» Ecocide  »….


C’est en 1970 qu’a été prononcé le terme d’écocide, alors que l’utilisation d’un herbicide très toxique par l’armée américaine au Vietnam est contestée, le terme d’écocide, qui caractérise des atteintes délibérées ( voulues ) à l’environnement, a fait du chemin. Jusqu’à se retrouver aux portes de la loi française

Bien qu’il ne soit pas inscrit dans la loi, le mot » écocide » s’est déjà imposé dans le vocabulaire militant. Le terme « écocide », que les membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) espèrent voir graver dans le texte de loi qui sera présenté en Conseil des ministres le 11 février, fait débat depuis un demi-siècle. Députés, juristes, militants, médias… A l’aune des enjeux environnementaux qui se présentent à notre planète, ce mot, objet de toutes les interprétations, alimente espoirs et fantasmes.

De quoi parle-t-on exactement, lorsque l’on parle d’écocide ? 

Pour comprendre ce concept aujourd’hui popularisé, il faut s’ intéresser à son origine ,rechercher le premier écocide identifié comme tel : L’utilisation par l’armée américaine, pendant la guerre du Vietnam, de l’ « agent orange », un puissant herbicide. Les conséquences  marquent encore aujourd’hui le pays et sa population. Il en sera question lors du procès qui s’est ouvert, ce lundi 25 janvier au tribunal judiciaire d’Evry,  après le dépôt de plainte de Tran To Nga

, une victime franco-vietnamienne, contre 26 fabricants de ces produits phytosanitaires. Ce drame environnemental et humain a permis l’émergence du terme « écocide », une nouvelle arme sémantique dans l’arsenal des défenseurs de la planète plus de cinquante ans après.

80 millions de tonnes de pesticides sur le Vietnam

Lors de la guerre du Vietnam , le principal problème pour les américains est : Comment déloger « l’ennemi » ? Comment percer la végétation dense qui recouvre le sud du Vietnam et permettre à l’aviation américaine de bombarder les combattants du Viêt-Cong qui s’y abritent ? Dès le début de son intervention militaire, en 1955, l’armée américaine se heurte à la forêt, aux champs et mangroves, alliés naturels des locaux. Pour en venir à bout, elle trouve sa réponse à domicile, dans ses propres terres agricoles.

« Aux Etats-Unis, on utilise des pesticides de façon industrielle dans l’agriculture intensive depuis la fin du XIXe siècle, explique Valérie Chansigaud

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, historienne des sciences et de l’environnement. La Seconde Guerre mondiale favorise la diffusion de nouvelles familles d’insecticides, comme les DDT et DDTP. » L’industrie chimique américaine ( qui compte déjà dans ses rangs le géant Monsanto ) développe alors un puissant défoliant : l' »agent orange », particulièrement dangereux à cause de sa teneur en dioxine, une substance très toxique.

Dès 1961, les avions larguent leurs  » traînées blanches  » sur le sud du pays. En dix ans, on estime que 80 millions de litres de produits chimiques ont été déversés sur le Vietnam, ainsi que sur les zones frontalières avec le Cambodge et le Laos. Plus de 20% de la superficie du sud du pays a été touchée. Les retombées recouvrent des milliers de villages. La végétation meurt, laissant les populations sans moyens de subsistance et exposées à des taux de dioxine dévastateurs, à l’origine notamment de cancers et de malformations

Un avion de l'armée américaine arrose une forêt vietnamienne d'un herbicide puissant, l'"agent orange", le 3 mars 1967.  (AFP / UPI)
Un avion de l’armée américaine arrose une forêt vietnamienne d’un herbicide puissant, l' »agent orange », le 3 mars 1967.  

A l’époque, les dangers de ces substances pour la santé humaine défraient la chronique. « Dès 1963, la biologiste américaine Rachel Carson

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fait état dans son livre  »Printemps silencieux » de toutes les études réalisées depuis 1945 sur les dangers du DDT, DDTP et autres pesticides », souligne Valérie Chansigaud. « C’est un moment charnière où l’on commence à dénoncer ces produits », pointe-t-elle. Les biologistes du monde entier observent, médusés, le déroulement de l’opération Ranch Hand, qui consiste à épandre six herbicides pour détruire la jungle vietnamienne. 

Les biologistes popularisent le concept

Parmi ces biologistes , figure Arthur Galston

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, éminent professeur de biologie à l’université américaine de Yale (Connecticut). Jeune biologiste pendant la Seconde Guerre mondiale, il a lui-même aidé à développer les substances que l’on retrouve dans l' »agent orange », explique David Zierler

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( photos : Pas sur que c’est ce monsieur )

, historien américain  »

A l’époque, l’ambition est de nourrir une population mondiale qui ne cesse d’augmenter. En 1945, Galston pensait avoir créer une belle technologie qui sauverait des millions de personnes de la famine », explique le spécialiste. « Quand il a découvert que l’armée utilisait cette invention au Vietnam pour tuer des gens, l’idée même que la technologie qu’il a développée pour l’agriculture ( avec de bonnes intentions ) était appliquée à la guerre l’a mis personnellement  » très en colère  ».  » 

Bert Pfeiffer à l’université américaine du Montana, Matthew Meselson à Harvard (Massachusetts)… Sur les campus, les pontes de la biologie sont aux premiers rangs de la contestation contre la guerre du Vietnam, explique l’historien. Mais avec leurs connaissances, c’est plus précisément contre l’utilisation des armes chimiques qu’ils vont se mobiliser. 

« Ils étaient choqués par la guerre du Vietnam en général, mais plus encore par ce que faisait l’armée américaine de l’agent orange ». Ils ont donné l’alerte dès 1964 et les autorités leur ont assuré :  » Ne vous en faites pas, c’est sans danger pour la population. » !! Ce à quoi ils répondaient :  »Mais enfin, vous ne savez pas de quoi vous parlez ! », poursuit David Zierler

« Jeter des millions de litres d’herbicide sur le Vietnam avec des concentrations bien supérieures à ce que l’on utilise pour l’agriculture… Personne ne savait ce que cela pouvait causer comme dommage. « David Zierler, historien à France info….

Mais comment alerter le grand public et surtout, les autorités américaines ? Comment décrire une situation inédite ? A l’occasion d’une conférence scientifique à Washington en février 1970, Arthur Galston prononce alors un mot qui marque les esprits : pour stopper l’opération  »Ranch Hand  », il propose de passer par la loi et suggère « un nouvel accord international pour interdire l’écocide ». Ce qu’il définit alors simplement comme « la destruction délibérée de l’environnement », telle qu’elle est pratiquée au Vietnam par les Etats-Unis.

En effet , aucun texte ne permet alors de contraindre les Américains à arrêter l’usage de ces pesticides sur le peuple vietnamien, pas même le protocole de Genève qui, en 1925, a interdit l’usage des armes chimiques, après les horreurs liées à l’usage du gaz sarin et du gaz moutarde dans les tranchées de la Première Guerre mondiale. 

« Est-ce que nos armes conçues pour tuer les plantes comptent au même titre que le gaz moutarde et le chlore ?, relève David Zierler. A cela, Arthur Galston répondait :  »C’est cela qu’on appelle écocide  ». Elles ont peut-être été conçues pour tuer des plantes, mais en désignant leur action comme un écocide, on met en lumière le fait que vous ne pouvez pas juste tuer les plantes et prétendre qu’il n’y aura pas de conséquences sur les humains. » 

Les biologistes Arthur Galston (au centre), Arthur Westing (à droite) et Everett Mendsoln (à gauche), lors d'une conférence sur la guerre du Vietnam, le 28 décembre 1972.  (CHARLES GORRY / AP)
Les biologistes Arthur Galston (au centre), Arthur Westing (à droite) et Everett Mendsoln (à gauche), lors d’une conférence sur la guerre du Vietnam, le 28 décembre 1972.  

La question d’un terme nouveau pour décrire la spécificité des atrocités commises au Vietnam agite les universitaires dès le milieu des années 1960. A l’époque, tout le monde a en tête les travaux de Raphael Lemkin

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R.Lemkin

, le juriste américain à l’origine du terme « génocide », reconnue par L’O.N.U en 1948 . Les milieux intellectuels et scientifiques français, proches de leurs pairs vietnamiens, en débattent activement. « Ce qui fait polémique en France ( dans le sens scientifique du terme ) parmi les intellectuels qui s’opposent à la guerre du Vietnam, c’est avant tout de savoir si l’armée américaine est en train de commettre un génocide », explique l’historien Pierre Journoud

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, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paul-Valéry Montpellier 3 et spécialiste de l’Asie.

Pendant qu’Arthur Galston met en avant ; l’écocide outre-Atlantique, eux s’accordent à reconnaître, au cours d’une conférence sur les armes chimiques organisées à Orsay en 1970 , « que l’on se trouve en face d’un génocide doublé d’un biocide« . L’idée étant de faire émerger un terme « qui puisse justement se distinguer de génocide, car tous voient bien que ce qu’il se passe au Vietnam est d’un tout autre ordre, qu’il s’agit de quelque chose de nouveau », poursuit Pierre Journoud.

Inscrit dans le Code pénal d’une dizaine de pays 

Quand les Etats-Unis mettent fin aux attaques chimiques sur le Vietnam, en 1971 , ( = quatre ans avant la fin de la guerre ), la reconnaissance de l’écocide devient le combat des juristes et environnementalistes. L’année suivante, Olof Palme

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O.Palme ?

, Premier ministre suédois, reprend le mot à la conférence de Stockholm. Mais, si le débat sur l’écocide ressurgit sans cesse, jamais le mot ne parvient à s’imposer. « Constatant cet écueil dans le droit international, le Vietnam sera finalement le premier pays à décider de créer ce crime nouveau dans son propre Code pénal, en 1998« , 

Le Vietnam devient ainsi le premier pays à reconnaître juridiquement ce crime commis sur son sol. « Il ne le nomme pas écocide ». « L’article 342 de son Code pénal décrit le  »fait pour toute personne en temps de paix ou en temps de guerre, de massacrer massivement des habitants d’une région, de détruire des ressources d’existence, et la vie culturelle et spirituelle d’une nation, de bouleverser les bases d’une société en vue de la détruire ou de commettre tout autre acte de génocide ou de destruction de la vie des êtres vivants ou du milieu naturel' ».  Surtout, « il qualifie l’écocide vietnamien de guerre contre une terre et des non-nés », explique Valérie Cabanes.

« Une terre désigne un environnement qui est en même temps un habitat. Et les non-nés, ce sont les générations futures. Or, ces deux sujets ne sont d’ordinaire pas des sujets de droit. On ne peut pas aller en justice pour les défendre aujourd’hui.  » (Valérie Cabanes )

Dans la foulée du Vietnam, huit autres Etats issus de l’ex-URSS, dont la Russie et l’Ukraine, ont inscrit leur version du « crime d’écocide » dans leur Code pénal. En 2010, la juriste britannique Polly Higgins a, à son tour, proposé à l’ONU que l’écocide constitue un crime contre la paix et demandé à la communauté internationale de légiférer en ce sens. Ailleurs, des juges ont reconnu des écocides, comme au Brésil, en Equateur ou au Guatemala. La Belgique débat actuellement de l’opportunité de se doter d’un tel concept. Alors que la France a, elle, décidé de privilégier la notion de « délit » environnemental à celle de « crime » dans son futur texte de loi. La menace a changé, explique Valérie Cabanes, qui pointe aujourd’hui non pas la force militaire, mais le poids des industriels. « Il devient nécessaire de réaffirmer la suprématie des droits humains sur le droit commercial, d’une part, mais aussi de reconnaître que nos droits fondamentaux sont conditionnés par le respect de normes supérieures définies par des lois biologiques », ( V.Cabanes )……..

Obtenir réparation, avec ou sans écocide

A moins d’être rétroactifs, ces textes de loi qui reconnaissent l’aspect délictuel ou criminel des écocides ne changeront rien pour les victimes de l’ « agent orange », qui continuent de se battre dans l’espoir de faire reconnaître par la justice la responsabilité du gouvernement américain et des fabricants. S’appuyant sur les lois déjà existantes, des vétérans de l’armée américaine ont réussi à contraindre, en 1984, ces groupes de l’industrie chimique à les dédommager pour les conséquences graves de l' »agent orange » sur leur santé.

Des victimes vietnamiennes de l'"agent orange" devant un tribunal de New York, aux Etats-Unis, à l'occasion d'une audience, le 18 juin 2007.  (STAN HONDA / AFP)
(Des victimes vietnamiennes de l' »agent orange » devant un tribunal de New York, aux Etats-Unis, à l’occasion d’une audience, le 18 juin 2007.  )

En revanche, les victimes vietnamiennes n’ont jamais obtenu gain de cause. En 2009, la Cour suprême des Etats-Unis a ainsi débouté de leurs plaintes une association les représentant contre les 37 entreprises ayant fabriqué le défoliant. La justice américaine a estimé « que ‘l’agent orange’ n’était pas un poison au regard du droit international », rappelle Valérie Cabanes. 

Si la France n’est pas encore dotée d’un texte pénalisant l’écocide, une décision en faveur de Tran To Nga créerait un précédent pour des centaines de milliers d’autres victimes potentielles. Le tribunal d’Evry pourrait être le premier à reconnaître la responsabilité des fabricants dans la dispersion de l’ « agent orange ». Une porte ouverte pour, peut-être, commencer à réparer les dommages multiples causés par l’écocide originel, plus d’un demi-siècle après

Un homme heureux …..


C’est un heureux homme, il vit dans son petit monde avec une belle maison, une superbe voiture un enfant unique beaucoup trop gâté et une femme qui passe son temps à se faire refaire quelque chose. Tout ce qui l’intéresse ce sont les cours de la bourse, car il possède beaucoup d’actions….La misère du monde il ne là voit pas, la famille qui s’est fait expulser en face de chez lui ne lui a même pas fait froncer un sourcil, le chômage qui augmente tous les jours, il s’en moque royalement, aux collectes alimentaires il ne donne jamais rien….Le monde pourrait s’écrouler autour de lui, cela lui serait bien égal du moment qu’il ait toujours son petit confort, il dormira tranquille sur ses deux oreilles….

 » Pris  » avec sa permission ( j’espère ) chez Suzanne 25

la rivière arc-en-ciel de Colombie…


Caño Cristales, le ruisseau des cristaux, est une rivière arc-en-ciel de Colombie communément appelée la rivière aux cinq couleurs

De septembre à novembre, cet affluent du Río Guayabero se pare de délicieuses couleurs données par les plantes Macarenia clavigera qui tapissent son lit.

Du vert, du jaune, du rouge écarlate et parfois une teinte de noir ou de bleu.

Si le reste de l’année, la rivière est plutôt vert classique, durant deux mois c’est une explosion de couleur qui lui donne la réputation d’être la plus belle rivière au monde et lui font intégrer cette liste de 30 endroits incroyables qui semblent être d’une autre planète.

En plus, l’endroit regorge de belles piscines naturelles et de cascades, un vrai paradis pour touristes et baigneurs (même si la baignade est très réglementée).

Situé dans le parc national Serrania de la Macarena à proximité de la forêt amazonienne, des visites guidées sont organisées à partir de la ville de La Macarena afin de protéger cet écosystème fragile.

Après ces différentes montagnes arc-en-ciel dans le monde, voici quelques images d’une rivière arc-en-ciel, Caño Cristales en Colombie:

Résultat d’images pour rivière de cristal
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Etc…….