» Les gestes barrières  »….


Qui les a inventés ?

En 1842, la clinique obstétricale de l’hôpital général de Vienne est frappée par la fièvre puerpérale ( La fièvre puerpérale est une maladie infectieuse de la femme, qui survient après un accouchement ou une fausse couche, surtout dans le cas où l’expulsion du placenta n’a pas été complète ). qui décime les femmes qui y sont admises. Le médecin hongrois Ignace Semmelweis

trouve la parade pour enrayer la transmission de la maladie. A l’époque on connaît bien la maladie. Mais sa mortalité est alors si minime parmi les femmes accouchées que personne ne s’en inquiète encore .

Une épidémie qui devient de plus en plus mortelle :

Vers 1832 /33, l’arrivée massive d’étudiants dans l’établissement change la donne. La maternité est divisée en deux sections, l’une tenue par par des sages-femmes, l’autre, par les étudiants. Et la mortalité bondit dans cette dernière unité : La mortalité descend à 2,6% chez les sages-femmes, tandis qu’elle atteint le chiffre effrayant de 9,5% chez les étudiants. En 1842, elle s’y élève à 15,8% et, certains mois le seuil des 30% est franchi. Un vent de panique s’ installe dans la ville. »

L’efficacité du lavage de mains en milieu hospitalier

Comment expliquer une telle différence entre les deux sections ? Nouvelle literie, venue d’un prêtre pour chasser les mauvais esprits, changements de locaux… Tout semble avoir été tenté, et pourtant, la mort plane toujours sur la clinique. C’est le décès de l’un de ses plus proches collègues qui met la puce à l’oreille au médecin Ignace Semmelweis  : le professeur Jakob Kolletschka ….

Jakob Kolletschka

meurt d’une septicémie après une blessure à la main lors d’une autopsie.

Tout devient clair alors pour le professeur qui comprend que la contamination se fait par les cadavres autopsiés par les étudiants qui se rendent ensuite auprès des patientes. De cette conclusion naissent alors les premiers gestes barrière : Il interdit aux étudiants et aux médecins de quitter les salles de dissection sans s’être lavé les mains avec une solution de chlore avant de se rendre au chevet des femmes en travail, de changer de tenue d’un service à l’autre, d’utiliser les instruments de dissection à d’autres fins . La mortalité chute alors pour tomber à seulement 1%. !

lavage des mains avec chlore

Fier de sa réussite, Ignace Semmelweis publie ses recommandations dans des revues scientifiques prestigieuses mais ses confrères ne lui accordent pas la reconnaissance escomptée. Le directeur de la maternité de Vienne, le professeur Klein , sans doute jaloux de son succès, l’empêche même de continuer à travailler dans son établissement. Son nom est cependant passé à la postérité : grâce à la découverte d’Ignace Simmelweis, des milliers de vie ont sans doute été sauvées en milieu hospitalier, et ceci , avant même l’apparition de la notion de stérilité née des travaux de L.Pasteur

Pasteur

. ( Finalement , on peut dire que l’histoire se  » répète » : le corona….)