C’était il y a environ ….


…….40 ans :

La France abolit la peine de mort :

Le 18 septembre 1981, à Paris, l’Assemblée nationale vote la loi d’abolition de la peine de mort présentée par le garde des Sceaux, Robert Badinter

Badinter

, 53 ans. 369 députés votent en sa faveur et 113 s’y opposent. C’est la principale mesure qui reste des deux septennats du président François Mitterrand et celle qu ‘on a coutume de citer quand on évoque son bilan.

Cette initiative met la France au diapason des autres pays d’Europe occidentale. Elle est l‘aboutissement d’un débat qui a agité les cercles intellectuels et politiques d’Occident pendant trois siècles. Il n’empêche qu’en ce début du XXIe siècle, la peine de mort demeure en application dans les États qui rassemblent près des deux tiers de l’humanité...

Jusqu’au XVIIIe siècle, dans tous les pays du monde, les délinquants et criminels étaient sanctionnés soit par une amende, soit par une peine infamante (bannissement, fers, carcan ou pilori), soit par une mutilation, soit enfin par la peine de mort, avec des variantes innombrables : décapitation, strangulation ou empoisonnement à la ciguë (Athènes), décapitation ou lapidation (Hébreux), décapitation, précipitation, pendaison, crucifiement (Rome). L’incarcération était réservée aux prévenus en attente de jugement.

La France de l’Ancien Régime est au diapason de ces antiques exemples : décapitation (noblesse), pendaison, roue ou encore écartèlement (régicide). Mais la Révolution arrive et au nom de l’article 1 de la  » Déclaration des droits des droits des Hommes et du Citoyen  »(  » tous les citoyens sont égaux…  » ), elle généralise l’emploi de la machine du  » bon » docteur Guillotin

 :  » Tout condamné à mort aura la tête tranchée  » .

On peut dire que l’Angleterre l’a devancée dans la voie de l’égalité en généralisant la pendaison et en l’étendant à une multitude de délits, y compris de simples larcins ! Les exécutions sont publiques car on y voit une manière de dissuader les criminels potentiels. Elles ressemblent par leur succès populaire aux jeux du cirque antiques.

Mais dès la fin du XVIIIe siècle, la peine de mort fait l’objet d’une contestation courageuse. Elle vient d’un jeune marquis italien, admirateur de Montesquieu : Cesare Beccaria

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Beccaria
C. Beccaria

.

Dans un opuscule  » publié sous le manteau  » en 1764,  »Des délits et des peines  » , il écrit :  » L’État n’a pas le droit d’enlever la vie. La peine de mort est une survivance de rigueurs antiques et un anachronisme dans une société policée. Elle n’est pas seulement inutile parce que sa valeur d’exemple est nulle, elle est aussi nuisible  ». Sa protestation est relayée par Voltaire et même par Robespierre qui changera assez vite d’avis sous la pression des événements).

La Révolution française accomplit un pas décisif vers la modulation des peines en introduisant la  prison. Inspiré de Beccaria, le code pénal adopté par l’assemblée législative  le 6 octobre 1791 prévoit donc des peines la prison avec une durée variable selon le délit ou le crime. Il va dès lors devenir possible de réserver la peine capitale aux crimes les plus graves.

En France, après la chute de l’Empire, des conservateurs éclairés par la foi chrétienne relancent le combat en faveur de l’abolition de la peine de mort. C’est le cas du journaliste et homme politique protestant François Guizot

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Guizot ?
F.Guizot

, qui échoue de peu à faire voter une loi dans ce sens.

La peine de mort fait de la résistance :

En France, après la vaine tentative de Guizot, le républicain Jules Simon tente une nouvelle fois en 1870 de faire passer l’abolition. Au tournant du siècle, les présidents de la République Emile Loubet  (1898-1906) et Armand Fallières  (1906-1913) utilisent systématiquement leur droit de grâce, en résistant avec courage à la pression de l’opinion publique.

En 1939, le gouvernement interdit les exécutions publiques. Celles-ci auront désormais lieu dans la cour des prisons. Mais, pendant l’Occupation, on ne rechignera plus à exécuter des femmes, ce qui n’était plus arrivé depuis 1906… Et à la Libération, la peine de mort n’est plus limitée à des crimes de sang mais étendue à des vols à main armée.

La guillotine revient en force pendant la guerre d’Algérie . Cela dit, en 1970, année sans exécution, le sombre rituel paraît voué à tomber en désuétude. Mais l’exécution de Buffet et de son complice Bontemps, le 28 avril 1972, anéantit les espoirs des abolitionnistes.

Le 10 mars 1976, une nouvelle condamnation envoie à l’échafaud Christian Ranucci, un jeune homme de 20 ans accusé du meurtre d’un enfant. Christian Ranucci se voit refuser sa grâce par le président V. Giscard d’Estaing , dont l’esprit d’ouverture se heurte à la pression croissante de la fraction conservatrice de son camp. Du coup, son rival socialiste François Mitterrand va faire de ce thème de l’abolition le marqueur de sa campagne de 1981 et même de son double septennat.

Image : = La peine de mort dans le monde en 2018

La peine de mort dans le monde en 2018 (Herodote.net)
Les régions où la peine de mort de mort n’es plus appliquées sont en blanc ….

Pfffff : ! NUL ce billet , même pas réussi à mettre les images de certains personnages !!