C’était il y a …..


Environ 74 ans :

Réunis à San Francisco, en Californie, les représentants de 51 pays fondent le 26 juin 1945 l’Organisation des Nations Unies (ONU).

   Promise dès 1941 par Roosevelt et Churchill, l’ONU remplace la Société des Nations (SDN).

    Issue de la Première Guerre mondiale, celle-ci ( la SDN ) avait failli dans sa mission de paix en partie parce que les États-Unis avaient renoncé à y entrer.

   L’ONU naît alors que l’Allemagne vient de capituler et que se poursuit la guerre contre le Japon. Son siège est fixé à New York, preuve que les États-Unis sont cette fois décidés à assumer leurs responsabilités mondiales.

Les trois piliers de son organisation sont :
– 1) l’Assemblée générale (192 membres aujourd’hui, avec le même droit de vote, qu’il s’agisse de l’immense Chine ou du micro-État de Nauru !),
– 2) le Secrétariat général, en charge de l’administration (10.000 fonctionnaires et un budget de 4 milliards de dollars),
– 3) le Conseil de sécurité.

   Le Conseil de sécurité réunit dix membres tournants et des membres permanents. Aux quatre membres permanents de 1945 (États-Unis, URSS/Russie, Royaume-Uni, France) s’ajoute aujourd’hui la Chine.

   Le Conseil peut sanctionner des États fautifs et même autoriser une action militaire comme ce fut le cas en 1991 suite à l’invasion du Koweit par l’Irak, mais sa capacité d’action est limitée par le droit de veto des cinq membres permanents.

À la différence de la SDN, l’ONU dispose d’une force militaire, les «Casques bleus».

 » L’ONU n’a pas créé le paradis, mais elle a évité l’enfer  » , a pu dire d’elle son deuxième secrétaire général, le Suédois Dag Hammarskjöld…

Charles Tellier ….


Ses traveaux , découvertes nous sont bien utiles aujourd’hui :

  Fils d’un marchand épicier devenu industriel de la filature à Condé-sur-Noireau en Normandie mais ruiné par la Révolution de 1848, il étudie en faculté l’ammoniaque, un engrais concentré puis la production domestique de l’air comprimé.
  Le projet sur la production domestique de l’air comprimé est présenté à la ville de Paris, mais le baron Haussmann qu’aucune idée audacieuse n’effraie lui donne ce conseil :  » La glace manque à Paris quand les hivers sont chauds, vous devriez vous occuper de la fabriquer artificiellement.  »  Il faut dire qu’à l’époque, pour conserver les denrées, on remplissait un grand puits appelé glacière de deux cents tombereaux de neige et de glace. Cette conservation héritée des Romains était aléatoire.
  En 1856, Charles Tellier s’appuie sur les travaux de laboratoire de Faraday qui obtient une température de −11 °C et de Thilorien qui par liquéfaction arrivera à abaisser la température à −79 °C.
Deux ans plus tard, il crée sa première machine frigorifique à circulation de gaz ammoniac liquéfié, pour la production du froid à usage domestique et industriel.
  Cette invention qui bouleverse le monde moderne, est constamment améliorée et, en 1865, il construit une machine à compression mécanique à gaz liquéfié et l’installe dans la fabrique du maître-chocolatier Menier.
   En 1876, le navire Frigorifique parti de Rouen rapporte de la viande à Buenos Aires en bon état de conservation après 105 jours de mer.
   On lui doit également un nouveau procédé de séchage de la morue par air chaud qui avait séduit l’armateur Le Goaster.
   Quelques années plus tard en 1879, il entreprend avec Alexandre (Louis-Ernest) Bure,  ( comte héréditaire de Labenne, second fils naturel de Napoléon III et d’Eléonore Vergeot ), dont la famille s’est installé à Paimpol, la construction d’une usine grâce à la fortune de la femme de ce dernier : le 12 mars 1879, Labanne épousait en secondes noces à Paris, Marie-Henriette Paradis, âgée de 22 ans, riche héritière d’un banquier décédé en 1871. Mais l’opposition de certains hommes politiques et d’industriels de la région finit par décourager Tellier et ses deux associés l’armateur Le Goaster et Labenne ; ce dernier, déjà malade, abandonne la partie et regagne Paris où il meurt , le 11 janvier 1882, à 36 ans.
  Charles Tellier a découvert et mis au point la méthode du refroidissement par cascades, qui rend un fluide facilement liquéfiable, comme l’anhydride sulfureux, utilisé pour déterminer la liquéfaction d’un autre liquide plus difficile à liquéfier, comme l’anhydride carbonique. Ce principe sera utilisé et rationalisé vingt ans plus tard.

   Charles Tellier meurt à son domicile  de la rue d’Auteuil à Paris en 1913 dans la plus grande pauvreté et, peu avant de disparaître, il dira à un de ses proches :  » Le convoi des pauvres m’attend, mais ce sort final des travailleurs ne m’effraie pas…  ». Il repose au cimetière de Passy .Et une plaque se trouve sur le mur de la maison où il est mort 

çà se serait passé il y a…..194 ans ?


    Née d’une famille honnête de la Charité-sur-Loire, et âgée de vingt-sept ans, Henriette Cornier, femme Berton, sans mener une conduite régulière, ne s’était jamais signalée par aucun des actes que les lois punissent. Depuis deux ans ses mœurs étaient devenues plus rangées, mais son humeur avait perdu de sa gaieté : des tentations de suicide l’avaient même saisie à plusieurs reprises. Abandonnée depuis longtemps par son mari, elle avait servi en qualité de domestique dans diverses maisons.
     Le 4 novembre 1825, en l’absence de ses maîtres, elle se rend dans la boutique d’un fruitier nommé Belon, dont la femme tenait entre ses bras une petite fille âgée de dix-neuf mois. Henriette caresse l’enfant, prie la mère, qui résiste d’abord, de le lui confier, ajoutant qu’elle s’en amusera. Couvrant toujours l’enfant de ses baisers, elle l’emporte dans sa cuisine, de là dans sa chambre, où, le posant sur son lit, elle lui tranche la tête, et dépose ensuite le cadavre sur le carreau . Quand la malheureuse mère vient redemander sa fille :  » Elle est morte  » , lui répond froidement Henriette, et après que la femme Belon s’est convaincue de son malheur :  » Sauvez-vous, dit encore Henriette, vous serviriez de témoin.  »  Puis, ramassant la tête de l’enfant, elle la jette par la fenêtre ; le père lui-même la voit tomber, et la recueille.

    Interrogée sur les motifs qui avaient pu la porter à commettre ce crime, Henriette n’en allégua jamais d’autre que sa volonté, une idée vague, sa destinée !        Elle comparut le 27 février devant la cour d’assises ; mais un supplément d’instruction sur son état mental ayant été reconnu nécessaire, la cause fut renvoyée à une autre session. On transféra l’accusée dans l’hospice de la Salpêtrière, où sont traitées les femmes aliénées ; c’est là que les docteurs Esquirol, Adelon et de Pressac ont eu la facilité d’examiner son état moral, et de compléter l’instruction sous ce rapport.
    Le 24 juin 1876, Henriette Cornier fut amenée de nouveau sur le banc des accusés. Interrogée par la Cour, H.Cornierelle ne nia pas un seul instant son crime : un oui, brièvement articulé, fut sa réponse sur tous les faits connus ; mais Henriette CornierH.Cornier image 1 s’attacha toujours à éloigner les circonstances qui auraient pu constituer la préméditation  : on put remarquer en cela beaucoup d’ordre dans ses réponses. Six médecins, interrogés par le tribunal sur l’état d’Henriette, ne purent affirmer qu’elle fût atteinte de folie ou de monomanie ; mais ils soutinrent l’existence de cette dernière maladie, et en citèrent des exemples.

    Défendue par un avocat habile, Henriette Cornier fut déclarée coupable d’homicide volontaire, commis sans préméditation, et condamnée à la peine des travaux forcés à perpétuité et à la flétrissure. Elle entendit sa condamnation, comme elle avait commis son crime, sans manifester la moindre émotion.!

Klik….


Cette après -midi vers 14 heures ,Manu passe me prendre pour aller à la  » kermesse  » de l’école de ma petite Camille  …..Alors au lit là !

J’ai lu à propos de LU …..


    La première Exposition universelle ouvrait ses portes à Paris le 14 avril 1900 …Avec environ 50 millions de visiteurs , c’était l’exposition où  » il fallait être  » ….La marque de biscuit Lu est au rendez-vous et sort du lot grâce à une technique originale de vente  : Utiliser l’art de son temps …..

En 1900 , au pied de la tour Eiffel , la tour Lu flambant neuve se voit de loin dans l’Exposition universelle …

    Le patron de Lefèvre – Utile , a imaginé une tour immense , un peu comme un phare de style  » art nouveau  » avec beaucoup de couleurs et de courbes . A l’intérieur , deux escaliers mènent à un salon de thé au plafond orné de biscuits Lu  ! ( un bâtiment à la mode de l’époque ) ….Louis Lefèvre Utile est passionné d’art et en a fait son argument de vente . Les gâteux ne doivent pas seulement être bons , ils doivent aussi être attrayants par la beauté de leur emballage . Lefèvre – Utile invente ,  pourrait on dire , le  » marketing artistique  » . Sur ses boîtes de biscuits et affiches publicitaires , il fait reproduire des peintures d’artistes …C’est ainsi qu’il repère le travail d’un jeune talent encore peu connu : Alfonse Mucha ….Les boîtes Lu seront vite décorée dans le style  » art nouveau  » , avec des femmes aux courbes généreuses , aux longs cheveux et épaules dénudées .

  L’art de l’époque entre ainsi dans les maisons sous la forme de boîtes de biscuits et, dans les rues , les boutiques , tout le monde reconnait la marque Lu …La recette fonctionne si bien que le fils de Louis , Michel Lefèvre -Utile , l’utilise quand il prend les commandes de la maison .

   En 1937 , toujours à Paris s’ouvre une nouvelle Exposition universelle …L’ Art nouveau a fait place à l’Art déco ….On construit un autre pavillon Lu  qui , évidemment , n’échappe pas à l’art de l’époque ….C’est un pavillon gigantesque , construit entre le pont de l’Alma et le pont Alexandre III .Il ressemble à une grosse boîte de biscuits …Pour y accèder , les visiteurs passent par une grande entrée surmontée d’un immense  » petit – beurre  » ..A l’intérieur , le symbole Lu est partout : Sur de grandes photos , sur les rideaux et les murs , afin de donner envie de  » succomber  » à la tentation des biscuits .

La marque continuera des années après à faire appel à l’art de son temps  : Dans les années 50 , quand les U.S.A et le  » design  » sont à la mode , tous les emballages seront redessinés . Le logo Lu  apparait avec les lettre L et U blanches sur fond rouge ….Les ventes progressent encore …Cent millions de paquets furent vendus en 1960 ! 

   

 

A mes lecteurs ( trices ) éventuels de juger …


     Ashley Stevens, une jeune américaine de 21 ans était loin de se douter que la publication de cette photo sur les réseaux sociaux allait susciter ce déversement de haine… Elle trouvait la photo drôle, alors elle a voulu la partager ! En effet, on peut la voir au mariage de sa meilleure amie, attraper le bouquet de la mariée. À côté, se trouve son petit ami Christopher qui à la vue de cette scène prend un air horrifié hilarant ! À côté de ce dernier, le père d’Ashley lance un regard furibond à Christopher qui comme le veut la tradition du bouquet, pourrait bien épouser prochainement sa fille ! Le regard du papa protecteur qui met en garde son gendre quoi… Une jolie photo de famille mais qui va vite se retrouver sous le flot des critiques…

mariage

  En effet, certains s’en sont pris au physique de Christopher…de la méchanceté purement gratuite donc :  » Il est dégoûtant  » ,   » Ce gros aura de la chance d’épouser cette sa…pe  » ou même  »  Si je lui ressemblais et que je sortais avec elle, je ferais d’elle ma femme bien vite  »  Certains sont même allés jusqu’à affirmer que le jeune homme avait un problème mental…

baiser

   Scandalisée par ces propos, la jeune fille  a répondu :  » J’ai gagné le jackpot avec Christopher. Il n’a peut-être pas les abdos que les filles sont soi-disant toutes censées vouloir chez un mec, mais vraiment, pourquoi est-ce cela compterait quand vous essayez de trouver la personne avec laquelle vous voulez passer le reste de votre vie? Il est attentionné et patient, il me montre qu’il m’aime dans un tas de petits gestes, c’est mon meilleur ami. Je l’aime pour ce qu’il est, il m’aime pour ce que je suis.  »

L’Esperanto ?


     L’espéranto n’est la langue officielle d’aucun État. Il s’agit d’une langue construite, aux origines européennes. Elle fut créée en 1887 par Ludwik Lejzer Zamenhof, un médecin polonais sur la base de différentes langues européennes pour faire face aux difficultés de communication entre les minorités linguistiques présentes dans sa ville de Bialystok, qui faisait à l’époque partie de l’Empire Russe.
   Il publia ”Lingvo Internacia” qui signifie “langue internationale” sous le nom de Docteur Espérant. D’où le nom d’Esperanto. Son but était aussi de faciliter la communication dans le monde entier.
Cette langue a connu un rapide développement dès les premières années. Mais la Première Guerre mondiale a mis un frein à son expansion. Il reprit dans les années 1920 mais la montée en puissance des régimes totalitaires puis la Seconde Guerre mondiale mirent un nouveau coup d’arrêt à son développement.

    Ensuite il y eut à nouveau un regain d’intérêt grâce au travail de l’Association mondiale d’espéranto, et l’ONU et l’UNESCO ont même publié des recommandations en faveur de cette langue.
   Mais c’est surtout avec internet dès les années 2000 que l’espéranto connut un renouveau, certes relatif mais réel. Par exemple la version de Wikipédia en espéranto contient plus de 200 000 articles.
    Aujourd’hui on compte un peu plus d’un million de locuteurs dans 120 pays. Il faut savoir  que l’Esperanto est assez simple à apprendre. En quinze jours, on peut maitriser les bases grammaticales et en un mois on peut parler. Pour nous français c’est encore pus simple puisque 70% des mots ont des racines sont latines ! Certaines universités en Europe et dans le monde proposent même des études en espéranto.
   Aussi certains ont émis l’idée de faire de cette langue une langue officielle de l’Union européenne aux cotés des 24 langues officielles, qui sont les langues officielles de ses Etats-membres. Cela permettrait de pouvoir s’exprimer dans cette langue au sein des institutions.

 L. Lejzer Zamenhof :   

    Médecin oculiste polonais né le 15 décembre 1859 à Białystok (Empire russe, aujourd’hui Pologne), mort le 14 avril 1917 à Varsovie.
Ludwik Lejzer Zamenhof naît dans une famille juive russophone et vit dans une zone de conflit racial et national à la frontière russo-polonaise. Il se consacre à la promotion de la tolérance, principalement en mettant au point une langue internationale. Après des années passées à tenter d’élaborer une telle langue, travaillant sous le pseudonyme de Dr Esperanto, il publie un manuel, Lingvo Internacia (Langue internationale, 1887), qui jette les bases de sa langue. Son surnom, Esperanto (« celui qui espère »), deviendra par la suite le nom de cette langue.
    Parallèlement à sa carrière médicale, Zamenhof développe l’espéranto et réunit ses adeptes. Le premier magazine en espéranto paraît en 1889, et les prémices d’une organisation formelle voient le jour en 1893. Grâce à ses compétences littéraires et linguistiques, Zamenhof met au point et teste sa nouvelle langue en traduisant un grand nombre d’ouvrages, notamment l’Ancien Testament, Hamlet, les Contes d’Andersen, ainsi que des pièces de Molière, de Goethe et de Gogol. Lors du premier congrès espérantiste international, organisé à Boulogne (1905), et des congrès annuels qui suivent dans diverses villes européennes, Zamenhof fait un certain nombre de discours mémorables. Il renonce cependant à la direction formelle du mouvement espérantiste à Cracovie (Pologne) en 1912. Le Fundamento de Esperanto (1905) pose les principes de la structure et de la formation de l’espéranto.

Exemple :

Quel est le nom de cette amusante voiture ?

Kio estas la nomo de tiu amuza aŭto?

 

çà s’est passé il y a environ 90 ans


    Méconnue et troublante, la guerre des  » Cristeros  » a opposé pendant plus de trois ans les paysans catholiques du Mexique à leur gouvernement.
   Elle s’est terminée le 22 juin 1929 par un arrangement (« Arreglos » en espagnol) entre le Saint-Siège et ce gouvernement socialiste et franc-maçon, dont l’intolérance avait entraîné les paysans à la révolte.
    Le représentant du pape demande aux paysans de déposer les armes sous peine d’excommunication ! . Abandonnés, les ex-rebelles vont subir pendant plusieurs années encore les exactions de l’armée.


  Tout avait commencé avec l’élection à la présidence de la République, en 1924, du général Plutarco Calles. Celui-ci consolide les acquis sociaux de la révolution de 1910, illustrée par les exploits de Zapata et Pancho Villa. Il réorganise l’instruction publique, étend la réforme agraire, nationalise l’industrie du pétrole au grand dam des États-Unis…
   Mais fidèle à une tradition anticléricale vieille de près d’un siècle, il a aussi la mauvaise idée de s’en prendre à l’Église catholique.
   Le 1er décembre 1924, il prive de droits civiques les catholiques (laïcs et prêtres) sous prétexte qu’ils obéissent à un souverain étranger, le pape ! Il expulse tous les ecclésiastiques étrangers et interdit aux prêtres toute critique du gouvernement en vertu de l’article 130 de la Constitution de 1917, jusque-là resté inappliqué. Il interdit les congrégations enseignantes et ferme pas moins de 20.000 églises !
    L’épiscopat se rebiffe et suspend le 31 juillet 1926 l’administration des sacrements dans tout le pays pour une durée de trois ans. Cette riposte ahurissante livre au désespoir les masses rurales, majoritairement indiennes ou métisses, attachées à une religiosité traditionnelle.

exécution d'un prêtre( exécution d’un prêtre ayant célébré la messe  ! )

Les paysans se soulèvent dans un parallèle frappant avec le soulèvement des Vendéens en 1793, au cri de  » Viva Cristo Rey ! , Viva la Virgen de Guadalupe !  » (Vive le Christ-Roi ! Vive la Vierge de Guadalupe).
  Ils sont par dérision surnommés « Cristeros ». Eux-mêmes qualifient leur soulèvement de « Cristiada » (Christiade) mais ils sont désavoués par l’épiscopat, à deux ou trois exceptions près.  Cependant ,avec 50.000 combattants, ils vont constituer la plus importante rébellion qu’ait connue le pays, lequel compte à cette époque moins de vingt millions d’habitants disséminés sur deux millions de km2.
    Trois ans plus tard, l’armée des Cristeros tient les trois quarts de l’ouest du Mexique et la moitié des 30 États de la fédération. Ses escarmouches occasionnent un total d’environ 90.000 tués selon l’historien Jean Meyer, dont les deux tiers dans les troupes gouvernementales, lesquelles sont en infériorité tactique face à la guérilla, malgré leur recours systématique à la terreur.
Arrangements bafoués :
     Le président Calles ose se réconcilier avec le gouvernement des États-Unis et fait des concessions sur le pétrole en échange de l’aide de l’US Air Force dans son combat contre les Cristeros.

   Désespérant malgré cela de vaincre la rébellion par les armes, il en vient à faire appel au Saint-Siège. En témoignage de bonne volonté, il autorise à nouveau le culte catholique le 3 mars 1929 et fait rouvrir la cathédrale de Mexico.
   Enfin, il conclut  »  los Arreglos  » avec le secrétaire d’Etat du pape Pie XI, le cardinal Gasparri, celui-là même qui signa les accords de Latran avec Mussolini.
   À sa demande, le président mexicain s’engage à ne plus tenter d’appliquer les articles antireligieux de la Constitution ! Il donne aussi sa parole que les rebelles seront amnistiés et qu’il ne leur sera fait aucun mal. Mais il ne s’agit que de sa parole. Aucun document n’est signé...
  Obéissants, les Cristeros se soumettent mais, dans les faits, l’amnistie ne sera pas le moins du monde respectée et des centaines d’insurgés seront assassinés dans d’atroces conditionscistéros 4 aussitôt après avoir rendu leurs armes sur ordre de leur évêque.
   L’armée ne s’en tient pas là. Elle met à sac les campagnes reculées de l’Ouest avec le désir d‘éradiquer une bonne fois pour toutes toute trace de christianisme. Le romancier Graham Greene en  » parle  » dans son roman  » La Puissance et la Gloire  » . Il s’ensuit une seconde guerre des Cristeros (la Secunda), qui réunit quelques milliers de combattants désespérés. Elle va durer de 1934 à 1938 sans qu’il soit possible d’en évaluer le nombre de victimes.
   Il faudra encore plusieurs années avant que la paix religieuse ne revienne au Mexique.
  L’émotion suscitée par « los Arreglos » entraîne la disgrâce du cardinal Gasparri, remplacé à la Secrétairerie d’État (le ministère des Affaires étrangères du Vatican) par le cardinal Eugenio Pacelli (futur Pie XII).