Le klaxon …….


D’où vient le mot  » klaxon  » ?

( Ce billet sans grand intérêt car ,perdu dans mes pensées  » noires  » , tout à l’heure , en traversant la route ( hors des passages cloutés …) , une auto est arrivée et le chauffeur a donné plusieurs cout de klaxon , pour  » m’enguirlander  »

Klaxon à pied !!

Au XIXe siècle, les premières automobiles à vapeur circulent en Grande-Bretagne. Par crainte des accidents, le Parlement britannique vote le  » Locomotiv Act  » en 1865. A côté de chaque véhicule la loi impose… un homme à pied ! La mission de ce  » Klaxon humain  » : tenir un drapeau rouge et souffler dans une corne pour prévenir les passants. Cette obligation dure jusqu’à la fin du XIXe siècle. Plus tard, on décide d’intégrer les avertisseurs sonores au véhicule . Corne, cloche, carillon ou sifflet : les constructeurs se creusent la tête pour trouver un son suffisamment puissant.

En 1911, un ingénieur américain imagine le premier système électrique qui alimente un diaphragme en métal relié à une corne qui amplifie le son. Mais comment appeler cette invention ? S’inspirant du grec ancien klazo, qui signifie hurler, il le nomme  » Klaxon  ».

J’essaie de m’en passer depuis….


……depuis une dizaine de jours ….alors : j’ai voulu en savoir plus …Plus sur quoi ? Sur le tabac :

En à peine quelques siècles, cette plante a réussi à imposer ces volutes sur toute la planète, faisant la joie des producteurs et le désespoir des médecins.

Déchirons les écrans de fumée ……

……. pour voir comment l’Humanité a pu s’imposer si vite un tel fléau .

Tout a commencé le 28 octobre 1492 : Ce jour là , un dénommé Rodrigo de Jerez était en train de s’acharner dans l’île de Cuba à rechercher ce qui pourrait ressembler aux Indes, lorsqu’il croisa un membre de la peuplade des Taïnos occupé à transformer quelques feuilles en fumée.

Intéressé , l’explorateur en rapporta à son chef, ( qui n’était autre que Christophe Colomb ) , qui à son tour apprécia cette   » herbe aux feuilles charnues, douces et veloutées au toucher  » , il trouva vite normal aussi que les indigènes se promènent avec  » à la main un tison d’herbes pour prendre leurs fumigations ainsi qu’ils en ont coutume   » et nota le tout dans son journal de bord  

IIndien présentant le tabac à Christophe Colomb, publicité, 1866, Washington, Librairie du Congrès. L'agrandissement montre une illustration extraite de l'ouvrage d'André Thévet, Les Singularités de la France antarctique, 1568.
Image du net : Indien présentant une plante ( tabac ? ) à C .Colomb .

Malgré les mésaventures de Jerez, emprisonné à son retour en Espagne par l’Inquisition qui comprenait mal comment de la fumée pouvait lui sortir des narines, les aventuriers qui se succédaient dans les nouvelles terres adoptèrent vite la pratique du tabacos, mot dérivé de la langue caraïbe arawak.

Rapportée en Europe, la plante trompe-la-faim ( je confirme : depuis que je ne fume pas , j’ai souvent faim ! ) se fait ornementale dans les jardins .

Le voyageur, spécialiste de ce qu’on nommait alors  » France antarctique  » ( aujourd’hui , le Brésil ) , aurait bien aimé appeler la belle  » l’angoumoise  » ou  » la panacée antarctique  » mais c’était sans compter la rapidité et les relations d’un autre Français, Jean Nicot.

Le dominicain Bartolomé de Las Casas, dont le père a accompagné Colomb lors de son second voyage, décrit une  » étrange coutume  »…:
 » Nos amis trouvèrent sur leur route beaucoup de gens, hommes et femmes, qui traversaient les villages, les hommes ayant toujours un tison à la main et certaines herbes pour se régaler de leur parfum. Il s’agit d’herbes sèches enveloppées dans une certaine feuille, sèche aussi, en forme de ces pétards (mosquete) (  » pétards déjà ?? !) en papier comme ceux que font les garçons à la Pentecôte. Allumés par un bout, par l’autre ils le sucent ou l’aspirent ou reçoivent avec leur respiration, vers l’intérieur, cette fumée dont ils s’endorment la chair et s’enivrent presque. Ainsi, ils disent qu’ils ne sentent pas la fatigue. Ces pétards, ou n’importe comment que nous les appelions, ils les nomment tabacs. J’ai connu des Espagnols dans l’île Espagnole qui s’étaient accoutumés à en prendre et qui, après que je les en ai réprimandés, leur disant que c’était un vice, me répondaient qu’il n’était pas en leur pouvoir de cesser d’en prendre. Je ne sais quelle saveur ou quel goût ils y trouvent  » ( Premiers pétards, premières dépendances ? ).

Et Nicot dans tout çà ?

J’ai lu que :

Nicot est entré dans l’Histoire  »la tête basse  » : envoyé au Portugal pour arranger le mariage du roi Sébastien et de la belle Marguerite de Valois, son ambassade est un fiasco.

Il parvint pourtant à entrer dans les bonnes grâces de Catherine de Médicis en lui proposant un remède infaillible contre les migraines dont souffre son fils François. Adepte des pratiques plus ou moins occultes, la souveraine tombe sous le charme de la poudre à priser ou chiquer dont elle va faire une belle promotion, à la cour et au-delà.

Catherine de Médicis et Jean Nicot, illustration du livre de Théodose Burette, La Physionomie du fumeur, 1841, Paris, BnF.
Nicot et la reine ? ( trouvée sur le net )

L’  » herbe catherinaire  » ou  » à la Reine  » ( en référence à C. de Médicis ? )  vaudra à Nicot anoblissement et entrée dans le dictionnaire avec le nom commun de  » nicotiane  ». Les savants ne tarissent pas d’éloge sur la Nicotiana tabacum dont on a découvert les supposées vertus médicinales : gale, phtisie, mal au ventre… rien ne résiste aux potions, pilules et pommades !On alla même jusqu’à prétendre qu’une dose de tabac pouvait ranimer les noyés !

Mais tout le monde n’est pas convaincu, à commencer par le pape  qui craint pour la bonne tenue des offices :  » les personnes des deux sexes, même les prêtres et les clercs, autant les séculiers que les réguliers, oubliant la bienséance qui convient à leur rang, en prennent partout et principalement dans les églises …, ils souillent les linges sacrés de ces humeurs dégoutantes que le tabac provoque, ils infectent nos temples d’une odeur repoussante  »

Le pape est rejoint dans cette contestation par le sultan ottoman  et l’empereur de Chine , deux adeptes de la décapitation pour les fumeurs ! , et par le tsar   qui lui , préfère couper les lèvres. ( Une manière comme une autre de mettre fin au problème )…

Fleur de tabac (Nicotiana tabacum L.) dans l’Herbier de Linné, XVIIIe siècle. L'agrandissement montre une lithographie de Charlotte Elisabeth de Bavière, princesse Palatine à la cour de France au XVIIe siècle, intitulée La Charmante Tabagie, Paris, BnF, Gallica.( Fleur de tabac ? )

Déjà la première campagne  » anti tabac  » !

Portrait de Jacques Ier d'Angleterre, attribué à John de Critz, vers 1606, Londres, Dulwich Picture Gallery. L'agrandissement est un autoportrait de Joos van Craesbeeck, Le Fumeur, 1660, Paris, musée du Louvre.
En 1604 Jacques Ier roi d’Angleterre se lance aussi dans le combat anti-tabac avec un pamphlet intitulé Misocapnos ( » Haine du tabac  », en grec), et il n’y va pas de main morte :
 » Une herbe fétide, répugnante, fumée par des sauvages de certains cantons d’Amérique, est à peine connue que son emploi se répand . Si vous avez encore quelque pudeur, quittez cette folie, rejetez loin de vous cette plante ramassée dans la boue. C’est par ignorance que vous l’avez reçue, c’est par stupidité que vous en avez usé. Si vous ne suivez pas mes conseils, vous attirerez sur vous la vengeance divine, vous nuirez à votre santé, vous ruinerez votre bourse, vous déshonorerez la nation . C’est une chose qui répugne à la vue, d’une odeur insupportable, nuisible à l’intelligence. Pour tout dire enfin, ses noirs tourbillons
de fumée ressemblent aux vapeurs qui s’échappent de l’enfer  »

Prises de bec à répétition :

Tabatière attribuée à Jean-Baptiste Massé avec les portraits de Louis XV et de Marie Leczinska. Elle fut offerte par le roi le 3 février 1726 au baron Cornélis Hop, ambassadeur de Hollande, Paris, musée du Louvre. L'agrandissemet montre une Tabatière diplomatique avec portrait de Louis XV, réalisée en 1727 par Daniel Govaers, Paris, musée du Louvre.
Tabatière de l’époque

Plutôt que de mutiler ( couper les lèvres par ex. ) les sujets de son royaume, Jacques Ier d’Angleterre, que le tabac fait tousser, préfère frapper où ça fait mal : au porte-monnaie: Taxons ! ( Déjà ! Rien n’a changé ? )

Au début du XVIIe siècle est ainsi instaurée une  » petite augmentation  » de 4000 % des droits d’importation qui devait faire réfléchir les plus passionnés. C’était sans compter les débiteurs de tabac qui ne l’entendirent pas de cette oreille et expliquèrent habilement que les finances du royaume avaient tout à gagner d’une taxe plus modérée.

Le principe parvint en France , et on vit Richelieu  » se friser les moustaches  » à l’idée de remplir facilement les caisses du royaume. Colbert alla plus loin puisqu’il mit carrément en place un monopole d’État sur le produit. Rien à faire, la population continua à fumer malgré les mises en garde du corps médical.

Personne n’ écoute Fagon  , premier médecin de Louis XIV . A quoi bon expliquer que le tabac est néfaste sous toutes ses formes , mauvais pour la santé lorsque soi-même comme l’est Fagon , on est adepte de la prise ?

Gravure du corsaire Jean Bart, New York Public Library.D’ailleurs toute l’aristocratie du XVIIe siècle y va de ses  » reniflements nicotiniques  » . Rien de plus chic que de faire voleter ses dentelles pour offrir une prise, tirée d’une délicate tabatière !

Louis XIV déteste, s’énerve, prend ombrage et interdit qu’on fume devant lui, à une exception :  »’ Jean Bart, il n’est permis qu’à vous de fumer chez moi  » (cité dans Le Plutarque français, 1845). Mais la  » passion des honnêtes gens  » (dixit Molière) est aussi celle des petites gens qui préfèrent bien souvent la pratique de la pipe voire de la chique, notamment sur les navires.

Plus proche de nous :

Lithographies représentant un débit de tabac. La première s'intitule Débit de tabac, eau de vie de Coignac, vers 1815, Marseille, MuCEM, Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée.  L'agrandissement présente une image d'd'Épinal, XIXe siècle, Marseille, MuCEM.
Débit de tabac ( plus alcool ) à Marseille vers 1800 ( image du net )

 » J’ai du bon tabac…  »

 » Le tabac a-t-il été fait pour le nez ou le nez pour le tabac ?  » 

Cette question , née parait il , de l’ esprit critique de Voltaire, montre que le XVIIIe siècle n’a pas échappé à l’épidémie: Pas moins de 1 200 débits de tabac tentent alors d’attirer dans leurs filets les promeneurs parisiens.

La production vient alors essentiellement de Virginie, ( parce qu’il y a l’esclavage ) ; la France a préféré interdire en 1719 toute culture et seules la Franche-Comté, l’Alsace et la Flandre peuvent alors faire concurrence à la Compagnie des Indes Orientales.

Les Trois fumeurs, 1789, Paris, BnF.

Le pays se divise alors en deux : d’un côté l’usage tout aristocratique de la prise, toujours très chic, qui permet à Louis XVI d’offrir comme royal présent à Benjamin Franklin une tabatière ornée de diamants. De l’autre, l’habitude  » sans-culotte  » de la pipe qui, suite aux événements de 1789, va écraser sa concurrente à plates coutures en rejetant dans la ringardise l’utilisation de la  » tabatière anatomique  » (espace situé à la racine du pouce).

Les soldats de l’Empire, eux-mêmes issus du peuple, gardent le même amour pour la pipe mais lui sont quelque peu infidèles en faisant un triomphe à la bouffarde, au tuyau plus court. Son nom vient-il vraiment d’un certain Népomucène Bouffardi dont la main, pourtant clairement arrachée du bras, n’avait pas lâché l’objet ? ( Selon une tradition orale des fumeurs de pipe, l’étymologie du mot « bouffarde » ne dériverait pas du mot « bouffée » d’un dénommé Bouffardi, caporal de l’armée napoléonienne, célèbre pour arborer toujours son énorme pipe au campement comme à la guerre. Il mourut à la bataille de Friedland. On ne retrouva de lui que son bras et sa pipe. Celle-ci fut précieusement conservée par la compagnie, qui en fit sa mascotte ) Souvent , on mettait une pipe entre les dents des blessés au moment de l’amputation ; quand la pipe tombait , on disait que le blessé avait  » cassé sa pipe  » ( ce serait l’origine de l’expression , encore utilisée de nos jours ) .

Napoléon lui, pas de bouffarde puisqu’une tentative malheureuse le fâcha à jamais avec la pratique :  » Fumer est un plaisir dont l’habitude n’est bonne qu’à désennuyer les fainéants  » écrivait il .

Mais s’il n’a pas succombé au tabac, Napoléon, en bon stratège, a su s’en servir. En 1811, il en rétablit le monopole, supprimé par l’Assemblée nationale en 1791, puis en 1815, à la fin de la guerre d’Espagne, il ordonne la fabrication de cigares en France. Héritées des Mayas, ces feuilles roulées remplies de tabac avaient rencontré dès le XVIe siècle un grand succès de l’autre côté des Pyrénées, devenant au fil des siècles symbole de raffinement.

Sous Louis Philipe , la bourgeoisie ne peut plus s’en passer ! Mais les moins aisés lui préfèrent la cigarette, d’abord roulée à la main dans du papier avant que la production devienne mécanique en 1830.

En pleine révolution industrielle, c’est le triomphe de la machine ! Même la famille royale succombe puisque lors d’un gala de charité, en 1843, la reine Marie-Amélie en personne en fait la promotion avant que Napoléon III, fumeur invétéré, ne leur donne à son tour leurs lettres de noblesse.

Avec près d’un kilo de tabac consommé par an et par Français, on peut commencer à parler de  » tabacomanie  ». Si les femmes, continuent à priser, les hommes ne lâchent pas leur pipe.

On commence à trouver dans les romans , toutes sortes de fumeurs, de Charles Bovary qui tente, maladroitement, d’adopter les cigares du beau monde, jusqu’au colonel Chabert qui en est réduit à trouver du réconfort dans la compagnie de son brûle-gueule.

Balzac, créateur du vieux bonhomme, remarque dans le roman que  » partout, l’homme est réduit à l’état de cheminée  ». Mais s’il est lui-même grand consommateur d’excitants, il n’adopte pas ces fourneaux miniatures qu’il accuse de détruire le goût. Insupportable, pour ce bon vivant notoire !

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La suite …….demain ou??????? jamais ? ( il y en a encore beaucoup à écrire sur le tabac jusqu’à nos jours alors ?????)