Défilé 14/07/2019  » particulier  » ?


Défilé du 14-Juillet, les soldats blessés à l’honneur
Les faits : Le défilé militaire sur les Champs-Élysées à Paris rend hommage, dimanche 14 juillet, aux blessés des armées, et ce, 100 ans après le défilé de 1919 qui fut ouvert par la marche des mutilés et des gueules cassées de la Première Guerre mondiale.

Evidemment : Je ne pouvais pas ajouter  …

 

Pélerinage  » de chien  »


    En plein pèlerinage, il a reçu l’aide d’un bien étonnant compagnon durant 600 km !
Durant son périple, un pèlerin indien a été suivi par un chien errant sur 600 km.
Naveen est un homme de 38 ans qui s’est trouvé un ami : un chien qui l’a suivi du temple de Mookambika au temple de Kollur.
   C’est le deuxième jour de son pèlerinage que le chien s’est montré. Au début le pèlerin était inquiet car le chien l’approchait souvent. « Au bout de 80 km j’ai remarqué le chien. J’ai tenté de l’éloigner mais il refusait simplement de s’en aller ».
Au début, le chien guidait sa route éloigné d’une vingtaine de mètres devant lui. Il regardait constamment derrière pour vérifier que le pèlerin le suivait. Après quelques jours, il a commencé à marcher derrière lui reniflant en permanence ses pieds.

   Pendant un instant dans son périple il a cru que le chien était parti. Mais il s’est avéré que le chien avait simplement pris de l’avance et Naveen l’a rapidement retrouvé.
Sur le chemin du retour, il a raconté son histoire à un chauffeur de bus. Bouleversé par cette histoire, le conducteur a accepté que le chien monte avec Naveen. Durant tout le trajet, le chien a dormi sur les genoux du pèlerin.
   Cette amitié a duré 17 jours et continuera encore longtemps puisque Naveen a adopté le chien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a environ…


113 ans : ( là si pas de commentaire , je comprendrais ,la lettre de Zola est longue ) 

Le 12 juillet 1906 ; Alfred Dreyfus était acquitté ………..La cour de cassation réhabilitait le capitaine Dreyfus  , mettant ainsi  un terme à 12 ans de lutte judiciaire : En décembre 1894 , A.Dreyfus , jeune officier juif acccusé d’ avoir livré aux Allemands des documents secrets était condamné  pour haute trahison . En janvier 1898 Emile Zola clame l’innocence de Dreyfus dans sa lettre  » j’accuse  » ….L’affaire Dreyfus déchaina alors la haine antisémite et déchire la France …..

La lettre  » j’accuse  » de Zola :

J’Accuse... !
Lettre au Président de la République
Par Emile Zola Zola
Lettre à M. Félix Faure
Président de la République
Monsieur le Président,
Me permettez-vous, dans ma gratitude pour le bienveillant accueil que vous m’avez fait un jour, d’avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que votre étoile, si heureuse jusqu’ici, est menacée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches ?
Vous êtes sorti sain et sauf des basses calomnies, vous avez conquis les coeurs. Vous apparaissez rayonnant dans l’apothéose de cette fête patriotique que l’alliance russe a été pour la France, et vous vous préparez à présider au solennel triomphe de notre Exposition universelle, qui couronnera notre grand siècle de travail, de vérité et de liberté. Mais quelle tache de boue sur votre nom – j’allais dire sur votre règne – que cette abominable affaire Dreyfus ! Un conseil de guerre vient, par ordre, d’oser acquitter un Esterhazy, soufflet suprême à toute vérité, à toute justice. Et c’est fini, la France a sur la joue cette souillure, l’histoire écrira que c’est sous votre présidence qu’un tel crime social a pu être commis.
Puisqu’ils ont osé, j’oserai aussi, moi. La vérité, je la dirai, car j’ai promis de la dire, si la justice, régulièrement saisie, ne la faisait pas, pleine et entière. Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice. Mes nuits seraient hantées par le spectre de l’innocent qui expie là-bas, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu’il n’a pas commis.
Et c’est à vous, monsieur le Président, que je la crierai, cette vérité, de toute la force de ma révolte d’honnête homme. Pour votre honneur, je suis convaincu que vous l’ignorez. Et à qui donc dénoncerai-je la tourbe malfaisante des vrais coupables, si ce n’est à vous, le premier magistrat du pays ?

   La vérité d’abord sur le procès et sur la condamnation de Dreyfus.
Un homme néfaste a tout mené, a tout fait, c’est le colonel du Paty de Clam, alors simple commandant. Il est l’affaire Dreyfus tout entière, on ne la connaîtra que lorsqu’une enquête loyale aura établi nettement ses actes et ses responsabilités. Il apparaît comme l’esprit le plus fumeux, le plus compliqué, hanté d’intrigues romanesques, se complaisant aux moyens des romans-feuilletons, les papiers volés, les lettres anonymes, les rendez-vous dans les endroits déserts, les femmes mystérieuses qui colportent, de nuit, des preuves accablantes. C’est lui qui imagina de dicter le bordereau à Dreyfus ; c’est lui qui rêva de l’étudier dans une pièce entièrement revêtue de glaces ; c’est lui que le commandant Forzinetti nous représente armé d’une lanterne sourde, voulant se faire introduire près de l’accusé endormi, pour projeter sur son visage un brusque flot de lumière et surprendre ainsi son crime, dans l’émoi du réveil. Et je n’ai pas à tout dire, qu’on cherche, on trouvera. Je déclare simplement que le commandant du Paty de Clam, chargé d’instruire l’affaire Dreyfus, comme officier judiciaire, est, dans l’ordre des dates et des responsabilités, le premier coupable de l’effroyable erreur judiciaire qui a été commise.
Le bordereau était depuis quelque temps déjà entre les mains du colonel Sandherr, directeur du bureau des renseignements, mort depuis de paralysie générale. Des « fuites » avaient lieu, des papiers disparaissaient, comme il en disparaît aujourd’hui encore ; et l’auteur du bordereau était recherché, lorsqu’un a priori se fit peu à peu que cet auteur ne pouvait être qu’un officier de l’état-major, et un officier d’artillerie : double erreur manifeste, qui montre avec quel esprit superficiel on avait étudié ce bordereau, car un examen raisonné démontre qu’il ne pouvait s’agir que d’un officier de troupe. On cherchait donc dans la maison, on examinait les écritures, c’était comme une affaire de famille, un traître à surprendre dans les bureaux mêmes, pour l’en expulser. Et, sans que je veuille refaire ici une histoire connue en partie, le commandant du Paty de Clam entre en scène, dès qu’un premier soupçon tombe sur Dreyfus. A partir de ce moment, c’est lui qui a inventé Dreyfus, l’affaire devient son affaire, il se fait fort de confondre le traître, de l’amener à des aveux complets. Il y a bien le ministre de la guerre, le général Mercier, dont l’intelligence semble médiocre ; il y a bien le chef de l’état-major, le général de Boisdeffre, qui paraît avoir cédé à sa passion cléricale, et le sous-chef de l’état-major, le général Gonse, dont la conscience a pu s’accommoder de beaucoup de choses. Mais, au fond, il n’y a d’abord que le commandant du Paty de Clam, qui les mène tous, qui les hypnotise, car il s’occupe aussi de spiritisme, d’occultisme, il converse avec les esprits. On ne croira jamais les expériences auxquelles il a soumis le malheureux Dreyfus, les pièges dans lesquels il a voulu le faire tomber, les enquêtes folles, les imaginations monstrueuses, toute une démence torturante.
   Ah ! cette première affaire, elle est un cauchemar, pour qui la connaît dans ses détails vrais ! Le commandant du Paty de Clam arrête Dreyfus, le met au secret. Il court chez madame Dreyfus, la terrorise, lui dit que, si elle parle, son mari est perdu. Pendant ce temps, le malheureux s’arrachait la chair, hurlait son innocence. Et l’instruction a été faite ainsi, comme dans une chronique du quinzième siècle, au milieu du mystère, avec une complication d’expédients farouches, tout cela basé sur une seule charge enfantine, ce bordereau imbécile, qui n’était pas seulement une trahison vulgaire, qui était aussi la plus impudente des escroqueries, car les fameux secrets livrés se trouvaient presque tous sans valeur. Si j’insiste, c’est que l’oeuf est ici, d’où va sortir plus tard le vrai crime, l’épouvantable déni de justice dont la France est malade. Je voudrais faire toucher du doigt comment l’erreur judiciaire a pu être possible, comment elle est née des machinations du commandant du Paty de Clam, comment le général Mercier, les généraux de Boisdeffre et Gonse ont pu s’y laisser prendre, engager peu à peu leur responsabilité dans cette erreur, qu’ils ont cru devoir, plus tard, imposer comme la vérité sainte, une vérité qui ne se discute même pas. Au début, il n’y a donc, de leur part, que de l’incurie et de l’inintelligence. Tout au plus, les sent-on céder aux passions religieuses du milieu et aux préjugés de l’esprit de corps. Ils ont laissé faire la sottise.

    Mais voici Dreyfus devant le conseil de guerre. Le huis clos le plus absolu est exigé. Un traître aurait ouvert la frontière à l’ennemi, pour conduire l’empereur allemand jusqu’à Notre-Dame, qu’on ne prendrait pas des mesures de silence et de mystère plus étroites. La nation est frappée de stupeur, on chuchote des faits terribles, de ces trahisons monstrueuses qui indignent l’Histoire, et naturellement la nation s’incline. Il n’y a pas de châtiment assez sévère, elle applaudira à la dégradation publique, elle voudra que le coupable reste sur son rocher d’infamie, dévoré par le remords. Est-ce donc vrai, les choses indicibles, les choses dangereuses, capables de mettre l’Europe en flammes, qu’on a dû enterrer soigneusement derrière ce huis clos ? Non ! il n’y a eu, derrière, que les imaginations romanesques et démentes du commandant du Paty de Clam. Tout cela n’a été fait que pour cacher le plus saugrenu des romans-feuilletons. Et il suffit, pour s’en assurer, d’étudier attentivement l’acte d’accusation, lu devant le conseil de guerre.
   Ah ! le néant de cet acte d’accusation ! Qu’un homme ait pu être condamné sur cet acte, c’est un prodige d’iniquité. Je défie les honnêtes gens de le lire, sans que leur coeur bondisse d’indignation et crie leur révolte, en pensant à l’expiation démesurée, là-bas, à l’île du Diable. Dreyfus sait plusieurs langues, crime ; on n’a trouvé chez lui aucun papier compromettant, crime ; il va parfois dans son pays d’origine, crime ; il est laborieux, il a le souci de tout savoir, crime ; il ne se trouble pas, crime ; il se trouble, crime. Et les naïvetés de rédaction, les formelles assertions dans le vide ! On nous avait parlé de quatorze chefs d’accusation : nous n’en trouvons qu’une seule en fin de compte, celle du bordereau; et nous apprenons même que, les experts n’étaient pas d’accord, qu’un d’eux, M. Gobert, a été bousculé militairement, parce qu’il se permettait de ne pas conclure dans le sens désiré. On parlait aussi de vingt-trois officiers qui étaient venus accabler Dreyfus de leurs témoignages. Nous ignorons encore leurs interrogatoires, mais il est certain que tous ne l’avaient pas chargé ; et il est à remarquer, en outre, que tous appartenaient aux bureaux de la guerre. C’est un procès de famille, on est là entre soi, et il faut s’en souvenir : l’état-major a voulu le procès, l’a jugé, et il vient de le juger une seconde fois.
   Donc, il ne restait que le bordereau, sur lequel les experts ne s’étaient pas entendus. On raconte que, dans la chambre du conseil, les juges allaient naturellement acquitter. Et, dès lors, comme l’on comprend l’obstination désespérée avec laquelle, pour justifier la condamnation, on affirme aujourd’hui l’existence d’une pièce secrète, accablante, la pièce qu’on ne peut montrer, qui légitime tout, devant laquelle nous devons nous incliner, le bon dieu invisible et inconnaissable. Je la nie, cette pièce, je la nie de toute ma puissance ! Une pièce ridicule, oui, peut-être la pièce où il est question de petites femmes, et où il est parlé d’un certain D… qui devient trop exigeant, quelque mari sans doute trouvant qu’on ne lui payait pas sa femme assez cher. Mais une pièce intéressant la défense nationale, qu’on ne saurait produire sans que la guerre fût déclarée demain, non, non ! C’est un mensonge ; et cela est d’autant plus odieux et cynique qu’ils mentent impunément sans qu’on puisse les en convaincre. Ils ameutent la France, ils se cachent derrière sa légitime émotion, ils ferment les bouches en troublant les coeurs, en pervertissant les esprits. Je ne connais pas de plus grand crime civique.

Voilà donc, monsieur le Président, les faits qui expliquent comment une erreur judiciaire a pu être commise ; et les preuves morales, la situation de fortune de Dreyfus, l’absence de motifs, son continuel cri d’innocence, achèvent de le montrer comme une victime des extraordinaires imaginations du commandant du Paty de Clam, du milieu clérical où il se trouvait, de la chasse aux « sales juifs », qui déshonore notre époque.
Et nous arrivons à l’affaire Esterhazy. Trois ans se sont passés, beaucoup de consciences restent troublées profondément, s’inquiètent, cherchent, finissent par se convaincre de l’innocence de Dreyfus.
Je ne ferai pas l’historique des doutes, puis de la conviction de M. Scheuter-Kestner. Mais, pendant qu’il fouillait de son côté, il se passait des faits graves à l’état-major même. Le colonel Sandherr était mort, et le lieutenant-colonel Picquart lui avait succédé comme chef du bureau des renseignements. Et c’est à ce titre, dans l’exercice de ses fonctions, que ce dernier eut un jour entre les mains une lettre-télégramme, adressée au commandant Esterhazy, par un agent d’une puissance étrangère. Son devoir strict était d’ouvrir une enquête. La certitude est qu’il n’a jamais agi en dehors de la volonté de ses supérieurs. Il soumit donc ses soupçons à ses supérieurs hiérarchiques, le général Gonse, puis le général de Boisdeffre, puis le général Billot, qui avait succédé au général Mercier comme ministre de la guerre. Le fameux dossier Picquart, dont il a été tant parlé, n’a jamais été que le dossier Billot, j’entends le dossier fait par un subordonné pour son ministre, le dossier qui doit exister encore au ministère de la guerre. Les recherches durèrent de mai à septembre 1896, et ce qu’il faut affirmer bien haut, c’est que le général Gonse était convaincu de la culpabilité d’Esterhazy, c’est que le général de Boisdeffre et le général Billot ne mettaient pas en doute que le fameux bordereau fût de l’écriture d’Esterhazy. L’enquête du lieutenant-colonel Picquart avait abouti à cette constatation certaine. Mais l’émoi était grand, car la condamnation d’Esterhazy entraînait inévitablement la révision du procès Dreyfus ; et c’était ce que l’état-major ne voulait à aucun prix.
Il dut y avoir là une minute psychologique pleine d’angoisse. Remarquez que le général Billot n’était compromis dans rien, il arrivait tout frais, il pouvait faire la vérité. Il n’osa pas, dans la terreur sans doute de l’opinion publique, certainement aussi dans la crainte de livrer tout l’état-major, le général de Boisdeffre, le général Gonse, sans compter les sous-ordres. Puis, ce ne fut là qu’une minute de combat entre sa conscience et ce qu’il croyait être l’intérêt militaire. Quand cette minute fut passée, il était déjà trop tard. Il s’était engagé, il était compromis. Et, depuis lors, sa responsabilité n’a fait que grandir, il a pris à sa charge le crime des autres, il est aussi coupable que les autres, il est plus coupable gueux, car il a été le maître de faire justice, et il n’a rien fait. Comprenez-vous cela ! voici un an que le général Billot, que les généraux de Boisdeffre et Gonse savent que Dreyfus est innocent, et ils ont gardé pour eux cette effroyable chose ! Et ces gens-là dorment, et ils ont des femmes et des enfants qu’ils aiment !
Le colonel Picquart avait rempli son devoir d’honnête homme. Il insistait auprès de ses supérieurs, au nom de la justice. Il les suppliait même, il leur disait combien leurs délais étaient impolitiques, devant le terrible orage qui s’amoncelait, qui devait éclater, lorsque la vérité serait connue. Ce fut, plus tard, le langage que M. Scheurer-Kestner tint également au général Billot, l’adjurant par patriotisme de prendre en main l’affaire, de ne pas la laisser s’aggraver, au point de devenir un désastre public. Non ! le crime était commis, l’état-major ne pouvait plus avouer son crime. Et le lieutenant-colonel Picquart fut envoyé en mission, on l’éloigna de plus loin en plus loin, jusqu’en Tunisie, où l’on voulut même un jour honorer sa bravoure en le chargeant d’une mission qui l’aurait sûrement fait massacrer, dans les parages où le marquis de Morès a trouvé la mort. Il n’était pas en disgrâce, le général Gonse entretenait avec lui une correspondance amicale. Seulement, il est des secrets qu’il ne fait pas bon d’avoir surpris.
A Paris, la vérité marchait, irrésistible, et l’on sait de quelle façon l’orage attendu éclata. M. Mathieu Dreyfus dénonça le commandant Esterhazy comme le véritable auteur du bordereau, au moment où M. Scheurer-Kestner allait déposer, entre les mains du garde des sceaux, une demande en révision du procès. Et c’est ici que le commandant Esterhazy paraît. Des témoignages le montrent d’abord affolé, prêt au suicide ou à la fuite. Puis, tout d’un coup, il paye d’audace, il étonne Paris par la violence de son attitude. C’est que du secours lui était venu, il avait reçu une lettre anonyme l’avertissant des menées de ses ennemis, une dame mystérieuse s’était même dérangée de nuit pour lui remette une pièce volée à l’état-major, qui devait le sauver. Et je ne puis m’empêcher de retrouver là le lieutenant-colonel du Paty de Clam en reconnaissant les expédients de son imagination fertile. Son oeuvre, la culpabilité de Dreyfus était en péril, et il a voulu sûrement défendre son oeuvre. La révision du procès, mais c’était l’écroulement du roman-feuilleton si extravagant, si tragique, dont le dénouement abominable a lieu à l’île du Diable ! C’est ce qu’il ne pouvait permettre. Dès lors, le duel va avoir lieu entre le lieutenant-colonel Picquart et le lieutenant-colonel du Paty de Clam, l’un le visage découvert, l’autre masqué. On les retrouvera prochainement tous deux devant la justice civile. Au fond, c’est toujours l’état-major qui se défend, qui ne veut pas avouer son crime, dont l’abomination grandit d’heure en heure.

On s’est demandé avec stupeur quels étaient les protecteurs du commandant Esterhazy. C’est d’abord, dans l’ombre, le lieutenant-colonel du Paty de Clam qui a tout machiné, qui a tout conduit. Sa main se trahit aux moyens saugrenus. Puis, c’est le général de Boisdeffre, c’est le général Gonse, c’est le général Billot lui-même, qui sont bien obligés de faire acquitter le commandant, puisqu’ils ne peuvent laisser reconnaître l’innocence de Dreyfus, sans que les bureaux de la guerre croulent dans le mépris public. Et le beau résultat de cette situation prodigieuse est que l’honnête homme, là-dedans, le lieutenant-colonel Picquart, qui seul a fait son devoir, va être la victime, celui qu’on bafouera et qu’on punira. O justice, quelle affreuse désespérance serre le coeur ! On va jusqu’à dire que c’est lui le faussaire, qu’il a fabriqué la carte-télégramme pour perdre Esterhazy. Mais, grand Dieu ! pourquoi ? dans quel but ? Donnez un motif. Est-ce que celui-là aussi est payé par les juifs ? Le joli de l’histoire est qu’il était justement antisémite. Oui ! nous assistons à ce spectacle infâme, des hommes perdus de dettes et de crimes dont on proclame l’innocence, tandis qu’on frappe l’honneur même, un homme à la vie sans tache ! Quand une société en est là, elle tombe en décomposition.
Voilà donc, monsieur le Président, l’affaire Esterhazy : un coupable qu’il s’agissait d’innocenter. Depuis bientôt deux mois, nous pouvons suivre heure par heure la belle besogne. J’abrège, car ce n’est ici, en gros, que le résumé de l’histoire dont les brûlantes pages seront un jour écrites tout au long. Et nous avons donc vu le général de Pellieux, puis le commandant Ravary, conduire une enquête scélérate d’où les coquins sortent transfigurés et les honnêtes gens salis. Puis, on a convoqué le conseil de guerre.
Comment a-t-on pu espérer qu’un conseil de guerre déferait ce qu’un conseil de guerre avait fait ?
Je ne parle même pas du choix toujours possible des juges. L’idée supérieure de discipline, qui est dans le sang de ces soldats, ne suffit-elle à infirmer leur pouvoir même d’équité ? Qui dit discipline dit obéissance. Lorsque le ministre de la guerre, le grand chef a établi publiquement, aux acclamations de la représentation nationale, l’autorité absolue de la chose jugée, vous voulez qu’un conseil de guerre lui donne un formel démenti ? Hiérarchiquement, cela est impossible. Le général Billot a suggestionné les juges par sa déclaration, et ils ont jugé comme ils doivent aller au feu, sans raisonner. L’opinion préconçue qu’ils ont apportée sur leur siège, est évidemment celle-ci : « Dreyfus a été condamné pour crime de trahison par un conseil de guerre ; il est donc coupable, et nous, conseil de guerre, nous ne pouvons le déclarer innocent : or nous savons que reconnaître la culpabilité d’Esterhazy, ce serait proclamer l’innocence de Dreyfus.  » Rien ne pouvait les faire sortir de là.
Ils ont rendu une sentence inique, qui à jamais pèsera sur nos conseils de guerre, qui entachera désormais de suspicion tous leurs arrêts. Le premier conseil de guerre a pu être inintelligent, le second est forcément criminel. Son excuse, je le répète, est que le chef suprême avait parlé, déclarant la chose jugée inattaquable, sainte et supérieure aux hommes, de sorte que des inférieurs ne pouvaient dire le contraire. On nous parle de l’honneur de l’armée, on veut que nous l’aimions, que nous la respections. Ah ! certes, oui, l’armée qui se lèverait à la première menace, qui défendrait la terre française, elle est tout le peuple et nous n’avons pour elle que tendresse et respect. Mais il ne s’agit pas d’elle, dont nous voulons justement la dignité, dans notre besoin de justice. Il s’agit du sabre, le maître qu’on nous donnera demain peut-être. Et baiser dévotement la poignée du sabre, le dieu, non !
Je l’ai démontré d’autre part : l’affaire Dreyfus était l’affaire des bureaux de la guerre, un officier de l’état-major, dénoncé par ses camarades de l’état-major, condamné sous la pression des chefs de l’état-major. Encore une fois, il ne peut revenir innocent sans que tout l’état-major soit coupable. Aussi les bureaux, par tous les moyens imaginables, par des campagnes de presse, par des communications, par des influences, n’ont-ils couvert Esterhazy que pour perdre une seconde fois Dreyfus. Quel coup de balai le gouvernement républicain devrait donner dans cette jésuitière, ainsi que les appelle le général Billot lui-même ! Où est-il, le ministère vraiment fort et d’un patriotisme sage, qui osera tout y refondre et tout y renouveler ? Que de gens je connais qui, devant une guerre possible, tremblent d’angoisse, en sachant dans quelles mains est la défense nationale ! et quel nid de basses intrigues, de commérages et de dilapidations, est devenu cet asile sacré, où se décide le sort de la patrie ! On s’épouvante devant le jour terrible que vient d’y jeter l’affaire Dreyfus, ce sacrifice humain d’un malheureux, d’un « sale juif » ! Ah ! tout ce qui s’est agité là de démence et de sottise, des imaginations folles, des pratiques de basse police, des moeurs d’inquisition et de tyrannies, le bon plaisir de quelques galonnés mettant leurs bottes sur la nation, lui rentrant dans la gorge son cri de vérité et de justice, sous le prétexte menteur et sacrilège de la raison d’Etat !

Et c’est un crime encore que de s’être appuyé sur la presse immonde, que de s’être laissé défendre par toute la fripouille de Paris, de sorte que voilà la fripouille qui triomphe insolemment, dans la défaite du droit et de la simple probité. C’est un crime d’avoir accusé de troubler la France ceux qui la veulent généreuse, à la tête des nations libres et justes, lorsqu’on ourdit soi-même l’impudent complot d’imposer l’erreur, devant le monde entier. C’est un crime d’égarer l’opinion, d’utiliser pour une besogne de mort cette opinion qu’on a pervertie jusqu’à la faire délirer. C’est un crime d’empoisonner les petits et les humbles, d’exaspérer les passions de réaction et d’intolérance, en s’abritant derrière l’odieux antisémitisme, dont la grande France libérale des droits de l’homme mourra, si elle n’en est pas guérie. C’est un crime que d’exploiter le patriotisme pour des oeuvres de haine, et c’est un crime, enfin, que de faire du sabre le dieu moderne, lorsque toute la science humaine est au travail pour l’oeuvre prochaine de vérité et de justice.
Cette vérité, cette justice, que nous avons si passionnément voulues, quelle détresse à les voir ainsi souffletées, plus méconnues et plus obscurcies ! Je me doute de l’écroulement qui doit avoir lieu dans l’âme de M. Scheurer-Kestner, et je crois bien qu’il finira par éprouver un remords, celui de n’avoir pas agi révolutionnairement, le jour de l’interpellation au Sénat, en lâchant tout le paquet, pour tout jeter à bas. Il a été le grand honnête homme, l’homme de sa vie loyale, il a cru que la vérité se suffisait à elle-même, surtout lorsqu’elle lui apparaissait éclatante comme le plein jour. A quoi bon tout bouleverser, puisque bientôt le soleil allait luire ? Et c’est de cette sérénité confiante dont il est si cruellement puni. De même pour le lieutenant-colonel Picquart, qui, par un sentiment de haute dignité, n’a pas voulu publier les lettres du général Gonse. Ces scrupules l’honorent d’autant plus que, pendant qu’il restait respectueux de la discipline, ses supérieurs le faisaient couvrir de boue, instruisaient eux-mêmes son procès, de la façon la plus inattendue et la plus outrageante. Il y a deux victimes, deux braves gens, deux coeurs simples, qui ont laissé faire Dieu, tandis que le diable agissait. Et l’on a même vu, pour le lieutenant colonel Picquart, cette chose ignoble : un tribunal français, après avoir laissé le rapporteur charger publiquement un témoin, l’accuser de toutes les fautes, a fait le huis clos, lorsque ce témoin a été introduit pour s’expliquer et se défendre. Je dis que cela est un crime de plus et que ce crime soulèvera la conscience universelle. Décidément, les tribunaux militaires se font une singulière idée de la justice.
Telle est donc la simple vérité, monsieur le Président, et elle est effroyable, elle restera pour votre présidence une souillure. Je me doute bien que vous n’avez aucun pouvoir en cette affaire, que vous êtes le prisonnier de la Constitution et de votre entourage. Vous n’en avez pas moins un devoir d’homme, auquel vous songerez, et que vous remplirez. Ce n’est pas, d’ailleurs, que je désespère le moins du monde du triomphe. Je le répète avec une certitude plus véhémente : la vérité est en marche et rien ne l’arrêtera. C’est aujourd’hui seulement que l’affaire commence, puisque aujourd’hui seulement les positions sont nettes : d’une part, les coupables qui ne veulent pas que la lumière se fasse ; de l’autre, les justiciers qui donneront leur vie pour qu’elle soit faite. Quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. On verra bien si l’on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres.
Mais cette lettre est longue, monsieur le Président, et il est temps de conclure.
J’accuse le lieutenant-colonel du Paty de Clam d’avoir été l’ouvrier diabolique de l’erreur judiciaire, en inconscient, je veux le croire, et d’avoir ensuite défendu son oeuvre néfaste, depuis trois ans, par les machinations les plus saugrenues et les plus coupables.
J’accuse le général Mercier de s’être rendu complice, tout au moins par faiblesse d’esprit, d’une des plus grandes iniquités du siècle.
J’accuse le général Billot d’avoir eu entre les mains les preuves certaines de l’innocence de Dreyfus et de les avoir étouffées, de s’être rendu coupable de ce crime de lèse-humanité et de lèse-justice, dans un but politique, et pour sauver l’état-major compromis.
J’accuse le général de Boisdeffre et le général Gonse de s’être rendus complices du même crime, l’un sans doute par passion cléricale, l’autre peut-être par cet esprit de corps qui fait des bureaux de la guerre l’arche sainte, inattaquable.
J’accuse le général de Pellieux et le commandant Ravary d’avoir fait une enquête scélérate, j’entends par là une enquête de la plus monstrueuse partialité, dont nous avons, dans le rapport du second, un impérissable monument de naïve audace.
J’accuse les trois experts en écritures, les sieurs Belhomme, Varinard et Couard, d’avoir fait des rapports mensongers et frauduleux, à moins qu’un examen médical ne les déclare atteints d’une maladie de la vue et du jugement.
J’accuse les bureaux de la guerre d’avoir mené dans la presse, particulièrement dans L’Eclair et dans L’Echo de Paris, une campagne abominable, pour égarer l’opinion et couvrir leur faute.
J’accuse enfin le premier conseil de guerre d’avoir violé le droit, en condamnant un accusé sur une pièce restée secrète, et j’accuse le second conseil de guerre d’avoir couvert cette illégalité, par ordre, en commettant à son tour le crime juridique d’acquitter sciemment un coupable.
En portant ces accusations, je n’ignore pas que je me mets sous le coup des articles 30 et 31 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881, qui punit les délits de diffamation. Et c’est volontairement que je m’expose.
Quant aux gens que j’accuse, je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus, je n’ai contre eux ni rancune ni haine. Ils ne sont pour moi que des entités, des esprits de malfaisance sociale. Et l’acte que j’accomplis ici n’est qu’un moyen révolutionnaire pour hâter l’explosion de la vérité et de la justice.
Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme. Qu’on ose donc me traduire en cour d’assises et que l’enquête ait lieu au grand jour !
J’attends.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de mon profond respect.

Marie Marvingt ……


  Je présume que , comme pour moi  ( avant d’avoir lu un article à son sujet dans une revue ) , que ce nom / personnage ne vous  » dit rien  » …..En fait , M.Marvingt fut la seule femme à avoir couru le tour de France avec des hommes !

  Cette femme a couru les 14 étapes et les 4888 km de l’édition 1908 mais n’a jamais été acceptée dans le classement !

Le 13 juillet 1908, une  centaine de coureurs environ  s’élancent depuis l’île de la Jatte à Neuilly-sur-Seine pour la 6e édition du Tour de France. Quelques minutes plus tard, sur sa bicyclette, Marie Félicie Elisabeth Marvingt emboîte le pas de  »ces forçats de la route  » . Seule, cette aventurière de 33 ans va avaler comme les hommes les 4488 kilomètres (3 480 km pour l’édition 2019) répartis en quatorze étapes. Elle fera partie des 36 rescapés qui arriveront à bout de cet interminable parcours. Mais son nom n’apparaît pas dans la grande histoire des classements de  » la Grande Boucle  ».

Car cette aventurière aux mille exploits n’a pas été conviée par les organisateurs à intégrer le peloton. Sa demande d’inscription a été refusée.  » Sa présence était tellement mal perçue par la direction de l’épreuve qu’elle n’a jamais voulu d’elle dans le classement. Et pourtant, elle faisait quasiment les mêmes temps que la plupart des coureurs. Nous sommes au début du XXe siècle et imaginer une femme dans une course cycliste pour les hommes était impensable  », explique Sylvain Letouzé, auteur de Histoires insolites du Tour de France …

     »La femme la plus extraordinaire depuis Jeanne d’Arc  » pour le Chicago Time
Malgré tout, l’exploit de l’Auvergnate, même hors-course, a été suivi par les journaux de l’époque en parallèle de la course officielle.  »Les médias ont parlé d’elle de manière très factuelle avec respect mais jamais avec un ton moqueur. En 1908, boucler le Tour de France est déjà considéré comme étant un exploit monumental. Son engagement forçait donc le respect  » , poursuit le journaliste.           Son coup d’éclat fut même remarqué hors de nos frontières. Le Chicago Tribune a parlé d’elle comme étant  » la femme la plus extraordinaire depuis Jeanne d’Arc  » !!marie-marvingt 80 ans( Marie Marvingt âgée de 80 ans)

   Escrimeuse, alpiniste, nageuse et aviatrice !
   Véritable touche-à-tout, Marie Marvingt (voir photo ci-dessus lorsqu’à 80 ans elle décide de relier Nancy et Paris à vélo) s’était déjà fait un nom dans de nombreuses disciplines comme l’alpinisme, la natation, le patinage, l’escrime, le tir sportif ou encore l’aviation. Avant de vouloir s’inscrire au Tour de France elle avait déjà participé à plusieurs courses, Nancy-Bordeaux en 1904, Nancy-Milan et Nancy-Toulouse en 1906.

  On lui a même attribué l’invention de la jupe-culotte pour permettre aux femmes d’être plus à l’aise sur une bicyclette.  » Juste après le Tour de France, elle a traversé la Mer du Nord en ballon aux commandes d’un appareil baptisé l’Étoile Filante. Un nom qui colle parfaitement à cette héroïne du début du siècle  ». Une première mondiale pour une femme.

    Elle mettra quelques années plus tard ses compétences d’aviatrice au service de la France pendant la Première Guerre Mondiale qu’elle traversera encore avec plusieurs casquettes, dont celles d’infirmière et correspondante de guerre. Un engagement qui lui permettra de devenir la femme la plus décorée de France avec 34 distinctions, dont la Légion d’honneur et la Croix de guerre avec palmes. marie-marvingt

çà s’est passé il y a 34 ans:


    Lancé en 1955 ( année de ma naissance  ) , le premier Rainbow Warrior est utilisé par l’organisme de protection de l’environnement Greenpeace (à partir de 1978) pour lutter contre les essais nucléaires français en cours dans les années 1980 dans le Pacifique, sur les îles polynésiennes de Moruroa et Fangataufa. Il n’est en effet pas rare que l’organisme utilise des navires pour mener des campagnes à travers les mers du globe (il en compte, encore à l’heure actuelle, trois : Le Rainbow Warrior III, le MV Arctic Sunrise et le MV Esperanza). En 1985, le navire est en route vers Mururora dans le but d’entraver les essais nucléaires et est amarré dans le port d’Auckland (Nouvelle-Zélande). Il est alors coulé par des agents des services secrets français : c’est l’affaire du Rainbow Warrior.

 

Amsterdam 1981

 

     L’affaire du Rainbow Warrior fut commanditée par le ministre de la Défense Charles Hernu (qui démissionne après cette affaire) avec, selon Pierre Lacoste , patron de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (qui sera limogé à cause de ce drame), l’accord explicite du président de la République François Mitterrand : les services secrets français sabordent, le 10 juillet, le navire, à quai en Nouvelle-Zélande et prêt à se rendre sur l’atoll Mururoa, pour protester contre les essais nucléaires français. Le naufrage fit, alors que ce n’était pas dans l’intention du gouvernement, un mort : le photographe Fernando Pereira indePereira qui retourna dans le navire pour rechercher son matériel et y laissa sa vie. Cet acte de violation de la souveraineté de l’État néo-zélandais fut à l’origine de tensions entre les deux pays et eut des impacts en termes de relations politiques et économiques.

 

L’atoll de Mururoa

 

  L’affaire commence le 19 mars 1985, selon l’amiral Lacoste, lorsque Patrick Careil, directeur de cabinet du ministre Charles Hernu, est convoqué pour préparer une opération contre le Rainbow Warrior. Au départ, ce navire, aux mains de Greenpeace, devait emmener d’autres bateaux vers l’atoll de Mururoa pour protester contre les essais nucléaires français et les gêner le plus possible.        

   Cependant, en novembre 1984, des rapports parviennent sur les bureaux de la Défense : l’organisation écologiste se prépare, selon des agents infiltrés, à une campagne virulente et agressive. Les services secrets français soupçonnent, de plus, Greenpeace d’être financé par des organisations proches de l’appareil de propagande soviétique !!? et d’espionner leurs essais nucléaires plutôt que de les dénoncer. L’opération de sabotage est préparée par les officiers du Service Action (unité militaire secrète) de la DGSE qui est sous la tutelle d’un nouveau chef depuis les attentats de Beyrouth le 23 octobre 1983, le colonel Jean-Claude Lesquer.

 

  En raison de délais trop brefs, il propose trois hypothèses d’action pour cette opération que l’on baptise « Satanique » : une charge explosive légère pour endommager l’arbre d’hélice ou le gouvernail du navire, ce qui l’obligerait à de lourdes réparations, une dysenterie accidentelle empêchant l’équipage de quitter la terre ou une charge explosive lourde pour couler le navire.

  Ce fut, la dernière hypothèse, plus radicale, qui sera retenue par le pouvoir politique pour que cesse définitivement l’activisme du Rainbow Warrior. Le 28 mai, François Mitterrand approuve l’opération, le 7 juillet, Charles Hernu fera de même.

 

   Les préparatifs ont commencé depuis plusieurs semaines : l’agent de la DGSE, Christian Cabon, alias Frédérique Bonlieu (lieutenant de l’armée française), infiltre un groupe de militants d’Auckland en avril / mai 1985 pour apprendre la date de l’arrivée du Rainbow Warrior en Nouvelle-Zélande. Trois équipes du Service Action sont dépêchées sur le terrain. L’opération se déroule le 10 juillet 1985. On transfère le matériel d’un van de location, utilisé par des agents, les  »faux époux Turenge  » (le commandant Alain Mafart et le capitaine Dominique Prieur, qui avaient prétexté un voyage de noce comme couverture de leur mission), vers un canot pneumatique piloté par trois nageurs de combat. Le pilote (que l’on identifiait comme l’homme au bonnet rouge et surnommait Pierre le Marin), ne serait autre que Gérard Royal, le frère de Ségolène Royal. Il quittera par la suite le service avec le grade de lieutenant-colonel.

 

    Deux mines magnétiques reliées entre elles sont collées par deux nageurs de combat à la coque du Rainbow Warrior : elles doivent exploser à cinq minutes d’intervalle. La première est de faible puissance, elle a pour but de provoquer l’évacuation du navire de ses douze membres d’équipage et du capitaine, la seconde est placée près de la salle des machines pour couler le Rainbow Warrior. A 23 h 48, une première explosion retentit : l’équipage quitte le navire qui commence doucement à prendre l’eau, mais le photographe néerlandais Fernando Pereira fait demi-tour et va rechercher dans sa cabine son équipement photographique. A 23 h 51, alors que la seconde explosion retentit, il meurt, piégé à l’intérieur du navire.

 

 

   Les faux époux Turenge sont bien vite arrêtés par la police d’Auckland à cause du van loué pour récupérer les plongeurs dont la mission était de placer les explosifs. Un certain nombre de cambriolages ont en effet eu lieu sur le port durant les jours précédents et le port est sans cesse sous la surveillance de vigiles : l’un d’entre eux voit le véhicule attendant les plongeurs discrètement dans un coin, il note son numéro d’immatriculation, ce qui aidera fortement la police à les retrouver lors de l’enquête. Le 12 juillet, les  » époux » sont interpellés à l’aéroport d’Auckland alors qu’ils y rendaient la voiture qu’ils avaient louée. ( Ils se font passer pour des touristes suisses en voyage de noce, mais sont en réalité deux agents secrets de la DGSE.)

 

   Restant à la disposition de la police, ils sont logés dans un hôtel, mais commettent l’erreur malheureuse de téléphoner à un numéro secret, numéro de secours de la DGSE. Méfiant, le surintendant Alan Galbraith, chef de la Criminal Investigation Branch, envoie des télex à Londres et à Berne. Le 14 juillet, apprenant  que les passeports des  »époux  » sont des faux il fait arrêter, le lendemain, les deux agents.

    La presse néo-zélandaise commence à mettre en cause les services spéciaux français. Les protagonistes sont définitivement identifiés comme étant les poseurs de bombe grâce à leurs empreintes digitales retrouvées sous le canot pneumatique qui avait servi à poser la bombe. À cette époque, la technique pour relever des empreintes sur un objet ayant séjourné dans l’eau (comme ce fut le cas pour le dessous du canot) était très peu répandue. Cependant, une équipe d’experts internationaux, qui se trouvait sur place à cette époque, mit à disposition son savoir-faire, tout nouveau, et releva les empreintes qui, quelques mois auparavant, seraient restées inexploitables. Le 23 juillet, ils sont inculpés pour trois chefs d’accusation : Meurtre, incendie volontaire et association de malfaiteurs. David Lange, premier ministre néo-zélandais, accuse des éléments étrangers d’avoir pris part à l’attentat. Il vise de cette manière implicitement la France. Le 26 juillet, la justice néo-zélandaise lance un mandat d’arrêt international contre l’agent de la DGSE Christine Cabon.

 

Charles Hernu (à droite)

 

   Pierre Joxe, ministre de l’Intérieur en France, décide de lancer une enquête de police et organise la fuite des informations vers la presse, fuites qui permettent à l’enquête néo-zélandaise de progresser plus rapidement et de déclencher un important scandale médiatique. Le but de Pierre Joxe était, selon les différents participants à l’opération, de se débarrasser du ministre Charles Hernu, son rival politique au sein du gouvernement.

    Alors que Charles Hernu nie toujours toute implication de la DGSE, la publication de documents compromettants décide François Mitterrand à commander, le 6 août, un rapport à Bernard Tricot, conseiller d’État. Ce rapport lui est remis le 26 août et blanchit la DGSE, suscitant même les doutes de Laurent Fabius, alors premier ministre. Ce dernier fait une déclaration à la presse dans laquelle il nie totalement l’implication du gouvernement dans le sabordage. Le 17 septembre, les journalistes du Monde Edwy Plenel et Bertrand Le Gendre révèlent l’existence d’une troisième équipe alors que la Défense insiste sur l’impossibilité pour les faux époux Turenge et les plongeurs de l’Ouvéa d’avoir commis l’attentat. Le 20 septembre, Charles Hernu démissionne et Pierre Lacoste, patron de la DGSE, est limogé. Le 22 septembre, Laurent Fabius admet en direct à la télévision que les services secrets français ont mené l’attaque du Rainbow Warrior.

 

  Le 4 novembre 1985, Alain Mafart et Dominique Prieur, ( les faux époux ), comparaissent devant la cour d’Auckland pour leurs premières auditions : ils plaident coupable d’homicide involontaire sur la personne du photographe. Ils sont condamnés à dix ans de prison le 22 novembre et transférés en juillet 1986 sur l’atoll de Hao en Polynésie, affectés au 5e régiment étranger. Le procès a été filmé malgré l’opposition des Français, puis a été diffusé sur une chaîne nationale à partir du 26 septembre 2006. Les agents français ont été déboutés par les juridictions néo-zélandaises de leur opposition à la diffusion de la vidéo du procès.  

     Le 29 septembre 2006, Antoine Royal déclare à la presse que son frère Gérard Royal se serait vanté d’avoir lui-même posé la bombe, ce que l’intéressé a refusé de confirmer. Le premier ministre néo-zélandais a exclu toute nouvelle action concernant le Rainbow Warrior compte tenu des engagements internationaux pris entre la France et la Nouvelle-Zélande.

 

Dominique Prieur et Alain Mafart (les faux époux )

 

   Extrait du rapport soumis au Comité contre le terrorisme en Nouvelle-Zélande :  » Outre les infractions spécifiques créées par les instruments internationaux contre le terrorisme, la législation néo-zélandaise n’établit pas d’infraction générique dénommée “acte terroriste”. Toutefois, plusieurs actes terroristes sont considérés comme des infractions au titre de l’actuel Code pénal. C’est ainsi qu’en application de la loi sur la criminalité, ont été poursuivis deux agents responsables de l’attentat à l’explosif contre le Rainbow Warrior, la seule attaque terroriste perpétrée en Nouvelle-Zélande à ce jour. Le Gouvernement néo-zélandais est d’avis que l’  “activité terroriste” devrait être considérée comme un facteur aggravant dans la détermination de la peine au titre de la loi sur la réforme des peines et de la liberté conditionnelle dont le Parlement est actuellement saisi. L’“activité terroriste” figurera également parmi les facteurs justifiant une peine d’emprisonnement d’au moins 17 ans en cas de meurtre. Le Gouvernement est également d’avis que la deuxième loi sur le terrorisme devrait reconnaître la compétence extraterritoriale pour toute infraction commise par des citoyens néo-zélandais dans la perpétration d’un acte terroriste, tel qu’il est défini dans la loi sur la répression du terrorisme.

 

  Comme il a été déjà indiqué, les seules condamnations obtenues en Nouvelle-Zélande pour des activités terroristes avaient trait à l’attentat à l’explosif perpétré contre le Rainbow Warrior par des agents français dans le port d’Auckland le 10 juillet 1985. Deux des agents, le commandant Alain Mafart et le capitaine Dominique Prieur, ont été reconnus coupables d’homicide involontaire sur la personne d’un membre d’équipage mort lorsque le bateau a sombré et ont été condamnés à 10 ans d’emprisonnement. À la suite d’un arbitrage, les agents ont été expulsés vers l’atoll de Hao en Polynésie française, en application d’un accord conclu entre la France et la Nouvelle-Zélande. Ils ont été relâchés et sont retournés en France 18 mois plus tard. Une autre procédure d’arbitrage est arrivée à la conclusion qu’ils ont été libérés en violation de l’Accord. L’affaire a été réglée lorsque des excuses ont été présentées et un dédommagement versé à la Nouvelle-Zélande. »

 

   Dans un rapport confidentiel daté du 8 avril 1986 et resté secret jusqu’en juillet 2005, l’amiral Lacoste soutient que :  »  C’est le 19 mars 1985 que M. Patrick Careil, directeur de cabinet de M. Charles Hernu, lui a explicitement demandé de mettre en œuvre les moyens de la DGSE pour interdire au mouvement Greenpeace de réaliser ses projets d’intervention contre la campagne des essais nucléaires français à Mururoa, à l’été 1985.  » On précisera  que  » l’interdiction au mouvement  » sur zone, Mururoa, en pleine mer aurait pu être plus périlleuse : sommation tir de canon au but dans l’étrave avant immobilisation par l’assaut des commandos marine. Très certainement le souhait initial d’une  » interdiction au mouvement  » du navire le Rainbow Warrior, correspond à un sabotage à quai et non à un sabordage du navire. L’amiral Lacoste explique également que, selon lui, l’action contre Greenpeace a été donnée avec l’accord du président de la République, François Mitterrand :  » Reçu en audience par le président de la République, le 15 mai à 18 heures, j’avais mis cette question au premier point de l’ordre du jour (…). J’ai demandé au Président s’il m’autorisait à mettre en œuvre le projet de neutralisation que j’avais étudié à la demande de Charles Hernu. Il m’a donné son accord en manifestant l’importance qu’il attachait aux essais nucléaires. Je ne suis pas alors entré dans un plus grand détail du projet, l’autorisation était suffisamment explicite.  » C’est pour couvrir le président que Charles Hernu démissionne. En 1985, René Imbot remplace Pierre Lacoste à la tête de la DGSE.

 

   L’affaire du Rainbow Warrior va entraîner une grosse crise dans les relations entre la France et la Nouvelle-Zélande. Elle ne sera néanmoins pas traitée par la Cour internationale de justice, la France ayant abandonné en 1974 sa déclaration de juridiction obligatoire. Les deux parties font appel au secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Javier Pérez de Cuéllar, lui demandant de rendre un règlement obligatoire pour les deux parties, ce qui est mis sur pied en juillet 1986.

   La décision finale accorde une double réparation à la Nouvelle-Zélande : une satisfaction sous la forme   » d’excuses officielles  » ! de la France, puis une réparation de sept millions de dollars de dommages et intérêt. Le 9 juillet, trois accords sont signés sous forme d’échanges de lettres afin de régler le problème. Les deux agents français, conformément à ces accords, sont transférés, sur l’île d’Hao avec interdiction de revenir en métropole pendant les trois prochaines années. Le 14 décembre 1987, le chef de bataillon Mafart est rapatrié pour raisons médicales, le 6 mai 1988, ce sera le capitaine Maire qui sera autorisée à se rendre au chevet de son père mourant. La Nouvelle-Zélande porte l’affaire devant un tribunal arbitral : les relations entre les deux pays seront tendues de nombreuses années durant. En 1987, la France verse huit millions de dollars d’indemnités à Greenpeace. L’échec de cette affaire entraîne la mise en place de la cellule Alpha, chargée  » d’éliminer  »des personnes, fonctionnant de manière clandestine au sein du service Action de la DGSE. En raison des tensions entre les deux nations, la France s’abstient de s’opposer à l’entrée sur le territoire européen de viande d’agneau et de mouton en provenance de Nouvelle-Zélande, ce qui va à l’encontre de son habitude à défendre les intérêts des agriculteurs. Une autre ironie dans l’affaire est plus anecdotique : les radios de l’été 1985 diffusent « Chasin’ rainbows », chanson de Conway Twitty.     Aujourd’hui, Mafart, retraité de l’armée française depuis le 30 décembre 1994, est photographe animalier. Prieur, quant à elle, a été directrice des ressources humaines de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris sous son nom de jeune fille. Le 6 septembre 2015, le colonel Kister, qui dirigea les nageurs de combat qui ont posé les charges explosives sur le bateau, accorde une interview à Mediapart et à la Television New Zealand pour exprimer ses  »  profonds regrets et ses excuses  »( tu parles ! )…..

    Aujourd’hui, l’épave du Rainbow Warrior repose toujours au large d’Auckland.

Pour  » compenser  » le billet précédent….un petit sourire ?


( peut-être déjà mise ? )

Un étudiant en droit vient de rater son examen final . Il va voir son professeur à la fin de l’examen et lui dit :  » Monsieur, j’ai une question qui concerne les droits qui me pose problème depuis longtemps , pouvez vous y répondre ?

  Le prof :  » bien sur , c’est mon métier  » 

Alors l’étudiant ajoute :   » Si vous ne pouvez pas me répondre , vous me mettez un A à l’examen .

 » D’accord  »  répond le prof.

L’étudiant :   » qu’est ce qui est légal mais pas logique , logique mais pas légal et ni logique ni légal ?  »

Le professeur cherche en utilisant toute ses connaissances en droit mais ne trouve pas la réponse ….

En bon joueur , il lui met un A à l’examen….

Plus tard , il demande à ses élèves les plus  » brillants  » quelle est selon eux la réponse à cette question….

A sa grande surprise , tous lèvent la main , il en interroge un et celui- ci lui dit :

   » Vous avez 75 ans et êtes marié à une femme qui en a 22 , c’est légal , mais pas logique  , elle a un amant qui a aussi 22 ans ,ce qui est parfaitement logique , mais pas légal  et ce qui est ni logique , ni légal  c’est que vous avez mis un A à l’examen que l’amant de votre femme avait raté  » !

C’était en juillet il y a…..76 ans


Le 8 juillet 1943 exactement :  Jean Moulin mourrait…………..

Jean Moulin : Qui était ce monsieur :

  Pendant la Seconde Guerre mondiale, Jean Moulin a été un des principaux chefs de la résistance face à l’occupation allemande. Nommé préfet d’Eure-et-Loir au début de la guerre, Il passera dans la clandestinité dès 1940 après sa première arrestation et rejoint la France Libre aux côtés de Charles de Gaulle.    Originaire du département de l’Hérault, Jean Moulin est le dernier d’une famille de trois enfants, dans laquelle les parents accordent beaucoup d’importance à l’éducation. 
  Son père, Antonin Moulin (1857-1938) est professeur d’histoire au collège de Béziers, conseiller municipal, puis conseiller général de l’Hérault.        
   Passionné par le dessin, Jean Moulin évolue dans ce contexte familial marqué par les valeurs républicaines et par la guerre de 1914-1918.     Après des études au lycée Henri IV de Béziers, Jean Moulin obtient son baccalauréat en 1917. Bien qu’il ne soit pas un élève brillant, il s’inscrit à la faculté de droit de Montpellier puis est nommé attaché au cabinet du préfet de l’Hérault grâce à l’influence de son père .   
     Passionné de peinture et d’art, Jean Moulin fait preuve d’une personnalité aux multiples facettes, grave et réfléchi dans ses missions de fonctionnaire et en même temps bohème au cours des fêtes nocturnes de Montparnasse.   Nommé préfet d’Eure-et-Loir à Chartres en janvier 1939, Jean Moulin se retrouvera face à la Wehrmacht le 17 juin 1940 lorsque des officiers de l’armée allemande le somment de cautionner des accusations contre les troupes sénégalaises. Le préfet refuse de signer persuadé qu’il s’agit d’une calomnie. De peur de céder le lendemain sous la torture, Jean Moulin tente de se suicider en se tranchant la gorge dans la prison dans laquelle il a été enfermé. 

Passage à la clandestinité et rencontre avec Charles de Gaulle :

   Le 16 novembre 1940, Jean Moulin quitte Chartres, pour Paris où il retrouve des amis qu’il charge de découvrir des individus décidés à faire quelque chose face à l’armée allemande. En attentant son passeport et de pouvoir rejoindre Londres, il rassemble des informations sur les besoins des groupes désirant s’investir dans une force militaire clandestine. À l’aide d’une fausse carte d’identité au nom de Joseph Mercier , Jean Moulin parvient à Londres le 20 octobre 1941 en passant par l’Espagne et le Portugal.

   Cinq jours plus tard, Moulin rencontre Charles de Gaulle et les deux hommes semblent partager la même volonté de poursuivre le combat en France. Messager des mouvements de résistance, Jean Moulin fait un état des lieux des besoins et des  » forces de l’ombre  » dans le pays. Muni d’un ordre de mission, il devient le représentant personnel du général de Gaulle et le délégué du Comité national français pour la zone Sud.

Unification des mouvements de résistance :

   Sous le nom de « Rex », Jean Moulin est parachuté le 1er janvier 1942, à Eygalières avec pour missions d’unifier les mouvements qui résistent à l’ennemi et à la France de Vichy. Par son autorité naturelle et à sa diplomatie, il va parvenir progressivement à s’imposer puis a mettre sur pied des services communs le BIP (bureau d’information et de presse) et une liaison radio permanente.
En septembre 1942, Jean Moulin négocie le regroupement des forces paramilitaires dans une Armée Secrète (A.S.) dont la direction est confiée au général Delestraint. À partir de cette date, les trois mouvements (Combat, Libération et Franc-Tireur) sont coordonnés dans les MUR (Mouvements Unis de la Résistance), sous la présidence de Jean Moulin.

Conseil National de la Résistance :

   De novembre 1942 à mai 1943, Jean Moulin fera son possible  pour la reconnaissance de la légitimité de la France Combattante par les Alliés en développant le Conseil National de la Résistance. Dans la nuit du 13 février 1943, il s’envole pour Londres à bord d’un Lysander en compagnie du général Delestraint. Le Général de Gaulle lui exprime son estime et sa reconnaissance en le décorant de l’Ordre de la Libération.

  Revenu en France, Moulin réunit le 27 mai 1943, à Paris, le Conseil National de la Résistance composé de 17 membres. Ces représentants forment le parlement de la France Libre et de la Résistance. En dix-huit mois, Jean Moulin a accompli la mission qui lui a été confié par de Gaulle, mais les événements se précipitent, le chef de l’Armée Secrète Delestraint alias Vidal, est arrêté le 9 juin, à Paris par la Gestapo.

Arrestation à Caluire-et-Cuire

  Jean Moulin « Max » désire réunir l’état-major de l’Armée Secrète au plus vite. Son objectif est de réorganiser, par intérim, sa direction décapitée par l’arrestation de son chef, le général Delestraint. Jean Moulin, alias « Jacques Martel », a convoqué, ce 21 juin 1943, de hauts responsables des principaux mouvements de la résistance: André Lassagne, Raymond Aubrac, Henri Aubry, Bruno Larat, Claude Serreulles, le colonel Schwarzfeld et le colonel Lacaze.

   De la place Carnot, Jean Moulin, accompagné de Raymond Aubrac, se rend à la station Croix-Paquet du funiculaire de la Croix-Rousse où ils attendent le colonel Schwarzfeld, très en retard. Puis ils arrivent place Castellane, chez le docteur Dugoujon, avec près de quarante minutes de retard. Quelques minutes après, la Gestapo, conduite par Klaus Barbie, surgit sur le perron. Emmené, en voiture, au quartier général de la Gestapo, avenue Berthelot, puis à la prison Montluc, Max sera identifié le 23 juin comme le chef de la Résistance. Barbie va alors tenter, par tous les moyens, de lui arracher ses secrets. ( Barbie après son arrestation )

   Transféré à Paris, le 26 juin, pour être interrogé par Boemelburg (chef de la Gestapo), il est confronté à Lassagne et Delestraint qui refusent de reconnaître Max en cet homme blessé, tuméfié, râlant, sans connaissance. Moulin est alors envoyé à Berlin, pour être soigné et interrogé. Il meurt dans ce train, près de Metz, le 8 juillet 1943, d’après l’acte de décès allemand. Le 19 décembre 1964, la France lui rend un hommage national, au Panthéon.

  Qui a trahi Jean Moulin ?
     Plusieurs noms circulent après la Seconde Guerre mondiale sur la personne qui aurait divulgué le lieu et la date de la réunion. Les tribunaux tenteront de déterminer si Klaus Barbie, chef de la Gestapo est arrivé dans la maison du docteur Dugoujon sur dénonciation ou en regroupant des informations obtenus lors des interrogatoires. A ce jour, le mystère demeure entier………………….

Pas chez moi …


çà fait 5 jours que je suis  »hors de mon antre  »  , déjà , j’ai hâte de rentrer ….Manu me téléphone ou m’envoie un S.M.S tous les jours ! Pour savoir si  » tout va bien  » comme il dit ….Un ou une de ses nombreux ami(e)s passe chaque jour pour la même chose ….( Je suis toujours surpris : Ils me connaissent tous , me tutoient (  pas gênant ) ) ,me proposent d’aller acheter ce dont je pourrait avoir besoin etc….Comme j’ai oublié mon chéquier à l’appartement, et que je n’ose pas ( tout de même ) leurs donner le code de ma C.B  , ils paient pour moi ! => je note et donnerais l’argent à Manu pour qu’ils les paient à son retour ….Ici : Pas de banque => pas de distributeur…….Un semblant d’épicerie et c’est pratiquement tout ! Alors , sans véhicule ?????

Enfin , idem ,Manu m’avait acheté une cartouche de cigarettes et laissé un peu d’argent   » au cas où  » Demain j’irais au village voir si je trouve quelques trucs qui me manquent ….

Sinon , les chiens sont adorables : Seyko ( le labrador ) dort  » avec moi  » et la petite chienne  » bâtarde s’est habituée à ma présence aussi ….Et la copine de Manu va à mon appartement , comme prévu , pour nourrir Cali ……

Bref , même si je préfèrerais  » garder  » ma petite Camille adorée ( au fait la petite Justine marche  maintenant, mais elle , elle ne me connait pas , même si Camille s’évertue à lui dire  » mais enfin Justine , c’est notre papy , il est gentil  » lol ) , on peut dire que  »çà baigne  »