » ? Jusqu’au milieu du XIXe siècle, l’apéritif tel qu’on le connaît aujourd’hui n’existait pas. Quelques amers et quinquinas faisaient leur timide apparition. Lorsqu’il s’agissait de boire avant le repas, à la maison aussi bien que dans les établissements publics, c’était surtout le vin qui était à l’honneur… Et puis survint l’absinthe.

L’absinthe avait tout pour devenir populaire : cette saveur anisée tout à fait nouvelle pour l’époque ; cet air faussement anodin dû au fait qu’il fallait y ajouter de l’eau fraîche, ce qui en faisait une boisson légère et désaltérante. Et enfin, elle demandait une préparation originale, un cérémonial très particulier qui fit de sa consommation un véritable rite social.

L’absinthe, extrait distillé de plantes ayant préalablement macérées dans de l’alcool, titrait 68 et 72 degrés. Il fallait d’une part, y ajouter de l’eau ce qui provoquait l’émulsion des essences des plantes, ce qui donnait l’aspect laiteux de la boisson et, d’autre part, le sucrer pour adoucir l’amertume apportée par la plante d’absinthe. Comme le sucre ne se dissout pas dans un alcool de titre aussi élevé, il fallait qu’il tombe déjà dissous, dans le verre. D’où ce rite de la préparation de l’absinthe.

la préparation de l’absinthe
Lorsque votre absinthe est versée
Au fond d’un verre de cristal
Mettez sur la pelle en métal
Le sucre, en deux pierres cassées
Et l’une sur l’autre placéesPuis faites couler savamment
L’eau claire en petite cascade
Regardez bien, voici comment.
Et pour qu’elle ne soit pas fade
Versez surtout très doucement.L’absinthe devenant plus pâle
Répandra sa divine odeur
Et vous verrez dans la blancheur
De cette subtile liqueur,
De beaux reflets d’ambre et d’opaleVous aurez de cette façon
Une absinthe bonne et bien faite ;
Profitez donc de ma leçon ;
Si cela vous monte à la tête,
Vous calmerez votre âme en fête
En nous chantant une chanson.
rite de la préparation de l’absinthe

Ainsi, les consommateurs prenaient leur temps, devisant entre eux en attendant que leurs absinthes soient prêtes. Ce rite, par l’occasion qu’il créait de favoriser les conversations, est, à n’en pas douter, à l’origine de l’énorme succès de l’absinthe. Ce moment de détente pris au café, en compagnie, est devenu rapidement une institution. Et cet instant privilégié est devenu l’heure de l’apéritif, l’heure de l’absinthe.

Rançon de son succès, l’absinthe, boisson profondément sociale, a connu une telle vogue dans toutes les couches de la société qu’elle devint très rapidement le symbole de l’alcoolisme. Un alcoolisme qui prit des proportions effrayantes au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle et au début du suivant. Il est vrai qu’il se buvait beaucoup d’absinthe. De 1870 à 1910, sa consommation n’a fait que croître : elle serait passée de 7 000 hectolitres en 1874 à 360 000 hectolitres en 1910, d’après les chiffres donnés par la Ligue Nationale antialcoolique. C’est la ville de Marseille qui détenait le record de la consommation avec 3 litres d’absinthe pure par habitant et par an, puis venaient les départements du Var avec 2,5 litres, du Vaucluse, de la Seine et du Gard avec 2 litres. Quant à la ville de Pontarlier qui comptait 25 distilleries en 1905, sa consommation a décuplé en trente-cinq ans, de 1871 à 1906.

En fait, l’absinthe était consommée surtout dans les régions du Jura et du Doubs où étaient installées de nombreuses distilleries, à Paris pour une question de mode et dans le Midi de la France où elle était une boisson rafraîchissante par excellence. Ceci représentait environ treize départements qui absorbaient à eux seuls 65 % de la consommation totale de la France. L’absinthe qui avait le tort d’être populaire, fut un exutoire tout trouvé à l’alcoolisme. Tous les maux portés par les eaux-de-vie et le vin furent mis sur son compte. L’absinthe est qualifiée de fléau social et pour elle on invente l’expression de péril vert.  »La Fée verte devint ainsi sorcière  ».

Dès 1902, le Président du Conseil avait demandé à l’Académie de Médecine d’étudier cette grave question de l’alcoolisme. Il fut à cet effet créé en son sein une Commission dite de l’alcoolisme qui avait pour but d’analyser la toxicité de toutes les boissons à base d’essences. Outre l’absinthe, les consommateurs avaient en effet le choix entre différentes boissons alcooliques, à base de plantes, fabriquées suivant divers procédés. L’Académie de Médecine se pencha donc sur le problème général des boissons à essences et de nombreuses discussions eurent alors lieu afin de définir le degré de toxicité des essences les plus couramment utilisées.

C’est en s’appuyant sur les données de l’observation clinique et simultanément sur les résultats de l’expérimentation physiologique, que furent déterminés la nature et le degré de toxicité de chacun des produits composant les liqueurs. Après de nombreuses controverses, l’Académie refusa finalement d’établir une échelle de culpabilité entre les essences. Elle préféra les condamner toutes en bloc et condamner avec elles leur support commun qui est l’alcool. Il fut donc établi une seule liste d’essences avec néanmoins à leur tête, l’essence d’absinthe, la reine des poisons de ce genre (Bulletin de l’Académie de médecine, séance du 24 janvier 1903).

’absinthe, la reine des poisons de ce genre

Un courant très sérieux en faveur de la prohibition de l’absinthe avait déjà commencé à se manifester avant 1900. Aussi quand l’Académie de médecine souleva la question de la toxicité des boissons à essences et en particulier de celle de l’absinthe, décida-t-elle de l’orientation à donner à la lutte antialcoolique. La fée verte vit alors se dresser contre elle  » tous ceux qui, voulant en finir, l’accusent d’être la principale cause de l’abêtissement physique et moral de la nation française  », écrit J. Guyot dans L’absinthe et le délire persécuteur en 1907.

Une ligue nationale contre l’alcoolisme fut alors fondée, soutenue par des membres de l’Académie de Médecine, des écrivains, des parlementaires. Suivant cet exemple, de nombreuses autres ligues antialcooliques virent le jour appuyées par la presse. En 1906, la ligue nationale contre l’alcoolisme prit l’initiative de lancer une pétition nationale contre l’absinthe, avec ce mot d’ordre :  » Supprimons l’absinthe  ». Un texte fut envoyé aux conseils généraux et municipaux, aux membres de l’Académie de Médecine, de l’Académie française, de l’Armée, de la Magistrature, de l’Université.

Ce texte commençait ainsi :  » Attendu que l’absinthe rend fou et criminel, qu’elle provoque l’épilepsie et la tuberculose et qu’elle tue chaque année des milliers de fiançais. Attendu qu’elle fait de l’homme une bête féroce, de la femme une martyre, de l’enfant un dégénéré, qu’elle désorganise et ruine la famille et menace ainsi l’avenir du pays. Attendu que des mesures de défenses spéciales s’imposent impérieusement à la France, qui boit à elle seule plus d’absinthe que le reste du monde…  ». La pétition fut un succès.

En plus, le journal Le Matin organisa le 14 juin 1907 un meeting monstre au Trocadéro avec comme ordre du jour :  » Tous pour le vin, contre l’absinthe  ». La séance fut ouverte par le Pr. d’Arsonval

Pr. d’Arsonval ?

 :  » Le but de cette séance est de dénoncer au public un péril national : l’absinthe et l’absinthisme. L’utilité des boissons alcooliques n’est point en cause : l’absinthe, voilà l’ennemi !  » tandis que l’illustre académicien, Jules Clarette déclarait :  » Faisons que les marchands de vin, qui ont bien le droit de vivre, vendent du vin, du vin français, du vin naturel et sain, celui que le roi gascon faisait couler sur les lèvres de son nouveau-né. Alors, ils auront bien mérité de la France  ». Pendant ce temps, au dehors, sur la place du Trocadéro, grondait une contre-manifestation de plusieurs milliers de personnes, menée par le député Girod de Pontarlier.

Toutes les propositions de loi concernant la suppression de l’absinthe furent successivement rejetées par la commission sénatoriale chargée de les examiner. Le 11 juin 1912, le Sénat adopta cependant la proposition de M. Ouvrier tendant à interdire, non pas la liqueur d’absinthe mais toute liqueur renfermant de la thuyone, principe reconnu actif de l’essence d’absinthe, présent dans les armoises et différentes plantes telles que la sauge et la tanaisie. Par cette mesure, le gouvernement voulait donner satisfaction au grand mouvement d’opinion qui s’était déchaîné contre l’absinthe. En même temps, il n’osait prendre contre les fabricants de l’apéritif national la mesure radicale que l’intérêt public demandait.

Il faudra attendre le lendemain de la déclaration de la guerre de 1914 pour que le gouvernement invite les préfets à prendre dans les départements des arrêtés tendant à interdire dans les établissements publics la vente au détail de l’absinthe. Mais comme il fallait faire davantage, le gouvernement émit le 7 janvier 1915 un décret contresigné par le ministre de l’Intérieur, interdisant la circulation, la vente en gros et au détail de l’absinthe et des liqueurs similaires.

Ce décret ne pouvant être valable que pour la durée de la guerre, il fut déposé sur le bureau de la Chambre un projet de loi tendant à rendre définitives les mesures prises pendant la guerre. Le 16 mars 1915( il y a environ 108 ans ), la proposition de loi relative à l’interdiction de la fabrication, de la vente en gros et au détail ainsi que la circulation de l’absinthe et des liqueurs similaires, fut enfin acceptée à l’unanimité.

La loi, qui parut au Journal Officiel le 17 mars 1915, fut très favorablement accueillie par l’opinion publique et, sauf quelques rares exceptions, fut partout complètement appliquée. Les fabriques furent fermées. Les marchands en gros et les dépositaires suspendirent leurs ventes mais conservèrent cependant leurs stocks en attendant le vote d’une éventuelle loi d’indemnisations.

Plusieurs projets de loi relatifs aux indemnisations à allouer aux fabricants d’absinthe furent déposés par le gouvernement mais aucun n’aboutit. Pour éviter les murmures des cultivateurs, un début de satisfaction leur fut cependant donné. L’État reprit leurs stocks d’herbages, les brûla et les paya aux prix des derniers cours, tout en laissant espérer d’autres indemnités qui devaient dédommager les planteurs de leurs frais de culture et de leurs installations spéciales de dessication.

Les anciens fabricants d’absinthe se trouvèrent eux, au retour de la guerre, devant un amas d’herbages aussi important qu’inutile. Finalement, ces plantes détenues par les distillateurs ne leur furent jamais remboursées et plus d’un million de kilos fut détruit sans compensation. Les fabricants ne reçurent aucune indemnisation et les grosses fabriques très spécialisées qui ne distillaient que de l’absinthe durent fermer leurs portes.

___________________________________

Paroles:

Ils buvaient de l’absinthe,
Comme on boirait de l’eau,

L’un s’appelait Verlaine,

Verlaie ?


L’autre, c’était Rimbaud,
Pour faire des poèmes,
On ne boit pas de l’eau,
Toi, tu n’es pas Verlaine,
Toi, tu n’es pas Rimbaud,
Mais quand tu dis « je t’aime »,
Oh mon dieu, que c’est beau,
Bien plus beau qu’un poème,
De Verlaine ou de Rimbaud
,

Pourtant que j’aime entendre,
Encore et puis encore,
La chanson des amours,

Quand il pleut sur la ville,
La chanson des amours,
Quand il pleut dans mon cœur,
Et qu’on a l’âme grise,
Et que les violons pleurent,
Pourtant, je veux l’entendre,
Encore et puis encore,
Tu sais qu’elle m’enivre,
La chanson de ceux-là,
Qui s’aiment et qui en meurent,
Et si j’ai l’âme grise,
Tu sécheras mes pleurs,

Ils buvaient de l’absinthe,
Comme l’on boit de l’eau,
Mais l’un, c’était Verlaine,
L’autre, c’était Rimbaud,
Pour faire des poèmes,

On ne boit pas de l’eau,
Aujourd’hui, les « je t’aime »,

S’écrivent en deux mots,
Finis, les longs poèmes,
La musique des mots,
Dont se grisait Verlaine,
Dont se saoulait Rimbaud,

Car je voudrais connaître,
Ces alcools dorés, qui leur grisaient le cœur,
Et qui saoulaient leur peine,
Oh, fais-les-moi connaître,
Ces alcools d’or, qui nous grisent le Coeur,
Et coulent dans nos veines,
Et verse-m ‘en à boire,
Encore et puis encore,
Voilà que je m’enivre,

Je suis ton bateau ivre,
Avec toi, je dérive,

Et j’aime et j’en meurs,
Les vapeurs de l’absinthe,
M’embrument,
Je vois des fleurs qui grimpent,
Au velours des rideaux,
Quelle est donc cette plainte,
Lourde comme un sanglot,
Ce sont eux qui reviennent,
Encore et puis encore,
Au vent glacé d’hiver,
Entends-les qui se traînent,
Les pendus de Verlaine,
Les noyés de Rimbaud,
Que la mort a figés,
Aux eaux noires de la Seine,

J’ai mal de les entendre,
Encore et puis encore,
Oh, que ce bateau ivre,
Nous mène à la dérive,
Qu’il sombre au fond des eaux,
Et qu’avec toi, je meurs,

On a bu de l’absinthe,
Comme on boirait de l’eau,
Et je t’aime, je t’aime,
Oh mon dieu, que c’est beau,
Bien plus beau qu’un poème,
De Verlaine ou de Rimbaud…

C’était il y a 64 ans …..


……..Les tibétains se soulevaient contre l’occupation chinoise le 10 mars 1959 .

Une cause bien éclipsée / oubliée aujourd’hui par la crise ukrainienne, mais la diaspora (Dispersion d’une communauté) à travers le monde ; la population tibétai­ne ainsi dispersée n’oublie pas ce rendez-vous annuel. Chaque année, le 10 mars, elle commémore le soulève­ment de 1959 au Tibet contre l’invasion chinoise.

Le 10 mars 1959, des dizaines de milliers d’hommes et de femmes sont descendus dans les rues de Lhassa pour réclamer l’indépendance du Tibet. Ce mouvement de protestation, porté par une population déjà exaspérée, fut réprimé dans un bain de sang (plus de 80 000 morts). Pékin considérait le Tibet comme appartenant à la zone d’influence chinoise, il n’était pas question d’imaginer son émancipation. ( Aujourd’hui, ce raisonnement est celui de Moscou à l’égard de l’Ukraine ).

Maintenant , la commémoration se déroule à l’extérieur du pays, particulièrement en Inde, où une partie des Tibétains sont réfugiés. Notamment dans la ville himalayenne de Dharamsala, dans le nord de l’Inde où est réfugié le Dalai Lama

le Dalai Lama

. Au Tibet, tout est verrouillé, la présence policière et militaire renforcée et le pays est fermé aux étrangers pour quelques jours. D’ailleurs,ceux-ci ont été rares en Chine ces derniers temps, en raison de l’épidémie de covid.

Suite aux manifestations de 2008 au Tibet, lourdement réprimées par l’État chinois (plus de 200 morts, 5 000 prisonniers, condamnations à de lourdes peines de prison et des exécutions), la situation au Tibet ne cesse d’empirer : on déplore plus de 2000 prisonniers politiques tibétains, des morts sous la torture, des disparitions forcées, des violences des forces de polices contre des rassemblements pacifiques entraînant des morts. Depuis 2009 au Tibet, quelque 150 Tibétains se sont immolés par le feu pour protester contre cette répression. La plupart sont morts. Pékin alourdit son emprise sur la région, depuis 2019 il prélève de manière systématique l’ADN des 3,5 millions de Tibétains comme il l’a fait pour les 23 millions de Ouïghours ( Les Ouïghours sont ethniquement et linguistiquement turcs, et sont majoritairement musulmans. Ils constituent l’un des groupes minoritaires les plus importants de Chine et sont confrontés, depuis des décennies, à diverses formes de persécution.) ;on ignore l’objectif précis de ce programme. En revanche, l’envoi de centaines de milliers d’enfants tibétains, âgés de 4 à 18 ans, dans des internats coloniaux chinois au Tibet, loin de leurs familles, est beaucoup plus clair : il vise à éradiquer la culture tibétaine

La Chine suit la crise ukrainienne avec intérêt, elle s’est abstenue à l’ONU de condamner l’agression russe. Elle le sait, un parallèle pourrait être fait avec l’invasion du Tibet en 1959. Elle est également dans le viseur de la communauté internationale pour sa politique d’élimination du peuple ouïghour et ses visées sur Taïwan.

(à lire : Himalaya à cœur ouvert, dans lequel, l’auteur Alain Laville, parle de la souffrance du peuple tibétain à travers une série de témoignages recueillis au Tibet.)

tibet.png
Tibet /Chine .

Le Portail En Fer Forgé……


…..en Trompe L’oeil Du Theresianum De Vienne

Une entrée du Theresianum à Vienne en Autriche est fermée par un magnifique portail en fer forgé en trompe l’oeil.( Un Theresianum (ou Académie thérésienne ) est un internat  privé et une école de jour régis par les lois sur les écoles publiques de Vienne , en Autriche. Elle a été fondée en 1746 par l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche.

Cette académie fondée par l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche en 1746 donne dès l’entrée une leçon de perspective à ses élèves.

le-portail-en-fer-forge-en-trompe-loeil-du-theresianum-de-vienne
Le Portail En Fer Forgé En Trompe L’oeil Du Theresianum De Vienne
Theresianum, situé dans le palais 
Neue Favorita à Vienne



Cette académie fondée par l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche en 1746

Marie-Thérèse d’Autriche ?

donne dès l’entrée une leçon de perspective à ses élèves.

D’ailleurs il s’ouvre parfaitement sur le parc de ce lycée, ancienne école d’élite:

( Wien, 4. Bezirk (l’arte delle facciate di Vienna), Schule der Stadt Wien, Theresianum (school, escuela, scuola, école) – Favoritenstraße)
L’artiste qui l’a créé à utilisé une perspective en point de fuite pour donner une impression de profondeur et faire apparaitre la porte plus loin qu’elle ne l’est réellement.

Un artiste dont le nom s’est probablement perdu mais qui a fait la démonstration avec ce portail en fer forgé en trompe l’oeil que ce type d’illusion n’est pas réservée aux arts graphiques.

Il s’agit d’un vrai portail métallique, non d’une illusion en trompe l’oeil comme cet escalier peint par Gonzalo Borondo

Gonzalo Borondo

à Boulogne sur mer .

C’est une fantastique fresque en trompe l’oeil transformant un escalier en portail ( image = escalier peint par Gonzalo Borondo à Boulogne sur mer . )

D’ailleurs il s’ouvre parfaitement sur le parc de ce lycée, ancienne école d’élite:

Wien, 4. Bezirk (l’arte delle facciate di Vienna), Schule der Stadt Wien, Theresianum (school, escuela, scuola, école) - Favoritenstraße

L’artiste qui l’a créé à utilisé une perspective en point de fuite pour donner une impression de profondeur et faire apparaitre la porte plus loin qu’elle ne l’est réellement.????

Un artiste dont le nom s’est probablement perdu mais qui a fait la démonstration avec ce portail en fer forgé en trompe l’oeil que ce type d’illusion n’est pas réservée aux arts graphiques.

La « première journée mondiale de la procrastination »


…..est lancée jeudi 25 mars ??????

Qu’est ce que c’est ? ( perso ,je ne connais pas la  » procastination  »!);alors j’ai cherché.

La procrastination consisterait simplement à remettre au lendemain ce qui peut être fait aujourd’hui. Un comportement séduisant à bien des égards, mais qui peut être pathologique, se révèle souvent difficilement supportable pour l’entourage et a parfois de lourdes conséquences matérielles.

Perso ,je pense être atteint de cette …… » maladie »/ manie etc……

L’origine de la journée mondiale de la procrastination 

origines,but etc….

La journée mondiale de la procrastination a été créée en 2010 par un éditeur français, David d’Equainville

David d’Equainville ?

, également auteur du  » Manifeste du 25 mars contre la tyrannie de l’hyper-urgence  ». Le but selon lui ? Dédramatiser la tendance à reporter certaines tâches au lendemain et souligner les bienfaits de la procrastination. Pour d’Equainville, celle-ci n’est pas un mal, mais plutôt une solution pour gérer le stress engendré par une société de plus en plus chronophage et rapide. Et la journée de la procrastination se veut mondiale, parce que cette tendance serait inhérente à toute société selon l’écrivain. 

Plus prosaïquement, derrière l’instauration de la journée de la procrastination se cache aussi la promotion de l’édition en français du livre  » Demain c’est bien aussi  »

livre  » Demain c’est bien aussi  » ?

. Écrit par les auteurs allemands Kathrin Passig

Kathrin Passig

et Sascha Lobo

Sascha Lobo ????

et véritable succès d’édition, il fait lui aussi l’éloge de la procrastination  » positive  ».