Maintenant : Télé….


Avec ce polar de commande, Eastwood, au sommet de sa gloire de cinéaste, filme en creux sa conception idéale du pouvoir : briller dans l’ombre, tacler les arrogants et les salauds :
Vieux monte-en-l’air, Luther Whitney (Clint Eastwood) fait un casse dans la résidence d’un milliardaire, Walter Sullivan. Sur place, il assiste au meurtre de la jeune épouse de Sullivan par les services de sécurité de son amant Alan Richmont (Gene Hackman), président des Etats-Unis en exercice. Qui tente bien vite de mettre son crime sur le dos du cambrioleur… « Les Pleins Pouvoirs » est un bon révélateur du prestige acquis par le cinéaste au début des années 1990 – les oscars d’ » Impitoyable  » (1992) et le succès de  » Sur la route de Madison  » (1995) expliquent ce surcroît de considération.


Pouvoir, soubassements, morale :

Détentrice des droits du livre éponyme de David Baldacci (un carton), la Warner lui propose l’adaptation écrite par William Goldman ( » les Hommes du président  »,  » Misery  »). Eastwood, qui ne touche généralement pas une ligne des scénarios qu’il tourne, exigera cette fois une nouvelle fin, écrite en catastrophe (ça se voit d’ailleurs un peu). Rien qui n’entrave toutefois la pertinence du regard posé par le film sur le cœur du sujet : le pouvoir, ses soubassements, sa morale, que se disputent deux parties clandestines. D’un côté, le président Richmont déploie sa perversité dans l’ombre des institutions (c’est un hybride entre Clinton et Nixon, en pire) ; de l’autre, Whitney, vieil outsider anarchiste, rétablit la vérité, rend les coups, façon justicière de l’ombre (plus il est discret, plus il frappe juste et fort).


On devine pourquoi Eastwood tenait à interpréter cette version héroïsée de lui-même (la Warner l’a surtout approché pour réaliser le film). Cousin narquois et délibérément middle class de Cary Grant dans  » la Main au collet  », Whitney s’affirme comme un double idéalisé de l’acteur-réalisateur de  » Million Dollar Baby  », dont il partage les mêmes préférences esthétiques : il trouve dans la modestie, la dérision et surtout l’art délicat de l’effacement une manière de noblesse ultime. Pas étonnant que les premières minutes du film, qui montrent le personnage s’introduisant tel un vieux matou dans l’opulente noirceur de cette demeure endormie, comptent parmi les plus belles séquences jamais tournées par Eastwood.

Il y a environ 370 ans :( Billet à revoir)


Le 6 avril 1652 :

Fondation de la ville du Cap

Les Hollandais établissent le 6 avril 1652 une petite colonie permanente près du cap de Bonne Espérance, à la pointe de l’Afrique. C’est l’origine de la ville du Cap, qui compte aujourd’hui près de 2 millions d’habitants. C’est aussi l’origine de la république d’Afrique du Sud.

Les Portugais explorent l’Afrique :

Le Portugais Bartolomeu Dias

B.Dias ?

fut le premier navigateur européen à atteindre la pointe de l’Afrique, en 1488. Il en garda un si mauvais souvenir qu’il l’appela Cap des Tempêtes. Mais le roi du Portugal, trop heureux de l’exploit qui laissait augurer un prochain voyage jusque dans l’Asie des épices, le rebaptisa Cap de Bonne Espérance.

Un peu plus tard, en 1497, un autre marin portugais, Vasco de Gama

Vasco de Gama

, réussit enfin à contourner l’Afrique et à atteindre les Indes. C’est le début d’un fructueux commerce.

Mais le contournement du continent noir au temps de la marine à voile ne demande pas moins de six mois et chaque voyage se solde par la mort de beaucoup de marins, par manque de produits frais.

Justement, le cap de Bonne Espérance, situé à peu près à mi-distance de l’Europe et de l’Inde, se prêterait à l’établissement d’une base de ravitaillement. Les navigateurs repèrent à côté du Cap la baie de la Table, nommée de cette façon à cause d’un massif au sommet plat qui domine le littoral à 1000 mètres d’altitude. De ce massif descendent des cours d’eau propices à la fondation d’une ville et au développement de cultures maraîchères.

Cependant, les Portugais renoncent à s’y établir après que l’un des leurs, Francisco de Almeida, et 60 de ses hommes y aient été massacrés par des habitants du cru, des Aborigènes du groupe khoisan (on dit aussi Hottentot), le 1er mars 1510. Ils se contentent de relais moins pratiques situés plus au nord.

Les Hollandais s’emparent du commerce…….

Finalement, c’est la Hollande qui va prendre l’initiative de s’établir au Cap un siècle plus tard. Aussi connue sous le nom de  »Provinces-Unies  », la Hollande vit au XVIIe siècle son Âge d’Or. Elle rivalise avec la France de Louis XIV. Ses navires de commerce parcourent le monde jusqu’en Indonésie et au Japon.

En 1648, l’un de ses navires, le  » Nieuwe Haarlem  », s’échoue au pied de la célèbre montagne de la Table. Après avoir vécu un an des produits de la terre, l’équipage rentre dans la mère-patrie et le commandant suggère d’établir une colonie en cet endroit hospitalier au climat méditerranéen et au sol fertile.

La Compagnie hollandaise des Indes orientales y envoie une flottille de cinq navires sous le commandement du capitaine Jan van Riebeeck (32 ans), avec à leur bord 90 colons (dont seulement 8 femmes).

Dans la baie de la Table, les hommes commencent bientôt la construction d’un petit fort et plantent un potager.

Naissance d’une Nation

Les premiers colons sont des paysans calvinistes très pieux. Beaucoup ont quitté les Flandres méridionales pour échapper à l’oppression des occupants espagnols. Leur nombre s’élève à 800 lorsqu’ils sont rejoints en 1685 par 200 huguenots chassés de France par la révocation de l’Édit de Nantes.

Rencontre entre Hottentots et Portugais in Pionniers en Afrique du Sud (1914).Les deux communautés se mélangent très vite. Le souvenir de leurs origines subsiste dans les patronymes. Ainsi, l’ancien président de l’Afrique du Sud, Frederik De Klerk, tire son nom d’un huguenot dénommé Leclerc.

Les colons européens entrent en relation avec les premiers habitants du lieu. Il s’agit de nomades appelés Hottentots et d’aborigènes, ou » Boshimans », comme on en voit dans le film célèbre : Les Dieux sont tombés sur la tête.

Beaucoup d’aborigènes sont réduits en esclavage dans les fermes des Européens, de même que des esclaves importés de Madagascar et des Indes. De nombreuses unions mixtes forment un groupe métis dont une partie finit par se fondre dans la population européenne.

Isolés de  »la mère Europe », les colons donnent naissance à une langue originale dérivée du hollandais, qui prend plus tard le nom d’afrikaans. La population européenne croît très vite. En trois siècles, ses effectifs passent d’un millier d’individus à plus de trois millions sans migration supplémentaire.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, les Boers (paysans en langue afrikaans) entrent en guerre contre les Noirs de culture bantoue qui descendent d’Afrique centrale et occupent peu à peu le territoire sud-africain. Ils soutiennent aussi de longues guerres contre les Britanniques qui annexent la province du Cap à la faveur des guerres napoléoniennes et immigrent en masse avec la découverte de l’or dans la région du Transvaal à la fin du XIXe siècle, en 1886.

La période pionnière de l’Afrique du Sud s’achève avec une ultime guerre entre anglais et Boers, et l’indépendance de l’Union sud-africaine en 1910.

Le racisme, de coutumier, devient institutionnel et débouche sur les lois de l’apartheid (d’un mot afrikaans synonyme de ségrégation). Ces lois ne seront abolies qu’en 1991, avec le triomphe des militants anti-apartheid et du plus prestigieux d’entre eux, Nelson Mandela.