C’était il y a environ …


……150 ans :

Dr. Livingstone, I presume?

Le 10 novembre 1871, un jeune Blanc arrive à Ujiji, une bourgade africaine sur la rive orientale du lac Tanganyika. Tandis que la population l’entoure avec curiosité, un autre Blanc au visage émacié et d’une extrême maigreur se dirige lentement vers lui, soutenu par deux serviteurs.

Le jeune homme ôte son chapeau et lance cette apostrophe aussi laconique qu’immortelle :  » Dr. Livingstone, I presume?  » ( » Vous êtes sans doute le Dr Livingstone ?  ») .

Henry Morton Stanley rencontre David Livingstone à Ujiji, en Afrique, gravure vers 1880.

Le missionnaire David Livingstone (58 ans), qui explorait l’Afrique orientale, n’avait pas rencontré d’Européen depuis cinq ans et passait pour disparu… quand il fut ainsi retrouvé par le journaliste Henry Morton Stanley

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Stanley

, de son vrai nom John Rowlands (30 ans).

Un saint en Afrique …..

Livingstone et sa famille explorent le lac Ngami, au Kalahari, en 1850Issu d’une pauvre famille d’Écosse, de confession presbytérienne, David Livingstone travaille dès l’âge de 10 ans comme ouvrier dans une fabrique de coton. Il manifeste des dons intellectuels et un goût de la lecture qui lui valent de devenir médecin et pasteur protestant.

En 1840, il part en Afrique du sud et établit des missions dans le Bechuanaland, en limite méridionale du désert du Kalahari. Ayant épousé quatre ans plus tard la fille du célèbre missionnaire Robert Moffat, il accomplit avec elle deux traversées du Kalahari. Puis il l’envoie en Angleterre avec leurs trois premiers enfants et s’établit dans le pays des Makololo.

Livingstone part en exploration au nord du Kalahari. Simplement accompagné de vingt-sept compagnons africains  » prêtés  » par le roi des Makololo, il atteint l’Atlantique avec l’idée d’ouvrir un débouché commercial sur l’océan mais il se rend compte de l’inanité de ce projet et part pour une nouvelle exploration vers l’océan Indien avec cette fois 87 porteurs. Il découvre le 17 novembre 1855 les gigantesques chutes du Zambèze qu’il baptise du nom de la reine Victoria.

Son retour à Londres est triomphal. Ses engagements chrétiens au service des Africains et contre la traite des esclaves par les Arabes et les Portugais lui valent en particulier une immense popularité (les entreprises coloniales n’ont pas encore à cette époque le caractère brutal qui sera le leurs deux décennies plus tard).

Livingston et sa fille David Livingstone et sa fille Anna Mary en 1864Anna – Marie en 1864

Livingstone repart dès 1858 aux frais du gouvernement.

L’objectif est de chercher des sites propices à l’établissement de nouvelles missions et d’évaluer le potentiel économique des régions traversées. Mais il échoue et, qui plus est, perd sa femme au cours de l’expédition.

En 1867, avec le concours de la  » Royal Geographical Society  » qui l’a chargé d’identifier enfin les sources du Nil, il se lance à nouveau à l’aventure avec, cette fois, un plus modeste équipement. Il veut explorer le lac Tanganyika où il espère trouver les légendaires  » fontaines d’Hérodote  » que l’on croit être à l’origine du Nil.

Mais, malade, il est abandonné par ses porteurs, sauf par les fidèles Susi et Chuma, qui seront encore à ses côtés à la rencontre avec Stanley.

Désespéré par les épidémies et les trafics d’esclaves qui ravagent la région, il doit se réfugier à Ujiji, qui est alors un centre prospère de la traite arabo-musulmane.

Six ans plus tard, retrouvé par Stanley, Livingstone fait un bout de chemin avec lui mais, trop fatigué et encore désireux de repartir à la recherche des  » fontaines d’Hérodote  », il refuse de suivre son sauveteur en Angleterre.

Il meurt en mai 1873, à l’âge de 60 ans dans la région des grands lacs. Ses amis africains Chuma et Susi enterrent son cœur et ses viscères au pied d’un arbre. Après avoir embaumé son corps, ils le ramènent jusqu’à la côte et le confient au consul de Zanzibar. Ils lui remettent aussi ses carnets de voyage, du moins ceux que Stanley n’avait pas déjà récupérés.

Livingstone sera inhumé en grande pompe dans l’abbaye de Westminster un an plus tard.

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Henry Stanley:

L’aventurier Henry Stanley représente la face la plus sombre de la colonisation de l’Afrique. Immoral et dépourvu d’humanité, il a gagné la confiance de ses commanditaires, au premier rang desquels le roi des Belges Lépold II

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Leopold II

, grâce à ses talents de journaliste et de bonimenteur.

À la rencontre de Livingstone :

Henry Morton StanleyFils illégitime d’une servante de ferme du Pays de Galles, John Rowlands s’embarque à 14 ans comme mousse pour l’Amérique. Il est adopté par un commerçant de la Nouvelle-Orléans dont il prend le nom et, pendant la guerre de Sécession, mène aux États-Unis une vie errante.

Il devient journaliste et au cours d’un reportage en Abyssinie (ancien nom de l’Éthiopie), assiste en 1868 à une victoire des Anglais sur le roi local. Il en informe son journal avant tous ses confrères après avoir soudoyé le télégraphiste de Suez.

Ce succès lui vaut d’être embauché par le New York Herald Tribune. Le journal l’envoie peu après sur les traces du pasteur et missionnaire écossais D.Livingstone , dont on a perdu la trace en Afrique depuis plusieurs années.

Parti de Zanzibar, sur la côte de l’océan Indien, Stanley retrouve Livingstone après une marche de 3500 km et 411 jours ! L’aventurier sans scrupules est bouleversé par la rencontre du pieux missionnaire.

Avec lui, il explore pendant cinq mois les rives du lac Tanganyika avant de regagner Londres et d’y cueillir la récompense de son succès. Livingstone, quant à lui, reste en Afrique où il ne tarde pas à mourir d’épuisement.

Violences tropicales

Stanley, gagné par le virus de l’exploration, repart le 17 novembre 1874 de Zanzibar pour l’embouchure du Congo avec une impressionnante caravane de 350 hommes, dont trois Européens seulement, ainsi qu’un bateau en pièces détachées, le Lady Alice (nom d’un éphémère fiancé de 17 ans qui n’attendra pas le retour de l’explorateur pour se marier avec un paisible industriel).

L’expédition atteint le royaume du Bouganda (Ouganda actuel), sur les rives du lac Victoria, le plus grand lac d’Afrique, non sans devoir affronter les populations locales.

Le Lady Alice est remonté et remis à l’eau sur le lac, dont il fait le tour. Puis l’expédition repart à pied vers le lac Tanganyika, plus au Sud, déjà entraperçu par l’explorateur Richard Burton. Stanley en fait le tour avec son bateau puis atteint le cours supérieur du Congo. Le grand fleuve d’Afrique équatoriale forme une immense boucle en fer à cheval entrecoupée de dangereux rapides avant de se jeter dans l’océan Atlantique. 

C’est à bout de forces que Stanley arrive trois ans plus tard au pied des chutes gigantesques qui barrent l’embouchure du fleuve Congo. Il ne lui reste plus que 114 hommes et il est le seul Européen survivant. Mais il a accumulé d’innombrables informations sur les fleuves et les lacs africains et démontré en particulier l’absence de relation entre le Nil, grand fleuve du nord du continent, et les fleuves du sud.

Conquête du Congo

Dans un article publié par le Daily Telegraph en novembre 1877, Stanley adjure son gouvernement d’occuper le bassin du Congo qu’il vient lui-même d’explorer. Mais Londres dédaigne l’offre.

Qu’à cela ne tienne, le roi des Belges Léopold II, qui vient de créer une  »Association internationale pour l’exploration et la civilisation de l’Afrique centrale », financée sur sa cassette personnelle, reçoit l’aventurier le 10 juin 1878 à Bruxelles.

Séduit par son bagout, peu regardant sur ses méthodes, il lui confie la mission d’explorer le bassin du Congo et de construire une voie ferrée de façon à franchir les chutes qui barrent l’embouchure du fleuve (le Stanley Pool) et permettre l’exploitation commerciale des ressources naturelles de la région.

John Rowlands (Henry Morton Stanley) (Dinbych, Pays de Galles, 28 janvier 1841 - Londres, 10 mai 1904)Assisté de plusieurs mercenaires européens et de  »supplétifs  »’africains, Stanley remonte cette fois le fleuve Congo depuis son embouchure. N’hésitant pas à faire usage de ses armes, il obtient la soumission des chefs locaux…

Massacres et pillages sont à inscrire au passif de l’explorateur, lequel ne se prive pas de tirer les Noirs comme des lapins, à moins que, homosexuel refoulé, il ne s’en serve comme jouets sexuels.!!!!

Mais il renonce à s’emparer de la rive droite du Congo revendiquée au nom de la France par Savorgnan de Brazza  et défendue avec détermination par Malamine, un sergent sénégalais au service de ce dernier.

Avant de prendre sa retraite, Stanley part encore au secours d’Emin Pacha

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Emin Pacha

, un aventurier allemand converti à l’islam et parti explorer la région des lacs africains.

Rentré à Londres, Stanley reprend la nationalité britannique. Homosexuel, il se marie sur le tard sans d’ailleurs réussir à honorer sa malheureuse épouse. Il est élu à la Chambre des Communes et anobli.