Claude-Ambroise Seurat…..


….. le squelette vivant !

Claude-Ambroise Seurat est un homme de spectacle français appelé le squelette vivant du fait de sa maigreur extrême.

Né à Troyes en 1797, ce fils d’un tailleur fripier était pourtant un bébé normal à la naissance mais a commencé à présenter des symptômes d’émaciation corporelle au fur et à mesure de sa croissance.

À l’âge de dix ans, Claude-Ambroise Seurat était en aussi bonne santé que les autres enfants, excepté que sa poitrine était déprimée et qu’il était beaucoup plus faible. À l’âge de quatorze ans, il s’est réduit à la forme squelettique qu’il a toujours conservée par la suite.

A 28 ans, il mesurait 1.71 mètres pour un poids de 35 kilogrammes, des mensurations qui sont toutefois variables selon les sources, certains stipulant qu’il ne pesait que 21 kg.

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Il est amené à Londres en 1825 pour être exposé à la galerie chinoise de Pall Mall. L’un des visiteurs, William Hone, qui est allé assister à l’exposition a écrit sa surprise face à ce corps décharné:

Les médecins contemporains considéraient ce squelette vivant, aussi appelé l’homme anatomique, comme un cas d’oblitération précoce des vaisseaux lactés et des glandes mésentériques ?.

Richard Park, gastro-entérologue de l’infirmerie royale de Glasgow, suggérait qu’il y a peu de preuves de malabsorption et que l’émaciation a probablement été causée par un apport alimentaire insuffisant par voie orale.

Il faut dire que Claude-Ambroise Seurat s’alimentait très peu, ses repas n’étaient constitués que de quelques bouchées et d’un peu vin, une malnutrition lié à la dysphagie, sorte d’anorexie. Chaque bouchée lui nécessitait une longue mastication.

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Claude-Ambroise Seurat souffrait également d’un certain nombre de malformations congénitales telles que la malformation de Sprengel, une scapula dysmorphique en position haute identifiée pour la première fois en 1891, soit soixante-six ans après son exposition à Londres.

Le squelette vivant a peut-être été le premier cas enregistré de difformité de Sprengel et il pourrait également avoir eu le syndrome de Klippel-Feil, une fusion de vertèbres cervicales avec un cou court et des mouvements réduits.

Un an après son exposition en Grande-Bretagne, il est retourné en France où il a intégré un cirque itinérant à Bordeaux en 1826. Il était courant de présenter dans des spectacles dans ces temps là des personnes au physique hors norme comme Juliana Pastrana la femme la plus  » moche du monde  » ….

, ou même  les sœurs Sutherland avec les 11 mètres des cheveux :

Sa dernière représentation connue date de 1833 à Dinan en Bretagne, après quoi le squelette vivant a disparu aux yeux du public.

Décédé le 2 juillet 1841 à Londres (ou à Xhendelesse en Belgique selon les source), Sir Astley Cooper et le corps du squelette vivant aurait été placé dans le musée du Royal Collège of Surgeons de Londres bien qu’on en trouve aucune trace.

De nombreux médecins voulait acquérir le corps de Claude-Ambroise Seurat à sa mort mais le père de celui-ci s’y était toujours opposé, stipulant qu’après son décès son fils devait reposer pacifiquement au cimetière de sa ville natale.

Difficile toutefois de savoir si ces volontés ont été respectées……

Lucky Luke : la véritable histoire des Dalton….!


frères de crime et de sang

Billet à revoir !;

Les vrais frères Dalton .

De 1890 à 1892, ces bandits semèrent la terreur de l’Oklahoma jusqu’au Nouveau-Mexique. Bien loin des personnages de la BD, maladroits et désopilants

On les connaît surtout sous le crayon de Morris,

 »méchants’ indissociables des aventures de Lucky Luke, et qui semblent collectionner toutes les tares : cupidité, stupidité, incompétence… Comme pour de nombreux personnages de ses bandes dessinées, le génie du neuvième art s’est inspiré des hors-la-loi du Grand Ouest : car les frères Dalton ont réellement existé et se rendirent célèbres pour leurs multiples attaques de banques et de trains. Mais avant de devenir bandits de grand chemin, Emmett, Bill, Grat et Bob furent des enfants modèles.Bill ( à gauche ) et Emmett Dalton. Si les Dalton étaient bien des criminels redoutés jusqu’au Nouveau-Mexique, ils n’étaient ni jumeaux ni de tailles échelonnées ! 

 »La famille Dalton est emblématique de ce qu’on appelle la “Frontière” (qui signifie aux Etats-Unis la lente avancée vers l’ouest ). Elle est très attachée aux mœurs puritaines, et porteuse du rêve américain selon lequel tout le monde, à force de travail et de courage, peut atteindre ses objectifs », explique Farid Ameur, historien, auteur de Héros et légendes du Far West  Voici les valeurs que partagent Lewis Dalton, travailleur acharné devenu tenancier de bar, et Adeline Younger. Uni le 12 mars 1851 à Kansas City (Missouri), le couple s’établit pendant une trentaine d’années dans une modeste ferme de la région. Là, il donne naissance à quinze enfants dont trois meurent en bas âge. Les survivants grandissent dans un environnement marqué par la violence et la pauvreté : l’Etat, à la frontière entre le Nord et le Sud, est ravagé par les batailles de la guerre de Sécession, puis déchiré par les règlements de compte entre partisans des deux camps.

Comme l’explique Farid Ameur,  »le brigandage apparaît alors comme une forme de revanche pour ceux qui n’ont pas accepté la défaite du Sud. Par exemple, Jesse James, célèbre bandit, soutient que les banques font partie des profiteurs du Nord et qu’il est juste de s’y attaquer. Les Dalton porteront cet héritage, d’autant que leur mère est parente des frères Younger, bandits associés à Jesse James. Ils en feront leur modèle ». En 1882, chassés par de maigres récoltes, la famille s’établit au sud-est du Kansas, à quelques kilomètres de Coffeyville. Deux ans plus tard, ils gagnent les Territoires indiens qui s’ouvrent à la colonisation, dans l’actuel Oklahoma. D’une ferme à l’autre, le rude quotidien des garçons ne varie guère : ils aident leur père Lewis à récolter maïs et betteraves, nourrissent les cochons. Tous respectent les préceptes de la Bible. Adeline veille à une éducation rigoureuse qui semble porter ses fruits. Les deux aînés, Ben et Cole, obtiennent un diplôme universitaire. Un autre fils, Bill, tente sa chance en Californie . Et, surtout, Frank, depuis toujours arbitre des disputes familiales, choisit le camp de la loi : en 1884, il part exercer la mission de Marshall fédéral adjoint à Fort Smith, dans l’Arkansas. La fratrie est bien partie pour incarner le rêve américain.

Une famille frappée par le malheur

Tout bascule trois ans plus tard. Un jour d’hiver 1887, la famille voit arriver un lugubre cortège à la ferme. Des Marshall ramènent le cadavre de Frank, assassiné d’une balle en pleine tête par un voleur de chevaux qu’il traquait aux confins du territoire cherokee. Comme un malheur n’arrive jamais seul, le père Dalton, profondément alcoolique, quitte le foyer familial, ne laissant que des dettes à sa femme et à ses fils. On propose à Grattan, surnommé Grat, de reprendre le poste de son aîné, laissé vacant. Il accepte, à condition de s’adjoindre les services de son petit frère Emmett, alors âgé de 16 ans. Robert, dit Bob, 18 ans, devient parallèlement chef de la police indienne de la tribu des Osages. Trois frères, trois hommes de loi : Frank pourrait être fier d’eux… Sauf que Grat, Bob et Emmett passent difficilement pour des modèles de probité et de vertu.

Rapidement, les trois abusent de leur autorité, rackettent les commerçants, volent des chevaux. Ils se gênent d’autant moins que Washington tarde régulièrement à envoyer leur paie. Pour Farid Ameur,  »il n’était pas rare que les Marshall soient payés avec beaucoup de retard. De plus, si cette mission était considérée comme un honneur, elle était aussi très dangereuse. Il était courant que les Marshall en tirent un profit personnel ».

Les Dalton sèment la terreur, multiplient vols de chevaux et trafics d’alcool en territoire indien

Parmi les trois frères, Bob s’impose déjà comme le meneur.  »Ses yeux bleus avaient ce regard d’acier devant lequel chaque être […] semblait se plier inconsciemment », décrit le journaliste Eye Witness, dans Le Gang des Dalton (publié en 1892). Violent, irascible, Bob ne se cantonne pas à l’escroquerie : en août 1889, il assassine froidement Charlie Montgomery, un cow-boy   qui a osé courtiser sa prétendante, prétextant l’avoir surpris en plein trafic d’alcool. C’en est trop pour les autorités : face aux méfaits répétés des Dalton, on finit par les priver de leur insigne et de toute apparence de légalité. Dès lors, Bob et Grat basculent définitivement du côté des hors-la-loi : en 1890, le premier est inculpé pour trafic d’alcool en territoire indien, tandis que le second est soupçonné de vol de chevaux, un crime passible de la peine de mort. Ils prennent alors la fuite.

C’est ainsi que le clan Dalton, qui sèmera la terreur dans l’Ouest deux années durant, se constitue au Nouveau-Mexique, au terme de 1 600 kilomètres de chevauchée. Bob et Grat sont accompagnés d’Emmett, qui a renoncé aux tendres attentions de Julia pour suivre ses frères. Trois amis les suivent, dont un certain Charlie Bryant. A l’été 1890, à Silver City, la bande braque une salle de jeu. Fuyant les Marshall du juge Parker, surnommé « »e juge de la potence », les Dalton rejoignent leur frère Bill en Californie. Là, ils sont accusés d’avoir braqué un train et tué le conducteur, le 6 février 1891. Sont-ils coupables ? Les preuves sont minces mais leur réputation est faite et ils sont recherchés.

Grat est capturé puis emprisonné, tandis que Bob et Emmett s’enfuient vers les terres de leur enfance. Avec trois ou quatre malfrats, ils se planquent dans le Cherokee Strip, bande de terre sauvage située entre l’Oklahoma et le Kansas. Depuis ces étendues arides, refuges traditionnels des hors-la-loi, le gang armé surgit au galop pour attaquer des diligences, voler des pur-sang ou piller des entrepôts avant de s’en retourner dormir à la belle étoile. Parfois, ils prennent le risque d’une visite éclair à leur chère maman…

La spécialité des Dalton : les attaques de trains….

La bande se spécialise dans les attaques de trains : quatre en moins de deux ans, du Nouveau-Mexique à l’Iowa en passant par l’Oklahoma. Chargés de sacs de dollars convoyés par la Wells Fargo, les trains sont une cible de choix, d’autant que le gang dispose d’une arme secrète : Eugenia Moore, la compagne de Bob, une aventurière qui joue les informatrices. A l’été 1892, elle prévient les Dalton que, dans la petite ville de Red Rock, le train ne s’arrête qu’au signal de l’aiguilleur. Les bandits contraignent alors l’infortuné à agiter sa lanterne pour stopper le convoi avant de braquer le convoyeur.

L’étau se resserre sur les frères Dalton :

Si un passant succombe parfois à une balle perdue, les raids opérés par le gang sont rarement meurtriers. Mais leur réputation grandissante nuit à celle des compagnies ferroviaires et de la Wells Fargo qui finissent par promettre 40 000 dollars pour la capture des bandits. Les chasseurs de primes rejoignent des shérifs opiniâtres, comme Ransom Payne, dans la traque du gang. Terrés, à court de ressources, éprouvés par la perte de Charlie Bryant abattu lors d’un braquage, les Dalton sentent l’étau se resserrer autour d’eux. Seul le retour de Grat, échappé de la Californie, les réconforte un peu.

Rêvant d’une nouvelle vie au Mexique, Bob imagine finir la carrière du gang par un exploit qui surpassera ceux des frères Younger : il veut braquer deux banques en même temps à Coffeyville, ville paisible familière aux Dalton. Malchance ou amateurisme ? L’exploit escompté va virer à la tuerie… Le 5 octobre 1892 au matin, cinq cavaliers arborant des fausses barbes s’engagent dans la rue principale. Mauvaise surprise, des travaux en bloquent l’accès : le gang doit poster les chevaux à distance des banques et poursuivre à pied. Bob et Emmett s’en vont attaquer la First National Bank, braquant clients et caissiers, tandis que quelques rues plus loin, Grat, Bill Powers et Dick Broadwell font de même à la Condon Bank. Là, un courageux caissier convainc Grat de patienter quelques minutes avant l’ouverture du coffre commandé par une minuterie. Il s’agit d’une ruse, et c’est plus qu’il n’en faut pour que les commerçants de la ville, qui ont reconnu les Dalton, se préparent à les cueillir à la sortie. Quand les bandits tentent la fuite, c’est le carnage : en dix minutes, sur le sol gisent huit cadavres, dont celui de quatre des cinq bandits. A côté d’eux, des sacs contenant 23 240 dollars… La fin du gang Dalton a sonné, pour l’immense soulagement des habitants de la ville. Tous défilent à la prison où sont exhibées les dépouilles des brigands, pendant qu’Adeline veille sur Emmett, criblé de vingt et une balles de chevrotine.Le braquage de Coffeyville, en 1892, fera quatre victimes : Bill Powers, Dick Broadwell et deux des frères Dalton, Grat et Bob. Emmett, le survivant, blessé de 21 balles, passera quatorze ans en prison avant d’être finalement libéré. Bettmann

 » En 1892, la conquête de l’Ouest  est quasiment terminée, le climat s’est apaisé. Avec son dénouement spectaculaire, Coffeyville représente le dernier sursaut de l’Amérique sauvage. Sans cet épisode, on se serait souvenus des Dalton comme d’une bande quelconque », analyse Farid Ameur. Le destin d’Emmett, qui a survécu à la tuerie, va aussi contribuer à la notoriété des Dalton. Condamné à perpétuité le 8 mars 1893, il est expédié dans une prison d’Etat du Texas. Il y apprend la mort de Bill, tué par des Marshall après avoir, lui aussi, pris la voie du banditisme. On considère qu’il s’agit du véritable épilogue des affaires criminelles de la famille. Car sa bonne conduite vaut à Emmett d’être libéré au bout de quatorze ans. C’est ainsi qu’à 36 ans, il épouse sa fidèle Julia, devient agent immobilier en Californie et écrit ses mémoires, avant de travailler dans le cinéma. En 1916, il joue son propre rôle dans  » The Man of the Desert  »: acteur de la Frontière puis d’Hollywood, il incarne de son vivant sa propre légende, avant de mourir à Los Angeles, en 1937.

La retraite ,une vieille revendication….


Histoire sociale

L’idée d’accorder aux vieux travailleurs une  » retraite  », autrement dit une pension proportionnée à leurs revenus durant leur vie active, est relativement récente. Mais elle puise ses racines dans une pratique de l’Ancien Régime.!

Sa généralisation a coïncidé en France et dans le monde développé avec l’extension à grande échelle du salariat et de l’emploi à vie, à la fin du XIXe siècle et plus sûrement à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle a été à la racine d’immenses avancées accomplies dans le domaine social …

L’État employeur :

Comme beaucoup d’autres innovations, la retraite a été amenée par la guerre et l’armée (rien à voir avec la Bérézina). On pense aux vieux légionnaires romains installés comme colons dans les territoires conquis ou aux soldats invalides de Louis XIX, pensionnés en vertu de leurs mérites.

Le  » Roi-Soleil  », soucieux de s’attacher ses soldats et ses marins, instaure en 1673 une première caisse de retraite au bénéfice des équipages de la marine royale. Un siècle plus tard, une nouvelle caisse est créée, au bénéfice cette fois des employés de la  » Ferme générale  » , autrement dit du service des impôts. Cette réforme, qui sert une corporation nantie de privilèges, survient au moment où ce service est des plus impopulaires.

Au XVIIIe siècle, faut-il le préciser, la retraite ne saurait concerner d’autres catégories sociales que les serviteurs de l’État car ils sont les seuls à bénéficier d’un emploi salarié réglementé. Sans surprise, en 1790, les députés de l’Assemblée constituante élargissent par décret le droit à une pension de retraite à l’ensemble des serviteurs de l’État.

Sous le Second Empire, la loi du 9 juin 1853 organise la retraite des fonctionnaires de l’État et des militaires. L’âge de départ est fixé à 60 ans (55 ans pour les travaux pénibles). Les pensions sont prélevées directement sur le budget de l’État sans qu’il soit question de cotisations salariales.

Révolution industrielle, révolution de l’emploi…..

Avec la révolution industrielle et les premières usines naissent les associations d’entraide ouvrière. Sans en référer à quiconque, les travailleurs français mettent en place dès 1804 les premières sociétés de secours mutuel, héritières des corporations de l’Ancien Régime. Elles sont reconnues par les pouvoirs publics en 1835 mais sont pauvrement dotées et demeurent marginales : en 1890, seuls 3,5% des vieux ouvriers jouissent d’une pension.

Encore une fois, le financement des pensions ne dépend que du bon vouloir des employeurs, en l’occurrence les patrons du secteur privé. Quelques grands patrons  » paternalistes  » et clairvoyants participent ainsi au financement des pensions de retraite. Ils offrent à leurs ouvriers usés par le travail l’espoir de mourir en paix dans leur foyer, aux alentours de la soixantaine.

L’idée d’une retraite pour l’ensemble des salariés n’émerge qu’à la fin du XIXe siècle, en premier lieu dans l’Allemagne de Bismarck

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Bismarck fait sa Révolution :

L’autoritaire chancelier a compris la nécessité de composer avec les syndicats ouvriers, dont l’influence croissait avec le développement de l’industrie et des grandes usines manufacturières.

Il met en place de 1883 à 1889 une législation sociale plus avancée que dans aucun autre pays européen. Elle établit des caisses d’assurance contre les accidents et la maladie et des caisses de retraite, financées par un système d’assurance obligatoire et gérées paritairement par les syndicats et les patrons. Les pensions ne dépendent donc plus de la générosité des employeurs mais reposent sur un principe d’assurance.

Le système d’assurance bismarckien procède de la répartition : les cotisations des actifs sont redistribuées à leurs aînés et réparties entre ceux-ci au prorata de ce qu’ils ont eux-mêmes cotisé. 

Le droit à la retraite se généralise lentement à l’ensemble du salariat ouest-européen, à l’initiative des États. En France, les travailleurs des mines en bénéficient en 1894, par le biais d’une Caisse de retraite des mineurs. En 1909, c’est le tour des cheminots du réseau ferré de l’État.

Oui à la retraite, mais au bon vouloir des employeurs :

L’année suivante, par la loi du 4 avril 1910, le ministre radical Léon Bourgeois 

organise les Retraites ouvrières et paysannes (ROP) pour tous les salariés de l’industrie et de l’agriculture mais sur une base volontaire. Les employeurs gardent la liberté d’y souscrire.

Il fonctionne par capitalisation : les cotisations sont placées à la Bourse et leurs dividendes redistribués sous forme de pensions. Confiant dans le rendement futur des actions des entreprises françaises (on est en 1910, à l’avant-veille de la Grande Guerre !), le gouvernement fait le pari d’assurer aux cotisants une pension stable, égale à 40% de leur ancien revenu à 65 ans.

Non sans une certaine lucidité en un temps où moins d’un ouvrier sur dix atteint cet âge, le syndicat CGT (Confédération Générale du Travail) s’y oppose :  » C’est la donner à des morts !  », plaide-t-il. Qui plus est, les travailleurs indépendants et les exploitants agricoles, qui représentent encore au début du XXe siècle la majorité de la population active, en demeurent exclus.

Le gouvernement Tardieu  institue enfin un régime d‘assurance vieillesse obligatoire pour tous les salariés modestes par la loi du 30 avril 1930. Puis, par la loi du 11 mars 1932, il crée les Assurances sociales, ancêtre de la Sécurité Sociale. Elle prévoit des allocations pour les travailleurs chargés de famille, financées par les cotisations patronales.

Pendant l’Occupation enfin, le maréchal Pétain  se flatte de reprendre une vieille revendication de la gauche en mettant en place une Allocation aux vieux travailleurs salariés qui ne bénéficient pas de la pension de retraite instituée en 1930.  » Je tiens les promesses, même celles des autres lorsque ces promesses sont fondées sur la justice  », annonce-t-il à la radio le 15 mars 1941 en présentant la réforme.

La réforme est mise en place par le ministre du Travail René Belin

, un ancien dirigeant de la CGT rallié au gouvernement de Vichy. Il remplace l’ancien système de capitalisation par un système de répartition, sur le modèle bismarckien. 

Cela dit, qu’il s’agisse de capitalisation ou de répartition, le volume global disponible année après année pour le paiement des pensions dépend exclusivement de l’activité économique du moment. Il n’y a pas de tirelire dans laquelle chacun conserverait ses cotisations dans l’attente de ses vieux jours. Supposons ( cas extrême ) que l’activité économique du pays s’effondre : les pensions s’effondreront également, que ces pensions soient adossées aux cotisations des actifs (répartition) ou aux revenus du capital (capitalisation).

Capitalisationrépartition et   »retraite par points  » :

La plupart des systèmes de retraite, à l’exclusion notable du système bismarckien, fonctionnaient à leur début par capitalisation. Ce  » terme barbare  » signifie que les gestionnaires des caisses de retraite placent à la banque les sommes collectées auprès des employeurs et redistribuent les intérêts à leurs retraités.
Dans le régime par capitalisation, les retraités reçoivent donc les dividendes tirés du placement à la Bourse de leurs cotisations du temps où ils étaient actifs :

Cette redistribution peut être lissée par les caisses de retraite selon le modèle en vigueur en Grande-Bretagne, c’est-à-dire que les retraités sont plus ou moins assurés dès le départ de recevoir une pension stable.
Elle peut aussi suivre les fluctuations de la Bourse selon le modèle étasunien et dans ce cas, les retraités voient leur pension fluctuer au gré de Wall Street ; il peut s’ensuivre de violentes déconvenues en cas de mauvais placements comme cela est déjà arrivé à des retraités de General Motors .
Les deux guerres mondiales, les crises économiques et les périodes inflationnistes du début du XXe siècle ont mis à rude épreuve ce régime de capitalisation. Elles ont encouragé le passage à un régime, plus stable, celui de la répartition, par lequel les retraités se partagent les cotisations des actifs au prorata de leurs cotisations passées. Ce système que l’on appelle aussi  » retraite par points  » se présente ainsi (de façon très simplifiée) :
En 2020, les actifs, au nombre de vingt millions, cotisent pour un total de 100 milliards d’euros (5000 euros en moyenne),
Dans les décennies précédentes, les dix millions de retraités survivants et autant de retraités décédés ont cotisé année après année en moyenne 80 milliards d’euros (4000 euros en moyenne).
Dans ces conditions, les dix millions de retraités survivants se partageront les 100 milliards cotisés par les actifs. Chacun recevra de ce fait 2500 euros pour 1000 qu’il aura cotisés, suivant le principe : une fraction du total des cotisations passées donne droit à la même fraction ou « point » du total des cotisations présentes.
Toute la difficulté consiste pour les caisses de retraite à garantir aux nouveaux retraités une pension stable année après année ! Elles ont pour cela des actuaires qui évaluent statistiquement de façon très savante l’espérance de vie moyenne des retraités et en déduisent de manière approchée le montant de leurs pensions.

État providence :

Après la Libération, sous l’égide du général de Gaulle

 , le Conseil National de la Résistance (CNR) présenta un  programme ambitieux de réforme  conçu dans la clandestinité pendant les années noires. Il le mit en place en profitant de ce que les instances patronales, quelque peu compromises dans la Collaboration , n’étaient guère en état de le contester.

Le CNR ( Conseil Général de la Résistance )s’inspira du système bismarckien et surtout du rapport de Lord Beveridge, ministre du gouvernement Churchill, qui préconisait dès 1942 un système global de protection sociale appuyé sur l’État, lequel devint véritablement un  » État providence  ».

Par l’ordonnance du 4 octobre 1945, le gouvernement provisoire a donc institué la Sécurité sociale, selon les préconisations de Pierre Laroque

, un haut fonctionnaire qui bénéficiait du soutien actif d’Ambroise Croizat, député communiste et ministre du Travail dans le gouvernement provisoire.

Depuis cette date, la Sécurité sociale est financée par les cotisations patronales, cogérée par les instances syndicales et patronales, avec une distribution des allocations et pensions par répartition.

Les retraités sont ainsi assurés d’une pension de 40% de leur ancien revenu à partir de 65 ans. C’est le régime général ou régime de base, qui est aujourd’hui complété par une assurance complémentaire obligatoire, également par répartition, l’une pour les salariés, l’autre pour les cadres.

Les régimes spéciaux ont été maintenus toutefois (au nombre d’une quarantaine) apparus sous la IIIe République dans différentes professions, pour des raisons qui leur sont propres (militaires, fonctionnaires, cheminots, agriculteurs, avocats, etc.).

Trois ans plus tard, le 17 janvier 1948, les professions non salariées se virent accorder à leur tour le droit de créer et gérer des caisses autonomes d’assurance vieillesse.

Ces dispositifs se développèrent avec succès sous les  » trente Glorieuses », tandis que le salariat se généralisait dans les sociétés occidentales, sous la forme d’emplois stables et souvent à vie. Mais ils ne profitèrent guère aux personnes âgées car celles-ci, avant la Libération, n’avaient pas eu la faculté de beaucoup cotiser pour leur retraite. Elles furent les laissées pour compte des   » trente Glorieuses  ». 

Il en alla autrement à partir des années 1970 quand arrivèrent à l’âge de la retraite les générations creuses de l’entre-deux-guerres triplement chanceuses : elles étaient peu nombreuses ; elles avaient pu cotiser toute leur vie ou presque ; elles bénéficièrent enfin de la forte croissance économique des années 1950 et 1960 (jusqu’à 6% par an).

En 1980, le rapport Robert Lion préconisa avec une remarquable lucidité de renoncer à un âge imposé de départ à la retraite. Il suggéra pour tous les salariés un nombre minimum d’années de cotisations pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Ainsi un ouvrier qui travaille tôt et dur pourrait-il partir à la retraite beaucoup plus tôt qu’un cadre ou un enseignant.

Mais au lieu de cela, en 1983, en France, le gouvernement socialiste de Pierre Mauroy, sous la présidence de François Miterrand   abaissa de 65 à 60 ans l’âge minimum donnant droit à la pension de retraite, avec en moyenne 50% du revenu d’activité pour 37,5 années de cotisation.  »De la sorte, par une double injustice sociale, un ouvrier devait travailler plus longtemps qu’un cadre ou un enseignant tout en ayant une espérance de vie bien plus courte,  » déplore le démographe Alain Parant, qui participa au rapport Robert Lion.  » En plus, il était amené à cotiser pour ces derniers, sans profit pour lui-même !  »

Il s’ensuivit que les revenus moyens des retraités rejoignirent les salaires des jeunes salariés. Ce fut la fin de la grande misère des vieux, un phénomène qui faisait encore la Une des journaux dans les décennies d’après-guerre. De la sorte, à la fin du XXe siècle, pour les plus chanceux, la retraite ne fut plus le viatique consolateur avant le Grand départ mais le commencement d’une nouvelle tranche de vie, un automne doré libéré de la servitude des horaires, du travail à la chaîne et des aboiements du chef de service.

Changement de régime :

La forte croissance économique des  » Trente Glorieuses  » ainsi que les emplois stables et à vie ne sont plus qu’un lointain souvenir. Les jeunes Occidentaux qui entrent aujourd’hui dans la vie active ont pour perspective une alternance de périodes d’activité et de non-activité, avec des changements fréquents d’entreprise, voire de profession et de spécialité. Ces actifs cotisants tendent à être moins nombreux d’année en année car ils sont nés après 1974, quand la natalité a commencé de décliner.

En même temps, les générations nombreuses du  » baby boom  » de l’après-guerre (en moyenne 2,5 enfants par femme) arrivent à leur tour à l’âge de la retraite, avec la perspective de deux ou trois décennies de vie, grâce en soit rendue aux progrès de l’hygiène, de la médecine et des conditions de vie. Il s’ensuit que, jusqu’en 2039 au moins, quand les derniers-nés du  » baby boom  » arriveront à 65 ans, le poids relatif des retraités par rapport aux actifs ne va cesser de s’accroître, ainsi que le nombre de personnes très âgées et dépendantes, au-delà de 85 ans. Les jeunes actifs risquent de ce fait d’être écrasés par la charge financière et humaine des retraités et des personnes du grand âge. 

Effrayés par cette perspective et, à court terme, par le déficit des caisses de retraite, le gouvernement, les pouvoirs publics et les partenaires sociaux multiplient les concertations en vue de résoudre une équation à trois variables (nombre de cotisants, nombre de retraités et âge de départ à la retraite) et une inconnue (montant des pensions). D’aucuns plaident aussi en France pour le développement des caisses de retraite complémentaires par capitalisation comme il en existe dans plusieurs pays d’Europe, avec le risque que le régime général par répartition en vienne à se réduire comme peau de chagrin… Pas sûr que ces calculs comptables soient à la hauteur du défi.

Non, les immigrés ne financent pas  » nos  » futures retraites !

L’immigration ne remédie en rien au déficit des systèmes de retraite, contrairement à une croyance bien enracinée selon laquelle  » les immigrés financent nos futures retraites  ». C’est que les cotisations des immigrés salariés accroissent le montant qui est redistribué dans l’instant aux retraités. C’est un supplément de pension bienvenu pour les retraités actuels et il n’a rien d’un miracle : il vient simplement de ce que les cotisations des immigrés ne profitent pas à leurs vieux parents restés au pays. C’est une iniquité qui devrait nous choquer car, de la même façon que nous versons une pension à nos aînés pour l’assistance et l’éducation qu’ils nous ont apportées, il serait juste que les immigrés fassent de même à l’égard de leurs parents et qu’ils puissent leur reverser leurs cotisations retraite (ou les récupérer dans l’éventualité de leur retour au pays natal).
Comme les autres salariés, les immigrés d’aujourd’hui ne contribuent donc en rien au financement futur des caisses de retraite mais ils vont à leur tour vieillir et revendiquer une pension en vertu des droits acquis. Si le renouvellement des générations n’est pas assuré, le rapport entre actifs et retraités va se dégrader d’année en année et les taux de cotisation retraite devront s’accroître jusqu’à atteindre des seuils insupportables aux actifs. La démonstration par l’absurde en a été faite au début des années 2000 dans un rapport de l’ONU : » Les migrations de remplacement : s’agit-il d’une solution au vieillissement ou au déclin des populatins ?  » Ce rapport a évalué le nombre d’immigrants dont aurait besoin d’ici 2050 à 2100 chaque pays industrialisé pour maintenir constant  le rapport actifs/retraités, à supposer que l’âge de départ à la retraite et la natalité demeurent ce qu’ils sont. Il a ainsi montré que la Corée (50 millions d’habitants) aurait besoin de plusieurs centaines de millions d’immigrants… Absurde, de l’avis même de l’auteur du rapport, Joseph Grimblat.

Manifestation du samedi 11 janvier 2020 à Paris contre la réforme des retraites.

Nouvelle donne

Confrontés aux besoins de financement des caisses de retraite, les dirigeants français et européens s’en tiennent à des réglages de curseur : âge minimum de départ à la retraite, durée minimale de cotisation pour une retraite à taux plein. Ils veulent contraindre les salariés à travailler le plus longtemps possible au lieu de les y encourager.

Ces calculs comptables ignorent les bouleversements que vit le monde du travail avec la fin des grandes entreprises paternalistes et la multiplication des emplois précaires. Ils ne prennent pas en compte la diversité des situations, laquelle exige un maximum de souplesse. Il n’y a rien de commun entre :
-Des salariés soumis à de dures contraintes physiques ou, pire encore, mentales : pression de la hiérarchie, menace de licenciement…), qui aspirent à quitter au plus vite le monde du travail,
– Des professionnels indépendants et libéraux, chercheurs et créatifs, élus politiques et dirigeants d’entreprise, qui appréhendent avec angoisse le moment où ils devront renoncer à leur activité.

Réformer les retraites impliquerait plus largement de repenser la place du travail salarié et non-salarié tout au long de la vie :
-En finir avec la  » gestion par le stress  », qui conduit les salariés à prendre leur travail et leur entreprise en horreur, tant dans le secteur public que dans le secteur privé,
– Faciliter la mobilité sociale et les changements de profession,
– Offrir le droit à un temps partiel aux salarié(e)s en charge de jeunes enfants (sous réserve que leur employeur dispose d’un préavis suffisant pour s’adapter),
– Offrir également le droit à un temps partiel et à une cessation progressive d’activité aux vieux salariés qui désirent conserver leur place dans la société, tout en allégeant leur charge de travail.

Signe positif : les pays scandinaves développent la  » retraite à la carte  », c’est à dire la faculté de quitter la vie active à l’âge de son choix, avec une pension de retraite ajustée à l’espérance de vie et aux cotisations antérieures ; ils exigent seulement un minimum d’annuités et de cotisations pour limiter les abus. Ce dispositif souple, adapté à chacun, se substitue à une législation absurde qui oblige les salariés à prendre leur retraite au même âge et après la même durée d’activité, qu’ils soient juristes, chercheurs ou maçons.

C’était il y a environ 100 ans :


Le 29 octobre 1922

Mussolini accède au pouvoir

Le 29 octobre 1922, le roi d’Italie Victor-Emmanuel III

nomme Benito Mussolini  président du Conseil (l’équivalent de Premier ministre).

Un  régime totalitaire d’un  »genre nouveau  »va s’ensuivre de façon progressive ..

La Marche sur Rome de Mussolini et ses partisans le 29 octobre 1922

Un parti non-démocratique

Ancien leader du parti socialiste converti au nationalisme, Benito Mussolini a fondé le 23 mars 1919 des troupes paramilitaires, les Faisceaux italiens de combat (Fasci italiani di combattimento). Ces miliciens armés reconnaissables à leur uniforme, les « Chemises noires », multiplient dès l’année suivante les campagnes d’intimidation. Ils attaquent les Bourses du travail, lieu de rassemblement des syndicats ouvriers et brisent les grèves. Ils bastonnent leurs victimes, les purgent à l’huile de ricin ou parfois les assassinent ! Les fascistes apparaissent ainsi comme des garants de l’ordre (!) face aux menaces révolutionnaires. Ils bénéficient à ce titre de l’indulgence des forces de l’ordre et de la justice et sont regardés avec bienveillance par le patronat italien.

Le Duce Mussolini passe ses troupes en revue en 1938Aux élections législatives de mai 1921, Mussolini est élu avec 34 partisans sur les listes des  » blocs nationaux  ». Il choisit de siéger à l’extrême-droite de l’hémicycle pour marquer son hostilité à l’internationalisme socialiste.

Le 9 novembre 1921, enfin, soucieux de se démarquer des bandes fascistes qui sèment le désordre, il choisit la voie de la légalité en fondant le  » Parti National Fasciste , premier parti d’Europe occidentale ouvertement non-démocratique.

Avec des effectifs supérieurs à plus de 700 000 en 1922, le parti fasciste n’arrive pourtant pas à convaincre le corps électoral. Mais il démontre une nouvelle fois sa force en août 1922 en brisant une grève générale lancée par le parti socialiste et dirigée contre lui.

Là-dessus, Mussolini menace de marcher sur Rome à l’image du poète Gabriele d’Annunzio

et de sa   » Marche sur Fiume  » Les Chemises noires de province, au nombre d’environ 40 000, commencent dans le désordre à converger vers la capitale.

Face à cette menace de coup d’État aux airs de  »grand-guignol  », la droite démocratique supplie le roi Victor-Emmanuel III de décréter l’état de siège. Mais le souverain ne s’y résout pas par crainte d’une guerre civile. Comme le président du Conseil, Luigi Facta

, il pense que Mussolini peut, après tout, aider à sauver un régime en pleine décomposition et qu’il sera toujours temps de s’en débarrasser après.

Le 29 octobre 1922, Victor-Emmanuel propose donc à Mussolini qui, de Milan, observe prudemment les événements, de prendre la tête du gouvernement dans les règles.

Les Chemises noires poursuivent malgré tout leur marche sans rencontrer de résistance, pour le symbole. Pour donner l’illusion d’une prise de pouvoir personnelle, Mussolini entre dans la capitale italienne le 30 octobre, entouré des hiérarques et des militants fascistes, au terme d’une très symbolique « »Marche sur Rome ‘. Le Duce lui-même a pris le train Milan-Rome et rejoint la tête de ses troupes à l’entrée de la capitale.

La  »pantalonnade  » fasciste tourne au triomphe. À la tête d’un gouvernement qui ne compte que quatre ministres fascistes, Mussolini se montre dans les premiers temps respectueux des règles constitutionnelles. Sa détermination et son verbe lui valent la sympathie des élites, y compris d’illustres intellectuels comme Benedetto Croce

.

Mais, dans les provinces, les Chemises noires poursuivent la mise au pas des organisations syndicales. La fête du Travail du 1er mai est supprimée. La grève est interdite. Et en novembre 1922, la Chambre des députés et le Sénat votent les pleins pouvoirs à Mussolini pour un an.

Celui-ci va affirmer son autorité de façon progressive (à la différence de Hitler, dix ans plus tard). Contrairement aux apparences et aux dires de la propagande ( » Il Duce ha sempre ragione  »), il va devoir en permanence se plier à des compromis avec le roi, l’armée, son propre parti et la Constitution. Conformément à celle-ci, il n’est que Premier ministre, ce qui va permettre au roi Victor-Emmanuel III, chef de l’État et chef des armées, de le destituer en juillet 1943 par un  » coup de majesté  ».