Cinq mots rares ….

…. donneront l’air savant pendant vos dîners mondains (ma grand-mère en employait quelques-uns)

 »Quérulence »,  »émerillonner »… Qui de nos jours connaît encore ces termes désuets ?

Ils ont fait leur temps. Après des années de labeur, certains mots de la langue française se retirent de l’usage. Silencieusement, sur la pointe des pieds. Qui de nous jours connaît encore le sens de  »tatin »? Ou utilise le verbe  »s’esbigner » ? Ils ont progressivement été remplacés par des termes plus contemporains. Ainsi va notre langue. Son renouvellement témoigne de sa vitalité. La rédaction vous propose de redécouvrir ces mots disparus, qui, assurément, vous feront briller en société.

 Babou:

 »Cesses de faire des baboues ». Peut-être avez-vous déjà entendu cette phrase dans la bouche de votre grand-mère.  »Baboue » est un joli mot disparu, qui signifie  »grimace ». Il est fort ancien puisqu’en moyen français, il désignait une  »vieille sorcière aux grosses lèvres », selon le  » Trésor de la langue française ». L’ancien français baboe est également apparenté à  » babouin », qui qualifiait un  » homme difforme ou niais  ». On parlait aussi à l’époque de l’Ordre de la baboue, qui était une Société des buveurs

 »enseigne de la société des buveurs  »

.

Escobar :

Attention si l’on vous qualifie de la sorte ! Un  »escobar » est un personnage  »hypocrite », sachant utiliser d’adroits subterfuges pour arriver à ses fins ou les justifier. Le verbe  »escobarder » décrit le fait d’agir, de parler en escobar.  »L’escobarderie » désigne quant à elle la pratique habituelle de l’hypocrisie à la manière d’un escobar.

Le mot s’est formé d’après le nom d’un jésuite espagnol, Antonio Escobar y Mendoza

Antonio Escobar?

, auteur d’un ouvrage de casuistique (partie de la théologie qui traite des cas de conscience). Pascal l’attaqua dans les Provinciales, lui reprochant de prôner une morale relâchée. Molière, Boileau et La Fontaine lui emboîtèrent le pas, et c’est ainsi que ce patronyme est devenu un adjectif courant dans notre langue. Avant de tomber aux oubliettes.

Quérulence :

Toute âme  » revêche  » devrait connaître ce mot. La  »quérulence », dérivé de  »quérulent », désigne la tendance pathologique à rechercher les querelles.

Querelle ?

On connaît tous une personne qui revendique, d’une manière disproportionnée, la réparation d’un préjudice, réel ou imaginaire. Vous pourrez désormais le qualifier de  »quérulent », (selon la définition du dictionnaire des francophones). Le mot est dérivé du latin querulus  » qui se plaint ».

Émerillonner

Une personne est  »émerillonnée » lorsqu’elle est d’humeur gaie et vive. Ce joli verbe s’est formé d’après  »l’émerillon »,

Émerillon (rapace)

un petit rapace diurne du genre des faucons, que l’on dressait autrefois pour la chasse. L’adjectif décrit l’éclat de quelqu’un qui se vivifie, à l’image de l’œil perçant de l’émerillon.

Accueillance

Ce mot n’est pas une invention fantaisiste qui ferait offense à la langue française.  »Accueillance » existe bien, et a pour sens  »disposition à l’accueil » . On l’employait jadis pour dire  »accueillir » ou  »faire bon accueil ». Au XIIIe siècle, il existait ainsi la locution faire accueillance de quelqu’un, c’est-à-dire  »l’accueillir, le gagner à sa cause ». Au XVIe siècle, pour signifier qu’on accueillait de manière courtoise un convive, on utilisait ce mot charmant.

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