Pour finir…


  Une histoire de perruque ……..

La calvitie de Louis XIV !

     Le port de la perruque par la noblesse française fut un temps à la mode sous Louis  XIII, qui cherchait à cacher sa calvitie naissante en reprenant, dès 1620, une mode qui datait de l’Antiquité. Adepte depuis toujours des cheveux longs, le port de la perruque lui permettait de rester élégant, une obligation lorsque l’on est assis sur le trône de France.

   Plus tard, Louis XIV, à l’âge de 20 ans, perdit ses cheveux des suites de la typhoïde, maladie qu’il contracte en 1658 alors qu’il est en campagne militaire près de Calais. Lui qui était très fier de sa chevelure, devenue châtain après avoir été longtemps blonde, bouclée naturellement et tout aussi naturellement longue, se voit donc chauve… alors qu’il était à peine entré dans l’âge adulte. ( En réalité, et pour la petite histoire, cette perte de cheveux n’est pas due à la maladie en elle-même, mais plutôt aux remèdes qu’on lui donna pour la soigner ).

     Alors que le roi était à l’agonie, après d’innombrables purgatifs et lavements, Mazarin autorise les médecins à lui administrer de l’émétique, un antimoine dans du vin, un poison alors interdit par le Parlement. En quelques jours, la santé du Roi est rétablie, mais c’est sans compter sur l’effet collatéral de ce poison : la perte fulgurante de ses cheveux. Pour cacher cette calvitie naissante, Louis XIV se met à porter la perruque, tout en demandant à ce qu’on lui rase régulièrement le crâne pour fortifier ses cheveux naturels. Il espère, tant que c’est toujours possible, que ce port de perruque ne sera que temporaire et que très vite il retrouvera sa chevelure flamboyante. Malheureusement pour lui, sa calvitie ne fait qu’empirer et il doit se résoudre à faire une croix sur le fait de s’exposer à la Cour sans porter de perruque.

   La cour reprit aussitôt cette mode, qui dura 150 ans. La perruque à la royale peut atteindre 15 centimètres de haut et peser près d’un kilo, ce qui engendre de terribles maux de tête. Elle coûte une fortune et est un véritable nid à poussière et à vermines.!!         Ce sont les Binet père et fils, barbiers et perruquiers officiels de la Cour, qui se chargent de fournir à toute la noblesse les perruques à porter pour avoir l’air impressionnant.       C’est seulement lors de la Révolution française, alors que les nobles étaient pourchassés, que cette mode prit fin.

Une pénurie d’ivoire …..


…..a conduit au premier plastique industriel ?

    Le premier plastique industriel fut le celluloïd, inventé durant la guerre de Sécession pour la fabrication de boules de billard lors d’une pénurie d’ivoire d’éléphant. A l’origine, les boules étaient faites en bois ou en argile, puis en ivoire, car elles s’usaient trop vite.

    Les plastiques à base de  » nitrocellulose  » sont légèrement antérieurs au celluloïd. Le collodion, inventé en 1848 et utilisé comme pansement et émulsion pour plaques photographiques, est séché en un film de type celluloïd.

   Le premier celluloïd en tant que matériau en vrac pour la formation d’objets a été fabriqué en 1855 à Birmingham, en Angleterre, par Alexander Parkes, qui n’a jamais pu voir son invention se réaliser, après que sa société a fait faillite en raison des coûts de  » mise à l’échelle  ». Parkes a breveté sa découverte comme Parkesine en 1862 après s’être rendu compte qu’un résidu solide était resté après l’évaporation du solvant du collodion photographique.

 

Parkes l’a breveté comme imperméabilisant pour vêtements pour tissus tissés la même année. Plus tard, Parkes a présenté Parkesine à l’Exposition internationale de 1862 à Londres, où il a reçu une médaille de bronze pour ses efforts. L’introduction de Parkesine est généralement considérée comme la naissance de l’industrie des plastiques. La parkésine était fabriquée à partir de cellulose traitée avec de l’acide nitrique et un solvant. Il est souvent appelé ivoire synthétique. La société Parkesine a stoppé ses activités en 1868. Des photos de Parkesine sont détenues par la Plastics Historical Society de Londres. Il y a une plaque sur le mur du site des Parkesine Works à Hackney, Londres.Résultat d’images pour parkesine? ( pas sur  bonne plaque ! )

     Dans les années 1860, un Américain, John Wesley Hyatt Résultat d’images pour John Wesley Hyatt , a acquis le brevet de Parkes et a commencé à expérimenter avec du nitrate de cellulose avec l’intention de fabriquer des boules de billard, qui jusqu’à cette époque étaient en ivoire. Il a utilisé du tissu, de la poudre d’ivoire et de la gomme-laque, et le 6 avril 1869, il  breveta une méthode pour couvrir les boules de billard avec l’ajout de collodion. Avec l’aide de Peter Kinnear et d’autres investisseurs, Hyatt a formé l’Albany Billiard Ball Company à Albany, New York, pour fabriquer le produit. En 1870, John et son frère Isaiah ont breveté un procédé de fabrication d’un matériau semblable à une corne avec l’inclusion de nitrate de cellulose et de camphre. Alexander ParkesRésultat d’images pour Alexander Parkes et Daniel SpillSpill ont répertorié le camphre lors de leurs expériences précédentes, appelant le mélange résultant xylonite, mais ce sont les frères Hyatt  qui ont reconnu la valeur du camphre et son utilisation comme plastifiant pour le nitrate de cellulose. Isaiah Hyatt a surnommé son matériau celluloïd en 1872.

    L’inventeur anglais Daniel Spill avait travaillé avec Parkes et formé la Xylonite Co pour reprendre les brevets de Parkes, décrivant les nouveaux produits en plastique comme Xylonite. Il s’est opposé aux réclamations des Hyatts et a poursuivi les frères dans un certain nombre d’affaires judiciaires entre 1877 et 1884. Initialement, le juge a statué en faveur de Spill, mais finalement, il a été jugé qu’aucune des parties ne détenait une revendication exclusive et le véritable inventeur du celluloïd/la xylonite était Alexander Parkes, en raison de sa mention du camphre dans ses précédentes expériences et brevets. Le juge a statué que toute fabrication de celluloïd pouvait se poursuivre à la fois dans la British Xylonite Company de Spill et dans la Celluloid Manufacturing Company de Hyatts.

    Le nom Celluloid a en fait commencé comme marque de fabrique de Celluloid Manufacturing Company, d’abord d’Albany, NY, puis de Newark, New Jersey, qui fabriquait les celluloïds brevetés par John Wesley Hyatt. Hyatt a utilisé la chaleur et la pression pour simplifier la fabrication de ces composés. Au fil du temps , le celluloïd est devenu le terme d’usage courant utilisé pour ce type de plastique. En 1878, Hyatt a été en mesure de breveter un procédé de moulage par injection de thermoplastiques, bien qu’il ait fallu encore cinquante ans avant de pouvoir être réalisé commercialement, et plus tard, le celluloïd a été utilisé comme base pour le film photographique.

Il n’y a pas de…


 » sots métiers » :

   L’assemblée nationale  Résultat d’images pour assemblée nationale hémicycle images est un édifice particulier..per son histoire , bien entendu , mais aussi par les rites et coutumes qui l’animent ….Une de ces coutumes est officiellement connue sous le nom de  » Service du verre d’eau   » , elle consiste ( comme sont nom le laisse supposer ) , à servir des verres d’eau aux  » orateurs à la bouche  sèche   » . Des fonctionnaires sont dédiés à ce service et doivent s’assurer que personne ne manque de salive  lol …

Comme écrit au début de ce billet : Il n’y a pas de sot métiers de la République , et il faut parfois savoir…….se mouiller ! 

 » déconfinement  »….


Le  »déconfinement »: un nouveau mot dans le dictionnaire

Avec  »covid »,  »télétravailler »,  »sexto »,  »cloud » et…  » avoir le cul dans le beurre  »!!!!?

Sur toutes les lèvres mais absent du lexique, le mot “déconfinement” fait enfin son entrée dans le dictionnaire à côté de mots moins réjouissants comme  »covid ».

 »Parfois, tout s’emballe, et des mots qu’on n’avait pas forcément vus venir s’imposent massivement dans l’usage courant. C’est ce qui arrive avec les mots  »covid »,  »déconfinement » (…)  »télétravailler » ou encore  »téléconsultation »… passés dans l’usage quotidien avec la même brusquerie et la même rapidité que la pandémie à laquelle il nous faut faire face », ont expliqué jeudi les rédacteurs du Petit Robert en présentant l’édition 2021 de leur dictionnaire.

 »Covid », mot masculin ou féminin, précise le Petit Robert ou  »déconfinement » ne seront insérés que dans les éditions numériques du Robert. Il faudra encore un peu patienter pour les trouver dans la version papier.

   Plusieurs définitions ont été complétées. Ainsi, au mot  »barrière » est venue s’ajouter l’expression  »geste, mesure barrière » (précaution prise dans la vie quotidienne pour limiter la propagation d’un virus, d’une maladie). A la définition de  »cluster » on trouve aussi désormais  »foyer épidémique ».

Au-delà de la maladie…

   Les mots nouveaux de la version papier de l’édition 2021 du Petit Robert (en librairie à partir du 4 juin) ne se limitent pas à la sphère sanitaire.

   Parmi les mots nouveaux on relève  »cloud”,  »collapsologie » ou  »sexto ». Si beaucoup de nouveaux mots sont d’origine anglo-saxonne on se régale avec les mots venus de la francophonie.

  On apprend ainsi qu’en Belgique, lorsqu’il fait  »douf », c’est que le temps est lourd. On qualifie de  »nareux » ceux qui se montrent difficiles quant à la propreté de la nourriture et des couverts. Un  »succès bête » est un succès considérable alors qu’un  »bête papier » est un papier ordinaire, sans importance.

    »Avoir le cul dans le beurre », c’est vivre dans l’aisance. Quant à l’expression  »pincer son français », elle signifie ‘parler le français avec une certaine préciosité ou avec l’accent parisien ».

   En Suisse, on peut être  »déçu en bien », c’est-à-dire agréablement surpris, et  »bobet  »signifie  »idiot, nigaud ».

 

 »Loin d’être restée confinée, la langue française telle que la présente ce dictionnaire manifeste sa vitalité, sa force d’expansion, son ouverture et, pour employer un mot à la mode, sa résilience cette année  » , s’est félicité le linguiste et lexicographe Alain Rey.

Un 27 mai ….


     Les commentaires ne sont absolument pas nécessaires 

Dans le monde un 27 mai …..

Fête des Mères en Bolivie le 27 mai de chaque année.

Fête de l’abolition de l’esclavage en Guadeloupe, à Saint-Martin et Saint-Barthélémy en France.

Journée nationale de la Résistance en France.

Fête des enfants au Nigéria chaque vingt-sept mai.

Journée de la langue indigène au Pérou.

Bonne fête aux Augustin et se dérivés Agostino et Austin, ainsi que les variantes féminines Augustine et Augustina.

Bonne fête également aux Bed.

A la Saint-Hildevert, est mort tout arbre qui n’est point vert.

27 mai 1703

  Fondation de la ville de Saint-Pétersbourg en Russie. Au cours de l’histoire, la ville prendra tour à tour le nom de Petrograd puis de Leningrad avant de retrouver son nom originel.saint petersbourg

27 mai 1931

  Pour la toute première fois, un homme effectue un vol dans la stratosphère. C’est à bord d’un ballon libre qu’Auguste Piccard, un physicien suisse, effectuera ce premier vol atteignant 15 781 mètres d’altitude.

 

27 mai 1937

   A San Francisco on inaugure le Golden Gate Bridge, le pont suspendu le plus long du monde jusqu’en 1964. Long de 2,7km, large de 27 mètres et haut de 230 mètres, il est le monument emblématique de la ville californienne.8663897408_8cac025b17_Golden-Gate-bridge

27 mai 1940

  Quatre-vingt-dix-sept soldats britanniques du Royal Norfolk Regiment isolés de leur régiment et réfugiés dans une ferme, sont massacrés par des soldats SS allemands dans le hameau  » Le Paradis  » dans la commune de Lestrem dans le Pas-de-Calais (France) : le Massacre du Paradis.

27 mai 1941

 Le Bismarck, un cuirassé allemand, est coulé par la flotte britannique. Plus de 2800 obus auront été tirés au cours de la nuit, et il chavirera définitivement au large de Brest vers 10h35.Schlachtschiff Bismarck

27 mai 1943

Le Conseil national de la Résistance se réunit pour la première fois, présidé par Jean Moulin.

VLUU L100, M100 / Samsung L100, M100

27 mai 1955

La Caravelle effectue son premier vol à Blagnac. Il fut le premier biréacteur civil produit en série.Air_France_Caravelle

27 mai 1955

   Les Etats-Unis font exploser une bombe à hydrogène : Opération Redwing, événement Zuni. Elle est la 73ème bombe atomique que les américains font exploser depuis 1945. Le nombre total de bombes atomiques que le pays fera exploser jusqu’en 1992 est de 1054.Redwing_Zuni

27 mai 1964

    Une offensive militaire contre la République de Marquetalia en Colombie, qui donnera lieu à la création des F A R C.drapeau colombie

27 mai 1968

   Les Accords de Grenelle sont signés après deux jours de négociations. La principale mesure est l’augmentation du salaire minimum de 35%, et de 10% des salaires moyens.

salle des accords de grenelle

27 mai 1994

    Le Kazakhstan adhère au Partenariat pour la Paix.drapeau kazakhstan

27 mai 2006

    L’île de Java en Indonésie est frappée par un séisme de magnitude 6,2, faisant 5 782 victimes, 36 299 blessés et plus de 650 000 sinistrés. Plus de 105 000 maisons seront également détruites par les secousses.

27 mai 2016

    Pour la première fois, un président américain se rend à Hiroshima pour visiter le parc du mémorial de la paix et y rencontrer les Hibakusha, personnes exposées aux bombes atomiques de la Seconde Guerre mondiale.

Klik , je vais essayer ….


…..de dormir , alors que le jour se lève …..et à cet instant :

349 894 personnes au moins sont mortes suite au corona virus…..

31 jours sont passés depuis le décès de ma mère , je ne cesse de penser à elle !

et je n’ai pratiquement rendu visite à aucun blog que j’aime…….

Owen Coffin fut victime de cannibalisme ?


   En 1817 Owen Coffin, un jeune Américain né le 24 août 1802 à Nantucket, se promit d’être un jour marin sur un baleinier, comme son cousin, le commandant Georges Pollard Jr, qui aimait lui conter ses aventures. Son rêve devint vite réalité puisqu’il embarqua le 12 août 1819 sur l’Essex, commandé par son cousin, pour une campagne de chasse au cachalot devant durer plus de 2 ans. Mais le rêve d’Owen Coffin se transforma vite en cauchemar……

Le naufrage :

Le 20 novembre 1820, alors qu’il voguait au large du pacifique, l’Essex rencontra un banc de cachalots et commença à les traquer. Se sentant menacé, un gigantesque spécimen de 25 m cannibalisme au moins percuta le baleinier, causant des brèches incolmatables dans sa coque. L’équipage aura juste le temps de récupérer quelques vivres avant d’embarquer sur 3 baleinières, ( sortes de pirogues utilisées pour pêcher la baleine au harpon ).

Le cannibalisme de survie :
Les vivres, emportés par les marins sur chaque baleinière, étaient suffisants pour tenir 8 semaines, malheureusement les naufragés dérivèrent durant 18 semaines. Les chaloupes finirent pas s’éloigner les unes des autres, mais les choses s’y passèrent de la même manière : les hommes, assoiffés, affamés et à bout de force mourraient les uns après les autres. Les premiers furent jetés à la mer, mais les suivants servirent de nourriture aux autres.!!

La malchance d’Owen :

  Le 2 février 1821, il ne reste que 4 rescapés sur la baleinière dirigée par Georges Pollard : Owen Coffin, Charles Ramsdell et Barzillai Ray. Tous sont vivants, mais savent bien que cela ne durera pas s’ils ne trouvent pas à manger rapidement. Une seule solution s’offre à eux : il faut sacrifier quelqu’un pour que les autres survivent. Après un tirage à la courte-paille, le sort désigne Owen Coffin. Son cousin Georges Pollard propose de prendre sa place ou de refaire un tirage, mais le jeune homme refuse. Un second tirage désignera Charles Ramsell pour mettre fin aux jours de son camarade d’une balle dans la tête.

( C’est cette histoire qui aurait inspiré Herman Melville pour l’écriture de Moby Dick,Moby Dick le livre qui l’a rendu célèbre.)

Parce que je viens de lire que….


( Commenter n’est absolument pas nécessaire )

    Ce monsieur ( que je ne connaissais pas ) vient de mourir ,Raymond Gurême  ( c’est son nom ) Résultat d’image pour Raymond Gurême aurait eu 95 ans en août prochain…..

 

RAYMOND GURÊME :

      Raymond Gurême est né en 1925 en France dans une famille de nomades d’origine manouche qui tenait un cirque et un cinéma ambulants. Il est le dernier survivant de la communauté tsigane internée au camp de Linas-Montlhéry pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Le 4 octobre 1940, à 6 heures du matin, à Petit-Couronne, près du port de Rouen, il est arrêté à l’âge de 15 ans avec toute sa famille, ses parents et ses huit frères et sœurs, avec qui ils se trouvaient dans la caravane familiale dans un champ.    La seule et unique raison invoquée est le fait qu’il soit détenteur d’une carte de forain établie selon la loi du 16 juillet 1912.

La famille est d’abord internée dans le camp de rassemblement de nomades de Darnétal en Seine-Maritime. Puis ils sont déportés dans des wagons à bestiaux avec 200 autres familles et arrivent le 27 novembre 1940 dans le camp de Linas-Montlhéry. Ils y subissent des coups et souffrent de malnutrition et de froid.

En juillet 1941, son frère et lui, s’échappent pour la première fois du camp mais les deux seront retrouvés. Raymond Gurême fait une deuxième tentative 3 mois plus tard,  par la suite , il se retrouve dans une maison de redressement pour mineurs faisant partie de l’hôpital d’Angers. Il s’enfuit de nouveau mais cette fois-ci, il est déporté dans un camp de travail à Francfort puis plus tard, s’en évade avec l’aide d’un chauffeur français.!

Pendant ce temps, sa famille est transférée plusieurs fois à Mulsane dans la Sarthe puis à Montreuil-Bellay dans le Maine-et-Loire. Il parvient  à les suivre et réussit parfois à s’introduire dans le camp pour leur faire passer de la nourriture. Il vit désormais une vraie vie de cavale en France et rejoint la Résistance. Pris alors qu’il tentait de voler un camion pour la résistance, il est conduit en prison puis dans un camp en Allemagne dont il réussit à s’échapper une nouvelle fois.

Revenu en France, il poursuit ses activités dans la résistance. Lorsque la capitale est libérée, il est âgé de 19 ans. Neuf ans plus tard, il retrouve sa famille par hasard en Belgique. Une partie rentre avec lui mais  » Trois de mes sœurs n’ont jamais voulu  revenir en France, parce qu’ils nous ont fait trop souffrir, disaient-elles  ».

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Ils reprennent leur vie de nomade, se déplaçant en fonction des travaux agricoles puis finissent par se fixer dans les années 1960. Raymond Gurême s’est longtemps tu jusqu’à sa rencontre avec une association de gens du voyage et une historienne dans les années 2000 qui réussit à faire ouvrir les archives du camp de Linas-Montlhéry. En 2010, il publie son histoire :  » Interdit aux nomades  »

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 Demandée en 1983, il finit par recevoir de la France sa carte d’interné politique en 2009 mais son rôle dans la Résistance n’a jamais été reconnu et il n’a jamais réussi à obtenir sa carte de déporté résistant.!

Agé de 94 ans, malgré des séquelles importantes tant psychologiques que physiques, il continue de témoigner en public, en particulier dans le milieu scolaire. Il continue de vivre dans une caravane, sur le terrain de la maison qu’il a fait construire à quelques mètres du camp de Linas-Montlhéry. Il y vivait avec sa famille  désormais sédentarisée…..

Baiser et poignée de main prohibés…


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     Au début du XXe siècle, le journaliste Jean Frollo vitupère contre la nouvelle croisade d’hygiénistes qui, promettant de nombreuses maladies à ceux qui font usage du baiser et de la poignée de main, avancent d’irréfutables expériences scientifiques à l’appui nous ôtant en réalité toute raison de vivre…

    Nous n’en aurons jamais fini avec les hygiénistes, écrit notre chroniqueur. Ils nous ont privés de vin à cause de l’artériosclérose, de lait à cause de la tuberculose. Ils ont songé à nous priver d’eau à cause de l’appendicite et de la fièvre typhoïde. Aujourd’hui, ils reprennent une campagne commencée il y a quelques années contre le baiser.

    Donc, après nous avoir enlevé presque toutes les joies de la table, ils entendent nous refuser celles du cœur. Il ne faut plus s’embrasser. Il ne faut même plus baiser une jolie main. Il faut vivre seul, dans la peur du microbe et, comme disait le poète, perdre, pour vivre, les raisons de vivre. Je doute du succès de cette nouvelle croisade.

Le baiser. Chromolithographie de 1909
Le baiser  (  Chromolithographie de 1909 )

     Un journal américain vient d’ouvrir une enquête sur la question. On y relève des perles de ce genre. Deux personnes, en s’embrassant, risquent de se communiquer les germes de nombreuses maladies et partout où l’on s’embrasse trop les risques d’épidémies augmentent. Pourquoi ? Un article déjà ancien de la North American Review, retrouve parmi des curiosités d’autrefois  nous l’apprend…..

   La conclusion de cet article est formelle :  » Si une femme pouvait voir avec un microscope tous les germes mortels qui sont accumulés dans la moustache d’un homme, jamais elle ne se laisserait embrasser par lui.  » Une expérience scientifique a démontré ce péril. Voici comment :

   Vous prenez une jeune fille, dont vous stérilisez avec soin les lèvres, vous lui amenez un monsieur imberbe, qui vient de se promener par la ville partout où l’on peut rencontrer des microbes ; vous invitez le monsieur à embrasser la jeune fille, puis, avec une brosse non moins stérilisée que les lèvres de tout à l’heure, vous recueillez sur ces lèvres ce que j’appelle à regret le résidu du baiser. Le tout est placé dans un tube aseptique et envoyé à l’analyse.

    Vous reprenez la même jeune fille. Nouvelle stérilisation aussi consciencieuse que la précédente, vous lui amenez un second monsieur, mais celui-ci n’est pas imberbe. Il porte une moustache bien française, crânement retroussée et doucement caressante, un second baiser et une seconde cueillette de microbes. Encore un tube de verre, avec envoi à l’analyse.

      Or, savez-vous quel est le résultat de ces deux analyses ?

    Le monsieur sans moustache a donné un baiser à peu près inoffensif ; le monsieur à moustache, au contraire, a répandu sur les lèvres de la jeune personne une profusion de microbes, savoir microbes de la tuberculose, de la diphtérie, germes de putréfaction, même un certain duvet spécial provenant de la patte d’une araignée !

     Il est donc scientifiquement établi que le baiser est chose dangereuse. A la rigueur, on peut se permettre cette imprudence, quand on n’a ni barbe ni moustache. En tout autre cas, il est criminel d’embrasser une femme, car on ne sait pas quelles maladies on est exposé à lui communiquer.

    D’ailleurs, le baiser n’est pas seul proscrit. Je me souviens d’un congrès, vieux de cinq ans environ, où il fut savamment expliqué que la poignée de main est presque aussi dangereuse. Car, après la bouche, la main est, paraît-il, la partie du corps la plus riche en microbes. Il y a, dit-on, 25 000 microbes sur le bras et 80 000 dans la main. Cela tient aux sillons, aux  » lignes  »  où se lit l’avenir et où s’embusque aussi le germe nocif.

   Les poignées de main sont particulièrement redoutables de la part de certaines personnes. Les plus malsaines sont celles des changeurs, qui manient toute la journée des pièces de monnaie qui ont beaucoup circulé. Puis viennent, par ordre de nocuité, les médecins, les coiffeurs, les bouchers et les charcutiers.

   Pour éviter ce risque, que faire ? Ne plus se serrer la main évidemment. Mais ne plus embrasser les femmes et ne plus serrer la main aux hommes, c’est, en vérité, trop peu, surtout pour ceux d’entre les Français à qui ces deux gestes sont également habituels. Faudra-t-il adopter le salut oriental, porter la main sur le cœur, sur les lèvres et sur le front ? Ou encore le salut militaire ?

     Edouard VII avait, d’ordinaire, la main droite seule gantée. Comme il était fort élégant et lançait les modes, on adopta cet usage, comme on avait adopté celui du pantalon relevé. Le roi en souriait et expliquait de la meilleure grâce du monde les raisons qui l’avaient décidé à garder la main droite seule gantée. C’est, disait-il, que c’est la plus exposée au contact des hommes et des choses, celle par conséquent qui demande à être le plus protégée.

   Si l’on songe à tout cela, mieux vaut mourir. C’est l’avis même qu’exprimait un Américain, président d’une ligue contre la tuberculose, en disant :  » Embrasser présente peut-être quelque danger. Mais celui qui n’ose courir quelques risques pour déposer un baiser sur de jolies lèvres n’est pas digne du nom d’homme.  » Voilà qui est parler, et cet hygiéniste fait honneur aux femmes de son entourage.

    Ne laissons pas, en effet, l’hygiène devenir persécutrice et défendons le droit au baiser. Il y a des pays où on le proscrit comme immoral. Il y en a d’autres ( à New-York par exemple ) où des règlements de police en limitent la durée. On y lit, en effet :  » Tout baiser d’une durée plus longue qu’une minute est immoral et, en conséquence, les agents ont le devoir et le droit de l’interrompre.  »

    Ne troublons pas les adeptes du baiser par la crainte du microbe s’ajoutant à celle du policeman. Car, à toujours tout redouter, on finit par ne se plaire à rien et si l’hygiène rend la vie impossible, mieux vaut sacrifier la première que la seconde.