Souffleur de verre…..

Dans son atelier installé de l’université de Rouen, Charles Lanel fabrique et répare le matériel en verre destiné aux laboratoires du campus, pour les étudiants mais aussi les chercheurs Laurent Derouet Dans son atelier installé de l’université de Rouen, Charles Lanel fabrique et répare le matériel en verre destiné aux laboratoires du campus, pour les étudiants mais aussi les chercheurs  Au beau milieu du campus universitaire de Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime), dans l’un des bâtiments de l’UFR Sciences et techniques de l’université de Rouen, Charles Lanel n’est ni étudiant, ni professeur. Installé dans son atelier depuis 2011, il y exerce une profession devenue de plus en plus rare, celle de souffleur de verre au chalumeau.

 » A ma connaissance, nous sommes une petite trentaine en France à être embauchés par des facs ou dans de grandes écoles  », assure le jeune professionnel de 29 ans qui n’en est pas moins une pointure dans son milieu, avec le titre de Meilleur ouvrier de France acquis depuis l’année dernière comme en atteste le col tricolore de sa veste.

Une fascination pour la matière en fusion…

    Sur le campus, son travail consiste à fabriquer ou à réparer le matériel en verre utilisé par les étudiants en chimie ou en pharmacie, les laboratoires spécialisés, les chercheurs… Du plus simple au plus complexe. Et même jusqu’au plus farfelu. » Pour une thèse, un doctorant peut avoir besoin d’un mouton à cinq pattes qui n’existe pas pour réaliser une expérience précise. On réfléchit alors ensemble pour trouver une solution et fabriquer le prototype. C’est à chaque fois un défi.  »

Avec le retard pris à cause de l’épidémie de Covid-19, le travail ne manque pas, même au cœur de l’été, au beau milieu du campus de Mont-Saint-Aignan quasiment à l’arrêt./LP/Laurent Derouet   Avec le retard pris à cause de l’épidémie de Covid-19, le travail ne manque pas, même au cœur de l’été, au beau milieu du campus de Mont-Saint-Aignan quasiment à l’arrêt.   Des compétences qui n’ont pas de prix mais qui font tout de même réaliser de substantielles économies à l’université et à ses différentes composantes.  » Pour quelques dizaines d’euros de matière première, on peut réaliser ou réparer des pièces qui en valent des centaines neuves  », calcule Charles Lanel dont le métier est aussi une passion qui remonte à l’enfance et à sa fascination pour la matière en fusion qu’il est aujourd’hui capable de modeler à sa guise en utilisant des techniques et du matériel qui n’évoluent guère.

Un chalumeau, deux mains, une tête  :

 » Mon tour date de 1969 et ça fonctionne parfaitement.  » Avec à sa disposition des flammes plus ou moins larges suivant leur usage.  » Dans notre métier, nous avons trois outils : le chalumeau, nos mains et surtout notre tête. Il faut comprendre comment travaille le verre lorsqu’il monte en température puis qu’il refroidit.  »Pas de droit à l’erreur sous peine de devoir recommencer depuis le début au moindre défaut ou à la plus petite fissure.

 » En France, un seul établissement public délivre des diplômes dans mon domaine, le lycée Dorian à Paris. Généralement, on passe tous par là  », détaille celui qui aime transmettre son savoir-faire aux apprentis qui suivent ses traces comme le jeune Théo venu s’aguerrir le temps d’un stage.

  Fort de son talent rare, Charles Lanel n’a pas le temps de s’ennuyer. Et avec le retard pris avec l’épidémie de Covid-19, le travail ne manque pas au beau milieu d’un campus quasiment à l’arrêt.  » La recherche, elle, continue et j’ai toujours des commandes  »

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