Baisers et poignées de mains prohibés…

Déjà à l’époque : Crainte du COVID ? lol

  Au début du XXe siècle, le journaliste Jean Frollo vitupère contre la nouvelle croisade d’hygiénistes qui, promettant de nombreuses maladies à ceux qui font usage du baiser et de la poignée de main, avancent d’irréfutables expériences scientifiques à l’appui nous ôtant en réalité toute raison de vivre…

    Nous n’en aurons jamais fini avec les hygiénistes, écrit notre chroniqueur. Ils nous ont privés de vin à cause de l’artériosclérose, de lait à cause de la tuberculose. Ils ont songé à nous priver d’eau à cause de l’appendicite et de la fièvre typhoïde. Aujourd’hui, ils reprennent une campagne commencée il y a quelques années contre le baiser.

    Donc, après nous avoir enlevé presque toutes les joies de la table, ils entendent nous refuser celles du cœur. Il ne faut plus s’embrasser. Il ne faut même plus baiser une jolie main. Il faut vivre seul, dans la peur du microbe et, comme disait le poète, perdre, pour vivre, les raisons de vivre. Je doute du succès de cette nouvelle croisade.

Le baiser. Chromolithographie de 1909

Le baiser  (  Chromolithographie de 1909 )

     Un journal américain vient d’ouvrir une enquête sur la question. On y relève des perles de ce genre. Deux personnes, en s’embrassant, risquent de se communiquer les germes de nombreuses maladies et partout où l’on s’embrasse trop les risques d’épidémies augmentent. Pourquoi ? Un article déjà ancien de la North American Review, retrouve parmi des curiosités d’autrefois  nous l’apprend…..

   La conclusion de cet article est formelle :   » Si une femme pouvait voir avec un microscope tous les germes mortels qui sont accumulés dans la moustache d’un homme, jamais elle ne se laisserait embrasser par lui.   » Une expérience scientifique a démontré ce péril. Voici comment :

   » Vous prenez une jeune fille, dont vous stérilisez avec soin les lèvres !, vous lui amenez un monsieur imberbe, qui vient de se promener par la ville partout où l’on peut rencontrer des microbes ; vous invitez le monsieur à embrasser la jeune fille, puis, avec une brosse non moins stérilisée que les lèvres de tout à l’heure, vous recueillez sur ces lèvres ce que j’appelle à regret le résidu du baiser. Le tout est placé dans un tube aseptique et envoyé à l’analyse. »

    Vous reprenez la même jeune fille. Nouvelle stérilisation aussi consciencieuse que la précédente, vous lui amenez un second monsieur, mais celui-ci n’est pas imberbe. Il porte une moustache  »bien française  », crânement retroussée et doucement caressante, un second baiser et une seconde cueillette de microbes. Encore un tube de verre, avec envoi à l’analyse.

      Or, savez-vous quel est le résultat de ces deux analyses ?

    Le monsieur sans moustache a donné un baiser à peu près inoffensif ; le monsieur à moustache, au contraire, a répandu sur les lèvres de la jeune personne une profusion de microbes, savoir microbes de la tuberculose, de la diphtérie, germes de putréfaction, même un certain duvet spécial provenant de la patte d’une araignée !

     Il est donc scientifiquement établi que le baiser est chose dangereuse. A la rigueur, on peut se permettre cette imprudence, quand on n’a ni barbe ni moustache. En tout autre cas, il est criminel d’embrasser une femme, car on ne sait pas quelles maladies on est exposé à lui communiquer.

    D’ailleurs, le baiser n’est pas seul proscrit. Je me souviens d’un congrès, vieux de cinq ans environ, où il fut savamment expliqué que la poignée de main est presque aussi dangereuse. Car, après la bouche, la main est, paraît-il, la partie du corps la plus riche en microbes. Il y a, dit-on, 25 000 microbes sur le bras et 80 000 dans la main. Cela tient aux sillons, aux   » lignes   »  où se lit l’avenir et où s’embusque aussi le germe nocif.

   Les poignées de main sont particulièrement redoutables de la part de certaines personnes. Les plus malsaines sont celles des changeurs, qui manient toute la journée des pièces de monnaie qui ont beaucoup circulé. Puis viennent, par ordre de nocuité, les médecins, les coiffeurs, les bouchers et les charcutiers.

   Pour éviter ce risque, que faire ? Ne plus se serrer la main évidemment. Mais ne plus embrasser les femmes et ne plus serrer la main aux hommes, c’est, en vérité, trop peu, surtout pour ceux d’entre les Français à qui ces deux gestes sont également habituels. Faudra-t-il adopter le salut oriental, porter la main sur le cœur, sur les lèvres et sur le front ? Ou encore le salut militaire ?

     Edouard VII

Edouard 7

avait, d’ordinaire, la main droite seule gantée. Comme il était fort élégant et lançait les modes, on adopta cet usage, comme on avait adopté celui du pantalon relevé. Le roi en souriait et expliquait de la meilleure grâce du monde les raisons qui l’avaient décidé à garder la main droite seule gantée. C’est, disait-il, que c’est la plus exposée au contact des hommes et des choses, celle par conséquent qui demande à être le plus protégée.

   Si l’on songe à tout cela, mieux vaut mourir. C’est l’avis même qu’exprimait un Américain, président d’une ligue contre la tuberculose, en disant :   » Embrasser présente peut-être quelque danger. Mais celui qui n’ose courir quelques risques pour déposer un baiser sur de jolies lèvres n’est pas digne du nom d’homme.   »Voilà qui est parler, et cet hygiéniste fait honneur aux femmes de son entourage.

    Ne laissons pas, en effet, l’hygiène devenir persécutrice et défendons le droit au baiser. Il y a des pays où on le proscrit comme immoral. Il y en a d’autres ( à New-York par exemple ) où des règlements de police en limitent la durée.!! On y lit, en effet :   » Tout baiser d’une durée plus longue qu’une minute est immoral et, en conséquence, les agents ont le devoir et le droit de l’interrompre.  »

    Ne troublons pas les adeptes du baiser par la crainte du microbe s’ajoutant à celle du policeman. Car, à toujours tout redouter, on finit par ne se plaire à rien et si l’hygiène rend la vie impossible, mieux vaut sacrifier la première que la seconde.!!!!

5 réflexions sur “Baisers et poignées de mains prohibés…

  1. Le saviez-vous ? Il y a 40 ans, le record du monde du baiser le plus long était battu en Gironde !
    DANS LE RETRO – 17 h 25 min 15 s. C’est long. Le 15 juin 1981, quatre couples bataillaient dans une salle surchauffée de Haute Gironde pour prétendre au titre du baiser le plus long du monde. « Sud Ouest » republie ce reportage embarqué.
    Le village du Blayais avait eu la drôle d’idée de lancer le championnat du monde du baiser le plus long . Un couple avait surpris tout le monde en réalisant l’exploit de tenir 17 heures et 25 minutes et 15 secondes, obligeant le comité des fêtes à jouer les prolongations et tenir une nuit blanche avec un bal animé par Yves Gérald.

    Un baiser sulfureux
    L’heureux couple avait gagné un voyage en Tunisie, mais en découvrant l’affaire dans la presse, RTL et France Inter étaient sur le coup, l’épouse légitime avait fini par apprendre que son mari l’avait trompée avec une jeune femme ce soir-là. Elle avait demandé le divorce sur le champ.

    Record du monde battu à Fours : le baiser le plus long, 17 h 25 mn 15 s, en juin 1981.
    Record du monde battu à Fours : le baiser le plus long, 17 h 25 mn 15 s, en juin 1981.
    Archives Sud Ouest / photo Jean-Louis Duzert
    > Retrouvez nos archives sur les concours du baiser le plus long dans notre moteur de recherche

    Nous republions l’article paru dans nos colonnes à l’époque. Avec la précision suivante : le record a été très largement battu depuis. Il est détenu par un couple de Thaïlandais qui s’est embrassé 58 heures 35 minutes et 58 secondes en 2013 à Pattaya en Thaïlande.

    Record du monde battu à Fours : le baiser le plus long (17 h 25 mn 15 s)
    16 juin 1981.
    16 juin 1981.
    Archives Sud Ouest
    « Ils étaient quatre couples, au cours de la nuit de samedi à dimanche, à concourir, à Fours, près de Blaye, pour le baiser le plus long, dans la salle des fêtes surchauffée. Le top départ leur était donné par Jean-Claude Marchais, grand prêtre de cette organisation originale comptant pour le championnat de France de la spécialité.

    Michel Gagnier, d’Eyrans et Brigitte Tubo, de Blaye; Gérard Chniez et Martine Petit, de Blaye; Serge Carreau et Josiane Delpeche, de Bordeaux; Bernard et Claudine Catillon, de Valenciennes, en résidence à Saint-Paul-de-Blaye, allaient alors s’affronter.

    Il était 1 h 48; au fil des heures, la sono, qui éclatait littéralement, poussait les concurrents à toutes les audaces, mais, à 4 h 17, le premier couple, transpirant au possible, jetait le gant et, à 6 h 13, c’était au tour du deuxième couple d’abandonner.

    Marathon du baiser
    Il ne restait alors dans la salle que les responsables de l’organisation, les animateurs du podium, le jury, les journalistes et les quatre derniers concurrents.

    La compétition, authentique de vérité, allait se poursuivre aussi bien assis que debout. Immobile ou agitée. A midi, quoique faiblissante, l’ardeur des couples n’en continuait pas moins à surprendre les visiteurs et, l’après-midi, alors que la chaleur à nouveau battait le record au thermomètre, les concurrents poursuivaient avec une rare volonté Ie marathon du baiser qui devait se poursuivre, sans discontinuer, jusqu’à 19 heures, pour Serge Carreau et Josiane Delpèche qui avaient tenu un baiser d’une durée de 17 h 24 mn, avant de reprendre leur souffle, un souffle littéralement épuisé.

    Les vainqueurs, M. et Mme Bernard Catillon, avec un baiser de 17 h 25 mn 15 s s’arrêtaient à leur tour, tout en devenant les champions de France du baiser le plus long, ce qui devait leur valoir en récompense de la part des organisateurs un double voyage au Maroc.

    Pour M. et Mme Catillon, le moment le plus difficile fut de passer le cap du début de l’après-midi, à 14 heures. M. Catillon, monteur-électricien, originaire de Valenciennes, réside à Saint-Paul-de-Blaye depuis un an et demi avec sa femme et leurs quatre enfants. Ils étaient, hier soir, tout sourires, mais littéralement épuisés. On les comprend.

    Signalons que le record du monde du baiser le plus long était jusqu’alors détenu par les Américains avec une durée de 17 h 1 mn. »

    Le plus long baiser du monde a duré…
    Le plus long baiser du monde a duré 58 heures, 35 minutes et 58 secondes. C’est fou, non ?Ce record date de la Saint-Valentin 2013 et a été établi par un couple de Thaïlandais, lors d’un évènement organisé à Pattaya. 3500 dollars et deux bagues en diamant étaient en jeu. Déjà détenteur du titre en 2011, Ekkachai et Laksana Tiranarat ont donc passé deux jours collés par la bouche, distançant les huit autres couples venus tenter l’exploit et battant l’ancien record de 50 heures, détenu par un couple d’hommes. Parmi les règles strictes du concours : ne pas s’asseoir, ne pas dormir et ne jamais se décoller, que ce soit pour boire à la paille ou aller aux toilettes.

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