Je voudrais qu’on le fasse pour moi ….

Dans les colonnes de L’Obs, le comédien et réalisateur Nicolas Bedos affirme qu’il a aidé son père Guy à mourir, car il voulait respecter la volonté de son père qui vivait des derniers instants insupportables.

C’est un témoignage émouvant et éprouvant .Nicolas Bedos  et ses proches ont aidé le comédien à mourir. C’est le sens du récit qu’il livre dans les colonnes de L’Obs, ce mercredi 12 mai.

Officiellement mort à 85 ans des suites de la maladie d’Alzheimer  Guy Bedos

G. Bedos

avait eu droit à d’émouvantes obsèques le 4 juin 2020, à l’église Saint-Germain-des-Prés. Sa fille Victoria -( fruit de son union avec Joëlle Bercot, qui jetait néanmoins un premier trouble sur les circonstances exactes du décès, puisqu’elle affirmait qu’il avait « fait une grève de la faim pour que ça s’arrête, que cette confusion mentale cesse » ). Mais, son frère aîné confesse aujourd’hui une version un peu différente. Il dit avoir avoir cherché des solutions pour aider le célèbre comédien et humoriste à s’en aller. Première tentative, un ami médecin de sa mère lui prescrit à son nom du Rivotril

Rivotril

(j’en prends tous les jours ! ) , afin de couvrir ce qui serait bel et bien une euthanasie . Ce médicament est un antiépileptique « couramment utilisé, dans ces cas-là », explique Nicolas Bedos en se remémorant les explications du médecin. « Et s’il y a une enquête », lui a demandé le comédien. Réponse du médecin :  » Il n’y en aura pas. Croyez-moi. Votre père est en fin de vie, il y a une tolérance tacite. Par contre, pensez bien à vider entièrement le flacon dans sa bouche.  »

« Acheter la mort de l’homme que j’aime le plus au monde »

« Je me revois sur mon scooter, me rendant à la pharmacie pour acheter la mort de l’homme que j’aime le plus au monde », lâche Nicolas Bedos

N. Bedos

. Mais il n’en aura pas besoin. Entre temps, le Docteur T., un ami de son père et un professionnel réputé pour aider les familles qui souhaite aider un proche à partir, a répondu à l’appel que la famille Bedos lui avait passé quelques jours plus tôt. Le praticien se rend au chevet de l’humoriste, l’examine. « La conversation que j’aurai ce jour-là avec lui est la parfaite illustration des limites de la loi actuelle, observe Nicolas Bedos. Elle laisse nos soignants dans un flou d’interprétation qui les plonge eux-mêmes dans des dilemmes éthiques. (…) Il convient parfaitement de l’issue inexorable et  » désagréable  » de la situation, mais aurait  » préféré  » , pour intervenir , que mon père soit dans un état plus somnolent,  » davantage coupé du monde  ».Ils conviennent alors d’une nouvelle visite le lendemain. Ce sera le jour des adieux.

La dernière nuit :

Nicolas Bedos se souvient des derniers moments passés avec son père : « La nuit suivante sera la dernière. Longue. Bouleversante. Le lendemain, le flacon est plein. Mon père n’en a pas eu besoin pour offrir à son médecin l’état somnolent apparemment nécessaire à une intervention ( qui eut lieu vers 17 heures ) . » Une fin qui le mène a dressé un constat cruel : « Il aura donc fallu qu’il baisse entièrement le rideau et ne pèse plus que quelques kilos pour que la société daigne choisir  » le jour et l’heure  ». » Guy Bedos et son fils avaient souvent discuté d’une fin assistée entre eux.  » Epicuriens assumés  » , ils s’étaient jurés ne pas vouloir se voir dépérir. Nicolas Bedos confie encore à L’Obs : « Il y a des pères qui partagent la passion du football ou de la guitare avec leur fils, mon père et moi avons toujours eu en commun une relation étroite avec  »l’envie de débrancher la machine  », faisant de cette idée une sorte de compagne presque réconfortante en cas de désespoir, de déroute affective ou intellectuelle ».